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 Quand on arrive en ville [Irving & Klemens]

Klemens DabroskiLoup-garouavatar
Messages : 1177

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30 août 2009

Le temps semblait avoir une façon bien étrange de s'écouler. Ses moments de liberté étaient toujours beaucoup trop courts à son goût. Et toujours réalisé dans l'illégalité la plus totale. Personne ne savait rien de ses virées nocturnes et c'était bien mieux ainsi. Il n'avait pas besoin d'un chaperon pour lui dire que ce n'était pas bien et qu'il mettait tout le monde en danger à agir de la sorte. Néanmoins, le seul à être réellement en danger du fait de ses actions, c'était lui même. Et il n'était pas prêt à laisser filer sa pseudo liberté retrouvée. Il avait conscience de prendre des risques mais il restait le seul maître de ses choix jusqu'à preuve du contraire. Et s'il souhaitait passer une heure ou deux à se promener dans les rues non fréquentées de Bristol, c'était son droit.

Ses balades nocturnes lui permettaient surtout d'oublier sa situation actuelle. Enfermé dans une cave toute la journée à écouter des réunions qui n'en finissaient pas. Aucune action vraiment marquante envisagée pour le moment. Il avait besoin d'agir et ils restaient terrés dans leur trou. Le fait que Juliana et Joel soient partis à Manchester n'aidait pas non plus. Il voyait deux amis chers s'éloigner de lui à un moment où il aurait eu besoin d'unité et de soutien. Tout ça parce que certains n'étaient pas capables de voir que Roy n'était pas aussi con qu'il le laissait croire. Mais il n'était pas entré dans le débat. Il trouvait plus simple de ne pas s'en mêler et de continuer à fréquenter le mafieux dans le plus grand secret.

Il aurait tout aussi pu accompagner la jeune femme et son ancien amant dans leur exil. Mais l'action se déroulait à Bristol et il était hors de question pour lui d'abandonner le combat. Même temporairement. Et cela signifiait également abandonner Lilly. Il n'avait pas été des plus sympathique avec elle à son retour. Avec personne en réalité. Il avait été dur avec Joel, manquant de le tuer. Il comprenait parfaitement la méfiance des autres à son égard. Leurs regards en coin à l’affût de la moindre réaction suspecte ou du moindre changement d'humeur inexpliqué.

Il avait conscience d'être un fardeau plus qu'une aide pour le Kraken. Mais il n'avait nulle part ailleurs où aller. Il voyait bien la pitié qu'il engendrait. Et finalement, il n'y avait qu'Esteban pour réussir à lui faire oublier qu'il n'avait plus rien de normal. Si normal, il avait un jour été. Il n'avait aucune prétention quant à son avenir et il se sentait inutile au possible. Devenant ce qu'il avait toujours craint. Un type complètement dépendant des autres. Voilà pourquoi il tenait à ses balades nocturnes. Il oubliait tout cela et redevenait un homme à part entière.

Le reste du temps, il ressassait son inutilité en jouant avec sa baguette magique. Se réhabituant à lancer des sorts et en apprenant de nouveaux dans les livres qu'on lui avait prêté. Et il s'habituait également à sa nouvelle baguette puisque la sienne était restée à Skye. Il devait déjà s'estimer heureux d'être sorti. Il ne fallait pas non plus qu'il se montre trop gourmand en ayant voulu que sa baguette l'ait suivi dans sa fuite. Alors on lui en avait trouvé une autre. Beaucoup moins bien que la sienne. Moins souple et plus résistante. Une vraie tête de mule. Il envisageait sérieusement de demander à s'en faire faire une autre. Avec les mêmes propriétés que l'ancienne. Mais il savait pertinemment que personne ne voudrait prendre ce risque pour lui. Sauf peut-être Roy. Il semblait prêt à tout pour se faire pardonner et regagner son amitié. Il serait idiot de ne pas en profiter à minima après tout.

Il était donc en train de pester après la médiocrité de sa baguette après avoir tenté de réaliser un sort d'une certaine complexité lorsque l'apparition d'un Patronus le fit sursauter. Il se retourna vivement baguette tendue lorsque la voix d'Irving sortit du Griffon nivernais face à lui. Il baissa sa baguette, fronçant légèrement les sourcils pour écouter ce que son ami avait à lui dire. Il avait entendu dire qu'il avait quitté Nimbus peu de temps après son arrestation. Lilly ayant gardé contact avec son ancien voisin. Il regrettait cette époque d'ailleurs. Où leur innocence leur permettait d'aller boire une Gobière ensemble en rentrant du boulot. Il le taquinait gentiment sur Nora et Irving prenait faussement la mouche. Il aurait donné beaucoup pour revenir en arrière. S'il avait su...

Mais ce n'était pas le moment de s'attarder sur le passé. Il était d'une certaine façon heureux que le jeune homme lui propose une rencontre. Il lui indiqua donc une adresse et une heure de rendez-vous en réponse. Il y avait peu de lieux sûrs pour lui à Bristol mais il y en avait un qu'il savait hors de tout danger. Il avait eu la chance de constater que certaines personnes prenaient leur rôle d'ami au sérieux. Et c'est avec une certaine surprise qu'il avait vu Alexandra lui apporter ses potions Tue-Loup et faire en sorte de rendre son quotidien plus agréable. Il ne s'attendait à rien de particulier de sa part. Et il s'était rendu-compte qu'il avait des amis là où il ne s'y attendait pas. Même Seamus s'était montré des plus courtois à son égard. Ne cherchant pas à l'enfoncer au contraire. Il voyait les efforts des uns et des autres pour tenter de le sortir de la pénombre.

Il y avait, toutefois, des jours où tout cela lui semblait vain et hypocrite. N'arrivant pas toujours à cerner les personnes autour de lui. Comme au cours d'une période de sevrage, il y avait des jours avec et des jours sans. Des jours où les images ne défilaient pas à toute vitesse dans sa tête au point de le rendre fou. Et des jours de calme inespéré. Ce jour là était l'une de ces périodes. Il était conscient de toutes ses actions. Quasiment aucune image douloureuse venant lui vriller la tête. Aucune douleur ou aucun spasme inconscient. Peut-être que le fait d'avoir à nouveau une alimentation équilibrée aidait. Il avait repris du poids, il n'était plus aussi émacié qu'à sa libération. Il y avait du progrès disait Esteban. Mais il n'avait pas encore retrouvé son physique d'autrefois. Il restait maigre et son visage n'avait pas repris ses rondeurs d'antan. Enfonçant ses yeux dans ses orbites et donnant une noirceur plus importante à son regard. Il faisait peur. Il en avait conscience. Il ne donnait pas l'image d'un homme sain en pleine santé. Au contraire, ses démons ressortaient plus que jamais sur son faciès.

Néanmoins, il n'avait pas hésité pour répondre à Irving. Il avait envie de le revoir. Et peut-être même au delà de cela. Besoin de voir que la vie continuait en dehors de sa cave. Besoin de constater que son ami s'en sortait. Que tout allait bien pour lui. Besoin d'un peu d'insouciance. C'est donc avec un peu d'avance qu'il se présenta dans l'arrière-boutique du magasin d'Alexandra. Un endroit qu'il savait parfaitement sûr pour s'y être rendu à plusieurs occasion. Il savait comment faire pour entrer sans se faire repérer et couper toutes les alarmes. Permettant ainsi à son ami d'entrer en toute sécurité. Il attendit à peine une dizaine de minutes avant que des pas se fassent entendre. Il leva sa baguette par précaution. Attendant d'être sûr d'avoir son ancien voisin face à lui pour abaisser sa baguette et la capuche qui lui couvrait le visage.

Il esquissa un léger sourire et parcourut la distance qui le séparait du jeune homme pour venir le serrer dans ses bras. Il était heureux de le revoir. Au point qu'il serra un peu plus, le pressant presque douloureusement contre lui. Comme pour s'assurer qu'il était bien là et qu'il ne rêvait pas. Il le relâcha lentement, gêné par sa démonstration d'affection. Se reculant légèrement penaud. Le regard baissé et les épaules basses. Comme honteux de s'être fait surprendre dans un instant de faiblesse. Il redressa néanmoins rapidement les yeux pour les poser sur son ami et esquisser un semblant de sourire. Ce qu'il avait de mieux en stock, incapable de réaliser un vrai sourire comme il en faisait tant depuis qu'il était libre.

"Je suis content de te voir Irving. Comment vas-tu ? Et Nora ? Il paraît que tu as déménagé..."


Klemens Dabrosky
Irving WhitakerAubergisteavatar
Messages : 3458

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Irving était installé dans sa chambre d'hôtel de l'avenue des douze Chênes. Il avait obtenu le fameux sésame pour pouvoir rester deux jours entiers à Bristol. Un vrai miracle. Malgré le blocus, certaines institutions demeuraient dans les vieux quartiers de Bristol et notamment les services de l'Etat liés au tourisme. Irving devait enregistrer l'auberge de Mallowsweet et demander plusieurs accréditations auprès de différents services. Un vrai parcours du combattant administratif qui nécessitait bien deux journées entières de paperasseries. Nora était restée à Mallowsweet et il lui envoyait d'ailleurs un petit compte-rendu de sa journée par patronus messager, omettant volontairement d'évoquer le programme de sa soirée. Bon nombre des messages émis depuis Bristol vers l'extérieur était contrôlé par la Milice, mieux valait resté prudent:

"...il manquait le formulaire de la Licence IV, du coup je n'ai pas pu déposer notre dossier pour obtenir le label "BioMagic". Il faut qu'demain matin j'retourne au guichet d'enregistrement des "Gites et Auberges Magiques de Grande-Bretagne" afin qu'ils me fassent un papier qui prouve que j'ai bien fait la demande -comme s'ils n'avait pas pu me le faire la première fois, grogna-t-il,  et qu'ensuite j're-retourne avec mon dossier, complet, au bureau de demande des labels, sachant qu'aujourd'hui il y avait trois heures d'attente... L'exaspération perçait dans le ton de sa voix et Irving aurait pu continuer comme ça pendant plusieurs minutes mais il se ravisa. C'était facile de cracher toute sa mauvaise humeur sur Nora plutôt que sur les employés de ces administrations vieillissantes. Il poussa un soupir las et reprit sur un ton plus mesuré,... Bon, j'espère que ta journée s'est bien passée. J'ai hâte de t'retrouver demain.
Il s'allongea sur le lit une main derrière la tête et poursuivit:
"On pourrait p't'être faire une pause dans les travaux d'ailleurs et, j'sais pas, moi, ... faire un pique nique ? "
Il se redressa et ajouta d'un ton plus guilleret:
"J'peux même nous acheter une bonne bouteille de vin des elfes pour l'occasion. Allez, s'te plait, dis oui !, insista-t-il avant d'envoyer son message.
Il patienta quelques secondes avant d'en envoyer un deuxième, puis un troisième dans lesquels il balançait simplement des subliminaux "Pique-Nique !" puis il décida de s'arrêter là. La Milice était capable d'interpréter cela comme un code de résistants ! songea-t-il en desserrant son nœud de cravate -Il s'était mi sur son 31 aujourd'hui pour défendre son projet et paraitre un peu plus vieux que ses dix-neuf printemps fraichement acquis- puis il reporta son attention sur l'horloge de la chambre.

Il devait retrouver Klem dans moins d'une demi heure dans l'arrière boutique e l'apothicaire la Serpe et le Serpent. Irving l'avait contacté le matin même en arrivant à Bristol sachant pertinemment qu'il n'aurait pas l'occasion de remettre les pieds ici avant longtemps. C'était l'occasion ou jamais pour tenter de voir -peut être une dernière fois avant son exil- son ami Klemens. Irving avait été l'un des nombreux rouages dans la mise en place de son plan de libération. Il avait fait la liaison entre le Kraken et la Salamandre mais il n'avait pas été en mesure de faire davantage... et c'était peut-être mieux ainsi quant on voyait comment s'était soldée sa dernière mission. Quoiqu'il en soit, il n'avait pas revu son ami depuis plusieurs mois et il se demandait sincèrement dans quel état il allait le retrouver. Le Cognard avait raconté des horreurs sur cette fameuse prison de l'Ile de Skye ainsi que sur les expériences qui étaient menées là-bas et Irving se félicitait d'avoir participé à tirer son voisin de cet endroit.

L'ancien Gryffondor attrapa sa veste et sortit de sa chambre afin de rejoindre l'Avenue des douze chênes, quasiment vide en dépit de la suppression du couvre feu. Il faut dire que début août le meurtre d'une milicienne avait eu lieu en plein milieu de la vieille ville et il n'en fallait pas plus pour que les habitants fuient le centre ville passé une certaine heure. Il y avait bien quelques personnes ça et là mais rien de comparable à la foule d'estivants d'antan.

Irving passa d'ailleurs à proximité d'une patrouille, s'arrêta quelques minutes devant la boutique d'un caviste pour  regarder les prix du vin des elfes et bifurqua dans une ruelle adjacente. Il sentit alors son appréhension monté d'un cran. L'accès à l'arrière boutique de l'apothicaire devait se situer dans le coin, songea-t-il stressé à l'idée de se faire attraper. Il balaya la voie du regard et tendit l'oreille pour s'assurer qu'il était bien seul mais l'unique chose qu'il entendit fut les battements de son cœur qui cognait dans sa poitrine. Merlin, il avait l'impression de revenir six mois en arrière, dans la ruelle de Pré-Au-Lard, juste avant qu'il n'entende les pas de Dalhiatus sur les pavés du petit village. Pressentant une menace imminente, Irving se précipita à l'intérieur de l'arrière cours avant de refermer précipitamment la porte derrière lui. Appuyé contre le battant, il lui fallut plusieurs minutes pour calmer ses tremblements et se raisonner. Que lui arrivait-il ? Une sorte de crise de panique sans doute. Ce genre de peur primaire le saisissait souvent dans ses cauchemars et il n'était pas rare qu'il soit en proie à des terreurs nocturnes depuis le meurtre de Dalhiatus mais habituellement cela ne lui arrivait pas éveillé. Irving poussa de longues expirations pour calmer son rythme cardiaque. Voila pourquoi il était inapte à n'importe quelle mission dorénavant. Il suffisait qu'il se retrouve dans des circonstances à peu près semblables à cette fameuse nuit et il paniquait.

"Tout va bien." murmura-t-il pour lui même avant de lever les yeux en direction de l'arrière-boutique. Klem avait parlé d'une petite porte, sur la gauche, Irving la rejoignit donc et pénétra à l'intérieur de l'immeuble plongé dans l'obscurité.
"Lumos"
Face à lui, une silhouette encapuchonnée se tenait debout.
"Klem ?" risqua-t-il, toutefois prêt à riposter en cas d'attaque.
Si Irving parvint à retenir son mouvement de recul en découvrant le visage émacié de Klemens lorsqu'il retira sa capuche il ne put contrôler son expression mi-surprise mi-horrifiée. Il s'agissait bien de Klem, aucun doute possible, mais ce n'était plus vraiment lui: Il était amaigri, affaibli, différent,... et ses yeux, Merlin, son regard était noir comme hanté par un mal inconnu.

Irving voulu dire quelque chose mais ses paroles restèrent bloquées dans sa gorge saisie par l'émotion. Alors, faute de mots, il tendit simplement les bras pour enserrer son ami. Presser ses épaules frêles, sentir ses omoplates saillantes dans son dos. Klemens ne lui était jamais apparu aussi fragile, à deux doigts de se briser. Mais que lui avaient-ils fait par Merlin? Comment pouvait-on diminuer un homme de la sorte en si peu de temps ? C'était impensable. Impossible. Dire que quelques minutes plus tôt il s'était félicité d'avoir participé à sa libération mais il était à présent forcé de constater qu'ils n'avaient pas été assez rapides pour le tirer de là. Skye était un véritable broyeur de vie humaine.
En relâchant son étreinte Irving était au moins aussi troublé que son ami, si ce n'est plus. Il regarda ses pieds quelques secondes et passa une main sur ses yeux brillants avant de relever le regard en direction de Klemens:

" Ils sont beaux les fiers combattants d'la résistance, plaisanta-t-il d'une voix rauque, regarde nous sérieux !" ajouta-t-il en reniflant entre deux ricanements.
L'humour restait le meilleur moyen pour dédramatiser la situation et puis, au fond, cela restait un moment heureux: Klem était là, bien vivant.
"Moi aussi j'suis content d'te voir mon vieux." répondit-il en lui pressant l'épaule, "Tu peux pas savoir à quel point. "
Il esquissa un sourire triste et poursuivit:
"Ouais, t'es bien informé, j'ai déménagé à la campagne avec Nora. Elle va bien."

Il ne souhaitait pas s'éterniser sur la question tant cela lui paraissait indécent d'évoquer ses projets devant Klemens qui était resté enfermé à Skye puis dans les locaux du Kraken depuis plusieurs mois.

"Mais parle moi d'toi ? Comment tu vas ? Tu tiens l'coup ? Et bordel, ils t'font rien à bouffer tes potes du Kraken ? s'enquit-il alors comme l'aurait fait une grand mère inquiète pour son petit fils, Huddson pourrait t'mitonner des bons p'tits plats histoire qu'tu t'requinques !" grommela-t-il, persuadé que Joël et Julia se cachaient avec lui dans les caves.


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