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 Treize à la douzaine [Calder-Rosebury-Reyes]

MétamorphomageMolduavatar
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30 juin 2009, dans une maison de campagne du pays de Galles


Isabella Calder, 77 ans, grand-mère des enfants Calder et Rosebury


Il y avait dans la posture d’Isabella quelque chose de d’abord infiniment maîtrisé. Elle faisait partie de ces personnes qui inspiraient le respect immédiatement, sans avoir à attirer l’attention sur elle. Nulle agitation dans les gestes de cette matriarche, chez qui tout semblait d’une fluidité extrême : de sa façon de se mouvoir dans une lente assurance à sa manière de parler, claire, d’un espagnol élégant, ou d’un anglais plus approximatif, mais doux. En cela, elle n’avait jamais eu à hausser le ton pour se faire entendre, ce qui relevait d’une prouesse assez remarquable quand on considérait quelle famille elle avait à éduquer. Quelles fortes têtes, quels enfants fougueux, quels adolescents manipulateurs, quels adultes têtus elle avait vu évoluer sous ce toit… Ses petits-enfants avaient grandi, mais par Merlin, l’âge ne les avait pas tous rendus plus sages. Oh il y avait ceux pour qui elle savait que c’était perdu d’avance dès la naissance, le tout premier pour ne citer que lui, l’aîné loin d’être exemplaire, le Roy à peu près aussi attachant que turbulent lorsqu’il était enfant s’était très vite classé dans la liste de ces petits diablotins qui avaient ce gène vous faisant dire « Lui, c’est bien un Calder ». Marcia, sa propre fille, était du même moule. Une tête dure, une tête à claques, elle ne savait comment la qualifier précisément mais une chose était sûre, c’était une tête qui avait ressenti le besoin de se cogner partout, avant de tomber sur cet adorable Lewis Rosebury, le seul chou à la crème de cette famille. Pas tout à fait le seul, il y avait Eden, aussi, une jolie enfant. Mais les autres… Ce n’était même pas la peine.

Isabella était une femme dont la force mentale et le caractère n’étaient plus à démontrer, mais il n’empêchait qu’à soixante-dix sept ans, elle aspirait à autre chose qu’à courir après cette bande de petits chenapans. La première génération de ses petits enfants avait déjà bien grandi, et dépassé depuis bien longtemps ce seuil où elle pouvait intervenir, pour atteindre leur âge responsable. Mais parce qu’elle était une femme profondément consciencieuse, et attachée à cette famille dont elle était la doyenne, elle gardait encore un oeil attentif sur chacun d’entre eux, et s’il fallait être honnête, plus particulièrement sur cette petite génération sortie de Poudlard, les vingtenaires qui n’avaient pas dit leur dernier mot, elle le sentait bien. Son instinct lui soufflait qu’une enfant comme Carla était loin d’avoir fini de les surprendre, qu’un garçon comme Adrian ne faisait que semblant de se reposer sur ses lauriers, pendant qu’il menait ses propres calculs. Quant aux jumeaux Julius et Santino, Isabella n’était pas dupe : deux véritables canailles se cachaient sous leurs airs indolents.

Tant de personnalités multiples, qui avaient longtemps fait l’animation, les cris et les joies de cette maison de campagne galloise, qui ne suffisait plus pour accueillir tout le monde sans déborder dans le jardin. Les occasions de se réunir au complet étaient finalement rares, la dernière en date avait été le mariage d’Eden. Aujourd’hui, c’était une fête pour l’anniversaire et le tout frais diplôme de médicomagie d’Irina. L’occasion était peut-être moins prestigieuse qu’un mariage, mais Isabella avait insisté pour organiser ce petit évènement, en tenant à ce que tous soient là. Elle avait toujours eu une bonne intuition, une bonne empathie avec ce qui pouvait l’entourer. Toutefois, il n’y avait pas besoin de disposer de don particulier pour sentir que les choses se troublaient dans ce pays et changeaient ses habitants. Comme en temps de crise, et Merlin savait qu’elle s’y connaissait sur le sujet, puisqu’elle avait fui un pays en guerre pour s’installer ici, Isabella avait besoin de sentir les siens soudés, proches d’elle, sous sa tutelle. Et surtout sous son regard sondeur aiguisé.

Pour le moment, les seules choses à superviser tenaient dans l’organisation de l’espace, et la préparation du déjeuner. Toute la marmaille n’était pas encore arrivée mais il y avait bien assez de monde pour tendre la tente de jardin, pour ne pas dire qu’ils étaient quatre dessus et tout autant autour à regarder que les choses se fassent. Refus de collaborer dans la cuisine ? Ah, Isabella allait vite régler la question.

« Carla, Julius, Santino, les interpella t-elle de sa voix tranquille. Dans la cuisine. On a besoin de mains. »

Et gare à eux s’ils faisaient mine de ne pas l’avoir entendue. La matriarche n’attendit pas de voir leur réaction toutefois, se contentant de revenir à l’intérieur, jusque la cuisine où le duo de cordons bleus de la maison s’affairaient, Eden et son père, sans grande surprise, ainsi qu’Elena. Interrompant l’aimable conversation qui se tenait là -ah, des adultes responsables capables de converser sans crier ou se charrier- Isabella s’approcha pour ôter doucement des mains d’Eden la spatule qu’elle tenait.

« Basta, déclara t-elle en posant l’objet sur la table, avant de déposer sa main sur la taille de sa petite fille. Viens m’accompagner dans le jardin, laisse les autres s’occuper de tout ça, tu vas finir par avoir le dos qui tire, à rester toute la journée debout. »

C’est que le ventre d’Eden s’arrondissait perceptiblement maintenant, à cinq mois de grossesse, il était difficile d’en ignorer la présence. De cette douce autorité qui la caractérisait, Isabella entraîna sa petite fille jusque la terrasse en bois sous son porche, comme un petit salon extérieur qu’elle affectionnait particulièrement en été. Face à elles, la scène de la tente de jardin se tenait, mais ses protagonistes étaient suffisamment loin pour qu’elles puissent discuter en toute tranquillité. Une fois toutes les deux assises sur une chaise, Isabella posa sa main sur celle d’Eden, d’un geste presque protecteur.

« La question va peut-être te paraître étrange, ma chérie, mais j’ai besoin de savoir comme ma petite-fille vit sa première grossesse. Son expression de visage, toujours fidèle à elle-même, avec juste un petit sourire pour en casser le flegme. Est-ce que tu es heureuse en ce moment ? »

Une question qui en sous-tendait de multiples autres, concernant tout l’environnement d’Eden. Isabella savait bien à quel point une grossesse pouvait bousculer une vie. Jusque là, celle de la jeune femme avait toujours semblé rose et radieuse, jamais il n’avait été donné à Isabella de voir un rayon de soleil tel qu’Eden, mais il n’existait pas de bonheur total et infini. La vie changerait forcément de couleur un jour ou l’autre pour sa petite fille, temporairement ou pas, et il semblait à Isabella que cette période était l’une des plus cruciales que pouvait connaître une femme, le genre de période qui pouvait marquer un tournant. Qu’en était t-il pour Eden, pour son épanouissement personnel, sa vie professionnelle, sa future vie de famille, et sa vie de couple encore toute jeune ?

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Carla Rosebury, 20 ans

Carla n'était pas paresseuse, non. Elle avait juste l'art et la manière d'économiser ses forces, particulièrement lorsqu'elle était fatiguée et à cet instant très précis, elle l'était. Il était bien trop tôt pour elle - c'est-à-dire avant quatorze heures - et elle s'était couchée moins de cinq heures auparavant, sur les coups de sept heures du matin. Confortablement vautrée dans une chaise de jardin, un bras sur la tête pour cacher ses yeux du soleil, elle somnolait depuis qu'elle était arrivée. Elle entendait bien l'agitation un peu plus loin pour installer la tente, les cris des plus petits qui se poursuivaient, mais tout cela lui passait au dessus de la tête comme un Nimbus 2005 dans un stade. Sa présence était déjà quelque chose de mémorable, il ne fallait pas venir en plus lui demander quelque chose.

Ce n'était pas qu'elle avait l'habitude de sécher les réunions de famille - pas comme certains - mais s'extraire de son lit ce matin relevait du petit miracle. A vrai dire, elle ne l'aurait même pas fait si un Patronus d'Alma n'était pas venu lui vriller les oreilles, la tirant de sa couette dans un sursaut. Elle s'était habillée avec les premiers trucs qui lui étaient tombés sous la main - s'endimancher ? Elle ne connaissait pas - et avait transplané presque à tâtons, encore toute ensommeillée. Faire le tour des présents lui avait demandé beaucoup trop d'énergie - quelle idée de faire autant de gamins, aussi - et avait fini par s'échouer sur une chaise avec Santinus et Julio, à prendre le soleil. A vrai dire, elle aurait pu rester là des heures encore à récupérer de sa nuit et de sa soirée de la veille si la voix de sa grand-mère n'avait pas retenti pour les faire aider un peu la famille qui s'activait.

- Huuumpf, nooon, marmonna-t-elle en s'enfonçant un peu plus dans sa chaise. Pas envie.

Elle n'avait même pas ouvert un œil en disant cela, accompagnant son assertion d'un profond soupir. A vrai dire, elle poussa même le vice jusqu'à étendre ses jambes sur celles de Julius, signe qu'elle ne bougerait pas. Eden était déjà en cuisine, c'était bien suffisant et tout le monde savait qu'on ne se mettait pas dans les pattes de sa grande sœur lorsqu'elle cuisinait. Pour une fois qu'elle appliquait les règles... Calant sa nuque sur le dossier de la chaise, elle donna un léger coup dans le vide, même si elle avait visé Santino à la base, pour faire bouger son cousin.

- Vas-y, toi.

Il fallait bien qu'il serve à quelque chose, non ? Elle s'apprêtait à reprendre sa petite sieste lorsqu'une voix aigüe leur tomba dessus, tirant une grimace à Carla.


Maria Rosebury, 25 ans

- Non mais vous vous fichez du monde ?

Les mains sur les hanches, Maria venait faire de l'ombre au trio de plantes vertes qui occupaient les chaises de jardin. Son regard flamboyant passait de ses cousins à sa petite sœur, les défiant de répliquer quoi que ce soit : elle connaissait bien leurs petites insolences mais avec elle, les choses avaient intérêt à filer bien droit. Elle n'était pas tyrannique : elle savait juste imposer son autorité et c'était d'abord en famille qu'elle avait appris à le faire. Cela servait dans plein de domaines d'ailleurs : elle avait été préfète de Serdaigle et tenait ses classes de primaire de la Cité Cosmos d'une main de maître, ou plutôt de maîtresse. Les élèves récalcitrants, elle en avait l'habitude et elle en avait justement sous les yeux trois autres exemples qui avaient pourtant, en théorie, passé l'âge d'être des enfants. Donnant un coup de genou dans les jambes de Carla installées sur celles de Julius, elle croisa ses bras sur sa poitrine.

- Vous n'avez pas entendu mamie ? Allez, bougez-vous ! Vous n'êtes pas à l'hôtel, c'est pas possible ça ! Y'a plein de choses à faire !

Elle tira légèrement sur la chaise de Santino pour accentuer ses paroles avant de leur jurer qu'ils avaient bien intérêt à se remuer le derrière en direction de la cuisine, chemin qu'elle prit elle-même, s'y glissant quelques secondes après sa grand-mère. Ils exagéraient tout de même et avaient intérêt à ne plus traîner ! Est-ce qu'elle prenait le temps de faire une petite sieste ou de se détendre, elle ? Non et pourtant, elle bossait toute la semaine ! Elle s'investissait beaucoup dans son métier et dans l'école et elle aussi aurait préféré dormir un peu plus longtemps ce matin. Mais non, elle était venue tôt pour aider, pour saluer tout le monde  - croisant Roy avec surprise - pour s'investir dans la famille. Est-ce qu'on la remerciait pour cela ? Merci Maria de tout ce que tu fais ? Même pas ! Soupirant, elle adressa tout de même un sourire à son père qui s'attelait à la préparation des légumes tandis que Isabella envoyait Eden se reposer. Reprenant la spatule de sa sœur, Maria se positionna devant la gazinière pour prendre sa suite. Et est-ce qu'on irait la remercier pour cela ? Toujours pas !


Eden Rosebury, 29 ans

Eden aimait sa famille et rien ne la rendait aussi profondément heureuse que de la voir. Les moments qu'ils passaient tous ensemble étaient ses préférés et les cris de joie qu'elle avait poussé en recevant l'invitation de sa grand-mère avait dû être entendus à des kilomètres. Fêter l'anniversaire de sa petite Irina ? Merveilleux ? Fêter son diplôme de Médicomagie ? Encore plus fantastique ! Elle s'était levée tôt pour préparer un dessert somptueux - empli de crème, de fruits de saison et de chocolat blanc - afin qu'elle puisse l'apporter à toute sa famille et voir tous leurs petits minois réjouis. Elle avait longuement salué et embrassé tout le monde, plus particulièrement Irina, prenant des nouvelles de chacun. Elle avait joué avec les enfants de Diego et Ruben, leur avait offert quelques confiseries maison et était allée s'installer dans la cuisine avec son père et sa tante Elena pour attaquer la confection du repas. Elle était heureuse de pouvoir aider, de voir tout le monde réuni, cela lui faisait chaud au cœur et elle avait hâte que ses enfants connaissent cela aussi, songeait-elle avec une tendresse certaine pour le bébé qu'elle portait. En attendant, son Jimmy était dans le jardin, sûrement à plaisanter avec toute la famille. Il était tellement aimé ! Il avait su conquérir leurs cœurs comme il avait eu le sien et voir tous les gens gens qu'elle aimait réunis la rendait au comble de l'euphorie. Elle avait pu revoir ses cousins chéris, de Roy, Jason, Irina et Adrian à Matias, Ruben, les jumeaux ou Diego, ses oncles et tantes, ses sœurs adorées qui étaient revenues de Poudlard pour Felicia et Isadora ou la nouvelle génération.

L'arrivée de sa grand-mère lui tira un sourire mais ce fut avec regret qu'elle reposa sa spatule, jetant un regard à son plat.

- Oooh mais je peux le faire, je t'assure !

Après tout, elle était encore debout toute la journée au travail. Elle rechignait encore un peu à abandonner ses précieuses pâtisserie bien qu'elle ait foi en ses employés et y passait encore beaucoup de temps malgré sa grossesse qui avançait. Son Jimmy aurait voulu qu'elle reste à la maison - il était adorable à s'inquiéter - mais Eden n'avait pas encore envie de changer ses habitudes. La naissance bouleverserait beaucoup de choses et elle préférait profiter de son travail tandis qu'elle le pouvait encore pleinement. Néanmoins, elle ne protesta pas lorsque Isabella l'entraîna dehors, remerciant du regard Maria qui venait prendre sa suite. Elle la suivit jusque sur la terrasse, s'asseyant avec un soupir de soulagement, ses mains vernies de rose trouvant naturellement la courbe de son ventre pour s'y reposer jusqu'à ce que celles de sa grand-mère viennent les couvrir. Sa question la surprit mais l'attention la fit fondre et elle adressa un grand sourire à Isabella, serrant ses mains dans les siennes.

- Tout va bien, ne t'en fais pas ! Tout est merveilleux ! Jimmy est très heureux d'être de nouveau père, même s'il est très occupé en ce moment.

Il passait beaucoup de temps en dehors de la maison mais Eden essayait de se rassurer : il était normal que la grossesse fasse un peu peur aux hommes, son mari adoré avait une réaction tout à fait masculine, ou du moins, c'était ce que maintenait Sorcière Hebdo.

- Je suis un peu embêtée de délaisser les Paradis d'Eden mais... Ce n'est rien face au plaisir d'une famille, non ?
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Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Pour être honnête, la dernière réunion de famille que Roy n’avait pas boycottée remontait à… Il ne savait plus exactement, mais bon, il avait été présent pour le mariage d’Eden l’an dernier, déjà. Certes, il était arrivé en retard, et avait fait en sorte de ne pas trop se faire remarquer -le milieu familial, seul endroit où Roy ne cherchait pas à être au centre de l’attention- mais il avait signé la soirée de sa présence, alors même qu’il s’était persuadé qu’il ne viendrait pas. Il se trouvait toujours dans cet entre-deux délicat avec sa famille, entre le sentiment qu’il n’était pas à sa place, et celui qu’il faisait définitivement partie des leurs. Il n’était pas facile pour un garçon élevé dans une famille si nombreuse, où le sens même de famille était érigé au nom de principe, de renier complètement la part qu’ils prenaient dans sa vie. Il n’y arrivait pas, tout bonnement, il y avait toujours un moment où il finissait par revenir, et il gardait des liens plus ou moins distendus avec certains, Adrian, Irina, Carla, notamment. Et réciproquement, même si ses propres parents désapprouvaient clairement ses choix de vie, la porte lui restait toujours ouverte. Il en fallait beaucoup pour désunir leur fratrie.

Les choses avaient un peu changé cette année, concernant Roy. Tant qu’il restait un obscur trafiquant louche des quartiers de Bristol, il faisait ses affaires dans son coin, éloigné de sa famille plus par habitude et confort qu’autre chose. Maintenant qu’il était devenu une sorte de personnage public, Roy n’avait nul personnage ermite derrière lequel se cacher. Ses parents, ses frères, ses cousins, tous savaient qu’il gérait le casino des Folies Sorcières, et se doutaient plus ou moins qu’il n’avait pas arrêté le trafic pour autant. Mais comme toujours, la langue de bois était la règle, et le sujet, volontairement éludé. Cela faisait un certain temps qu’ils avaient compris qu’il ne servait plus à rien de raisonner Roy et qu’à trop essayer, ils allaient tout simplement le perdre. Quoiqu’il en soit, sa nouvelle activité de gérant l’avait en quelque sorte placé sur le devant de la scène. Il ne pouvait plus contrôler comme avant ce que ses proches savaient de lui, et il savait que cette nouvelle situation les rendait mitigés, entre ceux qui étaient agréablement surpris, ceux qui ne savaient que trop penser, et ceux que le flou autour de l’éventuel reste de ses activités maintenait méfiants.

Dans tous les cas, Roy avait changé de statut, passant de ce voyou fugitif et nébuleux à un négociant aux affaires relativement sérieuses. Et c’était la première fois qu’il se présentait au milieu de sa famille au grand complet depuis ce changement, il ne pouvait donc nier qu’une petite pointe d’appréhension s’accrochait au fond de lui. Petite seulement, car au fond, Roy saurait se redresser face aux reproches : n’était t-il pas encore debout, depuis dix ans ? Il avait décidé de faire plaisir à sa soeur en venant aujourd’hui, en premier lieu, mais autre chose l’avait poussé. Un peu comme au Noël dernier, après sa violente dispute avec Klemens, il ressentait le besoin de revenir vers sa famille ces derniers temps. Malgré tout ce qu’il pouvait laisser croire, dire ou faire, Roy n’était pas toujours capable de tout gérer seul. Sa nouvelle vie de chef de gang lui apportait une quantité phénoménale d’adrénaline, mais surtout une pression telle qu’il n’en avait jamais connue jusque ici. Paradoxalement, alors qu’il n’avait jamais été aussi enfoncé dans ses ténèbres, il n’avait jamais non plus autant eu l’impression qu’il pouvait être proche de sa famille. Qu’il le devait. Trop de choses imprévues et délicates s’étaient produites, le départ de Klem, l’attaque d’Irina, le rapprochement de Carla… C’était tout bête, mais Roy ressentait comme tout le monde le besoin de revenir à ses sources de temps en temps, et de s’assurer que l’un des seuls piliers solides sous-jacents à son actuelle vie bancale n’était pas en train de s’effondrer.

Il arriva donc dans la matinée dans le domicile de sa grand-mère, seul domaine assez grand pour accueillir leur famille, et surtout, symbolique. Isabella l’accueillit la première d’une de ses étreintes dont elle avait le secret, brève mais puissante de réconfort, il y avait toujours eu un pouvoir de bienveillance chez cette femme, qu’elle dispensait pour sa petite fratrie avec un naturel et un calme désarmants. Roy venait de saluer tous ceux qu’il avait trouvés à l’intérieur, et son sourire s’était agrandi en apercevant sa soeur, resplendissante de bonne humeur dans cette journée faite pour elle. La tête que fit Irina en le voyant arriver -quelque chose qui semblait dire « Pincez-moi ! »- lui tira un rire, il joua de sa surprise pour la devancer en s’exclamant le premier :

« Mais c’est la princesse de la journée ! »

Irina sourit à son tour en secouant la tête et en levant les yeux au ciel, sans se faire prier néanmoins pour serrer son frère contre elle lorsqu’il lui ouvrit les bras.

« Seigneur ! Un Roy présent et à l’heure, qu’ai-je donc fait pour mériter ça ? se moqua t-elle.
- Rien, tu es juste la meilleure comme toujours. Bravo pour ton diplôme. L’embrassant sur la joue, il ajouta, mais assez bas pour qu’elle seule entende. Je suis content de te voir. »

Un sourire plus sincère illumina le visage d’Irina, qui prit le temps de discuter un peu avec son frère, avant d’être appelée par l’une de ses cousines. Roy la laissa filer, soulagé de voir qu’elle avait bien récupéré de ce qui lui était arrivé, quelques mois plus tôt, ou en tout cas, c’était ce qu’il s’imaginait. S’il se contenta de saluer Jason d’une poignée de main, il chercha en revanche Adrian des yeux, sans l’apercevoir -une panne d’oreiller ? cela ne l’étonnerait même pas- puis se décida à finir le tour des présents dans le jardin. Apercevant Carla et ses deux compères Julius et Santino, telles trois larves échouées sur les chaises de jardin, il s’approcha d’eux, pour donner à la jeune fille un léger coup de genou, la saluant d’un ton moqueur :

« Bah alors, Carlita, un dragon t’est tombé dessus au lever du lit ?
-Elle assume pas sa gueule de bois, oui.
-Les folles soirées bristoliennes, tu sais ce que c’est, Roy… »

Un léger sourire se glissa sur ses lèvres, Roy savait bien ce qui occupait les soirées de Carla, et ce n’était pas que des fêtes étudiantes.

« Julius, Santino. Prenez bien soin de cette crevette.
-On la surveille, t’inquiète.
-On la laissera pas se noyer dans le vaste océan de la vie.
-Vous savez où est Adrian ? renchérit Roy, ignorant parfaitement ce que Carla pouvait répliquer pour se défendre.
-Il devait bosser ce matin, j’crois. ‘nous rejoindra après le déjeuner, apparemment. »

Quittant les jumeaux sur cette réponse, Roy reporta son attention sur l’autre petit groupe au fond du jardin, composé de ses deux oncles Jasper et Tulio, ainsi que deux de ses cousins. Saluant les deux plus âgés d’abord, puis Ruben, il laissa volontairement Diego à la fin, pour lui offrir une vraie étreinte fraternelle.

« Diegoooo, ça fait un bail ! commenta t-il avec un large sourire, et une tape chaleureuse dans le dos. Comment ça va ? »

De ses cousins, Diego était sans aucun doute celui dont Roy était le plus proche. Avec seulement un an d’écart, ils avaient grandi ensemble, et s’étaient toujours bien entendus. De toute façon, Diego faisait partie de ces personnes qui arrivaient à s’entendre avec à peu près tout le monde, mais il avait tout de même noué une complicité particulière avec Roy, notamment parce qu’ils avaient travaillé ensemble un temps, tous les deux. Si Jayce était le binôme actuel du trafiquant, en vérité, cela aurait tout aussi bien pu être l’aîné des Reyes…

L’une des cadettes de la maisonnée, Emanuela, visiblement occupée à traîner dans les pattes de son papa et jouer avec les piquets de la tente, vint poliment se présenter devant Roy. Elle lui tira la manche pour attirer son attention, un grand et mignon sourire aux lèvres :

« Bonjour tontooon ! »

Face à la figure angélique de la petite, Roy se pencha pour qu’elle l’embrasse, en se moquant gentiment :

« Roh elle est toute mignonne et polie ! » Il se releva, en donnant un coup de coude à Diego, tandis qu’Emanuela repartait gambader partout, comme si elle venait d’effectuer sa part de travail. « On dirait toi avec nos parents quand t’étais gamin, mais j’ai pas de bonbon à lui offrir, moi, à ta petite, désolé, ricana t-il. Elle a grandi ! »



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Diego Reyes, 29 ans


"Cette petite est diabolique."

Les mains enfoncées dans les poches de son jean, Diego tourna un visage à l'air exagérément désespéré vers son cousin Roy, tandis que sa fille unique s'en allait en gambadant, ses deux couettes se balançant sur sa tête.

"Papa, emmène-moi au parc ! Papa, raconte-moi l'histoire de la licorne magique et du petit gobelin ! Papa, tu me fais une tresse ? Non, pas une couette, une treeeesse ! Papa, pourquoi tu ne sais pas faire les tresses ? Papa, papa, j'peux avoir une petite soeur ? J'te jure, Roy, je ne peux pas lutter ! Je ne suis pas assez fort pour lutter contre toute cette énergie enfantine. Prend-là, toi, et moi je prends ton g...roupe de travail en échange. Juste une journée !"

Joignant ses mains en signe de prière sous son menton, Diego supplia son cousin du regard d'emmener sa fille le temps de quelques heures en échange de son gang. Diriger une bande de mafieux ? Mais c'était du gateau, par rapport à la tâche si difficile qui était désormais la sienne, celle d'être père ! Un père célibataire, qui plus est, car pour une raison qui tenait sans doute à voir avec un abus de monalisa, Diego s'était battu - et avait obtenu - la garde de sa fille unique, Emanuela. Et s'il adorait sa fille, cette gamine machiavélique aimait quant à elle plus que tout faire tourner son père en bourrique, ayant sans doute compris à quel point elle y arrivait bien. C'était très simple, un large sourire et Diego craquait. Lui qui savait faire ployer des petits caïds se retrouvait maté par une petite fille à couettes...

"Ne te fie pas à ses airs polis, c'est un petit démon, moi, je te le dis", conclut Diego en observant sa fille qui se dirigeait vers la cuisine, la bouche pleine de confiseries d'Eden. "Parfait, on dirait qu'elle est partie embêter les Rosebury, nous voilà donc entre hommes. Hé bien dis moi, ça faisait longtemps que tu ne nous avais pas honoré de ta présence, ça fait plaisir de te voir, Roy ! Pour une fois que tu ne m'abandonnes pas avec toutes ces demoiselles, et surtout mon cher frangin..."

Ah, Ruben et Diego, une grande histoire d'amour fraternel qui n'en finissait jamais de s'écrire... Toutes les grandes familles avaient leurs feuilletons, avec l'habituel "tu as des nouvelles de...?" qui s'échangeait à chaque retrouvaille. La relation entre Ruben et Diego était l'un de ces feuilletons, qui n'était pas sans évoquer le très classique "tu as des nouvelles de Roy ou ça y est, il s'est fait assassiner dans une ruelle sombre ?". Oui, qu'il en soit conscient ou non, les histoires allaient bon train dans la famille sur le dos de Roy et de ses activités prétendument commerçantes. Chacun y était allé de sa petite théorie et les choses s'étaient précisées au fil du temps, à mesure que Roy devenait un véritable personnage public, qui fréquentait les plus grands, y compris le ministre si l'on en croyait la rumeur. Ceci expliquait sans doute pourquoi son cousin se faisait si rare aux réunions de famille, ayant toujours une bonne excuse pour ne pas s'y rendre, et ainsi éviter les questions un peu trop appuyées de certains d'entre eux.

Diego ne faisait pas partie des curieux, mais paradoxalement, il était celui auprès duquel Roy pouvait s'exprimer le plus librement. Pendant longtemps, Diego lui-même avait fait partie de la pègre et c'était une vie qu'il avait trouvé satisfaisante, voire même excitante, pendant un temps. Mais la grossesse de sa première épouse, Eleanor, avait sérieusement secoué l'ordre de ses priorités. Le jour où il avait tenu sa petite fille dans ses bras pour la première fois, Diego avait su qu'il devait changer de vie s'il comptait être un bon père pour elle, et c'était ce qu'il avait fait. Aujourd'hui, Diego travaillait dans le bâtiment, un métier honnête, qui payait moins bien mais il avait suffisamment mis de côté dans sa prime jeunesse pour vivre confortablement...

Diego s'estimait plutôt satisfait de sa vie. Il avait tout ce qui pouvait le combler, une petite fille adorable, un métier qui lui permettait de vivre et un appartement agréable du côté de Manchester. Ses jours de trafiquants étaient loin derrière lui, et pourtant, cela n'était toujours pas suffisant pour Ruben. Monsieur le Lanue-de-Plomb, au mariage parfait et à la petite fille si sage, avait toujours été un prétentieux cognard aux yeux de Diego, qui ne supportait pas l'air supérieur que son petit frère adoptait sans cesse pour lui parler. A chaque repas de famille, c'était pareil, les piques pleuvaient entre les deux frères, condescendantes de la part de Ruben et emplies de rage froide de la part de Diego. Ils s'arrangeaient généralement pour se répartir plus ou moins les évènements familiaux, histoire de ne pas se croiser, mais aujourd'hui, la famille au grand complet était réunie.

Même Roy avait fait le déplacement, c'était dire à quel point tous ressentaient le besoin de se serrer les coudes, en ces temps troublés... Parfait, la présence de son frère serait plus supportable s'il avait Roy avec qui traîner. Lui au moins ne l'avait jugé, et en plus, il n'était pas coincé et savait s'amuser. Un peu comme la jeune Carla, à qui il devinait avoir un grand potentiel : si ce n'était pas une gueule de bois qu'elle couvait lorsqu'il lui avait dit bonjour un peu plus tôt, alors il ne s'appelait pas Diego Reyes !

"Tu as bonne mine", s'exclama Diego en administrant une tape dans l'épaule de Roy. "Alors, quelles sont les nouvelles ? Tu te sens prêt à arrêter les conneries et à nous pondre un petit diable, toi aussi ?"

Diego adressa un sourire moqueur à son cousin, l'évalua du regard et ajouta : "Ca va, ne fuis pas, je plaisante. Plus sérieusement, qu'est-ce que tu deviens ?"
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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L’imitation de Diego tira un rire à Roy, qui n’eut aucun mal à imaginer la petite Emanuela faire sa bouille d’ange à son père pour obtenir ce qu’elle voulait. La preuve que cette tactique fonctionnait avec tout le monde, elle avait une poignée généreuse de gâteaux dans les mains, qu’elle était sûrement allée demander en cuisine avec ses yeux de chaton. La demande que lui fit son cousin arracha un large sourire moqueur à Roy, qui rétorqua :

« Crois-moi, tu n’en as pas envie, c’est une mauvaise idée de confier un gamin à Roy Calder, tu ne sais jamais dans quel état il va revenir.  »

Personne d’un peu sensé lui aurait confié un enfant, la seule avec laquelle il avait joué les baby-sitter dans son enfance était Carla, et regardez ce qu’elle est devenue ! Diego faisait un bien meilleur papa -un bien meilleur adulte, en fait- que lui. Il avait laissé tomber ses affaires de trafic, qui démarraient pourtant bien, pour assumer correctement sa paternité. En cela, il était nettement plus responsable que Roy, qui se trouvait toujours des excuses pour rester là où il était, et qui évitait de penser qu’il était statistiquement fort probable qu’il ait un ou deux rejetons cachés quelque part en Angleterre… En tout cas, c’était ce que la moitié de ses amis disaient pour le tanner, et par Merlin, ils n’avaient peut-être pas tort.

« Avoue qu’elle te mène par le bout du nez, c’est contre sa petite bouille que tu n’es pas assez fort pour lutter » le charria Roy de son éternel sourire narquois.

Les gamins, il fallait les mener à la baguette et leur montrer qui était le patron, bien sûr. Non, Roy n’était pas du tout le genre à céder à des regards de chaton, ce n’était pas comme s’il avait chouchouté sa petite soeur toute leur adolescence. Irina, ce n’était pas pareil, d’abord. Le sujet passa bien vite, dès lors qu’Emmanuela se fut trouvé une autre occupation, évitant à Roy de se trouver mentalement d’autres excuses pleines de mauvaise foi. Machinalement, Roy jeta un oeil à Ruben, qui finissait de tendre la toile de jardin avec leurs pères respectifs. Ruben, l’éternel bon élève, l’orgueilleux Langue-de-Plomb, le cousin dans le même genre pénible que Jason, à la différence qu’il avait un peu mieux réussi sa vie que ce dernier : et par conséquent, devait être encore plus pénible. Compatissant, Roy commenta :

« Eh bah on fait la paire, j’ai pas spécialement envie de papoter avec Jason non plus. »

Jason qui devait être quelque part à l’intérieur, il ne savait pas trop, il ne tenait pas à savoir. Ah, leur jolie famille était peut-être toute réunie, mais tous n’avaient pas envie de se voir pour autant, il ne fallait pas trop en demander non plus… Son attention revint vers Diego alors qu’il le relançait sur un sujet sur lequel -décidément- on aimait le taquiner.

« Allez, j’ai pas le temps pour ça, moi, qu’est-ce que tu crois ! » railla t-il, de son sourire détendu, sans pouvoir s’empêcher d’envisager le cas de figure une seconde. Juliana venant lui annoncer qu’elle était enceinte et qu’il allait être papa… Euuuuum, c’était certes plus séduisant qu’une ancienne amante avec un gosse de trois ans dans les bras, venant frapper à sa porte pour avoir une pension. Mais il allait peut-être éviter d’y penser, tout compte fait, c’était bien trop perturbant. « Moi je ne m’appelle pas James Smith, je garde mes gènes là où ils sont, pour le bien de tous. »

C’était plus fort que lui, il était passé devant sa tête à claques quelques minutes plus tôt, daignant à peine le saluer, et le savoir à vingt mètres de lui l’énervait déjà. Mais bon, il avait promis de rester poli. Il allait sortir deux ou trois méchancetés à son sujet à des oreilles de confiance comme Diego, et ça irait mieux, voilà.  

« Toujours pas prêt à arrêter les conneries, non, reprit Roy, les mains dans ses poches, haussant légèrement les épaules. Ca serait dommage de laisser tomber quand ça commence à vraiment bien tourner pour moi. Hé, j’ai une villa maintenant, monsieur ! révéla t-il, le sourire malicieux. Eh ouais, toi aussi t’en aurais eu une, si t’avais continué dans notre petite entreprise familiale ! On serait devenus Calder Reyes & Co, les rois de Bristol. »

Illustrant ses paroles d’un geste théâtral, comme de la poudre aux yeux, Roy se tourna vers Diego avec un large sourire. Cela lui rappelait quand ils rêvaient monts et merveilles à leurs vingt ans. Si son cousin avait quitté l’affaire assez vite, cela restait une période dont Roy se souviendrait toujours, car elle les avait beaucoup rapprochés tous les deux. Encore aujourd’hui, l’un n’hésitait jamais à rendre service à l’autre, et réciproquement. Diego faisait partie de son cercle restreint de proches en qui il avait entièrement confiance, et qu’il retrouvait presque comme s’ils ne s’étaient jamais quittés, même après des mois.

« Mais t’as préféré changer des couches, que veux-tu que je te dise, conclut t-il dans une dernière boutade, avant de demander plus sérieusement. Et toi alors, des chantiers intéressants, en ce moment ? »



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Dernière édition par Métamorphomage le Ven 18 Déc 2015 - 18:19, édité 1 fois
Magdalena Rosebury, 9 ans, toutes ses dents

Magdalena filait à vive allure sur son balai pour enfants - cadeau de Noël dernier - qui commençait à être un peu trop petit pour elle, ses baskets frôlant l'herbe. Concentrée sur ses mouvements, elle pencha à droite pour éviter Emanuela qui trottinait avant de prendre de la vitesse en se penchant en avant. L'équipe des Harpies a fait une excellente saison cette année, vous ne trouvez-pas John ? Si, Harvey, vous avez raison, menées par leur nouvelle capitaine, Magda Rosebury, l'équipe est au mieux de sa forme ! La preuve : elles viennent encore de marquer, la foule est en délire ! Cinq cent points d'avance sur Flaquemare, on a jamais vu ça ! Oh, mais regardez John ! Magdalena Rosebury vient d'apercevoir le Vif d'Or ! Elle plonge à toute vitesse, olalala, comme c'est impressionnant ! Elle va l'avoir et remporter la Coupe de la Ligue à seulement dix-huit ans, quel miracle ! Elle y est presque ! Et c'est la victoiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiire ! La foule envahit le terrain ! Tout ça grâce à...

- PURÉE MAGDA !

Un violent accident aérien venait de se produire. Toute à son jeu, la petite avait oublié le simple concept de regarder devant elle et venait donc de percuter avec violence sa grande sœur avant d'elle-même basculer dans l'herbe. Grimaçant légèrement, elle se redressa, frotta son jean tâché avant de poser de grands yeux bruns sur Carla, fesses par terre sous les rires de Julius et Santino.

- Sérieux, tu peux pas faire attention ? 
- Pardoooon, répondit Magdalena en redressant son serre-tête bleu, toute confuse face à une Carlita furieuse.

Cette dernière se redressa en maugréant, ses yeux lançant des éclairs tandis que Magda se balançait d'un pied sur l'autre. C'était pas sa faute ! C'était le match ! Elle, elle n'avait fait que apporter la victoire à leur équipe, c'est tout ! C'était trop injuste ! Le vacarme avait attiré du monde et la petite fille sentit deux mains se poser sur ses épaules.


Felicia Rosebury, 16 ans

Les mains sur les épaules de sa petite sœur, Felicia lui fit lever le visage vers elle pour vérifier qu'elle n'avait aucune égratignure sur ses petites joues rondes.

- Ça va ma puce ? Tu n'es pas blessée ?
- Et moi je peux mourir en silence, c'est gentil, lança Carla qui avait retrouvé ses esprits et surtout, sa chaise.

Ignorant la mauvaise humeur de sa grande sœur - elle devait avoir mal dormi - Felicia continua son inspection rigoureuse avant de décréter qu'elle n'avait rien. Soulagée, elle lui déposa un baiser dans les cheveux avec un sourire avant de lui redonner son balai.

- Maman a dit pas dans le jardin, on doit aller dans le champ pour ça, tu le sais en plus ?

Magda hocha la tête avant de reprendre son balai et de s'en aller vers d'autres horizons, la démarche légèrement sautillante. Cette vision tira un sourire à Felicia qui cala une mèche de ses cheveux derrière son oreille, soulagée. Actuellement en sixième année à Serdaigle - du moins à la rentrée prochaine - elle voulait devenir Médicomage comme sa cousine Irina et avait au moins l'occasion de s'entraîner sur tous les casse-cous de sa famille. Reportant son attention sur sa sœur, elle eut un léger sourire moqueur.

- Tu veux que je regarde si tu as une bosse, Carlita ?
-  C'est ça, fous toi de moi, maugréa-t-elle.  Et fermez-là vous deux ! ajouta-t-elle à ses cousins.

Laissant ses cousins gérer la douce et délicate Carlita, Felicia repartit dans l'autre sens, trouver son cousin Jason, son préféré. Dans cette famille d'agités qu'étaient les Calder - Reyes - Rosebury, elle préférait de loin le calme qui se dégageait de Jason. Ils parlaient de lecture, de sa carrière au Ministère, de leurs études respectives à Serdaigle. Felicia faisait parfois un peu tâche dans le lot de forts caractère, elle qui préférait se plonger dans un bon bouquin plutôt que dans un débat passionné mais à force, elle s'y était habituée. Disons qu'elle avait plus pris des Rosebury que des Calder...

- , lança une voix derrière elle, tu as vu qui est arrivé ?

Isadora Rosebury, 12 ans

- Roy ? proposa Felicia d'une voix douce.
- Haaaaaaan, Roy est là ? interrogea Isadora avec des paillettes dans les yeux. Trop bien !

La jeune fille fouilla le jardin du regard avant d'apercevoir son cousin et elle sautilla légèrement.

- Cool, cool, cool !

Il était cool le cousin Roy, parce qu'il faisait des cadeaux et des cadeaux plus drôles que Jason, qui lui avait offert une poupée. Elle était à Poudlard, elle ne jouait plus à la poupée depuis longtemps ! Depuis au moins trois ans !

- Ce n'était pas lui dont tu parlais ?
- Oh, non ! fit Isa avec un geste de la main. C'est de James ! Il m'a appelé "ma puce" !
- Et... ?
- Et c'est nul ! Je ne suis pas sa puce !

Felicia eut un léger rire avant de s'éloigner, laissant Isadora plantée là. Héé ! Non mais, pourquoi personne en comprenait que c'était grave ? Elle n'aimait pas James. Elle ne savait pas tellement pourquoi, c'était juste que personne ne semblait vraiment bien l'aimer alors... Carla toute particulièrement et Isadora avait tendance à suivre sa sœur comme son ombre, à imiter tout ce qu'elle pouvait faire ou dire. Il fallait dire qu'elle peinait un peu à trouver sa place au milieu de toutes ces filles. Avant, elle avait longtemps admiré Eden mais elle avait l'impression que cette dernière préférait Magda alors elle avait arrêté, décidant, comme Carla, qu'elle était trop collante. Maria n'était jamais contente et jouait trop les grandes, Alma refusait de jouer avec elle ou de lui parler vraiment, elle la prenait pour une petite. Il n'y avait que Carla qui prenait du temps pour elle quand elle revenait à la maison. Elle était drôle, elle disait toujours tout ce que les gens n'osait pas dire, elle embêtait un peu les parents et c'était marrant. Elle avait ce grand rire qui faisait toujours sourire Isa, elle racontait des blagues, mangeait des bonbons avec elle et la prenait sur ses genoux sur le canapé. Puis elle était jolie avec ses cheveux longs, son sourire et elle se maquillait parfois et Isadora l'observait un peu à la dérobée, passant derrière elle pour essayer ses produits en secret. Elle chercha justement sa sœur du regard mais ne la trouva pas, ce qui lui tira un soupir de déception. Alors, à la place, elle se dirigea vers Roy et Diego qui discutaient, se plantant à côté d'eux juste à temps pour capter la fin de la conversation.

- Vous parlez de chantier ? Troooop cool ! Je peux écouter ?

Elle levait la tête vers eux, sa tresse brune se balançant dans son dos.

- Moi, plus tard, je veux être archimage !
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Julius Reyes, 20 ans  & Santino Reyes, 20 ans


« Hé, ‘Tino. La cuisine a l’air hyper loin là, nan ?
-J’pense qu’on a le temps de faire trois aller-retours vers nos chaises plus une sieste, si on… »

La phrase de son frère fut coupée par le coup de vent que laissa la petite Magdalena derrière elle en allant s’écraser sur Carla. Julius -qui avait suivi l’action de très près pour la simple et bonne raison qu’il aurait pu être à la place de Carla s’il n’avait pas été légèrement décalé vers la gauche sur la trajectoire de la petite furie- fut secoué d’un franc rire, et Santino porta sa main en visière, sifflant d’amiration.

« Whooo, t’as vu cette action, Jul’ ?
-Carrément, on tient une futur star du Quidditch, je vous le dis. Une attrapeuse hors pair ! renchérit Julius, de son ton de commentateur radio.
-Il semblerait qu’elle ait pris Carla pour un Vif d’Or. Elle n’est pas très dorée…
-… Mais elle est vraiment minuscule, il y a de quoi se méprendre. »

Sur cette boutade, les jumeaux se frappèrent dans la main sans quitter Carla des yeux, alors qu’elle se relevait en pestant contre tout le monde. Même la très sérieuse Felicia se prit au jeu, c’était dire. Offrant un grand sourire innocent à sa cousine quand elle leur rétorqua de se taire, Julius vient tapoter une main compatissante sur son épaule.

« C’est fou ce que t’es imbuvable quand t’as une gueule de bois, Carlita. Allez viens, on a deux ou trois trucs à discuter, tous les trois. »

Il fut le premier à ouvrir la marche vers la cuisine, pendant que Santino traînait Carla derrière. Une fois à l’intérieur, Julius évalua d’un rapide regard le coin de la cuisine où ils auraient le moins de chances de se faire entendre par Lewis Rosebury papa en chef de leur petite Carlita, ou par Irina et Elena Calder, alias les deux sentinelles de l’ombre au regard vif et à la répartie acérée. Tel un ninja, il se glissa vers le saladier de pomme de terres chaudes à éplucher qui semblait avoir été laissé dans un coin de la cuisine -c’est vrai que c’était plus amusant de décorer les cupcakes, Lewis avait l’air de s’amuser comme un petit fou- et attendit que les deux autres le rejoignent. Il échangea un rapide regard avec Santino, et sut que c’était à lui d’ouvrir le bal. A première vue, les jumeaux semblaient exactement faits du même moule, mais qui les connaissait un tant soit peu savait que Julius était le plus aventureux et provocateur, quand Santino était plus diplomate. Leurs parents s’amusaient toujours à raconter que le premier avait toujours entraîné le second pour enchaîner les bêtises, quand ils étaient enfants. Et ils ajoutaient pour rétablir l’équilibre que bien souvent, le second trouvait un moyen de s’en sortir quand le premier n’avait pas forcément pensé à couvrir ses arrières…

Toujours était t-il qu’il y avait des tâches qu’ils préféraient se laisser respectivement, pour mieux servir leur mécanique de duo. Et quand il s’agissait de rentrer dans le tas, Julius restait le plus désigné. De sa voix traînante, il prit la parole comme s’il parlait des derniers résultats de Quidditch, en prenant toutefois garde à parler assez bas pour que la conversation reste entre eux trois :

« Alors Carlita. On vend de la came aux soirées, et on prévient pas ses cousins préférés ? »
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Carla Rosebury, 20 ans

Ce fut avec une certaine mauvaise humeur que Carla observa Felicia s'éloigner, frottant au passage sa jambe un peu égratignée par sa chute. Pas qu'elle ait véritablement mal ou que cela la dérange - il lui en fallait plus - mais parce qu'elle n'avait pas assez dormi alors rien ne semblait aller. Elle avait beau être une grande fêtarde, quand il fallait se lever le lendemain matin, il n'y avait plus personne. Encore une des nombreuses raisons qui faisaient que les boulots de bureau - ou les déjeuners de famille à midi - ne lui convenaient pas. Poussant un soupir, elle se laissa entraîner par Santino vers la cuisine, à défaut de pouvoir visiblement rester tranquille dans son coin. De toute manière, sa grand-mère n'aimait pas qu'on conteste ses ordres, alors...

Il y avait déjà du monde dans la pièce, entre Maria qui racontait les dernières de sa classe de primaire, Irina et sa tante Elena, ainsi que son père, armé d'une poche à douille et qui dessinait de petits bonhommes approximatifs sur les cupcakes. Il lui adressa un sourire quand elle entra dans la pièce, qu'elle lui retourna un peu, suivant ses cousins jusque dans un coin, devant un saladier de pommes de terre. Il n'y avait pas à dire, elle s'entendait beaucoup mieux avec ses parents depuis qu'elle ne vivait plus avec eux ! Elle ne se souvenait plus quand les choses avaient commencé à être vraiment compliquées, sûrement depuis longtemps. Elle avait toujours été le genre d'enfant à être punie dans sa chambre, trop de bêtises, trop intenable. Et puis il y avait eu Poudlard, les retenues, les insolences, les pertes de points et des étés de plus en plus compliqués. Ils passaient plus de temps à crier qu'à se parler jusqu'au moment où elle avait annoncé qu'elle sortait avec une fille, quand elle avait eu seize ans, qui avait déclenché une année très compliquée, avec le reste de la famille ici. Les choses s'étaient arrangées avec le temps, ils avaient fini par s'y faire - puis elle était sortie avec un garçon ce qui leur avait étrangement fait plaisir - et elle avait quitté la maison. Ne plus se subir au quotidien leur avait fait du bien à tous et depuis, ils s'arrangeaient comme cela. Elle était sage lorsqu'elle revenait à la maison, ne leur parlait pas vraiment de sa vie amoureuse - toujours plus de filles que de garçons, largement même - et eux ne faisaient pas de commentaires. Évidemment, elle avait gardé pour elle ses nouvelles activités : pas certaine qu'amener une nouvelle bombe dans leurs relations puisse être une bonne chose.

D'ailleurs, elle aurait bien aimé que tout cela reste secret, que ce soit pour ses parents, ses sœurs ou tout le reste de la famille qui n'était pas Roy. Mais évidemment, c'était sans compter sur Julius et Santino, toujours là où il ne fallait pas... De surprise, elle en écrasa légèrement sa pomme de terre, se brûlant la paume de la main. Lâchant cette dernière et saisissant un torchon pour s'essuyer, elle releva les yeux sur ses cousins, haussant les épaules. Ce n'était même pas surprenant qu'ils l'aient appris : ils avaient toujours fréquenté les mêmes cercles. Ils avaient le même âge et avaient donc littéralement grandi ensemble, surtout qu'ils s'entendaient comme larrons en foire lorsqu'ils étaient enfants. En entrant au collège, Carla avait néanmoins espéré qu'ils prendraient un peu leurs distances, se feraient de nouveaux amis. Cela n'avait pas loupé : ils avaient rencontré plein de monde... qui se connaissait. Ils avaient plein d'amis et de connaissances communes et faisaient même à peu près partie du même groupe, même après Poudlard : ils n'étaient pas rare qu'ils se croisent en soirée sans même l'avoir prévu. Et comme c'était dans les soirées qu'elle trouvait sa clientèle, pas étonnant que cela soit venu à leurs oreilles.

- Je ne vois pas de quoi vous parlez, fit-elle néanmoins.

Elle reprit son couteau pour poursuivre son épluchage de sa pomme de terre un peu massacrée.

- Vous n'êtes pas mes cousins préférés, conclut-elle avec un léger sourire en coin.

C'était vrai : elle les adorait mais son cousin favori, c'était Roy. Elle ne précisa néanmoins pas sa pensée, bien consciente que le mentionner à cet instant bien précis de la conversation n'avait rien de judicieux. De toute manière, ce n'était même pas une question que Jul et Tino posaient : ils avaient déjà la réponse et voulaient juste la confirmation... ce qu'ils n'auraient pas.
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Diego Reyes, 29 ans

Quand Roy mentionna Jason, Diego rit de bon coeur et donna une petite tape dans le dos de son cousin : "Tu sais, je crois qu'on nous a menti, c'est pas possible. C'est toi mon frère, et Ruben est celui de Jason !"

Ces deux-là faisaient la paire, tout comme Diego avec Roy, si bien qu'il était curieux d'imaginer qu'ils étaient cousins. La conversation dériva ensuite sur le sujet des enfants, ce qui était toujours drôle quand Roy était là : il se défendait si bien que Diego était intimement persuadé qu'il finirait avec le plus grand nombre d'enfants, parmi toute la brochette de cousins. D'accord, il n'en prenait pas la voie pour l'instant, mais il n'avait jamais que trente ans et ces choses-là pouvaient aller vite, une fois qu'il avait trouvé la bonne personne...

La mention de James Smith lui passa néanmoins l'envie de taquiner son cousin. Comme bien des membres de leur famille, Diego n'appréciait guère le sorcier et avait envie de lui envoyer une bonne droite chaque fois qu'il l'entendait s'exprimer avec Eden. Il ne faisait d'ailleurs pas de grands efforts pour le cacher, car il n'avait jamais été très doué pour la politesse de convenance et les hypocrisies. James Smith était un crétin et il n'en voulait pas dans sa famille, voilà tout !

"Ah, celui-là, s'il pouvait se perdre sur son balai au fin fond de la Laponie, ça nous arrangerait", grommela-t-il en échangeant un regard entendu avec Roy.

Ce dernier se mit à lui faire miroiter monts et merveilles avec son affaire, attirant un sourire amusé chez Diego.

"On aurait été les rois du pays, oui ! Alors, quand est-ce que tu m'invites dans ta villa, justement ? Que je vois si elle est aussi belle que ce que tu prétends..."

La conversation ne s'étira pas bien longtemps sur le sujet de la mafia, ce qui était heureux, car les murs avaient des oreilles... A l'arrivée d'Isadora, Diego l'accueillit avec un sourire, qui s'effaça bien vite pour laisser place à une expression horrifiée.

"Ahhh ! Archimage, quelle trahison ! Il faut devenir chef de chantier comme moi, c'est bien mieux", répondit-il en agitant le doigt d'un air docte.

Diego redressa la tête pour répondre à Roy : "J'ai décroché un super chantier, je n'en crois pas ma chance. Tu as entendu parler de Leopoldgrad, j'imagine ? Eh bien, voilà, devine qui va s'occuper de construire la nouvelle ville sorcière du pays ? C'est moi !"

Il bomba le torse avec fierté, tout en observant la petite du coin de l'oeil. C'était plutôt cool, non, un oncle qui construisait la ville du futur ? Pour avoir le rôle de parent ou oncle préféré, Eden avait ses pâtisseries, Roy avait ses cadeaux, mais lui, il avait ses bâtiments. Et, dans le cas de Leopoldgrad... Ils allaient en jeter.

"L'archimage de mon chantier a l'air d'être un sacré loustic, toujours dans la lune, un peu prétentieux..."

Il se pencha vers la demoiselle et lui dit d'un ton sérieux : "Si tu deviens archimage, Isa, il faut que tu gardes les pieds sur terre et que tu traites bien les ouvriers, c'est important. Mais c'est un beau métier, en tout cas. Tu peux imaginer des bâtiments fantastiques et les voir prendre vie... Si ça te tente, je t'emmènerai voir le chantier quand il aura un peu plus avancé !

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Isadora Rosebury, 12 ans

Ainsi entourée de ses deux grands cousins, Isa se sentait presque comme une adulte avec des conversations d'adultes. C'était bien mieux que d'être à la table des enfants, comme à chaque fois. D'abord, elle ne comprenait pas pourquoi elle y était alors qu'elle avait douze ans, ce n'était pas rien ! Elle était à Poudlard, elle faisait des études très sérieuses pour son avenir. Mais sous prétexte qu'elle était parmi les dernières de la famille... C'était bien simple : la plupart de ses cousins étaient plutôt entre vingt et trente ans. Ensuite, on trouvait Felicia, elle et Magda. Magda qui était d'ailleurs plus proche d'Emanuela en âge que du reste de leurs cousins ! On avait donc tendance à les traiter comme des petits alors qu'elle était - et le revendiquait - de la même génération que les grands ! C'était aussi pour cela qu'elle suivait leurs avis, ceux de Carlita par exemple, ou cherchait à discuter avec eux de sujets sérieux, pour qu'ils la considèrent aussi comme une adulte. L'expression de Diego quand elle annonça son projet d'avenir la fit rire et elle se balança légèrement sur ses talons, la tête relevée vers eux. Qu'ils étaient grands !

- Mais les archimages savent trop bien dessiner ! J'aime bien dessiner !

Elle avait même cru que cela l'enverrait à Serdaigle, comme Felicia ! Elle aimait dessiner et la musique, même si elle n'était pas aussi douée que Carlita dans ce domaine, qui chantait bien et savait jouer des instruments, surtout de la guitare. Felicia aussi, jouait, et Isa les regardait avec un peu de jalousie. Du coup, elle prenait aussi des cours de musique, pour pouvoir jouer avec elle ! Mais finalement, elle avait été répartie à Poufsouffle, ce qui l'avait un peu déçue...

- Chef de chantier, c'est comme archimage mais sans les études ? interrogea-t-elle candidement.

Elle fronça les sourcils quand Diego mentionna Leopoldgrad car elle n'en n'avait pas entendu parler. Elle nota donc que pour suivre des conversations d'adulte, il fallait lire les journaux ! Peut-être même participer à un journal pour avoir des trucs intelligents à dire... Elle avait entendu dire que Abigail Scavo, une fille un peu plus âgée qu'elle lançait un journal, cela pourrait être l'occasion ! Elle pourrait faire des articles sur Diego qui construisait des villes, c'était trop classe, en effet ! Tout enthousiaste, elle sourit, hochant la tête.

- Ça va être une super ville alors, on aura qu'à tous y vivre, en famille !

Une ville à eux, c'était quand même quelque chose. Une ville Calder - Rosebury - Reyes, CRR !

- C'est qui ton archimage, Diego ? Je vais faire des recherches sur lui si tu veux !

Ça irait bien dans sa future carrière de journaliste sûrement. Cela pourrait être l'article qu'elle proposerait à Abigail, si c'était dans l'actualité, cela lui plairait sûrement. Toute enthousiasmée par cette idée, Isa tira sur sa queue de cheval pour la resserrer. Quand son cousin se pencha vers elle pour lui donner des conseils, elle les écouta avec sérieux, hochant la tête de manière régulière.

- D'accord, bien traiter les ouvriers ! J'aime pas trop crier sur les gens de toute manière, ça me rappelle Maria. Et de plaquer ses mains sur sa bouche après avoir dit ça. Oh non, ne lui répétez pas !

Après elle se faisait gronder, c'était pas cool. Mais Maria fut vite oubliée quand Diego lui fit la plus cool des propositions : visiter un chantier !

- Ça serait trop trop bien ! accepta-t-elle en sautillant. Et je pourrais mettre un casque et tout ? Trop bien ! Et prendre des photos ? Avoir un badge ! Ça serait trop bien !

Elle pourrait le raconter à tout le monde en plus. Toute satisfaite par cette idée, elle se tourna vers Roy, un air de petite fille adorable sur le visage.

- Si tu veux être aussi cool que Diego, Roy, il faut me faire visiter un truc à toi aussi... T'as des trucs à toi ?
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« On est bien d’accord… » conclut Roy à propos de James Smith.

Oui, il aurait bien aimé que cet homme, qu’il considérait ne pas mériter une femme aimante et loyale comme Eden, disparaisse quelque part dans les fins fonds d’un trou paumé, mais cela aurait été faire trop de peine à sa cousine. C’était bien pour cela qu’il se retenait à son propos d’ailleurs. Il savait qu’Eden lui vouait un amour sincère, et qu’elle aurait le coeur brisé qu’il lui arrive quelque chose, alors Roy se contentait de surveiller l’homme, de loin…

Le commentaire de Diego sur sa villa le tira de ses sombres pensées, et il s’apprêtait à répondre sur le même ton, avant qu’ils ne soient interrompus par une de leurs chères cousines. Isadora, l’avant-dernière des Rosebury, une fillette vive et bavarde, qui rappelait un peu Carla à Roy, sous certains aspects. S’il avait eu plus de temps, comme il en avait eu à l’époque où Carla avait son âge, qui sait, il se serait peut-être attaché à elle de la même façon. Il lui offrait quelques cadeaux d’ailleurs, lorsque l’occasion se présentait, car Roy était ainsi : pas assez présent, pas forcément à l’aise pour exprimer son affection par les mots, et donc il tentait de rattraper ces deux aspects en utilisant son argent qui coulait facilement pour gâter ses proches. Plus particulièrement depuis qu’il était devenu co-gérant des Folies Sorcières, d’ailleurs. Maintenant qu’il avait un travail officiel qui l’exemptait de s’expliquer sur la provenance de son argent, il se montrait un peu plus à sa famille.

Offrant un sourire à sa cousine qui déclarait vouloir devenir archimage, il eut un rire à la réponse de Diego, nullement orientée, évidemment… Et la réaction d’Isadora fut encore plus drôle. Laissant à Diego le loisir de répondre sur les différences entre un chef de chantier et un archimage, il s’abstint de lui dire qu’il avait plus qu’entendu parler de Leopoldgrad. Bien avant que de quelconques appels d’offre soient lancés, Roy était au courant du projet, il ne savait en revanche pas que son cousin avait obtenu le chantier. Ce fut donc une réelle agréable surprise qui se peignit sur son visage.

« Oh ! Mais félicitations ! C’est une sacrée chance, ouais, c’est le genre de projet à faire décoller une carrière, lança t-il, sans manquer le petit manège de Diego à Isadora, ce qui lui attira un sourire narquois. Voilà un tonton qui veut se faire bien voir… »

Il fallait dire que la petite Isadora savait bien les mettre à l’épreuve, en les piquant sans en avoir conscience. Ce fut d’ailleurs au tour de l’ego de Roy d’être titillé. Il se demanda l’espace d’une seconde si derrière cette adorable bouille angélique ne se cachait pas plutôt une maligne petite fille -après tout, Carla s’était révélée forte à ce jeu-là, à son âge. Elle avait une façon de parvenir à ses fins qui le laissait croire… et qui marchait complètement sur Roy.

« Des trucs à moi ? Mais j’en ai plein, Isa, des trucs super chouettes qui te plairaient beaucoup, surtout si tu veux devenir archimage. Il faut venir me voir à Bristol avec ta soeur Carla, un jour… Il se pencha légèrement vers elle, pour glisser d’un ton de secret. « Si tu veux voir ce que c’est. »

Hé, cela marchait peut-être sur Roy, mais il savait s’attirer son public, lui aussi. Elle apprécierait sûrement de voir sa villa flambante neuve, ou même le bâtiment plein d'histoire qu'était les Folies Sorcières -pour celui-ci, il valait mieux ne pas en parler à ses parents, en revanche. Avec un clin d’oeil pour la jeune fille, il se redressa, certain d’avoir attiré son attention. Peut-être même plus que Diego, haha !

Un bruit plus loin, vers la terrasse, interrompit momentanément leur conversation, et attira l’attention de toutes les personnes éparpillées dans le jardin. Roy fronça les sourcils lorsqu’il reconnut Carla et Alma qui sortaient de la maison, visiblement dans une discussion fort animée.

« Oh, on dirait que ça chauffe par là-bas… »



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Julius Reyes, 20 ans  & Santino Reyes, 20 ans

« Tant de déni ! Voilà qui me laisse muet, moi qui croyais que tu nous aimais et qu’on se racontait tout ! »

La réaction à peine théâtrale de son frère arracha un sourire à Santino, qui préféra surveiller du coin de l’oeil Carla. Il n’avait pas manqué ce geste réflexe avec sa pomme de terre. Visiblement, ils l’avaient prise de court, sur l’instant en tout cas, avant qu’elle ne retrouve sa verve habituelle. Lui comme Julius connaissaient bien Carla, ils la connaissaient peut-être même mieux que ses propres parents à qui elle ne racontait pas grand-chose. Ils avaient grandi ensemble, après tout, partagé les mêmes cercles d’amis, et ils étaient proches, à leur façon, en étant présents pour elle, notamment pour les moments difficiles.

« Allez, Carla, c’est pas nous qui allons te faire des leçons, tu peux nous le dire… »déclara t-il, calmement, en attrapant une pomme de terre.

Les jumeaux avaient eu plus d’une occasion de lui prouver qu’ils n’étaient pas le genre à la juger. D’abord parce qu’ils n’étaient pas eux-mêmes exemplaires, contrairement à ce que leur air flegmatique pouvait laisser croire -ils étaient juste plus discrets pour ne pas se faire prendre. Ensuite parce qu’ils cultivaient volontiers la philosophie que chacun était responsable et aptes à faire ses proches choix, passé un certain âge, l’essentiel était de les assumer. Carla n’était pas en reste de ce côté-là, elle n’avait besoin de personne pour l’aider à assumer ses choix, quand bien même ils ne remportaient pas les suffrages. Elle l’avait bien montré lors de son coming out, pour lequel les jumeaux lui avaient porté un soutien pas si silencieux que ça, à tenter de changer la mentalité de leur propre père sur la question -avec leur tact légendaire, évidemment. Alors, qu’est-ce qui la retenait cette fois, et l’encourageait à faire la langue de bois avec eux ?

« C’est pas comme si on touchait jamais à deux trois pétards de temps en temps » ajouta Julius avec une grande classe, pour appuyer son frère.

Ils n’eurent pas l’occasion de la tanner davantage, car l’agitation accompagnant l’arrivée d’une nouvelle personne détourna leur attention. Entre deux bruits de bise et quelques banalités d’usage, Santino reconnut la voix d’Alma, la seule des soeurs Rosebury qu’on attendait encore, la seule qui manquait tout court, à vrai dire, si l’on omettait Adrian. Il rencontra le regard de la jeune infirmière accomplie, qui lui adressa un salut énergique :

« Hey les jumeaux ! Comment ça va ? »

Elle vint lui claquer la bise, puis passa à Julius, pendant que tous les deux ne purent s’empêcher de remarquer qu’elle n’était pas venue toute seule. Ils échangèrent un regard plutôt éloquent. Précisément parce qu’ils connaissaient Carla et qu’ils avaient été à Poudlard ensemble, ils ne croyaient pas se tromper sur l’identité de cet homme -qui avait fait un effort vestimentaire remarquable soit dit en passant. Maintenant, la grande question était : que diable faisait t-il là ?

« Je vous présente Marco. Un temps de silence. Mon petit ami. »

D’accord, c’était bien lui, et c’était bien ce qu’ils craignaient, sembla dire le regard que les jumeaux échangèrent, avant de le porter automatiquement sur Carla.
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Carla Rosebury, 20 ans

- Il faut bien affronter la réalité un jour... Roy est vachement plus riche que vous, du coup, j'y peux rien, j'le préfère.

Sur cette déclaration pleine de mauvaise foi, Carla attrapa une nouvelle pomme de terre pour l'éplucher, ignorant tant bien que mal ses cousins qui insistaient lourdement. De toute manière, elle n'avait pas l'intention de dire quelque chose. Elle n'avait pas peur qu'ils la dénoncent mais estimait qu'un secret était gardé au mieux quand il était connu par assez peu de personnes. Et si elle finissait par leur en parler, elle finirait par consulter Roy d'abord pour avoir son avis sur la question. Après tout, il était plutôt spécialiste du sujet avec le temps... Néanmoins, l'ajout très élégant de Julius lui tira un rire discret, qu'elle étouffa derrière sa main pour que les personnes restant dans la cuisine ne soient pas intriguées par leur conversation.

- Quoi ? Moi qui pensais que vous étiez des personnes saines !

Elle était pourtant assez bien placée pour savoir ce qu'il en était... Ils avaient été à Poudlard ensemble, partageaient une bande d'amis et avaient passé assez de soirées ensemble pour que ce genre de choses soient plutôt claires. Pour autant, ce n'était pas une raison d'en parler en famille : elle doutait que ses parents ou sa grand-mère apprécient. Mais ils n'eurent même pas le temps d'approfondir le sujet - ce qui l'arrangeait bien au fond - qu'une voix familière se faisait entendre. Elle essuya ses mains sur un torchon qui trainait sur la table pour retirer les bouts de pommes de terre de sa peau et regarda sa sœur Alma entrer dans la cuisine, tout de suite suivie d'une figure familière. Fronçant immédiatement les sourcils, elle n'accorda aucun regard à sa sœur qui saluait les jumeaux, se contentant d'une décision silencieuse avec Marco. Il la regarda, sembla hésiter un instant, haussa les épaules et fit un pas supplémentaire dans la pièce.

Ils s'étaient connus à Poudlard, en sixième année, ils avaient un an de différence, s'étaient rencontrés parce qu'ils aimaient la musique tous les deux et avec certain de ses copains, ils s'apprenaient mutuellement à en jouer, une sorte de petit groupe amateur. Certaines personnes ne prévoyaient pas de craquer pour une fille... Et bien Carla n'avait pas prévu de craquer pour un garçon, surtout pas après tout ce qu'elle avait traversé auprès de sa famille pour faire accepter sa première copine. Mais puisque c'était ainsi... Ils n'étaient pas sortis ensemble longtemps, cinq mois, avant qu'il ne rompe en quittant Poudlard, soi-disant que cela serait trop compliqué. Elle avait bien mis le double à s'en remettre, même si elle n'aimait pas trop l'admettre. Alors quand Alma le présenta comme son petit-ami, la première réaction de Carla ne fut que spontanéité.

- Tu te fous de moi ?

Son petit coup d'éclat avait attiré l'attention de son père, de sa tante, de Maria mais elle s'en fichait largement. Elle n'aimait pas du tout ce genre de plans et surtout pas que Alma la prenne au dépourvu comme cela. Et que Marco arrive comme une fleur sans s'annoncer, sans prendre la peine de lui dire et surtout, en sortant avec sa sœur.

- Vous êtes pas sérieux ? Non mais, Alma, tu récupères les miettes maintenant ?
- Carlita ! s'exclama son père, choqué, même s'il ne comprenait pas la situation. Ne parle pas comme ça à...
- Mais je parle comme je veux ! Et toi, apostropha-t-elle Marco, t'as rien à dire ? Comme d'habitude, la réactivité d'un bulot ?
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Alma Rosebury, 23 ans, infirmière

Alma n’avait jamais réussi à se faire remarquer au milieu de cette famille haute en couleurs, notamment parmi ses soeurs de sa génération. Eden avait toujours attiré la sympathie, ou un semblant de sympathie, parce qu’on ne pouvait pas lui dire de méchantes choses sans passer pour une horrible personne, tant elle était gentille avec tout le monde. Maria était connue pour son fort caractère, sa personnalité intransigeante, elle savait s’imposer. Quant à Carla c’était un peu pareil, mais dans un tout autre registre. Si Maria était une femme très droite, Carla, elle, flirtait souvent avec les limites, et cela n’avait étonné personne qu’elle atterrisse à Gryffondor. Et parmi elles, il y avait Alma. Alma qui ne faisait rien de remarquable, qui avait son petit caractère aussi mais cela se notait surtout par une tendance à grommeler dans son coin. Elle avait un métier banal d’infirmière, un parcours classique à l’école, quelques amis, pas beaucoup d’histoires sentimentales. Elle était un peu comme Jason Calder, mais à la différence de ce dernier qui l’assumait parfaitement, Alma peinait à se satisfaire de n’attirer l’attention de personne et restait souvent renfermée sur elle-même.

Marco avait ce pouvoir de la faire se sentir un peu différente. Elle ne savait même pas comment elle avait réussi à plaire à un garçon plein de charmes, musicien et un peu dragueur comme lui. A ses côtés, elle avait l’impression d’être un peu moins banale, de mettre un pied dans ce cercle des filles notables, celles qui ont un mignon petit ami et une grande confiance en elle. Cela dit, Alma n’était pas complètement confiante, ce qui se remarquait dans le fait qu’elle était parfois envahissante avec Marco, et très vite jalouse… Et puis un jour, elle avait appris. Pas tout de suite, bien quatre mois après qu’ils aient commencé à sortir ensemble, alors qu’ils parlaient de leurs familles respectives, Marco avait fini par lui avouer qu’il connaissait sa soeur Carla et qu’il était même sorti avec elle. Elle ne savait pas, comment aurait t-elle pu savoir ? A l’époque où ils s’étaient mis ensemble, elle était déjà sortie de Poudlard et travaillait dur pour devenir infirmière. Et puis, elle n’avait jamais vraiment réussi à être proche de Carla, malgré leur proximité d’âge, alors ce n’était pas sa soeur qui allait se confier à elle…

Sur le coup, elle avait ressenti un certain malaise, elle se souvenait avoir coupé court à leur conversation. Toute la nuit, elle y avait songé. Et puis, le lendemain, Alma s’était mise à caresser l’idée que pour une fois, elle avait gagné quelque chose face à l’une de ses soeurs. Marco l’avait choisie elle après avoir connu Carla, Carla qui avait un si joli minois et tellement d’amis. Il l’avait choisie et elle dirait même qu’ils étaient partis pour durer plus longtemps, elle le sentait. Dès lors, elle avait redoublé d’attention pour lui, s’assurant que leur couple reste solide et qu’il n’irait pas voir ailleurs.

Entre temps, elle n’en avait pas parlé à Carla, car elle s’était bercée de plein d’excuses pour ne pas le faire. Après tout, Carla en avait t-elle quelque chose à faire ? Elle ne lui demandait jamais de nouvelles ! Elle semblait toujours avoir mieux à faire ailleurs, d’ailleurs elle avait très vite pris son indépendance vis à vis de sa famille. Puis, de toute façon, cela lui ferait probablement ni chaud ni froid, selon les dires de Marco, leur histoire n’avait été qu’une amourette de collège, et depuis, Alma savait que sa soeur avait eu d’autres relations. N’aimait t-elle pas les filles, d’ailleurs ? Elle n’avait jamais évoqué d’autre garçon. Pour ce qu’elle en savait, Marco avait été le seul et cela n’avait pas marché, ce qui ne pouvait que la pousser à préférer les filles. Probablement, savoir que sa soeur sortait avec lui la surprendrait sur le coup, puis la laisserait indifférente. Enfin, sa dernière excuse, et peut-être la plus honnête, était qu’elle ne savait pas comment lui en parler. Alors elle attendait d’avoir une bonne occasion pour le faire.

Attendre un déjeuner de famille pour lui parler -ou plutôt pour la mettre sur le fait accompli- n’était pas l’idée du siècle, elle en convenait. Mais plus le temps était passé, plus Alma avait repoussé, et dès lors qu’on avait évoqué l’idée d’inviter tout le monde pour l’anniversaire et le diplôme de sa cousine Irina, elle avait décidé d’y amener Marco pour le présenter à sa famille. Elle avait envie de leur présenter son petit ami, elle avait envie qu’ils le connaissent, car elle sentait que cela devenait sérieux, et par Merlin, pour une fois, elle avait envie d’être celle qui occupait la conversation pour une de leurs réunions de famille. Dès le moment où elle avait décidé de l’amener, elle savait que cela ne changerait pas grand-chose à la situation, que Carla soit au courant de leur relation à trois jours près.

Alors Alma s’était attendue à ce que Carla ne soit pas ravie, dans tous les cas. Elle avait supposé qu’elle serait surprise, qu’au pire, elle ferait la tête, et qu’il leur faudrait s’expliquer. En revanche, elle ne s’était pas attendue à tant de colère et elle resta muette de stupéfaction alors que sa soeur leur sautait littéralement à la gorge. Lorsqu’elle s’en prit à Marco, le sang d’Alma ne fit qu’un tour et elle retrouva l’usage de la parole :

« Tu ne lui parles pas comme ça ! Non mais, récupérer les miettes ? C’est quoi cette réaction de gamine ? » siffla t-elle, assassine.

Elle avait rougi, car le sang venait de lui monter à la tête en quelques secondes. Evidemment, il fallait que sa soeur voit l’histoire comme elle « récupérant les miettes » d’une relation qu’elle avait clos bien des années auparavant, comme si elle n’était bonne qu’à se jeter sur ce qui n’était plus à elle. Pourquoi fallait t-il toujours que Carla réagisse ainsi ? Il fallait toujours qu’elle hausse le ton, qu’elle s’enflamme avant même d’avoir compris le pourquoi du comment et ses interlocuteurs devaient encaisser et payer les pots cassés. Mais cette fois, Alma ne comptait pas se laisser dominer. Peu importe qu’elle ait fait une erreur ou pas, il n’y avait pas une once de maturité dans la réaction de Carla, qui se fichait de provoquer un esclandre devant toute leur famille et de rabaisser Marco, qu’elle avait déjà eu du mal à convaincre de venir.

« Tu crois que c’est par rapport à toi ? Je suis désolée mais tu n’es pas le centre de mes choix ! »

C’est alors que leur père, visiblement déstabilisé, mais néanmoins d’une voix plus forte pour couvrir leur cris, s’exclama :

« Les filles ! Qu’est-ce qui se passe, enfin ? »

Alors seulement, elle remarqua que son père, sa mère, sa tante Elena et les jumeaux les fixaient d’un air perplexe. Alma détourna le regard, et se força à se détendre en inspirant un coup.

« Rien, répondit t-elle tout aussi vite, avant de se tourner vers son copain qui n’avait pas osé ouvrir la bouche. Tu viens Marco ? Que je te présente aux autres. »

Si c’était pour se faire agresser dès son arrivée… Elle préférait s’éloigner et avoir une conversation plus tard avec Carla, à têtes plus reposées et sans l’intégralité de leur famille pour jouer les spectateurs. Mais c’était trop espérer de sa soeur, qui lui emboîta le pas jusqu’à la terrasse. Alma finit par se retourner, sèchement.  

« Laisse-moi deux minutes, Carla, mince ! Je n’ai pas envie d’avoir cette conversation avec toi tout de suite, si tu comptes juste me hurler dessus. »
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Carla Rosebury, 20 ans

Du nom Rosebury, les gens ne retenaient que Eden. Eden, si pure, si gentille, si adorable : en plus, elle faisait des gâteaux. Pourtant, ils avaient tort : toutes les sœurs Rosebury n'étaient pas Eden et elles se disputaient beaucoup, particulièrement les trois aînées après la si douce Eden. Que ce soit entre Maria et Carla, opposées comme le jour et la nuit mais réunies par le même mauvais caractère ou entre Carla et Alma, qui ne s'étaient jamais vraiment entendues, les sujets à la dispute avaient été nombreux durant des années, surtout l'été, lorsqu'elles partageaient les mêmes chambres. Pour autant, leurs chamailleries avaient été pour des bêtises jusqu'ici. Cette fois-ci, Carla était véritablement et purement en colère et la réaction de sa sœur ne lui donnait que du grain à moudre : elle avait envie d'en découdre et ne comptait pas lâcher le morceau, peu importe les protestations de  cette dernière. L'insulte qu'elle lâcha à l'égard d'Alma quand cette dernière la qualifia de gamine tira un cri outré à leur père – et aurait écorché les oreilles de n'importe quelle personne correcte – mais cela ne suffit pas à la calmer.

- Ouais, récupérer la miettes ! T'appelles ça comment, toi, ton grand amour pour venir te sauver de ta pauvre petite vie chiante ?

Son ton avait d'un dédain absolu et elle ne faisait même plus attention à la portée de ses mots. Peu importait que Alma prétende que ce n'était pas par rapport à elle : à partir du moment où c'était Mario, c'était par rapport à elle et elle aurait dû le savoir au moment où elle avait appris pour eux deux ! Carla était certaine qu'elle le savait et qu'elle en profitait. Personne n'aurait su expliquer la dent qu'elle avait contre sa sœur aînée mais Alma déclenchait chez Carla des réactions épidermiques, avec ses airs contrits de petite fille parfaite. Elle préférait encore Maria, qui avait le courage de s'imposer – et Merlin savait à quel point elle était pénible parfois – que son aînée directe. Elle ne répondit pas à son père quand il demanda ce qui se passer, parce qu'elle estimait que cela ne le regardait pas et surtout parce que ce n'était pas à lui qu'elle voulait parler. Voir Alma se sauver en entraînant Mario – silencieux comme un Strangulot ! - plutôt que de l'affronter redoubla sa colère et elle la suivit à grandes enjambées,  jusqu'à la terrasse, indifférente à sa tante qui lui demandait de rester avec eux.

- Mais moi je veux l'avoir, cette conversation, attaqua-t-elle avec agressivité. Vas-y, parle donc. Explique toi, plutôt que d'agir comme une éternelle gourde, assume un peu !

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Alma Rosebury, 23 ans, infirmière

Il était déjà arrivé à Alma de se disputer avec Maria, plusieurs fois, et certains de leurs conflits s’étaient même très mal terminés, jusqu’à ce qu’elles refusent littéralement de se parler pendant des semaines. Mais jamais aucune de ses disputes avec Maria n’avait eu la violence de celles qu’elle pouvait avoir avec Carla. Sa soeur cadette avait un redoutable don pour lâcher des bombes, des phrases méchantes du genre qu’on ne pouvait pas oublier. Pour Alma, qui était très sensible à l’opinion des autres, bien plus qu’elle ne l’affichait, il y avait toujours un risque à se confronter à Carla, car bien souvent cette dernière gagnait. Pourtant, Alma pouvait également se montrer mesquine, méchante, même, elle n’était pas en reste en terme de piques, mais elle n’avait pas l’impulsivité brutale de sa soeur, qui pouvait balancer des horreurs sans même s’en soucier une seconde. Face à la franchise dévastatrice de Carla, que pouvaient peser les petites piques froides dont Alma était capable ?

Péniblement, très péniblement, elle encaissa l’insulte sur sa « petite vie chiante », qui lui faisait mal, parce qu’elle souffrait précisément de ne pas être aussi remarquable que ses soeurs. Elle aurait aimé qu’on parle d’elle de la même façon qu’on parlait de la douceur et la réussite d’Eden, de la droiture et la force de caractère de Maria, ou même de la personnalité explosive et intenable de cette petite diablesse de Carla ! Non, Alma c’était juste l’une des sept filles Rosebury, discrète, renfermée, au quotidien banal. Et précisément, Marco la sortait un peu de ce quotidien, et la faisait se sentir spéciale, pour la première fois de sa vie. Mais qui allait s’en réjouir à part elle ? Sûrement pas Carla.

Elle sentait d’ailleurs Marco particulièrement mal à l’aise à ses côtés et elle s’en voulait de le mettre dans cette position car c’était elle qui avait insisté pour qu’il vienne. Elle attrapa son bras, à peu près autant pour le rassurer que pour se donner du courage. A nouveau piquée quand Carla la qualifia de gourde, Alma rougit, comme toujours lorsqu’elle était prise par ces émotions -une autre chose qu’elle aimerait bien changer chez elle, tiens, cette propension à rougir facilement.

« La ferme ! C’est incroyable comme tu es toujours agressive, et tellement égocentrée ! Tu vois, si tu n’avais pas exactement cette réaction-là à chaque fois qu’un comportement te déplaît, peut-être que cette conversation on l’aurait eue bien plus tôt. Et je n’ai rien à expliquer, je n’ai rien fait de mal ! »


Elle raccourcissait un peu les choses, au fond d’elle, Alma savait qu’elle n’avait pas eu la meilleure façon de gérer la situation, en cachant à sa soeur le fait qu’elle sortait avec son ex. Mais à sa décharge, elle savait précisément qu’il n’y avait aucune chance que Carla accueille bien ce fait, faute à sa propension à tout prendre très personnellement, et à ne jamais faire preuve d’empathie.

A cet instant, Marco sortit de son mutisme stupéfait, pour calmer les choses entre les deux soeurs avant que la situation n’explose :

« Ecoute, Carla, on est désolés d’arriver comme ça, mais si on ne t’en a pas parlé plus tôt, c’est parce que… »

Mais Marco n’eut guère le temps d’appuyer Alma, car entre temps, les invités les plus curieux (ou alarmés) les avaient rejoints. Alma se sentit encore plus tendue -si c’était possible- en voyant ses cousins aînés, Diego, Roy, Ruben, se rapprocher d’eux d’un air concerné, et les enfants plus jeunes s’amasser autour, visiblement impressionnés par la scène qui se déroulait sur leurs yeux. Ruben fut le premier à interrompre Marco, sévèrement :

« Qu’est-ce qui se passe ici ?

-Ca ne vous regarde pas, rétorqua aussitôt Alma, avant de se forcer à répondre plus calmement. On gérait, ça va…
-Mouais, on ne dirait pas, on vous entendait hurler de l’autre bout du jardin. Qui c’est ? »

La question que posa Roy en alternant son regard entre Marco et Carla s’adressait visiblement davantage à cette dernière, ce qui acheva de mettre Alma hors d’elle. Non seulement ils venaient les interrompre, mais en plus c’était pour que l’un d’eux prenne parti !

« Alors là, Roy, tu n’as pas même pas intérêt à t’en mêler. On te voit à peu près aussi souvent qu’un Veaudelune, alors tu n’as pas voix au chapitre. Surtout que tu vas prendre le parti de Carla, parce que c'est toujours ce que tu fais »
siffla t-elle, les poings crispés.

Evidemment, c’était trop espérer de Roy qu’il se laisse intimider par elle. Ce n’était pas pour rien que lui et Carla s’entendaient comme deux larrons, et d’ailleurs il répliqua avec la même vivacité :

« Ou peut-être parce qu’elle était calme avant que tu n’arrives avec ton mec. »

Marco réagit à la mention pas forcément glorieuse qui fut faite de lui, en se mettant sur ses gardes à son tour :

« Hé, ça sous-entend quoi ? Pardon mais tu ne sais rien de ce qui passe, là.
-Bah explique-toi mon gars, c’est toi le nouveau ici. Moi ce que j’ai entendu c’est qu’elles ont l’air de se disputer à cause de toi. »

Un des autres fit un geste comme pour retenir Roy d’en prononcer davantage. Alma n’eut guère le temps de laisser son indignation s’exprimer davantage face à l’incroyable talent que possédait son cousin pour se mêler de ce qui ne le regardait pas. Une silhouette arriva comme une furie, perturbant leur petit groupe attroupé près de la terrasse, et chacun put admirer la sainte colère de Marcia Rosebury-Calder :

« Qu’est-ce que c’est que ça ! Ce n’est ni le lieu ni le moment de vous écharper, je ne veux MÊME PAS SAVOIR de quoi il s’agit. Vous n’avez pas honte de créer le désordre dans la maison de votre grand-mère ? Retournez tous à vos occupations et tout de suite ! Toutes les deux, conclut t-elle, en s’adressant à ses deux filles au centre du litige, je ne veux plus vous entendre hausser la voix, c’est compris ? Si vous avez quelque chose à régler, vous le règlerez plus tard. »

Alma était désormais au bord des larmes et hésitait tout bonnement à faire demi-tour en claquant la porte, puisque c’était ainsi qu’on l’accueillait elle et son petit ami. L’attroupement s’était sagement dissipé, en apparence du moins, Alma savait qu’on allait parler d’elle maintenant, pas forcément positivement pour tout le monde. Elle s’en sentit abattue, resta un moment dans une torpeur, à ne pas bien savoir comment réagir. Superbe réunion de famille.

Elle attrapa la main de Marco et s’apprêtait à lui proposer de rentrer, au moment où la silhouette plus timide de son père lui barra le chemin. Il avait un sourire désolé sur le visage, comme pour s’excuser de ce qui venait de se passer :

« Reste avec moi, ma chérie, je n’ai pas eu le temps de te saluer correctement tout à l’heure, et ta grand-mère ne t’a même pas vue. On va s’asseoir avec elle, à la table ? »

Un soulagement prit Alma, qui prit la décision pour le moment de rester avec son père. Lui au moins, ne témoignait pas d’animosité envers elle et pourrait la protéger… Il lui fit même le plaisir de poser des questions à Marco et tâcher de le mettre à l’aise avec cette catastrophique entrée en matière. Alma voulut un instant se retrouver dans une bulle avec eux, sans le reste de la famille pour donner son opinion, ou se montrer envahissant. Mais c’était plus ou moins impossible dans une famille aussi grande que la sienne, qui apportait son lot de moments mémorables et positifs, au moins autant que des complications.

FIN DU RP
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Treize à la douzaine [Calder-Rosebury-Reyes]

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