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 Dark Panther Pride [Joel, Juliana, Irina, Roy]

Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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“On peut obtenir beaucoup plus avec un mot gentil et une baguette magique, qu'avec un mot gentil tout seul.”
-- Mage Capone




31 août 2009, Quartier sorcier de Manchester
Appartement de Joel et Juliana


C'était une assemblée particulièrement incongrue qui allait se retrouver ce soir là, dans le nouvel appartement de Joel et Juliana. Un trafiquant, une médicomage et deux résistants recherchés par la milice, voilà qui n'était pas commun, et Juliana ne put s'empêcher de sentir une certaine nervosité l'envahir, à l'approche de l'heure convenue pour l'arrivée de leurs invités. En d'autres temps, dans une autre réalité, ils auraient tous les quatre pu être de bons amis... Bon, peut-être pas tous, songea-t-elle en avisant l'air fermé de Joel, qui posait des verres sur la table du salon. Mais les choses auraient pu être beaucoup plus simples et normales. Les hôtes n'auraient pas eu besoin de prendre une fiole infecte de Polynectar pour aller faire les courses pour l'apéro, à l'épicerie du quartier. Cet apéro en aurait d'ailleurs réellement été un, et non une tentative de Juliana pour instaurer une ambiance détendue et propice à l'élaboration de plans d'attaque...

Mais les choses étaient ce qu'elles étaient, et elle ne le vivait plus si mal. Après un été interminable et difficile pour leurs nerfs, les deux amis commençaient à se faire une raison et à reprendre du poil de la bête. L'optimisme guidait de nouveau leurs pas, depuis qu'ils avaient recommencé à avoir des idées et à échaffauder des plans, et cela se ressentait d'ailleurs dans l'appartement. Juliana avait enfin défait ses valises et investi les placards, tandis que Joel avait entrepris de transformer un peu cette planque en un endroit plus agréable à vivre. Il avait toujours été le bon colocataire des deux, celui qui faisait d'un petit appartement sans âme un véritable foyer, qu'il conservait propre, accueillant et décoré. Après tout, ils étaient partis pour rester là un bon moment, alors autant s'y sentir bien.

Le grand salon qui leur servait également de salle à manger avait été investi par leurs effets personnels et était bien plus agréable ainsi, leur rappelant leur appartement tant chéri de Bristol qu'ils avaient eu bien du mal à quitter. Le canapé au cuir noir un peu délavé avait été recouvert par un plaid moelleux, et des coussins multicolores égayaient le fauteuil. Joel avait bricolé une étagère en bois qui contenait une bonne pile de romans policiers, et une petite plante carnivore étirait paresseusement ses fleurs dentées au-dessus de la grosse malle en fer forgée sur laquelle elle était posée. Cette malle comprenait leurs baguettes de remplacement et divers objets magiques et documents confidentiels qui avaient trait à leurs activités de résistance. Enfin, Joel avait accroché plusieurs posters bariolés sur les murs recouverts d'une peinture beige écaillée. Sans oublier l'espadon géant accroché dans l'entrée, relique du Triton Ardent miraculeusement rescapée des flammes... Contrairement au tableau représentant le Kraken dévorant un fier navire. Qu'à cela ne tienne, ils trouveraient un nouveau totem...

"Orchideus !"

Un petit sourire illumina furtivement le visage de Juliana à l'entente du sortilège que Joel venait de lancer dans le salon. Elle pouvait déjà imaginer le beau bouquet de fleurs qui ornait la table à manger, et l'odeur délicieuse du repas que le cuisiner avait préparé faisait frémir ses narines. Pour quelqu'un qui protestait contre ce repas depuis plusieurs jours, Joel se donnait bien du mal pour le préparer, songea-t-elle en appliquant du rouge sur ses lèvres. Elle examina le résultat dans le miroir de l'entrée et arrangea un peu ses cheveux, avant de lisser le devant de sa robe noire. Elle aussi sentait l'envie de faire de cette soirée une réussite, même si l'objet premier de la réunion n'était absolument pas mondain. Joel et elle se sentaient profondément isolés depuis quelques semaines et elle sentait que cela leur ferait du bien, à elle comme à lui, de retrouver l'espace de quelques heures les vissicitudes d'une vie normale. Même si cela impliquait un repas tendu entre deux hommes qui se détestaient et la nervosité liée à la rencontre de la belle-famille : c'étaient des soucis de la vie de tous les jours qu'elle n'était pas mécontente de retrouver, tant ils lui paraissaient plus simples à affronter que ceux qui constituaient désormais leur lot quotidien. Sa relation avec Roy lui avait causé beaucoup de problèmes, mais elle était également porteuse de solutions, et elle lui permettait également de ne pas complètement perdre la tête.

Alors ce soir, elle se faisait belle pour lui, préparait un repas pour sa soeur, et ouvrait une bonne bouteille de Vin des Elfes - payée par les gallions chipés par son ami Gobelin dans les comptes du Ministère. Après avoir posé la bouteille sur la table basse, elle jeta un coup d'oeil autour d'elle, vérifia que rien ne trainait et que la table était bien dressée, puis se laissa tomber dans le fauteuil avec un sourire de satisfaction. Tout était prêt, même Joel qui avait laissé tomber son vieux jogging et son t-shirt délavé au profit d'un jean et d'une chemise.

"Que tu es beau, mon grand !", siffla Juliana d'un air mi-taquin, mi-admiratif, "J'avais oublié à quel point tu étais beau, rasé et tout !"

"Tu peux parler, Miss-je-me-maquille-pour-le-parrain-de-la-mafia", gromela Joel, en redressant légèrement les épaules, avant de jeter un rapide coup d'oeil à son reflet. D'accord, il avait fait un effort, car il comptait bien être le plus beau mâle ce soir, face à ce véracrasse de Calder... Immâture ? Et alors, il avait le droit, il était encore jeune et dans la force de l'âge, lui.

Juliana fit mine de se lever pour faire la morale à Joel, mais sa chatte vint à la rescousse du jeune homme en bondissant sur les genoux de sa maîtresse. Elle s'enroula en une petite boule noire sur la robe de Juliana et quémanda une caresse en la fixant de ses yeux verts.

"Joel, s'il-te-plait, sois gentil, ce soir", implora Juliana pour la quinzième fois de la semaine, tout en câjolant l'animal.

"Je le serai...", répondit-il avant de murmurer dans sa barbe, "s'il se tient bien, humf..."

Hé bien ce n'est pas gagné, songea Juliana à l'instant où la sonnette retentissait dans l'appartement. Deux Gryffondor têtus et fiers comme des hippogriffes, voilà qui promettait une soirée animée. Juliana éjecta son chat de ses genoux et se dirigea vers l'entrée en clopinant sur ses talons, tout en jetant un regard d'avertissement à Joel. Ce dernier gromela que oui, il se tiendrait bien, mais c'était bien pour Irina...

Cette dernière se trouvait justement sur le pas de la porte, accompagnée de son frère. Etrange tableau qui accéléra un peu le coeur de Juliana. Qu'il était étrange de voir Roy dans ce cadre, avec d'autres personnes, des personnes importantes de leur vie... Cela semblait officiel et déroutant, mais aussi plaisant.

"Bonsoir, comment allez-vous ? Entrez, entrez", dit-elle en s'effaçant, un sourire nerveux aux lèvres. Joel attendait dans le salon, l'air droit comme un piquet, le visage crispé en une douloureuse tentative de sourire. Et dire qu'ils étaient là pour parler affaires ! Merlin bénisse le Vin des Elfes, sans doute y parviendraient-ils après quelques verres...




Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Noir, classique mais élégant ? Bordeaux, plus chaleureux et séduisant ? Ou bleu nuit, sombre et distingué ? Roy avait étalé une pile de chemises assez conséquentes sur son matelas, en plein dilemme intérieur, à essayer à réessayer chacune d’entre elles. Il ne fut tiré de ses hésitations tumultueuses que par la voix d’Irina qui résonna dans son couloir, râleuse :

« Tu sais depuis combien de temps je suis prête, Roy ? Et c’est moi qui suis sensée être la fille ! »

Le trafiquant ne prit même pas la peine de répondre à la pique, concentré dans sa tâche, mais Irina semblait bien décidée à se faire remarquer. Elle arriva à l’encadrement de sa porte, s’appuya contre en croisant les bras d’un air narquois :

« Il y a la famille de Juliana qui t’attend là-bas pour que tu te mettes autant la pression, ou quoi ? »

Cette fois, Roy cessa de jouer le sourd, et se tourna vers sa soeur, de cet air excédé de celui qui devait tout expliquer :

« Non, mais c’est quand même important.
-Parce qu’il y a la femme de ta vie et que tu vas lui jouer du violon ? »

L’immense sourire sur la figure d’Irina fit lever les yeux au ciel à son frère. Elle, quand elle avait de quoi charrier quelqu’un -particulièrement l’un de ses frères- elle ne se contrôlait plus… Bon d’accord, Roy aurait fait pareil à sa place, il en aurait même fait trois fois plus. Se rengorgeant dans sa fierté -parce qu’il n’allait pas révéler sa sensibilité à sa soeur, quand même- il rétorqua de son air suffisant habituel :

« Y a son botruc de colocataire, surtout, et si je peux au moins montrer que c’est moi le plus beau, ça compensera le fait qu’il passe toutes ses journées avec ma petite amie.
-Oh bravo, grande maturité, répliqua Irina avec sarcasme. Bon, plus sérieusement, range ta collection de chemises noires et mets la bordeaux, ça convient mieux. »

Sur ces bonnes paroles, elle s’éclipsa dans le salon de son frère qui ne se fit pas prier pour suivre son conseil. Ils allaient finir par être en retard s’il tergiversait plus longtemps. Avisant une dernière fois son reflet global dans le miroir, le détail de ses cheveux, de la coupe de sa barbe, il attrapa une veste et revint dans son salon où sa soeur avait pris place sur le canapé. Elle avait fait un bel effort elle aussi, ce n’était pas tous les jours qu’elle se lâchait les cheveux et sortait ses jolies robes. Voyant Roy prêt, Irina se leva, son sac à main au bras, et un sourire victorieux aux lèvres :

« Et bah voilà ! Tu es tout beau comme ça.
- Tu n’es pas mal non plus, répondit t-il, souriant pour la première fois de la soirée.
- C’est ça d’être des Calder. »

Frappant la main dans celle de son frère, ils échangèrent un regard complice avant de se mettre en route. Qu’il était étrange pour Roy que sa soeur se retrouve soudainement impliquée et incluse dans des affaires qu’il avait toujours été uniquement les siennes, jusque là. Et contre toute attente, eh bien… Il ne s’en trouvait pas si mécontent. Le secret de son couple avec Juliana n’était pas si facile que cela à porter, et qu’il y ait enfin quelqu’un de son entourage proche à qui il puisse en parler -même si c’était pour se faire taquiner toutes les cinq minutes- et qui avait même plutôt l’air d’approuver, eh bien, cela le soulageait d’un poids certain. Il était content au fond de lui de ne pas se rendre à cette rencontre avec Joel comme seul interlocuteur extérieur, l’un des rares au courant mais surtout l’un des plus vindicatifs sur cette relation.

Oui, Roy était content que sa soeur, une des quelques personnes qui avait toujours tenté de le soutenir, vienne avec lui, même si ce n’était pas lui qui l’avait invitée. Et là venait le point qui titillait un peu plus le trafiquant. Il avait eu une longue conversation avec Irina, quelques semaines plus tôt, à l’issue de cette journée où elle s’était rendue à Manchester pour soigner Joel. Evidemment, si Roy avait eu d’autres choix que d’envoyer sa soeur, il aurait opté pour, mais sur le coup de l’urgence, faire appel à elle lui avait paru la seule solution fiable. Evidemment, Irina ne s’était pas contentée de rendre le service et s’en aller sans rien demander. Elle était rapidement venue confronter Roy, avec ses questions, ses indignations, ses réclamations et pour la première fois… Roy n’avait pas pu jouer les langues de bois. Il savait en l’envoyant que ce serait prendre le risque qu’elle découvre des choses, et il l’avait accepté parce que Merlin… Une part de lui en avait assez de cacher des pans importants de sa vie à tous ses proches et s’était presque trouvée soulagée de ne plus avoir à le faire, parce que cette fois, Irina en avait déjà trop appris.

Cela leur avait rendu le service de les rapprocher, après une discussion tumultueuse. Car désormais, par le simple fait qu’elle connaissait ses secrets, Roy pouvait la considérer comme une alliée, même si c’était Juliana qu’elle avait choisi d’aider : fameux point qui le titillait. Son amante et sa soeur qui prenaient les mêmes risques ? Ah pourquoi fallait t-il qu’il soit entouré de femmes kamikazes ? Mais il n’avait pas le contrôle sur leurs décisions, malheureusement et tout ce qu’il pouvait faire, c’était veiller et oeuvrer avec elles pour qu’elles s’en sortent. Ce qu’il venait faire aujourd’hui, précisément. Juliana n’avait pas précisé tous les détails, mais Roy savait qu’il ne venait pas que pour prendre l’apéro en bonne compagnie.

« Stressé ? »

La voix soufflée d’Irina le tira des pensées qui l’avaient occupé pendant le trajet. Désormais face à la porte, en attendant que Julia ou Joel vienne leur ouvrir, Roy se rendit compte qu’il avait effectivement un petit noeud dans le ventre, sans qu’il ne puisse bien expliquer pourquoi. Il sut en voyant la porte s’ouvrir sur Juliana, apprêtée comme il l’avait rarement vue. D’accord, il n’était pas accompagné de ses parents, mais la présence d’Irina et de Joel -que Juliana considérait comme son frère- rendait leur histoire tout à coup plus officielle, là, non ?

Ravalant son léger trac, il s’avança derrière Irina qu’il laissa faire la bise à Juliana, se tenant un peu en retrait pour une fois. Mais dès que sa soeur fut quelques pas plus loin à saluer Joel, Roy s’approcha de sa petite amie, coulant un regard appréciateur sur elle.  

« C’est pour moi que tu t’es faite belle comme ça ? Se penchant vers elle, il déposa un discret et tendre baiser sur ses lèvres, comptant sur la pénombre de l’entrée pour qu’on ne les voie pas trop. Tu es superbe. »

C’était étrange, pas désagréable, mais perturbant de se trouver ici avec elle, en compagnie de deux personnes qui comptaient pour eux et de se dévoiler ainsi. C’était d’ailleurs la raison pour laquelle il restait un peu pudique pour le moment, alors que c’était une attitude qui ressemblait peu à Roy, à la base. Mais ils avaient tellement pris l’habitude de se cacher et de ne se voir que tous les deux, qu’il allait lui falloir un petit temps d’adaptation avant d’avoir des gestes d’affection devant d’autres personnes.

Ce ne serait sûrement pas Joel qui allait s’en plaindre, devina Roy en avisant l’air renfrogné du jeune homme. Bon, c’était de bonne guerre, lui aussi il ne l’aimait pas. Mais il avait promis à Juliana de faire des efforts. Il eut presque l’air aimable -mais ça, c’était parce qu’il était bon menteur et comédien- en tendant une main vers Joel.

« Bonsoir, Joel. Un petit temps de silence, le temps qu’il accepte sa poignée de main, avant que Roy n’ajoute : Ca a l’air d’aller mieux, ton bras. »

Ce qui pouvait avoir l’air d’un commentaire anodin et aimable était légèrement nuancé par la lueur de suffisance qui semblait animer son regard sombre vrillé dans celui de Joel, comme un message silencieux entre eux -et accessoirement, la force qu’il mettait dans cette poignée. Non parce que qu’on se le dise… C’était un peu grâce à lui que son bras était guéri, quand même, et il n’avait pas tellement entendu de remerciement.


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Joel Hudson, 23 ans, résistant

La venue d'Irina apportait une touche de douceur bienvenue pour cette première rencontre "amicale" entre Joel et Roy, deux hommes qui se détestaient cordialement. A la vue de la médicomage, qu'il avait appris à apprécier au fil de ses visites médicales, Joel se dérida un peu et lui fit même la grâce d'un sourire de bienvenue. Après tout, entouré d'Irina et de Juliana, Roy ne pourrait pas être si insupportable que cela, si ?

"Bonjour Irina, comment ça va ?", la salua-t-il d'un ton avenant. "Tu es bien remise de notre session culinaire de la dernière fois ? Ton estomac a réussi à digérer ?"

Il fallait dire qu'ils s'étaient fait plaisir en termes de gâteaux, qu'il avait bien sûr fallut manger ensuite. Ils avaient passé un bon moment ensemble, et Joel était content de la revoir, même si elle venait accompagnée d'un désagréable cadeau. Quand Roy se rapprocha de lui, après avoir embrassé Juliana en pensant qu'on ne l'observait pas - comme si Joel allait manquer ça ! - le jeune homme se renfrogna ostensiblement.

"Bonsoir", répondit-il en fronçant le nez comme s'il avait affaire à un objet malodorant. Certes, Joel avait promis de faire des efforts, mais c'était plus fort que lui : Roy l'incommodait autant qu'un homard défraîchi. Ils n'avaient jamais eu une conversation civilisée depuis que l'homme avait été largué par Juliana après l'avoir trompée, et il était évident que Joel avait très envie de lui casser la figure pour réparer cet affront. Non, il n'y avait pas prescription après tout ce temps, et cela malgré les services que Roy leur avait fourni ! Il restait un cognard, et Joel ne comptait pas baisser la garde tant qu'il n'aurait pas la certitude de ne pas retrouver une seconde fois sa meilleure amie en pleurs à cause de lui.

Ils échangèrent une poignée de main un peu trop forte pour être honnête, et un regard aussi défiant d'un côté que de l'autre. Joel avait bien compris l'allusion de Roy, mais il ne comptait absolument pas le remercier. Roy avait juste la chance d'avoir une soeur capable d'aider sa petite-amie recherchée par la police, il n'y avait pas de mérite à cela. Et si Juliana et Joel étaient recherchés et avaient besoin d'aide, c'était parce qu'ils avaient plus de courage qu'un mafieux corrompu. D'ailleurs, Joel n'aimait guère dépendre de l'argent sale de cet homme, et comptait bien recommencer à gagner sa vie dès que possible...

"En effet, grâce aux petits soins attentionnés d'Irina", répliqua Joel avant de se tourner vers la jeune femme, un sourire aux lèvres : "Merci encore, tu as fait des miracles."

Juliana, qui observait la scène avec une appréhension visible, sembla décider que les deux hommes avaient assez interagis pour le moment. Joel sentit la main de la jeune femme se glisser sur son bras et l'entraîner vers le canapé, loin de Roy.

"Bien, installez-vous, prenons l'apéro", lança-t-elle avec une gaieté un peu trop appuyée pour être honnête.

Joel la suivit docilement et se laissa tomber sur le canapé, où il fut rejoint par Irina, tandis que Roy et Juliana prenaient place sur des fauteuils. Joel se chargea de déboucher la bouteille et de servir les verres pendant que Juliana faisait la conversation :

"Ca fait plaisir de recevoir du monde, on dirait presque qu'on mène une vie normale", plaisanta-t-elle en attrapant une crudité. "Alors, quelles sont les nouvelles du monde extérieur ?"

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Irina Calder, médicomage, 23 ans

« Evidemment ! Sache que mon estomac est en acier de gobelin, il en faut plus que ça pour le mettre à terre. »

S’approchant de Joel avec un large sourire, Irina avait lancé la plaisanterie du tac au tac, déjà à l’aise dans cet appartement qu’elle appréciait. C’était surtout la compagnie de ses deux propriétaires qu’elle aimait bien, ajoutée à celle de son frère qu’elle voyait trop peu, Irina était plutôt d’une joyeuse humeur pour débuter cette soirée. Même l’évidente animosité qui existait entre Joel et Roy ne suffit pas à la dérider. Au contraire… Elle avait bien senti que Joel ne portait pas son frère dans son coeur, pour des raisons qu’il n’avait pas explicité, et Irina était plutôt de nature à s’en amuser, pour le moment. Parce qu’elle savait combien Roy pouvait se montrer parfaitement irritant, et que c’était plutôt drôle d’y assister en tant que spectatrice, pour une fois. Elle pouvait s’en amuser et rester confiante parce qu’elle ne doutait pas du fait qu’ils n’allaient pas se livrer à un combat de boue devant Juliana, qui tenait une grande importance pour eux, chacun à sa façon. Elle pouvait donc présumer que tout au plus, cette animosité allait apporter un peu de piment à cette soirée !

Parce qu’Irina était plutôt une femme finement observatrice, elle nota la grimace que Joel fit pendant que les deux tourtereaux derrière roucoulaient quelques secondes. Voilà qui était intéressant, la source du litige entre les deux hommes avait certainement un rapport avec Juliana… Meilleur ami très protecteur ? Au vu du commentaire que lui avait fait Roy avant de partir, il devait avoir quelque combat de coqs entre ces deux-là, songea la médicomage. Sans rien dire, elle se contenta d’observer la poigne à peine brutale qu’ils échangèrent tous les deux, un sourire flottant toujours sur ses lèvres rouges.

« Mais de rien, c’est mon travail ! » répondit t-elle avec entrain.

Juliana était de toute évidence beaucoup moins à l’aise avec la situation, vu la façon dont elle les invita à s’installer qui avait tout l’air d’une diversion. Irina s’assit tranquillement, lissant sa jupe noire sur ses genoux, avant d’accepter le verre de vin des Elfes qu’on lui tendait.

« Oh bah en ce moment, on ne parle que de l’ouverture de Leopoldgrad, que ce soit la presse, les bars, les gens… Tout le monde n’a que ça à la bouche ! C’est bien pratique pour voter derrière des augmentations de budget pour la Justice Magique, je sais pas ce qu’ils vont nous sortir comme innovations eux, encore, lança Irina en agitant la main avec agacement, avant de changer d’expression. Ils n’étaient peut-être pas obligés d’attaquer les sujets qui fâchaient tout de suite ! Enfin, j’imagine que vous savez déjà tout ça. Un truc plus drôle, hum… Roy a passé trois heures à choisir sa chemise. J’espère que tu apprécies, Juliana. »

Son sourire malicieux s’agrandit face au regard fratricide de l’homme en question, juste en face d’elle.

« Quoi ! On peut même pas rigoler. On peut même pas t’arracher quelque info que ce soit, tss, la pudeur sentimentale des hommes Calder, soupira t-elle, en faisant un geste théâtral de la main. Moi, je sais toujours pas comment vous vous êtes mis ensemble, tous les deux… Hum ? Ma chère belle-soeur ? Je te renvoie la question. »

Son regard plein de curiosité et d’enthousiasme brillait sur Juliana, ce qui arracha un premier sourire à Roy.

« Ma chère belle-soeur… Ca va, on n’est pas mariés non plus, espèce de fouineuse. » Se tournant vers Juliana, il ajouta d’un air très sérieux : « Ne réponds pas à ses questions sans la présence d’un avocat, tu pourrais le regretter. »
Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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Ils avaient de nombreux sujets d'importance à discuter ce soir, mais Juliana accepta la proposition tacite d'Irina en décidant de commencer par un sujet plus léger pour détendre l'atmosphère. Enfin, léger... L'histoire qui l'unissait à Roy n'était ni particulièrement joyeuse, ni propice à dérider Joel, mais tout dépendait de la façon dont elle la racontait, n'est-ce pas ? Entre le regard pétillant de malice d'Irina, et l'attitude défensive de Roy, Juliana eut vite fait son choix.

"Eh bien, que se passe-t-il, mon chéri, tu as peur que ta soeur apprenne l'histoire ô combien reluisante de notre couple ? Tu n'es pas aussi pudique lorsqu'il s'agit de parler de toi, d'habitude", le taquina-t-elle en se penchant pour presser son bras. Elle savait très bien que ce qu'elle s'apprêtait à raconter n'allait pas forcément le mettre en valeur aux yeux de sa soeur, mais il ne faisait que récolter ce qu'il avait semé. Oui, Juliana l'avait repris dans sa vie et oui, elle lui avait pardonné, mais elle n'allait pas pousser la gentillesse jusqu'à taire ce récit savoureux...

Un petit rire moqueur de Joel accompagna la pique de Juliana, qui se tourna ensuite vers sa future belle-soeur, un sourire aux lèvres.

"Je pense que tu ne seras pas surprise si je te réponds que j'ai rencontré Roy dans un bar de Bristol, grâce à un ami commun. Il semblerait que ton frère m'ait trouvé à son goût, puisqu'il est passé dans mon ancien restaurant, le Triton Ardent, peu de temps après ça. Il m'a joué son petit numéro de charme, comme il sait si bien le faire..."

Elle glissa un regard mi-taquin, mi-affectueux à Roy, tandis que Joel levait ouvertement les yeux au ciel.

"...et nous avons commencé à sortir ensemble. Tout s'est bien passé pendant plusieurs semaines, sauf que plusieurs petites choses sont venues rompre cette si belle harmonie", continua-t-elle sur un ton où pointait l'ironie. "Figure-toi que ton cher frère m'avait jusque-là raconté qu'il était grossiste pour potions, un simple et honnête commerçant, et moi, comme une idiote, j'ai avalé ça... Sauf qu'il n'avait pas pris en compte le fait que mon frère Hayden était auror et que les aurors et mafieux font mauvais ménage... Autant te dire qu'Hayden, en bon frère-poule, n'a pas hésité à me dire que mon cher et tendre passait une partie non négligeable de ses journées à fréquenter la Voie des Miracles. Comme tu peux t'en douter, je n'étais pas ravie en apprenant la chose, et j'ai donc décidé de le confronter gentiment."

Elle laissa planer un petit silence pour ménager son suspens et échanger un regard avec Roy. Non, il n'échapperait pas au récit de ce qui resterait dans l'Histoire comme la rupture la plus empreinte de mauvaise foi de l'histoire de l'humanité.

"Il ne m'a pas menti là-dessus, non, ça, ça allait encore. Roy m'a déclaré avec la plus grande impertinence que.. C'était comment, chéri, déjà ? Ah, oui, "je vends bien des potions, c'est juste qu'elles ne sont pas toutes très légales". Simple détail, en effet", raconta-t-elle en riant à ce souvenir, et surtout au souvenir de l'envie de l'étriper qui l'avait saisie. "C'était la période des scandales Pleine Lune Sanglante et Chaudrillon, et puis je viens du pays de la Consumeuse... Ce n'était pas la chose à me dire, je crois. Bon, mais encore, ce n'est pas le pire ! J'ai découvert à quel point ton frère pouvait être de mauvaise foi quand j'ai évoqué l'autre chose que m'a révélé Hayden, à savoir la propension de Roy à... flirter avec tout ce qui bouge ! Ça non plus, je ne l'ai pas bien pris. Oui, je sais, j'étais naïve à l'époque..."

Et elle l'était toujours, c'était en tout cas le sens de la moue renfrognée de Joel, qui ne s'était jamais prié pour lui dire qu'elle était bien crédule de penser qu'il avait pu changer sur ce point. Surtout maintenant qu'elle était en fuite et qu'il était le patron bien connu d'un établissement sulfureux... Mais la confiance, cette foi indiscutable et irrationnelle en quelqu'un, ne se raisonnait pas. Juliana lui faisait confiance, voilà tout, il n'avait pas son mot à dire.

"Et voilà Monsieur qui se défend de m'avoir jamais trompée, qu'il aime juste regarder. Et qui a le bon goût d'enchaîner avec une crise de jalousie parce que je lui ai révélé que mon amie Alicia m'avait embrassée, même si je l'ai repoussée pour être avec lui. Booon, d'accord, Alicia est effectivement devenue par la suite ma petite-amie, mais j'ai au moins eu le bon goût d'attendre la rupture, moi !", commenta-t-elle en lui tirant la langue en un geste enfantin.

Roy tenta de l'interrompre, comme depuis qu'elle avait commencé à évoquer ses infidélités, mais elle l'ignora d'un geste définitif de la main.

"Tss tss, laisse-moi raconter, c'est ta punition ! Donc, où en étais-je, ah oui Alicia... Donc on s'est un peu pris la tête, à ce stade il était clair pour moi que notre relation ne menait nulle part en l'état, et j'ai donc essayé de rompre, mais ce n'est pas si simple de rompre avec ton frère, Irina ! Au lieu de me laisser partir, il a fallut qu'il me révèle fièrement que oui, il m'avait bien trompé avec plein de petites blondes sous mon nez, et que, et je cite, "Voilà, maintenant c'est fini" !"

Elle avait mis le ton pour cette dernière réplique, imitant le ton boudeur que son petit-ami avait adopté alors. Juliana éclata de rire à ce souvenir, et même Joel ne put s'empêcher de se joindre à elle. Un certain soulagement s'empara d'elle en réalisant qu'elle parvenait à raconter cette histoire avec détachement, humour et même, affection. Bien sûr, bien d'autres choses s'étaient passées depuis, bien d'autres affronts, autrement plus graves, lui avaient été faits, mais cette scène de rupture était néanmoins restée gravée au fer rouge dans sa mémoire. Roy restait l'homme qui l'avait fait le plus souffrir, qui lui avait largement manqué de respect et elle était heureuse de constater qu'elle était apaisée désormais. Se délester de ce souvenir, le réduire en simple anecdote sur leur couple à raconter autour de l'apéro, lui permettait aussi de se délester de toute rancoeur et de s'assurer que leur histoire était désormais établie sur des bases saines. Roy et Juliana aujourd'hui n'étaient plus les Roy et Juliana puérils et écervelés qui s'étaient écharpés alors... Et c'était tant mieux.

"Bon, suite à ça, nous avons rompu contact quelques temps. Roy était occupé à conquérir Bristol, moi, j'ai plongé dans mon travail avec mon restaurant et la nourriture pour me remettre de tout ça, et puis j'ai essayé les filles pour voir... Je pensais que notre histoire s'arrêterait là, qu'on ne se recroiserait plus vraiment. C'est arrivé néanmoins, en deux funestes occasions."

Son sourire s'effaça au profit d'une expression plus grave, lorsqu'elle passa, rapidement, sur les mois qui avaient suivi : "Nous nous sommes rencontrés à Sainte Mangouste après le Bloody Sunday, j'avais été grièvement blessée et je venais d'apprendre le décès de mon père. Atmosphère peu propice aux retrouvailles, comme tu peux l'imaginer, mais cela aura au moins eu le mérite d'éviter qu'on s'écharpe... Nous nous sommes rencontrés une seconde fois, suite à la guerre des gangs qui, tu le sais sûrement, a eu lieu à partir de mon restaurant et qui a été particulièrement... traumatisant. A partir de là, tout a commencé à changer pour moi. Marchebank a pris les pleins pouvoirs, et c'est peu de temps après ça que nous avons commencé à nourrir des idées de rébellion, puis nous avons fondé le Kraken. Ça a été... de nombreux mois particulièrement sombres pour moi. Et ton frère a été là."

C'était le moment où elle cessait d'avoir le beau rôle, tandis que Roy le prenait.

"J'ai noyé mon chagrin, mon indignation, mon désir de vengeance dans ce que je pouvais. Un groupe de musique, Irvana, qui m'a encore donné l'occasion de croiser Roy puisque nous avons créé un petit scandale aux Folies Sorcières. Puis le Kraken, et des actes de violence pour essayer d'ébranler le gouvernement - sans grand succès, pour l'instant, mais nous avons aujourd'hui l'occasion de faire mieux."

Elle s'accrocha au regard de Joel, dont le visage doux était emprunt d'une détermination inébranlable qui la réconforta un peu. Contrairement à ce qu'elle avait pensé pendant tous ces mois, elle n'était pas seule, elle était même tout sauf seule. Juliana plongea ses lèvres dans son verre de vin, pour se remettre un instant de ses émotions, tandis que Joel prenait la relève :

"C'est clair, on a des idées à vous soumettre d'ailleurs ! Mais je crois que l'histoire n'est pas terminée", dit-il doucement.

"Oui", reprit Juliana en reportant son attention sur Irina, "J'ai donc repris contact avec Roy suite à la guerre des gangs, car j'avais besoin de lui et de ses fréquentations au sein de la mafia pour me couvrir. C'est là que nos rapports ont radicalement évolué, je crois pouvoir dire que nous avons tous deux beaucoup changé pendant les mois qui ont séparé notre rupture de nos retrouvailles. D'une certaine façon, je faisais partie de son monde désormais, et il faisait partie du mien. Nous avons tous les deux commis des actes dont nous ne sommes pas fiers, nous avons tous deux enduré des épreuves et ce n'est pas facile tous les jours mais aujourd'hui, nous formons une sorte d'équipe, même si nos objectifs ne sont pas les mêmes..."

"Une drôle d'équipe", grommela Joel d'un ton bourru.

"Une drôle d'équipe qui nous a permis de sauver l'un des nôtres, d'échapper à la milice et de soigner ton épaule", répliqua Juliana d'un ton ferme, avant d'englober les deux Calder d'un regard sérieux. "Roy et moi avons appris à se faire confiance et avons trouvé une sorte d'équilibre malgré notre appartenance à deux groupes rivaux. Nous avons mis derrière nous les rancoeurs du passé et nous avons fini par reprendre une relation, car il est tombé sous mon charme incontestable, mon caractère posé, agréable... Il a eu un peu de mal à me convaincre de sa sincérité au début mais, crois-le ou pas, ton frère est en réalité un vrai romantique..."

Elle lui sourit d'un air affectueux et conclut avec amusement :

"Maintenant, je peux compter sur son aide pour me trouver des moyens de me cacher, une super médicomage ou des conseils pour faire fonctionner mon futur groupe de rébellion, c'est le pied non ?"

Juliana était passée rapidement sur certains détails de l'histoire, qu'elle ne pouvait tout simplement évoquer avec une non-membre du Kraken, telle l'histoire de la libération de Klemens qui avait fini par exposer leur relation et la pousser hors du Kraken. Mais elle état persuadée d'avoir donné suffisamment matière à réflexion à Irina, qui en découvrait ainsi d'avantage sur le dessous des cartes... Ce qui n'était pas tout à fait innocent de la part de Juliana, qui avait le sentiment, appuyé par Joel, que la médicomage était à un pas de devenir une véritable alliée, elle aussi.



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Pourquoi ce n’était qu’à trente ans que Roy apprenait la dangerosité d’une discussion entre belle-soeurs ? S’il avait été mieux préparé, il aurait pu éviter d’avoir l’air hébété en voyant sa soeur et sa copine s’échanger des regards de connivence et commencer à déterrer des dossiers. Pourtant, il avait pressenti une situation de ce genre, quelque chose en lui n’était pas très à l’aise à l’idée de ce petit apéro avec sa soeur, qu’il savait fouineuse quand elle voulait. Le voilà donc, le fameux : l’instinct de conservation. Instinct qui ne put pas faire grand-chose pour lui car c’était déjà trop tard. Il se permit toutefois de corriger Juliana sur certains détails qui le titillaient :

« Grand numéro de charme. »

Il n’aimait pas qu’on utilise le mot petit à son propos. Cela allait encore pour l’instant, le récit n’en était qu’à ses débuts idylliques… Mais presque malgré lui, Roy se sentait de moins en moins à l’aise en voyant Juliana glisser vers le reste de l’histoire, surtout qu’il ne l’avait jamais racontée à personne, ou en tout cas, pas dans les détails. Même sa rupture avec Juliana, il se souvenait avoir été lapidaire en racontant l’évènement à Klemens, à cette époque trop furieux, frustré et quelque part honteux pour vouloir tout expliquer. Il garda toutefois le même ton d’humour lorsque Juliana parla du faux métier qu’il s’était inventé pour éviter de lui déplaire, et sourit :

« Quoi ? C’était pas complètement faux… » Le regard qu’il échangea avec sa petite amie lui tira un sourire supplémentaire. « Tu m'as confronté gentiment, toi ? Ok, je veux bien reconnaître que tu peux être plus violente que ça. »

C’était à peu près tout ce qu’il pouvait se permettre de dire et fanfaronner, car la suite était la partie la moins glorieuse de l’histoire. Plus que les réactions de sa soeur -qui devait se pincer l’arête du nez avec consternation- ce furent les gestes de Juliana que Roy suivit du coin de l’oeil, avec une sorte d’appréhension au fond de lui. Ils en avaient si peu reparlé entre eux, il ne pouvait s’empêcher d’essayer de savoir comme sa partenaire se positionnait par rapport à leur passé, aujourd’hui. Puis, c’était étrange d’entendre cette histoire à voix haute, pour un autre auditoire, et Roy ne s’était pas tellement préparé à l’idée. Si cela n’avait tenu qu’à lui, ni Joel ni Irina n’auraient appris ce genre de détails, tout simplement parce qu’il n’en était pas très fier. Et il était un peu -beaucoup- pudique sur ce genre de questions : parler d’exploits sexuels avec n’importe qui, il n’y avait pas de souci, mais raconter son histoire sentimentale avec une femme qu’il aimait vraiment… Oula, tout à coup, cela n’allait plus du tout ! Il capta une seconde du côté d’Irina un regard assez proche de celui d’une hyène journaliste repue et sut aussitôt qu’il allait devoir faire preuve d’imagination pour acheter sa tranquillité dans les vingt prochaines années à venir. Juliana en arrivait dangereusement au sujet de ses tromperies odieuses…

« Et donc, elle est sortie avec elle, puis on s’est retrouvés, j’ai fait mon mea culpa, et voilà, fin de l’histoire ! »

Ce grand éclat de voix pour couvrir celle de sa petite amie fut interrompu avec fermeté. S’appuyant contre le dossier d’un canapé en feignant de bouder, Roy la laissa donc terminer l’histoire, puisqu’il était puni. Il ne put empêcher un sourire de fendre ses lèvres, au moment où sortit le fameux « Voilà, maintenant c’est fini ! » à quoi Irina réagit en ouvrant grand la bouche :

« Il a dit ça ?
-Attends, c’était la meilleure punchline de ma vie.
-Sérieusemeeeeeent, Roy, achète-toi des putains de limites ! » lança sa soeur, en lui balançant un coussin qu’elle avait sous la main.

L’instant fut soldé d’un éclat de rire général, qui surprit une seconde Roy avant de le gagner à son tour. Il sentit quelque chose en lui s’apaiser, puis échangea un regard avec Juliana et ce fut le moment où il se rendit compte que ce petit moment avait eu le mérite d’exorciser ce qui ne l’était pas encore tout à fait, ni chez l’un ni chez l’autre. Roy avait toujours quelques remords sur la façon dont les choses s’étaient passées, et même s’il ne doutait pas des sentiments de sa belle, une part de lui continuait de craindre qu’elle ne lui pardonne jamais complètement ces actes. A cet instant, il était sûr qu’elle se sentait suffisamment sereine pour au moins réussir à en parler comme d’une bonne histoire drôle : c’était un progrès que Roy n’avait même pas espéré au fond de lui, appréhendant que cela reste toujours un sujet un peu tabou, qui finirait par se faire oublier avec le temps. Il ne dit rien de ses pensées en la présence des deux autres, se contentant de lui envoyer un regard tendre, reconnaissant, puis la laissa finir le récit sans l’interrompre cette fois. Il ne réagit que lorsqu’elle évoqua la mort de son père et la guerre des gangs, pour passer avec empathie une main réconfortante et silencieuse derrière son dos.

Il se laissa imprégner des mots suivants de sa belle, se rendant compte qu’elle parvenait à synthétiser avec beaucoup de justesse ce qui avait fait le reste de leur histoire. Chaque rencontre avec Juliana, rare à cette époque, était un souvenir marqué au fer rouge dans le coeur de Roy. Chacune avait été intense, à sa façon. Il se rappelait le soir où elle était venue le trouver après la guerre des gangs pour lui confesser son meurtre, il se souvenait la peur qu’il avait ressenti pour sa vie, et tous ses sentiments confus se réveillant, jusqu’à manquer de l’embrasser. Il se souvenait de la distance ensuite, implacable, jusqu’à un autre soir, après sa dispute avec Klemens, où elle était venue le secouer et le réconforter à sa façon. Ce baiser sur sa joue. Puis cette matinée de son anniversaire, quand elle l’avait surpris avec la chef des Aurors, le malaise, les questions inquisitrices, la dispute, l’inquiétude. Leurs demi-aveux, leur étreinte fébrile… mais il avait fallu attendre la fois suivante, la fois où ils avaient frôlé la catastrophe avec l’espion envoyé par Julia pour tirer des informations chez les Veilleurs, pour qu’ils finissent par s’abandonner l’un à l’autre. Et il avait encore fallu attendre cette fois où Roy avait failli perdre la vie pour qu’ils se décident à se remettre ensemble et se donner une chance. Après cela, était-ce la fin ? Loin de là, cela commençait tout juste : accorder leurs violons lorsque l’un était chef de gang et l’autre chef de résistance s’était avéré une tâche complexe, jalonnée de nombreuses disputes parfois très violentes. Mais ils étaient arrivés à une sorte de pacte équilibré, en ne posant pas plus de questions que nécessaire, en acceptant de fermer les yeux sur certaines choses et surtout, en commençant à monter des plans ensemble. Sans se considérer complice de la résistance, Roy savait qu’il se tenait dans l’ombre de Juliana, toujours, et elle réciproquement. Je faisais partie de son monde et il faisait partie du mien : c’était tout à fait ça.

Tous ces détails, Juliana les gardaient sous silence, et c’était tant mieux. Il s’agissait peut être de moments qui aideraient à comprendre que leur couple antagoniste, loin de surgir de nulle part, s’était bâti dans les hésitations, les craintes, le rappel de la raison après l’attirance, l’abandon après la raison, et la confiance indéfectible après des opérations à deux qui auraient pu leur coûter leur place ou leur vie. Mais aux yeux de Roy, c’était surtout des moments qui n’appartenaient qu’à eux deux.

« Je vois. »

La voix tranquille de sa soeur tira le trafiquant de ses réflexions. Il croisa momentanément son regard, et s’aperçut qu’elle devait l’observer depuis un moment, pendant qu’il avait gardé les yeux fixés sur ses genoux, plongé dans ses pensées. Il y eut une lueur perplexe sur la figure de Roy qui paraissait vouloir dire « Quoi ? » mais Irina se contenta de hausser les épaules et sourire. Tss, tss, la voilà qui commençait à faire son analyste sur lui avec ces nouvelles informations… Il eut de quoi penser à autre chose de toute façon, car Juliana se remit à le taquiner et il ne se fit pas prier pour répondre :

« Ah non, bébé, désolé mais moi ce que j’aime chez toi, c’est ton caractère de Scroutt à pétards et ton charme de sauvage, il doit y avoir un malentendu » déclara t-il avec un sourire sur toute la largeur de son visage, sourire qu’il faisait comme pour se faire pardonner d’avance de ce qu’il disait.

S’il pouvait faire un peu oublier le mot comme quoi il était romantique… Who, sa soeur n’avait pas besoin de le savoir !

« C’est sûr que c’est plutôt pratique d’avoir un Roy dans sa poche, renchérit Irina. Faut juste faire gaffe à ce qu’il te la brûle pas.
-Tu peux parler toi, commenta le frère, croisant les bras avec un sourire féroce.
-En tout cas, jolie histoire. Je vois que tu as réussi à tirer un peu mon frère du côté de causes plus justes. Ca ressemble bien à Roy d’avoir le cul entre deux chaises. »

En guise de réponse, il lui renvoya le coussin qu’elle lui avait lancé tout à l’heure, comme pour mettre fin à la discussion, et cessa de s’appuyer contre le dossier du canapé. Les coudes sur ses genoux, les mains croisés, Roy relança après cette interlude sympathique qu’il ne voulait toutefois pas trop longtemps laisser s’éterniser devant Irina et Joel :

« Justement, en parlant de ça… On en parle des affaires sérieuses ? »


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Un sourire d'indulgence apparut sur le visage de Juliana lorsque Roy réorienta la conversation vers des eaux moins dangereuses. Elle se doutait qu'il devait se sentir légèrement mal à l'aise suite à cette conversation sur leur histoire devant sa soeur et devant Joel, mais cela avait eu le mérite de détendre l'atmosphère. Depuis combien de temps n'avait-elle pas ri ainsi, avec autant de personnes à la fois ? Depuis les repas de famille chez les McNeil, sans doute. Son coeur se serra à cette pensée, tandis que l'image de son père entouré des enfants s'imposait à elle. Oui, la famille McNeil lui manquait, mais elle ne serait jamais plus telle qu'elle était dans son souvenir, de toute façon.

Juliana s'efforça de s'extraire de ce court moment de nostalgie et de se concentrer sur la conversation. La mine sérieuse, les coudes posés sur les genoux, Joel expliquait leurs plans avec passion :

"... pourrions coupler la partie restaurant habituelle avec une soupe populaire, pour toutes les personnes qui se retrouvent dans le besoin à cause de ce gouvernement ou du précédent. La pauvreté n'est pas un phénomène nouveau dans le monde magique mais elle n'atteignait tout de même pas les mêmes proportions que chez les moldus, et là, entre les restructurations à Cosmos, la situation de Bristol et les nouvelles levées de taxes, sans parler des opposants au régime en fuite, certaines personnes se retrouvent sans travail, sans revenus, parfois même sans toits."

"C'est quelque chose qui nous a frappé en arrivant à Manchester", ajouta Juliana à regrets. "Les sorciers à la rue, ceux qui mendient... Bien plus qu'à Londres, plus investie par la milice. Donc l'idée, ce serait de servir une soupe populaire grâce aux bénéfices que nous retirions du restaurant. Ce serait le concept du lieu, vous voyez, les gens qui viendront manger chez nous sauront que le prix de leur menu est majoré de quelques noises pour cela. C'est une façon simple d'aider, même pour ceux qui ne savent pas comment ou qui ont peur de se mettre le ministère à dos."

Elle s'interrompit pour guetter la réaction de son petit-ami. Un restaurant solidaire, voilà qui était à l'exact opposée de son type de business, or c'était à Roy d'approuver le projet puisqu'il leur fournissait la somme de départ. Mais elle doutait qu'il refuse, surtout avec l'appui d'Irina.

"L'idée, ce serait d'avoir un Q.G secret dans l'arrière boutique, pour notre nouvelle cellule de résistance", poursuivit Joel, le regard planté dans celui de Roy. "Je pense que notre restaurant pourrait nous permettre de repérer des sorciers avec une âme de contestataires, voire de résistants, et ainsi de recruter une petite cellule sur Manchester. On pourrait ainsi mener des actions diverses, aider les opposants en fuite à s'échapper, par exemple, espionner les activités de la milice sur Manchester et tenter de leur mettre des bâtons dans les roues, ou ce genre de choses. A voir en fonction des circonstances... Voilà, globalement notre idée. On commencerait petits, par des actions solidaires ou de divers ordres, et selon les opportunités, selon les évolutions, nous aviserons. Tout cela en endossant notre nouvelle identité, bien sûr."

Roy avait assuré pouvoir leur fournir une telle identité, d'une façon plus fiable que par le polynectar, et c'était la base de tout leur plan. Le regard interrogateur de Juliana se promena d'un Calder à l'autre :

"Alors, qu'est-ce que vous en pensez ?"



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Lorsque Joel exposa leurs idées, Roy prit soin de ne pas l’interrompre et le laisser dérouler toutes les informations, avant de livrer son avis. Il fut vaguement distrait au départ par l’impression que Juliana était ailleurs, mais il resta concentré sur la discussion, et Irina de même. Elle semblait appendre les détails de l’opération et les approuver, car elle hochait régulièrement la tête, avec parfois quelques commentaires ou questions pour les relancer. Elle était là surtout pour conseiller, appuyer, voire participer, Roy se le demandait encore, il n’avait pas réussi à sonder les intentions de sa soeur. Il espérait au fond de lui qu’elle ne participerait pas trop non plus, il avait bien assez d’inquiétudes à se faire avec sa petite amie qui montait des actions de résistance…

Ce n’était pas Irina mais lui qui avait un poids plus tangible sur la mise en place de ce plan, et Joel en était bien conscient car il le regardait dans les yeux en parlant. Evidemment, Roy n’avait pas besoin de lui poser la question pour savoir qu’il n’appréciait probablement pas dépendre de l’aide qu’il pouvait leur fournir. En tout cas, il fit preuve d’une certaine neutralité en lui exposant le plan, qui allait faciliter leurs rapports. Roy pouvait considérer traiter une affaire avec lui, comme avec n’importe quel associé, qu’il portait ou non dans son coeur. Décroisant ses mains lorsque Juliana conclut en leur demandant leur avis, il commença par leur renvoyer une question :

« Si on résume, vous allez utiliser une nouvelle identité et un restaurant d’action sociale, à la fois comme levier et comme couverture pour vos actions de résistance ? Il attendit la confirmation de l’un des deux, pour conclure. Ca me parait se tenir, comme plan…
-Je trouve aussi, renchérit sa soeur. Vous avez trouvé un moyen fiable de changer d’identité ? »

Elle n’était pas au courant de tout, comprit Roy. Visiblement, Julia et Joel avaient choisi de l’intégrer dans le plan en l’invitant à cette réunion, alors il ne masqua pas le rôle qu’il devait jouer dans la partie. Sortant sa baguette, il fit venir à eux sa veste qu’il avait laissée dans l’entrée, et en sortit une petite boîte de sa poche. La boîte avait été scellée par les soins d’Isobel, il n’eut qu’à répéter les gestes et la formule qu’elle lui avait transmis pour la faire s’ouvrir, et révéler les deux bijoux qu’elle contenait. Il les sortit prudemment, et sentit une sorte de chaleur en les tenant dans sa main. S’efforçant d’écarter le sentiment de malaise qui montait en lui, Roy déclara :

« Ce sont des objets très puissants, à manipuler avec de grandes précautions. Ils sont ensorcelés pour paraître comme de banals bijoux à qui les regarde de plus près. Sauf à ceux qui ont déjà fait les frais d’un sortilège vaudou, songeait Roy, en tout cas, il avait la sensation que ces objets ne le rendaient pas complètement indifférent, et c’était précisément d’où venait son sentiment de malaise. Il se garda bien de le préciser toutefois. L’enchantement ne peut fonctionner que sur vous, car… Eh bien, vous avez versé une partie de vous dedans. »

Et Joel et Juliana savaient bien de quoi ils parlaient, car il n’aurait pas pu prélever leur sang à leur insu. Les sourcils d’Irina s’était froncés, à la fois d’incompréhension et de méfiance.

« Qu’est-ce que c’est comme magie ? 
-Une magie que les Aurors ne pourront normalement pas détecter, et encore moins connaître, ça devrait passer tous leurs dispositifs de contrôle et de surveillance habituels, éluda Roy en tendant les bijoux à Joel et Juliana. C’est ce qui vous protègera le mieux. »

Joel récolta une bague sertie d’une émeraude, tandis qu’un pendentif argenté échouait entre les mains de sa petite amie. Roy, qui regardait du coin de l’oeil Juliana examiner le bijou, ne put s’empêcher de formuler un avertissement qu’il ne pouvait ôter de son esprit :

« Ca ne vous protègera pas forcément contre vous-mêmes, en revanche. Comme toutes les magies puissantes, celle-ci risque d’avoir un pouvoir d’attraction sur vous… Faites attention avec ça, ne l’utilisez que quand vous en avez réellement besoin. Ca sera probablement tous les jours, mais dès que vous n’êtes qu’entre vous, ou avec nous, retirez-le. Ne dormez pas non plus avec. Je ne connais pas précisément tous les effets secondaires que ça peut avoir, mais il y en aura forcément. »

Il avait déjà évoqué le sujet avec eux, et Isobel lui avait répété les risques avant de lui fabriquer le sortilège. « Cauchemars, visions, crises de colère »… Entre autres. Il rencontra le regard d’Irina à ce moment-là et eut l’impression qu’elle se retenait de dire quelque chose. Se gardant de lui en laisser l’occasion, il détourna le regard et lança aux deux autres :

« Vous pouvez les essayer. »

Lui-même était curieux de voir le sortilège opérer, même s’il savait déjà quelle apparence ils allaient prendre, pour la simple et bonne raison que c’était lui qui s’était chargé de leur fabriquer des identités. Il était préparé mentalement en quelque sorte, mais il resta tout de même saisi face à la transformation progressive de sa petite amie, qui devint méconnaissable. Elle semblait opérer différemment du Polynectar, plus rapide et moins douloureuse. D’ailleurs, Roy pensa à préciser un détail :

« Il n’y a pas de limite de temps à votre transformation, tant que vous portez ces bijoux, vous aurez cette apparence. 
- Tu es une fille, maintenant ! s’exclama Irina, qui, de la même façon que Roy scrutait Juliana, avait les yeux rivés sur Joel. Accio miroir ! »

L’objet lui atterrit entre les mains et elle le montra au jeune homme qui avait pris l’apparence d’une jolie femme aux traits doux, comme pour partager sa surprise avec lui. Roy avait sorti entre temps de sa veste deux cartes d’identités sorcières, il en tendit une à chacun des deux résistants.

« Oui, tu es une fille, tu es Alyssa Walker, précisa t-il en vrillant son regard dans celui de Joel. Tu viens d’Australie et tu as un visa de travail qui te permet de séjourner ici. Comme ta cousine, Anya Walker, dit t-il à l’adresse de Juliana, et il leur tendit également les deux visas falsifiés. Vous travaillez ici depuis plusieurs années et vous nourrissez toutes les deux le rêve de conquérir la clientèle anglaise avec votre cuisine. Je vous laisse imaginer les détails de votre histoire et de votre relation. Moi je vous propose juste une couverture confortable : puisque vous êtes étrangères, personne ne s’étonnera de ne vous avoir jamais vues à Poudlard. Mais en étant australiennes, d’une, ça permet d’expliquer votre parfaite maîtrise de l’anglais, donc vous n’aurez pas besoin de feindre les complètes étrangères. Et de deux, vous faites partie de notre brave Commonwealth, ce qui vous ouvre pas mal de portes juridiquement : le droit de vote et des facilités administratives. Vous n’aurez pas de mal à obtenir l’autorisation d’ouvrir votre restaurant. »

Il les laissa assimiler toutes les informations livrées, avant d’ajouter une dernière précision :

« J’ai hésité à vous fournir des papiers anglais, mais c’est un peu plus long d’obtenir de faux papiers de naturalisation, plutôt qu’un faux visa... Et je me suis dit que si vous avez un jour des ennuis avec la Justice Magique, ça serait plus utile pour vous. En étant citoyennes australiennes, vous pouvez exiger d’être jugées par votre pays et gagner du temps. Pas si vous êtes naturalisées anglaises. »

Il espérait évidemment que ce cas de figure ne se présenterait jamais mais il avait fallu envisager toutes les éventualités pour leur bâtir une identité solide et pratique pour eux. Après tout, c’était son métier de savoir contourner la justice en parant à tous les obstacles, et il avait mis ses compétences à leur service, ainsi que celles du faussaire qu’il n’avait guère eu de mal à dénicher.

« Dites-le moi si vous voyez des choses à ajuster, c’est encore le temps, conclut t-il. Pour en revenir à votre plan, ce que je peux vous conseiller, c’est de vous concentrer sur la partie légale et affichée de votre restaurant pour l’instant : un restaurant familial, avec des créneaux horaires pour une soupe populaire. Je pense que vous devriez commencer par créer une association caritative et la déclarer, en donnant l’adresse du restaurant pour le siège. Au final, vous vous créez une couverture qui est sensée nourrir et se nourrir de vos activités illicites. Ca marche donc exactement comme le blanchissement d’argent, fit t-il, et il n’avait pas besoin de préciser qu’il s’y connaissait en la matière. Plus la partie légale de votre affaire sera assurée, moins on soupçonnera ce qu’elle abrite. Alors, jouez la carte à fond et bétonnez la façade officielle de votre restaurant, ne passez que par des voies légales pour la monter. C’est ce qui vous permettra d’être tranquilles pour le reste. »
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Dark Panther Pride [Joel, Juliana, Irina, Roy]

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