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 Pause CAFE [Samantha & Lauren]

MétamorphomageMolduEn ligneavatar
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30 Août 2009

Jane Mason, 19 ans, agent d'accueil de la CAFE

Le bâtiment de la CAFE (la Caisse des Allocations Familiales Enchantées) se trouvait derrière Gringotts. C'était un grand immeuble clair qui accueillait tous les services qui s'occupaient des volets sociaux et familiaux des attributions d'aides de l’État, attributions d'ailleurs augmentées et multipliées depuis l'élection du Ministre Marchebank. Jane y était entrée après Poudlard, elle avait été recrutée après un entretien où elle avait pu assurer qu'elle avait très à cœur les questions sociales. Être à l'accueil n'était pas vraiment ce qu'elle avait imaginé mais elle avait bien le temps le progresser au sein de l'organisme, voire même de rejoindre le Ministère aux services sociaux, comme était son rêve. En soi, son travail actuel lui plaisait : elle aimait bien les collègues qui travaillaient avec elle derrière les guichets, elle pouvait mettre en application ses compétences de gestion et d'organisation fournies par son poste de préfète à Poudlard (comme stipulé sur son CV) et elle aimait bien trouver la solution aux problèmes des gens qui se présentaient.

Le seul problème de l'accueil, c'était le plus souvent que les gens qui s'y présentaient était agressifs. Elle ne savait même pas pourquoi ! Certes, ils attendaient parfois longtemps car il y avait toujours la queue, les chaises de la zone d'attente n'étaient jamais vides. Il fallait prendre un numéro en arrivant et attendre, parfois plus d'une heure et demi. Mais elles n'étaient que cinq guichets pour gérer tous les usagers et des usagers, il y en avait, encore plus depuis que les droits aux allocations avaient été agrandis sans que la CAFE n'embauche beaucoup plus, faute de moyens logistiques. Le temps d'attente était donc parfois très long et les gens arrivaient déjà énervés devant la vitre des guichets. Et si on ne répondait pas à leurs attentes... Alors là, c'était le drame. Ce n'était quand même pas sa faute s'ils oubliaient toujours des pièces à leurs dossiers ou remplissaient le mauvais parchemin ! Elle avait beau leur expliquer, c'était toujours le même cinéma et après quelques mois à faire face au public toute la journée, Jane était presque déjà blasée.

Cette fin de matinée n'échappait pas à la tradition. On avait beau être mardi, de nombreux sorciers s'étaient présentés et Jane avait géré de nombreux cas. Attrapant son tampon-encreur, elle déposa la date du jour sur un dossier qu'on venait de lui déposer - une déclaration de naissance d'un enfant, qui ouvrait droit à des aides financières - avant de sourire au jeune homme en face d'elle.

- Tout est en ordre ! Vous recevrez notre hibou de confirmation sous sept jours et les versements se mettront en place, normalement, dès le cinq du mois d'octobre, avec une rétroactivité pour septembre. Bonne journée !

Déposant ce dossier sur la pile correspondance, elle jeta un coup d’œil au parchemin collé sur son bureau, qui s'actualisait à chaque passage. Elle raya le numéro 121, celui qui venait de passer, et le parchemin afficha soudain le 125.

- Numéro 125 ! lança-t-elle d'une voix forte à travers sa vitre. Bonjour, que puis-je po... Ooooh bonjour Samantha, bonjour Lauren ! s'exclama-t-elle en les reconnaissant. Comment allez-vous ? Que puis-je faire pour vous aider ?

L'avantage de ce poste, c'est aussi qu'on pouvait croiser plein de monde. Elle avait déjà revu plein de camarades de Poudlard - Marlene Barclay était là hier par exemple - et même des professeurs !
Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Samantha avait pesé longuement la décision d'emmener Lauren avec elle au guichet de la CAFE, pour réclamer leurs ALM (Aides au Logement Magique), qu'elles n'avaient toujours pas reçu alors qu'elles avaient emménagé depuis plus d'un mois et que leur dossier était complet. Certes, elles gagnaient toutes les deux leurs vies mais la paie d'un stagiaire n'étaient pas reluisante et elles ne pouvaient pas se permettre d'attendre indéfiniment, d'où l'utilité de Lauren : elle pouvait se montrer beaucoup plus convaincante que Sam. Hors semaines de pleine lune, cette dernière avait tout de la petite blonde gentille qui se laissait marcher sur les pieds et s'excusait d'être là, lorsqu'il s'agissait de s'exprimer à un guichet. En revanche, Lauren savait laisser parler son agressivité... Mais justement, peut-être un peu trop.

Sam avait donc opté pour un compromis, à savoir qu'elle emmenait sa petite amie - qui l'occuperait pendant l'attente - mais elle lui confisquait sa batte. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver au crâne d'un agent du CAFE qui se montrait un peu trop paresseux au goût des usagers... Munies d'une copie de leur dossier, et après avoir vérifié quatre fois qu'il était bien complet, les deux jeunes femmes avaient donc pris la route de Londres et du chemin de traverse. Elles en profiteraient sans doute pour faire une halte à la boutique de balais, pour se régaler les yeux devant le dernier Cosmos 2009. Sam avait beau détester l'entreprise, elle ne pouvait s'empêcher d'admirer leur création. Mais avant cette petite récompense, il leur faudrait affronter le cauchemar de tous les bénéficiaires des allocations : les guichets de la CAFE.

Un ticket en main, Sam put constater qu'elles avaient le numéro 125, alors que le numéro 14 était seulement en train d'être appelé. Bien entendu. Elles parvinrent à mettre le grappin sur deux sièges vides où elles attendirent pendant exactement une heure quarante-sept, à l'issue desquelles leur numéro fut enfin appelé. Sam était tellement irritée par la longue attente qu'elle réagit à peine en reconnaissant l'employée qui leur souriait aimablement derrière la vitre. Jane Mason, youhou, commenta l'encéphalogramme plat de Sam. Ce n'était pas tellement qu'elle n'appréciait pas Jane, loin de là, mais l'attente semblait l'avoir plongée dans un état second d'apathie et d'agacement. Qu'importe, Jane n'y était pour rien - même s'il était curieux d'avoir choisi un tel métier, mais chacun ses goûts - et elle ne méritait pas qu'on passe ses nerfs sur elle. Sam se força donc à mettre sa frustration de côté pour lui sourire à son tour :

"Salut Jane, ça fait plaisir de te voir ici ! Je ne savais pas que tu avais été embauchée à la CAFE, félicitations."

Le dernier mot sonna un peu faux à ses oreilles, tant elle trouvait cet endroit déprimant, aussi elle se contenta d'enchaîner :

"En fait, avec Lauren, on a emménagé dans un appartement dans le Vieux Nimbus, enfin Cosmos, et on a envoyé notre dossier à la CAFE depuis un bon moment mais on n'a toujours pas de réponses ni de règlements... Tiens, voici notre numéro de dossier."

Elle fit glisser un morceau de parchemin recouvert d'une série de chiffres et de lettres en minuscules et majuscules, et posa sur Jane un regard plein d'espoir. Pitié, que cela ne dure pas trois heures, et que tout soit en ordre !


Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Il y avait des tas de choses que les moldus pourraient envier aux sorciers s'ils connaissaient leur existence : le transplanage qui permettait de se déplacer instantanément à l'autre bout de la planète, la médicomagie qui réparait des os en un tour de baguette, les balais volants, et tout un tas d'autres inventions magiques. Dans à peu près n'importe quel domaine, l'existence de la magie rendait les choses beaucoup plus rapides et faciles, sauf pour un : l'administration. Pour quelqu'un d'un peu impatient comme Lauren, c'était incompréhensible que personne n'ait jamais pensé à réformé l'administration magique.

"Non mais c'est vrai ! Pourquoi on n'a pas inventé un tampon-encreur magique qui vérifierait et validerait les dossiers tout seul ? Ça ne doit pas être si compliqué !"  

Elle se pencherait sur la question, un jour. Pour le moment elle avait bien mieux à faire, à savoir attendre pendant une durée indéterminée sur un siège en plastique inconfortable dans un espace surchauffé pour qu'une secrétaire leur explique pourquoi leur dossier n'avait pas encore reçu de réponse. L'après-midi allait être longue.

Lauren était déjà légèrement agacée par l'incompétence de la CAFe, qui ne leur avait versé aucune allocation ni adressé aucune réponse, alors qu'elles avaient envoyé un dossier complet il y a des semaines, et le fait d'être déjà en train d'attendre depuis plus d'une heure n'améliorait pas vraiment son humeur. Comment pouvaient-ils n'en être qu'au numéro 87 ? La batteuse soupira et pria pour qu'elles tombent sur un employé rapide. Car s'il y avait bien une chose que la jeune femme détestait c'était ces gens un peu lents qui semblaient avoir besoin de deux fois plus de temps que la moyenne pour faire le moindre geste. Elle avait juste envie de les secouer ou de leur mettre des baffes.

Leur numéro fut finalement appelé et Lauren se surprit à espérer que leur calvaire soit bientôt fini. Son enthousiasme fut un peu refroidi quand elle reconnut Jane Mason de l'autre coté du guichet. Que cette dernière ne s'avise pas de leur faire la conversation pendant des heures ! Plus vite elles sortiraient d'ici et mieux elles se porteraient. Rapidité et efficacité. Pitié.

"Salut Jane", se força-t-elle à lancer avec un semblant de sourire.

La batteuse laissa sa petite-amie féliciter leur ancienne camarade pour son nouveau poste -elle aurait été incapable d'être crédible- et lui exposer la situation.

"Et voilà la copie du dossier, ajouta-t-elle en faisant glisser les documents vers Jane. Tout y est normalement."

Elle ne voyait pas comment il pourrait manquer quelque chose,  ce fichu dossier contenait à plus ou moins toutes les informations possibles à leur sujet et était à peu près aussi épais qu'un manuel d'étude des runes.


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Jane Mason, dix-neuf ans, agent d'accueil de la CAFE

- Merci ! répondit joyeusement Jane aux félicitations de Samantha. J'ai toujours voulu travailler dans le social et même si j'espère être aux services du Ministère un jour, c'est un bon début !

Le service des affaires sociales était l'un des nombreux bureaux du Département de la Justice Magique. Il gérait les agences comme la CAFE, mais également les placement d'enfants, les enquêtes familiales, les signalements, les accompagnements des personnes en détresse et des personnes âgées isolées... Bref, tout un tas de choses qui intéressaient énormément Jane. Elle voulait devenir assistante sociale, suivre des familles, les aider au mieux, les accompagner dans leurs démarches mais c'était un poste recherché, sur concours, qui n'était pas facile d'accès. De nombreuses personnes commençaient dans l'administratif avant de pouvoir faire du terrain et en soi, la CAFE était une bonne formation !

Hochant la tête lorsque Samantha exposa leur situation avec Lauren, elle saisit le numéro de dossier qu'elle lui tendait, passant sa main par le petit espace dédié dans la vitre sécurisée. Dans la majorité des cas, un dossier qui n'était pas traité était un dossier qui ne contenait pas toutes les pièces ou comportait des erreurs. Quelques rares fois, il était perdu mais il fallait comprendre : la CAFE brassait une quantité titanesque de parchemins divers, qui circulaient entre les services. C'était normal que des choses s'égarent de temps en temps, ils étaient humains également même si les usagers semblaient avoir du mal à le comprendre. Elle s'apprêtait à se lever pour aller chercher le dossier dans les traitements en cours – une pièce immense avec un système archivistique digne des plans architecturaux de Leopoldgrad – quand Lauren lui tendit une copie du dossier, ce qui tira un grand sourire à Jane.

- Oooh, merci, c'est plus pratique ainsi ! Quelle organisation, glissa-t-elle en se rasseyant sur sa chaise. La plupart des gens ne viennent qu'avec le numéro, ce qui nous oblige à aller chercher le dossier manuellement et croyez-moi, ça prend au moins dix minutes ! Alooors, voyons voir ça...

Elle commença à feuilleter les pages, les premières étant correctement remplies. Mais très vite, elle remarqua plusieurs écueils qui pourraient expliquer que le dossier n'ait pas encore été traité.

- Vous avez deux baux différents auprès du propriétaire ou un seul ? Parce que si c'est deux, il faut les copies des deux, lança-t-elle avec un sourire, ravie de les aider. De plus, vous avez rempli le formulaire d'autorisation d'accès au compte Gringotts numéro B1235F alors qu'il aurait fallu le C567AEV. C'est une erreur assez commune, ne vous en faites pas !

L'administration de la banque était encore plus compliquée que la leur, c'est dire !

- En plus, je ne vois pas ton attestation du Service de Régulation des Créatures Magiques, Sam. C'est obligatoire depuis le premier septembre et une rétroactivité s'applique, c'est pour permettre un meilleur suivi ! Les décrets, vous savez ce que c'est, badina-t-elle.
Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Samantha sourit avec soulagement lorsque Jane les complimenta au sujet de leur dossier. Voilà, elles avaient tout fait correctement donc tout devrait bien se passer ! Dans dix minutes, elles seraient sorties de cet enfer…

Ou pas. Le sourire de Sam fana quand leur interlocutrice s’acharna à pointer les erreurs inattendues de leur dossier, sans se départir de son air jovial qui devenait soudain plus agaçant qu’autre chose. Sa mâchoire se contracta nerveusement et elle glissa un regard en direction de Lauren, avant de reporter brusquement son attention sur Jane lorsque celle-ci évoqua sa lycanthropie. Ah non ! Tout, mais pas ça ! Elle n’allait pas encore s’entendre dire que sa maladie était la cause de leurs problèmes.

« Mais nous avons emménagé au premier août », répondit-elle vivement, son regard cherchant celui de son interlocutrice à travers la vitre. « Et nous avons fait notre dossier en août donc logiquement ce papier ne nous était pas encore requis et c’est injuste si notre demande est refusée à cause de ça ! »

Sam sentit ses joues s’échauffer mais elle se laissa emporter : « Franchement, cette nouvelle exigence est ridicule, notre dossier est déjà épais comme des oreilles d’elfe ! C’est déjà assez compliqué d’être un loup-garou dans ce pays sans qu’on nous rajoute constamment de la paperasse supplémentaire, ça va, je suis majeure, vaccinée, je bois ma potion tue-loup et je me protège, la CAFE n’a pas besoin de savoir ça, c’est privé ! C’est une simple aide au logement par Salazar, c’est discriminant ! »

Sa voix était légèrement montée dans les aigus sur la fin, et elle sentit de nombreux regards posés sur sa nuque, mais elle ne broncha pas. Elle en avait assez de faire profil bas et d’avoir honte d’elle-même et de sa lycanthropie, elle n’avait pas demandé à être mordue et l’idée de subir à chaque instant de sa vie les conséquences de cette morsure la révoltaient. La pauvre Jane Mason se trouvait simplement au mauvais moment au mauvais endroit, mais il fallait que ça sorte. Comme une goutte d’eau qui faisait déborder un trop gros vase.

« Et après on nous vante toutes les mesures que le FREE fait en notre faveur, pour que nous soyons intégrés, mais c’est du vent tout ça ! », poursuivit-elle de mauvaise grâce. « On ne fait que nous compliquer la vie, tu as une idée du temps qu’il faut pour avoir un rendez-vous au service de régulation des créatures magiques ? TROIS MOIS. Tu te rends compte ? C’est scandaleux ! En trois mois ils ont le temps de construire une ville entière mais pas de te filer une paperasse inutile qui t’empêche de payer ton loyer. Comment on est censées faire, vivre avec deux paies de stagiaires c’est un peu compliqué, même à Nimbus ! Ah, pardon, Cosmos. »

Son mépris était perceptible dans ce dernier mot et elle sera les poings en lançant un regard furieux à Jane, comme si elle y pouvait quelque chose. Râler lui avait fait du bien mais ce n’était guère constructif, et elle avait bien conscience que Jane ne pouvait pas plus agir contre le système que Lauren et elle.

« Désolée », marmonna-t-elle, « je sais bien que c’est pas toi qui impose les procédures. Mais bon, il n’y aurait pas moyen de faire passer notre dossier malgré tout, on viendra régulariser ensuite, mais on a vraiment besoin de cet argent… »



Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Lauren se retint de lever les yeux au ciel quand Jane énuméra leurs minuscules erreurs. Qu’est-ce que cela pouvait bien changer que ce soit le questionnaire n° 5423 au lieu du 4789 ? Elle répondit au regard nerveux de Sam par un demi-sourire qui se voulait rassurant. On n’allait certainement pas bloquer leur dossier pour si peu, ce serait grotesque ! Son apparente assurance disparut à la seconde où Jane évoqua une certaine attestation du Service de Régulation des Créatures Magiques.

- Quoi ? Qui a pondu cette réglementation débile ? s’emporta-t-elle en fronçant les sourcils.

La réponse de Samantha fut beaucoup plus constructive que la sienne puisqu’elle pointa du doigt le fait qu’elles avaient emménagé avant que ce décret idiot n’entre en vigueur mais Jane para cet argument en leur expliquant que la réglementation était rétroactive. La batteuse s’appétait à répliquer que, rétroactive ou pas, cette règle était grotesque et injuste, mais sa petite-amie fut plus rapide à dénoncer le caractère discriminant de cette nouvelle exigence.

Lauren était souvent celle qui s’énervait la première, face à l’injustice, ou à ce qu’elle considérait comme de la bêtise. Elle était susceptible, pas très patiente, et il y avait beaucoup de choses qui pouvaient la faire s’emporter trop rapidement. Ce genre de discrimination en faisait partie, mais pour une fois elle ne fut pas la première à perdre le contrôle. Elle vit Samantha rougir, ses mains se mettre à trembler, elle entendit sa voix déraillée et ne reconnut que trop facilement tous les signes de cette colère qui vous prend au ventre et qui vous donne envie de hurler sur n’importe qui aura le malheur de se trouver en face de vous. Il y avait de la rancœur, de la rage, et beaucoup de courage dans les propos de sa petite-amie et Lauren resta un instant silencieuse, désemparée face à son courroux.

Elle ne se souvenait pas s’être déjà trouvée dans cette position, face à une Samantha hors d’elle alors qu’elle avait était parvenue à garder son calme. Pourtant il n’aurait pas pu en être autrement. Parce qu’elle n’était que témoin d’une discrimination stupide et odieuse, alors que Sam en était directement la victime. Cette simple pensée aurait pu lui faire perdre ce calme qu’elle avait difficilement conservé. C’était si terriblement injuste. Comment des idiots planqués derrière des bureaux pouvaient-ils édicter des lois qui venaient pourrir la vie de gens aussi bons et aussi humains que Samantha ? Elle aurait bien deux mots à leur dire, à ces imbéciles d’administratifs !

C’était certainement ça, le plus agaçant. Les loups-garous pouvaient lutter, ils pouvaient se battre pour leur droit, se rassembler et s’unir, ce n’était pas eux qui décidaient de leur avenir. C’était des sorciers bienpensants qu’on avait placé dans un bureau au Ministère et à qui on avait demandé de penser pour et à la place de gens qu’ils ne connaissaient pas et qu’ils ne comprendraient jamais. Et ces gens-là étaient si éloignés de la réalité qu’ils n’avaient probablement même pas conscience de l’absurdité de leur réglementation. Ils étaient loin de leur vie, de leurs problèmes, inaccessibles et protégés par le Ministère. C’était un combat qui ne pouvait pas se régler à coup de batte et qui semblait trop souvent perdu d’avance. Mais Lauren n’abandonnerait pas, et soutiendrait Sam aussi longtemps qu’il le faudrait.

- Il y a un responsable qu’on pourrait voir ? demanda-t-elle finalement tandis que Sam soulignait justement que Jane Mason n’était certainement pas celle qui leur imposait cette formalité.

Parler à un responsable ne changerait peut-être pas les choses, mais au moins elles seraient entendues, et l’intimité d’un bureau leur permettrait de laisser parler leur colère plus librement que devant une salle d’attente comble. Ce n’était pas tant que Lauren soit mal à l’aise à l’idée de faire une scène en public –elle y était plutôt habituée- mais elle sentait la gêne de Samantha et savait que cette dernière n’aimait pas vraiment se donner en spectacle. Ses réclamations étaient toutefois plus que légitime et si une seule des personnes présente s’en plaignait, Lauren se ferait une joie de lui briser les deux genoux.

Elle balaya la salle d’attente d’un regard circulaire et fronça les sourcils en apercevant une sorcière d’une cinquantaine d’années qui les observait avec un mélange de dégouts et de crainte, en échangeant à voix basse avec un grand chauve qui devait être son mari.

- Vous avez un problème ?

La dame sursauta en entendant Lauren s’adresser à elle d’une voix forte mais fit mine de ne pas avoir compris qu’elle était visée et se contenta de se taire, soudainement absorbée par la contemplation du bout de ses chaussures.


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Jane Mason, dix-neuf ans, agent d'accueil de la CAFE

Les usagers qui s'énervaient, c'était le quotidien de Jane toute la journée et elle devait l'avouer, c'était très fatiguant. Elle avait l'impression que la moitié du monde magique passait ses nerfs sur elle et ses collègues ! C'était aussi pour cela qu'il y avait toujours beaucoup d'arrêts maladie, c'était un métier difficile et ingrat. Ils ne faisaient pas les règles, ils ne faisaient que appliquer leurs consignes et ce n'était tout de même pas leur faute si les usagers ne lisaient jamais Le Parchemin Officiel sur lequel les décrets étaient publiés. De plus, leurs notices de remplissage étaient claires non ? Ils avaient des réunions pour les concevoir et s'assurer que rien ne soit compliqué. Jane était un peu agacée de voir Samantha s'énerver face à elle parce qu'elle avait été polie et avait vraiment envie de les aider, elle avait gentiment expliqué ce qui n'allait pas dans leur dossier et elle se faisait crier dessus. C'était fort tout de même.

- C'est rétroactif pour tous les dossiers n'ayant pas été validés encore et d'ailleurs, tous les usagers concernés ont dû remettre ce papier, même ceux dont le dossier était en place depuis longtemps !

Elle ne l'avait pas décidé arbitrairement pour enquiquiner Sam et Lauren, ils avaient reçu une note de service il y a quelques mois et l'appliquaient. Les consignes venaient du Ministère, qu'y pouvaient-ils ? Mais son ancienne camarade de classe ne semblait pas écouter ses arguments, élevant la voix pour dire à quel point cette demande était discriminante et que la CAFE n'avait pas à savoir cela. Jane ouvrit la bouche pour protester mais n'en n'eut pas l'occasion tandis que Samantha continuait sur sa lancée, visiblement échauffée. Tous les gens présents la regardaient et une collègue de Jane pencha la tête vers son guichet, curieuse.

- Mais je n'y peux rien ! protesta-t-elle quand vint sur le tapis le délai d'obtention d'un rendez-vous au service de régulation des créatures magiques.

Elle ne s'occupait pas de cela, elle ne savait pas comment ils géraient leur service mais devaient être très occupés depuis la Pleine Lune sanglante et les nouveaux décrets concernant l'usage des baguettes magiques par les créatures intelligentes. Cela devait être comme eux, ils ne devaient pas avoir assez d'employés et faire face à des restriction de budgets... Elle se redressa un peu devant le regard furieux de Sam, pas très décidée à se laisser faire. Elle n'était pas responsable de toutes les décisions du gouvernement qui ne plaisaient pas à Samantha, elle n'était pas Leopold Marchebank non plus ! Piquée, Jane eut un mouvement un peu sec pour refermer le dossier de Sam et Lauren, quand la première s'excusa. Toujours mécontente mais appréciant que l'on reconnaisse ses erreurs, Jane marmonna une sorte de "huuuuumpf" pour exprimer son mécontentement d'avoir été traitée ainsi.

- Premièrement, je ne suis que votre interlocutrice et j'essaie de vous aider. Me crier dessus comme sur un Strangulot qui a noyé un Niffleur ne me donnera pas vraiment envie de faire des efforts, voyez-vous, lança-t-elle en croisant ses bras sur sa poitrine. Non mais, elle ne se laissait pas marcher sur le pieds non plus ! Je ne peux pas prendre cette décision malheureusement, ça me retomberait dessus, un dossier incomplet... J'aimerais bien mais...

Elle était encore nouvelle et espérait un jour passer au Ministère, dans les véritables services sociaux. L'idée de ne pas aider Sam et Lauren la dérangeait personnellement, si cela n'avait tenu qu'à elle, elle l'aurait fait, bien sûr. Elle croyait en l'honnêteté de ses camarades et savaient qu'elles seraient revenues régulariser la situation au plus vite mais elle ne pouvait pas se le permettre pour le moment, alors qu'elle était encore très surveillée par ses supérieurs. Lauren demanda justement s'il y avait un supérieur qu'elles pouvaient voir et Jane hocha la tête.

- Je vais l'appeler mais vous savez, il est assez... Elle se pencha plus près de la vitre pour murmurer. Buté. Je reviens !

Elle se leva, repoussa sa chaise et disparu à l'arrière des guichets, poussant une porte à double-battants. Son fauteuil resta vide tandis que l'accueil recommençait à vivre, troublé soudain par l'éclat de voix de Lauren à l'adresse d'une femme et de son mari. La collègue de Jane, du guichet d'à côté, fronça les sourcils et interrompit son interlocuteur - un homme qui venait demander des renseignements - pour rejoindre la place de Jane, sans s'assoir, posant juste ses mains sur sa chaise.

- S'il vous plaît, demanda-t-elle d'une voix traînante à Lauren et Samantha, je vais vous demander de rester calmes ou de revenir plus tard, c'est ici un espace de non-agression.

Alors qu'elle prononçait ces mots, Jane revint accompagnée de son supérieur, Augustus Greatdelays et son air revêche. C'était un petit homme avec un grain de beauté impressionnant sur le visage, une voix nasillarde et des lunettes énormes datées de mode.

- Bonjour, lança-t-il en fixant Samantha et Lauren alors que Jane se rasseyait et que sa collègue, Danielle, restait dans le coin, l'oreille aux aguets. Que puis-je faire pour vous satisfaire aujourd'hui ?
- C'est au sujet d'un dossier incomplet, en fait elles... commença Jane.
- Ah, si c'est incomplet, on prend pas. Vous imaginez tout le monde fait comme vous et veut donner un dossier incomplet ? On serait pas sortis de la gare de Pré-au-lard, hein ?
Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Finalement, la réponse censée provint de Lauren. Sam sentit aussitôt sa colère s'atténuer en entendant les paroles plus apaisées et constructives de sa petite-amie. D'ordinaire, les rôles étaient inverses : Lauren était celle qui extériorisait et Sam celle qui temporisait. Mais cette fois le sujet était trop sensible et cette petite contrariété venait faire déborder un vase bien trop plein.

Neuf fois sur dix, Sam laissait passer les discriminations qu'elle subissait sans protester mais pas aujourd'hui. On lui demandait un papier, un simple parchemin pour prouver - encore une fois - qu'elle n'était pas un danger pour la société et qu'elle était apte à toucher une aide au logement. Outre le fait que cette présomption négative soit outrageante, elle avait surtout pour résultat de mettre Lauren et elle dans une situation financière délicate et elle s'en voulait. Toute sa vie, elle ferait peser à ses proches le poids de sa lycanthropie, c'était inéluctable, elle le réalisait maintenant... Tout serait plus compliqué pour Sam, absolument tout. Vouloir prétendre le contraire n'était qu'utopie.

Sa colère se mua rapidement en déconfiture, tandis que Lauren semblait à son tour laisser l'emportement la gagner. Sam n'osa même pas se retrouver vers la sorcière que sa petite-amie avait invectivé. Elle préférait ignorer les regards que l'on pouvait poser sur elle, pour cette fois. Il était épuisant d'assumer ce qu'elle était constamment, et dans des situations telles que celle là, elle n'y parvenait pas.

Hélas, de l'attention, elles allaient en avoir, puisque la collègue de Jane venait d'abandonner son guichet pour les réprimander. Le vocaculaire employé était tellement horripilant qu'elle en resta estomaquée.

"Sérieusement ? Elle est sérieuse ? Un espace de non-agression ?", marmonna Samantha, les yeux éberlués. Elle était à deux doigts de faire un scandale dans "l'espace de non-agression" quand un homme - évidemment, que le responsable était un homme ! - arriva pour prendre les choses en main. Catégorique, il écarta leur demande sans même laisser à Jane le temps de lui résumer la situation. Mais si le fonctionnaire était apparemment "buté", ce n'était rien en comparaison d'une Samantha Miller dans son mauvais jour.

Elle prit une profonde inspiration pour s'enjoindre au calme, s'avança un peu plus vers le comptoir, et répondit :

"Vous savez, notre dossier est complet, il était complet lorsque nous l'avons remis, sauf qu'apparemment le Ministère a fait passer un décret discriminant à l'égard des loups-garous depuis... Cela va retarder le traitement de notre dossier de plusieurs mois le temps d'obtenir un rendez-vous avec le département de contrôle et de régulation des créatures magiques et le problème c'est que nous ne pouvons pas nous en sortir sans cet argent, nous touchons les salaires minimum des stagiaires, comment allons-nous payer le loyer ? Il doit bien y avoir un moyen de nous aider, je vous en prie, que ça soit en nous permettant de régulariser plus tard ou en nous aidant à obtenir ce fameux papier..."

Sam fit son plus beau regard suppliant - voire désespéré - au supérieur de Jane, en priant de toutes ses forces pour toucher une corde sensible de son coeur de fonctionnaire. Hélas, s'il tenait le même discours rigide que Jane, les chances d'obtenir gain de cause étaient maigres...


Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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"Un espace de non-agression ? répéta Lauren, interloquée, quand une des employée jugea bon de la réprimander pour avoir remis ce vieux couple de bavards à leur place. Quoi, vous vous sentez agressée ? C'est peut-être parce qu'on vous refuse de vous traiter comme tout le monde sans raison et qu'on ne fait rien pour vous aider ! cingla-t-elle alors que la sorcière retournait à sa place. Et tu serais plus en état d'te plaindre si je t'avais agressée..."marmonna-t-elle plus bas en serrant les poings.

La batteuse luttait difficilement contre l'envie de refaire le portait à cette Danielle -son prénom était écrit sur son badge- et dut redoubler d'efforts en voyant débarquer le responsable. Il n'avait encore rien dit et pourtant elle sentait déjà qu'ils n'allaient pas s'entendre. Déjà parce qu'elle était sur les nerfs, et qu'elle ne s'entendait pas avec grand monde dans ces moments là, et ensuite parce qu'il avait tout l'air du parfait petit fonctionnaire zêlé qui suivait les règles à la lettre sans se soucier des problèmes des gens qu'il était censé aider.

Lauren fusilla Jane du regard quand celle-ci répondit à leur place et expliqua à son supérieur que leur dossier était incomplet. Leur dossier était complet. Elles l'avaient déposé, complet, un mois plus tôt, et elles ne se feraient pas dire le contraire aujourd'hui.

"En fait il n'est pas vraiment..." commença-t-elle, mais le responsable lui coupa la parole, lui donnant une furieuse envie de broyer ses lunettes ridicules et son nez avec.

Sans même leur donner le temps d'expliquer leur situation, le responsable trancha la question, catégorique. Lauren le dévisagea un instant, stupéfaite par tant d'indifférence. Il n'en avait littéralement rien à faire. Il ne voulait rien savoir, elles ne l'intéressaient pas et leur problème non plus. Elles n'étaient pas des personnes pour lui, elles n'étaient qu'un numéro de dossier, qu'une suite de chiffre un peu plus embêtante que les autres. Pourquoi choisir de travailler dans les services sociaux si on n'avait aucune volonté de venir en aide aux gens ?

Ce fut finalement Samantha qui prit la parole la première pour exposer plus précisément la situation. Impressionnée par le calme et la bonne volonté dont faisait preuve sa petite-amie, Lauren se surprit à espérer que cela suffirait à convaincre le responsable. Il verrait bien qu'elles avaient fait tout ce qu'il fallait et que ce n'était que ce stupide décret qui compliquait les choses, il devait bien avoir un minimum de compassion...

"Non. Ou pas. Je suis désolé mesdemoiselles, mais il n'y a rien que je puisse faire. Il n'avait pas l'air d'en penser un seul mot. La procédure est la procédure. On vous demande un formulaire, vous n'avez pas ce formulaire, donc votre dossier est incomplet. Et maintenant il leur parlait comme si elles étaient des idiotes. Elle allait le tuer. Il faudra repasser quand tout sera en ordre. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée...
- C'est vous le responsable ici ? lança Lauren d'une voxi forte pour le forcer à se retourner alors qu'il s'éloignait déjà.
- Je vous demande pardon ?
- C'est vous qui prenez les décisions ?
- Et bien...
- Alors vous pouvez bien faire une exception, reprit-elle en lui coupant volontairement la parole. Vous voyez bien que ce n'est pas de notre faute, ce décret n'existait même pas quand nous avons rendu notre dossier, il y a plus d'un mois ! Notre dossier aurait d'ailleurs dû être traité bien avant l'entrée en vigueur de ce décret, alors je ne vois pas pourquoi il nous bloquerait ! C'est complètement injuste ! s'emporta-t-elle.
- On ne déroge pas aux règles comme ça, jeune fille, répondit-il d'un ton moralisateur qui eut le don d'exaspérer Lauren encore plus. Cela engagerait ma responsabilité, vous comprenez. Il s'agit d'une question de sécurité...Je ne peux pas me permettre de prendre le risque, si jamais quelque chose arrivait..."

Lauren manqua de s'étouffer en entendant les dernières explications de leur interlocuteur. Une question de sécurité ? Alors quoi, on leur demandait ce foutu papier parce que les loup-garous étaient tous des monstres sanguinaires qu'il fallait surveiller au maximum ? Et la potion tue-loup ? Et le droit à la vie privée, l'égalité ? Est-ce que ça lui disait quelque chose tout ça ?

"Si quoi arrivait ? lança-t-elle, menaçante, en faisant un pas en avant. Il ne bougea pas.
- Mademoiselle, je n'ai pas le temps de...
- Mais nous non plus ! reprit-elle en haussant le ton. On n'a pas le temps de passer par le département de contrôle et de régulation des créatures magiques pour vous ramener un stupide papier pour vous prouver que vous n'avez rien à craindre. Et après quoi ? On va frapper à toutes les portes du quartier pour les prévenir qu'un dangereux loup-garou a emménager à côté ? Est-ce qu'au moins vous vous rendez compte à quel point c'est injuste ? Vous vous entendez parler ? Y a pas quelque chose qui vous dérange là ? "



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Pause CAFE [Samantha & Lauren]

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