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 Boxing Day [Ebenezer & Julia]

Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Dernière édition par Juliana McNeil le Jeu 7 Jan 2016 - 17:34, édité 1 fois
22 juin 2009, port de Bristol


Le jour se levait à peine sur Bristol, et le port était plongé dans une grisaille spectrale qui donnait à l'Esperanza des allures de vaisseau fantôme. Un vent frais faisait claquer ses cordes, craquer son mat et frissonner les deux sorciers qui s'aventuraient sur le quai. A bord, la silhouette massive d'un homme se détachait dans le ciel, son visage aux traits durs tourné vers eux. Le commandant du navire les jugea du regard avant de se décider à regagner le quai, entouré de deux de ses marins à la mine pâtibulaire.

Il fallait dire que l'heure était réellement matinale. Juliana avait à peine attrapé deux heures de sommeil entre le mariage de Charlotte et Eliott et le début de la mission. Pourtant, elle s'était jurée de rentrer dès minuit telle Cendrillon, mais la soirée avait été riche en évènements qu'elle n'aurait pu rater... La jeune femme se consolait en se disant qu'elle aurait passé la nuit à tourner dans son lit en appréhendant le lendemain de toute façon. Les traits tirés, elle serra machinalement sa baguette dans sa poche pour se donner du courage et jeta un coup d'oeil à Ebenezer pour se donner du courage.

"Ouais ? Vous voulez quelque chose ?", lança le commandant de l'Esperanza en arrivant à leur hauteur.

"Calder nous envoie", répondit Juliana d'une voix qu'elle voulait assurée, tout en conservant ses mains nerveuses dans ses poches.

"En avance", répliqua l'homme en les observant de son regard acéré. "La douane vient de passer."

Juliana hocha légèrement la tête en prenant un air soulagé. En réalité, tout ceci n'avait pas grand chose à voir avec le hasard, mais correspondait à une chronologie soigneusement étudiée. L'heure d'arrivée de l'Esperanza, en provenance du Mexique, dans le port de Bristol, l'heure de passage de la police des douanes, qui avait la fâcheuse tendance à se montrer routinière et donc prévisible, et enfin l'heure de rendez-vous des Veilleurs avec le commandant, autant d'informations qui avaient été soigneusement récoltées par le Kraken pour vérifier s'il était possible de s'intercaler. Il avait fallut soudoyer une petite main au sein du gang pour obtenir ce précieux savoir, ce qui n'avait pas été facile, mais l'opération avait finalement pu être montée. Tout dépendrait désormais de la crédibilité des deux krakinets, et de la rapidité de la transaction...

"Tout s'est bien passé ?", interrogea Juliana poliment, pour s'assurer de l'état des marchandises, comme elle imaginait de vrais mafieux le faire. Heureusement, le marin ne montra pas de signe particulier d'étonnement.

"Parfaitement bien, la route fut bonne. Vous savez ce que vous avez à faire, vous connaissez le deal : vous déchargez, et nous, on a rien vu", répondit le commandant d'une voix bourrue, avant de les inciter à le suivre à bord. Son regard méfiant engloba néanmoins Juliana et il ne put s'empêcher de faire remarquer : "J'savais pas qu'Calder employait des femmes maintenant."

Juliana se crispa intérieurement, songeant qu'elle aurait effectivement dû laisser Joel prendre sa place pour cette mission. Hélas, elle n'avait pu s'y résoudre, car c'était la première fois que le Kraken s'en prenait réellement aux intérêts des Veilleurs et elle était celle qui avait monté l'opération. Etrangement, elle ressentait le besoin d'assumer son attaque jusqu'au bout vis-à-vis de Roy et de mener l'opération elle-même... Sans compter qu'elle assumait encore mal de rester au QG et d'envoyer d'autres se battre à sa place.

"Ouais, la profession se féminise, on n'fait que suivre les directives du FREE", répondit Juliana d'un ton caustique, priant intérieurement pour que sa réponse passe. C'était bien du Roy Calder tout craché, de n'avoir que des hommes dans son gang, quel macho celui-là ! Il ne lui facilitait pas la tâche...

"J'ai l'habitude de traiter avec Edgar... On gagne au change, hein les gars ?"

Quelques rires gras vinrent détendre l'atmosphère - et crisper Juliana - mais le commandant regagna bien vite son sérieux : "Allez, au boulot, je veux tout ça hors de mon bateau dans quinze minutes. Rog', descend-les aux cales."

Juliana échangea un regard entendu avec Ebenezer. Ces quinze minutes, ils ne les avaient pas en réalité, car avant qu'elles ne se soient écoulées, les véritables membres des Veilleurs auraient débarqué à leur tour... Son coéquipier, silencieux depuis le début de l'échange, la précéda à la suite du fameux Rog'. Après un regard nerveux au ciel qui s'éclaircissait peu à peu, Juliana descendit à son tour dans les entrailles du navire.

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Ebenezer Host - 31 ans, pêcheur de Bristol


Le nez enfoui dans son écharpe élimée, Ebenezer fixait d’un air placide le commandant de l’Esperanza leur faire commentaires et blagues grasses, auxquelles il ne réagit même pas. Laissant Juliana se charger de la partie sociabilité, il répétait dans sa tête leur plan. Nulle appréhension dans le coeur aigri de ce pêcheur qui avait tout perdu. Depuis qu’il s’était engagé dans le Kraken, depuis qu’Ebenezer avait la sensation d’avoir trouvé un véritable objectif, il ne le perdait pas une seule fois de vue, peu importait ce qui se trouvait sur son chemin. Jusque là, lui et ses camarades n’avaient pas vraiment fait d’action de réelle grande portée. Aujourd’hui était la première mission où ils s’attaquaient ouvertement, et à visage découvert, à l’un des bastions puissants de ce gouvernement : la mafia bristolienne, tenue par un homme odieux qui ne valait pas mieux que les sharacks. Ebenezer avait perdu des intérêts personnels dans ce conflit, mais s’il devait être honnête, il détestait tous les mafieux, de quelque camp qu’ils soient, ayant bien trop subi leur influence et leur arrogance par le passé. Aujourd’hui, il allait réaliser une première vengeance. Lui, le pauvre pêcheur maigrelet, sans le sou, allait défier ces requins qui se croyaient plus forts que tout le monde. Plus que les défier, il allait les entourlouper, les arnaquer : ce qu’un mafieux détestait le plus.

En toute honnêteté, Ebenezer n’était pas un résistant de très bonne compagnie. Le visage rarement souriant, il donnait l’impression de ne pas vouloir parler, d’être sans cesse habité par le ressentiment, ce qui était vrai. Mais il tâchait de canaliser cette énergie négative pour en faire une force, et chacun au Kraken le savait : on pouvait amplement compter sur lui lorsqu’il s’agissait de faire des dégâts. Il avait donc monté cette action avec leur chef, avec une certaine délectation, et le matin encore, il revoyait mentalement les détails de leur plan. Un plan très simple, en vérité, dont la réussite reposerait presque uniquement sur un bon timing et un peu de discrétion, mais pour cette dernière, Juliana semblait avoir réussi son coup : le marin fournisseur des Veilleurs ne se méfiait pas du tout d’eux, et paraissait croire en leur fausse identité. Heureusement pour eux, il n’était pas très regardant, citer le nom de Calder avait l’air de suffire pour s’arroger un passe-droit. C’était parfait, songea Ebenezer, en descendant les marches qui menaient aux cales du navire.

Une odeur assez entêtante d’un mélange de produits ordinaires comme de l’alcool ou du café se mélangeaient aux fragrances propres au navire de vieux bois et de sel marin. Rien ne laissait supposer que parmi toutes ces caisses anonymes se cachaient des stocks de produits moins recommandables. Le dénommé Rog se dirigea sans hésiter une seconde vers les bonnes caisses, il en dégagea une, coincée sous une autre, de ses grands bras musclés, pour la poser avec fracas sur le sol, face aux deux krakinets. Lorsqu’il l’ouvrit sous les yeux attentifs d’Ebenezer, il dégagea d’une main une certaine quantité de grains de café et sous ses doigts apparurent la marchandise convoitée : des sacs, dont il déchira un morceau pour en montrer la poudre violacée.

« Les soixante-dix kilos sont répartis sur quatre caisses. » lâcha t-il, d’un ton bourru et expéditif.

Soixante-dix kilos… Ca en faisait, des Gallions, songea le pêcheur. Il s’approcha pour pouvoir déposer son petit doigt dans la poudre, et la goûter d’un air -faussement- connaisseur. Cela dit, il ne consommait peut être pas de Volubilis dans sa vie de tous les jours, mais il savait reconnaître la drogue là où il y en avait. Retenant une grimace au goût qui lui resta sur la langue, il hocha la tête, comme pour confirmer la qualité de la marchandise.  

« B’soin d’aide pour sortir tout ça ? interrogea Rog, poings sur les hanches.
-On va se débrouiller. On a l’habitude. »

Son air nonchalant fit hausser les épaules au marin qui leur désigna les autres caisses à prendre. Ebenezer dégaina sa baguette pour en faire léviter deux et laissa le reste à sa coéquipière, ouvrant la marche vers la sortie. Une fois à l’air libre, il salua d’un bref signe de tête le commandant, avant de se concentrer sur son sortilège pour acheminer les colis hors du navire. Du temps, ils en avaient très peu, le moindre faux pas serait un contre-temps qui pourrait leur être fatal… Car d’une minute à l’autre, les vrais Veilleurs sensés exécuter cette tâche à leur place pouvaient débarquer.
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Soixante-dix kilos de Volubilis entre leurs mains... Juliana fit rapidement le calcul dans sa tête et elle fut prise d'un léger vertige en songeant à la somme que cela faisait. Une belle petite pile de gallions, une belle prise, de quoi arroser Bristol en drogue euphorisante pour le mois à venir. Clair comme de l'eau de roche, son regard fixé sur la poudre violacée semblait dénué d'émotions, mais intérieurement, la jeune résistante bouillonnait. Elle qui n'avait jamais rien consommé de plus fort que la monalisa savait néanmoins reconnaître cette drogue dure qui plongeait ses consommateurs dans un délicieux état de délire. La descente était terrible et les laissait déprimés, angoissés, parfois même insomniaques, et bien sûr en manque. L'addiction, voilà bien ce sur quoi reposait le pouvoir magique et financier de cette substance, comme des autres... C'était une drogue de la misère comme de la corruption, que l'on pouvait trouver aussi bien dans les bas-fonds de Bristol comme dans les soirées luxuriantes des Folies. Et c'était sur cela que son compagnon faisait son beurre...

Mais elle n'était pas là pour réfléchir, analyser, ni même dénoncer. Ils devaient rester concentrés, leur temps était compté. Juliana sortit elle aussi sa baguette magique de sa poche et la pointa sur les deux caisses restantes pour les faire léviter. Emboitant le pas d'Ebenezer, elle fit monter la précieuse cargaison sur le pont du navire, mais s'arrêta près du capitaine pendant que son camarade continuait sa route. Juliana n'aimait guère cette séparation, mais il y avait un léger détail à régler. Rapidement, elle tira de sa poche une grosse bourse en cuir et la jeta au capitaine, qui la soupesa avant d'en vérifier le contenu : une belle pile de gallions.

Juliana avait bien songé à payer cette transaction en or de farfadet, connu pour sa disparition au bout de quelques heures, mais c'était risqué : nul doute que les forbans tels que ce capitaine avaient appris depuis le temps à le déceler... Alors elle avait trouvé une autre parade, grâce au nouvel allié du Kraken, Ragnar. Ah ! Qu'il était utile d'avoir dans ses alliés l'un des gobelins les plus respectés de Gringotts ! C'était le régime Marchebank lui-même qui payait ce soir... Juliana réalisa qu'elle avait bien fait de se méfier quand l'homme pointa sa baguette sur la pile, pour ne s'estimer satisfait qu'après que sa baguette ait émis une petite fumée verte.

"Parfait. Mes respects à vos chefs."

Juliana marmonna une formule de politesse et se hâta de reprendre son sortilège de lévitation et de quitter ce maudit navire. Ebenezer l'attendait sur le quai, et ils reprirent leur route côte-à-côte, en silence, les caisses les précédant. Ils marchèrent ainsi sur quelques dizaines de mètres, tentant de ne pas se faire remarquer dans le port qui commençait doucement à s'animer. Juliana repéra une jetée un peu à l'écart, dissimulée par une large pile de conteneurs, et fit un signe de tête à son camarade pour l'enjoindre de l'y suivre.

Depuis la jetée, elle vérifia rapidement qu'il n'étaient plus visibles depuis l'Esperanza, et que les environs étaient calmes, mais ils n'avaient guère le luxe de jouer les difficiles. Si quelqu'un venait leur chercher des noises - à tout hasard, les douanes - alors ils devraient improviser sur le moment. La vitesse était donc leur meilleure alliée...

"Ok, on n'est plus en vue, vite, on jette ça vite et on se casse."

Illustrant la parole par le geste, Juliana fit léviter ses deux caisses au-dessus de l'eau trouble du port, à quelques mètres d'eux. Elle observa les lourds contenants qui s'immergeaient et pointa sa baguette sur l'une d'entre elle, avant de s'exclamer :

"Confringo !"

Un rayon de lumière rouge vif fondit dans la caisse et la fit exploser, dans un bruit d'une discrétion relative. Un bref sentiment de satisfaction et d'apaisement envahit Juliana à la vue des bouts de bois, du café et de la Volubilis violette qui giclaient en tout sens avant de s'échouer dans l'eau sombre. Elle tendit de nouveau sa baguette, prête à recommencer, lorsqu'un "Arrêtez !" se fit entendre. Le sang de Juliana se glaça lorsqu'elle vit les deux hommes qui se tenaient au bout de la jetée...




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Marcus Lynch, 26 ans &  Ted Hopper, 28 ans
Exécutants Veilleurs


« ‘jour cap’taine ! On vient récupérer nos colis. »

L’accueil que Marcus et l’un de ses acolytes de toujours, Ted Hopper, reçurent fut bien loin de celui qu’ils attendaient. Le regard méfiant du commandant de l’Esperanza lui fit immédiatement sentir qu’il y avait un problème, tout comme la question qu’il lui posa :

« J’te reconnais toi, t’es déjà venu avec Edgar… Qui vous envoie ?
-Tessio, qui d’autre ? rétorqua aussitôt le Veilleur, sur la défensive. Pourquoi ça a l’air de vous étonner ?
-Eh bien… Il y a deux minutes, une donzelle et un barbu mal luné sont venus en déclarant la même chose. »

La stupeur, et surtout, l’appréhension se lut dans le regard des deux trafiquants, qui tombaient des nues. Et dire que ce matin, au moment de partir, Marcus avait charrié Ted en lui disant de se bouger le derrière, avant qu’on leur pique leurs colis, pour plaisanter ! Il était bien loin de s’imaginer que c’était ce qui allait arriver réellement…

« Et vous leur avez filé nos cargaisons ?
-Hé ! Je fais pas partie d’votre bande, moi, j’connais pas vos tronches, si quelqu’un s’présente à votre place, j’peux pas savoir, grommela le capitaine, piqué par le ton de Ted. S’ils connaissaient le lieu et l’heure du rendez-vous, c’est que vous avez des taupes chez vous...
-Ils sont partis par où ? » interrogea Ted avec empressement.

Ils allaient se faire littéralement trucider par leur supérieur direct, Antonino Tessio… si encore il avait la bonté de ne pas avertir les chefs supérieurs. Mais se faire passer un savon par l’italien était déjà suffisamment effrayant pour qu’ils ressentent cette urgence à suivre la direction que le capitaine leur indiquait. Soixante-dix kilos de came, par Merlin ! S’ils ne mettaient pas la main dessus, Tessio se chargerait de les étrangler de ses bras de taureau, ou Calder, de clouer leurs cadavres sur un mur…

Courant à perte d’haleine vers le port, les deux Veilleurs arrivèrent sur la jetée d’où ils aperçurent rapidement deux sorciers faisant léviger des caisses. Lorsque l’une d’elles explosa, Ted lâcha plusieurs jurons, et Marcus s’époumona de toutes ses forces :

« Arrêtez ! »

Sa baguette dégainée, il lança le premier sortilège qui lui vint à l’esprit pour empêcher l’action de ces satanés voleurs.

Spoiler:
 

Désormais à leur hauteur, Ted et Marcus tenaient les deux acolytes en joue, prêts à lancer le duel.

« Bande d’enfoirés, rendez-nous ces caisses ! Qui vous envoie ?! »

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Le sortilège d'expulsion la frappa en pleine poitrine et l'envoya valser deux mètres plus loin et atterrir durement au sol. Sa tête heurta le quai en premier, et une douleur vive se propagea dans son crâne tandis que l'air semblait s'être momentanément échappé de ses poumons sous l'effet du sort. Juliana vit rouge - et pas seulement parce que le sang lui coulait devant les yeux - et se remit aussitôt sur ses pieds avant de tituber, baguette en avant, ignorant la sensation de vertige. Les Veilleurs les avaient trouvés comme ils le craignaient, et ils n'hésitaient pas à user de la force pour protéger leur précieuse cargaison...

Mais Juliana ne comptait pas abandonner la mission dès cette première difficulté. Après tout, le but annoncé était d'atteindre le plus fort possible le gang qui gangrénait leur ville et corrompait leur gouvernement. C'était un acte de rébellion, c'était une attaque, une véritable déclaration de guerre, et ils ne comptaient pas s'en tenir aux politesses. Bien sûr, étant donné leur manque d'expérience et d'entraînement, les krakinets ne comptaient pas passer au combat armé contre des mafieux dangereux dès les premières sorties, mais ils n'avaient pas non plus passé le Serment inviolable pour se tourner les pouces et se contenter de distribuer des tracts à la sortie du terrain de Bavboules. Du sang allait couler, et plus tôt que prévu, on dirait...

Leur avantage résidait sans doute dans l'effet de surprise, dans l'ignorance relative dans laquelle se trouvaient les Veilleurs. Ils ne savaient pas qui il étaient, ce qu'ils voulaient et jusqu'où ils se sentaient prêts à aller. Ils ne savaient pas que si Juliana levait sa baguette, ce ne serait pas pour un petit sortilège d'expulsion. Elle voulait les détruire, tous, jusqu'au dernier... Ou du moins l'avant-dernier, n'est-ce pas, car il fallait épargner le chef. Le dévoyer du moins, lui faire comprendre où résidaient ses intérêts : ailleurs que dans cette poudre violacée qui s'enfonçait dans les eaux clapotantes du port pour rendre la vie des poissons moins monotone.

"Personne ne nous envoie, nous sommes nos propres maîtres ! Nous sommes le Kraken !", cracha-t-elle avant de pointer la baguette vers son assaillant, un grand homme, un beau sorcier au regard glacial et menaçant. Son vertige se fit plus fort et une terrible sensation de rage, d'indignation et de dégoût s'empara d'elle. Les quatre baguettes étaient sorties, le combat sur le point de s'enflammer, mais elle ne se laissa pas impressionner, elle ne prit pas le temps de réfléchir ni même d'hésiter. Elle se laissa entièrement envahir par ce mépris indicible qu'elle ressentait, par cette impression que tout son être rejettait cet homme aux yeux perçants comme des dagues. Comme pour le rejeter hors de cette vie, hors de cette terre, elle cria de toutes ses forces : "Avada Kedavra !"

Un éclair de lumière verte illumina le quai.


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Les messages postés avant le 17/12/16 par ce compte l'ont été sous le nom et par la joueuse de Chloé Hellsoft.
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Ebenezer Host - 31 ans, pêcheur


La fulgurance de l’éclair vert coupa Ebenezer dans le début de duel qu’il entamait avec l’un des assaillants. Après deux ou trois sortilèges parés, ils s’arrêtèrent chacun dans leurs gestes respectifs, au moment où l’homme tomba en arrière, raide. Blanc. Ebenezer lui-même contemplait avec une stupéfaction mêlée de dégoût le désormais cadavre du trafiquant. Mort ! Il jeta un rapide coup d’oeil à la chef du mouvement, trépignante de fureur. Ebenezer se pensait parmi les plus déterminés de leur groupe, mais Juliana n’avait rien à envier à personne. Ce sortilège de la mort venait de franchir ses lèvre sans la moindre once d’hésitation, ni de peur.

Tant mieux, songea sombrement Ebenezer, qui reporta son attention sur l’autre homme, qui venait de hurler de rage et de désespoir en voyant son ami tomber. Ils n’avaient que ce qu’ils méritaient. Pas de compassion pour les criminels de leur espèce, qui devaient avoir distribué ce genre de sort à tour de bras, en jouant avec la vie et la dignité de personnes innocentes. Galvanisé par l’action et les paroles de sa chef, Ebenezer redressa sa baguette vers le survivant, décidé à faire en sorte qu’il rejoigne son acolyte. Mais l’homme roula sur le côté, évitant le sortilège de justesse. Il bouillonnait physiquement de haine, face à ses deux adversaires bien plus maîtrisés que lui. L’infériorité numérique ne semblait pas lui faire peur, tant la fureur l’habitait, le faisant hurler multiples jurons :

« Le Kraken, hein ? Conneries ! Bande d’enfoirés, vous allez crever !! »

S’ensuivit une salve de sortilèges désordonnés et destructeurs que les deux résistants purent parer surtout parce qu’ils restaient sur leurs gardes, quand Ted Hopper ne prenait même pas la peine de se protéger. Ebenezer entrevit une ouverture dans sa garde, au moment où il se cachait derrière l’une des caisses, et il sut que c’était le moment d'appliquer ses dernières connaissances acquises en magie noire…


Ted Hopper, 28 ans, Veilleur

Le sortilège fit basculer Ted dans un nuage de poussière, dans une grande violence qui l’éjecta près des containers du port. Sonné, il dut lutter pour retrouver ses esprits et se cacher péniblement  en roulant sur le côté. Un geste qui laissa des traces au sol… Car son ventre saignait, touché par un sinistre maléfice. Sous le choc, le trafiquant inspira un grand coup, jetant un oeil au corps de son meilleur ami, échoué quelques mètres plus loin. Par Merlin, il était mort et maintenant, c’était son tour… Était-ce cela, son destin ? Se lever un matin, pour accomplir des tâches routinières, et trouver la mort comme ça, brutalement ? Sans n’avoir rien prévu ? Sans même connaître ces types qui lui ôtaient la vie ? Ravalant des larmes de rage, Ted se força à se ressaisir, décidant que tout n’était pas encore perdu. Il avait cinq secondes pour trouver de quoi faire diversion, et s’enfuir. Désormais brûlé par la vision du cadavre de Marcus, qu’il ne pourrait même pas emporter avec lui dans cet état, Ted avança péniblement le buste pour retrouver dans son champ de vision les caisses de drogue, qu’il allait devoir abandonner aussi… Mais il préférait encore dynamiter lui-même ce qui lui appartenait, plutôt que de laisser ces fous furieux le faire.

L’explosion des dernières caisses dispersa un épais nuage de poudre toxique, et Ted n’attendit pas une seconde de plus. Il se redressa, faible et titubant, la main collée à sa blessure, mais habité de cette rage de survivre qui le fit courir à en perdre haleine hors de la scène de bataille. Il devait fuir, fuir à tout prix, pas seulement pour sauver sa peau, mais aussi pour avertir son gang de ces nouveaux ennemis qui leur déclaraient la guerre. S’il avait retenu leurs visages, Ted ne connaissait pas leurs noms, et encore moins leurs motivations. Le Kraken… Un nom qui commençait à circuler dans la ville, et qui n’avait rien à voir avec leur monde mafieux. Quelle plaie ! Comme s’ils n’avaient pas assez d’ennemis comme cela. Désormais, Ted craignait moins les remontrances pour les cargaisons perdues, car ce qui se venait de se produire était autrement plus grave, et promettait une menace autrement plus sérieuse pour leur gang.


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Juliana n'eut pas besoin de cesser de respirer quand leur opposant les propulsa brusquement dans un nuage toxique et violacé - elle était en apnée depuis que son sortilège de mort avait atteint sa cible. Son cerveau semblait s'être mis en mode automatique et elle tendit la main à l'aveuglette pour tenter de trouve Ebenezer, capturant son poignet par chance. Ecoutant son instinct de survie, Juliana le tira à sa suite loin du champ de bataille et des caisses explosées, et ils se mirent bientôt à courir à en perdre haleine vers la sortie du port, avant que leur raffut n'attire quiconque. Seuls quelques travailleurs matinaux se trouvèrent sur leur chemin et les regardèrent passer, interloqués. De justesse, ils parvinrent à échapper à une ronde de la police magique et finirent par se dissimuler dans les petites rues, jusqu'à retrouver tranquillement le chemin de leur Q.G.

Tout bien considéré, la mission était un succès. Certes, ils avaient laissé filer l'un des Veilleurs et leur identité était probablement en danger, mais cela devait bien arriver un jour ou l'autre, et le Kraken s'était préparé à une telle éventualité. Surtout, ils avaient atteint leur objectif et détruit des stocks considérables de drogue qui causeraient à n'en pas douter un dommage au gang, certainement pas assez pour le mettre en difficulté, mais c'était un bon début. Avec cela, le Kraken faisait une entrée remarquée dans le paysage des Veilleurs, d'autant plus qu'ils embarquaient l'un de leurs hommes avec eux...

Cela n'était pas prévu.

Chaque matin, lorsqu'elle ouvrait les yeux, Juliana se demandait si elle allait côtoyer la mort aujourd'hui. Cette question entêtante, qui finissait peu à peu par oblitérer toutes les autres, était la raison même de son engagement au sein du Kraken : si elle devait se sentir en danger chaque jour de sa vie, si elle devait craindre le souffle de la Grande Faucheuse sur son épaule alors, autant le faire selon ses termes. Autant embrasser complètement cette situation qu'elle ne pouvait combattre, et décider d'elle-même de ses rendez-vous avec la mort. Elle avait redouté autant qu'elle avait attendu ce moment, celui de son premier véritable meurtre, une mort qui n'était motivée ni par la légitime défense, ni par un état de choc et de panique tels que cela semblait être la seule issue... Non, cette fois, elle avait frappé pour tuer, froidement, en toute connaissance de cause, sans peur ni hésitation, par pure haine. C'était ce qui s'était emparé de son coeur, de la haine, et il en fallait pour réussir l'Avada Kedavra... Cette fois, elle avait été le monstre des cauchemars, et non la petite fille effrayée. Et, par Godric, la sensation de contrôle et de puissance qu'elle avait ressenti en voyant l'homme tomber au sol, cadavérique, était tout simplement incomparable.

Elle aurait pu tuer encore si elle n'avait perçu le regard d'Ebenezer sur elle, un regard surpris, choqué peut-être, de voir cette insignifiante jeune femme endosser pour de bon son rôle de chef, sublimée par sa colère et sa rage de vaincre. Ce matin, elle se transformait en résistante ou, comme le diraient les journaux plus tard, en terroriste... Tout n'était qu'une question de point de vue, pas vrai ? Le sien, et celui de cet homme qu'ils avaient laissé filer. De la haine, c'était ce qu'elle avait lu à son tour dans son regard, de la haine et de l'effroi, et c'était ainsi que la haine s'était répandu d'une âme à l'autre comme un poison, en un cercle vicieux et sans fin. Peut-être que cet homme voudrait tuer Juliana comme elle avait elle-même voulu tuer les mafieux qui avaient causé tant de souffrances dans sa vie. Peut-être alors qu'elle rendait les choses pires en répandant la mort à son tour.

Mais peut-être que c'était ce qu'il fallait pour renverser l'ordre établi.

Les états d'âmes et les jugements, Juliana les laissait aux tribunaux et aux historiens des temps à venir. Au moins aurait-elle laissé sa trace dans l'Histoire, et ce n'était pas par mégalomanie qu'elle le souhaitait : quelle victoire ce serait, de voir survivre à travers les âges la mémoire d'une femme, d'une travailleuse sans diplômes, et surtout d'une ressortissante de la cité Nimbus... La vraie cité, la poussiéreuse, décimée par la Consumeuse, asservie par l'aristocratie mais ô combien vaillante, vivante et méritante. Et qu'importe si elle apparaissait dans l'Histoire comme une criminelle ! N'était-ce pas ce qu'elle était devenue ? Elle avait pris une seconde vie aujourd'hui. Au moins aurait-elle tenté de s'élever, et d'élever avec elle les voix de milliers de personnes bernées et piétinées par ceux qui s'étaient emparés du pouvoir.

Alors tant pis pour sa conscience un peu plus dévoyée, et tant pis pour son âme un peu plus noircie. Son innocence, elle l'avait perdu il y a bien longtemps, à seulement onze ans, comme on avait pris celle d'une génération toute entière... Car elle n'était pas seule, Juliana, avait sa colère, sa confusion et son refus de l'ordre établi. En courant dans les rues de Bristol ce matin-là, Juliana eut l'impression de sentir sa génération courir aussi.
RP terminé.



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Boxing Day [Ebenezer & Julia]

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