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 De ce jeune padawan, tu prendras soin [Joel & Irina]

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Irina Calder, médicomage, 23 ans

20 août 2009, à Manchester

Fourrant une dernière boîte de médicaments dans sa sacoche, Irina sortit de son appartement avec tous les atours d’une citadine qui allait se promener en ville. Sauf que sa sacoche magiquement agrandie contenait de quoi renouveler toute une armoire à pharmacie. Mais heureusement, ce n’était pas à Bristol qu’elle se rendait, il n’y avait pas de contrôles aux entrées de Manchester, elle pouvait s’y rendre et marcher tranquillement sans éveiller le moindre soupçon, avec cette simple précaution d’avoir pris un petit sac ordinaire.

Elle transplana ainsi dans les quartiers magiques de la ville, ses talons claquant jusque l’appartement qu’elle n’avait vu qu’une seule fois. Elle avait pris la précaution d’envoyer un Patronus avant de venir, pour s’assurer que Juliana et Joel seraient là. Six jours s’étaient écoulés depuis sa dernière visite, et elle venait faire un bilan, comme elle l’avait promis avant de s’en aller. Si la pommade avait bien fonctionné, Joel avait commencé à réutiliser son bras normalement. Mais il y avait toujours un risque d’infection supplémentaire, qu’il fallait prévenir plutôt que guérir, et Irina venait s’en enquérir.

Elle venait aussi prendre des nouvelles des deux résistants laissés à leurs propres moyens, espérant qu’ils avaient réussi à rebondir depuis la dernière fois. L’arrivée dans une ville inconnue, soldée d’une altercation avec la Milice, une blessure, la nécessité de se cacher, il y avait de quoi broyer du noir, et à vrai dire, l’ambiance avait été assez électrique la dernière fois. Irina avait cependant eu l’impression en discutant avec eux qu’ils étaient du genre à savoir encaisser les coups durs et en revenir plus forts. Elle y croyait en tout cas, elle espérait les voir relancés dans leurs rails.

Une fois devant la porte de leur appartement, elle frappa puis annonça son nom en entendant bouger derrière, supposant qu’il devait y avoir des sortilèges pour protéger le lieu. Irina resserra machinalement sa queue de cheval haute, attendant patiemment que la porte s’ouvre, ce qui finit par se produire, précisément sur celui qu’elle était venue voir.

« Salut, lança t-elle avec un sourire avenant, avant de l’observer d’un rapide coup d’oeil. Tu as l’air de tenir debout, c’est un bon début. »  

Une fois que Joel l’eut invitée à entrer, Irina s’avança dans l’appartement, qui avait meilleure mine que la dernière fois où l’on voyait qu’ils venaient juste d’arriver. Cette fois, leurs affaires habitaient le lieu, dans un ordre relatif, les rideaux étaient grands ouverts sur la pièce à vivre, bref, une vie qui semblait presque normale s’était installée ici. Ôtant sa sacoche de son épaule, Irina se tourna vers Joel à nouveau, puis s’enquit de sa situation, avant de se mettre à parler santé :

« Alors, comment ça va depuis la dernière fois, tous les deux ? Vous avez l’air de vous être bien installés. »
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Joel Hudson, résistant, 23 ans

Jetant un coup d'oeil à l'hologe murale, Joel réalisa qu'Irina n'allait pas tarder à arriver pour sa visite de contrôle. Il reposa sa plume, ferma son encrier et souffla doucement sur le parchemin pour faire sécher les lettres tracées à l'encre noire. L'air satisfait, il observa les noms qui s'étalaient sous ses yeux, des noms de leurs amis et sympathisants avec lesquels ils comptaient prendre contact au cours des semaines à venir. Juliana venait de son côté de partir pour faire du repérage dans Manchester, cette ville dans laquelle ils se cachaient depuis maintenant plusieurs semaines sans en connaître tous les secrets.

Ils étaient au plein coeur du quartier sorcier, à deux rues de l'avenue principale, et pourtant Joel savait qu'il serait aisé à Irina de venir leur rendre visite. Ici, pas de couvre-feu, pas de blocus ni de contrôle, mais de simples patrouilles destinées à prévenir d'éventuels désordres. Après Bristol, c'était reposant, même si Joel n'avait pas eu l'occasion de mettre le nez dehors depuis une semaine. Il attendait que sa blessure se guérisse et qu'Irina lui donne le feu vert. De plus, Juliana et lui avaient décidé de limiter leurs sorties en attendant de trouver une solution pérenne qui leur permette d'adopter une nouvelle apparence sans se faire remarquer par la milice. C'était une sacré bourde qu'ils avaient fait avec le portail, et il s'en était fallut de peu pour qu'ils se fassent attraper... Mais Joel avait préféré attaquer que de prendre le risque d'un contrôle qui les conduirait, à coup sûr, à une arrestation.

Joel roula soigneusement les divers parchemins étalés sur la table et rangea l'ensemble du matériel dans le gros coffre de fer qui se trouvait dans un coin de la pièce. Il venait juste de s'asseoir avec un roman quand Irina, ponctuelle, manifesta sa présence. En allant lui ouvrir, Joel jeta machinalement un coup d'oeil au miroir de l'entrée et constata qu'il avait bien meilleure mine que la dernière fois, lorsque la douleur le terrassait. Son teint était plus frais, son regard plus vif et un léger sourire flottait même sur ses lèvres, signe de l'optimisme qui l'avait envahi depuis quelques jours. Juliana et lui commençaient à réfléchir à leurs nouveaux projets, et les idées qui fusaient régulièrement, si elles semblaient parfois irréalisables ou confuses, leur redonnait espoir à tous les deux. Hors de question de rester ici à se cacher comme des rats en attendant que la milice les trouve et que la dictature se renforce !

Joel ouvrit la porte pour faire face à une Irina qui remarqua elle aussi le changement.

"Salut !", lança-t-il avant de répondre, avec gratitude : "C'est parce que tes soins ont fait des miracles !"

Il s'effaça pour la laisser entrer et referma soigneusement la porte derrière elle, avec son cortège de sorts de protection. Il vit Irina examiner le séjour, qu'il s'était chargé de rendre un peu moins déprimant au cours des derniers jours, pour occuper ses mains autant que pour se remonter le moral.

"Ca va mieux, j'ai commencé à arranger un peu l'appartement, comme tu peux le voir, et Juliana est partie faire du repérage dans la ville. Il est temps qu'on commence à aller de l'avant", affirma-t-il sans préciser ce qu'il entendait par là. Juliana et lui dévoileraient bien assez vite leurs projets à leurs alliés, s'ils jugeaient bon de le faire. "Et toi, comment vas-tu ? Tu n'as pas eu de problèmes pour venir ?"

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Irina Calder, médicomage, 23 ans

La réponse flatteuse de Joel tira un sourire à la jeune médicomage. Elle n’avait pas fait grand-chose en vérité, juste administré le bon produit pour sa blessure, mais elle était contente que Joel aille mieux et lui exprime sa gratitude. Il lui révéla que Juliana était sortie en ville pour faire du repérage, signe qu’ils commençaient à se remettre en selle. Irina hocha la tête à la remarque du résistant, contente également de voir qu’ils ne se laissaient pas abattre.

« Ca va ! Je n’ai pas eu de problèmes pour venir, non, c’est plutôt calme par ici. Vous avez choisi un bon endroit pour vous cacher, je crois. »

Les résistants étaient traqués un peu partout en Angleterre, bien sûr, mais il n’y avait pas autant de surveillance et de moyens mobilisés ici qu’à Bristol, par exemple, où Irina aurait eu plus de mal à entrer sans prendre de risques, avec son sac rempli de médicaments. Elle se souvint d’ailleurs ce qu’elle était venue apporter et ouvrit sa petite sacoche pour la retourner sur la table basse. Une bonne dizaine de flacons et d’onguents magiques, de cachets pour les douleurs, de boîtes de pansements, rouleaux de bandages, compresses et autres outils s’étalèrent sur le meuble, puis elle saisit l’une des pommades, celle qu’elle avait déjà utilisée pour Joel. Elle le lui tendit en déclarant :

« Comme promis, un autre tube, vu qu’il restait pas grand-chose dans l’autre… J’ai ramené d’autres produits qui peuvent être utiles, j’ai pris tout ce que j’ai pu, j’imagine que vous en aurez besoin. J’ai un peu soudoyé le gars à la pharmacie de l’hôpital pour qu’il me laisse entrer, j’ai réussi à piquer quelques trucs dans son dos pendant qu’il cherchait d’autres médicaments. » avoua t-elle en souriant.

La tâche n’avait pas été simple, et elle se rappelait avoir senti son coeur battre à toute allure à l’idée de se faire prendre. Mais sa petite mission s’était bien passée et elle en avait tiré une certaine satisfaction personnelle, désormais elle s’en souvenait comme d’un petit moment d’adrénaline. Cela valait la peine d’avoir pris quelques risques, si elle avait pu aider quelqu’un. Débarrassée de ses affaires, Irina sortit sa baguette magique pour se tourner vers Joel.

« Assieds-toi, je vais regarder ton bras, demanda t-elle en s’asseyant elle aussi sur le canapé une fois qu’il eut retiré son haut. Ca va, tu arrives à l’utiliser normalement, il n'y a pas eu de complications ? »
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Joel Hudson, résistant, 23 ans

"Oui, la milice s'attend certainement à ce qu'on soit partis loin, au fin fond d'une campagne ou à l'étranger... Peut-être qu'on ne nous cherchera pas forcément au plein centre d'une grosse ville", répondit Joel quand Irina approuva leur choix de planque. Il fallait avouer que l'appartement de son frère les aidait bien, mais il n'avait aucune envie de faire un compliment sur ce misérable scolopandre.

Le jeune homme alla s'asseoir sur le canapé et enleva son haut pour qu'Irina puisse l'examiner, avant d'observer l'impressionnante quantité de médicaments et autres outils de premier secours qu'elle venait de déverser sur leur table basse. Joel éclata d'un rire ravi et surpris à l'entente du récit de la médicomage, qui s'était arrangée pour piquer des médicaments à Ste Mangouste, au nez et à la barbe d'un collègue.

"C'est super, ça va très certainement nous servir, merci beaucoup Irina", répondit-il en la considérant sous un jour nouveau. Ainsi, elle ne plaisantait pas lorsqu'elle affirmait vouloir les aider, et n'hésitait pas à prendre des risques pour leur apporter son aide. Visiblement, Irina n'était pas le genre de femmes à avoir froid aux yeux. Avec toutes les jeunes femmes qu'il avait pu fréquenter au sein du Kraken, cela n'aurait pas dû l'étonner, mais Joel ne s'était pas attendu à autant d'investissement de la part de la soeur de Roy. Ma foi, peut-être bien qu'ils pouvaient susciter une vocation de résistante chez leur ancienne camarade d'école...

"On va t'emmener sur le terrain, tu m'as l'air efficace", ajouta-t-il pour la taquiner.

Il laissa la jeune femme examiner son bras par la suite, louchant un peu pour pouvoir observer lui aussi l'hématome qui s'y trouvait.

"C'était encore un peu douloureux le lendemain mais rien d'impossible à supporter, et maintenant ça va bien. Quelques tiraillements peut-être, mais je crois que ça doit venir de la pommade."

Croisant le regard de la médicomage, Joel l'interrogea avec humour : "Qu'en dis-tu, ça se présente bien ? C'est mon meilleur bras, j'en ai besoin pour faire la cuisine... Ah, et pour les duels, bien sûr !"
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Irina Calder, médicomage, 23 ans

La taquinerie de Joel arracha un rire à Irina qui répondit sur le même ton :

« Si je vais sur le terrain, qui sera là pour soigner les courageuses têtes brûlées comme toi ? »

Illustrant ses paroles, elle saisit l’épaule du jeune homme pour observer la surface de sa peau. La blessure s’était bien rétractée depuis, pour ne laisser place qu’à un gros hématome violacé. Irina pointa sa baguette sur son bras, pour procéder à quelques sortilèges de vérification, pendant que Joel lui expliquait ce qu’il ressentait. Un nouveau sourire se glissa sur ses lèvres à sa plaisanterie, elle prit un air faussement docte :

« Mollo avec les duels, quand même, tu n’es pas complètement guéri » dit t-elle avant de glisser innocemment : « Par contre, tu peux faire autant de gâteaux au chocolat que tu veux, genre quand je viens vous rendre visite, par exemple. »

C’était facile de faire plaisir à Irina, il suffisait de faire plaisir à son estomac. Sa cousine Eden l’avait très bien compris, par exemple, elle sortait toujours ses meilleurs cupcakes lorsqu’elles se rencontraient toutes les deux. Bon public de l’estomac, Irina mangeait de tout et de n’importe quoi, tout ce qui était sucré en particulier, reine du grignotage qu’elle était, détestée par ses amies collègues parce qu’elle ne prenait pas de poids.

« Bonne nouvelle, il n’y a aucune trace du maléfice, la pommade a bien fait son boulot , déclara la médicomage en reposant sa baguette. Tu peux arrêter de la prendre maintenant, si les tiraillements te gênent, ça fait partie des effets secondaires. Pour l’hématome… »

Fouillant quelques secondes dans le tas de médicaments qu’elle avait apporté, elle finit par extraire un petit flacon. Elle chargea la pipette du bouchon avec un liquide rosé, qu’elle déposa sur le bras de Joel. La tâche de l’hématome se résorba instantanément en son centre, jusqu’à disparaître totalement sous leurs yeux, laissant la peau de Joel nette et propre, comme s’il ne s’y était jamais rien passé.

« Et voilà, magique ! C’était le cas de le dire. C’est pas mal pour les bobos pas trop graves, ça, type bleus ou brûlure minime, c’est moins fort que l’essence de dictame. Une goutte, ça suffit. »

Elle reposa le flacon, avec la satisfaction d’avoir bien terminé son travail, ce qu’elle exprima avec malice :

« Ca se présente plus que bien, maintenant, tu peux même dire que c’est redevenu ton meilleur bras. »
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Joel Hudson, résistant, 23 ans

"C'est vrai, on risque d'avoir encore besoin de toi", répondit Joel à la plaisanterie d'Irina. Mais aussi agréable sa compagnie soit-elle, il espérait que ces moments là ne seraient pas trop nombreux, parce qu'il se passerait bien de se faire exploser l'épaule par des sortilèges...

Quand la médicomage manifesta l'envie de se voir cuisiner des gâteaux au chocolat, il éclata de rire et se promit de lui en cuisiner un la prochaine fois.

"Je note, un gâteau au chocolat pour miss Calder, très bon choix, cela fait partie de mes spécialités", affirma-t-il avec malice. Le Triton Ardent proposait à l'époque un certain nombre de desserts, certains classiques et d'autres moins, et il avait appris à les cuisiner très jeune, auprès de ses parents. C'était toujours un plaisir pour lui de le faire, surtout quand il savait que cela ferait plaisir à quelqu'un - outre son propre estomac de glouton...

Le jeune homme observa Irina qui examinait sa blessure, une certaine appréhension lisible sur ses traits. Heureusement, la médicomage lui apporta des nouvelles rassurantes, et acheva de détendre son patient en faisant disparaître toute trace de l'hématome violacé qui s'étalait sur sa peau.

"C'est super, ce truc !", s'exclama Joel en examinant son bras sous toutes les coutures, émerveillé. "C'est fou ce que la médicomagie parvient à faire, quand même. Merci encore, Irina ! Mon meilleur bras est de retour !"

Ragaillardi, Joel bondit du fauteuil et enfila de nouveau son t-shirt. Puis il proposa à la jeune femme, tout en se dirigeant vers la cuisine : "Je peux te proposer du thé et des cookies si tu veux ? Ils sont faits maison, ce ne sont pas des gâteaux au chocolat mais ils sont bons quand même ! A moins que tu ne doives filer ?"

Il espérait que non, bien décidé à profiter de la compagnie de quelqu'un d'autre que Juliana. Pour une fois que la compagnie venait à lui, il n'allait pas la laisser filer. S'il était content de récupérer son bras, il trouvait que la consultation avait été beaucoup trop rapide à son goût. Joel était quelqu'un de trop énergique et de trop sociable pour se contenter de rester reclu sans parler à personne pendant des jours et des jours. Ces qualités faisaient de lui un bon commerçant, mais rendaient difficile sa longue cavale... De plus, il n'avait jamais réellement eu l'occasion de faire la connaissance d'Irina à Poudlard, alors c'était l'occasion.

Comme elle ne manifesta pas l'intention de partir, il revint bientôt avec une bouilloire fumante, deux tasses et une boîte en fer emplie de cookies savoureux. Joel revint poser tout cela sur la table basse, fit un peu de place en rangeant les médicaments et s'installa à côté d'Irina dans le canapé.

"Alors, qu'est-ce que tu es devenue, depuis l'école ? Médicomage, c'est plutôt impressionnant, est-ce que ça te plait ? Tu vis à Londres, d'ailleurs ?"
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Irina Calder, médicomage, 23 ans

La gratitude sincère que Joel lui exprima fit du bien à Irina. Peut-être parce qu’elle était encore toute fraîchement diplômée, elle trouvait toujours qu’il y avait un certain émerveillement à voir des patients se relever et se sentir mieux, grâce à ses soins ou ceux de ses collègues. La médicomagie n’était pas la branche la plus simple, loin de là, mais elle apportait le plaisir de se sentir utile, ce qui n’était pas rien.

« Je t’en prie, c’est mon travail. »

Elle rangea sa baguette dans sa sacoche, s’apprêtant à se lever du canapé, mais Joel la retint en lui proposant des cookies maison et du thé : voilà quelqu’un qui savait lui parler.

« Comment je pourrais refuser ça ? » répondit t-elle en souriant.

Se rasseyant sur le canapé, elle laissa son regard se promener tout autour de la pièce en attendant que Joel revienne. C’était drôle comme l’appartement semblait presque normal, pour deux résistants en fuite… A Bristol, en temps que membres recherchés du Kraken, ils ne devaient sûrement pas vivre de la même façon, s’imaginait Irina, pas avec des miliciens à chaque coin de rue pour les débusquer. Peut-être que Juliana et Joel avaient décidé de reprendre une autre identité et une autre vie pour se protéger ? En même temps, ils avaient l’air fermement décidés à continuer le combat, si elle en croyait leur dernière conversation. Ce n’était sûrement qu’un temps d’accalmie, le temps de retrouver des ressources, avant de relancer la machine…

Le retour de Joel et la bonne odeur de thé la tirèrent de ses pensées. Elle le laissa prendre place à ses côtés, pendant qu’elle savourait des yeux ce qui allait bientôt finir dans son estomac. Elle accepta une tasse fumante, juste avant de répondre à Joel :

« Ca me plaît énormément. C’était pas facile du tout d’en arriver jusque là, faut vraiment aimer ces études et accepter de sacrifier ta vie sociale quelques années, avoua la jeune femme d’un ton de plaisanterie, même si c’était parfaitement vrai. Mais je ne regrette pas, je fais vraiment quelque chose que j’aime, maintenant. C’est très gratifiant, comme travail. Même si c’est pas simple tous les jours, il y a des patients à Sainte-Mangouste qui mériteraient vraiment qu’on écrive sur eux… Mrs Bates, la patiente aux mille visages ! lança Irina, tel le titre d’un nouveau best-seller. Elle s’invente une nouvelle vie tous les deux jours, c’est impressionnant. Ou Mr Frent, le colocataire maudit. Ca c’est moins drôle, tous les patients qui ont partagé sa chambre ont eu des bricoles le lendemain, comme si leur mal s’était aggravé. »

Secouant la tête à ces souvenirs, elle poursuivit son récit avec volubilité :  

« Et oui, je vis à Londres, à quelques pas de l’hôpital. Je suis restée chez mes parents au Pays de Galles seulement la première année de mes études, après j’ai préféré partir, c’était plus simple. J’avais besoin de mon espace où je pouvais avoir mes propres horaires. Ca rendait folle ma mère de voir que j’étais encore plongée dans mes parchemins à deux heures du matin ! C’est le thé qui m’aidait à tenir. J’en ai une collection chez moi, si tu voyais ça, le placard de ma cuisine ressemble à celui d’une petite mamie anglaise dans tout son cliché… D’ailleurs il est très bon le tien. »

Elle en était déjà à la moitié de sa tasse. Se rendant compte qu’elle était aussi à son deuxième cookie, elle s’exclama:

« Tes cookies sont encore meilleurs, tu cuisines presque aussi bien que ma cousine qui est pâtissière ! Tu faisais quoi avant tout ça, chef cuisinier ? »

Elle disait ça en riant, comme si elle était à moitié pas sérieuse, mais c’était possible, après tout, Joel avait eu l’air de tenir à son bras pour cuisiner, c’est qu’il devait le faire souvent, présupposait la médicomage.
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Joel Hudson, résistant, 23 ans

Joel découvrit avec plaisir qu'Irina n'avait pas sa langue dans sa poche, ne se faisant pas prier pour lui parler de son métier avec une volubilité qui trahissait son enthousiasme. Bavarde, gourmande, courageuse, elle avait tout l'air d'une bonne vivante, c'est-à-dire exactement le genre de personnes avec qui Joel s'entendait bien d'habitude, à l'instar de Juliana. S'il avait généralement de nombreuses amies féminines, il les aimait vivantes, voire exubérantes, pleines d'énergie et d'enthousiasme. La vie était faite pour être croquée à pleines dents, comme le disait régulièrement sa mère, Sabrina Hudson !

Irina avait raison de faire quelque chose qui lui plaisait, d'après Joel, même si c'était un métier exigeant qui lui avait demandé beaucoup d'investissement. Au final, les sacrifices avaient été faits au nom d'une fin désirée et ils en valaient la peine. En tout cas, c'était ainsi que lui avait vécu son propre choix de suivre la voie de ses parents en devenant restaurateur.

Les anecdotes sur ses patients lui tirèrent un rire joyeux. En travaillant dans un hôpital magique, forcément, on en voyait des vertes et des pas mures !

"On dirait qu'on lui a jeté une malédiction à ce pauvre monsieur, du vaudou !", s'exclama-t-il avec amusement. "J'espère qu'on a fini par lui donner une chambre individuelle..."

Ainsi, Irina vivait à Londres, comme il l'avait supposé. Loin de l'influence malfaisante de son furoncle de frère ! Sans trop savoir pourquoi, cela ne l'étonnait pas. Il pouvait facilement l'imaginer dans le tumulte et l'agitation de la capitale, elle semblait avoir les épaules pour cela et s'y trouver bien plus à sa place qu'entre les prairies verdoyantes du Pays de Galles... Sans doute parce qu'elle semblait sociable, et avait un bon contact avec les gens, or c'était bien connu, il n'y avait que des moutons par là-bas ! Et puis il comprenait bien l'envie de s'éloigner de la sphère familiale lorsque l'on était jeune adulte. Lui-même avait pris une colocation avec Juliana dès que possible, même si c'était à deux pas du restaurant, ce qui avait rassuré ses parents. La pensée qu'on puisse trouver la vie à Bristol rassurante le fit sourire pour lui-même, puis il reporta son attention sur Irina qui semblait apprécier son thé.

"Délicieux, hein ?", approuva-t-il en plongeant ses lèvres dans le liquide chaud. Il s'apprêtait lui dire que c'était le thé qu'ils servaient auparavant dans son restaurant lorsqu'elle fit une blague à point nommé, lui tirant un sourire amusé.

"Exactement, figure-toi ! Mes parents ont un restaurant familial dans la Promenade des Marins, depuis toujours. Ce n'est pas un restaurant de luxe mais on y sert tout de même de bons repas, surtout à base de poissons et fruits de mer. J'ai traîné là-bas dans leurs pattes quand j'étais petit, puis je les ai aidés à faire certaines choses, et de fil en aiguille, ils m'ont tout appris : la cuisine, la pâtisserie, comment choisir des fournisseurs, tenir une comptabilité, comment préparer des cocktails car il y avait aussi un bar, comment servir et être commerçant, ah et le nettoyage et les règles d'hygiène aussi... Bref, tout ce qu'il y a à savoir ! A seize ans, j'ai commencé à travailler là-bas en tant que serveur au même titre que les autres employés, ainsi que Juliana. C'est un peu comme ça qu'on s'est rapprochés aussi tous les deux, puisqu'après nos ASPICs, on a décidé chacun de notre côté de ne pas faire d'études mais plutôt de venir travailler au Triton à plein temps..."

Un léger sourire flottait inconsciemment sur ces lèvres à ces souvenirs heureux. A l'époque, ce choix leur avait semblé si important, si déterminant, comme s'ils jouaient toute leur vie... Sans savoir qu'ils prendraient une autre décision, autrement plus déterminante, quelques années plus tard : celle d'entrer en résistance...

"Mes parents, qui ne sont plus tous jeunes, ont commencé à nous former tous les deux dans l'optique de faire de nous nos successeurs. Mais la guerre des gangs... a précipité les choses, je dirais. Je crois qu'ils ont perdu le goût du travail, ils n'y prenaient plus plaisir. Ils avaient peur."

Son sourire avait disparu, laissant place à une ombre sur son visage.

"Ils nous ont légué le Triton suite à cela, et nous avons commencer à le gérer nous-même. Puis nous ont en avons fait le QG du Kraken, juste les premiers temps... Et le Triton a été brûlé il y a de cela quelques semaines, en juin. Incendit criminel. Du moins, ce n'est pas ainsi que la milice a conclu, mais nous, nous savons pertinemment ce qui s'est passé."

L'image de Roy apparut dans son esprit et il sentit sa mâchoire se crisper. Il plongea un regard sombre, presque dur, dans celui d'Irina, puis finit par laisser échapper un soupir et se détendre.

"Enfin, c'est la vie. Ce restaurant était comme un rêve, mais on ne s'arrête jamais de rêver. Des restaurants, il y en aura d'autres, et même si je suis aujourd'hui un résistant, je reste avant tout un cuisinier."

Décidé à détendre l'atmosphère après ce récit doux-amer, il conclut avec malice : "Je peux juste cuisiner pour moins de personnes."
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Irina Calder, médicomage, 23 ans


« Oh oui, on l’a fait, je ne sais pas quel genre de malédiction le touchait, mais on préférait ne plus prendre de risques ! » répondit t-elle, amusée.

Irina découvrit à son tour que Joel pouvait se montrer volubile lui aussi, elle l’écouta avec une surprise teintée de fascination confirmer l’hypothèse qu’elle avait lancée en plaisantant. Un cuisinier, donc, ces cookies ne venaient pas de nulle part. Maintenant qu’elle savait ça, elle était encore plus curieuse de goûter d’autres de ses mets… Irina devait taire son estomac, toutefois, et se contenter d’imaginer ces plateaux de fruits de mer, et ces délicieux plats au poisson.

« C’est génial ! Un restaurant, ça fait rêver comme projet , commenta t-elle face au sourire nostalgique de Joel. Bon, personnellement, je pourrais faire l’accueil, peut-être , rit t-elle, pour manger je suis la première, mais alors pour cuisiner… J’ai jamais eu le temps d’apprendre à faire des choses élaborées, pourtant j’aimerais bien. »

Elle se souvenait quand elle était plus jeune, elle aimait aider sa cousine Eden à faire des pâtisseries, elle avait appris à cuisiner quelques bons desserts à ce moment-là. C’était des moments de partage et de simplicité qui avaient disparu avec le temps, à son regret, Irina ayant beaucoup moins de temps pour elle ou pour ses proches avec ses études. C’était quelque chose qui pouvait changer, maintenant qu’elle avait obtenu son diplôme et connaissait des horaires plus décentes.

Reportant son attention sur Joel, elle écouta la suite de son récit, qui les ramenait à une réalité beaucoup moins joyeuse. Compatissante d’abord, puis peinée lorsqu’il évoqua la destruction de son restaurant, elle garda le silence, ne sachant trop quoi dire. Elle avait eu la chance de ne rien perdre sur les derniers évènements tragiques de l’année, le seul de ses proches qui aurait pu être menacé par tout ça était Roy, mais ma foi, il semblait bien gérer sa vie à Bristol. Mais Joel, Juliana et sans doute beaucoup d’autres là-bas avaient dû connaître plusieurs pertes, humaines ou matérielles, et si ce n’était pas cela, eh bien c’était la crainte qu’il arrive autre chose, et la pression de la présence policière…

Toutefois, son sourire revint en même temps que l’expression de Joel s’adoucissait, elle répondit volontiers à sa dernière remarque sur le même ton :

« Eh bien… Si ça peut te rassurer, moi je peux manger comme quinze, ça augmente un peu le niveau ! Je suis encore plus curieuse de goûter tes plats, maintenant, monsieur le cuisinier. »

Son regard malicieux rencontra celui de Joel, qui avait été si dur l’espace d’une seconde tout à l’heure. C’était toujours étrange de voir ce que d’anciens camarades étaient devenus. Elle n’avait jamais été proche de Joel ou de Juliana lors de leur scolarité, mais elle leur avait tout de même déjà parlé, ils avaient côtoyé la même classe, les mêmes personnes pendant sept années, elle avait même affronté Juliana au Quidditch. Cela laissait forcément des souvenirs et ceux qu’elle gardait des deux amis les dépeignaient comme deux Gryffondor joyeux lurons, rebelles à leur heure, bons camarades. Le genre de personne que l’on imaginait rester ainsi pour toujours, comme des valeurs sûres. Et pourtant, à l’évidence, les drames pouvaient frapper à la porte de n’importe qui, et les transformer pour toujours…

Il y avait toujours une partie du Joel qu’elle connaissait, Irina pouvait mieux le voir maintenant qu’une semaine plus tôt, lorsqu’elle l’avait vu blessé, tenant des discours durs et revendicateurs. Il y avait toujours ce Joel qui plaisantait, s’exprimait avec générosité, avait des rêves. Irina espérait qu’il ne disparaîtrait pas, même si les coups durs se multipliaient. Elle eut un petit temps d’hésitation avant de reprendre la parole, avec à la fois douceur et sérieux :

« Mais oui, il y aura d’autres restaurants, j’en suis certaine. Il doit y avoir, même. Supprimer les libertés des gens, c’est une chose. Leur ôter toute capacité à rêver… Beaucoup plus dur , déclara t-elle, avec un petit sourire. Vous êtes maintenant dans une ville beaucoup moins contrôlée que Bristol, vous pourriez… Je ne sais pas, avoir de nouveaux projets. Enfin, je ne sais pas ce que vous avez prévu, mais prenant des précautions, une nouvelle identité, j’imagine que c’est possible… »
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Joel Hudson, résistant, 23 ans

A la réponse compatissante d'Irina, un sourire doux illumina le visage de Joel. Il savait qu'elle avait raison, au fond, c'était bien pour cela qu'il avait pris les armes - à l'opposée des motivations qui animaient Juliana alors, il en avait l'impression -, pour avoir la possibilité de rêver et de prévoir son futur, pour pouvoir imaginer des projets qui ne seraient pas entravés par les affres d'un gouvernement corrompu et autoritaire, par le blocus d'une ville et par les atteintes à la liberté du commerce et de l'industrie, par les aléas de la politique anglaise, aussi fluctuante que le cours de la monalisa. Mais ces rêves devaient aujourd'hui se conjuguer avec une réalité bien contraignante, et impliquaient, comme le soulignait Irina, de se cacher, de changer d'identité, de louvoyer et de faire preuve d'une inventivité magique qui décourageait la moindre initiative. Après l'échec de leur participation au Kraken, Joel avait parfois du mal à faire preuve d'optimisme et à réfléchir à de nouveaux projets, qui seraient forcément rendus immensément difficiles par les avis de recherche à leur effigie, placardés dans tout le pays... Pourtant, il fallait essayer, car Joel réalisait déjà qu'il ne resterait pas caché bien longtemps. Il préférait encore se faire prendre et risquer de mourir, plutôt que de vivre caché, reclus comme un ver de terre. Mieux valait vivre libre quelques mois qu'écrasé toute une vie - c'était sa devise de Krakinet.

Un autre principe de la résistance était qu'ils n'avaient pas à se cacher, ce serait reconnaître la véracité de la propagande du ministère qui les traitait de lâches terroristes. Alors s'ils n'allaient pas se jeter en pâture aux geôliers de Skye, ils n'allaient pas non plus se laisser enfermer dans une planque. L'idée de continuer à mener sa petite vie au nez et à la barbe du gouvernement séduisait énormément Joel, il devait bien le reconnaître... Et peut-être qu'un jour, lorsque la guerre serait achevée et que le FREE et la résistance ne seraient que de lointains souvenirs, alors on les verrait pour ce qu'ils étaient vraiment : cuisiniers, serveurs, médicomages, aurors, pêcheurs... Des citoyens comme tant d'autres, qui avaient simplement eu le courage de prendre les armes pour rester maître de leur destin. Qui avaient peut-être commis des erreurs au passage, qui ne s'étaient certes pas élevés, car personne par la guerre ne devient grand*... Mais qui n'étaient pas des monstres de noirceur pour autant.

Personne n'était complètement mauvais, pas même Marchebank... A moins qu'il n'ait dissimulé une partie de son âme dans son chat infect, tel un vil Voldemort bis, ce qui n'aurait certes pas étonné Joel.

"Tu as raison, peut-être qu'on pourrait réussir à retrouver une vie professionnelle, voire à rouvrir un resto, si on arrivait à berner la milice. Il nous faudrait une nouvelle identité permanente, fiable et indétectable, parce que le polynectar... Outre le fait que c'est encore plus mauvais que la nourriture des Folies Sorcières, ce qui n'est pas peu dire, ce n'est pas viable sur le long terme. Il faut en avoir une sacré quantité, et la prendre chaque heure... En plus, les autorités sont trop familières avec le procédé, c'est trop facile de se faire piéger. Il nous faudrait quelque chose de plus puissant, de la magie noire ou de la magie ancienne, je ne sais pas trop... Je n'étais pas le plus assidu des élèves de Poudlard, comme tu t'en souviens peut-être, d'ailleurs."

Il sourit avec un brin de nostalgie en pensant à cette époque si lointaine, où il prenait les cours par dessus la jambe, persuadé que toute sa carrière se déroulerait au Triton. S'il avait su à quel point ces cours auraient pu lui servir plus tard, Merlin, il y aurait prêté une plus grande attention !

"Il faut que je réfléchisse avec Julia, elle aura peut-être une idée. De toute façon, ça va devenir urgent après l'attaque de l'autre jour, on est trop vulnérables et ni elle ni moi ne va supporter bien longtemps de rester enfermés. Et on prend de grands risques en sortant, comme elle aujourd'hui..."

Une certaine inquiétude le taraudait toujours dans ces cas-là, jusqu'au retour de sa meilleure amie, saine et sauve. Joel soupira doucement puis décida de revenir sur un sujet plus joyeux :

"Quoi qu'il en soit, si on ouvre de nouveau un restaurant, tu seras la première informée !"

Une lueur s'était allumée dans le regard de Joel face à la curiosité qu'avait exprimé Irina un peu plus tôt, la lueur du maître qui venait de se trouver un apprenti. Il bomba un peu le torse avec importance et répondit, du ton mystérieux du grand sage sur la montagne :

"Non seulement je vais te faire goûter mes plats, mais je vais aussi t'apprendre à les préparer... Tentacule de poulpe à la française, Strangulot confit, Estomac de Boulu sur son lit de crème à la chanterelle", énuméra-t-il avant de porter le coup de grâce : "et bien sûr notre spécialité, la queue de triton à la citronnelle, un vrai régal, pour les fins gourmets !"

Après un petit rire, il ajouta plus sérieusement : "Tu sais, Julia aussi ne savait pas cuisiner lorsqu'elle a commencé à travailler au Triton, en tant que serveuse. Et elle n'avait pas vraiment de prédispositions pour cela, trop impatiente pour la cuisine, et elle avait tendance à ne pas respecter la recette, et avoir la main lourde sur l'assaisonnement, mais à force d'entraînement elle a fini par acquérir de bons réflexes. Elle n'a pas forcément ce talent inné qu'ont les plus grands chefs, mais elle cuisine très bien désormais ! Il faudrait que je te teste pour voir, tu as peut-être des dons que tu ignores... Et quand bien même, c'est tout-à-fait à ta portée..."

Englobant la jeune femme de son regard pétillant, il conclut d'un air amusé : "Avec le bon maître, bien sûr !"

*Citation : Maître Yodaaaa
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Irina Calder, médicomage, 23 ans

Si elle hocha doctement la tête, le visage sérieux, aux premières répliques de Joel, le tacle qu’il glissa mine de rien à l’encontre du célèbre cabaret de Bristol dérida Irina une seconde.

« Mon frère serait content de t’entendre ! »

Elle se surprit à se demander ce que Joel pouvait penser de Roy, elle se souvenait avoir perçu comme une légère tension de son côté lorsqu’il avait été évoqué, la fois dernière… Mais elle revint bien vite à leurs moutons, alors que Joel lui faisait part de ses réflexions. Elle-même se mit à réfléchir, fouillant dans sa mémoire et ses expériences une idée d’objet qui pourrait correspondre à ce que recherchait le jeune homme. Elle ne s’y connaissait pas vraiment, il leur arrivait à l’hôpital de soigner des métamorphoses accidentelles, causées par des objets magiques farceurs mal fabriqués, dont résultait en général une apparence grotesque. Ce n’était définitivement pas ce cherchait Joel, il fallait une potion ou un objet qui lui permettrait de changer d’identité de façon crédible et durable. Malheureusement, à part le Polynectar, elle ne connaissait pas d’autre artifice digne de confiance.

« Quelque chose que les autorités pourraient difficilement détecter… J’imagine que ça ne doit pas se trouver facilement, ni même, légalement, émit t-elle, en glissant son regard pensif vers Joel. Pourquoi vous ne demandez pas à Roy ? Il pourrait vous proposer des solutions. Il s’y connaît en substances inconnues et interdites. »

Elle disait cela plutôt sérieusement, pour une fois, sans ironie, après tout, autant que les activités discutables de son frère puissent servir à quelqu’un. Puis, l’illégalité ne semblait pas freiner les deux résistants, elle était même déjà plus ou moins devenu leur quotidien, donc pourquoi pas chercher du côté du marché noir ? Ils avaient beaucoup plus de chances de trouver ce qu’ils désiraient, moyennant un prix plus ou moins fort…

La conversation dériva vers une thématique plus joyeuse, d’ailleurs, un large sourire trahit l’amusement d’Irina lorsque Joel se fit le devoir de lui exposer ses menus, d’un ton savant. On pouvait dire qu’il avait le sens de la poésie culinaire, voilà des plats qui la faisaient saliver mentalement. Elle éclata franchement de rire en revanche à la conclusion du cuisinier, visiblement très sûr de son coup.

« Voyez-vous ça ! Eh bien, je serais honorée que le maître cuisinier des fonds marins me prenne en stage dans son antre, j’ai peut-être pas de talent inné, mais promis j’ai un peu plus de grâce qu’un éléphant de mer, c’est déjà ça » lança t-elle avec légèreté, avant de répondre plus sérieusement : « Ce serait avec plaisir. On peut faire un échange de bons procédés aussi, j’ai appris à faire quelques bons desserts. Tu me fais goûter tes fameux plats, et je te fais goûter ce que je sais faire. Tu seras tellement convaincu que tu les mettras sur la carte de ton futur restaurant, tu verras ! »

Puisqu’ils tenaient là un sujet agréable de conversation, Irina poursuivit sur la même lancée :

« Il va falloir dire à Juliana de repérer la concurrence dans le coin, pour savoir quelle nourriture on aime, ici. Bon, c’est plus compliqué d’ouvrir un restaurant de fruits de mer locaux à Manchester, par contre… Le poète culinaire en toi va devoir trouver d’autres noms de plat. »
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Joel Hudson, résistant, 23 ans

Les propos d'Irina permirent à Joel de répondre à l'une des questions que Juliana et lui s'étaient posés la dernière fois, sans trouver de réponse : Irina était-elle au courant des activités illicites de son frère, et de son rôle de parrain de la mafia bristolienne ? A en juger par ce qu'elle venait de lui dire, elle était non seulement informée mais elle pensait qu'il serait de bon ton d'en tirer parti... Pourquoi pas, après tout. Joel avait beau désapprouver le marché noir qui gangrenait sa ville, et exécrer cette punaise nauséabonde de Roy, il n'allait pas cracher sur un moyen de se dissimuler aux yeux de la milice. Aux grands maux, les grands remèdes ! Hé puis ce serait un joli pied-de-nez à Marchebank que d'utiliser les ressources de l'un de ses grands alliés de l'ombre...

Comme le sujet "Roy" était sensible pour Joel - difficile de rester en bons termes avec Irina en insultant son frère de troll des montagnes, pas vrai ? - il se contenta d'un hochement de tête approbateur et laissa la conversation dévier vers des terres plus gastronomiques. A la mention des desserts que la jeune femme pourrait lui cuisiner en échange de ses ses plats, Joel se lécha les babines et frappa dans ses mains avec enthousiasme.

"Ah mais c'est quand tu veux ! Même maintenant d'ailleurs, je n'ai rien d'autres à faire que de me tourner les pouces, alors... On n'a qu'à faire un gâteau pour Juliana. Il ne faut pas croire, ça donne faim, de résister", affirma-t-il en riant. "Et toutes les suggestions pour notre future carte sont les bienvenues, on peut même t'engager, si jamais tu en as marre de réparer des bras cassés comme moi..."

La remarque d'Irina était juste, si ce projet se concrétisait, il leur faudrait imaginer un nouveau concept que celui du Triton... Mais ce n'était peut-être pas plus mal. Il ne servait à rien de s'enfoncer dans la nostalgie d'une époque révolue, après tout. A une nouvelle ville, un nouveau projet, et tout un futur qui les attendaient !

"Je suis sur que nous pouvons trouver quelque chose de nouveau qui pourrait plaire ici... Globalement, je suis plus porté sur la cuisine méditerranéenne que sur nos plats typiquement anglais, ça pourrait être l'occasion de faire découvrir des mets venus d'ailleurs aux habitants de cette ville... Il faut que je me penche sur la question et que je rouvre mes vieux livres de cuisine", s'exclama-t-il, le regard brillant d'un enthousiasme neuf. Voilà qui lui donnerait matière à réflexion, lorsqu'il ne serait pas occupé à krakeniser... Et cette perspective stimulante l'emplissait d'une énergie nouvelle, et d'un espoir qu'il n'avait pas connu depuis plusieurs semaines. Merlin, cela faisait du bien ! Sans même s'en rendre compte, Joel se mit à se projeter dans ce nouveau restaurant imaginaire, son imagination s'emballant.

"Ce peut être une bonne couverture pour nos activités, ce restaurant, d'ailleurs. Parce que si on s'établit ici et qu'on ne veut pas vivre tels des moines reclus, il va nous falloir une activité professionnelle, sinon on va finir par attirer les suspicions... Je vais en parler à Julia, peut-être qu'elle sera d'accord pour tenter de combiner nos activités de résistance avec l'ouverture d'un nouveau restau, même si ça peut être compliqué à mettre en place au début. On en a vu d'autres !"

Il se frotta les mains en posant un regard joyeux sur Irina, indirectement à l'origine de cette nouvelle idée, l'observant comme si elle allait lui sortir un nouveau menu de son chapeau pointu. Grâce à elle, il retrouvait le sourire, et pour cela il ne lui était pas peu reconnaissant.

"Alors, ce gâteau, on s'y met ?", suggéra-t-il en se levant pour faire quelques pas en direction de la cuisine. "Cette fois, c'est toi le chef, je suis prêt à suivre sagement tes directives..."

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Irina Calder, médicomage, 23 ans

« Oh j’adore la cuisine méditerranéenne ! s’enthousiasma Irina. C’est une très bonne idée, je suis sûre que ça marchera, il n’y a pas flopée de restaurants méditerranéens dans le Manchester sorcier, de ce que je connais. Je pourrais te donner un avis espagnol sur la carte, tiens ! »

Car Irina avait beaucoup goûté de ces plats traditionnels dans sa famille, sa grand-mère et sa tante Marcia étant notamment de bonnes connaisseuses en la matière. Et il n’y avait pas dire : cela dépassait la cuisine anglaise, de loin ! La suite du discours de Joel fit hocher la tête à la médicomage, qui ne put qu’approuver le principe :

« C’est vrai, ça pourrait être une bonne couverture pour vous. Bon, il faudra sans doute changer d’identité aussi, mais ça pourrait être une bonne façon d’échapper aux radars de la Milice. Et puis, ça vous fera du bien d’avoir un nouveau projet, plus… normal. »

Retrouver quelques plaisirs du quotidien ne pourraient que les aider à remonter la pente, après toutes ces terribles choses qu’ils avaient vécu à Bristol. Ils n’étaient pas obligés de reproduire les mêmes schémas dans leur fuite, après tout, leur arrivée dans une nouvelle ville pouvait aussi être l’occasion de requestionner leurs actions. Contente d’avoir insufflé une idée à Joel qui semblait lui donner de l’enthousiasme, elle répondit volontiers à son sourire, puis à son invective :

« Oh, c’est moi la chef, trop cool ! Montre-moi donc ce que tu as dans ta cuisine. »

Suivant le maître des lieux, elle sortit des placards tout ce qui l’inspirait, et fut assez surprise et ravie de voir qu’il y avait beaucoup de choses, ce qu’elle commenta :

« Eh bien, on voit qu’il y a un cuistot dans cette maison ! Alors, qu’est-ce que Juliana aime, comme gâteaux ? On pourrait faire un brownie avec de la crème anglaise, si elle aime le chocolat. On peut faire des crêpes aussi, pendant que le gâteau cuit ! » Les yeux d’Irina brillaient déjà de gourmandise, tandis qu’elle saisissait un paquet de farine. « Ce n’est rien que tu ne dois pas savoir déjà faire, mais on va faire comme si ce n’était pas le cas. Apporte-moi donc un saladier, moussaillon. Comment on appelle les jeunes apprentis cuistots ? Bon, ça sera moussaillon par défaut. »

Elle commença la préparation du gâteau entre deux plaisanteries, comme celle qu’elle lança alors qu’elle cassait soigneusement ses oeufs dans le saladier :

« Alors des idées de nom pour ton futur restaurant ? Je pense qu’il pourrait s’appeler Chez Irina, ça sonne très mélodieux. » affirma t-elle avec une grande modestie.

Posant son regard sur Joel, elle prit le temps de l’observer quelques secondes, tout attelé à la tâche, sans pouvoir s’empêcher d’établir mentalement la comparaison avec le jeune homme qu’elle avait connu à Poudlard. Elle ne l’imaginait pas forcément à l’époque devenir un chef cuisinier -il fallait dire que ce n’était pas des talents qu’une école de magie permettait de montrer- et encore moins devenir un résistant fiché par la police. Oh, ils avaient fait quelques bêtises à l’époque, avec Juliana, rebelles qu’ils étaient, mais rien de nature à en faire de futurs criminels en fuite. A l’époque, Irina voyait plutôt Juliana devenir une joueuse de Quidditch, et Joel… dans un métier plus tranquille, pas spécialement remarquable. Les deux n’avaient jamais montré un goût prononcé pour les études, préférant se faire des amis et s’amuser. Sans dire qu’ils étaient populaires dans leur promotion, Juliana était connue pour sa position dans l’équipe de Quidditch, et Joel remarqué parce qu’il était… eh bien, il plaisait à beaucoup de ces demoiselles, dans les souvenirs d’Irina.

« N’empêche si mes vieilles amies de Poudlard voyaient ce que Joel Hudson, le beau garçon de Gryffondor est devenu… Ca jaserait. » lança t-elle, l’air de rien.
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Joel Hudson, résistant, 23 ans

Joel éclata de rire quand Irina le qualifia de moussaillon. C'était un surnom qui lui plaisait bien, après tout il s'était toujours plu dans les univers maritimes, et cela lui rappelait Bristol.

"Va pour un brownie et des crêpes", approuva-t-il en attrapant une boîte d'oeufs, qu'il posa sur le plan de travail. "Ça ira parfaitement à Julia, quant à moi je salive d'avance..."

Suivant les directives d'Irina, Joel lui sortit un saladier et tous les ustensiles dont elle pourrait avoir besoin. Ils commencèrent à cuisiner en échangeant des plaisanteries, pour le plus grand plaisir de Joel. Il pouvait passer des heures en cuisine à préparer, découper, peler, faire bouillir et frémir des petits plats qui mijotaient et embaumaient l'appartement, sans jamais se lasser. Quand il se sentait heureux, il le faisait en chanson, quand il se sentait triste ou préoccupé, cela lui vidait l'esprit et quand il se sentait pensif, il se livrait à de grandes réflexions existentielles en saupoudrant ses plats d'épices.

"Chez Irina...", répéta-t-il en croisant le regard malicieux de la jeune femme. "C'est joli, mais tu seras obligée de venir travailler chez nous, dans ce cas, pour que le restaurant porte bien son nom."

Il reporta son attention sur le chocolat qu'il était en train de faire fondre, en le fixant comme s'il espérait voir jaillir le nom de son futur restaurant dans l'eau du bain marie. Le jeune homme s'apprêtait à lui dire qu'ils devaient trouver un nom espagnol pour accompagner les origines méditerranéennes de la cuisine servie quand la remarque d'Irina le coupa droit dans son élan. Il stoppa son mouvement en plein air, la cuillère en bois restant figée au-dessus de la casserole, tandis qu'il sentait ses joues s'empourprer. Irina venait-elle de l'appeler le "beau garçon de Gryffondor ?" Voulait-elle dire par là que certaines de ses amies craquaient pour lui, ou bien qu'elle-même le trouvait très à son goût ?

Joel croisa brièvement le regard sombre d'Irina et se hâta de reporter son attention sur son chocolat fondu, subitement devenu passionnant. Il se considérait comme quelqu'un de plutôt mâture en général, mais les relations amoureuses ou même le simple flirt étaient une exception à la règle. Joel faisait généralement partie des éternels célibataires, et c'était déjà le cas à Poudlard - il fallait dire que la majorité des personnes de leur entourage le croyaient en couple avec Juliana, ou sur le point de l'être. La réalité, c'était surtout que Joel n'avait jamais vraiment su ce qu'il voulait sur ce plan là, et ce n'était pas sa petite aventure avec un homme qui l'avait aidé à y voir plus clair... D'autant plus que la vie de résistant en fuite ne laissait guère de place à la romance - à moins de s'appeler Juliana McNeil, bien sûr.

Joel se donna une claque mentale et se força à répondre. Ce n'était qu'un compliment, une petite taquinerie, pas de quoi se mettre dans tous ses états.

"Moi, le beau garçon de Gryffondor, vraiment ?"
, rit-il en écartant la remarque d'une plaisanterie. "Tu dois confondre, moi, j'étais le joueur de Bavboules alors... Mais j'apprécie le compliment, de la part de la belle Irina aux yeux sombres, c'est plutôt flatteur !"

Il lui adressa un petit clin d'oeil avant de sortir sa casserole du feu. La meilleure défense, c'était l'attaque, pas vrai ?

"C'est sûr que les gens ne devaient pas s'attendre à ce que le gentil serveur de Bristol devienne un terroriste", ajouta-t-il avec auto-dérision. "Par contre, moi, je ne suis pas du tout surpris de voir que tu es devenue médicomage. J'ai toujours su que tu étais brillante - en même temps, il n'y avait pas besoin d'être bon en divination pour le voir..."

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Irina Calder, médicomage, 23 ans

La réplique de Joel sur le nom du restaurant la fit rire. Elle cuisinière ? Ma foi, pourquoi pas, un jour où elle aurait envie de se reconvertir. Cela dit, ce n’était pas prêt d’arriver, elle aimait trop son travail. Elle rencontra son regard en répliquant sur le même ton :

« Serait-ce une proposition d’embauche ? »

Amusée par la perspective, elle reporta son attention sur les oeufs qu’elle était en train de battre, tout en humant avec délice l’odeur de chocolat fondu qui commençait à emplir la cuisine. Tout à son aise, elle se permit même de taquiner Joel, sans rater une miette de sa réaction. De toute évidence perturbé, il croisa son regard, elle lui rendit un sourire qu’il ne vit peut-être pas, tant il se retourna rapidement. Etait t-il gêné par ce compliment à peine voilé ? Le voilà qui le rendait encore plus mignon qu’il ne l’était déjà, décréta Irina en son for intérieur. Elle ne dit rien avant que Joel ne prenne la parole, toutefois, amusée par sa réaction modeste.

« Oh tu sais, il n’y avait pas que les joueurs de Quidditch pour attirer l’attention… balaya t-elle, en cherchant à accrocher son regard. J’apprécie le compliment aussi. »

Avec le clin d’oeil de Joel, Irina se sentit presque revenir dans sa peau d’adolescente admirative, mais elle se ressaisit bien vite. Elle avait passé l’âge de se mettre en pâmoison pour le beaux garçons ! Même si elle ne pouvait nier que Joel était aussi craquant qu’à l’époque, elle avait assez gagné en confiance en elle pour mener la barque lorsqu’il s’agissait de flirter… Elle n’était pas une Calder pour rien !

« Oh, flatteur, répondit t-elle avec un sourire malicieux. C’est vrai, j’étais studieuse, mais tu ne faisais pas partie de ceux qui me demandaient de l’aide pour leurs devoirs… Dommage, je n’aurais pas dit non. »

Evidemment, elle avait l’air de rien, en remuant tranquillement sa pâte à gâteaux dans le saladier. Elle ne s’attendait pas du tout à se retrouver à faire un gâteau avec Joel Hudson en venant ici, encore moins à flirter, mais c’était une situation qui l’amusait et lui plaisait plutôt bien. Ses yeux noirs se détachèrent de son saladier pour chercher ceux de Joel, tandis qu’elle ajoutait :

« Mais tu sais… Résistant en fuite courageux et blessé au combat, ça a son charme aussi » conclut t-elle, en lui renvoyant son clin d’oeil.
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Joel Hudson, résistant, 23 ans

Joel médita la réponse d'Irina qui laissait entendre qu'il avait plus de succès au temps de son adolescence que ce qu'il avait cru. Ah, s'il avait su ça plus tôt, sans doute aurait-il passé moins de temps célibataire et plus de temps à flirter avec ces dames ! Il fallait bien reconnaître que ce n'était pas sa préoccupation première, ni à l'époque, ni aujourd'hui.

D'ailleurs, le petit flirt innocent auquel se livrait Irina avec lui, s'il n'était pas désagréable, était loin de le mettre à l'aise. Quand elle affirma qu'elle "n'aurait pas dit non", Joel faillit en laisser tomber la casserole qu'il transportait hors du feu. Perturbé par l'insinuation, il laissa le récipient de côté et s'accola au meuble pour observer la jeune femme, concentrée sur sa pâte à gâteaux. Irina Calder était une belle femme, assurément, beauté ténébreuse au port gracile et au visage malicieux. Nombreux étaient les hommes qui auraient voulu s'attirer ses faveurs, mais Joel n'en faisait pas partie. Il aimait les hommes, n'est-ce pas ? En tout cas, il avait aimé un homme, et avait dès lors cessé d'observer la gent féminine...

Pourtant, il ne put nier que le compliment d'Irina lui fit plaisir. Il n'y avait pas de mal à accepter des compliments, cela ne voulait pas dire pour autant qu'il était intéressé, n'est-ce pas ? C'était simplement flatteur pour l'ego, décida Joel avant de se réfugier derrière un humour bravache.

"Oui, c'est vrai, je suis courageux", affirma-t-il en bombant le torse exagérément, tout en adoptant un ton de sang-pur. "Si tu m'avais vu affronter tous ces miliciens, baguette au poing !"

Le rire jovial du jeune homme ponctua ses propos pompeux et il secoua la tête en signe d'auto-dérision.

"Je suis quelqu'un d'assez discret, je n'ai jamais été très doué pour me mettre en avant, et encore moins pour remarquer quand j'attirais l'attention, on dirait. Heureux de voir que l'étiquette "terroriste" ne me rend pas complètement indésirable", plaisanta-t-il.

S'approchant de la jeune femme pour lui apporter le chocolat, Joel s'immobilisa à côté d'elle et examina discrètement son profil. Une mèche de cheveux noirs lui chatouillait le visage et il eut envie de la coincer derrière son oreille mais il ne se permit pas ce geste empreint de familiarité.

"Médicomage qui aide les résistants persécutés par le régime, ça a son charme aussi", affirma-t-il avec un sourire, tout en songeant qu'Irina n'avait jamais eu besoin de cela. Du charme, elle en avait naturellement, dans toutes les circonstances. Cela devait être génétique, puisque son putois de frangin parvenait à séduire une résistante tout en parrainant la mafia. Il y avait de la magie là-dessous, il fallait se méfier de cette famille ! Une petite alerte s'était allumée dans son cerveau, mais il trouvait la présence d'Irina trop plaisante pour y prêter attention. Joel s'était dédié entièrement à la cause depuis des mois et avait fait beaucoup de sacrifices, il avait bien le droit à un peu de détente lui aussi !

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Irina Calder, médicomage, 23 ans

Avec un éclat de rire à la réponse de Joel, Irina l’observa du coin d’oeil, tandis qu’elle l’écoutait lui parler de sa personnalité. Elle avait quelques souvenirs du jeune garçon qu’il était à Poudlard. Plutôt discret, effectivement, il n’était pas celui qui se faisait le plus remarquer dans sa bande d’amis. La jeune Juliana se mettait un peu plus en avant, en comparaison, puis elle était déjà connue comme batteuse des Gryffondor. Joel était plutôt ce garçon plaisant à regarder sur lequel les commentaires allaient bon train. Le groupe d’amis d’Irina à l’époque était composé de plusieurs filles qui se laissaient volontiers aller à commenter la moitié des garçons de Poudlard, et elle avait retenu certains noms de cette façon. Elle, pour sa part, n’était pas forcément la plus prompte à admirer les beaux garçons. Sans jusqu’à dire qu’elle était garçon manqué, elle n’assumait pas et ne mettait pas en avant sa féminité autant qu’elle pouvait le faire aujourd’hui. Seule fille d’une fratrie de trois garçons, elle avait appris à jouer comme eux, aimer les mêmes choses, et n’était pas forcément à l’aise dans sa peau à cette époque où son corps se formait. C’était venu, en grandissant, mais fut un temps où Irina aurait volontiers préféré être un garçon comme ses frères.

« Oui, c’est vrai, tu étais assez discret, mais on te remarquait quand même, répondit t-elle en souriant doucement, concentré à mesurer une dose de farine. Tu l’aurais peut-être plus remarqué si les filles qui craquaient sur toi avaient osé t’approcher mais comme tu étais souvent entouré de plein d’amis… Et puis, beaucoup se demandaient s’il ne se passait pas quelque chose entre toi et Juliana, d’ailleurs, vous étiez toujours fourrés ensemble. »

Elle laissa un temps de silence planer à cette information, curieuse de voir la réaction de Joel, sans préciser volontairement si elle avait fait partie des personnes qui avaient cherché à l’approcher à l’époque. Il pouvait très bien tirer ses conclusions tout seul, avec ce qu’elle laissait échapper… Son sourire toujours sur son visage, elle poursuivit :

« Je n’attirais pas forcément l’attention non plus, à part pour le Quidditch. J’étais juste « la poursuiveuse de Poufsouffle » mais sinon, je restais plutôt discrète aussi… Je suis sûre qu’on aurait pu bien s’entendre à l’époque ! »

Preuve en était le moment plutôt complice qu’ils partageaient aujourd’hui. Elle finissait de battre son propre mélange lorsque Joel se positionna à côté d’elle avec son saladier. Le nouveau compliment la fit sourire encore. Elle reposa sa spatule pour attraper le bol de chocolat et s’occuper de l’incorporer dans le mélange.

« Eh bien… » Elle releva la tête vers le cuisinier, puis souffla : « Je suis ravie de réussir à attirer ton attention » Son regard attrapa une tâche de chocolat qui s’était accroché à la barbe à peine affleurante sur la mâchoire de Joel. « Aha, tu t’en es éclaboussé un peu ! Monsieur le chef cuisinier très adroit. »

Son doigt vint récupérer le chocolat pour le porter ses lèvres, sans réfléchir, et ce fut le moment où elle échangea un… regard avec Joel. Vous savez. Ce fameux regard.
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Joel Hudson, résistant, 23 ans

La conversation commençait à mettre Joel mal à l'aise, entre l'ébauche de flirt et la question voilée d'Irina au sujet de Juliana. Il s'était contenté d'émettre un petit rire étranglé et de détourner le regard, peu désireux d'approfondir le sujet. Juliana et lui avaient été tellement de choses différentes, meilleurs amis, colocataires, collègues, camarades de lutte, qu'il était parfois difficile pour Joel de démêler ses sentiments à l'égard de la jeune femme. Avait-il déjà ressenti une attirance pour elle ? Peut-être, sans doute, il aurait fallut être difficile pour ne pas la trouver à son goût. L'aimait-il ? Certainement, à sa façon. Et ils étaient si proches, si complices, qu'il aurait été infiniment aisé de s'abandonner à cette attirance et de tenter quelque chose avec elle. C'était logique, c'était ce que tout le monde attendait d'eux... Mais ils avaient toujours senti, l'un comme l'autre, sans jamais se le dire, que cela n'aurait pas été tout à fait juste. Ils n'étaient pas un couple, ils étaient plutôt une drôle de famille, dans laquelle la romance n'avait pas sa place. C'était ainsi...

Mais Irina n'avait pas fini de plonger ce pauvre Joel dans l'embarras. Lui qui lui souriait gentiment sous son regard se figea momentanément en sentant les doigts de la jeune femme se mêler à sa barbe. Elle porta ses doigts à sa bouche avec un tel naturel qu'il s'empourpra aussitôt, et le regard qu'ils échangèrent alors n'arrangea pas les choses... Les yeux plongés dans ceux d'Irina, Joel semblait soudainement fasciné par une chose : l'envie d'embrasser ces jolies lèvres chocolatées.

L'instant dura quelques secondes puis la magie se rompit et ils détournèrent tous deux le regard, comme brûlé par le contact de l'autre. Hautement perturbé par l'échange, Joel posa tout ce qu'il tenait dans les mains sur le plan de travail et se détourna à l'autre bout de la cuisine. Il sortit sa baguette magique de la poche et prétexta le feu à allumer pour se donner quelques secondes de répit, le temps de faire le point. Il n'était absolument pas au programme de flirter avec qui que ce soit pendant sa cavale, encore moins une femme, et encore moins la soeur de Roy Calder. Il fallait s'ôter cette idée de la tête tout de suite, tout cela n'était qu'un moment d'égarement, causé par la solitude poussée à l'extrême qu'il avait enduré ces derniers mois.

"Oui, donc, hum...", marmonna-t-il en revenant auprès d'Irina. Conservant une distance de sécurité avec la médicomage qui exhalait un parfum envoûtant, Joel se pencha pour observer le contenu du saladier.

"Ca me paraît très bien, tout ça. On va pouvoir le mettre à cuir. Ça va être très bon."

L'inspecteur des travaux finis ponctua sa remarque d'un sourire crispé et, à court de banalités à dire, laissa le silence s'instaurer dans la cuisine. Heureusement, Merlin semblait avoir entendu ses prières, puisqu'il lui envoya une distraction sous la forme de Juliana, de retour de son expédition. Sous polynectar, elle avait l'apparence d'une dame de quarante ans à l'air sévère, mais Joel commençait à s'habituer et remarqua à peine que ce n'était pas sa colocataire qui rentrait dans la cuisine.

"Tiens, Irina, tu es là ! Qu'est-ce que vous faites de bon, un gâteau ? Super, j'pourrais manger un hippogriffe !", s'exclama Juliana en déboulant dans la cuisine, inconsciente de l'atmosphère étrange qui y régnait. "Alors, comment va le bras de Joel ? Dis-moi tout, c'est foutu, va falloir l'amputer ?"

Elle rit de bon coeur avant de donner une bourrade à Joel. Sous leurs yeux, la jeune femme changea de traits, de couleur de cheveux et de taille pour redevenir la Juliana qu'ils connaissaient.

"Enfin ! Elle avait de ces problèmes de dos, j'me suis traînée dans toute la ville !"
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Irina Calder, médicomage, 23 ans

N’osant rompre l’instant troublant, Irina ne prononça pas un mot, ne fit pas un geste. Cela dura à peine quelques secondes, et la façon dont ce moment éclata la fit presque douter qu’il avait vraiment existé. Seules les pulsations plus rapides de son coeur s’imposèrent comme des preuves. Irina resta ainsi un petit temps, hébétée, les yeux rivés sur son saladier plein de chocolat, avant de se remettre à le remuer machinalement, sans se concentrer sur ses gestes. Elle se sentait troublée par cet instant inattendu, mais surtout, elle se sentait bête. Elle avait bien perçu la gêne de Joel, elle-même se demandait si leur jeu gentillet ne venait pas de lui échapper. Cependant, plus que de la gêne, c’était un malaise qu’elle avait l’impression de sentir chez lui, et…  elle ne pouvait s’empêcher de s’en attrister un peu. Elle avait eu la sensation qu’il était réceptif à leur petit flirt jusque là. Et si elle s’était leurrée, et qu’il avait répondu simplement par politesse, pour ne pas avoir à la rembarrer avant qu’il n’y soit forcé ? Sa réaction le laissait croire en tout cas.

Irina s’efforça toutefois d’effacer toute trace de déception de son expression. Ce n’était pas grave après tout, ils ne se devaient rien, ils allaient en rester là, ce ne serait pas bien compliqué pour eux deux qui sympathisaient à peine d’oublier ce petit moment d’égarement et de passer à autre chose. En avait t-elle vraiment envie, de toute façon ? Si elle avait détourné le regard comme lui, c’est qu’elle n’était peut-être pas prête non plus… Se rassurant de ces pensées, Irina retrouva à peu près son naturel en répondant :

« Ca me parait bien aussi, la pâte est prête. »

Désireuse de ne pas gêner davantage Joel, elle s’éloigna vers le four pour verser la pâte dans un moule et le mettre à cuire, ce qui occupa à peu près le silence avant qu’il ne s’installe de façon trop pesante. L’arrivée de Juliana dans l’appartement procura également à Irina un certain soulagement, qui ne savait pas trop comment faire revivre la conversation sans paraître maladroite. Elle n’eut pas à y réfléchir, car Juliana et son entrain naturel se chargèrent de meubler le silence, et même, de lui arracher un rire.

« Désolée de te décevoir, mais son bras a bien cicatrisé ! Par contre, il est encore privé de duels magiques pour quelques jours, je compte sur toi pour veiller à ce qu’il n’aille pas casser du milicien tout de suite. »

La complainte de Juliana à propos de son apparence de fortune tira un bref sourire à la médicomage, qui se contenta de répondre :

« Après l’effort, le réconfort… On t’a fait un bon gâteau au chocolat, tu nous en diras des nouvelles. »

Irina resta encore quelques temps à échanger quelques paroles avec les deux résistants, évitant soigneusement de trop regarder Joel cette fois. Mais leur moment de rapprochement lui venait régulièrement en tête sans qu’elle ne puisse s’en empêcher, ce qui lui donna la sensation de devoir un peu forcer pour rester naturelle. Il était temps pour elle de s’éclipser, décida t-elle, sans attendre la fin de la cuisson du gâteau, mais promettant qu’elle reviendrait très vite. Elle ne comptait pas éviter Joel, qu’elle appréciait beaucoup, mais elle espérait qu’un peu de recul allait effacer la gêne qui venait de s’installer.


FIN DU RP
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De ce jeune padawan, tu prendras soin [Joel & Irina]

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