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 Bébé, Boursoufs et Ballons! [Pv Mildy/Rosaleen]

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Dimanche 9 Août 2009, Parvis des Folies Sorcières...

Une chaleur accablante frappait le parvis des Folies Sorcières qui accueillait en cette journée estivale, le plus grand rassemblement de sympathisants à la cause des Boursoufs. En effet, en ce jour de la Saint-Amour, toutes personnes désireuses de témoigner son attachement pour l'adorable petit animal à fourrure étaient généreusement conviées à cette réunion en plein air. Dans son rôle de Présidente de la Ligue protectrice des Boursoufs, Mildred Magpie ne faisait pas les choses à moitié, tant elle voulait faire de cet évènement un buzz médiatique. A l'abri des regards, sur les hauteurs de la terrasse du cabaret; Une quantité astronomique de ballons à l'hélium magique n'attendaient que le feu vert pour s'envoler dans l'immensité azurée. Toujours à l'affut de la moindre occasion d'entrer dans le livre des records, la romancière voulait réaliser le plus grand lâché de ballons jamais vu à ce jour. Nul doute que les petites sphères en forme de boursouf allaient sillonnées le Monde, au gré des alizés. Pour contrecarrer les rayons du soleil, Mildred avait pensé à installer de nombreuses tonnelles qui côtoyaient autant de parasols magiques, protégeant ainsi les convives et leur petit animal de compagnie. Car dans les réunions de la Ligue Protectrice des Boursoufs (LPB), il était de bon ton de venir accompagner de sa petite bestiole fétiche.

Abritée dans l'ombre d'une tonnelle pour VIP, Mildred Magpie ne dérogeait pas à cette règle élémentaire, enserrant son adorable petit boursouf contre sa lourde poitrine. Depuis la disparition de Jacob, Puffy était devenu sa seule famille. Pas une journée ne se passait sans que la journaliste à scandale ne témoigne de son profond attachement au petit animal à fourrure qui venait si bien combler le vide de sa vie sentimentale. Chaque fois qu'elle le voyait faire ses petits yeux arrondis, Mildred Magpie ne pouvait se soustraire à l'envie de claquer des bises bruyantes et humides sur la petite frimousse rose de son boursouf. Puffy représentait sa plus grande victoire contre l'arrivée imminente de la ménopause, lui attribuant le rôle compensatoire de petit bébé qu'elle n'aurait probablement jamais. Dans le secret de son coffre-fort, Mildred avait même dissimulé un testament dans lequel elle léguait l'intégralité de sa colossale fortune au petit animal rose! Dans l'éventualité, bien entendu où elle viendrait à périr avant celui-ci... Chose qu'elle espérait quelque part, tant l'idée de voir mourir Puffy lui tordait les entrailles. Puffy valait mieux que n'importe quel autre humain! Il n'était jamais animé de mauvaises intentions, et il sentait la fraise à longueur de journée! Bref, c'était un ange, auquel on ne pouvait point résister.

"Il est beau le fi-fils à sa maman! Oooooh que oui, qu'il est beau mon Puffy! "

Léchant avec affection les babines de son boursouf adoré, dans un baiser à la limite du convenable pour une femme de son statut social; Mildred en oubliait presque les règles de préséances quand l'un de ses employés de Multiplettes l'informa de l'arrivée de la première Dame. Dans les yeux de la romancière à guimauve, Rosaleen Marchebank incarnait la perfection à l'état pur. Aussi belle qu’intelligente, son parcours était digne d'un conte de fée, et alimentait sans cesse la rubrique people de son quotidien. Passant du rôle de Cendrillon, à celui de reine du bal; La populace l'aimaient profondément, et inondait le coin des lecteurs de nombreux hommages à l'intention de la première Dame. Comment pouvait-il en être autrement? Elle était à l'image d'un Boursouf : Juste adorable! Mildred Magpie, quant à elle, l'aimait autant qu'elle l'enviait. La sorcière rousse serait allée jusqu'à se rouler dans la crotte de troll, pour n'avoir ne serait-ce qu'une journée de la vie de la Première Dame! Alors qu'elle n'arrivait point à trouver le sommeil entre les draps rose de son lit désespérément vide, Mildred Magpie se plaisait à imaginer des rêves érotiques dans lequel les mains de l'homme le plus puissant du Monde Magique viendraient effleurer sensuellement la courbe de ses reins... Mais lorsque ses paupières mi-closes finissaient inévitablement par s'ouvrir sur son quotidien morose et solitaire, la romancière en mal de romance ne voyait poindre à l'horizon aucun Leopold Marchebank; Seul Puffy était là, fidèle au poste, pour lui faire sa fête...

Mais en ce jour personnellement maudit de la Saint-Amour, Mildred Magpie préférait ranger toutes formes de dépits amoureux, ou autres sentiments de jalousie à l'égard de celle pour qui tout réussissait. Au contraire, la directrice de Multiplettes se préparait à se couper en huit pour Rosaleen Marchebank, à l'affut du moindre de ses désirs, tant celle-ci pouvait lui offrir sur un plateau en argent le buzz médiatique de la période estivale. Car ce n'était ni le fait de lui décerner le titre prestigieux de présidente d'honneur de la LPB, ni même le coup de projecteur que cela induirait pour la sauvegarde des Boursoufs qui incombait à la journaliste. La seule chose qui obsédait littéralement Mildred Magpie était de voir le ventre de la première dame s'arrondir désespérément sans qu'elle n'ait réussi à obtenir l'exclusivité des photos de la naissance du futur bébé. C'était le scoop people de l'année, et il ne pouvait lui glisser entre les doigts! Au risque de détruire toute magie et intimité, Mildred voulait s'insinuer dans ce moment magique de la vie du couple ministériel. Quitte à salir sa french-manucure, elle était prête à arracher le cordon ombilical du futur bébé de la Nation, si cela pouvait lui octroyer une exclusivité. Quelques semaines auparavant, Mildred Magpie s'était rendue à Londres afin d'informer Leopold Leopold de son désir de prononcer un discours au Ministère de la Magie, en faveur de la sauvegarde des Bébés Boursoufs. Un faux prétexte pour aborder l'exclusivité journalistique de la future naissance du futur rejeton Marchebank; Mais ce jour-là, même son décolleté digne de la Pamela Anderson de la grande époque n'avait suffi à lui octroyer un droit de passage dans les allées du Ministère. Sous le joug de sa diabolique chargée en communication, le Ministre se tenait loin de la presse. Même corrompue jusqu'à la moelle, Mildred ne pouvait entrer aisément dans la sphère privée du Ministre...

Alors qu'elle commençait à perdre tout espoir, la journaliste reçut un hibou salvateur dans lequel Rosaleen Marchebank l'informait de son désir de s'investir dans la cause animale et la sauvegarde des boursoufs. Pur hasard ou coïncidence, Mildred y vit surtout une occasion inespérée de formuler son souhait le plus précieux. Par tous les moyens, elle devait extirper des informations croustillantes, ainsi que l'accord de la future maman. C'est pourquoi lorsque la silhouette arrondie de la première Dame se dessina dans l'embrasure de la tonnelle VIP, Mildred Magpie s'empressa de poser Puffy dans sa petite panière, pour ne se préoccuper que de la cible de toute sa convoitise. La romancière signifia sa présence d'une geste de la mains, tandis qu'un sourire aussi mielleux qu’intéressé venait déformer son visage de quadragénaire.


Le regard plissé de la journaliste se posa immédiatement sur le futur bébé e la nation qui ronronnait dans le ventre arrondi de sa jeune mère. Dans l'instant, n'écoutant que sa soif journalistique, Mildred aurait donné toute sa fortune pour que la Première Dame perde ses eaux, et révèle enfin aux yeux de tous le secret le plus caché du Ministère. La co-gérante des Folies Sorcières lui proposa immédiatement son aide en guise de bienvenue.

"Quel honneur madame Marchebank que de vous voir parmi nous! Mais mon Dieu, vous devez être exténuée avec cette chaleur. Je vous en prie, prenez appui sur moi. Nous allons vous apporter une chaise et un rafraichissement... "  

Offrant son bras en guise de soutien, Mildred claqua des doigts pour qu'un domestique des Folies s'empresse d'offrir une chaise en velours à la première dame ainsi qu'un cocktails de fruits multivitaminés pour le bien du bébé.

"Quelque chose d'autre vous ferait plaisir? "

Avant de lui révéler le déroulé des festivités et de cette grande rencontre associative, Mildred s'attachait à être aux petits soins avec son invitée si prestigieuse. Bien plus que la santé de la maman, et du futur bébé, ce qui l'obnubilait avant tous était le doux son des Galions qui accompagnerait forcément le droit d'exclusivité de cette naissance ô combien attendu par ses fidèles lecteurs...


Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Rosaleen avait reçu une éducation que ses grands-parents qualifiaient de parfaite : tout ce qui faisait le charme d'une jeune femme de bonne famille, l'argent en moins. Elle s'était toujours beaucoup demandé ce qu'il en aurait été si ses parents s'étaient livrés à son éducation mais c'était des pensées qu'elle chassait puisqu'elles ne menaient qu'à une mélancolie certaine. Quoiqu'il en soit, ses grands-parents avaient pris le relais à la fin de la guerre et s'étaient livrés sur leurs petites-filles au même genre d'éducation que celle reçue par sa grand-mère, qui manquait assurément de modernité. Rosie avait été une enfant sage, aussi avait-elle tout bien assimilé et ses actes de rébellion se faisaient toujours sous un souci de bienséance. Sa plus grande impertinence se trouvait dans ses études, qu'elle avait réalisé sous couvert de faire un excellent mariage : une fille bien éduquée était toujours plus agréable qu'une jeune femme enfermée à la maison depuis ses ASPICS, non ? Les Rosier n'avaient pas pu dire grand-chose, placés devant le fait accompli, Rosaleen appuyée par une toute-puissante Helen Harris. Mais malgré sa passion pour la métamorphose, elle avait toujours fait attention à ne pas trop mettre Lycaon en avant, pour ne pas passer pour une vaniteuse. Ils suffisait de voir le traitement que l'on réservait à Caecilia Selwyn, la nouvelle Mrs Greengrass – et elle avait sûrement un peu trop forcé son sourire à cette nouvelle – que l'on trouvait aisément vaniteuse.

Selon ses grands-parents, surtout sa grand-mère d'ailleurs, lorsque cette dernière était encore en vie, les qualités d'une femme étaient loin de résider dans la formation de son esprit – en dehors des tâches qu'elle devait accomplir – mais dans son agrément, son apparence, et dans ce qui faisait selon elle la marque des jeunes femmes de bonne naissance : la charité. Peu importe à quel point on pouvait être érudite – et il n'était jamais bon de trop l'être – il fallait le taire, sourire, et paraître. Cela, elle l'accomplissait parfaitement. Et son mariage avec le Ministre de la Magie lui donnait tout loisir d''exploiter cette qualité. Devenir la Première Dame du Royaume-Uni l'avait propulsée sur le devant de la scène de manière inattendue et elle avait dû apprendre à le gérer. Elle qui avait subi pendant longtemps les regards pour de mauvaises raisons, le nom de sombre réputation qu'elle portait alors, avant de pouvoir se fondre relativement dans la masse. Son mariage avec Leopold lui donnait une renommée d'une autre toute manière : tout le monde semblait se passionner pour son histoire, portée par Multiplettes et sa rédactrice-en-chef Mildred Magpie.

Elle avait essayé de tempérer les choses au début : elle n'avait rien d'une mère courage qui avait porté sa famille à bout de bras. Elle n'était qu'une enfant quand tout cela était arrivé, l'avait d'abord rejeté en bloc, portée par le chagrin de la perte de sa mère et de son frère. Elle n'avait pas toujours eu ce message plus apaisé sur la guerre et les deux camps, c'était le fruit d'un long cheminement qui avait dicté son adolescence. Elle avait eu ses faiblesses, ses lâchetés – lorsqu'elle avait courbé le dos devant ceux qui s'en prenaient à Théo à Poudlard – des doutes et beaucoup de colère, avant que cela ne s'apaise. Mais plus elle essayait d'expliquer les nuances de son histoire, plus l'on semblait s'y passionner, plus on mettait cela sur le compte de la modestie. Le service communication du Ministère lui avait dit que c'était une bonne chose, qu'elle bénéficiait d'une opinion très positive de la population. Ils n'avaient pas formulé les choses, ils n'auraient jamais osé devant elle, mais Rosaleen avait bien compris qu'on voyait soit en elle une pauvre victime de guerre qui avait su se relever, soit une pauvre jeune femme naïve et opprimée, mariée à un homme de l'âge de son père. Dans les deux cas, cela lui attirait des sympathies. La mort brutale de ses grands-parents avait été le summum de cette situation et elle avait vu les courriers de condoléance se multiplier de manière phénoménale.

Mais puisque sa position lui attirait  la bienveillance des gens et puisque le rôle de la Première Dame se rapprochait de celui d'une jeune femme de bonne famille, elle avait appliqué les principes de sa grand-mère : elle serait souriante, agréable et charitable. A son emploi du temps déjà donc bien occupé entre ses études, son mariage et sa grossesse qui arrivait sur sa fin, Rosaleen s'était lancée plusieurs œuvres caritatives. Celles qui la touchait le plus et dans lesquelles elle s'investissait le plus concernaient les enfants, plus particulièrement les enfants touchés par les drames de la guerre ou plus récemment du Bloody Sunday, de la guerre des gangs ou de la consummeuse. Elle voulait leur donner toutes les chances pour réussir dans la vie, malgré l'absence de leurs parents. Une maison de famille, puisqu'elle trouvait bien trop brusque le nom orphelinat, avait été installée dans l'un des anciens manoirs sang-pur confisqués par le Ministère durant la guerre. Les enfants y étaient pris en charge par des éducateurs, menaient une sorte de vie de famille, grandissaient ensemble. Les dons servaient à l'entretien et à la logistique de l'établissement et surtout à assurer de nombreux éducateurs au sein de la maison afin que les enfants puissent être suivis de plus près, moins dans un groupe. Elle s'y investissait beaucoup.

Mais plus récemment, elle avait reçu dans les papiers qu'elle recevait du Ministère, une lettre du service de communication – encore eux – attirant son attention sur l’œuvre de charité de Mrs Magpie. Une nouvelle  fois, rien n'était dit clairement, mais ces gens avaient l'art de se faire comprendre sans jamais avoir l'air de le faire, on lui avait fait comprendre que les liens avec Mrs Magpie étaient importants – c'était pour cela qu'elle avait accepté quelques semaines après son mariage un entretien avec elle – et qu'il serait bien qu'elle se rapproche de sa cause. Rosaleen était mitigée quant à la journaliste, qu'elle avait trouvé plutôt sympathique mais également assez... envahissante. Elle ne se sentait pas entièrement à l'aise en sa présence et ne serait pas allée spontanément vers elle mais si c'était important pour le Ministère, et donc pour Leopold.... Rose considérait que cela relevait de sa fonction et de son devoir et avait donc répondu à Isobel Lavespère qu'elle serait absolument ravie de prendre contact avec Mrs Magpie.

Et voilà donc pourquoi, en plein mois d'Août et en fin de grossesse, elle s'était rendue à Bristol sur le parvis des Folies Sorcières pour assister à un gala sur la protection des bébés Boursoufs. Loin d'elle l'idée de vouloir classer les misères, mais elle n'était pas certaine que cela soit la plus grande difficulté du monde sorcier... Tous les gens présents semblaient être accompagnés de ces petites choses, éclats colorés dans la foule présente. Accompagnée du service d''ordre qui la suivait partout, elle s'était dirigée vers la tonnelle principale où Mildred Magpie l'attendait, visiblement très heureuse de la voir, et Rosaleen se sentit immédiatement quelque peu coupable de ses pensées un peu rudes. Visiblement attentive, la rédactrice-en-chef s'était précipitée pour l'aider et Rose lui retourna un sourire.

- Tout l'honneur est pour moi, Mrs Magpie, assura-t-elle. La cause que vous défendez vous tient à cœur, c'est un très bel ouvrage que vous avez réalisé là.

En effet, le parvis était empli de tonnelles pour protéger les sorciers présents de l'ombre et quelques serveurs circulaient pour offrir des rafraîchissements. La chaise qui lui fut apportée fut un certain soulagement pour elle, qui était effectivement fatiguée par la lourde chaleur et le bébé. Le mois de Juillet n'avait pas été facile, bien qu'elle se soit principalement abritée derrière les murs frais du manoir Marchebank et, Rose devait l'admettre, elle avait très envie que la naissance arrive pour retrouver un peu de liberté de mouvements mais, aussi, pour connaître leur bébé. La maternité avait toujours été une ambition pour elle, elle aimait les enfants, elle aimait prendre soin d'eux et avait très envie de fonder sa famille. De s'occuper de ses enfants, de les voir grandir, de prendre soin d'eux... C'était pour elle un accomplissement.

Néanmoins, avant de pouvoir accéder à cela, elle devait atteindre encore quelques semaines. Elle accepta avec plaisir le jus de fruits que lui fit servir la rédactrice-en-chef de Multiplettes, tandis que ses yeux se promenaient sur la foule, sa main machinalement posée sur son ventre très rond, dissimulé par une robe blanche.

- Non, je vous remercie. Elle lui adressa un nouveau sourire, laissant planer un léger silence avant de reprendre la parole. Je dois vous avouer que je ne suis malheureusement pas familière avec la cause des Boursoufs, auriez-vous l'obligeance de m'en entretenir ?


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Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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La tactile Mildred Magpie passa une main dans le dos de la première Dame, afin de l'attirer à l'écart de l'effervescence naissante. La future maman ne prenait pas son rôle à la légère et s'interrogeait déjà sur les règles à suivre dans cette journée inaugurale à la gloire de la cause Boursouf. Dans sa modestie toute en élégance, elle ne se rendait point compte de l'impact populaire dont jouissait sa personne. Sa seule présence suffirait à booster les dons de manière inimaginable et faire de la sauvegarde du Boursouf, une priorité nationale! Rosaleen Marchebank était de loin l'une des personnalités les plus appréciées, et le courrier des lecteurs de Multiplettes débordait d'éloges à son sujet. Sans le savoir, elle était devenue comme l'héroïne d'un feuilleton, une sorte de Lady Diana du Monde Magique à qui l'on souhaitait bien entendu un destin plus radieux. Dès lors première entrevue, Mildred avait reniflé la bonne affaire, et la mine d'or qui se dissimulait derrière les traits angéliques de cette belle princesse des temps modernes. Un filon que ne cessait d'exploiter la journaliste à scandale au travers ses nombreuses et dithyrambiques chroniques people, et qui suscitait chez ses lecteurs une passion quasi inaltérable. Les sondages de popularité pouvait d'ailleurs en témoigner : Rosaleen Marchebank était A-du-lée! Notamment chez la sorcière ménagère de moins de cinquante ans, qui voyait en elle un exemple à suivre et une petite cendrillon des temps modernes. De quoi faire bien des envieuses...

Pour ne point compromettre les ventes de journaux, Mildred Magpie étouffait une certaine jalousie à l'égard de Rosaleen Marchebank. Toujours désireuse de ce qu'elle n'avait pas, la sorcière rousse se serait damnée pour vivre ne serait-ce qu'une journée du quotidien idyllique de la première Dame. Pour l'heure elle se contentait de percevoir celle-ci qu'au travers de sa plume à papote; Plus que le titre honorifique et la vie de château de femme de ministre, ce que Mildred enviait le plus chez cette ravissante parvenue résidait dans l'admiration que lui vouait la foule. Même si la romancière à l'eau de rose jouissait d'une certaine popularité, surtout auprès des jeunes adolescents, elle se retrouvait encore à des années lumières de disposer de la réputation de la Première Dame. Là où cette dernière faisait l'unanimité, Mildred divisait l'opinion. Parfois, elle était même haïe, comme c'était le cas chez les pauvres où les "gueux sans dents" comme se plaisait à les nommer la romancière richissime. Il ne se passait pas une journée sans que la rédactrice de Multiplettes ne reçoive du courrier d'insultes à son encontre. La plupart du temps anonyme, elle se voyait affublée des sobriquets blessant de "Marie-Antoinette des Folies", "de morue défraichie" ou encore un autre plus curieux de "Vieille miauleuse du Port de Bristol". Aussi blessantes soient les insultes, rien n'inquiétait davantage Mildred que les menaces de mort! En effet, depuis sa mésaventure pigeonnesque, les extrémistes anti-Free la prenait de plus en plus souvent pour une cible à abattre. Dans ce registre, elle avait reçu une inquiétante missive dans laquelle on la traitait ouvertement de collabo, avec une sorte de poulpe tatoué sur le front...

Tandis que Mildred craignait pour sa sécurité et collectionnait les lettres d'insultes; La première Dame, quant à elle, ne recevait que des messages d'encouragement et de soutien pour sa grossesse. Le Monde Magique était en ébullition à l'idée de voir venir au monde celui que l'on surnommait déjà le "Bébé de la Nation". Mildred Magpie, en reine de la presse people voulait réellement soutirer des scoops croustillants à la future maman, mais pour l'heure elle jouait la carte de l'innocence sournoise. Le faciès hypocrite de la romancière se déformait en autant de sourire mielleux, tandis qu'elle accompagnait Rosaleen dans une zone plus calme et ombragée du Parvis des Folies Sorcières.

"Je vous rassure ma chère, vous n'aurez guère d'autre chose à faire que d'afficher votre gracieux sourire et tirer sur un beau ruban rouge qui déclenchera le plus merveilleux lâcher de ballons jamais vu à ce jour! Le simple fait que vous soyez là pour nous apporter votre soutien, va aider profondément la Ligue Protectrice des Boursoufs dans son combat, et en cela je ne sais comment vous remercier. Mes lecteurs ne se trompent pas à votre sujet, vous êtes une personne admirable! "

Une lueur presque enfantine traversa le regard de fouine de Mildred, tandis qu'elle laissait déborder son trop plein d'enthousiasme.

"D'ailleurs je suis certaine que mon Puffy, qui n'est autre que mon Boursouf de compagnie va vous adorer! Vous verrez il est trop câlin et rien ne serait plus beau, que si vous pouviez le tenir dans vos bras devant la foule réunie du parvis! Je vous en prie! Cela ferait une si belle photo! "

Mildred lâcha un soupir d'extase, avant de souffler une confidence à Rosaleen.

"Vous savez mon Puffy, c'est le soleil de ma vie. Dans mon cœur, il remplace le bébé que je n'ai jamais eue... "

Le regard de la romancière se pausa alors astucieusement sur le ventre arrondi de la première dame, avant de lui demander innocemment.

"En parlant de bébé... Comment se passe votre grossesse? Ce n'est point trop pénible? On dirait que le grand jour se rapproche! Vous devez être si impatiente! "

Les boursoufs pouvaient attendre, car il était temps de passer aux choses sérieuses! A savoir, obtenir des informations confidentielles ainsi que l'exclusivité journalistique sur le futur bébé de la nation que tout le monde attendait impatiemment. Un sourira étira le visage pale de la journaliste rousse, tandis qu'elle imaginait le joli pactole qui se cachait derrière ce ventre si gracieusement arrondi...


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Rosaleen était quelque peu soulagée d'apprendre que son rôle dans cette journée serait limité. Depuis l'élection de son époux, sa présence dans ce genre d'évènements était devenue coutumière mais elle ne se faisait pas toujours au fait d'être ainsi le centre de l'attention après avoir entretenu l'ombre durant des années. Elle se sentait toujours accessoire dans ces moments de représentation même si elle comprenait aisément l'intérêt médiatique d'un tel poste. N'était-ce par le service de communication du Ministère en personne qui s'était tourné vers elle pour qu'elle soit présente aujourd'hui ? Elle représentait une vignette plus positive de son mari, plus douce, tournée vers les autres. Les bonnes actions de la Première Dame servaient l'image du gouvernement : c'était pour cela que sa présence était requise. Dans un sens, même si elle n'était pas très à l'aise, elle appréciait cette fonction. Cela lui permettait de se livrer à des entreprises qu'elle n'avait pu aborder avant, par manque de moyens. Le fait qu'elle soit relativement libre de choisir les domaines d'actions qui lui plaisait lui avait permis de se consacrer à des causes dans lesquelles elle croyait, c'est-à-dire les enfants. L'ouverture d'un orphelinat à la campagne pour élever les enfants comme dans une grande famille avait été sa première étape. Elle avait également participé à la fondation d'une Association d'aide aux familles monoparentales et désormais, la prochaine étape était la construction d'une aile pédiatrique à Sainte-Mangouste et d'une maison de parents pour que ces derniers puissent rester auprès de leurs petits hospitalisés.

- Un lâcher de ballons, c'est une idée adorable, commenta Rosaleen avec sincérité.

Elle était venue, pour être tout à fait honnête, avec une certaine circonspection. Elle n'avait pas vraiment l'impression que les Boursoufs étaient une cause très prioritaire... Ils n'étaient pas en voie de disparition, discriminés et rarement maltraités, souvent adoptés dans des familles plutôt aimantes. Mais après tout, on ne pouvait pas savoir, elle avait cru entendre parler de tests de potions sur ces petits animaux. Il ne fallait pas classer les misères et elle regrettait déjà ses pensées un peu ingrates, aussi répondit-il par un sourire aux paroles de Mildred Magpie qui s'extasiait sur son Puffy.

- Je suis là pour vous aider, Miss Magpie, donc si vous pensez que cela peut soutenir votre cause, je le ferai avec plaisir.

Elle n'aimait pas du tout les bains de foule, encore plus depuis qu'elle était enceinte et faisait très attention à son bébé, mais elle était certaine qu'elles trouveraient toutes les deux un arrangement pour faire au mieux. Rose était arrivée avec une certaine appréhension vis-à-vis de son interlocutrice, elle était ressortie de leur première interview avec un certain sentiment de malaise, mais elle sentait son avis sur cette dernière changer petit à petit. Tout d'abord, elle se montrait très cordiale et chaleureuse, très attentive même, et la dernière confession qu'elle lui fit toucha véritablement Rosie. Elle qui avait toujours voulu fonder une famille, élever des enfants, ne pouvait que s'émouvoir devant la détresse que Mildred laissait entrevoir en affirmant que son Puffy était le bébé qu'elle n'avait jamais eu. Elle avait eu de la chance : en se mariant, avec un homme qui était aussi prêt à être de nouveau père, elle avait pu accomplir ce rêve mais se sentait profondément empathique avec Mildred qui n'avait pu le faire. Envahie de sympathie à son égard, le sourire de Rosaleen fut plus sincère que jamais et elle posa une main sur l'arrondi plus que prononcé de son ventre.

- Tout se passe très bien, je vous remercie. La chaleur de cet été est un peu pesante mais je suis bien entourée, alors c'est supportable. Mais pour tout vous avouer, j'ai effectivement très hâte de rencontrer cet enfant, de le tenir dans mes bras... Les dernières semaines sont longues, précisa-t-elle avec un léger rire.

Elle parcouru la foule du regard, avant de se tourner de nouveau vers son hôtesse.

- Quelles sont les principales actions de votre association ? interrogea-t-elle poliment. Cette levée de fonds a-t-elle un objectif défini ?


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Bébé, Boursoufs et Ballons! [Pv Mildy/Rosaleen]

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