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 Adventure of a lifetime [Leopold + Dave]

Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Samedi 15 Août 2009, chambre privée de l'hôpital Sainte-Mangouste

Ce moment très précis, Rosaleen l'avait attendu depuis longtemps. Des semaines, des mois, des années ? Elle ne savait même plus. Mais alors qu'elle tenait son premier enfant contre elle, elle avait en elle la certitude de la parfaite justesse de ce moment. C'était l'accomplissement de quelque chose qu'elle avait toujours voulu, fonder une famille et cela se réalisait en cette journée d'été. Un petit garçon au visage rond et rouge, ses poings tout serrés contre lui. Nicholas Regulus Dave Marchebank, premier du nom, premier né de sa mère, on-ne-sait-pas-combientième-né-de-son-père. Les yeux fixés sur son bébé, Rose ne parvenait pas à effacer complètement de son esprit les tensions des dernières semaines entre Leopold et elle. Elle appréhendait à vrai dire le tête-à-tête qui allait suivre mais qui était bien évidemment inévitable : c'était son fils à lui qu'elle tenait dans ses bras.

Les raisons de leurs disputes du dernier mois étaient en lien avec sa paternité, mais pas au sujet de celle de Nicholas. La révélation des enfants cachés de son mari avait fait un choc à Rosaleen, qui le vivait comme une sorte de trahison. Il n'avait non seulement pas été honnête avec elle, alors qu'elle le pensait, mais pas non plus avec sa famille ou même avec son fils. Ces adultères avaient beau être ceux de Meredith Marchebank, il était inévitable que Rosaleen se questionne sur les propres liens de leurs mariages. Il ne s'agissait même pas d'une simple erreur isolée due à un désamour entre les deux anciens époux mais à deux filles nées de liaisons. Et Leopold avait beau prétendre que c'était différent, que c'était avec Meredith, qu'elle le trompait aussi, Rosaleen en était blessée. S'il avait trompé son ancienne épouse, qu'est-ce qui l'empêchait bien de la tromper elle dans les années à venir ? Toute cette histoire avait causé entre eux de vives dissensions et Rosie avait passé le dernier mois de sa grossesse à battre froid son mari, bien peu réceptive aux tentatives de rapprochement de ce dernier.

Mais elle ne pouvait pas continuer à agir ainsi alors que leur bébé était enfin né. Les contractions s'étaient déclenchées dans la soirée, s'étaient poursuivies dans la nuit et Nicholas était né aux premières lueurs du jour, avec ses grands yeux déjà verts. On lui avait enfilé un pyjama, enroulé dans une couverture dans les bras de sa mère, après que les infirmières et infirmiers l'aient entouré de soins, ainsi qu'elle. Elle avait essayé d'anticiper l'épreuve de l'accouchement mais rien ne préparait vraiment à cette douleur-là... C'était bien parce qu'elle avait Nicholas tout contre elle qu'elle prêtait peu attention aux élancements qu'elle ressentait. La moitié du pays devait déjà être au courant de la naissance du fils du Ministre de la Magie, songea-t-elle en caressant du bout du doigt le tout petit nez de son bébé. Elle l'avait bien vu dans le regard des Médicomages, alors qu'ils la laissaient seule avec son bébé pour la toute première fois depuis la naissance. Installée dans une immense chambre au fond d'un couloir de la maternité, sa porte gardée par des services de sécurité, elle profitait de cet instant de calme pour scruter chaque détail de son bébé, comme avant que la frénésie autour d'eux ne recommence.

Depuis que le travail avait commencé, elle n'avait eu de cesse de penser à sa propre mère. Cela faisait des années qu'elle était partie mais l'écho qu'elle avait ressenti à cet instant précis avait été brusque. Sa mère était morte en donnant naissance à son petit frère, lorsqu'elle avait dû accoucher seule la nuit de la Bataille de Poudlard dans une chambre du manoir. Qu'avait-elle ressenti ? L'avait-elle anticipé ? Avait-elle eu le temps de porter son bébé ? Rose aurait menti en disant que ces questions n'avaient pas joué sur son appréhension de l'accouchement, le danger de tout cela... Mais elle avait son bébé désormais, elle allait pouvoir l'élever, elle était loin de marcher dans les traces de ses parents. Elle avait protégé sa famille par son mariage, en leur garantissant un avenir, et elle en garantissait un à son fils par le nom qu'il portait. Elle déposa un baiser sur le haut de son crâne, glissant de nouveau son doigt sur les rondeurs de son visage, alors que des coups retentissaient à la porte. Elle mit un instant à abandonner du regard son fils pour relever la tête, glissant une mèche de ses cheveux blonds épars derrière son oreille.

- Entrez, lança-t-elle tandis que sa voix résonnait dans la pièce.

Elle se doutait bien de l'identité de la personne derrière la porte mais ressentait une retenue à son égard. Leopold était sorti quelques temps auparavant et c'était la première fois depuis longtemps qu'ils se retrouveraient seuls : même tout au long de l'accouchement, l'équipe médicale avait été présente.


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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Depuis que le travail de sa femme s'était déclenché, Leopold était resté sourd aux appels du Ministère. Aujourd'hui, pour quelques heures, il n'était plus Ministre de la magie mais simplement un jeune père, comme il y en avait tant à travers le monde. Leopold était un être singulier, en un certain nombre de points, mais il ressemblait à tous les hommes du monde lorsqu'il voyait naître l'un de ses enfants. C'était en réalité la première fois qu'il avait le luxe d'assister à l'accouchement depuis Dave, puisque les mères de ses filles en avaient décidé autrement, et il devait bien reconnaître que cela lui avait manqué. Peu de spectacles avaient le don de l'émerveiller, mais celui des premiers instants d'un nouveau né qui était le sien était de ceux-là.

Comment un homme aussi vicié que lui, pourri jusqu'à la moelle et irrécupérable pour la race humaine, avait pu participer à la conception d'un petit être aussi pur et innocent que celui-là ? Comment un mariage aussi bricolé que le sien, arrangé avec une jeune femme infiniment plus jeune et rayonnante que lui, et déstabilisé par les affres de son passé, pouvait-il donner un si beau fruit ? En son for intérieur, Leopold était persuadé que son nouveau-né ressemblerait bien plus à son frère qu'à son père. De Leopold, et de Rosaleen, il tirerait certainement une brillante intelligence, de multiples talents, une haute éducation et un grand sens de l'ambition, mais Leopold pressentait que l'influence conjuguée de Dave et de Rosaleen sauraient faire naître la bonté dans le coeur de son fils. Lui-même s'efforcerait de lui transmettre tout ce qu'il avait de positif à offrir, tout en le préservant de ses défauts et de ses vices, malgré lui s'il le fallait. Cela avait fonctionné une fois avec Dave, même si ses relations avec son aîné avaient fini par en pâtir, et cela fonctionnerait encore. Pour Leopold, laisser au monde des enfants meilleurs qu'il ne l'était lui-même consistait une partie de son héritage, certainement la plus importante.

Voilà pourquoi il ne s'excuserait jamais de la naissance de Cassandre et de Kessy, jamais. Peut-être avait-il fauté et menti, sans doute aurait-il pu mieux faire, mais ses trois enfants étaient aujourd'hui épanouis et admirables en bien des points. C'était bien là la tâche d'un père comme il la concevait. Bien sûr, des erreurs, il en avait commises, mais il avait la ferme intention d'en tirer des leçons pour élever au mieux son nouveau né. C'était en tout cas ce qu'il s'était promis en attendant dans les couloirs de Sainte Mangouste que son épouse accepte de le recevoir.

Oui, le ministre s'en était faite, des promesses, avec toute la force de sa détermination, qui était sans bornes. Il s'était promis d'offrir monts et merveilles à sa famille qui, aussi dysfonctionnelle et bricolée soit-elle, lui apportait tant de plaisir. Leopold Marchebank avait trop longtemps été un homme solitaire, seul dans son coeur et dans ses actes, mais il avait maintenant des millions d'enfants, qui constituaient les citoyens de son pays. Peut-être était-ce cette responsabilité nouvelle qui avait fait naître en lui la flamme de la paternité, ou peut-être étaient-ce les reproches de Dave, de Rosaleen, des Harper. Toujours est-il qu'il s'était fait une promesse, sans imaginer qu'il était peut-être déjà trop tard pour la respecter. Leopold avait au fil des derniers mois planté de nombreuses graines, qui avaient germé et qu'il était déjà trop tard pour déraciner...

Pour l'heure, il n'en était pas conscient et la politique n'aurait jamais pu être plus éloignée de son esprit. Tout ce qu'il voulait, c'était de se rendre auprès de sa femme, de se montrer présent et de faire plus ample connaissance avec son fils.

N'y tenant plus, il finit par se rendre devant la chambre de la première dame pour frapper quelques coups à la porte, mettant ainsi fin à son moment d'intimité. Un sourire aux lèvres et un somptueux bouquet de roses à la main, Leopold pénétra dans la pièce à son invitation. Prudemment, de peur de brusquer Rosaleen, il vint s'asseoir sur le lit à côté d'elle et poser le bouquet sur sa table de chevet. Son regard se détourna rapidement du visage fatigué de la jeune femme pour se poser sur le nourrisson qu'elle tenait contre sa poitrine.

Les petits yeux fripés du bébé, ses rares touffes de cheveux et ses doigts minuscules provoquèrent une bouffée de nostalgie chez Leopold, dont le visage s'illumina inconsciemment. Merlin, on aurait dit Dave au même âge ! Envahi par une sensation de chaleur qui lui était peu inhabituelle, Leopold ne parvint pas à détâcher son regard de son bébé avant plusieurs minutes d'un silence apaisé.

"Il est magnifique", finit-il par souffler, en caressant doucement la joue du nouveau-né de son gros doigt. Redressant la tête pour observer Rosaleen, Leopold réalisa qu'il se sentait simplement heureux, et qu'il n'aspirait qu'à partager ce bonheur avec la femme qui partageait ses jours. Curieux sentiment, qu'il ne chercha pas à analyser mais plutôt à embrasser, et il se pencha vers son épouse pour presser ses lèvres sur les siennes.

"Je t'aime, Rose".

Pour la première fois, Leopold n'eut pas l'impression de mentir en prononçant ces mots, mais plutôt de s'exposer - sentiment de vulnérabilité qui le déstabilisait car il n'avait pas l'impression de remettre son sort entre les mains d'autrui... Mais Rosaleen n'était pas une femme ordinaire, et il avait pour la première fois l'impression diffuse qu'il avait tout à gagner en acceptant de lâcher prise.

"Je te promets de tout faire pour être un meilleur mari et un meilleur père. Je sais que je ne suis pas un homme exemplaire, loin de là, mais j'ai la volonté de changer, avec ton aide. J'ai compris beaucoup de choses ces derniers temps, comme le fait que vous êtes ce que j'ai de plus cher au monde - toi et les enfants. Je souhaite être présent, pour vous, si tu me laisses cette nouvelle chance..."



Christoph Waltz, merci à Roy
Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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En observant son mari entrer dans la pièce, le père de ce bébé qu'elle avait tant désiré et qu'elle chérissait déjà avec ferveur, les sentiments de Rosaleen étaient mitigés. Elle ne pouvait nier le ressentiment qu'elle entretenait à l'égard de Leopold depuis les révélations qui étaient venues peser sur leur union, elle ne pouvait pas non plus nier la manière qu'elle avait eu de le tenir à distance d'elle lors des dernières semaines de grossesse, afin de pouvoir relativiser la situation, loin de son mari qui essayait de s'expliquer auprès d'elle. Elle avait été blessée par ces révélations, qui pourtant, quand on y regardait de plus près, ne la concernait pas. Elle n'était pas l'épouse trompée. Mais elle le vivait comme une trahison à son échelle, comme une déception presque. Oh, elle n'était pas naïve au point de croire que son époux était irréprochable, loin de lui, elle sentait en lui des choses qui, parfois, l'effrayait presque un peu. Mais elle s'était toujours raisonnée, car personne n'était parfait et son époux la traitait bien, avec tendresse, avec respect, il avait à cœur ses intérêts et ceux de sa famille et Rosaleen se sentait redevable envers lui. Elle avait une vive affection à son égard, de la tendresse, de l'admiration aussi pour l'homme intelligent et déterminé qu'il était. Rose s'attachait à voir le bon dans les personnes qui l'entouraient et elle voyait tout le bon en son mari.

Néanmoins, tout cela était entaché par les dernières révélations, elle qui avait toujours pensé que la famille était la valeur principale de Leopold, tout comme la sienne d'ailleurs. Elle incluait le mariage dans la famille, le respect de cette union, le respect des promesses qui étaient faites. Pour elle, l'union matrimoniale était le noyau de cette famille, les racines et devait être entretenue et respectée, sous peine de voir le reste se délier. Elle se souvenait encore d'avoir été choquée par l'annonce du divorce de Leopold et de Meredith Marchebank, bien avant qu'ils ne se fiancent... Comprendre que son mari avait trahi, à plusieurs reprises, ces liens, l'avait caché, avait bâti des familles ailleurs, cela avait cassé quelque chose, quelque part, dans l'idée qu'elle avait de lui. Elle, qui connaissait la difficulté de grandir sans père, ne pouvait s'empêcher de penser à la jeune Kessy, abandonnée ainsi sans explications sur ses origines, coupée d'une branche de sa famille... Pour Rose, qui chérissait tant ce genre de lien, c'était incompréhensible. Ainsi, insidieusement, une méfiance s'était instaurée à l'égard de son époux, sans qu'elle ne puisse rien y faire, sans qu'elle ne lutte vraiment contre pour le moment, il fallait l'avouer, l'esprit embrumé par ses reproches. Mais alors qu'elle le voyait ainsi s'asseoir à côté d'elle précautionneusement, posant des fleurs sur la table de nuit, que son regard émerveillé se posait sur leur fils, elle ne pouvait pas non plus s'empêcher de penser qu'elle ne pouvait pas imposer cela à Nicholas.  

Ce n'était pas ce qu'elle voulait pour son bébé, à qui elle souhaitait une vie douce et dénuée de tragédie, une vie bercée par une vie familiale épanouie, une famille aimante et harmonieuse, loin des dysfonctionnements qu'elle avait elle-même connu. Mais cela ne pouvait fonctionner si elle était en bisbille avec son mari, avec le père de Nicholas. Elle-même, qui croyait en les vertus du mariage, ne devait pas céder aux sirènes de la rancœur et scier la branche sur laquelle elle était assise. Pour Nicholas, pour son fils, elle se devait de prendre sur elle sa blessure, de la panser et d'essayer d'oublier cela, pour qu'il n'en pâtisse pas. Avait-elle de toute manière le choix ? Elle ne comptait pas rompre la famille de son bébé en menant guerre ouverte contre son époux. Rosaleen devait, comme avant, se résigner. Elle le faisait cette fois-ci avec la meilleure des raisons du monde. Elle avait l'impression qu'elle pourrait tout faire pour le bien-être de Nicholas, pour sa sécurité, pour son bonheur. C'était un sentiment qu'elle avait déjà ressenti avec Oreste mais devant les grands yeux verts de Nicholas, semblables aux siens, semblables à ceux de sa mère, c'était exacerbé. Elle vit la main de Leo se porter sur la joue de leur bébé et elle redressa la tête pour la première fois vers lui, croisant son regard.

- Il l'est, déclara-t-elle posément, resserrant inconsciemment l'étreinte.

Il se pencha vers elle pour déposer un baiser sur ses lèvres, auquel elle ne se déroba pas, pour la première fois depuis quelques semaines. Elle le fixa dans les yeux lorsqu'il lui murmura qu'il l'aimait, une infime seconde de silence s'étirant entre eux.

- Moi aussi.

Ce fut la première fois qu'elle eut l'impression de mentir en prononçant ces mots, refusant d'exposer encore son ressenti. Elle baissa les yeux sur son fils, lui caressant doucement la tête, le cœur un peu pincé. Néanmoins, les paroles de Leopold eurent le mérite de l'apaiser un peu et elle se prit à avoir l'espoir d'y croire, afin de pouvoir continuer comme avant, apaiser cette méfiance qu'elle ressentait actuellement à l'égard de son propre mari. Ce qu'il lui promettait, c'était tout ce qu'elle souhaitait, tout ce dont elle avait envie pour son fils, pour sa famille, pour leur famille mais pouvait-elle vraiment y croire ? Leopold était faillible, comme tous les Hommes, mais elle ne doutait pas de la sincérité de ses sentiments pour sa famille et ses enfants. Pouvait-elle vraiment lui dénier une seconde chance, quand elle souhaitait le bonheur pour son fils et qu'il lui demandait ainsi ? Rosaleen n'était pas elle non plus parangon de perfection.

- J'espère que c'est vrai, murmura-t-elle finalement. Elle finit par relever la tête, ses yeux clairs dans ceux de son mari, hésitant à ajouter ce qu'elle avait à dire. Je te le souhaite.

La formulation était volontaire car Rosaleen était persuadée que Leopold serait celui qui aurait le plus à perdre. Pas si leur mariage s'échouait, non, elle en serait pénalisée, mais s'il venait à perdre sa famille. Elle ne perdrait pas la sienne, mais celle de Leopold pourrait-elle lui pardonner une seconde fois ce que son fils, par exemple, peinait à accepter une première ? Elle espérait néanmoins de tout son cœur qu'ils n'en n'arriveraient pas là et que, comme il le disait, tout cela n'avait été qu'une regrettable erreur, qu'elle ne les concernait pas et ne concernerait pas leur famille, qu'ils pourraient rester un couple et une famille unie.

- Est-ce que tu veux prendre ton fils ? finit-elle par demander, adoucissant sa voix pour la première fois.


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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold ne se déroba pas sous le regard clair et franc que Rosaleen posait sur lui. Il sentait sa réserve, même si sa colère des dernières semaines paraissait quelque peu retombée, à moins qu'elle n'ait été absorbée par la fatigue de l'accouchement. Sa formulation, certainement pas laissée au hasard, le laissa pensif et il finit par approuver d'un infime hochement de tête, la mine grave. Oui, elle avait raison sur ce point là, tout ceci l'engageait lui bien plus qu'elle ou même leur couple. Ce qui était en jeu, au fond, c'était bien plus que son mariage. C'était toute sa famille, l'amour et l'estime de son aîné, le respect de tous ses enfants... Et même, au-delà, la personne qu'il était et qu'il souhaitait devenir. Car c'était bien cela qui était en mouvement, depuis sa rencontre avec Rosaleen, tel était le changement, fondamental, qu'elle avait apporté dans sa vie.

Elle lui avait offert une alternative, une voie nouvelle qu'il lui était loisible d'emprunter pour devenir un homme meilleur. Un véritable père, un mari digne de ce nom, un ministre engagé pour son pays, un homme digne et honnête. Bien sûr, Leopold ne pourrait jamais faire table rase de son passé ni s'absoudre de ses trop nombreux pêchés, d'ailleurs, il n'en avait pas l'envie. Mais cette naissance représentait peut-être son dernier espoir de pouvoir prendre une autre voie que celle qui avait été la sienne pendant cinquante-sept ans. Les Marchebank vivaient vieux, sans doute lui restait-il de nombreuses années à vivre, et il avait aujourd'hui l'occasion de les vivre différemment. Il avait encore la possibilité de s'engager auprès des personnes qu'il aimait, à devenir un homme meilleur. Leopold le sentait, il était à un tournant de sa vie, à la croisée des chemins - peut-être la dernière - et il pouvait décider de tout changer... Il en avait l'envie, il le sentait, mais en aurait-il la volonté ? Parviendrait-il à lutter contre lui-même, ses démons et ses plus bas instincts ? A cet instant, Leopold avait envie de croire que oui. Alors il se laissa bercer par cette idée et laissa un sourire serein s'épanouir sur ses lèvres, alors qu'il se penchait vers Rosaleen.

"Oui", souffla-t-il en réponse à sa proposition, l'excitation lisible dans son regard. Doucement, il saisit Nicholas dans les bras de son épouse et le nicha tout contre lui. Il caressa délicatement sa petite joue et sourit en croisant le regard infiniment curieux que le bébé posait sur lui. Une bouffée de chaleur et d'affection l'envahit, lui réchauffant la poitrine et il ne chercha pas à dissimuler l'émerveillement que lui procurait la vue de son enfant. C'était un sentiment incomparable que de rencontrer son fils, un sentiment dont il avait été privé auprès de Cassandre et de Kessy et qu'il retrouvait enfin, bien des années après la naissance de Dave.

"Merlin, ce qu'il va ressembler à Dave", commenta-t-il avec un sourire, tout en formulant la prière que les deux frères s'entendent. "Avec tes yeux..."

Leopold joua un moment avec les minuscules doigts du bébé, et il était en train de lui faire des risettes lorsqu'un mouvement se fit sentir derrière lui. Leopold se tourna légèrement vers la porte, Nicholas toujours contre lui, et adressa un sourire rayonnant à Dave, qui venait d'arriver.



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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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« Que fais-tu encore ici, mon petit ? Ton père est parti il y a déjà dix minutes ! »

Avachi sur un canapé, Dave resta planqué derrière son Gringotts Time déployé entre les mains, sans regarder sa grand-mère, pour répondre nonchalamment :

« Mmh ? J’irais plus tard.
-Ah ça, certainement pas, tu es en congé aujourd’hui, tu n’as aucune excuse ! File les rejoindre avant que ton père ne doive retourner à son travail. 
-C’est précisément ce que j’attends… »

Dave sut au silence accusateur de Griselda que sa petite provocation ne lui avait pas plu, mais il ne s’excusa pas et se renfrogna davantage derrière son journal. Grossière erreur. Le ton ombrageux de la respectable sorcière s’éleva dans la pièce :

« Dave Brutus Marchebank. Tu vas me faire le plaisir de cesser ta comédie, et d’aller accomplir ton devoir familial. Que cela te plaise ou non, c’est une journée de trêve aujourd’hui. Tu serais fort ingrat de refuser d’adresser tes félicitations à Rosaleen et à ton père. »

La façon dont elle le réprimanda piqua Dave. Il lui semblait que le différend qui l’opposait à Leopold n’avait rien d’un caprice gamin de sa part, mais qu’il s’agissait plutôt d’une profonde crise familiale, ce qui s’exprima dans le regard accusateur qu’il pointa sur Griselda.

« Une trêve forcée tu veux dire ? C’est parfaitement hypocrite. Ce n’est pas parce qu’il a fait l’effort de faire naître un fils légitime, cette fois, que je vais aller le féliciter.
-Pour l’amour du ciel, mon garçon ! Ce que tu peux être cruel, parfois ! Griselda prit place près de lui avec force soupirs et grimaces sur ses rhumatismes, avant de reprendre sur le sujet d’origine. Ca sonne comme un argument plein de mauvaise foi, venant de ta part. »

Elle vit que Dave était sur le point de répliquer pour se défendre et le devança avant que les protestations ne sortent :

« Non, je ne dis pas que tu n’as pas toutes les raisons du monde d’en vouloir à ton père. Mais là, ton coeur commence à chercher des raisons de continuer, et te fait dire n’importe quoi. La situation ne peut pas durer de cette façon éternellement et tu le sais. Je te parlais d’une trêve, mais tu peux aussi le prendre comme une étape, un tournant.
Elle serra à la fois avec force et tendresse la main de son petit-fils dans sa main noueuse. Je sais que la situation te pèse, pas seulement parce que tu as la sensation que ton père t’a dépouillé de certaines choses, mais aussi parce que, malgré tout, tu n’as pas envie d’être en froid pour toujours avec lui. Ca ne te fait pas plaisir, ça ne fait plaisir à personne. Alors pour aujourd’hui, essaye une autre attitude avec lui. Juste aujourd’hui. »

Une chose était sûre, Griselda avait réussi à lui rabattre le caquet. Dave ne trouva guère à répliquer sur le coup, face à la lucidité désarmante de sa grand-mère, qui profita de son silence pour le pousser hors du canapé :

« Allez, file, maintenant. Fais-moi plaisir, dis à Rosaleen que je passerais la voir plus tard dans la journée. Mes jambes me font un mal de chien, je vais me reposer un peu. »

Elle grommela longuement comme elle en avait l’habitude, tandis que Dave se résignait à lui obéir. C’était sans doute une solution plus simple que s’obstiner à rester là et affronter ses argumentaires. Il atterrit quelques minutes plus tard près de l’hôpital, étourdi par le transplanage.

La dernière fois que Dave était entré dans le service maternité de Sainte Mangouste, c’était pour présenter ses félicitations à son cousin Eliott pour la naissance toute récente de sa fille. Il s’y était rendu avec un petit présent pour la famille, comme le voulait les convenances, et un sincère sourire sur les lèvres. Cette fois, il se trouvait exactement dans la même situation, avec une telle expression sur le visage qu’il ne s’étonna pas qu’une infirmière s’arrête pour lui demander s’il cherchait quelque chose. Difficile de deviner ce que Dave ressentait derrière cette mine fermée et soucieuse, mais il n’était pas perdu. Il était simplement tendu, très tendu.

Plusieurs choses n’allaient pas. En plus de la situation avec son père, Dave se rendait compte qu’en neuf mois, il n’avait pas vraiment réussi à se faire à l’idée que Rosaleen accoucherait un jour, que c’était réel. Mais ça l’était, il allait forcément se prendre cette réalité en pleine figure en ouvrant la porte. A quoi pensait-il, qu’on finisse par lui dire « Haha, c’était juste une blague » ? Mais non, Nicholas Marchebank, premier du nom, deuxième de la fratrie -enfin, légitime- était né quelques heures plus tôt, c’était un fait officiel -et légitime- désormais, Dave n’était plus fils unique -légitime-. En plus, il n’avait rien apporté comme cadeau pour Rosaleen, et ça, c’était vraiment malpoli n’est-ce-pas ?

Se résignant à en ramener un plus tard, Dave s’avança vers la bonne chambre et frappa prudemment à la porte. Il l’ouvrit pour découvrir les visages heureux des deux parents, dans un tableau qui lui procura une sensation assez étrange. Son père avait l’air rajeuni de dix ans, d’un coup. Rosaleen, au contraire, lui parut plus adulte que jamais, comme si sa maternité l’enveloppait d’une aura de maturité toute nouvelle. Entre eux, un petit être qu’il distinguait à peine, collé sur le pas de la porte qu’il était.

« Bonjour. »

Il adressa un signe de tête aux deux parents, puis s’avança après avoir fermé avec précaution la porte derrière lui. Son regard nota l’énorme bouquet de fleurs qui trônait sur la table de chevet, probablement un cadeau de Leopold, puis se promena dans le reste de la pièce, comme s’il y avait un intérêt quelconque à cette chambre d’hôpital, qui était certes assez spacieuse -le minimum à attendre, pour une première dame. Il se sentit obligé de faire un commentaire pour ne pas paraître idiot :  

« Ils t’ont bien installée… L’accouchement n’a pas été trop pénible ? »

S’enquérir de l’état de Rosaleen, voilà qui semblait un sujet de conversation prudent. Pourtant, il fallait prêter attention à un moment ou à un autre au bébé logé dans les bras de son père, car il était après tout la raison de leur présence ici. Pour être honnête, Dave ressentait tout de même une certaine curiosité à le voir. C’était assez étrange de se dire qu’un petit être était né de l’union assez inattendue de deux personnes comme Rosaleen et Leopold. Assez étrange d’imaginer que, peut-être, Dave allait retrouver des traits à lui dans ceux du bébé. Il se pencha justement par-dessus lui, les sourcils froncés, pour le scruter attentivement. Dave disposait de quelques photographies de lui bébé, dans l’album que ses parents avaient tenu pour lui, alors il avait quelques points de comparaison, mais il tint ses conclusions muettes.

« Il a les mêmes yeux que toi, Rosaleen. »


Les mots de Griselda lui revinrent en tête, alors qu’il se rendait compte combien il avait du mal à appliquer ses recommandations et ne pas ignorer son père. Griselda n'avait pas tort, cela lui pesait, mais il n'était pas sûr d'arriver à changer d'attitude. Quand il releva son regard, il croisa celui de Leopold et pour cette fois, se força à ne pas le détourner immédiatement. Un autre commentaire franchit ses lèvres, presque grave :

« Mais il a la bouclette Marchebank, on dirait. »

Tout un concept familial, cette bouclette.
Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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Rosaleen ressentit presque une difficulté à laisser Nicholas s'en aller de ses bras pour passer pourtant dans ceux de son père. Depuis qu'il était né, elle ne l'avait presque pas quitté, sauf quand les sages-femmes l'avaient mesuré et lavé. Il était tout petit, elle avait peur de les laisser entre d'autres bras... Il faudrait bien pourtant, ce n'était pas que son bébé à elle et elle ne pouvait pas se permettre de le refuser à sa famille et surtout pas à son père. Elle eut l'impression d'avoir les mains vides lorsque Nicholas fut saisi par Leopold, qui le regardait déjà avec tendresse en caressant sa joue ronde. Le spectacle avait quelque chose d'attendrissant, à voir ainsi Leopold redécouvrir la paternité et elle se laissa aller à le contempler, s'enfonçant dans les oreillers moelleux. Elle était fatiguée et sentait le sommeil la gagnait peu à peu. Elle n'avait pas dormi depuis plus de vingt-quatre heures à cause des contractions et la fatigue de l'accouchement prenait peu à peu le pas sur l'euphorie qui s'en était suivie.

- Tu penses ? répondit-elle sans avoir vraiment l'énergie d'en débattre. Elle n'avait jamais vu de photos de Dave bébé, elle n'imaginait pas aller fouiller dans les albums de l'ancienne famille Marchebank, dans les archives de Leopold et Meredith. Il lui semblait que cela aurait été déplacé de sa part. S'ils ne changent pas dans les jours à venir...

Ce genre de chose évoluait beaucoup mais elle espérait que cela ne serait pas le cas, car elle voulait que le bébé garde ce regard. Les yeux de sa mère à elle, les yeux de Regulus, les yeux de sa famille. Elle voulait qu'il reste un peu à elle, à eux, malgré son nom de famille et les valeurs différentes dans lesquels il serait élevé. La porte s'ouvrit alors sur Dave, au visage fermé et Rosaleen se redressa pour ne pas paraître négligée. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui rende visite, du moins pas aujourd'hui et était plutôt surprise de le voir.

- Bonjour, Dave.

Alors qu'il faisait quelques pas dans la pièce, Rosie tourna son regard vers Leopold. Elle savait que leur relation était plus que tendue depuis l'annonce de ses enfants illégitimes et infidélités à la mère de Dave. La naissance de Nicholas avait toutes les chances d'être une tension supplémentaire entre les deux hommes et elle ne savait pas comment ils le gérerait. Prudemment, elle comptait rester à distance comme elle le faisait toujours et ne rien imposer à Dave concernant son petit frère. De toute manière, elle n'en n'avait pas les droits, ni l'envie : elle n'était pas sa mère, justement. Elle espérait juste que les choses finiraient par s'arranger, elle voulait les meilleures conditions de vie pour Nicholas et elle connaissait l'importance de la fratrie. Lorsque les parents n'étaient plus là, c'était la dernière famille qui restait. Elle voulait que Nicholas ait au moins Dave. Aussi, elle adressa un sourire à son beau-fils lorsqu'ils s'enquit de sa santé.

- Difficile mais le résultat en vaut la peine.

Elle tourna la tête vers Nicholas toujours dans les bras de son père alors que Dave approchait de lui, les sourcils froncés. Inconsciemment, Rose retint sa respiration comme si quelque chose pouvait brusquement arriver de ce contact ou plutôt de l'approche frontale entre Dave et Leopold. Mais il ne se passa rien et après quelques secondes, le verdict tomba, le fils faisant écho au père sans même le savoir. Sa remarque tira un véritable sourire à Rosie et sa main vint se poser sur le haut de la tête de Nicholas.

- Merci.

Pour Leopold, c'était peut-être la continuité de sa famille, pour Dave, la fin de la sienne, telle qu'il l'avait connue du moins mais pour Rosaleen, c'était le début d'une nouvelle ère pour elle, pour les Lestrange. Après des années de malheur, après la fin de la guerre, l'oppression, les emprisonnements, les assassinats, les morts, après tant de chagrin, c'était le moment où ils pouvaient renaître. Nicholas avait peut-être la bouclette Marchebank comme le disait Dave mais il portait en lui les espoirs des Lestrange, des Rosier, tout comme Oreste. Ils étaient une nouvelle chance pour eux et Rosaleen en était fière tout comme elle savait que ses grands-parents l'auraient été ou ses parents. C'était l'héritier des Marchebank mais c'était, dans le fond, un Lestrange.

- Espérons qu'il ira loin avec ce mélange, alors. Peut-être que tu veux le prendre aussi, Dave ? C'est comme tu le souhaites.


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Adventure of a lifetime [Leopold + Dave]

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