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 Habits [Meredith & Leopold]

Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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18 août 2009

"Monsieur le Ministre ? Est-ce que vous m'entendez ?"

Les paupières de Leopold se soulevèrent plusieurs fois, et lui semblèrent incommensurablement lourdes, alors qu'il tentait de faire la mise au point sur le visage au-dessus de lui. Sa vision, floue, mit quelques instants à se stabiliser et il finit par reconnaître avec un certain déplaisir les traits sévères de son médicomage attitré, et professeur émérite en médicomage, M. Goldzberg. Leopold se redressa péniblement dans son lit, fronça le nez lorsque l'odeur caractéristique de l'hôpital parvint à ses narines, et passa une main sur son visage fatigué.

"Que s'est-il passé ?", grommela-t-il d'un ton rauque, son regard balayant la pièce spacieuse dans laquelle il reposait. "Qu'est-ce que je fabrique à Sainte Mangouste ? Depuis combien de temps est-ce que je suis ici ?"

"Vous ne vous souvenez pas ?", s'enquit Goldzberg en l'observant de son air perçant. "On vous a amené ce matin, après votre petit accident avec le président égyptien..."

Leopold fronça les sourcils, alors que les souvenirs de la matinée affluaient brusquement dans son esprit. La rencontre diplomatique avec l'Egyptien, un bonhomme à l'attitude impériale et foutrement susceptible, qu'il avait voulu satisfaire en se prêtant aux formalités exigées par le protocole. Les relations entre les deux pays étaient fluctuantes, et il s'était pensé capable d'assumer un simple sort, il l'avait déjà fait auparavant... Un soupir d'agacement franchit ses lèvres alors qu'une vague d'humiliation le submergeait. Un petit accident, quelle façon de décrire cela, comme s'il était un petit garçon qui avait mouillé son lit... Leopold détestait cette sensation rance qui lui prenait la gorge et le faisait se sentir petit, médiocre et impuissant. Leopold n'était pourtant aucun de ces adjectifs, il le savait et se l'était maintes fois prouvé, mais lorsque ce genre de choses arrivait, il lui fallait toujours un peu plus de temps pour se le rappeler...

Après un instant de silence, il croisa le regard du médicomage qui affichait une expression de profonde sympathie, mêlée d'une once de reproches, et sentit la colère monter en lui. Merlin, qu'avait-il à le regarder comme s'il était un loup-garou à sa première pleine lune ! Il était Leopold Marchebank, par Merlin. Personne n'avait à lui dire quoi faire, et personne n'avait à le prendre en pitié.

"Quel sort est-ce que vous avez lancé ?", s'enquit l'homme sur un ton compréhensif qui exaspéra un peu plus le ministre.

"Avis", cracha Leopold d'un ton sec, dardant sur Goldzberg un regard irascible. "Simple apparition de colombes, symbole de paix... J'ai pensé que je pouvais l'assumer. Je ne comprends pas. C'est un sort de première année, j'aurais du pouvoir le faire, je peux le faire. Vous êtes sur que c'est ça ? Peut-être que je suis simplement surmené."

Simplement surmené... Leopold était surmené depuis des années, par rapport à la moyenne des gens, et il s'en était toujours très bien tiré. Moyennant un dangereux cocktail de substances, certaines légales comme le café ou le Ragnarov, et d'autres moins, mais les Marchebank étaient des gens coriaces. Il lui fallait plus qu'un peu de sommeil en moins et de stress en plus pour se sentir mal ! Il le savait, et à en juger par son air sceptique, Goldzberg le savait aussi...

"Certainement, monsieur. Il est certain que votre santé est mise à rude épreuve par le stress et vos habitudes de vie, ce qui ne peut que contribuer à déclencher ces épisodes. Néanmoins, il semblerait que ces derniers s'aggravent, sans que nous ne soyons plus en mesure qu'autrefois de déceler ce qui les déclenche, ni comment y remédier."

"Hé bien, c'est que vous ne cherchez pas assez", répliqua Leopold d'un ton péremptoire, avec une légère pointe de mépris. L'homme ne se laissa pourtant pas démonter, soutenant le regard du ministre, l'air sévère.

"Vous savez que nous avons constitué une équipe solide aux Mystères, regroupant quelques uns de nos meilleurs chercheurs. Hélas, pour l'instant, les résultats ne sont pas concluants. Nous allons être contraints d'envisager d'autres pistes que celles que peuvent nous fournir la génétique, la médicomagie ou la médecine moldue..."

"D'autres pistes ?"

Goldzberg sembla hésiter à lui répondre, soulevant la curiosité de Leopold. Son médicomage, bien que plutôt diplomate et empathique avec ses patients, n'était pas du genre à craindre la vérité. Il n'hésitait pas à l'asséner si c'était pour le bien de ses patients. Pourquoi alors une telle hésitation ?

"Je suis conscient qu'il peut être compliqué pour le Ministre de la Magie de laisser sa baguette magique au repos", commença le médicomage après un instant de silence.

"Compliqué ? Impossible !"

"Mais vous ne pouvez plus vous permettre ce genre de sortilèges, monsieur. Ni aucun autres, d'ailleurs. Votre coeur s'est arrêté ce matin. Nous avons bien failli vous perdre, et la prochaine fois risque de vous être fatale. Vous devez arrêter de pratiquer la magie, complètement, et peut-être définitivement."

Les yeux de Leopold s'étrécirent, alors qu'il secouait la tête en signe de négation. Longtemps, il avait redouté le moment où l'on finirait par lui donner cet ordre, persuadé au fond de lui qu'il finirait par venir, mais incapable de l'envisager... Le ministre pratiquait la magie avec beaucoup de parcimonie, mais sa fierté se raccrochait au fait qu'il pouvait toujours lancer un sort, si besoin s'en faisait sentir. L'idée que le moindre maléfice pouvait causer sa perte était tout simplement impossible à accepter pour lui. Pourtant, il avait senti son coeur se serrer et se pincer, ce matin, il l'avait senti lutter puis abandonner à mesure que les oiseaux s'envolaient de sa baguette. Il avait senti la peur l'envahir en même temps que toute lucidité et toute vie s'échappaient de lui... S'il n'avait pas en permanence une équipe médicale à proximité, il y serait resté. Pourtant, et comme à son habitude, il écarta cette pensée dérangeante de son esprit, refusant de la faire sienne. Ce ne serait pas sa réalité. Après tout, il avait l'habitude de défier l'impossible et de faire sa loi la vérité...

"Définitivement ? C'est ridicule, il y a bien quelque chose que nous devrions pouvoir faire ! Vous avez parlé d'autres pistes !"

Le médicomage observa le ministre nerveux et livide dans son lit d'hôpital. Leopold Marchebank avait-il conscience de l'image qu'il renvoyait, à cet instant ? C'était celle d'un homme qui poussait tant et si bien la vie, qu'il allait finir par se précipiter dans la mort... A ce stade, Goldzberg n'était pas certain de savoir s'il pouvait faire quoi que ce soit pour guérir Marchebank de sa maladie magique. La solution qu'il comptait lui proposer était celle de la dernière chance et, pour être honnête, il n'y croyait guère. Il y avait certainement une raison physique à l'impotence magique du ministre, comme à celle des cracmols ou des moldus, et sans doute guère de remèdes... En revanche, ce qu'il pouvait faire, avec l'aide de ses collègues, c'était aider Marchebank à mieux accepter sa condition, d'une façon ou d'une autre...

"Il y a bien quelque chose que nous pourrions essayer, en effet. Je souhaiterais que vous consultiez un psychomage. Rien ne nous dit que cela produira des effets, mais cela vaut toujours le coup d'essayer."

A l'air contrarié de Marchebank, Goldzberg vit que l'idée ne lui plaisait guère. Comme lui, il ne devait pas porter la psychomagie dans son coeur... Mais il comptait sur le fait que le ministre était suffisamment inquiet et désespéré pour se montrer ouvert à tous types de solutions. Et il avait raison.

"Très bien. Dans ce cas, je veux voir la meilleure."

"Je m'en doutais."

Le médicomage finit par s'éclipser, laissant le ministre seul avec ses pensées et son impatience. Il avait hâte de quitter ce lit d'hôpital pour retrouver ses responsabilités. Leopold ne pouvait pas se permettre de disparaître bien longtemps, déjà que l'Egyptien et sa cour avaient été témoins de sa déconvenue... Il comptait sur son service de Comm pour avoir trouvé une bonne excuse et avoir étouffé l'affaire. Pas un mot de tout ceci à la presse, ni même à Rosaleen et à sa famille...

Il était plongé dans ses pensées lorsque la porte de sa chambre privée s'ouvrit de nouveau pour laisser place à une femme blonde qu'il reconnut aussitôt comme étant la directrice de l'établissement de Skye... Leopold se redressa un peu plus dans son lit et lui tendit la main, un mince sourire aux lèvres. Ce qu'il détestait être vu dans cet état, dans cet endroit ! Mais Goldzberg lui avait interdit de bouger tant qu'il ne lui en aurait pas donné la permission. C'était sans doute le seul homme du pays à pouvoir lui donner des ordres... Et Leopold le détestait pour cela, même s'il lui devait la vie.

"Bonjour, Mrs Kane. Navré de vous avoir fait le déplacement, mais à en croire mon médicomage, il semblerait que je ne sois pas en suffisamment bonne forme pour me rendre jusqu'à votre bureau", dit-il sur un ton humoristique, qui dissimulait mal sa frustration.




Christoph Waltz, merci à Roy
Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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Une heure auparavant...


Même si sa patience était mise à rude épreuve, Meredith se contenta d'observer froidement son fils Walter qui semblait comme toujours se complaire dans son rôle de mouton noir de la famille. Caressant délicatement la circonférence de sa tasse, la mère mettait un point d'honneur à régler cette affaire familiale, et ce, avant de rejoindre son service à l'hôpital de Saint-Mangouste. Car en matière d'éducation il y avait des choses que l'on ne pouvait laisser passer, et qui nécessitait une prise en charge aussi sévère que préventive. Un instant, la psychomage but une gorgée de son subtil café, estampillé commerce équitable, et provenant de petits producteurs de la Colombie Magique; Puis elle finit par reposer sa tasse. C'était le signe que Walter devait se mettre à table, et cesser immédiatement son petit jeu de dupe. Un silence incroyable régnait dans l'appartement londonien des Kane; Seulement perturbé par le tic-tac de l'horloge du salon, à moins que ce ne soit le cœur du fiston indigne qui battait la chamade. Meredith poussa un bref soupir, avant de rééditer sa question.  

"Walter, je te le demande pour la dernière fois, alors tu as intérêt à me répondre dans la seconde, sinon tu peux d'ores et déjà dire adieu à toutes tes sorties : Comment expliques-tu la présence d'extraits de racines de Mandragore, soigneusement dissimulés dans le coffre à poupée de ta sœur Emmy? "

Le regard de Meredith sondait l'âme de son fils, tandis que celui-ci cherchait désespérément à lui fournir une réponse rationnelle qui puisse tempérer son courroux. Baissant les yeux, Walter ne fit que bredouiller de fausses justifications.

"D'abord, pourquoi c'est toujours moi que l'on accuse? Je partage ma chambre avec Emmy que je sache... Et puis c'est son coffre à poupée, non?! "

Les sourcils de Meredith se froncèrent d'impatience, édulcorant complètement la réponse formulée par son fils.

"Qui t'a procuré cette dangerosité? C'est très grave, Walter! Réponds-moi ou je me fâche pour de vrai! "

Le petit serpentard leva les mains en signe d'impuissance, sa voix vacillante tentant vainement de clamer son innocence.

"Mais c'est la vérité, maman. Je te jure que ce n'est pas moi! Pourquoi j'irai caché de la drogue dans le corps d'une poupée? Franchement? Je suis un garçon! Un garçon ça joue pas à la poupée, d'abord! C'est un coup d'Eva, c'est obligé, elle n'est même pas de la famille! "

Walter brillait autant par sa mauvaise foi que par son insolence! Mais là il venait clairement de franchir la ligne rouge. L'espace d'une seconde, Meredith voulut lui expédier une gifle cinglante sur sa joue rougie par le mensonge; Mais elle se ravisa, préférant privilégier le dialogue plutôt que la sanction physique.

"Je ne veux plus jamais t'entendre dire pareille absurdité! Eva fait autant partie de la famille que toi! Est-ce clair? " Elle attendit que Walter hoche la tête en guise d'assentiment, avant de poursuivre sa leçon. "Tes mensonges par contre, t'écartent complètement de nos valeurs familiales! Alors plutôt que de me mentir, et de vouloir toujours reporter la faute sur tes sœurs, j'aimerai que tu assumes enfin ta responsabilité! "

Meredith sortit alors l'objet du délit, qui prenait la forme d'une poupée à l'effigie d'Ana Sorden. Retirée depuis bien longtemps du marché des jouets, celle-ci avait étrangement atterrit chez l'honorable famille Kane. Un mystère qui en cachait un autre. Car, bien plus qu'une poupée monstrueuse de l'horrible bonne femme, elle n'était rien d'autre qu'une sorte de cheval de Troie qui recelait dans son corps une menace bien plus réelle. La psychomage dévissa la tête de l'affreuse sorcière en plastique, pour la vider de son contenu : Deux petits brins de Mandragore tombèrent alors sur la surface de la table du salon.

"Primo, jamais je n'accepterai qu'une poupée aussi détestable puisse se retrouver à portée de main de mes enfants. Deuxio, je t'ai surpris l'autre jour en train de manipuler cette chose, et de la cacher derrière ton dos. Tertio, je préfèrerai toujours une vérité aussi affreuse soit-elle à un odieux mensonge! Alors une fois pour toute, dis-moi la vérité Walter! "

Que Walter dissimule et découpe des articles de presse dans lesquels apparaissait Kessy Brooks en tenue légère, cela passait encore, c'était de son âge. Mais qu'il collectionne une relique de l'épouvantable mardolienne, tout en consommant de la drogue en cachette, c'était une pente plus que dangereuse pour l'adolescent... Jamais une telle chose ne se produirait sous le toit des Kane! Malheureusement, Meredith n'avait pas une vision globale de cette sombre histoire : Le problème étant que Walter avait fait une promesse à une fille bizarre de Poudlard, de ne jamais divulguer l'origine de cette monstruosité. Et lorsqu'il donnait sa parole, jamais le serpentard ne la trahissait. Ses résultats scolaires dans l'école de magie étaient tout bonnement catastrophiques, une chose peu commune quand on portait le nom de Kane. Son frère et ses sœurs étaient voués à la réussite, alors que lui pataugeait dans la médiocrité! Même Eva l'adoptée était plus crédible que lui en tant que Kane! Une chose que ne pouvait supporter Walter, et à laquelle il avait dû remédier. C'est alors qu'il s'était tourné vers une aide extérieure, qui n'était autre que la jeune Serdaigle aussi glauque que laideronne. Malgré sa bizarrerie, elle semblait avoir le béguin pour sa personne et était prête à consentir à certain service. En effet, sans rien lui demander en retour, elle l'aidait dans ses devoirs, où à comprendre certains chapitres incompréhensible étudiés dans les cours de magie. Une vraie professeur de soutien, qui ne cessait de lui offrir de vils présents, allant d'un pigeon mort à cette fameuse poupée bourrée de Mandragore...

Chenapan dans l'âme, et en rébellion contre le modèle familial; Walter avait voulu s'essayer à l'usage de stupéfiants! La pègre de Bristol, et les légendes qui circulaient à propos de la voix des Miracles le fascinaient au plus haut point. Le jeune serpentard se sentait l'âme d'un voyou, mais qui perdait toute sa crédibilité une fois revenu dans la réalité de sa vaste demeure familiale londonienne. Sa mère était un foutu modèle de sagesse, sans l'ombre d'une transgression qui puisse apporter un peu de piment à une vie moralement calculée aux millimètres. Walter s'interrogeait même sur sa conception, tant ses parents paraissaient naturellement distants, comme des robots dénués de désirs charnels. Walter aimait Poudlard, car l'école lui permettait de s'extirper de ce cocon étouffant que représentait sa famille si parfaite. Il avait une multitude de copains, et son air de mauvais garçon plaisait à un tas de jolies filles! Car voilà où résidait sa seule source de motivation, dans la multiplication des conquêtes féminines. Don Juan dans l'âme, il se servait de son coté charmeur comme d'une arme magique : La petite serdaigle glauque n'étant qu'une victime collatérale pour l'aider à se maintenir scolairement à flot, afin d'esquiver le conflit parental. Walter était un profiteur rusé, qui savait user des points faibles d'autrui à son profit.

Aussi clairvoyants avec ses patients, Meredith manquait parfois clairement d'objectivité quand il s'agissait de ses propres enfants. Walter, en parfait serpentard le savait, et comptait bien en profiter en reportant ses fautes sur le bouc émissaire idéal. Il se mit à pleurnicher pitoyablement, au moment d'exposer un énième mensonge.

"C'est pas ma faute, maman! Je te le jure! C'est une bande de gitans irlandais qui ne font que racketter les pauvres enfants du Parc d'Evengarden! J'ai tenté de résister, mais l'un d'eux, un grand rouquin balafré m'a menacé de la pointe de sa baguette! Je ne pouvais rien faire! Il m'a demandé de dissimuler son Traffic de Mandragore, et de le retrouver chaque mercredi au parc. Il menaçait de s'en prendre à Emmy, à vous, et aussi il disait savoir où j'habitais. Je t'en prie, maman! Pardonnes-moi! Je ne suis pas un vil drogué! Je suis un Kane! "

Secoué par ce poignant aveu, Meredith Kane s'empressa de se lever de sa chaise pour serrer très fort son fils dans ses bras. L'amour maternelle avait la faculté de duper même la plus fine des psychomages. Meredith sécha les larmes factices de son menteur de fiston, avant de le rassurer.

"Tu as bien fait de me le dire, Walter! Je vais régler cette histoire, et donner le signalement de ce dangereux individu aux autorités. Votre sécurité passe avant tout, et si nous devons déménager pour la retrouver, alors nous le ferons. Londres Magique n'est vraiment plus ce qu'il était jadis, et je trouve que la racaille inonde de plus en plus nos beaux quartiers. On se croirait presque à Bristol! " Elle embrassa le front de son fils, tandis que son bipper magique venait de vibrer dans l'une des poches de son tailleur. "Je suis désolée, mais on m'appelle pour une urgence. Nous en reparlerons ce soir, avec ton père. Veille sur tes sœurs en mon absence, et ne quitte pas la maison. Gilbertrude, notre domestique veillera également sur vous. De plus, je vais installer le portail de sécurité, et avertir la surveillance du quartier du danger. Tu ne seras pas, seul. A ce soir, Walter! Et merci pour ton courage de m'avoir révélé la vérité! "

Après avoir couver d'attention son troisième enfant, Meredith Kane finit par s'empresser de quitter le domicile familial pour répondre à l'appel du devoir.

*****

Le médicomage Martin Goldzberg s'empressa de la rejoindre, à peine eût elle franchit le seuil du prestigieux hôpital magique. Tout en marchant à grandes enjambées dans le couloir conduisant à son pavillon, Meredith l'écouta explique les origines de cette urgence.

"Meredith, je sais que vous n'étiez pas disponible aujourd'hui, et que vous aviez prit un jour de congé, mais j'étais dans l'obligation de vous contacter. Le ministre Leopold Marchebank a fait un malaise ce matin même, et vient tout juste de se réveiller. Toutes ses facultés motrices sont opérationnelles, aucun signe de traumatisme ou de lésions nerveuses, mais j'ai pensé qu'il devrait peut-être te consulter pour un désordre de nature psychologique... "

Meredith Kane saisit sa blouse de travail, la boutonnant soigneusement pour recouvrir son tailleur de luxe. Elle ne semblait nullement impressionnée à l'idée d'ausculter le Ministre de la Magie en personne, tant la psychomage était une véritable célébrité dans son domaine d'activité. En effet, elle avait pour habitude d'écouter les complaintes de nombreuses stars du Monde Magique.

"Tu as bien fait de me prévenir, Martin. La santé du Ministre passe avant toute autre considération. Tu lui a dit de patienter pour mon bureau? "

Le médicomage secoua la tête de gauche à droite.

"Non, je voulais le laisser se reposer, et lui éviter le moindre déplacement. Il se trouve dans la chambre réservée aux plus grandes personnalités de ce monde. Il t'attend. En tout cas, merci Meredith pour ta rapidité et sacrifier de ton temps personnel! Je ne sais pas ce que l'on ferait sans toi... "

Meredith adressa un dernier sourire en guise de remerciement au compliment du médicomage. Puis elle réajusta le col de sa blouse, saisit son carnet de travail et commença à se diriger vers la chambre où se reposait le Ministre. Elle poussa la porte et accueillit Leopold Marchebank avec un sourire aussi élégant que discret. Elle saisit sa main tendu avec douceur, avant d'entamer la discussion.

"Je suis la psychomage Meredith Kane. Sachez que je suis enchantée de faire votre connaissance, monsieur le Ministre. Même si j'avoue que j'aurai souhaité le faire dans d'autres circonstances. Je vous en prie, ne vous donnez pas la peine de vous lever, cela ne sera pas nécessaire. Comment vous sentez-vous? "

Meredith aurait apprécié lui confier son rôle au sein de l'île de de Skye, mais elle préféra conserver la discrétion à ce sujet, n'ayant eu à faire pour l'instant qu'à la chargée de communication du Ministère. Elle ne voulait point paraître trop prétentieuse, et préférait endosser sa blouse de psychomage, et se concentrer sur les maux du Ministre plutôt que sur sa situation personnelle. Elle glissa un coussin dans le dos de Leopold Marchebank afin d'améliorer son confort, et lui éviter le moindre faux mouvement. Le plus grand homme du monde ne manquait point d'humour et dressa de lui un portrait quelque peu alarmiste. Un léger sourire vint éclairer le visage froide de Meredith.

"Ne vous inquiétez pas trop, cela n'est certainement guère plus qu'un simple malaise vagal. Avec votre aide, je vais m'attacher à en découvrir les origines, et voir si nous prouvons trouver une solution efficace qui puisse vous éviter ce genre de désagrément... "

Meredith Kane sortit son carnet, et débuta une sorte d'interrogatoire.

"Pouvez-vous me décrire les circonstances exactes de ce malaise? Du moins, de tout ce dont vous vous rappelez... Dites-moi également si cet état de faiblesse passagère est plutôt de nature récurrente ou si c'était au contraire la première fois que cela vous arrivait... "

Pour rendre, cet interrogatoire un peu moins formel, Meredith chercha un ton moins péremptoire et plus amical.

"Je vous en prie, parlez sans ambages. Ni voyez aucun piège, mais uniquement de l'empathie. Je ne cherche qu'à déterminer l'origine psychologique de votre malaise, afin de pouvoir vous en débarrasser définitivement. Laissez-moi devenir cette amie loyale à qui vous oseriez confier votre désarroi, sans peur d'être jugé en retour. Aussi sinistre soit cette comparaison, il se dit que les psychomages gardent les tourments de l'âme de leurs patients encore plus secrètement que le ferait les murs d'une tombe. Surtout lorsque ceux-ci exercent une profession aussi exigeante que la vôtre. "

Le monde magique avait besoin de son sauveur, et Meredith Kane pouvait d'ores et déjà ressentir la responsabilité qui pesait sur ses épaules. Elle devait écarter toutes formes de trouble qui pourrait endiguer la volonté du Ministre.


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold eut du mal à retenir un sourire caustique lorsque les mots "malaise vagal" furent prononcés. Diantre, il aurait bien voulu avoir un simple malaise vagal ! Certes, un tel épisode, au beau milieu d'une réunion protocolaire avec l'un de ses homologues aurait été honteux pour son ego, mais bien moins inquiétant. Aux questions que Meredith Kane lui posa, le ministre lui comprit qu'elle ne savait rien de sa maladie, ce qui n'était pas très étonnant. Ce n'était pas quelque chose sur lequel on avait mis l'accent pour le faire élire, forcément. Un ministre qui ne pouvait pas pratiquer la magie, cela semblait invraisemblable ! Et pourtant, il n'y avait pas besoin de savoir lancer des sorts pour comprendre les enjeux de la présidence d'un pays et savoir naviguer dans les eaux troubles de la politique...

Il hocha la tête pour la remercier de ses paroles rassurantes. Leopold ne recherchait guère une "amie loyale", car c'était de toute façon un concept qui lui était étranger, mais il appréciait de savoir qu'il pouvait compter sur la discrétion de la médicomage. Quant à se confier... Leopold pouvait le faire, mais il doutait fortement que la charmante sorcière soit en mesure de trouver une origine psychologique à ses problèmes de santé, qui avaient déroutés les plus éminents des spécialistes britanniques par le passé...

"En réalité, ce n'était pas un simple malaise vagal", la contredit-il, "Je sais exactement quel est mon problème, mais personne n'a jamais su en trouver l'origine. Voyez-vous, je fais partie de cette rare catégorie de personnes qui sont touchés par une maladie magique les empêchant de pratiquer la magie. Oh, je ne parle pas de cracmols, en théorie, rien ne semble indiquer que je ne puisse pas lancer de sorts. D'ailleurs, je peux percevoir les phénomènes magiques, tels que les fantômes, comme n'importe quel sorcier, j'ai même déjà lancé des sorts, mais lorsque cela se produit, j'ai l'impression de forcer ma magie à se manifester et je sens une douleur dans ma poitrine, comme si mon coeur se contractait."

Il serra le poing, comme pour imiter la sensation ressentie.

"C'est ce qui s'est produit ce matin, je me suis forcé à utiliser ma baguette lors d'une réunion protocolaire... Et cette fois mon coeur s'est arrêté, heureusement, en tant que ministre, j'ai toujours un médicomage auprès de mes gardes du corps."

Un petit sourire caustique étira ses lèvres et il poursuit ses explications : "De nombreux spécialistes se sont penchés sur mon cas, mais personne n'en trouve la cause. La thèse la plus en vogue est celle de la génétique. Je ne suis pas seul à batailler avec une maladie qui affecte les capacités magiques, hélas, nous sommes trop peu nombreux pour que de réelles études aient été menées sur le sujet. Mon cas n'a été étudié que parce que je suis issu d'une famille de sang-pur - les influences moldues ne sont donc pas en cause - et parce que j'ai assez de pouvoir pour solliciter l'attention de la médicomagie..."

Leopold avait toujours su faire d'une faiblesse une force, même lorsqu'il était à Poudlard, mais ce n'était pas le cas de tous ceux qui se trouvaient dans son cas. Difficile de ne pas souffrir d'une déficience magique dans un monde où les nés-moldus étaient ostracisés. Depuis la fin de la guerre, et malgré l'avènement du MIM et l'ouverture du DOM, les mentalités n'avaient pas tant changé que cela. La preuve, personne n'était jamais ravi d'avoir un fils cracmol...

"J'ai pour projet de lancer des études sur le sujet au département des mystères, mais mes médicomages n'ont jamais été optimistes quant à un possible remède. S'ils me renvoient aujourd'hui à a psychomagie, c'est vraiment qu'ils sont désespérés, sans vouloir vous offenser", rit-il avant de nuancer :

"De mon côté, je me suis toujours demandé s'il ne s'agirait pas tout simplement de la magie occidentale qui ne me convient pas. Peut-être que la baguette, qui permet de canaliser et de concentrer la magie pour en faire une grande source de pouvoir, n'est pas l'instrument qu'il me faut. Mais la psychologie a peut-être son rôle à jouer également, à vous de me le dire... Il est vrai que je n'ai jamais connu un épisode aussi grave auparavant, au point de frôler la mort, et ce n'est sans doute pas un hasard si cela arrive dans une grande période de stress. J'ai tendance à ne pas ménager mes efforts, ni mon corps d'ailleurs..."

Son sourire s'agrandit, tandis qu'il pensait à ses longues nuits sans sommeil, à ses nombreuses bouteilles d'alcool vidées et à la drogue qu'il piquait occasionnellement à Roy. Remettre un homme pareil sur pieds relevait du challenge, et il offrait ainsi un sacré défi à cette Mrs Kane.

"Alors, contente d'être venue ?", interrogea-t-il avec un rire destiné à détendre l'atmosphère. "Un ministre sans pouvoirs... Je suis sur que vous ne devez pas voir des patients comme ça tous les jours."




Christoph Waltz, merci à Roy
Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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Se contentant simplement d'annoter les réflexions que lui inspirait le récit du Ministre sur les origines de son mal, la psychomage prit grand soin à ne pas lui couper la parole. En médicomage aguerrie, elle savait pertinemment que quatre-vingt-dix pour cent du diagnostic se trouvait là, dans les premières descriptions que faisait le patient sur sa pathologie. Pour Meredith, cela sonnait comme un challenge, tant cette défaillance magique semblait ronger le cœur du Ministre depuis bien trop longtemps. Pour le bon déroulement de sa carrière, il ne faisait pas l'ombre d'un doute que Leopold Marchebank avait enduré en silence cette gêne plutôt que de se risquer à l'exposer. Camoufler ses faiblesses pour ne mettre en avant que ses qualités, tel était le dur prix à payer pour les grands hommes. Dans l'arène politique, l'image que l'on renvoyait au public prévalait sur toutes considérations personnelles, même si pour cela il fallait s'écarter des sentiers de la vérité. Unis par le sacro-saint secret médical, le médicomage devenait alors pour l'homme de pouvoir, cet ami tant espéré vers qui l'on pouvait se confier en toute sécurité. Durant sa carrière, de grands politiques s'étaient d'ores et déjà confiés à la psychomage; Une multitude de maux de l'âme dont certains étaient parfois aussi malsains que insoupçonnés. Mais aussi horrible soit-il, pour rien au monde, elle n'aurait trahi la confiance de ses patients. Son professionnalisme et sa discrétion avaient d'ailleurs contribué à sa renommée.

Conservant un calme légendaire alors que Leopold Marchebank lui exposait les inquiétantes douleurs cardio-vasculaires qui survenaient lors de l'usage de la magie, Meredith Kane comprit que la récente crise ne devait point être prise à la légère. Bien qu’extrêmement rares, certaines maladies génétiques comme la Cardidiola-Magica pouvaient provoquer la mort du patient. Récemment, elle avait exercé un suivi psychologique sur un enfant atteint de cette pathologie souvent héréditaire, ce dernier ne pouvant faire usage de la magie sans craindre la venue d'un infarctus mortel. Mais une telle chose se détectait d'ordinaire très rapidement, dès l'enfance et l'apprentissage de la Magie. Selon les dires du Ministre, jamais auparavant, il n'avait enduré un tel degré de douleur, de quoi orienté l'origine de ce mal vers un facteur plus psychologique. Pour la psychomage, cette défaillance soudaine pouvait éventuellement provenir de la pression que devait indubitablement subir le Ministre dans l'exercice de ses fonctions. L'usage de la magie nécessitait une certaine concentration que pouvait venir détruire un stress trop important. Mais en relisant le rapport médical de Goldzberg, Meredith comprit que cela ne se limitait pas uniquement à une simple surcharge de pression. Si un sortilège aussi insignifiant que "Avis" provoquait une douleur dans la poitrine du Ministre... Quand serait-il avec un autre nécessitant plus d'énergie et de concentration? D'où venait ce blocage magique, et cette impossibilité à pratiquer une magie digne de ce nom? Etait-ce dû à un traumatisme? La réponse semblait beaucoup plus complexe et tortueuse qu'il n'y paraissait, et la psychomage savait qu'elle allait devoir creuser la conscience du Ministre pour dénicher ce qui l'entravait dans l'usage de la Magie.

Mais avant d'établir un constat trop alarmiste, Meredith Kane voulut détendre l'athmosphère et rassuré le Minsitre de la Magie. C'est pourquoi elle accompagna sa dernière boutade, d'un sourire aussi gracieux que discret.

"En toute honnêteté, pour un Ministre sans pouvoir, je trouve que vous avez plutôt bien mené votre barque. Vous pouvez me croire, la manière dont vous réussissez à diriger et rassembler le peuple autours de valeurs fédératrices, voilà un don qui n'est pas donné au commun des mortels. En cela réside votre magie; Et la force innée sur laquelle vous devez nécessairement vous appuyer pour dépasser votre récente mésaventure magique. Car la confiance nait dans la faculté de faire de ses faiblesses des atouts. Comme l'admiration des foules ne s'acquière pas par un sentiment d'omnipotence, mais dans la capacité à se sublimer. Voilà comment naissent les héros de la Nation : C'est ce qui a permis à Harry Potter d’accomplir sa destinée prodigieuse, ou encore à cette jeune fille du nom de Sasha Benson de vaincre cette sociopathe d'Ana Sorden. Si je ne m'abuse, ce n'est pas vos talents magiques qui vous ont permis d'extraire et de sauver ce nourrisson de la foule du Bloody Sunday, n'est-ce pas? Mais bel et bien votre courage admirable. Alors oui, en effet, je ne vois pas des patients comme vous tous les jours, et je vais tout faire pour vous aider à apprivoiser votre magie. "

Meredith caressa délicatement son dossier médical, avant de poursuivre ses explications.
 
Mais pour cela, il faut nécessairement apprendre à dompter ses inhibitions, afin de mieux pouvoir les anéantir. Dans le jeu politique, n'existe-t-il pas un adage qui conseille d'être proche de ses amis, et encore plus proche de ses ennemis? Et bien, nous allons faire exactement la même chose, mais avec les éventuels blocages qui obstrueraient votre conscience, et l'exercice de la Magie. Cela peut prendre du temps, mais sachez que je ne suis pas là pour vous juger, et que vous pouvez vous confier en toute sincérité. Ma seule volonté est de guérir les maux de l'âme, et je n'y arriverai pas sans votre entière collaboration. Si une telle chose vous parait envisageable, alors je vais vous demander de bien vouloir vous allonger sur le divan... "

Meredith se leva prestement, saisissant au passage sa baguette en bois de tilleul argenté, afin de changer le décor quelque peu terne de ce cabinet de Saint-Mangouste. A l'exception du sofa qui agrémentait l'un des angles de la pièce, le lieu ne se prêtait pas véritablement à la psychanalyse; Mais avec peu de chose, Meredith savait faire des miracles et bon usage de sa magie. D'un mouvement circulaire de sa baguette, elle donna à l'endroit une atmosphère lumineuse, dans laquelle le sol était tapissé d'une brume quasi-mystique. Telle une barque flottant au-dessus d'une mer de brouillard, le sofa invitait Leopold à la détente et à venir s'y allonger. D'un geste de la main, Meredith l'invita de nouveau à s'allonger.

"Je vous en prie, monsieur Marchebank. Après l'incident survenu ce matin, un peu de relaxation ne pourra que vous faire le plus grand bien... "

Comme par enchantement, une douce mélodie vint s'ajouter à la douceur de l'endroit. Entrecroisant ses jambes avec grâce, Meredith vint s'installer dans un fauteuil qui jouxtait le sofa, avant de s'adresser au ministre d'une voix paisible.

"Dans un premier temps, nous allons nous adonner à un exercice exutoire qui n'a rien de compliqué. Fermez les yeux, et respirez lentement, je vous prie. " Meredith marqua une courte pause afin de laisser Leopold Marchebank se détendre quelque peu, puis elle reprit sa séance d'une voix aussi douce que le miel. "Maintenant, j'aimerai que vous vous imaginiez dans la nacelle d'une montgolfière. Vous flottez encore au dessus de la masse nuageuse, mais vous sentez que vous perdez peu à peu de l'altitude. Voyez cette nacelle comme le refuge de votre âme, que vous allez devoir délester de ses pires regrets afin de regagner en hauteur. Peu importe leur ordre, ou leur degré d'intensité, mais dites-moi des souvenirs ou des remords qui pèsent encore aujourd'hui sur votre conscience. Vous pouvez librement les choisir, je n'exigerai de votre part que la plus grande sincérité... "

Meredith Kane laissa au politicien le temps de prendre sa décision. Peut-être allait-il jouer le jeu, ou lui rire au nez jugeant cet exercice trop irrationnel. La psychomage espérait gagner sa confiance, alors qu'elle ne cherchait qu'une chose : Ouvrir la porte derrière laquelle se réfugiait la conscience de Leopold Marchebank. Allait-elle y trouver de quoi lever le blocus magique dont souffrait le Ministre? Nul ne pouvait le dire encore...


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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A mesure de la médicomage mentionnait son courage exemplaire, allant jusqu'à le comparer aux héros de la nation tel Harry Potter, Leopold réalisait à quel point il serait ardu pour Meredith de mener sa tâche à bien. Il n'en avait jamais douté, bien sûr, étant donné sa personnalité pour le moins inhabituelle et sa culture du secret, mais le discours de la sorcière confirmait cette impression. Leopold avait berné tout un chacun, il n'existait pas une âme au monde qui puisse faire la liste de ses méfaits et qui connaisse la totalité de ses secrets... Meredith ne faisait pas exception, à penser que le courage l'animait, et n'avait visiblement pas bien saisi quel type de personne lui faisait face. C'était le calcul, l'intelligence froide et l'opportunisme qui l'animaient, bien plus que le courage...

Mais Leopold avait conscience qu'il devrait se plier à l'exercice s'il souhaitait rassurer son médicomage, et reprendre ses activités politiques sans l'avoir constamment sur le dos. Un bon rapport de cette Mrs Kane était donc important, et il se dirigea obligeamment vers le divan lorsqu'elle lui en intima l'ordre. Elle n'obtiendrait certainement pas son entière collaboration, car le mensonge et la dissimulation étaient devenus une seconde nature chez le ministre, mais il ne comptait pas se montrer récalcitrant pour autant. D'une part, Meredith semblait compétente, dévouée et, surtout, savait le caresser dans le sens du poil. D'autre part, il était un peu curieux, au fond, de savoir quel diagnostic elle parviendrait à dresser de son patient...

"Allons-y, ça ne peut pas me faire de mal de toute façon", commenta-t-il avec une pointe d'humour, lui faisant comprendre au passage qu'il n'était pas réellement convaincu par l'exercice. Il admira la médicomage qui transformait la pièce d'un coup de son élégante baguette, comme toujours un peu envieux en voyant de beaux actes de magie.

Pas contre une bonne sieste, Leopold se dirigea vers le sofa et s'y allongea en poussant un soupir de satisfaction. Il était confortable et la musique douce l'instaura rapidement dans un agréable état de torpeur, qui l'apaisait. Néanmoins, c'était surtout le sommeil qui le guettait à rester dans cette position, les yeux clos, la respiration lente et profonde, tant les bienfaits de la méditation lui étaient étrangers... L'image de la montgolfière le fit sourire intérieurement, et il songea avec condescendance qu'il n'était pas une ménagère venue se délester sur le divan de Meredith des tourments médiocres de son existence. Il lui faudrait bien plus qu'un tour en montgolfière virtuelle pour se délester de ses pêchés...

Exiger la plus grande sincérité de la part de Leopold Marchebank était aussi vain que d'espérer la plus grande honnêteté dans un article de Mildred Magpie. Des remords qui tourmentaient sa conscience ? ll en avait à profusion, et très peu à la fois : rare étaient ceux qu'il regrettait sincèrement, car sa conscience, ma foi... Ne l'étouffait pas. Pas une fois il n'avait été réveillé la nuit par le souvenir sanglant des cadavres amoncelés sur le pavé du Chemin de Traverse, par sa faute. Pas une fois. Au contraire, se souvenait-il plutôt du sentiment de toute puissance éprouvé alors, de la jubilation intense qu'il avait éprouvé le jour de son élection et, plus tard, lorsque le Magenmagot lui avait massivement octroyé les pleins pouvoirs...

Pourtant, il y avait bien un souvenir qui pesait sur sa conscience, un souvenir noir et honteux qu'il avait enfouis profondément au fond de lui, et qu'il ne comptait certainement pas révéler à qui que ce soit, et encore moins à une psychomage. D'ailleurs, il n'avait guère d'influence sur sa pratique de la magie, puisque il était récent, tandis que ses difficultés magiques dataient de l'enfance...

"Vous savez, Mrs Kane, un homme tel que moi a dû accomplir beaucoup de choses pour naviguer dans les hautes sphères de la politiques, des choses que la morale réprouve parfois, mais qui sont nécessaires pour le bien du pays... Si j'ai des remords ? Bien sûr, nous en avons tous, je regrette l'ineptie que fut mon premier mariage, je regrette les tourments que j'ai pu infliger à mon fils, à mes enfants... Mais ce qui m'a réellement construit, tout ce que j'ai pu faire pour me hisser au sommet ? Je ne puis réellement vous en parler, sans me trahir. Je ne peux les regretter non plus... Car ce serait me trahir, tout autant. Je suis fier de l'homme que je suis devenu, de tout ce que le FREE a réussi à accomplir, et accomplira encore. Ne voyez-donc pas un refus de coopération de ma part s'il y a certaines choses dont je refuse de vous parler... C'est plutôt que certaines de ces choses sont aujourd'hui des secrets d'Etat."

Ses lèvres se tordirent en un petit rictus amusé, et il observa pensivement son interlocutrice, s'enfermant dans un silence prudent. Parler de sa famille ne le dérangeait plus outre mesure maintenant que certaines de ses péripéties familiales avaient été étalées au grand jour dans la presse, et que sa réputation de Dom Juan n'était plus à faire. Évoquer ses machinations politiques le dérangeait beaucoup plus, dans la mesure où cela impliquerait de savoir faire taire Meredith Kane par la suite... de la plus radicale des façons, s'il le fallait. Autant lui épargner d'avoir à porter elle aussi le poids écrasant des vilenies du ministre en exercice...



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Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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Sans l'ombre d'une surprise pour la psychomage, le Ministre de la Magie entama les confidences avec la plus grande prudence. Sans doute obnubilé par une nécessité de se protéger de toute révélation hasardeuse qui puisse compromettre des secrets d’état, Leopold Marchebank avança à pas de loup sur le chemin des révélations. Encore méfiant, il choisit de ne se délester que de fardeau bien connu du grand public : Comme les travers de son mariage, les affres de la paternité, ou son devoir de politicien qui imposait parfois des choix qui allaient à l'encontre de la morale. En règle générale, cerner les désordres de l'âme des hommes politiques se révélait un exercice particulièrement fastidieux, tant ceux-ci n'étaient pas prêts et voulaient pas divulguer leurs faiblesses. Pour gravir les échelons du Monde Magique, en plus de savoir protéger ses arrières, il ne fallait montrer de soi que l'image d'un vainqueur, apte à triompher de toutes les épreuves. Assurément, il faudrait une multitude de séances pour que Leopold Marchebank ne daigne enfin à lever ne serait-ce qu'un recoin du voile qui obscurcissait sa conscience. Mais la première règle d'une psychomage était justement de ne pas être pressée, et de laisser le patient venir à elle plutôt que l'inverse. Meredith Kane se contentait alors de garder ses distances, son absence de jugement, et d'instaurer peu à peu un climat de confiance...

Contrairement aux croyances, il était parfois plus difficile de se confier à un proche qu'à un simple inconnu. En incarnant le rôle de l'étrangère qui n'aurait aucun jugement personnel à faire valoir, Meredith espérait contourner les barrières de méfiance du politique. Un exercice ardu mais qui avait le mérite de briser sa routine professionnelle. Car il fallait bien l'avouer, Leopold Marchebank était aux antipodes de ces patients habituels ! En effet, la grande majorité de sa clientèle ne venait que dans l'unique but de pouvoir déballer leur vie privée en toute liberté. Certains n'avaient même pas franchi le seuil de sa porte, qu'ils entamaient déjà leur récital nombriliste. C'était le cas du volubile Anwar Kabache qui excellait dans l'art de faire les questions et les réponses, ou encore de celui de la romancière Mildred Magpie qui n'éprouvait aucune gêne à donner des détails sordides sur ses frasques sexuelles. Si dans le premier cas, Meredith cherchait à démêler les nœuds d'une relation père-fils bien compliquée ; Pour son bien-être intérieur, elle devait avouer qu'elle n'écoutait qu'à moitié les monologues égocentriques et autres fantasmes inassouvis de la superficielle journaliste à scandale.      

Même en restant évasif, Leopold Marchebank avait d'ores et déjà gravit les premiers barreaux de l'échelle qui lui permettrait d'identifier les raisons de son blocage magique. Si souvent la cause d'un traumatisme se trouvait enfouie dans un évènement de l'enfance, Meredith préférait encore mieux patienter, que de faire un tel bond dans le passé. De son propre chef, le Ministre venait de lui lister ses principaux remords, d'ordre familiaux essentiellement, ainsi que les domaines dans lesquels il ne souhaitait pas s'exprimer, d'ordre professionnel cette fois-ci. Cela avait au moins le mérite d'être clair, et de toute manière la psychomage ne comptait pas aller à l'encontre de la volonté de son patient. Que ce soit pour des raisons de sécurité d'état ou pour dissimuler un lourd passif, si Leopold Marchebank ne voulait pas s'étendre sur son cheminement politique, il n'avait aucune raison de le faire. Pour l'heure, Meredith le laissa librement mener la danse, et l'introduire doucement mais surement dans sa vie familiale, afin de mieux pouvoir remporter sa confiance. Dans cette optique, elle se devait de le rassurer sur son éthique et sa grande conscience professionnelle.

"Monsieur le Ministre, soyez rassuré sur le fait que je suis tenue au secret médical et qu'à l'instar de mes autres confrères Médicomages, je me dois de respecter les préceptes qui engage ma moralité. Sachez également, que je ne vous demande en aucun cas de lever des secrets d'états, ce n'est ni mon intention ni utile de le faire. Croyez-en mon expérience, je peux vous certifier que la source de votre blocage magique réside dans votre construction individuelle, et non dans votre implication pour la Nation Sorcière... "

Signe d'une légère presbytie trahissant les méfaits de son âge, Meredith se dota de ses lunettes de lecture, afin de mieux pouvoir consulter ses notes.

"De ce que vous venez de me dire, il ressort un détail qui à mes yeux est tous sauf anodin. J'ai volontairement utilisé le mot "Regret" pour définir vos angoisses, et vous m'avez répondu par celui du "Remords". Vous devez savoir que le remords s'oppose au regret plus peut-être qu'il ne s'en rapproche. Certes, comme le regret, c'est un sentiment de tristesse, dans laquelle l'idée du passé y est essentielle. Mais le regret est un effort pour faire renaître quelque chose, tandis que le remords est un effort pour effacer quelque chose... "

La psychomage cherchait à décrypter d'où pouvait provenir cette subtile nuance qui hantait l'âme de Leopold Marchebank. C'est pourquoi, elle poursuivit son analyse.

"Regretter, c'est désirer que le passé soit encore. Avoir un remords, c'est désirer que le passé n'ait pas été. Le regret est la souffrance de ne pouvoir ressaisir ce qui est perdu, le remords est la douleur de ne pouvoir effacer l'ineffaçable. Est-ce que vous me suivez? "

Ayant conscience qu'elle venait de faire usage de son jargon de psychomage, Meredith tenta alors de recentrer son questionnement de manière moins théorique.

"L'important dans ce qui vous concerne, monsieur Marchebank, est de pouvoir clairement identifier et exprimer vos remords. Pour cela, je vous demanderai si vous l'acceptez de bien vouloir participer à un exercice introspectif, qui je vous l'accorde peut s'avérer quelque peu déroutant au prime abord... "

Meredith ôta ses lunettes, avant de détailler les règles du jeu auquel allait se prêter le Ministre.

"Bien que cela soit fort déplaisant, je vais vous demander de vous imaginer au crépuscule de votre vie, à cet instant fatidique où toutes les vérités peuvent se révéler sans avoir à craindre d'en subir les conséquences. Je veux également que vous m'oubliez, pour ne visualiser que vos proches réunis autour de votre lit de mort. Que ce soit votre ex-femme, votre épouse, vos enfants ; Vous êtes libre dans votre choix. Mais j'aimerai que pour chacun d'entre eux, vous exprimiez le remords qui le concerne. Alors puis-je comptez sur vous, monsieur Marchebank? "

Meredith esquissa alors un sourire qui se voulait rassurant...


Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold retint de justesse une remarque caustique lorsque la psychomage se mit à interpréter ce qui n'était, pour lui, qu'une simple erreur de vocabulaire. Le sceptique en lui se réveillait de nouveau, et il sentit l'impatience le gagner : n'avait-il pas mieux à faire ? Cherchait à analyser sa psychologie était vain, il en était persuadé, tant elle différait de la normalité. Ce qui était valable pour le commun des mortels n'était pas valable pour lui... Mais, sans bien savoir pourquoi, Leopold ne congédia pas miss Kane pour autant. Il dissimula tant bien que mal son agacement derrière un soupir et se redressa légèrement pour mieux réfléchir à l'exercice qu'elle lui soumettait. Quitte à être cloué dans un lit d'hôpital, cela ne pouvait pas lui faire de mal.

Pour mieux pouvoir se figurer la scène, le ministre ferma ses paupières et convoqua les silhouettes futures de ses proches autour de lui. La mort allait bientôt s'emparer de lui et l'entraîner vers l'oubli, il le sentait, mais il n'avait pas peur : son oeuvre l'avait rendu éternel... Et il en était fier. Pourtant, trop souvent, il avait lu la désapprobation, la rancœur et la déception dans les yeux de ceux qu'il aimait. C'était bien là son grand remord : n'avoir pas été à la hauteur de ces personnes-là. Cela n'avait pas d'importance à l'époque où il se croyait seul, à l'époque où il pensait que personne ne serait là pour l'accompagner vers la mort et le pleurer. Mais il réalisait aujourd'hui qu'il n'était pas aussi seul que cela... Tous les membres de sa famille se trouvaient là, mais ce fut à Dave qu'il s'exprima en premier :

"Dave...", commença-t-il, en essayant de ne pas penser au fait que son fils n'était pas réellement là. "Je regrette de ne pas avoir été un meilleur père et un meilleur modèle pour toi. Je suis désolé pour tout ce que je t'ai fait subir et pour t'avoir imposé toutes ces personnes dans ta vie, même si je suis heureux que tu ne sois pas seul, maintenant que je vais partir. Il te reste une famille."

Son esprit se tourna alors vers ses deux filles, et il marmonna : "Kessy, Cassandre, je regrette de ne pas m'être battu plus fort pour faire partie de vos vies dès votre naissance. Je savais que vous l'apprendriez un jour et que cela vous ferait souffrir, ainsi que Dave, mais j'ai préféré respecter les choix de vos mères. J'ai eu tort, elles ont eu tort."

Dans ce futur imaginé, le bébé Nicholas n'avait pas beaucoup grandi. Tout juste marchait-il... Pourquoi Leopold imaginait-il sa vie finir si vite, sa fin si proche ? Il ne le savait pas réellement. Au fond de lui, le ministre savait qu'il ne vivrait pas pour se voir perdre le pouvoir. Il avait atteint une voie de non-retour, sur laquelle ses proches ne pouvaient pas le suivre. Leopold pressentait cette issue, et pourtant, il savait qu'il ne ferait rien pour l'empêcher : il allait laisser derrière lui cette grande et belle famille qu'il était en train de construire, la perdre dans sa quête de grandeur. C'était ainsi.

"Nicholas, je suis désolé de te laisser grandir sans père. Mais tu as tes frères et soeurs pour veiller sur toi, tu as Rosaleen."

Leopold s'imagina alors se tourner vers son épouse, toujours belle et digne dans l'épreuve. A ses côtés se tenait le petit Oreste. Son coeur se serra un peu à l'idée qu'il peinait à soutenir le regard de Rosaleen. Il n'imaginait pas leurs rapports plus simples dans le futur qu'ils ne l'étaient aujourd'hui.

"Rosaleen... Je regrette de ne pas avoir su mériter ta confiance, ni t'aimer comme tu le mérites. Au départ, tu n'étais qu'une victoire de plus pour moi, la plus grande des conquêtes, mais tu es devenue bien plus que cela, et je n'ai jamais réussi à te le montrer."

Un silence suivit ses propos, et il finit par ouvrir les paupières avec embarras, incertain de la façon dont il était censé se sentir. Soulagé, éclairé, décidé à changer ? Pas vraiment. Plutôt gêné de s'être ainsi ouvert devant une personne extérieure, le ministre avait l'impression de s'être laissé aller à des bons sentiments qui ne lui ressemblaient guère.

"Eh bien, voilà", conclut-il en regardant Meredith de mauvaise grâce. "Cela ne nous avance pas beaucoup."




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Habits [Meredith & Leopold]

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