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 Pour qui sonne le glas? [HBF vs HPF]

Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Avertissement : Ce topic contient des scènes susceptibles d'heurter la sensibilité de nos plus jeunes lecteurs.


Dans la nuit du Samedi 28 au Dimanche 29 Avril 2009 ~ Allée des Embrumes ~ "Les Fleurs du Mal"

Ana Sorden ne se sentait jamais aussi bien que lorsqu'elle se trouvait en compagnie de son reflet! Certes le vieux miroir usé qui ornait l'un des murs défraichi de la salle de bain des appartements du fleuriste Fingal Flynn, ne rendait pas hommage à sa splendeur physique; Mais dans sa situation de fugitive activement recherchée, l'arithmancienne n'avait guère d'autre choix que de bien vouloir s'en accommoder. Avec une dextérité manifeste, la sorcière de Salem s'adonnait à une dernière retouche esthétique, synonyme de son renouveau et d'un éminent départ vers des contrées moins inhospitalières que celles du territoire d'Albion. Par Merlin, comme il lui tardait de pouvoir enfin quitter les rivages de cette île maudite, et de ne plus avoir à vivre cloîtrée dans une cave obscure et inconfortable. Ana n'ambitionnait à rien d'autre que de sortir de l'ombre et d'obtenir enfin cette vie en adéquation avec sa grandeur. C’était la moindre des choses après toutes les épreuves qu'elle avait dû endurer. Dans sa mauvaise foi inébranlable, la cruelle sorcière endossait volontiers le rôle de la victime, plutôt que celui de la pire menace n’ayant jamais foulée le sol de l'Angleterre magique. Sa conscience étant aussi froide qu'une pierre tombale, elle n'accordait guère de compassion pour les nombreuses victimes laissées dans son sillage; Ana n'avait qu'un seul objectif : Celui de retrouver son prestige perdu...

En cela, Ana pouvait désormais compter sur le soutien d'un allié aussi prestigieux que puissant, en la personne de Leopold Marchebank. Même si l'arithmancienne se méfiait des politiciens comme de l'apparition d'une ride naissante, cet homme était l'unique solution qui pourrait étancher sa soif d'ambition, sans avoir à disparaître trop longtemps de l'échiquier du pouvoir. Par son discours et ses belles promesses, le nouveau Ministre de la magie avait réussi à gagner sa confiance, tout en lui accordant cette échappatoire tant espérée. De plus, pour ne pas gâcher l'affaire, il était plutôt bel homme, et se révélait extrêmement doué dans l'art de donner du plaisir à une femme; Laissant s'exprimer son imagination fertile et débridée, Leopold avait réussi l’exploit en une nuit magique et quelques coups de reins savoureux à renvoyer aux oubliettes Dalnox et sa fougue juvénile. Dans de telles conditions, Ana Sorden voulait bien endosser le rôle de favorite du Roi, et attendre patiemment dans l'ombre que vienne son heure. De toute manière, aucun homme ne pouvait résister bien longtemps à l'appel de sa beauté; Très vite Leopold finirait par se lasser de la greluche aux yeux de biche qui lui servait d'épouse, pour l'introniser au rang de première dame. La sorcière de Salem n'exprimait aucun doute sur cette conclusion heureuse, tant sa destinée lui semblait cousue de fil blanc. Rien, ni personne ne pourrait entraver ses ambitions!

Mais même si elle pouvait presque toucher ce fabuleux destin du bout de ses ongles manucurés, Ana avait pour l'heure d'autres préoccupations bien plus urgentes à régler. Elle devait notamment balayer son passé derrière elle, afin d'en effacer ses plus affreuses imperfections. Sur les quatre noms qu'elle avait surlignés dans sa liste noire, deux d'entre eux venaient déjà de rendre l'âme. Si la sorcière de Salem pouvait se targuer de l'immense joie sadique d'avoir vu succomber à ses pieds le misérable Richard Dalnox, il en était autrement pour cette vipère de Margot Adamson. Certes en apprenant sa mort dans un article de presse, un sourire d'extase avait bel et bien soulevé ses lèvres botoxées; Mais Ana éprouvait également un immense regret : Celui de n'avoir point pu assister aux noces ensanglantées de sa rivale. Depuis lors, l'arithmancienne s'était jurée de ne plus se faire dérober ce genre de plaisir infini. Malheureusement pour elle, le sablier jouait en sa défaveur, alors qu'il lui restait encore deux noms de sa liste à rayer; En effet, Leopold Marchebank orchestrait dans l'ombre sa fuite du sol anglais pour la journée du lendemain, ce qui ne lui laissait guère de temps pour passer à l'action. Un choix s'imposait...

L'attention d'Ana Sorden s'était vite reportée sur celle qu'elle considérait comme la cause principale de son échec dans sa bataille pour devenir jadis la directrice de Poudlard. Même si l'Auror Charlotte Meyer avait outrepassé ses fonctions et blessé profondément la sorcière de Salem dans son égo narcissique, rien ne pouvait effacer la haine qu'elle nourrissait à l'égard de la jeune fille de la maison vert et argent. Emma Blackbonnes devait payer le prix de sa trahison! Aux premières lueurs de l'aube, quand Poudlard sortira lentement de sa torpeur; Les paupières de la Serpentard demeureront closes pour l'éternité. Mais pour s'offrir un infime espoir de pénétrer dans l'école surprotégée, Ana n'avait guère eue d'autres options que de sacrifier sa douce colombe Sasha. Sachant que cette dernière n'avait pas les épaules pour endosser un meurtre, l'arithmancienne l'avait piégée, en versant dans sa tasse un somnifère aussi efficace que radical; En moins d'une minute, la petite fille s'était effondrée comme une pierre sur la banquette de son carrosse, permettant à l'arithmancienne de mettre au point la première étape de son plan machiavélique. Cela faisait un mois que l'arithmancienne préparait un chaudron de Polynectar, dans le but non-avoué de prendre l'apparence de Sasha; Bien qu'éprouvant un certain déchirement à l'idée de trahir la confiance de sa protégée, c'était le seul moyen pour elle de rejoindre en toute quiétude les quartiers des Serpentards, où séjournait sa cible. Prisonnière dans la cave secrète des "Fleurs du Mal", la vie de Sasha était en sursis, le temps qu'il faudrait à la sorcière de Salem pour éradiquer Emma Blackbonnes du monde des vivants.

Lorgnant sur la montre à gousset déposée à quelques centimètres de sa trousse de beauté, la sorcière constata qu'il était grand temps de passer à l'acte. Comme à son habitude, elle ponctua sa retouche maquillage, d'une vapeur de jasmin à la base de sa gorge. Puis se levant, elle se dirigea vers la chambre du fleuriste dans laquelle trônait une immense valise regorgeant d'effets personnels, de tenues diverses et variées, attestant de son départ imminent. Toutefois, avant de rejoindre la zone où se trouvait le Portoloin la conduisant sur ses terres natale, Ana comptait faire un crochet mortel et rendre une petite visite de courtoisie à Emma. Serrant entre ses ongles effilés le flacon contenant la précieuse potion de Polynectar qui lui donnerait l'apparence de Sasha, la sorcière chercha des yeux sa baguette qu'elle pensait avoir déposé non loin de ses bagages. Mais étrangement, celle-ci ne s'y trouvait plus. Soupirant d'impatience, Ana sursauta quand une voix vint l'interpeller de manière abrupte.

"Pas un geste, Ana! ne bouger plus, ou je vous jure que vous le regretterez! "

L'arithmancienne pivota sur ses talons aiguilles, pour découvrir le visage empourpré de Fingal Flynn. Tremblotant de rage ou de désespoir, le fleuriste binoclard braquait une baguette menaçante en direction de l'ancienne pensionnaire d'Azkaban. Comment avait-elle pu oublier cet admirateur des plus encombrants? Posant une main sur sa poitrine pour réfréner l'emballement de son cœur, Ana finit par jeter un regard courroucé à son associé, avant de lui signifier à quel point elle n'appréciait que très modérément ce genre de surprise malvenue.

"Fingal! Comment oses-tu me surprendre de la sorte?! Tu veux me tuer? "

Mais le fleuriste demeurait toujours aussi déterminé, brandissant sa baguette en bois d'Acajou devant lui. Ana leva un sourcil interrogateur, tandis qu'elle réalisait que Fingal Flynn n'aurait jamais dû se retrouver dans son échoppe de l'allée des Embrumes. En effet, la sorcière l'avait missionné la veille pour rejoindre Bristol et sa voie des Miracles, afin d'y dénicher un nouveau poison des plus violents du Monde Magique. En réalité, cette manœuvre avait pour but de l'éloigner de son repère le temps d'une ou deux journées; Histoire de pouvoir mener à bien ses petites manigances, et de disparaître loin du binoclard transi d'amour...

" Arrêtes tes menaces Fingal! Tu ne me fais plus rire! Que fais-tu ici d'ailleurs? Ne t'avais-je point chargé d'aller à Bristol? "

Le fleuriste secoua la tête avec dédain, avant d'indiquer d'un geste de mépris la valise magique de l'arithmancienne reposant sur son lit. D'une voix éraillée par l'émotion, il libéra ce qui lui pesait si durement sur le cœur depuis bien trop longtemps.

" Cette valise... Vous partiez le retrouver, n'est-ce pas? A quoi bon s'acoquiner avec un misérable fleuriste de l'Allée de Embrumes, quand on peut rejoindre le palais doré d'un Ministre en exercice! Et dire que je pensais que vous m'aimiez! Quel sinistre crétin je suis! " Une larme finit par dévaler de la joue du fleuriste, tandis qu'il réalisait à quel point cette passion pour Ana l'avait trop longtemps aveuglé. "Je crains de n'être l'homme le plus stupide et naïf de ce maudit Monde magique! Toutes vos belles promesses n'étaient que du vent! Comment ai-je pu croire ne serait-ce qu'une seconde, qu'une femme comme vous puisse s'intéresser à un sombre binoclard comme moi! Même un bégonia a plus de jugeote que moi! "

Devant un spectacle aussi pathétique et affligeant, Ana se maudit intérieurement de ne point disposer de sa baguette pour infliger un endoloris à ce tue-l’amour ambulant. Dans son ingratitude égoïste, l'arithmancienne oubliait bien vite la dévotion et la loyauté dont il avait fait preuve pour lui venir en aide. Elle ne se focalisait plus que sur les travers du binoclard en mal d'amour, en occultant la triste vérité que sans lui, elle serait peut-être aujourd'hui même de retour dans une cellule d'Azkaban. Mais Fingal Flynn devenait de plus en plus intrusif, et d'une humeur exécrable depuis la visite du Ministre Marchebank. Sa jalousie devenait tout bonnement imbuvable, et ses réactions de plus en plus incontrôlable. Cherchant à retrouver l'emprise qu'elle possédait jadis sur lui, Ana appuya sur le petit homme un regard profondément condescendant.

"Avant que quelqu'un ne soit blessé, tu vas me faire le plaisir de ranger cette baguette! Pour ta gouverne, si tu veux un jour m'épouser, il faudra que tu apprennes qu'une femme a besoin d’un minimum de confort, et d'espace pour respirer! Inutile de me surveiller! Je voulais simplement me ressourcer et prendre l'air, car j'étouffe littéralement dans cette cave! "

Mais la donne avait changé, et Ana le comprit à l'instant même où elle intercepta le profond mépris irradiant du regard de Fingal Flynn. Bien plus que le pot aux roses, et au-delà d'une simple histoire d'adultère; Ce que venait de découvrir le fleuriste dépassait l'entendement. Une vérité terrifiante qu'il avait trop longtemps édulcorée, alors qu'il préférait vivre dans le mensonge d'une passion destructrice. Mais désormais ce n'était plus l'heure de mâcher ses mots à l'encontre de l'horrible bonne femme qui squattait depuis trop longtemps son intérieur!

"Vraiment, vous étouffez dans ma cave? Alors quand est-il de la pauvre jeune fille que vous séquestrez en ce moment même? Je suppose que vous ne vous fichez pas bien mal de son confort? Je me suis demandé un instant si elle était morte, tant elle demeurait immobile... Puis j'ai remarqué les liens lui entravant les poignets! Vous n'êtes rien d'autre qu'un monstre, Ana Sorden. Un monstre qu'il faut empêcher de nuire! Je ne suis pas un criminel, et je ne ferai certainement pas de mal à un boursouf. Et pourtant, aujourd'hui, tout en moi me répugne! Au-delà de ma détresse sentimentale, j'ai contribué à vos crimes... J’ai aimé et hébergé une meurtrière de la pire espèce sous mon toit! Je dois assumer ma part de responsabilité, et mettre un terme à tout cela... Vous ne ferez plus de mal à personne, Ana. "

Ce n'était plus simplement de l'ordre de la déception amoureuse ou de jalousie, mais bel et bien un acte dicté par une justice vengeresse. Les propos incohérents du fleuriste abondaient dans le sens qu'il pouvait commettre l'irréparable; Et pourtant, Ana ne semblait nullement effrayée, tant elle pouvait prédire les intentions du fleuriste. Cette fois-ci aucun grain de sable ne viendrait enrayer la mécanique de ses projets, et rien dans sa prophétie n'indiquait qu'elle trouverait la mort de la main d'un vulgaire fleuriste. Sans l'ombre d'un renard à l'horizon, Ana se sentait rassurée sur sa sécurité. Jamais Fingal ne lui ferait de mal, ce n’était pas un tueur. Il n'aurait jamais le cran nécessaire pour passer à l’acte. Dans son activité illicite, il se contentait de faire disparaître des cadavres devenus trop encombrant pour des malfrats de l'Allée des Embrumes, mais jamais il n'endossait le rôle du bourreau. Mais si le fleuriste n'avait rien d'un assassin, il devenait de plus en plus gênant pour l'arithmancienne. Sans sa baguette, Ana chercha instinctivement de quoi se défendre et retourner la situation à son avantage. C'est alors qu'elle remarqua le coupe-papier tranchant posé sur la table basse de la chambre. A pas de louve, elle avança imperceptiblement en direction de celui-ci, tout en ne quittant pas des yeux Fingal Flynn. Ce dernier commençait d'ailleurs à vaciller et perdre courage, sa baguette tremblant de façon grotesque.

"Reculez Ana! Je vous préviens, je ne plaisante pas! "

Ana décida de changer de registre et de jouer alors les douces ingénues. Sa voix devint aussi douce que le miel alors qu'elle s'adressait au petit commerçant de l'Allée des Embrumes.

"Tu ne me ferai pas du mal, Fingal? Tu n'oserais jamais blesser une femme sans défense, n'est-ce pas? "

Tandis qu'elle minaudait pour tromper la vigilance du fleuriste, Ana réussit à s'emparer du coupe-papier pour le dissimuler immédiatement dans son dos, sans pour autant attirer l'attention sur son geste sournois. Disposant à présent d'une arme, l'important pour elle était de réduire la distance qui la séparait encore de son hôte jadis si bienveillant. La sorcière de Salem fit deux pas supplémentaires, avant de tendre sa main blafarde en direction de la pointe de la baguette. Comme pétrifié alors qu'il ne pouvait se résoudre à prononcer le moindre sortilège, Fingal laissa la dangereuse sorcière agripper librement l'instrument magique; Ana plaqua alors la baguette là où battait son cœur de pierre, puis d'une voix glaciale, elle lui murmura un ordre dont elle savait à l'avance qu'il serait incapable de mettre à contribution.

"Allez, je t'en prie Fingal, achèves ce que tu as commencé... "

Mais plutôt que d'agir et de libérer le monde magique de la présence de l'horrible bonne femme, Fingal baissa pitoyablement les yeux, et se mit à sangloter comme un mioche privé de sucette.

"Je ne peux pas, je n'y arrive pas... "

Ana se pencha alors vers le fleuriste, pour lui murmurer un sombre présage à l'oreille.  

"Voilà pourquoi cela ne pourra jamais fonctionner entre nous... "

Sans crier gare, la cruelle sorcière planta alors la lame tranchante dans le cœur du fleuriste. La stupeur s'inscrivit dans le regard de l'inoffensif binoclard, tandis qu'il lâchait sa baguette pour plaquer ses mains sur sa poitrine ensanglantée. Ana s'écarta quelque peu pour contempler sa victime s'effondrer au sol dans une mare de sang.

"Je suis désolée Fingal, mais il n'y en a que dans les contes pour enfant que les crapauds épousent les reines... "

Ana se pencha vers l'homme agonisant pour fouiller les poches de sa veste, et y découvrir sa baguette. Fingal avait compris qu'il n'avait pas la moindre chance de la vaincre dans un duel sorcellerie, ceci expliquant pourquoi il lui avait subtilisé sa baguette. A la vue de son instrument mortel, le visage de la sorcière s'éclaira d'une lueur satisfaite, très vite ternie par les rires moribonds de Fingal Flynn. Ana se releva, braquant sur lui un regard d'une noirceur impitoyable.

"La mort est donc une chose si amusante? "

Bien que crachant du sang, le fleuriste tourna un visage empreint de jubilation en direction de sa meurtrière.

"Je... Je suis heureux à l'idée de savoir que vous allez bientôt quitter cette cave... Pour croupir dans une cellule d'Azkaban...  Vous êtes finie, Ana... J'ai expédié un hibou au Bureau des Aurors, dans lequel je révèle absolument tout... Ils ne devraient pas tarder à venir... Je crains que votre ange-gardien Leopold ne se montre guère clément, quand il apprendra que vous séquestrez des fillettes dans une cave obscure... Votre petit monde va s'écrouler sous vos pieds... A défaut de pouvoir la séduire, un crapaud comme moi peut tout de même renverser une reine... "

Ses rêves de première Dame, d'un retour en Amérique, son projet de vengeance... En l'espace d'une parole, tout venait de s'effondrer! Un stupide binoclard venait de réduire en cendre sa vie! Ana ne pouvait concevoir un tel retournement de situation. Avait-il vraiment informé le Bureau des Aurors? Si c'était le cas, l'information pouvait tomber entre les mains de n'importe qui, et d'une garce dans le genre de cette Charlote Meyer! Leopold lui avait clairement précisé dans les termes de son accord, qu’Ana ne devait en aucun cas commettre d'actions répréhensibles par la loi, autres que celle de tuer Richard Dalnox. Ses manigances et son désir de vengeance personnelle risquait d'anéantir cette fabuleuse alliance. Le visage livide, Ana ne pouvait croire en un dénouement aussi tragique.

"Tu mens! Tu mens! Tu mens, espèce de pourriture! Crève! "

Au bord de l'hystérie, Ana se jeta sur le corps étendu du fleuriste, afin d'en extirper la lame logée dans sa poitrine. Folle de rage, la sorcière psychopathe le poignarda alors à de multiples reprises, jusqu'à ce qu'il rende son dernier souffle. Reprenant ses esprits et sa respiration, elle chercha à trouver une solution. Au risque que tout ceci ne soit qu'un mensonge, elle ne pouvait que se résoudre à devoir abandonner son projet de vengeance. Elle devait effacer toutes les traces de ses manigances, et offrir aux Aurors et à Leopold une ardoise vierge, tout en rejetant la faute sur la folie possessive de Fingal. En reconnaissance du meurtre de Dalnox, le Ministre trouverait bien un moyen de l'extirper de ce guêpier. Mais obtenir un tel résultat, elle devait tout effacer de ses actes odieux, à commencer par l'enlèvement de Sasha Benson...

Ne disposant de guère de temps avant une éventuelle intervention des Aurors, Ana se précipita en direction de l'escalier qui descendait vers l'entrée de la cave où était retenue prisonnière la jeune serpentard. Dans le regard de l'arithmancienne brillait une lueur meurtrière et implacable : Son salue passait inévitablement par le meurtre de sa douce colombe. Avant de descendre commettre son ignoble forfaiture, Ana demeura un instant immobile face à l'escalier, fixant les ténèbres en contrebas.


Avec un peu de chance, Sasha subirait encore les effets du violent soporifique qu'elle avait absorbé avec son Thé. Même ligotée, une proie endormie est toujours plus facile à maitriser, et Ana n'aurait qu'à la donner en pâture à l'horrible plante carnivore que conservait Fingal Flynn dans sa planque. L'arithmancienne dévala les marches, pour se retrouver devant le mur de pierre dissimulant l'entrée de la cave. Pointant sa baguette en direction d'un petit rocher affleurant, elle prononça alors à voix basse une formule magique inaudible, ce qui ne tarda pas faire pivoter un plan entier étroit du mur. Une fois le seuil de son antre franchit, Ana prit soin de fermer l'interstice derrière elle, histoire de retarder l'intervention des Aurors dans le cas où ceux-ci viendraient à surgir. A deux pas de la porte se trouvait l'ignoble plante carnivore gigantesque qu’Ana Sorden avait prise en affection durant sa captivité. Cette monstruosité végétale capable d'engloutir un humain en entier, avait hérité du petit nom de "Jasmina". Peut-être que la sorcière de Salem l'avait rebaptisée ainsi pour souligner leur attrait commun pour la senteur Jasmin; Ou n'était-ce qu'une simple manière pour Ana de rendre hommage à cette plante qui avait rendue moins amère sa retraite contrainte et forcée dans cette maudite cave. La sorcière contourna les larges racines de Jasmina, pour se rendre dans le recoin obscur où elle avait ligoté les ailes de sa petite colombe pour l'empêcher de s'envoler. Mais une fois sur les lieux quelle ne fut pas sa surprise, de ne point l'y trouver...

A l'endroit exact où elle avait laissé la silhouette endormie, ne se trouvait plus que les cordes qui jadis entravaient les poignets de la jeunes fille. Sasha avait décidé de lui rendre les choses moins faciles, et cela exaspérait déjà l'humeur de la cruelle arithmancienne. Avait-elle récupéré sa baguette et ses effets personnels qui séjournaient dans un petit tiroir de la basse commode? A vrai dire, Ana s'en fichait éperdument, tant elle ne craignait pas d'avoir à affronter en duel magique, une gamine aussi peu expérimentée que devait l'être Sasha. L'arithmancienne était reconnue comme étant une experte en magie noire, et l'une des plus redoutables sorcières de sa génération, alors ce n'est pas une enfant qui pourrait la mettre à mal. Ana Sorden se dirigea vers le centre de la cave où trônait le chaudron de Polynectar encore brulant. La sorcière lorgna dans toutes les directions, de manière à débusquer l'endroit où pouvait bien se cacher celle qui fut jadis sa protégée.



Puis elle prit la parole à voix haute, afin d'interrompre cette horripilante partie de cache-cache, et ne pas perdre davantage de temps.  

"Inutile de te cacher ma colombe... Tu n’as nul endroit où aller, et tôt ou tard je finirai par te trouver. Je n'ai jamais eu l'intention de te tuer, au contraire je cherche à te protéger. Sors de ta cachette et nous pourrons parler plus librement... "  

Mais un silence prodigieux ponctua le discours de l'horrible bonne femme, qui continuait de pointer sa baguette d'ébène en direction des quatre coins obscurs de la cave. Sans prévenir, Ana lança un sortilège informulé en direction d'une couverture posée à même le sol. Ayant détectée un léger bruissement derrière celle-ci, Ana pensait avoir trouvé la petite fuyarde. Mais ce n'est qu'un rat carbonisé sous l'effet de son sortilège qui s'offrit à ses yeux. La vile sorcière poussa un profond soupir, posant une main sur sa hanche, tandis que l'autre surveillait le moindre mouvement suspect.

"Je perds patience Sasha... "

Pour gagner de précieuses secondes, Ana tenta une nouvelle approche, en jouant la carte de la provocation.

"Tu veux jouer les grandes, mais à l'heure d'affronter ton destin, tu te caches comme une pauvre fillette effarouchée. Saches qu'à ton âge, je ne craignais rien ni personne! Comment peux-tu prétendre vouloir me ressembler, si tu agies de la sorte!? Tu es pathétique! Comment ai-je pu croire en toi, je me le demande... "  

Un écho menaçant résonnait dans la cave, tandis que les talons des Loutoubins de luxe d'Ana Sorden martelaient la dalle de la cave dans laquelle Sasha était la prisonnière. Sa baguette brandit devant elle, l'horrible bonne femme se dirigea vers la dernière zone encore inexplorée de la pièce lugubre...


Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Sasha remua un peu, sentit que quelque chose entravait ses poignets, ne comprit pas. Elle s’agita un peu sur un sol dur comme du béton, frissonna au contact de la pierre, et prit conscience que ce n’était pas un mauvais rêve. Elle ouvrit soudainement les yeux et les sensations qu’elle avait cru appartenir à un cauchemar devinrent brusquement bien présentes. Une corde lui brûlait la peau, maintenant ses poignets fermement attachés. Elle était recroquevillée à même le sol, dans une pièce sombre. Elle avait la gorge sèche et se sentait complètement sonnée.

La jeune fille parvint difficilement à se redresser en position assise et promena son regard autours d’elle. Les souvenirs de ses derniers instants de conscience lui revinrent brutalement en mémoire et elle ne put lutter contre la vague d’angoisse qui déferla sur elle. Elle regarda partout autour d’elle avec inquiétude, persuadée qu’elle allait tomber nez à nez avec Ana Sorden, mais la pièce était déserte. Et sans issue. Elle sentit son pouls et sa respiration s’accélérer alors que les questions fusaient dans son esprit.

Elle n’était pas morte. Ana ne l’avait pas tué. Ce constat aurait dû la rassurer mais elle savait bien qu’il n’était certainement que provisoire. Elle ignorait où elle se trouvait, ce qu’elle faisait ici, ce que l’arithmancienne avait prévu pour elle. Elle était vivante mais toute seule dans ce qui ressemblait à une cave à demi-plongée dans la pénombre. Ses yeux s’habituaient doucement à l’obscurité et ce qu’elle distinguait autour d’elle ne la rassurait pas du tout. Elle eut un brusque mouvement de recul en découvrant une énorme plante carnivore près d’un mur et réprima les larmes de frayeur qui lui montait eux yeux. Elle nota également la présence d’un chaudron bouillonnant au centre de la pièce, sans parvenir à identifier l’odeur de ce qui était certainement une potion en préparation.

Sasha était complètement perdue, et terrifiée, mais elle ne pouvait pas attendre sans rien faire. Son semblant de répit serait probablement de courte durée, elle devait mettre une tactique en place, se préparer à se battre, sur quelque terrain que ce soit. La fillette se força à prendre plusieurs grandes respirations, chassant au loin la panique qui lui embrouillait l’esprit. Il fallait réfléchir vite, être efficace.
Pour commencer, elle devait se défaire des liens qui entravaient ses poignets. L’adolescente chercha du regard quelque chose d’assez tranchant pour couper la corde, sans succès. Ses yeux s’arrêtèrent un instant sur l’énorme plante qui l’avait effrayé un instant plus tôt. Ses dents monstrueuses pourraient déchiré la corde en moins d’une seconde, mais elles feraient probablement de même avec la chaire de ses bras. Mauvaise idée. Son regard s’arrêta sur un des chandeliers qui éclairaient faiblement la pièce et elle grimaça.

Pas vraiment convaincue par son idée mais persuadée qu’elle devait agir le plus vite possible si elle voulait avoir une chance de se sortir de là, la jeune fille se mit debout et s’approcha résolument de la chandelle avant de tendre les mains vers cette dernière, plaçant la corde au-dessus de la flamme, la mâchoire serrée. La sensation de brûlure ne tarda pas, et ses bras se mirent à trembler alors que ses yeux se remplissaient de larmes. Elle ferma les paupières, se força à penser à autre chose alors que la peau autours de ses poignets la brûlait affreusement. Elle était sur le poing de renoncer quand la corde céda finalement, laissant enfin ses poings serrés s’éloigner l’un de l’autre, et ses liens tomber au sol.

Sa mobilité retrouvée mais la douleur toujours présente, Sasha avisa un pot de terreau abandonné dans un coin et y plongea les mains, toute préoccupation de propreté et d’élégance oubliée et enterrée, au sens propre du terme. Le contact de la terre froide lui fit du bien mais elle ne s’attarda pas. Elle se laissa tout juste le temps de s’interroger sur la présence de tant de pots de fleurs et plantes diverses. C’était peut-être son indice le plus précieux quant à l’endroit où elle se trouvait. Mais c’était loin d’être suffisant, il lui fallait beaucoup plus d’informations. Des informations quant à une potentielle issue, si possible. Elle commençait à craindre que cet endroit ne soit accessible que par transplanage. Ce qui expliquerait l’absence de portes et de fenêtres, à moins qu’il n’y ait un passage secret dissimulé quelque part.

Sasha épousseta ses mains et les plongea dans les poches de son manteau, désespérément vides. Elle était privée de baguette. Une sueur froide glissa le long de son dos alors qu’elle voyait ses chances de survie déjà maigres s’amenuiser davantage. Fébrile, la jeune fille entreprit de fouiller la pièce. Une petite voix dans son cerveau lui soufflait que ça ne servait à rien, qu’elle ne sortirait pas d’ici, que c’était perdu d’avance, mais elle ne l’écouta pas. Elle devait essayer, elle devait faire quelque chose, elle ne pouvait pas simplement attendre que son bourreau ne revienne la trouver. Cette pensée la fit frémir et elle secoua la tête avant de commencer ses recherches, s’accrochant à un espoir qu’elle savait dérisoire.

Elle se dirigea d’abord vers une vieille armoire qui occupait un des coins de la pièce, et dont elle ouvrit les ports en grand. Elle était presque vide, mis à part quelques vieilles robes de sorciers et des tabliers tâchés de terre. Elle souleva avec curiosité une paire de gants en cuir épais –semblables à ceux qu’ils utilisaient en Botanique-, déplaça un vieux chapeau, examina quelques paires de bottes, sans trouver la moindre trace de sa baguette.

Elle s’approcha d’une commode basse, le seul autre meuble de la pièce, et en ouvrit le premier tiroir. Des lettres, des pages de livres, un manuel d’Herbologie, quelques vieilles plumes et en encrier. Elle soupira, sentant sa frustration et son angoisse grandir. Elle ouvrit malgré tout le second tiroir, qui ne contenait que du linge, quelques vieilles nappes et des rideaux bouffés par des mites. Elle le referma brutalement alors que sa frustration se changeait en désespoir. Les mains tremblante, elle ouvrit le dernier tiroir et poussa un soupir de soulagement en avisant sa baguette, posée à côté de la fiole d’essence de Fenneldeg. Elle s’empara de la première et fourra la seconde dans sa poche. C’était une bien maigre victoire mais être en possession de sa baguette la rassurait un peu.

L’adolescente commença à chercher le moindre sort qu’elle connaissait et qui pourrait lui être utile. Elle était concentrée, son cerveau tournant à plein régime, quand des bruits de pas qui semblaient venir de l’extérieur la firent sursauter. Quelqu’un approchait. Saisie par la panique, elle se précipita vers l’armoire qu’elle avait fouillée un instant plus tôt et s’y réfugia, prenant soin de bien refermer la porte derrière elle, ne la laissant entrouverte que d’un centimètre pour pouvoir observer ce qui se passait dans la pièce.

Elle ne pouvait apercevoir qu’une partie de la cave, mais après quelques secondes d’attente, Ana Sorden passa dans son champ de vision. Sasha frémit, resserra sa prise sur sa baguette et se força à faire comme si elle n’avait pas remarqué le sang qui maculait la robe de la mardolienne. Son cœur battait si fort qu’il lui paraissait impossible que l’arthmancienne ne l’entende pas, pourtant Ana continuait d’évoluer silencieusement dans la pièce, recherchant sa victime terrifiée.

La voix de la sorcière de Salem s’éleva finalement, raisonnant contre les murs dans un écho funeste. Sasha ne crut pas un instant à ses paroles empoisonnées. Elle ne se ferait pas duper deux fois. Silencieuse, la jeune fille s’efforça de rester parfaitement immobile, tendant l’oreille pour suivre les bruits de pas de l’arithmancienne, qui avait quitté son maigre champ de vision. L’adolescente entendit le claquement des talons de son ancien mentor s’éloigner alors que cette dernière usait de la provocation pour tenter de la faire sortir de sa cachette. Mais Sasha entendait à peine les mots de la mardolienne, trop occupée à réfléchir à un plan.

Elle pouvait sortir bravement de sa cachette et affronter courageusement Ana Sorden dans un duel qui serait sans doute aussi court que meurtrier. Elle pouvait aussi rester tapie ici, et prier en attendant que son bourreau ne vienne la trouver. Ou elle pouvait essayer de ruser. Elle n’avait aucune chance de s’en sortir loyalement face à son adversaire, elle ne pouvait qu’essayer de la tromper, de la manipuler comme elle s’était faite manipuler avant. Ses pensées se dirigèrent vers le chaudron qu’elle n’avait pas eu le temps d’examiner et elle se remémora la texture boueuse et épaisse de la potion qui ronronnait dans le récipient. Du Polynectar ! Ana lui avait fait part de son plan, Sasha savait exactement ce qu’elle préparait. Et elle avait besoin de ce polynectar pour parvenir à ses fins.

Abandonnant sa peur et son angoisse dans l’armoire, Sasha en poussa la porte le plus silencieusement possible avant d’abandonner toute prudence et de bondir vers le chaudron en deux grandes enjambées. En à peine plus d’une seconde, elle se retrouva le bras tendu au-dessus de la potion, la fiole de Fenneldeg serrée dans son poing maculé de terre.

« Baissez votre baguette, intima-t-elle à l’arithmancienne qui se trouvait de l’autre côté de la pièce. Sa voix ne tremblait pas, comme s’il était de toute façon trop tard pour avoir peur. C’est une fiole de poison, expliqua-t-elle en écartant légèrement les doigts pour laisser entrevoir l’essence de Fenneldeg. Vous n’êtes pas la seule à chérir cette arme, ajouta-t-elle, surprise par sa propre audace.

Elle peinait à prendre conscience de ce qui se passait, des risques qu’elle prenait et de la façon dont cet échange pourrait se finir. C’était comme si elle observait la scène d’un point de vue extérieur, comme si une partie d’elle était restée cachée dans cette armoire alors que ce qu’elle avait de courage se ruait dehors.

« Faites un geste et je la laisse tomber dans le Polynectar, poursuivit-elle, menaçante. Vous n’aurez plus qu’à recommencer, dommage que la préparation prenne un mois entier… »

Elle n’avait pas réfléchi à un plan de secours, dans l’hypothèse probable ou sa menace n’aurait pas l’effet escompté. La peur dont elle s’était libérée le temps de cet éclat de folie revint alors qu’elle prenait enfin le temps d’envisager pleinement les conséquences de son acte. Si Ana ne la croyait pas, ou si elle avait des réserves de polynectar, elle était finie. L’arithmancienne n’aurait besoin de la maintenir en vie que le temps durant lequel elle souhaiterait prendre son apparence. Sasha refusait de mourir en permettant à la mardolienne de mettre son odieux plan à exécution, on ne se souviendrait pas d’elle comme ça. Elle se battrait s’il le fallait, elle trouverait un moyen de s’échapper. Dans l’immédiat, elle n’aurait plus qu’à jeter l’essence de Fenneldeg au visage d’Ana et espérer réussir à s’enfuir en rouvrant le passage que l’arithmancienne avait emprunté plus tôt.




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Ana Sorden commençait à perdre patience, alors que le temps jouait tragiquement en sa défaveur. En effet, chaque seconde qui s'égrenait la rapprochait d'une intervention plus que probable des Aurors, et il n'était guère l'heure de s'adonner à une vulgaire partie de cache-cache avec son ancienne protégée. Où pouvait-elle bien se cacher? Ce cachot puant n'était pas assez vaste pour tromper longtemps ses investigations, et éradiquer une fois pour toute cette petite colombe devenue si encombrante. Car quoiqu'il en soit, l'aritmancienne devait balayer derrière sa porte, et faire disparaître toutes traces suspectes qui puissent égratigner la confiance du Ministre de la Magie. Si Leopold Marchebank venait à apprendre qu'elle s'apprêtait à massacrer sa future belle-fille, la sorcière de Salem pouvait d'ores et déjà faire une croix sur sa liberté retrouvée. Aucune planque secrète ne l'attendrait, si ce n'est une cellule humide et putride d'Azkaban! Pour convaincre son plus précieux allié de sa bonne foi, Ana disposait d'un plan imparable qui détruirait toutes les accusations portées à son encontre par ce traitre de fleuriste binoclard. Fingal Flynn avait toujours été éperdument amoureux d'elle, et ses calomnies ne reposaient que sur une jalousie maladive de voir l'élue de son cœur lui glisser entre les doigts. Le petit homme n'aurait pas supporté sa liaison avec Leopold, passant du statut de logeur accommodant à celui de psychopathe ivre de vengeance. Ana Sorden jouerait alors la carte de la légitime défense et de la pauvre victime éplorée; Rien ne pourrait alors faire revenir le Ministre sur sa promesse de l'exfiltrer de l'Angleterre Magique. Absolument rien, si ce n'est cette odieuse petite épine de Sasha Benson qui venait de se glisser subrepticement dans le talon de ses loutoubins de Luxe!  

Sans l'ombre d'une sommation, la baguette de la cruelle mardolienne cracha un sortilège mortel en direction d'un bruit provenant de l'un des recoins obscurs de la petite serre souterraine. Un pauvre rat innocent fut aussitôt carbonisé dans sa tentative de fuite, payant ainsi le lourd tribut de l'impatience de l'arithmancienne. Si Sasha ne se montrait pas dans la seconde qui suit, la puissante sorcière opterait pour une solution plus radicale et enflammée. Bien que peu subtil, les flammes magiques pouvaient extirper la jeune fille de sa cachette, mais un tel procédé paraitrait des plus suspects aux enquêteurs magiques. Ces derniers pouvant tomber sur les restes calcinés de la petite trouble-fête. La solution qui s'imposait d'elle-même, était de faire disparaître la dépouille sans vie de Sasha dans la gueule béante de la terrifiante Jasmina. Cette plante charognarde offrait l'avantage de pouvoir liquéfier dans ses sucs acides, toutes sortes de cadavres devenus trop encombrants. Ana Sorden avait de l'estime pour cette plante vorace, trouvant même chez elle une certaine complicité olfactive. En effet, la plantureuse sorcière et la dangereuse plante carnivore partageait le même goût immodéré pour le parfum senteur Jasmin. Une seule goutte de celui-ci dans son corsage, et Ana pouvait se rapprocher en toute quiétude des racines de l'amas de verdure, sans avoir à craindre sa gueule béante. Certes, Jasmina pouvait parfois se montrer très facétieuse; Mais dans sa situation actuelle, l'arithmancienne prenait la pleine mesure de l'utilité que lui offrait la dite plante carnivore. Cette nuit, il y aurait de la douce colombe au menu...

"Où es-tu petite garce? Montres-toi! "

Alors qu'aucune trace de gentillesse n'émanait des injonctions de l'horrible bonne femme, la voix de la jeune Sasha Benson finit par s'élever et interrompre la traque mortelle. Ana virevolta sur ses talons aiguilles pour se confronter à son ancienne protégée, qui semblait vouloir s'offrir un dernier sursaut de révolte. En plus de lui intimer l'ordre de baisser sa baguette, voilà que la petite colombe brandissait comme arme ultime une fiole de poison au-dessus de la surface bouillonnante du chaudron magique. Par chance, elle ignorait encore que l'arithmancienne avait d'autres priorités, et que le jadis si précieux polynectar lui était devenu totalement inutile. Ses projets de vengeance venaient de tomber à l'eau, et dans sa fuite du sol anglais, Ana possédait en Leopold Marchebank, un atout bien plus précieux que la mixture magique. Ana éprouvait une certaine fierté de voir son ancienne protégée faire preuve d'autant d'audace, même si cette tentative des plus rusées au préalable était vouée à l'échec. Au vue de la détermination qui irradiait son regard, Sasha aurait pu devenir une femme au destin tout aussi admirable qu'elle : Le souci étant qu'elle était encore beaucoup trop tendre et naïve. Ana ne put résister à l'envie de répondre à la fanfaronnade de la serpentard, qui osait se comparer à elle.

"De quelle arme disposes-tu ma colombe? Saches qu’un poison démasqué n'offre aucune utilité à son détenteur. Je pensais te l'avoir enseigné dans ce carrosse, mais décidemment, tu ne retiens aucune leçon... "

Ana se complaisait dans ce rôle de professeur et de mère spirituelle. Rien n'était plus agréable que de savourer sa supériorité! Sasha Benson n'était encore qu'une enfant inexpérimentée, qui allait payer le prix fort de son outrecuidance. Sans esquisser un geste de repli, Ana avança d'un pas sur sa proie, brandissant toujours une baguette menaçante. Un sortilège, et tout cela sera terminé. Mais dans la position du chat voulant jouer une dernière fois avec la souris capturée, Ana laissa sa petite colombe lui chantonner son projet dérisoire.  

"Mais je t'en prie, Sasha : S’il t’incombe tu peux verser l'intégralité de ta fiole. Que cela te plaise ou non, ce chaudron de polynectar m'est désormais tout aussi inutile que de te savoir à mes côtés. Car je crains d'avoir à te dire, que je suis d'ores et déjà délivrée de toutes les infamies du passé! "

Une lueur sadique embrasa les prunelles de l'arithmancienne, tandis qu'elle se livrait à son exercice favori, celui de la manipulation mensongère.  

"Pas plus tard que la nuit dernière, je me suis rendue à Poudlard en arborant les traits de ma ravissante petite colombe. Tu peux me croire, c'était un véritable jeu d'enfant que de pénétrer dans l'enceinte de cette maudite école, et d'étrangler Emma Blackbonnes dans son sommeil. Dans ma grande clémence, j'ai décidé d'épargner une jeune élève témoin du drame, et qui demeurait tétanisée par l'effroi. Tu m'excuseras, mais il fallait bien que je me délivre du péché et confesse mon crime. C'était trop lourd à porter... C'est pourquoi, je me suis permise de lui dévoiler la jalousie dévorante qui te ronge à l'idée de voir cette infâme crevure d'Emma Blackbonnes fréquenter le garçon de tes rêves. Une passion tragique qui fait de toi, à l'heure actuelle, l'une des criminelles les plus activement recherchées. Je ne vais pas te cacher que je ne suis pas malheureuse de retrouver ma si merveilleuse silhouette. "  Ana Sorden ricana méchamment avant d'ajouter : "Alors ma colombe, qu'est-ce que cela te fait d'être désormais une meurtrière en cavale?  "

Ana jubilait intérieurement de son mensonge, et n'hésita point à s'avancer au-devant de Sasha, pour se retrouver à moins d'un mètre d'elle. Prête à faire écran à la moindre réaction ou riposte, la sorcière darda sa baguette en ébène en direction du cœur de son ancienne protégée.

" Tu as perdu, Sasha! Et il est temps pour toi de mourir. Saches que je regrette sincèrement que cela se passe ainsi, car tu étais comme une fille pour moi. Je sais à quel point tu rêvais de me ressembler, mais malheureusement, je crains que le brouillon ne dépasse jamais le chef d'œuvre originel. En souvenir des bons moments passées ensemble, je vais t'accorder le privilège de choisir ta mort. Soit je te tue... Soit tu choisies de boire ton poison, et de mettre un terme à cette existence vide de sens. Que décides-tu, ma douce colombe? "

Un sourire cruel aux lèvres, le regard de l'arithmancienne se tourna alors vers la paume de Sasha contenant la mystérieuse fiole de poison. Aveuglée par son orgueil et son récital d'autosatisfaction narcissique, Ana Sorden en avait complétement oublié cette arme devenue inoffensive à ses yeux. Et pourtant...
En décryptant la petite étiquette et le visuel présent sur la dite fiole, la cruelle sorcière comprit immédiatement toute l'étendue de son erreur. Elle avait négligé l'essentiel et le plus dangereux! Un petit renard pourtant d'allure inoffensive décorait la surface de la lotion qui répondait au nom d'essence de Fenneldeg; Une chose qui n'avait rien de terrifiant pour la grande majorité des mortels, glaça pourtant d'horreur le visage de l'arithmancienne. Sous l'effet d'une soudaine panique, son sourire si vaniteux quelques secondes auparavant se tordit dans une affreuse grimace; Ne pouvant se décrocher de la surface de la petite bouteille, ses yeux exorbités semblèrent jaillir hors de leurs orbites. La prophétie concernant sa propre mort ne souffrait d'aucune ambiguïté : C'était bien la vision d'un renard de feu qui s'était offerte à elle, quand elle avait osé interroger l'oracle sur sa propre fin. L'ancienne reine de beauté automnale n'avait plus rien de glamour, tandis demeurait pétrifiée de trouille, comme une vulgaire statue de sel. Son orgueil l'avait poussé dans une impasse dangereuse, et à trop vouloir parler, elle en avait oublié d'agir. Alors qu'elle avait inconsciemment baissé sa garde et sa baguette, pour plaquer une main sur son visage livide; Ana ne fit que balbutier son immense incompréhension.

"Qu'est que ceci!? C'est impossible!!! Pas toi!? Pas une vulgaire gamine!!! Tu ne peux pas me vaincre! "

Entre tuer ou être tuée, Ana ne tergiversa guère plus longtemps. L'horrible bonne femme leva sa sombre baguette en bois d'ébène et hurla la seule formule qui s'imposait en pareille situation :

"Avada Kedavr... "


Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Les rougeurs que l'audace et la dangerosité de son geste avaient fait apparaître sur les joues de la jeune fille disparurent progressivement alors qu'Ana Sorden lui avouait avoir déjà mis ses sombres plans à exécution. Elle n'avait pas envisagé cette éventualité. Prise de vertiges, Sasha fit un peu en arrière, comme pour fuir cette vérité qu'elle n'était pas de taille à affronter. Alors c'était fini ? Et elle avait échoué ? Elle avait perdu avant même d'avoir joué. Son visage pâle était figée dans une expression de surprise et d'effroi, et la température de la cave, déjà bien basse, lui parut avoir chuté de plusieurs degrés. Son destin avait-il vraiment été scellé cette nuit ? Elle ne pouvait pas le croire. C'était impensable. Emma morte, et elle recherchée pour son meurtre.

" C'est faux ! hurla-t-elle dans un cri de désespoir en dardant un regard haineux sur l'arithmancienne. Vous mentez !"

Ana mentait toujours, elle mentait depuis le début. Une seule parole sincère avait-elle déjà franchi ses lèvres ? Elle n'était bonne qu'à cracher du venin ! Longtemps Sasha s'était laissée bercer par ses fausses promesses et les illusions qu'elle lui proposait. Plusieurs fois son mentor l'avait déçu, mais à chaque nouvelle promesse, la jeune fille avait espéré entendre enfin la vérité. Aujourd’hui elle priait au contraire pour qu'il ne s'agisse que d'un énième mensonge. Ça ne pouvait pas être vrai.

Pourtant, malgré elle, elle sentait les paroles de l'arithmancienne s'insinuer en elle, faire vaciller ses convictions, atteindre son assurance et son sang-froid. Et si elle disait vrai ? La graine du doute était plantée, et elle accomplissait lentement mais surement son travail ravageur. Sasha n'était plus sûre de rien, elle ne savait plus si elle voulait se battre, abandonner, lutter ou espérer. La jeune fille laissa son regard perdu passer de la fiole qu'elle tenait au creux de sa main jusqu'au chaudron de polynectar encore bouillonnant. Elle n'avait même pas le poison qu'elle prétendait détenir. Elle n'avait pas la moindre arme pour se défendre face à la mardolienne. Et puis à quoi bon, de toute façon ? Si Ana disait la vérité, alors il en était fini d'elle, et de tous ses rêves. Quel avenir pouvait bien être celui d'une adolescente coupable de meurtre ? Elle n'avait plus rien à défendre. C'était fini.

Ses yeux se voilèrent de larmes alors qu'elle fixait sans le voir le chaudron plein de polynectar...Étrangement plein, d'ailleurs, pour une potion qui avait servi à métamorphoser Ana pendant toute une nuit. La sorcière avait bien dû boire une dizaine de fioles de polynectar pour accomplir ses noirs desseins, pourtant le chaudron semblait encore prêt à déborder...A moins qu'elle n'en ai pas bu la moindre goutte, et que toute cette histoire ne soit effectivement qu'un odieux mensonge. Le regard clair de la fillette se durcit alors qu'elle réalisait que tout n'était peut-être pas perdu, contrairement à ce que lui affirmait la mardolienne. Elle avait peut-être encore une raison de lutter.

Relevant la tête, Sasha darda un regard haineux sur son ancien mentor, serrant les dents alors que cette dernière lui annonçait sa mort prochaine. Toute la crainte et le désespoir qu'elle avait ressenti un instant plus tôt s'était mué en une colère glaciale. Encore une fois elle s'était laissé abusé, encore une fois elle avait laissé Ana jouer avec ses sentiments, cela n'arriverait plus. Elle ne mourrait pas sans se battre. Elle avait encore des choses à perdre et elle les défendrait jusqu'au bout. Elle ne lui ferait pas le plaisir de mourir en la suppliant. Tant qu'elle respirait encore elle avait une chance, même infime, de s'en sortir, et elle ne l'abandonnerait pas.

Cette chance déjà bien maigre lui parut glisser entre ses doigts quand Ana lui fit choisir la façon dont elle souhait mourir. Un long frisson lui parcourut le dos et elle son cœur manqua un battement. Le temps lui manquait déjà. Elle n'avait aucune idée de comment défendre sa vie, que la mardolienne s’apprêtait à prendre à tout moment.

"Ne m'approchez pas !" s'exclama-t-elle, sur la défensive.

Elle devait gagner du temps, à tout prix, et se lancer dans un de ces longs discours dont Ana avait la spécialité pouvait lui faire profiter de précieuses secondes de réflexion supplémentaires. Son cerveau se mit à fonctionner à toute vitesse, à la recherche de la moindre faille chez son adversaire qu'elle pourrait exploiter.

"Je ne vous ferai pas ce plaisir, poursuivit-elle sans savoir où elle allait. Je le ferai, assura-t-elle en écartant les doigts pour mettre la fiole de poison en évidence. Je le boirai. Et je le ferai en vous regardant droit dans les yeux...Vous vous souviendrez de moi. Et vous le regretterez, continua-t-elle d'une voix qui se faisait tremblante. J'aurai pu être votre alliée, nous aurions pu faire de grandes choses, vous l'avez dit vous-même..."

Rien. Elle ne trouvait rien, sa fin se rapprochait de seconde en seconde et elle ne voyait pas un seul moyen d'y échapper. Sa détermination et sa volonté de lutter jusqu'au bout cédait de nouveau place à la panique et à la certitude qu'elle n'y arriverait pas. Elle ne s'en sortirait pas. Sasha était sur le point de tout abandonner au désespoir quand l'arithmancienne changea radicalement d'attitude. Muette de stupeur face à cette réaction d'horreur qu'elle ne comprenait pas, Sasha suivit le regard terrifié de la mardolienne jusqu'à la petite fiole qu'elle tenait toujours au creux de sa main et fronça les sourcils. Elle ne pouvait pas expliquer cette soudaine paralysie d'effroi mais elle comptait bien en profiter, d'une manière ou d'une autre.

La Serpentard mit sa curiosité de côté et ne réfléchit qu'un court instant. Elle la tenait, sa faille. Elle se fichait de comprendre le pourquoi du comment, son adversaire venait de lui offrir un avantage et elle ne le laisserait pas filer. Sa réflexion succincte faillit lui coûter la vie puisqu'au moment même où elle se décidait à mettre son plan à exécution, Ana Sorden levait sa baguette pour hurler la formule mortelle. Sasha ne lui laissa pas le temps d'arriver au bout. D'un mouvement de l'index, elle fit sauter le bouchon de la fiole d'essence de Fenneldeg et en jeta le contenu à la figure de l'arithmancienne.

Une insupportable puanteur envahit alors toute la pièce mais l'adolescente en fit abstraction et, profitant de l'effet que le contact avec la potion avait eu sur l'arithmancienne, tendit les deux bras en direction de celle-ci pour la pousser de toutes ses forces en direction de l'horrible plantes carnivores qui se trouvait à quelques mètres derrière elle. Sans réfléchir.

La portée de son acte la frappa avec une seconde de retard. Horrifiée, elle tendit instinctivement les bras en direction de l'arithmancienne pour la retenir. Elle sentit le tissus de la robe maculée de sang de la sorcière glisser entre ses doigts, hésita une fraction de seconde...et ne referma pas la main. Son regard d'acier vide de toute émotion, Sasha laissa retomber son bras le long de son corps. Il ne s'était écoulé qu'une seconde, qui semblait pourtant s'étirer à l'infini. Impassible, l'adolescente affronta sans crainte le spectacle des conséquences de son geste...



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La colombe venait de se muer en corbeau; Sasha passant du statut de jeune fille pacifique à celui de reine faucheuse sur le point d'accomplir les dernières lignes d'une prophétie funeste. Ne pouvant parachever sa formule mortelle, Ana Sorden poussa un hurlement abominable alors que son si beau visage refait se voyait souillé par l'infâme contenu de la potion. Son cri aussi puissant que malvenu traversa les parois de la cave pour se perdre dans le lointain, au risque de trahir sa présence maléfique dans les tréfonds de l'Allée des Embrumes. Mais dans cet instant effroyable où elle se voyait confrontée à sa propre fin, rien n'avait plus d'importance. Ana se fichait éperdument de préserver le secret de son refuge, tant les effluves pestilentiels de l'Essence de Fenneldeg venaient corrompre ses sens. En effet, les narines de l'arithmancienne tremblotèrent frénétiquement, alors que sa si douce odeur parfumée au Jasmin venait littéralement de disparaître sous les effluves de l'horrible puanteur que contenait la Lotion émanant de chez Weasley. La nausée secouait les entrailles de la cruelle sorcière, qui n'était point de taille pour lutter face à une arme aussi déloyale et putride. Si cette farce nauséabonde destinée au sorciers facétieux faisaient exploser de rire la plupart des adolescents du Monde Magique; Pour Ana, les effets de cette supercherie se révélait encore plus catastrophique que la prononciation d'un sortilège interdit! Loin de ses senteurs Jasmin, elle perdait de son identité et de son arrogance naturelle, entrouvrant ainsi une faille dans laquelle Sasha ne pouvait que s'engouffrer pour la vaincre.

Alors qu'un gout abominable venait embraser sa gorge nouée, et que le visage de l'ancienne reine de beauté se voyait ridé par l'horreur; Ana posa ses yeux meurtris sur celle qui n'avait désormais plus rien d'une innocente colombe. Dans les pupilles de Sasha, brillait une lueur malsaine où n'émergeait aucune forme d'empathie pour le sort de celle qui fut jadis son mentor. Bien au contraire, la jeune fille venait de réveiller un pan sombre et insoupçonnée de sa personnalité, qui allait la pousser vers une destinée aussi ténébreuse que celle d'Ana Sorden. Brisant le cocon dans laquelle elle était prisonnière depuis trop longtemps, Sasha creva la paroi de la chrysalide pour tuer l'image de la mère et voler enfin de ses propres ailes. Eberluée par cette transformation, Ana en oublia presque les effets dévastateurs de l'essence de Fenneldeg, alors qu'elle tendit une main suppliante en guise de dernier rempart entre elle et l'horrible petite fille sur le point de naître. Le spectre de la faucheuse était tout proche, tant tous les ingrédients de sa prophétie morbide jaillissaient au grand jour. Pour la première fois de sa vie, Ana éprouva un sentiment inconnu : Celui de la peur de mourir.

"Ma colombe... "

Les deux bras tendus de Sasha mirent un terme à la supplique amorcée par l'horrible bonne femme, qui perdit l'équilibre sous les effets de la cette soudaine poussée. En effet, malencontreusement juchée sur les talons hauts de ses "Loutoubins" de luxe, Ana n'avait guère de stabilité au point de venir s'échouer en arrière à quelques mètres seulement de l'horrible plante carnivore. Dans sa chute, sa somptueuse baguette en bois d'ébène, sculptée par les mains d'orfèvre de l'artisan MacFarlane, lui avait glissée des doigts, la plaçant dans une situation des plus précaires. Ensevelie sous la puanteur, projetée au sol, humiliée... Ana Sorden avait perdu de sa superbe alors qu'elle était sur le point de perdre le premier duel magique de sa longue et terrifiante carrière de sorcière de Salem. L'idée même d'être vaincue par une vulgaire gamine la révulsa, lui faisant oublier la peur et l'odeur qui lui tordait les boyaux quelques secondes auparavant.

"Tu vas me le payer, petite garce! "

Pour rien au monde, Ana ne voulait laisser gagner ceux qui rêvaient de la voir périr dans d'atroces souffrances. Jamais au grand jamais, elle ne leur accorderait ce plaisir! Habitée par une haine viscérale, elle tenta de rejoindre à quatre pattes sa baguette qui se trouvait à moins de deux mètres d'elle. Tentative qui s'avéra infructueuse, quand tout à coup, une masse tentaculaire vint s'agripper à sa cheville, l'empêchant d'avancer davantage. Muette d'horreur, Ana Sorden tourna alors un regard empreint d'incertitude en direction de la dangereuse locataire de la cave des Fleurs du Mal, dont l'une des racines enroulée lui ôtait tout espoir de saisir sa baguette. Même si la gueule de l'horrible plante carnivore demeurait close, elle n'en restait pas moins impressionnante, alors qu'elle faisait pour la première fois preuve d'hostilité à l'égard de l'arithmancienne. Ana eut beau tiré de toute ses forces sur le piège végétal, la racine continuait d'entraver sa jambe. Grain de sable dans la mécanique de sa vengeance, l'odieuse sorcière molesta celle qui avait été sa seule et principale compagnie alors qu'elle se terrait loin de l'étau de la Justice Magique. L'arithmancienne ne la craignait nullement, tant elle avait su l'apprivoiser par son aura parfumée. Jasmina, comme elle se plaisait à l'appeler, n'avait jamais représenter une quelconque forme de danger... Du moins, tant qu'elle arborait son précieux parfum Jasmin.

"Jasmina! Lâche-moi maudite plante verte! Tu ne me reconnais donc plus? "

Le spectacle de la plantureuse sorcière de Salem s'adressant à une vulgaire plante comme s'il s'agissait d'une personne réelle, aurait pût paraître des plus comiques, si la racine n'avait point tiré brusquement sa proie en arrière. Prise de panique, Ana griffa le sol de ses longs ongles effilés afin de stopper sa reculée mortelle en direction de la dangereuse plante. Réflexe de survie qui s'avéra bien dérisoire quand une racine encore plus forte et coriace vint encercler sa taille pour l'emprisonner définitivement. Ana ne se serait jamais imaginée une mort plus horrible que celle d'être croquée vivante par une monstrueuse plante carnivore. Tétanisée par l'effroi alors qu'elle sentait le souffle de la mort venir lui caresser l'échine, Ana ferma les yeux plutôt que d'affronter le spectacle immonde de la gueule entrouverte de Jasmina. Elle s'attendait à être engloutie toute crue, quand la plante interdite s'immobilisa, mettant un frein à son élan carnassier. Soudainement habitée d'un doute, elle laissa un répit à la cruelle sorcière. N'avait-elle point faim? Ou peut-être qu'un brin de Jasmin subsistait encore parmi l'odeur pestilentielle de l'essence Fenneldeg? Dans tous les cas, Jasmina ne se sentait plus décidée à gober l'horrible bonne femme, se contentant de la flairer pour se figer comme auparavant. Toujours prisonnière de la racine, Ana resta quelque peu interdite avant de tourner son regard en direction de Sasha. La mort venait de l'effleurer de sa lame, et il était grand temps de jouer une autre carte que celle de la méchante sorcière omnipotente...

Sasha l'avait vaincu à la régulière, en usant de la ruse comme d'une arme redoutable; Preuve que le Choixpeau ne s'était point trompé sur son compte, elle faisait définitivement partie des Serpentards. Comment Sasha avait-elle deviné que la plante carnivore reconnaissait sa maitresse à son aura parfumée? Cela restait de l'ordre du mystère ou de l'intuition géniale. Dans tous les cas, elle venait de surpasser dans ce combat magique celle qui avait pris la place de mère spirituelle à ses yeux depuis trop longtemps. Ana prit conscience de sa défaite et qu'elle ne pouvait désormais plus que compter sur la clémence et le pardon de son ancienne protégée pour s'extirper des racines de la plante carnivore. Le visage blême de l'arithmancienne puait la trouille alors qu'elle tentait de convaincre Sasha de lui venir en aide.

"Sasha, ma douce colombe, je t'en prie, tu dois me sauver de cette mort au combien affreuse! Un flacon de Jasmin se trouve dans le tiroir du bas de cette armoire, c'est le seul moyen de me délivrer de cette odeur répugnante! Si tu me viens en aide, je te révélerai la formule secrète qui scelle la porte de cette cave. Tu as encore besoin de moi, ma colombe! Tu ne veux pas mourir de faim, n'est-ce pas? "

Les lèvres botoxées de l'ancienne reine de beauté se fendirent d'un sourire gêné tandis qu'elle comprenait qu'aucun chantage n'aurait raison de la détermination implacable de la jeune fille. Aussi pathétique que pitoyable, Ana joua alors carte du souvenir pour sauver sa vieille peau de sorcière malfaisante.

"Tu te souviens de ce délicieux pique-nique, non loin de Pré-au-Lard? Tu avais dit vouloir devenir aussi belle que moi. Nous étions si heureuses, ensemble. Ce jour restera à jamais gravé comme le plus beau de toute ma vie. Tu sais, je t'aime toujours comme ma propre fille, Sasha! Je suis désolée de m'être montrée aussi odieuse, mais je t'en supplie ne doute pas de la sincérité de mon affection à ton égard! Je crains n'avoir été que trop aveuglée par le désir d'assouvir mes ambitions, au point d'en oublier ce qui comptait vraiment à mes yeux... "

Des larmes dévalèrent sur les pommettes refaites de l'arithmancienne, alors que celle-ci se remémorait ce doux instant, et le gâchis qui s'en était suivit. Ana s'aimait peut-être plus que tout au monde, mais sa protégée occupait encore une place de choix dans son cœur de pierre. Si les choses avaient évolué autrement, peut-être que l'une et l'autre seraient en train de faire actuellement du shopping dans l'une des nombreuses boutiques de luxe qui pullulaient sur le Chemin de Traverse. Accomplissant un rituel à la fois si simple et merveilleux comme pouvait le partager une mère et sa fille...

" Tu as raison quand tu dis que nous aurions pu faire de grande chose ensemble. Mais je t'en conjure, il n'est pas trop tard. Toi et moi, nous pouvons encore passer des moments précieux! Je t'enseignerai comment devenir aussi belle que moi : Je t'offrirai cette robe de soirée, et cette paire Loutoubins magiques pour laquelle tu craquais tant! Je veux être comme une mère pour toi... "

Jetant un œil anxieux sur la plante qui semblait s'agiter derrière elle; Ana comprit qu'elle devait rapidement exposer un argument essentiel, au risque de voir ses derniers espoirs se faire engloutir en une bouchée.

"Sasha! Libère-moi vite et je jure que je passerai le restant de mon existence à essayer de me faire pardonner. Sans moi, tu ne pourras point t'accomplir! Je compte des alliés puissants! Leopold Marchebank et sa Milice sont à ma botte! Tu m'entends!? Je peux encore faire de toi une reine! "

Les rêves d'Ana Sorden s’entremêlaient aux promesses qu'elle faisait à sa jeune protégée, donnant à ses propos l'allure de mensonge. Dans sa mégalomanie, l'arithmancienne ne pouvait concevoir que l'on puisse aspirer à autre chose que de suivre ses préceptes. Mais alors qu'elle mendiait la clémence de Sasha, un bruit de sonnette se fit entendre à l'étage supérieur, signe que la Milice Leopoldienne venait sans doute de pénétrer à l'intérieur de la Boutique des Fleurs du Mal. Aussi incroyable que cela puisse paraître, Ana Sorden y vit une chance de survie inespérée, à laquelle elle pouvait miraculeusement se rattacher. Persuadée que Leopold Marchebank était sous le joug de son emprise sexuelle, et qu'il ne se permettrai jamais de sacrifier une alliée aussi précieuse que sa vénérable personne; Ana pensait que sa Milice allait forcément l'extirpée de ce guêpier. Elle trouverai bien un moyen de se justifier de la présence de Sasha, et de faire porter les accusations sur Fingal Flynn, après tout celui-ci n'était plus là pour se justifier et comme trop souvent les absents ont toujours torts. Un sourire mauvais accompagna un gloussement machiavélique de la sorcière, alors qu'elle toisait la jeune Sasha Benson. Cette dernière aussi devrait se justifier de sa fugue de Poudlard et des liens qui l'unissait avec l'ancienne professeur d'arithmancie. Aussi rusée soit-elle, la réputation de Sasha allait en souffrir, et Ana vit un moyen pour elle de mener à nouveau la danse...

"On dirait que les secours sont enfin arrivés! N'ai crainte, ils sont forcément à la solde de mon beau Leopold! Pour nous sauver toutes les deux d'une situation bien compliquée, nous n'avons d'autre choix que nous faire passer l'une et l'autre pour des victimes du gérant de cette boutique! Accusons de concert Fingal Flynn et je te jure que je ne dirai rien des liens qui nous unissent toutes les deux! Tu as ma parole! Si tu me promets de ton côté de ne rien dire qui puisse m'inculper, nous serons alors intouchable aux yeux de la justice! "

Un raisonnement qui ne tenait à rien, si ce n'est en l'espoir que Leopold Marchebank agisse en sa faveur. Ana Sorden fut tout à coup interrompu par un vrombissement, qui n'était autre que celui de l'ouverture de l'entrée magique qui jouxtait le mur Ouest de son refuge souterrain. S'attendant à voir surgir une cohorte de miliciens envoyé par les services d'ordre de Leopold afin de lui venir en aide; L'alliée secrète du Ministre poussa un soupir de soulagement avant de se fendre d'un sourire d'extase quelque peu prématuré.

"Enfin, vous voilà! Vous en avez mis du temps! Vous devez me venir en aide! J'implore la grâce ministérielle et mon droit absolu d'obtenir un procès digne de ma personne! Je peux tout expliquer! "

Mais ce n'est pas des Miliciens à la solde de Leopold qui apparurent dans l'encadrement de la porte magique, mais une silhouette bien familière et redoutée de l'arithmancienne : Celle de l'infâme Auror éprise de Justice, Charlotte Meyer! Pourquoi elle en particulier? Coïncidence bien malvenue que celle de voir venir à votre rescousse l'une des personnes qui vous haït le plus au monde. Les faux-cils d'Ana Sorden faillirent en tomber alors qu'elle jeta un regard exorbité de stupeur à l'Auror.

"Vous!!! "

Son visage se liquéfia tandis qu'elle sentit le vent de la défaite souffler à nouveau violemment dans son dos. Dans ses yeux s'inscrivait une lueur paniquée, alors qu'elle se remémorait les propos au combien haineux de Charlotte à son encontre. Comment celle qui rêvait d'assister à ses funérailles pourrait lui venir en aide? Mais tout espoir n'était pas encore perdu pour Ana Sorden : En souvenir du bon vieux temps, Sasha pouvait redevenir la douce colombe du passé et plaider en sa faveur. Ou autre solution, la conscience professionnelle de Charlotte prendrait le pas sur sa haine. Au vue de sa situation désespérée, et de l'humiliation qu'elle éprouvait à l'idée d'implorer son salut, les doigts de la sorcière de Salem se crispèrent de rage sur la large racine. Ce geste de dépit et ses ongles effilés eurent comme conséquences de sortir la plante carnivore de sa torpeur, et de faire se resserrer d'avantage l'étau qui lui entravait la taille. Le souffle coupé par la pression, Ana voulut hurler sa détresse, mais aucun son ne jaillit de sa bouche ouverte, immense. Comme la plupart des individus sensés du Monde Magique, la plante carnivore en avait plus que marre des longs monologues narcissiques de l'horrible bonne femme et souhaitait y mettre définitivement un terme. Ana sentit ses pieds décoller du sol tandis que Jasmina, la levait dans les airs pour l'engloutir dans sa gueule devenue béante. Pendue dans les airs, la fugitive se retrouvait dans la même configuration que lorsque Charlotte Meyer l'avait agressée dans sa cellule; A l'exception que cette fois-ci, il y avait un témoin... L'Auror n'irait jamais à l'encontre de son code déontologique! C'était certain! Elle allait survivre comme toujours! S'agitant comme une vulgaire marionnette pathétique, Ana tendit tour à tour une main désespérée en direction de Charlotte et de Sasha. C'est alors qu'elle comprit enfin l'importance d'être aimée...

A vous de trancher^^:
 


Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Figée par une fascination morbide, Sasha ne détacha son regard du visage haineux de la mardolienne déchue que lorsque celle-ci fit un geste en direction de sa baguette tombée à terre. Consciente qu'elle n'aurait pas la moindre chance de survie dans un dual magique, Sasha se jeta instinctivement au sol dans l'espoir d'atteindre le morceau d'ébène avant sa propriétaire.

L'adolescente et l'arithmancienne tendirent le bras dans un même geste vers la baguette magique, mais un bruissement de feuillage interrompit leur mouvement. Muette d'horreur, Sasha suivit du regard le long tentacule végétal qui venait de se redresser pour finalement venir s'enrouler autour de la cheville de la sorcière de Salem. Profitant de la surprise et de l'effroi de cette dernière, Sasha saisit sa chance et s'empara de sa baguette. Elle s'empressa alors de reculer sans même se relever, souhaitant mettre le plus de distance possible entre elle et l'énorme végétal carnivore. Assise sur le sol glacé de la cave, elle observa avec terreur Ana se faire traîner en direction de la plante menaçante en griffant le sol de ses mains dans une piètre tentative de résistance.

Son esprit logique et calculateur lui soufflait la suite des évènements qu'elle n'avait plus qu'à attendre, mais elle ne parvenait pas à y croire. Elle contemplait la scène sans vraiment la voir, comme si tout ça n'était que du spectacle. Ana Sorden, la sorcière de Salem, la puissante mardolienne, la criminelle recherchée. Ana Sorden, celle qu'elle avait admirée, jalousée, adorée, détestée, pardonnée, celle qui lui avait tout promis et ne lui avait rien donné. Ana Sorden était suspendue entre la vie et la mort, prisonnière d’un épais tentacule verdâtre, et elle la suppliait de lui venir en aide. C'était si bon que c'en était étourdissant.

C'était à la fois surréaliste et tellement concret, inimaginable et pourtant réel. Sasha lisait l'horreur sur ses traites, elle entendait la panique dans sa voix et pouvait presque sentir sa peur par-dessus l'odeur de l'essence de Fenneldeg. Pourtant elle ne bougea pas. C'était le spectacle le plus fascinant et le plus effrayant qui lui ait été donné de voir et elle ne pouvait en détacher son regard.

L'adolescente se releva lentement, sans quitter des yeux la plante vénéneuse et sa proie toute aussi toxique. Ce n'est qu'à cet instant qu'elle prit la peine de s'intéresser au contenu des supplications de son ancien mentor. Un flacon d'essence de jasmin...C'était donc cela qui avait protéger Ana de l'horrible végétal jusqu'à présent. Sasha s'approcha de l’armoire désignée et en ouvrit précautionneusement le dernier tiroir. Un flacon de parfum s'y trouvait effectivement. Elle s'empara délicatement de la petite bouteille en verre, et versa quelques gouttes de son précieux contenu au creux de son poignet avant d'en déposer un peu à la base de son cou. Puis elle hésita.

Elle avait besoin de l'arithmancienne pour sortir de cette cave, mais quelles étaient ses chances pour qu'Ana la laisse en vie une fois qu'elle l'aurait libéré ? Aucune, elle mentait comme toujours ! Lui avait-elle jamais fait de véritables promesses ? Pourtant, Sasha crut déceler des accents de vérités dans les pleurs de la mardolienne à qui elle tournait le dos. Déchirée entre son besoin de vengeance et son envie de croire en une issue, et incapable de démêler le vrai du faux, Sasha serra les poings autours des poignets du tiroir.

Ana qui mourrait c'était à la fois son pire cauchemar et ses plus grands rêves qui s'avanouissaient avec elle. Elle était probablement la plus mauvaise personne à jamais avoir croisé sa route mais aussi la seule à lui avoir promis l'avenir dont elle rêvait. Elle lui avait accordé de l'attention, de l'importance même, et elle avait cru en elle plus que quiconque auparavant. Sasha ne l'oublierait pas. Mais elle n'oublierait pas non plus qu'Ana avait fait tout cela uniquement pour servir ses propres intérêts. Elle l'avait manipulée, utilisée, et aujourd'hui encore elle jouait avec ses sentiments avec trop de facilité. Oui, l'arithmancienne avait été sa plus grande alliée, et par certains aspects elle restait encore un modèle, mais elle était également sa pire ennemie et surtout sa plus grande faiblesse. Tant qu'elle vivrait Sasha ne pourrait cesser de s'interroger, de douter. Elle ne pourrait avoir confiance en personne et encore moins en elle-même tant qu'Ana Sorden ne serait pas réduite au silence. Sa décision était prise.

Une larme solitaire, vestige des sentiments forts qu'elle avait autrefois éprouvé pour la sorcière, roula sur sa joue alors qu'elle refermait brusquement le tiroir contenant la précieuse fiole de jasmin.

"Assez ! tonna-t-elle en faisant volte-face pour jeter sur l'arithmancienne un regard glacial. Vous n'avez rien d'une mère pour moi ! Vous n'avez toujours pensé qu'à vous ! Je n'étais qu'un pion à vos yeux...Sa voix s'étrangla mais elle ravala ses larmes. Elle ne pleurerait pas pour elle. Comment pouvez-vous oser vous comparer à ma mère alors que vous avez voulu me tuer ?"

Sasha n'avait jamais éprouvé beaucoup d'admiration pour sa véritable mère. Déçue et blessée par ses parents, elle avait cherché ses modèles ailleurs. Il y avait eu sa professeur de danse, Swann, puis Ana. Chacune d'elle présentait des qualités qu'elle désirait et admirait et ne retrouvait pas chez sa mère qui n'était plus que l'ombre de la sorcière qu'elle avait jadis été. Depuis son divorce difficile Susan était une femme éteinte, sans ambition, qui se contentait de ce que la vie lui donnait et ne semblait plus nourrir la moindre envie. Mais elle aimait profondément sa fille. Comme trop d'adolescente de son âge, Sasha n'y accordait pas assez d'importance, et remarquait ses défauts plus que ses qualités, mais sa mère l'aimait. Elle ne lui aurait jamais volontairement infligé un dixième des tourments qu'Ana lui avait imposé.

"Vous n'êtes rien pour moi..." cracha-t-elle finalement.

Ana et elle avaient beaucoup en commun, Sasha le savait. Et avec plus de recul elle aurait pu voir dans la situation de son ancien mentor un avertissement quant au destin qui pourrait être le sien. Elles rêvaient toutes les deux de pouvoir et de grandeur au point d'en oublier que la solitude pouvait être le pire des traîtres. A être seule au sommet on se retrouvait forcément seule quand venait la fin.

"Personne n'est de votre côté, répondit-elle froidement quand la prisonnière, dans un élan de folie ou de désespoir, lui assura avoir le ministre de la magie à sa botte. Vous allez mourir ici toute seule et personne ne vous pleurera !"

Et si c'était sa fin à elle aussi ? Si elle mourait de faim dans cette cave comme l'avait prédit la mardolienne, y aurait-il vraiment plus de monde pour la pleurer ? Une ombre passa sur le visage blême de la Serpentard alors que le doute s'emparait d'elle et qu'un souffle de compassion faisait frémir sa détermination. Elle était en proie à un véritable dilemme intérieur quand un bruit de sonnette retentit dans les étages, la ramenant brusquement à la réalité. Les secours arrivaient.

Toujours prisonnière de la féroce plante carnivore, Ana se hâta de lui imposer un mensonge qui pourrait les sortir toutes les deux de cette situation délicate, mais Sasha n'avait pas besoin de ça. Elle n'avait plus besoin d'elle. Elle se débrouillerait bien mieux seule.

"Ne comptez pas sur moi pour m’enchaîner à vous ! asséna-t-elle. Elle ne voulait plus jamais lier son destin à celui de la mardolienne. Ce sera ma parole contre la vôtre, et personne ne vous croira !"

Un sourire mauvais vint soulever le coin des lèvres de la jeune fille, qui sentit toutefois son pouls accélérer et l'angoisse s'emparer d'elle. Elle ne doutait pas de sa capacité à prouver aux autorités son caractère de pauvre victime innocente, mais elle aurait voulu qu'Ana disparaisse avant l'arrivée des secours. Elle ne voulait pas qu'elle soit renvoyée à Azkaban. Elle voulait la savoir morte. Et au fond elle avait même envie de la voir mourir. Elle le sentait au creux de ses entrailles, elle avait envie de voir cette plante l'engloutir et la faire disparaître à jamais. Elle avait besoin de le voir, mais déjà elle entendait des bruits d'agitation de l'autre côté du mur.

Les yeux rivés sur la gueule désespérément fermée du monstrueux végétal, Sasha l'implora silencieusement de bien vouloir accéder à ses envies meurtrières, mais un vrombissement lui apprit qu'il était trop tard. L'ouverture magique venait de laisser passer deux Aurors vers qui l'adolescente leva un regard désespéré qu'ils n'interpréteraient certainement pas comme de la déception.

Contrairement à ce qu'Ana avait d'abord laissé entendre, elle ne semblait pas en très bons termes avec la jeune femme blonde qui venait de pénétrer dans la pièce. Serait-il possible que...? Tout n'était pas encore joué.

Alors que la plante carnivore se réveillait enfin et soulevait la mardolienne dans les airs pour l'approcher de sa gueule béante, celle-ci tendit les bras en direction de Sasha et Charlotte. L'adolescente posa sur le visage terrifié de son ancien mentor un regard vide, puis tourna le visage vers la jeune Auror et fit lentement non de la tête, presque suppliante. Ana ne pouvait pas vivre, sinon elle ne cesserait jamais de les hanter. Elle devait mourir. Sasha voulait qu'elle meurt.



Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Les yeux plongés dans un dossier, l'une de ses mains tournant machinalement une cuillère dans son thé, Charlotte fronçait les sourcils au fil de sa lecture. Rien de bien compliqué au premier abord, une simple histoire de petit trafiquant connu de leurs services qui avait été arrêté avec des artefacts de magie noire de niveau un. L'affaire avait été menée par Elbert Stormborn et Isobel Montgomery et ils auraient dû s'occuper de la fin de cette dernière... si un énorme cachet « MILICE » n'était pas venu orner la couverture pâle du dossier. Depuis, plus de nouvelle du trafiquant en question ou de l'affaire, dont ils avaient été simplement et proprement destitués. C'était de plus en plus courant et de plus en plus agaçant, leurs services se percutaient et la Milice avait la primauté sur eux. C'était d'autant plus exaspérant que durant des années, c'était les Aurors qui avaient été en tête sur toutes les affaires, leur juridiction prenant souvent le pas sur celle de la Police Magique. Pour mettre fin à cette situation d'impuissance, certains Aurors avaient rejoint la Milice, s'attirant les regards sombres de leurs collègues qui n'appréciaient guère ceux qui défaussaient les rangs.

Charlotte, elle, s'y refusait. Pire encore, elle méprisait cette idée bien qu'elle n'aille pas jusqu'à le crier tout haut : elle était méfiante, elle était méfiante depuis le début et assurait bien ces arrières. Même si la Milice prenait beaucoup d'affaires, quand on fouinait un peu – le plus discrètement possible – on constatait des choses étranges dans les dossiers repris, quand ces derniers n'étaient pas scellés. Les prisonniers n'étaient ni au Ministère, ni à Azkaban, ils étaient dans un lieu qui correspondait à un code qu'elle ne connaissait pas mais qui l'intriguait fortement. Elle n'avait pas vraiment eu le temps d'approfondir ses recherches car elle se doutait bien que si c'était censuré dans les dossiers, toutes les recherches sur le sujet seraient surveillées et, avec son entourage, Charlie n'avait pas très envie d'attirer l'attention sur elle. Lilly, Juliana, leur groupe de résistance... Elle y participait, Eliott y participait, Seamus en était membre... Pour le moment, le Ministère ne s'était rendu compte de rien mais si cela devait arriver, Charlie n'avait pas envie de voir son nom accolé au mystérieux code. C'était d'ailleurs bien pour cela qu'elle ne farfouillait pas trop au Ministère, restant en apparence très sagement dans les rangs. Elle faisait son travail, râlait pour la forme quand la Milice lui prenait un dossier – mais en mettant ça sur l'agacement tout légitime qu'elle pouvait ressentir en voyant son affaire lui échapper, cela aurait fait pareil avec un autre collègue de la PM – et pour le moment, elle observait beaucoup. Elle canalisait Seamus aussi, lui qui avait bien plus de mal à se tempérer et à faire preuve de discrétion. Il s'emportait, tonnait, critiquait ouvertement la Milice et ses membres... Elle devait régulièrement le rappeler à l'ordre pour qu'il se taise : une telle attitude aller lui attirer des problèmes. Mais la tête blonde de son collègue était bien dure et il n'entendait rien.

Aujourd'hui encore, il avait passé tout le début de soirée à argumenter sur le bien-fondé de l'existence de la Milice avec Angie Jones, en plein milieu du bureau, ce qui avait considérablement agacé Charlotte. Elle avait fini par se retirer dans son box avec ses boules quiès pour ne plus l'entendre tempêter. Elle bossait depuis une heure sur un dossier, se massant machinalement la nuque de temps à autre, relevant les yeux pour constater la nuit qui avançait. Elle était de garde de nuit encore une fois, ce qui lui permettait de rester avec Bianca dans la journée, et le bureau était plutôt vide. Deux des binômes de garde étaient sur le terrain, l'un à Bristol, l'autre à Londres, Angie semblait avoir abandonné Seamus – qui somnolait un peu sur sa chaise – pour se retirer en salle de repos, sans trace de son binôme, qui devait boire un café quelque part, ou être avec la Milice, songea-t-elle. Soupirant, Charlie décida qu'un café lui ferait du bien aussi, encore plus que son thé désormais froid qui ne la tentait plus, et repoussa sa chaise pour se lever et se diriger vers le saint-Graal du BDA : le coin café. Elle était en train de le faire réchauffer en grignotant un scone qu'elle avait piqué dans le paquet quand un bruit d'ailes lui fit tourner les yeux, réveillant Seamus au passage, qui semblait bien plus énergique.

- J'ai cru qu'on allait devoir passer la nuit là !

Le hibou s'était posé sur une cloison entre deux boxes et les deux Aurors s'approchèrent pour décrocher la missive enroulée autour de sa patte. Le ton était pressant, l'écriture fouillis mais le message effroyablement clair : Ana Sorden se trouvait sur le Chemin de Traverse, plus précisément dans l'Allée des Embrumes, cachée dans la boutique de ce même informateur, Flynn. Elle avait capturé une jeune fille dans la cave et s'apprêtait à quitter le pays, aidée des plus grands fonctionnaires de l’État, si ce n'est du plus grand... Charlie dû relire cette phrase plusieurs fois avant de relever les yeux vers Seamus, qui fronçait les sourcils.

- Fausse piste ? interrogea-t-il.
- Je ne sais pas, c'est très détaillé. Mais sur les plus grands...
- Pas ici, la coupa-t-il.

Tout en lui prenant le papier des mains, il l'entraîna vers la sortie du bureau, traversant le hall vide de la Justice Magique jusqu'à rejoindre l'une des portes dérobées qui menaient aux escaliers. Là, refermant le battant métallique derrière eux, perchés sur l'une des plate-formes des vertigineux endroits secrets du Ministère en pleine nuit, ils étaient seuls.

- Si c'est vrai, chuchota-t-il avec ferveur, si c'est vrai que le Ministère est impliqué dans la libération de Sorden, alors on ne peut pas faire confiance à Peterson.
- Et si c'est faux ? répondit-elle sur le même ton de voix. Tu veux faire quoi, intervenir sans ordre de mission ?
- Réfléchis, tu ne peux pas dire qu'il n'y a rien de louche dans tout ça... T'as vu le gouvernement ? T'as vu les codes sur les dossiers ? La Milice ? J'ai l'impression que y'a des trucs pas nets dans tout ça et ça me surprendrait même pas que ce soit vrai.
- Que le Ministre de la Magie en personne s'occupe du cas Sorden ? Pourquoi ? Il a lutté contre les Mardoliens, il a arrêté Mardol en personne ! T'es parano !
- Peut-être, murmura Seamus en la regardant dans les yeux. Peut-être que je suis parano. Mais j'ai déjà vu le Ministère collaborer avec les pires ordures quand il y trouvait son intérêt. Je dis pas que c'est vrai, peut-être que je vais dans le mur. Mais si ça l'est, qu'on prévient là-haut et qu'ils font tout pour que Sorden soit libre... Tu veux vraiment courir le risque ?

Charlotte se tut, fixant son ami dans les yeux. Ana Sorden avait été son cauchemar depuis sa libération. Quand elle s'était enfuie, cette peur avait explosé et elle avait tout mis en place pour se protéger : sa maison, celle de ses parents, de ses amis proches... Elle en avait fait un bunker de sortilèges, elle avait demandé une surveillance policière les premiers mois, elle avait pris toutes les dispositions du monde pour protéger sa famille et se protéger. Mais les mois passaient et cela commençait à faire long de vivre sous tension permanente : elle ne pouvait pas sortir avec Bianca sans se méfier de tout ce qui pouvait arriver. Charlie était fatiguée de vivre comme ça, sous une épée de Damoclès et non, s'ils pouvaient vraiment arrêter Sorden, alors elle ne voulait pas prendre le risque qu'elle puisse s'enfuir.

- Alors on fait quoi ?
- On coupe la lettre. On ne garde que la partie qu'on peut montrer à Peterson, sans la fin et le truc sur les hauts fonctionnaires. Je ne veux pas qu'elle ait des soupçons sur le fait qu'on puisse savoir un truc. On prévient Moïra pour Sorden, on dira qu'on l'a prévenue en premier parce qu'elle était chef du dossier M, et on envoie un hibou à Peterson, en urgence, mais il mettra assez de temps à arriver pour nous permettre de partir. Moïra, j'ai confiance, on prévient Stormborn aussi, pour le reste, on dit rien. On dira qu'on a pas pris la piste au sérieux parce que ça ressemblait à un délire d'allumé – et c'est peut-être le cas – mais qu'on est allés voir par acquis de conscience. D'accord ?
- D'accord.

La solution de Seamus était bonne, elle leur permettait d'agir tout en couvrant leurs arrières et sans les mettre en faute et surtout, en éloignant leur hiérarchie le temps de faire les choses eux-même. Quittant les escaliers, ils regagnèrent le bureau où Angie venait de revenir et les avisait d'un air surpris.

- Vous étiez où ?
- Partis piquer un paquet de café à la PM, répondit Charlie sans ciller, mais même eux n'ont plus grand-chose.
- Les économies, bougonna Seamus. Bientôt on devra acheter nos propres plumes, tu verras !

Angie rit un instant avant de de désigner le hibou du doigt.

- Vous prenez ?
- Ouais, t'inquiètes ! fit-il en se dirigeant vers le hibou et en lui triturant la patte, comme s'il y avait encore quelque chose à prendre.

Elle hocha la tête avant de récupérer le pull qu'elle était venue chercher et de repartir en salle de repos, tandis que Seamus et elle échangeaient un regard. Il griffonna le hibou pour leur chef tandis que Charlotte envoyait un Patronus à Moïra McDougal et Elbert Stormborn. Puis ils prirent leurs capes, vérifièrent leurs badges et se dirigèrent le plus vite possible vers la zone de tranplanage de l'Atrium.

Ce ne fut pas dans l'Allée des Embrumes qu'ils transplanèrent directement mais dans une ruelle parallèle, dans un craquement sonore qui résonna trop fort aux oreilles de Charlotte dans le silence du lieu. Baguettes sorties mais dissimulées sous leurs capes, ils avancèrent en direction du fleuriste, précautionneusement. Ils tapèrent quelques coups discrets à la porte mais rien ne se fit entendre. Ils auraient pu enfoncer le battant d'un sort mais cela aurait été bruyant et dans ce genre de lieu et sur ce genre d'opérations, le silence était de mise. Seamus força la serrure d'un sort avant de pousser la porte, pénétrant dans la boutique qui embaumait les fleurs et la poussière, dans un étrange mélange olfactif. Ils firent quelques pas avant de tomber sur le corps mutilé. Sans un bruit, ils s'en approchèrent, contournant la mare de sang qui baignait le sol. Ils ne prirent même la peine de vérifier s'il était mort : ses yeux impavides fixés sur le plafond et son torse immobile et mutilé parlaient pour lui. Visiblement, quoi qu'ils trouvent ici, le déplacement aura valu la peine... Ce devait être le propriétaire de la boutique, songea Charlotte en le regardant une dernière fois. Leur informateur, celui qui affirmait que Ana Sorden se trouvait bien en sécurité dans une cave secrète, derrière un passage presque secret qu'il leur offrait sur un plateau d'argent...

Baguettes dégainées, Charlotte et Seamus n'avaient pas allumé les lumières de la boutique pour ne pas être vus de l'extérieur, se contentant d'avancer à l'aide de leurs Lumos respectifs. Ils inspectèrent l'endroit avec attention, leurs mains passant sur les cloisons pour vérifier tout passage secret ou personne dissimulée avant de se diriger vers la porte de la cave, le plus silencieusement possible. En haut de l'escalier, Charlie lança un enchantement pour compter le nombre de gens présents dans la boutique, en dehors du cadavre de son propriétaire... Elle montra quatre doigts à Seamus, qui hocha la tête. C'était eux et deux personnes, pourquoi pas Ana Sorden et la petite fille qu'elle était censée avoir enlevée... A cet instant précis, peut-être que Charlotte aurait dû penser aux risques qu'ils prenaient, Seamus et elle, en accomplissant seuls cette mission mais elle ne pouvait s'y résoudre. En intervention, il fallait garder la tête froide et être concentré sur ce qu'ils étaient en train de faire. Plus tard, elle aurait le temps de penser, au cadavre du fleuriste, au sang qui illuminait le parquet sombre, à ce qu'elle trouverait en bas. Mais pour le moment, tout son esprit était dédié à une seule chose : si c'était Ana Sorden, empêcher par tous les moyens qu'elle fasse encore du mal. Si c'était un piège, prévenir le bureau. Dans les deux cas, se battre pour sa vie et celle de Seamus.

Lui d'abord, ils descendirent les escaliers, baguettes tendues avant d'arriver devant une nouvelle porte fermée magiquement. Ce fut de nouveau Seamus qui la força jusqu'à ce qu'elle s'ouvre dans un vrombissement. Ils se consultèrent du regard avant d'entrer, aux aguets du moindre mouvement et prêts à tirer dès qu'il le fallait. Ils ne firent que quelques pas avant d'entendre une voix que Charlotte aurait pu reconnaître en mille, ce qui la fit raffermir sa prise sur sa baguette magique. Ana Sorden. Ana Sorden qui s'était échappée du juste châtiment qu'elle purgeait à Azkaban, cette sorcière qui avait osé menacer sa famille, qui faisait planer son ombre meurtrière au dessus de leurs têtes et de la sienne depuis des mois. Cette femme qui n'avait pas hésité à s'en prendre à des enfants, à une école, qui n'avait pas hésité à aller au plus près d'eux pour pouvoir leur faire plus de mal, cette femme qui était l'une des plus grandes plaies du monde magiques et qui se tenait à quelques pas d'elle, appelant encore une fois à un traitement de faveur. Appelant le Ministre de la Magie.

Franchissant le pas de la porte, les yeux de Charlotte se posèrent sur le visage d'Ana, qui avait retrouvé toute sa jeunesse artificielle depuis qu'elle avait quitté la prison, comme une poupée de porcelaine repeinte une fois de trop. Mais rien de tout cela n'était vrai, tout était artificiel comme tout chez Ana Sorden. Comme le moindre de ses mots, la moindre de ses paroles, la moindre de ses promesses comme tout sauf peut-être l'expression d'horreur qu'elle vit sur ses traits lorsqu'elle la reconnut. Sa voix transperça la cave obscure, tandis que Seamus et elle faisaient encore quelques pas, analysant la situation.

- Moi, répliqua Charlotte, ses yeux suivant les tentacules de la plante entourées autour de Sorden.

La cave était emplie de plantes odorantes et plus particulièrement de cet énorme truc carnivore qui rappelait à Charlie de mauvais souvenirs de cours de botanique. Sur le sol, des éclats de verre et surtout, une gamine à l'air effrayé, ce qui confirma en un instant la lettre qu'ils avaient reçu du propriétaire... Si cela était vrai, alors pourquoi pas le reste ? Ana Sorden qui appelait à la grâce du Ministre, les hauts-fonctionnaires censés la soutenir... Le schéma qui s'associait dans son esprit était loin de lui plaire et elle resserra sa poigne sur sa baguette au moment où la plante refermait plus profondément la sienne sur le frêle corps d'Ana Sorden. Sans savoir pourquoi, elle croisa le regard de l'adolescente une fraction de seconde, captant son mouvement de tête. Un non. Un non, ne faites rien. Non, laissez-la mourir.

Mais ce n'était pas comme cela que cela marchait, on ne laissait pas mourir les gens, elle était Auror, elle était là pour les aider, pour être la baguette de la justice, pas celle qui avait le droit de vie ou de mort sur ceux qu'elle était censée servir. Alors pourquoi venait-elle de refermer machinalement la main sur le bras de Seamus qui avait fait un pas en direction d'Ana Sorden ? Le temps semblait avoir brusquement ralenti, parce qu'elle savait que tout se jouait maintenant. S'ils agissaient maintenant, ils pouvaient faire quelque chose, lui sauver la vie, l'arrêter de nouveau, la ramener en prison pour purger sa peine à la société. La ramener en prison pour son exécution. C'est ce qu'ils auraient dû faire, c'est ce qu'ils auraient dû faire sans hésiter le moins du monde. Et pourtant, ses doigts restés refermés sur le bras de Seamus sans qu'elle ait quitté Ana Sorden et sa main tendue du regard.

Mais si c'était vrai ? Si tout ce qui était dit dans la lettre et que la Mardolienne bénéficiait des soutiens politiques les plus élevés, qu'est-ce qui lui disait qu'elle n'échapperait pas de nouveau à sa peine ? Qu'elle ne se retrouverait pas de nouveau dans la nature, ombre menaçante qui planait sur sa vie ? Sur le monde magique ? A enlever des adolescentes, à blesser, à tuer ? Le Mangenmagot l'avait condamnée à mourir et pourtant, elle était là, elle était encore là. Elle avait menacé Bianca. Elle avait menacé sa famille. Elle l'avait obligée à dormir durant des mois avec sa baguette magique sous son oreiller, à enchanter les maisons de tous ses proches, à vivre dans une vigilance constante tout ça parce qu'elle s'était échappée. Et il n'y avait pas qu'elle. Toutes ces victimes, que ce soit Emma Blackbonnes ou la petit Fiona Longwood, ne méritaient-elle pas qu'Ana Sorden paye sa dette à la société ? Charlotte n'était pas pour la peine de mort mais n'était-ce pas la seule chose qui arrêterait ce cycle infernal ?

Il suffisait de reculer d'un pas, de laisser la plante faire son travail. Ils diraient qu'ils n'avaient pas eu le temps d'agir. Que c'était trop tard. Un accident. Et tout serait fini. Plus de peur, plus de danger, plus de craintes. Un seul pas en arrière. Après tout, le sort d'Ana Sorden était scellé, le Mangenmagot l'avait condamnée à mort. A Azkaban ou au fond de cette cave, est-ce que cela changeait vraiment quelque chose ?

Charlotte savait que oui. Elle savait que si elle laissait faire cela, elle ne pourrait plus se regarder dans une glace. Comment prendre sa fille dans ses bras alors qu'elle avait laissé une femme mourir alors qu'elle aurait pu la sauver ? C'était Ana Sorden mais ce n'était pas un choix qui lui appartenait, un choix qui devait lui appartenir. Elle la méprisait parce qu'elle avait tué de sang-froid mais si elle laissait cela arriver, alors elle ne vaudrait pas mieux. Elle ne serait pas mieux. On ne tuait pas au nom de la justice, cela ne valait pas mieux que de tuer au nom de la vengeance. Elle n'était pas ce genre de personne. Elle n'était pas une tueuse. Elle n'était pas elle. Et elle ne le deviendrait pas, pas pour une personne comme Sorden, pas pour une cause comme celle-là. Elle n'aurait pas son sang sur les mains, ce serait la dernière des faveurs qu'elle pourrait lui faire : être hantée à jamais par le souvenir de cet instant.

- Incendio !

Son sortilège atteignit l'une des tentacules de la plante qui poussa un rugissement de douleur, desserrant légèrement sa prise sur Sorden. Si elle atteignait la base de la plante, peut-être que...

Son bras fut violemment tordu et elle poussa un cri de douleur en lâchant sa baguette tandis que Seamus la repoussait en arrière et qu'elle tombait brusquement sur le sol dans un bruit sourd. Avant qu'elle n'eut le temps de comprendre ce qui se passait, son partenaire avait pointé sa baguette sur la plante et avait éteint l'incendie, permettant à l'horrible créature de continuer son étreinte mortelle... Hébétée, ses mains sur le sol froid de la cave, Charlotte regarda le sort d'Ana Sorden être scellé, sans qu'elle ne fasse cette fois-ci de nouveau geste vers sa baguette magique... Et le souvenir de cet instant la hantera à vie.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

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Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Horrifiée à l'idée d'être engloutie comme un vulgaire loukoum dans la gueule béante du monstre végétal, la sorcière de Salem ferma les yeux pour échapper à la vision de cette conclusion si affreuse. Mais alors qu'elle avait abandonné l'espoir de toute intervention miraculeuse, elle sentit la racine desserrer quelque peu son étreinte autours de sa taille, sans pour autant la libérer complétement. Les faux cils de l'arithmancienne papillonnèrent de perplexité quelques instants, alors qu'elle ne comprenait pas pourquoi sa pire ennemie venait de lui accorder un temps de grâce salutaire. En effet, baguette brandie, Charlotte semblait bien décidée à user de flammes magiques pour réduire en cendre les racines qui l'entravaient si cruellement. Le visage ruisselant de sueur froide, et retrouvant quelque peu son souffle, Ana ne tarda pas à exprimer toute l'étendue de son soulagement. Elle prit alors la parole d'une voix entrecoupée par sa respiration haletante.

"Je le savais... Je savais que vous n'auriez pas le cran de rester là sans intervenir... Vous n'êtes pas une tueuse, vous allez me sauver, et m'octroyer un nouveau procès équitable... Quoi de plus noble...? Je suis persuadée que le Magenmagot et le Ministre Marchebank ne tarderont pas à prouver mon innocence... " Ana esquissa un sourire dégoulinant d'hypocrisie à l'égard de sa sauveteuse, avant d'ajouter d'une voix trop douce pour être sincère : "J'espère que votre progéniture se porte à merveille... Vous avez retrouvé votre ligne depuis notre dernière entrevue... Je suis impressionnée de constater à quel point votre sens de la justice dépasse toutes rancœurs personnelles... " L'horrible bonne femme arqua alors un sourcil inquiet en direction de la plante carnivore qui semblait se remettre doucement mais surement de sa brulure. "Maintenant libérez-moi et vite! "

Ana Sorden voulut tourner un regard belliqueux en direction de Sasha, histoire de lui faire comprendre qu'elle allait clairement lui faire payer le prix de sa trahison, mais elle fut brusquement interrompue dans son élan par un cri de douleur. En effet, pour une raison qui lui échappait encore, l'Auror inconnu qui se tenait au côté de Charlotte Meyer venait de lui tordre violemment le bras, afin d'enrayer manifestement toute tentative de sauvetage. Face à cet énième revirement de situation, les yeux exorbités de la sorcière faillirent jaillir de leurs orbites, alors que la mort se jouait d'elle à l'instar d'un chat s'amusant avec une souris capturée!

"Mais il fait quoi, LUI???! Vous ne pouvez pas laisser mourir la plus belle femme de ce fichu monde magique!!! J'étais reine de beauté automnale, et je deviendrai reine de ce pays, si vous me laissez le temps de vous le prouver!!! Charlotte!!! Où est passé votre sens de la justice??? Sasha, ma colombe!!! Apportes-moi mon parfum, vite!!! Mon Royaume pour du Jasmin! Pitié, je ne veux pas mourir, j'ai tant de choses qu'il me reste encore à accomplir!!! "

Mais en ce jour de la Saint Emma, l'aritmancienne pouvait faire une croix sur tous ses projets aussi machiavéliques soient-ils; Car la plante carnivore venait de nouveau de  resserrer son emprise sur sa proie, la soulevant de plusieurs mètres dans les airs pour l'engloutir définitivement. Le visage horrifié d'Ana Sorden se rida de trouille alors qu'elle était sur le point de disparaître dans la gueule ténébreuse de la plante, mais ce qui la mortifia encore davantage fut de voir apparaître des silhouettes fantomatiques, flottant derrière les protagonistes de sa mort. En effet derrière Sasha, Charlotte et l'Auror inconnu, plusieurs silhouettes spectrales aux visages aussi blêmes que familiers venaient de se regrouper pour assister à la fin funeste de l'horrible sorcière. La gorge nouée, Ana découvrit un à un les visages de ses trop nombreuses victimes : Il y avait là, pêle-mêle, Septima Vector qu'elle avait sournoisement empoisonnée, et qui lui soumettait une sombre leçon d'arithmancie sur une ardoise d'école; Elle pouvait également discerner sa jeune sœur noyée qui la dévisageait froidement; Elle découvrit le visage pale d'un Dark Boursoufaujourd'hui décédé de la maison Poufsouffle, qui contemplait affectueusement un immonde crapaud, porteur lui aussi d'un cruel message à l'intention de sa meurtrière; Il y avait la petite brulée de Pré-au-Lard et également ce maudit Richard Dalnox qui applaudissait ironiquement la tombée du rideau. Fingal Flynn, aussi était là... Toutes les victimes étaient là pour assister à la chute de la vile meurtrière! Ana voulut les interpeller, implorer leur pardon, mais ses paroles devenues désormais inutiles se transformèrent en cris d'effroi tandis que la plante la fit enfin basculer tête première dans sa gueule béante.

Gobée comme une friandise, Ana n'en menait pas large. Les hurlements de la sorcière de Salem se transformèrent rapidement en immondes gargouillis tandis qu'elle plongeait tête première dans les sucs acides de la plante sur le point de la digérer vivante. Son nez factice si souvent remodelé pour atteindre la perfection, fondit alors comme de la neige au soleil, laissant un ultime souvenir atroce à la narcissique sorcière sur le point de disparaître. Telle une oie décapitée, les jambes de l'arihmancienne moulinèrent un instant dans les airs de façon absolument grotesque, avant de glisser mollement dans la bouche ténébreuse du monstre végétal. Un long silence finit par s'installer, plongeant chacun des protagonistes encore vivants dans le désarroi le plus total face au spectacle atroce auquel il venait d'être convié. Ana Sorden était morte. Le Monde Magique venait de se libérer de sa pire pourriture, et pourtant un certain malaise régnait entre les planches de la cave secrète. Alors qu'il y avait mille raisons de se réjouir de la mort de l'horrible bonne femme, quelque chose semblait enrayer tout élan de satisfaction. Comme si les ennuis ne faisaient que débuter...

C'est la plante carnivore qui finit par briser le silence prodigieux qui régnait dans la tanière de la défunte Sorden, en poussant un rot de satisfaction aussi bruyant que nauséabond. L'espace d'une seconde, Jasmina sembla même s'étouffer comme si sa friandise aux senteurs de Fenneldeg se révélait toxique, puis elle finit par recracher un Loutoubin magique calciné aux pieds de la jeune Sasha. Aussi incongru soit-il, ce dernier vestige d'Ana Sorden prenait l'allure d'une passation de pouvoir entre l’élève et son mentor; La petite colombe venait de se libérer de l'emprise de sa mère, pour voler enfin de ses propres ailes... HBF est morte, Vive HPF!


[Fin de RP]


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Pour qui sonne le glas? [HBF vs HPF]

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