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 Nasreen's Heavenly Delights [Nasreen & Sofya]

Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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1er septembre 2009, Manchester
Quartier magique, appartement de Nasreen


Les rues de Manchester avaient toujours été propices à l'inspiration de Sofya. Si le quartier magique, astucieusement dissimulé aux regards ignorants des moldus, avait gardé son charme d'antan, le reste de la ville avait prospéré et évolué au fil du temps. Un seul regard aux nombreux bâtiments de brique rouge et l'on savait que l'on se trouvait bien en Angleterre... Si le temps grisâtre ne s'était pas chargé de le prouver. Sofya avait appris à aimer cette ambiance des villes anglaises, dont le charme doux était si éloigné de celui de sa terre natale. Manchester était restée marquée dans sa mémoire, comme l'une des nombreuses villes dans lesquelles elle avait joué un rôle ou un autre dans sa jeunesse. Ainsi, un léger frisson de nostalgie la parcourut à la vue de la cathédrale de Manchester, qui lui avait toujours évoqué Poudlard et ses tours.

Curieusement, cet édifice destiné à l'exercice du culte des moldus avait été choisi comme passage vers l'autre monde. Sofya dut faire appel à ses vieux souvenirs pour retrouver la bonne pierre et y étendre la paume de sa main. Un instant plus tard, elle disparaissait et réapparaissait dans un petit parc, au centre duquel une statue représentant Merlin souhaitait la bienvenue aux voyageurs. Sofya se balada dans le parc en prenant son temps, observant les familles venues profiter de l'herbe grasse en laissant son imagination s'emballer. Une idée de personnage pour sa pièce la titillait depuis quelques jours et c'était tout ce à quoi son esprit semblait vouloir s'employer, en dépit de la soirée prometteuse qui l'attendait. Et si son personnage venait de Manchester ? Ancien berceau de l'industrie textile, Manchester conservait une trace de cette activité dans son architecture mais aussi dans son usine magique qui continuait de fournir le reste du pays en draps et tissus divers. Peut-être qu'elle pourrait créer un habitant de Manchester, travailleur à l'usine - cela changerait des nimbusiens, nouveaux personnages à la mode dans les pièces anglaises...

Heureusement qu'elle avait pris de l'avance, car Sofya se perdit un moment dans les nombreuses ruelles du quartier sorcier avant de trouver la bonne adresse. Elle ne put s'empêcher de faire un tour au théâtre sorcier au passage, en souvenir de son temps sur les planches, et de sourire en songeant au chemin parcouru. Parfois, sa folle jeunesse lui manquait, mais elle avait vécu beaucoup de choses depuis, des moments difficiles, des épreuves et des découvertes qui l'avaient façonné et endurcie. Sofya aimait la femme qu'elle était devenue, ce qui n'avait pas toujours été le cas. C'était un sentiment précieux que celui-là, car il lui permettait de prendre des risques, tout en sachant qu'elle ne se perdrait jamais vraiment...

Ainsi, elle n'avait pas d'appréhension particulière en appuyant sur la sonnette de chez Nasreen, ce soir là. Certes, c'était la première fois qu'elle venait chez cette jeune femme qui lui plaisait terriblement, et qu'elle apprenait à découvrir depuis plusieurs semaines désormais. Certes, elle avait tout à espérer de cette soirée, mais surtout tout à craindre d'une relation avec une auror. Beaucoup de silences planaient encore entre elles et, si elles avaient commencé à se découvrir, et à s'apprécier, cela restait encore superficiel, mais... Sofya savait aujourd'hui qu'il fallait savoir forcer sa chance. Tant pis, si sur le papier, Nasreen et elle n'avaient presque aucune chance de marcher : la vie n'était pas une pièce de théâtre, elle suivait rarement le script...

Une délicieuse odeur emplit les narines de la comédienne lorsque la porte s'ouvrit sur son hôtesse. Pourtant, ce fut bien la vue de Nasreen qui lui tira un sourire réjoui. Comme toujours, elle resplendissait la joie de vivre, et l'on ne pouvait que vouloir sa compagnie. Fidèle à elle-même, Sofya avait prit grand soin de sa tenue : jolie robe estivale, maquillage qui alanguissait son regard, petits talons et parfum envoûtant... Mais tout cela n'était qu'artifices, et elle se sentait bien gauche face à la beauté naturelle et enivrante de Nasreen.

Après un court instant de silence, elle cessa sa contemplation et tendit une bouteille de Vin des Elfes - volée dans les réserves des Folies au nez et à la barbe de Roy - pour se donner une contenance.

"Bonsoir, comment vas-tu ? Elle est jolie, ta rue !"




Margarita Levieva, kit par Vingounet
Nasreen JoharMilicienneavatar
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Un oeil attentif sur le riz qui était en train de cuire, Nasreen déboucha plusieurs pots remplis d’épices pour assaisonner la casserole de sauce qui commençait à bouillir. Elle n’était pas aussi experte en cuisine que son frère Salman, mais elle se débrouillait plutôt bien, même si elle n’avait pas toujours le temps de se faire des plats dignes de ce nom, avec son travail qui lui prenait beaucoup d’énergie. Ce soir, cependant, elle avait décidé de faire tous les efforts du monde pour une belle comédienne qu’elle voyait de plus en plus souvent… Lors de leur dernière soirée, à un bar fort sympathique de Londres, elle avait discuté avec Sofya de multiples choses, et notamment de cuisine, puisqu’on ne refaisait pas une gourmande. De fil en aiguille était venu l’idée de cette invitation, car Nasreen avait laissé échapper que sa mère avait enseigné à chacun de ses enfants le subtil art de la cuisine indienne… Il n’en avait pas fallu plus pour éveiller la curiosité de Sofya, et c’était tout naturellement que la milicienne lui avait proposé de se retrouver chez elle pour dîner, la prochaine fois qu’elles se verraient.

Il n’y avait pas que l’innocence d’un moment de partage culinaire qui annonçait cette soirée, sinon, Nasreen n’aurait sûrement pas passé autant de temps à se préparer devant son miroir. Elle s’était assurée d’inviter Sofya sur un jour de congé, afin d’avoir tout le temps de s’apprêter, et réussir cette soirée qui lui semblait primordiale. Il y avait un rien de stress dans sa façon de surveiller le dîner, d’ailleurs. En bonne perfectionniste, Nasreen ne voulait pas décevoir la jolie comédienne qui faisait l’objet de la plupart de ses rêvasseries, ces derniers temps. Comment en aurait t-il pu être autrement ! Elle lui avait très vite tapé dans l’oeil, et leurs multiples rencontres depuis n’avaient que conforté Nasreen dans l’idée qu’elle avait affaire à une femme à la personnalité formidable et diablement attirante. Et pourtant, elles étaient sensiblement très différentes, toutes les deux, mais c’était précisément ce qui fascinait la milicienne, car Sofya avait des qualités et une force de caractère qu’elle aurait aimé avoir elle-même…

Plongée dans ses pensées, elle sursauta presque en entendant des coups à sa porte. Elle lissa la robe fleurie qu’elle avait choisie pour l’occasion, replaça ses cheveux d’un geste hâtif, avant de se précipiter vers la porte -en donnant l’impression qu’elle ne s’était nullement précipitée, au moment de l’ouvrir, bien sûr. Le même sourire réjoui que celui de Sofya s’étira sur sa figure, elle se sentit brièvement excitée comme une adolescente face à son crush du moment, avant de se ressaisir : il était peut-être temps de saisir cette bouteille et l’inviter à entrer ?

« Très bien, et toi ? Tu n’as pas eu de difficulté à trouver l’appartement ? s’enquit t-elle, avant que Sofya ne complimente l’endroit. Oh c’est gentil, ça n’a pas autant de charme que le vieux Bristol, mais c’est vrai que c’est plutôt sympa comme coin. Enfin, tu connais déjà un peu la ville, ça a dû te rappeler des souvenirs… Merci pour la bouteille, entre, je t’en prie ! »

Son sourire s’agrandissant, elle la laissa pénétrer dans l’entrée. Elle s’éclipsa juste le temps de mettre la bouteille au frais, et revint vers Sofya qu’elle avait laissée à l’entrée du salon. L’endroit n’était pas aussi foisonnant d’objets et de plantes que pouvait l’être celui de la comédienne, mais il transcrivait toutefois assez bien la personnalité de Nasreen. La pièce était plutôt rangée et toujours lumineuse, grâce à sa grande baie vitrée au fond, et aux plusieurs petites lampes disséminées, aux abats-jour fantaisistes et colorés qu’elle aimait collectionner. Il faisait encore jour dehors, mais bientôt, ces lumières jaunes et orangées allaient assurer l’ambiance chaleureuse que Nasreen aimait retrouver en rentrant de son travail, le soir. Un sofa généreux, plusieurs petits poufs et quelques peintures accrochées aux murs constituaient les autres touches colorées dans ce salon aux tons bruns plutôt discrets. Les cadres photo posés sur ses meubles montraient sa famille pour la plupart, celle qui se détachait du lot était une photo annuelle du service du BDA, qu’elle avait récupéré avant de muter vers la Milice, afin de conserver un souvenir de tous ces collègues qu’elle avait beaucoup appréciés. C’était de loin la pièce que Nasreen préférait, dans son appartement, et cela se sentait dans la douceur et l’affection avec laquelle elle l’avait décoré.

Invitant Sofya à prendre place où elle le souhaitait, Nasreen la débarrassa de son sac puis revint vers elle pour lui proposer, avec un sourire :

« Tu veux boire quelque chose ? J’ai de l’eau, du jus de citrouille, des gobières au frais… Le dîner n'est pas encore prêt, on peut se faire un petit apéro si ça te dit. »


Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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"Ton appart' est bien caché !", répondit Sofya joyeusement, quand Nasreen lui demanda si elle avait trouvé son chemin sans difficultés. "Mais ça a été, j'ai même réussi à trouver le théâtre. Ça m'a rappelé des souvenirs..."

Son hôte prit la bouteille qu'elle lui avait apporté avant de s'effacer pour la laisser entrer, ce qu'elle fit avec un certain empressement, curieuse de découvrir son appartement. Le chez-soi d'une personne en disait souvent long sur sa personnalité, et celui de Nasreen ne semblait pas faire exception. Lumineux, calme et confortable, le salon aux teintes chaudes invitait à de longues pauses à lire ou faire la conversation près de la baie vitrée, aussi Sofya ne fut-elle pas mécontente que Nasreen lui propose un apéro. Elle avait envie de s'enfoncer dans ce sofa, un verre bien frais à la main, à se perdre dans les pupilles noires de Nasreen...

"Avec plaisir, je boirais bien une gobière", répondit-elle en songeant qu'elle boirait bien un Bristol Libre, mais que cela ne ferait pas très sérieux de demander. Elle était avec un officier des forces de l'ordre, n'est-ce pas ? En attendant, c'était elle qui avait envie de mener sa petite enquête. Loin de s'asseoir comme Nasreen l'y avait invité, Sofya préféra faire le tour de la pièce pendant qu'elle partait chercher leurs boissons, pour en examiner le moindre recoin en quête de précieuses petites informations sur la jeune femme. Les cadres photo attirèrent particulièrement son attention, lui tirant un sourire attendri face aux images de Nasreen plus jeune. Elle était en train d'examiner les membres de sa famille lorsque la jeune femme revint dans la pièce avec les boissons.

"J'aime beaucoup ton salon", affirma-t-elle en se détournant des photographies pour observer Nasreen. "Très agréable, et tu l'as décoré avec beaucoup de goût. Il a le même charme que sa propriétaire."

Elle ponctua sa remarque d'un sourire charmeur, avant de venir s'installer dans l'un des sofa avec un soupir de satisfaction. Confortablement installée, elle but une longue gorgée de gobière et savoura l'instant. Une soirée agréable en charmante compagnie, dans un cadre un peu plus intimiste que celui qui les réunissait jusqu'alors... Voilà qui l'emplissait de joie et d'excitation en songeant à l'incertitude de la soirée qui allait suivre. Une odeur épicée et prometteuse lui parvenait de la cuisine et venait faire frémir ses narines.

"Ça sent tellement bon, qu'est-ce que tu nous prépares de beau ?", s'enquit-elle avec gourmandise.



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Nasreen JoharMilicienneavatar
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Retournant dans sa cuisine pour prendre deux gobières fraîches, Nasreen en profita pour vérifier la cuisson de sa sauce. Elle plongea une cuillère pour goûter, et ne put s’empêcher de sautiller un peu en constatant qu’elle était quasi-parfaite. C’était sans doute stupide de placer autant d’enjeu dans la réussite de ce dîner, culinairement parlant, mais pour une raison ou une autre -elle avait bien une idée sur quel genre de raison- , cela comptait pour Nasreen de parvenir à impressionner Sofya. Elles sentaient bien toutes les deux que cette soirée était un peu différente de celles qu’elles avaient pu partager à plusieurs reprises, dans des bars, des musées, et autres lieux sympathiques qu’elles appréciaient respectivement. C’était leur première invitation dans l’appartement de l’une, ce qui mettait une certaine pression à la milicienne. Une pression qui n’était pas désagréable, une légère appréhension, mais surtout, une bonne quantité d’adrénaline…

Elle revint dans son salon avec les boissons, nota que Sofya était en pleine observation des lieux, et ne put s’empêcher de s’inquiéter de ce qu’elle pensait. Elle avait tâché plus tôt de bien mettre en ordre les choses, de lancer un ou deux sortilèges de nettoyage, elle avait même bougé quelques objets de leur place habituelle, à se demander s’ils ne seraient pas mieux par ici ou par là, avant d’abandonner et de se dire que son salon était déjà très bien ainsi. Mais c’était plus fort qu’elle ! Elle ne pouvait s’empêcher d’imaginer l’appartement de la comédienne comme un lieu bourré de personnalité, de souvenirs, d’objets qui attiraient l’oeil, à l’image de sa propriétaire. Et elle, en comparaison ? Passer son temps ici lui donnait l’impression que son salon était plutôt banal, qu’il n’y avait rien de follement intéressant à regarder. Et pourtant, elle appréciait beaucoup cette pièce de son appartement en temps normal, mais soudainement, pour Sofya, Nasreen s’imaginait qu’il n’était plus assez bien, plus assez original… Par conséquent, elle eut presque l’air surprise du compliment de la comédienne, qui semblait sincère.

« Oh ! Avant de rosir légèrement. C’est gentil… Y a pas grand-chose, juste quelques photos et des lampes, c’est assez simple, balaya t-elle modestement. Mais j’aime bien me poser ici le soir, en rentrant. Le canapé, un plaid, et c’est parfait ! »

Ou une Sofya, c’était très bien aussi, songea t-elle, derrière son sourire, sans pouvoir s’empêcher d’être toute contente et rassurée du compliment. Son salon avait du charme. Mieux encore : elle avait du charme ! Elle tendit sa gobière à Sofya et but assez rapidement une gorgée de la sienne, histoire de se rafraîchir les idées. Nasreen n’était pas une personne gauche, en temps normal, au contraire, elle avait plutôt cette assurance simple, et ce calme à toute épreuve qui lui valait le surnom de force tranquille, chez ses collègues. Mais quand il était question de flirt… Eh bien, elle perdait beaucoup plus facilement ses moyens.

La question de Sofya la tira de ses pensées désordonnées, et elle bondit sur l’occasion de parler de ce qui l’avait occupée en ce début de soirée :

« Une spécialité indienne, comme promis ! C’est ce qu’on appelle du poulet korma, c’est un plat de riz, en sauce. Plutôt simple comme recette, mais délicieux. C’est une sauce crémeuse parfumée au lait de coco qui accompagne le poulet, avec des épices, quelques amandes, et une pincée de cannelle… J’espère que tu aimes le mélange sucré-salé, s’enquit t-elle avec entrain. Je t’ai vendu du rêve la dernière fois en te parlant de notre cuisine, donc… J’ai sorti mes vieilles recettes, je voulais qu’il soit parfait ! J’espère que ça te plaira. »

Attrapant timidement le regard de Sofya, elle eut un sourire. Elle avait envie que tout plaise à la belle jeune femme, ce soir.


Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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La modestie de Nasreen ne faisait que la rendre plus attrayante aux yeux de Sofya, sans doute parce qu'elle même avait déjà plus que son compte d'ego. Grande diva, Sofya avait compris depuis l'échec de son mariage qu'elle était paradoxalement capable de se mettre plus bas que terre pour plaire à l'élu de son coeur. Il lui fallait donc quelqu'un d'équilibré et de plus réservé, qui saurait la respecter et la mettre au défi à l'occasion, sans pour autant profiter de ses faiblesses comme son ex mari avait su le faire. Sentimentale, Sofya était alors capable de passer d'un extrême à l'autre et de tout accepter pour garder la personne qu'elle aimait près d'elle, quitte à s'oublier. Elle s'était donc promis par la suite de ne plus jamais s'exposer à cela. Des histoires d'amour, pourquoi pas, mais elle se sentait désormais attirée par la personnalité lumineuse et positive d'une Nasreen. Elle recherchait quelqu'un qui la respecterait et embellirait sa vie, en la mettant sur le droit chemin. Si c'était quelqu'un avec de l'ego et une vie dissolue qu'elle recherchait, une personne à son image, alors elle aurait tenté de mettre le grappin sur un Roy ou un Toni depuis bien longtemps !

Elle s'imaginait aisément s'éterniser dans ce salon agréable avec la compagnie tranquille de la milicienne. Un sourire naquit inconsciemment sur son visage à cette pensée, avant que l'annonce du repas ne la ramène vers des considérations plus pragmatiques : l'appel de l'estomac.

Sofya avait hâte de goûter la fameuse spécialité de Nasreen, même si l'attente rendrait certainement le plat d'autant plus savoureux. Quand son interlocutrice affirma qu'elle voulait que le plat soit parfait, avec un sourire timide tout bonnement adorable, Sofya sentit son propre sourire s'accentuer. Quelque chose lui soufflait qu'il était temps de se montrer un peu plus entreprenante. Ce soir serait le bon, elles le sentaient tous les deux. Sofya s'avança sur son sofa et se pencha légèrement vers Nasreen pour répondre, son regard alangui plongé dans le sien :

"J'ai envie que tout soit parfait ce soir, moi aussi..."

Sofya laissa planer un silence, le temps de se perdre un peu dans les pupilles sombres de Nasreen, puis but une longue gorgée de gobière fraîche pour se remettre les idées en place. Il n'était pas l'heure de passer au dessert, se réprimanda-t-elle alors que son esprit s'égarait.

"Je suis sure que ce sera délicieux", reprit-elle joyeusement. "J'aime beaucoup le sucré-salé, oui ! En fait, tu ne prenais pas trop de risque, je suis assez gourmande et j'aime découvrir de nouveaux mets. C'est plutôt rare de me voir faire la fine bouche. Mais j'apprécie plus particulièrement les plats aux épices, alors ça ne pourra que me plaire... Surtout s'il est préparé avec amour !"

Son sourire se fit plus malicieux, puis elle songea aux petits canapés qu'elle aurait pu déguster ce soir, coupe de champomagique à l'appui. Pas de regret, elle préférait largement goûter les spécialités de Nasreen.

"Je ne m'attendais pas à ce que tu m'invites à cette date, je te pensais à la soirée d'inauguration de Leopoldgrad. J'y étais moi-même conviée vu que j'étais associée au projet mais... J'aurai bien le temps de visiter la ville plus tard, sans les ronds-de-jambe avec tout le gratin."

En plus de cela, elle évitait Abel Laveau depuis qu'elle avait flairé, telle l'espionne aguerrie, qu'il se tramait quelque chose de louche entre l'archimage et son amie, Isobel. Ce qui s'était passé entre eux n'était pas voué à se reproduire et elle trouvait le sorcier sympathique, donc elle aurait sans doute gardé d'avantage contact en d'autres circonstances, mais elle ne voulait pas gêner son amie. Des choses irrésolues flottaient entre ces deux-là, qui ne la regardaient pas.

"Et puis pour être honnête, tu as beaucoup plus de charme que Leopold Marchebank", ajouta-t-elle d'un ton innocent.



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Nasreen JoharMilicienneavatar
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Le commentaire que fit Sofya résonna si bien avec les propres pensées de Nasreen qu’elle se laissa piéger dans son regard suave, déjà séduite par ses tournures de phrases et ses sourires. Lorsque cet échange de regard fut rompu, Nasreen baissa momentanément le sien, comme pour reprendre ses esprits. Voilà bien longtemps qu’elle n’avait pas eu un tel coup de coeur, et la dernière fois, elle s’était promis de ne plus jamais s’y laisser reprendre… Décidément, il y avait des résolutions qui étaient bien difficiles à tenir. L’issue de cette soirée l’effrayait presque autant qu’elle ne l’excitait, en vérité, mais Nasreen s’efforçait de ne pas trop y penser pour le moment, et de se consacrer à l’instant présent qui était plus qu’agréable.

« Tant mieux alors, il a bien été préparé avec amour. »

Sa réponse se glissa dans la conversation sans trop se faire remarquer, elle n’avait pas osé le dire avec l’assurance et l’envoûtement d’une Sofya. Elles n’étaient pas si frontales lors de leurs précédents rendez-vous, et encore, ce n’était que le début d’un échange de phrases entendues, pressentait la milicienne, avec plaisir. Il y avait un certain délice à tourner autour du pot, que Nasreen prenait toujours le temps d’apprécier. Sofya avait suffisamment d’audace et de répondant pour que ce soit une partie particulièrement plaisante…

Croisant les jambes, le dos appuyé contre son fauteuil pour se mettre plus à l’aise, Nasreen but une gorgée de sa gobière avant de répondre à son invitée :

« J’avais déjà posé mes jours de congé, avant l’annonce de la date d’inauguration. Mais bon, ça m’arrange, pour être honnête, confia t-elle, en haussant les épaules. Je suis sûre que cette ville est extraordinaire à voir, mais ce n’est pas au cours d’une soirée d’inauguration que j’aurais pu en profiter. Jouer les vigiles n’est pas ce que je préfère faire dans mon travail… » avoua t-elle sur un ton léger, avant de proposer : « Si tu veux, on pourrait y faire un tour ensemble, à l’occasion ! Comme de vraies touristes, comme ça, personne ne viendra nous embêter. Ni rond-de-jambe pour toi, ni garde-à-vous pour moi. On pourrait visiter et faire quelque chose de sympa. J’ai cru comprendre que les couturiers se bousculaient pour s’installer là-bas, je suis sûre qu’on trouvera de quoi faire du shopping des yeux, à défaut de pouvoir se payer des robes Georgio Armagie. »

Nasreen aimait bien faire du lèche-vitrine, c’était une activité qu’elle aimait partager avec des amies, ou sa soeur Ravina qui était une véritable conquérante de magasins. Mais quand il y avait Ravina dans la partie, il fallait accepter l’idée de courir partout pendant des heures, essayer mille tenues et écouter ses complaintes : tâche à laquelle la patiente Nasreen se débrouillait plutôt bien. Il fallait prendre le bon côté des choses : c’était toujours instructif de faire son shopping avec quelqu’un qui s’y connaissait bien, Nasreen devait la moitié de sa garde-robe aux conseils avisés de sa soeur.

Ce qu’ajouta Sofya à propos de Marchebank la tira de ses pensées. Ce fut un compliment qui la gêna presque, tant elle admirait leur ministre, qui avait à ses yeux toutes les qualités d’un grand homme.

« Oh ! Que dis-tu, il a plus de charisme que moi, il s’est hissé au rang de ministre. Moi je ne suis qu’une lieutenante parmi d’autres… Je n’ai pas la prestance d’une Danielle Coleman non plus ! Encore moins d’une Sofya Belinski… »

Ce fut sur un ton malicieux plus que séducteur que Nasreen lança cette dernière phrase. C’était le ton où elle se sentait le plus à l’aise pour faire passer ses compliments. Elle ajouta, comme pour prendre les devants à toute dénégation, accrochant le regard de Sofya :

« Ne sois pas modeste ! Moi, je n’ai pas l’audace nécessaire pour porter la sublime robe scintillante que tu avais à l’anniversaire de Mildred Magpie. »


Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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Le regard et l'esprit de la comédienne se perdirent quelque peu du côté des longues jambes croisées de Nasreen, pendant que cette dernière lui parlait. Son attention revint néanmoins sur la conversation quand elle lui proposa d'aller visiter Leopoldgrad avec elle. Voilà une proposition alléchante, et qui ne faisait que la conforter dans l'idée qu'elle avait toutes ses chances avec la jolie milicienne...

"C'est une excellente idée, je serais ravie de t'y accompagner. Ça sera beaucoup plus agréable de la visiter avec toi", répondit-elle avec un sourire en coin. Elle imaginait maintenant Nasreen dans une cabine d'essayage, toute de Georgio Armagie revêtue. Elle songea qu'elle avait parfaitement les moyens de s'offrir une telle robe, mais autant ne pas attirer l'attention d'une milicienne sur le contenu de son compte en banque. Cela risquait de soulever des suspicions.

"J'ai envie d'aller voir le nouveau musée, aussi, il paraît que c'est un chef d'oeuvre d'archimagie."

Sofya retint une remarque cynique quand Nasreen vanta le charisme de Marchebank. Allons bon, était-ce vraiment son charisme qui l'avait porté au pouvoir, ou plutôt des intrigues ? Le charisme, cela se construisait, en bâtissant une légende à l'aide d'article de presse héroïques, en proclamant des discours marquants, engageants et percutants. Le charisme de Marchebank, c'était à des gens comme Mildred ou Isobel qu'il le devait. S'il avait conquis le pouvoir, c'était avant tout grâce à sa capacité à maîtriser l'art de la politique, en sachant se trouver au bon moment, au bon endroit, en ayant le bon programme. En offrant au peuple, sur un plateau d'argent et bâti de toutes pièces, ce qu'il avait désespérément besoin de trouver : un sauveur...

Mais si Sofya n'était pas conquise par le ministre anglais, elle pouvait voir qu'il en était autrement de Nasreen, profondément loyale au gouvernement qu'elle servait. Alors elle ne dit rien, se contentant de secouer la tête tandis que Nasreen se dénigrait. Elle sourit gracieusement pour accepter le compliment, accrochant le regard de la belle :

"Je savais que cette robe avait fait son petit effet... Mais tu sais, je suis persuadée qu'elle t'irait à ravir", ajouta-t-elle en imaginant la scène, un sourire rêveur aux lèvres.

Reportant son attention sur Nasreen, elle l'observa un instant en méditant ses paroles. La modestie de Nasreen faisait partie des raisons pour laquelle elle lui plaisait, mais il lui semblait aussi qu'elle n'avait pas tout à fait conscience de ses atouts.

"Je crois que ne te rends pas compte du charme que tu dégages, bien plus subtil que mes méthodes artificielles de beauté, bien plus envoûtant que la beauté froide d'une Danielle Coleman... Avec tes yeux sombres en amande..."

Tout en parlant, elle s'avança doucement vers Nasreen pour effleurer son visage de sa main, comme une caresse :

"Tes cheveux brillants, ton sourire à croquer... Tu ferais fondre un iceberg..."

Ses doigts se perdirent dans une mèche sombre et, enivrée par le parfum de la belle, elle lui glissa au creux de l'oreille :

"Ou une russe..."

Le coeur battant un peu trop vite, sous l'effet de sa propre audace, Sofya s'écarta légèrement pour plonger un regard interrogateur dans celui de Nasreen - pas assez loin pour battre en retraite, ni trop près pour la brusquer...



Margarita Levieva, kit par Vingounet
Nasreen JoharMilicienneavatar
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« C’est parfait, on s’organisera ça dès que possible alors ! » lança la milicienne, enthousiaste à l’idée de cette sortie.

Elle se voyait déjà faire du lèche-vitrine et arpenter les rues de la fantastique ville du futur, en compagnie de la non moins fantastique comédienne à succès… On pouvait planter Sofya dans n’importe quel décor, Nasreen était certaine qu’elle pouvait tout s’approprier, avec son aisance et son charisme. Elle était volontiers rêveuse lorsque cela concernait la jolie blonde, encore plus lorsqu’elle l’avait sous les yeux, toute apprêtée, dans sa belle robe légère et ses yeux fardés de noir. Une moitié de Nasreen n’était pas dans la conversation, mais plutôt dans un autre monde où Sofya essayait des tenues plus seyantes les unes que les autres, de plus en plus osées dans l’imagination florissante de la jeune femme…

Mais il lui fallait garder les pieds sur terre, s’intima t-elle, sans se rendre compte tout de suite que son invitée avait le même genre de pensées. Elle croisa le regard sombre de Sofya, qui s’était légèrement rapprochée, et ne put retenir un tressaillement au moment où elle la toucha. Soudainement, elle sentit son coeur tambouriner en elle, pas préparée à cette approche franche, loin d’être déplaisante. Il était devenu difficile de nier l’attirance qu’elle pouvait ressentir à l’égard de la jolie blonde, et pourtant, elle pouvait se révéler forte à ce jeu-là. Elle en avait repoussé des femmes, de cette façon, à ses premières histoires de coeur, qu’elle n’assumait pas vraiment… Nasreen aurait aimé dire qu’elle avait réussi à en vivre une au grand jour, à un moment de sa vie, mais ce n’était pas le cas. Il y avait toujours eu une part de secret plus ou moins importante qu’elle prenait soin de préserver, à chaque fois. La seule personne réellement proche d’elle qui était au courant était son frère Salman. Elle avait toujours veillé à ce que son cercle de confidents reste le plus restreint possible, de façon à pouvoir contrôler une information dont elle voulait rester maîtresse. Mais, la trentaine passée, Nasreen ne s’était toujours pas sentie prête à se révéler, et même, elle avait plutôt fait le choix ces derniers années d’enfouir toutes ces histoires d’amour qui décidément, ne terminaient jamais bien, qu’elle ne savait pas gérer et qui la laissaient plus malheureuse qu’autre chose, au final… Sa belle invitée avait tort : c’était plutôt Nasreen l’iceberg, et c’était Sofya qui la faisait fondre, alors qu’elle s’était promis de ne plus s’y laisser reprendre.  

Troublée par cet afflux soudain d’émotions et de souvenirs entremêlés, Nasreen fut incapable de faire autre chose que de rougir, le regard vacillant dans celui de Sofya qui semblait attendre une réaction de sa part. Lorsqu’elle s’en rendit compte, elle se pressa de dire quelque chose, si bien que ce fut parfaitement ridicule :

« Je… Je suis flattée. »

Elle regretta presque instantanément d’avoir parlé, mais pourtant, elle continua dans sa lancée, se reculant légèrement :

« Je reviens dans quelques minutes, le repas doit être cuit. Hum… Mets-toi à l’aise, tu peux faire un tour du salon, ou mettre de la musique… Comme tu veux. »

Avec un sourire sensé rassurer autant elle-même que Sofya, si ce n’était plus, elle s’esquiva vers la cuisine et dut se retenir de se frapper la tête contre un placard, une fois à l’intérieur. Flattée ? Elle était plus que flattée ! Ah mais elle était stupide ! Elle était à portée de main, il n’y avait pas plus évident comme signal que celui que Sofya venait de lui envoyer. Et elle, qu’avait t-elle envoyé comme message ? Sans doute pas le bon, sans doute pas celui qui était le plus sincère, sinon elle aurait prolongé leur contact pour se rapprocher à son tour… La voilà qui retombait dans des travers vieux de dix ans, comme si cette longue pause dans ses histoires de coeur l’avait fait faire de nombreux pas en arrière. S’efforçant de calmer ses émotions, Nasreen chercha à se rassurer en se disant que la soirée était loin d’être finie et qu’elle aurait bien le temps de se rattraper. Elle n’était pas encore assez détendue. Elle était nerveuse de cette première invitation chez elle, nerveuse de ce repas qu’elle n’avait pas encore servi, nerveuse de ne pas réussir à alimenter la conversation, nerveuse de ne pas paraître assez bien… Tout à l’heure, elle irait mieux. Si tout se déroulait bien d’ici là.

Noyant ses pensées dans la préparation du plat, elle se sentit moins tendue en constatant que son dîner paraissait réussi, vu la bonne odeur qui se dégageait des casseroles. Elle remplit les assiettes, les accompagna d’un pain de chez elle, sortit du frais la bouteille que Sofya avait ramené. Une petite dizaine de minutes plus tard, elle était de retour dans le salon, un sourire plus tranquille sur le visage, tandis qu’elle retrouvait son invitée.

« Tu veux bien prendre la bouteille et les verres sur le plan de travail ? On va passer à table. »

Elle disposa les deux assiettes fumante sur la jolie table qu’elle avait dressée, dans le coin du salon qui servait de salle à manger. Lorsque Sofya fut revenue, elle l’invita à s’asseoir avant de prendre place à son tour.

« Poulet korma fait maison, pour madame, déclara t-elle d’un ton cérémonieux. C’est un plat pas trop fort en épices, je ne savais pas trop si la nourriture russe est du genre relevé ou pas, donc je suis restée prudente. »

Nasreen et la prudence étaient de bonnes amies, après tout. Une fois qu’elle eût servi le vin des Elfes, elle souleva son verre vers Sofya.

« On trinque à ce repas ? » proposa t-elle avec un sourire. Leurs verres s’entrechoquèrent avec bonne humeur. Nasreen ne pouvait s’empêcher de tenter de prendre la température de l’instant, et observer les réactions de Sofya. N’avait t-elle pas rendu l’ambiance trop étrange avec sa réaction ? Elle se sentit obligée de faire un commentaire à ce sujet, lorsqu’elle reposa son verre : « Excuse-moi, j’ai du te paraître gauche tout à l’heure. J’ai l’air bavarde comme ça, mais en fait je suis timide. J’ai perdu l’habitude des compliments, ça doit être à force de traîner avec des policiers patibulaires » avoua t-elle, sur le ton de l’humour.


Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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La réaction de Nasreen lui fit l'effet d'une douche froide. Flattée... Mais pas intéressée, tel était bien le sens de sa réponse et surtout, de son départ précipité vers la cuisine. Sofya resta figée dans sa position le temps que la belle ne s'échappe, un peu bête, puis finit par se laisser tomber dans son fauteuil en secouant la tête. Merlin, ce qu'elle se sentait idiote et mortifiée, elle avait complètement mal analysé la situation ! Elle avait foncé tête baissée dans une histoire qu'elle croyait entrevoir, prenant des signes d'amitié pour ce qu'ils n'étaient pas, voyant uniquement ce qu'elle avait envie de voir... Qu'elle se sentait ridicule avec sa tentative de séduction ratée, désormais, persuadée d'avoir non seulement brusqué Nasreen, mais aussi de l'avoir embarrassée. Peut-être qu'elle ne voulait pas d'une bisexuelle pour amie, après tout, c'était le cas de bon nombre de sorciers.

Echouée dans son fauteuil, le pouls encore un peu trop rapide, Sofya revivait leurs dernières rencontres en tentant d'analyser les signes qu'elle avait cru voir, cette complicité qui n'était finalement qu'amicale et qui l'emplissait désormais de confusion. Ses sourcils se fronçaient d'avantage à mesure que les souvenirs lui revenaient en mémoire. Son instinct tempêtait à l'intérieur d'elle, luttant contre sa raison et la scène qui venait de se produire : Nasreen était intéressée, elle le sentait ! Et pourtant, elle ne l'était pas, sa réaction était plutôt équivoque...

Sofya n'eut pas le loisir de réfléchir d'avantage, puisque la jeune femme revint bientôt avec son plat. Au moins ne l'avait-elle pas mise hors de chez elle, même si cela aurait peut-être été préférable. Sofya n'avait rien contre le fait de cantonner leur relation à une simple amitié, au fond, mais il lui fallait le temps de digérer sa déception et de se débarrasser de son amertume mal placée.

"Bien sûr", répondit-elle faiblement à la demande de Nasreen avant de s'exécuter. La bouteille de vin en main, elle se sentit bien naïve de l'avoir choisie avec tant de soin, anxieuse à l'idée de plaire à la milicienne.

Elle s'attabla en silence face à Nasreen, prétextant l'étude du plat fumant pour se soustraire à la conversation et aux regards. L'odeur qui s'en dégageait était particulièrement alléchante et la revigora quelque peu, même si elle ne suffit pas à lui redonner le sourire. Elle ne mentait pas lorsqu'elle complimenta l'apparence de son repas, qui allait ravir ses papilles.

"Je suis persuadée que ce sera parfait, c'est un très bon choix. A ce repas", approuva Sofya en soulevant son verre pour trinquer, sans grand enthousiasme. Elle s'efforça de se dérider quelque peu, consciente que le repas risquait d'être vraiment long si l'ambiance restait pesante. Nasreen n'avait rien fait de mal, si l'on omettait le fait qu'elle résistait à la merveilleuse Sofya Belinski, mais personne n'était parfait. Sofya n'avait pas de raison de lui en vouloir, c'était elle qui s'était emballée...

Pourtant, la jeune femme sembla sentir le malaise ambiant puisqu'elle lui présenta des excuses, que Sofya écarta d'un geste de main.

"C'est moi qui te présente mes excuses, je me suis emballée, j'ai cru... Enfin, j'ai été stupide et maladroite. Excuse-moi de t'avoir mise mal à l'aise, j'espère que cela ne nous empêchera pas de devenir de bonnes amies", répondit-elle avec un sourire, tout en guettant l'assentiment dans les pupilles sombres de Nasreen. Elle l'appréciait réellement et tenait à la garder dans sa vie, quoi qu'il arrive...





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Nasreen JoharMilicienneavatar
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L’embarras de Sofya était palpable, et c’était bien la première fois que Nasreen la voyait ainsi. La comédienne lui avait jusque là montré une facette joyeuse, assurée, audacieuse d’elle, c’était assez troublant de la voir perdre de sa superbe de cette façon. Il était assez facile de deviner ce qui avait jeté un malaise. Nasreen baissa le regard vers son assiette après avoir trinqué avec elle, pour masquer sa propre expression. Elle avait honte de sa réaction, plus elle y pensait et plus elle se sentait stupide de s’être laissée avoir par cette espèce de mauvais réflexe. Ce n’était même pas ce qu’elle voulait, et elle regrettait déjà que cet instant se soit passé de la sorte.

Sa tête fourmillait de pensées quand Sofya lui présenta des excuses qui la laissèrent muette quelques secondes. C’était bien ce qu’elle craignait : elle lui avait tout fait interpréter de travers. Mais comment la blâmer ? Elle l’avait repoussée tout à l’heure, c’était logique que Sofya fasse ce pas en arrière, tout comme il était logique qu’elle se sente piteuse. Piteuse, Nasreen l’était aussi mais ce ne fut pas ce qui se lut en premier chez elle. C’était à son tour de dire quelque chose et elle s’efforça de conserver son sourire aussi naturellement que possible :

« Oh, je… Ce n’est rien, ne t’en fais pas. »

Baissant à nouveau le regard vers son plat, elle trempa sa fourchette dans la sauce mais ne porta rien à sa bouche. Mais que faisait t-elle ? Elle s’enfonçait, comme elle savait si bien le faire, comme si elle avait encore vingt ans, à ne pas assumer ses sentiments balbutiants. La vérité était que cela faisait bien trop longtemps qu’elle ne s’était pas laissée entraîner dans une quelconque relation amoureuse, même de quelques semaines. Et cela faisait encore plus longtemps qu’elle n’avait pas senti son coeur battre aussi fort pour qui que ce soit. Oui, cela faisait trop longtemps qu’elle n’avait pas eu un tel coup de coeur, le genre à la rendre fiévreuse et à lui emmêler les pensées, et Merlin, elle n’avait même pas eu le temps de s’y préparer.

Sa fourchette se posa contre son assiette dans un tintement. Son sourire s’était fané, elle avait la sensation d’avoir chaud, trop chaud. Les mots, les phrases qu’elle pourrait prononcer se bousculaient dans sa tête, à tenter de trouver la bonne formulation. Elle leva le regard à son invitée, s’accorda un temps pour contempler ses boucles généreuses, ses yeux savamment maquillés, Et ce fut ce qui lui donna le courage de parler :

« Je n’ai pas envie qu’on devienne bonnes amies. »

Se rendant compte que ses paroles pouvaient prêter à confusion, elle cessa de contempler silencieusement Sofya et s’éclaircit la gorge, pour poursuivre d’une voix plus ferme :

« Ce n’est pas ce que je ressens pour toi. Je sais que ma réaction de tout à l’heure prêtait à confusion, mais la vérité, c’est que… Tu me plais. Vraiment. »

Elle n’osa pas enchaîner tout de suite, préférant guetter d’abord la réaction de Sofya. Elle devait lui paraître si confuse et contradictoire, et c’était bien normal : c’était exactement ainsi que Nasreen se sentait. Elle cessa de triturer le bout de sa robe sous la table et chercha le regard de sa belle invitée, avec un sourire confus qui revenait sur son visage.

« C’est moi qui m’excuse, je dois te paraître stupide, ou bizarre. Quand je disais que j’ai perdu l’habitude des compliments, c’est vrai. J’ai perdu l’habitude de… ce genre de sentiments et… Eh bien, ça me rend confuse. »

Elle pouvait entendre son coeur tambouriner dans ses temps, comme preuve de ses dires. Ah, elle se sentait tellement ridicule maintenant ! Si elle s’était simplement contentée de se laisser aller tout à l’heure, elle n’aurait pas eu à se retrouver ainsi, à balbutier des explications qui ne la présentaient pas vraiment sous son meilleur jour. « Bonjour, je suis Nasreen Johar, une handicapée sentimentale, mais tu veux toujours bien de moi, hein ? » Elle avait envie de se cacher sous cette table.

« Je suis désolée de t’avoir repoussée, ce n’était honnête ni envers toi, ni envers moi-même. » termina t-elle, dans un souffle piteux.


Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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La réaction première de Nasreen ne fit que conforter Sofya dans son impression, à savoir qu'elle avait embarrassé la milicienne avec son geste. Elle lui adressa un sourire d'excuse avant de baisser la tête sur son plat, humant son arôme alléchant et jouant avec la nourriture du bout de sa fourchette. Elle sentait que ce n'était pas à elle de relancer la discussion mais à Nasreen, une fois le moment de gêne passé. Ce fut d'ailleurs ce que la milicienne finit par faire, mais pas de la façon dont elle l'aurait imaginé...

La révélation de Nasreen eut le don de surprendre Sofya, qui faillit en lâcher sa fourchette. Elle lui plaisait ? Alors elle n'avait pas lu les signes de travers, il se passait bien quelque chose entre elles, depuis le début ! A moitié rassurée par cette révélation, à moitié perplexe, Sofya reposa son couvert et posa calmement les mains sur la table, tout en contemplant son interlocutrice en silence. Son regard bienveillant et curieux l'invitait à la confidence, ce que fit d'ailleurs Nasreen, bien que d'une façon qui ne fit qu'augmenter les interrogations de Sofya. Aussi, quand la jeune femme finit par s'excuser de l'avoir repoussé, elle ne put s'empêcher de l'interroger dans la foulée :

"Pourquoi l'avoir fait ?", s'enquit-elle d'un ton un peu brusque, avant de se détendre d'un sourire et d'ajouter plus doucement : "Je ne t'en veux aucunement, bien sûr, et je suis heureuse d'apprendre que je te plais, tout comme tu me plais..."

Elle tendit la main pour la poser sur celle de Nasreen, en un geste réconfortant plus que séducteur. La réponse à sa question n'était pas importante, au fond. Sofya avait rencontré suffisamment de femmes peu à l'aise avec leur orientation sexuelle pour ne pas se douter des raisons qui poussaient Nasreen à se montrer frileuse. Peut-être qu'elle avait eu de mauvaises expériences par le passé. Peut-être même qu'elle n'avait-elle jamais eu d'histoire avec une femme, pour ce qu'elle en savait. Sofya avait agi de cette manière car elle sentait Nasreen sur la même longueur d'ondes qu'elle avant ce soir, mais il était vrai qu'elles n'avaient jamais abordé frontalement la question, ni leurs histoires passées.

"Je ne te trouve ni stupide, ni bizarre, rassure-toi, et je ne veux pas brusquer les choses entre nous, nous avons tout le temps du monde. Détendons-nous autour de ton délicieux repas, si tu veux bien, nous aurons tout le temps pour cela plus tard."

La comédienne lâcha la main de Nasreen pour récupérer sa fourchette et saisir un bout de poulet avec quelques grains de riz recouvert d'une sauce à la couleur prometteuse. Elle les porta à sa bouche et savoura longuement sa bouchée, avant de laisser échapper un soupir appréciateur. C'était un plat plutôt doux, comme annoncé, et parfaitement réussi pour autant qu'elle puisse en juger. Après cet instant gustatif, elle releva un regard curieux sur son interlocutrice et s'enquit :

"A quand remonte ta dernière relation, si ça ne te dérange pas d'en parler ?"



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Nasreen JoharMilicienneavatar
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La réaction de Sofya soulagea Nasreen d’un petit poids. Elle avait parlé d’une voix peu assurée, incertaine d’avoir dit ce qu’il fallait, mais pour une fois, elle s’était laissée aller à dire ce qu’elle ressentait sincèrement. Et Sofya réagissait avec une philosophie qui rassurait un peu la milicienne. Elle ne savait pas pourquoi, elle se mettait une certaine pression ce soir. Elles venaient de s’avouer leur attirance mutuelle, c’était un pas dans leur relation que Nasreen avait envie de faire au fond d’elle, tout en se demandant si c’était vraiment raisonnable… Mais la main posée de Sofya sur la sienne, et ses paroles douces éloignèrent momentanément ses réflexions, elle se sentit enveloppée d’une agréable chaleur en rencontrant son regard.

« D’accord. » souffla t-elle.

Ne pas brusquer les choses, c’était exactement ce qu’elle souhaitait sans savoir comment le dire, et elle était rassurée que Sofya le propose de son propre chef. Un peu plus allégée que tout à l’heure, Nasreen reporta son attention sur son assiette, pour goûter enfin ce qu’elle avait mis tant de soin à préparer. Constater qu’elle avait bien réussi le plat lui redonna un peu de confiance en elle, et elle ne paniqua presque pas lorsque Sofya lui posa sa question. Presque. Prenant le soin de mâcher ce qu’elle avait en bouche, elle avala un peu difficilement, et répondit sur un ton précautionneux :

« Oh, ça… ne me dérange pas d’en parler, non. »

Pour être parfaitement honnête, ça ne la mettait pas non plus très à l’aise d’en parler, mais elle était prête à le faire. S’ouvrir un peu à Sofya sur son histoire personnelle pourrait être une bonne façon de commencer les choses en douceur, et lui donner quelques éléments de compréhension aussi. Nasreen aimait le contact humain, elle aimait partager des moments avec les personnes qu’elle appréciait, elle était loin d’être une solitaire dans l’âme, bien au contraire : c’était une femme qui avait besoin d’aimer et se sentir aimée pour avancer. Mais, paradoxalement, elle pouvait devenir une véritable huître pour son entourage, parfois. Difficile à faire parler, lorsqu’elle avait décidé qu’elle devait intérioriser ou assumer une charge toute seule.

Posant momentanément sa fourchette contre son assiette, elle releva ses yeux noirs vers Sofya, après avoir tourné son début de discours dans sa tête. Elle finit par parler, s’efforçant de ne pas détourner le regard :

« Ma dernière relation sérieuse remonte à deux ans et demi. C’était une superbe relation, on était vraiment sur la même longueur d’onde, on a tenu plus d’un an ensemble, j’avais l’impression que c’était « la bonne » personne… Mais un jour, on a cessé d’avoir les mêmes attentes, on n’avait plus le même… rythme, disons. Je me suis faite larguée. C’était la première fois, c’est un détail peut-être bête, mais avant ça, mes précédentes relations s’étaient terminées soit d’un commun accord, soit par une rupture de ma part. »

Elle ne résista pas à baisser les yeux vers son assiette, mais s’efforça en revanche de ne pas montrer que son estomac se nouait à l’évocation de ces souvenirs. Accoudée sur la table, sa main passa sur sa nuque dans un geste un peu nerveux.

« Mais ce n’est pas une blessure d’ego que j’ai ressentie. C’était un véritable déchirement, et pourtant, ce n’était pas comme si c’était la première fois que j’avais le coeur brisé. Il m’était déjà arrivé par le passé d’être à l’origine d’une rupture et de me sentir quand même plus bas que terre après. En fait, je sortais d'une longue suite d'échecs sentimentaux, donc ça aurait dû me forger. Mais là… Je ne sais pas, c’était peut-être la fois de trop, c’était peut-être la relation que je ne voulais pas perdre. Parce que je m’étais convaincue que c’était ma dernière chance. »

Nasreen avait connu beaucoup trop de déceptions amoureuses, d’histoires complexes et de dénouements tragiques, elle en était arrivé à un premier stade où elle avait douté de sa capacité à mener à bien la moindre histoire de couple. Et sa dernière relation avait représenté à la fois l’étincelle d’espoir et le coup de grâce définitif. Du moins, c’était ce qu’elle s’était imaginé ces deux dernières années, coupant volontairement court à toute tentative de rapprochement intime avec qui que ce soit. Enfin, jusqu’à l’arrivée de Sofya…

« Elle s’appelait Sara. »

Elle avait avoué le prénom d’une façon pas complètement anodine. C’était une façon de lui signaler qu’elle avait déjà eu une relation avec une femme, donc ce n’était pas le problème, d’un côté… Et de l’autre, c’était exactement le problème. Nasreen aurait certainement eu une vie sentimentale beaucoup plus apaisée, ou en tout cas, plus facile, si elle avait été attirée par les hommes. Si elle avait accepté sa sexualité -et cela avait pris un certain nombre d’années- ses relations n’en étaient pas devenues simples pour autant.

« Enfin, voilà, conclut t-elle, en se raclant la gorge, et il lui fallut rassembler tout son courage pour oser dire la suite, de sa voix mi-basse. Pour être vraiment honnête avec toi, je ne sais pas du tout si je suis prête à me relancer dans une histoire qui soit… sérieuse ou officielle, disons. Elle replaça une mèche derrière son oreille qui avait rosi, les joues un peu chaudes. Alors, je me dis que si on prend notre temps, ça m’aidera à savoir ce que je veux vraiment. Mais je comprendrais complètement si tu préfères ne pas te lancer dans quoi que ce soit avec moi. Je suis consciente que ce ne sont pas des termes classiques pour commencer une relation. »

Elle le disait avec sincérité, elle comprendrait et elle ne lui en voudrait pas si elle préférait se rétracter, maintenant qu’elle savait qu’elle avait affaire à une traumatisée de l’amour. Mais indubitablement, elle serait déçue… Parce que, malgré elle et en dépit de toute raison, elle avait déjà commencé à trouver plutôt plaisante l’idée de se rapprocher de Sofya.


Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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Sans bien savoir pourquoi, Sofya sentit son coeur se serrer un peu dans sa poitrine à l'évocation de la précédente relation de Nasreen. Sara... C'était une femme, donc potentiellement un bon point pour elle, et pourtant Sofya pressentait que l'ombre de Sara serait difficile à chasser. Nasreen l'évoquait selon des termes très forts, "la bonne", "superbe relation"... Or Sofya était bien placée pour savoir à quel point il était compliqué de se remettre d'une telle déchirure, à quel point chaque personne rencontrée pâlissait à la comparaison.

Pourtant, cette déception qui l'envahissait aurait dû mettre Sofya sur la voie de quelque chose d'important. Elle-même avait l'air de se projeter, quand même bien elle s'était longtemps persuadée que les relations amoureuses n'étaient plus pour elle, alors... Rien n'empêcherait Nasreen d'arriver au même point. Si elles avaient commencé à se fréquenter, si elle l'avait invité ce soir et si elle lui avait avoué son attirance, ce n'était pas pour rien. En leur for intérieur, ni l'une ni l'autre ne se sentait prête à sacrifier cette idylle naissance sur l'autel de leurs relations passées.

Un peu perdue face aux révélations de Nasreen et de ses propres sentiments, Sofya se concentra sur le délicieux repas qui lui faisait face. Elle enfourna une grosse bouchée de riz dans sa bouche pour se donner le temps de réfléchir, mais sa confusion intérieure ne semblait pas décidée à vouloir partir. Oui, elle voulait Nasreen, c'était certain, mais pour quoi, pour combien de temps ? Serait-elle enfin prête à se lancer de nouveau dans une véritable amour, avec visiblement son lot de complications ? Il était sans doute encore trop tôt pour le dire... Alors la conclusion de son interlocutrice n'était pas pour lui déplaire.

Consciente que Nasreen s'était déjà beaucoup ouvert à elle pour quelqu'un qui semblait réservé sur sa vie privée, Sofya décida de lui donner quelques informations sur elle en échange.

"Pour être honnête, je ne sais pas vraiment ce que je veux non plus", répondit-elle finalement avec un sourire nostalgique. "Je... Je m'identifie un petit peu à ton parcours, dans le sens où ma dernière relation sérieuse, qui commence à dater sérieusement, m'a laissé... Oui, plus bas que terre, c'est le bon mot. En fait, j'ai été mariée."

Captant son regard, elle guetta sa réaction, non sans une certaine appréhension.

"Avec un homme, mais j'ai eu des histoires avec des femmes par le passé, à vrai dire cela n'a pas vraiment d'importance pour moi", dit-elle en évacuant la question d'un geste de la main. "Nous nous sommes rencontrés jeunes, j'étais désespérément amoureuse et je pensais que c'était l'homme de ma vie. Quand il m'a quitté, comme une vieille chaussette que même un elfe ne voudrait pas, cela m'a fait un tel choc ! J'en ai même fait une dépression, pour tout te dire, j'étais l'ombre de moi-même."

Une ombre passa sur son visage et elle baissa les yeux sur son assiette, jouant avec sa nourriture du bout de la fourchette. Ce n'était pas un épisode de sa vie qu'elle racontait aisément, ni fréquemment. Sofya en gardait un profond sentiment de honte et de dégoût, de lui, d'elle-même, et plus globalement des relations humaines qui expliquaient sans doute la distance qu'elle mettait souvent entre elle et les autres... Mais son coup de coeur pour Nasreen la poussait à s'épandre d'avantage, comme si exorciser le passé était une étape nécessaire pour espérer construire une relation sincère.

"J'ai fini par m'en sortir, mais je crois que cette époque de ma vie m'a beaucoup fait évoluer. Je me suis promis de ne plus jamais dépendre ainsi d'une autre personne, je me suis jurée que plus personne ne traiterait la grande Sofya Belinski de la sorte", rit-elle avec une pointe d'auto-dérision, "et... Je me suis dit que l'amour, ce n'était pas pour moi."

Le regard ardent, Sofya se pencha vers elle pour écarter une mèche qui balayait son visage, et souffla :

"C'est la première fois que quelqu'un me donne l'impression de m'être trompée. Alors, tu vois, je ne suis pas pressée non plus, et je n'ai pas vraiment d'attentes, si ce n'est... Celle de ne pas écarter l'idée trop vite. J'ai envie de savourer cette impression, encore un moment."

Elle esquissa un sourire espiègle et ajouta d'un ton plus léger, comme pour dissiper la tension :

"Ton plat est vraiment délicieux."




Margarita Levieva, kit par Vingounet
Nasreen JoharMilicienneavatar
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Nasreen ne put empêcher la surprise de se peindre sur son visage, au moment où Sofya lui révéla être mariée. Elle ne l’aurait jamais deviné, elle ne savait pas dire pourquoi exactement cette idée l’étonnait. Après tout, elle avait un âge tout à fait commun pour une femme divorcée, et elle était officiellement seule, il n’y avait rien de si extraordinaire à ce qu’elle ait été mariée quelques années plus tôt et que cela n’ait pas fonctionné. Elle ne savait pas, cela ne collait pas à l’image joyeuse, vivante, presque épicurienne qu’elle se faisait à propos de Sofya depuis qu’elle commençait à faire sa connaissance. Si elle avait été divorcée, elle semblait s’en être bien remise, et pourtant, Nasreen crut voir passer un voile sur son visage, lorsqu’elle lui fournit quelques détails. Remise mais… pas complètement. Etait-ce possible de cicatriser tout à fait d’une blessure d’amour si vive, qu’elle vous avait donné l’impression que votre monde s’écroulait sous vos pieds ? La dernière qu’avait connu Nasreen la poussait à dire que non, mais elle était peut-être encore trop récente. Elle offrit un regard compatissant à Sofya quand elle lui avoua s’être trouvée comme moins que rien. Elle connaissait ce sentiment, elle ne le souhaitait à personne. Cependant, elle avait cru que si elle avait été plus forte dans son coeur, dans son caractère, elle aurait pu éviter de se trouver dans un tel état, quelques années plus tôt. Et pourtant ! Sofya, qui avait l’air de posséder une personnalité ferme, lui révélait s’être laissée tomber dans la dépression… Personne n’était invincible, la vision quelque peu idéalisée qu’elle se construisait de la belle comédienne en prit peut-être un coup, mais elle la rendit aussi nettement plus accessible.

Cependant, rien ne lui fit autant d’effet que ce que Sofya lui confia du bout des lèvres, après avoir déclaré que l’amour n’était pas pour elle. Comprenait t-elle bien le sous-entendu ? Il lui semblait que c’était assez explicite, et se trouver dans la position de celle qui lui redonnait foi en l’amour était certainement le meilleur compliment qu’elle pouvait lui faire. C’était encore plus agréable que l’approche assez directe que Sofya avait eu tout à l’heure en la complimentant sur son physique, c’était encore plus fort, et pourtant Nasreen parvint à mieux gérer ses émotions. Certainement parce qu’elle se rendait compte qu’elle en était exactement de même pour elle. Persuadée qu’elle se barricaderait à toute nouvelle histoire, après son dernier échec amer, elle n’avait laissé personne s’approcher, s’enfonçant à corps perdu dans son travail pour s’occuper. Personne jusqu’à cette jolie blonde qui se tenait face à elle, et pourtant elle aurait pu faire quelque chose pour prendre ses distances en voyant qu’elle commençait à lui plaire mais elle n’avait même pas essayé. Elle se laissait aller -un peu, pas trop, prudemment, c’était Nasreen- elle voulait bien essayer. Elle qui n’était pas encore convaincue de cette vérité sur elle-même jusque là venait de la découvrir en discutant avec Sofya, alors elle se sentit contente et soulagée d’avoir parlé. Voilà qui desserrait le noeud de son estomac et l’aidait à bien mieux apprécier leur soirée. Elle lui fit un grand sourire quand elle complimenta à nouveau son plat et déclara :

« Je te remercie, je suis contente que ça te plaise. Tu peux te resservir autant que tu veux ! »

Elle-même se remit à se nourrir, mais elle revint assez vite au sujet qui les avait occupés précédemment :

« J’avoue que je n’aurais jamais imaginé que tu avais été mariée. Je suis désolée que tu sois passée par ça, mais effectivement, c’est le genre d’épreuve qui fait évoluer. Moi je n’ai jamais été aussi une Auror aussi brillante que quand on m’a quittée, même si c’est un peu triste à dire, dit t-elle d’un ton de dédramatisation. N’empêche que c’est ce qui m’a valu ma position aujourd’hui, donc il y a toujours un bien quelque part. »

Elle compatissait largement à l’histoire de Sofya, s’y reconnaissant bien là-dedans. Quelque part, la vie savait ce qu’elle faisait, si ce mari inconnu n’avait pas divorcé avec elle, Nasreen n’aurait jamais pu en faire la connaissance de cette manière : c'était une autre bonne chose, permise par ces malheurs passés. Ces confidences venaient de les rapprocher, elle le sentait. Le regard brillant, elle le porta sur Sofya et poursuivit :

« Je te promets que je vais… essayer de traiter la grande Sofya Belinski avec tous les égards qu’elle mérite, alors, dit t-elle avec un doux sourire, amusée par la formulation qu’elle avait eue. Elle se prêta même au jeu, car elle savait plaisanter aussi, et poursuivit d’un ton très sérieux : Mais fais attention, de mon côté je suis lieutenante des forces de l’ordre, c’est donc moi qui finit par avoir le dernier mot. »


Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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Sofya constata avec soulagement que ses confidences avaient eu le don de détendre son interlocutrice. Elles auraient très bien pu jouer le rôle inverse, car elle avait bien vu la surprise se peindre sur le visage délicat de la belle. C'est sur que le rôle de la divorcée éplorée était bien loin de celui qu'elle aimait se donner aujourd'hui, libre, indépendante, forte et enjouée. Sofya Belinski, la comédienne à la personnalité originale et décalée, énigmatique et insaisissable... Avait été mis à terre par un chagrin d'amour, quoi de plus banal ? Pourtant, cette période honteuse de son passé, qu'elle n'exhumait pas volontiers, était justement celle qui lui permettait de mieux comprendre Nasreen et ce par quoi elle était passé. Peut-être que la jeune femme serait son calme après la tempête...

Elle lui offrit un sourire complice, et entreprit de déguster son repas pendant qu'il était encore chaud. Maintenant que la tension était retombée, son estomac se rappelait bruyamment à elle et elle avait tout le loisir de laisser ses papilles s'émerveiller. Quand Nasreen mentionna les retombées positives de sa rupture sur sa carrière, Sofya approuva d'un petit rire. Oui, du bon pouvait résulter d'une rupture, car c'était parfois un moment de remise en cause des autres aspects de sa vie, ou car la tristesse poussait à se plonger tête baissée dans le travail. Voilà qui expliquait, tristement, en effet, comment Nasreen avait fait pour se retrouver lieutenant milicienne si jeune.

Nasreen évoqua justement son métier comme raison d'avoir toujours raison, provoquant un rire indigné chez Sofya.

"Certainement pas ! Sache que j'ai plus d'un tour dans mon sac, madame la milicienne", répliqua-t-elle avant de glisser sa fouchette dans sa bouche, malicieuse. Oui, Nasreen était loin d'imaginer l'ampleur de ce que Sofya lui dissimulait. C'était une pensée un peu dérangeante pour la comédienne, surtout après la conversation intime qu'elles venaient d'avoir. Pour l'une comme pour l'autre, ce début de relation était important, elles venaient de se l'avouer à demi-mots... Et pourtant, elle n'était pas basée sur l'honnêteté mais sur un énorme mensonge, comme la plupart des relations de Sofya aujourd'hui. Son secret était tel qu'elle devait accorder une confiance absolue à une personne pour être en mesure de le lui confier, et cette exigence était encore renforcée auprès d'une représentante des forces de l'ordre, justement... Il n'y avait sans doute pas d'issue positive à tout ceci, et Sofya réalisait à quel point elle les mettait dans une situation complexe. Cette épée de Damoclès planait au-dessus d'elles, et qui savait quelles têtes elle allait trancher ? Il fallait faire marche arrière, c'était impératif, et pourtant Sofya ne parvenait pas à y résoudre. Elle préférait agir comme d'accoutumée, enfouissant ce secret au plus profond d'elle et séparant strictement sa vie, jusque dans ses pensées, avec l'aisance de l'habitude. Nasreen n'avait pas besoin de savoir. Tout ce qui importait, c'était la sincérité des sentiments de Sofya, et sur cela, elle ne mentait pas.

"Toi, tu es devenue lieutenant milicienne et moi, comédienne de renom... Oui, on dirait que le célibat nous sied. Mais je dois dire que c'est agréable aussi d'avoir un rendez-vous... S'apprêter, faire connaissance, et puis avoir quelqu'un qui cuisine pour nous aussi... Tu sais depuis combien de temps personne n'a cuisiné pour moi ?! Oh, il y a bien mon amie Isobel qui s'y est risquée une fois mais j'ai à peine pu le goûter car on s'est disputées et je suis partie en trombe de chez elle !"

Elle rit à ce souvenir, en secouant la tête d'un air affligé.

"Entre elle qui est une vraie tête de mule, et moi qui est un sacré tempérament, c'est explosif parfois. Heureusement que les choses sont plus calmes avec toi", affirma-t-elle avec un sourire. C'était apaisant et stimulant, de se trouver avec Nasreen, tant elle était différente de ce que connaissait Sofya. Elle semblait avoir une vie plus saine, plus équilibrée et, contrairement à son habitude, c'était quelque chose qui l'attirait chez elle.

"Je sens que cette fois, la soirée ne va pas s'écourter", conclut-elle tandis que son sourire s'agrandissait et que son regard cherchait celui de Nasreen. Elle n'avait pas d'attentes particulières concernant la suite des évènements, comme elle l'avait dit un peu plus tôt... Mais elle n'aurait pas été contre un baiser.





Margarita Levieva, kit par Vingounet
Nasreen JoharMilicienneavatar
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« Vraiment ? Voilà qui éveille ma curiosité, il va falloir que je trouve un moyen de te percer à jour » lança t-elle malicieusement, sans arrière-pensée.

Car elle était en effet loin de se douter de la nature des secrets que lui cachait Sofya, et s’imaginait simplement qu’elle aimait entretenir le mystère sur certains aspects de sa vie ou de sa personnalité. Nasreen aimait ce petit côté de fantasque comédienne, c’était ce qui l’avait séduite aussi : cette aura d’énigme derrière ce regard insaisissable. Elle hocha la tête aux paroles suivantes de la belle, bien d’accord avec elle. Cela faisait un certain temps qu’elle ne s’était pas apprêtée pour quelqu’un, elle avait redécouvert la chose, et ce n’était pas désagréable. Cela apportait son lot de stress, mais c’était assez proche d’une adrénaline électrisante, qui lui faisait doublement apprécier tout ce qui se déroulait bien dans leur soirée. Elle ressentait ainsi une pleine satisfaction de voir que son repas préparé avec soin lui plaisait.

« Oh, c’est vrai que tu la connais, se rappela t-elle, une fois qu’elle eut replacé mentalement le nom d’Isobel comme employée du Ministère. J’avoue que je la connais mal, elle a l’air d’une femme très correcte, au travail en tout cas, puis elle fait pas mal parler d’elle maintenant que son nom est apposé au projet de Leopoldgrad, commenta t-elle pensivement, tentant de rassembler les informations qu’elle possédait sur elle, et c’était bien peu : elles ne travaillaient pas du tout dans les mêmes domaines, la seule impression qu’elle retenait d’elle était celle d’une femme très professionnelle, qu’elle laissait voir au Ministère. J’espère que vous avez pu vous réconcilier quand même, c’est dommage de rester fâchée avec une amie. »

Elle sourit doucement lorsqu’elle lui dit qu’elle appréciait le calme de leur relation. En effet, Nasreen était plutôt le genre de femme à éviter le conflit autant que possible, ce qui signifiait souvent prendre sur elle. Cela avait ses avantages comme ses inconvénients, parfois elle aurait aimé avoir un tempérament plus explosif, qui lui aurait permis d’assumer davantage ses envies et ses opinions. Mais Sofya ne la connaissait peut-être pas encore assez pour connaître le revers de la médaille, songea t-elle timidement. Elle chassa aussitôt ses pensées au petit commentaire avec lequel la belle comédienne acheva son discours. Rosissante de plaisir, Nasreen s’autorisa cette fois à se laisser aller et répondit avec sincérité :

« C’est mon sentiment aussi… » Elle ajouta, une lueur malicieuse dans le regard. « J’ai prévu de te garder au moins jusqu’au dessert ! »

Et elle souhaitait que la soirée se prolonge encore davantage, surtout après cette discussion qu’elles venaient d’avoir et qui l’avait un peu tranquillisée sur ses propres doutes. Elle se sentait soulagée de savoir que Sofya se trouvait dans la même optique qu’elle, désireuse de prendre son temps pour être certaine de ce qu’elle voulait, sans pour autant s’empêcher de profiter de ce qui naissait doucement entre elles. Forte de ce sentiment, Nasreen sourit avec douceur à Sofya et se redressa de sa chaise, pour attraper leurs assiettes vides.

« Je peux te demander ton aide dans la cuisine ? »

Elle mena la marche jusque la pièce où elle déposa leurs couverts dans l’évier. Puis elle sortit deux coupes des placards et plusieurs boîtes de son congélateur, révélant à son invitée :

« Je fais du classique pour le dessert, ça sera de la glace, si ça te va. Dis-moi ce que tu veux, tu as l’embarras du choix ! »

Elle avait pris plusieurs parfums qu’elle-même appréciait : nougat et caramel, citrouille et cerise, amande et citron, et elle avait même tenté un raisin-Vodka Forte Glace. Désignant la boîte au citron, elle déclara :

« C’est mon péché mignon celle-là. » D’ailleurs, elle en prit une petite cuillère comme un avant-goût de la glace généreuse qu’elle comptait se faire, et savoura en fermant les yeux la sensation de la sentir fondre dans sa bouche. Puis elle fit un sourire coupable à Sofya en lui tendant la cuillère. « Tu peux goûter à ce que tu veux. »

Elle la laissa faire son choix, sans pouvoir s’empêcher de la contempler et se faire encore une fois la réflexion qu’elle était décidément superbe dans cette jolie robe estivale. Nasreen se sentait flattée du soin évident que Sofya avait pris pour s’apprêter et maintenant qu’elles étaient physiquement plus proches, elle était également hautement consciente du parfum qui imprégnait sa peau et lui caressait les narines. Sans s’en apercevoir, elle s’était approchée de la comédienne, suffisamment pour déposer un léger bisou sur sa joue, geste qui attira inévitablement son attention. Yeux dans les yeux, cette fois-ci, Nasreen ne pouvait plus fuir ce qui tambourinait dans son coeur. Les mots lui glissèrent de la bouche, dans un murmure hésitant :

« Ca m’a fait plaisir de cuisiner pour toi. Moi… Ca fait longtemps que personne ne s’est apprêtée pour moi comme ça. »

Et elle déposa un autre baiser, cette fois-ci sur ses lèvres, timidement, pleine d’espoir que Sofya les presserait à son tour contre les siennes.


Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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"Ohhh, au moins jusqu'au dessert... ça devrait pouvoir se faire", répondit Sofya avec un clin d'oeil aguicheur à l'intention de son hôte. Ravie de la tournure des évnements, et de sentir la milicienne se détendre, Sofya sentit ses propres doutes disparaître au profit d'une douce félicité. Elle retrouvait avec délice cette sensation qu'elle n'avait plus connu depuis bien des années : celle du flirt que l'on savait partagé, et que l'on faisait durer, dans l'expectative de doux moments à venir...

"Bien sûr", répondit-elle lorsque Nasreen requis son aide en cuisine. Elle la suivit avec curiosité, se demandant ce qu'elle avait prévu pour le dessert, tout en priant intérieurement pour qu'il s'agisse de quelque chose de léger. Le plat s'était révélé délicieux, mais particulièrement nourrissant et il ne lui restait plus beaucoup d'appétit. Aussi fut-elle soulagée de voir Nasreen sortir des blocs de glace de son congélateur : voici qui passerait tout seul !

"Je me suis tellement régalée que je n'ai plus très faim, alors une glace c'est parfait !"

Elle prit le temps d'observer les différents parfums, tout en notant intérieurement le goût de Nasreen pour la glace au citron. Voilà un péché mignon plutôt attendrissant, et elle l'observa sans se cacher pendant qu'elle savourait une première cuillérée de glace, visiblement aux anges. Ce qu'elle avait envie de goûter, soudainement, ce n'était plus la glace, ou alors la glace sur les lèvres de Nasreen... Mais elle garda cette pensée coupable pour elle et reporta son attention sur les blocs de glace :

"Je suis tentée par le nougat... Mais le raisin-Vodka me fait de l'oeil, oui, je crois que je vais goûter ça", déclara-t-elle, avant de se figer en sentant le léger baiser de Nasreen sur sa joue. Sofya oublia momentanément le dessert et tourna la tête vers elle, pour l'envelopper de son regard alangui, comme pour l'inviter à poursuivre. Nasreen se décida finalement, et le rythme cardiaque de Sofya s'accéléra lorsqu'elle sentit les lèvres douces de Nasreen sur les siennes. C'était un baiser doux, léger comme un papillon, et elle glissa une main autour de la taille de Nasreen comme pour s'assurer qu'elle ne s'envole pas. D'une légère pression, elle l'attira plus près d'elle et lui rendit son baiser, découvrant avec délice son goût sucré. Elle tenta de faire passer dans cette étreinte toute l'attirance et l'affection qu'elle lui portait, mais, désireuse de ne pas la brusquer, s'écarta finalement, pour la considérer avec tendresse.

"Je vais m'apprêter ainsi plus souvent...", souffla-t-elle en écartant doucement une mèche de cheveux brillante de son visage. "Je dois dire que ce dessert est parfaitement à mon goût."



Margarita Levieva, kit par Vingounet
Nasreen JoharMilicienneavatar
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La façon dont Sofya répondit à son baiser, avec affection et tendresse, ne fit que retourner un peu plus la milicienne, qui trouva presque que c’était un trop court instant. Elle découvrait à peine ce que cela faisait d’être proche de cette belle comédienne qui lui avait tapé dans l’oeil à la première rencontre, et cet aperçu ne lui donna que l’envie de recommencer. Un peu étourdie par sa propre audace d’avoir initié le baiser, elle se sentit davantage troublée par la façon dont Sofya la regarda, puis lui parla, et elle souffla à son tour :

« Je suis contente d’avoir remporté ce point alors. » Elle était encore toute proche de la belle, sa taille serrée, alors elle n’eut qu’à passer à son tour les bras autour de Sofya pour maintenir le contact. Un peu moins hésitante, cette fois, elle ajouta avec un sourire. « Mais je ne laisse pas partir mes invités tant qu’ils ne sont pas rassasiés. »

Pour le coup, il s’agissait plutôt de la rassasier elle, car Nasreen céda à son envie d’embrasser à nouveau son invitée, un peu plus longuement cette fois. Si le premier baiser avait été comme une question timide, cette fois ce fut une affirmation tendre et enjouée, et c’est avec un sourire un peu niais -en tout cas, elle devait en avoir l’air- que Nasreen s’écarta. Elles eurent un petit échange de regard, qui rassura momentanément la milicienne sur les doutes qu’elle avait pu exprimer. Elles prendraient le temps de voir ce que leur relation allait devenir, pour le moment, nul besoin de s’affoler, surtout si elle appréciait la découvrir, et par Merlin, c’était plus que le cas.

« Je te sers quand même un peu de glace ? »

Elle sortit deux coupelles qu’elle servit généreusement, car rien ne valait un instant sucré à partager à deux. Cette fois elle ne les servit pas à table, mais sur la table basse du salon, où elle invita à Sofya à prendre place sur le canapé avec elle. C’était moins formel, plus agréable, et Nasreen se sentait bien plus légère que tout à l’heure, plus encline à profiter du confort de son canapé couvert d’un plaid moelleux.

« La prochaine fois, c’est moi qui vient voir ton chez toi ! lança t-elle, en se servant une bonne cuillère de glace amande-citron. Je suis curieuse de voir comment c’est, je veux savoir si c’est aussi… -elle chercha le bon terme avec l’air de celle qui se rappelle un souvenir marquant- pétillant que ta loge. »

Elle avait eu l’impression de pénétrer dans un monde véritablement fantasque, éclatant, ouvert à toutes les possibilités, ce fameux soir où elle était venue la remercier dans sa loge. Elle se remémora l’instant avec un sourire, elle se rappela combien la pièce lui avait plu, comment elle s’était sentie d’abord impressionnée par le charisme de Sofya, intimidée par sa beauté, séduite par le petit bar où elle l’avait emmenée, et la conversation qu’elles avaient eue. Indubitablement attirée. Nasreen poursuivit d’un ton plus confidentiel, se laissant porter par ses propres pensées qu’elle avait envie de révéler à Sofya, maintenant qu’elles s’étaient avoué leurs sentiments :

« Je crois que c’est ce soir là que j’ai commencé à me dire que… Je sais pas, il y avait un truc. Je t’avais trouvée vraiment très belle sur scène. Elle porta un regard doux sur la jeune femme. Dans tous les sens du terme, je veux dire. La première fois à l’anniversaire de Mildred Magpie, c’était différent, je me disais juste pendant que tu me parlais « Oh la la, comme elle est splendide et impressionnante, pourquoi elle s’intéresse à moi, franchement », j’étais effrayée, avoua t-elle avec un petit rire. Je m’étais vraiment sentie toute petite… Après la pièce, je me suis sentie toute contemplative et attirée par ce que tu dégageais, et puis il y avait moins de monde autour de nous, j’étais plus en confiance. Le moment qu’on a passé au café, ça m’a montré ce que tu étais, ce que tu aimais. A la fin, tu m’as fait un sourire… Ah, je me suis sentie comme une adolescente de quinze ans, j’avais l’impression que ça voulait dire quelque chose ! »

Peut-être était-ce le cas, Nasreen ne savait pas vraiment ce qui s’était passé du côté de Sofya, mais il lui semblait qu’elle lui avait plu rapidement aussi. Après tout, elle avait vite senti une certaine alchimie, sans toutefois connaître la sexualité de Sofya, sans savoir si elle était juste comme ça avec ses amis aussi, sans la connaître assez pour vraiment préjuger, mais elle avait tout de même eu ce sentiment qu’il y avait quelque chose. Elle se servit une nouvelle cuillère et conclut, un sourire sur ses lèvres rafraîchies par la glace :

« Je suis contente de ne pas m’être trompée. »


Sofya BelinskiMembre des Veilleursavatar
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Un sentiment de victoire et de soulagement mêlés s'emparèrent de Sofya lorsque Nasreen l'embrassa une seconde fois. Nul retour en arrière de la part de la jeune femme, celle-ci semblait avoir décidé de se laisser aller, pour le plus grand plaisir de la comédienne. L'esprit léger, Sofya accepta la coupe de glace que lui proposait son hôte, et la suivit jusqu'au canapé du salon. Du bout du pied, elle se débarrassa de ses escarpins pour ramener ses jambes sous elle, et elle entreprit de déguster la glace rhum-raisin.

"Tu viens quand tu veux", répondit-elle, souriante, lorsque Nasreen évoqua l'idée de venir voir son appartement. "On est assez loin de l'atmosphère de ma loge et des Folies, mais je te laisserai découvrir ça et te faire ton avis..."

S'en suivirent des confidences de Nasreen pour le moins inattendues, qui surprirent Sofya autant qu'elles l'attendrirent et l'intimidèrent. Dire que Nasreen la trouvait "splendide et impressionnante", quand elle-même se demandait qui était cette belle créature ! Sofya était, depuis leur rencontre, complètement sous le charme de son aura de douceur et par la chaleur qu'elle dégageait. Sa présence l'emplissait de confusion, car elle se trouvait à la fois en présence d'une inconnue, et de beaucoup plus - car elle sentait que Nasreen était importante... Se rendait-elle compte à quel point elle-même était impressionnante, pour Sofya ? Certainement pas, tout comme Sofya elle-même n'avait pas totalement pris conscience de l'effet qu'elle produisait sur la jeune femme.

C'était en tout cas ce que ses paroles révélaient. Il en fallait beaucoup pour troubler la comédienne, mais cette fois, elle ne put empêcher le rouge d'envahir ses pommettes claires, sous l'effet d'un embarras teinté de plaisir.

La comédienne avait appris depuis longtemps à dégager l'image d'une personne confiante, et plus assurée qu'elle ne l'était réellement. Elle cherchait consciemment à impressionner et émettre une aura de mystère, comme pour instaurer une distance entre elle et les autres, ce qui s'avérait utile dans chacun de ses métiers. C'était sa façon de travailler comme de séduire et de mener sa vie personnelle, depuis plusieurs années. Pourtant, avec Nasreen, c'était l'effet inverse qu'elle cherchait à produire. La faire entrer dans son monde, la mettre en confiance et se laisser découvrir ne l'effrayait pas, et elle se trouvait un peu trop pressée de baisser la garde, charmée en retour par la belle milicienne...

"Cela voulait bien dire quelque chose", répondit-elle après un instant de silence, tendant la main pour entremêler ses doigts à ceux de Nasreen. "Depuis que je t'ai rencontré... eh bien, je dois avouer que j'ai été captivée dès le premier regard, et un peu plus à chaque fois depuis. Moi aussi je te trouve impressionnante, forte et séduisante, et je ne suis pas certaine d'être à la hauteur... Mais, pour être honnête, tu me plais beaucoup trop pour ne pas essayer."

A coup sûr, cela signifiait d'aller au-devant des ennuis, mais il était déjà trop tard pour faire marche arrière. Elle le sentait, Sofya n'était déjà plus capable de s'éloigner. Nasreen et elle partaient pour vivre une histoire compliquée, mais le seul moyen de l'empêcher aurait été de ne pas se rencontrer...

RP terminé



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Nasreen's Heavenly Delights [Nasreen & Sofya]

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