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 Le petit chaperon rouge [Nathanaël/Abigail]

Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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Dernière édition par Abigail O'Brien le Sam 21 Mai 2016 - 14:29, édité 1 fois
Ecosse - Juillet 2009



Quelques jours étaient passés depuis ma "mauvaise" rencontre à la librairie. Etant d'un naturel plutôt optimiste, je l'avais vite oubliée. Enfin, non, j'y repensais parfois, le soir, dans mon lit, quand je lisais pour essayer de m'endormir. Je devais bien avouer que Nathanaël m'intriguait. Mais pour autant, je n'avais pas envie de le recroiser. Oh non, vraiment pas ! Mais je n'y pensais pas suffisamment pour que cela m'empêche de réellement profiter de mes vacances.

Depuis, je me promenais. Je faisais de longues randonnées, profitant des paysages qui se dévoilaient sous mes yeux. L'Ecosse était magnifique. A certains endroits, elle me rappelait l'Irlande et j'en ressentais même une petite pointe de nostalgie. Il me tardait d'y retourner, avant la fin de l'été.

Ce que je préférais, dans mes promenades, c'était quand je tombais, au détour d'un chemin, au sortir d'un bois, sur une vieille bâtisse, souvent en ruines, témoins du temps passé. Même si la plupart de ces bâtiments étaient désormais à l'abandon, ils n'en étaient pas moins magnifiques. Et face à ces vieilles pierres, mon imagination galopait. Je m'imaginais qui avait pu vivre là, à quelle époque, ce qu'ils faisaient. Invariablement, dans mes rêves éveillés, il y avait toujours une jeune femme qui, à un moment donné, se voyait avouer des sentiments par l'homme qu'elle aimait en secret. J'étais une indécrottable romantique, je l'avoue de bonne grâce. Romantique, et seule aussi. Mais c'était comme ça.

La plupart de mes balades, je les faisais avec un livre à la main (ou au moins dans ma poche) de sorte que si je trouvais un endroit qui me plaisait particulièrement, je m'y arrêtais pour lire un peu.

Ce jour là, mes pas m'avaient amenée à l'intérieur d'une forêt. Une magnifique et grande forêt. Elle devait être très vieille vu la taille des arbres qui la formaient. Et cette forêt-là n'avait pas été créée par la main de l'homme, c'était certain. Il y avait un tel fouillis qu'il en était parfois difficile de suivre le sentier. A un moment donné, j'avais atterri dans une clairière et je m'étais posée quelques instants pour lire un peu. Jane Eyre, histoire de changer. Pour ma défense, je ne cessais de relire ce livre dès que j'en avais l'occasion et en particulier lorsque j'étais en vacances. Ce qui, bien sûr, ne m'empêchait pas de lire autre chose ! Hey, je n'avais rien d'autre à faire de mon temps libre. Je n'avais pas non plus envie de faire autre chose, d'ailleurs, il fallait bien l'avouer.

Au bout d'un certain temps, je m'étais dit qu'il était l'heure de rentrer. Je commençais à avoir un peu froid et je craignais que la nuit ne commence à tomber avant que je ne sois rentrée. J'étais restée tellement longtemps à lire... Et je n'avais pas la moindre lampe torche. Je n'avais pas non plus emmené autre chose que quelques barres de céréales et une petite bouteille d'eau. Oui, il était temps que je rentre. Alors je me remis en marche. Vous me direz que j'aurais pu transplaner directement dans ma chambre, personne n'aurait rien vu. Mais à quel moment j'aurais profité de la forêt et des bienfaits de la marche, dites moi ? Tout ceci perdrait cruellement de son charme si je me contentais de disparaître en A et d’apparaître instantanément en B, vous ne trouvez pas ?

Seulement, quand on veut faire comme les moldus, il est peut-être plus prudent de prévoir une carte, ou une boussole. Ou les deux, tiens, tant qu'à faire. Mais évidemment, je n'avais rien de tout cela. Aussi quand je ressortis du mauvais côté de la forêt, je fus pour le moins désappointée. Durant quelques secondes, le temps que mon regard se pose sur la magnifique demeure qui se dressait face à moi, au bout d'une immense allée. Une demeure qui ne semblait pas abandonnée pour une fois.

Bon sang, j'aurais donné n'importe quoi pour en voir l'intérieur. Mais qui pouvait bien vivre là ?


Nathanaël YaxleyMédicomage sur Skyeavatar
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Une seule journée ... Un seul infime, minuscule et ridicule jour. Voilà le temps qu'il avait passé sur Skye, son nouveau poste. Cet emploi qui devait éloigné l'inquisition de leur oncle loin de la vie de son unique frère restant, Théodore...
Plus il y réfléchissait plus il se sentait piégé. Il ne pouvait décemment pas faire marche arrière sous couvert que son parent ne repousse son cadet vers l'île. Or, rester là-bas ne lui inspirait que d'affreuses choses à venir pour lui-même. Egoïste, Nathanaël ne l'était plus. S'il l'avait été un jour, la mort de William avait coupé court à ce penchant de sa personnalité. Depuis la loyauté et la ferveur qu'il témoignait à protéger son frère et ses soeurs prouvaient bien du contraire.

Toutefois dans ce cas de figure, l'endroit ne lui inspirait que de l'effroi. Pourrait-il se faire à ce lieu fermé et isolé de tous ? Saurait-il répondre aux attentes de ses supérieurs ? Car bien que n'ayant pas encore vu de quoi retournaient ses attributions au sein de l'établissement, le jeune homme ne pouvait s'enlever de l'esprit que si Jerémiah avait déplacer ses pièces de sorte de l'y envoyer, cela n'augurait probablement rien de bon pour lui.

Ce jour-là, Nathanaël était rentré en fin d'après-midi. Le soleil n'avait pas encore entamé son déclin. Aussi lorsqu'il avait vu sa soeur, Rosemary, se glisser furtivement vers la sortie pour une petite ballade s'était-il proposé de l'accompagner.
La compagnie de cette soeur était apaisante pour lui. Timide, réservée mais perspicace et intelligente, il lui avait toujours été très facile de pénétrer le monde de la jeune femme et d'échanger avec elle. Ils pouvaient, ensemble, avoir de longs débats sur le ton de la conversation. Les yeux verts de Rosy s'animaient alors et l'attitude de la personne réservée et à l'écart qu'elle affichait d'ordinaire s'effaçait quelque peu.
C'était donc toujours un plaisir pour lui que de se retrouver en sa compagnie.
Après cette première journée, c'était d'ailleurs l'un des meilleurs remèdes qu'il connaisse pour se chasser de la tête les idées affreuses qui lui trottaient.

Ils s'aventurèrent dans la partie du bois appartenant à leur domaine pour changer. A force de s'y promener, la fratrie avait acquis une très bonne connaissance de la forêt. C'était donc quasiment les yeux fermés qu'ils s'y engageaient sans réellement prêter attention à la direction qu'ils prenaient.
Durant cette brève échappée, Rosemary discuta longuement des nouvelles découvertes faites lors de ses recherches pour le musée avant de finalement bifurquer sur le dernier livre moldu que Nathanaël lui avait conseillé de lire.

Le soleil entamant sa descente, ils avaient rebroussé chemin vers le manoir et échangeaient allégrement sur ce qui faisait de de John Thornton un homme de bien lorsqu'ils étaient tombés sur une jeune femme visiblement perdue qui admirait la beauté de leur demeure.

Un coup d'oeil suffit à Nathanaël pour reconnaitre la femme qu'il avait croisé à la librairie quelques jours plus tôt : Abigail O'Brien. Et avec elle, resurgirent également des souvenirs passés s'étant produits ce jour-là comme longtemps en arrière.
Le sourire chaleureux et les traits détendus du jeune homme volèrent en éclat du tout au tout et son visage reprit l'aspect froid, dur et cynique qu'il arborait avec ses pairs d'ordinaire tandis qu'il se déplaçait, protecteur, près de Rosemary.
Celle-ci nota d'ailleurs le changement de comportement de son aîné et s'y ajusta, un froncement de sourcils ainsi qu'une certaine crainte venant plissé son doux et calme visage.

- Rosy, pars devant et rentre., lui fit-il avec calme et douceur, Je te suis. Je n'en ai pas pour longtemps. Tente de contenir Helena jusque là comme nous en avons convenu, entendu ?

Le sourire chaleureux s'esquissa brièvement sur les lèvres du jeune homme agrémenté d'un brin clin d'oeil avant que le masque impassible ne se repose sur ses traits.
Rosemary acquiesça avant de s'éloigner sans pour autant jeter quelques regards derrière elle non seulement vers son frère mais également vers l'étrangère dont celui-ci semblait tant se méfier.

Une fois sa soeur hors de portée de voix, Nathanaël se tourna vers Abigail. Plus aucune trace de gentillesse ne venait arrondir la dureté de son profil.

- Je vous ai prise pour une petite idiote écervelée, miss O'Brien, mais j'étais loin du compte. Même pour la sbire de mon oncle, je vous trouve particulièrement en dessous des autres. Notre précédent tête-à-tête ne vous a-t-il pas servi de leçon ?

S'approchant d'elle, il vint planter son regard bleuté dans le sien.

- A moins que vous ne soyez une sorte de masochiste qui aime se faire légimencer. S'il n'y a que cela je peux remédier à ce problème de manière ... définitive.

Un sourire carnassier se dessina sur les lèvres de Nathanaël sur ses derniers mots.



Nathanaël Lysander Yaxley
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En totale contemplation de la demeure qui s'élevait devant mes yeux, j'en avais presque oublié que ce n'était pas là que je voulais aller, que j'étais purement et simplement perdue et que le jour allait bientôt commencer à tomber. Je me sentais telle une Elizabeth Bennet découvrant Pemberley au hasard d'un chemin. Tant de grandeur et de somptuosité, j'en étais abasourdie, émerveillée. Et mon imagination galopante se prit aussitôt au jeu d'imaginer quel homme (parce que ce ne pouvait être qu'un homme, seul de surcroît, comme dans les romans que je me plaisais à lire) pouvait vivre là. Je n'avais d'ailleurs aucun mal à visualiser une copie parfaite d'un Fitzwilliam Darcy.

En totale contemplation de la demeure, donc, je n'avais pas non plus entendu les pas s'approcher derrière moi,  ni les voix. Rien. J'étais juste seule au monde, avec mes pensées romanesques.

Aux premières intonations de la voix qui s'éleva dans mon dos, je sentis mon coeur s'arrêter de battre, pendant une seconde ou deux. C'étaient mes pensées qui devenaient réalité ?

Mais je déchantai très vite. Vous connaissez le principe de l'ascenseur émotionnel ? Et bah c'était tout à fait ça ! Je détachai mon regard de la demeure pour le poser sur l'homme qui s'était approché de moi. Une jeune femme s'éloignait de lui, non sans nous avoir jeté un regard curieux. Elle allait vers la maison. Se pouvait-il que... ? Non ! Ne me dites pas que c'était lui qui vivait là ! Bon sang, quelle probabilité il y avait que je retombe sur lui ? Nathanaël Morgenstern, l'homme de la librairie.

J'aurais peut-être dû m'inquiéter de le voir là, me refermer comme une huître, mais je venais de passer une journée merveilleuse et l'image du bâtiment et les pensées qui allaient avec me restaient encore en tête, quand bien même ses paroles étaient empruntes d'une sourde menace.

- Je suis désolée, je me suis perdue, je crois. Je voulais retourner au village et... j'ai un très mauvais sens de l'orientation.

Mon cœur loupa un autre battement tandis qu'il s'approchait de moi et plantait son regard dans le mien. Bon sang, il avait des yeux... Pourquoi devait-il être si désagréable ? Je tentai de me reprendre mais ne pus empêcher mon trouble transparaître dans ma voix. Attendez, mettez-vous à ma place, je pensais à l'homme de mes rêves et c'était Nathanaël qui se pointait, ça avait de quoi être perturbant !

- De quoi vous parlez ? Je ne travaille pas pour votre oncle, je suis bibliothécaire à Poudlard. Et je ne sais même pas qui c'est !

Mes yeux s'écarquillèrent alors qu'il proférait une nouvelle menace. Et pour autant, c'était étrange, mais même si je n'étais pas rassurée, je n'en étais pas pour autant effrayée. Je crois que j'avais encore les idées embrumées par mes rêveries.

- Définitive ? Comment vous pourriez rendre ça définitif ?

Ok, peut-être pas la bonne question à poser. Il risquait de clairement le prendre pour une invitation, quand bien même, oui, j'étais assez surprise de la teneur de ses propos et curieuse d'en apprendre plus sur ce domaine qui m'était totalement étranger. C'était tout moi ça, avide de connaissances, toujours. Je secouai cependant la tête, tentant de me remettre les idées en place.

- Ecoutez, je ne sais pas quelle idée vous avez de moi, mais je peux vous assurer que je ne suis pas une menace. Je ne vous veux aucun mal. J'étais juste en train de lire dans la forêt.

Comme pour prouver mes dires, je sortis mon exemplaire de Jane Eyre de ma poche. Le pauvre portait les marques de sa grande "activité". Je l'avais tellement lu et relu, et trimballé qu'il en avait souffert. Il avait les pages un peu gondolées suite à sa chute accidentelle dans le lac le jour où j'étais entrée en collision avec Nathanaël à Poudlard. Il avait la couverture un peu écornée, les pages commençaient à se détacher et il dégageait cette bonne odeur de vieux livres. J'aurais pu l'arranger vous me direz, j'en avais la possibilité, il me suffisait de deux ou trois coups de baguette et il serait à nouveau comme neuf. Mais je l'aimais comme ça. Il avait une histoire, ce livre, et pas seulement celle qui était écrite à l'intérieur de ses pages.

- Et en voulant retourner au village, je me suis trompée de chemin. J'ai marché pendant des heures et je n'ai pas la moindre idée de l'endroit où je suis en fait.

Et je commençais à avoir froid. Et faim. Et soif aussi. Je relevai un regard gêné sur Nathanaël avant de continuer.

- Je n'avais pas l'intention de vous importuner. Je... C'est votre demeure ? Elle est magnifique. On la croirait sortie d'un roman du XIXème siècle.

Et mes yeux se remirent à briller tandis que je portais à nouveau mon regard sur le manoir.


Nathanaël YaxleyMédicomage sur Skyeavatar
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Perdue ... Elle s'était soi-disant perdue dans la forêt. Comment pouvait-on ne serait-ce que s'égarer alors qu'il n'y avait pas tant de sentiers dégagés... Même l'absence d'orientation ne justifiait pas qu'elle ait pu se paumer de la sorte et tomber par hasard sur son domaine.
Elle avait beau protester et lui assurer qu'elle n'était que bibliothécaire à Poudlard, lui expliquer qu'elle ne savait même pas qui était son oncle et qu'elle n'avait rien à faire avec lui... Son instinct lui avait appris à se méfier des personnes les plus gentilles et innocentes qui soient. Le cas échéant, si vraiment elle était qui elle prétendait être, cela ferait une personne de moi dans son entourage. Une cible potentielle de moins. Un être déçu de moins également.

- Vous vous êtes perdue ?, lui lança-t-il en fronçant les sourcils, la mine dubitative.

En matière d'excuse, la jeune femme n'était guère inventive. Sincèrement, perdue ? Comment pouvait-on se perdre ? Sa fratrie et lui-même arpentait l'endroit depuis leur enfance à tel point qu'il en connaissait chaque parcelle ou presque. Il fallait clairement être la dernière des étourdies pour s'y perdre. Dès lors, cela résonna comme un mensonge aux oreilles de Nathanaël.

- Miss O'Brien, ai-je le regret de vous faire penser que j'étais complètement stupide ?, lui jeta-t-il plus brutalement au visage en se rapprochant d'elle, Si c'est le cas, je me ferai un plaisir de vous montrer tout le contraire.

Bibliothécaire... Au vu de sa passion dévorante pour les livres, cela n'avait rien d'étonnant. Toutefois, c'était aussi l'un des meilleurs moyens de tenter de faire tomber sa défense pour son oncle que d'envoyer une jeune femme de cet acabit.

- Comment cela pourrait être définitif ?, la questionna-t-il en se penchant vers elle pour river ses yeux bleutés aux siens, N'avez-vous donc rien appris lors de notre première rencontre ?

Se redressant, un rictus se glissa sur ses lèvres brièvement, déformant de manière un brin effrayant son beau visage.

- N'avez-vous pas de souvenir de mon don ?, la réprimanda-t-il, Ce que vous avez testé n'était qu'un échantillon de ce dont je suis capable. Votre imagination ... si toutefois vous en avez, peut très bien trouver la réponse seule je pense.

Ses allégations concernant le fait qu'elle n'était pas une menace eurent tout fait de réveiller une colère sourde. Se précipitant vers elle, il la saisit par les épaules, son courroux se reflétant sur ses traits.

- Pas une menace ? Allons, vous pouvez faire mieux j'en suis sûre ! Mon oncle a certainement du vous montrer d'autres moyens de tenter de m'apaiser et vous rapprocher de moi.

Tout en s'écartant, il tira négligemment sur le gilet de la jeune femme dénudant l'épaule de celle-ci.

- A moins que le lieu ne vous déplaise ?, ricana-t-il.

La question sur sa demeure l'étonna avant de finalement le faire sourire. Bien sûr, quoi de mieux que de tenter de pénétrer sur leur domaine... Risible vraiment !

- Souhaitez-vous la visiter ?, lui demanda-t-il avec politesse tels ces gentlemans de roman victoriens avant qu'un sourire mauvais ne se dessine sur ses lèvres, C'est ce à quoi vous vous attendiez n'est-ce pas ? Un peu comme dans Orgueil et Préjugé...

Se détournant de moitié, il jeta un coup d'oeil à sa demeure pour voir si sa soeur ne revenait pas dans leur direction. C'était bien le genre de Rosemary et il ne souhaitait pas la voir blessée.

- Sortez un peu de vos romans, miss O'Brien. Et ne vous approchez plus jamais des miens ou de ma demeure. C'est le dernier avertissement que je vous donne.

Tournant la tête dans sa direction, son regard se planta dans celui de la jeune femme.

- Après, je ne réponds plus de rien, Abigail.



Nathanaël Lysander Yaxley
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Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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Il ne me croyait pas ? J'écarquillai les yeux, ne comprenant pas ce que j'avais pu dire pour qu'il me prenne par une menteuse. Je secouai la tête et levai les mains en signe de démission.

- Je n'ai jamais cru que vous étiez stupide. Si je me souviens bien, vous étiez loin de l'être d'ailleurs, à Poudlard. Je suis vraiment perdue. Ces sentiers se ressemblent tous, et je ne sais pas par où je suis arrivée.

C'était une forêt, évidemment qu'ils se ressemblaient tous ! En terre, bordés d'arbres. Et j'étais tellement absorbée par mes pensées que je n'avais même pas fais attention aux sentiers que je prenais.

- Et j'ai laissé ma baguette à l'auberge, laissai-je échapper du bout des lèvres.

Ouais, pour le coup, je n'avais pas été très intelligente. Partir en promenade en laissant ma baguette dans ma chambre à l'auberge, ce n'était pas très malin. Mais j'étais dans un village moldu, et j'étais à moitié moldue moi-même, je ne pensais pas en avoir besoin. Je n'avais pas l'intention de me perdre dans cette forêt. Et encore moins de tomber sur quelqu'un comme Nathanaël Morgenstern.

Cet homme exerçait un étrange pouvoir sur moi. C'était comme s'il m'hypnotisait quelque part. Il était dangereux, je le savais, je l'entendais à ses menaces. Et pourtant, il avait beau avoir utilisé son pouvoir de légilimencie une fois, malgré ses multiples menaces, il n'avait jamais réitéré. Comme s'il s'agissait de menaces en l'air. Et au-delà de ce côté dangereux, il avait quelque chose d'attirant aussi. Quelque chose qui émanait de lui sans qu'il n'ait rien à faire. Quelque chose dans ses yeux, sa stature. Il me faisait penser à ces hommes dans les romans qui ne sont pas des anges mais qui sont terriblement séduisants et auxquels on ne peut pas s'empêcher de succomber quand bien même on sait que c'est une très mauvaise idée.

Bon sang Abigail, reprend toi, on n'est pas dans un livre, et il te menace ouvertement là !

- Je...

C'est tout ce qui parvint à sortir de mes lèvres alors qu'il m'attrapait par les épaules. Mon souffle s'arrêta net et mon regard plongea dans le sien. Je fronçai les sourcils, tentai de comprendre ce que j'avais bien pu faire pour qu'il me traite de la sorte. Je posais mes mains à plat sur son torse pour le faire reculer, l'éloigner de moi alors que sa proximité me troublait plus qu'autre chose. D'un geste gêné, sentant mes joues s'empourprer, je remis mes vêtements en place. Pourquoi fallait-il que le premier homme qui m'approche de la sorte se moque éperdument de ce que je pouvais ressentir ? Je secouai la tête avant de relever les yeux sur lui. Ne pas flancher, avoir de l'aplomb. Ouais, vas-y Abigail, te laisse pas faire !

- Je vous jure que je ne sais pas qui est votre oncle. Et non, je n'ai pas la moindre envie de rentrer dans votre... je jetai un regard sur le bâtiment, maison.

Oh bon sang, si, j'en rêvais. Je rêvais de voir de quoi elle avait l'air de plus près. Je rêvais d'en découvrir l'intérieur. J'imaginais un décor somptueux, magnifique tiré tout droit d'un film. Je m'efforçai de détacher mon regard de la demeure et de reposer les yeux sur lui alors qu'il me sortait cette remarque relativement blessante. J'ouvris la bouche pour rétorquer, mais aucun mot n'en sortit. Il m'avait appelée Abigail ? Que je me ressaisisse, il fallait que je me ressaisisse tout de suite.

Je fermai la bouche, pris une profonde inspiration et m'efforçai de soutenir son regard du mieux que je pus.

- Puisque je vous dis que je ne vous veux aucun mal. Ni à vous, ni à votre famille. Je suis perdue, je suis épuisée, je suis affamée et j'aimerais rentrer à l'auberge avant qu'il ne fasse nuit. Si vous ne me croyez pas, allez-y, vérifiez par vous-même. Si c'est le seul moyen pour que vous me croyiez, faites-le, je ne résisterai pas. Je n'ai même pas ma baguette de toute façon. Comme pour lui prouver ce fait, je soulevai légèrement mon haut, jusqu'au nombril, dévoilant les poches et la ceinture de mon jean. Vous savez que je ne pourrais rien vous cacher, alors allez-y, utilisez votre don, venez chercher la vérité.

J'avais conscience de jouer un jeu dangereux. Mais vous savez quoi, je ne comprenais pas ce qu'il me voulait. Je ne comprenais pas ce qu'il avait contre moi. Je ne lui avais rien fait. C'était dangereux, mais il était la seule personne que j'avais croisée depuis des heures, le seul susceptible de m'aider à rentrer. Et s'il fallait qu'il comprenne que je n'étais réellement pas une menace pour lui avant, et si c'était le seul moyen pour qu'il comprenne, j'étais prête le laisser entrer dans ma tête.

Je vous ai dit qu'il avait un pouvoir étrange sur moi. La preuve était là. Je n'aurais jamais fait cette proposition à qui que ce soit. Si j'avais été face à une autre personne, je me serais contentée de lever les yeux au ciel et de m'enfoncer à nouveau dans la forêt au petit bonheur la chance. Mais c'était Nathanaël que j'avais en face de moi. Et malgré la crainte qu'il m'inspirait, j'étais également intriguée,  curieuse et attirée, malgré moi.


Nathanaël YaxleyMédicomage sur Skyeavatar
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Face à son comportement, la jeune femme lui assura ne pas se moquer de lui ou le prendre pour un imbécile. Elle avait beau y faire c'était pourtant bien l'impression qu'elle donnait. Si vraiment, ce n'était pas le cas pourquoi se retrouvait-elle constamment sur son chemin ? Pourquoi s'entêtait-elle à poursuivre cette discussion au lieu de tourner les talons ?
Il devait lui reconnaitre qu'elle était bien différente des précédents sbires de son oncle. Ces derniers n'avaient généralement pas vraiment appréciés la fouille de leur esprit. Pour leur défense, Nathanaël s'était sans doute montré bien moins délicat avec eux qu'avec celle qui lui faisait face. S'il n'était certes pas très avenant à l'égard de miss O'Brien, s'il avait pillé des bribes de sa mémoire sans aucune vergogne et sans son autorisation, au moins l'avait-il fait sans causer le moindre dommage - pour l'instant - à la jeune femme. Ca avait été loin d'être le cas du dernier en date. Mais c'était peut-être ça au fond le problème. En envoyant une femme, Jeremiah pensait-il peut-être pouvoir mieux l'atteindre et l'amadouer, le piéger. Le rendre plus vulnérable ou plus doux et ainsi éviter qu'il ne découvre le pot aux roses.

La mention concernant l'absence de baguette lui fit froncer les sourcils. Quelle personne saine d'esprit se prétendant sorcière pouvait oublier son arme de survie à l'auberge ? Et quel intérêt voyait-elle à le lui faire savoir ?

- Vous n'espérez pas me faire croire qu'une sorcière a laissé dans une chambre d'auberge minable dont elle ne connait rien, le seul moyen en sa disposition pour se défendre, miss O'Brien ?, lui fit-il d'un ton montrant qu'il n'était pas dupe, Je n'en crois rien. Ne perdez pas votre temps. D'ailleurs, je vous encourage vivement à rebrousser chemin par là où vous êtes arrivée et à ne plus jamais apparaitre en ma présence ou en celle de l'un des miens.

Se détournant, il se dirigeait vers le portail délimitant leur propriété quand il s'arrêta net pour lui faire face à nouveau.

- Les miens n'incluent pas mon charmant oncle dont vous êtes le chien. Ne vous privez donc pas d'aller lui rapporter son énième tentative de m'atteindre.

Son affirmation concernant le fait qu'elle ignorait complètement qui était son oncle lui fit arborer un sourire mauvais. Ne pas savoir qui était Jeremiah Morgenstern ? Pensait-elle réellement pouvoir lui faire gober une énormité de cet acabit ? Ce n'était qu'un pur mensonge tout comme celui concernant l'envie qu'elle avait surement de visiter leur domaine.

- Vous ne souhaitez pas visiter Pembrooke Park ? Oh vraiment ?, s'amusa-t-il, Voyez-vous ce n'est pas ce que votre visage semblait dire lorsque vous m'avez complimenté à ce sujet.

A dire vrai l'attitude qu'elle avait eu lorsqu'il avait dénudé son épaule le mettait mal à l'aise et sur ses gardes. Que ce soit feint ou non, l'amour d'une tierce personne à son égard l'abhorrait plus que tout. Cela avait commencé avec le décès de Margaret et c'était confirmé avec celui de William. Personne ne devait l'approcher peu importe que cela soit une pure comédie ou pas. Les comédies se retournaient parfois contre leur investigatrice. il avait beau la détester pour ce qu'elle était - une sbire à la solde de son oncle - trop de personnes avaient déjà été blessées par sa faute. Bien sur, il n'hésiterait pas à la heurter ou à la mettre hors d'état de nuire si elle venait à devenir une nuisance pour Rosemary, Théodore ou Helena.

La provocation qu'elle lui lança, l'intimant à venir chercher cette vérité qu'elle s'évertuait à lui expliquer l'affecta plus qu'il ne l'aurait voulu. Pas qu'il soit touché d'une telle demande ou d'une telle volonté de lui prouver quoique ce soit. Cela n'avait rien à voir non plus avec cette pseudo confiance que certains auraient eu la vanité d'y voir. Non... Cela le ramenait des années en arrière lorsque, encore mineur, Jeremiah s'était emporté contre lui au sujet de sa legimencie et le lui avait amèrement fait payer. Peu satisfait des progrès toujours plus grands ou plus difficiles réalisés par Nathanaël avec ce don que l'homme considérait comme précieux, son parent avait contraint le jeune homme à s'exercer sur William. Si son frère ne lui en avait jamais voulu, l'instabilité d'alors du Serdaigle couplé à un mauvais contrôle de ce pouvoir avait profondément marqué son cadet.

- NON !, s'écria-t-il en s'extirpant de ses douloureux souvenirs qu'il venait de ressasser, s'étranglant à moitié.

Son regard bleuté légèrement apeuré retrouva toutefois rapidement sa contenance et son assurance habituelle tandis que Nathanaël recomposait en un instant le masque froid qu'il portait.

- Je n'ai pas à subir vos caprices pour vous prouvez quoique ce soit. Mes menaces sont réelles, miss O'Brien, et ma patience a ses limites, limites que vous atteignez de seconde en seconde.Allez donc voir l'un des précédents toutous de mon oncle ou bien lui-même en personne. Je suis certain qu'il sera ravi de vous expliquer pourquoi je suis considéré comme le monstre de la famille Morgenstern.

S'approchant d'elle, il l'attrapa par les épaules et s'abaissa à son niveau, faisant fi de tout éventuel mouvement visant à le repousser comme cela avait été précédemment le cas. Ses yeux bleus rendus plus clairs par la clarté de l'ombrage de la forêt plongèrent à nouveau dans ceux de la jeune femme, le souffle s'échappant d'entre ses lèvres effleurant celles d'Abigail.

Bien que n'appréciant pas ce don qu'il avait toujours considéré comme une malédiction, Nathanaël s'apprêtait à plonger dans l'esprit de la jeune femme une nouvelle fois à la recherche de souvenirs un peu plus douloureux à lui faire revivre quand il vit le trouble de celle-ci.
La repoussant comme s'il venait d'être brûlé, une légère surprise marqua ses traits tandis que ses sourcils se fronçaient. Une colère mêlée à une sorte de peur s'empara de lui. Se détournant pour la dissimuler, il ne tarda guère à fondre à nouveau sur sa proie pour faire ce qu'il savait faire de mieux.

- Mais que vois-je ? Serait-ce moi qui vous provoque ce si puéril trouble, miss O'Brien ?, lui murmura-t-il en avançant ses lèvres toutes proches de celles de son interlocutrice.

Cela ne dura qu'un instant avant qu'il ne se recule à nouveau, le visage fermé et visiblement en colère.

- Que voilà une pathétique et romantique petite bibliothécaire que celle qu'emploie Poudlard. Ne me dites pas que vous attendez toujours votre premier baiser de votre amour de jeunesse. Dire que j'ai manqué cela... , ricana-t-il, Revenez sur vos pas, Miss O'Brien. En prenant le chemin qui se trouve juste là vous parviendrez au village ou vous logez. Veillez à l'avenir à ne plus vous trouver sur mon chemin. Le cas échéant, je me ferai un plaisir de vous démontrer ce que mon oncle vous a appris au sujet du monstre des Morgenstern.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Non, vraiment, il ne semblait pas enclin à me croire. Pourtant, je vous jure que nul ne pourrait être plus sincère que moi en cet instant précis. Alors qu'il relevait mon absence de baguette comme étant certainement la preuve que je n'étais ni plus ni moins qu'une menteuse (il devait d'ailleurs penser que je n'étais pas très douée pour avoir lâché un truc aussi peu crédible), je haussai les épaules, ne sachant que dire de plus. Enfin, si, je savais quoi dire de plus.

- Me défendre ? Contre quoi ? L'aubergiste m'a assuré qu'il n'y avait pas d'animaux sauvages dans cette forêt ni dans ses alentours. Et cette région est principalement peuplée de moldus, je crois. Et je n'ai pas besoin de baguette pour me défendre contre un moldu.

Oui, bon, c'était en partie vrai, j'avais appris l'auto-défense à la manière des moldus. Mais si j'avais acquis la technique, comment dire... je n'étais pas une armoire à glace non plus. Néanmoins, c'était suffisant pour me défaire d'un assaillant (mais pas de plusieurs...). Mais en réalité, c'était surtout que... oui, j'avoue, j'avais "oublié" ma baguette. J'étais à moitié moldue, je savais parfaitement me débrouiller sans la magie dans un monde dans lequel elle n'était pas censée exister. Alors oui, quand j'étais chez les moldues, je faisais tout comme une moldue et je laissais ma baguette au placard.

- Et j'étais loin de penser que je pourrais tomber sur vous... Si ça peut vous rassurer, je suis aussi ravie que vous de cette rencontre.

Enfin, oui et non. J'aurais préféré quelqu'un d'autre, c'est sûr. Mais la seule âme vivante à des kilomètres à la ronde (c'était du moins l'impression que j'avais à force de marcher) ? J'allais pas cracher dessus, vraiment pas.

En attendant, il m'épuisait à être si déterminé à m'acoquiner avec son oncle. Oncle que je ne connaissais, d'ailleurs, ni d'Eve ni d'Adam ! Les seuls Morgenstern dont j'avais entendu parler, c'étaient lui. Et... lui. Je baissai les yeux et soupirai, résignée. A quoi bon lutter contre quelqu'un qui ne voulait rien entendre ? J'étais épuisée, et lutter comme ça, ça pompait le restant d'énergie que j'avais encore. D'ailleurs en parlant d'énergie, je commençais à avoir des grenouilles dans le ventre. C'est que j'avais rien avalé depuis mon petit déjeuner et la nuit semblait sur le point de tomber, à en juger par la position du soleil.

Alors qu'il relevait mon superbe mensonge quant à mon désir ou non de visiter sa maison, je ne pus que relever les yeux et esquisser une moue gênée. Parce que ouais, là, pour le coup, c'était un vrai mensonge.

- Je... Mon regard se reporta sur la maison et je suis sûre que mes yeux se remirent presque à briller à ce moment-là. Je rêverais de voir l'intérieur d'une demeure comme celle-ci. Mais le simple fait de savoir que c'est la vôtre... non, vraiment, je ne tiens pas à y entrer.

Ca par contre, c'était la stricte vérité. Encore que... Bon sang, des demeures comme celle-ci, ça ne courait pas les rues ! Elles dégagaient tellement de charme et semblaient chargées d'histoires (et d'Histoire)..., en dehors de la lecture, je m'intéressais énormément à l'Histoire. Et les vieilles pierres pouvaient raconter tellement de choses. Ca me fascinait.

Après lui avoir fait ma proposition, j'étudiai son visage, le temps qu'il se décide. Ce que je lui offrais là, c'était un accès gratuit et illimité à mon esprit. Un homme qui ne cessait de me menacer de le faire n'allait certainement pas rechigner devant cette porte ouverte, n'est-ce pas. Et pourtant, l'espace de quelques secondes, son regard changea. C'était étrange, c'était comme si, tout à coup, quelque chose l'inquiétait. Est-ce que c'était moi qui lui faisait peur ? Moi, la petite rousse à l'allure totalement inoffensive ? Il devait y avoir une erreur... Son "non" tonitruant me fit sursauter. Je ne m'attendais pas à ce genre de réaction. je veux dire, je savais qu'il risquait de refuser, mais pas de cette manière... et ce regard, c'en était, encore une fois, perturbant.

Mais comme je l'ai dit, cela ne dura que quelques secondes avant qu'il ne retrouve cette expression froide et menaçante qu'il me montrait presque toujours. Les paroles qui suivirent me firent froncer les sourcils. Encore cette histoire d'oncle... Et voilà maintenant qu'il parlait de lui en utilisant le mot monstre ? Bon sang mais c'était à n'y rien comprendre. Et je détestais ne pas comprendre quelque chose.

- De quoi parlez-vous ?

J'eus à peine le temps de terminer ma question que déjà, il fondait de nouveau sur moi, m'attrapant par les épaules. Comprenant qu'il s'apprêtait à entrer dans mon esprit comme il l'avait fait l'autre jour à la librairie, je fermai les yeux, décidée à le laisser faire. Et puis, mon instinct me souffla de les rouvrir, comme s'il ne pouvait pas entrer sans cela, et je plongeai mon regard dans le sien. Je ne tentai même pas de le repousser. Je restai là, ses mains m'empêchant de m'en aller si toutefois l'envie m'en prenait. Je détaillai son visage : ses yeux si bleus, si expressifs, quand bien même ce que j'y voyais me faisait parfois peur ; son expression si déterminée ; ce petite air hautain qui lui allait si bien. Et son souffle, si près que je le sentais sur mes lèvres. Le mien de souffle s'était un peu emballé en même temps que les battements de mon coeur. Je redoutais ce qu'il allait voir et en même temps c'était presque comme si j'avais réellement envie qu'il entre dans mon esprit. Comment pouvait-on vouloir que quelqu'un entre dans son esprit ?

Ce qui se passe ensuite, je ne le compris pas vraiment. Il s'écarta subitement de moi, comme si quelque chose n'allait pas. Ca allait au-delà du simple changement d'avis. C'était... différent. Mais la seconde d'après, il était de nouveau là, si proche que nos lèvres auraient presque pu se toucher. Et j'entendis sa voix, dans le creux de mon oreille. Malgré moi, mes lèvres s'entrouvrirent, comme si elles répondaient à leur propre volonté. Mais là encore, ce ne fut que l'espace d'une seconde avant qu'il ne s'éloigne à nouveau, affichant une expression étrange que je n'aurais su définir. Et puis sa remarqua vint, moqueuse, cinglante et...

La gifle partit d'elle même, comme si ma main avait agi sans me demander mon avis. Si rapide que je n'avais même pas eu le temps de la retenir. Si forte que la main m'en cuisait.

- Je vous interdis de me parler comme ça. Et je n'ai jamais été amoureuse de vous !


Tiens donc, comment pouvais-je savoir que c'était de lui qu'il parlait quand il disait "votre amour de jeunesse". Abby, sur ce coup-là, tu t'es trahie toute seule.

J'avais dû frapper fort, la joue de Nathanaël commençait à rougir légèrement à l'endroit où elle était entrée en contact avec ma paume. Il ne me fallut qu'une seconde pour me rendre compte de ce que je venais de faire.

- Oh mon dieu !

Mes mains vinrent couvrir ma bouche tandis que j'affichais une expression surprise et horrifiée à la fois qui n'était absolument pas feinte. Est-ce que je venais vraiment de le frapper ? Ca ne me ressemblait tellement pas ! Je n'étais pas de nature violente ! Je crois que la faim et la fatigue commençaient à agir sur mon comportement.

Alors qu'il m'indiquait le chemin pour retourner au village, le mot "monstre" revint dans la conversation, associé à une nouvelle menace. Et c'est à ce moment-là, je crois, que je compris quelque chose d'essentiel. Mon regard se fit étonné, et s'éclaira tout à coup d'une lueur de compréhension tandis que je baissais les mains qui se trouvaient encore devant ma bouche.

- Vous n'en ferez rien. Vous avez eu l'occasion de le faire plus d'une fois et vous n'avez de cesse de me balancer cette menace à la figure et pourtant, vous ne l'avez pas fait.

Je fis un pas dans sa direction, cherchant à capter ce regard bleuté qui m'attirait tel un aimant.

- Vous ne pouvez pas le faire. Vous en avez la capacité bien sûr. Mais vous ne voulez pas le faire. Je vous ai donné la possibilité d'entrer dans mon esprit, d'y faire ce que vous vouliez. Vous auriez pu me détruire de l'intérieur si vous l'aviez voulu. Mais vous ne l'avez pas fait. Vous avez inventé cette histoire de trouble (hum hum) pour ne pas le faire. Votre conscience vous en empêche.Je m'arrêtai quelques secondes, mon regard parcourut son visage pour se plonger à nouveau dans ses yeux. Les monstres n'ont pas de conscience.

Sans le quitter des yeux, je fis un nouveau pas vers lui. Je jouais avec le feu, mais je n'avais même pas conscience des flammes qui risquaient de me brûler.

- Dans tout ce que vous me dites, j'aperçois bien la présence d'un monstre Morgenstern, en effet. Mais ce n'est pas vous. Ca semble plutôt être votre oncle... Et vous pensez que je travaille pour lui. Pourquoi ? Quelle raison votre oncle aurait-il de m'envoyer ici, auprès de vous ?


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L'aubergiste lui avait assuré qu'elle ne courait aucun danger... Cette affirmation et la justification du pourquoi une sorcière telle qu'elle se promenait sans sa baguette eurent le mérite de le faire rire amèrement intérieurement. C'était un objet élémentaire à posséder sur soi.
Bien sûr, la jeune femme n'avait probablement personne de qui se méfier assez pour être aussi paranoïaque - à raison - qu'il ne l'était. Qui en voudrait à une jeune écervelée de son genre ? Le doute s'immisçait d'ailleurs de plus en plus dans l'esprit de Nathanaël. Si vraiment, elle ne possédait pas sa baguette sur elle... Non, c'était probablement une énième ruse pour pouvoir l'approcher au plus prêt. Cette tactique venant de la part de son oncle l'étonnait, il devait l'avouer. Mais Jeremiah n'était jamais à la prêt d'une chose ou l'autre pour tenter de le blesser.

La gifle magistrale qu'elle lui assena le surprit, il dut l'avouer. Ce n'était pas la première d'ailleurs qu'elle lui infligeait. Lors de leur précédente rencontre, elle avait également eu le même réflexe après qu'il eut fouillé sa mémoire. Cela devenait une mauvaise habitude de sa part. Sa joue devait prendre une belle nuance de rouge en ce moment même au vu des picotements qu'il y ressentait.

Loin de s'en offusquer toutefois, son allégation choquée selon laquelle il n'était pas son premier amour tout comme son air choqué suite à sa réaction provoquèrent même chez le jeune homme un rire cynique.
Le changement de comportement qui s’opéra cependant par la suite sur la rouquine coupa court à tout amusement chez lui. Elle tentait de se montrer compréhensive, de lui assurer qu'il n'était pas le monstre qu'il prétendait, qu'elle semblait ... croire en lui ?

Une colère sourde monta en lui rompant plusieurs barrières ou gênes qu'il éprouvait généralement et qui le rongeait lorsqu'il affichait et jouait ce rôle qu'il avait conçu pour toute personne étrangère à sa fratrie.

S'approchant d'elle, les traits de son visage n'affichaient que de la froideur et une certaine forme de cruauté.

- Quand m'avez-vous entendu affirmer que j'étais votre amour de jeunesse ? Qui le voudrait ?, éructa-t-il à son intention.

S'arrêtant à moins d'un pas de la bibliothécaire, il captura le menton de la jeune femme. Si sa conscience l'alerta qu'il était sur le point de commettre une énorme erreur qu'il ne tarderait pas à regretter et qui le hanterait comme toutes celles qu'il avait déjà commises par le passé, la colère couplée à une forme de peur que Nathanaël éprouvait en cet instant étouffa tout avertissement.
Plongeant son regard dans celui de la jeune femme qui lui faisait face, des images s'imposèrent à nouveau dans son esprit, souvenirs passés de celle qui lui faisait face et subissait son courroux.

Des images de Poudlard lui vinrent. D'abord en tant que bibliothécaire puis en tant qu'élève. Il apparaissait régulièrement dans celle-ci. C'était la première fois qu'il le faisait à travers les yeux de quelqu'un d'autre. Aussi étrange que cela puisse paraitre, cela l'agaçait et, dans son état actuel, il aurait volontiers effacé de la cervelle d'Abigaïl toute trace se rapportant à sa personne. Mais il 'avait beau remonté, nulle trace de son oncle ne venait troubler le fil de pensées qu'il examinait avec soin. Des images bien plus anciennes remontèrent à la surface dont celle d'une petite fille s'amusant avec un autre enfant dans une cabane en bois. L'instant d'après, celle-ci prenait feu.

Agacé de ne pas trouver cette preuve qu'il cherchait tant, il commençait à se faire plus insistant sur l'utilisation de son don. Cela le fatiguait toujours énormément mais en cet instant, rien ne comptait plus que de trouver cette preuve qui lui permettrait d'enfoncer de manière définitive Abigaïl O'Brien et l'éloigner des siens.

Sa colère se dissipant au profit d'un agacement certain et de la fatigue qui progressivement se faisait légèrement sentir, Nathanaël s'extirpa finalement du flot de pensées de la jeune femme.

Rien ... Il n'avait rien trouvé. Il avait eu beau sondé, celle qui lui faisait face était complètement éloignée de toute duperie liée à son oncle. Toutefois, ses actions, son comportement et cette menace pesante le poussèrent à vouloir la blesser une bonne fois pour toute. Il fallait impérativement qu'en repartant d'ici la jeune femme se détourne lorsqu'elle croise sa route. S'ils venaient à se croiser de nouveau s'entend. Ce qu'il n'espérait clairement pas.

Son regard bleu toujours plongé dans celui de la rouquine, sa main droite relâcha le menton de la jeune femme pour venir se mettre le long de la mâchoire de celle-ci, son pouce caressant doucement sa joue.
Approchant ses lèvres des siennes, il les effleura brièvement, taquin afin de finalement s'en emparer. Son baiser n'avait rien d'amoureux ou de délicat. Tout dans ce dernier, suintait la moquerie et la méchanceté gratuite qu'il témoignait envers sa partenaire.

Mettant fin à ce dernier, il se recula de plusieurs pas un rictus sur les lèvres.

- Voilà qui est fait. Votre premier et dernier baiser, je le crains mais j'ai enfin mis fin à votre niaiserie compulsive à ce sujet. En ce qui concerne ma pseudo bonté, vous voilà également fixée. Je ne suis pas l'âme torturée que vous pensez, miss O'Brien.

Se détournant, il s'apprêtait à la planter quand il se souvint qu'effectivement... elle n'avait aucun moyen de rentrer chez elle. Or, Rosemary finirait par s'inquiéter de la situation dans laquelle il avait abandonné la jeune femme et pourrait bien se proposer elle-même pour la ramener à bon port ce qu'il souhaitait justement éviter. Il était persuadé que ses soeurs ne connaissaient pas grand chose de ce qu'il était vraiment et cela devait le rester.

Sortant sa baguette, son patronus apparut. Après quelques instants, le majestueux cerf s'éloigna en direction du manoir porteur d'un message annonçant à ses parentes qu'il reconduisait la jeune femme jusqu'au village et revenait ensuite.

- Au vu de votre absence de baguette et visiblement de cervelle et puisque je ne souhaite ni voir ma soeur s'inquiéter ni vous voir davantage en ces lieux, je crains que vous ne deviez me supporter encore quelques instants le temps d'un transplanage.

S'approchant d'elle, il lui tendit son bras.


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Je ne répondis rien. Qu'aurais-je pu lui dire ? Je m'étais trahie moi-même et je le savais. Je crois que j'étais trop gênée pour trouver la moindre répartie. La suite me fit relever les yeux sur lui. Il était vexant, à la limite de la cruauté. Jamais encore je n'avais rencontré quelqu'un qui prenait tant de plaisir à me blesser. Si je ne pus empêcher la douleur que sa pique venait de me lancer de transparaître dans mon regard, je m'efforçai, néanmoins, de me raisonner.

Tout ceci, ce n'était que du vent. Des menaces gratuites, des remarques désobligeantes qui n'étaient basées sur rien. Me faire mal semblait être son but. Pourquoi ? Je n'en avais pas la moindre idée. Et j'aurais bien voulu le savoir. Comprendre ce qu'il avait contre moi. Je ne me souvenais pas d'avoir fait quoique ce soit qui eut pu le mettre dans cet état d'esprit vis à vis de moi. J'aurais peut-être dû tourner les talons, ne pas chercher à obtenir la réponse à cette question, mais j'étais curieuse de nature. Et je n'aimais pas qu'on ait une mauvaise opinion de moi alors qu'on ne me connaissait même pas.

Lorsqu'il fit un pas dans ma direction, je compris que j'avais peut-être été un peu trop loin dans la provocation. Mais je ne me dérobai pas. Je l'avais invité à sonder mon esprit, n'est-ce pas ? Alors je n'allais tout de même pas me rétracter. Je le laissai faire alors qu'il me prenait le menton comme il l'avait fait, l'autre fois, à la librairie et gardant les yeux bien ouverts, je plongeai mon regard dans le sien, le laissant pénétrer dans mon esprit et sonder mon âme à sa guise.

Les images se succédèrent. Beaucoup n'avaient pas le moindre intérêt. Il était présent dans certaines d'entre elles, de loin. Je ne lui avais jamais vraiment adressé la parole. A part au début, peut-être un petit peu. Mais contrairement à Margaret, j'avais vite cessé d'essayer de l'approcher, me contentant de l'observer, de loin, me questionnant sur ce garçon si mystérieux. La plupart de ces images étaient des souvenirs que je reconnaissais, mais qui n'avaient pas la moindre importance, si ce n'est à prouver qu'effectivement, il était le seul Morgenstern que je connaissais.

Et puis une autre image vint. Une image étrange. Une petite fille rousse, en train de jouer avec un petit garçon brun aux yeux bleus dans une cabane. Je ne reconnaissais pas ce souvenir, pas plus que le petit garçon. Mais je n'eus pas le temps de m'appesantir sur la question. Les flammes envahirent la pièce. Instinctivement, je me raidis, sentant la panique monter en moi, de plus en plus puissante. Tellement puissante que j'en oubliais qu'il ne s'agissait là que d'un souvenir, que je n'avais rien à craindre.

Je mis à marteler la porte de la pièce (la poitrine de Nathanaël en réalité, mais je n'avais même plus conscience qu'il était là) en hurlant. Il n'y avait qu'une chose qui importait, c'était que je sorte de là. Dans mon dos, la petite fille s'était mise à hurler aussi. Elle appelait le petit garçon. "Aiden, réveille-toi" criait-elle. Face à moi, la porte refusait de céder et les flammes se rapprochaient de plus en plus. Il fallait que je trouve une autre issue. Mais je n'étais même plus capable de réfléchir. Je sentais la chaleur des flammes désormais, c'était une vraie fournaise. Mais... non, je ne la sentais pas, ce n'était que mon imagination. Les flammes m'environnaient. Elles étaient tellement proches, tellement violentes qu'elles auraient dû commencer à embraser mes cheveux et mes vêtements désormais. Mais c'était comme si elles me passaient à travers. Et la mémoire me revint.

Je posai mon front contre la porte (sans me douter qu'il ne s'agissait pas vraiment d'une porte), le souffle court, m'efforçant de me calmer. Un souvenir, ce n'était qu'un souvenir. Mais pas un des miens, je n'avais jamais été coincée dans un incendie. Je reportai mon regard sur les deux enfants. Si ce n'était pas mon souvenir, ce ne pouvait qu'être un de ceux de Nathanaël, non ? Le petit garçon était brun aux yeux bleus, comme lui. Et cette petite fille rousse, se pouvait-il que ce soit Margaret ?  J'ignorais que Nathanaël et elle se connaissaient avant Poudlard. C'était peut-être pour ça qu'elle n'avait jamais cessé d'essayer de se rapprocher de lui. Je ne voyais pas bien son visage, mais ça ne pouvait pas être moi puisque ce n'était pas mon souvenir. Elle me ressemblait, mais mes frères s'étaient toujours étonnés de l'étrange ressemblance qu'il y avait entre Margaret et moi, comme deux soeurs, alors que nous n'étions pas de la même famille.

"Aiden, je t'en prie, réveille-toi" continuait-elle de crier. Il semblait avoir été assommé par quelque chose. Une poutre tombée du toit en flamme, probablement ? Elle le tirait par la main, mais elle n'arrivait pas à le faire bouger. "Aiden !" Et puis, comme un ange sortit de nulle part, un homme apparut, "Abby" appelait-il, se protégeant les yeux des flammes. Mon père. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Il attrapa la fillette par la taille, l'arracha de la cabane en flammes et le souvenir s'effaça pour laisser la place à un autre.

Un autre auquel je ne prêtai pas la moindre attention, encore sous le choc. Tout ceci ne collait pas. Ce petit garçon, Aiden, je ne le connaissais pas. Je n'avais jamais été prise dans un incendie comme celui-là. Alors que venait faire mon père dans ce souvenir, et cette petite fille rousse ? Il l'avait appelée Abby, mais ça ne pouvait pas être moi ! Je ne me souvenais pas de ça ! J'aurais dû me souvenir d'un événement aussi fort que ça ! Qu'est-ce que ça voulait dire ?

Les images finirent par s'estomper complètement, jusqu'à disparaître et laisser la place au visage de Nathanaël, à ses yeux, toujours plongés dans les miens. Je sentais mon cœur battre la chamade, pas tout à fait remis de la panique et peut-être aussi un peu à cause de tout ceci, ce questionnement, ce truc incompréhensible qui venait de se passer.

Trop troublée par ce que je venais de voir, je ne prêtai pas vraiment attention à la main de Nathanaël qui se déplaçait, à son pouce qui me caressait la joue. Je ne réagis qu'en sentant ses lèvres contre les miennes. Mon cœur battait déjà trop vite pour qu'il accélère encore, mais il l'aurait certainement fait si j'avais été plus calme. Une chose était sûre, ce n'était pas comme ça que j'imaginais mon premier baiser. J'aurais tellement préféré que ça se passe autrement, dans d'autres conditions, avec quelqu'un qui aurait d'autres pensées à mon égard que celles que semblait avoir Nathanaël.

Je le repoussai, mes deux mains à plat sur son torse, l'obligeant à reculer de quelques pas, ce qu'il fit, sans pour autant se départir de son espèce de sourire moqueur. Il devait être fier de lui. Mais pour autant, ma réaction ne fut peut-être pas celle qu'il attendait.

- Mais qu'est-ce qui vous prend ?

Je lui décochai un de ces regards, tellement sérieux, et interrogateur à la fois. Le genre de regard qui avait le don de mettre mal à l'aise les gens autour de moi, il faut dire que j'avais déjà les yeux d'un drôle de vert, assez intense, et que cette expression ne rendait mon regard que plus perçant. Je ne comprenais pas ce qu'il venait de faire, et pourquoi il l'avait fait. Mais face à cette autre chose qui me mettait l'esprit en vrac, ce simulacre de baiser ne pesait pas grand chose, quand bien même c'était la première fois qu'on m'embrassait...

Je ne réagis pas à ses paroles, aussi vexantes que les précédentes. Je ne réagis pas non plus alors qu'il envoyait son patronus en direction de sa demeure et qu'il me tendait le bras, se proposant de me ramener. Je restai là, à le regarder, la plus totale incompréhension se lisant sur mes traits. Je ne bougeai pas, mais retrouvai ma voix en revanche.

- Qu'est-ce que c'était ? Ce souvenir ? Celui avec l'incendie.

Il l'avait forcément vu. Il avait aussi certainement senti mes coups contre sa poitrine (je me rendais compte à présent que la porte contre laquelle je frappais n'en était pas une...) à moins qu'il n'ait été, comme moi, déconnecté de la réalité. Quoiqu'il en soit, il devait savoir de quel souvenir je parlais.

- Ce n'était pas l'un des miens. Et pourtant j'y étais. Qu'est-ce que vous avez fait ? Qu'est-ce que c'était ? C'était l'un des vôtres ? Vous l'avez manipulé pour que je sois à l'intérieur ? Pourquoi ? Le petit garçon, c'était vous ? Pourquoi elle vous appelait Aiden ?

C'était tellement incohérent. Je n'arrivais pas à comprendre ce souvenir. Il y avait quelque chose qui ne collait pas.


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L'un de ses souvenirs l'avait particulièrement ébranlée. Plongé dans ses recherches visant à trouver une preuve de ce qu'il avançait la cernant, il n'avait guère prêté attention à quoique ce soit d'autre.
Lorsqu'il avait vu l'image de la cabane, il avait bien senti quelque chose s'abattre contre son torse mais en avait fait abstraction complètement. C'était un souvenir étrange. La réaction d'O'Brien également l'était.
Quand il avait forcé la porte de son esprit dans la librairie plusieurs jours plus tôt, il avait fait remonté des souvenirs douloureux tels celui de la mort de Margaret ou bien encore celle du frère de la rouquine. Toutefois, malgré la blessure probablement encore vive que cela provoquait chez elle, son comportement était resté relativement normale. Elle s'était agacée mais n'avait arboré l'expression qu'il lui voyait. Une sorte d'incompréhension et peut-être de peur.

Il ne pouvait pas vraiment lui donner tort au final. De ce qu'il en avait vu, le garçon, Aiden,  avait semble-t-il péri dans les flammes. Il avait également entendu distinctement un homme appelé la petite fille rousse "Abby".

Sa première question était ambigüe... clairement. Ce qu'il lui prenait ? Ne venait-il pas de le lui expliquer ? Etait-elle à ce point idiote ? Il avait beau essayé de la blesser par tous les moyens et se moquer de son peu d'aptitudes, il savait pertinemment bien qu'elle avait clairement compris ce qu'il lui avait précédemment dit. Enfin ... il l'espérait.

- Il ne me prend rien que je ne vous ai déjà expliqué. Comme je vous l'ai dit, je ne souhaite pas davantage tolérer votre présence à proximité de mon domaine. Pas plus que je ne souhaite que ma soeur s'inquiète pour votre sécurité et ne se décide à vous aider. Pour être donc honnête et abrupte, c'est donc le meilleur moyen pour moi de me débarrasser de vous au plus vite que de vous faire transplaner en ma compagnie de là où vous venez puisque vous avez eu l'imbécilité de laisser votre baguette sur la commode de votre chambre à l'auberge de McIntosh... Ou Callum comme il vous a demandé de l'appeler semble-t-il.

Arborant un sourire moqueur, l'expression de l'aubergiste qu'il avait entraperçu lui revint.

- Visiblement, certains moldus apprécient votre coté écervelée puisque votre Callum semble vous trouver un certain charme.

Cependant Abigail semblait être partie sur complètement autre chose. Le souvenir qui semblait l'avoir tant affectée était en fait ce sur quoi elle le questionnait. Et la première question ne prit réellement son sens que lorsqu'elle eut fini de l'assourdir de questions.
Elle l'accusait d'avoir traficoté un souvenir voir de lui avoir implanté l'un des siens dans la mémoire en l'arrangeant pour qu'elle y soit intégrée. Délirait-elle ? Avait-il été si loin qu'il avait brisé quoique ce soit en elle ? Non ... C'était impossible. Cela faisait plusieurs années qu'il utilisait son don et jamais encore il n'avait brisé qui que ce soit avec. William avait été un brin amoché certes... Il s'en voulait d'ailleurs toujours d'avoir du infliger un tel supplice à son cadet.

- Suffit ! , grogna-t-il en colère, Je n'ai implanté aucun souvenir en vous. Ni un mensonge ni même l'un des miens. Je puis vous assurer que s'il s'agissait de l'un des miens vous seriez davantage perturbée que vous ...

Nathanaël serra les dents. Voilà ce qui arrivait lorsqu'il parlait de trop. Elle n'avait pas à savoir tout ça. Elle ne le saurait pas !

- Ce souvenir est vôtre. Je n'ai fait que le faire remonter à la surface en fouillant votre esprit. Vous l'aviez visiblement enfoui ... Sans doute par peur d'affronter la vérité. Il était ... Dissimulé si vous préférez. A moins qu'on ne l'ait fait pour vous... Mais c'est le vôtre uniquement. Je n'ai rien à voir là-dedans si ce n'est de l'avoir exhumé.


Impatient, il lui tendit à nouveau le bras.

- Maintenant, j'aimerais vous ramener au plus vite.


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Mais de quoi il parlait ? Pourquoi parlait-il de Mr McIntosh ? Qu'est-ce que l'aubergiste venait faire dans toute cette histoire ? Il est vrai que parmi les souvenirs que Nathanaël avait vus, l'aubergiste était apparu oui, subrepticement. Il était gentil cet aubergiste, et très prévenant à mon égard. C'était assez flatteur, et relativement gênant à la fois. Je n'avais pas l'habitude de ce genre d'attentions, sans compter qu'il était loin des correspondre au type d'hommes susceptibles d'attirer mon attention. L'un de ses principaux défauts ? Il n'aimait pas les livres.

Je fronçai les sourcils en continuant de regarder Nathanaël, un brin perdue. J'éludai ses remarques en secouant la tête et fis un nouveau pas vers lui. Je ne me rendis même pas compte de la gaffe qu'il venait de faire. Peut-être que ça me reviendrait, un peu plus tard.

- Je ne peux pas avoir oublié quelque chose comme ça. C'est juste improbable. C'est tellement...

Je m'interrompis, le regard dans le vide quelques secondes. J'avais entendu parler de ces personnes qui effaçaient simplement certains détails trop difficiles à accepter. Elles les oubliaient, purement et simplement. Mais quand on les mettait face à ces souvenirs, généralement, ça revenait comme un flash. Brusquement, brutalement, elles se rappelaient soudain. Ce n'était pas mon cas.

- Je devrais m'en souvenir, ça devrait me revenir. Mais ça ne revient pas.


Je relevai les yeux sur Nathanaël. C'était idiot, mais c'était comme si j'attendais de lui qu'il m'explique, qu'il me donne la solution. Alors que manifestement, il serait certainement la dernière personne à vouloir le faire.

- Et ce petit garçon, Aiden. On avait l'air d'être de bons amis, d'être très proches. Admettons que j'ai effacé cet événement de ma mémoire, je ne peux pas l'avoir totalement oublié, lui. Je devrais avoir forcément un souvenir de lui ! J'ai une bonne mémoire, je me souviens d'un tas de choses insignifiantes (il avait dû s'en rendre compte en fouillant ma mémoire d'ailleurs), je me rappelle de mon enfance. Comment je peux ne pas me rappeler un ami ?

Je me détournai de lui et me passai une main sur le front, réfléchissant à haut voix, marchant en même temps, faisant les cents pas devant lui.

- J'ai une peur panique du feu... Je n'avais jamais su d'où je la tenais. Mes parents m'ont toujours dit qu'ils n'en avaient pas la moindre idée. Que c'était comme ça. Que c'était irrationnel, que ça ne s'expliquait pas.

Et si, au contraire, ça avait une explication parfaitement logique ? Et si elle était là, cette fameuse explication. C'était plausible, non ? Je veux dire, si j'avais vraiment vécu cet incendie, il n'y avait là rien de vraiment étonnant à ce que j'ai peur du feu à ce point. Mais c'était tellement illogique en même temps. Mes parents m'en auraient parlé !

Je me retournai vivement vers Nathanaël et avançai vers lui d'un pas décidé, ne m'arrêtant qu'à quelques centimètres. Mes yeux verts plongés dans les siens, je m'apprêtai à lui demander ce que personne n'avait encore jamais dû lui demander, certainement.

- Refaites-le. Retournez dans ce souvenir. Et dans la suite.

Il fallait que je comprenne. Il fallait que je sache ce qu'il s'était vraiment passé.


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Son attitude avait changé indubitablement. Ce maudit souvenir l'avait rendue plus butée et elle ne semblait pas vraiment avoir envie de s'en retourner à l'auberge tant qu'elle n'aurait pas eu la réponse qu'elle souhaitait. A savoir la provenance de celui-ci et probablement ce qu'il s'était passé avant et après.

Toutefois, la jeune femme paraissait également remettre en question la provenance du souvenir, persuadée qu'il s'agissait d'une implantation qu'il lui avait fait ou bien d'une modification de souvenir par rapport à un élément qu'il avait eu en sa possession en se promenant parmi les fragments de sa mémoire : sa peur irrationnelle du feu.

Mais il avait beau être cruel pour protéger les siens. Il était certes capable d'un nombre incalculable de choses pour pouvoir les protéger et les tenir à l'abri de la menace qu'étaient leur oncle et le monde extérieur. Cependant, il n'avait aucun intérêt à implanter un quelconque souvenir de la sorte dans l'esprit de la jeune femme qui lui faisait face.
Le fait qu'il s'agisse également de l'un de ses propres souvenirs le faisait doucement ricaner également. Son interlocutrice ne connaissait rien de son enfance. De sa petite enfance avec ses véritables parents, les Selwyn, il ne subsistait que de très rares souvenirs que ceux qui avaient suivi avaient en majeure partie effacé. La mère de son oncle s'était montrée aussi infâme que son fils en ce qui concernait Nathanaël. Elle l'avait enfermé des heures durant dans une pièce sombre, l'avait effrayé avec un épouvantard et s'était montrée tout aussi sadique dans ses marchandages que son fils.

Le sondage de son esprit avait clairement montré qu'elle n'avait rien à voir avec Jeremiah où si c'était le cas aucune trace n'existait dans la moindre parcelle de neurones.

Ses jérémiades le firent soupirer. Que ne pouvaient-ils pas juste transplaner à l'auberge pour repartir tranquillement chacun de leur côté ? Il n'avait pas envie de continuer de l'écouter. Ce n'était pas son genre. Tout du moins pas celui de son rôle. Or, Abigail O'Brien ne verrait jamais rien d'autre le concernant.

Ses énonciations finirent cependant par faire froncer les sourcils au jeune homme. Elle n'avait aucun souvenir du garçon du souvenir ce qui semblait tout de même étrange. D'autant plus quand il avait vu le nombre de détails insignifiants et sans le moindre intérêt que sa cervelle pouvait retenir. Se souvenir dans le détail de la couleur de chaussettes d'un personnage de livre frisait presque le ridicule.

- Si vous ne vous en souvenez pas il y a probablement une raison. En dehors du fait que vous l'eussiez oublié, peut-être quelqu'un vous a-t-il simplement dissimulé, atténué ou effacé ce souvenir., soupira-t-il las, Ce jeune garçon est probablement mort dans cette incendie. Il est difficile pour une gamine de porter un tel ... fardeau. Un parent a très bien pu le faire pour vous épargner cette peine.

Jugeant qu'il avait été bien assez patient, Nathanaël s'apprêtait à saisir le poignet de la rousse pour la forcer à transplaner quand celle-ci vint se placer toute proche de lui. Que lui prenait-il cette fois ? C'était à lui de se poser la question !
Sa demande le surprit grandement, le faisant froncer les sourcils sous la surprise.
Ses traits étaient loin d'être engageant et il était clairement en colère.

Pour qui le prenait-elle ? Si elle pensait qu'il était du genre à venir en aide à son prochain, elle se trompait lourdement et il allait se faire un plaisir de la détromper.

Se penchant vers elle, il arbora un rictus.

- Miss O'Brien, vous aurais-je, par le plus grand des malheurs, donné une bien meilleure opinion de moi que je ne le souhaitais ?, se moqua-t-il d'elle, Parce que si vraiment vous me pensez tel un bon samaritain qui va venir vous aider à démêler ce peu de neurones emmêlés que sont les vôtres... Vous vous êtes lourdement trompée.

Se redressant, il lui tendit froidement mais poliment son bras.

- Je ne vous dois rien. Il est donc hors de question que je me fatigue à me replonger dans votre cervelle sans intérêt. Dépêchez-vous de prendre mon bras avant que je ne vous contraigne à transplaner à mes côtés.


Nathanaël Lysander Yaxley
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- Effacé ?

Ses paroles me firent d'autant plus froncer les sourcils qu'elles apportaient une réponse à la question que je me posais. Une réponse que je n'aimais pas du tout. Une réponse qui ne collait pas. Une réponse que je ne pouvais même pas envisager. Il était impossible que ma mère (parce que ça ne pouvait être qu'elle, mon père n'avait pas ce pouvoir) ait utilisé un sort sur moi pour altérer ma mémoire. C'était tellement incohérent !

C'était pour cela qu'il fallait qu'il recommence, qu'il retourne dans mes souvenirs pour faire remonter à la surface que j'avais oublié. Pour qu'il prouve que ma mère n'avait rien à voir là-dedans, que ce souvenir n'était pas réel, qu'il n'avait jamais existé. C'était peut-être quelque chose que j'avais vu dans un film, ou... lu dans un livre ? Je l'avais peut-être mémorisé sans m'en rendre compte en m'incluant à l'histoire à la place d'un autre personnage. Aiden était un nom courant en Irlande, c'était peut-être le personnage de l'une des histoires que me racontaient ma grand mère ?

Je m'attendais à ce qu'il refuse. Il s'était toujours montré peu enclin à m'aider à quoique ce soit. Encore qu'il voulait me ramener à l'auberge. Mais c'était parce qu'il y trouvait un intérêt personnel. Quand il parla de transplaner en m'entraînant de force avec lui, je secouai la tête, mon regard vert tellement sérieux planté dans le sien. Il avait de magnifiques yeux bleus, il fallait bien l'avouer, des yeux tellement expressifs, un regard tellement intense parfois. Je crois que j'étais capable d'avoir le même, mais en vert.

- Vous ne le ferez pas. Vous ne pouvez pas me forcer à transplaner avec vous. Même si vous m'agrippez de toutes vos forces, vous savez que si mon esprit n'est pas en accord avec le votre à ce sujet, vous risquez de me désartibuler.

Encore que, peut-être qu'il s'en fichait. Quoique, non, si ça lui était vraiment égal, il me laisserait là, toute seule, sans lever le petit doigt.

- Les Irlandais ont un sang assez particulier je crois. Difficile à faire partir, même en utilisant le meilleur sort. Vous n'aimeriez pas tâcher vos vêtements.

C'étaient des foutaises, nous avions le même sang que tout le monde. Encore que certains disaient que nous avions la rébellion dans le sang. La révolte face à l'oppression, nous l'avions déjà montré plus d'une fois dans notre histoire, moldue ou pas. Les Irlandais étaient fiers, courageux et prêts à tout. Je m'étais souvent demandé si j'étais vraiment irlandaise, au fond, parce que je n'avais pas l'impression de posséder ces traits de caractères qu'on leur attribuait. Mais face à Nathanaël, n'était-ce pas d'une certaine forme d’opiniâtreté dont je faisais preuve ? Un brin de courage aussi, face à celui qui ne me voulait, clairement, aucun bien ?

- Vous n'avez pas envie de m'aider, je le sais. Mais vous êtes la seule personne que je connaisse qui sois capable de faire remonter mes souvenirs. Et je peux vous assurer que ça me coûte énormément de vous demander cette aide. Mais il faut que je sache ! Je vous en prie !

Je fis un nouveau pas vers lui, et posai ma main  sur son bras, mais sans vraiment me rendre compte de ce que je faisais.

- Faites-le, et je vous suivrai. Et je vous laisserai tranquille, je vous le promets.

Encore que je ne le cherchais même pas ! Je m'étais trouvé sur son chemin totalement par hasard. Et la région n'était pas si vaste, le monde des sorciers en lui-même n'était pas si grand, il n'était pas impossible que nous nous croisions à nouveau, sans le vouloir.

- Et je dirai à votre oncle d'aller se faire voir si jamais je le rencontre un jour.

Oui bon, m'est avis que je ne le rencontrerai jamais mais j'étais presque prête à lui promettre tout ce qu'il me demandait pour qu'il accepte de m'aider. Quand bien même tenir la plupart de ses promesses ne relèverait pas uniquement de moi. Je lâchai son bras, mais sans pour autant reculer. Il était si près de moi, je n'avais qu'à tendre la main pour la poser sur son torse si je le voulais, pour sentir sa chaleur et son cœur battre dans sa poitrine.

Vous savez, je n'étais pas totalement dupe. Quelque chose me disait que sous ces dehors d'homme cruel et sadique se trouvait un autre homme, totalement différent. Ce qui me faisait dire ça ? Ces quelques lueurs d'humanité que j'avais entraperçues chez lui, juste le temps d'une seconde ou deux, tellement fugace qu'on aurait presque pu jurer ne pas les avoir vues. Mais j'étais prête à jurer, moi, qu'elles étaient bien réelles. Il avait eu maintes occasions de se débarrasser de moi s'il l'avait voulu, de me faire vraiment du mal. Mais il ne le faisait pas. Bon la majorité d'entre vous argueraient certainement qu'entrer dans l'esprit des gens est la pire chose qu'on puisse faire, mais ça n'était pas douloureux. C'était humiliant, ça faisait ressortir des souvenirs blessants, qu'on aurait préféré oublier, mais ça n'était pas douloureux. C'était du moins comme cela que je l'avais vécu.

A aucun moment je ne l'avais quitté du regard. J'avais cherché à capturer le sien, et à le garder, tout au long de ma "tirade". Et alors qu'une lueur de détermination tenace habitait désormais mes yeux.

- Si vous ne le faites pas pour moi. Faites-le au moins pour vous. Aidez-moi à trouver la vérité, à comprendre, et vous êtes débarrassé de moi.

Jusqu'à la prochaine fois que nos routes se croiseraient, par le plus grands des hasards...


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Lorsqu'il évoqua l'idée que ses souvenirs aient pu être effacés intentionnellement, la jeune femme fronça les sourcils. Visiblement l'idée ne lui plaisait pas mais lui-même ne voyait pas réellement d'autres possibilités. Sauf si elle s'était elle-même infligé cela en se forçant à oublier, en isolant dans un coin de sa tête ce bribe qu'il avait entrevu et qui clairement ne semblait pas très gai pour la gamine qu'elle avait été.

Néanmoins, Nathanaël n'en avait que faire de ce morceau brisé que la jeune femme voulait à tout prix récupérer. Ce n'était pas ses affaires et il ne souhaitait pas y être mêler. S'il y avait bien une chose qu'il avait apprise et qu'il savait pertinemment bien, c'était qu'il ne fallait sous aucun prétexte se mêler de ce qui ne lui regardait pas. Tout finissait par se savoir et les ennuis commençaient alors. Or question ennuis, il avait déjà de quoi faire pour toute une vie !
Aussi s'attendait-il à la ramener à la raison lorsqu'il lui avait dit la contraindre à transplaner. C'était dangereux il le savait. Il suffisait qu'elle s'entête à vouloir rester pour qu'elle se désartibule. Et allez expliquer à des aurors pourquoi vous aviez forcé une stupide bibliothécaire à transplaner loin de chez vous !
Oh... Il trouverait probablement bien. N'était-il pas prêt à tous les sacrifices pour protéger les siens ? Mais parvenir à se débarrasser d'elle au plus vite et sans effusion de sang lui éviterait probablement de nouvelles insomnies!

Les aberrations qu'elle lui sortit sur de soit-disant propriétés du sang irlandais lui firent lever les yeux au ciel avec un soupir. Avait-elle oublié qu'elle parlait à un médicomage ? Pensait-elle vraiment que cela prendrait ?

Si elle s'en rendit compte, elle ne le laissa cependant pas voir puisqu'elle continua sa tirade. Son interlocutrice avait au moins le mérite de savoir qu'il ne souhaitait vraiment pas l'aider. Mais elle s'entêtait visiblement à vouloir qu'il l'aide, qu'il fouille sa mémoire. Etait-elle assez égoïste pour ne penser qu'à elle ?
Au final, elle ne valait pas bien mieux que son oncle même si elle ne travaillait pas pour lui ! La légimencie était un pouvoir désagréable à utiliser. Très éprouvant et fatiguant également ! C'était d'autant plus le cas lorsque son utilisateur se voyait contraint de le faire et haïssait ce pouvoir que beaucoup voyait comme un don !
Un rien et Nathanaël pouvait briser une personne, une âme. Il avait bien heurté son jeune frère. Et pour avoir subi l'assaut du pouvoir que son propre oncle possédait, il savait que ce dernier pouvait être redoutable.

Or que lui demandait-elle ? De se montrer coopératif et de bien vouloir faire ce qu'il abhorrait pour son simple et "bon" plaisir ?

Sentant sa main sur son bras, Nathanaël se raidit. Le contact physique avec les étrangers lui déplaisaient fortement. Après tout, ceux qu'il avait eu durant son enfance n'avaient que rarement été agréables.

Lorsqu'elle eut enfin terminé de tenter de le convaincre, ses yeux verts rivés aux siens bleutés, Nathanaël n'était pas plus convaincu de l'aider. Que du contraire d'ailleurs ! Et plus que jamais, il voulait la voir s'éloigner de cet endroit et ne plus jamais la revoir. Toutefois, il vit bien à la détermination qu'il lisait dans son regard qu'il n'était pas prêt de se débarrasser d'elle sans au moins une promesse de l'aider. Il allait cependant tenté par tous les moyens de ne pas se la voir arracher.

- Vous plaisantez ?, trancha-t-il froidement en se dégageant de sa main toujours sur son bras, Avez-vous oublié que j'étais médicomage, Miss O'Brien, ou bien mes deux incursions dans votre fragile esprit vous a-t-il déjà abimé le peu de neurones encore viables ?

L'aider pour lui-même ? Etait-elle sérieuse ? Elle ne pouvait pas vraiment lui avoir sorti pareille phrase !

- En quoi vous aidez me rendrait service ? Je devrais à nouveau tolérer votre présence tout en vous faisant profiter de mon don. Je n'y gagne rien.

Tournant autour de la jeune femme de sa démarche élégante et souple, il jaugea froidement Abigail.

- Si vous devenez gênante, j'ai bien d'autres moyens de vous éloigner de ma fratrie. Sachez-le. Pourquoi devrais-je me fatiguer à employer ma légimencie pour vous ?

Se détournant, il s'apprêtait à rentrer mais s'arrêta finalement, tournant toujours le dos à la bibliothécaire.

- Pourquoi ne commenceriez-vous pas par questionner votre mère ?, lui fit-il avant de lui faire à nouveau face, D'après ce que j'en ai vu, c'est la seule personne qui aurait pu vous infliger cela à cette époque-là.

S'approchant d'elle, il vint rivés ses iris bleus à celles de la jeune femme comme il l'avait fait précédemment lorsqu'il avait sondé son esprit.

- Ne sous-estimez pas la légimencie, Miss O'Brien. C'est un art traitre et sournois. Pratiquée par un sorcier fatigué ou opiniâtre, vous pourriez bien y perdre plus que de récupérer un vieux souvenir sans réelle importance.

Se redressant, il la toisa à nouveau avec indifférence. Mais son regard exprimait le calcul et une forme de résignation. Il voulait s'en débarrasser aussi son esprit évaluait-il la solution la plus rapide et la plus sûre pour parvenir à ses fins.

- Parlez avec votre mère en détail de ce souvenir. Essayez de voir si l'effacement ne provient pas d'elle ou d'un membre de votre famille proche. Après et seulement si cela ne s'est pas montré concluant, contactez-moi par hibou postal - uniquement par ce biais - et j'aviserai selon le temps à ma disposition pour voir ce que je peux faire pour votre cas.

La mâchoire de Nathanaël se contracta et ses traits se firent sévères.

- Sachez que la première chose que je ferai en m'introduisant dans votre esprit sera de vérifier que vous avez bien rempli cette part du marché. Si ce n'est pas le cas, je vous promets de vous détruire pour vous éloigner des miens. Dans tous les cas, même par pure coïncidence, par la suite, je ne veux plus JAMAIS voir votre visage apparaitre devant moi ou ma fratrie.

Tendant sa main droite, il foudroya la jeune femme du regard.

- Il s'agit de la seule offre que vous aurez de ma part. Si vous saisissez cette main pour transplaner dans l'instant avec moi, vous en acceptez toutes les clauses sans condition. Ai-je été bien clair ?




Nathanaël Lysander Yaxley
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Médicomage ? Non, je n'avais pas oublié, loin de là.

- Et si vous arrêtiez de m'insulter à tout bout de champ ? Ça commence à devenir lassant. Ou vous pourriez au moins changer de registre ? Je ne sais pas, il y a tellement de choses que vous pourriez attaquer chez moi. Comme ma couleur de cheveux par exemple !

Oui parce que bon, je vous rappelle qu'à une époque, les roux étaient très mal vus. En Egypte ancienne, ils étaient relativement persécutés, je crois. Et à toutes les époques, on les a toujours considérés comme des êtres malveillants, envoyés du Malin ou porte-malheur.

Je plantai à nouveau mes yeux dans les siens, avec ce froncement de sourcils caractéristique qui indiquait que j'étais on ne peut plus sérieuse.

- Je sais que vous êtes médicomage. Et justement, qui serait mieux placé que vous pour m'aider à retrouver la mémoire ? Est-ce que ça ne fait pas partie des attributions d'un médicomage ? C'est, du moins, ce qu'en dit mon frère.

Oui, parce que Liam était médicomage lui aussi et médecin moldu également. Il avait étudié les deux médecines, ce qui lui permettait de travailler d'un côté et de l'autre de la "barrière". Mais Nathanaël avait une chose que mon frère n'avait pas. Cette capacité à entrer dans l'esprit des gens, à explorer leurs souvenirs. D'autant que je sache, Liam n'avait jamais appris la légilimencie. Il n'aurait, d'ailleurs, certainement jamais voulu le faire. Oh, et puis Liam n'était pas neutre, il y avait fort à parier qu'il ne voudrait pas m'aider. D'ailleurs... avait-il eu connaissance de cet Aiden lui aussi ? Je veux dire, Liam et moi étions, comme beaucoup de jumeaux, totalement inséparables. Il n'apparaissait pas dans ce "souvenir" (si tant est que c'en fut réellement un). C'était étrange...

Les paroles de Nathanaël ainsi que ses mises en garde s'imprimèrent dans mon esprit. Elles eurent au moins le mérite de me ramener au silence, et à la raison, un peu. Juste un peu. J'y entendais là comme une sorte d'avertissement. Quelque chose qui prouvait, une fois de plus, qu'il ne souhaitait pas vraiment me faire du mal, au fond. Voyez, il préférait me prévenir des risques que j'encourrais à le forcer à entrer à nouveau dans mon esprit aujourd'hui.

Sans le quitter des yeux, je finis par acquiescer.

- J'interrogerai ma mère. Mais... elle ne peut pas être liée à tout ça. C'est impossible. Elle est la bonté même, jamais elle n'aurait pu manipuler ma mémoire, c'est trop risqué. C'est totalement incohérent.

Oui, ça l'était. Mais j'allais demander à ma mère, oui. Et ce même si je connaissais déjà sa réponse. Ma mère ne pouvait définitivement pas être impliquée dans toute cette histoire. Aiden était certainement une pure invention de mon esprit. Mais l'était-il vraiment ? Je veux dire, il ressemblait tellement à Nathanaël que c'en était troublant...

Je le dévisageai quelques secondes encore, alors qu'il exprimait le souhait de ne plus jamais me revoir s'il acceptait de m'aider. Vous n'imaginez pas à quel point j'étais en accord avec lui. Mais c'était pourtant une chose que je ne pouvais pas lui promettre. Qui sait où il sera demain et ce qu'il fera ?

J'hésitai encore un peu, puis finis par acquiescer, acceptant de ce fait son offre ainsi que les conditions qui allaient avec. Encore que ça n'était pas tellement difficile. Il allait m'aider à retrouver la mémoire et ensuite il disparaîtrait de ma vie. Que demander de mieux ?

- Merci, murmurai-je, mes yeux dans les siens, avant de glisser ma main dans la sienne, tâchant de me préparer au mieux à la réaction (souvent déstabilisante) du co-transplanage.


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Son jumeau était médicomage... ainsi que médecin moldu. C'était une association étrange mais pas complètement stupide. Il l'avait vu dans les souvenirs de la jeune femme.
Sa remarque quant au manque d'originalité de ses attaques lui firent hausser les épaules. Cela ne le touchait pas plus que ça. Et il avouait ne pas trop comprendre en quoi sa couleur de cheveux aurait pu donner sujet à des moqueries.
Oh, Margaret lui avait bien dit par le passé que ses cheveux la rendaient honteuse et qu'elle était souvent au centre des quolibets des moldus chez lesquels elle retournait passer ses vacances à cause de son roux flamboyant. Mais lui-même n'avait jamais vraiment accordé de crédit à la chose.

- Et si vous arrêtiez vous-même de me donner les armes pour vous insulter ?, murmura-t-il avec un soupir.

Il détestait ces personnes qui se plaignaient sans tâcher de se regarder eux-même pour tenter de comprendre ce qui poussaient les autres à les agresser. Parfois le problème provenait directement de la source également !

Son argumentation en ce qui concernait sa profession de médicomage ainsi que les attributions et devoirs qui y étaient liés n'était pas si mauvaise. Après tout il avait souhaité en premier lieu, aider les autres en devant médicomage. Pouvoir soigner les siens, les protéger des maladies et les aider lorsque cela était nécessaire avaient grandement fait pencher la balance lors de son choix d’études. Toutefois, son orientation avait vite pris des allures personnelles et ses grandes aspirations d'autrefois avaient été étouffées dans l'oeuf. Depuis la mort de William, il avait même été à l'encontre de certains principes et se retrouvait désormais à Skye où il aidait le régime mis en place.

La jeune femme accepta ses conditions. Il en fut le premier étonné et le premier soulagé d'ailleurs ! Il était las et souhaitait regagné le manoir pour poursuivre la discussion qu'il entretenait avec Rosemary sur le dernier roman moldu qu'ils avaient tout deux lu. Ils étaient alors en plein débat sur le bien fondé des attitudes de l'antagoniste principal masculin lorsqu'ils avaient croisé la route de la bibliothécaire.

Le "merci" qu'elle murmura le déstabilisa légèrement mais il n'en montra rien. Pourquoi le remercier ? Après tout, elle n'était même pas sûre qu'il tiendrait sa parole. Aucune certitude concernant le fait qu'il parvienne à récupérer entièrement ce souvenir ne lui était offerte pas plus qu'elle n'était certaine d'ailleurs qu'il ne risquait pas de l'amocher au passage.

Passant outre, Nathanaël referma ses doigts sur ceux d'Abigaïl et se concentra sur la destination de leur transplanage à savoir la ruelle isolée à l'arrière de l'auberge où elle logeait. Rapidement les secousses se firent sentir et une minute plus tard, ils étaient tout deux face au mur arrière de l'auberge en colombage.

- Vous voici arrivée à bon port., lui fit-il en la relâchant, N'oubliez pas : passez pas un hibou postal! Ceux de Pré-au-Lard ou bien de tout autre endroit conviendront parfaitement. Bonne soirée, Miss O'Brien. Au plaisir de ne plus jamais devoir vous revoir.

Fixant son regard dans celui de la jeune femme, il disparut dans un nouveau transplanage le ramenant auprès des siens où Rosemary guettait d'ailleurs son retour.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Le petit chaperon rouge [Nathanaël/Abigail]

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