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 Hoist the Colours [Kraken]

Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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28 avril 2009

Le coeur de Juliana battait à tout rompre dans sa poitrine tandis qu'elle se glissait parmi la foule de commerçants qui se massait devant le parvis des Folies Sorcières. L'établissement se dressait, grandiose, dans un ciel d'un bleu lumineux. Eblouie par le soleil, Juliana papillonna des paupières une seconde pour dissiper les tâches qui dansaient devant ses yeux, puis reporta son attention sur le cabaret. Son regard fut attirée par la chevelure flamboyante de Mildred Magpie, qui rodait non loin des représentants du ministère, et elle sentit son rythme cardiaque s'apaiser. Sa respiration se fit moins chaotique, sa prise sur sa baguette plus assurée. Elle savait pourquoi ils étaient ici, après tout, ce qu'ils étaient venus combattre - des gens comme Mildred Magpie. Il n'y avait pas d'hésitation à avoir, ni de peur à entretenir. Au contraire, la peur, il fallait la dissiper, car la laisser s'étendre signifierait laisser la dictature l'emporter...

La jeune femme jeta un coup d'oeil à Joel à ses côtés, dont le front était plissé d'inquiétude, et elle attrapa sa main discrètement pour la serrer dans la sienne. D'un sourire crispé, il lui indiqua que tout allait bien, qu'il était simplement nerveux. Comment ne pas l'être, en telle circonstance ? Aucun d'eux n'étaient réellement préparés à cela. Oh, il y avait eu des entraînements, dans la pénombre du Triton Ardent, après la fermeture. Il y avait eu des heures et des heures de réunions, de discussions, de réflexions stratégiques. Mais cela n'enlevait rien au fait que ni Joel, ni Juliana n'étaient des combattants de formation. Ils n'étaient que deux commerçants, des petites gens qui n'avaient même pas fait d'études et qui n'attendaient rien d'autre de la vie que de pouvoir la traverser librement. Et c'était ce droit qu'on leur ôtait, ce droit qu'ils entendaient conserver, coûte-que-coûte. La grande majorité des membres du Kraken étaient ainsi, des personnes communes, aux capacités magiques moyennes, dont les derniers sortilèges d'attaque remontaient, soit aux cours de DCFM de Poudlard, soit à une bagarre alcoolisée dans un bar. C'était leur première mission d'envergure sur le terrain, et c'était loin d'être évident pour eux, aussi convaincus soient-ils de la justesse de leur cause...

Voilà pourquoi Juliana avait entendu diriger cette première opération, elle qui n'avait pas plus d'expérience que ceux qu'elle emmenait au combat - car combat, il ne devrait pas y avoir. Ils étaient venus ici en petit nombre, s'étaient faufilés parmi les spectateurs, prêts en apparence à écouter la propagande indigeste du ministère. Cette première mission était simple, il s'agissait de se faire un peu la main, de se prouver qu'ils étaient loin d'être incapables, loin d'être réduits au silence face aux mensonges du ministère. Il s'agissait de prendre confiance avant une mission plus ambitieuse, bref, d'écrire le premier chapitre de l'histoire de leur révolte...

Il était ici affaire de communication. Celle du ministère, dictature qui ne disait pas son nom, venue rassurer les esprits inquiets des commerçants et de la population de Bristol... Mais surtout celle du Kraken, ce monstre marins aux tentacules sinueuses qui s'était réveillé dans la ville, et qui allait en envahir toutes les rues, petit à petit, prêt à en éjecter un à un les miliciens et voyous qui la pervertissaient. Un Kraken prêt à rendre son âme à Bristol, la fière ville portuaire, coeur du commerce maritime de l'Angleterre sorcière. Oui, un monstre sommeillait dans les eaux troubles de l'Avon... Et il était temps qu'il se réveille.

D'un regard, Juliana et Joel se souhaitèrent bonne chance, puis se séparèrent. Juliana se rapprocha silencieusement des premiers rangs, tentant d'éviter ses connaissances - nombreuses au sein des commerçants - et s'immobilisa en attendant que le discours commence. Une odeur de poisson émanant du vieil homme bourru à ses côtés lui emplit les narines, et elle plissa le nez avant de prendre ses repères dans les lieux. Il y avait une sortie rapide par la droite, mais trois miliciens se trouvaient non loin d'elle. Ses camarades du Kraken prenaient place parmi la foule, elle pouvait repérer la tête de Joel qui dépassait à l'opposé, et celle de Klemens un peu plus loin. Tranquillisée, Juliana glissa ses mains dans les poches de sa robe et attrapa sa baguette, tout en reportant son attention sur la scène.

Le spectacle pouvait commencer.
Spoiler:
 



Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Bureau de Mildred Magpie, quelques instants avant l'intervention publique...

Confortablement installé dans son fauteuil moelleux, le chargé de communication du ministère se contenta de hocher la tête de ravissement, alors qu'il admirait l'excellent travail de décoration intérieure de la propriétaire des lieux.    

"Miss Magpie, je tenais à vous dire que la manière dont vous avez combiné le style Rococo avec le néo-classique tient du chef d'œuvre absolu! Je ne peux que m'incliner face à une telle prouesse architecturale! Vous ne manquez assurément ni de ressource ni d'imagination. C'est juste regrettable que ce Cabaret ne figure pas encore sur le registre des Merveilles du Patrimoine Magique. Un oubli qui se doit d'être réparé. Ne trouvez-vous pas, Miss Magpie? "

"Je ne pourrai que m'en réjouir, monsieur Bannerman... " gloussa de plaisir Mildred Magpie, alors qu'un déluge de compliments s'abattait sur son héritage familial.

"Je vous en prie, si je dois rester quelques temps sur Bristol, afin de régler cette affaire commerciale; Je tiens à ce vous m'appeliez Anderson. Bien entendu, uniquement dans le cas où cela ne ne vous indispose point de le faire... "

Le petit menton pointu de la journaliste corrompue s'éleva fièrement dans les airs, alors qu'elle ne pouvait décliner une telle volonté de briser la distance qui les séparait encore. Le petit air pincé qu'elle arborait ne rendait pas justice à la joie intérieure qu'elle éprouvait à l'idée de se rapprocher encore davantage du service de communication du Ministre, Leopold Marchebank.

"Aucunement! D'ailleurs, vous pouvez m'appeler Mildred... "

Malgré une rigueur toute professionnelle qui lui durcissait le visage, après discussion, l'envoyé du Ministère se révélait sous les traits d'un vrai gentleman. En effet, malgré le spectre de la calvitie envahissante, Anderson Bannerman possédait un certain charme, doublé d'un don dans l'art de dialoguer. Pour la co-gérante des Folies Sorcières, c'était une véritable bouffée d'oxygène dans un monde irrespirable, tant elle ne pouvait encadrer la supérieure hiérarchique de l'homme au crâne dégarni. Bien qu'elle se devait absolument de sauver les apparences pour la bonne marche des relations qu'elle entretenait avec le Ministère, il lui était parfois impossible de contenir la profonde rancune qu'elle éprouvait à l'encontre de cette fichue amerloque! Isobel Lavespère, cette poupée vaudou débarquée du Bayou qui semblait donner si grande satisfaction au Ministre Marchebank. De quelle manière? Mildred se fichait bien de connaître dans le détail les subterfuges de séduction de la communicante, tant elle rêvait de lui arracher son sourire victorieux! Pour l'heure, comme un chou à la crème dissimulé sous une tonne de chantilly; Mildred étouffait sa rancœur sous une couche d'hypocrisie.

Mais plutôt que de devoir endurer le numéro de l'amerloque, dont les jupes crayon épousaient si insupportablement la taille; Mildred Magpie se réjouissait d'avoir un nouvel intermédiaire entre elle et le service de communication du Ministère. Anderson Bannerman était courtois et le dialogue plus aisé. Chose cruciale au vue de la tournure des évènements et de la situation économique dans laquelle se trouvait la bonne vieille ville portuaire de Bristol. Véritable vigie au service du Free, la rédactrice de Multiplettes avait alerté le Ministre sur les dangers qui couvait dans l'ombre du blocus. Commerçants, artisans, pêcheurs... Tous ce petit monde commençait à grogner dangereusement, au point d'en troubler la quiétude de la co-gérante des Folies Sorcières. Il fallait toujours que ces gueux se plaignent! Jamais content et incapable de se bouger le fessier pour se créer leur propre chance! Certes, la plupart des résidus du bas peuple n'avait pas le dixième du talent de la romancière, ni son sens inné des affaires, mais quand même... Pourquoi devaient-ils toujours compter sur l'assistanat, et jalouser la réussite des autres? Les pauvres voulaient toujours obtenir ce qu'ils ne possédaient pas, sans le moindre effort. Mildred Magpie n'éprouvait que du dégout pour cette masse populaire crasseuse, bien incapable de rester sagement dans l'ombre de leur médiocrité...

Mildred piocha dans une assiette contenant des petites sucreries du Paradis d'Eden, avant d'entrer dans le vif du sujet, et de savoir comme le Ministère allait gérer les tensions inhérentes au Blocus de Bristol.

"En tant que co-gérante d'un établissement de loisir, je dois vous avouer que je vois d'un très mauvais œil la grogne qui agite actuellement le bas peuple de Bristol. La baisse des revenus liés au blocus, font que le Bristolien lambda se brime davantage dans ses dépenses. Rien que avant-hier, le spectacle d'effeuilleuses de charme si prisé jadis, n'a pas réussi à combler le vide des sièges vacants! Cela m'inquiète fortement que de savoir que nos hommes préfèrent rester sagement à la maison avec leurs épouses, plutôt que de venir contempler e dépenser leurs galions auprès de nos divines créatures! Où allons-nous? Ce monde part vraiment en vrille! "

Et pour la première fois depuis bien longtemps, la marge de ses bénéfices accusait un ralentissement. De quoi inquiéter une femme si proche de ses galions. Prenant son visage entre ses mains richement manucurées, les paupières fardées de Mildred s'abattirent sur un regard empreint de désespoir. N'allait-elle pas devoir dépenser des sommes colossales pour fêter dignement son quarante-huitième anniversaire qui se profilait à l'horizon? Allait-elle devoir se serrer la ceinture comme la vulgaire populace? C'était tout bonnement impensable. La chaise du chargé en communication crissa sur le plancher du bureau, avant qu'elle ne sente une main attentionnée venir se poser sur son épaule.

"N'ayez aucune crainte pour vos affaires, Mildred. Progressivement, nous allons desserrer l'étau du Blocus, pour soulager le peuple de Bristol et relancer la croissance. De cet embargo bien nécessaire pour des raisons sécuritaires, va naitre l'une des périodes les plus fastueuses de la ville! Le Ministre Marchebank m'a donné carte blanche, et mon intervention publique aura pour but de redonner de l'espoir au peuple de Bristol. Et dans cette honorable mission, je compte sur votre étroite collaboration... "

A l'idée de relancer ses affaires, le regard de Mildred Magpie se fit plus aiguisé; Comme celui d'une pie sur le point de dérober une cuillère en argent. Quoiqu'il lui demande, elle s'en acquitterait dignement : Le succès des uns gonflant son coffre de Gringotts. Mildred Magpie voulait faire du zèle, malgré la fatigue qui creusait son visage. La romancière avait beau s'être tartinée une tonne de maquillage pour dissimuler ses cernes, rien n'y faisait. Elle était encore sous le joug d'une nuit blanche assombrit par un cauchemar affreusement réaliste! En effet, alors qu'elle avait cherché à s'endormir, le visage recouvert de concombres pour s'offrir un beau grain de peau; Mildred avait senti une main venir lui agripper brusquement la cheville! Soulevant instinctivement ses couvertures, elle avait alors découvert le spectre de sa sœur jeune sœur décédée s'agrippant à sa jambe comme s'il s'agissait d'une vieille branche d'arbre! Prise de panique, Mildred s'était ruée en direction de sa terrasse privative, manquant faire le grand saut par-dessus sa petite barrière en bronze et tomber vingt mètres en contrebas sur le parvis. Reprenant difficilement son souffle, tremblante de peur, elle n'avait pas trouvé la force de se rendormir. Mais avait-elle vraiment dormi? Tout cela semblait si réel, si affreux! Elle se recentra sur les propos du chargé de communication qui expliquait en détail ce qu'il attendait d'elle.

"Je compte naturellement sur l'effet d'annonce, et sur le fait que cette opération de communication engendre un élan positif dans l'inconscient collectif. Nous avons engendré le besoin, à nous maintenant d'en  contrôler l'accès. Je vais vous donner en détail un plan de sauvetage de l'économie de Bristol, qui devrait nous offrir certaines garanties. Je tiens à ce en vantiez les mérites dans votre article de demain, afin de rassurer et d'honorer le bon vouloir de notre Ministre. Croyez-moi, après cette opération de communication, tous vos doutes seront levés, et les Bristoliens viendront à nouveau s'entasser dans votre Cabaret. N'Est-ce point merveilleux? "

Mildred croqua goulument dans un petit macaron en chocolat, signe qu'elle se réjouissait d'avance de ce programme alléchant. Le blocus ne serait bientôt plus qu'une illusion, un mensonge de plus à offrir au bas peuple de Bristol.

*****  
 

Une heure plus tard, sur le Parvis des Folies Sorcières.

Le temps était radieux, malgré une petite bise qui venait souffler dans sa chevelure de feu. Plume à Papote à portée de sa baguette, Mildred Magpie attendait comme la foule entassée l'intervention du chargé de communication du Ministère. Elle feignait l'indifférence, alors qu'elle vivait intensément ce grand moment de réconciliation entre le FREE et la populace. Sourire mielleux aux lèvres, elle adressait parfois un petit geste amical aux personnes qu'elle reconnaissait dans la masse informe de gens qui s'agglutinait sur les marches du parvis. L'odeur des galions venait ses narines alors qu'elle entrevoyait déjà la liesse populaire qui allait suivre cette annonce publique.

La fin du blocus réelle où imaginaire allait redonnait du souffle à son commerce. De quoi faire bondir d'excitation son cœur dans sa poitrine. Quand Anderson Bannerman se présenta sur le perron des Folies Sorcières, Mildred Magpie ne put se retenir d'applaudir comme une jeune fille en fleur découvrant pour la première fois le prince Feodor. La présence de Miliciens en faction avait de quoi la rassurer, tout allait se passer pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles! Et le Bristolien viendrait à nouveau claquer toute sa fortune dans son Cabaret...


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Dernière édition par Métamorphomage le Dim 12 Juil 2015 - 14:52, édité 1 fois

Ebenezer Host - 31 ans, pêcheur de Bristol

Appuyé contre l’une des colonnes qui supportait le porche colossal du cabaret, Ebenezer contemplait les commerçants s'amasser par groupes sur le parvis. Il vit passer bon nombre de confrères dont certains qui le saluèrent d’un signe de tête, en restant toutefois à distance. C’était fou comme les gens avaient changé d’attitude avec lui, depuis la mort de sa femme, se faisait t-il la réflexion pour la énième fois. C’était en grande partie sa faute, objectivement, il avait eu une période où il était tout simplement imbuvable avec quiconque tentant de lui montrer un peu de commisération. La douleur du deuil l’avait poussé dans ses plus mauvais côtés, et ses pires vices, si bien qu’il ne paraissait aujourd’hui que comme l’ombre de lui-même. L’alcool et la détresse avaient bien fait leur travail sur son corps, et sur ses relations sociales. Pouvait t-il en vouloir à d’anciennes connaissances de l’éviter aujourd’hui, alors que c’était lui qui les avait repoussées, un bon moment ? Irrationnellement, Ebenezer nourrissait de la rancoeur contre ses anciens proches qui ne le soutenaient plus, et ce n’était qu’une petite partie des gens contre qui il partait désormais en guerre…

Car lui et ses camarades du Kraken étaient bien là pour lancer une petite bombe dans ce joyeux rassemblement plein d’hypocrisie. Oh, l’annonce de l’allégement du blocus devrait bien leur faire plaisir, à eux, petites gens de Bristol. Ce n’est pas comme s’ils le réclamaient depuis de nombreux mois. Et puis, un allègement, mais de qui se moquait t-on ? A ce stade, le blocus aurait dû être supprimé, il semblait à Ebenezer que la ville était bien nettoyée de sa mafia -ou en tout cas, en surface- plus aucune menace ne pesait sur Bristol. Ou du moins, pas celle que l’on pointait du doigt. Aux yeux du pêcheur, la seule menace qui rongeait ce pays était bel et bien incarnée par ceux qui le dirigeaient.

Plongé dans ses sombres pensées et ses observations, Ebenezer en oublia de changer sa position pour éviter de se faire remarquer… ce qui finit par arriver. Sursautant légèrement au contact d’une main avec son épaule, il découvrit la carrure massive d’un vigile patibulaire, derrière lui.

« Qu’est-ce que vous faites à rester planté là ? Vous avez une carte ? »

Ebenezer se ressaisit aussitôt pour se configurer l’expression nonchalante de celui qui n’avait rien à se reprocher. Il extirpa d’une poche intérieure de sa cape une carte de commerçant qui semblait avoir vécu quelques accidents dans l’eau, mais où la photo de sa tête était encore bien intacte.

« Je tiens une poissonnerie, précisa t-il en tendant le bout de parchemin au vigile. J’attendais juste quelqu’un.
-Eh bien, allez attendre plus loin.
-Volontiers. »

Le pêcheur leva sa casquette dans un geste de salut poli, puis descendit les escaliers. Là, il chercha ses camarades des yeux. Sans rien échanger de plus qu’un regard entendu, il repéra Joel et Juliana sur les côtés, puis Klemens parmi la foule qui se pressait pour trouver des chaises libres. Il fit le choix de se placer à distance, dans un quatrième coin, comme pour clore l’encadrement de le vaste parvis où devait avoir lieu le discours. Les premiers officiels pénétrèrent dans le lieu, reconnaissables à leurs robes guidées, et l’escorte de Miliciens qui les entouraient. Ebenezer reconnut l’horripilante propriétaire des lieux, la femme-même qui avait ignoré tous les courriers qu’il avait envoyé à Multiplettes afin de raconter les injustices qu’il avait subies… Et ça se targuait d’être la reine du scandale, l’égérie de l’expression libre !

Se forçant à apaiser le fiel qui lui obscurcissait le regard, Ebenezer prit une inspiration, puis se récita les étapes de leur plan dans sa tête, en vérifiant régulièrement la position de ses coéquipiers. Tout devait se dérouler sans bavure, ni violences imprévues. Quelques têtes finiraient bien par tomber… Mais pas ce soir. Un peu de patience. Ce soir, ce n’était qu’une opération de communication pour le ministère, comme pour le Kraken.
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Anderson Bannerman, 49 ans
Chargé en communication du Ministère

Un sourire étira le visage du chargé en communication lorsque Mildred Magpie lui signifia qu'elle était prête à lui apporter son soutien dans son opération de séduction auprès des commerçants de Bristol. La rédactrice de Multiplettes ne correspondait pas à la description d'affreuse hyène que l'on lui avait faite; Bien au contraire, elle représentait une alliée des plus précieuses, sur qui le FREE pouvait s'appuyer en toute confiance. Anderson Bannerman voyait dans cet échange une occasion formidable pour donner enfin l'élan tant espéré à ses projets carriéristes. Ambitieux et désireux de gravir les échelons des grands communicants, il ne lui fallut guère de temps pour se rendre compte de l'opportunité qui se présentait à lui. Mildred Magpie était le seul grain de sable venant enrayer la belle carrière de sa supérieure directe. En matière de communication et d'image, Isobel Lavespère frôlait la perfection, et sans un coup de pouce du destin, il devrait se résoudre à vivre dans son ombre. En pareille circonstance, les échos de la rencontre électrique de sa patronne avec la journaliste à scandale tombaient à point nommé. Telle une lueur d'espoir dans la grisaille, le chargé en communication savait qu'il devait saisir cette chance unique de supplanter sa supérieure. Tôt ou tard, Leopold Marchebank finirait par se rendre compte qu'il représentait la solution idéale qui mettrait un terme à la querelle féminine actuelle, et u litige entre communication et information. Ne se délestant pas de son sourire, il tendit alors une première enveloppe à la rédactrice en chef de Multiplettes.

"Pour entretenir notre entente mutuelle, voilà de quoi vous remercier grassement pour votre collaboration, Mildred. C'est toujours un plaisir que d'avoir à traiter avec vous... "

Dans la manière dont elle se jeta sur l'enveloppe débordant de Galions, Mildred Magpie avait bien quelque chose de la hyène se jetant sur une carcasse de gnou; Mais était-ce un crime que d'aimer l'argent facile? Il fallait mettre un terme à ce préjugé sexiste qui taxait les femmes de vénale, quand elle ne souhaitait au final que s'enrichir plus rapidement. Passionné d'économie, Anderson Bannerman partageait cette passion de la fructification pécuniaire, se trouvant bien des atomes crochus avec la troublante sorcière rousse. Cette dernière frôlait peut-être la cinquantaine, mais elle ne manquait ni de charme, ni de sex-appeal. Alors que Mildred Magpie bâtissait des piles de Galions sur son bureau, le regard du communiquant se perdit dans la contemplation des courbes voluptueuses qui venaient gonfler le tailleur stricte de la quadragénaire. Même si la rumeur lui prétendait des liaisons avec des jeunes éphèbes, peut-être avait-il une carte à jouer dans une tentative de séduction. Indubitablement, cela pouvait lui conférer un avantage décisif sur Isobel Lavespère. C'est pourquoi, il choisit de brandir à nouveau dans les airs, deux places pour la comédie musicale moldue "Roméo et Juliette"...


"Veuillez me pardonner, mais je pense avoir deviné la passion que vous entretenez pour la culture et le théâtre en particulier. C'est pourquoi, j'ose me permettre de vous offrir une invitation au grand Théâtre de Londres, afin d'assister à la première représentation de la comédie musicale Roméo et Juliette. Ceci pourrait nous permettre d'allier l'utile à l'agréable et de faire plus ample connaissance, car j'espère dans l'avenir pouvoir devenir votre contact privilégié avec le Ministère. A moins que vous ne préfériez traiter avec ma consœur Miss Lavespère? "

Le regard de la rouquine scintilla, et le chargé en communication comprit qu'il venait de faire un premier pas dans sa volonté d'ascension carriériste. Mildred Magpie ne tarda pas à le conforter dans ce sens, la voix tremblante d'émotion.

"Aimer, c'est ce qu'il y a de plus beau... Aimer, c'est monter si haut... Et toucher les ailes des oiseaux... Comment avez-vous deviné que j'adorai cette comédie musicale? " demanda Mildred avec emphase.

"Mon sixième sens sans doute... " lui répondit-il avec un clin d'œil. L'homme avait deviné sa passion pour le romantisme, même si secrètement il osait espérer découvrir la Mildred versus Nuance de Green. Très vite, il se recentra sur l'objet de ses attentions qui poursuivait ses éloges à propos du chef d'œuvre artistique moldu.

" J'en connais les textes par cœur! J'aurai rêvé d'écrire ces lignes dans l'un de mes romans! Bien entendu que vous allez devenir mon interlocuteur privilégié! Comment pourrait-il en être autrement! "

Et voilà! Anderson Bannerman venait de remporter une première bataille de communication. La question étant de savoir s'il allait remporter la guerre. Pour cela il devait vendre son projet d'allègement du blocus aux commerçants de Bristol, et revenir triomphant à Londres. Alors seulement, il s'imposerait comme l'un des plus dignes prétendants au poste de chef de chargé en communication...

*****

C'est d'un pas souverain qu’Anderson Bannerman franchit le seuil des Folies Sorcières pour se rendre auprès de l'immense foule réunie pour entendre son discours. Même s'il ne sous-estimait pas la colère et le sentiment d'injustice que nourrissait le peuple de Bristol à l'égard du blocus, il avait murement choisit chaque mot de son intervention publique. A ses yeux la présence de Miliciens n'était qu'à titre préventif, tant son dialogue allait séduire les opprimés, et prouver la bonne foi de Leopold Marchebank dans sa volonté de rétablir l'ordre sur la ville portuaire. Dans l'immédiat, il était exclu de lever le blocus, et ce tant que la cité ne serait pas purgée de ses individus les plus récalcitrants. La guerre des Gangs avait dévoilé une cruelle évidence sur Bristol : Celle qu'il était impossible de contrôler et d'imposer l'ordre public depuis l'extérieur. S'inspirant sans doute de l'histoire moldue, et de l'embrigadement de corsaires auprès des compagnies maritimes britanniques pour le commerce dans les eaux des Antilles : Leopold Marchebank avait eu la clairvoyance de s'attacher les services d'un leader de la Voie des Miracles. Ce dernier, un certain Roy Calder, avait réussi à réunifier la pègre locale sous sa bannière et celle du FREE, mais le Blocus restait encore assez mal vécut par la population. Il fallait remédier à cela, et rendre plus attractif ce projet.

Dans l'art de faire passer du cuivre pour de l'or, Anderson Bannerman n'avait pas son pareil, et c'est avec un sourire plein d'empathie qu'il se présenta face au bas peuple de Bristol. Même s'il se défendait de lui adresser un regard qui puisse trahir les transactions secrètes de Multiplettes avec le Pouvoir; Il pouvait sentir le doux parfum épicé de Mildred Magpie venir lui enivrer les sens. Demain elle écrirait un article dithyrambique sur son intervention, qui ne ferait qu’asseoir l'emprise du FREE sur la ville. La pensée de masse finissait toujours par triompher, et peu nombreux étaient ceux qui osaient sortir du troupeau. Usant de sa baguette pour lancer un sortilège "Sonorus", le chargé en communication du ministère s'apprêtait à prêcher la bonne parole, et réconcilier le peuple de Bristol autours d'un écran de fumée, et le soi-disant allègement du Blocus.

"Peuple de Bristol, je tiens à vous remercier d'être venu si nombreux, et de bien vouloir m'accorder le privilège de lever vos doutes et vos préoccupations. Avant toute chose, je tenais à vous rassurer sur le fait que le Ministre Marchebank a bien entendu vos complaintes et souhaite agir au plus vite afin de rétablir confiance et entente mutuelle. Le blocus sécuritaire était malheureusement une nécessité tant Bristol était gangréné par les exactions d'une pègre omniprésente. Combien d'entre vous n'ont pas d'ailleurs déjà souffert dans leur activité, du vil Racket perpétré par une poignée d'individus mal attentionnés? Il s'avérait primordial d'assainir les relations et les échanges économiques de la ville, afin de pouvoir redonner aux travailleurs honnêtes de Bristol, les moyens d'exister et de vivre du fruit de ses activités! Leopold Marchebank comprend parfaitement vos angoisses, et votre sentiment d'isolement. Il admire le courage dont vous faites preuve dans l'adversité! Et tel un phénix renaissant de ses cendres, je peux vous certifier que Bristol est sur la voie de la guérison! Celle qui la conduira à devenir un eldorado économique, où vous, citoyens de Bristol, redeviendrez les principaux bénéficiaires! "

Alliant une gestuelle murement réfléchie et travaillée, Anderson Bannerman finit par délivrer un effet d'annonce qui avait pour but de soulager les tensions inhérentes au blocus.

"Demain sera publié un plan de relance économique qui visera un allègement progressif du Blocus, ainsi qu'un système d'aide et de primes aux commerces jugés les plus fragilisés. Tout entrepreneur qui répondra aux préceptes de ce plan de relance obtiendra notre aide et notre soutien, et la garantie de lever tôt ou tard les barrières du Blocus! Une circulaire magique vous sera envoyée, et vous pourrez alors décider d'être de ceux qui ont relevé Bristol du marasme économique. Car nous formons une seule et même famille, et c'est ensemble dans l'adversité, que nous finirons par vaincre! "

Le chargé en communication sentit des ailes lui poussé dans le dos, alors qu'il levait les poings en l'air de manière triomphale. A ses côtés, Mildred Magpie gloussa de satisfaction, réfrénant son envie d'applaudir à tout rompre le discours du chargé en communication. Mais le pouvoir des mots allait-il achever de convaincre la foule rassemblée? La carrière de communiquant de Anderson Bannerman en dépendait...
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Liesel Feuerbach, 25 ans, étudiante en métamorphose à Lycaon, membre du Kraken

D'un point de vue extérieur, la foule rassemblée devant les Folies Sorcières pour écouter le discours des communicants du Ministère avait l'air tout à fait normale malgré sa composition hétéroclite. Commerçants, pêcheurs, étudiants, familles... Une grande partie des sorciers qui peuplaient Bristol semblaient suspendus au discours populiste qui leur était servi tout simplement parce qu'ils avaient besoin de l'entendre. La ville souffrait du blocus, souffrait du régime mais la majorité des habitants semblaient attendre que la guérison vienne du mal elle-même. Parmi tous ces habitants, parmi tous ces sorciers, on trouvait Liesel. On ne l'apercevait pas au premier abord, pourtant, chevelure rousse qui dépassait à peine de la foule et même si on venait à l'apercevoir, les regards ne s'arrêtaient pas sur elle. Elle était là, noyée dans la foule, l'air presque un peu perdu avec ses yeux verts qui n'avaient de cesse d'aller de visage en visage comme une enfant égarée. Elle faisait un peu plus jeune que son âge et c'était à se demander ce qu'elle faisait là, elle qui n'était même pas d'ici.

Liesel faisait partie de ces étudiants étrangers qui quittaient le confort de leur pays pour venir étudier au Royaume-Uni et rejoindre les rangs de Lycaon. Elle était arrivée de Berlin un soir d'Août il y a six ans, accompagnée par ses mamans et s'était installée dans un petit appartement qui faisait à peine la moitié de son ancienne chambre. Elle était l'une des ces élèves modèles qui côtoient plus la tête du classement que ses propres camarades, un de ces enfants qu'on sait promis à de grandes études alors qu'ils n'ont même pas encore terminé le lycée. Elle était l'une des plus jeunes de sa promotion à être entrée au Gymnasium et la mention sur son diplôme de l'Abitur était à l'image de sa scolarité : excellente. Pourtant, le concours de Lycaon, elle l'avait raté la première fois. On avait beau lui dire que ce n'était pas grave, qu'on restait tout de même très fier d'elle et qu'elle trouverait une autre voie, Liesel avait trouvé ça grave. De toute manière, elle ne voulait pas d'autre voie et lorsqu'elle le voulait, Liesel était d'une volonté inébranlable. Rares étaient les gens qui le soupçonnaient d'ailleurs, on ne voyait en elle que cette jeune femme au visage doux qui parlait peu et lorsqu'elle le faisait, c'était d'une voix parfois si tenue qu'on devait lui faire répéter plusieurs fois ce qu'elle essayait de dire. Plus elle répétait, plus elle rougissait, plus elle s'embrouillait alors depuis qu'elle avait douze ans, elle se taisait la plupart du temps. Elle avait beaucoup de choses à dire pourtant.

Le concours, elle l'avait repassé avec la détermination de celle qui n'échouera pas deux fois et elle l'avait obtenu. Alors elle était arrivée à Bristol, âgée de dix-huit ans, un avenir studieux devant elle et une valise pleine à craquer. De l'Allemagne, elle avait conservé un accent, un amour inconditionnel de Goethe et une méfiance complète envers les hommes politiques qui se positionnaient en sauveur du peuple. Ses camarades anglais sortaient de la guerre, Liesel, elle, avait l'Histoire gravée dans son esprit, comme tous ses camarades allemands. C'était d'ailleurs pour cela qu'elle était là six ans plus tard. Elle n'était pas perdue dans cette foule et elle n'y cherchait rien, elle surveillait. Mais qui aurait pu le dire ? Après tout, la foule avait l'air normale et personne ne remarquait cette jeune femme dans un coin, tout comme personne ne remarquait les différents membres du Kraken dispersés parmi les autres sorciers de Bristol. Personne n'aurait pu parier sur eux, personne n'aurait pu parier sur elle et pourtant, ils avaient tort.

Le Kraken était là, encore dissimulé aux yeux des gens mais prêt à agir et Liesel était là, les doigts refermés sur sa baguette magique dans la poche de sa robe, à attendre le signal de Juliana. Aujourd'hui, le Ministère annonçait ses mesures, son grand plan. Il s'agissait de rassurer, de bercer, d'endormir et de faire taire les protestations. Ventre affamé n'avait pas d'oreilles disait peut-être la sagesse populaire mais ventre comblé était aveugle : en donnant aux habitants de Bristol ce qu'ils attendaient, le Ministère de la Magie attendait qu'ils ferment les yeux sur le reste et c'est sûrement ce qu'ils auraient fait s'ils n'avaient pas été là pour troubler cette machine bien huilée. Aujourd'hui, le Kraken lançait lui aussi ses premières mesures et cette première étape, elle ne comptait pas la rater, elle s'y était trop investie. Il aurait été facile de se dire au premier abord qu'elle n'avait rien à apporter à une telle organisation, elle qui paraissait si silencieuse et si effacée par rapport aux personnalités passionnées qui composaient le Kraken. Mais si Liesel n'avait pas le charisme d'une Juliana ou l'expérience d'une Lilly, elle avait la technique et la détermination de faire quelque chose de juste. Pour la première fois de sa vie, elle ne voulait plus faire partie de cette majorité silencieuse.

Alors elle arrêta de fouiller la foule du regard comme une égarée pour se concentrer sur une seule chose : le signal. Elle n'était pas perdue : le Kraken était là.
Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Juliana esquissa une moue dégoutée à la vue des applaudissements nourris de Mildred Magpie, qui semblait jubiler sur place. Le visage fermé, la petite serveuse écouta sans broncher le discours du chargé en communication, son esprit fonctionnant à plein régime. Elle n'en perdait pas une miette. Tant de cynisme la mettait hors d'elle, et ses mains se resserraient convulsivement sur sa baguette magique. Entendre parler de la pègre omniprésente de Bristol, par un représentant du Ministère qui se tenait sur le Parvis des Folies Sorcières... Tant d'ironie ! Ses pensées s'égarèrent une seconde du côté de chez Roy, mais elle les recadra bien vite. Ne pas penser à lui, il avait fait son choix, elle avait fait le sien. Elle ne pourrait pas respecter ce choix si elle agissait en fonction de lui. Aujourd'hui, demain, les jours suivants, elle avait une revanche à prendre.

Fermant les yeux brièvement pendant que l'homme finissait son discours, Juliana rassembla son courage et adressa une prière muette au ciel ensoleillé. C'est pour toi, papa, que je fais ça. Pour lui, pour ce futur qu'on lui avait ôté, pour tous les êtres chers qui avaient été séparés par ce régime et le seraient encore. Pour tous les mensonges et pour tous les bains de sang, pour toutes ces fois où on les prenait pour des imbéciles, des pions. Oh, que le ministre avait été prompt à se faire passer pour un héros, à critiquer ses anciens alliés pour le massacre du Bloody Sunday ! Cela ne révélait aux yeux de Juliana que son opportunisme et son hypocrisie, celui dont il faisait preuve à chaque instant, depuis qu'il avait saisi le pouvoir pour ne plus jamais le lâcher, s'y agrippant chaque jour un peu plus. Le Kraken allait lui faire desserrer sa prise, foi de McNeil.

Les McNeil n'avaient plus jamais été les même depuis que l'on avait ôté le père, le papy, le patriarche. Juliana n'avait plus guère de contacts avec le reste de sa famille si ce n'est Grady, se retranchant dans un deuil qui n'en finissait pas. Il ne se passait pas un jour sans qu'elle ne pense à John, et chaque fois que le visage de son père s'insinuait dans son esprit, elle sentait cette même vieille douleur insoutenable lui enserrer la poitrine. C'était une blessure à vif, qui ne se refermait jamais, comme si quelqu'un pressait son coeur et qu'il se brisait. Il y avait tant de choses dont ils n'avaient pu parler, tant de choses qu'elle n'avait pu lui dire et qui forgeaient la personne qu'elle était. Les Carrow, cette terrible année qu'elle portait en elle depuis ses onze ans, sa rencontre avec Alicia... Ses ténèbres et sa lumière intérieures, tout ce qui faisait réellement d'elle Juliana, il ne l'avait pas connu, il n'en avait pas eu le temps. Et c'était un futur entier qui s'était évanoui, tout un univers de possibles. Un univers dans lequel Alicia aurait pu être la femme avec qui elle passait sa vie, avec qui elle fondait une famille, mais tout ceci lui avait semblé impossible tant elle avait changé. Tant son coeur avait été obscurci par la haine et le désir de vengeance, par l'indignation et le désir fourmillant de se jeter corps perdu dans la bataille, de changer le cours de l'Histoire, de refuser. Elle refusait qu'on lui prenne encore une part d'elle, qu'on lui ôte un futur, qu'on la laisse impuissante et à moitié morte sur le pavé des Douze Chênes. Juliana avait été détruite, il lui appartenait maintenant de se reconstruire, et elle entendait le faire selon ses propres termes - et non pas ceux d'un dictateur. Le FREE et les Veilleurs n'avaient pas leur place dans son futur ni dans celui de cette ville.

Oui, Bristol trouverait le chemin de la guérison. Mais avant cela, il fallait laisser les symptomes s'exprimer. Combattre le mal par le mal. Et les anticorps, c'était eux...

Quand Bannerman finit son discours, Juliana avait le sort au bout des lèvres. Le corps tendu d'excitation, son regard fixé droit sur lui, elle leva le bras à l'exact moment où il levait les bras dans le ciel, pointant sa baguette magique droit sur lui.

"Stupefix !"

Le sort l'atteint en pleine poitrine, transformant le chargé de communication en statue groteste. Un sourire satisfait étira brièvement les lèvres de Juliana. C'était un signal comme un autre, non ? Le Kraken avait l'intention de briller par sa simplicité. Ils allaient causer un mouvement de panique ? Qu'à cela ne tienne, il n'en serait que plus simple de s'éclipser ! Si le plan se déroulait comme prévu, il ne devrait pas s'écouler plus de deux secondes avant que Joel et Ebenezer ne neutralisent les forces de sécurité présentes, tandis que Liesel et Klemens opéraient leur petit tour de passe-passe, le clou du spectacle...

Juliana, elle, devait réveiller l'artiste qui sommeillait en elle. Comme elle s'y attendait, son sortilège avait jeté un vent de panique sur la foule, et tout le monde chercha bientôt à quitter le parvis dans le plus grand des chaos. La jeune femme tenta de se mouvoir à travers ses collègues commerçants pour s'approcher du mur le plus proche, sa main toujours crispée sur sa baguette. Elle ne chercha pas à vérifier si ses camarades avaient accomplli leur tâche, tant que la sienne n'était pas achevée. Ils avaient chacun leur mission, à eux d'accomplir leur destin désormais...

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Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
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Chad Fox, 21 ans, frère aîné de Max Fox, membre du Kraken.

La journée s'annonçait longue mais le jeune homme était heureux, presque sautillant tant il était surexcité. Evidemment il stressait mais rien au monde n'aurait pu l'empêcher d'atteindre son but aujourd'hui. Assis sur son lit, il vérifia une nième fois le contenu de son sac. Il avait le pochoir magique, les bombes de peinture, des habits de rechange et de la poudre d'obscurité. Tout était parfaitement accessible. Il n'avait rien oublié.

Enfilant des habits tout ce qu'il y a de plus banal, le jeune homme glissa une petite pochette de poudre d'obscurité dans chaque poche de son jeans. Une fois cela fait, il sortit de sa chambre en jetant un regard rapides aux photos familiales qui étaient accrochés à sa porte. La maison était calme et vide, ses parents avaient prévu de faire un tour en amoureux et il ne tenait pas à s'imiscer dans leur relation. Au contraire, c'était une occasion parfaite pour ne pas subir leurs questions. Quittant son domicile, le jeune Fox déambula tranquillement dans les rues même s'il pouvait sentir son pouls accélérer au fur et à mesure qu'il se rapprochait du Parvis des Folles Sorcières. Il arriva alors que la foule se densifiait déjà. S'y fondant, le jeune homme alla s'appuyer nonchalemment contre un muret, non loin du cabaret.

Observant, le plus nonchalemment possible la foule, le jeune Chad repéra deux trois membres du Kraken ainsi qu'à sa grande surprise, son oncle. Le jeune homme essaya de cacher sa surprise et changea de position afin que ce dernier ne le remarque pas. Après tout il travaillait au ministère, mieux valait donc ne pas avoir à se justifier auprès de lui, ni se faire trop remarquer...qui sait ce que risquerait sa famille.

Prennant soudain conscience de sa responsabilité, Chad sentit son sang se glacer mais il était trop tard pour faire demi tour. En effet, le porte parole du ministère venait de prendre la parole. Son sourire tira une légère grimace que le jeune homme ravala tant bien que mal : tant d'hypocrisie le dégoutait. Comme si ce mec avait réellement envie de leur sourire... le ministère détestait le peuple de Bristol et n'avait rien à faire des sorciers. Ils voulaient juste leur confiance... et ils n'auraient pas la sienne ! Les premières paroles de ce dernier ne firent que confirmer ses doutes et il dû serrer les poings afin de ne pas laisser sortir un rire sarcastique, ce qui aurait clairement trahis son opinion politique. Essayant de se calmer, le jeune homme se concentra sur son objectif de la journée et observa brièvement les alentours afin de repérer les différents membres de la milice. Ces derniers ne semblaient guère nombreux mais le jeune Fox n'était pas dupe : il se doutait que nombreux se cachaient dans la foule, comme eux. Tout en la parcourant, Chad vit l'endroit idéal pour faire éclater leur signature – tel un phoenix comme dirait l'autre guignol – un endroit qui serait visible partout, risqué à atteindre, mais il devrait essayer : pour l'honneur du Kraken !

Maintenant qu'il avait repéré sa cible, le jeune homme étaient surexcité d'atteindre son objectif et d'être un vrai membre à part entière du Kraken. Il guettait avec impatience le signal, trépignant presque tant il aurait voulu faire taire ce pantin du ministère et sa propagande à deux noises. S'ils formaient une famille, il ferait des paricides avec plaisir, mais ils ne seraient jamais des Fox... les Fox étaient une famille libre, et ça rien ne pourrait changer cela, pas même la peur de ses véritables parents. Chad se battrait toujours pour la liberté, pour que son frère puisse vivre dans un monde libre, un monde qui ne le jugerait pas et ne le blamerait pas, un monde différent de celui-ci.

Soudain, un cri dans la foule interrompit le flot des pensées de Chad. C'était le signal. Le discours rébarbatif avait enfin cessé. Bondissant, l'ancien gryffondor fonça sur des poubelles et autres caisses qu'il avait identifiées auparavant afin de se hisser en hauteur pour accéder à une façade visible sur toute la place. Alors qu'il commençait à grimper il sortit ses dos de poudre d'obscurité de ses poches afin de camoufler sa présence. Cependant, il fut bousculé par des sorciers en déroute et au lieu de répandre la poudre autour de lui, il s'en ficha pleins les yeux.

La douleur fut vive et l'obscurité arriva immédiatement. Il pouvait entendre les bruits de pas marteler la place, certains bruits de sorts et les cris à gauche et à droite. Dérouté, Chad tenta quand même de regrimper, pensant avoir suffisamment observé les lieux auparavant pour y arriver... Mais il avait été trop précipité depuis le début et il glissa immédiatement pour se retrouver au sol, tatonnant et espérant qu'on ne l'attraperait pas... Songeant aux preuves qu'on pourrait trouvé dans son sac, le jeune Fox l'enleva de son dos et le mis tant bien que mal dans la poubelle avant d'essayer de s'éloigner mais n'y voyant rien et étant bousculé de toute part, il ne put que finir par s'asseoir au pied d'un mur, ou d'autre chose, en attendant que cela passe et en espérant ne pas être repéré.


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Dernière édition par Métamorphomage le Lun 9 Nov 2015 - 18:44, édité 1 fois (Raison : Couleur)

Liesel Feuerbach, 25 ans, étudiante en métamorphose à Lycaon, membre du Kraken

Tout n'était que calme, l'espace d'un moment. Le discours du Ministère était prononcé, litanie bien rodée qui alanguissait les esprits de ceux qui l'écoutaient. Il aurait presque été facile de se laisser attraper, de se laisser bercer par cette douce vision presque onirique présentée par le gouvernement. Tout irait bien, tout irait mieux, vous verrez, fermez-les yeux, ouvrez les oreilles.

Puis tout ne fut que chaos, le basculement se fit en quelques secondes à peine. Un bras surgit de la foule, une voix que Liesel identifia comme celle de Juliana par la force de l'habitude retentit, le sortilège fendit l'air dans un sifflement strident et vint heurter la poitrine du chargé de communication. Un premier cri retentit. Et ce fut la panique. Cet enchaînement d'action ne pouvait que rappeler les sombres heures du Bloody Sunday et Liesel ne fut pas la seule à faire le rapprochement. Autour d'elle, tout n'était plus que bousculade et elle recula pour essayer d'échapper à l'emprise de la foule sur elle. Sa tâche ici était loin d'être terminée et elle ne partirait pas sans l'avoir accompli. Ses doigts serrés sur le manche de sa baguette comme si cette dernière allait lui être arrachée d'une minute à l'autre, elle la leva en la pointant en direction du parvis des Folies Sorcières, presque indifférente à l'agitation autour d'elle, aux coups qu'elle ne manquait pas de recevoir à chaque sorcier qui passait devant elle avec l'espoir de s'échapper.

Ce sortilège, elle l'avait répété et réussit avant aujourd'hui, elle s'y était entraînée mais sur une cible mouvante à plusieurs mètres de distance, c'était une toute autre difficulté qu'elle aurait pu anticiper mais à laquelle elle n'était pas vraiment préparée. Pourtant, elle ne flancha pas, ses pieds bien ancrés dans le sol, son regard fixe sur le parvis. Elle visa, pointa, tira.

Et ce fut le noir.

La poudre d'obscurité du Pérou avait soudainement envahi les lieux et la bouffée qu'elle en avala lui déclencha une quinte de toux. Incapable de voir si son sort avait atteint sa cible, elle laissa échapper un bref juron en allemand avant de se couvrir la bouche de sa manche. Elle n'y voyait plus rien et la seule conscience qu'elle avait été de la foule autour d'elle, encore plus paniquée qu'avant par l'absence de vision. Liesel elle-même devait se forcer à respirer calmement pour ne pas céder à la frénésie ambiante, à la fois angoissée de se retrouver dans cette situation et désireuse de savoir si son enchantement avait réussi, frustrée de ne pas en connaître les conséquences. Faisant fi des difficultés, elle commença à avancer à tâtons pour rejoindre le parvis et échapper à l'épais nuage de poudre...

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Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Un sourire mesquin aux lèvres, Mildred Magpie parcourut du regard la foule nombreuse qui s'agglutinait sur le parvis des Folies Sorcières. En plus d'offrir des sommes rondelettes pour acheter sa loyauté, Andy Bannerman se révélait être également un formidable orateur. En effet, le porte-parole du Ministère savait faire preuve de cette empathie factice qui n'avait pour but que d'endormir la populace en colère. Pour l'heure, les gueux buvaient ses paroles comme du petit lait, preuve que la grogne finirait par s'essouffler aussi vite qu'elle avait germé. La meilleure méthode pour acheter la paix sociale, consistait à donner un os à rogner aux plus démunis, plutôt que rien. Mais il fallait savoir bien doser l'offrande, et ne garantir que le strict nécessaire; Juste de quoi survivre, car à trop vouloir donner, le peuple ne tardait pas à se montrer beaucoup trop gourmand. Comme un charmeur de serpent munit de sa flute, Andrew Bannerman apprivoisait doucement mais surement la foule récalcitrante. Demain en une de Multiplettes, Mildred pondrait un article aussi dithyrambique que orienté en faveur du Ministère, de quoi achever le travail et arrondir les angles d'un blocus jugé trop injustice. Petit à petit, les moutons finiraient par rentrer sagement à la bergerie, et Bristol pourrait retrouver de sa superbe!

Mildred Magpie détestait réellement les pauvres. Elle les affublait de toutes sortes de sobriquets méprisants, comme ceux de "sans-dents" ou de "Raclures Portuaires". Autant d'insultes qui témoignaient de son dégouts pour les rebus de la société. Mais ne l'avaient-ils point mérité? D'une manière globale, les gueux ne savaient que se plaindre et se complaire dans la victimisation, afin d'obtenir l'assistanat des puissants. Le pire dans l'histoire étant qu'ils cherchaient sans cesse à vous faire culpabiliser de vivre dans le luxe et l'opulence! En quel honneur la richissime romancière avait-elle à se justifier de son train de vie doré? N'était-elle pas partie de rien pour obtenir son immense fortune? Roy Calder, lui aussi, était dans le même cas de figure; Que ce soit l'un ou l'autre des deux associés, rien ne leurs prédisait un avenir radieux et pavé de Galions. Oubliant le prix de l'effort, certains voulaient le beurre, l'argent du beurre et la crémière, sans avoir à se retrousser les manches. C'est pourquoi, Mildred Magpie méprisait prodigieusement cette foule d'assistés qui cachait sa médiocrité derrière le faux prétexte du blocus.

La dernière envolée lyrique du Porte-parole du Gouvernement finit par achever les faux-semblants de la journaliste corrompue qui finit par applaudir avec emphase l'exploit du communicant. Se trémoussant de bonheur comme une adolescente en fleur; La petite bouche pincée de Mildred Magpie matérialisa un sourire où pouvait se lire toute la satisfaction qu'elle éprouvait à l'idée d'être du côté des puissants. Les pauvres pouvaient crever dans leur crasse, elle ne se souciait égoïstement que de son petit confort personnel! Aux gueux de se donner les moyens de sortir du caniveau, plutôt que de vouloir toujours quémander de l'aide! Mildred aurait persisté dans l'autosatisfaction, si l'attitude du porte-parole du Ministère ne l'avait point troublée. En effet, ce dernier restait comme figé, les bras levés dans les airs, dans une posture certes victorieuse mais qui risquait de frôler le grotesque si elle continuait à trainer en longueur. Ne le voyant que de dos et ne comprenant guère l'urgence de la situation, la journaliste à scandale se rapprocha de lui pour poser une main soucieuse sur son épaule et lui chuchoter son inquiétude.

"Andy? Quelque chose ne va pas? Vous vous êtes fait un tour de reins? "

Mais un souffle d'effroi balaya toute l'assurance de la sorcière rousse quand elle découvrit le visage livide et contracté du communiquant! Lui clouant aussi sec le bec, un sortilège paralysant venait de le foudroyer en plein discours! A l'instar de la foule en panique, Mildred Magpie commença à s'agiter et craindre pour sa propre sécurité. Secouant les mains comme un oisillon incapable de décoller du nid, la journaliste chercha de l'aide auprès de son service d'ordre.

"Au secours! A moi! Nous sommes attaqués! Sauvez-moi! Je vous en prie! Je suis riche, et je vous paierai grassement si vous me sortez de là! "

Dans le naufrage du Titanic, Mildred Magpie n'aurait pas hésité une seconde à virer un pauvre petit n'enfant, si cela lui avait assuré une place dans un canot de sauvetage. En première ligne face au danger, la sorcière se révélait aussi trouillarde que pathétique! Si courageuse avec sa plume à papote quand il s'agissait de pamphlet destructeur, la co-gérante des Folies Sorcières se révélait tout bonnement incapable de dégainer sa baguette. Preuve de sa lâcheté immense, et ne voulant être frappée par un sortilège perdu, la sorcière choisit de se planquer derrière la large silhouette pétrifiée d'Andrew Bannerman. Même si elle n'avait point le courage d'affronter du regard la foule paniquée, Mildred comprit que les odieux assaillants opéraient en groupe. Elle devait s'enfuir au plus vite, rejoindre la quiétude protectrice de son cabaret. Entre ses murs, elle serait en sécurité! La femme cougar tremblait comme un chaton, tandis qu'elle leva les yeux en direction de la terrasse conduisant à ses appartements privés. La sécurité prise au dépourvue par cette attaque aussi soudaine que fulgurante, Mildred comprit qu'elle devait s'éclipser à tire -d'ailes, loin de ce chaos généralisé. Rien ne pourrait arrêter son envol, alors que la sorcière Animagi se décida astucieusement à user de son don en métamorphose. Ainsi, n'écoutant que sa trouille bleue, elle se transforma en Pie pour fuir le carnage qui sévissait sur le parvis des Folies Sorcières. Dès les premiers battements d'ailes, la romancière sous sa forme volatile s'éleva dans les airs. Elle poussa même un petit cri strident de victoire, quand tout à coup, elle fut percutée à son tour par un puissant sortilège!

Son vol d'ordinaire si léger devint affreusement lourd, comme si elle avait ingéré une centaine de pâtisserie du Paradis d’Eden! Un nuage d'encre ténébreuse venait de se matérialiser en dessous d'elle, sans qu'elle puisse s'en éloigner. Mildred n'arrivait plus à gagner un pouce d'altitude, alors que son lourd popotin de volatile l'entrainait irrémédiablement dans une descente vertigineuse. Crevant la surface du nuage obscur, Mildred atterrit au beau milieu de la foule en panique. Submergée par la peur de se faire écraser par les nombreux pieds humains qui martelaient le sol, Mildred voulut signifier sa présence d’un hurlement salvateur. Malheureusement aucun cri de détresse ne s'extirpa de sa gorge nouée, pas même l'ombre d'un pépiement apeuré de pie; Ce qui jaillit de son bec s'apparenta plus à un immonde roucoulement. C'est alors que la romancière à l'eau de rose comprit l'intensité du drame, que dis-je de la tragédie qui venait de se jouer en sa défaveur. Par un étrange et affreux sacrilège, elle venait d'être transformée en un vulgaire pigeon! Une dramaturge de son acabit, en pigeon! En signe de désespoir, ses ailes lui tombèrent le long du corps, tandis que des larmes dévalèrent sur ses plumes grises.


Imaginant déjà ce que serait sa vie de pigeon et les humiliations qui lui seraient infligées, Mildred préféra attendre la mort plutôt que de se battre. Elle baissa alors le bec en direction du sol, dans l'attente qu'un pied lourdaud ne vienne enfin mettre un terme à cette existence terne et grise de pigeon ramier...


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Hoist the Colours [Kraken]

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