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 Escapade en Ecosse [Nathanaël/Abigail]

Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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Dernière édition par Abigail O'Brien le Lun 1 Fév 2016 - 12:45, édité 1 fois
Ecosse - 5 juillet 2009


Aaah, l'Ecosse, l'île de l'autre côté de la mer. C'était comme ça que nous l'appelions, enfants, lorsque nos parents nous emmenaient à Whitehead et que nous en devinions les cotes, lorsqu'il faisait beau. Nous nous étions toujours demandé à quoi ça ressemblait, l'Ecosse. Etait-ce comme l'Irlande ? Mais comme quelle partie de l'Irlande ? L'Irlande était si changeante, qu'on soit au Nord ou au Sud, à l'est ou à l'ouest, tellement différente. Alors l'Ecosse, c'était comment.

On nous avait raconté cette histoire, si belle et si drôle des géants Finn McCool et Benandonner qui avaient reliés l'Irlande et l'Ecosse par ce qu'on appelait maintenant la chaussée des géants. Nous en connaissions le point de départ, en Irlande. Mais beaucoup disait que de l'autre côté, en Ecosse, c'était identique.

On avait beau se poser toutes ces questions, enfants, nous n'avions pourtant jamais eu l'occasion d'aller en Ecosse... jusqu'à ce qu'on reçoive notre lettre pour Poudlard. Et là, nous avions découvert une petite partie de l'Ecosse. Et j'étais tombée amoureuse de la région. Oh bien sûr, elle n'arriverait jamais à la cheville de mon Irlande natale, mais tout de même. Depuis, chaque été, je prenais deux semaines pour me balader et découvrir un nouveau coin d'Ecosse. Et nous voici, en juillet 2009...

Les vacances d'été venaient à peine de commencer que j'avais déjà préparer ma valise pour partir en vacances. L'Ecosse m'appelait, comme tous les ans. J'avais choisis pour destination un petit village, dans le nord de l'Ecosse, non loin des îles. J'en avais entendu parler dans un livre et les photographies que j'avais vues de ce lieu m'avaient séduites. Le livre parlait également des différentes choses qu'on pouvait voir dans la région et je n'avais pas hésité longtemps avant de me décider.

J'étais là depuis quelques jours, à me balader dans la campagne. Et, aujourd'hui, mes pas m'avaient emmenée dans un autre petit village, pas très loin de celui où j'avais posé mes valises. Et à l'intérieur de ce village, j'étais tombée sur une libraire. Une librairie ! Ni une ni deux, j'étais entrée à l'intérieur.

Et me voilà, parcourant les rayons, tombant sur des livres aux titres et aux résumés plus que tentants. Je m'étais déjà constitué une petite pile, oh juste 5-6 livres, pour l'instant, que j'avais l'intention d'acheter. J'aurais peut-être du m'arrêter là. Mon salaire à Poudlard n'était pas mirobolant. Mais qu'est-ce que l'argent face à des livres ? Je continuai donc à fureter dans les rayonnages, les yeux braqués sur les dos des livres, ne regardant pas vraiment où j'allais.

BAM !

Ce qui devait arriver, arriva. C'est toujours la même chose quand on ne regarde pas où on va, on finit par entrer en collision avec des lampadaires ou d'autres gens. Ma pile de livres m'échappa des mains et s'écrasa au sol, pas très loin des pieds de l'homme que je venais de bousculer.

- Oh, je suis désolée ! C'est entièrement de ma faute, je ne regardais pas où j'allais. Je suis vraiment confuse, est-ce que ça va ?

Je relevai les yeux sur l'homme en question. C'était étrange, son visage ne me semblait pas totalement inconnu...
Nathanaël YaxleyMédicomage sur Skyeavatar
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Des vacances ... Oh, rien de bien folichon. Quelques petits jours qu'il était parvenu à prendre à regret. Là où beaucoup ne rêvait qu'à leur futur période de congé, Nathanaël était plutôt du genre à détester ceux-ci. Ses absences pouvaient laisser la porte à une foule de choses. Toute sorte d'événements pouvaient arriver durant ce court laps de temps où il n'était pas présent et à son poste. Et s'il y avait bien quelque chose qui l'agaçait prodigieusement c'était bien de devoir se renseigner sur ce qu'il se produisait pendant qu'il était censé profiter du temps déplorable d'Ecosse ou bien être surpris lorsqu'il revenait et apprenait au détour d'une conversation qu'il avait loupé X choses fort intéressantes.
La seconde raison de ce dégoût pour les vacances venait également de l'inactivité qui était la sienne en dehors de son travail. Certes, il adorait lire et prenait un plaisir certain à discuter de ceux-ci avec Rosemary, sa soeur. Cela lui permettait également de développer de nouvelles compétences jusqu'alors hors de sa portée ou inexplorées. Nathanaël appréciait aussi beaucoup la musique couplée au premier exercice.
Toutefois, le manque d'activité lui permettait de réfléchir à ses actes et de ressasser ce passé qu'il ne pouvait légitimement pas se permettre d'oublier. Son boulot à Sainte Mangouste l'accaparait tellement qu'il rentrait à des heures impromptues complètement lessivé. La fatigue était parfois telle qu'il s'assoupissait avant même d'avoir pu poser sa tête sur l'oreiller. Il aurait bien installer un laboratoire au sein de leur domaine familial. Mais c'était risqué de voir l'une ou l'autre de ses soeurs s'y aventurer et causer des problèmes qui pourraient lui nuire. Le verrouiller aurait été une solution. Mais il n'aimait pas les secrets. C'était ceux-là même qui avait tué William il y a plusieurs années...
La dernière raison résidait dans l'aspect concernant son oncle. Ce dernier leur avait tellement pourri la vie qu'il ne supportait pas d'être tenu loin de Londres, terrain de jeux favoris de Jeremiah Morgenstern. Que n'inventerait-il pas durant ces trois jours de vacances pour pousser Théodore, son jeune frère, à une énième bêtise ? Nathanaël n'avait pour cet homme que mépris et haine. Si ce parent s'était montré un tant soit peu amical et bienveillant, sa fratrie ne s'en serait que mieux porté. A la place de quoi, il les avait détruit... Jeremiah l'avait détruit. Avec ses entrainements, ses exercices et même l'acquisition de cette légimencie qui lui faisait tant horreur, son oncle avait fait de lui un monstre comme l'affirmait si bien sa tante. Si dans un premier temps, il s'était défendu de tout son être d'en être un, il pouvait de moins en moins continuer à affirmer le contraire. De plus en plus, le jeune homme se servait de son "don" pour servir ses propres intérêts...
N'avait-il pas non plus ployé sous le joug de son parent en se portant volontaire pour être envoyé à Skye ? Ne deviendrait-il pas à la fin de ces trois jours l'un des tortureurs du lieu ? Une fois encore, Jeremiah avait gagné et lui se retrouvait à devoir martyriser avec panache des sorciers qui ne lui avaient rien fait. Il le ferait bien sûr, résolu comme il l'était, bien peu de choses pouvait l'arrêter. Il torturerait ses êtres humains, fouillerait leur mémoire pour les blesser davantage, mettrait à nu leur faiblesse. Et chaque soir, ces mêmes regrets qui l'accaparaient déjà viendraient le tourmenter à son tour...

C'est dans cette optique et pour éviter de trop penser que le jeune homme était descendu dans le village moldu proche de leur manoir. Bien qu'ayant été élevé sur des principes pro sang-pur, Nathanaël par le biais de ses soeurs avait fini par découvrir les chefs d'oeuvres que ceux-ci cachaient au sein de leur librairie et de leur propre littérature. Depuis, il fréquentait l'endroit et s'y rendait dès que cela lui était possible.
Son attitude, semblable à celle qu'il employait avec quiconque en dehors de son cercle familial restreint composé de ses deux soeurs, n'avait pas plus à la librairie du lieu. Il s'était pourtant montré plutôt charmeur à son égard, bien loin des dispositions qu'il avait de manière générale envers le reste de ceux qui croisaient son chemin. Cependant, la femme s'était montrée méfiante avant de se tempérer face à l'intérêt certain qu'il montrait.
Avec le temps, Nathanaël s'était montré de plus en plus sur de ses choix et bien qu'il continue de s'interroger sur les dernières livraisons et nouveautés, il parcourait désormais les allées de l'endroit comme celle de sa propre bibliothèque familiale.

C'est d'ailleurs au détour de l'une d'elle qu'il fut percuté par un monticule de livres qui se répandit en excuse. Une jeune femme tout à fait banale et sans intérêt se cachait derrière. Son visage lui disait vaguement quelque chose. Lors de sa scolarité il avait rencontré un jeune homme qui lui ressemblait et qu'il avait détesté fortement.

- Désolée ? De votre faute ? Il faudrait être complètement stupide pour penser qu'il ne s'agit là d'autre chose que de votre propre incapacité !, lui lança-t-il en guise de réponse.

S'approchant d'elle, il s'abaissa à son niveau avec un air de profond mépris tout en la jaugeant avec encore moins de bons sentiments.

- Remarquez la confusion peut aisément répondre à ce critère. Mais en tant que médecin, je penche plutôt pour une stupidité fortement marquée. Rien de plus, rien de moins.

Ramassant les bouquins qui étaient tombés à ses pieds, il en fit une belle pile qu'il posa sur le front de la cheminée toute proche avant de saisir le premier ouvrage de celle-ci.

- Si cela va ? Pensez-vous que je me montrerais aussi clément si c'était le cas ? Des excuses ? Sincèrement, à quoi servirait les au... la police s'il suffisait de simples excuses pour régler chaque problème. Il n'y a qu'une nigaude pour le penser et l'utiliser. , continua-t-il en inspectant le bord corné de l'exemplaire qu'il avait entre ses doigts, On ne peut pas en dire autant de ce livre...

Tournant ses prunelles glacées sur la jeune femme, il la foudroya du regard.

- Si c'est pour les traiter de la sorte, abstenez-vous ma chère. Dans votre état, les choses ne pourront de toute manière pas évoluer favorablement. , lui assena-t-il en lui fourrant le livre écorné entre les mains.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Et vlan ! Prends toi ça dans la tronche O'Brien. Bon ok, je devais avouer que je l'avais bien mérité. C'était ce qui arrivait quand on ne regardait pas où on allait. Mais tout de même, il y allait un peu fort non ? Une toute autre que moi aurait pu s'énerver, lui lancer un regard haineux et tourner les talons. Mais je n'étais pas comme ça. J'étais bonne pâte et j'essuyai toujours les critiques sans rien dire. Sauf quand la personne m'horripilait vraiment, comme cette saleté de Magpie. Il faut dire qu'elle n'y allait pas avec le dos de la cuiller elle non plus. Elle m'écrasait de son mépris alors que j'avais fait quantité d'efforts pour me montrer serviable et aimable.

Non et puis zut, j'étais en vacances, c'était quand même pas pour m'énerver sur le premier venu qui me traitait d'idiote. Ca ne serait pas le dernier !

- Euh... je...

Ne pouvais pas en placer une en fait. Je secouai la tête et me baissai pour ramasser les livres que j'avais malencontreusement fait tomber. Mais là encore, il m'avait devancée.

- Merci.

Je tendis les mains pour qu'il me les redonne, mais il n'en fit rien, les plaçant plutôt sur le rebord de la cheminée.

- La police ? C'est peut-être un peu exagéré pour une simple bousculade, non ?


Celle-là, j'avais réussi à la caser en entier, mais je n'étais pas sûre qu'il l'ait entendue. Il venait de s'emparer du premier livre de ma pile et m'invectivait maintenant à propos de la couverture écornée avant de me le remettre, un peu brutalement entre les mains.

- C'est de votre faute aussi. Un homme aussi séduisant que vous ne devrait pas se trouver sur le chemin d'une pauvre femme aussi... comment avez-vous dit déjà ? Ah oui, "stupide, incapable, confuse et maladroite" que moi. Ah non, excusez-moi, maladroite, vous ne l'avez pas dit. Voilà que je tends le bâton pour me faire battre. Décidément, vous avez raison, je suis stupide. Vous devez être un très bon médecin pour vous en être rendu compte aussi vite. Ou pas... C'est marrant, j'ai plusieurs médecins dans ma famille, mais aucun d'entre eux ne s'est rendu compte de quoique ce soit.

J'avais dit ça sur un ton totalement désinvolte. Et j'avais même accompagné ma tirade d'un petit sourire tirant un brin vers l'impertinence. Je détournai mon regard de lui et me hissai sur la pointe des pieds pour récupérer ma pile de livres.

- Quoiqu'il en soit, c'est gentil de vous inquiéter pour ces livres. Je suis sûre qu'ils vous en sont gré. Mais ils sont entre de bonnes mains. Même si ça n'en a pas l'air. Et justement parce que je sais que je suis maladroite, j'ai l'intention de leur refaire toutes leurs reliures dès que j'aurais repris le boulot. Ces couvertures en carton souple ne valent rien. Je ne connais rien de mieux que ces bonnes vieilles reliures en cuir pour protéger un livre, quel qu'il soit. En plus, ça leur donne plus de valeur.


Nouveau sourire impertinent.

- Oh, et c'est gentil de me les avoir ramassés. Vous êtes vraiment très serviable. Comment puis-je vous remercier ?


Je me payais sa tête ? Non absolument pas. Bon, ok, peut-être un petit peu, mais je vous jure, ce n'était pas méchant.


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La liste des défauts que Nathanaël trouvait chez son interlocutrice ne cessait de s'allonger. Plus les minutes passaient et plus elle tentait de tourner la situation en dérision, plus elle l'agaçait sérieusement. Tout du moins, son interlocutrice exaspérait elle le masque qu'il portait à l'extérieur et qui lui collait de plus en plus aux traits au fil du temps. C'était ça l'ennui quand on travestissait ses sentiments. Si on tentait de cacher l'horreur, tout finissait par voler en éclat pour finir par révéler la bête tapie depuis longtemps. Si, par contre, on se voilait pour dissimuler son moi profond en donnant l'image d'un monstre, ce dernier finissait par effacer la personnalité réelle de son porteur... Parfois Nathanaël en venait à se demander si au fond, ce quolibet de "monstre" dont l'avait affublé certains membres de sa famille n'était pas, au final, réel. Peut-être était-il vraiment cet être sans coeur, cynique, froid et cruel dont il donnait le change...

Toujours est-il qu'en cet instant, il n'avait pas la moindre envie de se montrer compatissant et agréable avec celle qui lui faisait face. Son entrée à Skye, les manoeuvres de son oncle, ses vacances forcées et puis ... son second frère qui n'en faisait qu'à sa tête, tous ces éléments combinés faisant pression sur lui ne l'incitait pas à se montrer magnanime et tant pis pour la malheureuse âme dont la chance avait mal tourné.

Ses explications n'arrangeaient rien à son inflexion à se montrer telle l'hydre qu'on l'accusait d'être. En effet, la jeune femme ne se priva pas de lui faire savoir ce qu'elle pensait de la police pour un accident d'une portée si minime. Cette remarque lui fit froncer les sourcils et son attitude se fit légèrement menaçante l'espace d'un instant. Minime... L'accident de William et Théodore n'était à la base rien de plus qu'une petite discussion entre frères. Pourtant les conséquences avaient été hors de contrôle. Théodore s'était retrouvé au coeur d'une enquête et William...  Nathanaël avait perdu William, ce frère qu'il appréciait tant. Bien sûr, leur fratrie s'était généralement montrée assez soudée, chacun aimant l'autre et l'aidant, si on exceptait Théodore qui n'avait pas encore trouvé sa voie visiblement. Toutefois, la mort de Will avait fait tout basculé et les avait scindé en deux groupes. De son côté, c'était clairement ce décès qui avait terminé de le transformer. Il s'était complètement caché derrière l'épaisse armure qu'il portait comme une seconde peau mais en était-ce vraiment une au final ? Le corps de son frère n'était pas encore en terre qu'il travaillait comme d'ordinaire en ne montrant pas la moindre faiblesse. Pire encore, il s'était montré plus sévère, plus horrible que jamais refusant les paroles réconfortantes de ses soeurs ou les regrets et le remords de Théodore. Si monstre il y avait parmi eux, c'était lui. William n'aurait jamais du se trouver là. C'était son rôle à lui.
Voilà pourquoi en cet instant il n'appréciait clairement pas la remarque faite par la jeune femme insouciante et idiote qui lui faisait face. Cependant, il n'était guère nécessaire de faire une esclandre ici. C'était son territoire. Il se rendait souvent ici pour dénicher un cadeau pour Rosemary. La libraire sous ses dehors farouches à son égard, était une dénicheuse de pépites hors pairs !

Son interlocutrice ne sembla pas noter le bref changement d'attitude qu'il avait eu puisqu'elle continuait son monologue en jouant sur de la flatterie qui ne visait visiblement qu'à poursuivre son action de tourner toute cette situation à l'amusement. C'était bien le propre des imbéciles que de réagir de cette façon !
S'emparant de sa pile de livres, elle poursuivit son monologue insipide en s'octroyant par deux fois un sourire impertinent.

Tout cela était fort agaçant...

- C'est bien le propre des incultes que de tourner l'une de leur erreurs en amusement collectif en tentant de retourner la situation. Vos flatteries même impertinentes ne fonctionnent pas avec moi. Vous n'essayeriez quand même pas de minimiser votre erreur ?

S'approchant d'elle, il s'abaissa à son niveau, un rictus aux lèvres.

- Parce que clairement vous n'essayez pas réellement de tenter de me faire croire que vous n'êtes qu'une pauvre mijaurée auquel la situation à échapper et qui se retrouve la proie d'un homme qui clame son droit, n'est-ce pas ?

Se redressant, Nathanaël se pinça l'arrêt du nez en fermant brièvement les yeux feignant un mal de crâne.

- En ce qui concerne les membres de votre famille se disant médecins, ne cherchez pas plus loin la raison de leur absence de réaction face à votre inaptitude, ma chère. D'autres que moi crieraient vite à la grâce de se débarrasser de vous au plus vite quitte à prêcher le faux s'ils se retrouvaient face à votre monologue et à vos jérémiades., lui lança-t-il avec un sourire suffisant empli de cynisme.

La jaugeant du regard, son rictus se remit en place avec toutefois une certaine once de pitié. Ce n'était pas le genre de pitié qui se voulait apaisante ou amicale mais plutôt le genre d'oeillades à vous faire vous sentir pire que le plus infâme scroutt à pétard.

- En prime, loin de moi l'idée de dénigrer un confrère vraiment mais je suis certain que vos parents ou proches médecins n'ont pas les dons et les talents que j'ai, ma chère. Il ne vous reste donc plus qu'à associer vos sempiternels lamentations à leurs relatives compétences pour comprendre la raison de l'absence de remarques à ce sujet.

Jetant un coup d'oeil du côté du comptoir, Nathanaël vit la libraire s'éloigner dans l'arrière boutique une pile de livres avec elle. Ses précautions n'étaient guères nécessaires. Après tout, un oubliette pourrait vite résoudre toute fâcheuse situation et l'endroit où ils se trouvaient était moyennement visible. Son interlocutrice était d'autant plus d'ailleurs invisible depuis le point de vue de la librairie si elle revenait.
S'emparant brusquement de la pile de livres de la jeune femme d'une main sans la moindre peine, Nathanaël la poussa contre le mur tout proche avant d'appuyer son bras contre ce dernier l'empêchant ainsi de fuir.
Son visage exprimait une certaine colère ainsi qu'une certaine brutalité qui déformait ses traits généralement empli d'arrogance et de délicatesse.

- Une simple bousculade, n'est-ce pas ? Savez-vous ce que le plus anodin des événements peut avoir de graves conséquences ? Bien sûr que non, votre idiotie vous en empêche ! Alors tâchez de prendre sur vous quitte à vous faire greffer un minimum de cervelle !

Se reculant en tenant toujours fermement la pile de livres, il la fourra sans ménagement dans les bras d'Abigail avant de remettre en place sa veste tout en réadoptant l'attitude qu'il avait eu jusque là.

- Une jolie couverture est une bonne chose mais cela peut être trompeur sur le contenu. Je crains quand bien même qu'il ne vous soit d'aucune utilité, très chère, votre cas est désespéré.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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J'écarquillai les yeux quand il reprit la parole. Oui, j'avoue, j'avais essayé de dédramatiser la situation. Attendez, je l'avais juste légèrement bousculer, et il avait l'air de prendre ça pour une affaire personnelle. Je resserrai mes livres contre moi et fit un pas en arrière tandis qu'il se rapprochait. C'est qu'il commençait à m'inquiéter là, pour le coup.

Je plongeai mon regard dans le sien et ne le quittai pas des yeux, resserrant toujours un peu plus mes livres contre moi tandis qu'il continuait à me parler (et à m'insulter par la même occasion).

- Je ne cherche pas à minimiser les faits. Je vous ai bousculé, c'est ma faute et je me suis excusée. Je trouve juste votre réaction un peu trop disproportionnée, c'est tout...

J'aurais peut-être mieux fait de me taire en fait. Sauf que mince, c'est vrai quoi, j'aurais compris qu'il s'en prenne à moi si je l'avais délibérément bousculé et que je l'avais royalement ignoré, mais ce n'était pas le cas. Et j'étais bien déterminée à me défendre. Et surtout à défendre ma famille, quand il s'en prit à elle.

- Je ne m'avancerai pas là-dessus à votre place. Vous n'avez pas idées des compétences qu'ils ont ! Je suis prête à parier qu'ils sont bien plus compétents que vous.

Parce que crotte, mon père était peut-être un médecin moldu, mais Liam, mon jumeau, était bien plus que ça. Il était médicomage et médecin à la fois. Il avait étudié les deux professions et aujourd'hui, il alliait les deux médecines entre elles pour soigner ses patients. Et il fallait reconnaître que sa méthode portait ses fruits. A Sainte mangouste, ils étaient surpris et plus que satisfaits de son travail. Il faisait d'ailleurs des conférences auprès de ses confrère pour expliquer en quoi la médecine moldue pouvait apporter beaucoup à la médecine sorcière. D'autant que Liam ne se contentait pas de la médecine moldue à l'occidentale. Il avait également étudié les différentes branches de la médecine qu'on pouvait trouver, ce qui faisait de lui un médecin particulièrement efficace. Mais pas un dieu, c'est vrai, il y avait encore beaucoup de choses qu'il n'était pas en mesure de soigner.

Suite à cette tirade, je le fusillai du regard. Est-ce qu'il en avait fini ? Pouvais-je parler à nouveau ? Sauf qu'il ne m'en laissa pas l'occasion. D'une main, il ota la pile de livres que je serrais contre moi et me poussa un peu brusquement contre le mur, s'assurant que je ne pouvais pas bouger. L'arrière de ma tête heurta le mur derrière moi et je laissai échapper un soupir de douleur.

Instinctivement, ma main libre se fraya un chemin dans mon dos jusqu'à ce que mes doigts se referment sur ma baguette et je la tirai de ma ceinture. Oh pas beaucoup, mais suffisamment pour que mon geste attire son regard, si toutefois il baissait les yeux sur ma main.

Je flanchai presque tandis qu'il me fourrait à nouveau ma pile de livres dans les bras avec une brutalité que j'estimais ne pas mériter. Il reculait mais je n'avais pas l'intention de laisser partir comme ça. Je reposai mes livres sur le rebord de la cheminée et repris la parole, bien décidée à me défendre. Ma deuxième main était toujours refermée autour de ma baguette et j'étais prête à la sortir si toutefois il essayait de dépasser le stade des mots.

- Vous avez parfaitement raison. Le moindre petit incident peut déclencher une guerre. Mais seulement quand on n'est pas capable de prendre sur nous et de passer outre. Je me suis excusée, c'était la moindre des choses, j'ai même reconnu mon erreur. Alors qu'en réalité, vous êtes certainement aussi fautif que moi. Osez dire que vous m'aviez vue. Il vous aurait suffi d'accepter mes excuses, et l'incident aurait été clos. Au lieu de ça, vous décidez de me sauter à la gorge. C'est vous, et vous seul qui, par votre attitude, faites de cette petite bousculade un incident diplomatique. Ca prend des proportions démesurées et ça, c'est de votre faute.

Je le toisai de toute ma hauteur, qui était, certes, moindre par rapport à la sienne.

- Je me suis excusée, qu'est-ce que vous vouliez que je fasse d'autre ?


Nathanaël YaxleyMédicomage sur Skyeavatar
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Nathanaël devait le lui reconnaitre : cette jeune femme n'avait pas froid aux yeux. Malgré son attitude légèrement menaçante, elle n'avait guère flanché et continuait de le fixer droit dans les yeux. Ce n'était pas une chose courante. C'était amusant et le poussait justement à vouloir davantage dominer la situation.

La réaction qu'il avait eue apparaissait aux yeux de son interlocutrice comme disproportionnée. Disproportionnée ? S'il n'avait pas fait l'amère expérience de connaitre tout ce qu'un petit événement pouvait entrainer dans la vie des personnes incriminées par la suite alors peut-être lui-même aurait-il réagi de la sorte face au comportement qu'il avait adopté. Seulement il y avait eu William et cette mort qu'il ne pouvait se pardonner tout comme il ne pouvait s'absoudre de l'éloignement engendré par cette première erreur sur toute sa fratrie. Il y avait d'une part ses soeurs et lui-même et de l'autre, le dernier frère qui lui restait et qui s'était laissé embobiner par l'être qu'il détestait sans doute le plus sur terre, leur oncle. C'est par Théodore que Jeremiah parvenait toujours à le maintenir obéissant mais pas que ... Ses soeurs pouvaient toujours être une cible de choix pour cet homme abject qui ne lésinait jamais sur les moyens pour obtenir ce qu'il voulait - sa totale obéissance - et l'atteindre.

Lorsqu'elle revint sur les compétences des membres de sa famille, une sorte d'alerte résonna en lui. Elle était trop assurée, trop certaine que ses parents puissent le dépasser. Or, une telle assurance ne pouvait être basée que sur certaines informations qu'elle connaissait peut-être à son égard... Toutefois, conscient de l'aspect parfois paranoïa que pouvait revêtir son esprit, Nathanaël jugea-t-il préférable de mettre cette intuition de côté sans pour autant l'oublier ou l'effacer. Non, il lui fallait juste un élément de plus pour conforter ce qui commençait à germer dans son esprit.

Celle-ci ne se fit d'ailleurs pas attendre au final. Le jeune homme aurait sans doute cru qu'elle se montrerait plus subtile mais même pas ...
Lorsqu'il l'avait poussée, il avait bien vu le mouvement lent et se voulant discret qu'elle avait fait en direction de sa ceinture. Une baguette ... Ainsi donc il avait eu à faire avec une sorcière depuis le départ. Ce constat ne fit que raviver son instinct qui l'incitait à la prudence et à la méfiance.

Son monologue moralisateur sur les conséquences du type de comportement qu'il avait adopté à son égard ne l'effleurèrent même pas. Il y avait peu de choses qui pouvaient le faire lorsqu'il se présentait sous les traits du rôle qu'il jouait à l'extérieur. Mais ... en était-ce seulement un ?
Alors qu'elle le toisait en lui demandant le plus sérieusement du monde ce qu'elle pouvait faire d'autre en plus de ses excuses, une idée germa dans son esprit.

Se rapprochant de la jeune femme, il vint se replacer face à elle, repositionnant son bras contre le mur pour lui barrer toutes chances de fuite.

- Et dire que je pensais que vous n'étiez qu'une simple moldue !  A moins que vous ne soyez une cracmol qui a dérobé la baguette d'un sorcier de sa famille... mais j'avoue ne pas trop croire à cette option, mademoiselle., lui fit-il d'un ton mielleux.

S'abaissant à son niveau, ses yeux bleu se promenèrent sur le visage de son interlocutrice.

- Je vous présente mes excuses pour avoir pointé du doigt votre stupidité alors que moi-même, je ne semble pas avoir été très prudent pour l'occasion., continua-t-il sur le même ton avant de poursuivre plus brutalement, Cependant, cela ne prend PAS. Echec & mat, très chère.

Dès qu'il avait été dans la possibilité de le faire, Jérémiah avait poussé Nathanaël dans toutes sortes d'exercices et d'entrainements visant à le rendre toujours plus parfait, plus monstrueux. Parmi ces derniers, la légimancie lui avait été enseignée par son oncle en personne. Ce dernier s'était fait un plaisir presque sadique à lui montrer l'étendue de son don. Nathanaël avait si mal vécu chacune de ses intrusions dans sa mémoire. C'était ainsi qu'il avait su comment le blesser, comment le faire souffrir. Et selon son parent, il n'était pas possible de faire naitre la douleur chez les autres sans en ressentir les conséquences sur son esprit. De plus, c'était l'un des meilleurs moyens d'obtenir les informations souhaitées sans devoir s'acharner à interroger qui que ce soit. Il suffisait de se servir et de connaitre au passage, si on faisait cela bien, les pires faiblesses de ses ennemis.
Nathanaël avait toujours détesté ce don lui attribuant même l'aspect de malédiction. Fouiller dans les souvenirs des autres, violer leur intimité, le mettait jusque récemment particulièrement mal à l'aise. Mais comme tout le reste, le rôle qu'il jouait commençait à cet égard également doucement à briser ses réticences.

Saisissant le menton de la jeune femme, il plongea son regard dans le sien, bien décidé à obtenir les informations qu'il souhaitait.
Plonger dans l'âme de quelqu'un avait toujours ce côté brouillon. Les premiers éléments qu'il percevait étaient toujours constitués des derniers événements passés tels que leur rencontre par exemple. Mais en remontant, il vit plusieurs souvenirs de la jeune femme tels que des échanges avec des membres de sa famille comme son père qui était un médecin moldu ou bien encore son frère que Nathanaël reconnut de suite. Il la vit à Poudlard réprimandant gentiment un élève un peu trop enclin à montrer sa virilité à l'une de ses amies au sein de la bibliothèque.

- St... , fit-il de manière inaudible.

Puis vint une Abi plus jeune fière de son frère. Une autre plongée dans un roman moldu de l'époque victorienne. Une autre encore qui rosissait à la vue d'un garçon dans le parc de Poudlard qui semblait particulièrement lui plaire.
Il eut beau fouiller toutefois aucun souvenir lié à son oncle ou à sa famille ne revenait. S'était-il trompé ? Peut-être mais il était bien trop fier pour l'avouer.

- Stop, haleta-t-il.

Plus rien d'intéressant ne viendrait. Il avait déjà le sentiment d'avoir fouiller bien trop profondément. Il fallait que cela s'arrête. Par le passé, Jérémiah l'avait contraint à tester son aptitude sur William ... Là encore, ça avait été trop loin même si son cadet ne lui en avait jamais tenu rigueur.

Relâchant la jeune femme, il se recula et faillit d'ailleurs trébucher. Une fatigue l'assaillaient toujours après ce type de séance. Bien moins certes que lorsqu'il avait débuté mais elle était toujours présente à faible dose. Des regrets et des remords commençaient déjà à faire surface par rapport à ce qu'il venait de commettre. Il détestait fouiller la mémoire des autres. Il haïssait pénétrer dans leur intimité et épier des souvenirs personnels auquel il n'aurait jamais du avoir accès. Et il abhorrait plus que tout l'être qu'il devenait avec le temps. Celui-là même qui venait de commettre un acte qu'il ressasserait durant plusieurs nuits à compter de ce soir.

- O'Brien... Bien sur ! Comment n'ai-je pas vu en vous la soeur de ce garçon prétentieux et suffisant ? Je peux donc dès lors vous l'affirmer... Je suis bien plus qualifier que votre précieux grand frère, Abigail O'Brien.

Se pinçant l'arrêt du nez, il jeta un coup d'oeil vers le comptoir juste à temps pour voir revenir la libraire qui regardait justement brièvement dans sa direction. La saluant poliment, il posa à nouveau son regard sur la jeune femme.

Il ne s'excuserait pas pour ce qu'il venait de faire. Cela ne servirait à rien et ne changerait rien à ce qu'il avait commis. Pire encore, ce serait une grossière erreur et une faiblesse qui pourrait lui porter préjudice dans le futur.


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Oui, bon, je le reconnais, j’aurais très certainement mieux fait de me taire. A cette heure-ci, je serais peut-être déjà ressortie de cette librairie, si je m’étais tout simplement écrasée et enfuie, comme une vulgaire lâche que je n’étais pas. Je n’étais pas non plus hyper courageuse cela dit. Et même si j’essayais de n’en rien montrer, cet homme m’impressionnait bien plus que je n’oserai jamais l’avouer. Cependant, il y avait une chose qui me mettait vraiment hors de moi et face à laquelle je ne pouvais m’empêcher de l’ouvrir : l’injustice. Qu’elle soit à mon encontre ou non, d’ailleurs.

Je reculai à nouveau jusqu’à sentir le mur dans mon dos tandis que son bras m’interdisait à nouveau toute fuite. Vous savez quoi, ce genre de proximité était relativement gênant. Il entrait dans mon espace vitale et ça ne me plaisait pas des masses.

Mais son changement d’attitude soudain, je ne m’y attendais pas du tout. Il avait un ton complètement différent. Moins méprisant. Plus… chaud ? Je ne savais pas comment le décrire. Ca n’avait rien de rassurant néanmoins, son bras m’empêchant toujours de me soustraire à ce rapprochement forcé. Lorsqu’il changea à nouveau de ton, je sursautai presque. Et fronçai les sourcils également, parce que pour le coup, je ne suivais plus.

- Qu’est-ce qui ne prend pas ? De quoi parlez-vous ?


Une fois encore, c’était sorti tout seul, trop vite.

Et puis sa main se referma sur mon menton et instantanément, un flot d’images se succéda devant mes yeux.

Des scènes de ma vie de famille d’abord, des souvenirs de moments heureux que j’avais passé avec mes parents et Liam. Une conversation entre mon père et mon frère jumeau à propos de la médecine moldue.
Une autre image survint. Le souvenir de ce jour quelques semaines plus tôt où j’avais surpris un jeune homme ayant une attitude totalement déplacée avec sa petite amie au cœur de la bibliothèque. Je pouvais encore me rappeler la gêne que j’avais ressentie en les voyant tous les deux, je me rappelais du rouge qui m’était monté aux joues parce que c’était le genre de situation qui ne m’était jamais arrivé… On ne m’avait même jamais embrassée…

J’avais envie de lui hurler d’arrêter ça sur le champ. Il n’avait pas le droit de pénétrer dans mes souvenirs de la sorte. C’était des choses qui m’appartenaient, il n’avait pas le droit de se les approprier. Il n’avait pas le droit d’apprendre ces détails sur ma vie, de savoir ce que j’en avais pensé, comment j’y avais réagi. Mais j’étais incapable de faire quoique ce soit, incapable de me libérer de son emprise. On ne m’avait pas appris à me battre contre la légilimancie.

Une autre scène remplaça celle de la bibliothèque. J’étais plus jeune cette fois, 15 ans, ma cinquième année à Poudlard. Je portais l’uniforme Serdaigle et je me trouvais dans la grande salle. Sur l’estrade, mon frère aîné, Cillian, s’approchait pour recevoir son diplôme de fin d’études. Lui, il portait les couleurs de Gryffondor, de même que mon jumeau, Liam, qui se trouvait un peu plus loin, à la table de sa maison. J’étais fière de mon grand frère parce qu’il était major de sa promotion.

Mon cœur se serra tandis que je le revoyais en train de brandir son diplôme, tout sourire. Parfaitement heureux. L’avenir lui ouvrait grand ses portes et il promettait de grandes choses. Un an plus tard, il décédait dans la grande bataille de Poudlard, touché par le sort d’un mangemort. Les larmes commencèrent à couler sur mes joues sans que je puisse les en empêcher. Mon frère me manquait, terriblement. Je n’étais toujours pas vraiment remise de sa disparition. Et encore une fois, je suppliai intérieurement l’homme en face de moi d’arrêter. En encore une fois, je fus impuissante à le repousser.

Me voilà maintenant à lire Jane Eyre dans le parc de Poudlard, installée sous un arbre, ignorante de ce qui se passait autour de moi. Je n’aurais su dire quel âge j’avais, cette fois, parce que je passais le plus clair de mon temps libre à lire et relire ce livre. Je vibrais en rêvant qu’un jour, moi aussi je rencontrerai un Mr Rochester.
Nouvelle scène, j’étais encore dans le parc de l’école et je regardais ce jeune homme à la dérobée, Nathanaël Morgenstern. Nous étions du même âge, et dans la même maison. Pour autant, je n’avais jamais osé lui adresser vraiment la parole. Il m’intimidait. Je le voyais fier et tellement beau, avec ce semblant de morgue qui me faisait penser à une version plus jeune de Mr Darcy. C’était probablement pour cette raison que j’avais du mal à détacher mon regard de lui quand il ne me regardait pas. C’était certainement pour cette raison également que je sentais mon cœur bondir dans ma poitrine à chaque fois que je le croisais dans la salle commune.

Et puis les images cessèrent, aussi brusquement qu’elles avaient commencé. Le décor de la librairie et le visage de l’homme se matérialisèrent à nouveau devant mes yeux. Il se détacha de moi, me laissant tremblante, incapable de réfléchir. Je me sentais à la fois troublée, honteuse de tout ce qu’il avait pu voir, horrifiée qu’il ait pu faire une chose pareille et dévastée parce qu’il m’avait remis le visage de Cillian devant les yeux.

C’est alors qu’il reprit la parole. Et à tout ce que je ressentais déjà s’ajoutait la surprise. Il savait qui j’étais ! Et il connaissait Cillian ! Il avait parlé de mon grand-frère, donc il le connaissait. Comment ? Cillian était mort depuis 11 ans maintenant. Où l’avait-il connu ?

- Je vous interdis de parler de mon frère ! Cillian était quelqu’un de bien. Il aurait été quelqu’un de bien meilleur que vous s’il n’était pas mort. J’en suis certaine !

Une chose était sûre, ce n’était pas Cillian qui se serait introduit dans l’esprit des gens sans leur permission. Il n’aurait jamais, non plus, réagi de cette façon s’il s’était fait bousculé. Il aurait ri, de son rire clair et enthousiaste qui réchauffait les cœurs, et il aurait engagé la conversation. Parce que Cillian était l’être le plus gentil et le plus sociable que je connaissais.

La gifle partit avant que j’ai eu le temps de la retenir. Retentissante. Mais passez pour attirer l’attention de qui que ce soit autour de nous.

- Vous n’aviez pas le droit de faire ça ! Il s’agissait de mes souvenirs, de mes pensées. Comment avez-vous pu vous y introduire de la sorte ?



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Il avait commis un impair, une terrible et cuisante erreur. Il ne pouvait toutefois pas l'avouer ouvertement. Cela aurait montré qu'il était faible ou qu'il n'était pas aussi parfait que son attitude le prônait. Si imparfait... Ce terme était souvent revenu dans la bouche de son oncle quand il était plus jeune avec cet air nostalgique trompeur. Nathanaël l'avait tellement entendu qu'il avait fini à son tour par l'employer. Imparfait et abîmé, voilà ce qu'il était. Le décès de William et l'éloignement de Théodore n'avaient fait que lui confirmer ce qu'il savait déjà au fond de lui-même, lui donnant davantage envie encore de s'améliorer et de se rapprocher de la perfection ultime.

La surprise s'était peinte sur les traits de son interlocutrice tandis qu'elle prenait la défense de son défunt frère, Cillian... Nathanaël l'avait déjà croisé. Un Gryffondor qui avait, comme toujours, hérité de traits de caractère propre à cette maison. Les deux jeunes hommes ne s'étaient guère entendus. A l'époque, le Serdaigle qu'il était entretenait déjà la froide attitude qu'il arborait toujours actuellement. Peu entouré mais relativement respecté, il était le genre d'élèves à vouloir exceller dans chaque matière et à pointer du doigt avec cynisme les erreurs et points faibles de ses condisciples sans manifester la moindre compassion. Ne pas s'attirer l'amitié ou l'amour des autres et éviter de s'y attacher. C'était devenu son mantra très tôt après son entrée à Poudlard. Il avait pourtant plusieurs fois déroger à cette règle qu'il s'était imposée. Être brutal dans ses mots, blesser les gens, chercher à cerner leur fragilité pour ensuite les frapper au plus prês... Se montrer charmeur et duper celles qui lui faisaient face... Tout cela n'était pas réellement lui... Ou l'était-ce ? Ces derniers temps, il se posait de plus en plus souvent la question de savoir qui était le vraiment Nathanaël ? Celui qu'il montrait à l'ensemble de la population sorcière ou bien l'homme qu'il était lorsqu'il regagnait le domaine familial ? Le second n'était pas exempt de défauts loin de là mais il possédait, au moins, certaines qualités. Durant sa scolarité, le Serdaigle n'avait d'ailleurs pas pu cacher constamment cette part de lui-même. C'est ainsi qu'il avait rencontré Margaret, une fière Gryffondor elle aussi. Elle l'avait suivi pendant un certain temps, s'entêtant à le convaincre de son bon fond. Ce n'est que lorsqu'elle avait disparu de son côté qu'il s'était rendu compte de la place qu'elle prenait. Sa bouée de secours, sa bonne étoile, son ange gardien.
La jeune femme avait vu les côtés moins reluisants de son être alors en développement. Elle avait compris toute l'étendue des missives qu'il recevait de son oncle régulièrement, tout le besoin qu'il avait de se montrer toujours plus doué.
Durant ses colères, elle avait rarement tenté de le tempérer mais s'était donné un malin plaisir à le trainer dans la salle sur demande où elle l'avait aidé à démolir tout le contenu d'un lieu dont elle était la seule à avoir le secret.
La Grande Bataille avait signé la fin de leur amitié complice, la jeune femme étant tombée sur l'un des sorts lancés par un mangemort. Sa disparition avait laissé un vide immense dans le coeur de Nathanaël, vide jamais comblé comme cela avait été le cas également pour William et ce, peu importe les années passées.

Jérémiah avait pris un machiavélique plaisir à cette perte. Lui effacer ce sourire perfide et satisfait du visage et le faire souffrir tel qu'il souffrait à ce moment, voilà quelles avaient été les premières pensées du jeune homme... C'était ainsi qu'il avait appris réellement à utiliser son don. Ainsi que cette part sombre de sa personnalité avait pris forme et avait gagné de la force...

C'est pour ça qu'il ne s'embarrassait plus de tisser des liens avec ses pairs. Tant que son oncle serait en vie, il ne s'autoriserait plus la moindre faiblesse à ce niveau. Il avait déjà tant à faire à veiller et protéger sa fratrie. Il n'avait pas besoin d'amis ou de femme pour venir chambouler l'équation qu'il avait mis tant de mal à comprendre et à appliquer.

Plonger dans ses pensées, ce fut la gifle magistrale que la soeur O'Brien lui administra qui le sortit de sa torpeur tandis qu'elle lui crachait au visage toute l'horreur que son acte lui inspirait.

Passant son pouce sur sa joue gauche rougie par la claque de la jeune femme, un sourire s'esquissa sur ses lèvres suivi peu après d'un rire. S'avançant d'un pas, il se pencha à nouveau pour se mettre à la hauteur de son interlocutrice.

- Comment j'ai pu m'introduire dans vos souvenirs ? Ma foi, êtes-vous réellement une sorcière ? Je suis légimens tout simplement., s'enorgueillit-il.

Un nouveau sourire en coin s'afficha sur ses lèvres faisant pétiller ses yeux bleus.

- Qui m'a donné la permission de le faire ? , ajouta-t-il d'un ton plus bas mais également plus rude et rauque, Je me suis octroyé ce droit et n'hésiterais pas à le refaire si vous voulez tout savoir.

Se redressant, ses traits continuèrent d'afficher un profond amusement qu'il était pourtant loin de ressentir. Abject... Son comportement l'était mais il ne savait pas se comporter autrement. Le souhaitait-il d'ailleurs vraiment ? Se protéger et protéger les siens, c'est tout ce qu'il souhaitait faire. Et tant pis, si pour cela, il devait être rongé par les remords et les regrets d'avoir commis des actes impardonnables.

- Après tout, je suis si intrigué de savoir comment votre petite amourette pour Dominic s'est terminée ! , assena-t-il avec ironie, Le cachotier... Et dire qu'il ne m'en avait pas dit un seul mot à l'époque !

Se passant une main dans les cheveux pour remettre en place une mèche qui lui était retombée devant les yeux, sa mâchoire se durcit, rendant ses traits légèrement moins doux.

- Et puis ...


Se rapprochant d'elle, il se pencha vers son oreille avec la mine d'un cachottier.


- Je suis infiniment si curieux de savoir quels sentiments vous ont submergés lorsque vous avez vu votre tant aimé Cillian tomber inerte durant la grande bataille...

Lui faisant face, il passa sa langue sur sa lèvre supérieure visiblement amusé de la situation et friand du sujet qu'il abordait.



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Ma colère était à la hauteur de mon indignation. Et j'avais frappé plus fort que je ne le croyais, j'en avais la main qui me cuisait. Je la frottai fermement pour essayer d'en faire disparaître la désagréable sensation sans pour autant quitter l'homme des yeux. Et lorsqu'il s'approcha de nouveau, je ne bougeai pas, me contentant de plonger mes yeux dans les siens et le défiant du regard.

- Ne soyez pas stupide, vous savez ce que j'ai voulu dire par là.

Comme si je ne savais pas ce qu'était la légilimancie ? Non mais il me prenait pour qui. Il savait très bien que ce n’était pas là le sens de ma question. En réalité, j'avais l'impression qu'il se moquait de moi, ouvertement. Et pour être honnête, je n’aimais pas ça. Et puis les moqueries laissèrent place aux menaces, tandis qu’il m’annonçait, purement et simplement, qu’il n’hésiterait pas à explorer de nouveau mes souvenirs si l’envie lui en prenait. Et ça, j’aimais encore moins. Mon regard se teinta d’une légère lueur d’inquiétude, mais je ne flanchai pas. Ma mâchoire se contracta et je ne le quittai pas du regard tandis qu’il se redressait avant de reprendre la parole.

Et la lueur d’inquiétude laissa place à de l’incompréhension, puis à de la curiosité.

- Dominic ?

J’avais du mal à saisir. D’où sortait-il ce Dominic ?

- Qui êtes-vous ? Vous savez qu’il n’y avait pas de Dominic, dans aucun des souvenirs auxquels vous avez eu accès pour la simple et bonne raison que je ne connais pas de Dominic.

Je détaillai un peu plus son visage. Pourquoi me parler d’un garçon qui n’existait pas, en prétendant le connaitre lui aussi ? Quel était l’intérêt de tout ça ? Je scrutai son regard, son expression, y cherchant une réponse. Il avait ce petit air qui m’était familier, quelque chose dans ses yeux, ou peut-être sa bouche, je n’aurais su dire. Et je n’arrivais pas non plus à le situer. Mais pourtant, j’avais la sensation de le connaitre.

- Qui êtes vous ? répétai-je, presque dans un murmure. J’ai l’impression de vous connaître mais…

Mais je n’eus pas la réponse à ma question, pas tout de suite du moins. J’eus un mouvement de recul alors qu’il se penchait à nouveau vers moi avec ce petit sourire en coin. J’aurais presque pu le trouver séduisant, si j’avais été sûre qu’il ne se cachait aucune méchanceté, aucune nouvelle horreur derrière. Mais je me méfiais.

Je me raidis et retins mon souffle tandis qu’il s’approchait encore de mon oreille. Je le retins d’autant plus que je sentais le sien sur mon cou alors qu’il reprenait la parole. Il était si près, c’était une sensation à la fois d’autant plus troublante que je n’avais pas souvenir qu’un homme se soit déjà tenu aussi près de moi, mais aussi relativement dérangeante, parce que c’était un homme que je ne connaissais pas et qui m’était hostile.

Et j’entendis ses paroles et mes poumons se rappelèrent soudain comment on respirait, me poussant à reprendre une respiration hachée. Incapable de répondre quoique ce soit durant les premières secondes, je relevai les yeux sur lui, pour me rendre qu’il se délectait de la situation, qu’il s’amusait de ma souffrance.

Je m’efforçai de refouler les larmes qui me venaient et posai mes mains à plat sur son torse pour essayer de le repousser violemment. Enfin, c’était ce que j’avais l’intention de faire. Mais autant faire reculer une montagne, il ne bougerait pas d’un pouce s’il n’en avait pas envie, je n’avais pas assez de forces pour repousser un homme de sa corpulence.

- Comment osez-vous me parler de ça ? Pourquoi faites vous-ça ? Quel est votre intérêt ? Qu’est-ce que je vous ai fait ?


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Un monstre... L'insulte avait fusé il y a de cela des années de la bouche même de sa tante quand elle avait compris qu'il continuait de se plier à la volonté de son oncle. Le dégoût et la pitié avaient teinté le regard de celle qui avait représenté une mère de substitution durant des années pour sa fratrie et lui. Il avait tenté de se justifier, de se défendre, de lui faire comprendre qu'il ne le faisait pas de gaieté de coeur mais qu'il n'avait tout simplement pas d'autres alternatives ! Catherine n'avait rien voulu entendre peu importe les suppliques ou ses tentatives de la convaincre. L'attitude de sa tante l'avait d'ailleurs littéralement foudroyé sur place. Personne ... La majorité de sa fratrie mise à part, il n'y avait plus personne qui croyait en lui.

C'était cette même lueur qu'il avait aperçu dans les yeux de sa tante que Nathanaël vit dans les yeux de son interlocutrice lorsqu'il lui affirma qu'il recommencerait volontiers la fouille et le pillage de ses souvenirs. Comme s'il avait la moindre envie de le faire ! Elle ne le savait pas. Après tout, ne s'était-il pas retranché derrière son cynisme et sa froideur. Une crapule faite homme !  Tout son être ne criait que cela en ce moment. Toutefois, son comportement inquiet lui raviva le cuisant rejet qu'il avait subi de la part de sa tante et la sensation d'abandon qu'il avait ressenti.
Non, il devait se ressaisir et ne pas laisser son masque, son rôle s'effriter une seule seconde ! Cela faisait des années qu'il le portait. Il était doué pour cela à tel point qu'il en venait à ne plus savoir au juste qui il était : le monstre tant décrié ou alors le frère aimant qu'il était dans son domaine ? Peut-être tenait-il des deux ? A moins qu'il ne soit en fait que celui tant méprisé par Catherine qui n'essaie de se donner une bonne conduite en se berçant d'illusions tout en remplissant sa tâche de gentil aîné... Mais il n'était pas gentil tout comme il n'était pas bon. Plus les années passaient, plus il devait se faire à cette idée. Il n'avait rien de l'ange qu'il pensait être. Il mentait à tout ceux qui l'approchait. Son comportement était complètement étudié et façonné selon l'idée qu'il avait envie de donner à l'interlocuteur qui lui faisait face. Son égoïsme prévalait sur beaucoup de valeurs morales propres à la plupart des sorciers puisqu'il mettait au dessus de tout le bien-être de sa famille peu importe qu'il doive torturer, mentir, duper... ou pire. Mais le ferait-il vraiment ? Tuerait-il si on lui en donnait l'ordre ? Il se plaisait à penser que non mais craignait dans l'ombre que le contraire ne se produise venant mettre à mal cette image tronquée qu'il continuait d'entretenir en ce qui concernait le vrai Nathanaël.  Cette fille n'était qu'une étrangère qui visiblement n'avait fait que se trouver au mauvais moment au mauvais endroit. Elle semblait ne rien lui vouloir en mal et n'avait pas non plus de souvenirs en lien avec ses propres démons. Pourtant ne venait-il pas de se comporter comme le plus abject des hommes ? Ne s'apprêtait-il pas à continuer dans ce sens ? Pire, ne se délectait-il pas de tout cela même s'il s'inquiétait de voir dans ses yeux la propre crainte qu'il avait de ne plus se retrouver et de se réveiller un jour en se rendant compte qu'il s'était voilé la face tout ce temps ?

Toutefois son attention se dirigea vers tout autre chose lorsqu'elle revint sur Dominic. La jeune femme lui assurait ne pas connaitre de Dominic. Pourtant il l'avait vu lorsqu'il avait fouillé ses souvenirs. Cette vision de Dominic aux côtés duquel il se trouvait d'ailleurs ! L'un de ses sourcils s'arqua face à son déni si flagrant. Pensait-elle vraiment l'avoir de la sorte ? Ils ne parlaient pas de choses racontées sous l'emprise de veritaserum mais de données prises directement à la source, des images qu'il avait lui-même vu de ses propres yeux depuis l'âme de celle qui lui faisait face et lui mentait éhontément, ces souvenirs que lui-même détenait désormais dans son propre esprit.

Ses questionnements concernant son identité l'amusa cependant beaucoup. Qui il était ? Devait-il vraiment lui répondre alors qu'il ignorait lui-même qui il était réellement.... ?

Cette pensée fugace lui glaça les sangs. Non, il savait qui il était. Il était ce frère aimant et protecteur qui veillait sur les siens tels un dragon sur ses oeufs, sortant les crocs mais mordant rarement. Voilà qui il était !  Cet être froid et cruel qu'il montrait n'était qu'une passade, un trompe l'oeil qu'il portait tel un masque depuis de nombreuses années. Cela ne pouvait être autrement. Il ne pouvait même pas imaginer que l'inverse fut vraiment.

Mais une fois encore, son attention fut retenue par la réaction de la jeune femme lorsqu'il s'était approchée d'elle. Elle s'était figée et durant quelques secondes il avait pu la voir retenir sa respiration. C'était amusant même s'il ne pouvait s'empêcher de penser que ni ses soeurs ni le frère qu'il prétendait être approuveraient.
Ils n'approuveraient d'ailleurs pas non plus les paroles blessantes qui provoquèrent des larmes dans les yeux de son interlocutrice.

Se rapprochant d'elle, il vint à nouveau lui bloquer toute issue en barrant la seule sortie possible de son bras droit. Après tout, ce genre d'amusement n'avait pas vraiment de conséquence. Il n'aimait pas cette fille et ne la reverrait jamais. Aucun lien n'existerait jamais entre eux. Son oncle n'avait donc aucun nouveau moyen de pression sur lui et n'apprendrait d'ailleurs jamais rien de tout ceci.

- Oh... Serait-ce des larmes que je vois là ?, s'amusa-t-il.

Enlevant son bras droit qui faisait obstruction à une quelconque fuite de la part d'Abigail, Nathanaël passa son pouce délicatement pour recueillir une larme de la jeune femme.

- Cela y ressemble. Est-ce donc à ce point douloureux ?

Se penchant vers elle, il s'approcha de son visage si prêt que son souffle se mêla à celui de la rouquine.

- Vous n'améliorez pas votre cas et m'aidez davantage à vous atteindre en piquant ma curiosité à vouloir à nouveau fouiller votre mémoire, ma chère.

A dire vrai, Nathanaël ne souhaitait pas en connaitre davantage. Si son allusion avait eu comme conséquence une réaction de cette ampleur, il ne souhaitait clairement pas voir la scène de ses propres yeux. Assez d'horreurs peuplaient sa tête. Ses cauchemars et ses remords étaient assez conséquents sans qu'il n'acquiert de surcroit les souvenirs d'une seconde personne. Il savait parfaitement la peine que représentait la perte d'un être cher, particulièrement d'un frère.

- Ne me laissez pas vous atteindre..., murmura-t-il brièvement avec plus de douceur mais sur la défensive, laissant tomber brièvement, l'espace de quelques secondes, le masque de la crapule qu'il avait été jusqu'ici.

Ce ne fut que quelques instants puisque bien vite, son armure l'engloutit à nouveau. Cela avait été si bref qu'il n'y avait que très peu de chances que son interlocutrice y ait vu autre chose qu'une provocation. Au fond, cela l'était d'ailleurs.
Néanmoins alors qu'il était à quelques millimètres de son visage, il ne souhaitait pas s'aventurer davantage sur le terrain concernant la mort de cillian O'Brien. En cas d'attaque de sa part ou de folie de la sienne, il ne souhaitait pas pouvoir réutiliser sa malédiction sur la jeune femme.

- Vous ne connaissez pas Dominic ? Et quelle information avez-vous donc eu au sujet de ce jeune homme ? Quel était donc son nom ? Dominic aux côtés duquel j'étais d'ailleurs dans votre souvenir était l'un de mes condisciples de classe. Il était un brin ... limité, ajouta-t-il avec une pointe de suffisance et de mépris, mais pas assez toutefois pour ne pas connaitre sa propre identité.

Se reculant, il s'éloigna de quelques pas de la jeune femme, un rictus aux lèvres en la jaugeant avec mépris.

- C'est vrai que ne possédant pas mon don, lui assena-t-il avec hauteur alors qu'il était intérieurement loin de ressentir un tel engouement pour cette particularité qu'était la légimencie dont il était pourvu, vous ne pouvez pas savoir qui je suis. J'aurai donc la bonté de vous en informer. Je m'appelle Nathanaël. Nathanaël Morgenstern.

Un sourire en coin vint orner ses lèvres.


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J'eus un mouvement de recul alors qu'il approchait sa main. Je ne voulais pas qu'il me touche. Qui sait ce qu'il allait faire ? Allait-il me prendre le menton comme tout à l'heure pour me forcer à le regarder dans les yeux et pouvoir s'insinuer dans mon esprit encore une fois. Mais je ne parvins pas à me dérober, le mur derrière ma tête m'empêchait de trop reculer. Et encore une fois, il me bloquait toute issue avec son bras. Pourquoi faisait-il cela ? Pourquoi s'acharnait-il sur moi ? Pourquoi ne me laissait-il pas m'en aller, tout simplement ? Je ne lui avais rien fait. Je l'avais juste un peu bousculé et je m'étais aussitôt excusée. Pourquoi est-ce que ça n'avait pas suffi.

Je tressaillis en sentant son pouce sur ma joue. Mais ce contact fut étonnamment doux. Bien plus doux que ce à quoi je m'attendais en réalité. Je ne pus m'empêcher, cependant, de tourner la tête et de fermer les yeux. Est-ce que c'était douloureux ? Evidemment que ça l'était ! Il s'agissait de mon frère, j'étais à quelques pas de lui lorsque le sort l'avait touché alors qu'il essayait de protéger Margaret, cette jeune fille de Gryffondor avec laquelle j'avais pu sympathiser et qui était tombée à son tour quelques minutes plus tard, face à un autre mangemort. Je l'avais rattrapé de justesse avant qu'il n'heurte le sol et j'étais tombée avec lui. J'avais hurlé son nom, espérant qu'il me répondrait. Je l'avais supplié d'ouvrir les yeux, de ne pas m'abandonner pendant que Liam s'occupait de neutraliser son meurtrier, vite rejoint par le professeur McGonagall.

- N'essayez même pas !

Je rouvris les yeux et plantai mon regard dans le sien. Ses paroles, le fait qu'il continue sur sa lancée, qu'il se moque de ce que je pouvais ressentir de la mort de Cillian, me rendaient malade. Il n'avait pas le droit de se moquer de moi. La rage était montée petit à petit, et je l'exprimais clairement par mon regard. En réalité, il aurait pu faire ce qu'il voulait, plonger à nouveau dans mes pensées, j'aurais été bien incapable de l'en empêcher, pour la simple et bonne raison que je ne savais pas comment repousser un sort comme la legilimancie.

Mais, l'espace d'une seconde, il reprit la parole avec un ton beaucoup plus doux que ce à quoi il m'avait habituée, et cela eut pour effet de me déstabiliser. Était-ce une nouvelle manœuvre de sa part pour me troubler plus que je ne l'étais déjà ? Après tout, il y prenait un malin plaisir depuis quelques minutes, ça n'aurait pas été étonnant.

La suite me laissa sans voix alors qu'il revenait sur le sujet de Dominic. Sans le quitter du regard, je fronçai les sourcils, ne comprenant pas où il voulait en venir. Bon sang, qui était ce Dominic ? Et qui était cet homme pour prétendre avoir été dans le souvenir auquel il faisait référence, ce souvenir fugace qu'il avait pu entrevoir ? Dans ce souvenir, Nathanaël n'était pas seul, effectivement. Il se trouvait avec un autre garçon que nous connaissions simplement sous le nom de Nick. Il insistait tellement pour qu'on l'appelle comme ça que nous en avions presque fini par oublier son vrai prénom.

Mon regard se teinta d'une lueur de compréhension alors qu'il se remettait à parler. Non, attendez, ce n'était pas possible, je devais faire erreur. Ils n'étaient pas que deux dans mon souvenir, n'est-ce pas ? Il devait y avoir un autre garçon avec Nick et Nathanaël. Un garçon dont je ne me souvenais pas, mais qui se rappelait de la scène parce qu'il y était ce jour-là. Ca ne pouvait pas être...

La révélation me fit l'effet d'un choc. Je le regardai quelques secondes, incapable de dire quoique ce soit, mon regard toujours fixé dans le sien. C'était donc pour ça qu'il me disait quelque chose. Comment avais-je pu ne pas le reconnaître plus tôt ? Il avait tellement changé, mais il avait toujours les mêmes yeux, le même regard, si intense, même si, maintenant, il était chargé de mépris et de cruauté. Il avait toujours ce même sourire, celui qui m'avait fait tomber sous le charme à l'époque même s'il ne s'était jamais adressé à moi.

Mais non, ce n'était pas possible, ce n'était pas lui. Je devais me tromper. Je me trompais forcément, c'était obligé. Je ne reconnaissais ses yeux et son sourire que parce que mon esprit était influencé par ses paroles, mais ce n'étaient pas véritablement les mêmes. Si je prenais un peu de recul, je me rendrais compte qu'ils étaient totalement différents.

- Vous mentez... Nathanaël était arrogant, peu social, un peu méprisant par moment mais il n'était pas méchant. Il ne se serait jamais infiltré dans les pensées de quelqu'un d'autre. Margaret n'aurait pas pu s'intéresser à quelqu'un de foncièrement mauvais.

Margaret était une jeune gryffondor, et elle s'entendait bien avec Liam. Et comme mon jumeau et moi étions inséparables en dehors des cours, j'avais inévitablement sympathisé avec elle. Liam et moi avions refusé de le croire quand on nous avait dit qu'elle était tombée elle aussi. On nous avait déjà enlevé notre frère, pouvait-on aussi nous enlever une de nos amies ?

- Vous êtes en train de vous moquer de moi, parce que vous avez vu Nathanaël dans mes souvenirs. Vous essayez de me déstabiliser en utilisant mes souvenirs contre moi. Et vous y avez presque réussi en me rappelant la mort de mon frère. Mais ça ne prend pas. Qui êtes vous réellement ?


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Nathanaël ne put contenir un léger rire lorsqu'elle le mit en garde alors qu'il effleurait sa joue. A quoi pensait-elle ? A une nouvelle tentative de lecture sur ses souvenirs ? Si c'était le cas, elle s'y connaissait bien mal et ne retenait pas les leçons qu'il lui avait inculquée jusqu'ici. Si vraiment il avait voulu le faire, il ne lui aurait pas laissé l'occasion de le lui faire savoir.

Mais, actuellement, se replonger dans les pensées de la rouquine qui lui faisait face était bien la dernière chose qu'il souhaitait. Précédemment il s'était laissé légèrement emporté. Il devait l'avouer. Sa méfiance l'avait poussé à utiliser un don... ou plutôt une malédiction qu'il exécrait plus que tout. Un élément que son oncle lui avait enseigné au prix de nombreuses souffrances tout en s'épargnant, bien sûr, l'effort de lui apprendre à lui-même se protéger de ce pouvoir. Cela aurait été ennuyeux. Comme Jérémiah aurait-il pu avoir le moindre contrôle sur lui s'il avait été capable de se protéger de la légimencie de son oncle ? Comment ce dernier pourrait-il d'ailleurs avoir le moindre pouvoir s'il avait eu l'occasion de le faire depuis lors ? Non ... Bien sûr, cela faisait un certain temps que l'homme n'était plus entré dans les pensées de Nathanaël. La dernière fois qu'il s'y était laissé aller, il avait trouvé le tout bien trop tortueux. Un vrai capharnaüm ! De plus, Morgenstern senior avait, depuis, trouver bien des moyens pour l'atteindre. Que ce soit en tentant de manipuler le dernier frère qui lui restait ou bien en envoyant ce dernier en éclaireur ... Rien ne lui était épargné et c'était d'ailleurs ainsi qu'il était parvenu à ses fins en prétendant vouloir envoyer son cadet à Skye. Au final, ce n'était bien sûr qu'une ruse que l'homme avait utilisée, pour la énième fois, pour obtenir ce qu'il souhaitait de Nathanaël. Celui-ci avait beau le savoir, il ne pouvait décemment pas laisser Théodore travailler dans la nouvelle prison pour sorciers. Les impacts que cela pourrait avoir sur son frère seraient intolérables. Malgré ses airs bravaches, le jumeau de William était un garçon sensible qui avait déjà beaucoup souffert de l'accident dont Nathanaël se considérait responsable et qui avait couté la vie à son double. Les regrets et remords qu'entraineraient son existence à Skye seraient dévastateurs sur son esprit. Aussi s'était-il porté comme remplaçant pour le protéger... laissant le piège se refermer sur lui comme toujours. Car quoi de mieux pour son oncle que de voir le monstre qu'il avait façonné mettre en application son don de legimencie sur l'île.

Peu à peu il vit également les traits de son interlocutrice changer. Elle comprenait petit à petit. Les pièces du puzzle s'étaient assemblées dans sa tête et elle découvrait ou aurait du se douter de qui il était.

L'ayant confirmé dans cette révélation, il ne s'attendait toutefois pas à la voir si peu encline à accepter l'identité qui était la sienne. La description qu'elle fit de celui qu'il était lorsqu'ils étaient à Poudlard le ramena d'ailleurs plusieurs années en arrière.
Tout du moins jusqu'à ce que le sujet Margaret soit abordé, ravivant la colère qui couvait toujours au fond de lui.

Margaret était décédé voilà plus d'une dizaine d'années. Insistante, téméraire mais également entêtée, Nathanaël n'avait jamais voulu de la jeune femme à ses côtés mais il avait fini par ployer. Difficile de faire autrement. Lors de la grande guerre, il aurait du se trouver à ses côtés, être là pour elle et la défendre. Au lieu de quoi, il avait été retenu. Lorsqu'il avait aperçu la jeune femme, elle était au prise avec un mangemort, Cillian O'Brien en guise de coéquipier. Ce crétin avait été incapable de la couvrir et était d'ailleurs tombé tout comme celle qu'il avait si longtemps tenu à l'écart. Lorsqu'il s'était précipité à ses côtés, une gamine chouineuse de leur classe aussi rousse que de l'était celle qu'il tenait dans ses bras pleurait sur le corps de l'imbécile. Maintenant qu'il y repensait ... Abigail. Cela ne pouvait qu'être elle.

Nathanaël,de son côté, avait brièvement secoué le corps de son amie, murmurant son nom, lui intimant de revenir, de rester à ses côtés mais elle était déjà partie. Le Serdaigle d'alors n'avait pu laisser libre cours à son chagrin. Sa fratrie se trouvait quelque part parmi les combattants à n'en pas douter. Il ne pouvait laisser aucun d'entre eux tomber également. Aussi avait-il abandonné à regret le corps de Margaret et s'était-il élancé sans un regard en arrière vers le parc à la recherche de William, Théodore, Rosemary et Helena.

- Je n'ai rien à vous prouver., fit-il la voix couvant la colère qu'il ressentait, Et je vous interdis de parler de Margaret, ai-je été clair ?

S'approchant d'elle, son attitude se fit menaçante.

- Je vous interdis de salir sa mémoire.

Le ton était cassant, brusque et sans appel.
S'abaissant à son niveau, un rictus suffisant et montrant tout le plaisir qu'il éprouvait à s'amuser à ses dépends, apparut sur ses lèvres.

- Ainsi donc ce n'était pas Dom dont il avait le surnom de Nick en horreur qui était votre amourette à Poudlard mais ... moi ?

Un léger rire s'échappa d'entre ces lèvres. Celui-ci n'évoquait pas la chaleur ou même l'amusement mais plutôt la froideur et le mépris de son possesseur en cet instant.

- Les choses changent, Miss O'Brien, mais pas l'identité des gens. Je suis Nathanaël Morgenstern que ça vous plaise ou non. Je n'ai absolument rien à vous prouver.

Se reculant, il la jaugea froidement l'analysant de haut en bas la mine désapprobatrice et hautaine.

- Ce don fait partie de moi depuis fort longtemps. Peut-être l'ai-je même déjà utilisé sur Dom ou bien vous-même lorsque nous avons été amené à nous croiser par le passé au sein de la salle commune. Peut-être en ai-je d'ailleurs profité lorsque vous m'aviez déjà à l'époque percutée près du lac alors que vous étiez bien trop préoccupée par votre livre ... Qu'était-ce déjà ? ... Ah oui, Jane Eyre ! , lui lança-t-il avec provocation avant de s'amuser en poursuivant, N'aviez-vous d'ailleurs pas fini dans l'eau en protégeant votre bouquin loin de vous pour le protéger ? Je n'étais pas bien différent à l'époque si vous prenez la peine de vous en souvenir... sauf si vous voulez un coup de main de ma part.

Un bref et léger sourire carnassier s'afficha sur ses lèvres à sa dernière évocation.
Se détournant d'elle, le jeune homme s'éloignait comme pour prendre congé lorsqu'il s'arrêta pour se tourner à nouveau vers elle de trois quart.

A votre place, j'oublierais le Serdaigle que vous avez idéalisé.Si ne serait-ce qu'un quart de ce que vous avez magnifié à propos de moi a jamais existé, oubliez. Vous vous êtes non seulement fourvoyée mais le peu qu'il y avait est mort depuis longtemps. , lui lança-t-il la mine sombre et calme.


Nathanaël Lysander Yaxley
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- J’aimais Margaret, comment pourrais-je salir sa mémoire ? Elle était mon amie, je l’appréciais pour toutes ses qualités. Je parlerai d’elle si je veux, vous ne pourrez pas m’en empêcher. Vous n’avez pas le droit de m’en empêcher.

C’était plus fort que moi, pour le coup. Je ne pouvais pas ne pas me révolter contre cet homme qui entendait pouvoir me dicter ce dont j’avais le droit de parler ou non. Pensait-il avoir le monopole de Margaret et de son souvenir ? Non, bien sûr que non, et pour une bonne raison.

- Mon frère s’est jeté en travers du sort qui lui était destiné pour la protéger. Il s’est sacrifié en espérant lui sauver la vie !

Ma voix flancha légèrement. La perte de Cillian m’avait été insupportable. Pendant les deux mois de l’été, j’étais restée enfermée dans ma chambre, complètement cloîtrée, refusant de voir qui que ce soit. Liam était le seul autorisé à entrer. Il était le seul également à pouvoir me convaincre de manger. Et quand j’étais retournée à Poudlard, je n’avais été que l’ombre de moi-même durant les premiers mois. Aujourd’hui encore, je n’étais plus cette jeune fille marrante et insouciante que j’avais été avant. La mort de Cillian avait brisé quelque chose ce jour-là. Mais si cette perte avait été la plus dure à surmonter, j’avais également été touchée par la morte de Margaret et des autres personnes que nous connaissions.

- On a su, à la fin, que ça n’avait servi à rien, que Margaret n’avait pas survécu.

Les larmes recommençaient à inonder mes yeux et je m’efforçai de les chasser, les essuyant avant qu’elles ne coulent.

- J’aimais Margaret, alors vous pouvez m’ordonner de ne pas parler d’elle si vous voulez, mais vous ne m’en empêcherez pas. Pas plus que vous ne m’empêcherez d’honorer sa mémoire comme je le fais tous les ans depuis ce jour.


C’était notre rituel, à Liam et moi. Chaque année, on se retrouvait le jour anniversaire de leur mort à tous, et on rendait hommage à Cillian, Margaret et les autres à notre façon.

Le rouge me monta aux joues, directement, tandis qu’il mettait des mots sur ce qu’il avait véritablement vu dans mes souvenirs et qu’il se moquait ouvertement. Oui, c’était lui, si tant est qu’il était vraiment Nathanaël Morgenstern. Il l’affirmait, mais j’en doutais, c’était plus fort de moi. Cependant, il ne fut pas bien long à apporter la preuve qu’il me fallait pour le croire une bonne fois pour toute. Cette histoire de plongeon dans le lac, il n’avait pas pu l’inventer, pas plus que le titre du livre en question, et Nathanaël avait été le seul à en avoir jamais entendu parler, pour la simple et bonne raison qu’il avait participé à la scène.

Je relevai les yeux sur lui et le détaillai du regard.

- Alors c’est vraiment vous… Pourquoi dites-vous cela ? Vous savez pertinemment que ce n’est pas vrai. Avoir quelqu’un d’autre dans sa tête et suffisamment perturbant pour qu’on ne l’oublie pas. Vous n’avez jamais utilisé ce pouvoir sur moi. Et je doute que vous l’ayez fait sur Dominic également. Et au passage, il aimait le surnom de Nick, c’était même lui qui nous avait demandé de l’appeler comme ça.

Je continuai à le fixer, mes yeux dans les siens, comme si je cherchais à voir son âme alors qu’il s’était éloigné de quelques pas, faisant mine de partir.

- Margaret me parlait beaucoup de vous. Elle vous appréciait énormément. Elle arrivait à voir au-delà des apparences. Elle parvenait à vous trouver des qualités que vous ne montriez pas. Je n’ai jamais compris pourquoi vous étiez aussi hautain, aussi farouche. Elle disait que vous le faisiez exprès, pour qu’on ne s’attache pas à vous. Mais qu’il fallait s’accrocher. C’était ce qu’elle faisait. Elle s’accrochait. Et pourtant, combien de fois elle est venue pleurer sur mon épaule ? Elle n’a jamais baissé les bras pourtant.

Cette fois, ce fut moi qui m’avançai vers lui, mais contrairement à lui, je n’avais pas une attitude menaçante. J’avais même plutôt une attitude ouverte. Margaret était mon amie, Liam aimait à dire que nous nous ressemblions, elle et moi, et pas uniquement parce qu’elle était rousse aux yeux verts elle aussi. Pour autant, l’attitude de Nathanaël à l’école ne m’avait pas incitée à aller vers lui. Margaret, elle, était passée outre.

- Je suis sûre que vous mentez, et vous le savez. Ce que Margaret a vu en vous, ça n’a pas disparu, ça ne peut jamais disparaitre vraiment. Ca reste là, enfoui en nous, au point qu’on l’oublie parfois, mais c’est toujours là. Vous savez que j’ai raison.


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L'entendre parler de Margaret eut le don de raviver la colère qui couvait sous la surface. Mais il ne pouvait se permettre de faire une telle erreur et de laisser celle-ci prendre le dessus. Pas dans son intégralité tout du moins.

Margaret avait toujours été vive et bien trop gentille comme le prouvait d'ailleurs cette volonté à ne pas le penser si mauvais qu'il l'était en réalité. Elle s'était trouvé à ses côtés peu importe ses actions ou ses réactions. L'entendre de la bouche même de cette femme qu'il considérait comme une étrangère, pire la voir lui rappeler combien Margaret avait pu souffrir et pleurer à cause de ses actions l'agaçaient prodigieusement et l'affectaient plus qu'il ne souhaitait bien se l'avouer. Toutefois ses traits ne notifièrent rien de cet impact.

- Suffit..., murmura-t-il d'un ton dur à la jeune femme en la foudroyant du regard.

Mais Abigaïl n'était visiblement pas décidée à se taire, que du contraire !
Elle mentionna la petite fête en la mémoire de son amie le jour de leur décès. Mais il connaissait leur rituel pour les avoir aperçu de loin la première fois qu'il l'avait fait. Il s'était déjà bien éloigné lorsqu'il les avait vu arrivé. Depuis, Nathanaël ne se rendait sur la tombe de Margaret que lors de son anniversaire pour y déposer un petit bouquet de fleurs de montagne rosées, celles qu'elle appréciait tant. Il se faisait toujours discret, rabattant la capuche de son long manteau sur ses traits et évitant ainsi que quiconque le reconnaisse.

La cible de son interlocutrice semblait toutefois avoir changé. Elle s'était porté sur sa relation avec Margaret et sur lui. Pathétique et désagréable voilà les seuls mots qui lui venaient à l'esprit. Son amie avait été stupide de croire qu'il était bon et meilleur qu'il ne le montrait. Et celle qui lui faisait face semblait vouloir y croire également. C'était risible vraiment. Il n'avait rien d'un homme gentil et agréable. Et il ne voulait plus se montrer délicat pour les heurter afin de les protéger. Il avait commis l'erreur une fois avec Margaret qui lui avait inspiré des sentiments ambigus ... celle qui lui faisait face ne lui inspirait rien que de l'ennui et de l'agacement. Son lien de parenté avec Cillian ne faisait que l'aider à se montrer dur et désagréable à son égard.

Aussi sauta-t-il sur l'occasion lorsqu'elle sembla avoir terminé la tirade qui l'avait poussée à se rapprocher de lui.

- Ca suffit ! , tonna-t-il, Je vous interdis de parler de Margaret devant moi. Son simple souvenir m'est insupportable.

Se rappelant des paroles qu'elle avait précédemment prononcées et ne voyant d'autres méthodes pour la détourner de poursuivre sur cette voie, Nathanaël appliqua la seule manière qu'il connaissait.

- Margaret était une imbécile. Une gamine futile qui pensait pouvoir changer un garçon tel que moi en charmant toutou à ses basques. Cette idiote a terni ma réputation durant des années, je refuse de la voir, de sa tombe, ombragé encore ma vie. Elle est morte et qu'elle y reste ! , s'exclama-t-il en s'approchant d'Abigail comme pour les cracher ses mots au visage, Je vous interdis donc d'en parler devant moi. Le cas échéant croyez-moi bien je ferai en sorte de vous faire amèrement regretter la chose.

Se reculant d'un pas, le jeune homme réajusta sa tenue.

- Votre amie voyait en moi un Edward Rochester ou un Fitzwilliam Darcy. Grossière erreur, je n'ai rien d'aucun d'entre eux et j'aurais plutôt tendance à être un Georges Wickham...

Son haussement de voix avait eu tendance à rameuter la libraire du lieu qui vint se placer face à lui la mine désapprobatrice.

- Monsieur Morgenstern, vous êtes dans une librairie !  Pas sur la place publique. Si vous n'êtes ici que pour effrayer mes autres clients, je vous demanderai de sortir et de revenir plus tard lors d'une moindre affluence !

Hochant la tête face à la remarque de la libraire, Nathanaël garda ses yeux rivés à ceux de la rousse.  

- Je comprends. Je repasserai plus tard si le temps me le permet. , fit-il d'un ton loin d'être repentant pour apaiser la libraire qui s'en retournait déjà vers son comptoir persuadée qu'il la suivrait.

Se détournant d'Abigail, il allait lui emboiter le pas lorsqu'il s'arrêta pour jeter un coup d'oeil en arrière, un rictus aux lèvres.

- Me suis-je bien fait comprendre cette fois, miss O'Brien ? , lui murmura-t-il avec froideur avant d'ajouter quelques instants après, J'ose espérer pour vous que oui. Sur ce, adieu!

Avec un dernier regard, Nathanaël se détourna de la jeune femme et quitta les yeux.

[ RP terminé pour Nath' sauf si tu te sens dans l'envie de le rattraper à l'extérieur de la librairie ]


Nathanaël Lysander Yaxley
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Je n'avais même pas entendu sa première intervention, partie que j'étais à parler. Et tandis que je parlais, je voyais le visage de Margaret devant mes yeux. Elle ne m'avait pas été aussi chère que Cillian, sa mort ne m'avait pas autant détruite, mais il s'agissait tout de même de Margaret. Et je ne l'avais pas oubliée. Et je continuais à parler, parce que je n'arrivais plus à m'arrêter. Autant j'avais du mal à parler de Cillian, autant ce n'était pas le cas pour Margaret.

Mais sa deuxième intervention, en revanche, je l'entendis très bien. Parce que j'avais fini de parler, parce que j'étais assez proche de lui pour entendre ne serait-ce qu'un soupir de sa part et parce que, durant quelques secondes, je crus que je l'avais touché quand bien même il hurlait presque.

Et puis il se mit à parler de Margaret lui aussi, d'une manière qui me surprit au plus haut point. Il m'avait bien accusée de salir la mémoire de la jeune fille, non ? Pourquoi s'en serait-il préoccupée s'il pensait vraiment cela d'elle ? Et pourquoi penser à elle lui était-il tellement insupportable ? Tout ceci était plutôt contradictoire et je ne comprenais pas.

- Ce n'est pas vraiment ce que vous pensiez d'elle. Vous mentez...


Je ne sais pas ce qui me poussais à être aussi sûre de cet état de fait et à le déclarer. Mais je le ressentais au fond de moi. Pour autant, je n'étais pas sûre que ce soit une bonne idée de dire ça à ce moment précis et vu son air menaçant. Mais il ne semblait pas avoir entendu, fort heureusement pour moi. Ou du moins, il continuait sur sa lancée.

Sa référence à la littérature en revanche, me fit légèrement froncer les sourcils. Comment connaissait-il ces références à la littérature moldue ? Je veux dire, quand j'en parlais à Poudlard, tout le monde me regardait comme si j'étais une extraterrestre venue d'une autre planète. Personne n'avait jamais entendu parler de Darcy, de Rochester et encore moins de Wickham. Il n'y avait que Margaret pour m'écouter en parler sans jamais montrer la moindre lassitude. Alors ces noms, dans la bouche de Nathanaël, c'était bizarre.

Ce fut le moment que choisit la libraire pour intervenir. Je tournai les yeux vers la femme et levai une main pour la rassurer.

- Non, ne vous en faites pas, tout va bien.

Bon, ok, pas vraiment. Cet homme que j'avais en face de moi m'inquiétait. Oui, soyons clair, il me faisait un peu peur avec son côté dangereux. Et en même temps, il m'intriguait. Enfin, c'était le cas depuis que je savais que c'était Nathanaël. Parce qu'avant, disons le clairement, il me foutait les jetons, point barre.

Aussi fus-je, tout de même, soulagée lorsqu'il annonça qu'il allait prendre congé. Et sans même m'en rendre compte, je pris une profonde inspiration, comme si j'étais restée en apnée tout ce temps. Ce qui, entre nous, avait peut-être été le cas. Quoique non, j'aurais battu le record mondial, ça aurait été vraiment surprenant, même venant de la part d'une sorcière.

J'esquissai un mouvement pour reprendre les livres que j'avais choisis lorsqu'il se tourna à nouveau vers moi, histoire de bien mettre les points sur les "i". Histoire de me montrer qu'il pouvait être vraiment flippant s'il le voulait.

- Qu'est-ce que ça peut te faire que j'ai compris ou non ? On se reverra jamais
, murmurai-je pour moi-même quand Nathanaël fut hors de portée.

Je le suivis néanmoins du regard alors qu'il quittait le magasin, priant pour ne jamais recroiser son chemin. Vous savez, quelque part, ça faisait toujours un peu mal quand on se rendait compte que celui qu'on avait adulé durant notre jeunesse se révélait être quelqu'un de profondément différent quand on le recroisait à l'âge adulte. Il y avait une sorte de déception je crois.

En attendant, je n'avais pas l'intention de laisser cette rencontre gâcher mes vacances. Je m'emparai de la pile de livres et allai payer d'un air distrait. Sans me rendre compte que ce n'étaient pas les livres que j'avais choisis...


[RP terminé]


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Escapade en Ecosse [Nathanaël/Abigail]

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