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 Du sang sur les mains [Nora & Irving]

Irving WhitakerAubergisteavatar
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Dernière édition par Irving Whitaker le Mer 21 Oct 2015 - 17:24, édité 1 fois
1er avril 2009

« …et quand la P.M a voulu les effacer et bien ils se sont mi à luire. Les agents ont dit qu’apparemment la peinture avait été  magiquement modifiée pour ne pas être effacée. Pauvre Rosmerta ! Non seulement les vandales ont ruiné sa devanture mais en plus  la police lui a demandé de fermer son établissement aujourd’hui ! Un samedi ! Le jour de la sortie des élèves ! Ils savent pourtant que notre chiffre d’affaire dépend beaucoup d’eux. Apparemment des Aurors vont venir faire des prélèvements sur sa vitrine…Vous pensez qu’Harry Potter sera là, souffla madame Pieddodu en attendant la réponse de l’ancien-Gryffondor, … Irving, vous pensez qu’il sera là ? »

Le jeune homme détacha son regard de la fenêtre pour reporter son attention sur la propriétaire du salon de thé.

-…Pardon ? Euh… Oui peut-être, enfin… j’sais pas, c’est juste une histoire de tags. Ils ne vont peut-être pas mettre leur meilleure équipe sur le coup, répondit-il en reposant sa tasse de café dans une soucoupe en porcelaine ornée de chatons.
-Vous savez Marchebank ne prend pas ce genre de choses à la légère. C’est d’ailleurs pour cela qu’il a été élu, afin de redresser le pays, Affirma-t-elle en bombant la poitrine. Puis passant de l’hippogriffe au strangulot elle poursuivit, votre répétition commence à quelle heure ?

Irving jeta un coup d’œil à l’horloge au dessus du comptoir qui indiquait huit heures cinq.
- Je retrouve Donald, Sam et Juliet à dix heures.
-Vous êtes drôlement en avance.
- Oui je sais mais j’ai prévu de voir ma copine avant, précisa-t-il en se forçant à sourire.
-Aaaah l’Amouuur ! s’exclama Madame Pieddodu en papillonnant des cils.
-D’ailleurs je lui ai promis que je l’attendais aux grilles de l’école… commença Irving en se levant de son siège rembourré.
-Dans ce cas vous avez cinq minutes de retard mon petit, souffla-t-elle avec un clin d’œil, à tout à l’heure.

La clochette du salon de thé tinta lorsqu’Irving passa la porte de l’établissement. Le sortilège de bonne mine qu’il s’était infligé le matin même ne parvenait pas à masquer les cernes qui lui mangeaient le visage. Il ne dormait plus depuis cette fameuse nuit et il devait se faire violence chaque jour pour être Irving, ce garçon agréable et poli que tout le monde connaissait.
Sauf que ce garçon était mort. Mort et enterré avec Jacob Dalhiatus dans un endroit connu uniquement de lui seul. Loin de Poudlard, loin de la forêt interdite ou ce carnage s’était déroulé.
Les flashs de cette nuit tragique lui revenaient en boucle rythmant ses journées de visions macabres mis il s’efforçait de maintenir l’illusion.

Les cadres de la Résistance lui avaient conseillés de ne rien changer à ses habitudes pour ne pas éveiller les soupçons alors il était allé travailler et il n’avait pas annulé sa venue à Pré-Au-Lard aujourd’hui pour sa répétition avec les Dark Boursouf. Pourtant chaque pas qu’il faisait dans ces ruelles lui coutait un peu de son humanité. Qui était-il pour passer devant les établissements qu’il avait lui-même tagué ? Comment pouvait-il se promener nonchalamment dans ce village alors qu’il avait tué un homme à quelques centaines de mètres de ces habitations ?
Il avait croisé à plusieurs reprises des agents de la Milice depuis le meurtre et à chaque fois, il avait ressenti les mêmes sensations contradictoires : Une terreur indescriptible liée au fait qu’ils l’appréhendent et une sorte de regret qu’ils ne le fassent pas. Irving ressentait le besoin d’expier sa faute mais il savait bien que c’était impossible.  En enterrant le corps de Dalhiatus, il s’était condamné à vivre avec ce terrible secret.

La veille au soir, il avait transplané jusqu’à Bude pour se rendre sur la tombe de Danny. Il était resté là, des heures durant, à se demander quoi faire pour être le plus en accord possible avec sa conscience puis il s’était levé et il avait marché jusqu’aux falaises balayées par le vent.  Il s’était approché jusqu’au bord et il avait regardé les vagues se fracasser en contrebas contre les rochers acérés.  Un pas. Juste un et tout serait terminé. Une vie pour une vie, cela lui semblait équitable.

Et puis l’image de Nora s’était imposée dans son esprit.

Elle était celle qu’il aimait plus que tout au point d’en devenir complètement fou. S’il souffrait de cette situation, il en était de même pour elle. Comme lui, son existence était et resterait marquée au fer rouge par cet acte ignoble. Il n’était pas seul dans cette situation, ils étaient deux et Irving serait horriblement lâche de la laisser maintenant, au pire moment. Il ne pouvait pas lui faire ça. Pas après tout ce qu’elle avait fait pour lui, tout ce qu’elle lui apportait au quotidien.
Rebondir après cette nuit tragique serait difficile, Irving en avait parfaitement conscience et il se demandait s’il n’avait pas aussi enterré son couple au côté de Dalhiatus mais il ne pouvait pas abandonner.

Pourtant, il appréhendait cette première confrontation. Il avait peur de ne pas la reconnaitre, qu’elle ait perdu à tout jamais son sourire, sa joie de vivre. Qu’elle soit brisée, méconnaissable et qu’elle préfère le quitter ou le donner aux autorités…
Il s’inquiétait de ce qu’elle était devenue et de ce qu’elle allait lui dire aujourd’hui.

Alors qu’il se trouvait sur le chemin entre le village et l’école -sensiblement à l’endroit de sa seule et unique dispute avec Nora-  Irving vit arriver dans sa direction les premiers élèves qui venaient de quitter le château. Il salua quelques anciennes connaissances d’un mouvement de la tête et poursuivit son avancée jusqu’à ce qu’il distingue enfin une chevelure doré à l’horizon. Elle était là.
Le jeune homme s’arrêta quelques secondes pour la regarder approcher, s’inquiétant à l’idée de déceler un éventuel changement dans sa démarche ou sa posture puis il parcourut en quelques pas la distance qui les séparait encore. Oubliant toute la retenue qu’il s’était imposée, il s’approcha d’elle sans un mot pour la serrer fort dans ses bras en espérant toutefois qu’elle réponde favorablement à cette étreinte…



Irving Whitaker
Nora WeaverAubergisteavatar
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Un élève pressé la bouscula d'un coup d'épaule alors qu'elle se faisait dépasser par un groupe de cinquième année un peu bruyants. Elle était pourtant toujours de ceux qui quittaient le château les premiers, d'habitude. Mais aujourd'hui elle avançait presque à reculons, allant jusqu'à s'arrêter au beau milieu du chemin, hésitante. Une partie d'elle avait envie de courir vers Pré-au-Lard pour retrouver Irving au plus vite et se réfugier dans ses bras. Une autre partie d'elle redoutait cette rencontre et aurait préféré rester enfermée au château, même si elle était consciente que vivre entre les murs de Poudlard la conduisait lentement à la folie.

Elle n'avait plus sa place ici, au milieu de ses camarades dont elle se sentait si différente à présent. Partout autour d'elle ce n'était que conversations animées sur le dernier match de Quidditch, suppositions quant au prochain sujet d'examen de Divination, commentaires sur le dernier couple qui s'était formé... Des préoccupations à mille lieux des pensées qui occupaient son esprit à elle. Les rires des autres et la bonne humeur caractéristique qui accompagnait chaque sortie à Pré-au-Lard lui paraissaient inappropriés. Elle était en décalage complet avec les autres, elle vivait à côté d'eux, mais plus avec eux, et jamais elle ne s'était sentie si seule.

Rongée par le remord et habitée par des souvenirs qu'elle ne pouvait partager avec personne, son propre silence l'oppressait. Le secret l'isolait un peu plus chaque jour et elle continuait de se renfermer toujours un peu plus sur elle-même. L'angoisse était devenue sa seule compagnie, cette crainte qui ne la quittait jamais. Nora avait découvert la véritable peur, pas celle qui vous glace le sang un instant avant de laisser place au soulagement ou au réconfort, ni celle, mêlée d'excitation, que l'on ressent à l'approche d'une aventure un peu risquée. La vraie peur, qui vous noue les entrailles, qui vous pèse sur le cœur et vous empêche presque de respirer.

Les quinze derniers jours avaient été les plus longs et les plus pénibles de sa vie, pourtant elle les avait à peine vu passer, elle ne les avait pas vraiment vécu. Elle vivait dans le brouillard, comme dans un état second, à peine consciente de ce qui l'entourait mais pleinement habitée par les souvenirs de cette nuit où tout avait changé. Souvenirs qui la hantaient jour et nuit, l'empêchant de trouver le sommeil et la réveillant avec de terribles cauchemars quand la fatigue finissait par l'emporter. Elle ignorait combien de temps elle pourrait continuer de donner le change. Elle avait cru que ça deviendrait moins difficile avec le temps, mais plus les jours passaient plus le secret lui pesait. Elle avait besoin de parler, elle avait besoin de se dénoncer, au risque de finir par exploser.

En ça elle savait qu'elle avait besoin de voir Irving aujourd'hui, parce qu'elle n'aurait plus à mentir, plus à se cacher, plus à faire comme si rien n'avait changé. Et aussi parce qu'elle s'inquiétait terriblement pour lui. Si elle avait du mal à vivre avec le souvenir d'un crime dont elle était complice, qu'en était-il de lui qui en avait été l'auteur direct ? Cette pensée continuait de lui paraitre invraisemblable, comme si son cerveau refusait tout simplement cette réalité. Elle ne pouvait pas accepter cette vérité.

Elle avait malgré tout fini par atteindre le chemin qui rejoignait Pré-au-Lard et leva les yeux pour chercher Irving du regard, un peu inquiète de l'état dans lequel elle le trouverait. Elle l'aperçut finalement, un peu plus bas sur la route, fatigué, mais finalement pas si différent de d'habitude. Comment les choses pouvaient-elles être si semblables en apparence alors qu'ils avaient si profondément changé ? Au fond, si quelqu'un les observait ils ne les verraient que se retrouver une énième fois, le même couple au même endroit. Il y avait pourtant des signes qui ne trompaient pas, de leurs yeux cernés à la façon dont ils s'étaient tous les deux arrêtés pour s'observer un instant.

Alors que, contrainte au secret et au silence pendant des jours, elle avait été dévorée par l'envie de parler, de raconter ce qui c'était passé, de partager ses craintes, Nora se trouvait soudainement à court de mot, alors qu'elle faisait enfin face à la seule personne à qui elle pouvait se confier. Que dire, de toute façon ? Le mal était fait, et ils n'avaient pas besoin de mettre de mots sur leurs sentiments pour les deviner. Ils partageaient le même secret, vivaient le même cauchemar, et ils n'avaient pas besoin de le dire pour le savoir. Mais alors quoi ? Ils continuaient de se fixer avec appréhension, sans rien dire ?

Ce ne fut que lorsqu'Irving s'approcha d'elle pour la serrer dans ses bras qu'elle réalisa que c'était exactement ce dont elle avait besoin, depuis le début. S'abonnant à cette étreinte, elle enfouit son visage dans son cou, comme pour fuir la réalité qui les entourait et cette situation qui la dépassait. Déjà sa respiration s'apaisait, redevenant plus lente et profonde qu'elle ne l'avait été depuis des jours. Nora mit fin à cette étreinte à contrecœur pour s'éloigner un peu et interroger Irving d'un regard inquiet. Elle ne lui demanda pas s'il allait bien, elle savait que non, et attrapa simplement sa main en gage de soutient.

Son regard se posa alors sur les tags qui s’étalaient sur les façades des commerces, juste derrière son petit-ami, et il se voila aussitôt alors que les images de la nuit où ils étaient apparus lui étaient brusquement renvoyées en mémoires.

- Ils les ont pas effacés...furent les premiers mots qui lui échappèrent, soufflés du bout des lèvres.

Elle ne pouvait pas rester là, elle ne supportait plus d'être au milieu des autres élèves qui pointaient leurs messages de peinture du doigt avec curiosité, elle n'arriverait pas à se promener au milieu de ce village alors qu'ils en avaient fait une scène de crime deux semaines plus tôt. Elle étouffait.

- On s'en va ? suggéra-t-elle finalement en plongeant son regard dans celui d'Irving.

N'importe où sauf ici. Elle avait juste besoin de s'éloigner, de partir, peut-être juste un moment, peut-être pour ne plus jamais revenir. Juste fuir.


Irving WhitakerAubergisteavatar
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HJ:
 

Irving n'aurait jamais pensé qu'une simple étreinte puisse être si réconfortante. Pourtant elle ne résolvait en rien son problème. Il était toujours l'auteur d'un crime ignoble mais pour la première fois depuis des semaines il avait enfin l'impression d'être avec quelqu'un qui le comprenait. Il n'avait pas besoin de parler, de justifier son humeur maussade, de lui expliquer quoi que ce soit: Nora savait déjà tout. Les crispations accumulées ces dernières semaines se dissipèrent peu à peu tandis qu'il enfouissait son visage dans les cheveux dorés de sa compagne. Les élèves de Poudlard les auraient surement trouvé forts démonstratifs si cette embrassade n'avait pas été emprunte d'une certaine gravité qui caractérisait mal le couple qu'ils formaient habituellement.  Pourtant Irving aurait voulu arrêter le temps. Ne plus jamais avoir à ré-ouvrir les yeux et rester là, comme ça, jusqu'à la fin de ces jours. Ne surtout pas penser à  ce qui allait se passer "après".

Mais quand Nora s'éloigna de lui pour l'interroger du regard et il sentit à nouveau le poids de ses actes pesé sur ces épaules. Encore plus lourdement qu'avant. Nora était sa plus grande force, celle qui l'avait toujours maintenue debout, mais aussi sa plus grande faiblesse. Il se sentait bien incapable de répondre à ses interrogations muettes. Il aurait aimé lui dire que tout allait bien, qu'il avait fait disparaitre toutes les preuves de sa culpabilité mais il n'était vraiment sûr de rien. Les aurors pouvaient très bien leur tomber dessus d'un moment à l'autre ou même la Salamandre, bien décidée à éliminer un membre dangereux pour l'organisation. Il n'avait plus confiance en personne, sauf en elle.

Nora finit par brisé le silence qui s'était installé entre eux lorsque son regard se posa sur les tags dans le dos d'Irving. Il pressa sa main un peu plus fort tandis qu'il se retournait pour les observer. C'est vrai qu'ils avaient sacrément bien bossé, songea-t-il avec amertume, même les agents de la Milice n'arrivaient pas à effacer ses inscriptions indélébiles... A moins qu'ils n'aient pas essayé de les retirer et qu'ils aient juste  effectué des prélèvements magiques qui leur permettraient de remonter la piste jusqu'à eux, et jusqu'à Dalhiatus.

L'ancien Gryffondor chassa l'image du directeur de département qui s'était imposée dans son esprit et il hocha la tête à la proposition de Nora. Il n'avait aucune envie de rester là lui aussi. Il l'entraina donc à travers la lande écossaise en direction d'une petite colline pelée qui surplombait Pré-Au-Lard.  Ils entamèrent l'ascension en silence et une fois au sommet sur la crête, Irving s'installa à même le sol, dos au village et à la forêt interdite.

Face à eux, des valons et des lochs à perte de vue.

Irving resta là, à observer ce paysage sans le voir. Il savait que la conversation qui allait suivre était importante et qu'ils allaient devoir prendre des décisions difficiles. Au bout de quelques minutes, il finit par se tourner vers Nora et lui demanda:

"Tu tiens l'coup ?"

Il ne s'agissait pas de lui demander si elle allait bien -il savait l'un et l'autre que ce n'était pas le cas- mais plutôt de savoir si elle arrivait à gérer la pression. Si la culpabilité n'était pas trop lourde. Nora s'était déjà lourdement accablée lors de la mort de Danny et Irving avait peur qu'elle ne tienne pas le choc cette fois et qu'elle fasse une bêtise.  L'idée de sauter du haut d'une falaise lui avait bien traversé l'esprit et il craignait que Nora ressente la même détresse et n'envisage cette même issue.

"Tu sais qu' tu peux tout me dire." ajouta-t-il comme pour l'encourager à vider son sac.

Il avait pu aborder le sujet du meurtre avec Heaven et même s'il avait quelque peu déformé la réalité dans la version qu'il avait donné au chef de la Salamandre, il avait pu en parler à quelqu'un, lui. Il avait pu agir, ébaucher des plans pour se tirer indemne de cette situation alors que Nora était bloquée à Poudlard, condamnée à vivre sa vie d'étudiante comme si rien ne s'était passé.

"Je sais qu' c'est pas facile pour toi, et crois-moi, j'essaye de faire du mieux qu'j'peux pour qu'on puisse pas remonter jusqu'à nous.  Jusqu'à toi.  J'ai été obligé d'en parler au Chef de la Salamandre mais j'ai pas dit que tu étais présente... au cas où..."

Il ne finit pas sa phrase, laissant le soin à Nora d'interpréter ses propos.

"Personne ne sait ce qui s'est réellement passé. Juste toi et moi." souffla-t-il en la détaillant du regard incapable de savoir si  le fait de conserver cette histoire secrète était la bonne décision à prendre.



Irving Whitaker
Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora suivit Irving en direction d’une petite colline, un peu à l’extérieur du village, et ne s’arrêta au sommet qu’à contrecœur. Derrière eux, Poudlard, Pré-au-Lard, et les secrets qu’ils y avaient caché. Et devant, l’horizon. A perte de vue. De grandes étendues vallonnées à l’herbe grasse qui leur tendaient les bras. Une invitation à s’élancer en avant, à partir sans se retourner. Une promesse de liberté. Caressant le paysage des yeux, Nora laissa son rêve absurde de fuite en avant lui échapper alors que la question d’Irving la ramenait brutalement à la réalité.

Elle haussa les épaules. Non, elle ne tenait pas le coup. Elle ne dormait pas, vivait dans la peur constante, fuyait ses amis, et passait son temps à rechercher la sentence à laquelle elle avait échappé. Elle avait envie, et même besoin, de payer pour ce qu’elle avait fait, d’une façon ou d’une autre, et se surprenait à s’attirer des ennuis dans le seul but de se faire attraper. Elle errait de longs moments dans les couloirs de l’école, seule, après le couvre-feu, et acceptait presque avec plaisir les remontrances et diverses sanctions de ses enseignants. C’était un peu idiot de gâcher la fin de sa scolarité comme ça, mais elle n’en avait plus grand-chose à faire. Et se disait qu’elle l’avait bien mérité, de toute façon. Elle ne supportait tout simplement pas l’idée de continuer à traverser la vie sans encombre, innocente et exemplaire aux yeux de tous, alors qu’elle avait été impliquée dans le meurtre d’un homme.

Pourtant elle la traversait encore, la vie. Elle était vivante, elle allait à peu près bien physiquement, et elle n’avait pas craqué. Elle n’avait parlé à personne. Le secret tenait toujours, et si ses proches amis se doutaient sans doute de quelque chose, aux yeux des autres rien n’avait changé. Alors elle estimait qu’on pouvait dire qu’elle tenait le coup, au moins pour l’instant.

- Ça va, souffla-t-elle faiblement. C’est…Je peux gérer, ajouta-t-elle autant pour rassurer Irving que pour se convaincre elle-même.

Elle était en réalité terrifiée à l’idée de ne pas être assez forte pour supporter ça plus longtemps. Mentir n’était pas dans sa nature, surtout pas sur des sujets si graves. La culpabilité l’écrasait un peu plus chaque jour, à mesure que son angoisse grandissait. Elle avait le terrible sentiment d’être une bombe à retardement, qui pourrait éclater à tout moment et les mettre tous les deux gravement en danger. Elle ne pouvait pas se permettre une telle bavure. Pas alors qu’ils pourraient le payer de leur vie. Il fallait qu’elle tienne le coup. Elle le devait à Irving, elle devait au moins être forte pour lui. Lui avait tout fait pour qu’elle ne court aucun risque, la moindre chose à faire était de lui rendre la pareille.

- Juste toi et moi…répéta-t-elle quand il lui expliqua que personne d’autre ne connaissait la vérité.

Personne ne savait. Elle ne partagerait ce secret qu’avec Irving, jusqu’au bout. Un lourd sentiment de solitude s’empara d’elle alors qu’elle prenait conscience de ce que cela impliquait. Elle ne pourrait jamais en parler, à personne. Elle était libre de partager avec Irving sa culpabilité et ses monstrueux souvenirs de cette nuit-là. Mais elle devrait garder le reste pour elle. Parce qu’elle avait eu peur de Dalhiatus, oh oui, peur de ce qu’ils avaient fait, mais peur d’Irving, aussi. Même aujourd’hui, une part d’elle continuait d’avoir peur, de lui, et pour lui. Et ça elle était condamnée à le garder pour elle. Elle continuerait de s’inquiéter et d’avoir peur, seule et en silence.

Il avait parlé du meurtre aux dirigeants de la Salamandre, mais leur avait caché sa présence sur les lieux. Et elle ne voyait qu’une explication à ça. Il craignait que la Salamandre ne décide de se débarrasser d’un membre devenu gênant. Elle blêmit brusquement à cette idée alors que son cœur s’affolait. Non, ça ne pouvait pas se passer comme ça. Elle ne les laisserait pas faire, ils ne les sépareraient pas. Elle avait besoin d’Irving et il avait besoin d’elle. Elle lui avait promis qu’elle serait toujours là, elle ne voulait pas le laisser assumer seul les conséquences de leurs actes.

- Tu penses que…qu’ils pourraient… ? Elle ne parvenait même pas à formuler ses craintes tant elles l’effrayaient. Non, on n’a pas laissé de traces, tu as tout effacé, tu…La Salamandre n’est pas en danger…si ?

Elle se força à se calmer, prenant exemple sur l’apparent sang-froid dont faisait preuve son petit-ami. C’était sa décision de la tenir à l’écart et elle ne pouvait rien y faire. Il ne pouvait décemment pas retourner voir les dirigeants de la Salamandre pour modifier sa version des faits. C’était trop tard. Ce qui était fait était fait et elle devrait apprendre à vivre avec ce secret comme elle devrait apprendre à vivre avec le meurtre du Directeur sur la conscience. Mais savoir qu’il pourrait arriver quelque chose à Irving la rendait folle d’inquiétude, encore plus alors qu’elle était consciente qu’elle ne pourrait rien faire pour lui rendre justice. Il était le seul à savoir qu’elle était présente cette nuit-là, et si jamais il disparaissait, il emporterait ce secret avec lui. Elle ne pourrait ni l’aider ni le défendre sans le mettre encore plus en danger. L’idée était insupportable.

Ravalant les larmes qui lui montaient aux yeux, Nora s’interdit de penser à ça pour le moment et s’obligea à reprendre constance. Irving n’avait pas besoin de gérer une petite-amie au bord de la crise d’angoisse. Il avait vécu assez d’épreuves comme ça, elle ne voulait pas lui en imposer davantage.

- D’accord, répondit-elle finalement. Personne ne saura.

Elle n’arrivait même pas à imaginer le cauchemar que son petit-ami devait traverser. La dernière fois qu’elle avait ressentie un tel sentiment d’impuissance, le jeune homme venait de perdre son père. Elle s’était trouvée complètement désemparée face à sa douleur et elle s’en était voulu de ne rien pouvoir faire pour le réconforter. Aujourd’hui la situation était complètement différente pourtant le sentiment d’impuissance était le même. Elle était si profondément traumatisée par ce qui c’était passé, la culpabilité et la peur étaient si écrasantes, qu’elle se demandait comment Irving pouvait tenir le coup, lui qui avait été impliqué bien plus directement dans le meurtre de Dalhiatus.

Un frisson parcourut le long de son dos alors que les images de cette terrible nuit lui revenaient en mémoire. Comment pouvait-on tenir le coup après avoir fait une chose pareille ? Elle tourna timidement la tête vers son petit-ami, presque avec appréhension, et essaya de capter son regard.

- Et toi ? demanda-t-elle d’une toute petite-voix. Comment est-ce que…Enfin, est-ce que ça va aller ?

En posant la question elle réalisait qu’elle ne pouvait pas avoir de bonnes réponses. Et s’il ne tenait pas le coup ? S’il ne le supportait pas ? S’il n’arrivait pas à vivre avec ça ? Elle ne pouvait pas le voir abandonner complètement, elle ne supporterait pas de le voir se torturer éternellement. Pourtant, elle n’avait aucune envie de l’entendre répondre que ça allait, qu’il gérait la situation. Parce qu’Irving n’était pas le genre de garçon qui gérait sereinement des meurtres. Du moins elle n’aurait jamais pensé qu’il l’était.




Irving WhitakerAubergisteavatar
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Personne ne saura.
Irving observa Nora avant d'hocher la tête, la mine grave. Ils seraient les deux seules personnes à savoir ce qui s'était réellement passé ce soir là.
Irving aurait du se sentir soulagé -personne sur terre hormis sa petite amie et Heaven ne saurait qu'il avait tué un homme de ses mains-  et pourtant il avait la sensation de s'enfoncer davantage dans le mensonge. En l'espace de quelques jours, il était devenu un imposteur. Il n'était pas celui qu'il prétendait être, Irving le gentil employé des transports magiques, non.
Il était devenu un tueur doublé d'un menteur.
Et pourtant, il état forcé de constater qu'il s'en sortait pas si mal  dans ce nouveau rôle. Même s'il se dégoutait lui-même, il avait réussi à faire illusion auprès de ses collègues et de sa famille. Pour expliquer sa mauvaise humeur, il avait prétexté une dispute avec Nora lorsque ses sœurs s'étaient montrées un peu trop insistantes et cela avait suffit à les berner, quant à ses amis, il avait évoqué un état grippal qui lui imposait de rester cloitrer chez lui une fois sa journée de travail achevée. Mais combien de temps cela durerait-il ?  Il savait bien qu'il allait devoir renouer avec tous ses contacts mais il s'en sentait incapable. Il ne se voyait pas rire et plaisanter avec eux. Sans Nora, il serait déjà mort, il en était sûr maintenant qu'elle lui demandait comment il allait. Mais que pouvait-il lui répondre ?

" Hier, j'ai failli m'jeter du haut d'une falaise  mais j'l'ai pas fait, pour toi."

Merlin, c'était tout bonnement impossible à formuler de la sorte bien que cela soit vrai. S'il lui révélait cela, elle allait prendre ses jambes à son cou... S'il était près à tuer pour elle, il comptait aussi rester en vie pour ne pas la laisser seule porter ce fardeau. C'était son obsession: Essayer de la préserver mais en ce qui le concernait,  plus il y réfléchissait, moins il ne se voyait reprendre le cours de sa vie d'avant:

" Je...tu sais , j'ai beaucoup réfléchi... commença-t-il résolu à ne pas évoquer ses états d'âmes, je pense qu'on devrait partir. Quitter le pays, ajouta-t-il en lui prenant la main, je sais qu' ça peut paraitre complètement fou mais dans deux mois tu as fini Poudlard. J'ai un peu d'argent d'côté et j'peux faire des extras à l'Entre'potes pour arrondir un peu la somme. J'uis sûr que Klem pourrait nous bricoler un portoloin pour l'étranger."

Il se tût quelques instants et pressa la main de Nora dans la sienne:

"On prend un nouveau départ. Ailleurs. Juste toi et moi... Qu'est ce que t'en penses ? Tu pourrai poursuivre tes études de vétérinaire et moi j'trouverai un job, n'importe quoi, tu seras pas obligée d'abandonner tes projets.  J'uis sûr qu'on pourrait construire quelque chose plutôt qu'd'être ici à cacher c'que j'ai fait à tout l'monde. Je sais que tu tiens le coup, qu't'es forte mais ça va être très dur d'mentir sur la durée. J'ai l'impression qu'ça s'rait plus facile si on partait pour recommencer ailleurs...,J'te d'mande juste d'y réfléchir. T'es pas obligée d'me répondre aujourd'hui."
précisa-t-il, soucieux de ne pas la presser.

Il passa une main dans ses bouclettes et ferma les yeux quelques instants. Il se sentait triste et un peu honteux de proposer ce plan à Nora. Il savait que sa famille comptait énormément pour elle et il n'était pas sûr que ce soit la bonne solution de l'arracher aux siens. Lui-même, il n'envisageait pas cette solution de gaité de cœur mais mentir chaque jour à ses proches lui semblait encore plus déshonorant que d'envisager une fuite.

"Tu sais j'essaye juste de trouver des solutions,
tenta-t-il finalement pour se justifier, mais j'ai beau retourner l'problème dans tous les sens j'arrive pas à trouver c'qui s'rait l'mieux pour nous."

Il se décida enfin à révéler le fond de sa pensée, ce qui le tourmentait depuis la nuit du meurtre:

"J'ai juste peur qu'on s'en remette jamais tu comprends ? J'veux pas qu'ça nous bouffe à p'tit feu, qu'on reste ensemble uniquement parce qu'il le faut et qu'on finisse par se détester en estimant qu'on a chacun gâché la vie de l'autre...
Irving poussa un profond soupir avant de conclure:
 J'veux pas t'perdre mais j' sais pas quoi faire pour éviter qu'tout ça nous pète à la gueule..."



Irving Whitaker
Nora WeaverAubergisteavatar
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Irving ne répondit pas à sa question. Nora failli le couper, insister pour qu'il lui parle, elle n'osa pas. Elle le regarda lui parler de ce départ dont elle rêvait tant, essayant de deviner ce qu'il ne lui disait pas. Elle avait beau savoir que, quoi qu'il trouve à répondre à sa question, cela ne lui ferait pas plaisir à entendre, elle avait besoin de savoir. Elle avait à la fois peur et besoin d'en parler. Il était la seule personne avec qui elle pouvait s'ouvrir sur ce sujet, la seule personne à qui elle pouvait tout dire, mais elle avait besoin qu'il lui parle aussi.

Talk to me
Talk to me
Baby talk it’s me
Talk to me


La main du jeune homme vint presser la sienne et elle tourna la tête vers lui, laissa son regard détailler son visage. Il avait changé, en quinze jours de temps. Tout comme elle avait dû changer elle aussi. Ils étaient marqués à vie, ils ne seraient probablement plus jamais les mêmes, pas tout à fait. L'expression grave, la mine préoccupée, les traits tirés, elle voyait bien que ça n'allait pas. Et évidement que ça allait mal, comment aurait-il pu en être autrement ? Mais elle ne voulait pas le voir tout ça, elle ne voulait pas le deviner, elle avait besoin de l'entendre.

Something got hold of your soul
You’re like never before
Is there something more ?
Have I missed anything ?


Avant Irving aurait partagé tous ses états d'âme avec elle, et elle ne voulait pas que ça change. Aujourd'hui ce qu'il affrontait n'avait rien à voir avec ce qu'ils avaient pu connaitre avant, mais elle ne voulait pas que ça l'empêche de lui en parler. Quoi qu'il ait à dire, elle le supporterait. Elle chercherait à l'aider, par n'importe quel moyen. Elle était prête à tout pour le soutenir dans cette épreuve, mais elle avait besoin qu'il lui parle. Elle ne voulait pas qu'il évite ses questions jusqu'à ce que ni l'un ni l'autre n'ose plus évoquer le sujet. Oui ça la terrifiait de mettre des mots sur tout ça, mais si elle ne le faisait pas avec lui, alors avec qui ?

Seems like the sun is shining
On everyone but me
Won’t you talk to me ?
This is getting scary


Partir. Il lui proposait de fuir. Tout quitter, ne plus jamais revenir. Cette pensée l'aurait terrifiée, il y a de ça moins de quinze jours. Aujourd'hui elle lui apparaissait tentante, presque nécessaire. Elle avait besoin de s'éloigner, de prendre de la distance. Elle étouffait ici, noyée sous les secrets, à mentir en permanence à tous ceux qu'elle aimait. Un peu de temps loin de tout ça leur ferait du bien.

Elle n'avait plus aucune envie de retourner à Poudlard, où elle ne se sentait plus chez elle. Elle avait l'impression d'être une usurpatrice là-bas, et savait que ce sentiment ne disparaitrait pas quand elle rentrerait chez elle. Oserait-elle mentir à ses parents ? Cacher un tel secret à sa sœur ? Elle en doutait. Oui, ils devaient partir, et pas seulement parce que cela leur ferait du bien, mais aussi parce que c'était ce qu'il y avait de mieux à faire pour leur sécurité.  

- On pourrait partir maintenant...suggéra-t-elle alors que son regard s'était de nouveau porté sur l'horizon qui s'offrait à eux. Je réussirai jamais mes examens de toute façon, ajouta-t-elle. On n'a pas besoin d'attendre.

C'était un constat qui l'aurait énormément inquiété en temps normal, mais sa réussite scolaire ne lui importait plus tant que ça. Elle savait que c'était idiot, de tout abandonner, mais elle n'était même plus certaine de savoir ce qu'elle voulait faire de sa vie. Soigner et s'occuper des créatures magiques avait toujours été son objectif dans la vie, mais ça ne lui paraissait plus primordial. Ce qui importait pour le moment était qu'ils se sortent de là, pour le reste ils se débrouilleraient.

- On pourrait partir aujourd'hui, reprit-elle en se tournant vers Irving.

Techniquement, rien ne les en empêchait. Ils n'avaient qu'à se lever et à partir. Transplaner, aller n'importe où. Au fond elle savait bien que c'était impossible. Ils éveilleraient les soupçons, à disparaitre ainsi sans raison. Ses parents s'inquiéteraient terriblement, ses amis aussi, et elle ne voulait pas leur causer trop de soucis. Mais le seul fait d'y penser était agréable, savoir qu'ils pourraient partir s'ils en avaient l'envie avait quelque chose de rassurant.

-Non, tu as raison, soupira-t-elle, il vaut mieux attendre. Faire ça bien.

Encore une fois Irving montrait beaucoup plus de sang-froid et de modération qu'elle face à la situation. Elle était impressionnée, tout en sachant très bien qu'il ne faisait que donner le change. C'était une façade, ce pragmatisme, ce calme. Nora le connaissait mieux que ça, et savait qu'il était assez fort pour prétendre que ça allait quand ça n'allait pas. Elle aurait voulu qu'il lui parle, vraiment, mais elle ne voulait pas le brusquer.

Baby talk to me
Please talk to me


- Tu peux me dire ce qui ne va pas, si tu veux, souffla-t-elle, un peu hésitante. Tu peux tout me dire, ajouta-t-elle plus fermement. Absolument tout.

Baby talk it’s me
Talk to me


La réponse d'Irving lui fit mal à entendre, parce qu'elle avait éprouvé, et éprouvait, les mêmes craintes. Elle reconnaissait avoir pensé qu'ils étaient voués à vivre leur vie ensembles, maintenant qu'il partageait un tel secret, mais n'avait-ce pas toujours été le cas ? Elle avait toujours espérer qu'elle passerait le reste de sa vie avec Irving, pourquoi ne s'en réjouirait-elle plus aujourd'hui ? Elle aussi craignait que le poids du mensonge ne finisse par les éloigner, elle avait peur qu'ils n'osent plus se parler, qu'ils se referment chacun sur eux-mêmes. Mais elle était certaine d'une chose, elle n'en voudrait jamais à Irving pour cela.

- Ça n'arrivera pas, assura-t-elle doucement. Je sais pas comment on va s'en sortir et je sais pas si on tiendra le coup, avoua-t-elle, mais jamais je ne te détesterai. Je ne pourrai jamais penser que tu m'as gâché la vie...Tu m'as sauvé la vie.

Elle avait été si bouleversée par la mort de Dalhiatus qu'elle n'avait pas vraiment songé à ce qui se serait passé, si Irving n'était pas intervenu. Elle se souvenait avoir supplié le directeur de la tuer, et ne doutait pas qu'il aurait accéder à sa requête. Le simple souvenir de la haine qu'elle avait lue dans son regard la faisait frémir. Il l'aurait tué, ça ne faisait aucun doute. Elle devait sa vie à Irving. Il avait tué pour elle, et jamais elle ne pourrait le détester pour ça.

- Je suis là pour toi, je te l'ai promis... Ça n'a pas changé.

Elle l'aimait toujours. Peut-être de façon un peu différente, peut-être même plus fort. Elle avait éprouvé beaucoup de sentiments contradictoires depuis cette terrible nuit mais seule l'étreinte d'Irving, quelques minutes plus tôt, avait réussi à l'apaiser. Il restait le seul avec qui elle se sentait en sécurité, le seul à qui elle avait envie de se confier, le seul avec qui elle se sentait capable de partager un tel fardeau.

Pourtant beaucoup de choses avaient changé, de façon irrémédiable. Il s'était passé cette nuit-là des choses que même les années n'effaceraient pas et qui les avait probablement changé tous les deux. Et elle avait besoin de lui maintenant plus que jamais. C'était peut-être ça qui avait changé. Elle était amoureuse d'Irving depuis plus longtemps qu'elle ne l'admettait, mais aujourd'hui elle était complètement dépendante de lui. Elle était parfaitement consciente qu'il était le seul pilier qui la maintenait encore debout. Si elle le perdait elle s'effondrait, et c'était un peu effrayant.

- On restera ensemble, pas parce qu'il le faut, mais parce que j'ai besoin de toi. Elle n'avait pas prévu de lui dire ça, elle ne voulait pas être un fardeau, il avait suffisamment de problèmes comme ça, mais c'était la vérité. Je t'aime, assura-t-elle en pressant un peu plus sa main dans la sienne. Quoiqu'il se passe, ne me laisse pas.

Une chose était certaine, elle irait où il irait. Et s'il tombait elle tomberait avec.

Something just changed in my world
And it's killing me


Irving WhitakerAubergisteavatar
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Nora nageait dans la même incertitude que lui mais son amour semblait intact même si Irving n'était pas vraiment sûr de lui avoir sauvé la vie comme elle le pensait et l'affirmait. Lui sauver la vie. Cette remarque , qui aurait pu être tirée des Hauts de Hurlelune,  laissait penser à un scénario romanesque qui ne collait pas du tout avec la nuit de terreur qu'ils avaient vécu . Pourtant, elle était là, à lui presser la main, à lui parler, comme avant, de ses doutes et de ses craintes. Ils n'étaient pas des surhommes et elle n'avait pas la prétention de dire qu'ils allaient s'en sortir indemnes mais, au moins, ils pouvaient compter l'un sur l'autre.

Irving avait envie d'y croire et il fit taire la petite voix dans sa tête qui lui disait qu'il se berçait d'illusion, que tout ne pouvait pas être aussi simple. Il avait tué un homme et pourtant  Nora ne le rejetait pas. Alors,  il n'aspirait à rien d'autre aujourd'hui.  Il avait cru la perdre ce soir là, quand elle avait fui son regard, et même tout à l'heure, lorsqu'ils s'étaient revus pour la première fois depuis le drame, il avait douté.  Mais elle était là, fidèle à ses engagements alors il ne comptait pas bouder le soulagement sincère de la savoir encore à ses côtés, amoureuse.

"Si tu savais comme je t'aime" murmura-t-il en posant son front contre le sien, J'te laisserai jamais, assura-t-il avec vigueur avant de l'enlacer, tu m'entends ?"

A cet instant, c'était sa seule certitude. Quelqu'un pouvait bien les entendre et les trouver ridicules, Irving s'en fichait bien. Eux seuls connaissaient le poids des mots qu'ils employaient. Ce n'étaient pas des paroles en l'air quand on savait ce qu'ils avaient traversé pour être ici, assis en haut de cette montagne balayée par les vents.
Même si leur avenir commun paraissait bien sombre, Irving ferait tout pour Nora. Elle avait toujours été sa force, depuis le début, celle qui le poussait à se dépasser. A assumer. Tant qu'elle serait à ses côtés, Irving se fit la promesse de ne jamais baisser les bras et pour la première fois depuis l'assassinat, il envisagea les choses de manière moins pessimiste. Avec le soutien de sa petite amie,  Il se sentait prêt à tout, même à mentir à ses proches, à la Police, au monde entier.

Et puis, après tout, la Milice n'avait aucune piste et le corps de Dalhiatus demeurait introuvable. De  nombreux témoignages affirmaient que le directeur de département était déprimé depuis la mort de sa fiancée et certains pensaient déjà à un éventuel suicide... Il y avait des chances pour que l'enquête soit classée sans suite, non ?

Et même si ce n'était pas le cas, qui soupçonnerait un vulgaire employé des transports magiques et son adorable petite amie ? Ils n'étaient que deux adolescents comme tant d'autre. Amoureux et idéalistes:
Juste Nora l'Intrépide et  Irving l'Audacieux... avec une aventure de trop au compteur.

RP Terminé



Irving Whitaker
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Du sang sur les mains [Nora & Irving]

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