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 Our house [Samantha-Lauren]

Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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28 août 2009

Lauren s'était habituée à son nouveau quartier remarquablement vite, et ne se perdait même plus dans les ruelles en pente de la cité Nimbus. Il fallait dire que les maisons en briquette rouges du quartier des pentes se ressemblaient toutes plus ou moins, mais elle avait appris à les reconnaitre à force d’arpenter les rues. Elle aimait courir le matin -elle était même capable de se lever une heure en avance juste pour ça- et elle avait eu tout le loisir d'explorer la cité en long en large et en travers. Il fallait dire qu'elle avait quelques années de retard sur Sam, qui avait passé son enfance ici.

Elles avaient décidé d'emménager ici ensembles un peu sur un coup de tête. Cela ne faisait pas partie de leur projet quand elles avaient quitté Poudlard deux mois plus tôt, mais elles avaient rapidement dû se rendre à l'évidence : après sept mois à vivre à deux mètres l'une de l'autre, se retrouver séparer par plusieurs dizaines de kilomètres était difficile à supporter. Elles avaient tenu deux semaines avant de craquer et de décider de s'installer ensembles.

Officiellement elles étaient colocataires, officieusement elles n'avaient jamais utilisé le canapé-lit qui trainait dans la chambre d'ami qui servait à Samantha les nuits de pleine lune. Et tout se passait pour le mieux. Lauren n'était pas quelqu'un de très facile à vivre, elle avait ses humeurs, et elle avait tendance à être un peu maniaque et autoritaire sur les bords, mais Samantha avait le don d'adoucir ses aspects de sa personnalité et la batteuse n'avait pas regretté une seule seconde sa décision d'emménager avec elle.

Ses journées au Ministère étaient assez fatigantes, les aspirants Aurors n'étaient pas ménagés, mais elle apprenait tous les jours et elle appréciait de plus en plus sa formatrice. L'Auror Meyer ne correspondait pas du tout à l'image qu'elle se faisait d'un lieutenant du BDA, avant. Elle avait grandi avec l'idée qu'on respectait ceux qui tapaient plus fort que soit ou qui maniaient mieux leur baguette, et s'était toujours imaginé que n'occupaient ce genre de post que les durs à cuire. Ce n'était pas tant que l'Auror Meyer n'était pas une dure à cuire -elle n'aurait pas aimé l'affronter en duel- mais plutôt qu'elle n'avait pas besoin de le faire valoir pour se faire respecter de ses collègues. Dans un milieu qui restait encore essentiellement masculin, cette jeune mère de famille toute blonde et toute menue étaient estimée et respectées par tous, et Lauren l'admirait pour ça, espérant qu'un jour elle arriverait au même point.

Pour l'instant elle faisait beaucoup de cafés, beaucoup de photocopies, pas mal d'entrainements, et elle essayait d'apprendre à serrer les dents et à accepter les remarques de ses supérieurs même quand ils avaient tort. Lauren avait toujours eu un peu de mal avec le respect de l'autorité. Elle respectait les gens qui méritaient son respect -comme l'Auror Meyer- pas ceux dont le seul mérite était d'avoir un grade supérieur au sien. Mais elle avait vraiment envie d'arriver au bout de cette formation, alors elle prenait sur elle.

La jeune femme laissa échapper un soupir de soulagement en pénétrant dans la fraicheur de la cage d'escalier, tout en sachant qu'elle retrouverait bien vite la chaleur étouffante de ce mois d'août. Leur appartement était sous les combles et avait tendance à devenir une véritable fournaise quand le mercure grimpait un peu trop haut. Mais elle sourit malgré tout en ouvrant la porte de l'appartement puisqu'elle savait qu'elle y trouverait certainement Samantha, qui travaillait de matin cette semaine.

Son sourire s'agrandit et se transforma même en éclat de rire quand elle découvrit la jeune femme dans l'entrée de l'appartement, un pot de peinture à ses pieds, un pinceau dans une main, et une trace de peinture verte au-dessus de l’œil gauche.

"Tu t'es teint le sourcil ! s'expliqua-t-elle en riant avant de s'approcher pour déposer un baiser sur ses lèvres. Ça avance bien ! commenta-t-elle en se retournant pour admirer le mur à moitié peint derrière elle. Ça va être top ! J'me change et j'arrive !"

Elle passa rapidement par la chambre pour se débarrasser de sa tenue de boulot et enfiler un vieux short et un t-shirt, avant de rejoindre Samantha et d'attraper un pinceau à son tour.

"Laisse faire les pros !" lança-t-elle moqueuse en trempant son pinceau dans la peinture.

Pour dire vrai elle était loin d'être une pro du bricolage. Elle n'avait ni la fibre artistique ni la patience et était incapable de construire quoi que ce soit de ses mains. Mais peindre un mur ne devait pas être si compliqué que ça.
Le loyer de leur appartement n'était pas très élevée mais elle l'avait trouvé dans un sale état et vivait dans les travaux depuis un mois. Lauren avait hâte que tout soit terminé, elle préférait de loin quand les choses étaient à leur place plutôt qu'entreposées dans des cartons.

"Ça a été ce matin ?" demanda-t-elle en s'attaquant au bord gauche du mur.

Samantha semblait vraiment se plaire dans son service et Lauren était contente pour elle. Et puis, elle adorait entendre les histoires parfois surprenante de certains patients !


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Samantha donna un grand coup de peinture sur le mur qui lui faisait face et s'écarta un peu pour examiner le résultat. Oui, il n'y avait pas à dire, ce serait bien mieux ainsi qu'avec l'affreux papier peint à fleurs qu'elles avaient arraché. Le choix de la couleur pouvait surprendre, mais cette nuance de vert printanier était jolie et leur rappellerait leur maison, Serpentard.

Déshydratée, avec la chaleur étouffante et les efforts qu'elle faisait, Sam abandonna son pinceau le temps de boire la moitié de sa bouteille d'un trait. La fin de l'été approchait, et pourtant, le soleil n'avait pas l'air au courant, préférant les cuire dans leur petit appartement. A l'approche du 1er septembre, Sam pensait avec nostalgie au Poudlard Express qui s'élancerait bientôt du quai 9 3/4, sans Lauren, Dave et elle à son bord. L'école avait tant représenté pour la jeune femme, élevée comme une moldue, qu'elle passait par une phase de deuil de sa scolarité à Poudlard, fréquente chez les jeunes diplômés. Heureusement, sa nouvelle formation était si prenante - et plaisante - qu'elle n'avait pas tellement le temps de regretter le temps passé.

Son temps libre était quant à lui bien occupé, avec ces travaux qui n'en finissaient pas. En dépit de sa matinée de travail fatigante, Sam avait donc décidé de mettre la main à la pâte et de se mettre à la peinture. Plus vite Lauren et elles finissaient d'installer leur chez-soi, plus vite elles pourraient en profiter...

Sam venait de reprendre son pinceau quand Lauren revint du Ministère, visiblement de bonne humeur. A son éclat de rire, Sam porta machinalement la main à son sourcil et s'esclaffa, en battant des cils :

"Oui, c'est mon nouveau look, tu aimes ?"

Elle accueillit sa petite-amie d'un baiser, avant de se tourner vers le mur avec fierté. Oui, elle avait bien travaillé, mine de rien !

"Ça devrait être pas mal hein ? Mais c'est long, on ira plus vite à deux."

Quelques instants plus tard, Lauren revint justement l'aider, revêtue d'habits qui ne craignaient pas la peinture. Et c'était tant mieux, car sa petite moquerie ne laissa pas Sam de marbre, qui laissa échapper un "tss !" avant de lui envoyer quelques gouttelettes de peinture d'un mouvement de pinceau.

"Hmm, c'était un peu ennuyeux, on n'a eu aucune urgence pendant plus de deux heures... Heureusement qu'Eliott est bavard, il m'a raconté toute sa vie. On a vraiment eu de la chance sur nos tuteurs toi et moi. C'est marrant quand même, d'être tombées sur un couple marié !"

Ils pourraient presque faire des double date avec leurs tuteurs, songea Sam avec un sourire. Cette Charlotte avait l'air aussi agréable et compétente que son compagnon, et Sam trouvait cette famille mignonne, à entendre les histoires d'Eliott sur son épouse et son nouveau-né. Tout en peignant le mur avec soin, elle continua son récit.

"Bon, les choses se sont un peu emballées par la suite, c'est souvent comme ça en fait, toutes les urgences tombent en même temps ! On a eu une sorcière sur le point d'accoucher, au fin fond du Pays de Galles, elle avait le poing tellement serré sur sa baguette qu'elle envoyait des sorts à chaque contraction, je peux te dire que le voyage a été animé !", raconta-t-elle en riant. "J'essayais de l'aider et de la désarmer mais je me suis pris un Rictusempra, alors il fallait lancer un Expelliarmus en riant tout en essayant de compter la fréquence entre les contractions, bref, c'était comique ! Mais Eliott a dit que je m'en étais bien sortie. C'est surtout qu'il a roulé comme un taré pour qu'on arrive avant le bébé !"

Sam secoua la tête en riant à ce souvenir encore frais. C'était aussi cela qu'elle aimait avec son nouveau travail, l'imprévu. Elle ressentirait probablement plus la monotonie lorsqu'elle serait en poste depuis plus longtemps, mais pour l'instant, elle avait au moins une anecdote à raconter à Lauren chaque soir et cela lui plaisait beaucoup.

"Et toi, ta journée ?", s'enquit-elle avec un intérêt non feint. Lauren aussi avait son lot d'histoires à raconter, à découvrir les services de l'ordre en cette période compliquée de l'histoire de leur pays. En plus, le BDA avait un fonctionnement intéressant qu'elle aimait découvrir à travers les anecdotes de la jeune femme...


Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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"Fais attention à toi, je suis experte en lancé de peinture moi aussi ! répondit Lauren en riant quand Sam lui envoya un peu de peinture verte du bout de son pinceau. Elle envoya aussi quelque gouttes en direction de sa petite-amie. Tu as de la chance qu'il faille garder assez de peinture pour finir le mur !"

Joignant le geste à la parole, la jeune femme trempa de nouveau son pinceau dans le pot de peinture, mais pour l'appliquer sur le mur cette fois-ci. Appliquée, elle commença à tracer de larges bandes vertes tout en écoutant Samantha lui raconter sa journée. Elle sourit en l'entendant parler de leurs tuteurs respectifs. C'était vrai que la situation était plus drôle, puisque leurs tuteurs étaient mariés et qu'ils ignoraient qu'elles sortaient ensembles et passaient parfois leurs soirées à commenter leur mariage. Il était arrivé plus d'une fois que Samantha lui raconte que son tuteur était arrivé en retard parce qu'il avait du déposer sa fille chez la baby-sitter à la place de sa femme alors que Lauren avait entendu une version différente dans laquelle il avait plutôt déposé sa fille chez la baby-sitter...en oubliant la fille en question à la maison.

Lauren avait été un peu sceptique en entendant que Sam se retrouvait en binôme avec Eliott Warlock -elle avait entendu ses frères le maudire pendant des années- mais elle devait reconnaitre qu'il avait l'air sympathique, et un peu étourdi. Quoiqu'il en soit, Samantha avait l'air de se plaire dans sa formation et Lauren était heureuse de la voir si impliquée. Ce n'était pas toujours facile pour les lycanthropes de trouver du travail et, même si elle ne lui avait jamais fait part de cette crainte, elle avait eu peur que sa petite-amie ne doive affronter l'intolérance et la peur de la plupart des gens. Elle était soulagée de voir que ce n'était pas le cas.

La jeune femme joignit son rire à celui de l'apprentie ambulancière quand elle lui raconta sa matinée...mouvementée. Elle adorait entendre les récits toujours hauts en couleurs de Sam. Au moins elle ne s'ennuyait pas ! Lauren n'était pas certaine qu'elle se serait plu dans un métier qui impliquait tant de femmes enceintes et de gens blessés, mais elle aimait bien découvrir ce domaine à travers les histoires de Samantha.

"J'aurais voulu voir ça, répondit-elle en riant. Ça a dû être animé comme trajet !"

Animé le bureau des Aurors ne l'avaient pas vraiment été aujourd'hui. Pour autant elle n'avait pas eu le temps de s'ennuyer. Ses supérieurs lui donnaient toujours beaucoup de paperasse à remplir -et elle détestait ça- et elle avait eu droit à deux entrainements aujourd'hui, étant donné le manque d'activité. Mais la plupart des employés avaient mal digéré le fait que la Milice récupère encore une affaire qui aurait du revenir au BDA, et personne n'avait mis de zèle à la tâche.

"Rien de bien intéressant aujourd'hui, répondit-elle sans masquer sa déception. La milice à récupéré l'affaire sur laquelle on travaillait depuis deux jours, celle à Bristol. Ça arrive de plus en plus, continua-t-elle en fronçant les sourcils. Et les raisons pour lesquelles ils les enlèvent au BDA sont loin d'êtres claires..."

Elle n'était évidement pas la seule à voir ça d'un mauvais œil. Beaucoup d'Aurors n'étaient pas vraiment favorables à cette Milice qui semait la discorde dans le département de la justice magique, à commencer par le Lieutenant Meyer.

"C'est quand même ironique, un service de la justice si corrompu !" termina-t-elle, un peu acide, en fixant sans le voir le mur fraichement peint.

A vrai dire, les choses en étaient arrivées à un point où elle en venait un peu à douter de son choix. Quelques mois plus tôt, la carrière d'Auror lui semblait un projet presque évident après avoir abandonné l'idée du Quidditch professionnel. Elle adorait la défense contre les forces du mal, et elle aimait l'idée de faire respecter l'ordre et d’œuvrer pour la justice. Aujourd'hui elle n'était plus tout à fait certaine que sa notion de la justice soit la même que celle défendue par le Ministère. Elle était même plutôt persuadée du contraire. Elle restait parce qu'elle savait qu'il y avait encore des Aurors intègres, mais elle n'était plus aussi emballée qu'avant par l'idée de travailler pour le Minsitère de la magie.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Quand Lauren évoqua l'affaire que la milice avait récupéré aux aurors, Samantha abandonna sa peinture pour se tourner vers sa petite-amie, les sourcils froncés. Cela ne faisait que quelques semaines que Lauren travaillait au Bureau des aurors et pourtant c'était loin d'être la première fois qu'elle lui racontait quelque chose dans ce goût là. Création du FREE, la milice semblait être ce corps de servants fidèles du régime auquel on accordait tous les droits, sous prétexte de lutte contre la résistance et de recherche d'efficacité. Le respect des procédures et surtout des droits des personnes arrêtées était chaque jour un peu plus piétiné par ce régime qui ressemblait de plus en plus à une dictature d'un unique parti, pour la gloire d'un unique homme...

"Ouais, surtout que ce n'est pas la première fois que tu me racontes ça, et tu n'es que stagiaire, imagine ce que savent les lieutenants et qu'ils ne disent pas...", grommela-t-elle, la mine réprobatrice. Sam posa son pinceau dans le pot de peinture avant de s'avancer vers Lauren, pour l'enlacer. Elle savait à quel point la jeune femme pouvait être entière et à quel point il devait lui être difficile de tolérer certains agissements, mais il était important à ses yeux qu'elle continue de prendre sur elle.

"C'est pourquoi le Ministère a besoin de personnes honnêtes et intègres comme toi", affirma-t-elle avant de déposer un baiser sur sa joue. "Moins il y aura de personnes corrompues dans les services d'ordre et plus ils auront de mal à perpétrer ce genre de choses, sans que cela soulève des questions."

Sam songea aux aurors plus expérimentés, en poste depuis des années, voire des décennies, qui se voyaient subtiliser leurs dossiers au profit d'un nouveau corps d'élite. Nul doute que l'atmosphère devait être tendue dans les bureaux, ces temps-ci... Comme dans le reste du pays, d'ailleurs.

"En plus ce n'est pas comme si la corruption s'arrêtait au BDA. On entend des rumeurs aussi, à Sainte Mangouste, et Eliott me raconte des histoires qui posent vraiment question si elles sont vraies... Quand tu vois qu'on peut conduire un de nos patients droit dans les mains de la milice s'il s'avère qu'il s'agit de résistants, ça fait froid dans le dos. Comme si tout le monde n'avait plus droit à la santé, maintenant ! Certains ont le droit à l'hôpital et d'autres, à la prison, ou pire, cet horrible Skye..."

Elle eut une moue réprobatrice et acheva le fond de sa pensée :

"Dire que j'ai voté Marchebank en pensant qu'il était différent des autres ! Au final, c'est le plus corrompu de tous, avec ses pleins pouvoirs. Ce régime commence à avoir tous les aspects d'une dictature."

C'était des propos qu'elle n'aurait jamais laissé tomber dans d'autres oreilles que celles de Lauren, à qui elle faisait une confiance absolue. Que c'était libérateur, par Salazar, de dire ouvertement ce qu'elle avait sur le coeur ! Depuis sa sortie de Poudlard, qui avait parfois tout d'un cocon, Sam se posait de plus en plus de questions - jusqu'à envisager de passer à l'action...



Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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"Hum…" répondit simplement Lauren quand Samantha évoqua tous les problèmes liées à la milice dont elle n’était certainement pas mise au courant du fait de son statut de stagiaire.

Elle ne voulait même pas imaginer. Elle ne savait pas comment faisait ses supérieurs pour prendre sur eux. Parce qu’elle avait beau être tenue à l’écart de ce de genre de discussion, la jeune femme sentait bien que bon nombre de membres du BDA voyait cette Milice d’un très mauvais œil. Et pourtant ils étaient là, à discuter avec eux autours de la machine à café ou pire, à collaborer avec eux sur des dossiers, à leur faciliter la tâche. Elle trouvait cela à la fois terriblement hypocrite et assez intelligent, et ne savait pas si elle serait capable d’autant de retenue.

Lauren, dont tous les muscles s’étaient tendu à l’évocation de ce sujet, serrait son pinceau entre ses doigts au point d’en faire blanchir ses jointures. C’était le genre de chose qui la mettait hors d’elle. Elle ne supportait pas l’inertie et ne pouvait pas concevoir qu’un si grand nombre d’Aurors se méfie silencieusement de la Milice sans rien faire pour l’arrêter. L’étreinte de Sam la força à se détendre et sa remarque lui arracha même un sourire. Heureusement que sa petite-amie était là pour l’apaiser dans ces moment-là, sans elle Lauren aurait probablement claqué la porte du BDA –ou se serait fait jeté dehors– dès les premiers jours.

La soudaine mauvaise humeur de la batteuse aurait presque été dissipée par les derniers mots de Samantha si cette dernière n’avait pas enchainé sur les injustices dont ils étaient témoins à sainte-Mangouste. C'était révoltant ! Lauren ne comprenait pas comment la société pouvait accepter de telles injustices. Les seuls décidés à agir semblaient être ces fameux résistants dont le Ministère parlait comme des terroristes. Il était difficile d'avoir de véritables informations sur ces groupes d'action, pourtant ils étaient de plus en plus attirants aux yeux de la jeune aspirante qui ne supportait plus de rester sans rien faire...Lauren s'était perdue dans ses pensées mais les derniers mots de Samantha la ramenèrent à la réalité.

"Ou on commence seulement à s'en rendre compte..."compléta-t-elle quand Sam assura que le régime de Marchebank ressemblait de plus en plus à une dictature.

A bien y réfléchir, c'était le cas depuis le début, entre les pleins pouvoirs et les arrestations un peu arbitraires qui allaient avec. C'était simplement qu'aujourd'hui les excuses qui pouvaient justifier cela au moment de l'élection de Marchebank ne tenaient plus vraiment, pourtant les choses ne changeaient pas, et peu de gens semblaient vouloir les faire bouger.

"Vous en voyez beaucoup, des résistants ?"

La jeune femme était de plus en plus curieuse vis-à-vis de ce mouvement d'opposition, mais ne savait pas vraiment par où commencer pour s'en rapprocher. Si elle avait une vague idée de qui pouvait en être proche parmi ses collègues du Ministère, elle n'allait certainement pas aller leur poser directement la question, autant démissionner tout de suite ! Dans un cadre autre que celui du Ministère, Sam avait peut-être la possibilité d'avoir des contacts plus faciles et moins risqués avec la résistance.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Méditant les propos de Lauren, Samantha abandonna son pinceau pour aller s'adosser contre le canapé du salon. Il lui avait été difficile, au départ, de critiquer le régime mis en place par un parti et un homme pour lesquels elle avait voté, comme d'ailleurs la plupart de ses amis et beaucoup de jeunes sorciers. Oui, la jeunesse anglaise avait cru en Marchebank, ce sang-pur grisonnant au nom bien connu et à la fortune ronflante, sur la simple base de son programme, de ses idées et de son charisme ! Ils avaient fait l'erreur de croire que Marchebank serait celui qui apporterait enfin un - bon - changement. Oh, des changements, il en avait apporté, mais des bons ? Pas d'après Sam...

Elle avait été la première à décrier les modifications apportées à la cité Nimbus, qui à ses yeux ressemblaient plutôt à une dénaturation. Elle qui s'était battu de toutes ses forces contre la fin de la Consumeuse et contre la destitution de la famille de Jordan n'avait pu s'empêcher de ressentir un malaise teinté de culpabilité lorsque Lawrence Nimbus de Pompadour avait été la première victime de la restitution de la peine de mort... Quant aux avancées juridiques pour les loups-garous, elles étaient notables mais ne suffisaient pas à elles seules. La lycanthrophobie était profondément ancrée dans la société anglaise et ce n'était qu'un premier pas, positif certes, mais pas la révolution fantastique dont le FREE se vantait allègrement. Mais tout cela n'était rien, de simples erreurs politiques en comparaison de Skye et des mille-et-une façons par lesquelles la démocratie était piétinée, et les pouvoirs de l'exécutif accrus.

La question de Lauren la ramena bien vite à la réalité. Redressant la tête, elle engloba Lauren d'un regard pensif. Sam répondit finalement avec honnêteté, non sans une certaine hésitation :

"On n'en voit pas, non, jamais, je n'ai jamais été appelée sur les lieux d'un combat contre la résistance... D'après Eliott, ils auraient leur propres moyens de se soigner...", souffla-t-elle avec précaution, avant de révéler : "Eliott me semble bien informé des faits et gestes de la résistance."

Plus que bien informé, Sam savait désormais que son tuteur en faisait partie, mais ce n'était pas une confidence qu'elle pouvait faire sans s'assurer au préalable que son apprentie auror de petite amie n'était pas défavorable à l'idée. Oh, Sam n'avait pas trop de doutes à ce sujet, connaissant tant la personnalité de Lauren que ses opinions politiques. Mais on n'était jamais trop prudent ces temps-ci, même avec ceux qu'on aime... Cette façon de tâter le terrain n'était pas innocente de la part de Samantha. Discuter avec Eliott au détour de leurs gardes en ambulance avait ouvert toutes sortes de perspectives...



Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Lauren avait abandonné tout activité de décoration et fixait sans la voir le mur à moitié vert, les bras ballants. Son pinceau plein de peinture laissait régulièrement tomber une goutte sur la bâche en plastique à ses pieds mais elle ne s'en préoccupait pas, trop occupée à ruminer. Il était toujours difficile de reconnaitre qu'on avait eu tort, qu'on s'était fait avoir, surtout quand on était Lauren McGowan. Mais c'était un fait, elle avait bêtement cru aux belles promesses de Marchebank, comme tant d'autres.

Pourtant il n'avait rien de plus ou de moins que les autres, finalement. Un sang-pur d'une cinquantaine d'années, une fortune colossale, une femme qui aurait pu être sa fille, le tableau du politicien véreux était plutôt bien dressé, mais elle avait voulu y croire. Il parlait bien, il avait de bonnes idées, et n'avait pas froid aux yeux. Il y avait de belles réformes dans son programme, et il n'avait pas hésité à bousculer l'ordre établi. Ça lui avait plu et Lauren lui avait donné son vote sans hésiter.

Elle se souvenait parfaitement de la rentrée dernière, ils venaient à peine de retrouver leur salle commune, avec Sam et Dave, et elle se vantait déjà d'avoir pu voter Marchebank alors que ses deux amis étaient trop jeunes au moment des élections. Elle était plutôt fière d'elle, ce jour-là, maintenant elle se trouvait bien stupide ! Ils étaient persuadés que ce serait génial, qu'avoir le fils du nouveau Ministre au sein de leur petite bande leur faciliterait la vie et qu'ils n'auraient plus qu'à en profiter. Ils n'auraient pas pu se tromper davantage.

La réponse de Samantha la tira de ses pensées et Lauren abandonna définitivement son pinceau dans un pot de peinture pour s'adosser contre la partie encore sèche du mur, les bras croisé. Elle secoua la tête, écœurée, quand la jeune femme expliqua que les résistants devaient avoir leurs propres moyens de se soigner. Forcément. S'ils avaient dû se rendre à Ste-Mangouste on les aurait probablement envoyé à Skye, ce soit-disant centre de santé ou de réhabilitation. Et certains d'entre eux n'en seraient peut-être jamais ressortis...

Elle redressa la tête et observa Samantha avec curiosité quand celle-ci affirma que son tuteur semblait particulièrement bien informé sur les faits et gestes de la résistance. Lauren avait grandi en entendant ses deux frères maudire et détester Eliott Warlock, mais elle pouvait aisément mettre de coté ce qui n'était qu'une rivalité due au Quiddicth s'il pouvait être leur entrée dans la résistance.

"Bien informé comment ? s'enquit-elle. Tu penses qu'il en est ? Qu'il pourrait nous en dire plus ?"

Lauren réalisa alors qu'elle parlait peut-être un peu vite. Après tout, elles n'avaient vraiment évoqué la question avec Samantha. Elle connaissait tellement sa petite-amie, son tempérament et ses convictions qu'elle ne s'était pas posé la question, pourtant elle méritait d'être posée. Sam s'était déjà battu, contre la consumeuse, et ça n'avait pas été facile, peut-être qu'elle était fatiguée, peut-être qu'elle en avait marre.

"Je veux pas te pousser ou t'entrainer à quoi que ce soit, s'empressa-t-elle d'ajouter en s'approchant de Samantha. Mais j'en peux plus de ne rien faire. Elle se laissa tomber sur le canapé à coté de la jeune femme. Je sais pas vraiment comment, ni à quel point, mais j'ai envie d'essayer de faire quelque chose pour arrêter ça ...pas toi ?"

Elle était même certaine de vouloir se rendre utile, elle ne pourrait pas vivre en sachant qu'elle avait laissé les choses se faire sans même essayer d'intervenir. Mais c'était un peu compliqué de prendre ce genre de décision, particulièrement quand elle pensait à leur meilleur-ami commun. Comment pourraient-elles rester amies avec Dave et lutter contre le régime de son père ? C'était difficile à imaginer...


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Sam sentit son pouls s'accélérer. Ca y est, elles y étaient, à ce sujet auxquels elles pensaient visiblement toutes les deux depuis un moment sans jamais l'avouer. Sam avait beaucoup réfléchi ces derniers temps, et pourtant, si son instinct et ses tripes lui disaient clairement dans quelle direction aller, son esprit restait confus. Sam avait peur, tout simplement, peur de ce tromper, peur de ce qui pourrait leur arriver.

Il y a quelques semaines à peine, elles ne pensaient qu'à passer leurs ASPICS, et voilà que la réalité les avait déjà rattrapées.

"Je... Oui", répondit-elle avec prudence. "Moi aussi j'ai envie de faire quelque chose, mais quoi ? Et comment ? On n'a que 17 ans, on ne sait pas se battre... Je sais, ils n'avaient que dix-sept ans à la bataille de Poudlard, c'est l'exemple qu'on donne toujours pas vrai ?", dit-elle avec un petit rire nerveux, tout en bloquant une mèche blonde derrière son oreille. Oui, mais la guerre était venue jusqu'à eux, et c'était encore une démarche différente que d'aller au devant des combats. N'est pas Harry Potter qui veut.

"C'est vrai qu'on n'est pas obligées de se battre forcément non plus. Je pourrais simplement aider Eliott avec son ambulance, faire des actions de soutien comme lui..."

Réalisant qu'elle était en train de réfléchir tout haut, Sam adressa un regard coupable à Lauren avant d'avouer du bout des lèvres : "Oui, il en est. Il s'est vite rendu compte que je partageais sa vision des choses, du régime, et puis on a parlé aussi de ce que j'ai fait avant, de la Consumeuse, du rapport Nimbus... Mais..."

Samantha hésita un court instant à dévoiler le fond de sa pensée, mais ses doutes étaient trop profonds, et l'engagement avait beaucoup trop de sens pour qu'elle se taise. En dépit de leur statut de Serpentardes, Lauren et elle avaient parfois un peu trop tendance à agir sans réfléchir, fonçant tête baissée et se souciant trop tard des conséquences. Pas cette fois. Il n'y avait pas de choix plus important à faire que celui-là, celui du positionnement que l'on avait par rapport à un régime qui tournait lentement mais sûrement à la dictature, en plongeant tout un pays dans l'oppression. La collaboration, la passivité, la désapprobation silencieuse, l'action discrète, l'opposition franche ? Qu'étaient-elles prêtes à risquer, jusqu'où pouvaient-elles aller, étaient-elles bien certaines de ce qu'elles savaient ou non ? N'étaient-elles pas manipulées, par une partie ou l'autre, ou par les deux ? Autant de questions qu'elles devaient se poser avant de faire quoi que ce soit.

Pourtant, en son for intérieur, Sam savait ce qu'elle avait envie de faire, et devinait que cette volonté était partagée. Une fois encore, Lauren et elle agiraient de concert, et elle pressentait ce qui sortirait de cette conversation. A vrai dire, elle aurait même pu en parier sur l'issue, mais elle jugeait néanmoins important qu'elles aient cette discussion, au moins une fois. Il fallait dire ces choses là.

"Comment savoir si on doit vraiment faire ça ? Comment savoir si c'est bien la résistance qu'il faut soutenir ? Et quelle résistance ? Je veux dire... Marchebank... Ce n'est pas Voldemort. C'est vrai qu'à cause du FREE il se produit des choses terribles, Skye et tout ça, mais... et si une nouvelle guerre se produit ? Comment savoir si encore plus de mal ne va pas en ressortir ? Et puis.."

Sa voix mourue et un léger silence suivit ses propos. Du bout des lèvres, son regard incertain sondant celui de sa petite-amie, Sam finit par livrer la véritable raison de ses inquiétudes :

"Et puis, il y a Dave."


Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Samantha confirma ce que Lauren avait imaginé en lui répondant qu'elle aussi ressentait le besoin de rejoindre la résistance. Elle ne tarda d'ailleurs pas à lui avouer qu'Eliott en faisait partie, ce qui pouvait s'avérer utile. La jeune femme se demanda si le lieutenant Meyer en faisait partie aussi, ce ne serait pas étonnant qu'elle partage les convictions de son mari après tout. Elle se promit d’essayer d’en savoir plus et de faire attention aux moindres détails pouvant confirmer cette hypothèse.

-Je...Je sais pas... répondit-elle, désemparée, face aux hésitations légitimes de sa petite-amie. Je pense qu'on ne pourra jamais être vraiment sures que c'est le bon choix, mais...Je sens qu'il faut que je le fasse.

Lauren n'avait jamais su faire les choses à moitié. Elle ne faisait pas partie de ces gens qui parvenaient à toujours conserver une certaine mesure. Quand elle se lançait dans quelque chose, elle le faisait pour de bon. Elle était dans la vie comme elle était dans le sport, à toujours chercher à se donner plus, à faire plus fort, plus rapide. Elle avait besoin d'aller au fond des choses, besoin de tout donner pour atteindre ses objectifs. Elle détestait abandonner autant qu'elle détestait perdre et n'était satisfaite que lorsqu'elle avait donné son maximum.

Elle se connaissait et savait que si elle s'engageait dans la résistance elle s'y impliquerait sérieusement et irait aussi loin qu'il le fallait. Mais saurait-elle s'arrêter avant d'aller trop loin ? Et puis, c'était où exactement, trop loin ? Si elle était certaine de vouloir s'opposer au régime, elle ne savait pas vraiment ce qu'elle était prête à faire, concrètement. Qu'était-elle prête à faire et à sacrifier dans cette lutte ? Serait-elle capable de mettre sa vie et celles d'autres en danger au nom d'une cause qu'elle pensait juste ? Elle n'en savait absolument rien, elle avançait à l'aveuglette. Et pourtant, elle n'avait aucune envie de s'arrêter ou de faire demi-tour. Elle progressait dans le brouillard mais dans la bonne direction, ça elle en était persuadée. Il s'agirait simplement de ne pas se perdre en chemin, et elle pouvait compter sur Sam pour l'aider.

A deux, elles trouveraient leur place au sein de la résistance, Lauren lui faisait confiance pour ça, persuadée que le sens moral de sa petite-amie était plus fiable que le sien. Celle-ci ne tarda d'ailleurs pas à évoquer la première question à laquelle elles devraient répondre : Dave.

- Et puis il y a Dave...répéta-t-elle dans un soupir.

Elles ne pouvaient pas décider de s'engager dans la résistance en faisant comme si elles n'étaient pas les meilleures-amies du fils du dictateur. Evidemment, il était hors de question d'en parler à Dave. Mais Lauren ne se sentait pas capable de faire ça dans son dos. Pourrait-elle seulement encore le regarder dans les yeux en sachant qu'elle complotait en secret pour la destitution de son père ?

- J'sais pas si je pourrai lui mentir, avoua-t-elle d'une voix faible. Mais...sa voix s'étrangla et elle se tut.

Mais elle n'était pas prête à faire sortir Dave de sa vie. Pourtant c'était inévitable, cela finirait nécessairement par arriver d'une façon ou d'une autre, mais elle n'était même pas prête à l'admettre. Dave comptait plus pour elle qu'elle ne lui avait probablement jamais dit. Lui et Samantha étaient les seuls à jamais avoir cherché à voir au-delà de son attitude parfois agressive et de sa carapace de mauvaise humeur, et elle ne les remercierait jamais assez pour cela. Elle aurait fait n'importe quoi pour eux.

Elle était celle qui avait toujours défendu leur trio d'associable contre les imbéciles de l'école, à coup de batte ou de remarques cinglantes. Elle se plaisait dans le rôle de grande sœur protectrice mais la vérité était qu'elle n'était pas certaine d'être la plus forte des trois. Et si elle avait finalement plus besoin d'eux qu'ils n'avaient besoin d'elle ? Elle sentit sa gorge se nouer et refoula la vague de tristesse qu'elle sentait arriver alors qu'elle repensait à leur année à Poudlard. C'était il y avait seulement quelques mois et pourtant cela lui paraissait déjà appartenir à une autre vie.

- Y a pas trente-six solutions...souffla-t-elle finalement, le regard vague.

C'était fini. Il ne servait à rien de chercher une solution à ce problème, il n'y en avait pas. Si elles décidaient de rejoindre la résistance, elles devaient dire au revoir à Dave. C'était aussi simple que ça. Lauren n'avait pas envie de faire ce choix, elle aurait voulu pouvoir allier les deux mais ce n'était pas possible, pas sur le long-terme, et ce serait hypocrite. Elle n'était pas comme ça. Dave ne méritait pas ça. Elles non plus elles ne le méritaient pas. Ils auraient dû pouvoir rester amis sans que leurs convictions politiques ne les séparent de façon si brutale. Pourquoi leur amitié était-elle condamnée à éclater ? Pourquoi fallait-il que Dave soit le fils de Léopold Marchebank ?

La jeune femme attrapa sa tête entre ses mains, incapable de dire tout haut ce qui la tourmentait intérieurement. Elle n'avait jamais été douée pour ça. Elle le détestait, Marchebank senior. Elle le détestait depuis longtemps déjà, pour ce qu'il faisait du pays, pour ses décisions politiques, mais maintenant elle le haïssait personnellement. Elle lui en voulait simplement d'être qui il était, le père de Dave, et de la priver de son meilleur-ami en se comportant comme un dictateur sans scrupule. La tristesse qu'elle avait pu ressentir plus tôt se muait lentement en une rage froide qu'elle accepta bien plus facilement. La colère elle connaissait, et elle pouvait en faire quelque chose. Une motivation supplémentaire à anéantir le régime du FREE ne serait pas de trop.

- Il va falloir choisir entre Dave et la résistance, laissa-t-elle finalement tomber d'une voix dure sans parvenir à regarder Samantha dans les yeux.

Et elle avait fait son choix, songea-t-elle en serrant les dents et les poings pour refouler les larmes qui lui montaient aux yeux.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Les yeux clairs de Samantha ne quittaient pas sa petite amie, espérant trouver auprès d'elle une solution, un guide. Il devait bien y avoir un moyen de concilier leur amitié avec le fils du ministre et leur engagement en résistance, non ? Il avait beau être un Marchebank, Dave n'avait rien de son père, et il n'était pas responsable de ses agissements politiques. Le choix que les deux jeunes femmes faisaient n'avait rien à voir avec lui, il devrait bien s'en rendre compte, n'est-ce pas ?

Pourtant, Sam avait beau vouloir y croire de toutes ses forces, elle voyait bien toutes les émotions négatives qui défilaient sur le visage de Lauren. Cette dernière n'avait pas de solution miracle à lui fournir, et elle savait pertinemment que leur engagement en résistance et leur amitié avec Dave seraient difficiles, voire impossible, à concilier. Cela impliquerait qu'un mensonge s'infiltre entre elles et lui, et quel mensonge ! Dave leur en avait déjà tenu rigueur lorsqu'elles lui avaient dissimulé leur couple, alors qu'elles complotent contre son propre père ? Non, il ne pourrait pas comprendre, et encore moins le leur pardonner. Alors il ne devait pas savoir. Il serait indispensable d'instaurer une distance entre eux, sans quoi leur attitude lui apparaîtrait forcément louche... Oui, la séparation semblait indispensable, et pourtant, cette issue lui semblait intolérable.

Sa gorge se serra lorsqu'elle entendit le ton de Lauren se durcir, comme si elle s'apprêtait à accepter l'inacceptable. Sa dernière question fit monter les larmes aux yeux de Sam, qui saisit son bras en un geste de protestation.

"Non, il doit bien y avoir un autre moyen !", implora-t-elle en cherchant à capter le regard de sa petite-amie. "C'est notre meilleur ami depuis sept ans, on ne peut pas... On ne peut pas choisir de lui tourner le dos, comme ça, du jour au lendemain !"

Il devait y avoir une solution à cette impasse, tout simplement parce qu'elle refusait d'en accepter l'issue. Son coeur se serra à l'idée de perdre son meilleur ami, et des larmes d'impuissance coulèrent sur ses joues. Ils avaient été trop soudés pendant trop longtemps, et Dave les avaient soutenus à travers tant d'épreuves ! Il avait été là pour elle après sa transformation, face au regard des autres, et était encore présent chaque mois lorsqu'elle en avait besoin. Comment pourrait-elle le laisser tomber en retour ? Pourtant, Sam n'était pas d'avantage prête à rester passive face à la dictature que son père mettait en place.

Elle lâcha le bras de Lauren et essuya les larmes qui roulaient sur ses joues, pour venir s'asseoir sur le canapé, dépitée.

"Peut-être qu'on peut réussir à concilier les deux. Si on prend simplement un peu de distance avec Dave... Peut-être que ça peut fonctionner ?", proposa-t-elle sans vraiment y croire elle-même. Peut-être même que Dave finirait, de lui-même, par réaliser qu'il ne pouvait soutenir plus longtemps les exactions du gouvernement. Peut-être qu'il choisirait leur camp. Cet espoir lui sembla si déraisonné qu'elle réalisa à quel point elle se voilait la face...

"Tout dépend de quel camp il va choisir, finalement", souffla-t-elle, les épaules basses. "Mais je crois que tu as raison et que si on est réalistes, s'engager en résistance, ça veut dire le perdre... Je suppose que c'est le prix à payer, alors, car c'est évident que nous on l'a choisi, ce camp."

Et combien de fois encore devrait-elle payer le prix de ses convictions ? Parfois, dans des instants comme celui-là, Samantha se détestait. Elle aurait voulu être de ceux qui prennent sur eux et laissent filer, ceux qui font le dos rond et attendent que ça passe, mais non, ce n'était pas qui elle était. Elle était une indignée, une révoltée, incapable d'accepter des injustices sans tenter de se dresser contre elle. Et pourquoi pas ? Elle n'était plus à ça prêt, après tout ce qu'elle avait vécu ces dernières années. Sam devait se lancer dans cette bataille, en espérant que ce serait la dernière. Et elle n'était pas seule. Elle avait Lauren avec elle.


Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Lauren détourna le regard pour ne pas affronter les yeux larmoyants de Samantha, consciente que ses mots durs en étaient les seuls responsables. Les larmes de sa petite-amie étaient le reflet de sa propre détresse et elle sentait sa détermination vaciller. Pourtant elles savaient l'une comme l'autre que ce choix devait être fait.

"Je sais ! répondit-elle un peu brusquement quand Sam lui rappela que Dave était leur meilleur-ami depuis sept ans. Pardon...souffla-t-elle plus doucement en posant finalement les yeux sur le visage de la jeune femme. Je sais, reprit-elle. Mais alors quoi ? Qu'est-ce qu'on peut faire d'autre ?"

Elle avait retourné le problème dans tous les sens, depuis bien plus longtemps qu'il n'y paraissait. Déjà l'année dernière à Poudlard cette question la tourmentait. Elle avait cherché, encore et encore, un moyen de préserver leur amitié avec Dave tout en s'impliquant activement dans la résistance, et il n'y en avait pas. Bien sûr, elles pouvaient se mentir, se cacher, se faire distante, se contenter de quelques lettres qui deviendraient de plus en plus rare. Mais Lauren ne voulait pas d'une amitié comme ça, elle voulait que les choses restent comme elles l'avaient toujours été. Elle voulait une amitié authentique, confortable. Une amitié dans laquelle ils pouvaient tous les trois être pleinement eux-mêmes, avec leurs qualités et leurs défauts. Une amitié solide, et vraie. Mais ça elle ne l'aurait plus, et elle avait commencé à en faire le deuil.

Au fond, son choix était fait depuis longtemps. Elle avait repoussé autant que possible le moment où elle devrait l'assumer et en parler à Samantha, mais elle avait pris sa décision. C'était au tour de Samantha de faire de même maintenant. Lauren avait le désagréable sentiment de lui imposer ce choix et elle s'en voulait terriblement. Sa petite-amie était de nature plus optimiste qu'elle, et peut-être se serait-elle accordée plus de temps avant d'affronter ce dilemme. La batteuse avait l'impression de lui forcer la main et elle s'en voulait. Avec un soupir, elle rejoignit la jeune femme sur le canapé et essuya ses joues humides du bout de son pouce avant d'attraper sa main.

"On peut essayer..." répondit-elle sans y croire tandis que Samantha suggérait de simplement prendre un peu de distance avec Dave.

Cette distance grandirait nécessairement avec le temps, elles lui cacheraient de plus en plus de choses, et leur amitié finirait par s'éteindre. C'était inévitable. L'optimisme de Samantha, quand elle ajouta que tout dépendrait du choix de Dave, lui serra le cœur. Elle aurait voulu avoir encore autant d’espoir, mais ce n'était pas le cas. Elle savait que Dave était intelligent, et qu'il faisait plutôt preuve de clairvoyance en général, mais elle sentait que ce serait différent cette fois-ci.

"Je pense que son choix est fait...soupira-t-elle en baissant les yeux. Non ?" Pouvaient-elles encore espérer que Dave tourne le dos à son père et les suive sur le chemin de la résistance ? Lauren en doutait.

"Je...On en a parlé, un jour. C'était à Poudlard, y a un moment, et les choses étaient différentes mais...Elle haussa les épaules. C'est son père, il peut pas être objectif..."

Elle se souvenait bien de cette conversation, qui marquait le jour à partir duquel elle avait commencé à douter de la survie de leur amitié, et qui lui avait laissé un goût amer. Quel gâchis ! C'était tellement dommage et tellement injuste, qu'elles doivent se séparer de leur meilleur-ami à cause de ça. Elles n'avaient rien à lui reprocher, Dave avait toujours été un ami exemplaire. Et s'il avait été à leur place, Lauren se demandait s'il aurait été capable de prendre la même décision. Il était si présent pour elles, si loyal, les aurait-il abandonnées contre la défense de ses convictions ? Certainement que non. La culpabilité sur ses épaules s'alourdit brusquement et, pour la énième fois, Lauren se demanda si elle n'était pas en train de faire la plus grosse erreur de sa vie. Elle serra la main de Samantha dans la sienne, pour se donner le courage d'assumer ses choix, leurs choix.

"Tu penses qu'il nous pardonnera, un jour ? Quand tout ça sera fini ?"

Elle ne savait même pas ce qu'elle voulait dire par "tout ça", le régime de Marchebank ? Sa vie ? La dictature du FREE ? Est-ce que tout ça finirait un jour, et comment ? S'il devait y avoir une fin, elle pourrait difficilement être heureuse pour Dave. Réussiraient-ils, avec le temps, à reconstruire leur amitié, et à retrouver ce qu'ils avaient perdu ? Lauren avait besoin de se dire que c'était possible, mais elle n'y croyait pas vraiment. Leur décision aujourd'hui mettrait un terme à leur amitié. Irrévocablement.



Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Samantha serra fort la main de Lauren dans la sienne, puisant du courage dans cette étreinte. Et du courage, il lui en fallait pour affronter la dure réalité que sa petite-amie essayait de lui faire accepter. Les propos de Lauren achevèrent de détruire ses maigres illusions, d'autant plus lorsqu'elle lui révéla avoir déjà discuté de ces sujets avec leur ami. Ainsi, Dave prendrait le parti de son père, quoi qu'il advienne...

C'était dur à avaler, non seulement parce que cela signifiait le perdre, mais aussi parce que cela entachait l'estime que Sam avait de son meilleur ami. Elle avait beau tenter de le comprendre, elle n'y parvenait pas totalement : ne voyait-il pas de quoi son père était capable ? L'amour filial était-il vraiment fort, inébranlable au point de soutenir une dictature ? Pourtant, Sam savait ce que c'était que de s'éloigner d'un parent et de devoir condamner ses faits et gestes. Et elle l'avait fait, pas plus haute que trois pommes, à onze ans seulement pour plonger dans un monde merveilleux, de magie et de créatures fantastiques - Quitte à en perdre sa maman. Que Dave soit prêt à choisir sa famille, quitte à laisser ce monde courir à sa perte, dépassait son entendement. C'était un choix égoïste.

"Tu as sans doute raison...", soupira-t-elle avant d'émettre une grimace quand Lauren l'interrogea. Le pardon ? C'était à son tour de se montrer sceptique.

"Tu sais, s'il ne décide pas de lui-même de se séparer de son père et de dénoncer sa politique... Je ne vois pas comment il peut nous pardonner d'entrer en résistance. J'aimerais vraiment qu'il comprenne mais je crois qu'il faut être réaliste... De toute façon, ça risque de mal se finir, pour eux ou pour nous alors..."

De bien sombres pensées envahissaient l'esprit de Sam quand elle pensait à cette fameuse issue. De happy end, il n'y aurait pas, le mieux qu'elles puissent espérer était de voir Marchebank rendre de lui-même les pleins pouvoirs une fois son mandat écoulé - mais les chances étaient maigres et tous le savaient. Une guerre civile se préparait et elles n'avaient plus qu'à tout faire pour que leur camp gagne et que leur couple survive. Elle ne voyait pas comment une amitié avec Dave Marchebank pouvait trouver une place dans un tel tableau.

Ce genre de pensées l'emplissait d'une peur indicible pour son avenir, pour son futur. Elles étaient si jeunes, elles débutaient leur vie professionnelle, elles commençaient tout juste à entrer dans l'âge adulte, à se découvrir, à s'aimer. Qu'elles puissent perdre tout cela l'emplissait d'une terreur incommensurable, mais en même temps, avaient-elles réellement le choix ? La perspective d'une vie libre et choisie n'était plus qu'un fantasme tant que le FREE était au pouvoir. Et Sam était membre de trop de minorités pour se laisser aller à employer la technique de l'autruche...

Alors la seule technique à adopter était de prendre chaque jour après l'autre. Ne pas penser au long terme, ignorer l'angoisse qui lui tordait les entrailles et s'accrocher à ses valeurs sures : ses proches, ses rêves et ses valeurs.

"Promet-moi qu'on restera ensemble, quoi qu'il arrive", souffla-t-elle en suppliant sa petite-amie du regard. "Promet-moi qu'on ne laissera rien nous séparer. Perdre Dave sera horrible, mais... Je peux tout affronter tant qu'on reste ensemble."

Le cas contraire... Elle se sentirait perdue comme un vif d'or en pleine tempête...


Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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"On sera perdantes quoiqu'il arrive... commenta-t-elle avec ironie quand Samantha souligna que cela ne pouvait que mal se finir, pour le pouvoir ou pour la résistance. Voilà qui est encourageant..." Elle laissa échapper un éclat de rire triste et attrapa sa tête entre ses mains, entremêlant ses doigts dans ses épais cheveux bruns, à défaut de pouvoir se raccrocher à autre chose.

C'était une histoire qui ne pouvait que mal se finir, elles le savaient toutes les deux. Quoiqu'il se passe, elles auraient perdu un meilleur ami dans la bataille, mais à quel point allaient-elle devoir sacrifier Dave ?

Sam avait raison, Dave ne les pardonnerait pas. Elles luttaient contre son camp, contre son père, et contre lui. Lauren pouvait se résoudre à ça. Elle en souffrirait, beaucoup, trop, mais elle pouvait faire ce choix. Elle avait choisi de sacrifier son amitié avec Dave. Ce serait difficile, douloureux, mais elle serait capable de trahir son meilleur-ami, perdre sa confiance, et ne plus jamais la retrouver. Elle le supporterait. Mais jamais elle ne pourrait lui faire de mal, physiquement. Et que se passerait-il, un jour, quand la résistance s'en perdrait à lui ?

Elle n'était pas dupe, elle ne connaissait pas encore les résistants mais elle se doutait qu'ils n'étaient pas que des enfants de cœur prêts à défiler dans les rues avec des pancartes. C'était une guerre civile qui les attendait. Et à la guerre tous les coups étaient permis. Combien de temps faudrait-il, avant que l'on ne s'en prenne aux proches du Ministre ? Avant que cette résistance qu'elles voulaient rejoindre ne fasse du mal à leur meilleur ami ? Elle ne pourrait pas laisser ça arriver, jamais. Personne ne touchait à une seule bouclette de Dave sans avoir affaire à elle ensuite, ça avait toujours été comme ça. Mais elle ne pourrait pas le protéger, pas cette fois.

La victoire de la résistance signifiait la défaite du FREE, sa disparition, d'une façon ou d'une autre. Si Lauren et Sam faisaient la distinction entre Dave et le FREE, il y avait fort à parier que d'autres résistants ne s'encombraient pas de ce genre de détails. Un Machebank était un Marchebank. Un Marchebank était à éliminer. En rejoignant la résistance elles se battraient aux côtés de gens pour qui Dave était une cible idéale. Et ça Lauren n'était pas certaine de pouvoir le supporter. Comment pourrait-elle rester loyale à ces gens qui voulaient du mal à son meilleur-ami ?

Elle avait protégé Dave contre tous les imbéciles de l'école, elle avait reçu et donné des coups pour le venger des moqueries de leurs camarades. Et elle s'était promis, à cette époque là, de toujours le protéger contre ceux qui lui feraient du mal. Et aujourd'hui elle manquait à cette promesse, parce qu'elle était ces gens qui lui voulaient du mal. Elle ne se battait plus pour lui mais contre lui. Quel genre d'amie était capable de ça ?

"Si ça se finit mal pour eux...commença-t-elle d'une voix enrouée. Je ne veux pas que ça se termine mal pour Dave, ça ne doit pas arriver... On ne laissera pas ça arriver, affirma-t-elle avec conviction. Personne ne fait de mal à Dave."

C'était illusoire, de vouloir lutter aux côtés de la résistance tout en protégeant le fils du dictateur de cette même résistance. C'était impossible, certainement. Mais tant pis, elle essaierait. Elle ferait tout ce qui était en son possible, et plus que ça. Elle pouvait trahir Dave, mais elle ne l'abandonnerait pas. Elle se battrait pour lui, contre son propre camp s'il le fallait.

"Bien sûr qu'on restera ensemble ! répondit-elle en attrapant la main de sa petite-amie et en la serrant dans la sienne. Quoiqu'il arrive, je te le promets. Moi aussi..." souffla-t-elle en détournant le regard quand Samantha assura qu'elle pouvait tout affronter tant qu'elles étaient ensembles.

Elle aurait voulu pouvoir l’affirmer avec autant de conviction, mais elle n'y parvenait pas. Parce que c'était faux. Elle savait qu'il y avait des choses qu'elle n'arriverait pas affronter. Et des choses qui, malheureusement, risquaient de se réaliser plus vite qu'elle ne le craignait.

"Je suis plutôt têtue dans mon genre, crois-moi, tu n'es pas prête de te débarrasser de moi, reprit-elle en relevant les yeux vers sa petite-amie, un faible sourire aux lèvres, dans l'espoir d'alléger un peu l'atmosphère. Il semblerait qu'on soit condamnées à se supporter un moment..."

Et heureusement. Elle avait le sentiment d'être complètement perdue entre toutes ses convictions contradictoires, elle ne savait plus quoi penser, et elle doutait de chacun de ses choix, elle avait besoin de certitudes auxquelles se raccrocher, et Sam en faisait partie.  
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Our house [Samantha-Lauren]

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