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 American Horror Story [Isobel & Roy]

Roy CalderChef de la mafiaavatar
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16 mai 2009

Un établissement tel que les Folies Sorcières était toujours plein d’histoires étranges. Les clients rapportaient leur lots de potins, de personnalités à la fois fantasques et pathétiques, d’animations, aussi, il y avait toujours un couple pour se livrer à une scène de ménage publique, un poivrot pour se ridiculiser, ou un excité pour parier plus fort que tout le monde. Mais depuis quelques temps, cette joyeuse ambiance délurée et pleine de fumée plus ou moins licite s’était quelque peu dégradée. Cela se sentait dans l’atmosphère, plus lourde, plus… désagréable. Cette étrange sensation d’être épié quand il était seul dans un couloir, Roy ne la supportait plus. Tout comme il n’aimait pas du tout ce qu’il entendait circuler parmi les clients. Le cabaret des Folies Sorcières, hanté ? Allons donc ! Et c’était des sorciers qui se laissaient apeurer.

Mais voilà, ce qui effrayait les petites âmes du cabaret semblait d’une nature fort étrange. Désormais, le bruit courait que plusieurs clients auraient aperçu la maigre silhouette d’une petite fille au teint cadavérique et au regard vide errer dans les recoins de l'établissement. Certains juraient qu’il ne s’agissait pas d’un banal esprit frappeur, mais pas non plus d’une humaine bien vivante. Au départ, cette histoire était passée pour un simple racontar de bar, mais maintenant, même les employés s’étaient mis à témoigner, et Roy ne pouvait plus faire comme s’il ne se passait rien. Lui n’avait rien vu concernant une petite fille, mais il ne pouvait nier que parfois… Eh bien parfois, à certains endroits peu fréquentés de l’établissement, il sentait l’atmosphère se glacer, sans qu’il ne puisse expliquer ce qui le mettait dans un état de malaise, et il n’aimait pas du tout se sentir en proie à quelque chose qu’il ne comprenait pas.

Roy n’était ni superstitieux, ni croyant en quoi que ce soit -si ce n’était en le pouvoir de l’argent- mais cela faisait bien cinq ou six jours que cette sensation perdurait et il refusait de passer une minute de plus dans son bureau à se demander pourquoi l’ambiance feutrée lui paraissait si glauque quand il était seul, alors qu’il s’était toujours senti à l’aise avant. Il avait aperçu Isobel à la chaise du bar qu’elle occupait habituellement, et se dirigeait désormais à grands pas vers elle. Sans même s’annoncer, il s’accouda au comptoir à côté d’elle, les sourcils froncés et le ton sarcastique, comme quand il était contrarié :

« Tu sais pas quoi, maintenant les Folies Sorcières sont devenues l’attraction à frissons de la ville, sauf que ce n’est plus de plaisir, et que ça rapporte moins d’argent. » Commandant une gobière au barman, il prit place sur la chaise haute, puis se tourna de nouveau vers son amie. « Apparemment y a une petite fille flippante qui rôde, le genre ni tout à fait fantôme, ni tout à fait vivante. Tu sens pas un… truc, toi ? »

Et par truc, Roy entendait tout et n’importe quoi, d’une sensation d’inconfort à une extra-lucidité de medium, car il savait qu’Isobel était plus familière avec les esprits que lui. Si tant est qu’il s’agissait là d’un esprit, mais dans tous les cas, la sorcière lui semblait la plus désignée de ses connaissances pour le guider quand quelque chose de bizarre se produisait dans le coin. N’était t-elle pas la reine des mystères et des phénomènes glauques ?



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Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Un mal de tête lancinant étreignait Isobel depuis quelques heures et le verre d'hydromel qu'elle avait commandé en arrivant aux Folies une demi-heure plus tôt n'avait pas suffit à l'apaiser. Elle fit un signe au barman pour commander quelque chose de plus fort et poussa un soupir en faisant tourner doucement le liquide dans son verre. En temps normal, elle aurait pris un bourbon, son pêché mignon depuis des années mais ces temps-ci, elle fuyait tout ce qui pouvait lui rappeler la Nouvelle-Orléans et la Louisiane et à vrai dire, il y avait beaucoup de choses. Rien n'allait en ce moment, rien du tout. Sa conversation avec Abel n'avait de cesse de tourner dans son esprit de manière plus que désagréable, chaque mot qu'ils avaient pu échanger, chaque regard tournaient dans sa tête sans qu'elle ne puisse s'en défaire. C'en était presque devenu une obsession. Et encore, s'il n'y avait que cela... Sa rencontre avec sa mère quelques temps auparavant était également l'une de ses préoccupations. Elle repassait le fil de la discussion pendant des heures, essayant de faire des liens avec chaque fois, réfléchissant, débattant avec elle-même, se détestant pour cela.

Tout allait de travers, toutes les choses qu'elle avait pu mettre derrière elle durant près de seize ans lui revenaient en pleine figure. Tout ce qu'elle s'était empêchée de penser, tout ce qu'elle avait occulté parce qu'elle refusait d'y faire face, tout était désormais de nouveau là. Abel, sa mère... C'est comme si toutes ses erreurs, tous ses faux-pas, toutes les choses qu'elle avait pu un jour regretter avant d'enfouir cette culpabilité au fond de son esprit, tout cela était de retour. Ils avaient mis à la lumière du jour les fondations instables sur lesquelles elle avait construit sa vie, sur lesquelles elle s'était construite et Isobel se sentait vaciller. Elle y pensait en permanence, se torturait avec cela tout le temps et elle n'arrivait pas à se sortir de ce cercle vicieux. Alors, pour compenser, elle faisait tout pour s'occuper : elle passait des heures, encore plus que d'habitude, au Ministère et enchaînait les dossiers sans compter, allant jusqu'à passer des nuits entières installée à son bureau, à s'abîmer les yeux sur les parchemins. Quand elle quittait le Ministère, elle fuyait son appartement trop petit et dans lequel elle tournait en rond. Isobel sortait un peu trop, flirtait un peu trop, buvait peut-être un peu trop ces derniers temps mais si jamais quelqu'un avait eu l'idée de lui faire remarquer – et qui pourrait ? Au Ministère, elle faisait mine de rien – elle aurait refusé de le reconnaître. Parce qu'après tout, avec Isobel, tout allait toujours bien, non ?

Elle en était là de ses pensées, les yeux fixés sur son verre lorsqu'elle sentit une présence à côté d'elle. Elle reconnut Roy sans même relever la tête, un sourire en coin naissant malgré elle sur ses lèvres en entendant son ton contrarié. Elle finit par tourner le regard vers lui lorsqu'il s'installa à ses côtés, maugréant sur une fameuse petite fille qui rôderait dans les couloirs des Folies. Avec tout ce qui s'était passé en ce mois de Mai, entre Abel et le retour de sa mère, elle avait presque oublié cette histoire de l'esprit d'Emmy Magpie, qu'elle avait réveillé par vengeance contre Mildred. Le sortilège était lié à elle pourtant mais elle était tellement préoccupée ces derniers temps qu'elle n'était même pas certaine que les cauchemars qui agitaient ses nuits et les angoisses et frissons qui l'étreignaient en journée étaient le fruit de cette malédiction. Prenant une gorgée d'alcool, elle finit par hausser les épaules, prenant son temps pour répondre.

- Ton établissement est hanté, répondit-elle comme s'il s'agissait d'une évidence. Ce ne sont pas des racontars.

Même si elle n'avait pas été à l'origine du sort, elle l'aurait senti. La présence d'un tel esprit, ramené de l'au-delà par les incantations vaudou, n'était pas anodine surtout qu'elle avait toujours eu une certaine aisance dans ce domaine-là, dès qu'elle avait commencé son apprentissage de la magie en réalité. C'est juste qu'avec le temps, elle avait l'habitude : les esprits n'avaient plus sur elle la sensation désagréable qu'ils pouvaient avoir sur les autres personnes. C'était presque une sensation familière.

- C'est un esprit. Pas un fantôme, nuança-t-elle, un esprit. Assez agité, en plus. C'est la sœur jumelle de Mildred, décédée alors qu'elles étaient encore enfants. Je ne sais pas trop ce qui s'est passé mais apparemment, elle est plutôt contrariée et peine à trouver le repos.

Elle avait annoncé ça tranquillement, comme elle aurait pu parler de la météo, oubliant presque qu'en dehors de la Nouvelle-Orléans, les gens n'étaient pas aussi à l'aise avec les esprits vengeurs de l'au-delà.


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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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En y regardant de plus près, Roy remarqua l’expression un peu tirée d’Isobel. Il avait cru comprendre qu’elle s’échinait en ce moment au Ministère, il n’en savait pas beaucoup plus, il lui parlait moins ces derniers temps, il ne pouvait nier qu’il commençait à s’éloigner d’elle. Ils semblaient chacun de leur côté traverser une période particulière de leur vie. Des récents bouleversements dans celle de Roy l’empêchait de parvenir à tout gérer et accorder la même attention qu’avant à tous ses proches, mais il ne s’en tenait pas plus rigueur que cela. C’était temporaire. Bientôt, il trouverait un nouveau rythme qui lui permettrait de se réajuster, et il s’imaginait qu’il en était de même pour Isobel. Elle devait être très occupée avec son boulot, et très certainement avec ses soucis familiaux. Il ne savait pas précisément où elle en était avec la récente arrivée de sa mère, ils n’avaient pas encore eu l’occasion d’en discuter, mais nul doute que cela la travaillait.

Pour le moment, c’était un autre sujet qui guidait la discussion, et si Roy n’oubliait pas de se tenir au courant d’où en était son amie avec ses soucis, il se nota simplement dans un coin de sa tête de revenir dessus plus tard. Il l’écouta parler avec un calme édifiant de la certitude que le cabaret étant hanté par un esprit. Super, c’était bien ce qu’il craignait, une de ces choses bien bizarres qu’il commençait un peu à connaître via les discours d’Isobel. Ses sourcils se haussèrent légèrement de perplexité alors qu’elle lui expliquait qu’il s’agissait de la soeur jumelle de Mildred -depuis quand avait t-elle une jumelle, elle et surtout depuis quand Isobel papotait tranquillement avec cet esprit comme s’il s’agissait d’une bonne compagne pour tenir un coin du bar ? Elle en parlait comme s’il s’agissait là d’une banale connaissance, comme si s’enquérir de la santé des esprits vengeurs de passage était une activité tout à fait évidente, cette femme l’étonnerait toujours décidément.

Bon, puisque cette situation était étrange de base, Roy décida de ne plus relever toutes ces bizarreries annexes qui ne l’aidaient pas à résoudre le fond du problème. Il avait toujours un spectre qui squattait son casino et empêchait ses affaires de suivre leur cours correctement, et Merlin savait que Roy avait déjà suffisamment de problèmes à régler en ce moment sans que des fantaisies venues de l’au-delà ne viennent s’ajouter.

« Bon, génial, déclara t-il, en se passant une main consternée sur le visage. Et on peut savoir pourquoi sa soeur décédée plutôt que les milliers de gens qui se retournent dans leur tombe d’envie de se venger de Mildred ? Evidemment, il grossissait les chiffres, mais Roy ne doutait pas qu’une briseuse de vies et de réputation telle que Mildred s’était fait des tas d’ennemis dans l’au-delà. Pourquoi ici, pourquoi maintenant ? Quelles sont ses revendications ? C’est quoi son prochain coup, prendre des clients en otage et réclamer une rançon ? »

Faire de l’ironie était le premier moyen pour Roy d’évacuer son agacement, surtout face aux situations qu’il ne maîtrisait pas. Avaler de grandes gorgées de gobière, le deuxième, il fut donc un peu plus enclin à discuter plus sérieusement quand le barman l’eut servi. Posant son menton dans sa main, il fit tourner sa bouteille dans sa main, pris dans ses réflexions. Quelque chose le dérangeait dans cette histoire.

« Les esprits ne sont pas sensés rester au repos, en général ? Il faut quelqu’un pour les convoquer non ? »

Il n’était pas expert, mais il lui semblait avoir retenu cela dans ce que pouvait lui avoir raconté Isobel sur le sujet.



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Roy avait l'air surpris de ce qu'elle lui expliquait mais si en temps normal, Isobel se serait empressée de lui expliquer plus en détails de quoi il retournait, elle garda le silence. Elle qui pouvait être si prolixe lorsque son ami était là n'avait pas vraiment la tête à badiner et à plaisanter, comme depuis des semaines. Elle n'était même pas franchement de bonne humeur et ne serait pas sortie si cela n'avait pas été pour fuir son appartement, socialiser lui apparaissant comme un effort un peu trop compliqué. Elle faisait bonne figure toute la journée au travail et estimait d'avoir le droit de se relâcher un peu le soir. Elle aurait dû être contente de croiser Roy pourtant – et dans les faits, elle n'était pas mécontente – eux qui se voyaient beaucoup moins depuis une quinzaine de jours mais elle n'arrivait pas tellement à sortir de l'état morose dans lequel elle était. Elle avait l'esprit empoissé par ses soucis et elle le sentait distant aussi, sans pour autant chercher à arranger la situation. Ils se connaissaient depuis des années, avaient des hauts et des bas et de toute manière, en ce moment, elle aspirait à plus de solitude qu'autre chose. Malgré tout cela, l'ironie de Roy la fit sourire – à vrai dire, cela lui arracha même un léger rire avant qu'elle ne prenne une longue gorgée d'alcool - et elle se permit une petite remarque.

- Elle n'est pas vraiment matérielle, en fait, donc c'est délicat pour la prise d'otages...

Pourquoi ici, pourquoi maintenant ? C'était bien simple comme question pour Isobel vu qu'elle y était fortement pour quelque chose. Elle avait lancé son sort il y a un peu moins d'un mois mais les faits qui l'avaient poussée à le faire remontaient à bien plus loin en réalité, elle avait juste attendu que les choses se tassent. La vengeance était un plat qui se mangeait glacé en Louisiane – nouvelle gorgée d'alcool en l'honneur d'Abel – et Isy avait attendu de presque se faire oublier de Mildred pour lui enfoncer un couteau dans le dos. Puisqu'elle ne pouvait pas se venger directement sans risquer quelque chose sur le plan professionnel – et elle tenait trop à ce domaine, encore plus maintenant – elle avait utilisé le deuxième domaine où elle était le plus douée : le vice et la magie, les deux combinés faisant toujours des ravages. Tout cela, elle ne comptait pas le cacher à Roy et si elle ne lui avait pas dit, c'était bien parce qu'elle n'avait pas eu l'occasion : sa mère avait été repérée en Angleterre deux jours après qu'elle ait noué le sort. Aussi, lorsqu'il s'interrogea sur la convocation des esprits, elle hocha simplement la tête.

- Il faut quelqu'un en effet. C'est moi qui l'ai fait, répondit-elle simplement.


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La réponse brute d’Isobel empêcha Roy d’avaler correctement sa gorgée de gobière, et il toussa quelques secondes pour se reprendre. L’expression désormais incrédule, il porta son regard sur la sorcière qui n’avait même pas l’air de s’émouvoir de ce qu’elle venait de dire. Elle lui lançait ça comme si elle lui parlait d’un de ses dossiers quotidiens du Ministère.

« Quoi ? »

C’était Isobel qui avait convoqué l’esprit de l’enfant défunte. Il aurait pu y penser tout seul, puisqu’elle semblait effectivement bien renseignée sur ce qui motivait le spectre, mais Roy s’était juste imaginé qu’elle avait senti par hasard sa présence dans le casino, avant d’engager la discussion. C’était donc Isobel qui était la source de ce désordre dans ses affaires.

« Mais… Pourquoi t’as fait ça ? »

Une question qu’il posait tout en sachant qu’il pouvait y répondre tout seul, mais cela avait été un réflexe. Il n’était pas compliqué de deviner que si elle convoquait un mort de l’entourage proche de Mildred, c’était pour atteindre cette dernière. Roy était bien placé pour savoir combien l’animosité entre les deux femmes était sourde et venimeuse, les sourires mielleux qu’elles affichaient en présence l’une de l’autre n’était qu’une façon d’endormir la surveillance de Leopold, qui leur avait clairement fait comprendre qu’elles avaient intérêt à naviguer sur le même bâteau. Un peu comme il l’avait fait pour June et Roy. Le chef de gang devinait donc sans mal que la rancune d’Isobel n’avait pas disparu pour autant, et qu’elle ne faisait que de la façade, mais Merlin… Elle tenait tant à son poste au ministère qu’il avait cru qu’elle se tiendrait à carreau jusqu’au bout. A vrai dire, cela arrangeait Roy qui n’avait jamais aimé se trouver pris entre sa meilleure amie et son associée d’affaires. Non pas qu’il hésitait sur le camp à défendre -cela resterait toujours Isobel- mais s’il pouvait éviter de se mettre dans de sales draps avec Mildred, c’était mieux pour ses affaires. A cet instant, que cette dissension -qu’il croyait avoir écarté pour un bon moment de ses préoccupations- resurgisse, précisément à un moment où il avait une montagne d’autres soucis à régler, remua quelque chose de peu plaisant en Roy. Son regard obscurci et le ton flirtant avec le reproche, il poursuivit :

« Je croyais que c’était fini les querelles entre toi et Mildred, pourquoi tu remets ça sur le tapis ? Surtout ici, merde, ça me fait perdre des clients à moi aussi, cette histoire. »

Son regard ancré dans celui de la sorcière laissait deviner ce qu’il pensait de la situation, et en l’occurrence, il n’acceptait pas l’idée qu’Isobel n’ait pas pensé qu’il pourrait faire partie des dommages collatéraux, dans ses desseins de vengeance.



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Isobel regarda Roy s'étouffer avec une certaine incrédulité et elle manqua de lui tapoter dans le dos – qu'il ne meurt pas quand même – avant qu'il ne reprenne son souffle de lui-même. Elle ne voyait pas ce qu'il y avait de si surprenant dans ce qu'elle venait de lui apprendre, après tout. Certes, de nombreuses personnes devaient en vouloir à la sulfureuse rédactrice en chef de Multiplettes mais peu d'entre elles savaient comment convoquer un esprit pour qu'il vienne hanter Mildred au quotidien. Malgré cette singularité de vengeance, Isobel comptait bien sur le fait qu'on ne remonte pas jusqu'à elle : après tout, seul Roy savait qu'elle en était vraiment capable – et elle venait également de lui confirmer – et elle comptait sur la méconnaissance des anglais dans ce domaine – ils n'étaient pas très portés sur l'occultisme à Poudlard semblait-il – pour que personne ne parvienne à identifier d'où pouvait venir l'esprit ou sa singularité. Lorsqu'il lui demanda pourquoi elle avait fait ça, elle lui retourna un regard circonspect.

- Tu veux vraiment la liste ou bien... ?

L'animosité entre Mildred et elle n'était un secret pour personne même si les deux femmes faisaient mine de rien depuis que le Ministre de la Magie en personne s'était senti obligé de les rappeler à l'ordre – et Isobel sentait encore la brûlure de l'humiliation que cet entretien avait provoqué chez elle – elles ne pouvaient pas se supporter. Mildred avait essayé de ruiner sa carrière – et pas qu'une fois – tout simplement parce qu'elle fantasmait de manière complètement ridicule sur Roy et Isy était, comment dire, légèrement tatillonne lorsque l'on touchait à ses ambitions. Le regard sombre que posa son ami sur elle la fit froncer les sourcils et elle se redressa légèrement lorsqu'il prit la parole, n'appréciant pas vraiment le ton qu'il employât avec elle.

- Pourquoi je remets ça sur le tapis ? cingla-t-elle. Excuse-moi de renvoyer un peu la balle à ta chère associée.

Elle était censée faire quoi, selon lui ? Se taire et encaisser bien sagement ? Cela n'avait jamais été son genre et si elle avait attendu, c'était juste dans l'optique d'assurer ses arrières sinon elle aurait agi bien plus tôt.

- Fut un temps où non seulement ça t'aurait fait rire, mais en plus, tu l'aurais entièrement cautionné, fit-elle remarquer sèchement avant de reprendre une gorgée d'hydromel.


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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy savait quel article complètement fumeux Mildred avait pondu sur Isobel, pour tenter de la discréditer auprès de l’opinion publique, et surtout, du Ministère. C’était d’ailleurs cette histoire qui avait valu aux deux ennemies un entretien corsé dans le bureau du ministre. Cette intervention de Leopold avait été salvatrice pour tous, car à l’époque, Roy lui même avait clairement fait comprendre à Mildred qu’elle avait dépassé les bornes, et si cela n’avait pas été jusqu’à tuer leur collaboration, cela faisait partie des nombreux griefs que la romancière retenait contre lui. Quand elle lui reprochait de mal choisir ses relations et de se laisser emporter par ses émotions comme un jeune inexpérimenté, Roy pensait exactement la même chose d’elle : n’était-ce pas un ridicule béguin pour lui qui l’avait amenée à prendre en grippe Isobel et tenter de la détruire, alors qu’elle faisait partie des fidèles du gouvernement qu’elle servait ? Elle était par conséquent mal placée à ses yeux pour lui faire la leçon à ce sujet.

Mais Roy avait toujours cru qu’Isobel était plus intelligente que la reine des scandales, et qu’elle avait compris qu’elle avait intérêt à l’ignorer définitivement. Il fallait croire qu’il avait sous-estimé l’impact de cet article sur l’ego de la jeune femme. Pour qu’elle ait attendu tout ce temps-là avant de livrer sa vengeance… Elle devait l’avoir sacrément irritée. C’était une réaction qu’il comprenait complètement, au fond. A la place d’Isobel, il n’aurait sans doute même pas attendu. Et pourtant, en y réfléchissant, même lui avait fini par enterrer -temporairement- ses envies de meurtre à l’égard de June sous la pression de ses intérêts et de Leopold, et pourtant, il était d’un tempérament plus impulsif et plus violent qu’Isobel. Alors non, Roy n’avait pas prédit à cette réaction de sa part, contrairement à ce qu’elle semblait s’imaginer.

« Sauf que ce n’est le moment ni le lieu de lui renvoyer la balle » rétorqua t-il en levant un sourcil, d’un ton qui le faisait facilement passer pour un donneur de leçons.

Pour autant, il n’avait pas envie de se battre avec Isobel, alors il s’apprêtait à tempérer son propos, après tout, son but actuel n’était pas tant de lui faire des reproches que de régler le problème. Sauf qu’elle prononça une phrase, cette phrase qui le coupa dans son élan, et le crispa instinctivement. Un premier coup au coeur. Sa main reposa bruyamment sa gobière sur le marbre du comptoir.

« Oh par pitié, tu vas pas t’y mettre toi aussi et rejoindre le camp des gens qui me trouvaient mieux avant. »

C’était plus fort que lui, à chaque fois que quelqu’un faisait mine de suggérer qu’il avait changé, Roy se mettait méchamment sur la défensive, car ce reproche le rappelait au souvenir douloureux de sa dispute avec Klemens. Et s’il y avait un reproche qu’il pensait ne jamais recevoir d’Isobel, c’était celui-ci. Elle n’était pourtant pas la première à le lui dire, mais précisément, Roy avait toujours cru qu’elle le soutenait dans son évolution. Qu’elle lui balance un sous-entendu à ce sujet, même sous le coup de l’agacement, le blessait plus qu’il n’acceptait de le laisser paraître. Mais son regard noir et son ton ne tromperaient pas la jeune femme : elle avait bien réussi à le vexer.

« Fut un temps où je n’avais pas de casino à gérer, ni de relations à préserver et où je pouvais effectivement me permettre de me payer la tête de qui je voulais, mais ce n’est plus le cas. Et tu sais quoi ? Toi non plus, il me semble. »

Pas depuis qu’elle avait rejoint le cercle fermé des fidèles du régime, dont Mildred faisait partie, qu’elle le veuille ou non.



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Le ton qu'employa Roy pour lui faire remarquer que ce n'était, selon lui, ni le lieu ni le moment pour s'en prendre à Mildred fit tiquer Isobel qui lui renvoya un regard ombrageux, agacée. Aux dernières nouvelles, elle n'avait pas besoin de son autorisation pour faire ce qu'elle voulait et il n'avait aucune remarque à lui faire sur quoi que ce soit. Elle retint néanmoins sa remarque à ce sujet, pas vraiment désireuse de se disputer avec lui ce soir. Dans les faits, elle pouvait comprendre qu'il soit contrarié par la situation et elle pouvait entendre qu'il n'était pas vraiment ravi de tout cela, il lui suffisait de prendre un peu de recul et de bonne foi, ce dont elle manquait souvent – toujours – lorsqu'elle était contrariée.

La manière dont Roy reposa brusquement sa Gobière sur le comptoir à la suite de sa remarque agacée signa sûrement le glas de sa soirée tranquille, au vu de la manière dont il la regarda. Lassée et contrariée par cet échange tendu, Isobel soutint son regard, peu désireuse de lâcher le morceau. Il était vexé et pourtant, elle n'en n'éprouvait pas vraiment de remords : c'était lui qui avait commencé à lui prendre la tête sur le sujet, qu'il ne s'étonne pas qu'elle l'envoie sur les Filets du Diable. La manière qu'il eut de lui asséner qu'il avait désormais des responsabilités, sur un ton péremptoire, et sa petite conclusion moralisatrice terminèrent d'énerver Isy qui se tourna définitivement vers lui.

- Tu me fais quoi là, Roy ?

Car il n'était pas vraiment dans leurs habitudes de se parler ainsi, eux qui avaient toujours été sur la même longueur d'ondes et qui communiquaient d'habitude avec une aisance certaine. Six ans qu'ils se connaissaient et jamais de problème entre eux... Jusqu'à ce soir, visiblement.

- Tu vas m'apprendre à gérer ma vie ? Trop généreux à toi, je me demande comment j'ai fais jusque là sans tes conseils avisés.

Elle était cinglante et agressive mais clairement, ce n'était pas la période pour venir la contrarier. Elle était d'une humeur exécrable, tout allait de travers dans sa vie et elle n'avait sûrement pas envie de gérer par dessus les remarques de Roy.

- Me prends pas la tête ce soir s'il te plaît, c'est pas le bon moment.



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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Ce qu’il lui faisait ? Très bonne question, et Roy avait envie de poser la même à Isobel. De mémoire, il ne s’était jamais disputé avec elle. Des paroles sur un ton peu tendu, sûrement, mais tout aussi vite évaporées qu’elles avaient pu arriver. Cette fois, ce n’était pas juste un peu de tension bénigne dans l’air, Roy sentait une quantité non négligeable de mauvaises ondes entre eux, et Merlin, il n’aimait pas du tout. Isobel était presque comme sa jumelle de pensée, les mêmes détails leur sautaient aux yeux pour les faire se gausser en même temps, les mêmes choses les agaçaient, leurs réactions étaient similaires face à des situations difficiles, bref, la complicité qui les liait était précisément ce qui rendait leur amitié si forte. C’était incroyablement réconfortant d’avoir une personne comme elle dans son entourage qui le connaissait si bien et pouvait le comprendre sans même qu’il ne parle. Alors Roy n’aimait pas du tout de voir que cette entente si remarquable pouvait se révéler fragile, comme un mythe pouvait s’effondrer.

Partagé entre la conscience de cette impasse vers laquelle ils fonçaient, et l’envie d’avoir le dernier mot, la langue de Roy finit par répondre pour lui, du tac au tac :

« Et tu crois que c’est le bon moment pour moi ? J’ai des emmerdes d’ici jusqu’au pas de ma porte et chaque jour, y a un paquet qui vient se rajouter, alors j’ai pas besoin que tu t’y mettes aussi. »

Surtout elle, bon sang, geignait faiblement une voix, en son for intérieur. Pas sa meilleure amie, il avait déjà perdu le premier. Mais à cet instant, Roy était plus enclin à donner de la voix à la part de lui qui se sentait outré, presque trahi de l’attitude d’Isobel qui, jusque là, n’avait même pas émis l’ombre d’un « Oui, c’est vrai que j’ai abusé pour le coup », qui aurait suffi à calmer l’agacement premier de Roy face à cette situation qui mettait à mal ses affaires. Ils auraient cherché une solution pour s’arranger ensemble, et tout se serait fini dans le meilleur des mondes, mais Isobel ne semblait visiblement pas encline à faire cet effort. Loin d’accepter de la lâcher si facilement, Roy croisa les bras, derrière une dure posture défensive.

« Reconnais-le. T’as même pas pensé que ça pouvait m’atteindre moi aussi avant de satisfaire ta petite vengeance. »



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Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Des problèmes, ils en avaient tous les deux visiblement et cela ne les rendait pas d'excellente humeur. En temps normal, ils étaient assez ouverts sur le sujet et il n'était même pas rare qu'ils se viennent en aide mutuellement mais cette fois-ci, du côté d'Isobel, cela touchait à des choses tellement personnelles et intrinsèques qu'elle n'osait même pas s'en ouvrir totalement à Roy. Il avait fallu que Abel débarque brusquement dans sa vie, la chamboulant bien plus qu'elle ne l'aurait voulu, pour qu'elle lui donne quelques clés de compréhension de son passé. Durant des années, elle avait gardé le silence volontairement et cela n'était toujours pas à l'aise avec le sujet. Surtout qu'en plus d'Abel, elle avait dû faire face à sa mère et tout ce qui concernait Sophie touchait Isobel encore plus profondément que le reste. C'était pour cela qu'elle ne lui avait toujours rien dit concernant leur conversation d'ailleurs et ce n'était sûrement pas ce soir qu'elle le ferait au vu de la tension qui s'était installée entre eux.

Ils auraient presque pu l'évacuer à ce stade de la conversation, s'ils avaient ravalé leurs mots amers et avaient un peu appris à se taire. Ils auraient presque pu encore sauver la soirée... Avant que Roy ne prononce la phrase de trop. Cette fois-ci, ce fut à Isobel de reposer brusquement son verre sur le comptoir, le regard flamboyant et le cœur blessé. L'insulte à peine voilée qu'il lui servit lui fit bien plus de peine qu'elle ne voulait l'admettre et qu'elle ne le reconnaîtrait jamais. Roy et elle n'avaient jamais eu ce genre de problèmes, tout simplement parce qu'ils se comprenaient. Là où les autres pointaient du doigt un vice ou une défaillance, ils comprenaient tout simplement la logique de l'autre et de mémoire, ils ne s'étaient jamais blâmés pour quoi que ce soit.

A cet instant précis, l'accusation de Roy sonnait douloureusement à ses oreilles comme un rappel du discours que n'avait de cesse de lui servir Abel et ce n'était pas quelque chose qu'elle était prête à entendre. Isy n'avait pas bon caractère, elle n'était pas une sainte, les justifications de ses actions n'étaient jamais comprises que par elle, ses valeurs n'étaient souvent que les siennes et on finissait par lui en vouloir, si ce n'est la haïr, songea-t-elle en pensant au regard flamboyant d'Abel. Personne n'avait jamais compris... Sauf Roy. Jusqu'à présent du moins. C'était déjà bien assez suffisant de l'entendre de la part de sa mère et d'Abel, elle n'avait certainement pas besoin de l'entendre de la bouche de celui qui était depuis des années son seul véritable allié, soutien, ami. Pourtant il n'avait pas foncièrement tort : aveuglée qu'elle était par sa volonté de vengeance, par l'idée qu'elle devait rendre la monnaie de sa pièce à Mildred, elle n'avait pas réfléchi aux retombées que cela pourrait avoir sur les Folies et sur Roy, par définition. Elle s'était engoncée dans ce projet tête baissée sans penser aux conséquences, bien trop désireuse à la fois de se venger mais également, mais surtout, d'avoir du contrôle sur quelque chose, d'être maîtresse de quelque chose alors tout le reste dans sa vie semblait partir en vrille.

- Mais putain, Roy ! jura-t-elle dans un éclat de voix.

Elle était blessée, énervée et surtout, éprise de ce désagréable pressentiment que tout cela allait mal finir, sans pour autant qu'elle songe à calmer le jeu, portée par son emportement.

- Tu veux vraiment qu'on se lance dans ça ? Tu me traites d'égoïste ? T'es bien placé, tiens, cracha-t-elle. C'est certain que t'es le plus grand des altruistes, regarde-moi ça, tu prends bien de ton précieux temps au Casino pour venir me faire le grand honneur de ta sagesse exemplaire.

D'habitude, lorsqu'ils se lançaient dans des sarcasmes, c'était rarement l'un contre l'autre ou en gage d'affection. Mais cette fois-ci, la voix caustique d'Isobel ne dissimulait aucune tendresse.

- Tu veux vraiment savoir ? Non, j'ai pas pensé à toi dans tout ça, désolée que tu ne sois pas au centre de tout ce que je fais ! Mais c'est pas la mort, il est encore debout ton casino, finit-elle par balancer d'un air mauvais, ses doigts crispés autour de son verre qu'elle avait repris.


Isobel Lavespère
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Crispé sur sa chaise, Roy se sentait profondément… déstabilisé. Il était venu dans l’optique de râler et trouver des conseils auprès d’Isobel, quelque chose de parfaitement routinier donc, et il se retrouvait dans une situation qu’il n’aurait jamais cru arriver un jour. S’il y avait une personne de son entourage qui ne lui avait jamais rien reproché, c’était bien elle. Et il ne s’était jamais questionné plus que cela à ce sujet, c’était la relation qui s’était naturellement installée entre eux. De la même façon qu’ils n’avaient jamais cherché à sortir ensemble, ils ne s’étaient jamais non plus disputés sur quoi que ce soit, comme s’ils avaient tacitement décidé d’éviter toute source de prises de tête entre eux.

Et voilà qu’ils se prenaient maintenant la tête sur un sujet… stupide, il fallait le reconnaître. Au fond, si les circonstances avaient été différentes, s’ils n’avaient pas été tous les deux dans une période délicate de leur vie, la conversation se serait déroulée différemment. Depuis la rencontre avec ses confrères mafieux, Roy était tellement sur les nerfs, et tellement à l’affût de ce qui était potentiellement une source de menace pour lui qu’il se montrait trois fois trop susceptible, sans s’en apercevoir. Cette situation était absurde, il ne se méfiait pas d’Isobel, il n’avait aucune raison de la voir comme une ennemie, et pourtant il l’agressait comme si elle avait personnellement voulu porter un coup à ses affaires. A cet instant, il n’avait pas le recul nécessaire pour se rendre compte du non-sens de cette situation, tout ce qu’il voyait était cet esprit embêtant qui traînait dans les parages par la faute d’Isobel, l’absence totale d’excuses de la jeune femme, et surtout, son agressivité piquante et blessante dans ses paroles. Pour Roy qui avait la répartie presque automatique, il était difficile de contenir la verve qui lui montait à la gorge, désormais.

« Encore heureux, rétorqua t-il alors qu’elle se défendait que son casino était toujours sur pieds. Et j’aimerais bien qu’il le reste, donc si tu pouvais nettoyer tes conneries, ça m’arrangerait. T’es mignonne à frapper du pied, mais moi aussi je peux râler des « putain » et faire des sarcasmes juste parce que je suis de mauvais poil. En attendant c’est toi qui a déconné, et j’ai toujours pas entendu l’ombre d’une excuse. » termina t-il, son regard fusillant celui de la sorcière.

Il n’était pas ravi du tout d’avoir cette discussion avec Isobel, mais il n’allait pas non plus la laisser l’insulter de nombriliste derrière les lignes et sous ses airs outrés, alors que c’était elle la fautive et que c’était elle qui avait commencé à lui lancer des remarques désobligeantes.



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Est-ce que Isobel était en tort ? Carrément, largement, évidemment. Est-ce qu'elle avait envie de le reconnaître pour autant ? Bien sûr que non. Évidemment que lancer un esprit vengeur sur Mildred n'avait rien d'une idée brillante et elle aurait pu prévoir les retombées sur Roy, qu'elle n'avait jamais souhaité. Si elle avait été de meilleure composition – et qu'on se le dise, elle était exécrable en ce moment – elle se serait excusée auprès de son ami et aurait essayé d'arranger les choses, sans même forcément lever le sort en entier (bien que toute personne raisonnable l’eusse fait) mais le confiner du côté des locaux de Multiplettes et des appartements de Mildred par exemple. Malheureusement, ce soir-là, elle n'avait aucune envie d'être de bonne volonté et le ton condescendant que Roy employait face à elle ne l'aidait pas vraiment à être dans de meilleures dispositions.

Elle n'aurait pas dû s'emporter comme cela, élever la voix ou être aussi agressive, elle se montait la tête en épingles pour rien mais n'avait pas le recul pour s'en rendre compte. Elle était à fleur de peau et la moindre remarque était amplifiée, aussi l'ironie mordante de Roy – qui aurait même pu la faire sourire en temps normal – ne lui donnait envie que de rendre au centuple ce qui lui envoyait. Au « T'es mignonne », elle l'assassina littéralement du regard, pas intimidée pour un sou mais toujours aussi agacée. Et dire qu'il aurait suffit de quelques excuses légitimes pour faire redescendre la pression... Son orgueil lui interdisait néanmoins de reconnaître ses torts et la voie qu'avait pris la discussion – dispute – ne l'aidait pas à brimer ce défaut.

- T'as peut-être l'habitude de jouer les petits chefs avec tout le monde, mais change de ton avec moi, répliqua-t-elle aussitôt. Je ne suis pas un de tes Veilleurs.

Quasiment tous les amis de Roy travaillaient pour lui, alors forcément... songea Isobel avec mesquinerie.

- J'ai peut-être déconné, comme tu dis, mais je nettoierai mes « conneries » quand bon me semblera et crois-moi, ajouta-t-elle en le jaugeant du regard, c'est certainement pas ce soir.


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Roy tiqua à la réplique d’Isobel, qui avait décidément le chic de lui renvoyer des critiques qu’il avait déjà entendues de la part d’autres. Ce petit « tu n’as pas à me donner d’ordres » lui rappelait désagréablement ce que Sofya lui avait déjà dit un mois plus tôt, quand ils avaient eux aussi frôlé l’incident diplomatique. Voilà ce que cela donnait quand vie professionnelle et vie privée était si étroitement imbriquées. C'était peut-être une erreur que Roy avait fait de mêler autant ses amis à ses affaires. L'équilibre qui existait auparavant quand ils étaient juste associés à un pied d'égalité semblait chaque jour trembloter un peu plus, sous la puissance de la voix de Toni quand il contestait Roy, l'indignation qui sifflait dans celle de Sofya quand elle rétorquait qu'elle était libre de le planter. Et maintenant, dans le sarcasme suintant d'Isobel quand elle répliquait qu'il commençait un peu trop à jouer les petits chefs avec elle aussi. Merlin, cela n’allait pas du tout. Il n’avait aucune envie de griller les limites avec elle, comme il avait pu le faire avec tant d’autres de ses proches auparavant. Il n’était pas prêt à perdre l’un de ses soutiens les plus infaillibles. Pour une fois, Roy ressentit une espèce de sentiment de retenue qui le fit retenir sa respiration, au moment où il allait encore répondre quelque chose d’impulsif. Il défia Isobel du regard silencieusement, comme s’il attendait de voir si elle allait rajouter quelque chose ou non, mais elle semblait considérer que son refus d’obtempérer était sa conclusion définitive.

Roy se leva de sa chaise, la mine toujours fermée. Son ton fut moins agressif qu’il avait pu l’être jusqu’alors, mais son regard pas moins sombre, en revanche.

« Tu aurais été un de mes Veilleurs, je t’aurais foutue dehors, mais tu sais quoi ? Reste, finis ton verre, profite bien de ce bar que t’aimes tellement squatter tant qu’il est toujours là. Rengorge-toi dans ta petite fierté à deux Mornilles, je m’en tape. J’ai pas besoin de toi, je vais trouver une autre solution qui me coûtera moins cher en perte de temps avec une diva capricieuse. »

Sur ces mots, il tourna les talons d’un pas fulminant. S’il pouvait la faire culpabiliser au passage, il ne crachait pas dessus, car il était bien plus blessé par la situation que ne le laissait paraître son froid agacement. Il avait tout gagné, décidément. Le problème n’était toujours pas réglé et il s’en était ajouté un deuxième : une écorchure dans cette amitié qui lui avait semblé indestructible. Un pet sur les atomes crochus, un brouillage des ondes, une vengeance mesquine du karma, peut-être, il ne savait pas trop ce qui s’était passé. Il avait préféré arrêter les frais avant de voir jusqu’où ils pouvaient creuser le trou. Avec un peu de chance, les choses se rétabliraient toutes seules... Car soyons clairs, Roy n’avait pour le moment aucunement l’intention de faire autre chose qu'attendre de voir, et surtout pas de s’excuser.



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Isobel observa Roy se lever avec une certaine animosité, soutenant toujours son regard sombre qu'elle lui retournait largement. Elle ne tiqua pas lorsqu'il lui balança sa dernière diatribe même si intérieurement, les mots durs de son ami l'atteignirent. Ils ne s'étaient parlé comme cela et surtout, ils ne s'étaient quittés comme cela. Que Roy affirme qu'il l'aurait fichue dehors et qu'il n'en n'avait rien à faire de ce qu'elle pourrait faire la marqua plus qu'elle ne l'aurait voulu, même si elle n'en laissa rien paraître, bien trop drapée dans sa fierté et dans la colère qu'elle ressentait également à son égard. Elle retint une dernière provocation jusqu'à sa pique finale, lorsqu'il la traita de diva capricieuse. Égoïste et capricieuse, allons bon, songea Isobel avec colère, c'était à se demander comment ils avaient pu se dire amis toutes ces années, n'est-ce pas ? Glaciale, elle ne résista pas à la dernière apostrophe, juste pour le provoquer, juste pour l'énerver un peu plus, comme si cela allait compenser le fait qu'il l'ait réellement blessée.

- Bonne chance pour ça alors, je suis sûre que tu te dégoteras une sorcière comme moi en claquant des doigts !

Elle n'était même pas certaine qu'il l'ait entendu et elle retint une flopée de juron en se tournant de nouveau vers le bar. Elle resta là quelques minutes, les yeux fixés sur le fond de son verre, regrettant déjà ce qui venait de se passer. Elle se sentait mal : depuis quand est-ce qu'ils se disputaient, eux ? Et comment est-ce qu'ils avaient pu en arriver là en si peu de temps ? Rageuse, elle déposa quelques pièces sur le comptoir et se leva, furieuse contre Roy, furieuse contre elle, furieuse contre eux. Lorsqu'elle quitta les Folies, elle n'avait même pas terminé son verre.

FIN DU RP


Isobel Lavespère
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American Horror Story [Isobel & Roy]

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