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 How I Met Your F.R.I.E.N.D.S

Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Samedi 11 Juillet 2009 - New-York, États-Unis.

Les rues de New-York étaient comme d'habitude bondées mais Isobel ne s'en formalisait pas tandis qu'elle remontait la Cinquième Avenue en direction du building où elle avait rendez-vous en ce début de soirée. Cela faisait bien un an qu'elle n'était pas revenue sur sa terre natale et elle avait oublié à quel point être ici pouvait lui manquer. D'habitude, lorsqu'elle faisait le voyage jusqu'aux États-Unis c'était pour quelques semaines, pendant l'été, afin d'en profiter au mieux, surtout au vu du prix du Portoloin. Elle rendait visite aux gens avec qui elle avait gardé contact, faisait un tour du pays avant de rentrer à Londres. Cette fois-ci, elle n'était là que pour quelques jours, un week-end du vendredi au lundi qu'elle avait posé au Ministère à la dernière minute. Ses véritables vacances n'avaient pas encore commencé, il lui restait beaucoup de travail avant mais elle avait soudainement eu besoin d'air. Elle étouffait en Angleterre en ce moment, se sentait enfermée par tous ses problèmes et avait décidé de tout plaquer, au moins pour le temps d'un week-end. Ses supérieurs avaient un peu râlé devant le fait accompli mais elle avait de toute manière tant d'heures supplémentaires en stock qu'elle pouvait bien les poser un peu.

Elle était arrivée la veille et n'avait déjà plus envie de repartir. Elle avait toujours adoré New-York et pourtant, elle n'était pas d'ici. Elle y avait vécu quelques mois lors de son stage de fin d'études mais avait fini par partir pour l'Europe. C'était son ancienne colocataire de fac Jessica qui l'hébergeait du coté de Tribeca, de l'autre côté de la ville, et c'était d'ailleurs avec ses anciens copains de Salem qu'elle avait rendez-vous ce soir. Si elle avait beaucoup vadrouillé en quittant la Louisiane, elle avait fini par se poser le temps de passer son diplôme et c'était là-bas qu'elle avait rencontré la plupart de ses amis. Trois ans à fréquenter les mêmes amphithéâtres de l'Université de Salem, en licence de Communication et Sciences de l'Information, à réviser toute la nuit pour les partiels, à travailler en groupe sur leurs exposés, sans oublier des passages quand même plus marrants comme les fêtes étudiantes ou le Spring Break, tout de suite moins studieux.

Isobel accéléra le pas, poussa la porte du gratte-ciel qui accueillait au dernier étage le 230 Fifth, le bar qu'ils avaient choisi. Il était connu de beaucoup pour une seule chose mais qui valait le coup d’œil : sa vue panoramique magnifique sur l'Empire State Building et le reste de la ville. Lorsque les portes de l’ascenseur s'ouvrirent, son regard fut immédiatement attiré par une chevelure rousse familière. Sans pouvoir réprimer son sourire, Isy s'empressa d'aller la rejoindre. Madison était déjà assise en terrasse, les yeux sur son téléphone moldu qui vibrait régulièrement. Elle releva la tête en entendant le bruit des talons d'Isy sur le parquet et lui rendit le même sourire.

- Mais regardez qui voilà ! De retour à la civilisation ?
- N'exagérons rien, il y a des villes en Angleterre !
- Dans l'Utah aussi et pourtant, c'est pas ce que j’appellerai la civilisation !

Isobel eut un rire et serra son amie dans ses bras avant de s'asseoir en face d'elle, véritablement détendue pour la première fois depuis des semaines.

- Il faut absolument que je te raconte, commençait déjà Madison comme si elles s'étaient quittées la veille et pas un an auparavant, tu sais que j'ai signé chez Wiz Music y'a quelques mois ? Et bien tu ne devinera jamais qui j'ai...
- On connaît tous cette histoire, je crois, coupa une voix forte.

Encore vêtu de son costume de travail, Jack s'était approché d'elles, tout sourire. Madison prit une mine offensée tandis qu'il s'asseyait, posant sa main sur l'épaule d'Isobel au passage.

- Ça fait longtemps, comment tu vas ?
- Cette histoire est très bien, se défendit Madison en reprenant son portable. Puis Isy ne la connaît pas, comme elle passe l'année sur son île...
- Arrête avec mon île ! répliqua Isobel en riant. Elle est très bien !

Si ses amis anglais savaient qu'elle défendait le Royaume-Uni à l'international... Mais il y avait des secrets qui étaient faits pour le rester. Elle avait soigneusement évité de répondre à la question sur comment elle allait, peu désireuse de s'attarder sur ses soucis - elle était revenue ici pour les oublier - et étant de toute manière de trop bonne humeur pour gâcher sa soirée avec des idées sombres. Il faisait encore beau même si le soleil déclinait peu à peu, elle était rentrée à la maison pour quelques jours, revoyait des gens qui lui avaient manqué : tout allait bien. Elle avait passé la journée à arpenter New-York, ses boutiques, ses rues, son ancien quartier et venait de passer les dernières heures au Guggenheim Museum, un peu plus haut sur la Cinquième, bien qu'elle le connaisse déjà très bien. La conversation s'envola vite, surtout entre Madison et Jack qui passaient leur temps à s'envoyer des petites piques alors que le monde entier savait qu'ils s'adoraient. Isy restait plus en retrait, appuyée dans son fauteuil, savourant son cocktail et la vue sur la ville lorsqu'une tornade brune se dirigea vers leur table, les bras chargées de paquet.

- Désolééee, je suis en retard, impossible de trouver un taxi, c'était dingue ! Bonjoour tout le monde !

Jessica venait d'arriver et son premier réflexe fut de faire signe au serveur avant de se laisser tomber sur une chaise à côté d'Isobel.

- Ma patronne est tyrannique, j'ai envie de la basculer dans l'Hudson, c'est dingue ! Il manque quelqu'un non ? ajouta-t-elle sans ralentir son débit, ses yeux se promenant autour de la table.
- Il va arriver, répondit tranquillement Isobel en prenant une gorgée de sa boisson.
- Non, il est là même, corrigea Jack en levant la main pour faire suivre au dernier membre de leur petite bande. Tant mieux : on va enfin pouvoir commencer cette soirée dans les règles de l'art !


Isobel Lavespère
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Logan Vargas, homme d'affaires, 32 ans

Captant son reflet dans le miroir de l'ascenseur, Logan réajusta sa cravate d'un geste rapide, glissa son téléphone dans la poche de son costume et s'adressa un petit sourire satisfait. Comme toujours, il s'était arrangé pour arriver en dernier, avec juste assez de retard pour qu'on se demande où il était et que son entrée ne passe pas inaperçue. Logan avait toujours aimé l'attention, et en particulier celle du "gang", ces quatre personnes qu'il avait toujours aimé et admiré. Tant que le gang pouvait se réunir, sur un coup de portoloin, et boire un Manhattan en plaisantant comme au bon vieux temps, alors c'était que tout allait bien dans ce monde.

Homme d'affaires dans la force de l'âge et au sommet de sa carrière, Logan gravissait les échelons à une vitesse assez ahurissante depuis sa sortie des études. Après une licence obtenue à l'université de Salem avec le gang, il avait acquis un master de la prestigieuse Ecole de Commerce Magique de New York dans le domaine des nouvelles technomagies, et depuis le succès n'avait cessé de lui sourire. Professionnellement s'entend, car la réussite avait un prix, celui de sa vie sociale : heureusement, il y avait toujours Jack, Madison et Jessica pour penser à le sortir de ses dossiers de temps en temps...

Sans oublier Isobel. Pouvait-on réellement oublier quelqu'un comme Isobel ? Logan avait toujours pensé que non, c'était le genre de sorcière à rentrer discrètement dans une vie, à la chambouler avec la même candeur, avant de s'effacer pour partir sur un autre continent. Alors même s'ils la voyaient de moins en moins, Logan continuait de penser régulièrement à leur amie et c'était avec un entrain renouvelé qu'il se rendait à leurs petites soirées lorsque sa présence était annoncée. Mais ce soir ? Hé bien ce soir, Logan ne s'y attendait pas, sans doute que Jess avait oublié de le prévenir, toute tête-en-l'air qu'elle était - ou bien peut-être avait-elle envie de voir sa tête face à la surprise qui l'attendait.

Et sa tête ? Hé bien elle fut impayable, comme bien souvent. Blondin au visage élastique, Logan avait des traits particulièrement expressifs, ce qui lui posait parfois préjudice au travail, car il avait parfois bien du mal à cacher son profond ennui en réunion ou son désarroi face à l'imbécilité de ses interlocuteurs... Mais ce n'était pas de sa faute s'il était plus intelligent que le reste du monde, après tout !*

"Par la grâce toute puissante du Yéti des Neiges, je rêve ou la grande Isobel Lavespère nous honorerait-elle de sa majestueuse présence ?!", s'exclama-t-il en arrivant à hauteur du petit groupe. Planté devant eux, ignorant royalement ses amis, il examina Isobel sous toutes les coutures pendant une bonne minute, puis lâcha son verdict, avec son amabilité habituelle :

"Tu as l'air fatiguée, il n'y a pas assez de soleil en Angleterre pour une fille du sud comme toi !"

Sans plus de cérémonie, Logan s'installa sur le fauteuil restant et attrapa une petite serveuse qui passait pour lui commander le dernier cocktail à la mode. Reportant son attention sur le petit groupe, il interrompit ensuite la conversation - peu intéressante à son goût, c'était encore des chamailleries entre Mad et Jack - pour cuisiner un peu la reine de la soirée.

"Alors, Isy, dis-nous tout, comme se porte la reine d'Angleterre ? Ca y est, tu en as marre de Marchebank, on te manque trop, tu reviens pour de bon ?"

Il ponctua sa question d'un sourire tentateur, et sa question semblait posée sur le ton de la plaisanterie, mais ses amis le connaissaient trop bien pour ne pas y discerner une petite pointe d'espoir.

Logan n'était pas exactement le roi des relations sociales. Charismatique, charmeur, il semblait plutôt sympathique au premier abord et avait une foule de connaissances plus ou moins lointaines et un carnet d'adresse bien rempli. Ils pouvaient d'ailleurs difficilement sortir avec lui quelque part sans qu'il rencontre quelqu'un qu'il connaissait de près ou de loin, ce qui pouvait d'ailleurs s'avérer pénible pour eux... Mais ses véritables amis se comptaient sur le doigt de la main. Il avait donc un peu tendance à se montrer un peu possessif vis-à-vis d'eux, ce qui ne collait guère avec la personnalité indépendante d'une femme telle qu'Isobel. Depuis le temps, Logan s'était fait une raison : ce n'était pas parce qu'elle ne donnait pas de nouvelles, passait peu ou montrait peu de signes d'affections qu'elle ne les aimait pas, c'était tout simplement sa façon d'être, fort différente de la sienne... Pour autant, il n'aurait pas été mécontent de la voir regagner l'endroit qui comptait, l'Amérique, et surtout le centre du monde : Manhattan !

Ainsi, le gang serait réuni de nouveau, comme avant, lorsqu'ils n'étaient qu'une bande d'étudiants écervelés et rêveurs, persuadés de conquérir le monde. Le monde, Logan avait déjà l'impression de l'avoir conquis, ou d'être en bonne voie de le faire, mais quelque chose lui manquait toujours, quelque chose que la présence d'Isobel, mystérieuse, exotique, différente, comme toujours, semblait raviver en lui. Quelque chose qui le mettait profondément mal à l'aise, peu habitué à l'introspection, et qu'il préféra étouffer dans une longue gorgée de son cocktail, avant de verser un généreux billet à la serveuse.

Spoiler:
 
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Il y avait ces gens qu'on pouvait déchiffrer comme des livres ouverts tant ils étaient transparents et puis il y avait Logan, qui rajoutait à cela un certain talent à la pure expressivité. Sa mine choquée attira les rires de toute leur petite tablée, y compris d'Isobel qui soutint son regard avec un grand sourire, poussant même l'insolence jusqu'à lever son verre dans sa direction, en un salut silencieux. Peut-être qu'elle ne rentrait pas assez effectivement, c'est ce qui commençait à lui apparaître alors qu'elle était assise entre ses amis, qu'elle n'avait décidément pas vu depuis trop longtemps. Le verdict sévère de Logan après son inspection dans les règles de l'art lui tira un rire et elle haussa un sourcil sans réprimer son sourire.

- Mais bonjour à toi aussi ! Comment se porte ma caution douceur et tendresse préférée ?

Néanmoins, elle pouvait concéder à Logan qu'il n'avait pas tort. Il n'y avait effectivement pas assez de soleil en Angleterre, elle le répétait à qui voulait bien l'entendre ! La notion du beau temps chez les anglais, c'était lorsqu'il ne pleuvait pas, c'était pour dire ! Elle passait huit mois sur douze à mourir de froid et son manteau pour l'hiver était assez épais pour lui permettre d'affronter un hiver russe, au moins. Elle avait beau avoir quitté le Sud des États-Unis depuis plus de quinze ans, elle ne supportait toujours pas le froid, c'était presque un appel à y retourner. Et le deuxième point, c'était qu'elle était effectivement fatiguée mais au vu du train de vie qu'elle menait... Elle travaillait beaucoup, sur plusieurs dossiers majeurs, sortait beaucoup, dormait peu et aurait bien eu besoin de vraies vacances, de préférence sans le décalage horaire qu'elle sentait un peu sur ses épaules. Comme à son habitude, Logan prit la main sur la conversation, faisant taire au passage Madison et Jack qui se chamaillaient, sonnant le début de leurs habituels échanges qui pouvaient durer des heures, des plus grandes futilités à leurs idées pour refaire le monde.

- Elle se porte très bien, je crois... Tu voudras que je te rapporte une tasse à son effigie la prochaine fois ? s'enquit-elle avec une innocence toute feinte.

Les anglais et la monarchie... Encore une chose que son côté très américain était très prompt à critiquer. Entre ça, le porridge et l'heure où ils prenaient leur dîner. La suite de la question de Logan était posée sur le même ton mais ils se connaissaient suffisamment pour qu'elle - et tout le reste de leur petit groupe - y distinguent une vraie demande. Son sourire se fit un peu moins moqueur et elle tapota doucement l'avant-bras de Logan.

- Et laisser les Européens seuls ? Tu sais bien qu'ils ne pourraient pas se débrouiller...
- En fait, rectifia Jack, c'est les Européens, la France notamment, qui ont aidé les États-Unis à gagner leur indépendance. Ne l'oublions pas !
- Oublions-le, fit Madison avec un geste de la main. C'est vieux tout ça et ils portent encore des robes de vous-savez-quoi, c'est pour dire...
- Vraiment ? s'enquit Jessica.
- Et écrivent à la plume, confirma Isobel en prenant une olive dans le petit bol posé sur leur table. Mais on s'y fait ! Je n'y suis pas mal, ajouta-t-elle en haussant les épaules. Je ne rentre pas, précisa-t-elle avec un regard pour Logan. Pas pour le moment du moins, on verra peut-être dans quelques années mais... J'ai plein de dossiers intéressants. J'ai eu une très bonne promotion et je suis sur de gros projets, je ne trouverai pas mieux ici.

Elle ne pouvait pas vraiment s'étendre dans les détails avec ses amis - hors de question de parler du cercle officieux autour du Ministre ou de projets comme Skye, aussi proches soient-ils - mais il est vrai qu'elle avait en Angleterre une place qu'elle ne retrouverait jamais ailleurs et n'était pas prête à la quitter. C'était sûrement ça qu'il l'avait fait rester aussi lorsque Abel avait débarqué dans sa vie avec sa délicatesse habituelle.

- Que tu crois ! fit Madison en haussant les épaules. C'est New-York, ma belle, on trouve toujours tout ici. Et regarde Logan, lança-t-elle avec emphase et en lui passant un bras presque étouffant autour des épaules avant de passer sa main dans ses cheveux blonds, il a l'air d'un petit chaton triste. Je lui en pincerai presque les joues !

Isy eut un rire tandis que Jessica se penchait par dessus la table pour pincer effectivement doucement la joue de Logan dans une mimique moqueuse.

- Vous n'avez qu'à venir me voir si je vous manque tant, j'ai plein de monde à vous présenter ! Il y a plein de choses à faire là-bas, on se ferait un second Salem !


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Dernière édition par Métamorphomage le Dim 17 Jan 2016 - 12:13, édité 1 fois


Logan Vargas, homme d'affaires, 32 ans

"Je me porte doucement et tendrement, comme toujours", répondit Logan sur le même ton.

Comme souvent lorsque leur amie exilée était dans la partie, le petit groupe se prit au jeu de l'éternel débat : Etats-Unis vs. Royaume-Uni. Cette discussion n'attira qu'un petit air supérieur et dédaigneux chez Logan, qui ne fit que s'amplifier quand Isobel mentionna le mode de vie digne du XIXe siècle des anglais. Des plumes et des robes de sorcier... On n'était plus au Moyen-Âge, enfin ! Ici, à New York, sorciers et moldus vivaient de façon infiniment plus étriquée. Certes, le secret magique tenait encore, en dépit des voix de plus en plus nombreuses qui s'élevaient pour réclamer son abolition, feu les mardoliens, par exemple - mais loin de le voir comme une barrière intangible qui devait les éloigner de leurs voisins moldus, les sorciers vivaient bien souvent dans le même monde qu'eux, se contentant d'exercer leurs talents sorciers en privé. Nombre de jeunes sorciers américains aujourd'hui se destinaient à une carrière dans le monde moldu, et c'était une exigence qu'intégraient de plus en plus les universités magiques en proposant des bi-cursus. Logan lui-même avait fait ses armes dans une grande entreprise moldue afin d'en découvrir le fonctionnement avant de s'intéresser au lancement de start-up technomagiques.

Non, décidément, il ne comprenait pas les anglais qui semblaient vivre de façon parallèle, dans deux sociétés résolument hermétiques, ignorant tant sur ceux qui partageaient leur pays. Pourtant, Isobel semblait y trouver son compte puisque cela faisait maintenant un bon moment qu'elle vivait là-bas, et ne manifestait aucune volonté de rentrer. Des projets intéressants, hein ? Mais qu'est-ce que les britanniques pouvaient bien manigancer qui puisse rivaliser avec ce qui se faisait aux USA ?

"Félicitations pour ta promotion", glissa Logan en soulevant à son tour son verre en direction d'Isobel, un sourire fier au coin des lèvres. Bien sûr qu'elle devait tout déménager là-bas, songea-t-il avec une pointe de tendresse, ils ne devaient pas en avoir beaucoup, des sorcières comme elle !

Il perdit bien vite son sourire et adopta un air de chaton mouillé pour faire plaisir à Madison, avant de laisser échapper un "aouille" quand Jessica s'amusa à lui triturer les joues.

"Mais ça va oui", s'indigna-t-il en se redressant d'un air faussement courroucé, remettant de l'ordre dans ses cheveux tandis que Jack répondait à la proposition d'Isobel :

"Avec plaisir, on pourrait venir passer un week-end prolongé, j'ai des jours à poser..."

"Super idée", renchérit Jessica, "Je n'ai jamais vu Londres. Il parait que c'est une très belle ville !"

"Qui est-ce que tu vas nous présenter ?", roucoula Madison, les yeux brillants d'excitation. "Avec ton boulot, je suis sure que tu connais plein de monde intéressant... J'aimerais bien rencontrer le ministre... Et des aurors, tu connais des aurors ?"

Les yeux plissés, Logan examina chacun de ses amis l'un après l'autre puis explosa, avant que Madison ne commence à déblatérer sur les hommes sexy en uniforme. Il ne pouvait tolérer une telle chose.

"NON NON NON", s'exclama-t-il d'une voix forte, sans prêter garde aux regards qui se tournaient vers eux. Vrillant un regard sévère sur Isobel, il ajouta : "Tu crois vraiment que tu peux nous avoir si facilement ? Madame débarque et s'attend à ce qu'on lâche tout et qu'on traverse l'Atlantique, comme ça, du jour au lendemain, et tout ça pour quoi... Pour l'Angleterre ! L'Angleterre !"

"N'exagère pas, il suffit de prendre un portoloin international, et on connait ton salaire, Logan, tu peux te le permettre..."

Logan, qui venait de sortir son téléphone dernier cri de sa poche, le rangea bien vite et tira la langue en direction de Jack. Qu'est-ce qu'il pouvait l'agacer parfois, à être si raisonnable et si premier degré ! Logan s'avança un peu sur la table et posa son menton dans sa main, avant de glisser à Isy, espiègle :

"Moi, je dis qu'il faudra plus de détails que ça pour nous convaincre de venir... Allez Isy, fais-nous un peu saliver, qu'est-ce qu'il y a de si intéressant à faire à Londres, qui est-ce qu'il faut absolument qu'on rencontre ?"

Oui, Logan avait envie de se faire un peu désirer, un peu courtiser...

"Ou bien est-ce que tu dis cela juste pour nous attirer, car tu sais au fond de toi que ton quotidien anglais est bien fade sans notre auguste présence pour le pimenter ?", s'enquit-il d'un ton innocent.
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Ce fut avec un certain amusement que Isobel observa le petit manège de ses amis autour de Logan, qui finit par prendre fin quand ce dernier repoussa les mains de Jessica de ses joues. Son sourire s'agrandit devant l'enthousiasme de ces derniers pour un petit séjour au Royaume-Uni. Voilà qui lui ferait définitivement du bien ! Six ans qu'elle était installée en Europe et ils n'étaient jamais venus, elle faisait les trajets par commodité mais aussi parce que les USA lui manquaient, elle avait déjà prévu de revenir dans quelques semaines, pour ses congés d'été. Mais elle aimait aussi l'idée de présenter son environnement anglais à ses amis, cela lui ferait voir le pays sous un autre angle ! Ils pourraient visiter et puis profiter de se retrouver un peu. Elle n'avait pas la place de tous les héberger mais ils pourraient bien s'arranger...

- Londres est très belle mais il n'y a pas que ça qui vaut le coup d’œil, assura-t-elle. Oxford, où je vis, les côtes, Bristol et puis le reste de la Grande-Bretagne : l’Écosse est magnifique.

Il faut dire qu'elle avait fait un premier tour dans le pays avant de s'y installer définitivement. Elle avait quitté les USA après avoir obtenu son diplôme et l'Angleterre avait été sa première destination. Elle était restée quelques semaines avant de partir pour la France, l'Italie et enchaîner un tour d'Europe, n'y revenant que quelques temps plus tard, à Dublin, pour s'y installer définitivement. Elle avait donc eu le temps de visiter et n'avait pas choisi Oxford au hasard quand elle avait voulu se rapprocher de Londres : l'ambiance était très différente mais avec ses façades colorées, la ville lui rappelait un peu la Nouvelle-Orléans. Devant l'enthousiasme de Madison pour les personnes qu'elle connaissait au Royaume-Uni, Isy décida de faire dans le charme car après tout, du beau monde, elle en connaissait plein.

- Le Ministre est très sympathique, assura-t-elle - on ne pouvait pas se vanter de travailler avec un chef d’État tous les jours - et je connais mieux que des Aurors : je connais personnellement la chef du Bureau.

L'avantage des réunions officieuses, c'est qu'elle brassait de très hauts placés entre le Ministre, Marcus, Hailey et Danielle... Même si Isy n'avait pas vraiment l'intention de préciser comment elle avait rencontré toutes ces personnes.

- Je connais également très bien la comédienne qui a fait fureur cette année au théâtre, le directeur d'un établissement très à la mode, le porte-parole du Ministère, des journalistes et tous les bars branchés !

Ce qui était évidemment très important. L'enthousiasme général fut néanmoins très vide refroidi par une intervention ferme de Logan qui mit le holà à Madison qui rêvassait déjà aux gentlemen anglais. Isobel soutint le regard de son ami avec son éternel sourire indolent, comme pour le défier de contester son invitationn ce qu'il ne tarda évidemment pas à faire. Prenant ça pour un défi, elle reposa son verre sur la table avant de se tourner complètement vers Logan.

- L'Angleterre, répéta-t-elle dans un claquement de langue.

Mais ce n'était pas les contraintes financières, comme évoquées par Jack, qui dérangeaient Logan, elle le savait parfaitement. C'était pour le principe : il n'y avait qu'une île dans le cœur de leur ami et c'était Manhattan. La dernière question qui fut posée ne fit que renforcer son sourire et elle s'approcha de Logan, tranquillement.

- Tout est intéressant à Londres. L'architecture, la culture, l'histoire, la musique. British Museum, Tate Gallery, sans parler de tous les autres. Le rock, c'était là-bas, soyons honnêtes ! Le théâtre est partout, c'est le pays de Shakespeare et il a le charme de l'Europe : un patrimoine bien plus ancien qu'ici où tout est jeune. C'est le poids de l'histoire que l'on retrouve dans les châteaux anglais... Sans parler de l'ambiance. Tu n'as jamais vraiment vécu si tu n'as pas mis un pied dans un vrai pub anglais, asséna-t-elle avec son sourire insolent.

Mon Dieu, si un de ses amis anglais l'entendait... Elle qui était si prompte à rappeler qu'elle était américaine avant tout et que rien ne valait les États-Unis ! Mais malgré tous les moments où elle râlait, Isobel n'était jamais restée aussi longtemps dans un pays depuis qu'elle était partie et c'était sa terre d'adoption, il fallait bien l'admettre. Mais pas en public et surtout pas à Londres.

- Et puis... ajouta-t-elle après sa longue liste, en se penchant un peu plus vers Logan. Il y a moi.

Et si ça, ce n'était pas le meilleur argument du monde pour ses amis ! Se renfonçant dans son fauteuil, elle haussa les épaules, faussement négligente.

- Mais ne t'en fais pas Logan, si tu ne veux pas, je comprends... Sortir des sentiers battus, ça fait toujours peur, je comprends que tu restes dans ton train-train quotidien, le provoqua-t-elle avec toute l'innocence du monde.


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Logan Vargas, homme d'affaires, 32 ans


Le menton posé sur la main et le regard fixé sur Isobel, Logan écoutait son amie leur faire son petit show, un sourire étirant peu à peu ses lèvres. Allons allons, Isy, qui crois-tu duper ?, songeait-il intérieurement, pas lui, pas eux ! Ses meilleurs amis de toujours, qui la connaissaient trop bien pour ne pas savoir qu'elle leur dépeignait un portrait légèrement tronqué de la réalité. Oui, l'Angleterre devait avoir ses charmes et son patrimoine, il en convenait aisément. Si l'on aimait ce genre de choses, c'était assurément un plus. L'actualité y était riche, dans le genre sanglant, mais ce n'était pas un paradis pour autant. Isobel pouvait peut-être dissimuler ses cernes avec du maquillage - d'une marque américaine, il était prêt à le parier - mais elle ne pouvait cacher la profonde fatigue qu'il pouvait lire dans son regard. Son amie semblait s'être entichée de ce pays, c'était certain, mais Logan était prêt à parier que l'Amérique tenait toujours une place particulière dans son coeur, et qu'elle finirait par y revenir. En attendant, il était prêt à laisser une chance à son pays d'adoption, mais il allait falloir plus que des pubs et des musées pour attirer un Logan... Des musées. Un musée, c'était la vie sous cloche, le passé plastifié, et ce n'était pas le passé qui intéressait un homme tel que Logan. Il aimait investir, parier, se projeter, imaginer le futur et, à l'heure actuelle, le futur semblait se jouer ici...

"Tss, pas de ça entre nous, je suis trop intelligent pour tomber dans un piège si grossier", répondit-il de ce ton snob qui le caractérisait lorsqu'il jouait les hommes d'affaires au-dessus de tout. "Si tu veux titiller mon ego, il va falloir le faire de façon un peu plus subtile, ma chère Isy."

Il étouffa son sourire arrogant dans son verre, puis reporta tranquillement son attention sur la jeune femme. Autour d'eux, les autres gardaient le silence, attentif à l'échange. Les joutes entre Logan et Isobel leur auraient presque manqué...

"Ce pays est si fantastique que tu ne peux pas t'empêcher de venir nous voir à l'improviste, sans occasion particulière", ajouta-t-il innocemment. "Non, je ne suis toujours pas séduit, il va falloir faire mieux que ça. Je lis les journaux, ne t'en déplaise, et je sais que la situation là-bas n'est pas aussi reluisante que tu le laisses entendre."

Il compta sur ses doigts, tout en récitant :

"Toutes tes connaissances du Ministère et ton Ministre ont une rébellion sur les bras, des fous furieux se sont échappés de prison, des bains de sang ont eu lieu en pleine rue, Bristol dont tu nous vantais les mérites serait devenue une sorte de no-go zone... Voilà comment l'Angleterre est dépeinte à l'étranger - oh, pas partout, dans les hautes sphères - mais on dirait que le poids du passé est devenu si pesant qu'il est en train d'engloutir votre présent. Et ce qui m'intéresse, moi, c'est un pays avec un futur..."

Quant à l'histoire et à la culture, il ne se sentait pas lésé aux Etats-Unis. La guerre de Sécession, qui avait déchiré le monde sorcier avec celui des moldus, les bûchers des Sorcières de Salem, la scène ensorcelée de Broadway... La liste pouvait continuer longtemps. Les yeux du monde se portaient sur les Etats-Unis aujourd'hui, tandis qu'ils esquivaient savamment l'Angleterre, comme ils avaient pris l'habitude de le faire par le passé, pour ne pas voir Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom... Logan avait ses entrées en politique, il savait que la Confédération internationale des mages et sorciers s'inquiétait d'une potentielle guerre civile en Angleterre. Mais le poids du pays sur la scène internationale magique était trop importante pour que quiconque intervienne tant que le ministre semblait avoir les choses en main, d'autant plus que ce dernier déployait des trésors de diplomatie auprès de ses confrères étrangers. Mais, aux yeux de Logan, l'inaction à l'égard de l'Angleterre résultait de mauvaises habitudes et du fait que personne ne savait plus par quel bout prendre ce pays profondément divisé et traumatisé par son histoire récente. La méthode de Marchebank était-elle la bonne ? Le monde entier serait bien en mal de le dire... En attendant, tout cela ne donnait pas vraiment envie de mettre le bout de son nez sur le Vieux Continent.

"Je suis un homme d'affaires, pas un artiste", conclut-il en prononçant ce dernier mot avec une once de dédain. "Je vais là où le commerce se développe, où l'économie est florissante et où se trouvent les innovations qui peuvent changer la face du monde magique... Voilà pourquoi New York me semble être l'endroit où il faut être aujourd'hui. Si tu me dis que les perspectives britanniques sont meilleures que l'idée que j'en ai, alors je viendrai explorer de nouveaux sentiers avec plaisir. Prendre des risques et sortir de mon train-train quotidien, découvrir de nouveaux marchés avant la concurrence... C'est à peu près mon boulot, justement."

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La manière dont Logan repoussa son petit discours n'eut même pas le mérite de faire disparaître le regard plein de provocation d'Isobel. Trop intelligent pour tomber dans un piège si grossier... Elle eut à cette phrase un haussement de sourcils évocateur et un léger sourire moqueur, poussant même le vice jusqu'à échanger un regard entendu avec Madison. Évidemment qu'il était intelligent, très intelligent même, mais il avait un peu tendance à trop le rappeler et ce, depuis qu'ils étaient à la fac alors lui remettre un peu les pieds sur terre ne lui faisait pas de mal ! Reprenant une gorgée de son verre, elle l'observa affirmer qu'elle avait beau trouver le Royaume-Uni merveilleux, elle ne cessait de revenir à l'improviste aux États-Unis. Difficile d'expliquer qu'elle revenait sur sa terre natale pour fuir les immenses problèmes qui se présentaient à elle - et s'incarnaient en grande partie dans une seule personne - sur sa terre d'adoption. Si elle était partie si brusquement d'Angleterre pour le week-end, c'était bien pour éviter de penser à tout ce qui la tracassait et il fallait avouer que changer d'air était plutôt efficace. Elle se noyait dans la foule de New-York, prenait le soleil sur la côte Ouest et discuter le soir avec Jess lui permettait de dormir un peu plus paisiblement. D'ailleurs, elle glissa sa main dans le dos de cette dernière, en réponse à Logan.

- Jess me manquait, notre colocation me manque, répondit-elle avec innocence.

Ce n'était pas entièrement vrai. Ses amies lui manquaient effectivement même si elle n'était pas toute seule en Angleterre mais elle ne reviendrait pas en colocation pour tout l'or du monde : Isy aimait vivre seule. Aucun compte à rendre à personne, pouvoir aménager les choses comme elle le voulait... Elle tenait farouchement à son indépendance, à son chez-elle et elle avait mis du temps à l'obtenir, ce qui rendait cet attachement encore plus prononcé. Quand elle avait quitté la Nouvelle-Orléans et l'appartement qu'elle avait partagé avec sa mère, elle avait erré de motels en motels ou avait vécu chez des gens. Même en arrivant à Salem, elle avait vécu en colocation en résidence universitaire, même durant ses stages, en colocation avec Jessica encore une fois. Il avait fallu attendre qu'elle quitte les États-Unis pour l'Europe et se pose avec un emploi fixe pour avoir son appartement à elle. Celui qu'elle avait actuellement, elle le louait depuis cinq ans déjà et elle y était bien. Il était petit mais confortable, bien agencé et plein de lumière. Rares étaient les gens qui en avaient franchi le seuil afin de préserver ses secrets mais elle y était bien, entre son chat et ses affaires, et puis cela lui évitait de justifier quelques trucs qui traînaient chez elle parfois, comme une dague vaudou, par le plus grand des hasards. Même ses amis de toujours n'étaient pas au courant de cela.

Cela pouvait paraître surprenant qu'il la connaisse depuis si longtemps mais ne sache pas pour cette partie d'elle mais c'était bien volontaire. En vérité, la seule personne qui savait qu'elle pratiquait, en dehors des gens de la Nouvelle-Orléans, c'était Roy et c'était parce qu'ils étaient compromis ensemble. L'autre niveau de connaissance sur elle était qu'elle venait de la Nouvelle-Orléans - elle disait souvent juste Louisiane - et c'était réservé aux initiés. Elle ne s'attardait jamais dans ces cas-là, mentionnait le vaudou comme quelque chose de lointain, sans jamais dire qu'elle venait d'une famille pratiquante. Les occidentaux appelaient ça de la magie noire et la pointait du doigt, Isobel n'avait pas envie d'expliquer ce qu'il en était vraiment aux profanes : on la regarderait de manière bien trop différente. Pourtant, s'ils ne savaient pas qu'elle était une sorcière vaudou, ils étaient parmi les personnes qui la connaissaient le mieux. Ils s'étaient connus pendant des années et il avait bien fallu expliquer pourquoi elle ne rentrait ni à Thanskgiving ni à Noël ni même l'été, pourquoi elle ne recevait jamais de hiboux ou encore pourquoi il n'y avait personne de sa famille à sa cérémonie de remise de diplômes, quand tous ses amis étaient entourés de leurs familles. Pourquoi elle était toute seule, en somme. Alors elle leur avait dit, une mère alcoolique, une famille étrange, elle avait fugué très jeune et depuis, elle n'y était plus jamais retournée. Pas de père, plus d'amis, liens coupés. Et ce n'était même pas un mensonge.

Mais elle fut brusquement sortie de ses pensées et ramenée à la réalité lorsque Loga entreprit d'énumérer tout ce qui n'allait pas en Angleterre et, il fallait l'avouer, accolé de la sorte, ce n'était pas très glorieux. Isobel finit son verre cul sec avant de le reposer sur la table d'un geste un peu brusque. Allons bon, qui osait dire du mal de son travail ? Elle s'échinait tous les jours au Ministère, toute la journée, toute la nuit parfois, elle relisait ses communiqués des dizaines de fois, chaque allocution était plus que soignée, chaque déclaration presse soigneusement surveillée. Isobel se battait au quotidien pour que tout soit absolument parfait et n'appréciait pas tellement le fait qu'on vienne cracher sur son travail et celui de ses collègues. Un passé qui engloutissait le présent ? Loin de là, c'était plutôt le contraire... Mais Logan ne lui laissa pas le temps de défendre sa cause et Isobel fit le choix de le laisser aller jusqu'au bout de sa démonstration, histoire d'avoir toutes les cartouches en main. Une fois que ce fut fini, elle laissa un sourire mauvais naître sur ses lèvres et le fixa de ses yeux sombres.

- Pour un homme d'affaires, tu es bien crédule. Tu ne devrais pas regarder Fox Magic News avec autant d'application.

Une sorte d'équivalent de Multiplettes mais avec une réputation sérieuse, ce qui les rendait d'autant plus dangereux.

- Une rébellion, c'est un bien grand mot pour désigner un groupe d'agités syndicalistes. A moins que tu ne considères Occupy Wall Street comme une rébellion, par équivalence ? Te voilà bien sensible ! Quant aux bains de sang... Seigneur, Logan, fit-elle avec un petit sourire, sors donc un peu de New-York et va faire un tour du côté de Los Angeles, là, tu verras ce que sont les bains de sang ! Et Bristol, une no-go zone ? Les plus grands clubs s'y trouvent, le commerce y garde une part importante du pays. On croirait entendre un paysan du Wyoming qui parle de la grande ville !

Elle fit signe à la serveuse pour avoir un nouveau verre avant de se tourner entièrement vers Logan, son ton ayant accéléré, sa voix n'ayant aucune hésitation.

- Si tu penses que le passé se fait en Angleterre alors tu en fais déjà partie, de ce passé, asséna-t-elle. Le pays a pris un tournant énorme depuis l'élection de Marchebank, que ce soit sur le plan social ou économique. Oui, c'était un pays qui avait des choses à rattraper, je te le concède largement, et qui a des traditions parfois un peu désuètes. Mais désormais, il s'inscrit comme le fer de lance de l'Europe. Cela t'aura peut-être échappé entre deux articles alarmistes - que ne feraient pas les États-Unis pour avoir matière à pratiquer une politique interventionniste - mais la pointe de l'innovation va s'installer en Angleterre pour une raison très précise. Leopoldgrad, fit-elle, et oui, je cherche encore comment justifier le nom, ce n'est pas la question, est la nouvelle cité magique du pays. C'est une ville itinérante, précisa-t-elle avec un sourire. A la pointe de toutes les technologies, qu'elle soient archimagiques ou magiques, elle va accueilir toutes les entreprises qui cherchent à se développer, multinationales comme startup. Toute la ville est basée sur un CBD très performant, au carrefour de l'Europe et des États-Unis, avec un programme économique plus qu'avantageux, à base de subventions et aménagements fiscaux.

Elle avait tous les chiffres en tête si Logan les voulait, elle connaissait ce dossier sur le bout des doigts, elle était imbattable dessus et aurait pu le défendre toutes griffes dehors dans son sommeil.

- Il ne va pas s'agir seulement d'une ville où les bâtiments feraient passer New-York pour un village, non, il va s'agir d'un mode de vie. Une population jeune, cosmopolite, dynamique, qui est là pour entreprendre et pour réussir. New-York s'embourgeoise, asséna-t-elle avec un sourire en coin. Tout se fait désormais dans la Silicon Valley et même elle comment à ralentir, trop encrassée par les dinosaures qu'elle traîne depuis des années. L'Angleterre, elle, doit faire ses preuves, faire sa propre Silicon Valley et tu sais très bien que l'émulation est la meilleure des motivations. Les anglais veulent se faire leur place sur le marché, ils sont soutenus par une économie qui s'envole et un gouvernement prêt à tout pour cela : cela va décoller.

Ce n'était pas qu'une histoire de communication, elle y croyait avec tout son cœur et c'était aussi pour cela qu'elle y mettait autant d'énergie. Elle était à la tête de la promotion de Leopolgrad et ne faisait pas les choses à moitié et forçait son équipe à faire comme elle : donner le maximum et vendre entièrement et complètement ce projet, pour le moment avec pas mal de succès au sein du pays. Il fallait voir si elle pouvait également le faire à l'étranger...

- Tu sais quel est l'autre avantage de l'Angleterre ? Le marché à prendre. La concurrence est rude ici, alors que là-bas, tout est sur le point de se faire, il y a encore de la place à prendre. Et qui dit marché anglais, dit marché européen : les communautés magiques de là-bas sont dépendantes les unes des autres sur le plan économiques, elles sont petites. Réussir en Angleterre, c'est réussir partout en Europe. Mais ça, d'ici, vous ne le voyez pas, parce que ce n'est qu'une île. Les regards des Américains ne sont portés que sur l'Amérique et je le sais bien. Tu vois Logan, tu passes à côté de quelque chose, parce que c'est trop subtil pour toi.

Et Isobel de se renfoncer dans sa chaise, sourire satisfait aux lèvres, un nouveau verre devant elle.


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Logan Vargas, homme d'affaires, 32 ans

Le début de la réponse d'Isobel fit naître un sourire condescendant chez Logan, qui s'agrandissait à mesure que son débit de parole augmentait. De toute évidence, il avait fait mouche, piquant là où cela faisait mal. On pouvait sentir la chargée de comm' en Isobel qui refaisait surface, comme elle devait le faire souvent au pays, pour le plus grand plaisir de Logan qui ne demandait qu'à la pousser dans ses retranchements. Oh, il ne niait pas qu'Isobel était à la meilleure place pour se faire une idée de ce qui se passait en réalité en Angleterre, mais elle était certainement la pire en ce qui concernait l'objectivité, et il était à peu près persuadé qu'elle minimisait l'ampleur de la situation - ou alors, elle avait fini par s'auto-convaincre à force de répéter les mêmes discours...

Elle ne lui laissa néanmoins pas l'opportunité de rebondir, enchaînant sur le tournant économique du pays. Qu'à cela ne tienne, songea Logan en abandonnant sa posture rivale, ils pourraient s'écharper sur le sujet un autre choix. Pourquoi pas dans un an, quand cette simple bande d'"agités syndicalistes" aura déclenché une guerre civile... Comme il n'était pas complètement obtus - même s'il faisait bien semblant - Logan chassa ces pensées de son esprit et se focalisa entièrement sur le discours d'Isobel. Lorsqu'il s'agissait de prendre des informations sur l'état de la concurrence ou un nouveau marché potentiel, fut-t-il en Angleterre, Logan était le premier à accepter humblement qu'il ne savait rien et à se taire.

Logan se tut donc, son regard concentré sur Isobel qui, il devait bien le reconnaître, était extrêmement convaincante. Le problème auquel il était confronté, lorsqu'il s'agissait de son amie, était justement de savoir à quel point il était convaincu parce qu'elle avait raison, ou bien parce que c'était elle qui lui présentait telle ou telle idée, avec sa fougue qui tendait à légèrement brouiller son objectivité... L'esprit de Logan fonctionnait pourtant remarquablement bien, en général. D'ailleurs, il avait tourné à plein régime pendant l'exposé d'Isobel, imaginant comment tirer partie de ces nouvelles opportunités anglaises, cherchant à savoir si son projet pourrait s'implanter là-bas ou non. Mais à la fin, il ne savait pas s'il se sentait convaincu par les bienfaits du projet, ou bien par l'envie d'impressionner Isobel et de relever un nouveau défi.

Qu'à cela ne tienne, ce n'était qu'une conversation autour d'un verre entre amis. Il n'avait pas besoin de décider de son avenir professionnel, là, tout de suite, à la seconde. Néanmoins, il comptait bien creuser l'idée, pour savoir si oui ou non, ce fameux Leopoldgrad était le prochain coeur de l'innovation magique internationale, ou si ce beau projet s'envolerait en fumée une fois que son fondateur aurait quitté le pouvoir...

Un léger silence suivit le monologue d'Isobel, et Logan sentit plusieurs paires d'yeux se tourner vers lui, mais il semblait profondément enfoncé dans ses réflexions. Après un moment, il finit par rompre le silence et interroger Isobel, d'un ton cette fois dénué de toute taquinerie ou condescendance :

"Tu crois vraiment que je devrais le faire ? Tu crois vraiment que je passe à côté de quelque chose en ne venant pas investir à Leopoldgrad ?"

Logan s'avança sur le bord de sa chaise, se penchant un peu sur la table, que ses doigts martelaient d'un rythme rapide. Ses amis, qui le connaissaient bien, pouvaient presque voir ses neurones qui se connectaient à toute vitesse dans sa boîte crânienne.

"Toute plaisanterie mise à part, Isy, je pense que tu me connais assez pour savoir que je suis capable de venir, si ça en vaut la peine. Alors, en laissant tomber une minute le rôle de la chargée de comm' qui veut défendre son projet... Dis-moi, est-ce que tu penses vraiment ce que tu viens de me dire ? Parce que je suis justement en train de développer un nouveau produit, on voulait lancer ça dans la Silicon Valley mais... Rien n'est gravé dans le marbre pour maintenant. Alors, s'installer à Leopoldgrad... Est-ce que c'est ce que tu conseillerais à un ami ?"

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Le souffle un peu plus court après sa longue diatribe qu'elle avait débité avec l'aisance de celle qui parlait souvent en public, Isobel prit un temps pour redescendre un peu de ses grands chevaux et prit une gorgée du verre qu'on venait de déposer devant elle, savourant le cocktail frais sur sa langue. Elle sentait bien que le reste du groupe s'était mis en retrait par rapport à Logan et elle et elle-même attendait la réaction de ce dernier, qui semblait réfléchir à toute vitesse. Cela n'était pas étonnant : Leopolgrad était un projet intéressant, elle n'était pas en train de défendre la nouvelle exposition du Museum d'Histoire Naturelle : c'était un lieu qui pouvait changer la face de l'Europe s'il recevait les impulsions nécessaires. Le travail d'Isobel – de tout son service et même de tout le Ministère – était de s'assurer qu'il les reçoivent. Lorsque son ami reprit la parole, son ton avait changé et Isy s'apaisa un peu, abandonnant son emportement pour poser sur lui un regard un peu plus doux. Elle écouta ses questions avec attention, se redressant un peu du fond de sa chaise, l'une de ses mains venant tourner la bague qu'elle avait au doigt, prenant un temps pour répondre, un véritable temps de réflexion.

Le danger, dans son métier, était de finir par perdre toute objectivité sur les projets qu'ils défendaient. Or, pour être un bon communiquant, surtout en affaire ou en politique, il fallait anticiper les critiques qu'on pouvait faire, avoir la réponse à n'importe quelle attaque avant que celle-ci ne survienne et pour cela, il fallait réaliser les faiblesses de ce que l'on défendait, pour mieux les compenser. Il ne s'agissait pas de débiter bêtement des allocutions emphatiques, loin de là. Il s'agissait d'avoir une vue d'ensemble de quelque chose pour mieux l'appréhender, mieux le comprendre et donc mieux le défendre. Alors tout comme elle connaissait les points forts de Leopolgrad, Isobel en connaissait les faiblesses. Les affaires étaient un marché fluctuant, peut-être que la ville ne prendrait pas, peut-être que les entreprises ne feraient pas confiance au marché européen qui pouvait parfois manquer de dynamisme en raison des modes de vie très différent des sorciers de ce vaste territoire. La réputation du Royaume-Uni pouvait inquiéter à l'étranger, le fait que Leopoldgrad semble être sorti de l'esprit du Ministère comme une émanation de sa personne et ce n'était pas complètement faux. Mais malgré cela, Isobel croyait profondément en cette ville.

Elle y croyait, parce qu'elle savait à quel point le marché européen pouvait être dynamique lorsqu'on lui proposait les bonnes choses de la bonne manière. On leur reprochait d'être en retard ? Les entreprises ne demandaient qu'à rattraper ce retard, à s'imposer à l'international, à fructifier. Les gouvernements se dirigeaient peu à peu vers une politique économique et commerciale plus européenne et Leopoldgrad allait s'imposer parfaitement comme le lieu de cette coopération. Le Royaume-Uni bénéficiait de nombreux atouts : une population jeune et dynamique, qui allait continuer de grandir, bénéficiant des suites d'une guerre civile, le pays se reconstruisait malgré les troubles actuels. Et même si cette ville itinérante était une sorte d'ode à son créateur – et elle ne parlait pas d'Abel – il avait réussi à entraîner dans ce pari de nombreuses personnes de tous les milieux. Leopograd allait être quelque chose de grand, elle le pensait sincèrement. Est-ce qu'elle se trompait ? Elle ne lisait pas dans l'avenir. Mais elle avait suffisamment foi en son instinct pour répondre honnêtement à Logan, en dehors même de ses dossiers de presse.

- Oui.

Elle se redressa complètement, s'avançant sur le bord de son fauteuil, abandonnant le jeu qu'elle avait avec sa bague.

- En dehors de mon rôle de chargée de com', je pense que tu devrais le faire. Leopoldgrad va se lancer et dans quelques temps, les places seront chères. C'est le moment de miser dessus. Les résultats ne seront peut-être pas immédiats mais je pense que c'est vraiment une opportunité. C'est aussi pour ça que je t'en parle, ajouta-t-elle avec un sourire. C'est ce que je conseillerai à mon ami. Tu pourras prendre l'avis des économistes, je t'enverrai les chiffres si tu veux, on a des réunions d'information, je te passerai les papiers mais...

Mais elle était presque certaine que cela ne ferait que le conforter dans sa décision.

- Si je me trompe, si Leopolgrad se rate et bien... Je rentrerais aux États-Unis, lança-t-elle en guise de défi, de la provocation dans le regard.
- Oooh ça, je vais le retenir ! pépia Madison en frappant dans ses mains.
- Et souhaiter que ça rate ? répliqua Isobel en haussant un sourcil.
- Nooon. Pas du tout, répondit son amie en levant les deux mains en guise de défense.

Peu convaincue, Isy secoua la tête tandis que Madison lui lançait un sourire innocent et que Jessica avait un rire, le menton appuyé dans sa paume, ses yeux amusés parcourant le petit groupe. Ce fut Jack qui reprit la parole, concentré comme à son habitude sur les choses les plus essentielles, peu perturbé par le débat enflammé qui venait de se tenir devant lui. Un coude appuyé sur le dossier de sa chaise, les jambes croisées, il eut un petit signe de tête dans la direction de Logan.

- C'est quoi, ton fameux nouveau projet ?

Abandonnant la gestuelle de Madison qu'elle se plaisait à analyser, Isobel se tourna de nouveau vers Logan, plus qu'intéressée par la réponse à cette question. Leur ami avait toujours eu du flair lorsqu'il s'agissait d'être sur les bons projets et c'est pour cela qu'il réussissait si bien en affaires, lorsqu'ils avaient choisi de s'orienter vers d'autres domaines. Jack était avocat dans le domaine des relations publiques, il s'occupait principalement des affaires de diffamation et de la protection des réputations de ses clients, Jessica était communicante d'une marque de mode, Madison était attachée de presse dans la musique tandis que Isobel avait toujours eu un faible pour la sphère politique, même si elle avait travaillé dans le privé un petit temps. Mais Logan, lui, c'était un homme d'affaires comme il l'avait affirmé et, si Isobel se l'était permis, elle aurait rajouté qu'il était un requin en affaires avant tout.


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Logan Vargas, homme d'affaires, 32 ans


Toute compétition mise à part, Logan accordait beaucoup d'importance à l'opinion d'Isobel, qu'il jugeait être une femme intelligente, aux avis pertinents. Ses conseils ne tombèrent donc pas dans l'oreille d'un sourd, et il hocha la tête en signe d'approbation quand elle évoqua les informations qu'elle pourrait lui fournir au sujet de cette fameuse nouvelle ville. Toujours en mouvement, Logan n'avait pas peur du changement. Généralement, l'un de ses projets aboutissait à peine qu'il était déjà en train de réfléchir au suivant, et il n'hésitait pas à bousculer ses plans en cours de route s'il se rendait compte qu'il pouvait y avoir du profit à la clef. Alors si Isobel estimait que Leopoldgrad était digne de son attention, cela valait au moins la peine de se renseigner avant de l'écarter, afin de ne pas passer à côté de l'opportunité de sa carrière...

Il s'apprêtait à rebondir quand Isobel affirma son retour aux Etats-Unis en cas d'échec. Le même "Ohhhh" franchit les lèvres de Logan que celui de ses amis.

"Je ne peux qu'approuver Mady, ça ne tombe pas dans l'oreille d'un sourd", lâcha-t-il avec un sourire insolent. Sans aller jusqu'à souhaiter l'échec de leur amie, d'autant plus si cela signifiait des profits pour lui, Logan ne souhaitait que son retour depuis qu'elle avait quitté le pays. Alors il saurait lui rappeler cette phrase de défi le cas échéant...

Logan retrouva néanmoins vite l'esprit des affaires quand Jack l'interrogea sur son nouveau projet. Faisant tournoyer son verre vide dans sa main, il expliqua :

"Il s'agit d'un projet d'adaptation des nouvelles technologies moldues au monde magique, dans le domaine des télécommunications. Les smartphones ne fonctionnent pas dans les lieux sorciers, bien sûr, puisque la magie interfère avec les ondes - sans oublier le fait que la couverture réseau n'y est pas assurée. Mais cela crée un manque pour les sorciers comme vous et moi qui connaissons les potentialités de la technologie moldue et regrettons de ne pas pouvoir l'utiliser en dehors des quartiers moldus. Cela crée aussi un manque pour les autres, bien sûr, c'est juste qu'ils ne sont pas encore au courant du potentiel que présentent ces produits."

Il esquissa un sourire caustique. Logan avait toujours pensé qu'une bonne campagne de publicité, accompagnée d'un excellent marketing pouvaient faire naître des besoins où ils n'existaient pas encore. Les moldus étaient passés maîtres dans cet art, et il entendait bien suivre leur enseignement...

"Il s'agirait d'ensorceler un objet de la vie quotidienne, quelque chose de petit qui puisse se transporter dans une poche ou un sac à main, comme un poudrier", expliqua-t-il en glissant un oeil vers le sac branché de Jessica, accroché à sa chaise. "Et l'on pourrait combiner idées moldues et pouvoirs magiques pour produire toutes sortes de services : messagerie, appels par hologrammes, chats, photographies... Les possibilités sont infinies, comme le montre l'exemple de nos amis non sorciers : sites de rencontre pour célibataires, comme certains sorciers ont déjà essayé de le développer, mais sans grande élégance je dois dire, mais aussi réseau professionnel, vente à distance, etc."

Une idée pointa dans l'esprit de Logan, qu'il prit la peine d'étudier pendant que ses camarades commentaient son projet. Certain du succès de son produit, Logan tourna un visage indéchiffrable en direction d'Isobel :

"Ce genre d'objet pourrait avoir une grande utilité dans des pays qui connaissent des conflits et luttes internes. Je suis sur que ton ministre saurait en faire bon usage... Si d'aventure je choisis Leopoldgrad."

L'information, c'est le pouvoir, et quelle meilleure information que l'accès aux communications de tous les sorciers détenteurs d'un nouveau produit révolutionnaire... ?
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La réaction de ses amis à son annonce tira un sourire amusé à Isobel. Elle était du genre à tenir ses promesses mais elle était quasi-certaine qu'elle n'aurait pas à composer avec celle-ci au vu des atouts de Leopoldgrad. Ce n'est pas qu'elle était contre l'idée de rentrer au pays, en réalité, elle était plutôt mitigée à ce sujet. Elle aimait les États-Unis, il n'y avait pas de doutes là dessus. Elle y était née, y avait grandi, y avait fait ses études. Elle avait beaucoup d'attaches ici, que ce soit ses amis ou tout ce qu'elle pouvait connaître. Elle était fière d'être Américaine, tous les anglais qui la connaissaient avaient eu l'occasion de s'en apercevoir à un moment ou un autre. C'était aussi pour cela qu'elle continuait de rentrer, qu'elle lisait la presse américaine et suivait de près ce qui se passait dans son pays. Mais d'un autre côté, elle avait fait son nid en Angleterre, même si ses amis américains avaient un peu de mal à le saisir. Elle y avait un excellent poste, des perspectives d'évolution fantastiques, elle avait ses amis aussi, son appartement... Ses habitudes, en somme. Même si elle ne le disait pas beaucoup - jamais ? - Isy était bien en Angleterre, elle avait envie d'y rester. C'était aussi pour cela qu'elle n'avait pas fui quand Abel avait débarqué dans sa vie : elle était chez elle aussi bien en Angleterre qu'en Amérique. Cela ne voulait pas dire qu'elle y passerait toute sa vie ou ne rentrerait jamais aux USA mais pour le moment elle ne comptait pas bouger. Il lui faudrait une excellente raison pour quitter son travail et sa vie anglaise et elle n'en voyait pas pour le moment.

- Mais ça n'arrivera pas, reprit-elle avec une gorgée de son cocktail, parce que le projet va décoller, surtout si des gens comme Logan s'y investissent. Vous ratez des choses à Manhattan, fit-elle innocemment.

En réalité, New-York lui manquait pas mal, elle était véritablement amoureuse de cette ville. Oxford avait son charme, elle ne disait pas, ses façades colorées lui faisaient un peu penser à la Nouvelle-Orléans des fois mais ce n'était clairement pas la même chose. Elle aurait pu essayer de s'installer à Leopoldgrad pour retrouver un peu l'ambiance des grandes villes américaines mais c'était le projet architectural d'Abel donc c'était absolument hors de question : elle était bien trop fière pour cela. De toute manière, elle était très heureuse dans son petit appartement plein de charme, avec son chat.

Elle écouta le nouveau projet commercial de Logan avec attention tant cela lui semblait ambitieux et prometteur. A l'image de nombreux américains - si on exceptait les sorciers de l'Utah peut-être - Isy vivait en adéquation avec le monde moldu. Elle s'habillait moldu, achetait et sortait dans les deux mondes, elle allait au cinéma... Elle était de plus issue d'une culture certes très sorcière, mais qui était plongée au milieu des moldus et se mêlait à eux au quotidien. Elle n'avait peut-être pas de téléphone comme Jess ou Mad puisqu'elle vivait en quartier sorcier, à Oxford, et qu'elle ne captait donc pas mais savait s'en servir. Que Lorgan propose l'adaptation des smartphones aux sorciers ne pouvait être qu'une bonne idée : elle voyait déjà une bonne dizaine de domaines dans lesquels cela pourrait être utile comme appeler les services d'urgence sans baguette magique, éviter les Patronus peu discrets, remplacer les feuilles volantes du Ministère... Mais elle voyait également déjà les oppositions que cela pourrait faire naître. Chez les sorciers les plus traditionnels qui refusaient tous les emprunts au monde moldu mais aussi chez les syndicats de dresseurs de hiboux postaux qui allaient pointer du doigt les pertes d'emplois dans le secteur que cela pourrait entraîner. Malgré tout cela, Isy comprenait que son ami se lance dans le domaine : cela pouvait être tellement prometteur.

- Passionnant, commença Jack, impressionné. T'as déjà une équipe qui bosse sur le côté juridique ? Parce que ça m'intéresserait, je vois déjà plein de choses qui se posent.
- Tu pourrais collaborer avec des marques sur le design ! s'enthousiasma Jessica qui devait déjà penser à son domaine d'expertise. Quelques grands noms de la mode, pour des collections éphémères... Dès que c'est siglé, ça marche du tonnerre. Puis travailler des collections selon le sexe, les âges... Plein de variantes !
- Et bosser avec des labels de musique, renchérit Madison. La diffusion de la musique se fait principalement via la radio dans le monde magique. Si on arrivait à mettre au point un système de téléchargement, ça pourrait doper les ventes des labels... Y'a de l'argent à se faire, conclut-elle avec un rire.

Mais si chacun de leurs amis avait un domaine d'expertise bien particulier, celui d'Isobel était plus insidieux et Logan l'avait bien compris. Lorsqu'il se tourna vers elle, son esprit tournait déjà à plein régime. La Milice pourrait en faire un excellent usage, on pourrait également surveiller les produits du marché anglais - en secret - afin de capter des informations nécessaires. Sans parler de tout ce que cela pourrit apporter au Ministère...

- Tu sais que je pourrais t'obtenir un rendez-vous avec le Ministre en personne, Logan ? lança-t-elle tout à fait sérieusement. Il aimerait ce genre de projets. T'installer en Angleterre pourrait être bénéfique pour toi, sur tous les plans. Décrocher un marché public comme celui du Royaume-Uni... Imagine un peu. L'Europe pourrait être ta plus grande réussite, au final, le taquina-t-elle légèrement. Mais penses-y vraiment : entre tes idées et mes contacts, on peut faire des merveilles. Comme à la fac, ajouta-t-elle avec un sourire en coin.
- Oh oui, montons un groupe de projet comme à Salem ! lança Madison. Une start-up entre nous. Mon entreprise licencie en ce moment, donc si je me fais virer, ça m'arrangerait ! Son ton était amusé mais on pouvait sentir l'inquiétude en dessous et Jessica lui posa une main sur l'épaule. Ensuite, on devient riches !


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Logan Vargas, homme d'affaires, 32 ans

Un sourire un brin suffisant aux lèvres, Logan écouta les propositions de ses amis tout en songeant qu'ils le sous-estimaient un brin. Bien sûr, qu'il avait déjà pris en compte toutes les dimensions de son nouveau produit, sur la base d'une étude de marché complète et d'innombrables mois de recherche ! Il avait réunit une équipe compétente et polyvalente pour travailler sur le projet, si bien qu'il ne restait plus grand chose à finaliser, même si changer de lieu d'implantation pour les sièges, l'usine et le lancement de son produit risquerait de beaucoup compliquer la donne... Mais qui était-il pour refuser un challenge !

Désireux de ne pas froisser ses amis, et appréciant malgré tout leur intérêt, Logan approuva leurs propositions de ses hochements de tête. Il leur offrit un air intéressé, et mit un point d'honneur à leur répondre à tous - après tout, ils étaient effectivement doués dans leurs domaines respectifs, et les idées étaient bonnes à prendre.

Il offrit un sourire de compassion à Madison quand elle mentionna, sur le ton de la plaisanterie, les difficultés que connaissait son entreprise. C'était quelque chose qui la préoccupait beaucoup ces derniers temps, et dont elle lui parlait régulièrement, dissimulant mal son inquiétude derrière une légèreté contrainte. Hélas, Logan ne savait que faire pour la rassurer, peu doué pour les gestes de réconfort et bien plus à l'aise avec la vérité froide : oui, Madison risquait de perdre son emploi et oui, il était compliqué de trouver du travail avec la conjoncture actuelle... Mais Madison ne serait laissée sur le bord de la route, pas tant que Logan avait son mot à dire, et elle le connaissait assez pour savoir cela. Oui, il la prendrait volontiers dans sa boîte si le besoin s'en faisait sentir. Cette pensée n'empêchait pas la peur du licenciement, mais elle permettait au moins de le dédramatiser : Madison aurait toujours une place quelque part, que ce soit dans cette boîte ou une autre.

"Viens avec moi et je te rendrai plus riche qu'un sultan", lança-t-il à Madison avec un regard enjôleur, qui la fit rire. Reprenant son sérieux, il répondit :

"Je travaille avec le cabinet THADAAAM pour les aspects juridiques, Jack, je pourrai te mettre en relation avec eux si ça t'intéresse. Mad, j'ai signé un contrat avec Global Magic Records pour l'instant et d'autres labels sont intéressés, on voudrait mettre en place une offre large de musique à la demande. Pour le téléchargement, peut être qu'il faudra attendre la version 2 car c'est compliqué à mettre en place techniquement, il faudrait réussir à enchanter l'objet pour qu'il capte le son mais pour l'instant, les essais font buguer l'ensemble", expliqua-t-il en haussant les épaules.

Cela ne le dérangeait pas de laisser certaines questions pour plus tard : cela donnerait de quoi anticiper la version 2. L'important était de convaincre avec la version 1 en donnant une idée globale du produit, de son potentiel innovant incroyable et de créer une clientèle, qui se laisserait assez vite pour acheter la version upgradée...

"Je pense également que le design devra être très travaillé", dit-il en se tournant vers Logan. "Epuré, simple, efficace, séduisant pour sa sortie, puis on pourra en effet décliner les variantes : collections à édition limitée, coques de protection siglées etc. Nous n'aurons qu'à en faire un aux couleurs du FREE."

Son regard glacé glissa vers Isobel, qu'il observa de son air ironique. La revoilà qui mentionnait son Ministre-en-Personne, c'est qu'il serait presque jaloux, songea-t-il intérieurement. Pourquoi se sentait-il ainsi piqué par la proposition d'Isobel ? Il préférait ne pas s'attarder sur ce sentiment, stérile, dans la mesure où une rencontre, voire une collaboration avec le ministre anglais pourrait effectivement lui donner un sacré avantage.

"Un marché public... Il n'y a pas plus privé comme projet, tu penses que cela pourrait répondre à un besoin public ?", interrogea-t-il non sans scepticisme, avant de réfléchir à la question. "Peut-être qu'en le présentant bien, on pourrait obtenir des soutiens publics, a minima. Il est vrai que Marchebank a la fibre des affaires, si je me souviens bien."

Logan aurait bien été incapable de dire de quel département venait Marchebank avant son élection, ni s'il était marié - et ce n'était pourtant pas faute d'audience dans les journaux people, y compris américains, mais Logan ne les lisait pas. Non, tout ce qu'il savait de sa bio, c'était son investissement dans la société Jobarbille gérée par sa soeur, Coraline Marchebank, qui monopolisait le marché des ingrédients pour potions au niveau national.

Son ton se fit plus sérieux lorsqu'il conclut à l'attention d'Isobel : "Je vais y réfléchir."

Comme pour sceller un pacte de grande importance, Logan leva solennellement son verre et en but quelques gorgées. Puis il balaya ses amis du regard, avant de dire avec bonne humeur :

"Vous êtes tous les bienvenus, bien sûr."



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Isobel adressa un sourire doux à Madison qui évoquait son possible licenciement sous couvert d'humour. Elle savait à quel point cela la tracassait et tous ses amis savaient qu'elle n'avait pas tort, son groupe virait beaucoup ces derniers temps, pour des raisons économiques. Elle aurait aimé pouvoir l'aider mais elles ne bossaient pas du tout dans le même domaine d'expertise, malgré leurs deux postes semblables. Mais Mad était une fille débrouillarde et volontaire, elle saurait retomber sur ses pieds si quelque chose lui arrivait. C'était un peu comme Logan, tiens, lui aussi savait toujours se débrouiller pour en arriver là où il le voulait. Elle l'écouta exposer son projet avec attention, sirotant son cocktail. Visiblement, cela dépassait même le stade de projet, c'était un produit presque fini qu'il avait dans les manches, prêt à lancer sa fabrication : c'était bien son ami, ça, dès qu'il était certain de tenir un bon filon, il filait sans attendre et il avait sûrement raison. C'était ainsi qu'il avait bâti sa carrière, en sachant saisir les bonnes opportunités au bon moment et en n'hésitant à prendre des risques dès qu'il estimait que cela en valait la peine.

- J'ai hâte que "téléchargement de musique" devienne "téléchargement illégal", plaisanta Isobel. Nous serons ainsi devenus de vrais petits moldus !

Logan devrait moins apprécier l'idée, vu qu'il toucherait un pourcentage sur le premier, pas sur le deuxième... Mais elle était persuadée que cela viendrait, dès qu'une norme était fixée, il fallait toujours des gens pour la transgresser. Elle était au courant de ce fléau en lisant les journaux moldus, qui en parlaient souvent. Elle avait beau pas mal fréquenter le monde non-magique, elle n'en n'était pas au téléchargement illégal : elle n'allait que rarement sur internet. Elle sortit de ses pensées quand le FREE fut mentionné - réflexe - et eut un léger rire.

- Oh oui, donne-moi de quoi vendre du merchandising onéreux, mes stagiaires en ont marre de se trimballer des cartons d'encriers siglés.

En réalité, elle ne s'occupait pas de la communication du FREE, même si elle était plutôt en étroite relation avec les équipes du parti. Ses stagiaires à elle avaient des tâches bien plus productives, comme faire des réunions pour décider du nouveau logo qui serait sur les entêtes des parchemins officiels. Une grande étape dans leur carrière, assurément, une campagne dont ils pourraient être fiers.

- Peut-être au niveau des communications des forces de l'ordre, notamment sur leurs missions. J'ai assisté à une réu où ils cherchaient comment faire en dehors des Patronus qui manquent de discrétion et exigent beaucoup de concentration. Mais je n'étais que remplaçante sur cette réunion, un de mes collègues gère le dossier, tu pourras peut-être voir avec lui. Je ne suis pas très renseignée sur la question.

Elle hocha la tête quand son ami décréta qu'il allait y réfléchir. Après tout, la décision était entièrement entre ses mains et elle n'était pas aussi renseignée sur le monde du business que lui, elle n'avait pas choisi cela comme spécialité. Dès qu'elle avait commencé ses études et qu'il avait fallu choisir des options, Isobel s'était intéressée à la science politique, à la représentation du pouvoir, à l'évolution de la fonction, aux mœurs qui régissaient ce milieu. Il faut dire que sur ces sujets-là, les États-Unis étaient une société particulièrement intéressante à observer et Isobel s'était découvert une passion, pour les discours et tout ce qui entourait la parade du gouvernement. Elle avait travaillé un peu en entreprise et dans des cabinets de relation publique - ce qu'elle avait aimé aussi - mais ne s'épanouissait jamais aussi bien qu'au sein des Ministères. Ses amis avaient choisi d'autres voies : Jessica et Madison dans des domaines plus culturels, si, la mode comptait dans le culturel, Jack s'en était servi d'un tremplin pour choisir sa spécialité en droit quand il avait continué ses études et Logan se servait de ses compétences en communication pour être un redoutable businessman.

- Que tu es généreux, le tanna-t-elle quand il lança qu'ils étaient tous les bienvenus. En tout cas, nous te souhaitons de réussir... On a toujours besoin d'un ami millionnaire, n'est-ce pas ?
- D'un ami tout court, corrigea Jack, toujours pragmatique.
- De Logan tout court, ajouta Jessica.
- Surtout s'il est millionnaire, commenta Madison.
- C'est bien ce que je disais !

FIN DU RP


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