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 Qui conçoit en secret accouche en public [Leopold & Dave]

Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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6 juillet 2009

Les yeux posés sur des documents qu’il avait déjà lus et relus, Dave reconstituait mentalement des raisonnements qu’il avait également tournés sous toutes les coutures, comme s’il se préparait à répéter un discours. C’était presque le cas, il avait prévenu son père au préalable qu’il voulait le voir un moment pour lui parler. Il avait préféré lui en faire l’annonce, plutôt que d’essayer de l’attraper après le dîner : cela supposait qu’il rentrait dîner -ce qui n’était pas le cas tous les jours- et qu’il ait un véritable temps à lui accorder. Quelque part, il avait fait ça aussi pour attirer un peu l’attention de son père, très pris au ministère -ce qu’il ne lui reprochait pas, bien au contraire, il le soutenait dans son travail- mais avec l’accouchement de Rosaleen qui approchait à grands pas, et tous les discours qui allaient au futur petit Marchebank, Dave avait ce besoin inconscient de tirer un peu de couverture pour lui aussi. Peut-être que cette conversation ne durerait que dix minutes, mais il aurait eu un moment pour discuter vraiment avec son père, et non pas quelques paroles échangées entre deux choses à faire.

Cela dit, l’affaire semblait relativement délicate, en tout cas assez pour qu’elle requiert un peu plus que quelques minutes de discussion. Comme toujours, parler d’argent était délicat, même entre Marchebank… Installé dans la pièce qui servait de bibliothèque à leur manoir, Dave relisait du coin de l’oeil les documents sur les comptes de l’entreprise K&K. Depuis qu’il avait accepté le pari de s’occuper des finances du projet de Kessy et Kalamity, il y consacrait une grande partie de son temps, pour atteindre leur objectif d’ouverture d’ici septembre. Tout roulait parfaitement bien… Excepté un détail qui avait vite attiré son attention. Il avait déjà remarqué depuis un certain temps des donations anonymes pour leur caisse, sans qu’il ne puisse savoir d’où elles provenaient. Kessy restait muette sur le sujet, autant que Kalamity qui semblait se satisfaire de la présence de cet argent, peu importait d’où il provenait. Il lui avait fallu déployer des trésors de patience et de recherches, ainsi que quelques relations à Gringotts où il était en stage, pour arriver à remonter jusqu’au bout de la chaîne… Son père, son propre père, le ministre en personne.

Pourquoi lui ? S’il avait voulu aider son fils dans ce projet, pourquoi pas, mais pourquoi ne pas l’avoir prévenu d’abord ? Car Dave ne voyait pas d’autre motivation aux agissements de son père, ce ne pouvait pas être pour les affaires, il n’avait rien à gagner à placer de l’argent dans une entreprise qui se construisait tout juste : particulièrement s’il ne se signalait pas comme mécène. Quant à Kessy et Kalamity, il lui semblait incongru qu’elles aient attiré l’attention de son père d’une quelconque façon. Excepté Kessy, peut-être, à la rigueur, pour son titre de Miss Magique, mais là encore, cela n’expliquait pas l’anonymat des dons. Bref, il y avait anguille sous roche, et Dave n’était pas le genre de garçon à laisser des mystères inexpliqués, surtout quand ils le touchaient d’aussi près.

Le bruit de la porte lui fit relever le nez de ses papiers, il vit son père marcher dans sa direction et s’installer à son tour. Dave ôta ses lunettes de vue, appuya son menton sur sa main tout en observant Leopold.

« Bonsoir, papa. Il l’évalua une seconde du regard, avant de se décider à poser la question. Ca a été, ta journée ? »

Après tout, il n’était pas là dans l’optique d’avoir une discussion agressive avec lui… à priori. Il allait juste lui poser les questions qui le dérangeaient, puis tout dépendrait de ses réponses. Dave ne tarda d’ailleurs pas à en venir au vif du sujet une fois les premières banalités échangées, désireux d’en finir au plus vite :

« Je voulais juste vérifier quelque chose à propos de K&K. Il avança légèrement vers son père les feuillets des chiffres de l’entreprise, où ce qui l’intéressait était entouré à l’encre. C’est bien toi qui est à l’origine de ces dons ? »

Il n’était pas tout à fait honnête, il ne cherchait pas tant à vérifier qu’à savoir le pourquoi du comment. Après avoir guetté la réaction de son père, il précisa, en ramenant le papier vers lui :

« Enfin, je pense que je ne me trompe pas. Du coup, je voulais surtout savoir ce qui te motivait. »



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Un petit "pop" retentit devant la grille du Manoir Marchebank lorsque deux hommes apparurent, l'un tenant l'avant-bras de l'autre. Toujours pas habitué au transplanage d'escorte malgré les années, Leopold grimaça intérieurement et attendit une seconde ou deux que la sensation de vertige ne se dissipe. Puis il remercia son garde du corps, Hector, et se dirigea vers le majestueux portail en fer forgé qui gardait sa demeure. Deux hommes montaient la garde, en uniforme, deux sorciers dont Leopold commençait à bien connaître le visage à force de les croiser un jour sur deux.

"Monsieur le Ministre", le salua l'un d'entre eux, avant de le scanner d'un coup de baguette pour s'assurer de son identité.

"Messieurs", répondit Leopold avec un hochement de tête et un sourire affable. Il échangea quelques banalités avec le premier tandis que le second ouvrait la grille pour le laisser entrer. "Bonne soirée."

Leopold traversa lentement l'allée de gravillons qui menait au Manoir, grand bâtiment massif qui se découpait dans le ciel sombre. L'air était lourd et parfumé en ce début de soirée d'été, et il prit le temps de s'arrêtez près des rosiers qu'il avait fait planter il y a quelques mois, pour embellir le jardin et honorer son épouse, recréant en quelques sortes le lieu de leurs fiançailles. Poussant un profond soupir de lassitude, Leopold déposa sa mallette sur la pelouse fraîchement coupée et effleura un pétale du bout des doigts, fasciné par la beauté immaculée de la plante. Il n'avait jamais été particulièrement passionné par la flore, son domaine à lui était les créatures magiques. Mais ces derniers temps, il se trouvait dans un tel état de fatigue et de lassitude, parfois, qu'il rentrait dans un drôle d'état d'apathie et de contemplation qui lui donnait envie de tout oublier, de tout plaquer pour aller planter des roses.

Ces périodes là ne duraient pas. C'était généralement le soir, quand la journée avait été longue et chargée en palabres, réunions, décisions et maux de crâne. C'était lorsqu'il rentrait pour quelques trop courtes heures de sommeil, mais qu'avant cela, il lui fallait encore passer du temps avec sa famille. Oh, il l'aimait, sa famille, et il aimait son fils de tout son coeur, mais, par Merlin... Il se sentait fatigué jusqu'à la moelle. Leopold avait vécu en solitaire pendant longtemps. Il n'était pas particulièrement sentimental et il ne ressentait pas le besoin d'être constamment entouré de ses semblables. Pourtant, depuis qu'il avait pris le pouvoir, ses instants de solitude se comptaient sur le doigt de la main, et il se sentait à deux doigts de prendre un portoloin pour l'Alaska. Oh, pas longtemps, juste une petite semaine ! Le temps de ne voir personne et de retrouver l'envie du pouvoir, du contrôle et de l'influence...

Alors, quand il se sentait ainsi, il se perdait quelques minutes dans le grand jardin des Marchebank familial. Héritage familial, il comprenait un verger, de nombreuses plantations, et même un labyrinthe. Il serait bien allé s'y dissimuler, mais même ici, on ne le laissait pas tranquille ! Quelque chose lui frôla les jambes et il baissa le regard pour croiser les yeux de Machiavel grands ouverts et fixés sur lui. Le chat semblait de mauvais poil, et il lui miaula méchamment dessus.

"Allons bon, toi aussi tu trouves que je te délaisse ?", s'enquit Leopold en se penchant péniblement pour attraper l'animal. Calant Machiavel contre son torse, il le grattouilla derrière les oreilles et commença à le caresser avant de faire demi-tour pour regagner le Manoir. C'était sans compter sur la silhouette sombre d'un homme qui se tenait immobile quelques mètres plus loin, le visage dissimulé par un capuchon. Leopold sursauta si fort que Machiavel s'éjecta de ses bras, et courut dans le jardin en miaulant furieusement.

"Alan ! Depuis combien de temps êtes-vous là !", s'exclama Leopold, dont le coeur battait à tout rompre dans sa poitrine.

"Je suis toujours là, Monsieur le Ministre", répondit Alan avec l'ombre d'un sourire amusé.

"Hmm", grommela Leopold en lui jetant un coup d'oeil soupçonneux. Comment pouvait-on être aussi discret et flippant que son homme de main ? Comment avait-il fait pour passer le contrôle du portail sans qu'il ne s'en rende compte ? Enfin, songea Leopold en reprenant sa marche vers le Manoir, Alan sur les talons, mieux valait avoir un tel homme avec lui que contre lui. Il faudrait un sacré bon sorcier pour réussir à franchir la protection officieuse d'Alan, et il se sentait bien plus en sécurité avec lui qu'avec sa garde fournie par le Ministère - du moins, quand il n'essayait pas délibérément de lui provoquer une crise cardiaque.

Laissant Alan sur le perron, Leopold pénétra dans le Manoir en mettant son masque de père de famille. Il avait laissé celui du Ministre au pied du portail, et seul son passage dans le jardin lui avait permis d'être lui-même. Et seul Alan avait le droit de voir ça, parce qu'ils n'étaient plus à cela prêt, eux-deux... Il l'avait vu dans ses pires moments, il connaissait ses plus sombres secrets, ses faiblesses et ses désirs les plus intimes. Tout ce qu'il n'était prêt à laisser voir à personne dans ce Manoir, ni Rosaleen, ni Griselda, ni Coraline... Ni Dave, qui semblait pourtant bien décidé à tirer un peu plus de sincérité de son vieux père.

Sans trop savoir pourquoi, Leopold sentit une sourde inquiétude monter en lui quand il avisa Dave dans le salon, penché sur des documents, ses lunettes juchées sur son nez. Qu'il semblait sérieux, son fils, et adulte, à cet instant ! Comme il semblait loin du petit garçon qu'il avait élevé en le tenant éloigné de tous ses secrets, de toute sa vie, comme dans une cloche de verre... Mais il avait toujours soupçonné que cela finirait par le rattraper un jour et, chaque fois que Dave souhaitait lui parler en tête-à-tête, il redoutait que ce jour soit arrivé.

Leopold s'installa face à lui et lui adressa le sourire le plus naturel du monde, comme si la fatigue, la lassitude et l'inquiétude ne se battaient pas en duel à l'intérieur de lui. Prétendre était devenu comme une seconde nature chez lui...

"Bonsoir, Dave. Ça a été, oui. Une réunion un peu houleuse avec le ministre Bulgare, mais bon... Enfin, c'est le Bulgare", répondit-il en haussant les épaules avec une once de dérision. "Et la tienne ? Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ?"

Il sentit son coeur rater un battement quand Dave mentionna K&K. Maudite entreprise ! Jamais il n'aurait accepté de la financer s'il avait su qui sa chère et tendre fille avait choisi d'embaucher comme comptable... Bien sûr, il était fier de ses deux enfants, qui dès leur sortie de Poudlard, et sans la moindre expérience, se lançaient dans une création d'entreprise. Mais, derrière ses airs ingénus, il y avait bien trop de Marchebank en Kessy pour que ce choix soit dénué d'arrières-pensées. Elle avait voulu apprendre à connaître son frère, exposant ainsi leur secret commun, cette paternité qui devait rester secrète...

Car Dave était loin d'être un imbécile, comme il le révélait une fois de plus. Dans ces cas là, il n'y avait pas trente-six mille solutions : il fallait mentir avec aplomb, ou concéder la réalité sans plus d'hésitations, ni excuses. L'aplomb menait loin dans la vie, surtout face à des gens qui en étaient dépourvus... Ce qui, hélas, n'était pas le cas de Dave.

"C'est bien moi, en effet", répondit-il tranquillement, sans même saisir le papier que lui tendait Dave. "J'ai pensé que cette entreprise avait du potentiel et qu'il serait bien de lui donner un petit coup de pouce. J'ai de l'argent à revendre, contrairement à ces deux jeunes filles qui, pourtant, ont un projet qui me semble solide. Et si ça peut te permettre de faire tes armes, alors, tout le monde y trouve son compte !"

Dave ne se contenterait pas de cela, aussi Leopold se permit-il d'ajouter : "Je ne tiens pas spécialement à ce que l'origine de ces dons soit connue, en revanche. Mieux vaut éviter les accusations de collusion entre la politique et le monde des affaires, et de conflits d'intérêt, déjà qu'il y a Jobarbille... Mais je sais que je peux compter sur ta discrétion, mon fils."




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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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La réponse que lui fournit son père laissa Dave dubitatif. Il avait l’impression qu’il répondait sans répondre, ou en tout cas, restait vague. Et il en arriva bientôt à lui demander sa discrétion, sans s’attarder sur sa question.

« Je ne dirai rien, assura t-il, il n’en voyait pas l’intérêt de toute façon, il ne cherchait pas à embarrasser son père.

Il était tenté de demander si Kessy et Kalamity étaient au courant, et si elles l’étaient, eh bien, Dave comprenait encore moins pourquoi il était le seul à ne rien savoir, dans cette histoire. N’était-ce pas lui le plus à même de faire le lien entre ses deux collaboratrices et son père ? Il comprenait assez facilement pourquoi Leopold préférait garder l’origine de ces dons non-publique, il était vrai que politique et affaires ne faisaient pas bon ménage. L’opinion publique avait tendance à se méfier des chefs d’entreprise et des hommes politiques, quelqu’un qui incarnerait les deux serait vite associé à des conflits d’intérêt. Jobarbille était officiellement l’entreprise de sa tante, et non celle de son père, et c’était tant mieux pour son image.

« Je comprends que tu n’aies pas rendu tes dons publics, ça passerait mal que tu favorises une entreprise où ton fils travaille, commença t-il, sans pouvoir s’empêcher d’insister : mais pourquoi tu ne m’as rien dit à moi ? »

Puisqu’il pouvait compter sur sa discrétion, il aurait pu le prévenir dès le départ, jugeait le jeune homme.

« Surtout que j’aurais pu t’aider à les masquer, en soit, vu que c’est moi qui m’occupe des finances de K&K. Parce que là, si moi j’ai pu le découvrir, alors Kessy et Kalamity auraient pu aussi et… Je ne suis pas sûr qu’elles auraient fait preuve de discrétion, elles. »

Avec toute l’estime qu’il commençait à avoir pour elles -puisqu’il fallait leur reconnaitre un bon sens des affaires- Dave soupçonnait que ce genre de secret pouvait facilement leur échapper. Il était tentant de se vanter que son entreprise avait attiré l’attention du ministre en personne, après tout.



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold passa une main sur son visage fatigué quand Dave insista, et poussa un profond soupir, sans même chercher à masquer sa contrariété. Pourquoi est-ce que son fils ne pouvait pas laisser sa question de côté et accepter gentiment ses explications ? Devait-il vraiment gratter et gratter encore pour trouver des raisons logiques et rationnelles, tel un maudit Serdaigle ?

"Je n'ai pas pensé qu'elles risquaient de trouver quoi que ce soit, non, parce que si elles comptaient s'intéresser à leurs finances elles-mêmes, elles n'auraient pas fait appel à toi", bougonna-t-il en songeant que, malgré tout l'amour qu'il portait sa fille, Dave lui accordait peut-être un peu trop de crédit. Leopold ne doutait pas que Kessy pouvait se montrer un peu Serpentard sur les bords, mais il fallait déjà qu'elle mette la main sur cette information et, s'il avait voulu la lui dissimuler, il l'aurait fait sans problème. Leopold avait déjà affronté des poissons bien plus coriaces que deux adolescentes dont le souci principal était la bonne teinte de fond de teint à appliquer. Si les comptes de Jobarbille avaient pu échapper au contrôle du Magenmagot toutes ses années, alors il estimait ne pas avoir trop de soucis à se faire...

En réalité, Leopold avait pris un risque assumé avec cette affaire, estimant que Dave n'irait pas trop creuser, et que s'il le faisait, il serait bien temps d'aviser alors. Erreur de sa part, mais le ministre avait bien plus urgent à faire que de s'occuper de ce projet, ce qu'il ne manqua d'ailleurs pas de faire savoir à son fils, sans grande délicatesse :

"Ce n'était pas très intelligent de ma part, j'en conviens, j'aurais du t'en parler, voilà, tu es content ? Excuse ton vieux père de n'être qu'un humain capable de commettre des erreurs ! J'ai un peu plus urgent à penser ces temps-ci que l'ouverture d'un club de zumba, figure-toi !"

Son ton était monté un peu trop brusquement, la tension palpable dans sa voix et dans ses épaules nouées, et il regretta presque aussitôt son éclat de colère. Dave ne comprendrait pas cette irritation, ou comprendrait peut-être trop bien, que son père se sentait menacé par ses questions... Il posa sur Dave un regard autoritaire, comme pour le défier d'insister d'avantage, tout en priant intérieurement pour qu'il n'en fasse rien.

Ce n'était qu'un petit mensonge de rien du tout, en comparaison de tous ceux qu'il avait raconté et assumé, haut la main, au cours des années, et à l'égard de personnes bien plus expérimentées que Dave. Et pourtant, c'était peut-être bien ce petit mensonge qui allait lui faire perdre la face. En temps normal, il aurait su retourner la situation à son avantage, en grand opportuniste qu'il était, mettant sa brillante intelligence au service de ses intérêts propres comme il l'avait toujours fait. Hélas, ce soir, il ne se sentait pas dans son état normal. La fatigue, la pression et la lassitude le terrassaient et il perdait sa lucidité, face à l'intelligence toute aussi brillante de son fils.

Sur ce point au moins, Leopold avait été sincère : il n'était qu'humain, et même le meilleur des menteurs pouvait commettre des erreurs parfois...



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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Le visible agacement de son père fit d’abord froncer les sourcils à Dave. Décidément, s’agissait t-il réellement d’un sujet sensible, ou était t-il juste de mauvais poil ? Malheureusement, le Serpentard n’était pas le genre à lâcher le morceau si facilement, surtout lorsqu’il s’estimait dans son bon droit, et son insistance lui coûta un premier revers de bâton. Non seulement Dave ne comprit pas la colère de son père, mais surtout, il se sentit vexé de son ton condescendant. Ah, il avait plus urgent à penser ? Sans pouvoir s’empêcher de se braquer, Dave rétorqua du tac au tac, d’un ton pas plus aimable :  

« Excuse ton fils de traîner dans tes pattes alors, ce n’est pas comme s’il s’agissait de mon premier projet, mais c’est vrai que c’est moins spectaculaire qu’une naissance ou un pays à gérer. »

Ce qui se résumait aux deux sujets qui semblaient obtenir l’attention de Leopold, ces derniers temps. Sur le coup, blessé dans son amour-propre, Dave fut tenté de ramasser ses papiers et sortir de la pièce avec fracas, mais quelque chose le maintint sur place. Par Salazar, il n’était plus un adolescent qui claquait la porte derrière lui en se drapant dans sa dignité, lorsque la situation devenait compliquée ! Non, il ne l’était plus, et il estimait qu’il méritait au moins une vraie réponse. Il n’allait pas s’excuser de chercher à comprendre la vérité, non plus, sous prétexte que cela irritait monsieur le ministre ! La réaction de son père lui paraissait injuste, et s’en aller sans demander son reste serait signifier qu’il avait gagné, ce qui était hors de question. Dave savait qu’il n’avait rien fait de mal, alors il comptait bien obtenir le fin mot de l’histoire, ce qui se lut dans le regard flamboyant qu’il renvoya à Leopold.

« C’est pas la peine de t’énerver, non plus, je posais juste une question, rétorqua t-il, croisant les bras dans une attitude défensive. Je te faisais même pas des reproches, j’essayais juste de comprendre. C’est un sujet à ce point sensible pour que tu réagisses comme ça ? Tu ne m’as même pas répondu, en plus ! enchaîna t-il, sans laisser de répit à son père. Je n’ai pas le droit de savoir pourquoi tu nous verses des dons anonymes ? C’est quoi, un secret d’Etat ? Dis-moi juste la vérité, si c’est si peu important ! Ca te fera un souci en moins, ça t’arrange, non ? »

Si la première fois, il n’avait pas mérité la colère de son père, cette fois, Dave flirtait allègrement avec les limites de l’insolence, car sa propre frustration s’exprimait à son tour. Il sentait depuis un moment qu’il n’avait plus l’attention de son père, comme il pouvait l’obtenir avant, mais soit, il avait tenté de prendre sur lui. Il ne lui avait jamais reproché d’être trop pris par sa fonction, notamment. Mais si Leopold commençait à lui renvoyer l’excuse de son travail pour ne pas avoir de véritable discussion avec lui… Eh bien il n’allait plus se retenir pour le lui reprocher. Surtout que cela lui paraissait de mauvaise foi, Dave avait plutôt tendance à soutenir son père envers et contre tout dans son rôle de ministre, ce qui n’était même pas le cas de toute sa famille. Alors pourquoi lui renvoyer à la figure qu’il avait mieux à faire que de s’occuper d’un club, comme si Dave était incapable de comprendre l’importance et la difficulté de son rôle de ministre, si ce n’était parce qu’il n’avait rien trouvé de mieux pour détourner la conversation ? Il n’était pas dupe, il n’allait pas se laisser faire, quitte à bousculer un peu son vieux père.



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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"Oui, c'est un secret d'Etat !", aboya Leopold en se levant brusquement. Sa chaise racla le sol et ses poings frappèrent la table en produisant un son sourd. Leopold, livide, ne réalisait pas qu'il avait perdu son sang froid, sous l'effet des critiques acerbes de son fils, qui semblait l'accuser d'être mauvais père. Mauvais père, mauvais mari, mauvais ministre, quand allait-on enfin lui lâcher la grappe ?! N'avait-il pas droit lui aussi à l'erreur, à la tranquillité, au repos ?! Devait-on le poursuivre et le pousser dans ses retranchements, même ici, dans son propre foyer ?

Même le plus patient et le plus prudent des Serpentard pouvait perdre toute réserve parfois, emporté dans un flot d'émotions incontrôlables. Même le plus opportuniste des hommes politiques, le plus intelligent des joueurs d'échecs pouvaient commettre un faux pas... Mais constater ses propres limites le mettait encore plus en rage. Lui, Leopold, aurait dû être plus fort que cela. Lui aurait dû être capable de tout prendre sur lui, tout ! Même les remarques de son fils !

Comme pour dissuader Dave de poursuivre sur cette pente glissante, Leopold poursuivit d'une voix dans laquelle le danger grondait :

"Et ça ne te regarde pas alors tu vas arrêter tes questions, maintenant ! Est-ce que c'est clair !"

Penché sur la table, un regard orageux plongé dans les pupilles de son fils, Leopold attendit qu'il cède et batte en retraite, reconnaissant par là même son autorité de père. Mais Dave pouvait se montrer aussi froid, calculateur et brillant que son père, tout aussi assuré également et il n'était pas certain qu'il lâche le morceau cette fois. Alors à temps désespérés, méthodes désespérées : il ne lui restait que l'ultime recours, l'intimidation...



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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Loin de courber l’échine, Leopold ne fit que hausser d’un ton, visiblement piqué par les provocations de son fils. Le regard de Dave se fit ombrageux lorsqu’il répliqua que c’était un secret d’Etat, il ne répondit rien sur le coup, occupé à analyser la posture de son père. Il ne comprenait pas. Vraiment pas. Ce qui aurait dû être une affaire pliée en dix minutes prenait des tournures de violente dispute, et Dave n’aimait pas cela du tout. Parce que cela voulait dire que son père avait quelque chose à lui cacher, quelque chose d’assez problématique, au vu de sa réaction. Ni l’un ni l’autre n’étaient du genre à se laisser emporter par l’émotion. De souvenir, Dave ne s’était même jamais attiré les foudres de son père de cette façon. Ses pressentiments se confirmèrent au moment où la voix de Leopold claqua à nouveau, pour mettre un terme cette conversation d’une façon plus que brutale.

Ce fut la phrase de trop. Sur le coup, Dave ne comprit pas pourquoi il sentit autant de colère monter et se bousculer dans sa gorge. Il n’était pas si sanguin, pourtant. Il savait toujours calculer où étaient ses intérêts, il était capable de ravaler beaucoup de choses lorsqu’il sentait qu’il valait mieux tenter une autre approche pour parvenir à ses fins, bref, il n’était pas Serpentard pour rien. Et pourtant, ce fut comme si ses neurones venaient de cramer, et ses limites, de sauter. Tous les défauts de son père sautèrent à ses yeux, tout ce qu’il pouvait lui reprocher remonta avec la vitesse et la violence d’un magma acide, endormi en lui tout ce temps-là sans qu’il n’en ait jamais pris la réelle ampleur. Il lui en avait voulu pour beaucoup de choses, dernièrement, son divorce avec sa mère, d’abord, son remariage hâtif qui lui avait paru discutable en tout points, cette nouvelle famille dont il ne voulait pas, et ce petit frère qui allait prendre encore un peu plus de place… Plusieurs griefs plus ou moins importants qu’il pensait pouvoir surmonter avec le temps, qu’il était en train de surmonter d’ailleurs, il commençait à se faire une raison.

Ah, belles foutaises. Il en voulait encore à son père, il lui en voulait encore davantage de ne pas le comprendre, de réagir sans prendre en compte ce qu’il pouvait ressentir, d’attendre de lui qu’il se fasse cette raison, justement, qu’il s’adapte. Qu’avait t-il à opposer de toute façon ? Ce n’était que des caprices d’adolescent, il n’avait plus quatre ans pour chercher à attirer l’attention de son père. Il pouvait bien comprendre que son papa n’aimait plus sa maman, qu’il avait envie de refaire sa vie avec une femme plus jeune, qu’il avait envie d’un autre enfant tant qu’on y était, et qu'il n'avait pas que cela à faire que de s'occuper de lui quand il était ministre, non ? Enfin, un Marchebank utilisait sa tête, faisait des choix selon ses intérêts, ne se laissait pas guider par ses émotions ! Tiens donc, il allait prouver le contraire, aux dernières nouvelles, un Marchebank ne se laissait pas non plus marcher sur les pieds.

« C’est ça, t’as raison, ça me regarde pas ! Je vais me la fermer et te laisser faire ce que tu veux avec mon entreprise sans broncher, de toute façon, je bronche jamais avec toi, hein ? Je suis mature, raisonnable, je dépasse jamais du cadre. Toi par contre, tu peux tout te permettre sans rien dire à personne ! Epouser une femme qui a mon âge sans me demander mon avis ? Oh bah oui, pourquoi faire, c’est pas comme si ça allait être ma belle-mère. Pareil pour ton deuxième fils, hein, qu’est-ce que je peux y redire, de toute façon. Allez, on va dire que pour tout ça, c’est pas toi qui détraques, c’est juste moi qui fais des caprices stupides et que ça va me passer, claqua la voix sèche de Dave. Par contre, K&K ? C’est quoi le problème, c’est ton poste de ministre qui te monte à la tête pour que tu affirmes que ça ne me regarde pas ? Que c’est un secret d’Etat ? Il y a des terroristes qui se cachent dans nos locaux et je ne suis pas au courant ? ironisa t-il acidement, avant de reprendre son ton coléreux. Alors c’est quoi le vrai problème ? Parce que ça a tout l'air d'une excuse bidon pour un truc dont tu ne veux pas parler. Qu’est-ce qu’il veut dire cet argent pour que tu montes sur tes grands chevaux comme ça ? Je te demande pas la Lune, si ? Là, on dirait juste que tu caches quelque chose ! »



Merci Vivi
Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Un long silence suivit les propos acides de Dave. Long silence pendant lequel ils restèrent immobiles tous deux, à se jauger, le père debout, en position de force, le fils assis, mais qui soutenait et défiait pour la première fois l'autorité paternelle. Qu'il aurait été aisé, pour Leopold, d'écarter les paroles de Dave en les faisant passer pour un caprice d'enfant unique trop gâté, de les tourner en ridicule comme les revendications d'un adolescent en crise ? Mais il ne le pouvait pas, pas cette fois, il le sentait. Dave réclamait ses jalons d'adulte cette fois, rejetait sa réprimande et refusait d'être tenu à l'écart des affaires des grands. Cette fois, il ne rentrerait pas dans le cadre... Il tuait le père, ce qui couvait depuis maintenant plus d'un an, sans que Leopold ne le réalise pleinement.

Mais cette fois, Leopold prenait enfin la mesure de toutes leurs différences. Dave n'était pas comme lui, il prenait les choses à coeur, il prenait sa famille à coeur. Il prenait son père à coeur, et quand Leopold haïssait le sien, Dave l'aimait. En cela, en dépit de leurs ressemblances, qui sautaient aux yeux, ils étaient profondément différents, et c'était cette différence que Leopold aimait et enviait inconsciemment chez lui. Cette capacité à aimer, et cette sensibilité qu'il était lui-même bien incapable d'éprouver, trop détaché du monde, trop imbu de lui-même... Dave était comme un lui en mieux, sans ses vices et ses perversions. Il était comme le fils parfait, et pourtant, il n'était pas le seul...

Soufflé et calmé du même coup par l'éclat de son fils, d'ordinaire si prompt à accepter la hiérarchie familiale, Leopold sentit sa colère s'évanouir aussi vite qu'elle était venue. En quelques phrases, Dave venait d'arracher le respect de son père, et ainsi, le droit de se rapprocher de lui, et de sa vérité. Puisqu'il le demandait, Leopold laisserait s'abolir une partie de cette distance qu'il maintenant entre eux, comme avec le reste du monde. Ce que ferait Dave de ce qu'il découvrirait n'appartiendrait qu'à lui.

Ces réflexions défilèrent dans la tête de Leopold jusqu'à parvenir à leur juste conclusion. Il baissa alors la nuque, signe qu'il capitulait, et abandonna sa posture pour revenir s'asseoir calmement, face à Dave. Scrutant son fils de son regard insondable, il répondit d'une voix qui lui sembla désincarnée, comme si ce n'était pas lui qui s'apprêtait à lever le plus gros secret de son existence :

"Tu as raison. Il y a bien quelque chose dont je ne veux pas te parler, quelque chose que je te cache depuis toujours."

Il marqua une pause, pour laisser Dave accuser le coup, plus que pour réfléchir à la suite. La suite, il l'avait déjà tournée et retournée un nombre incalculable de fois dans sa tête. Cette scène, il l'avait imaginée de mille-et-une façons, et pourtant, il se trouvait pris de court. Mais le discours sortit presque tout seul de sa bouche, naturellement, sans même avoir à y penser. C'était même le discours le plus simple de sa vie, et le plus inhabituel, celui de la vérité. Une vérité arrangée, bien sûr, car il restait Leopold Marchebank...

"Ta mère et moi n'avons pas été un couple traditionnel", révéla-t-il en un soupir, passant une main dans sa barbe poivre et sel. "Nous avons été heureux au début, les premiers temps, mais cela n'a hélas pas duré. Sans doute, avec le recul, nous sommes-nous précipités dans ce mariage, car c'était ainsi que les choses se passaient dans la haute société alors... Et l'on ne divorçait pas, à l'époque. Alors nous avons pris la décision de rester ensemble mais notre relation était très complexe, très conflictuelle. Nous... N'avons pas été fidèles l'un à l'autre, ni elle, ni moi..."

Leopold laissa sa voix se briser sur cette révélation, qui, il le savait, devait choquer son fils. Oh, Dave n'était pas stupide et il ne lui avait sans doute jamais échappé que ses parents ne filaient pas le parfait amour, mais de là à imaginer à quel point leur union avait été factice, des années durant, il y avait un pas... De plus, Leopold l'emmenait bien loin de cette histoire de K&K qui était à l'origine de cette discussion.

Baissant le regard sur ses mains croisés, l'air abattu, il poursuivit son récit d'une voix plus faible :

"J'ai été très malheureux au début, et je ne suis pas fier de l'avouer, mais c'est ce qui s'est produit : j'ai eu des aventures avec d'autres femmes. Meredith en avait aussi. Ce n'était pas un secret entre nous mais à partir du moment où ta mère est tombée enceinte et où tu es entré dans nos vies, il n'était plus question de séparation - pas avant que tu sois assez grand en tout cas. Je voulais que tu vives dans un cadre stable, que tu sois élevé par ton père et ta mère."

Leopold était conscient du fait qu'il ne pourrait empêcher son fils d'être fâché contre lui après ce qu'il allait lui révéler, peut-être jusqu'à la rupture. S'ils avaient tous deux brisé les liens sacrés du mariage, Meredith n'avait pas eu d'autres enfants, elle. Malgré tout, il prenait toutes les précautions possibles tant que Dave ne le coupait pas, car il n'était pas sûr de pouvoir de se défendre une fois qu'il se serait tu... Alors il devait faire passer le message maintenant : s'il avait gardé ce secret toutes ces années, c'était dans son meilleur intérêt, et celui de tous ses enfants.

Quand il redressa la tête pour donner le coup de grâce, ce fut une hésitation sincère qui flottait dans ses yeux. Leopold savait à quel point ce qu'il s'apprêtait à dire allait changer l'existence de son fils, remettant en cause tout ce qu'il pensait savoir de sa vie... Il savait aussi que cela pouvait constituer un point de rupture, peut-être définitif, entre Dave et lui.

Pourtant, ils avaient atteint le point de non retour. D'une voix blanche, il acheva :

"Alors, quand les deux femmes avec qui j'avais une aventure sont tombées enceintes, à quelques mois d'intervalle, j'ai décidé avec elles qu'ils valait mieux garder le secret, pour te préserver. Pour vous préserver, jusqu'à ce que vous soyez en âge de comprendre..."

Et cet âge était venu, si vite.

Le choix de révéler à Dave l'existence ses deux soeurs d'un coup avait été évident pour Leopold. Il ne lui infligerait pas une épreuve de plus dans quelques mois, quelques années peut-être. Quitte à lui faire la révélation de sa vie, autant la faire entièrement, et tant pis si cela signifiait révéler la vérité à Cassandre également. Il était temps.

Soutenant à grand peine le regard de Dave, Leopold mit enfin des mots sur ce qu'il cachait à son fils depuis si longtemps :

"Tu as deux soeurs, Dave, deux demi-soeurs. Et l'une d'entre elles est Kessy Brooks, voilà pourquoi j'ai tenu à l'aider à monter son centre... C'est ma fille, je voulais simplement l'aider."

L'abattement de Leopold était visible, mais il se doutait que cela ne suffirait pas à amadouer son fils, qui avait toute une vie de mensonges à assimiler. Il avait encore tant à dire, mais il se retrancha dans le silence, pour laisser Dave accuser le choc et poser ses questions...



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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Le silence électrique parut figer le temps, figer le sang qui battait contre ses tempes. Dave se sentait encore fébrile sous la colère qui l’avait saisi, troublé du silence persistant de son père. Son regard cherchait le sien en quête de réponses, que Leopold ne semblait pas disposé à lui livrer, fort derrière ce mur impénétrable qu’il érigeait entre eux deux.

Pourtant, ce mur finit par tomber. Dave le vit à la façon dont sa posture se modifia, et d’un coup, il sentit la tension qui le laissait dans l’expectative et qui maintenait Leopold debout, se fondre dans l’atmosphère. Sans qu’il ne puisse le contrôler, son coeur eut un léger sursaut à la façon dont il introduit sa réponse, comme si quelque chose en lui avait un mauvais pressentiment. Sa réaction suivante fut de froncer les sourcils aux mots de Leopold, perplexe face au soudain changement de sujet. Que diable venait faire sa mère dans cette histoire ? Surtout que Dave n’avait pas spécialement envie de l’entendre revenir sur l’échec de leur couple. Il avait connu une période où il lui avait été difficile d’accepter leur divorce, période qui était peut-être derrière lui, mais cela restait un sujet sensible, particulièrement depuis que sa mère s’était faite remplacer par une autre.

Il eut la retenue de ne pas interrompre son père, toutefois, même lorsqu’il lui révéla les infidélités dont tout deux avaient fait preuve. Voilà qui était une donnée nouvelle, et parfaitement déplaisante, songea Dave, fronçant les sourcils. Voilà une chose qu’il aurait préféré ne pas savoir, d’ailleurs, il s’était très bien contenté des explications précédentes, à savoir que leur couple battait de l’aile et qu’ils ne s’entendaient plus. Savoir que ses parents avaient pu se tromper mutuellement rendaient tout à coup les choses beaucoup plus tangibles, et surtout, beaucoup plus faussées… Depuis le début, disait t-il. Ce couple qu’il avait cru réel et solide, au moins sur les premières années de sa vie ne l’était donc pas tant que cela. Occupé à accuser le coup, Dave ne réagit pas, si ce n’était ses traits qui se crispaient, préférant attendre la suite de la démonstration de son père, car il ne voyait toujours pas où il voulait en venir, avec cette révélation. Il espérait au fond de lui qu’il allait changer de sujet, cette discussion commençait à le mettre dans un profond inconfort. Des images dérangeantes venaient à son esprit, que Dave tentait d’évacuer de toutes ses forces, sans grand succès. Par Salazar, il n’avait pas besoin de savoir que d’autres femmes avaient partagé le lit de son père !

Loin de passer à autre chose, malheureusement, Leopold enfonça le clou, martelant qu’il en était de même pour sa mère, et que seule la venue au monde de leur fils les avait ramenés l’un à l’autre. Le silence qui suivit suspendit le coeur de Dave, qui commençait à s’imaginer des choses. Qu’allait t-il lui révéler, après cela, pour avoir une telle expression sur son visage ? Que je ne suis pas son fils ? souffla une voix en son for intérieur, qu’il étouffa aussitôt. Non, c’était stupide, ce ne pouvait pas être si grave, et c’était complètement incohérent avec toute la vie qui avait été la sienne pendant des années. Il disait « ton père et ta mère ». Et pourtant… Il lui parlait de ses aventures, de celles de sa mère à une période où il était en voie de naître, d’un lourd secret…

L’expression de Dave avait déjà changé, et elle changea de nouveau complètement lorsque la conclusion arriva. La vérité se révélait être autre, mais pas moins pire... Sur l'instant, il fut convaincu qu’il avait mal entendu. C’était forcément cela, il avait mal entendu, mal compris, c’était une possibilité mille fois plus logique que ce que lui racontait son père. Impossible. Ridicule. Il se trompait forcément, lui ou Leopold, peu importait, mais il y avait une erreur quelque part. Kessy Brooks ? Non. C’était délirant, démentiel. Complètement incongru. Ils auraient vécu sept ans dans le même endroit, et ni l’un ni l’autre ne s’en serait rendu compte ? C’était juste impensable, ils n’avaient rien en commun, ils ne se ressemblaient pas, personne, absolument personne ne pouvait émettre cette hypothèse en les mettant l’un à côté de l’autre, tellement c’était improbable. C’était presque risible, c’était trop gros, beaucoup trop gros pour que Dave puisse l’avaler.

« Tu te moques de moi. »

C’était forcément ça. Soit il y avait une erreur, soit son père lui faisait une plaisanterie d’un goût plus que discutable, mais il préférait encore que ce soit cette option. Son coeur battait désormais si fort qu’il l’entendait marteler dans ses tempes, il se sentait complètement submergé, au milieu de cette pièce dont la chaleur, qui lui semblait avoir décuplé, lui donnait le tournis. Son regard, secoué par le choc, restait immobile sur son père, il avait l’impression de ne plus pouvoir recevoir d’informations, alors que paradoxalement, son cerveau tournait à plein régime… dans le vide. Dans une pure panique qui emmêlait tous ses raisonnements. Il ne pouvait pas se sortir de là. Il n’y avait pas de solution, pas d’issue. Il n’y avait rien à comprendre. C’était là. Une énorme gifle en pleine figure, qu’il n’avait d’autre choix que d’encaisser. Un déferlement d’informations, parmi lesquelles il ne savait ce qu’il haïssait le plus. L’idée d’avoir deux demi-soeurs qui venaient tout secouer de cet empire familial stable qu’était celui des Marchebank ? Le fait que son père lui ait menti toutes ces années ? Ou haïssait t-il sa propre vie jusqu’à maintenant, celle qui n’avait été faite que de mensonges depuis sa naissance, s’il en croyait les propos de Leopold, celle qu’il sentait s’effondrer sous ses pieds impuissants ? Sa voix ne lui parut même plus lui appartenir, lorsqu’elle s’éleva de nouveau, blanche :

« Ce n’est pas possible. Tu ne m’aurais pas… Tu… »

La suite n’arrivait pas à sortir. Dave se sentait étouffer, face à cette vérité qu’il n’assimilait pas. Il lui aurait caché ce secret, depuis le début ? Lui ? Son père qu’il aimait, qu’il admirait, qu’il voyait presque comme le garant de l'équilibre de son monde ? Car il y avait toujours eu quelque chose de tranquillisant à être le fils de Leopold Marchebank, directeur de département apprécié, entrepreneur de succès, puis ministre de la Magie même. Il s’était toujours senti protégé, entre de bonnes mains, derrière les murs de ce manoir familial, même quand sa mère l’avait quitté, d’ailleurs il avait fait le choix de vivre avec son père plutôt qu’elle. Il n’en aimait pas un plus que l’autre, mais il s’était toujours senti mis en confiance par l’aura que dégageait son père. Ce père qui tenait aussi bien le rôle d’appui que de modèle, qui lui avait construit une vie confortable, rassurante, le voilà qui désormais donnait le coup pour tout faire voler en éclats, de quelques simples mots ?

Il passa ses mains sur son visage, comme si ce geste allait le réveiller du pur cauchemar éveillé dans lequel il se sentait. Il n’en fut rien évidemment, lorsque Dave rouvrit les yeux, rien n’avait changé. Ou plutôt, tout se confirmait dans un changement en route, dont il ne mesurait pas l’ampleur. Ses paroles suivantes furent plus pragmatiques, bien qu’il ne contrôlait pas plus la situation que tout à l’heure, mais il avait besoin de savoir :

« Qui d’autre sait ? Et… » Un temps d’hésitation. « Qui est la deuxième ? »



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Lorsqu'il s'imaginait la réaction de Dave autrefois, elle ressemblait peu ou prou à cela : un air ébahi, une incompréhension totale et, bien sûr, le rejet de cette nouvelle information, de cette nouvelle famille qu'on lui imposait contre son gré. A cela, Leopold, qui avait toujours solution à tout, se retrouvait bien impuissant. Que pouvait-il faire d'autre, sinon attendre et encaisser ce que Dave pourrait bien avoir à lui dire, et le laisser décharger sa colère et son refus sur lui ? Rien, rien de rien, il en avait bien conscience. Alors il ne répondit pas à sa première question, presque rhétorique, se contentant de poser sur lui un regard transparent comme de l'eau de roche. Dave ne pouvait se rattacher bien longtemps à cet espoir : non, son père ne se moquait pas de lui. Pourquoi aurait-il inventé pareil mensonge, de toute manière ? Oui, Leopold mentait comme il respirait, mais seulement lorsque cela lui profitait. Or il n'avait rien à gagner de tout cela. Il essayait simplement de contrôler les dégâts, en espérant maîtriser la révélation et ses retombées.

Leopold se contenta donc d'observer son fils, le visage grave, tentant de deviner les multiples pensées qui devaient se bousculer dans son esprit. Dave finit par exiger plus de précisions, et Leopold sentit ses entrailles se nouer. Il pressentait que le second nom serait tout aussi difficile à prononcer, voire plus, que le premier...

"Ceux qui savent ne sont pas très nombreux. Ta tante et ta grand-mère, pour commencer, mais ta mère n'en a en revanche jamais rien su. Il y a la mère de Kessy, mais Kessy elle-même ne l'a appris que récemment, et je lui ai demandé de garder le secret tant que je n'étais pas prêt à..."

Il s'interrompit et baissa momentanément le regard face à l'expression de son fils. Oui, il aurait peut-être dû le lui dire plus tôt, d'un point de vue moral : dès l'origine, ou bien au moins quand Kessy l'avait appris. A ce moment là, il aurait peut-être dû en parler à ses deux autres enfants, avec sa nouvelle épouse, mais rien n'était simple dans cette histoire, rien. La réaction de Dave le prouvait bien. Y avait-il vraiment un bon moment pour apprendre une telle nouvelle, de toute façon ? Leopold en doutait... Il n'y avait que du "moins pire".

"La mère de ton autre demi-soeur est également au courant, mais pas elle. Je crains qu'il ne s'agisse aussi d'une de tes camarades d'école. Il s'agit de..."

Leopold marqua un nouveau temps d'hésitation, la main secouée d'un soubresaut, et il finit par lâcher en un soupir : "Cassandre Harper".

Alors voilà, les noms étaient tombés. Le secret n'était plus, et Leopold se sentit soudainement très vide, vide et impuissant. Il resta là, les épaules basses, les bras ballants, à la merci de son fils et de sa légitime colère.




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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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« Depuis quand savent t-elles ? rétorqua aussitôt Dave, lorsque sa tante et sa grand-mère furent évoquées. Comment ont t-elles pu supporter un tel secret ? »

S’il avait posé ses premières questions sur un ton hésitant et troublé, il sentit cette fois l’agressivité monter en lui. L’injustice de la situation le prenait à la gorge et il sentait colère et frustration lui tordre les entrailles. Comment son père avait t-il pu cacher cela toutes ces années ? Comment avait t-il pu le laisser côtoyer pendant sept années Kessy Brooks sans lui annoncer leur lien de parenté ? Comment avait t-il pu le laisser grandir en lui faisant croire qu’il était son seul enfant ? Et comment sa tante qu’il estimait tant, et sa grand-mère qu’il aimait avec tendresse avaient t-elles pu partager cet honteux secret ? Dave ne s’était jamais senti aussi trahi qu’à cet instant-là et lorsque Leopold révéla le deuxième nom, il se sentit vaciller une deuxième fois. Cassandre Harper. Une fille qu’il connaissait depuis l’enfance, presque, cette jeune fille de haute famille qu’il croisait à chaque évènement de la société sang-pur, cette insupportable Gryffondor qu’il avait eu quelques occasions de confronter. Une jeune sorcière qui avait un héritage familial presque aussi lourd que celui des Marchebank se trouvait être des leurs ? Non. Non, elle n’était pas des leurs, elle n’avait jamais fait partie de leur famille, pas plus que Kessy ou qui que ce soit d’autre.

« Cassandre Harper, répéta t-il, dans un souffle, avant de lâcher une exclamation de dédain. Cassandre Harper. Sérieusement ! Une autre sang-pur ! Comment peux-tu… C’est maintenant que tu me le révèles ? J’ai passé sept ans avec ces deux filles, et c’est maintenant que tu en parles ? Je ne suis pas en "âge de comprendre", non, je suis en âge de faire ma vie et tu viens de me dire qu’elle n’est rien de plus qu’un tissu de mensonges ! Cassandre Harper et Kessy Brooks, bon sang mais c’est quoi ce délire ?! C’est sûr que j’ai tellement de choses en commun avec la casse-pieds des Gryffondor et la nunuche de service. Il y a encore quelques mois j’étais fils unique et maintenant j’ai deux demi-soeurs de mon âge et un demi-frère en route, super. Sans compter deux demi-tantes et un demi-oncle plus jeunes que moi, une belle-mère qui a presque mon âge, vraiment quelle belle famille tu viens de me fabriquer en un coup de baguette ! Avec colère, il balaya d’un geste du bras le dossier sur la table qui avait mis son père dans l’embarras. Qu’est-ce que tu as "préservé", hein ? Mon enfance ? C’était bien la peine d’attendre pour mieux tout piétiner après. Tu n'as rien préservé du tout, tu as juste attendu d'avoir plus de choses à détruire. Tu aurais mieux fait de ne jamais rien dire à personne, à ce compte là. »

De souvenir, il n’avait jamais ainsi haussé le ton envers son père, il ne lui avait même jamais formulé tant de reproches. Il fallait dire qu’il ne s’était jamais senti autant trembler de colère et qu’il n’avait jamais éprouvé une telle déception à l’égard de Leopold. A cet instant, il ne parvenait pas à le voir comme le père qu’il aimait et qu’il respectait. Il avait perdu son estime, laissant en Dave un vide qu’il ressentait littéralement. Il était devenu un mari et futur père indigne qui avait trompé sa femme à plusieurs reprises au moment où elle attendait un enfant. Un homme lâche qui n’avait pas affronté les conséquences de ses actes, et laissé pourrir un odieux secret. Un menteur qui avait tenu certaines personnes au courant et pas d’autres, qui prenait trop tard la décision de tout révéler, et encore ! S’il ne l’avait pas poussé dans ses derniers retranchements, aurait t-il un jour dit quelque chose ? Cette pensée éveilla une autre vague d’indignation en lui, qu’il laissa éclater :

« Pourquoi je ne suis pas le premier à l’apprendre ? J’ai l’impression d’être le dindon de la farce. Encore une fois… Il n’avait jamais tout à fait digéré le fait que son père l’ait mis au pied du mur avec sa demande en mariage pour Rosaleen. Par pitié, ne me dis pas que tu comptes les reconnaître. J’ai accepté ton divorce, ton deuxième mariage, ta deuxième femme, ton deuxième enfant. Ne me dis pas que je dois m’attendre à ce que sorte un article sur les multiples adultères de Leopold Marchebank, le scandale de l’année. Ne me dis pas que tu attends de moi que je les considère comme ma famille. »

Sa voix tremblait légèrement, maintenant, moins de colère que de la déception teintée de désespoir qui l’engloutissait tout entier. Son ton cassant et ses répliques cyniques cachaient à peine les plus profondes raisons de son mal-être. Il avait toujours eu du mal à partager l’amour de son père, c’était pourquoi il avait eu du mal à accueillir Rosaleen et sa famille. Pourtant, il avait fait des efforts, il avait réussi à se raisonner, à leur ménager de la place, car il n’avait aucune raison valable de s’y refuser. Son père refaisait sa vie avec une autre femme et il l’avait fait proprement, avec un mariage, donnant par la même occasion une jolie situation à une femme qui méritait cet honneur, car oui, Rosaleen était une femme respectable, pleine de qualités que Dave ne pouvait nier. Au fond, ce n’était pas un mauvais choix alors il s’y était fait, et il ne pouvait pas exiger de son père qu’il ne se remarie jamais, sous prétexte qu’il était encore accroché à un couple parental qui n’existait plus.

Mais, accepter deux filles comme ses demi-soeurs, deux filles qu’il connaissait peu et qu’il avait engendrées dans le dos de sa mère ? Son père avait manqué à ses engagements et Dave devrait en accepter les conséquences ? C’était injuste, cela lui faisait mal, et cela ferait mal à sa mère aussi, parce que ce passé resurgirait et qu’elle passerait pour la femme dupée. De la même façon que son père passerait volontiers pour un coureur de jupons invétéré, un dévergondé même : son mariage avec une femme beaucoup plus jeune avait déjà assez fait jaser, qu’en serait t-il si l’on ajoutait des adultères au dossier, et deux filles illégitimes ? Cela encore, ce serait bien fait pour lui, même si Dave se doutait qu’il contrôlerait avec soin la façon dont la nouvelle passerait dans la presse s’il décidait de la rendre publique.

Au final, il trouverait un moyen de s’en sortir, d’assumer, et il aurait le poids de ce mensonge en moins. Pas Dave. Dave devrait commencer à porter la cruelle vérité et il n’en avait pas la moindre envie, il se sentait trahi, il craignait même que la famille qu’ils avaient un temps formé tous les trois ait été un simulacre. Car c’était ce que lui disait Leopold. Ses parents s’étaient lassés l’un de l’autre peu de temps après leur mariage, trompés mutuellement, puis vint la grossesse de Meredith, et alors ils avaient décidé de maintenir les apparences pour lui offrir un semblant de famille stable. Etait t-il même réellement le fils de son père, si même sa mère avait connu ses aventures, comme Leopold l’affirmait ? Comment cela s’était t-il vraiment passé au juste ? Dave se promit d’obtenir des réponses auprès d’elle dès qu’il pourrait, mais pour le moment, c’était à Leopold qu’il en voulait, pour avoir installé cette situation injuste.



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Le silence est parfois la meilleure des armes. Retranché prudemment dans le silence, Leopold laissait son fils exprimer toute sa colère, fort légitime, sans prendre ombrage de son ton ni de ses paroles. Dave ne lui disait rien que Leopold n'ait pas anticipé, imaginé et retourné mille fois dans son esprit, et pourtant, ses propos l'atteignaient tout de même. Peut-être avait-il été trop habitué à recevoir l'amour, le respect et l'admiration de son fils, même dans ses périodes d'adolescent grincheux. Or il percevait nettement la différence dans la façon dont Dave le percevait aujourd'hui : il y aurait un avant et un après, c'était évident.

Le coeur serré, Leopold accueillit sans chercher à se défendre les reproches de son fils et resta stoïque face aux questions exaspérées qu'il lui lançait. Peut-être qu'il avait commis une erreur, c'était même évident au vu de la réaction de son fils. Malgré tout, il continuait de penser qu'engendrer ses deux filles ne comptait pas comme une erreur, et c'était sans doute sur ce point que Dave et lui ne pourraient s'entendre. Non, il ne regrettait pas ses liaisons hors mariage, pas alors qu'elles lui avaient apporté deux filles admirables sur bien des points. La façon dont Dave percevait ses soeurs le toucha, assurément, mais il ne s'agissait que des préjugés d'un adolescent envers ses camarades de classe. Cela changerait maintenant que Dave connaissait la vérité, il en avait l'intime conviction.

"Je n'attends rien de toi, Dave., répondit-il d'un ton las. "Tu es libre de réagir comme tu le fais, je te comprends et je ne peux pas te dire à quel point je suis désolé que tu sois blessé, c'était la dernière de mes intentions. Quant aux filles, tu considères Cassandre et Kessy comme tu le souhaites, je n'ai pas à t'imposer de relations avec elles et ce sera ton choix de chercher à les connaître ou non. Elles partagent ton sang, certes, mais tu as effectivement été élevé comme un fils unique et le seul frère que je veux te voir reconnaître est Nicholas."

Il y avait tout de même une différence entre les filles issues d'un adultère et son jeune frère, issu de son second mariage, qu'il verrait naître et grandir.

"Maintenant, les choses sont clairement différentes pour les deux filles. J'ai respecté le choix de leurs mères en te gardant ce secret toutes ces années, mais si je t'en parle aujourd'hui, c'est bien que ce secret est en danger, et, oui, il va hélas éclater au grand jour. J'ai préféré que tu l'apprennes de ma bouche plutôt que de Multiplettes, et je préfère dicter moi-même à la presse ce qu'elle doit tirer de cette situation avant que nos ennemis n'inventent une histoire beaucoup plus sordide."

Leopold passa une main fatiguée sur son visage, conscient que son fils n'était pas prêt à entendre parler de l'image de la famille et de la politique. Il réagissait en fonction de son affect, et nul ne pouvait l'en blâmer. Pour autant, le ministre n'avait pas le loisir d'en faire de même.

"Cassandre a déjà une famille, un père et une mère qui l'aiment, qui l'entourent, une cellule familiale solide, qui va certainement être ébranlée par cette nouvelle mais qu'elle ne cherchera à mon avis pas à remplacer. Peut-être cherchera-t-elle à nous connaître, mais quelque chose me dit plutôt qu'elle réagira exactement comme toi... Elle partage peut-être notre sang, et je la perçois comme ma fille, mais je ne crois pas qu'elle ait envie que tu sois son frère d'avantage que tu ne veux d'elle à nos repas de famille, Dave. Les liens biologiques n'effacent pas le poids de l'histoire, même au sein d'une famille de sang-pur."

Leopold serait le premier heureux s'il se trompait dans cette analyse, mais il en doutait. Au fond, Leopold avait intégré depuis longtemps que Cassandre était hors d'atteindre, protégée par les griffes acérées d'Elizabeth. Heureusement, il n'en était pas ainsi de Kessy.

"En revanche, Kessy a grandi seule avec sa mère, en monde moldu, et elle a longtemps rêvé d'une famille plus grande, d'un père, de frères. C'est elle qui a cherché à savoir qui j'étais et à me connaître. Je ne compte pas la rejeter, ni l'empêcher de connaître Nicholas. Mais si tu ne souhaites pas qu'elle fasse partie de notre famille, alors je respecterai ce voeu et je la tiendrai à l'écart de nos réunions de famille", affirma-t-il en priant intérieurement pour que Dave accepte sa demi-soeur, une fois le choc de l'annonce passé.

"Mais tu sais... Tu peux être fâché contre moi autant que tu le souhaites, je le mérite certainement. Mais Cassandre et Kessy n'y sont pour rien, et ce sont deux jeunes filles formidables. Elles ne sont pas seulement la casse-pied et la nunuche de service, je ne peux que t'encourager à dépasser ces préjugés. Si tu préfères être fils unique, très bien, mais le cas contraire... Ne te prive pas du bonheur d'une fratrie à cause de ta colère envers ton imbécile de père."




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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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« Hmf ! s’exclama Dave, dédaigneux. Ne fais pas comme si ça ne t’arrangeait pas d’avoir gardé tout ça secret. Si tu m’en parles aujourd’hui, c’est pas parce que ton secret est en danger, c’est parce que je t’ai poussé à bout. »

Et maintenant, Dave était profondément agacé par la façon qu’avait son père de présenter les choses, de son ton las comme si tout ceci n’était que l’oeuvre funeste du destin dont il n’était pas responsable. Il ne supportait pas non plus son discours raisonné, il n’était pas prêt à l’entendre. Il n’avait pas envie de l’entendre parler des conséquences d’un fait qu’il n’était pas prêt d’accepter, or c’était tout ce dont il lui parlait. C’était lui-même qui avait posé la question, mais Dave se rendait compte que ce n’était pas ce qu’il voulait entendre, encore moins comprendre, et son père s’appliquait bien trop à lui exposer quelles possibilités il lui restait à son goût. A aucun moment il ne s’expliquait sur son geste. Au fond Dave ne savait même pas s’il le regrettait ou pas. Il était désolé  qu’il ait été blessé très bien. Mais était t-il désolé de ce qu’il avait fait ? D’avoir menti ? D’avoir trompé sa mère ? Dave n’était pas sûr de vouloir obtenir une réponse à ces questions. Au fond de lui, il se doutait que s’il n’avait pas commencé par s’aplatir en excuses là-dessus, c’est qu’il ne regrettait pas ses agissements.

Alors il ne formula pas sa question. Il fit simplement de son hypothèse une certitude qui s’accumula aux reproches qu’il voulait formuler à son père, sans parvenir à tous les exprimer, tant ils étaient nombreux, et pour certains, pas faciles à aller chercher au fond de sa colère. Dave balaya le sujet de Kessy et Cassandre en l’interrompant, décidé à ne plus entendre parler d’elles pour remettre sur le tapis sa juste déception :

« Tu es désolé que je sois blessé, très bien, mais tu n’es pas désolé de briser notre famille, visiblement. Tu ne l’es tellement pas que tu vas faire la même chose à Cassandre Harper, mais tout ça, ce n’est pas ta faute, non, c’est… quoi ? « Le poids de l’histoire » ? Laisse-moi rire, tout ça c’est uniquement parce que tu ne t’es pas tenu à tes engagements, c’est parce que tu as fait le choix d’avoir des aventures, le choix parfaitement conscient en sachant les risques que ça comprenait. Alors ne te présente pas comme le formidable père que tu aurais pu être pour ces filles que tu as de base fait naître dans un mensonge choisi et un secret de fait. Le soi-disant vrai père que tu n’as pas pu être à cause de leurs mères ! Toi et maman d’ailleurs, vous avez fait les mêmes choix, mais que je sache, Maman n’a pas accouché d’un enfant caché… Ou peut-être que si, tiens, qu’est-ce que j’en sais ! Si ça se trouve, je ne suis même pas ton fils ! »

Sa dernière phrase explosa comme la conclusion douloureuse à laquelle il arrivait. Son père venait de détruire toute la confiance qu’il lui portait, et possiblement celle qu’il avait en sa mère. A partir de là, comment ne pas tout remettre en question ? Pourtant, il ne poursuivit pas sur cette hypothèse, qu’il regretterait probablement d’avoir balancée dans une telle violence et qui l’effrayait trop pour qu’il y réfléchisse davantage. Il poursuivit sur un terrain moins glissant pour lui :

« Cassandre a un an de moins que moi, merde, comment oses-tu me dire qu’à l’instant où tu as su que j’allais naître, tu as voulu me faire grandir dans un cadre stable, s’il ne t’a fallu que quelques mois pour te précipiter dans les bras d’une autre femme ? Comment oses-tu ? Tu as répété exactement la même connerie, si construire un cadre stable pour toi c’est multiplier des secrets familiaux autour de nous, eh bien… »

Il ne conclut pas sa phrase, à court de formulations, mais ses joues rouges et sa respiration saccadée par les émotions terminaient pour lui. Il était énormément déçu, au-delà des mots pour le dire. Il n’avait jamais parlé à son père de cette façon, il en était lui-même sidéré, c’est peut-être ce qui le poussa à ne pas terminer son violent discours. Dave venait de baisser la tête, conscient qu’il franchissait des limites, mais pas moins en fureur et meurtri pour autant. Il se força simplement à ravaler le reste des mots venimeux qui lui brûlaient la gorge, comme retenu par un instinct qui lui soufflait de ne pas aller trop loin au risque de le regretter un jour. La seule dernière chose à laquelle Dave réagit fut la réplique par laquelle son père terminait son discours, et il parla d’un ton beaucoup plus bas cette fois :

« J’étais déjà très heureux avant. J’avais déjà une fratrie. Toi, maman, mamie Griselda… Je n’avais pas besoin de plus. »

Et il n’avait rien de plus à dire non plus, il ne voulait plus faire face à son père. Il ressentait désormais un étrange mélange de consternation, de tristesse, de malaise, et d’émotions tremblantes dues à la brusque retombée de sa fureur. Des larmes auraient pu lui rouler sur les joues aussitôt, Dave le savait et il ne souhaitait pas que son père en soit témoin. Alors il sortit de la pièce, non pas de la digne démarche d’une personne furieuse et indignée. Tout ce dont il donna l’impression, ce fut celle d’une fuite. Fuir cette atmosphère extrêmement étouffante, fuir la réponse son père, fuir tout ce que Dave était capable de lui rétorquer en retour pour aller s’enfermer là où il pourrait simplement se libérer de cette émotion insoutenable qui lui écrasait le coeur.


FIN DU RP.





Merci Vivi
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Qui conçoit en secret accouche en public [Leopold & Dave]

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