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 Bling Bling Birthday [Soirée d'anniversaire de Mildred - Ouvert à tous]

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Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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*****


Soirée du 27 Mai 2009, Quelque part au-dessus du Cabaret des Folies Sorcières...


Pour cette glorieuse journée de festivité, l'exubérante romancière n'avait point lésiné sur les dépenses. Tout devait correspondre à ses attentes excentriques, afin de créer l'évènement et déclencher ce qu'elle appelait vulgairement dans son jargon journalistique : Le "Buzz magique". Tournoyant dans les airs, ce n'était pas moins de sept pur-sang ailés qui tiraient le luxueux carrosse magique de la future reine de soirée, qui se dirigeait à toute allure vers son sanctuaire de débauche. Le gratin du Monde Magique serait bien présent, et la presque quinquagénaire voulait leur en mettre plein la vue; Surtout si la rumeur qui voulait que le ministre Leopold Marchebank, se soit déplacé pour l'occasion s'avérait fondé! Viendrait-il avec sa first lady? Accompagné de son cercle d'amis? Cela restait encore un mystère, mais Mildred Magpie comptait réellement sur sa présence, sans quoi sa fête perdrait indubitablement de sa saveur. Et ce, même si, elle avait envoyé par Hiboux des milliers de cartons d'invitation à travers le monde. Antonio Cardamone, le prince de la Mode serait de la partie; ainsi que les légendaires Li & Liu, célébrissimes chanteuses Siamoises de baie de Siam. En plus de sa sulfureuse troupe de danseuses,  la co-gérante de Cabaret avait également convié sur sa scène de théâtre, le boys band magique des "Hot Merlins". Assurément de quoi chauffer l'ambiance! Larry Moonray, le danseur mondialement connu de la comédie musicale "Wizard Side Story" devait être aussi de la partie, ainsi que l'un des maitre de la chirurgie réparatrice, le docteur français Raymond Boleton. Si vous ajoutez à cela les nombreux artistes figurants, comme la troupe de nains "Microcosmos", les artificiers chinois, les hôtesses de charme... Il ne faisait pas l'ombre d'un doute que Mildred Magpie avait dépensé sans compter pour faire de cet anniversaire : The Place to Be!

Mais n'étant que co-gérante du Cabaret des Folies Sorcières, elle comptait également sur son associé pour rendre la fête plus folle, et surtout mettre la main à la poche. Quand il s'agissait de claquer des Galions, la pingre Mildred Magpie se montrait à nouveau des plus mielleuses auprès de Roy. Ce dernier avait pour consigne d'assurer la sécurité, mais aussi de fournir des moyens illicites de s'éclater. Que ce soit en matière d'alcool, de drogues magiques, ou de filles; Mildred aspirait à ce que ses riches invités ne manquent de rien en terme de plaisir et de débauche. La sorcière rousse comptait également sur son amie et pâtissière préférée Eden, à qui elle avait confié l'aspect culinaire de la soirée. Nul doute que ses petits gâteaux allaient faire un malheur, et ravir les gosiers des gourmets les plus exigeants! Mildred s'en pourléchait d'ailleurs les babines d'avance, pressée à l'idée de rejoindre la terre ferme. Mais pour l'heure, son carrosse doré et sertit de pierres précieuses tournoyait au-dessus de la terrasse supérieure des Folies Sorcières, que la Co-Gérante avait transformé pour l'occasion en bassin de luxe à ciel ouvert. Tirant sur le rideau en soir de son carrosse, la sorcière jeta un regard en contrebas, pour y voir la foule immense entassée qui n'attendait l'atterrissage de l'attelage pour lancer le début des festivités. La romancière s'enorgueillit de voir autant de monde, et souleva son petit boursouf Puffy en direction de la fenêtre pour lui faire partager cette glorifiante vision.


"Tu vois tous les gens qui m'aiment?! Ils sont tous venus rien que pour moi! N'est-ce pas trop merveilleux, mon Puffy? "

Un mensonge des plus réconfortant pour l'excentrique et solitaire Mildred Magpie; Car la grande majorité des participants venant à cette soirée, le faisait pour des raisons financières et non pour saluer le quarante-huitième printemps de la romancière. Cette dernière n'avait guère d'autre choix que de s'acheter la présence de faux-amis, qui n'étaient là que pour lui servir des sourires aussi factices qu’intéressés. En apparence, la vie de Mildred Magpie avait l'éclat du diamant, alors que la réalité dissimulée était beaucoup plus cruelle, prenant la forme d'un vulgaire et terne bout de charbon. Mais Mildred ne voulait pas se larmoyer sur la vacuité de son existence, préférant se réfugier dans un bonheur illusoire, plutôt que d'ouvrir réellement les yeux sur sa solitude. Sa richesse retrouvée et ses Galions lui permettait de rendre du domaine du possible cette l'illusion, et cela n'avait pas de prix. Tant qu'elle pouvait s'acheter son bonheur, son petit monde intérieur continuait de tourner dans le bon sens. D'ailleurs, c'est avec un large sourire que la romancière embrassa son Puffy, tout emmitouflé dans un costume de Prince. Mais ce baiser baveux ne transforma pas la petite créature en Prince Charmant; L'illusion avait ses limites, contrairement aux espoirs immenses que nourrissait Mildred à l'idée de trouver enfin le grand Amour...

Peut-être que son Roméo se trouvait parmi la multitude de visage qui se levaient en direction du ciel étoilé, tandis que le Carrosse amorçait sa descente vertigineuse. Mildred avait placé la soirée sous le thème des "Princes & Princesses", car elle ne voulait voir que des gens rayonnants de beauté et richement vêtus pour son anniversaire. Depuis les récentes attaques dont elle avait été l'une des cibles, la rédactrice de Multiplettes ne cachait plus sa sainte horreur pour le bas peuple qui osait critiqué sa manière de vivre. L'amalgame entre pauvre et groupuscules révolutionnaires fut vite enclenché dans l'esprit rancunier de la sorcière, qui ne voulait abandonner pour rien au monde son petit confort et sa vie de luxe. Les gueux ne pouvaient-ils pas rester sagement dans le caniveau, plutôt que de toujours vouloir troubler le bonheur des honnêtes citoyens. Tandis que le carrosse descendait en formant des cercles de plus en plus rapprochés; Les vivats de la foule s'accentuèrent et gagnèrent en puissance. Mildred en profita pour réajuster son décolleté plongeant, ainsi que sa coiffure sertie d'une couronne majestueuse en diamants, de manière à s'imposer comme la seule et unique reine de la soirée.  

Les roues du Carrosse doré touchèrent enfin le sol de la Terrasse, signe que la Romancière de quarante-ans pouvait faire son entrée. Des "Happy Birthday to you" s'élancèrent dans la foule, tandis que le voiturier finit par ouvrir la porte sur une Mildred Magpie radieuse. Tout en cherchant des visages célèbres parmi les convives, elle agita la main avec la grâce d'une Miss Monde magique. Un silence relatif s'imposa, tandis qu'elle entama un bref discours de bienvenue.

"Mes braves gens, je vous remercie d'être venus si nombreux! Cela fait chaud au cœur de voir que l'on peut compter sur ses proches amis, pour fêter dignement un évènement tel que celui-ci. Je vous remercie d'avance de bien vouloir déposer vos cadeaux dans le réceptacle magique situé en contrebas du grand escalier.  Sachez que pour l'occasion, en plus de la terrasse des Folies Sorcières, notre Cabaret à été réaménagé pour votre plus grand bonheur, alors n'hésitez pas à en profiter. Plutôt que faire des longs discours, il est temps de déclarer ouverte cette merveilleuse soirée d'anniversaire! "

Comme pour mieux ponctuer son discours, et les applaudissements nourris de ses convives; Le bruit d'un bouchon de Champomagique  se fit entendre, tandis que les déflagrations d'un feu d'artifice magique embrasèrent les cieux de Bristol. Tout en circulant dans la foule en liesse, à la recherche de visages connus, Mildred Magpie ressentit le besoin immense de profiter de l'instant; Loin des tentacules du Kraken, et de la bave de la Salamandre! A l’abri des petites mains crochues du spectre d'Emmy qui l'empêchait de dormir depuis trop longtemps. Mildred voulait décompresser, se lâcher, et qui sait? Peut-être rencontrer son âme sœur...


Petites informations en vrac!:
 


MétamorphomageMolduavatar
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Dernière édition par Métamorphomage le Dim 19 Juil 2015 - 14:34, édité 1 fois

Robin MacFarlane
Danseuse et hôtesse aux Folies Sorcières

_Une panthère ? Sérieusement ? Les mains posées sur ses hanches, Robin observait le félin allongé sur le canapé du salon privé des Folies Sorcières. Franchement qui a eu cette idée ? demanda-t-elle en se tournant vers les autres hôtesses qui attendaient les premiers clients de l'aile secrète.
_ A ton avis ? répondit  Sienna occupée à siroter son cinquième verre de Champomagique de la soirée  "Mon anniversaire doit être absooolument extraoridinaire mon pufffyyyy..." railla-t-elle d'une voie nasillarde en levant ses yeux fardés de khôl en direction de Robin.
Cette dernière poussa un soupir dépité en secouant la tête.
_Calder a donné son accord ? s'enquit-elle alors. En guise de réponse,  Sienna haussa vaguement les épaules et but une nouvelle gorgée de boisson alcoolisée.
_ Oh je rêve, gronda la danseuse, je veux bien me faire bouffer les fesses par un directeur de département mais pas par une panthère ! s'exclama-t-elle en traversant le salon d'un pas décidé.
Il était hors de question qu'elle travaille dans ces conditions et elle était bien décidé à ne faire aucun extra ce soir tant que le félin serait enfermé dans cette partie du casino. Sa tolérance avait des limites et elle comptait bien trouver un responsable des Veilleurs pour chasser cette bestiole: Roy, Jayce, Toni ou même Solal, n'importe qui !

La jeune femme déboucha donc dans la partie publique des Folies où les premiers invités étaient entassés, un verre dans une main et un petit four dans l'autre. La terrasse avait été transformée en piscine pour l'occasion et quelques filles du cabaret se chargeaient de réchauffer l'ambiance en dansant sur le podium improvisé au centre du bassin. Robin aurait du les rejoindre - ce soir elle n'était pas programmée sur scène justement pour assurer le spectacle dans les différents lieux de la fête- mais elle préféra se diriger vers le grand escalier afin de rejoindre les coulisses des Folies à l'étage inférieur. Ses longues jambes moulées dans de fines résilles attiraient les regards des messieurs et elle reconnu d'ailleurs certains de ses plus fidèles clients qu'elle eut l'intelligence de ne pas saluer. Il faut dire qu'ils étaient pour la plupart accompagnés de "Madame" qui ne savait surement pas que les nombreuses réunions nocturnes du Ministère se terminaient généralement au premier étage des Folies Sorcières.

Son large sourire charmant qui  masquait parfaitement sa contrariété s'effaça dès qu'elle passa la porte desservant l'aile du personnel. Ici, il régnait une toute autre ambiance, quasi militaire.

_ Descendez  six caisses de vins des elfes sur la plage et assurez vous qu'il reste frais ! Ordonna Hippolyte le chef cuisinier des Folies qui se tenait devant  l'entrée des cuisines du site. Si les pâtisseries avaient été confiées aux bons soins d'Eden Rusburry, le sorcier multi étoilé par le guide Merlin restait le seul maitre à bord concernant les autres mets et boissons, Réapprovisionnez aussi la fontaine de Chapomagique au pieds des escaliers, le carrosse va bientôt arriver."
-Oui Chef."

Aussitôt six serveurs tirés à quatre épingles serpentèrent entre les commis occupés à faire flamber des Sharacks au Ragnarov  jusqu'à la chambre froide. Robin ne se donna pas la peine de chercher les cadres des Veilleurs ici: Hippolyte ne laissait entrer personne qui puisse venir troubler la concentration de son équipe durant le coup de feu aussi s'engouffra-t-elle dans l'étroit couloir qui rejoignait les coulisses du cabaret. Le corridor était si étriqué qu'elle dû se coller contre le mur pour laisser passer une de ses collègue danseuse qui revenait de sa pause.

- Tu n'es pas à la piscine ? demanda-cette dernière en s'arrêtant à sa hauteur, les plumes de son costume rouge et or chatouillant  les narines de Robin.
-Si mais je cherche Calder.., répondit-elle en chassant d'un geste de la main la parure de sa camarade, Tu ne l'as pas vu à la plage ?
Les danseuses avaient toutes un secteur attitré et les filles en costume de phœnix étaient situées en bas.
-Nope. Pas vu, répondit la jeune femme. Elle se massa la cheville et grimaça légèrement , Danser avec des Loutoubins dans le sable devrait être interdit par le Magenmagot ! grogna-t-elle au moment même où une silhouette apparaissait à contrejour au bout du couloir.
-Mesdemoiselles ! dépêchez-vous de rejoindre vos postes! Le carrosse va bientôt arriver et vous devez être en place pour "la danse d'Accueil".

Olga, ancienne danseuse étoile était la chorégraphe des Folies. Elle avait su garder sa silhouette d'antan et seules les fines ridules au coin de ses yeux trahissaient son âge avancé. Rigueur et discipline étaient ses maitre-mots et elle avait chorégraphié cette soirée dans les moindre détails: Le tableau de l'arrivée, celui du gâteau et enfin le bouquet final où elle avait programmé le moindre jet de confettis.

-Miss MacFarlane, un problème à l'étage ?" s'enquit-elle toutefois, soucieuse que tout se déroule suivant ses plans.
-Rien de grave, assura Robin, je dois juste régler un détail avec M. Calder.

Les activités de l'aile secrète ne concernait pas Olga et elle n'avait jamais caché sa désapprobation. Pour elle, les Folies sorcières était un établissement d'excellence qui offrait des spectacles et des divertissements de qualité et non pas une maison des plaisirs, un bouge de luxe où les femmes n'étaient qu'un produit consommable au même titre que la drogue ou l'alcool . La simple évocation du co-gérant des Folies lui arrachait généralement un rictus de mépris tant elle le savait impliqué dans cette partie de l'entreprise et cette fois n'échappa pas à la règle. Son nez se fronça légèrement et elle sonda Robin d'un œil scrutateur. Olga donnait toujours l'impression de lire en vous comme dans un livre ouvert et ce fut au prix de nombreux efforts que Robin parvint à soutenir son regard.

- Ali Kabache est présent ce soir, lança alors la chorégraphe.
-Le producteur ?
Robin n'en croyait pas ses oreilles. Ali Kabache. Le directeur de K.M.P, la maison de production de musique la plus influente du monde magique.
-Il est là avec son fils ainé, Jamal, et Queenie, la chanteuse. Ils cherchent des danseurs pour sa prochaine tournée. Olga laissa passer quelques secondes de silence avant d'ajouter, je leur ai dit que mes meilleurs danseuses ne seraient pas sur scène ce soir et je leur ai conseillé de faire un tour du côté de la piscine...

Robin resta sans voix. C'était l'occasion de voir son rêve se concrétiser.  Elle aimait son job aux Folies mais la place de meneuse de revue était déjà prise. Une tournée au côté de la chanteuse pop donnerait un incontestable coup de boost à sa carrière si elle parvenait à se faire recruter.

-Faites moi plaisir, Robin, reprit alors Olga en l'appelant pour la première fois par son prénom, ne passez pas trop de temps dans l'aile ouest ce soir.

La danseuse sentit la honte l'envahir et elle baissa les yeux, incapable de soutenir plus longtemps le regard de la chorégraphe. Sa colère s'était envolée et l'histoire de la panthère semblait bien futile comparé à ce qui se jouait ce soir... Elle voulut bredouiller quelques mots, retrouver un peu de contenance face à son employeur mais elle ne trouva rien à dire.
Matthew MacFarlaneDétenu en conditionnelleavatar
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Matthew était énervé. Les élancements de sa cheville faisait partie de son quotidien depuis plus d'une semaine tant il ne décolérait pas. L'organisation de l'anniversaire de sa supérieure nécessitait tant de préparation qu'il aurait voulu pouvoir bénéficier d'une baguette magique au moins sur ses heures de travail. Au lieu de ça, on lui avait gentiment répondu qu'on examinerait sa demande lors de son prochain bilan trimestriel. Bref, bien après cette fête. Il n'avait pas attendu d'avoir l'autorisation pour s'en fabriquer une au noir mais, ce soir, il ne pouvait décemment pas l'utiliser sans prendre le risque d'être découvert. Magpie serait surement bien trop occupée pour surveiller le moindre de ses faits et gestes mais Matt avait vu que le docteur Kane figurait parmi les invités et il savait que Lannister était un habitué des lieux. Si l'une de ces trois personnes le découvrait avec une baguette, il était bon pour une visite prolongée dans les sous-sol de l'île de Skye. Plutôt crever que de retourner là-bas.

Le faussaire descendit  du haut de la nacelle qui surplombait la scène des Folies -il venait d'actionner le canon à confettis argentés- puis il tira la rideau pour clôturer le petit spectacle d'ouverture qui servait de mise en bouche aux convives. D'après le timming imposé par Mildred, son carrosse devrait accosté sur la terrasse d'ici quinze petites minutes, le temps aux spectateurs de prendre un verre  à la fontaine de Champomagique et de monter à l'étage ou de descendre à la plage pour attendre l'arrivée de la reine de la soirée qui était passée maitresse dans l'art de se faire désirer.

Matthew quand à lui n'avait pas une minute à perdre. Dès le spectacle terminé, il devait se changer et endosser un costume de serveur pour l'occasion afin de soulager les équipes de services. Il avait été assigné au bar du casino, dans un lieu assez sombre ou son faciès de meurtrier avait le moins de chance d'être reconnu. Il avait bien émit quelques réserves auprès de Mildred -il n'était pas sûr que cela soit une bonne idée d'être placé dans cet espace aussi fréquenté- mais la gérante avait su trouver les bons mots pour tenter de le convaincre. Il était en voie de réinsertion et le fait d'accepter d'être au contact du public montrait qu'il avait franchi un nouveau pas dans son processus d'intégration. Le D. Kane et l'agent Lannister seraient surement sensibles à ce genre d'efforts, du moins, l'espérait-il.  Même si une partie de lui ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il s'agissait d'une mauvaise idée, il avait accepté le deal au prix des décharges qui irradiaient sa jambe, lui rappelant à chaque instant sa contrariété face à cette situation.

Le faussaire se dirigea en direction des vestiaires slalomant entre les techniciens et les artistes. Il endossa un beau costume loué pour l'occasion et coiffa ses cheveux blond vers l'arrière d'un geste machinal  histoire d'avoir l'air un peu plus présentable. Les coulisses ressemblaient à une ruche en ébullition mais il était trop absorbé dans ses pensées pour prendre part à l'excitation générale.  Alors qu'il peinait à rejoindre sa destination, il tomba sur Olga et sa sœur postées devant le couloir qui desservait le hall. La présence de sa sœur ici alors qu'elle était normalement postée à l'étage supérieur le tira de sa rêverie.

-Robin ? Qu'est-ce que tu fais là ?

Les deux femmes tournèrent la tête vers lui en même temps. S'il perçut le trouble dans le regard de sa cadette, ce fut la chorégraphe qui lui répondit.
"Votre sœur s'apprêtait à remonter à la piscine, n'est-ce pas miss MacFarlane ? lâcha-t-elle en coulant un regard en direction de la danseuse, Quand à vous, vous devriez déjà être au bar, enchaina-t-elle après avoir jeté un coup d'œil au planning de la soirée, n'oubliez pas que je dois faire un rapport sur votre travail ce soir puisque Miss Magpie est occupée..."

Face à l'avertissement à peine voilé, Matt se contenta d'hocher la tête.  C'était le seul comportement toléré par le bracelet. S'écraser et ronger son frein. S'il avait le malheur de laisser parler son mécontentement en remettant Olga à sa place, le bracelet se chargerait de se rappeler à lui encore davantage...

"J'y vais de ce pas."
répondit-il d'un ton aussi froid que son regard.  Il passa entre les deux femmes sans même s'excuser en s'engouffra dans le corridor. Il entendit Robin dans son dos bredouiller quelques mots puis les claquements de ses talons hauts raisonnèrent dans le couloir juste derrière lui.

"Tu pourrais être un peu plus aimable quand même."
"J'ai été aimable." grogna-t-il sans même se retourner. Il avait bien vu que sa sœur semblait préoccupée au moment de leur rencontre mais il détestait quand elle lui faisait la morale aussi il ne chercha pas à savoir ce qui la tenait en soucis préférant la laisser venir à lui.
" Le producteur de K.M.P est présent ce soir, commença-t-elle d'une voix hésitante après un léger silence, et..."
La musique assourdissante de la fête et les conversations des convives couvrirent les paroles de Robin qui fut contrainte de s'interrompre dans ses explications. Matt venait d'ouvrir la porte mettant fin à leur conversation de manière abrupte.

"Faut que j'aille bosser." lâcha-t-il sans même se retourner abandonnant Robin au pied des escaliers.
Il regretta instantanément sa mesquinerie mais il ne chercha pas à retrouver sa sœur pour autant.  Ce foutu bracelet  conditionnait un nouveau Matthew qui ne lui ressemblait pas...qu'il n'aimait pas. Il devenait urgent que son traitement soit allégé, songea-t-il en passant derrière le bar. Et pour cela, il devait se montrer convainquant à cette soirée. Il souffla un bon coup et leva les yeux en direction du barman qui sembla plutôt soulagé de le voir. Il faut dire que la Casino était d'hors et déjà bondé bien que la majorité des invités soient encore à l'extérieur pour observer l'arrivée de Mildred.

"Occupe-toi du côté droit. Il y a plusieurs clients qui attendent d'être servis." lui indiqua Volderêve en pleine préparation de quatre "Spell on the beach".
Matthew alla prendre position et s'efforça de chasser ses soucis dans un coin de son cerveau.
A défaut d'un air affable -c'était vraiment au dessus de ses capacités-, il afficha une mine sereine lorsqu'il s'avança vers son premier client:
"Qu'est ce que je vous sers ?"


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Dernière édition par Métamorphomage le Jeu 14 Jan 2016 - 19:47, édité 1 fois (Raison : changement de tête :mg:)


Joshua Oakley
46 ans - Agent de renseignement au Ministère

Et voilà. La babysitter allait passer en horaire de nuit, songea Joshua en examinant sa montre. Pourquoi fallait-il que la reine de la soirée se fasse autant attendre ? Josh avait déposé le cadeau offert par son supérieur dans l'urne prévue à cette effet et il attendait simplement que Mildred Magpie se montre afin qu'il puisse lui souhaiter un bon anniversaire de la part de son Chef avant de rentrer chez lui écouter les commentaires du  match des Frelons contre les Pies à la RITM. Dire qu'il ratait la plus belle affiche du championnat pour rendre service à son directeur ! Certes, il avait échangé cette soirée contre une demi-journée de congé -Après tout, il était là pour le travail puisqu'il représentait dignement le Service des Renseignements du Ministère à la place de son patron cloué au lit à cause d'une mauvaise éclabouille- mais il commençait à penser qu'il aurait mieux fait de négocier une journée entière, vu comment c'était parti.

En plus il n'était vraiment pas friand de ce genre de soirée où il croisait une grande partie de ses collègues de boulot: Les aurors par-ci, des agents de la PM par-là, les miliciens, les gens de la com', les langues-de-plombs, son ex-femme... Tout le ministère semblait s'être déplacé à Bristol ce soir. Il faut dire que c'était particulièrement à la mode de fréquenter les Folies Sorcières depuis que Marchebank avait levé le blocus sur l'établissement.

Joshua, quand à lui, n'y était venu que deux fois: Aujourd'hui et en décembre où il avait vu le spectacle de Noël organisé par le ministère avec ses deux derniers enfants. Il s'accouda d'ailleurs sur la barrière au dessus de la plage et sortit sa baguette de sa poche pour envoyer un patronus messager à la babysitter.

"Tout se passe bien ? La soirée risque d'être plus longue que prévue de mon côté, la prévint-il. Il hésita quelques secondes et ajouta, il y a de la tarte à la mélasse au frais, vous pouvez vous servir. "

Eva Jackson était une chic fille très sérieuse dans son travail. Ses fils l'adoraient et Josh faisait régulièrement appel à elle quand il s'agissait de faire garder les garçons. Il faut dire qu'elle était aussi une redoutable poursuiveuse au quidditch qui ne se faisait pas prier pour faire une partie avec eux. Son chevreuil argenté se volatilisa et la réponse ne se fit pas attendre puisqu'une loutre sa matérialisa quelques instants plus tard:

"Tout va bien, ils sont couchés depuis une demi heure." Joshua regarda sa montre et constata qu'elle avait bien respecté l'horaire indiqué " Merci pour la tarte, je vous en prends une part."
La loutre disparue avant de réapparaitre quelques secondes plus tard.
"Au fait, 200 à 170 pour les Pies mais les Frelons font le forcing pour revenir."

Joshua laissa fleurir un large sourire sur son visage -cette babysitter était une crème- puis il remonta en direction de l'établissement. Il avait entendu dire que Mildred Magpie arriverait par les airs et qu'elle comptait se poser sur la terrasse. Plus il serait près, plus il aurait l'occasion de lui souhaiter ses bons vœux rapidement et plus vite il serait rentré chez lui. L'agent de renseignement réajusta son nœud papillon et s'engouffra dans l'établissement. Il attrapa une coupe de Champomagique au bas des escaliers, salua quelques personnes qu'il connaissait de vue puis il entreprit l'ascension des grands escaliers de marbres croisant ça et là, des personnes qu'il avait mi sur écoute ces derniers mois: Ce directeur de département qui semblait avoir des liens avec la mafia d'Hastings. Cette chanteuse pop et son mari producteur dont les comptes à Gringotts étaient particulièrement obscurs. Cette femme, apparemment sans histoire, placée sur écoute depuis plus d'un mois. Son chef avait semble-t-il été rencardé par la Milice -à moins que ce ne soit par le Ministre lui-même-  et d'après ses dires elle était impliquée dans des activités terroristes aussi Joshua devait lui faire remonter l'intégralité de ses faits et gestes. Jusqu'à aujourd'hui ses rapports était bien maigres la concernant mais Josh était un homme consciencieux. Si cette femme avait quelque chose à se reprocher, il le saurait, tôt ou tard.

Enfin, pour l'heure, il était en "mission diplomatique" (oui, oui, rien que ça !) et non pas sur le terrain. Cette soirée était déjà surveillée par un bon nombre d'agents du renseignement et il aurait surement des dizaines d'enregistrements à décrypter dès demain matin, alors, autant en profiter un peu. Il but une longue rasade de Champomagique et s'immobilisa pour observer les danseuses autour de la piscine. Il était perdu dans la contemplation de leurs jolies jambes lorsqu'un carrosse  tiré par plusieurs chevaux ailés fit son apparition dans le ciel. Comme il s'y attendait Mildred Magpie en sortit sous les acclamations de plusieurs convives. Josh se contenta de quelques applaudissements polis- il ne la connaissait pas assez pour lancer un grand "Happy Birthday to you" à l'instar de sa voisine mais au moment où la reine de la soirée entamait son discours, quelqu'un lui tapota l'épaule pour qu'il se retourne.


hors jeu:
 
Sofya BelinskiMembre des VeilleursEn ligneavatar
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Sofya s'empara de son Spell on the Beach, adressa un bref sourire de remerciement à Volderêve et s'éloigna du comptoir. Elle était venue pour... saluer Matthew ? L'espionner ? Bref, faire semblant de passer par hasard et d'être surprise de le trouver là, mais voilà que le barman improvisé de la soirée était déjà occupé avec quelqu'un d'autre. Qu'à cela ne tienne, Sofya ne risquait pas de manquer compagnie ce soir, tant les Folies étaient bondées. La comédienne adressa d'ailleurs un regard appuyé à une rousse pulpeuse installée au comptoir avant de faire volte-face. Un sourire confiant aux lèvres, revêtue d'une robe sexy et scintillante, Sofya se glissa dans la foule à la recherche de personnes à charmer. Sofya n'était pas de service ce soir, elle était libre de profiter de l'anniversaire de Mildred comme bon lui semblait et comptait bien en profiter. Son programme était tout vu : discuter avec des personnes influentes, se faire connaître, obtenir son prochain rôle peut-être, boire, danser, trouver un homme à croquer.

Oui, Sofya était une croqueuse d'hommes, ou de femmes d'ailleurs. C'était l'un des nombreux surnoms plus ou moins flatteurs que les femmes comme elle, ou comme Isobel, récoltaient régulièrement. Célibataire endurcie, depuis quelques temps du moins, Sofya aimait charmer et n'hésitait pas à enchaîner les conquêtes quand l'envie l'en prenait - comme aujourd'hui. Ce n'était pourtant pas la recherche du grand amour qui l'animait, ni même l'envie de plaire ou de se sentir désirée - non, c'était un vide plus profond que Sofya cherchait à remplir, par tous les moyens possibles. Un puit de solitude s'était ouvert en elle à la suite de son divorce, qui l'avait laissé trop longtemps sur le carreau. Ethan. Son simple prénom suffisait à la faire se recroqueviller, à faire naître un voile devant ses yeux, à faire s'évaporer toute sa belle confiance, son attitude affirmée. Rien ne pourrait tout à fait lui faire oublier cette tristesse infinie qui était née en elle quand Ethan était simplement parti, comme ça, sans vraiment d'explication, sans vraiment de raison. L'amour de sa vie, qui simplement, et cruellement, ne voulait plus d'elle. Cette douleur, elle n'avait jamais pu tout à fait l'oublier, tout au mieux l'endormir, par tous les moyens possibles. C'était trivial, c'était vulgaire, mais un chagrin d'amour avait fait de Sofya la femme qu'elle était aujourd'hui, quelqu'un qui avait besoin d'une tempête dans sa vie parce que le calme était trop dur à supporter. Une tempête d'espionnage, un ouragan mafieux, une tourmente de séduction, d'alcool, de drogue, de jeux, une litanie de décadence. Tout, sauf rester la femme si commune, si facilement oubliable, qu'on avait laissé sur le bord du chemin. Sofya Belinski ne serait plus jamais une femme banale.

Elle avait rêvé de lui, la nuit dernière, un rêve si vivace et si cruel qu'il l'avait laissé triste et nauséeuse toute la journée. Sofya détestait cet état, cette pression dans la poitrine qui lui rappelait son coeur brisé. Elle se sentait faible, pathétique et cela la mettait hors d'elle. Il lui fallait se rappeler quelle femme extraordinaire elle était. Alors elle avait mis une belle robe, avait passé de longs instants à arranger ses mèches bouclées, à maquiller ses yeux avec soin, à enfiler ses talons les plus vertigineux. Une touche de parfum plus tard, elle était partie pour la soirée du siècle, son cadeau sous le bras - une édition personnalisée du calendrier des Dieux du Stade, avec tous les plus beaux mâles des équipes de Quidditch d'Angleterre. Mildred était une femme de goût, elle apprécierait forcément !

Ce soir, elle allait trouver le plus bel homme ou la plus belle femme célibataire de la soirée, célèbre de préférence, allait finir en page 6 de Multiplettes à son bras et finirait dans son lit. Demain, elle le quitterait tout aussi vite et irait squatter chez Toni pour tout lui raconter, et échanger les souvenirs brumeux de leurs soirées respectives. Un programme bien rodé, en somme...

Toute à son plan, Sofya commença donc par se promener dans le casino méconnaissable, admirant les lieux. Elle ne pouvait nier être impressionnée, Mildred et Roy avaient fait cela bien. La co-gérante des folies était une femme comme Sofya les aimait, affirmée, originale, qui n'avait pas peur de mettre ses talents au service de ses ambitions. Elle se promit donc d'aller la féliciter pour sa soirée, qui resterait à coups surs gravés dans les mémoires. Mais ce furent deux autres invités qui attirèrent d'abord son attention...

"Monsieur le Ministre ! Quel plaisir de vous voir ici ce soir, et en si bonne compagnie ! Mrs Marchebank, c'est un honneur de vous rencontrer. Permettez-moi de vous dire que vous formez un couple charmant."

"Rosaleen, je te présente miss Belinski, comédienne qui joue sur les planches le rôle d'Isadora en ce moment. Il s'agit de la personne qui est à l'origine du projet Leopoldgrad", présenta Leopold avant de répondre à Sofya : "Je n'ai pas encore eu le temps d'assister à votre spectacle, mais j'espère avoir le temps de m'y rendre prochainement. Voici mon épouse, Rosaleen, qui est étudiante à l'académie de métamorphoses Lycaon".

"Oh, j'habite tout à côté ! Nous avons déjà du nous croiser dans les ruelles de Bristol... Vos études doivent être passionnantes, de mon côté je m'intéresse beaucoup à la métamorphose, en particulier humaine. C'est fascinant tout ce que la magie peut permettre d'imiter..."

Après avoir conversé quelques temps avec Rosaleen et Leopold, puis ce dernier finit par s'enquérir de la présence du maître des lieux. Où diable pouvait se trouver son boss ? Sofya indiqua vaguement un endroit de la foule, complètement au hasard, puis prit congé. Réajustant le fin diadème doré qui ornait ses cheveux - il fallait bien respecter le thème - Sofya partit en quête de son acolyte, Toni. Elle avait la vague intention de lui lancer un défi stupide afin de pimenter la soirée - "je parie dix gallions que je peux récupérer plus de numéros de Cheminettes de jolies filles que toi !". Hélas, retrouver quelqu'un parmi cette foule était aussi compliqué que de retrouver un nifleur à Gringotts... Sofya trouva donc tout et n'importe qui, depuis la miss monde magique, accompagnée d'une amie greluche, jusqu'au camarade Veilleur à l'air inquiet qui marmonnait quelque chose à propos d'une panthère. En passant par une prof de Poudlard à l'air déjà un peu pompette, qui regardait son verre vide avec un profond air de désespoir. Mais pas de Toni.

Qu'à cela ne tienne, Sofya allait retourner au comptoir, avec un peu de chance sa jolie rousse serait toujours présente... Et sa conquête d'un soir serait assurée.

Pourtant, à mi-chemin, son regard fut attiré par un drôle de quelque chose. Ou par un drôle de quelqu'un. Elle était là, dissimulée par la silhouette longiligne d'Hailey Peterson, passant inaperçue à côté de la beauté lumineuse de Danielle Coleman. Inaperçue, mais pas pour longtemps...

Se glissant un peu plus près du petit groupe, Sofya se mit à l'observer, captivée. Quelque chose avait bondit un elle, un souffle d'excitation, une certitude : ses plans venaient de changer.

Parce que les plans, c'est bien connu : cela ne se déroule jamais comme prévu.

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Margarita Levieva, kit par Vingounet
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Antonino Tessio, 28 ans, lieutenant des Veilleurs à 98% de sa beaugossitude


« Ecoutez, vous né pouvez pas rémettre personnellement votre cadeau à Miss Magpie, il faut lé déposer ici, nous avons justement prévu cet endroit pour…
- Jeune homme, je vois bien que vous tenez à faire votre travail correctement, mais vous ne comprenez pas, je suis une amie très proche de Mildy, je ne vais pas mettre mon cadeau avec le tas de monsieur tout le monde ! Laissez-moi au moins la voir, vous verrez, elle me reconnaîtra aussitôt ! Nous sommes comme des amies d’enfance ! Oh on s’est perdues de vue depuis quelques années maintenant, mais cela lui fera plaisir de me revoir. Je n’ai pas tant changé que ça depuis l’adolescence, d’ailleurs, si vous saviez, à l’époque… »

*C’est céla, mon oeil* songeait Toni avec impatience, en puisant dans toutes ses forces pour ne pas secouer cette insupportable bonne femme qui lui racontait toute sa vie. Fausse vie, d’ailleurs, il était prêt à le parier, il y avait des gens qui étaient vraiment prêts à tout pour avoir un contact privilégié ne serait-ce que de cinq secondes avec une femme célèbre comme Mildred. Il n’était pas dupe, si cette femme avait été une relation si particulière de la gérante des lieux, elle aurait reçu un carton spécial, comme quelques personnes très soigneusement sélectionnées et qui avaient droit à un accueil quelque peu différent des autres. Ah, se charger de l’accueil, quelle plaie, jurait intérieurement Toni. Il était peut-être souriant et enthousiaste, mais il avait surtout la capacité de patience d’une moule.

« Madame, insista t-il, la coupant dans sa diatribe, si vous n’avez pas d’invitation spéciale, jé né peux pas vous laisser lui parler directément, vous imaginez lé désordre si jé laissais tout le monde faire ça ?
- Mais puisque je vous dis que…
- Elle n’est pas encore arrivée dé toute façon. Déposez votre cadeau ici, ou jé mé verrai obligé de vous présenter quelqu’un d’autre. Avec un sourire affable, il désigna le gigantesque Frappedur près des portes d’entrées du hall, vêtu de 5 mètres de costume noir pour l’occasion. Notre troll qui sé charge dé régler les affaires dé troubles à l’ordre poublic. »

A cette menace à peine voilée, la petite dame eut un mouvement de recul instinctif, avant de prendre une mine outrée et enfin déposer son paquet près des autres, du geste d’une diva contrariée. Toni la suivit des yeux s’en aller, insultant mentalement de tous les noms cette bonne femme horripilante. Il avait fait des efforts pour être poli, déjà, n’importe quel Veilleur ici présent aurait pu témoigner pour dire que ce n’était pas exactement comme cela qu’il avait l’habitude de remettre à leur place les personnes récalcitrantes, mais bon, il ne pouvait décemment pas faire preuve de violence ce soir. Son regard vagabonda jusqu’à se poser sur Frank Darrow, l’un des hommes de main de leur gang, que Toni mit deux secondes à interpeller :

« Hé, Frank ! Viens là, deux secondes. Le Veilleur s’approcha sans mot dire, avec toutefois un léger mouvement interloqué quand Toni se mit à tapoter ses épaules pour remettre en place son costume. Mais tou es parfait comme ça, très classe, hé, tou veux bien mé rendre un service ? Reste là, sois souriant, accueille les gens, vérifie bien qu’ils déposent leur paquet ici. Jé reviens, jé vais faire un tour pour vérifier qué tout sé passe bien.
- Mais…
-Tou déchires, Frank, merci ! »

Et l’italien se carapata sans demander son reste en direction de l’étage. Comme s’il allait passer sa soirée ici ! Pour commencer, il ne voulait pas rater l’arrivée spectaculaire de la star de la soirée. Et puis, il avait bien le droit de s’amuser, Roy se la coulait douce lui, il l’avait vu près des tables du casino, en train de plaisanter avec des invités ! Bon, il allait quand même faire un tour, histoire de vérifier que tout était en ordre. Toni se trouvait bien mieux au poste de donner des ordres et orchestrer un ensemble plutôt que de rester planté comme un poireau au même endroit.

La sécurité du premier étage avait été doublement renforcée, ce soir. Seule la terrasse et certaines alcôves étaient accessibles à tous. Le reste, à savoir les quartiers qui abritaient les activités les moins légales du cabaret, et notamment les salons de plaisir, étaient soigneusement surveillés et masqués du public, accessible seulement à ceux qui en connaissaient les accès : donc, les grands habitués. Toni pénétra dans l’aile secrète, se rendant directement au lieu qui l’intéressait : l’un des bureaux de l’étage, dégagé pour l’occasion. Il trouva à l’intérieur deux de leurs trafiquants, penchés sur des cartons d’où émanaient une légère lueur dorée. Toni s’avança jusqu’à eux, puis se pencha, découvrant la marchandise qu’ils avaient commandé pour la soirée. Il s’accroupit, pour saisir l’une des bouteilles d’un tout nouveau produit, à peine connu du marché, mais fraichement débusqué pour la soirée. Roy avait tenu à remplir son rôle dans les règles de l’art, acceptant de mettre la main à la poche car il savait combien cette fête pouvait créer un énorme coup de pub, non seulement pour le cabaret, mais également pour ses propres affaires de trafic : il y aurait forcément de futurs gros acheteurs potentiels, dans cette masse d’invités où se mêlaient des gens riches qui n’avait pas peur de la débauche.

Toni fit tourner dans sa main la bouteille de Dyonis, un nouvel alcool magique légèrement hallucinatoire, aux effets aussi rapides qu’une drogue. Plus festif, moins repérable qu’une véritable drogue, il commençait à se faufiler et trouver du succès dans les fêtes les plus huppées du monde magique.

« On a tout préparé pour ouvrir le salon à monalisa en bas, avec les pipes à eau, on peut ouvrir quand tu veux, précisa l’un des Veilleurs.
-Bien, bien, avec tout ça, on va envoyer planer lé Ministre jusqu’à la Lune, commenta Toni, reposant les bouteilles avec satisfaction.
-On commence à remplir la fontaine avec le Dionys ?
-Non, pas tout dé suite. On va attendre qué la première partie dé la soirée soit passée, qué tous les officiels un peu coincés qui viennent juste sé faire photographier aux côtés dé toutes ces personnalités soient partis… glissa Toni, avant de conclure un sourire vorace sur ses lèvres. Et là, la vraie fête pourra commencer. »
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« Ne me regarde pas avec ces yeux, Tingal, je sais ce que tu te dis. Que c’est trop court, trop voyant, un peu trop pour moi… Avec un soupir, Nasreen détacha son regard de l’animal, pour le reporter sur son reflet, secouant la tête. Non, en fait, c’est moi qui me dis ça. Bon, qu’est-ce que j’ai d’autre… »

Sous les yeux interloqués de sa chouette, la jeune femme essaya une énième tenue, pestant à moitié sur le thème de la soirée -comme si ce n’était pas déjà suffisamment compliqué de trouver la bonne tenue pour une soirée ordinaire. Evidemment, une personnalité telle que Mildred Magpie ne pouvait rien faire comme tout le monde. Si Nasreen ne lui avait jamais personnellement parlé, elle avait eu l’occasion de l’apercevoir à des galas du FREE, ainsi qu’à quelques autres évènements où elle avait fait partie du corps de sécurité, elle savait donc que la journaliste romancière était, comment dire, quelque peu… caractérielle. Comme les trois quarts des gens invités à la fête, Nasreen ne venait pas tant pour féliciter et fêter dignement l’anniversaire d’une amie, mais plutôt parce qu’il s’agissait là d’un évènement à ne pas rater. Cette soirée était celle de l’année, à en croire tous les journaux. La quasi-totalité de ses collègues comptaient bien s’y rendre, Nasreen avait assez naturellement décidé de suivre. Pourquoi pas, après tout, cela faisait bien un bon mois qu’elle n’était sortie nulle part.

Il fallait dire qu’elle était exceptionnellement sous pression depuis la disparition de Jacob Dalhiatus. Quel milicien mieux placé qu’elle et sa double casquette de lieutenante et d’Auror pour se charger de l’enquête ? Nasreen ne rechignait pas à la tâche, évidemment, elle faisait tout son possible pour faire avancer cette affaire délicate, surtout quand elle savait que chaque jour qui passait divisait fortement les chances de retrouver le numéro deux du gouvernement. En vérité, elle ne se faisait même plus d’espoir à l’heure actuelle : deux mois s’étaient écoulés, si jamais ils retrouvaient Dalhiatus, ce ne serait sûrement pas dans l’état qu’ils espéraient…

Chassant son travail et ces idées sordides de son esprit -détente et bon temps ce soir, elle avait dit-, la Milicienne finit par opter pour une jolie robe noire qu’elle assortit après un temps d’hésitation à une tiare argentée toute simple pour agrémenter sa coiffure, et surtout, avoir un petit raccord au thème de la soirée. Glissant quelques friandises pour Tingal, elle attrapa une pochette argentée à la sauvette pour y fourrer ses affaires, avant de fermer son appartement derrière elle. L’arrivée de Mildred Magpie était prévue pour plus tard, mais Nasreen préférait arriver avant le début officiel des festivités pour retrouver ses amis, et saluer quelques collègues. Faisant vite le raisonnement que les Cheminettes des Folies Sorcières seraient certainement très encombrées, la jeune femme préféra rentrer dans la ville sous couvre-feu en passant par les checkpoint ordinaires : elle savait qu’elle n’aurait qu’à montrer son badge de la Milice pour passer sans souci.

Alors même que Bristol était la ville qui avait fait le plus parler d’elle, et donné le plus de fil à retordre, que ce soit au BDA ou à la Milice, Nasreen connaissait peu la ville. Hasard des choses, elle n’avait que rarement eu l’occasion de travailler sur un dossier localisé à Bristol, la plupart de ceux qu’on lui confiait concernaient soit Londres et sa banlieue, soit des villes proches de Manchester, où elle vivait. Elle n’en était pas mécontente, courir après des trafiquants de drogue n’était vraiment pas sa tasse de thé. Elle avait tendance à les trouver incroyablement arrogants pour pas grand-chose. Puis, elle n’avait pas choisi le métier d’Auror -ou de milicienne- pour s’échiner sur des voyous qui n’étaient pas les plus grandes menaces de leur société. Son coeur trépidait bien plus volontiers face à de délicates affaires de meurtre, là où il y avait un véritable challenge, et de véritables énigmes à élucider. En l’occurrence, l’énigme Dalhiatus lui donnait peut-être des maux de crâne et des instants d’anxiété, mais il y avait là un vrai mystère à résoudre et Nasreen n’était pas une Poufsouffle pour rien : elle était certaine de finir par trouver le fin mot de l’histoire, par la force de la persévérance.

Un peu intimidée par le monde qu’elle trouva aux portes du luxueux cabaret, Nasreen se faufila comme elle put pour atteindre le grand escalier et se débarrasser du petit paquet dans son sac : un petit pull en laine parfaitement adorable pour Boursouf, elle avait cru comprendre que Mildred Magpie en possédait un, et digne fille de sa mère, Nasreen était sensible à la cause animale. Une fois débarrassée de ces formalités, elle put enfin accéder au casino et admirer à quel point le lieu avait été transformé. Elle était déjà venue quelques fois ici, avec des collègues, en fin de semaine, elle se souvenait quelle effervescence se jouait ici autour des tables de poker ou de Boulard, elle préférait d’ailleurs l’ambiance du cabaret -plus maîtrisée- à celle du casino. Ce soir-là, seul l’emplacement du bar, toujours aussi prisé, avait été conservé. Les tables des jeux les plus populaires et les machines à sous étaient délocalisées au fond du casino, afin de dégager une gigantesque piste de danse où la décoration était au thème voulu : entre les tentures dorées sous l’architecture vétuste, les lustres scintillants, les pyramides de choux glacés et les élégantes flûtes de Champomagique qui circulaient parmi les invités, on se croyait presque dans la demeure d’un prince.

« Je peux vous offrir un verre ? »

Une voix enjôleuse tira Nasreen de ses observations silencieuses. Elle posa un regard hébété sur l’homme qu’elle reconnut aussitôt comme l’un de ses plus proches et anciens collègues. Avec un grand sourire, elle lui donna une légère tape au bras, comme une réprimande.

« Cédric ! Tu m’as faite sursauter !
-Oui, je sais, j’adore faire ça, ricana l’Auror.
-Idiot, glissa la jeune femme, en acceptant la flûte de champagne qu’il lui tendait. Tu es là depuis longtemps ? »

La discussion dura quelques minutes sur leur arrivée, leur ressenti sur les lieux, puis quelques banalités, avant que Nasreen ne finisse par s’enquérir de la présence d’autres de leurs amis collègues, Cédric lui désigna quelques groupes disséminés près du bar, ainsi que Peterson et Coleman, à quelques pas d’eux. Le regard de Nasreen fut aussitôt attiré par les deux dernières, et il ne lui fallut pas plus de deux secondes pour choisir vers qui aller.

« Je te laisse, je vais les saluer, je vous rejoindrai plus tard.
-Ah, petite bonne élève, la taquina le jeune homme. N’oublie pas le garde à vous ! »

Nasreen lui tira la langue en guise de réponse, pas le moins du monde détournée de sa destination de départ. Fayote ou pas, elle s’en moquait bien, ces deux femmes devaient être celles qu’elle respectait le plus au monde -après sa mère- elle comptait bien au moins les saluer. Souriante, mais comme toujours un peu intimidée à chaque fois qu’elle devait s’adresser à elles, Nasreen commença en s’avançant poliment, comme pour s’assurer de ne pas interrompre une conversation où elle n’était pas bienvenue.

« Bonsoir » glissa t-elle de son sourire avenant, sa coupe à une main, l’autre tendue vers les deux jeunes femmes. « Je peux me joindre à vous ? »

C’était un peu étrange de les voir dans un cadre si informel, sur leur trente-et-un qui plus est. Nasreen était d’ailleurs forcée de constater qu’elle avait sous estimé l’élégance des jambes d’Hailey Peterson, bien camouflées par l’uniforme d’Auror qu’elle avait l’habitude de voir sur elle. Le compliment sincère sortit avant même qu’elle n’ait pu s’en empêcher :

« Cette tenue vous va vraiment très bien. Avant de rougir légèrement et d’ajouter à l’adresse de Danielle : Vous aussi, cela vous… change toutes les deux. »

Se demandant si elle avait commis une gaffe ou non -se posant trop de questions, en fait- Nasreen ne remarqua pas tout de suite l’arrivée d’une quatrième femme dans leur petit triangle. Et pourtant, elle n’était pas vraiment de nature à passer inaperçue : sa robe était littéralement sublime, Nasreen aurait donné n’importe quoi pour oser porter une telle tenue et surtout, la porter si bien. Son regard accrocha le diadème doré qui s’entortillait entre ses belles boucles blondes -elle avait l’impression que sa propre tiare ne ressemblait à rien, à côté- avant de se poser sur les traits de la jolie blonde. Se rendant compte qu’elle était littéralement en train de dévisager cette inconnue, chose peu polie, Nasreen se donna une claque mentale pour offrir un léger sourire à la nouvelle arrivée :

« Nasreen Johar, se présenta t-elle. Vous vous connaissez, toutes les trois ? »

Car de toute évidence, ce n’était pas elle qu’elle était venue saluer, elle ne la connaissait pas. Nasreen était certaine qu’elle s’en serait souvenue, autrement.
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Soirée historique aux Folies Sorcières, Mordred y était forcément. Vêtu de ses plus beaux atours, il était arrivé depuis un moment et hésitait entre deux destinations: Roy Calder ou Matthew MacFarlane? Le choix était stratégique. Le premier était l'habitant des lieux, et connaissait sûrement tous les invités présents. L'inconvénient, c'est qu'il allait sûrement être accaparé par tout le monde toute la soirée. Quant à Matthew, il connaissait très bien les Folies également - et Roy, Mordred avait cru le comprendre au détour d'une conversation avec le dealer - mais serait peut-être moins enclin à lui présenter du beau monde...

L'Auror continuait son tour, prenant le temps de se décider. Il repéra plusieurs belles créatures, notamment un groupe formé par deux de ses supérieures. Danielle Coleman et Hailey Peterson étaient très belles, mais il n'avait aucune envie de chercher les ennuis - les femmes de pouvoir pouvaient avoir un sale caractère. Il repéra avec elles Nasreen Johar, ce qui le dissuada définitivement de les approcher. Il n'avait rien contre Nasreen, bien au contraire, mais leur situation professionnelle était particulière. Lorsqu'elle était au BDA, il était son supérieur hiérarchique. Et maintenant qu'elle avait quitté le BDA pour la Milice, elle devenait sa supérieure à lui sur la moitié de son temps de travail. Mordred était habitué à compartimenter travail et vie privée, mais séparer travail n°1 de travail n°2 s'avérait de plus en plus compliqué. Il se demandait même s'il n'allait pas gentiment signifier sa sortie de la Milice à Peterson, parce qu'il n'aimait pas du tout se prendre la tête.

Bon, ce serait Matthew, décida-t-il finalement, et Roy s'il trouvait le moyen de l'approcher. Dommage que Klemens ne soit pas là, mais il ne le voyait plus beaucoup ces derniers temps. Ce serait amusant de voir la tête de son ex prisonnier en le voyant débarquer ce soir. Il ne voulait pas lui ruiner la soirée, mais Matthew avait sûrement compris, depuis les quelques mois qu'il le suivait, que l'Auror Lannister n'irait pas lui chercher de noises. D'ailleurs, il avait un petit cadeau pour MacFarlane... Et puis s'il pouvait en profiter pour passer du temps avec sa jolie soeur, il ne disait pas non. Arrivé au bar, il tomba justement sur son barman préféré qui lui demanda ce qu'il voulait.

"Ca dépend, qu'est-ce que je peux avoir gratuitement en échange de ça?"

Mordred déposa discrètement sur la surface un petit flacon d'essence de dictame... et d'autre chose.
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:17, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
Ils vivaient en pleine décadence. Chloé s'était toujours targuée d'être progressiste, et ne s'était jamais gênée pour critiquer les conservateurs. Mais si c'était ça que Marchebank appelait le progrès... Eh bien, ils avaient du soucis à se faire. D'un autre côté, il suffisait de placer judicieusement une petite bombe sous la fontaine, là-bas, et la guerre était gagnée: plus de Marchebank, plus de mafieux, plus de Mildred Magpie... un tapis rouge pour bâtir un nouveau régime. Rien de plus simple. Chloé titilla l'idée une fraction de seconde, laissant un sourire amusé naître sur ses lèvres, puis se fustigea intérieurement. Non, elle qui critiquait le Kraken ne pouvait pas recourir à leurs méthodes. Et on savait ce que l'on perdait, pas ce que l'on trouvait. La Salamandre avait entamé un travail de longue haleine, et elle devait faire avec.

Elle savait qu'elle n'était pas la seule anti Marchebank dans la salle. Consigne avait été passée pour que tous ceux qui avaient une bonne raison d'assister aux festivités y aillent. Clarissa, en connaisseuse de la "bonne" société, leur avait expliqué le potentiel d'une telle soirée. Alcool et débauche, réunion d'une population diverse, cela leur permettrait sûrement de grapiller des informations. Il suffisait d'apercevoir un conciliabule entre un responsable et un personnage jusqu'alors inconnu, ou d'inciter une personne judicieusement choisi à boire plus que de raison... les occasions ne manqueraient pas. Chloé savait que ce genre d'espionnage n'était pas son terrain de prédilection. Trop franche, elle préférait lorsqu'il s'agissait de filature et tapinois plutôt que de conversations à tenir au douzième degré. Mais, plus que tous les autres, elle devait être là ce soir. C'était la soirée de propagande, l'occasion de montrer que l'on était derrière le ministre - enfin, sa pie - et que l'on adhérait à ce style de vie. Encore un peu et elle allait s'étouffer d'hypocrisie.

Mais, parce que beaucoup de choses dépendaient de son rôle, elle arborait une tenue digne du thème (après tout, autant allier l'utile à l'agréable) et un sourire enjoué. Après tout, elle avait fait pire dans sa jeunesse! Certes, à plus petite échelle et jamais en présence des autorités qui, à l'époque, réprimaient ce genre de comportement plutôt que de les encourager.

"Qu'est-ce que vous avez avec des boissons de Gobelin?" demanda-t-elle au bar en s'y accoudant franchement.


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
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Eden Rosebury-Smith, 29 ans, pâtissière gérante du « Paradis d'Eden », amie de Mildred, cousine de Roy

Lorsqu'elle était enfant, Eden voulait une princesse-licorne. Devant l'impossibilité de satisfaire le souhait de leur petite fille chérie, ses parents avaient dû se résoudre à lui apprendre la terrible nouvelle : elle ne pourrait jamais atteindre ce statut. De bonne composition, Eden avait abandonné sur le côté licorne de la chose pour se concentrer sur l'accession au titre de princesse, qui occupait tous ses jeux d'enfants (princesse cuisinière, bien évidemment, sa passion des choux à la crème venait de loin). Sa petite sœur Maria était la domestique, Alma était le cheval, Carla le dragon qui venait tout casser, Jason était le majordome et Roy le crapaud enchanté par la méchante sorcière noire ! En grandissant, Eden avait su se faire à l'idée qu'elle ne serait sûrement pas princesse - même si elle avait trouvé le plus merveilleux des princes charmants en la personne de son adorable et attentif mari Jimmy-chéri - mais cette soirée lui donnait l'occasion de réaliser quelque peu son fantasme d'enfance.

Vêtue d'une plus qu'imposante robe meringue - encore plus imposante que sa robe de mariée et ce n'était pas peu dire - d'un rose satiné, Eden rayonnait. Le tulle de ses nombreux jupons laissait échapper un doux froufou à chaque mouvement tandis que la multitude de sequins, perles et autres broderies scintillantes s'éclairaient sous les bougies qui ponctuaient les lustres luxueux des Folies Sorcières. Un diadème étincelant garni de plumes roses rehaussait ses cheveux bruns et un grand sourire satisfait illuminait son visage tandis qu'elle admirait le fruit de son travail. Sa relation avec l'hôte de la soirée avait d'abord été professionnelle, Eden ayant vu dans la réouverture du casino-cabaret une excellente opportunité de nouer un contrat de grandes envergure avec l'établissement et ses soirées immenses. Helga Poufsouffle ayant toujours accompagné le moindre de ses pas, Eden avait eu l'occasion de nouer et un grand contrat et une douce amitié avec Mildred. Leurs rencontres n'étaient faites que de discussions animées entre amies, petits conseils beauté, séances shopping et dégustations de pâtisseries pour conclure en beauté leurs journées !

Alors pour l'anniversaire de son amie, elle n'avait pas fait les choses à moitié, autant pour faire plaisir à cette dernière que de saisir l'occasion d'impressionner encore plus tout le gratin du monde magique. Les « Paradis d'Eden », avec deux boutiques à Londres et à Bristol, avaient déjà fait leur trou dans le monde magique et Eden remportait des contrats de plus en plus importants mais elle savait que le Royaume-Uni pouvait être seulement une étape sur le développement de son empire de sucre : pourquoi pas la France, l'Allemagne, l'Italie ? Mais ce soir, il n'était pas question de cela, du moins pas pour le moment : pour les mois à venir, elle visait plutôt le gala du FREE et se voyait bien devenir traiteur officiel du Ministère de la Magie en ce qui concernait les desserts. Pour impressionner Mildred et ses convives politiques, les réalisations d'Eden et de ses employés étaient plus spectaculaires les unes que les autres et tout dans le thème décidé par la reine de la soirée : des gâteaux élégants, dans des thèmes qu'affectionnait son amie et des couleurs qui n'étaient pas sans rappeler le thème de cet anniversaire. Il y avait également une représentation gigantesque d'un Puffy composée d'un chou d'un mètre d'envergure et empli d'une onctueuse crème à la violette, des petites roses en sucre qui accompagnaient le Champomagique sans compter la pièce maîtresse de la soirée : un splendide gâteau de six étages décoré de multiples et magnifiques roses fraîches. Chaque étage était composé d'un gâteau d'un parfum aimé par Mildred, que ce soit une crème de vanille tendre, un chocolat profond rehaussé par des framboises acidulés ou un délicieux citron-meringue qui croquait sous la langue. A l'image de la soirée, tout n'était que démesure et c'était avec une fierté non-dissimulée qu'Eden observait ses bébés dans la partie des cuisines qui lui avait été attribuée. Hippolyte, le chef cuisiner des Folies, s'agitait dans son coin et elle se doutait bien qu'il n'était pas ravi qu'une personne extérieure à sa brigade s'occupe d'une partie du repas mais aux yeux d'Eden, la cuisine et la pâtisserie étaient deux domaines très différents qui nécessitaient des experts très différents. A Hippolyte la cuisson du Boullu, à Eden celle des meringues !

Après avoir adressé les dernières recommandations à ses employés mobilisés sur l'occasion pour le service des desserts - les cœurs en chantilly devaient être parfaitement parfaits - Eden adressa un grand sourire au reste des cuisines et sortit avec sa robe froufroutante afin de se mêler au reste des convives. A quelques pas d'elle, James l'avait attendu et semblait en grande conversation avec l'une des danseuses, une main glissée dans le creux de ses reins. Lorsqu'il aperçu sa femme, il retira son bras avec l'air le plus naturel du monde et accueillit cette dernière avec un grand sourire.

- Voilà ma ravissante épouse ! Miss ici présente a perdu l'équilibre, ajouta-t-il avec un sourire. Attention à vous, n'est-ce pas ? conclut James avec un clin d’œil.

Dardant de grands yeux émerveillés vers son adorable mari - mais qu'il était galant et prévenant et attentif aux autres et à leur bien-être ! - Eden lui vola un baiser, laissant sur la joue de ce dernier une trace de rouge à lèvres fuchsia qu'elle s'empressa d'essuyer du bout du pouce, et lui adressa un sourire.

- Cette soirée est si enchanteresse, pépia-t-elle tandis qu'ils s'engageaient vers le casino. J'ai tellement hâte de voir Mildy arriver ! Elle va être si belle !

Le regard de James semblait plus attiré par les tournures des hanches des serveuses que par celles des phrases de sa femme mais Eden ne remarqua rien, bien trop occupée à glousser devant tous les détails de la soirée et à saluer avec des petits cris perçants les personnes qu'elle connaissait. Le summum des vocalises fut atteint lorsqu'elle aperçu Roy dans la foule des personnes présentes, occupé à plaisanter avec ses clients, et elle se jeta au cou de son cousin.

- Rooooooooooy !

Déposant deux baisers claquants sur les joues de ce dernier, elle lui adressa un sourire rayonnant tandis que son mari se tenait un peu plus en retrait, saluant le cousin de son épouse d'un bref et sec signe de tête.

- Comment vas-tu ? interrogea-t-elle avec des étoiles dans les yeux. Tu dois être si heureux de fêter l'anniversaire d'une si bonne amie ! ajouta-t-elle sans ironie aucune, persuadée de l'immense affection entre les deux associés, à l'image de l'amitié qui l'unissait à Mildred. Bavassant encore quelques minutes sur l'anniversaire et le fait que Mildy était une femme merveilleuse - n'est-ce pas mon Roy en sucre ? - Eden finit par s'interrompre brusquement en refermant ses ongles ornés de petits diamants en strass sur le bras de Roy. J'ai une grande nouvelle pour toute la famille !

Le reste des Rosebury-Calder avait eu l'occasion de l'apprendre quelques jours auparavant lors d'un dîner chez les récents Mrs et Mr Smith mais comme à son habitude, Roy était absent. Eden ne lui en voulait pas, il travaillait tellement le pauvre ! Son établissement était florissant et réussir une carrière impliquait quelques sacrifices personnels, n'est-ce pas ? Elle était persuadée qu'il aurait tout donné pour être parmi eux s'il avait pu et c'était donc l'essentiel. Le visage aussi rayonnant qu'une licorne sous monalisa, Eden glissa sa main dans celle de James pour le rapprocher d'eux avant de se pencher légèrement vers Roy.

- Jimmy et moi attendons un heureux évènement ! pépia-t-elle en se retenant de battre des mains. 

Au comble du bonheur, Eden était extatique. Fonder une famille était l'un de ses désirs les plus profonds et il se réalisait enfin auprès de l'homme le plus parfait du monde. Elle avait un mari merveilleux, une belle-fille absolument craquinette et une entreprise en pleine ascension : elle n'avait jamais été plus heureuse de sa vie. Elle se voyait déjà avec son bébé dans sept mois, dans sa petite chambre rose avec de la dentelle et son petit berceau absolument adorable ! Ils allaient former une famille absolument merveilleuse ! James était déjà un père si fantastique pour Maeva et Eden ne doutait pas qu'il le serait également pour leurs enfants. Ils iraient jouer au Quidditch le week-end, partiraient en vacances et James leur apprendrait à voler tandis qu'elle se chargerait de les régaler de bons petits plats ! Elle s'y voyait déjà ! Riant aux éclats de bonheur, elle planta un autre baiser sur la joue de Roy avant de glisser son bras sous celui de James.

- C'est merveilleux, n'est-ce pas ? interrogea-t-elle.

Sa litanie de bonheur fut soudainement interrompue par l'annonce de l'arrivée de Mildred et elle poussa un petit cri d’excitation, abandonnant là son mari et son cousin en tête à tête sans plus de cérémonie. Fendant la foule dans son imposante robe de princesse, elle s'empressa de rejoindre le lieu d'arrivée du carrosse de Mildy juste à temps pour voir son amie sortir de ce dernier, absolument rayonnante et éblouissante dans sa robe. Applaudissant à s'en rompre les poignets, elle se joignit aux exclamations d'anniversaire et profita d'un petit écart dans la foule pour s'avancer vers Mildred, se retenant de toutes ses forces de ne pas lui sauter au coup pour ne pas déranger sa coiffure.

- Hiiiiiiiiiiiiii, Mildyyy ! Joyeux anniversaire ! pépia-t-elle. Je suis si heureuse pour toi ! On est tous très heureux pour toi ! On t'aime tous ! Et cette fête est aussi splendide que toi !  
Roy CalderChef de la mafiaEn ligneavatar
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Roy était prêt à mettre sa main au chaudron que la fête qui se tenait ici valait entre quatre et cinq fois plus que le prix qu’il avait lui-même mis dans son propre anniversaire. Bon co-gérant près de ses sous qu’il était, il avait développé une espèce de lecteur de prix -surtout de ceux qui n’étaient pas raisonnables- rien qu’en promenant son regard sur tout ce qui l’entourait, et brillait de préférence. Mildred n’y avait pas été de main morte, c’était le moins que l’on puisse dire. Roy connaissait le rapport dilapidateur que son associée avait avec l’argent, depuis le début, même quand il n’était que son fournisseur de drogues, il l’avait connue creusant son propre gouffre financier. Certes, Mildred n’avait sans doute jamais été aussi riche qu’à l’heure actuelle -et Roy non plus, d’ailleurs- mais tant de décadence… Quelque part, Roy préférait encore ne pas savoir combien la prestation d’un tel nombre de guests stars pouvait coûter.

Et surtout, il n’allait pas faire le pingre quand il savait ce que cette énorme soirée pouvait lui apporter. Il avait rempli sa part du marché, en finançant les breuvages et autres substances plus ou moins licites de la fête, dont Toni était sensé s’assurer du bon arrivage. Il avait les meilleurs clients potentiels du monde, rassemblés ici, à cette fête de luxe, ceux qui étaient le plus prêts à dépenser un maximum d’argent pour tenter de faire la même chose. Car Roy imaginait déjà comme cet évènement aurait du retentissement dans les prochains jours, et serait sur toutes les lèvres, jusqu’à ce que d’autres divas ou millionnaires plein d’ennui que Roy repérait déjà dans le casino tentent de rivaliser avec l’audacieuse Mildred Magpie. Ce soir, il était aux aguets de ces futurs acheteurs plein aux as.

Et il était presque tout autant à l’affût de potentiels troubleurs de fête. Un événement comme celui-ci pourrait bien attirer des indésirables, Roy était à ce sujet un peu plus tendu que d’habitude. Cela ne se voyait pas vraiment, il arborait son habituel air confiant et souriant, tout vêtu d’un beau costume noir. Il avait renforcé la sécurité à son maximum, mais l’on n’était jamais à l’abri des déconvenues, surtout quand les Folies Sorcières n’avaient jamais accueilli autant de monde depuis le début de son histoire qu’aujourd’hui. Cependant, il s’efforçait de reléguer ses inquiétudes dans un coin de son esprit, pour se concentrer sur la fête et les convives. Il était si bien dans son élément, à saluer tous ceux qu’il connaissait, à se faire arrêter par d’autres qu’il n’avait pas remarqué, à échanger quelques vannes avec certains, commentaires et compliments avec d’autres, que son sourire n’eut plus rien de factice, et il commença réellement la soirée dans de bonnes dispositions.

Mais il finit par prendre une pause dans son parcours des invités pour rejoindre Isobel dans un coin du casino et commenter en ricanant avec elle la tenue de ceux qui les entouraient -la médisance, leur passe-temps préféré. Il avait craint un moment que la jeune femme ne participe pas à la fête -elle n’était pas exactement en bons termes avec Mildred, il fallait dire- mais elle avait surtout retenu de cet évènement que c’était celui à ne pas manquer, surtout pour une employée du Ministère : les Folies Sorcières étaient déjà un joli repère à employés du ministère, mais ce soir plus que tous les autres.

Et on voyait tout de même de jolis phénomènes parmi eux. Il était compliqué avec ce thème de ne pas se prendre les pieds dans une robe froufroutante à multiples étages d’une de ces demoiselles, certaines étaient allées jusqu’au bout de la chose, songea Roy en attrapant du regard une femme près du bar. Mais aucune d’entre elles n’égalait la… comment dire… dimension de la tornade rose qui se dirigeait à toute allure vers lui. C’était fou comme Eden se mouvait presque normalement, même juchée sur de hauts talons avec deux mètres de circonférence de multiples tissus autour des jambes. L’habitude, très certainement. Un peu trop absorbé par ce spectacle dantesque, Roy ne songea même pas à faire un mouvement -de toute façon, il était trop tard pour fuir- et dut encaisser les bises sonores de sa cousine. Se notant dans un coin de sa tête de vérifier plus tard qu’il n’avait pas les joues repeintes en rose fuschia, il attrapa le regard et le sourire en coin d’Isobel qui voulait tout dire : « Mouahaha, bon courage Calder, moi je file. » Fausse meilleure amie qu’elle était.

Laissant la sorcière filer, il reporta le regard sur Eden, toute irradiante de bonne humeur et d’amour, enfin, bref, dans son état normal à cette exception que ses yeux semblaient trois fois plus briller que d’habitude.

« Bien et toi ? Tu as l’air rayonnante. » Mais son compliment fut vite bouffé par le commentaire suivant, et toute la diatribe qui s’ensuivit, qui lui donnait à la fois envie d’éclater de rire et de se prendre la tête entre les mains de dépit. Il aurait cru qu’au moins être une proche amie de Mildred lui aurait permis de comprendre que ce n’était pas leur cas à eux deux, mais il semblait que sa cousine voyait définitivement les bons sentiments partout. Préférant reporter la discussion sur les efforts qu’Eden avait accompli pour la soirée, Roy terminait sur un compliment à son égard, quand sa cousine lui annonça la nouvelle.

Oh non, Merlin. Pourquoi personne ne l’avait tenu au courant ? Adrian, où étais-tu ? Carla au moins, elle aurait pu lui dire ! Cela lui aurait permis d’éviter de paraître avoir avalé un sharack de travers. Roy devait toutefois s’efforcer d’avaler la pilule face à sa cousine qui attendait de la joie et du sourire de sa part, visiblement.

« Mais, c’est… renversant ! Il la prit même dans ses bras, parce qu’il était plus facile de feindre le bonheur par ce geste et cacher l’air sombre qu’il put tourner vers James maintenant que sa cousine ne le regardait plus. Je suis très content pour toi, félicitations ! »

Car il n’était pas content pour James, en revanche. Quel espèce de… Le chef de gang ruminait encore à quel point cette enflure méritait une bonne raclée. Il avait engrossé sa cousine, maintenant ! Cet entrejambe n’avait t-il pas fait assez de dégâts comme ça ? Car Roy était le mieux placé pour savoir ce à quoi James Smith le parfait sportif dévoué aux bonnes causes passait réellement son temps. C’était dire l’insolence de cet homme qui ne cherchait même pas à cacher sa fréquentation assidue de ce cabaret, et surtout, de ses jolies danseuses. Oh il essayait bien de se faufiler pour qu’on ne le remarque pas trop, mais c’était peine perdue, Roy pouvait tout savoir dans l’enceinte de ce cabaret, il n’avait qu’à demander au regard attentif de ses vigiles, et aux oreilles bien tendues de ses Veilleurs.


Pourquoi n’avoir jamais pris à part Eden pour lui ouvrir les yeux une bonnes fois pour toutes ? Eh bien, Roy connaissait trop bien sa cousine. Non seulement elle n’avait jamais été capable de voir autre chose que le bien chez les autres -elle le considérait encore comme un honnête commerçant, c’était dire- mais en plus, elle était follement amoureuse de cet homme qui se moquait d’elle. Il savait qu’elle refuserait de le croire, même s’il apportait les preuves de ses dires, elle trouverait toujours des excuses ou des explications à son James, et tout ce que Roy aurait gagné, ce serait de l’avoir rendue triste à ce sujet. Car il voyait déjà la figure si lumineuse d’Eden se fissurer s’il commençait à émettre ses accusations, chose qu’il voulait éviter autant que possible. Alors Roy prenait son mal en patience, et tentait d’autres tactiques d’approche. Il avait choisi de prendre le problème de l’autre côté, celui de James Smith : il en était pour le moment à l’étape de tenter d’éduquer cet immonde blondin. Il n’avait pas encore perdu tout espoir, Jimmy semblait un peu plus réceptif dès qu’on… le secouait un peu.

Posant une main doucereuse sur l’épaule de James, Roy le rapprocha de lui dès qu’Eden eut le dos tourné, juste assez pour que l’échange se fasse de façon privée entre eux deux.

« Tu sais ce que tu vas faire, mon Jimmy ? Suivre ma cousine comme son ombre, et t’assurer qu’elle passe la meilleure soirée de sa vie en compagnie de toi, son crétin de prince charmant. Je veux que tu sois prêt à sortir le mouchoir avant même qu’elle éternue. En fait, les seuls moments où tu es autorisé à t’éloigner d’elle, c’est pour aller lui chercher une boisson rafraîchissante. Il tapota brièvement le brave torse de l’homme, geste bien loin d’être affectueux. Parce que je te jure que si je te vois traîner ailleurs, je fous tes prochaines chances de paternité en l’air. Est-ce que c’est clair ? »

James avait beau être plus grand et plus carré que lui dans sa belle stature de sportif, Roy savait que son étiquette de mafieux restait un argument suffisamment convaincant pour le tenir en respect. Car James était moins naïf que sa femme, il avait compris depuis un certain temps maintenant qui il était, et ce dont il était capable. Lorsqu’il se fut certifié dans le regard mal assuré du blond que le message était bien passé, Roy relâcha son emprise, puis lui lança un dernier regard de « Je t’ai à l’oeil » avant de s’éloigner dans la foule. Ah, ça y est, cet imbécile venait de le mettre en rogne. Attrapant un verre de champomagique au passage, il décida d’aller prendre un peu l’air sur la terrasse, près de la piscine. Avec un peu de chance, il trouverait un employé défectueux ou un souci d’organisation sur lequel se défouler.
Spoiler:
 



  - Power goes by and leaves me blind -
   
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Robin MacFarlane
Danseuse et hôtesse aux Folies

Robin resta sans voix face au comportement déplorable de son frère. Dire qu'elle l'avait soutenu durant toutes ces années et voila comment il la remerciait ! La jeune femme darda un regard noir dans sa direction avant de gravir les marches du grand escalier. Il ne perdait rien pour attendre, songea-t-elle, en peinant à masquer son ressentiment. Elle avait souvent l'impression d'être trop brave avec ses proches et, consciemment ou non, ils finissaient immanquablement par profiter de sa gentillesse. Mais elle n'allait pas se laisser faire, non pas cette fois ! Elle allait lui dire ses quatre vérités et....
Une main glissant le long de sa taille la tira immédiatement de ses pensées et le visage de James Smith s'imposa à elle.

"Tu es terriblement sexy ce soir..." lui chuchota-t-il en renfermant sa poigne autour de sa taille.
Le célèbre joueur de quidditch était l'un de ses plus fidèle visiteur de l'aile secrète. Il ne passait pas une semaine sans venir et il faisait parti de ces clients que les autres filles lui enviaient: Beau garçon, jeune, célèbre, attentif et séducteur, il ne manquait jamais de lui apporter un bouquet de fleurs après ses représentations de danse et il lui avait même offert un sublime ensemble de lingerie fine...
Pourtant Robin savait qu'il faisait surtout partie des plus dangereux, de cette race des beaux parleurs, qui vous promettent monts et merveilles et dont vous finissez par vous enticher parce qu'il vous accorde un semblant d'attention. Elle refusait de devenir cette prostituée attendant le client qui lui promettrait de la sortir de sa condition, telle un prince charmant dans un roman pour adolescente. Ça non, Robin préférait mille fois l'indifférence et les silences d'Ethan aux belles tirades du sportif.
"Je peux vous retourner le compliment M. Smith." répondit-elle toutefois mais en tentant de s'éloigner un peu de lui.
Ils étaient dans la partie publique du cabaret et elle n'avait pas à s'afficher avec un client dont la femme risquait d'arriver à tout moment.  D'ailleurs Robin se raidit imperceptiblement en voyant Eden Rosebury fondre dans leur direction.  Avec un naturel désarmant, James justifia sa main baladeuse en  prétextant avoir volé au secours d'une Robin trébuchante. Rebondissant sur le mensonge, cette dernière s'empressa d'ajouter:

"Votre mari est un vrai gentleman madame Smith, son regard descendit sur ses propres souliers dorés puis elle ajouta sur le ton de la confidence, ces loutoubins sont magnifiques mais ils manquent quelques peu de stabilité pour tout vous dire." Elle ponctua sa tirade d'un large sourire qui se figea quant Eden gratifia James d' un baiser affectueux. Merlin, elle espérait ne jamais être aussi crédule.
La pâtissière s'éclipsa alors dans un cri strident, laissant les deux amants de nouveau seuls quelques instants.
"Réserve-moi une danse en fin de soirée..."
souffla  James en s'éloignant pour rejoindre sa femme.
Une danse ? Ben voyons. Très franchement, Robin avait autre chose à faire ce soir que de satisfaire les désirs lubriques de James Smith et pourtant elle répondit:
"Vous savez où me trouver."

Smith parut satisfait de la réponse puisqu'il s'éloigna en lui décrochant un clin d'œil.
"Vous savez où me trouver ?" Sérieusement ? La jeune femme poussa un bref soupir devant sa propre bêtise.  Ce n'était pourtant pas si difficile de dire: "Je suis très occupée avec le spectacle ce soir !"... A croire qu'elle aimait se compliquer la vie: Elle jouait sa carrière de danseuse et elle venait de filer un rencart à James Smith dans l'aile secrète où une panthère les attendaient ...

La panthère ! Elle l'avait complètement oublié celle-là ! Robin devait absolument régler ce problème avant qu'elle ne soit accaparé par les différentes "chorégraphies" de la soirée. Hissée sur ses loutoubins, elle chercha un visage connu parmi la foule pour lui venir en aide et son regard se posa finalement sur  le cogérant des Folies non loin de là. Serpentant entre les convives, elle lui attrapa la bras, pour l'inviter à lui faire face:

"M. Calder, excusez-moi de vous déranger mais l'invitée surprise de l'aile ouest est assez envahissante..."

Robin aurait préféré parler sans détour mais elle ne pouvait résolument pas dire au milieu de tout le gratin: "Par Merlin, Il y a une panthère noire allongée sur le canapé du bordel ! "
Afin d'être plus explicite, elle entraina Roy jusqu'à l'entrée de l'aile secrète. Une fois dans le petit corridor elle se tourna vers lui:

"Vous auriez pu nous demander notre avis avant de la faire monter ici !"
lança-t-elle alors qu'un pli de contrariété marquait son front.
Faisant écho à ses paroles, un rugissement retentit alors au bout du couloir suivi de plusieurs cris stridents...
Matthew MacFarlaneDétenu en conditionnelleavatar
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Matthew releva les yeux sur le client accoudé au bar et marqua un léger temps d'arrêt en le reconnaissant. Oui, il s'agissait bien de son contrôleur judiciaire, vêtu de son costume de prince, qui attendait d'être servi. Lannister était un client régulier des Folies et Matthew s'était habitué  à le voir trainer régulièrement au sein du cabaret. Il avait cru initialement que l'Auror cherchait à le surveiller mais Matt s'était vite rendu compte que "Mordred" -comme l'appelait Roy- était un incorrigible fêtard qui ne semblait pas particulièrement disposé à lui mettre des bâtons dans les roues. Matthew ne savait pas quel type d'arrangement liait Lannister et Calder mais il était persuadé que sa relative tranquillité avait été acheté...

Par contre, il ne comprenait pas vraiment pourquoi son contrôleur judiciaire était si prévenant à son égard.  Par gentillesse ? Il avait du mal à croire en cette hypothèse et il attendait le moment où Mordred lui demanderait un service en retour  mais il s'était fait une raison: Autant profiter de l'essence de dictame offerte gracieusement ! Surtout vu le prix où cette potion de soin était vendu.

Matt fourra donc la fiole dans sa poche ainsi que les papiers que son contrôleur avait déposé sur le zinc.

"Rien n'est à moi ici M. Lannister, je ne suis pas disposé à vous offrir quoique ce soit, Répondit-il en contredisant ses paroles par le geste: Il déposa le cocktail-maison  devant l'Auror et essuya d'un geste le reste du comptoir à l'aide d'un chiffon propre.

"Qu'est ce que vous m'avez apporté de beau ? s'enquit-il alors, avec la fiole. précisa-t-il.

Si l'essence de Dictame visait à soigner les plaies infligées par son bracelet de dissuasion, Matt n'avait aucune idée de ce que pouvait-être les documents qui l'accompagnaient.

"Une attestation qui notifie la fin de ma conditionnelle ?"

Le ton était taquin mais Matthew attendait réellement un allégement de sa peine. Il savait bien qu'il n'obtiendrait pas l'abrogation de sa mise sous tutelle si rapidement mais cela faisait trois mois qu'il avait un comportement irréprochable -du moins en apparence- et il espérait bien que la justice y serait sensible soit en allégeant son traitement, soit en lui permettant d'obtenir une baguette.

Il interrogea donc Mordred du regard avant de reporter son attention sur la nouvelle cliente qui venait de prendre place à côté de l'Auror. Son visage ne lui était pas inconnu et il lui semblait que cette femme était membre du gouvernement, aux Mystères ou au Magenmagot, il ne savait plus vraiment.

"Madame, je vous écoute." souffla-t-il en se penchant au dessus du zinc pour écouter sa commande, Des Boissons de Gobelins ? Bien sûr. Avec ou sans alcool ? s'enquit-il alors en se reculant de quelques pas pour observer les étiquettes des breuvages situés sous le comptoir:

"Sans alcool, nous avons plusieurs cocktails à base de Gobelinade et avec alcool..." Il se retourna pour observer les bouteilles lévitant derrière lui, "je peux vous proposer un Gobelin-Fizz, un G-52 ou un Bloody-Goby."

Volderêve lui avait fait une formation express la semaine précédente concernant les noms et les saveurs des différentes boissons proposées au bar. Il interrogea la femme du regard et se remémora subitement un oubli qu'il s'empressa de corriger:

"Et bien sûr, nous avons évidemment la traditionnelle Gobière."

Il doutait sincèrement que cette princesse de glace soit une amateur de bière, mais, Matt entendait bien rester le plus professionnel possible, surtout devant son contrôleur judiciaire.


Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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L'espace d'une soirée et dans le but d'honorer l'anniversaire de son agaçante propriétaire, le Cabaret des Folies Sorcières s'étaient transformé en temple de la fête et de l'excentricité. Tout y était démesuré, et laissait transparaitre un esprit de débauche pleinement assumé par les organisateurs. Bien que ce genre de soirée fastueuse cachait bien souvent une volonté de briser la solitude, il fallait reconnaître à Mildred Magpie, une certaine qualité dans l'art d'assurer le spectacle. Tout n'était que lumière, strass et paillettes, et donnait l'illusion d'une communion, aussi factice que mensongère. Suspendue au bras de son mari, Meredith ne se laissait point envouter par cet étalage de richesse indécente, qui ne trouvait aucune grâce à ses yeux. Tout en conservant sa retenue légendaire et son sourire discret, la présence de la psychomage dans cet évènement mondain tenait plus de la contrainte que d'une réelle motivation. Le couple Kane se jetait dans ce bain de foule aux mœurs débridées que pour des raisons strictement professionnelles. Motivée par les conseils en communication de la porte-parole du Ministère de la Magie, et afin de souligner son engagement politique dans la noble cause du FREE, Meredith se devait de s'afficher dans ce genre d'évènement; Aussi bien pour soigner son image publique, que pour donner l'illusion de transparence dans sa fonction de Directrice du projet de l'Île de Skye.

Si Meredith avait ses priorités, cela ne l'empêchait pas de penser également aux motivations de son époux. Douglas Kane, président d'honneur de l'association caritative, Médicomages sans frontières, cherchait activement à lever des fonds pour venir en aide à une tribu de sorciers aborigènes, victime d'un virus d'un genre nouveau qui décimait sa population. Nul doute que parmi les prestigieux et riches invités de cette soirée, certains pourraient sortir les galions de manière à témoigner leurs soutiens dans le noble combat de son mari. Dans l'esprit de Meredith, cette quête d'investisseurs supplantait ses états d'âme, et justifiait pleinement le fait de se trouver dans un univers aussi éloigné de celui de la mère de famille bien rangée qu'elle était censée représenter. Douglas brillait par sa générosité et son don de soi, au point qu'il était inconcevable à ses yeux de décevoir ses ambitions. Tenant affectueusement le bras de son mari, la psychomage jouait à merveille son rôle d'épouse modèle. Afin de corroborer avec cette image de femme parfaite, elle avait opté pour l'élégance à la française, avec une robe argentée de toute beauté, provenant de la prestigieuse enseigne londonienne Twilfit&Tattings. Certes, elle ne correspondait peut-être pas au diktat puéril de la soirée, mais cela faisait bien longtemps que Meredith Kane ne croyait plus aux contes de fée. Classe et distinction étaient ses maitres mots, alors qu'elle tentait d'orienter son mari vers les plus grosses fortunes du monde magique.

L'amour exigeait souvent de douloureux compromis, comme celui de devoir le temps d'une soirée, se tenir éloignée de sa petite merveille, Eva. Rayon de soleil dans sa grisaille professionnelle, Meredith souffrait de ne pas pouvoir se tenir au chevet de sa fille et de la voir glisser lentement dans le doux monde magique de Morphée. Même si elle avait pris soin de consigner à la nourrice toutes les recommandations nécessaires au bien être d'Eva, elle éprouvait encore une certaine appréhension à l'idée d'en être séparée. En mère attentionnée, il ne se passait pas une minute sans qu'une pensée ne vienne troubler sa quiétude apparente. Mais voilà, même si l'idée de se retrouver dans la soirée d'anniversaire d'une femme aussi imbuvable que cette Mildred Magpie la déroutait; Pour elle et son mari, elle se devait d'être ici. Tandis que le couple se dirigeait vers le grand escalier, au pied duquel s’accumulaient les cadeaux pour l'infâme quadragénaire. Meredith se pencha à l'oreille de Douglas pour lui délivrer une précieuse information.

"Tu vois le couple se tenant auprès du grand escalier... Il s'agit de Garance Milton, un riche promoteur immobilier magique, et de son épouse Deborah, une artiste peintre dont les monochromes font un malheur dans les milieux branchés. Même si je ne devrai pas te le dire, j'ai sauvé récemment leur couple du naufrage affectif, et depuis je pense être dans leurs petits papiers. Nul doute qu'ils se montreront très sensibles et généreux à l'égard de ta cause humanitaire quand ils apprendront que tu n'es autre que le mari de leur psychomage préférée... "

Douglas lui adressa un sourire en guise de remerciement, réajustant par la même occasion son nœud de cravate. Avec une pointe de sarcasme, il ajouta :

"Chaque jour je médite sur l'incroyable chance dont je dispose d'avoir à mes côtés la plus grande conseillère conjugale du Monde Magique. Un grand merci d'être là et pardon d'avoir à t'infliger tout ceci... "

Le regard du Médicomage de Saint-Mangouste parcourut alors un instant la foule excentrique et désinhibée par l'alcool qui coulait à flot. Dans un réflexe instinctif, Meredith fit de même, ponctuant son balayage visuel d'un long soupir exaspéré. Mais très vite, elle rassura son mari d'un fin sourire.

"Ne t'inquiètes pas pour moi, Doug. Ton association prévaut sur toutes autres considérations bassement personnelles. Et puis rien n'est plus distrayant pour la psychomage que je suis, que d'essayer de deviner les pathologies psychiatriques qui se cachent derrière les visages de cette foule hypocrite. " Visage impassible malgré sa tentative d'humour, Meredith Kane reprit sur un ton plus sérieux. "Je te fais confiance pour charmer les Milton, et obtenir gain de cause. Pour ma part, je vais aller déposer notre cadeau, et remplir mon rôle d'épouse parfaite, en nous rapportant des coupes de champomagiques. Je ne serai pas longue... "

Meredith n'attendit pas la réponse de son mari pour se soustraire à lui, et se diriger vers le réceptacle qui accueillait les innombrables cadeaux de la co-gérante des Folies Sorcières. Avec une certaine indifférence, la psychomage jeta son présent qui n'était autre qu'une écharpe en soie aux motifs susceptible de plaire à une femme aussi peu distinguée et vulgaire que l'était Mildred Magpie. Se détournant de la fosse aux cadeaux, ses yeux se posèrent alors sur le Ministre Leopold Marchebank en compagnie de son adorable épouse. Malgré la différence d'âge qui les séparait, ils formaient réellement un couple harmonieux. Meredith éprouva réellement l'envie de venir saluer ce grand homme, mais elle se contenta de lui adresser à distance un signe poli de la tête. Certes, elle l'avait déjà croisé au cours de meeting politique ou autre soirée de gala, mais plutôt que de lui graisser ouvertement la patte comme tant d'autres; Meredith préférait conserver une certaine distance qui se voulait aussi modeste que respectueuse. Nul doute, que Leopold Marchebank allait être assaillit de toute part, alors il lui sembla plus judicieux de ne pas rajouter une goutte d'eau au tsunami qui allait s'abattre sur lui. La psychomage se dirigea alors vers le bar, dans le but de ramener de quoi meubler l'ennui qui la gagnait à se retrouver dans un décor si éloigné de sa vie si rangée.

Tandis qu'elle se dirigeait vers le comptoir, elle marqua un temps d'arrêt alors qu'une silhouette familière se dessina face à elle. Derrière la glace affichée, son sang bouillonnait tandis qu'elle reconnaissait l'un de ses patients de Skye. Et pas n'importe lequel, puisqu'il s'agissait du père biologique d'Eva. Plutôt que de se détourner de lui, elle choisit de se montrer aussi affable que possible. S'installant auprès d'une femme, dont la longue robe en forme de traine était d'une beauté peu commune; Meredith resta de marbre tandis qu'il prenait la commande de sa voisine. Puis elle finit par s'adresser à Matthew MacFarlane d'une voix douce, quelque peu recouverte par le tumulte de la foule en état d'ébriété.

"Ravie de vous voir à l'ouvrage monsieur MacFarlane, même si je ne m'attendais pas à vous rencontrer de ce côté-ci du comptoir. Je vous serai reconnaissante de bien vouloir me servir deux coupes de Champomagique, accompagnée d'une fine tranche de citron... "

Bien que ne délivrant aucune émotion qui puisse divulguer son trouble intérieur, Meredith n'appréciait guère de se retrouver en pareille circonstance face à cet homme qui la ramenait au plus grand secret de sa vie. L'odeur de Gobière répugnante qui régnait dans les lieux, avaient de quoi la révulser, mais elle ne fit cas de rien. Au contraire, avec un aplomb exemplaire, elle empêcha un homme aviné de marcher sur la longue robe de sa voisine de comptoir.

"Veuillez faire attention où vous mettez les pieds monsieur! "

Tandis que Meredith tournait un regard sévère en direction du malotru, elle découvrit enfin l'identité de la personne qui se tenait à ses côtés. Chloé Hellsoft... Une femme admirable, ancienne Directrice de Poudlard, et aujourd'hui à la tête du Département des Mystères. Les deux sorcières, aussi glaciales l'une que l'autre, s'étaient souvent croisées du fait de leur acticités professionnelles, sans s'être parlées véritablement.  

"Madame Hellsoft? Décidemment le Monde Magique est bien petit. Je suis ravie de pouvoir vous rencontrer. Je trouve votre robe absolument magnifique; Elle est digne de figurer dans un roman épique de Mildred Magpie... "

Bien que la dernière allusion puisse paraître réductrice, Meredith Kane éprouvait un sincère respect pour cette éminente et brillante sorcière. Etrangement, elle se réjouissait de pouvoir rencontrer une femme de cette qualité dans une soirée aussi racoleuse et populaire que celle-ci. Finalement, elle n'allait peut-être pas perdre son temps, et trouver une manière habile de fuir la compagnie dérangeante de Matthew MacFarlane. Désormais, rien ne devait plus troubler le doux sommeil d'Eva...


Mordred LannisterAuroravatar
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"Qui ne tente rien n'a rien!" soupira Mordred en portant son verre offert à ses lèvres. "Votre patronne a la réputation d'être dure en affaire, voilà qui est prouvé..."

Dure en affaire mais ne lésinant pas sur les moyens pour son anniversaire, songea l'Aurore par devers lui. S'il devait estimer le budget de la soirée, il dirait que Mrs Magpie avait bien raison de ne pas vouloir offrir aucune boisson même aux privilégié, sans quoi elle aurait croulé sous les dettes. Mordred eu un sourire amusé à la pensée de Mildred en haillons. Voilà une chose qu'elle n'apprécierait sûrement pas! Aussi garda-t-il cette image peu charitable pour lui. Il lui avait apporté un cadeau, parce qu'il était un habitué, et espérait qu'elle l'apprécierait, même s'il ne constituerait qu'une babiole dans la montagne qui attendait Mrs Magpie. Il avait cru comprendre qu'elle aimait les animaux qui miaulent - une réflexion faite par un barman un soir où il avait un peu forcé sur la boisson - aussi lui avait-il offert un petit tableau avec des chatons sonores.

"Oh, je ne vous notifierai pas la fin de votre conditionnelle, McFarlane" plaisanta Mordred. "Vous savez bien que je vous aime trop!"

Il n'eut pas le temps d'en dire plus que Matthew devait déjà servir une nouvelle cliente. Mordred reconnu immédiatement Chloé Hellsoft, la directrice du Département des Mystères. Bien que plus vieille que lui, elle était très belle dans sa robe sombre. L'Auror se demanda intérieurement pourquoi elle se constituait une image de reine des glaces alors qu'elle aurait pu être une beauté volcanique. Mais, au regard meurtrier qu'elle lui décrocha lorsqu'elle le surprit à la reluquer ouvertement lui fournit la réponse: elle était une Langue-de-Plomb... du genre plutôt coincée, donc. En même temps, si ce que les mauvaises langues racontaient sur Skye était vrai, il fallait vraiment quelqu'un avec un coeur de pierre pour y travailler. Pour sa part, Mordred n'y croyait pas. L'Auror n'aimait pas s'attarder là-bas, mais, lorsqu'il transférait des prévenus sur l'île - ou à Azkaban, ça n'était jamais très clair - ils étaient pris en charge par des gens qui ressemblaient plus à des Médicomages qu'à des bourreaux. Peut-être, un jour, devrait-il y faire un tour plus approfondi. Il en avait le droit, en temps que membre de la milice, mais ce n'était pas sa priorité.

Pas refroidi pour deux noises d'avoir été pris en flagrant délit, Mordred se tourna à nouveau vers Matthew. Son sens de l'observation lui signalait tout de même l'étrangeté de la clientèle accoudée au bar à cet instant précis. Un ancien détenu, son contrôleur judiciaire, la femme qui dirigeait le programme qui avait permi au détenu d'être libéré, et la psychologue de ce dernier. McFarlane devait se sentir particulièrement à l'aise, ce soir! Le mot "liberté surveillée" prenait tout son sens.

"Juste une partie de votre dossier que vous avez oublié de remplir. Vous connaissez les administrations, dès que ce n'est pas écrit dans les cases... Je vais vous soustraire quelques minutes à vos obligations pour que nous allions regarder ça au calme, si vous n'y voyez pas d'inconvénient."

Ah, le mensonge. Mais McFarlane serait sûrement content d'avoir consulté ces documents plus tôt que tard.
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Dernière édition par Chloé Hellsoft le Sam 17 Déc 2016 - 12:17, édité 1 fois
Chloé Hellsoft Ancien Personnage
"Je vous prendrais un Gobelin-Fizz, s'il vous plaît" demanda Chloé lorsque le serveur lui eu listé les différentes boissons produites par leurs banquiers.

Elle comptait le siroter tranquillement, histoire de se donner du courage pour la suite de la soirée, lorsque son intention fut attirée par une femme qui s'adressait au barman. Elle reconnu tout de suite Meredith Kane, la psychologue de Skye, et fut donc troublée de l'entendre s'adresser au barman comme à l'un de ses patients. Chloé savait que tous ne sortaient pas de l'île avec des séquelles irréversibles, mais elle s'attendait à ce qu'on les remarque au premier coup d'oeil. Des robots, soumis à la volonté de leurs maîtres... Pourtant, l'homme avait pourtant l'air en pleine possession de ses moyens. Peut-être s'était-elle trop focalisée sur le négatif. Il faudrait qu'elle fasse attention à McFarlane le reste de la soirée, pour voir à quel point son comportement était une façade.

Le docteur Kane la salua alors, juste après avoir évité à sa robe d'être piétinée par un malotru. Chloé lui répondit d'un sourire. Elle ne releva pas la comparaison avec Mildred Magpie, dont les romans à l'eau de rose ne pouvaient que donner de mauvaises idées à Maeva. Peut-être, derrière ses dehors froids et calculateurs, Meredith appréciait-elle les romans. Chloé connaissaient plusieurs personnes particulièrement intelligentes qui aimaient, dans leurs loisirs, reposer leur cerveau en lisant ce genre de choses.

"Merci de ce compliment, et surtout de votre prévenance, mais ma robe est ensorcelée pour éviter ce genre de désagrément" répondit-elle. "Elle glisse sous les pieds sans causer de désastres. Astucieux, n'est-ce pas?"

La psychomage détonnait dans ce décor de débauche. Droite, le visage presqu'inexpressif, elle respirait la sobriété et le contrôle alors qu'autour d'elle, les éléments se déchainaîent. Elle lui ressemblait un peu, en cet instant, songea Chloé, à la différence qu'elle-même aimait s'amuser, lorsque c'était avec des personnes fréquentables. Mais de telles pensées, en permanence, étaient dangereuses. Elle devait jouer son rôle, rester dans le personnage. Parler, et non pas fuir ce lieu agressif.

"Je ne pensais pas vour voir ici ce soir" confessa-t-elle à sa... collègue. "J'ai tellement l'habitude de vous croiser dans des circonstances plus professionnelles que je n'imaginais pas que vous fréquentiez l'établissement."

Mais à vrai dire, elle-même venait tellement peu souvent qu'elle ne pouvait pas savoir si Meredith s'y trouvait beaucoup ou non.
HRP:
 


Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
Sofya BelinskiMembre des VeilleursEn ligneavatar
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Etait-ce un effet de son imagination, ou bien cette jolie brune était en train de la manger de ses grands yeux sombres ? Un petit sourire mutin apparut aussitôt sur le visage de Sofya, qui ne se gêna pas pour la dévisager avec la même insistance, enregistrant aussitôt son nom. Nasreen Johar, joli nom, à la fois doux et sauvage, il lui allait bien.

"Sofya Belinski, c'est un réel plaisir de faire votre connaissance...", répondit-elle en vrillant son regard dans le sien, laissant planer un léger silence avant de lui répondre : "En effet, nous nous sommes déjà rencontrées aux Folies auparavant. Je suis comédienne et je joue actuellement dans un spectacle qui se joue ici, ce qui me donne l'occasion de rencontrer tous les férus d'art du pays."

Détachant à regret son regard de la jeune femme, Sofya se tourna vers les chefs de la milice et du BDA, leur adressant son habituel sourire charmeur : "Hailey, Danielle, comme toujours, c'est un plaisir de vous voir. Plaisir accentué par vos nouveaux choix vestimentaires qui, je dois le dire, vous vont à ravir. Cet endroit rivalise de magnifiques sorcières, je ne sais plus où donner de la tête !"

Et pourtant, sa tête revint bien vite se tourner du côté de Nasreen, faisant naître un sourire énigmatique sur le visage de son ancienne supérieure.

"Plaisir partagé", répondit Hailey, avant de révéler de sa voix grave : "Miss Johar est une ancienne membre du bureau des aurors, qui a rejoint il y a peu la milice."

Le regard mi-étonné, mi-ravi de Sofya engloba la milicienne, l'évaluant de façon visible. Elle avait l'air douce, féminine, gentille, bien loin de l'irascible Hailey Peterson ou de la déterminée Danielle Coleman, qui dissimulaient mal le goût de l'ordre et des combats derrière leur beau visage. Tant mieux, Sofya adorait les femmes d'action, les jugeant bien plus intéressantes et indépendantes que la moyenne. Décidément, cette Nasreen avait tout pour lui plaire, si bien qu'elle se moquait complètement de s'incruster dans le petit groupe et de déranger. La belle milicienne l'avait intrigué dès le premier regard, et elle comptait bien grapiller toutes les informations possibles à son sujet. Si elle n'avait guère l'habitude de fréquenter les membres des forces de l'ordre, activités mafieuses oblige, elle se sentait prête à faire une exception... Après tout, le FREE permettait ce rapprochement, alors autant en profiter !

"Eh bien, vous êtes pleine de surprise", souffla-t-elle d'un air admiratif. "Alors dites-moi, Nasreen - vous permettez que je vous appelle Nasreen ? Qu'est-ce qui vous a décidé à intégrer cette milice ? Comment se passe la chasse aux gangs ?"

Avant de commencer une éventuelle tentative d'approche, Sofya voulait tâter le terrain. S'il s'agissait de l'une de ces prudes qui s'évanouissaient à la vue d'une racine de mandragore et qui avaient fait de la chute des gangs le combat d'une vie, un peu comme Peterson avant que Marchebank ne passe par là, ce n'était pas la peine d'insister...



Margarita Levieva, kit par Vingounet
Nasreen JoharMilicienneavatar
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Nasreen espérait sincèrement que les lumières du casino et sa peau mate faisaient un bon mélange pour masquer le rouge de ses joues, parce qu’elle avait presque envie de se cacher sous un sac en papier. Ah Merlin, était t-il possible d’être si cruche ! Elle était en présence de ses supérieurs et des trois quarts de ses collègues, pas dans un bar d’inconnus où elle pouvait lâcher prise sur l’image qu’elle renvoyait et se permettre d’être elle-même. Complètement confuse de s’être laissée emporter, elle finit par détourner le regard de celui de la séduisante comédienne, donc, écoutant néanmoins avec attention la façon dont elle se présenta. Vu la façon dont elle s’adressait à Hailey et Danielle, elle paraissait plutôt bien les connaître, ou au moins, les avoir rencontrées à plusieurs reprises. Ce n’était guère étonnant, songea Nasreen, quand on savait que les employés du Ministère fréquentaient allègrement cet endroit.

Elle n’était pas ignorante de ce qui se déroulait ici, toutes apparences mises à part. Elle n’était peut-être plus au BDA mais elle se souvenait encore de quelques noms tels que Roy Calder, ou Jayce Bowers dans leurs dossiers liés au trafic. Evidemment aujourd’hui, toute leur activité semblait lisse et blanchie, mais aucun Auror ne pouvait être dupe, il s’agissait effectivement de blanchiment, et rien d’autre. Lui était d’avis cet endroit de luxe n’avait pu remporter son succès faramineux si vite sans l’aide d’argent si prompt que celui de la drogue. La corruption des Folies Sorcières était un faux secret, pour les membres du BDA ou de la Milice, qui avaient accès aux vraies informations. Aucune annonce officielle, mais tout policier savait additionner deux et deux, et à priori, quand on vous faisait comprendre qu’il fallait fermer les yeux sur les activités et les personnalités de ce nébuleux cabaret, c’est qu’il y avait des accords sous le manteau…

Nasreen n’en faisait pas tellement de jugement moral, au fond, elle savait comment fonctionnait les enquêtes et les arrestations. Parfois il fallait accepter de se salir les mains pour s’allier aux bonnes personnes, et faire avancer les choses plus rapidement. Calder et Bowers n’étaient jamais rien que de bonnes sources d’informations pour le travail des forces de l’ordre -preuve en était que Bristol n’avait jamais été si calme, alors qu’elle était encore brûlante de criminalité quelques mois auparavant- et si Nasreen était toute disposée à l’accepter pour le bien de son travail et jouer le jeu, elle n’hésiterait pas non plus à adopter la posture tout à fait inverse et les traquer si on le lui demandait. Rien ne lui importait d’autre que la réussite de ses missions, c’était d’ailleurs ce qui lui avait valu cette place de choix au sein de la Milice.

Ce que déclarait à sa place Hailey. Redressant la tête au moment où on évoquait son nom, Nasreen croisa à nouveau le regard de Sofya et ne put s’empêcher de tourner plusieurs fois dans sa tête la phrase qu’elle venait de prononcer. C’était plutôt explicite, non ? De magnifiques sorcières qui lui faisaient tourner la tête… Elle n’avait rien rêvé tout à l’heure, Sofya la dévorait donc effectivement du regard, et elle semblait avoir décidé de recommencer. Triturant sa flûte entre ses mains, Nasreen tentait tant bien que mal de reprendre une contenance normale, si bien qu’elle ne remarquait même pas le sourire à peine caché de sa chef Auror, comme celui qu’elle arborait quand elle avait résolu un mystère.

« Eh bien… Bristol est parfaitement sous contrôle, déclara t-elle presque sans réfléchir, tellement cette réponse lui venait machinalement face à des journalistes qui s’enquéraient sur leur sujet favori. Je vous avoue que je ne me suis pas vraiment occupée de ce dossier, j’ai des collègues qui l’ont suivi de plus près que moi. Les affaires de trafic ne sont pas… mes préférées » avoua t-elle, sans trop savoir comment exprimer cela.

Hailey l’interrompit momentanément dans sa réponse, comme pour détailler le point à sa place, toujours cet air énigmatique sur le visage :

« Elle préfère les histoires de tueurs en série introuvables, ou de disparitions énigmatiques. »

Avec un léger sourire à la boutade de sa supérieure, Nasreen replaça une mèche derrière son oreille, reconnaissant humblement :

« C’est plus… captivant ? Reportant son attention sur Sofya, elle poursuivit, un peu plus assurée, s’il y avait un sujet qu’elle pouvait manipuler sans trop de difficultés, c’était bien celui du travail. Tant que cette jeune femme ne lui demandait pas si elle était plutôt vanille ou chocolat, tout irait bien, nous allons dire… Disons que les trafiquants sont un peu trop bruyants pour moi. » glissa t-elle sans pouvoir s’empêcher de laisser couler son regard aux alentours.

C’est qu’elle s’essayait presque aux sous-entendus, au milieu de cette fête assourdissante de bruit, et surtout, de choses suspectes, mais seules Danielle et Hailey comprendraient ce qu’elle avait voulu dire, s’imaginait Nasreen. Quoique, une comédienne qui se produisait régulièrement ici connaissait peut-être une partie de l’arrière des coulisses ? Nasreen ne posa pas la question, pas tout de suite du moins, elle n’avait pas encore répondu à la première. Elle l’avait inconsciemment laissée pour la fin, car elle était plus délicate, surtout en présence de ses deux supérieures, qui connaissaient chacune les deux facettes de ses compétences. L’interroger à ce sujet, c’était presque lui demander de refaire son entretien d’embauche. Mais Nasreen s’efforça tout de même de fournir une réponse, sa politesse l’emportant :

« Il y a plein de choses qui m’ont motivée à devenir Auror, l’envie de me rendre utile, l’amour des enquêtes, le frisson du métier… Mais ce n’était pas forcément clair dans ma tête au moment de postuler, reconnut t-elle sur le ton de la plaisanterie, se souvenant avec une certaine nostalgie de son entretien de motivation à sa sortie de Poudlard, où elle avait eu grand mal à canaliser son angoisse. En revanche, évoluer vers la Milice, c’était assez évident. Le pays est en refonte totale, et j’avais envie de faire partie du changement. Le frisson de la nouveauté, je dirais. C’est une chose de s’intégrer et d’évoluer dans un corps d’Etat qui existe depuis des années et qui est parfaitement rôdé. Et c’en est une autre d’en écrire un nouveau chapitre. C’est un peu effrayant quelque part mais… Pour l’instant, on reçoit plus de roses que de tomates, je crois. »

Elle s’arrêta là, sur l’un de ses aimables sourires habituels. Beaucoup étaient étonnés de trouver sous l’apparence douce de Nasreen une femme décidée dans ses agissements, une femme qui parlait de meurtres sanglants et de traque de criminels avec des paillettes dans les yeux, et pourtant c’était bel et bien ce qu’elle était. Une femme qui n’avait pas peur de se salir les mains, si elle estimait que la situation l’exigeait. Pour le moment, elle était plus qu’optimiste sur la légitimité et l’efficacité d’un groupe comme la Milice, qui avait commencé par soulever la méfiance, et qui aujourd’hui était applaudi par la presse. Boostée par ses résultats, son image s’était rapidement transformée en une entité rassurante pour la majeure partie de la population, et en cela, Nasreen estimait qu’elle avait accompli son devoir avec les honneurs.

S’apercevant qu’elle avait peut être trop monopolisé la parole, elle se hâta de renvoyer une question à Sofya -mais c’était par politesse, pas du tout pour le plaisir d’écouter sa voix charmeuse reprendre les rênes de la conversation, bien sûr.

« Ca doit être passionnant aussi, le métier de comédienne, je suis toujours impressionnée par les personnes qui arrivent à communiquer un art, il faut… Quel était le mot déjà ? Oser. Voilà, ce truc qu’elle ne savait pas faire. Ses pupilles noires retrouvèrent timidement celles de Sofya. Vous jouez dans Isadora ? J’en ai entendu parler. »

Avec l’enquête Dalhiatus, cela faisait un certain temps qu’elle n’avait pas trouvé le temps de sortir. Le théâtre lui semblait bien du luxe, en ce moment, même si elle aimait beaucoup s’y rendre.
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L’arrivée de Robin MacFarlane dans sa tenue de danseuse tira Roy de ses ruminations meurtrières, elle l’alpagua avec une phrase qui fit froncer les sourcils du co-gérant, d’incompréhension. De quelle invitée parlait t-elle ? Il n’avait invité personne, lui, ce n’était pas sa soirée, il veillait simplement à ce que tout se déroule bien, et quelques uns de ses hommes étaient chargés de vérifier que les personnes entrantes avaient bien leur carton. Avaient t-ils laissé pénétrer un intrus indésirable ? Au premier étage, dans l’aile secrète, en plus ? Cela paraissait fort étrange à Roy, ils n’auraient pas commis une telle bévue, tout de même… Il suivit donc Robin pour savoir de quoi il en retournait, sa propre contrariété augmentant un peu plus alors qu’elle lui faisait un reproche à peine voilé.

« De quoi tu parles ? Je n’ai fait monter pers… »

…onne, ici. Sa réponse fut interrompue par un rugissement, qui fit sursauter le trafiquant. Non, il n’avait fait monter personne, et encore moins un animal. Etait-ce bien une queue noire qu’il venait de voir passer ? Par réflexe, il sortit sa baguette, avant que ses pas ne le portent jusque la source de l’agitation. Un de ses hommes, et une des danseuses étaient aux prises avec une forme noire qui se mouvait agilement et perchée sur l’un des canapés de la pièce. Une panthère, par Godric. Les yeux de Roy s’ouvrirent tout ronds face à l’animal.

« C’est quoi…ce truc ?? »

Frank Darrow se tourna vers son chef, quelque peu pâle, balbutiant confusément ses explications :

« Elle était au salon privé, personne ne sait comment…
-Mais immobilisez-la ! »

Frank exécuta un sortilège que la panthère évita d’un agile bond sur le côté. Elle ne put en revanche esquiver la contre attaque de Roy, et des cordes vinrent s’entortiller entre ses pattes. La bête poussa un grondement mécontent, décidée à se sortir de ces liens, elle se mit à les grignoter furieusement de ses crocs.

« Stupéfix ! »

Mais la corpulence de la bête nécessitait visiblement un sortilège plus puissant pour se laisser immobiliser. Roy redressa sa baguette pour tenter autre chose, avant que trois Stupéfix lancés en choeur derrière lui ne finissent par terrasser momentanément l’animal. Trois des Veilleurs vigiles de la soirée, Ted Hopper, Marcus Lynch et Glenn Wheller -essoufflés d’avoir couru jusqu’au premier étage, supposait Roy- s’approchèrent de quelques pas, pour mieux apprécier la panthère.

« Sacrée bête, commenta Marcus
-Il n’y a rien d’amusant là-dedans, rétorqua aussitôt le co-gérant. Comment elle a pu pénétrer ici, qui l’a faite rentrer ? Où est Fergus ? »

Car c’était lui qui était sensé s’assurer que la sécurité soit parfaite, dans cet établissement. Mais comme toujours quand il fallait chercher quelqu’un dans ce fichu cabaret, il fallait en retourner la moitié. Il fallait qu’il pense à mettre des cloches sur ses employés importants, tiens.

« C’est lui qui nous envoie, il nous rejoint, un des guests le tenait par la jambe en bas pour qu’il fasse surveiller son chat ou je sais pas quoi… »

Son chat. Un stupide chat surprotégé d’une femme qui ne savait plus quoi faire de ses millions. Alors qu’ils avaient une panthère sur les bras. La tête que tira Roy fit enchaîner à Ted, précipitamment :

« Je descends pour le rappeler. »

Tous les autres fixèrent quelques secondes le corps inerte de la panthère, Roy à ses propres méditations du type : combien de temps un Stupéfix fonctionnait sur un félin, au juste ? Mais d’autres à se faire des réflexions fantaisistes, tel Glenn qui déclara :

« C’est peut-être un cadeau ? »

L’hypothèse jeta un bref silence dans le groupe.

« Si c’en est un, eh bien, il va plutôt finir en tapis de décoration dans le bureau de Mildred, répliqua Roy en fronçant les sourcils. Hors de question que je laisse cet animal se balader ici, surtout ce soir.
-Il boufferait Puffy…
-Si ça se produit, c’est nous que Magpie va bouffer.
-Si vous arrêtez pas vos remarques inutiles, c’est moi qui vais vous bouffer. Bordel, on a une panthère qui pourrait se réveiller dans cinq secondes sous les pieds, et c’est tout ce que vous trouvez à dire ! Tous les deux, allez interroger tous les gars postés à l’accueil pour savoir si cette panthère est le cadeau d’un des invités, qu’on soit fixés. »

Il ne resta plus que Frank et les quelques danseuses curieuses qui avaient décidé de rester observer la scène. Roy venait de ressortir sa baguette pour la faire tourner entre ses doigts, réfléchissant à comment il allait garder cette panthère sous contrôle sans perturber la fête, lorsque Frank émit son hypothèse à lui :

« Est-ce que quelqu’un a pensé à demander à Mildred si ce n’était pas elle qui l’avait faite venir pour un numéro, ou un truc du genre ? »

Enfin une réflexion un peu sensée, Roy prit le temps d’y réfléchir quelques secondes. Cela lui paraissait gros tout de même, Mildred ne ferait sûrement pas ce genre de choses sans le prévenir, en tout cas, il osait l’espérer. Mais la communication n’était pas forcément au beau fixe entre eux ces derniers temps. Et puis, elle avait tellement tenu à organiser les moindres détails de sa soirée, et elle était tellement friande de coups de théâtre de ce genre, que oui, une panthère pouvait bien être sa guest star surprise. Il fallait bien commencer l’enquête quelque part de toute façon, alors Roy prit sa décision.

« Je vais aller voir ça. Frank, reste ici et surveille-la. Fergus ne devrait plus tarder, assurez-vous de garder la panthère enfermée quelque part. Prenez un des bureaux à côté où aucun invité ne passera, fermez tout à clé, et trouvez un enchantement qui la maintienne sous contrôle.
-Tout de suite, s’exécuta le Veilleur, avant de demander une dernière précision. Quel code de communication ?
-Euh… Poil. »

La messe était dite, désormais s’il fallait parler du souci panthère en toute discrétion en présence d’invités, ce serait en terme d’un problème de poils. Roy n’avait de toute façon pas le temps de trouver moins stupide, il se hâta vers la terrasse où Mildred avait fait son arrivée, elle était étonnamment à peu près accessible, son entrée devait être terminée, son discours proclamé et ses premiers invités collants remerciés. Il attrapa la journaliste par l’avant bras pour la tirer légèrement à l’écart, là où moins d’oreilles traînaient -tout était relatif.

« Tu as prévu des spectacles d’animaux pour le grand final ? Parce qu’il y a une… Son ton baissa légèrement, il ne s’agissait pas d’alarmer d’innocents invités autour, panthère dans l'aile secrète. »



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Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Fut un temps où Rosaleen et sa grand-mère reprisaient elle-même leurs robes, pour les transmettre à Reda ou Reyna, adaptant les coupes et les couleurs à la saison, faute de pouvoir en racheter vraiment d'autres. La vie avec quatre enfants en pleine croissance coûtait chère mais ce n'était pas pour cela que les Rosier avaient couru les boutiques d'occasions : ils n'étaient pas des Weasley. Avec leur petit subterfuges, leurs robes restaient de bonne qualité - bien qu'un peu démodées - et ils réussissaient à s'en sortir à peu près. Ce temps était désormais largement dépassé, songea Rosie avec une étrange sensation, s'observant dans le miroir. De toute manière, elle n'aurait jamais pu réutiliser l'une de ses robes pour cette soirée : elle ne serait pas rentrée dedans. Cela avait d'ailleurs fait les gros titres de la presse people de cette semaine : la première dame, très enceinte, aperçue dans une boutique pour enfants. Elle en était à sept mois de grossesse et les rumeurs - et paris - allaient bon train sur le sexe du bébé à venir, ainsi que son prénom. Il était bien plus facile pour les journaux de faire des titres sur cet heureux évènement que de se pencher réellement sur les tensions et problèmes qui pouvaient agiter le pays, songea-t-elle avec un certain cynisme.

Pourtant, on aurait pu croire que l'épouse du Ministre elle-même ne pourrait que voir des qualités aux changement qui avait lieu dans le pays et honnêtement, elle en voyait. Il y avait des points du programme de Leopold qu'elle approuvait, des points qui voulaient amener à une société plus juste et plus équitable, bien que parfois très... moderne, aux yeux de Rose. Mais leurs opinions politiques n'avaient jamais été ce qui pouvaient les relier - bien au contraire - et cela n'avait pas changé depuis que son mari était devenu Ministre de la Magie. Les débats entre eux à ce sujet étaient nombreux, lorsqu'ils se voyaient, et si elle faisait toujours attention à présenter ses divergences d'opinion, tout en lui assurant son soutien dans sa carrière politique, elle ressentait parfois une certaine amertume en lisant les journaux, amertume qui ne lui ressemblait pas tant que cela. Rosaleen se sentait prise entre deux feux, entre la personne du Ministre de la Magie et entre son mari, le père de son bébé, pour qui elle éprouvait une affection et une tendresse qui n'avaient pas cessé de grandir. Les actes du gouvernement était une chose mais derrière cela, Leopold lui offrait un mariage agréable, respectueux, épanoui, il lui offrait une sécurité et une vie à laquelle elle avait rêvé toute son enfance. Il serait à n'en pas douter un excellent père pour leur bébé, un père qui saurait le guider dans la vie, lui donner des bases solides pour se construire. Rose aimait l'homme, désapprouvait le politicien mais malheureusement, il n'y avait pas de différentiation possible.

Tout cela, elle le taisait, se contentant de profiter des moments heureux qu'elle passait avec Leopold, comme cette soirée à venir. Il était parfois difficile de faire taire le brouhaha autour d'elle, notamment à Lycaon, où les discussions sur le gouvernement allaient bon train et où elle était forcément associée à son mari. Elle se contentait souvent de répondre avec un rire que tout cela était bien trop compliqué pour elle, qu'elle avait beaucoup de choses à penser entre ses études et la naissance à venir du bébé. Rosaleen jouait les ingénues, c'était un rôle qu'elle maîtrisait bien, le rôle qu'elle avait tenu durant des années, ses grands-parents n'aimant pas qu'elle converse de sujets trop sérieux. Seuls les gens qui la connaissaient bien, comme Leopold, savaient que derrière son apparent détachement se cachait une conscience politique bien plus développée qu'on ne pourrait le croire. Le bruit de la porte qui s'ouvrait la fit sortir de ses pensées et elle se détourna de son reflet pour adresser un sourire à Oreste, déjà en pyama, qui s'était aventuré jusqu'à la chambre conjugale pour venir lui dire bonne nuit avant qu'elle et Leopold ne partent pour Bristol.

Elle avait eu peur que la mort brusque de leurs grands-parents affecte profondément son petit frère et le rende aussi malheureux qu'elle avait pu l'être lorsque sa mère était décédée. Si le chagrin l'avait bien évidemment suivi durant quelques mois, son emménagement au manoir Marchebank lui avait fait beaucoup de bien et Rosie n'avait pas souvenir de l'avoir déjà vu si épanoui. Il se plaisait ici, loin de la sévérité de Daria et Elbert, sous l'égide affectueuse de sa sœur et de Leopold. C'était un enfant curieux qui écoutait passionnément les récits de Griselda, qui mettait du cœur à ses leçons, qu'on retrouvait souvent à jouer dans le jardin, alors qu'il n'avait jamais eu le droit de jouer dehors chez les Rosier : il ne fallait pas abîmer les pelouses soigneusement entretenues. Elle lui adressa un sourire tandis qu'il s'approchait d'elle, l'embrassant sur le front avant de le suivre jusque dans sa chambre, un peu encombrée par les rondeurs imposantes de son ventre, contenues dans sa robe de soirée. Il s'écoula quelques minutes durant lesquelles elle le berça, avant de l'abandonner pour rejoindre Leopod qui l'attendait en bas.

Elle était de bonne naissance et connaissait l'importance des soirées mondaines, surtout celles de personnes aussi influentes que Mildred Magpie. D'ailleurs, elle avait toujours apprécié s'y rendre, c'était un milieu qu'elle maîtrisait bien mais cette fois-ci, elle aurait volontiers fait l'impasse sur cet anniversaire. Elle appréciait relativement Mrs Magpie - bien qu'elle s'en méfiât légèrement depuis l'interview qu'elle avait réalisé d'elle - qui publiaient toujours des articles plein d'emphase à son sujet et celui de son mariage avec Leopold. Néanmoins sa grossesse la fatiguait - surtout qu'elle s'entêtait à continuer son année à Lycaon - et elle se sentait oppressée par tant de monde et de démesure, songea-t-elle tandis que les salutations s'enchaînaient au milieu du décor fastueux des Folies Sorcières. Rosaleen souriait à tout le monde, avait toujours un mot gentil pour chaque personne qui venait saluer le Ministre, n'oubliant jamais de mentionner le nom de la personne en face d'elle si elle la connaissait : il était important que les gens se sentent reconnus et continuent à apprécier Leopold, dont la bonne image avait largement participé à son élection. Ils venaient de terminer de saluer le président de la Ligue de Quidditch lorsqu'une figure familière se présenta à eux en la personne de Sofya Belinski, aussitôt introduite par Leo.

- Bonsoir, la salua-t-elle avec un large sourire. Vous étiez merveilleuse dans le rôle d'Isadora, ajouta-t-elle sincèrement. J'ai eu la chance d'assister à la première et cela faisait longtemps que je n'avais pas autant apprécié ma venue au théâtre.

En tant que première dame, Rosaleen bénéficiait de nombreuses et diverses invitations à des évènements, qu'elle essayait d'assurer au mieux, entre toutes ses autres obligations. Si certaines n'étaient pas des plus plaisantes, assister à l'actualité culturelle l'était toujours : elle aimait l'art et n'avait jamais pu s'y consacrer comme elle le voulait avant son mariage. Elle avait véritablement apprécié le Dilemme d'Isadora, transportée par la passion et la fougue de sa principale actrice. Et si elle avait apprécié le jeu de Sofya, sa conversation était tout aussi intéressante, songea-t-elle tandis qu'elle se lançait sur la métamorphose.

- La métamorphose humaine est également l'un de mes domaines préférés, bien que je me spécialise dans les Animagii. Avez-vous déjà lu le passionnant ouvrage de Dermott O'Flaherty à ce sujet ? Il y a un chapitre sur la métamorphose humaine particulièrement instructif qui...

Ainsi lancée sur la métamorphose, il était difficile d'arrêter Rosaleen et ce fut la voix de Leopold qui la ramena à la réalité, s'excusant d'un léger sourire de son emportement sur le domaine qui était sa passion. Ce n'était ni le lieu ni le moment de parler de ça mais lorsque Sofya prit congé d'eux, ce fut en étant sincère que Rose la salua en lui assurant qu'elle prendrait plaisir à recroiser sa route. Observant un instant la jeune femme disparaître dans la foule, elle se tourna vers son mari, glissant son bras sous le sien.

- Que me disais-tu au sujet du propriétaire déjà ?

Visiblement, il souhaitait véritablement le lui présenter... Rosaleen fut interrompue par un nouvel arrivant, auquel elle adressa un sourire poli, tandis qu'elle serrait légèrement sa main sur le bras de Leopold.

Spoiler:
 


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Sofya BelinskiMembre des VeilleursEn ligneavatar
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Le sourire de Sofya s'agrandit imperceptiblement quand Nasreen affirma avec aplomb que Bristol était parfaitement sous contrôle. Son regard se glissa sur les alentours et elle repéra immédiatement trois de ses collègues Veilleurs dans son champ de vision, mais elle ne fit aucune remarque. Inutile d'attirer inutilement l'attention de Nasreen sur les accords sous le manteau qui existaient entre le Ministère et son gang ! Néanmoins, à en juger par sa remarque suivante, la jolie jeune femme n'était pas aussi naïve que Sofya l'avait cru au premier abord. L'espionne ponctua sa phrase d'un éclat de rire - assez bruyant, il faut dire - et pencha légèrement la tête sur le côté, faisant glisser ses mèches sur ses épaules. En effet, Nasreen Johar semblait être une femme douce et calme, et Sofya pouvait mal l'imaginer au milieu de sa bande de copains trafiquants habituelle. Toni, par exemple, lui casserait les oreilles au bout de deux minutes, et Sofya elle-même ne saurait que s'attirer sa désapprobation ! Qu'à cela ne tienne, le challenge n'en était que plus important...

"Bruyants, désordonnés, indisciplinés, bourrés de vices...", approuva Sofya avant de souffler, tout doucement, mine de rien : "Mais terriblement attachants parfois, vous seriez surprise."

Elle haussa un sourcil de défi puis se tut, écoutant Nasreen lui parler de son métier avec une curiosité non feinte. Si son interlocutrice ne semblait guère éprouver d'affection à l'égard des trafiquants, Sofya n'avait jamais porté les aurors dans son coeur non plus. Leurs métiers respectifs étaient immanquablement à l'origine de ce préjugé, et Sofya n'avait jamais eu l'occasion de démentir ce préjugé en discutant réellement avec une auror. Toute complaisante qu'elle soit avec la mafia, Hailey Peterson restait une femme empreinte de droiture et de sévérité, et Danielle avait tout d'une féroce chasseuse de malfrats, aussi Sofya préférait-elle mettre en avant ses talents d'artiste plutôt que son occupation d'espionne avec ces deux-là, et se contentait donc de leur parler de théâtre... Mais Nasreen lui inspirait un sentiment différent. Quelque chose dans son attitude témoignait de la sincérité et de la passion avec lesquelles Nasreen s'exprimait, et invitait à la confiance.

Il était intéressant de l'écouter parler, non seulement parce qu'elle s'exprimait sur l'amour de son métier mais aussi sur sa récente affectation à la milice. Ce nouveau corps des forces de l'ordre avait fait couler beaucoup d'encre dans les journaux et beaucoup de gobière dans les gosiers des mafieux inquiets à l'idée de se voir chasser par une section dédiée, entre autres, à leur disparition. Le frisson de la nouveauté... Si c'était ce que Nasreen recherchait dans la vie, alors Sofya voulait bien essayer de le lui donner, ce frisson.

"Peu étonnant, si tous les membres de la milice vous ressemblent...", commenta-t-elle d'un ton faussement ingénu, audacieuse et indifférente à la présence de Danielle et Hailey, tout en songeant qu'elle aussi lui offrirait bien quelques roses. Désireuse néanmoins de ne pas laisser la jeune femme mourir d'embarras devant ses supérieures, Sofya enchaîna aussitôt : "Je comprends tout à fait cette envie de vouloir faire partie du changement. Ecrire un chapitre, devenir actrice plutôt que spectatrice... Oui, je comprends ce choix."

Nasreen ramena rapidement la conversation du côté de Sofya. De toute évidence, ce n'était pas le genre de femme qui aimait être placée sous le feu des projecteurs, même si son choix de métier indiquait l'inverse, et Sofya devait donc se montrer un peu plus subtile si elle ne voulait pas la pousser trop vite dans ses retranchements. Cette conversation l'amusait beaucoup trop pour qu'elle laisse filer la belle Nasreen sans en avoir profité un peu avant. Très à l'aise dès que l'on évoquait sa carrière, qui s'envolait depuis quelques mois grâce à ce rôle titre, Sofya répondit sans se faire prier :

"La comédie est un art paradoxal. D'un côté, l'on s'expose mais de l'autre... on se cache, on se dissimule. C'est moi qui joue sur scène, c'est moi qui incarne un personnage en lui donnant des petits bouts de mon identité, en lui insufflant mon propre souffle mais... ce n'est pas moi non plus que le spectateur voit. Il voit - du moins, si je joue bien - mon personnage, il voit Isadora."

S'il y avait bien quelqu'un que Sofya n'était pas sur scène, c'était elle-même. Dès lors, il lui semblait très naturel d'oser. Quant à s'exposer à la critique, en tant que comédienne, cela ne lui faisait pas peur. L'art ne touchait jamais deux personnes de la même façon et elle ne cherchait pas à faire l'unanimité, ni même à convaincre ou toucher qui que ce soit - ce n'étaient que des avantages collatéraux. Si Sofya savait apprécier la gloire et les applaudissements, ce n'avait jamais été la première chose qu'elle recherchait dans son art ni ce qui la poussait à monter sur scène jour après jour. D'ailleurs, certaines de ses meilleures prestations, les plus sincères et les plus mémorables avaient été données lors d'une répétition ou d'une pièce rassemblant dix spectateurs à tout casser... Et l'effet jubilatoire, libérateur restait le même. La montée d'adrénaline était toujours là, comme lorsqu'elle écrivait sa propre pièce, enfouie sous une couverture dans son canapé, sans jamais la faire lire à quiconque.

"C'est un rôle très intéressant, c'est un sacré challenge et une bonne chose pour ma carrière, même si le metteur en scène est un beau cognard. Cela reste entre nous, vous ne m'avez jamais entendu dire cela bien sûr... Enfin bon, les boss, vous savez ce que c'est", conclut-elle avant de se rappeler de la présence des supérieures de Nasreen, auxquelles elle glissa un sourire charmeur : "Sans vouloir vous offenser, Mesdames."

Pour dissiper ce moment un peu gênant, elle saisit d'autorité la coupe vide de Nasreen en avisant un serveur endimanché qui passait par-là. Elle se débarrassa de la coupe, et de la sienne, sur son plateau et en saisit deux nouvelles pleines du liquide pétillant.

"Tenez, permettez-moi de vous resservir. Vous savez, cet endroit est presque devenu ma seconde maison. Une visite guidée, ça vous plairait ?"

Mordillant sa lèvre inférieure, elle lui adressa un regard tentateur, espérant qu'elle accepterait cette invitation, visant clairement à la soustraire à la présence de Danielle et Hailey.




Margarita Levieva, kit par Vingounet
Matthew MacFarlaneDétenu en conditionnelleavatar
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Matthew retint un sourire lorsque le Milicien affirma qu'il l'aimait trop pour lui notifier la fin de sa conditionnelle.

"On ne plaisante pas avec ce genre de choses M. Lannister..." lui répondit-il en préparant un nouveau cocktail, je suis à vous tout de suite, laissez-moi juste servir ces dames." ajouta-t-il en désignant du regard la directrice du département des mystères et..

"Dr Kane, s'étonna-t-il quelque peu, Bonsoir."

Meredith Kane était une des cadres du gouvernement pourtant Matthew ne s'attendait pas à la voir ici ce soir. Mildred et la psychomage n'avaient absolument rien en commun et il avait du mal à imaginer que deux femmes aussi différentes puissent être liées par une quelconque forme d'amitié.  Qui plus est, il n'était pas vraiment ravi de la savoir dans les parages toute la soirée, prompte à épier le moindre de ses faits et gestes ! Il lui avait fallut quelques mois pour s'accommoder de la venue hebdomadaire de Mordred au sein du cabaret même si ce dernier semblait nettement plus préoccupé par les filles et par les jeux d'argent que par sa présence ! Enfin, ce soir, elle était une cliente comme une autre qu'il se devait de servir:

"Un Gobelin-Fizz et deux Champomagiques, répéta-t-il en déposant les coupes sur le zinc devant les deux membres du gouvernement, Bonne continuation mesdames." ajouta-t-il en inclinant légèrement la tête, puis d'un regard il invita Mordred à le suivre dans les coulisses des Folies par la porte de service.

Les deux hommes s'engouffrèrent dans un long couloir étroit où ils croisèrent quelques serveurs vêtus du même costume que Matthew.

"Alors ? Qu'est ce qui justifie que je doive quitter mon poste de travail pour m'entretenir avec vous ?" s'enquit-il en se tournant légèrement vers son contrôleur judiciaire.

Matt poussa une lourde porte et une vague d'air frais et salé lui fouetta le visage. Ils étaient à l'extérieur, face à la mer, au milieu d'autres employés prenant leur pause. Le bruit des vagues était toutefois recouvert par la clameur de la fête remontant de la plage en contrebas.
"Je croyais que l'examen de mon dossier pour ma demande de remise de baguette n'était que la semaine prochaine ? La date a été avancée ?" interrogea-t-il après s'être éloigné de quelques pas  de ses collègues.
Il sortit une cigarette qu'il cala entre ses lèvres et tendit son paquet à son contrôleur judiciaire avant de sortir le parchemin que Mordred venait de lui donner au bar.

C'était forcément quelque chose d'important si  Lannister prenait la peine de le convoquer en privé, aussi Matt s'empressa de parcourir des yeux cette simple note issue des services de Sainte-Mangouste:



L'ancien détenu dû la relire trois fois avant de lever un visage blême en direction de son contrôleur.
"Comment vous êtes vous procuré ça?" lança-t-il après avoir jeté à terre sa cigarette à peine entamée. Il attrapa Mordred par le bras pour l'entrainer un peu plus à l'écart, Qui vous l'a donné ?" intima-t-il d'un ton aussi pressant que menaçant.


Mordred LannisterAuroravatar
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Nonchalant, Mordred termina de siroter son cocktail avant de suivre MacFarlane par la porte de service. Voilà un endroit où il n'allait pas souvent, et il était ravi d'y fourrer son nez! Ne perdant pas une miette du court couloir qui leur permis de déboucher sur le bord de mer, il accepta ensuite la cigarette que Matthew lui tendait. Heureusement qu'ils étaient sortis. Si la fine fleur de la Milice ou du BDA le voyaient fraterniser ainsi... quoiqu'ils auraient sûrement bien plus de choses à se reprocher que lui à la fin de la soirée, de cela, il était persuadé.

Mordred profitait ainsi sans remord de l'air marin qui lui fouettait le visage, lui donnant envie de partir affronter la mer, lorsque Matthew l'attrapa fermement par le bras et lui demanda des informations sur le parchemin qu'il avait apporté. L'Auror n'aima pas le ton employé par le barman. Il pensait lui faire une faveur et voilà qu'il se retrouvait à être jugé, presque menacé, par la personne qu'il était censé contrôlé. Un peu vexé, il se dégagea prestemment.

"Eh, du calme MacFarlane!" Réajustant son costume, il pris le temps de répondre. "Est-ce vraiment utile de savoir comment j'ai eu ça?"

Fouiner dans la vie de son prévenu avait été trop délicat pour qu'il révèle ses sources au premier concerné. En vérité, Mordred n'avait pas fait grand chose. Piqué par la curiosité après son premier entretien avec MacFarlane, il était allé quémander à la Justice Magique quelques informations à propos de sa fille. Lui qui ne cherchait au début qu'une assurance que l'enfant était bien traitée, histoire de dire, avait vu sa curiosité piquée lorsqu'on lui avait sèchement répondu que ces informations étaient confidentielles. En soi, rien de surprenant lorsque cela concernait un mineur, mais en temps que membre de la Milice et des Aurors, Mordred avait pris l'habitude d'avoir accès à beaucoup d'informations. Dès lors, il avait fait une affaire personnelle d'en savoir un peu plus. Quelques heures supplémentaires, tours aux toilettes pendant une garde et un ou deux sourires charmeurs lui avaient permis, avec beaucoup de patience, de récupérer ce document. Il avait hésité à le transférer au père, mais il trouvait, quoique mafieux, assez sympathique. Un petit sondage auprès de Roy avait fini par le décider. MacFarlane ne semblait pas être un tueur à gage, juste un de ces pauvres types qui avait fait une erreur de parcours. Après tout, même certains Sharacks en leur temps s'étaient révélés des pères exemplaires - de ce qu'il pouvait en juger. Sa décision prise, Mordred avait été impatient de voir la réaction de l'ancien détenu à la lecture de ce parchemin. Il attendait la prochaine étape de cette mission d'espionnage avec espoir, lui permettant de tromper l'ennui dans lequel son nouveau rythme de vie commençait à l'enfoncer.

"La question est plutôt: voulez-vous le garder où non? J'ai eu suffisamment de mal à avoir accès à ça, je ne vais pas plus loin si ça n'en vaut pas la peine."

Nasreen JoharMilicienneavatar
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Le compliment à peine voilé de la comédienne embarrassa Nasreen au possible, qui n’osa pas rencontrer le regard de l’une de ses supérieures, et encore moins celui de Sofya. Elle se sentait parfaitement cruche, à ne savoir que répondre à cette femme audacieuse. Un jeu de flirt qui lui aurait peut-être plu dans d’autres circonstances, mais qui la mettait mal à l’aise dans ce cas de figure où bien trop de gens qu’elle connaissait les entouraient. Si cette Sofya ne semblait avoir aucun complexe sur la question, ce n’était pas le cas de Nasreen, qui feignait, louvoyait depuis des années, et prenait mille précautions pour que sa sphère intime reste bien loin de sa vie professionnelle. Cependant, Auror de formation et bonne diplomate, Nasreen était une femme qui avait l’habitude de gérer les situations délicates, aussi se força t-elle à repousser cet instant de panique pour se ressaisir rapidement, et se recomposer une expression de circonstance, avec un sourire poli.

« C’est gentil. »

Elle allait faire mine de le prendre comme un compliment anodin qu’on pouvait se faire entre amies -d’accord, cette femme n’était pas son amie, le plan n’était pas tout à fait parfait- et cela irait très bien. Préférant porter son attention sur des points moins houleux de la discussion, Nasreen écouta avec un certain intérêt la comédienne lui parler de son métier. A titre personnel, elle avait toujours eu de l’intérêt pour les branches de l’art, qu’il s’agisse de la peinture, du théâtre ou de la danse. Si elle n’avait aucun talent dans ces domaines, elle admirait ceux qui avaient cette fibre en eux, et à force de se rendre à des expositions ou voir des spectacles, elle-même s’était forgé un oeil critique, à défaut d’une vraie pratique.

« Je crois que je vois ce que vous voulez dire. Ca doit être libérateur, comme… une sorte de défouloir, pour vous, de vous abandonner à un personnage qui n’est pas tout à fait vous. »

Vu sous cette perspective, il semblait dès lors plus facile d’oser, voire même, complètement se lâcher. Encore fallait t-il être capable de prendre ce recul, et assumer son rôle. Si Nasreen n’avait jamais osé se lancer dans l’art, alors qu’il s’agissait d’un domaine qui l’intéressait, c’était bien parce qu’elle se sentait trop réservée pour oser se perdre dans la peau de quelqu’un d’autre ou dans un monde imaginaire.

La petite plaisanterie que fit ensuite Sofya détendit un peu Nasreen, qui glissa un regard rieur vers Hailey et Danielle. Ces dernières ne paraissaient pas offensées le moins du monde, à la rigueur interloquées, mais la milicienne prit tout de même leur défense, de ce ton tranquille qui était le sien :

« Oh j’ai de la chance pour le coup, certains sont plus tyranniques. Mais je n’en dirai pas plus, on va dire que je fayotte. » plaisanta t-elle à son tour.

Très étrange, cette soirée. En temps normal, la sérieuse et consciencieuse Nasreen ne se serait pas permis ce genre de taquinerie envers ses supérieures -quoiqu’Hailey ne l’était plus, elle pouvait peut être se permettre d’être plus décontractée avec elle- mais l’ambiance festive et décomplexée de ce cabaret détendait tout le monde. Ses deux chefs, toutes déridées, ne semblaient pas du tout lui en tenir rigueur, d’ailleurs. Cela n’empêchait que ce petit moment commençait à devenir étrange, Nasreen qui était simplement venue les saluer par courtoisie se retrouvait à parler de choses un peu personnelles. Elle commençait à chercher du regard ses amis collègues avec qui elle serait un peu plus détendue et naturelle pour passer le reste de la soirée, quand un geste de Sofya envers elle pour lui proposer une autre coupe la tira de ses pensées. Elle soufflait un « merci » automatique, au moment où l’énergique comédienne lui proposait de lui faire visiter l’établissement, avec un regard qui ne trompait personne.

« Je… »

Oh la. Que répondre ? La plus grande partie de la milicienne lui soufflait de décliner poliment l’invitation, couvrant la petite voix qui arguait que c’était une proposition qui méritait de s’y attarder. Ses deux secondes d’hésitation parurent convaincre Hailey d’y mettre son grain de sel, de cet air énigmatique dont elle avait le secret :

« Tu ne devrais pas hésiter, Nasreen, cet endroit regorge de choses étonnantes… On va vous laisser, nous, ce fut un plaisir, Sofya, on se recroisera peut-être plus tard ! »

Attrapant cet air de connivence entre elles, Nasreen se demanda jusqu’à quel point elles se connaissaient -Sofya les avait saluées assez chaleureusement tout à l’heure, comme des amies, après tout- avant de se souvenir qu’elle avait un autre dilemme sur la planche. Si elle ne pouvait nier que le départ de ses supérieures venait de lui retirer un poids assez conséquent, elle se sentait toujours un peu gênée face la charismatique Sofya, le simple fait de recroiser ses yeux de biche la perturba assez pour qu’elle s’emmêle les pinceaux dans sa réponse :

« Hum, j’ai laissé un ami tout à l’heure, mais j’imagine que… Enfin, il doit avoir rencontré d’autres de nos collègues, donc… Bref, pourquoi pas, je veux bien. »

Cruche, cruche, elle était partie pour lui dire non, et elle avait dit oui, se morigéna t-elle. Après avoir bu une petite gorgée de son champagne pour se redonner contenance, Nasreen suivit Sofya parmi les invités, essayant de faire attention où elle posait ses talons haut perchés -il y avait des gens qui avaient vraiment mis des robes étranges ce soir… Elle posa une question à la blonde, pour dissiper un peu l’embarras qu’elle ressentait :

« Vous venez souvent ici, alors, ou c’est seulement pour votre pièce ? »


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Jonglant d'un invité prestigieux à un autre, Mildred Magpie comptait bien profiter au maximum de son statut de reine de la soirée. Les compliments pleuvaient de toutes parts, certains louant ses talents d'organisatrice de soirées aussi grandioses que démesurées, tandis que d'autres l'interrogeaient sur son secret pour conserver sa jeunesse malgré sa quarantaine bien tassée. Même si la plupart de ces flatteries étaient enrobées d'hypocrisie mielleuse, la sorcière en mal d'amour préféra y voir une forme tant espérée de reconnaissance et d'estime. Profondément meurtrie par ses nombreuses désillusions sentimentales, la romancière étouffait souvent ses larmes et ses pleurs entre les draps roses d'un lit devenu désespérément froid et vide depuis le départ d'Adonis. Même de manière éphémère, sa fortune colossale lui permettait de s'offrir de quoi tisser du lien social et un leurre susceptible de berner sa solitude de femme meurtrie. C'est ainsi que Mildred avait dépensé une fortune colossale pour s'offrir cette fête d'anniversaire aux proportions gigantesques : Une manière pour elle de tromper l'ennui de son quotidien de vieille fille endurcie n'ayant que son boursouf pour compagnie la plus intime. Au milieu de cette foule réunissant l'élite de la nation sorcière, Mildred Magpie trouvait enfin cette bouffée d'oxygène tant espérée. Telle une cerise sur son gâteau, elle contemplait la crème de la crème réunifiée pour venir l'honorer. Parmi eux, aucun gueux mécontent ou pêcheur nauséabond ne viendraient hurler son mécontentement et la traiter de morue. Rien ni personne ne pourrait l'empêcher de savourer cet instant, ainsi que les nombreuses pâtisseries du Paradis d'Eden.  

Dans sa gourmandise frôlant la gloutonnerie, Mildred Magpie en oubliait parfois les bonnes manières. En effet, les yeux de la romancière se révulsèrent de plaisir alors qu'elle venait d'engloutir d'une bouchée, l'une des nombreuses mignardises qui décoraient les tables de la terrasse de son Cabaret Magique. Si Eve s'était laissée tentée par une simple pomme, un seul des petits mets sucrés de sa pâtissière préférée aurait suffi à condamner pour l'éternité la co-gérante des Folies Sorcières. Eden Rosebury n'avait point lésiné sur la quantité, ni sur la beauté de ses créations. Le gâteau d'anniversaire de Mildred Magpie était une pièce montée si somptueuse, que l'on frôlait le sacrilège à la simple idée de vouloir en briser la surface pour s'en trancher une part. La renommée de la petite pâtissière ne cessait de croître, au point de devenir l'une des personnes les plus influentes de Bristol. Et que dire de sa fortune naissante? Partit de rien, le Paradis d'Eden tournait à merveille et roulait désormais sur les Galions; Ce qui ne pouvait que rendre admirative la co-gérante des Folies Sorcières qui rêvait secrètement d'offrir une pièce de son Cabaret, dans lequel son amie pourrait exercer son art culinaire! Comme un salon de Thé où les petits fours d'Eden feraient sans l'ombre d'un doute un malheur, et appâteraient une foule de gourmands. Un projet lucratif qui ne laissait pas indifférente la femme d'affaire calculatrice que représentait Mildred Magpie. Cette dernière cherchait son amie dans la foule resserrée, quand un jeune damoiseau se figea devant-elle avec un sourire qui en disait long sur ses intentions sournoises. Le jouvenceau inclina la tête et amorça le dialogue.

"Joyeux Anniversaire madame Magpie! C'est un honneur pour moi que de pouvoir vous rencontrer, enfin! Sachez que j'ai dévoré votre dernier roman "Les Nuances de Green", un pur chef d'œuvre! Mildyana est si touchante, si fragile face à la monstruosité de ce diable de Green. Et je ne vous parle de cette sorcière de Comtesse de Lavipère; j'avoue avoir jubilé de la voir mourir dans son vomi, après avoir absorbé par erreur le poison qu'elle réservait à l'innocente Mildyana  C'est si finement écrit, précis, magique... Que cela donne presque l'impression que vous en avez vécu la trame! Est-ce autobiographique?   "

Mildred se mit à glousser comme une dinde pour souligner à quel point cette idée lui semblait saugrenue.

"Je vous rassure immédiatement : Ma vie personnelle est beaucoup moins mouvementée, et tout ceci n'est que pure fiction. Mais vous êtes? " interrogea la romancière.

Mildred Magpie leva un sourcil inquisiteur sur le jeune homme qui se comportait en vulgaire fan transi d'admiration, alors qu'elle n'avait invité que de grands noms de la société magique. Le jeune homme se présenta :

"Pardonnez-moi, je m'appelle Steven Queen, je suis un jeune romancier spécialisé dans les romans d'un genre fantastique, mais lorgnant plutôt vers un univers tendance moldu. Les critiques littéraires sont plutôt dithyrambiques au sujet de mon dernier livre, mais ma maison d'édition n'est pas à la hauteur de mes espérances. Actuellement, je ne dispose pas d'une manne financière suffisante pour le produire, et jouir de ma notoriété encore toute relative. J'aurai tant besoin de ce précieux coup de pouce qui lancerait définitivement ma carrière... "

Mildred Magpie voyait exactement de quel genre de coup de pouce voulait parler le jeune écrivain en mal de reconnaissance. L'idée de produire de jeunes plumes et de lancer sa propre maison d'édition avait longtemps germé dans l'esprit de la romancière à l'eau de rose. L'idée d'un "entretien" en tête à tête avec ce ravissant et jeune damoiseau pouvait s'avérer fort constructif. Pourquoi ne pas allier l'utile à l'agréable? Un sourire charmeur finit par débrider les lèvres pincées de la romancière qui venait de poser la première pierre de ce qui serait bientôt SA maison d'édition.

"Je suis persuadée que nous pourrions trouver un terrain d'entente, monsieur Queen. Je crois fermement dans la fougue exalté de la jeunesse, et je vous aiderai à prendre votre envol! Venez demain soir avec votre livre dans mon bureau, le cadre y est plus intime et propice à la discussion. Maintenant, j'aimerai pouvoir profiter de ma soirée d'anniversaire comme il se doit... "

"Merci du fond du cœur, Madame Magpie! Je vous serai éternellement reconnaissant! "

La romancière se contenta de hocher la tête, et tourna rapidement le dos aux courbettes du jouvenceau. Pour l'heure, elle avait d'autres gourmandises en tête, et telle une panthère guettant sa proie, elle finit par bondir sur un malheureux chou à la crème isolé au centre d'un plateau à dessert. Tandis qu'elle s'essuyait les lèvres avec la grâce d'une péripatéticienne après une nuit de labeur; Mildred aperçut du coin de l'œil le couple maudit constitué d'Eden sa pâtissière favorite, et de l'odieux James Smith. Mildred Magpie détestait secrètement ce dernier, depuis qu'elle l'avait surprise en compagnie très rapprochée de l'une des danseuses de son Cabaret. Comment pouvait-il agir de la sorte, et mentir effrontément à une femme aussi merveilleuse que la généreuse Eden Rosebury!? Derrière la facette lumineuse de l'homme parfait travaillant pour l'humanitaire se cachait une part d'ombre. Ce James ne valait pas mieux qu’Adonis, et très vite la romancière au cœur blessée l'avait rangé dans la catégorie des "immondes salauds". Les hommes étaient tous les mêmes! Eden devait se débarrasser de ce parasite avant qu'il ne soit trop tard, et qu'il lui plante sa petite graine dans le ventre. Mildred n'osait imaginer que sa tendre amie puisse en arriver à une telle extrémité, mais pour l'heure rien ne la ramenait sur les sentiers de la raison. Eblouissante de naïveté et d'innocence, Eden n'écoutait que son cœur, sans chercher à s'immiscer dans les affaires de son homme! Il faut dire que James excellait dans l'art du mensonge, et se montrait plutôt discret lorsqu'il se retrouvait en compagnie d'Eden, même si ses derniers temps, il avait tendance à baisser sa garde. Aussi cruel soit-il, Mildred espérait qu'Eden finirait par découvrir une preuve intangible de l'adultère...

Dans ce drame conjugal non révélé, la position de Mildred Magpie était des plus compliquées. En effet, elle voyait sa meilleure amie patauger dans un bonheur aussi illusoire que factice, sans pouvoir autant la prévenir du danger. La pauvre chou allait prendre le même genre de claque humiliante qu'elle avait reçu elle-même de la part d'Adonis. Mildred voulait la prévenir et lui dire qu'il valait mieux être seul que mal accompagné, mais cela la ferait passer indiscutablement pour la méchante briseuse de couple. Quelque part, Mildred était envieuse de voir son amie aussi épanouie dans sa vie amoureuse, alors que de son coté, elle trainait encore le boulet de son affreuse Saint-Valentin. La romancière détestait entendre sa pâtissière favorite vanter les qualités de son beau James, et ne cherchait qu'à écourter ce genre de conversation qui ne faisait que soulever son amertume. Mais ce qui l'inquiétait davantage, c'était de voir à quel point elle était impuissante face à la situation de son amie. Comment lui révéler l'indicible? Elle espérait que son amie le découvrirait par elle-même, mais forcée de constater qu'il n'en était rien. Quelque part, sans le vouloir réellement, Mildred se sentait complice du mensonge de l'immonde James. Mais que faire? Devait-elle tout avouer à son amie? Détruire ses illusions et son bonheur, alors qu'elle était rayonnante comme jamais? En agissant de la sorte, elle allait faucher en plein vol le bonheur de sa pâtissière préférée. Leur amitié risquait également de s'effondrer, tant Mildred serait à l'épicentre des causes ayant entrainées la déconfiture du couple! Et si Eden tombait en dépression, qui lui fournirait alors ses précieux choux à la crème? Autant de problèmes que pour l'heure la romancière voulait occulter, tandis qu'elle s'élançait au contact du groupe avec un grand sourire. Sans se soucier des convenances mondaines, Mildred enlaça sa meilleure amie pour lui signifier le bonheur qu'elle éprouvait à l'idée de la retrouver au milieu de cette foule hypocrite.

"Ooooh, merci ma chérie, c'est trop chou de dire ça de moi! Tes créations pâtissières sont exquises! Je ne sais comment te remercier, Eden, tu as transformé mon anniversaire en Paradis! "

La romancière finit par se reculer quelque peu afin de pouvoir mieux détailler la jolie robe meringue de son amie; D'un rose pâle somptueux aux courbes délicates, elle ne pouvait que s'incliner devant l'élégance de son amie. Mildred exprima alors toute l'étendue de son admiration, laissant poindre tout de même un peu de jalousie dans sa voix à l'idée de voir son amie si belle.  

"Tu es divinement belle dans cette robe! Je crains que tu ne me fasses de l'ombre : C'est toi la vraie princesse de cette soirée! "

Sans même l'avoir salué au préalable, Mildred Magpie se tourna vers James Smith, pour lui lancer une pique ironique en guise de bienvenue.

"James... J'espère que vous saisissez l'incroyable chance que vous avez d'avoir une femme aussi ravissante à vos côtés. Cela doit être un combat quotidien pour mériter un tel amour. "

Le regard perçant de Mildred se planta dans celui de James, comme pour en extirper des secrets honteux et inavoués. Puis elle ajouta, innocemment.

"Je voulais m'excuser de n'être pas venue vous saluer l'autre soir, lors de la représentation des "Nymphes du Jardin Interdit". Je ne vous savais pas amateur d'effeuillage burlesque... Quoiqu'il en soit, c'est un honneur de vous voir fréquenter les travées de notre Cabaret... "

L'art de mettre les pieds dans le plat. Le sourire espiègle de Mildred témoignait de sa volonté à embourber le mari infidèle dans ses mensonges. Mais alors qu'elle s'apprêtait à expédier une nouvelle banderille à l'immonde goujat, Roy vint l'intercepter pour lui parler sans doute d'une affaire urgente en lien avec l'organisation de sa soirée d'anniversaire. D'un bref sourire crispé, Mildred exprima sa gêne de devoir écourter la discussion.

"Je vous prie de bien vouloir m'excuser mais je crains que le devoir m'appelle. On se recroisera sans doute, Eden : Il faut absolument que tu me parles de ses choux à la crème qui ne font pas grossir. Mes hanches t'en remercient d'avance! "

Un dernier clin d'œil à Eden, avant de se tourner abruptement vers son associé qui venait de l'entrainer à l'écart des oreilles indiscrètes. Quelque peu furibarde d'avoir été contrainte d'écourter sa discussion avec sa meilleure amie, elle l'interrogea de manière brusque.

"Qu'y a-t-il, Roy? "

Roy daigna enfin lui expliquer les raisons de son intervention, qui concernait la découverte d'une panthère dans l'aile secrète du cabaret des Folies Sorcières. Alors que celui-ci semblait se préoccuper de la présence d'un tel félin au milieu des festivités, Mildred Magpie se contenta, quant à elle, de lever les yeux au plafond en signe d'exaspération.

"Bien entendu qu'il y a une panthère dans l'aile secrète, puisque c'est moi-même qui l'y ai invitée! Et je te prierai de ne pas parler de Hakuna Matata, le treizième Prince du Swaziland de manière aussi triviale! Un peu de respect pour sa personne, il s'agit de notre invité le plus riche et le plus prestigieux! Je veux qu'il soit traité avec l'égard dû à son rang! Ne me dis pas que tu n'as pas lu ma circulaire sur les invités?  "

Mildred Magpie avait sérieusement bataillé pour faire venir celui que l'on surnommait communément "Le Diamant Noir" : Le treizième Prince du Swaziland possédait une fortune colossale, basée sur la possession de plusieurs centaines de mines d'extraction de pierres précieuses, comme le fameux diamant qui faisait sa renommée. Ne sachant plus quoi faire de sa montagne de Galions accumulée, le prince jouait les hommes d'affaires désireux de diversifier son activité et de s'implanter partout au travers du monde sorcier; En Angleterre, il avait notamment racheté la prestigieuse équipe de Quidditch des Faucons de Falmouth, dont il se vantait pouvoir mener au sommet de la ligue de Grande-Bretagne, d'ici les deux ans à venir. Pour se faire, il avait acheté pour une somme exorbitante la star moldave Tatane Ibramovible, qui était considéré par beaucoup comme étant le batteur le plus doué et violent de sa génération. Hakuna Matata transformait en or, tout ce qu'il touchait! Mildred souhaitait accroitre le prestige de son Cabaret des Folies Sorcières au Monde entier, et bénéficier de l'aide de ce sponsor richissime; Seul le Prince du Swaziland pouvait lui offrir une campagne de promotion digne de ce nom. C'est pourquoi, elle s'était longuement entretenue avec lui par téléphone magique, découvrant chez le sérénissime suzerain, un fin lecteur qui appréciait particulièrement le style des Nuances de Green. Aucun accord n'avait été clairement exposé, mais Hakuna Matata avait daigné se déplacer pour l'anniversaire de la romancière. Après Léopold Marchebank, c'était le VIP le plus attendu par Mildred.

Tandis qu'elle sermonnait Roy Calder, la sorcière se rendit compte de son erreur, et du fait qu'elle avait omit de préciser que Hakuna Matata était un animagi pouvant se transformer au gré de son humeur en sublime Panthère Noire. D'ailleurs par respect pour son invité, Mildred avait consenti à ne s'affubler d'aucune tenue ou motif Leopard qui puisse égratigner la susceptibilité du Prince Africain. Il y avait quelque chose de louche dans l'attitude de son associé; Comme une sorte de gêne à exprimer la situation. Cela sentait la grosse boulette à plein nez! Plutôt que de se confondre en excuse pour n'avoir point informé Roy sur le statut d'Animagi de ce prestigieux convive, Mildred préféra saisir un verre de Mojito magique, avant de planter son regard acéré dans celui du co-gérant.


"Dis-moi que tu n'as commis aucun outrage sur le personne d'Hakuna Matata??? Car si c'est le cas, nous frôlerions l'incident diplomatique! Parles, Roy! "

Mildred avait tellement peur de ce qu'elle allait entendre, qu'elle préféra se noyer dans une gorgée de Mojito. Sa fête d'anniversaire allait-elle être gâchée par un regrettable incident?


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Bling Bling Birthday [Soirée d'anniversaire de Mildred - Ouvert à tous]

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