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 L'école des fans [Mildred]

Marlene BarclayEtudiante en médicomagieavatar
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21 Avril 2009

Assisse par terre dans un couloir, Marlene était entourée d'une vingtaine de fiches de révision en Botanique. Les ASPICS arrivaient à grand pas - dans deux mois - et honnêtement, c'était terrifiant, elle avait l'impression qu'elle n'arriverait jamais à tout apprendre. Elle ne lésinait pas sur le travail pourtant et elle passait deux heures chaque soir minimum à travailler mais il fallait conjuguer ça avec les obligations du préfectorat, des Jeunesses et puis James et Emma aussi, qui prenaient beaucoup de son temps (ce qu'elle ne regrettait absolument pas, qu'on se le dise, surtout pour le premier mais quand elle y pensait, elle avait un sourire un peu idiot et elle n'avait pas très envie de le montrer.) C'était à se demander comment les gens qui avaient eu une vie avant la septième année avaient réussi à tout faire jusque là, elle-même peinait un peu à s'en sortir. Il faut dire qu'elle accordait un soin tout particulier à ses études, cette année-là. Elle avait toujours été une élève consciencieuse et même si ses résultats étaient plus acceptables que brillants, tous ses enseignants s'accordaient sur le fait qu'elle essayait. Elle n'avait pas obtenu beaucoup de BUSES malgré une cinquième année très studieuse et stressante - au point de fondre en larmes devant ses examinateurs en sortilèges - parce qu'elle avait des blancs devant ses parchemins, alors qu'elle avait tout appris. Cela lui donnait une pression supplémentaire pour ses ASPICS car elle était obligée de tous les obtenir si elle voulait pouvoir exercer un métier concret.

Encore une source de stress, d'ailleurs, songea-t-elle en attrapant ses fiches vertes (elles regroupaient les différences espèces de plantes. Les jaunes étaient pour les protocoles de soin, les rouges pour les usages médicinaux, les bleues pour l'histoire de la botanique), l'orientation. Marlene commençait sérieusement à renoncer au projet qui avait un peu guidé ses études et se retrouvait donc le bec dans l'eau à l'approche de la sortie de Poudlard, alors que tous leurs camarades semblaient trouver leur voie. Elle avait pris tous les prospectus disponibles et envoyait des dossiers de candidature à tout va, sans retour pour le moment. Travailler avec les enfants était ce qui l'intéressait le plus alors elle avait postulé dans plusieurs services de Sainte-Mangouste, pour une formation d'infirmière et de sage-femme. Elle n'avait pas la prétention - et les BUSES - pour devenir Médicomage mais le milieu médical lui plaisait quand même un peu. En plus, sa mère était infirmière dans sa jeunesse, avant la naissance d'Albert, et elle aimait bien l'idée de marcher dans les pas de cette dernière. Il faudrait attendre Juillet pour les résultats, cela promettait encore de longs moments à angoisser pour son avenir...

Avant cela, il fallait qu'elle décroche ses ASPICS, songea-t-elle détermination alors qu'elle récitait dans son esprit les caractéristiques des Mandragores. Un couloir vide pouvait sembler un lieu un peu atypique pour réviser mais Marlene continuait de fréquenter son dortoir le moins possible depuis septembre - surtout que Lauren était également un peu stressée par les examens à venir et rester dans ses pattes n'était décidément pas une idée brillante - elle n'avait jamais été fan de la bibliothèque sans savoir pourquoi (enfin, si, parce qu'on y retrouvait la moitié de l'école et elle avait à chaque fois l'impression qu'il y aurait quelqu'un là-bas pour faire une remarque sur elle), la Salle Commune et la Salle des Quatre Maisons étaient trop bruyantes. Elle était en train de chercher dans son esprit les dates du premier planteur de Mandragore - elles étaient sur sa fiche mais elle s'efforçait de ne pas baisser les yeux - lorsqu'un bruit de pas pressés lui fit relever la tête.

 Était-ce vraiment Mildred Magpie qui venait de passer devant elle ? Mildred Magpie en personne ? Mildred Magpie, l'auteur des Hauts de Hurlelune, c'est-à-dire son roman préféré de tous les temps ? Incrédule, Marlene fixa la silhouette rousse qui s'éloignait, perchée sur de hauts talons qui claquaient sur le sol du couloir. Qu'est-ce que Mildred Magpie pouvait bien faire à Poudlard ? Elle était déjà venue en février pour dédicacer la suite des Hauts de Hurlelune (HH pour les intimes) mais cela serait bien étonnant que la directrice autorise une dédicace de Cinquante Nuances de Green au sein de l'établissement (ou plutôt, il serait étonnant que le Professeur Greengrass l'autorise, selon les bruits de couloir, mais ça, c'était une autre histoire.) Elle avait adoré la dédicace et avait eu son exemplaire signé mais elle avait manqué de temps pour pouvoir vraiment parler à son auteur préférée, pressée par les autres élèves, mais elle en gardait un très bon souvenir, même si James la bassinait encore plus que régulièrement avec "Nous ne sommes qu'amour". C'était l'occasion rêvée de pouvoir vraiment rencontrer son auteur préférée et puis elle se voyait déjà tout raconter à Emma ! Rassemblant ses fiches dans le désordre, Marlene se leva brusquement et pressa le pas à la suite de Mildred.

- Mrs Magpie ? interpella-t-elle, tout hésitante. Bonjour, excusez-moi de vous déranger... Je voulais vous dire que j'aimais beaucoup vos livres, je suis une grande fan. J'ai lu les Hauts de Hurlelune des dizaines de fois !

Des centaines de fois serait une affirmation plus exacte. Mais c'est parce qu'elle avait plusieurs versions ! L'originale, le livre de poche et même la version illustrée qui coûtait une patte de dragon, pour laquelle elle avait économisé des semaines. Sans compter tous les autres petits objets à l'effigie des Hauts de Hurlelune, n'en déplaise à ses camarades de dortoir.




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Depuis qu'elle y avait obtenu l'autorisation de fonder son Atelier Théâtre, la romancière Mildred Magpie marchait comme en terrain conquis dans les couloirs de Poudlard. Percevait-elle cela comme une sorte de revanche personnelle sur un passé d'écolière plutôt quelconque? Dans tous les cas, elle savourait cette nouvelle forme de reconnaissance pour son art, et se réjouissait donc à l'idée d'adapter son chef-d'œuvre littéraire en format Théâtre. Un travail fastidieux venait de débuter, comme celui de dénicher les futurs talents qui incarneraient à merveille les personnages de sa saga. Car Mildred ne voulait surtout pas se complaire dans la facilité, et bâtir son spectacle avec des acteurs confirmés et connus du grand public. Même si cela lui enlèverait stress et dépense d'énergie, elle savait qu'elle n'obtiendrait pas le résultat escompté. La romancière voulait créer la surprise et dépoussiérer les planches des scènes de théâtre, en proposant quelque chose de novateur en matière d'interprétation. Le public se lassait des classiques et de ses vieux acteurs aux cranes dégarnis qui pullulaient dans le milieu. Mildred Magpie voulait apporter du sang neuf à un art en décrépitude, et nul doute que la clef de sa réussite résidait au sein des résidents de l'école magique.

Pour la romancière, il s'agissait d'une expérience aussi nouvelle qu’excitante. Quelle dramaturge littéraire ne rêverait pas de voir les personnages de ses écrits prendre vie, le temps d'une pièce de théâtre? Bref, elle pensait avoir trouvé un nouveau filon pour recycler une énième fois son plus grand best-seller, et se faire au passage un maximum de Galions. Ses agents artistiques lui avaient pourtant formellement déconseillé de miser sur l'inconnu, et d'opter plutôt sur des acteurs "Bankables", ou "Gringottable" comme l'on disait dans le Monde Magique. Mais en prenant le risque de la nouveauté, elle était presque certaine de déclencher un buzz magique et d'exploser les recettes. Pour flairer l'odeur des Galions, Mildred Magpie disposait comme d'un sixième sens, et d'une intuition légendaire qui ne l'avait rarement prise au dépourvue. Elle allait trouver ses petites merveilles dans la masse informe des élèves de Poudlard; Ses pépites qui feront d'elle, une star planétaire! Shakespeare pouvait se rhabiller, la grande Mildred Magpie était dans la place!

Sous prétexte de trouver un endroit susceptible d'accueillir ses auditions, la romancière ne s'était pas privée d'assouvir une vengeance toute personnelle à l'égard de ce faux jeton de sous-directeur de Poudlard. Profondément rancunière, Mildred Magpie n'avait toujours pas digérée ce que lui avait infligé Adonis Greengrass lors de l'affreuse et dernière Saint-Valentin de son existence. A tout jamais, cette date lui fendrait le cœur, la ramenant à ce souvenir douloureux! Chose que ce goujat d'Adonis n'éprouverait probablement jamais, tant il devait se complaire auprès de son épouse et de sa riche famille Sangs-purs, tout en courant la gueuse quand l'envie lui en prenait! Tellement plus facile d'agir ainsi que de s'investir dans une relation sincère! La simple pensée d'être considérée comme un objet sexuel, et de n'être là que pour procurer du plaisir à sa majesté Greengrass : Cela la révulsait! Jamais plus, il n'entendrait ses miaulements, et il allait payer pour l'avoir fourvoyée sur ses véritables intentions!

Déballer leurs ébats intimes dans les "50 Nuances de Green" avait été la première flèche de sa vengeance. Elle y décrivait l'homme sous les traits d'un pervers sadique, et aux fantasmes assurément glauques. La rédactrice de Multiplettes ne se privait pas de révéler au travers de ces nombreux articles littéraires, que son dernier livre était fortement inspiré de faits réels et d'une histoire vécue. Elle décrivait le manipulateur de son œuvre comme le strict opposé de Féodor; Un individu tenant plus du "Porc" que du prince Charmant. Quand les critiques littéraires lui demandaient si ses récits n'allaient pas heurter la sensibilité de son jeune public, Mildred Magpie se plaisait à répondre qu'il s'agissait d'une mise en garde pour les jeunes filles. Alors que beaucoup d'entre elles étaient sur le point de voir le loup, elle se devait de les informer que certains d'entre eux tenaient justement plus du loup que du beau Féodor. Réflexion purement mercantile, car en agissant ainsi, la romancière n'espérait qu'une chose : A savoir, adpater son style en fonction des mentalités de son noyau de fans.

Juchée sur ses talons hauts, et arborant le petit chemisier moulant qui jadis faisait fondre de désir son ancien amant; Mildred prenait un malin plaisir à feindre l'indifférence la plus totale et ignorer ce goujat d'Adonis Greengrass, chaque fois qu'elle venait à le croiser. Il devait payer, et comprendre à coté de quoi il était passé! Même si les jolies rouquines ne manquaient pas à Poudlard, la co-gérante des Folies Sorcières préférait se mettre des ornières et croire au fait que le beau sous-directeur souffrait amèrement de sa décision. Bien décidée à lui mettre un nouveau vent, et connaissant son emploi du temps par cœur, elle se dirigeait vers la cible de sa rancœur, quand une petite voix féminine l'interpella. Mildred se retourna pour découvrir une jeune fan toute émue à l’idée de pouvoir rencontrée sa romancière préférée. Immédiatement, la Bristolienne afficha un sourire commercial, dont la blancheur servait surtout à dissimuler son indifférence.

"Tu es trop mignonne! Je me sens flattée, et je peux t'assurer que ton engouement me va droit au cœur! J'imagine que tu désires un autographe, ou que je te révèle une indiscrétion sur la suite des aventures de Peggy Black. Et bien sache que je vais t'accorder bien mieux ma chérie... "

Mildred Magpie retira de son sac Louis Vuitton, l'un des nombreux flyers faisant l'apologie de son Atelier Théâtre pour le tendre à sa jeune fan. Cette dernière pourrait le faire circuler, voir même se laisser tenter à y participer.

"Tu es la première à officiellement savoir que je compte monter un Atelier Théâtre afin de transposer "Les Hauts de Hurlelune" sur les planches de mon Cabaret. Et qui de mieux que la jeunesse de Poudlard pour incarner les héros de mon roman? "

La bouche en cul de poule de Mildred Magpie laissa transparaitre toute l’étendue de son autosatisfaction.



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Marlene BarclayEtudiante en médicomagieavatar
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Marlene eut un très bref instant d'hésitation lorsque Mildred Magpie la qualifia de "trop mignonne". Elle aurait dix-neuf ans en Octobre prochain, elle avait peut-être dépassé l'âge d'être infantilisée... Mais après tout, c'était Mildred Magpie, son auteur préférée, et elle aurait donc pu dire n'importe quoi à son propos sans qu'elle ne se formalise vraiment. L'occasion de lui parler en privé était trop belle, à chacune de ses sorties, Mildred était escortée d'une horde de fan et les rencontres étaient brèves. Celle de Poudlard n'avait pas vraiment échappé à la règle puisque que de nombreux élèves avaient fait le déplacement. L'année prochaine serait différente, elle ne serait plus à l'école et pourrait donc assister aux évènements de librairie - notamment sur le Chemin de Traverse - beaucoup plus facilement. C'était quand même l'un des gros avantages à sortie de Poudlard : la liberté de mouvement. Sept ans enfermée dans le même château en vase clos à côtoyer les mêmes personnes et à faire les mêmes choses (et les sources de divertissement dans une vieille bâtisse magique au fin fond de l’Écosse étaient peu nombreuses) était l'une des raisons qui lui donnait envie d'arriver à l'été. Ce qui se passait après l'été était plus effrayant - elle ne savait pas quoi faire de sa vie - mais pour la première fois depuis le début de son adolescence, Marlene avait l'impression que la période estivale serait prometteuse (notamment parce qu'elle aurait Emma et James pour la partager et elle ne passerait donc pas deux mois enfermée chez elle).

Quoi qu'il en soit, elle était trop contente de cette entrevue privée avec Mildred Magpie pour se formaliser de quoi que ce soit et elle se voyait déjà raconter l'intégralité de leur discussion à Emma. Surtout si elle avait des informations sur la suite des Hauts de Hurlelune ! Le dernier tome se terminait sur un suspens assez intenable - ce qui donnait évidemment très très envie de connaître la suite - et les théories allaient bon train chez les lecteurs. La moindre bagatelle d'information serait un scoop et Mildred, surtout si Marlene avait un autographe en plus. Dans les faits, elle avait déjà le dernier tome des HH dédicacé mais elle avait dans son sac la version poche, alors elle n'allait quand même pas dire non ! Elle avait amorcé un léger mouvement pour se rapprocher de son sac de cours - et de son ouvrage afin qu'il puisse recevoir la plume de son auteur - quand cette dernière promit quelque chose de "bien mieux". Bien mieux qu'une information sur la suite des livres ou un autographe ? Marlene avait beau avoir beaucoup d'imagination - certaines mauvaises langues auraient dit "beaucoup trop et pas dans le bon sens" - elle peinait à deviner ce que cela pouvait bien être.

Elle saisit le flyer avec un remerciement silencieux et le parcouru du regard à toute vitesse, ses yeux s'arrêtant sur la date de l'audition avant qu'elle ne relève le visage vers Mildred, un grand sourire sur le visage.

- Ooooh mais c'est super ! Je suis sûre que cela va avoir beaucoup de succès !

Les Hauts de Hurlelune étaient faits pour être montés sur les planches, assurément ! Enfin, en bonne née-moldus, Marlene n'aurait pas dit non à une adaptation cinématographique mais puisque les sorciers avaient cent ans de retard... L'idée de voir son bouquin préféré porté sur scène la ravissait, surtout si c'était Mildred Magpie en personne qui dirigeait la production. Ils allaient enfin pouvoir voir comment elle imaginait vraiment les décors des plus célèbres scènes de la saga et puis il y allait y avoir la musique et les lumières et cela serait assurément assez pour mettre des étoiles dans les yeux de tous les fans. Ceux qui allaient pouvoir participer à cette aventure auraient tant de chance... En effet, malgré son attachement à l'oeuvre, Marlene n'envisageait pas une seule seconde de se présenter aux auditions. Elle n'était pas assez talentueuse et puis l'idée de monter sur scène devant tout le monde (ou pire, devant toute l'école. Ses camarades de classe étaient mille fois plus effrayants que des inconnus) la pétrifiait d'avance. Elle n'aimait pas parler en public, elle allait rougir, bafouiller et à tous les coups, se ridiculiser. Même lorsqu'elle était enfant, elle n'avait jamais aimé être sur le devant de la scène et elle se cachait toujours derrière lors des spectacles de fin d'année de l'école (ce qui faisait râler le caméraman officiel de la famille, c'est-à-dire son père). En plus, elle n'avait jamais fait de théâtre. Elle avait fait de la danse (les galas lui faisaient faire des cauchemars pendant des semaines), de l'arc et de l'équitation mais jamais aucune activité qui nécessite de jouer (à part se voiler la face, mais elle n'avait commencé qu'à l'adolescence, alors bon...)

- Si vous avez d'autres prospectus, je peux les mettre dans la Salle des Quatre Maisons si vous voulez, proposa-t-elle avec enthousiasme, les joues un peu rosies par le fait qu'elle parle à Mildred Magpie en personne. Et demander aux préfets d'en mettre sur les panneaux d'affichage des salles communes, pour que tout le monde les voit.

Après tout, c'était une activité qui prendrait place au sein de l'école, cela avait sa place sur les panneaux, même si cela déclencherait encore à tous les coups un débat sur la qualité littéraire des Hauts de Hurlelune, comme toujours.

- Je suis la préfète-en-chef - toujours bon à glisser et même en avril, elle en était encore très fière - alors l'information devrait passer facilement, je pense. Je m'appelle Marlene d'ailleurs, ajouta-t-elle plus timidement.

Et dire que son auteur préféré allait connaître son prénom désormais !




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"Marlene" ...

Ce prénom résonna si douloureusement dans la mémoire de la romancière que celle-ci marqua un temps d'arrêt avant d'être en mesure de pouvoir offrir une réponse convenable à sa jeune fan. Traumatisée par ses sept lettres marquées au fer rouge dans son âme, la quadragénaire resta figée. Difficile de paraître naturelle alors que les fantômes du passé venaient de remonter brusquement à la surface de ses souvenirs, dans une cinglante et cruelle piqure de rappel. En effet, durant la première guerre des sorciers, sans son choix d'user de sa plume délatrice, jamais le massacre de la famille McKinnon ne se serait produit. La conscience de Mildred se tordait de culpabilité, chaque fois qu'elle revenait à cette horrible décision de dénoncer les activités clandestine de son ancienne rivale amoureuse aux terrifiants mangemorts. Mais dans sa jalousie destructrice, la jeune Mildred avait voulut faire payer le prix fort à cette odieuse Marlene! Le juste châtiment pour lui avoir briser le cœur! La Poufsouffle avait vu rouge quand son prince charmant de l'époque, un certain Ethan Luther, s'était détourné d'elle pour mieux se jeter dans les bras de cette garce de Gryffondor. Une déception amoureuse qu'elle avait transformé en tragédie humaine, par le simple pouvoir de la dénonciation. La vile collaborationniste revoyait exactement cet instant fatidique où tous s'était joué; Quand le Mangemort Travers avait frappé à toutes les portes du quartier pour interroger les familles afin d'obtenir des témoignages d'activités illicites. Mildred avait alors croisé le regard du Mangemort, et déjà dans son esprit s'inscrivait les contours de sa lettre mortelle...

Motivée par son immense jalousie possessive, et l'idée de ne voir personne d'autre bénéficier de l'amour de SON Ethan Luther; Mildred écrivit, sans le savoir, son premier article délateur. En effet, peut-être pour conserver ses distances vis-à-vis de cet acte ignoble, le ton employé dans la lettre de dénonciation était déshumanisé et d'une froideur toute journalistique! Même si les massacres et les tortures engendrés par sa plume d'oie furent pénible à accepter, Mildred réussit à se réfugier dans des mensonges qui ne faisaient que rejeter la faute sur d'autres que sa petite personne. Mais épisodiquement, le fantôme de Marlène se rappelait à son bon souvenir, afin de lui faire entrevoir toute la noirceur de ses actes passés. Dans ses instants ô combien redoutés, la romancière pouvait alors sentir les flammes de l'enfer lui lécher les pieds et venir bruler l'image proprette qu'elle s'évertuait à délivrer à la face du Monde Magique. Bousculée par ses démons intérieurs, Mildred Magpie plaqua l'une de ses mains blêmes sur sa poitrine, tandis que l'autre relâcha les flyers de l'Atelier Théâtre au sol. Rendue confuse par l'émotion, elle tenta de retrouver de sa superbe auprès de la jeune fan au prénom si malvenu.

"Que la fée Morganne me foudroie tant je suis maladroite! " Fait incongru, la romancière s'agenouilla alors en face de sa jeune lectrice afin de ramasser ses précieuses missives de propagande théâtrale. "Je suis désolée, mais je crains de n'être que trop exténuée par mes nombreuses pérégrinations dans le Monde Magique. Au moins le fait de voyager me donne l'occasion d'aller à la rencontre de mes lecteurs adorés. Je ne boude pas ce plaisir! La preuve avec toi, Mar-Lene... J'accepte volontiers ton aide, et je te remercie de bien vouloir distribuer de mes précieux prospectus dans la salle des Préfets. C'est vraiment adorable de ta part! "

Mildred Magpie se redressa à nouveau sur ses talons hauts, et contempla avec un sourire mystérieux la préfète en chef. Dans son désir de rendre la monnaie de sa pièce au fourbe sous-directeur Adonis Greengrass, la rusée romancière vit en Marlene une belle opportunité de planter une banderille dans la notoriété du goujat. Seule dans son lit froid, sans personne avec qui le réchauffer, la reine du scandale passait ses nuits blanches à fomenter des projets de vengeance. Et voilà que l'un d'eux prenait justement forme sous ses yeux. Regardant à tour de rôle chaque extrémité du couloir, afin d'en juger de la tranquillité; Midred saisit délicatement le bras de sa lectrice dévouée pour lui faire des confidences et l'inciter à la plus grande discrétion.

"Tu dis être préfète-en-chef? Alors il se pourrait que tu me sois d'une grande utilité pour éclaircir un affreux doute de mon esprit. Ce que je m'apprête à te dire est un sujet brulant et confidentiel, de ce fait je te demanderai la plus grande discrétion... "

La romancière se mua alors en journaliste à scandale. Ses ongles vernis retinrent prisonnière l'élève, tandis qu'elle se rapprocha pour instaurer à voix basse une atmosphère propre aux confidences.

"Lors de ma dernière visite à Poudlard, pour la séance de dédicace de mon dernier roman... Parmi les nombreuses lettres de fans recueillis, j'ai posé la main sur un déchirant cri de détresse. Un appel à l'aide sous la forme d'une lettre, dans laquelle une élève de Poudlard voulait m'avertir d'un fait gravissime s'opérant entre les murs de cette école magique. La rédactrice de cette lettre anonyme se plaignait de voir Adonis Greengrass, avoir un comportement inapproprié avec les jeunes demoiselles. Se décrivant elle-même comme une victime des agissements pervers du Sous-Directeur, sans apporter de preuves concrètes. Certes, ma conscience professionnelle me pousse à garder le silence. Mais je ne reste pas moins une femme, dont la conscience me pousse à protéger d'éventuelles victimes... "

Mildred posa ses mains sur les épaules de sa jeune fan, avant d'ajouter d'une voix solennelle.

"Par le plus grand des hasards : Aurai-tu déjà eu vent de ce genre de chose? Le moindre témoignage sur Adonis Greengrass, la plus ridicule rumeur pourrait s'avérer utile à lever le mystère. Mon cœur saigne à l'idée de ne pas pouvoir faire toute la lumière sur ce scandale ô combien affreux... "

Bien qu'elle réclamait la plus grande discrétion au sujet de cette rumeur scandaleuse, Mildred Magpie savait exactement comment naissait les calomnies : Elles débutaient toujours par une formule du genre : "Attention, il ne faut surtout pas l'ébruiter..."



               
“Ce qu'il y a de scandaleux dans le scandale, c'est qu'on s'y habitue.”
Marlene BarclayEtudiante en médicomagieavatar
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Marlene vit avec stupéfaction la liasse de prospectus quitter les bras de Mildred pour s'étaler sur le sol en une cinquantaine de feuilles volantes. Elle s'accroupit pour aider la journaliste, visiblement perturbée, à les ramasser tandis que cette dernière se répandait en excuses au sujet de sa fatigue. Elle avait cru voir une ombre passer sur son visage à l'évocation de son prénom mais Marlene chassa cette idée de son esprit : elle se faisait des idées, c'était la première fois qu'elle rencontrait réellement Mildred Magpie. Il y avait eu la séance de dédicace à Poudlard, évidemment, mais les auteurs voyaient défiler tellement de visages à cette occasion et elle n'avait pas la prétention de croire qu'elle sortait de la masse, bien au contraire... Elle n'était pas le genre de fille que l'on remarquait, encore moins de celles dont on retenait le prénom. C'était pour cela qu'elle avait vu dans cette rencontre inopinée l'occasion de se faire vraiment remarquer de son auteur favori : quel fan ne rêverait pas de cela ?

- Ce n'est rien, assura Marlene, ne vous en faites pas, répéta-t-elle tandis que Mildred s'excusait. Je m'en occuperai dans la soirée, ça me fait plaisir de vous aider, ajouta-t-elle avec un sourire en désignant d'un signe de la main les prospectus qu'elle avait ramassé.

Elle devait de toute manière fermer la Salle des Quatre Maisons à vingt-deux heures, après sa ronde avec James. Elle en profiterait pour installer les flyers de Mildred, afin que les élèves les trouvent le lendemain (même si elle était certaine que James en profiterait pour critiquer encore allégrement sa passion pour les Hauts de Hurlelune, qui étaient une bonne histoire, contrairement à ce qu'il maintenait, elle n'en démordrait pas.) Elle s'attendait à voir Mildred s'éloigner après ce petit intermède - après tout, elle ne pouvait pas lui consacrer toute une après-midi non plus, c'était quelqu'un de très occupé comme tous les gens qui avaient réussi - mais cette dernière s'empressa de continuer la conversation en lui demandant de confirmer son statut de préfète-en-chef, ce qu'elle s'empressa de faire en hochant la tête. Après tout, elle ne l'était que pour un an, autant en profiter... Cette nomination était la première chose hors-du-commun qui lui soit arrivée à Poudlard - en dehors de son admission elle-même, évidemment - et elle comptait dessus pour redorer son dossier scolaire un peu moyen et tristement banal. Elle n'avait déjà pas beaucoup de BUSES alors si elle voulait espérer décrocher une bonne formation, il valait mieux pour elle qu'elle ait des choses à mettre en avant (et elle n'était pas certaine que son système de classement avec un tableau à triple entrées impressionne un éventuel employeur.)

- Je ne dirai rien, assura-t-elle lorsque Mildred lui demanda d'être discrète en refermant ses ongles vernis sur son avant-bras.

Après tout, elle savait garder les secrets. A peu près. Elle avait tenu trois mois avant de parler de James à Emma. Mais bon, ce n'était pas pareil, de le dire à Emma, elle était son amie et le dire à une seule personne, ce n'était pas vraiment le dire, si ? Surtout si la personne en question gardait le secret... Enfin, elle ne comptait pas révéler ce que lui dirait Mildred Magpie. Normalement. Cette dernière s'était rapprochée encore et Marlene dû se retenir de reculer - ce n'était pas contre elle mais elle n'avait jamais été très à l'aise avec les contacts physiques sans savoir pourquoi (si ce n'est des personnes dont elle était proche) - pour pouvoir continuer d'entendre ce que lui murmurait la romancière. Apparemment, une élève aurait profité des lettres déposées lors de la séance de dédicace pour déposer un appel à l'aide au sujet de comportements inappropriés de leur sous-directeur et Mildred s'en souciait, évidemment. Marlene vrilla sur cette dernière des yeux surpris en sentant ses mains se poser sur ses épaules, affirmant que si elle savait quoi que ce soit, il fallait qu'elle parle.

- Ce sont des accusations très graves, commença-t-elle lorsque Mildred lui demanda si elle avait des rumeurs à ce sujet.

Des accusations qui pouvaient ruiner une carrière, même si elles s'avéraient fausses par la suite, le mal serait fait et le Professeur Greengrass serait sûrement renvoyé si ce n'est plus si ce genre de bruits courraient dans l'école.

- Je n'ai rien entendu à ce sujet, répondit sincèrement Marlene. Les gens parlent du Professeur Greengrass mais pas comme ça... Ce qui était pointé du doigt, c'était sa politique éducative, pas ses agissements inappropriés avec les élèves. Je ne sais pas ce qu'il en est dans cette lettre mais... Certaines personnes ne l'aiment pas beaucoup et seraient ravies de le voir s'en aller, c'est politique. Salir une réputation, c'est facile et cela peut faire beaucoup de dégâts...

Et cela, Marlene le disait sans trop le réaliser à une experte en la matière.

- Vous savez, je ne pense pas que cela soit vrai. Je connais assez bien le Professeur Greengrass et il ne ferait jamais cela, c'est un bon enseignant, impliqué avec ses élèves mais pour les aider à progresser, pas pour leur nuire. Il peut-être assez sévère, c'est vrai, mais il n'a jamais eu de comportement inapproprié avec les élèves et les rumeurs vont vite dans l'école, cela se saurait... C'est sûrement quelqu'un qui cherche à lui attirer des ennuis, si c'était vrai, la personne en aurait sûrement parlé à la directrice ou à Mrs Silvester. Rien n'est remonté du côté des préfets.

Elle n'était pas l'interlocutrice privilégiée des élèves, qui préféraient souvent s'ouvrir à James, mais s'il avait su quelque chose, elle l'aurait appris aussi, elle en aurait jeté sa baguette au feu.

- C'est quelqu'un de bien, vous savez, le Professeur Greengrass.




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