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 A la poursuite du passé [Nathanaël/Abigail]

Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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Août 2009.

Je jetai un dernier coup d'oeil au parchemin que je tenais dans la main pour vérifier que j'étais à la bonne adresse, pris une profonde inspiration et frappai.

Un bon mois s'était écoulé depuis que Nathanaël Morgenstern m'avait ramenée à l'auberge après que je l'ai rencontré alors que je cherchais mon chemin. Un bon mois que ce qui s'était passé ce jour-là continuait à me torturer l'esprit. Ce n'était pas tant les paroles et les gestes de Nathanaël qui m'avaient perturbée à ce point, mais surtout ce qu'ils avaient déclenché. Ils avaient fait apparaitre devant mes yeux, quelque chose que Nathanaël affirmait être l'un de mes souvenirs et dont je ne me rappelais absolument pas !

J'avais suivi les recommandations de Nathanaël, j'étais allée questionner mes parents à propos d'Aiden et de cet incendie. Ils avaient échangé un regard que je n'avais pas trop su interpréter et avaient fini par prendre la parole d'une voix presque hésitante. Ma mère avait dit que le prénom d'Aiden ne lui disait rien de particulier. Et qu'elle n'avait jamais entendu parler d'un incendie au coeur duquel je me serais trouvée. Elle me cachait quelque chose, je le sentais. Mais je n'arrivais pas à lui faire cracher le morceau. Même en insistant. Et j'avais insisté, beaucoup, jusqu'à ce que mon père s'énerve et "m'ordonne" d'arrêter avec ces histoires et d'écouter ma mère. Lui aussi était étrange, très. Ils étaient tendus, l'un comme l'autre, je ne les avais jamais vus comme ça, je crois. Alors j'avais fini par laisser tomber. En apparence du moins.

J'étais ensuite allée voir Liam. C'était mon jumeau, s'il savait quelque chose, il me le dirait, j'en étais certaine. Il ne pouvait pas me mentir, je l'aurais su. En fait, nous nous décryptions l'un l'autre à la perfection. Nous détections le mensonge, la souffrance cachée, la moindre hésitation. Aucun de nous n'avait de secret pour l'autre. Nous étions ce qu'on pourrait appeler des jumeaux empathiques, qui se comprennent sans paroles, qui savent avant même que les choses ne soient dites, qui sentent alors même qu'ils sont à des kilomètres l'un de l'autre. Lorsque Cillian était mort et que je m'étais laissée dépérir, Liam l'avait senti. Il avait beau être à l'autre bout pays, le jour où j'avais été admise à Ste Mangouste, il avait su que quelque chose n'allait pas. Avant même que mes parents ne lui en parlent.

J'avais interrogé Liam, mais force était de constater qu'il ne savait rien, lui non plus. Se pouvait-il qu'on nous ait effacé la mémoire à tous les deux ? Ça n'était pas totalement impossible. Mais lui semblait penser que j'avais dû faire un mauvais rêve, simplement. Une sorte de cauchemar qui devait certainement avoir un sens, mais qui n'avait jamais été réel. La preuve : aucun de nous ne connaissait d'Aiden. Et pourtant, nous étions inséparables quand nous étions enfants. Toujours fourrés l'un avec l'autre, tels des siamois. D'ailleurs, autre preuve que c'était bien un cauchemar et non la réalité : il n'apparaissait pas dans ce "souvenir".

Autant vous dire que tout ceci ne m'avait apporté aucune réponse. Mais ça ne m'avait pas convaincue non plus. Étrangement, j'étais plus encline à croire Nathanaël qui affirmait qu'il s'agissait de l'un de mes souvenirs, plutôt que ma famille qui affirmait le contraire. Quelle raison Nathanaël aurait eu de me mentir ? Mes parents en avaient des tas, eux. Quand à Liam, je ne pouvais que le croire quand il affirmait ne rien savoir.

Alors j'étais rentrée chez moi, dans mon petit cottage irlandais, dans la campagne environnant Galway. Et j'avais passé le reste du mois seule, avec mon chien. J'avais essayé de faire remonter le souvenir par moi-même, avec des méthodes de méditation qu'on pouvait enseigner chez les moldus. Mais rien, ça n'avait pas marché. Alors, enfin, je m'étais résolue à contacter Nathanaël.

J'avais longtemps réfléchi à ce que j'allais mettre dans ma lettre, et puis, après l'avoir écrite, j'avais respecté ses consignes et l'avais envoyée par hibou postal à partir de Galway. Je lui avais donné toute latitude concernant le lieu, la date et l'heure d'un éventuel rendez-vous. Je devais bien admettre que je ne m'attendais pas vraiment à ce qu'il réponde. Enfin, j'espérais qu'il allait le faire, maintenant qu'il restait la dernière personne susceptible de m'aider à trouver la vérité (et qui n'aurait pas les scrupules de mes parents). Et à ma grande surprise, il l'a fait.

Et me voilà, là, au jour et à l'heure dite, à frapper à la porte qu'il m'avait indiquée. Je n'étais pas très sûre de ce que j'étais en train de faire. J'en avais parlé brièvement avec Liam (il m'était impossible d'avoir des secrets pour lui) et il n'avait pas tardé à me faire part de ses inquiétudes, mais j'avais réellement besoin de savoir, et au fond, je crois qu'il comprenait. Néanmoins, ses avertissements résonnaient à mes oreilles, associés à ceux que Nathanaël avait formulés lors de notre dernière rencontre. J'étais donc anxieuse, mais mon besoin de vérité demeurait plus fort encore.

- Mr Morgenstern, commençai-je lorsqu'il eut ouvert la porte. Merci d'avoir accepté de me recevoir.

Autant commencer par là, non ? Si je pouvais éviter de me prendre des insultes d'entrée de jeu, ça pourrait être pas mal. Et maintenant le défi, ça allait être d'éviter de le contrarier. Si je voulais qu'il m'aide, c'était peut-être mieux, n'est-ce pas ?


Nathanaël YaxleyMédicomage sur Skyeavatar
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L'appartement de Londres, cet endroit presque impersonnel où Nathanaël recevait ses rendez-vous d'affaires ou toute personne en dehors de ses deux soeurs. Même Théodore ne le rencontrait qu'ici. C'était triste quelque part. Il s'agissait de l'unique frère qu'il lui restait. Leur domaine familial était aussi le sien mais son cadet n'y venait jamais. L'aurait-il fait que le Serdaigle ne lui aurait pas permis d'y pénétrer. C'était trop dangereux, d'autant plus au vu des liens qu'il entretenait avec Jeremiah, leur oncle.
Dès lors louer cet endroit lui était apparu comme une bonne idée. Il y recevait ennemis comme connaissances sans les mettre mal à l'aise et dans le confort. Il ne devait pas se dévoiler en terrain découvert et était au contraire dans un lieu qui lui était connu, sur son terrain.
L'endroit était cosy. C'était clairement le mot adapté. La porte d'entrée donnait sur un petit hall fermé qui lui-même emmenait au salon éclairé par de grandes et lumineuses portes fenêtres. Une cheminée dans laquelle aucun feu ne crépitait plus en cette période de l'année était l'élément qui l'avait décidé - avec les bibliothèques encastrées par ci par là - à louer ce bien en particulier. Elle lui rappelait le manoir. Une petite salle à manger ainsi qu'une cuisine située dans un espace ouvert complétaient le rez-de-chaussée. En mezzanine, se trouvait un large lit ainsi qu'une salle de bain. Personne n'avait jamais dormi entre ses draps ni n'avait même pris un seul bain. Une façade, voilà ce que représentait ce lieu. Il suffisait de jeter un oeil aux livres de la bibliothèque qui ne constituaient que des copies de ceux dont il disposait dans son domaine. Nathanaël ne vivait pas ici. Il n'y dormait pas, ne s'y rafraichissait pas, pas plus qu'il n'y mangeait d'ailleurs. 

Quelques jours plus tôt, le jeune homme avait reçu un hibou. Lorsqu'il avait vu la petite médaille que portait l'animal, il avait de suite su de qui provenait la missive.
En effet, lors de sa dernière altercation avec la bibliothécaire de Poudlard, il lui avait spécifiquement donné comme consigne de n'utiliser qu'un hibou postal pour le trouver. Le mot de la jeune femme l'informait qu'elle n'avait obtenu aucun élément probant auprès de sa famille et qu'il devait donc se coltiner la tâche de l'aider. Elle lui laissait toutefois le choix de l'heure et du lieu. Avec un soupir, le jeune homme lui avait renvoyé une brève missive contenant juste l'adresse, la date et l'heure à laquelle il l'attendait.

Il avait le nez plongé dans l'un de ses nombreux bouquins qu'il avait déjà lu lorsqu'on frappa timidement à la porte. Rangeant calmement le livre, Nathanaël s'en alla ouvrir à sa visiteuse.
Celle-ci le salua avant de le remercier de l'aider.
L'aider ... Pourrait-elle réellement le remercier ? Il n'était pas certain de pouvoir l'aider. Pas plus qu'il n'était assuré qu'il ne risquait pas de la blesser en utiliser son don. Ce qu'avait subi William à l'époque le hantait encore aujourd'hui.

Soupirant, il laissa son regard se promener dans la rue à la recherche d'un éventuel pisteur de son oncle. Rassuré, il s'effaça ensuite pour laisser la jeune femme entrer et verrouilla derrière eux.

Sans jeter un oeil en arrière, il retourna dans le salon.

- Ne me remerciez pas. Je n'ai pas encore vérifié que vous avez rempli votre part du marché que je vous avais proposé., lui fit-il en lui faisant à nouveau face.

Se détournant à nouveau d'elle, il s'installa dans l'un des petits divans attendant patiemment qu'elle prenne place dans celui adjacent.

- Vous ne savez pas ce que je vais déterrer. Peut-être cela brisera-t-il votre petite vie calme et insouciante. , lui murmura-t-il sombrement, De même, vous ne pouvez pas prévoir les conséquences que cela peut avoir sur vous. Cela pourrait vous détruire de connaitre ce passé.

Relevant le regard dans sa direction, il vrilla ses pupilles dans les siennes, sérieux.

- Mon don pourrait vous briser.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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J'esquissai un sourire timide et entrai dans l'appartement alors qu'il s'effaçait pour me laisser passer. Il avait tout de même pris le temps de regarder dehors au cas où. Au cas où quoi d'ailleurs ? Bonne question. Un lien avec son oncle ? Encore ? Il apparaissait presque comme quelqu'un de parano. Mais je suppose qu'il avait ses raisons.

Immédiatement, mon regard fut happé par la pièce, sa disposition, son aménagement, sa décoration. L'endroit était... je dirais, sobre, mais élégant, et accueillant aussi. C'était étrange compte tenu de l'homme à qui il appartenait. Nathanaël y vivait-il quand il n'était pas dans son manoir d'Ecosse ?

Le cliquetis de la serrure dans mon dos me fit me retourner. Si j'étais déjà un peu anxieuse à l'idée de ce qui allait se passer maintenant, savoir que j'étais enfermée à l'intérieur de cet appartement avec lui ne m'aidait pas tellement à me détendre, il fallait bien l'avouer. Je jetai un regard sur la porte désormais close, qui m'interdisait tout retour en arrière et pris une profonde inspiration avant d'emboîter le pas en direction du salon. Je n'avais pas l'intention de faire machine arrière, il en était même hors de question. Mais c'est comme tout, le fait de savoir qu'on n'a pas d'échappatoire éventuel, c'est toujours troublant.

- Je l'ai fait. J'en ai même fait plus que ce dont vous aviez parlé. Mais sans succès.

Je fronçai les sourcils et secouai la tête.

- J'ai eu la sensation de me heurter à un mur avec mes parents. Quant à Liam, il ne se souvient absolument pas d'un Aiden non plus. Ce qui est étrange parce que nous étions totalement inséparables.

Pourquoi je lui racontais tout ça ? Aucune idée. Peut-être pour me justifier d'avoir fait appel à lui. Parce que toute cette histoire était vraiment étrange. Trop pour qu'il n'y ai rien derrière. Le comportement de parents me donnait à penser qu'ils me cachaient quelque chose, jamais mon père ne m'avait ordonné de me taire et de ne plus aborder un sujet auparavant. C'était comme s'il refusait, purement et simplement, d'en parler. Pourquoi réagir de la sorte si cet événement n'avait jamais eu lieu ?

Je m'installai sur le canapé et déposai mon sac sur le sol. C'était une sorte de besace, la même que celle que j'avais à Poudlard, en fait, quand je n'étais encore qu'une septième année. Elle avait appartenu à Cillian, j'avais refusé avec véhémence que mes parents s'en séparassent après son décès. Je l'avais conservée dans le même état que Cillian l'avait laissée. Le fond, complètement décousu, tenait par une rangée d'épingles à nourrice (superbe invention moldue plutôt pratique), seules remparts pour empêcher les livres d'en tomber. Le tissu, auparavant noir était maintenant d'une espèce de gris délavé. Et le N rouge, immense, logo d'une célèbre marque Moldue, avait perdu beaucoup de sa splendeur. Une loque disait ma mère, un souvenir important pour moi. Et je ne m'en séparerais pour rien au monde. Au bruit qu'elle fit en heurtant le sol, il était aisé de se rendre compte qu'elle devait peser un certain poids. En même temps, elle était chargée de livres...

Je relevai les yeux sur Nathanaël alors qu'il reprenait la parole. Encore une fois, il prit le temps de m'avertir des risques que tout cela pouvait engendrer. C'était bizarre venant de lui. Il n'avait pas pris de telles précautions avant de pénétrer dans mes souvenirs la première fois. La deuxième non plus d'ailleurs. Pourquoi cette soudaine prévenance à mon égard ?

Je soutins son regard, aussi sérieuse que lui, sinon plus. J'avais encore la possibilité de reculer, il était en train de me l'offrir avec cette ultime sentence. Mais je n'avais pas l'intention de battre en retraite. Et ce malgré tous les risques qu'il pouvait y avoir à continuer. Liam me les avait d'ailleurs consciencieusement expliqués quand j'avais émis l'hypothèse de recourir à ce genre de magie pour retrouver mes souvenirs (sans être entrée dans les détails).

- J'en suis consciente.

Sans quitter son regard du mien, j'acquiesçai et pris une profonde inspiration.

- Mais je prends le risque... si vous voulez bien le prendre aussi.

C'est que ça allait dans les deux sens cette histoire non ? Je veux dire, à sa place, je ne sais pas si je le ferais en sachant les conséquences que ça pourrait avoir sur la personne en face de moi. J'étais égoïste sur ce coup-là, je n'avais pas d'autre choix que de le reconnaître mais...

- Depuis que j'ai vu ce... comment je pouvais l'appeler ? J'avais du mal à utiliser le mot souvenir, je n'étais même pas encore sûre que c'en soit vraiment un !... cette scène, je ne cesse d'y penser, d'essayer de me rappeler. Toujours en vain. C'est comme si tout ceci n'avait laissé aucune trace dans ma mémoire. Et pourtant ça doit bien y être, puisque vous l'avez trouvé !

Je détournai finalement le regard et le posai sur la cheminée. A cette période de l'année, elle était éteinte. Et entre nous, c'était tant mieux. Ma peur du feu était telle que même un simple feu de cheminée, ou le craquement d'une allumette suffisait à me filer des sueurs froides. Peut-être que d'en connaitre l'origine m'aiderait à la surmonter ? ou du moins à la rendre moins paralysante ?

- C'est de ne pas savoir qui est en train de me détruire actuellement. Il faut que je sache, quelle que soit la vérité, même si elle est insupportable.

Je plongeai à nouveau mon regard dans celui de Nathanaël, tout aussi sérieuse que précédemment, et déterminée aussi. Il n'y avait aucune marche arrière possible, pas en ce qui me concernait en tout cas.

- J'ai conscience que je vous en demande beaucoup trop, mais je vous en prie, j'ai besoin de savoir ce qu'il s'est réellement passé. Et quoiqu'il arrive... c'est ma décision. Et je l'ai prise en mon âme et conscience.

Personne ne lui en voudrait si après tout ça, j'étais différente. Et surtout pas moi. J'étais consciente des risques, je les acceptais. Personne n'avait rien à redire à ça. Excepté lui. Il était désormais le seul à pouvoir prendre la décision finale. Et s'il refusait finalement, je n'aurais d'autre choix que de l'accepter, n'est-ce pas ? Et de chercher un autre légilimens pour le coup...

- Maintenant, c'est à vous de voir si vous prenez la même. Je ne vous en voudrai pas si vous refusez. Quoiqu'il arrive, vous ne serez responsable de rien. Mais je ne pense pas qu'il arrivera quoique ce soit. Je ne saurais dire pourquoi, mais j'ai confiance en vous, dans ce domaine-là.


Nathanaël YaxleyMédicomage sur Skyeavatar
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Face a ses suspicions en ce qui concernait la part du marché qu'elle était censée remplir avant de venir le trouver, la jeune femme lui assura avoir questionné ses parents. Comme elle l'affirmait visiblement avec une grande fierté, elle en avait même fait beaucoup plus que ce qu'il avait convenu avec elle. Elle lui assura s'être heurtée à un mur avec ses parents. Aux yeux du jeune homme, cela signifiait clairement qu'ils savaient parfaitement de quoi il retournait avec ce souvenir. Or, d'après ce qu'il en avait vu en ce qui concernait les parents de la jeune femme, sa famille semblait du genre soudée. S'ils ne souhaitaient pas la voir recouvrer ce souvenir, il devait y avoir une raison.

Elle lui annonça vouloir, malgré ses mises en garde, prendre le risque. La rousse précisa même qu'elle le faisait si lui même souhaitait courir ce danger. La fixant dans les yeux, le regard de l'ancien Serdaigle se fit plus froid. Prendre le risque de briser son esprit ? Etait-elle réellement en train de lui faire cette proposition ? De brefs et furtifs souvenirs du passé lui revinrent en mémoire. Son jeune frère d'à peine 15 ans, l'adorable William, toujours en train de sourire et plein de vie. Un frère attentif, créatif, tendre et plein de bonté qui s'était présenté dans le bureau de Jeremiah suite à sa convocation. Le même frère qui se contorsionnait au sol le regard vide. Après cela William n'avait jamais plus été le même. Son aîné ayant violé certains de ses souvenirs les plus intimes sans se montrer délicat lors de son exploration, le jeune adolescent s'était montré plus effacé, plus lointain dans sa présence parmi eux. Certes, il n'avait jamais émis la moindre accusation envers Nathanaël. Pire, c'était justement ce lien fraternel qui les avait lié par la suite et ce point d'honneur que William avait eu à toujours prendre son parti, à toujours le défendre qui avait exacerbé davantage les remords qu'il ressentait encore aujourd'hui plusieurs années après le décès de son cadet.

Secouant brièvement la tête, Nathanaël revint dans la réalité qu'était son appartement londonien où Abigail O'Brien lui affirmait avoir pris sa décision en son âme et conscience. La vérité qui la détruisait actuellement... voilà ce qu'elle souhaitait connaitre. Et visiblement l'idée même que ce qu'elle lui demandait pouvait l'aider elle, mais le détruire lui, ne lui effleurait même pas l'esprit. A moins qu'elle n'en ait tout simplement pas cure.

Après lui avoir affirmé qu'elle lui laissait le choix, la bibliothécaire lui affirma avoir confiance en lui dans ce domaine. La confiance ... C'était une chose tellement surfaite. Will lui faisait confiance et il avait pu voir où cela avait mené le jeune homme.

Quittant son fauteuil, Nathanaël s'approcha de la jeune femme et vint se planter à proximité d'elle.

- Je crois pourtant vous avoir dit de ne pas avoir confiance en moi... Dans aucun domaine, aussi infime soit-il. , lui murmura-t-il en remettant une mèche rousse derrière l'oreille de la jeune femme.

Prenant conscience de son geste bien trop personnel qu'il avait généralement à l'égard de sa soeur, il s'empara froidement du menton d'Abigail avant de laisser glisser sa main le long de la mâchoire de la jeune femme.

- Vous êtes parfaitement consentante à ce que je fouille votre esprit. J'estime donc que je ne serai pas responsable des pertes que vous pourriez avoir. Cela me permettra juste de me débarrasser enfin de vous comme le prévoit notre accord. Vous serez seule responsable de votre erreur, miss O'Brien.

A ses propres oreilles, son discours sonnait cruel même s'il savait parfaitement qu'il était faux. Quoiqu'il arrive, il serait tourmenté s'il venait à arriver quoique ce soit à l'une de ses "patientes". C'était ainsi. Même lorsqu'il travaillait, il ne pouvait s'empêcher d'être heurter par la cruauté de ce qu'il faisait subir à ses prisonniers. Fermant les yeux l'espace d'un instant, Nathanaël se concentra. Il ne fallait pas qu'il commence à se montrer dissipé. Le cas échéant, s'il se laissait dominé par ses émotions passées, il risquait de détériorer les morceaux d'âmes de celle qui lui faisait face. N'avait-il pas pris soin de se reposer assez la veille pour éviter toute erreur ce jour même ?

Une fois la chose faite, il plongea son regard dans celui de son interlocutrice.
Fouillant sa mémoire, il chercha les preuves qu'il souhaitait obtenir avant d'aller plus en avant. C'est ainsi qu'il vit les deux parents de la jeune femme. Cet échange de regard entre eux en disait long. Ils savaient parfaitement bien de quel souvenir leur fille parlait. Nul doute qu'ils aient à voir avoir sa disparition de l'esprit de celle-ci. La surprise se mélangeait à une forme de crainte dans leurs expressions. Comment avait-il pu ressurgir ? Voilà ce que leur attitude paraissait vouloir dire. C'était sa mère qui avait fini par prendre le contrôle de la discussion, affirmant qu'elle ne connaissait ni d'Aiden ni d'incendie qui avait pu se déclarer dans les parages et auquel Abigail ait pu être mêlée d'une quelconque manière qui soit. Sa position de fuite indiquait pourtant tout le contraire. Malgré les tentatives de la rousse, la conversation prit court, son père lui ordonnant d'arrêter. Le désarroi et une forme de surprise provenant de la jeune femme lui vinrent. Visiblement il s'agissait d'une première dans ce genre de comportement pour ce père qu'elle aimait tant.

Nathanaël passa de ce souvenir à un autre concernant Liam qu'O'Brien avait consulté par la suite. Mais il n'en avait pas vraiment cure. Leur accord ne stipulait que les parents pas ce jumeau qui comme il le prévoyait, n'avait aucun élément supplémentaire à leur apporter.

Alors qu'il s'apprêtait à sortir de l'esprit de la jeune femme pour leur accorder une brève pause, un souvenir attira sa curiosité. Inconsciemment, il s'y attarda et il en avait déjà trop vu lorsqu'il se rendit compte de ce qu'il faisait. Coupant le contact visuel, il s'éloigna de quelques pas de la bibliothécaire.

Margaret... Il avait aperçu Margaret dans son uniforme de Poudlard, en larmes devant la Serdaigle. Son prénom... Il avait perçu son prénom trop brièvement pour en être certain mais cela lui laissait un sentiment de malaise certain.

- Que ... , murmura-t-il faiblement en fronçant les sourcils, plus perturbé qu'il ne le souhaitait.

Se souvenant d'où il se trouvait et avec qui, Nathanaël reprit très rapidement ses esprits, affichant le masque froid qu'il affichait en toute circonstance en dehors des murs du domaine.

- Bien. Vous avez rempli votre part du marché. , affirma-t-il avec détachement et dureté.

S'installant à nouveau dans le fauteuil qu'il avait précédemment occupé, il montra de la main celui situé juste en face à la jeune femme.

- Assaillez-vous ! Plus vite nous commençons, plus vite je serai débarrasser de votre présence.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Ne jamais avoir confiance en lui. Oui, en effet, il avait dit quelque chose dans le genre. Et en règle générale, j'aurais plutôt été encline à le croire. Mais là, je ne sais pas, c'était différent. C'était plus fort que moi. Il n'avait eu aucune difficulté à se balader dans mon esprit les fois où il avait essayé, ça m'avait amenée à penser qu'il était expert en la matière et qu'il savait ce qu'il faisait. Il semblait maîtriser son don à la perfection. J'avais probablement tort de le croire, à entendre tous les avertissements qu'il me donnait, mais je ne pouvais pas m'en empêcher.

- Je sais, murmurai-je en baissant les yeux tendis que sa main replaçait une mèche de mes cheveux derrière mon oreille dans un geste étonnamment doux.

Venant de lui, c'était bizarre. Il avait toujours été assez froid, à la limite du brutal même parfois. Comme s'il cherchait à m'impressionner, mais pas dans le bon sens du terme. Comme s'il voulait que j'aie peur de lui. Et quelque part, ça marchait. Mais il avait aussi ces petits gestes, ces expressions et ces regards, tellement fugaces qu'on pourrait se demander si on les avait bien vus. Mais pourtant, ils étaient là, et ils amenaient le doute. J'avais la sensation que Nathanaël était bien plus complexe que ce qu'il ne laissait entrevoir. C'était peut-être ça qui attirait ma curiosité, comme un aimant, et qui faisait que finalement, je ne le fuyais pas comme il semblait le vouloir.

Je le relevai les yeux en sentant sa main s'emparer de mon menton comme il faisait à chaque fois qu'il se préparait à plonger dans mon esprit. Mon regard résolument rivé au sien, je ne cillai pas alors que sa main glissai le long de ma mâchoire et qu'il se dédouanait verbalement de toute responsabilité en cas de problèmes.

- Nous sommes d'accord sur ce point, affirmai-je avec un léger hochement de la tête qui eut pour effet de faire glisser légèrement sa main sur mon cou.

Je retrouvai le silence, le laissant se concentrer, attendant sans le quitter des yeux qu'il ne soit prêt. Et lorsqu'il le fut, je l'accueillis dans mon esprit sans aucune résistance. Manifestement, il pouvait voir directement les souvenirs qui l'intéressaient. Je ne savais pas trop comment il faisait ça. Était-ce également lié au fait que je savais que c'était ce qu'il venait y chercher ? Toujours est-il qu'il eut la preuve irréfutable que j'avais bien rempli ma part du marché. La conversation avec mes parents s'imposa à mon esprit et je revis la réaction de ma mère, puis de mon père. Cette façon abrupte qu'il avait eue de me renvoyer sur les roses et qui ne lui ressemblait pas. Et puis il y eut Liam, et sa façon de me dire en toute sincérité qu'il ne savait rien.

Et puis j'entrevis Margaret. Qu'est-ce qu'elle venait faire là ? Je me souvenais parfaitement de cette scène. Elle s'était produite tellement de fois. Pas exactement la même, c'est vrai, mais le contenu, le déroulement était souvent pareil. Elle se confiait à moi, en larmes, à propos de Nathanaël. Margaret était une fille tenace qui refusait de laisser Nathanaël la repousser. Mais si elle était capable de faire preuve d'autant de détermination face à lui, c'était peut-être parce qu'elle craquait parfois, quand il n'était plus là ?

Nathanaël s'extirpa de mes souvenirs et son visage se matérialisa à nouveau devant mes yeux alors qu'il reculait de quelques pas. Durant une fraction de secondes, il eut un regard étrange. Etait-ce la vision de Margaret ? Je croyais me souvenir, suite à notre conversation à la librairie, que sous ses airs indifférents, il avait tenu à la jeune femme. Était-il "touché" de la revoir de la sorte ? Je n'eus pas vraiment le temps de m'attarder sur la question, déjà son regard et son expression s'étaient de nouveau faits aussi durs qu'auparavant.

J'acquiesçai lorsqu'il reconnut que j'avais fait ma part, comme il me l'avait demandé. C'était inutile, il l'avait vu de ses propres yeux, mais c'était comme s'il fallait que je réponde quelque chose à ça. Pas forcément par des mots, mais au moins par un regard, un geste, n'importe quoi.

Je m'installai dans le fauteuil face au sien, comme il me l'ordonnait. Il semblait vouloir en finir au plus vite. Et j'étais de cet avis aussi. Après tout, je voulais connaitre la vérité, à cet instant, rien n'était plus important pour moi. Mais j'avais quand même quelques questions à lui poser. Je voulais lui demander comme ça fonctionnait, comment il pouvait aller chercher des souvenirs précis alors qu'il ne savait pas vraiment à quoi ils ressemblaient. Mais était-ce vraiment une bonne idée de lui poser cette question ? N'allait-ce pas plutôt l'agacer et l'inciter à refuser de m'aider pour le coup ? Mieux valait peut-être ne pas prendre de risques.

Mon regard sonda le sien quelques secondes, comme s'il semblait hésiter. Et puis ma détermination à savoir prit le dessus.

- Allez-y, dis-je, en me penchant vers lui.

S'il avait espéré que je recule, il se trompait lourdement. ma décision était prise, je le lui avais déjà dit. Je ne pouvais, cependant, m'empêcher d'être un peu anxieuse. Je crois qu'au fond, j'avais un peu peur de ce que j'allais voir. Et ça se traduisait éventuellement par un léger, presque imperceptible, tremblement de la main. Mais elles étaient posés sur le coussin de chaque côté de mes cuisses et si les yeux de Nathanaël restaient résolument rivés aux miens, il ne risquait pas de les voir.

- Inutile de perdre plus de temps, en effet.


Nathanaël YaxleyMédicomage sur Skyeavatar
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Sans un mot, la jeune femme s'installa en face de lui. Difficile d'y croire, clairement. Elle qui revenait toujours sur chacune de ses paroles, voilà qu'elle obéissait sans un mot. Toutefois, Nathanaël ne s'attarda pas réellement sur le pourquoi du comment de la chose. Il l'aidait, c'était probablement ce qui muselait pour l'instant la bibliothécaire si bruyante habituellement.

Etrangement, Nathanaël ne pouvait se sortir de la tête l'image qu'il avait vu avant de sortir de son esprit. Margaret... Ses larmes... Même plusieurs années plus tard, il continuait de regretter la peine qu'il avait infligée à la jeune femme qu'elle était. Durant plusieurs années, elle avait encaissé et s'était tenue à ses côtés quoiqu'il arrive. Pas un seul instant, elle ne l'avait laissé la voir au plus bas. Bien sûr, il s'était souvent posé la question de savoir comment elle faisait pour tenir sans broncher et sans souffrir. Car Margaret n'était pas stupide. Elle savait parfaitement à qui elle avait à faire. A l'époque il ne s'en était pas rendu compte, clairement pas. Mais avec le temps, en y repensant, la vérité lui avait sauté au visage. La Gryffondor connaissait ses habitudes, ses points faibles et souriait toujours lorsqu'il tentait de la heurter pour la faire s'éloigner de lui. Rien n'avait jamais fonctionné. Ses essais n'avaient jamais pris avec elle. Et petit à petit, elle s'était faite plus proche qu'aucune autre personne extérieure à sa fratrie. Pourtant, à en voir le souvenir qu'il avait aperçu chez la rousse qui lui faisait face, Margaret avait versé ces larmes qu'il avait tant essayé de lui faire verser. Jusqu'au dernier instant il s'était montré infâme à son égard. Ses dernières paroles l'avaient meurtries plus qu'il ne l'aurait souhaité alors. Mais c'était trop tard et au final, il n'avait jamais pu lui faire part de ses réels sentiments pour elle.
Une partie de lui souhaitait retourner fouiller cette bribe qu'il avait aperçu trop brièvement mais sa conscience lui intimait de ne pas le faire. Rien de bon ne ressortirait de tout cela. Il avait assez de remords, assez de regrets et assez de problèmes sans avoir besoin d'écourter davantage ses nuits en faisant revenir Margaret de la sorte.

Face à lui Abigail était assise, en apparence calme. Se penchant vers elle, il s'empara à nouveau et comme d'ordinaire de son menton délicatement cette fois. C'était une sorte de rituel qu'il avait instauré sans réelle s'en rendre compte. Ca permettait au moins à la jeune femme de se préparer à ce qu'il sonde son esprit.

Dès qu'il pénétra ses souvenirs, il se rendit bien vite compte qu'elle était loin d'être aussi paisible qu'elle ne le lui avait laissé entendre. Mais il passa outre. Il recherchait tout autre chose, un souvenir, effacé visiblement par l'un de ses parents. Sa mère s'il se souvenait bien était la seule capable de le faire. Or, il était toujours très difficile de s'en prendre à son propre parent, d'autant plus lorsqu'il s'agissait d'une mère aussi aimante que semblait l'être celle de la bibliothécaire. Sondant un peu au hasard, il finit par trouver une petite bribe. Minuscule mais pas assez pour l'empêcher d’exhumer le fragment perdu.

A nouveau il revit la cabane en bois. L'endroit sentait le renfermé et l'âge. Visiblement, cela faisait de nombreuses années qu'elle était là et cela se voyait non seulement sur les murs et sols du lieu même mais également au niveau des grincements que produisaient les trois enfants qui jouaient là. Trois ... Une petite fille rousse et deux garçons : celui qu'il avait déjà vu, Aiden et un autre qui avait des traits en commun avec la gamine. N'avait-elle pas dit qu'elle avait un frère jumeau ? Ce garçon était probablement son frère. Toutefois, en souhaitant pas perturber le cours du souvenir retrouvé, Nathanaël se désintéressa-t-il complètement de l'analyse de la scène qu'il déroulait tout doucement, avec la plus grande délicatesse et le plus grand soin. Un peu trop de brutalité ou de vitesse et il briserait celui-ci voir même pire.
Les trois enfants se déplacent vers la cheminée rudimentaire. L'idée de faire un feu est émise et pendant que la version enfant de son interlocutrice s'active à nettoyer l'âtre avec Aïden, son frère sort précipitamment pour chercher du bois. La tâche des deux enfants restants est vite accomplie. Se pose alors la question d'allumer le feu. Comme s'il s'agissait d'une évidence, la jeune Abigail allume celui-ci. Rapidement toutefois, le foyer prend de l'ampleur se propageant petit à petit dans le lieu restreint qu'est la cabane. L'air devient suffocant et la panique prend le dessus chez les occupants. Se jetant sur la porte, celle-ci semble bloquée. Une terreur les assaille. Le troisième enfant, de l'autre côté de la porte, ne semble pas pouvoir les aider davantage. Il disparait.
Un bruit sinistre retentit, une sorte de craquement sonore. L'instant suivant un morceau de poutre de la cabane s'abat sur Aïden. Etrangement, il ne touche pas Abigail comme si le garçonnet l'avait poussée pour lui éviter le coup. Cela ne fait que renforcer le sentiment de panique chez la rousse qui suffoque petit à petit. Auprès de son ami, celui-ci ne semble pas revenir à lui malgré les appels de la petite fille. Un bruit mat heurte la porte. Celle-ci ne cède pas du premier coup. Un second est nécessaire pour qu'enfin le passage se libère. Un homme que la gamine reconnait de suite entre rapidement pour se saisir d'elle. Il est rapidement forcé de reculer, les flammes renforçant de seconde en seconde le brasier qu'est devenu la petite cabine tranquille, lieu de prédilection de jeux des trois enfants. Alors qu'ils sortent précipitamment de celle-ci, le toit s'effondre, rendant impossible toute chance de survie du garçonnet resté à l'intérieur.

Envahi par une certaine lassitude et une fatigue, Nathanaël rompit le contact. Son esprit commençait lui-même à se déconcentrer et il ne peut pas aller plus loin avant de prendre une pause nécessaire. Il ne doute pas que cela soit également le cas pour la jeune femme qui lui fait face.

- Je suis incapable d'assembler les bribes restantes de votre souvenir aujourd'hui. Il serait dangereux de poursuivre.

Nathanaël allait poser une main réconfortante sur l'épaule de sa compagne lorsqu'il se reprend. Refermant la main tendue qu'il avançait vers elle, il se recule fronçant les sourcils.

- Votre souvenir est en partie complet. Le garçon que vous avez vu, Aiden, est décédé dans l'incendie. Vous voilà donc certaine qu'il ne s'agit pas d'un petit jeu de ma part. Je ne vous ai pas implanté ce souvenir. Votre frère visiblement y était également.

Se levant, il s'éloigna dans la cuisine pour prendre deux tasses de thé ainsi que plusieurs carrés de chocolat et permettre à la jeune femme de recouvrer ses esprits. S'appuyant quelques minutes contre l'un des pans de mur de l'endroit, son esprit laissa filer les souvenirs qu'il venait de remonter à la surface. Regagnant le salon, il s'installa à la place qu'il avait occupé jusque là.

- Buvez ceci ! Et veillez à manger un peu aussi., lui fit-il en déposant la confiserie ainsi que la tasse face à elle, Nous n'irons pas plus loin aujourd'hui.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Comme à chaque fois, il saisit mon menton entre ses doigts. C'était le signal qu'il allait entrer dans mon esprit, je le reconnaissais maintenant, et je m'exhortai au calme. Il m'avait prévenue des risques, Liam aussi. Mais peut-être que si j'étais pleinement coopérative, les choses se passeraient au mieux ? Peut-être que c'était la résistance de l'esprit sondé qui faisait que parfois cela pouvait avoir des conséquences irréparables ? C'était cependant plus facile à dire qu'à faire.

Mes mains se crispèrent légèrement quand les premières images apparurent. Et puis, mon esprit se fit finalement à la sensation familière de la présence de Nathanaël. C'était étrange d'ailleurs, je ne pensais pas qu'on pouvait s'habituer à cela. Mais au fur et mesure qu'il fouillait, je me détendais un peu plus. D'autant que son intrusion se faisait, cette fois, moins brutale. Il semblait prendre ses précautions, fouillant doucement, comme s'il ne voulait pas heurter de front les éventuelles barrières que mon esprit pouvait lui dresser. Je sentais d'ailleurs ses doigts sur mon menton, un peu plus doux que les autres fois.

Et puis il parvint à le trouver, le souvenir de l'incendie. En même temps que lui, je revis la cabane, Aiden et la petite moi en train de jouer. Quel âge devais-je avoir ? 9 ou 10 ans ? Difficile de savoir précisément. Une autre tête rousse attira mon attention et j'eus un léger sursaut en reconnaissant Liam. Il était là aussi ! Alors ce n'était pas un cauchemar, comme il le prétendait. C'était bien nous, c'était bien réel. Mais dans ce cas, pourquoi Liam ne se souvenait-il pas non plus ? C'était étrange. Quoiqu'il en soit, le fait qu'il soit là aussi était rassurant. Je n'étais peut-être pas complètement folle ? Il s'était bien produit quelque chose.

Comme Nathanaël, j'assistai à toute la scène d'un point de vue extérieur. Notre idée de faire du feu, Liam qui sortait chercher du bois, Aiden et moi qui restions pour dégager la cheminée des branchages. "Comment on va allumer le feu ?" M'entendis-je demander au petit garçon aux yeux bleus. "je ne sais pas, tu as des allumettes ?" Je secouai la tête et reportai mon regard sur l'âtre, pas encore complètement dégagé. La petite moi sursauta en voyant la première flamme apparaître. "Comment tu as fait ça ? - Ce n'est pas moi," répondit le petit garçon. "C'est toi la sorcière, non ? Ca doit être toi" ajouta-t-il.

Je sentis l'appréhension monter en moi. Non, ce n'était pas possible, ce n'était pas moi ! Je n'avais pas pu allumer un feu sans le vouloir ! Je n'étais même pas encore à Poudlard. Je me rappelais des paroles de ma mère, "un jour, la magie en vous se déclenchera, vous pourrez faire quelque chose d'étrange, c'est normal, ne vous inquiétez pas". Mes mains se mirent à trembler, agrippant le bord du fauteuil encore plus fort.

Dans la cabane, le feu prit vite une ampleur incontrôlable et Aiden et moi n'arrivions pas à l'éteindre. Attrapant Aiden par la main, la jeune Abby se précipita vers la porte pour sortir, mais celle-ci était bloquée. "Liam !". Les deux enfants se mirent à marteler la porte comme je l'avais fait moi-même la première fois que Nathanaël m'avait confrontée à ce souvenir.

Mon regard se reporta sur les flammes qui montaient, montaient, atteignaient presque le plafond. Je sentis la panique monter en moi, telle une vague déferlante. C'était plus fort que moi, c'était quelque chose que je ne pouvais pas contrôler. Pour éviter d'être submergée, je me concentrai sur la sensation des doigts de Nathanaël sur mon menton, la seule preuve que tout ceci n'était pas "réel".

De l'autre côté de la porte, la voix de Liam nous parvint "C'est coincé, je vais chercher papa !". Les deux enfants continuèrent à tirer sur la poignée de la porte, jusqu'à ce qu'un craquement au-dessus de leur tête se fasse entendre. Je levai les yeux en même temps qu'Aiden et je vis la même chose que lui, une poutre du toit qui allait céder d'un moment à l'autre. Il poussa vivement la petite Abby qui ne s'était rendu compte de rien. Celle-ci tomba sur le sol, mais fut épargnée par la poutre qui s’abattit sur le petit garçon. "Aiden", se mit-elle à crier. "Réveille toi !".

- Stop, murmurai-je, me sentant incapable d'en voir plus.

Mais avais-je vraiment parlé ? Ma voix ne parvenait même pas à mes propres oreilles. Et Nathanaël, plongé dans mon esprit pouvait-il l'entendre lui aussi ? Probablement pas. Les images continuèrent, mais celles-là, je les avais déjà vues. Mon père finit par arriver alors que la cabane menaçait de s'écrouler totalement. Il enfonça la porte, saisit la jeune Abby à bras le corps et l'éloigna rapidement de la cabane en flammes. Mais alors qu'il retournait vers la bâtisse pour aller chercher Aiden, un craquement sinistre se fit entendre et tout s'effondra. La petite Abby laissa échapper un hurlement tandis que mon père revenait vers elle pour la serrer dans ses bras et l'empêcher de regarder davantage. A leurs côtés, le petit Liam regardait les flammes dévorer ce qui restait de la cabane, une expression d'horreur lisible sur son petit visage.

Lorsque Nathanaël rompit le contact, le retour à la réalité fut relativement brutal pour moi. Je tremblais de tout mon être et mon regard fou se baladait sur toute la pièce, comme s'il cherchait quelque chose pour se raccrocher à la réalité. Ce fut le visage de Nathanaël qui m'apparut comme le point d'ancrage le plus efficace. Je n'aurais jamais cru cela possible, mais c'était presque rassurant de le voir là, face à moi.

Je soupirai et enfouis mon visage entre mes mains, posant mes coudes sur mes cuisses. J'avais besoin de reprendre mes esprits. Ce que Nathanaël m'avait montré était particulièrement perturbant.

- C'était ma faute...

Techniquement, non, c'était un accident. Je n'avais pas voulu que ça arrive. Je n'avais même pas fait exprès d'allumer ce feu. C'était une manifestation magique que pouvaient avoir les jeunes sorciers, ça ne se maîtrisait pas. Mais je n'étais pas dans le bon état d'esprit pour entendre cette argumentation. C'était ma faute, c'était moi qui avait allumé ce feu alors que nous n'avions pas fini de nettoyer la cheminée. Et j'avais été incapable de l'éteindre.

Alors qu'il déclarait qu'on en restait là pour aujourd'hui, je relevai les yeux et acquiesçai, sans vraiment avoir conscience de ce que ça impliquait. C'est que, je n'avais pas encore récupéré entièrement la mémoire à ce sujet ! On ne pouvait pas s'arrêter là. Mais j'étais trop perturbée pour même y penser à l'heure actuelle.

Du coin de l'oeil, je vis sa main s'avancer vers moi, puis reculer, comme s'il avait changé d'avis, mais je n'y prêtai pas d'attention particulière. Quand il se leva, je fis de même. Mais pour marcher de long en large dans le salon. Il fallait que je calme le tremblement de mes mains, que je me ressaisisse. Il était primordial que je me calme, sans ça, il ne pourrait pas continuer à fouiller mes souvenirs. Oui, je vous ai dit que je n'avais pas vraiment saisi le sens de ses paroles précédentes. Pour moi, il était évident que nous n'en avions pas terminé.

Lorsqu'il revint avec de quoi nous requinquer, je revins m'asseoir dans le fauteuil que j'avais quitté. mes mains tremblaient toujours autant et mon regard était aussi perdu qu'avant. Quoique plus brillant encore, il fallait désormais que je lutte contre les larmes qui voulaient sortir.

- Merci.

Allez savoir pourquoi je le remerciais. Était-ce pour le thé ou le chocolat ? Pas seulement. Etrangement, aujourd'hui il se montrait moins hostile. Il gardait toujours ses distances, mais il était moins insultant, plus prévenant.

Je baissai les yeux sur le chocolat qu'il avait mis devant moi. J'avais beau savoir que ça me ferait du bien, c'était comme si je ne pouvais me résoudre à en prendre un morceau. J'avais la sensation bizarre qu'il ne parviendrait pas jusqu'à mon estomac, que je ne pouvais rien avaler... Pas plus le thé que le chocolat d'ailleurs. Je me laissai aller contre le dossier sans y toucher. De toute façon, j'aurai été incapable de prendre la tasse sans la renverser tant je tremblais.

Je relevai les yeux sur lui alors que cette fois, ses paroles trouvaient tout leur sens.

- Mais... nous n'avons pas fini.

Je me sentais mal, je le savais. Mais entre nous, je me disais que je préférai encore tout apprendre en une seule fois plutôt que de ressasser tout ça encore et encore tant que je n'aurais pas ma réponse. Quelque chose me disait que ce serait moins douloureux.

Il avait certainement raison cela dit. J'étais tellement perturbée qu'il était sûrement dangereux de tenter une autre incursion dans mon esprit. Faisant fi des convenances, je relevai les genoux pour les serrer contre ma poitrine, posant les pieds sur le coussin du fauteuil. J'étais responsable de la mort d'un enfant, comment je pouvais me remettre de ça ? Comment mes parents avaient-ils pu me cacher cela ? Le temps m'aurait aidée à guérir, même si je supposais que c'était quelque chose dont on ne se remettait jamais. Mais j'aurais pu apprendre à vivre avec. Ce serait le cas maintenant aussi, bien sûr, mais c'était tellement plus dur de découvrir ça maintenant.


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Nombreux pensaient que c'était un don. Son oncle était d'ailleurs l'un des premiers à bénir celui-ci. C'était utile. Son employeur appréciait d'ailleurs chaque jour les prouesses qu'il accomplissait dans l'exercice de sa fonction. Pourtant à ces yeux, la legimensie était et resterait un fléau qu'il exécrait.
Remonter des souvenirs à la surface n'avait pas toujours que du bon. Le sondage d'ailleurs ne se passait pas toujours sans conséquence d'ailleurs !
Il l'avait déjà vu et en avait déjà été témoin par le passé.
Ici-même, alors qu'elle était consentante - pire, elle le lui avait demandé - l'expérience se révélait traumatisante et angoissante.
Vers la fin de la vision du passé que la jeune femme souhaitait tant faire remonté à la surface, il l'avait sentie se raidir avant de murmurer un vague stop. Toutefois son peu de réticence l'avait poussé à aller plus loin et à poursuivre le déroulement de la bribe de mémoire.
Bien sûr, il ne prévoyait pas d'attendre qu'elle s'écroule face à lui pour s'arrêter mais elle avait encore de la marge peu importe la dureté de ce qu'elle voyait ou bien les sentiments exacerbés qu'elle ressentait en ce moment.

Lorsqu'il avait enfin mis fin à tout, il s'était esquivé pour éviter de prendre pitié, de faire un faux pas. La vision était affreuse et continuait de tourner derrière ces paupières. Mais il devait la refouler pour qu'elle s'estompe petit à petit. Garder chaque souvenir qu'il était amené à voir tenait de la folie. Et la dernière chose qu'il voulait était bien de se faire dévorer par les différents éclats du passé des autres. Les siens lui suffisaient amplement et Nathanaël avait largement de quoi faire.

Lorsqu'il était revenu, le sentiment de culpabilité de la bibliothécaire ne s'était pas apaisé. Elle le remercia mais semblait si ... distante, si éloignée bien qu'elle sembla vouloir poursuivre. Les genoux ramenés contre elle, elle ressassait la faute qu'elle s'accordait à la mort de cet enfant.

- La mort de cet enfant était un accident, Miss O'Brien. Si vous n'aviez pas eu votre premier signe de magie, cela aurait pu tout aussi bien être votre frère ou ce garçon. Vous-même auriez pu être la victime de cette incendie d'ailleurs.

Se rasseyant face à elle dans le divan qu'il avait occupé pour la séance, il resta quelques instants silencieux avant de poser à nouveau son regard sur la jeune femme.

- Nous avons terminé pour aujourd'hui. Je ne fléchirai pas sur ce point. Vous êtes perturbée par ce que vous avez vu et moi-même j'éprouve une certaine forme de fatigue.

Passant une main dans ses cheveux pour les ramener en arrière comme il le faisait toujours lorsqu'il était en extérieur, la lassitude et une légère fatigue tenaillaient le jeune homme. Utiliser son don lorsqu'il était dans cet état et face à quelqu'un de chamboulé était la pire chose à faire.

- Je ne souhaites pas me détruire en me promenant dans vos pensées incohérentes en ce moment et vous ne souhaitez certainement pas que je vous transforme en légume. Vous seriez bien avancée !

Se relevant,il s'apprêtait à gagner la mezzanine lorsqu'il s'arrêta.

- Nous poursuivrons une autre fois. Disons même heure, dans deux semaines.

Une seconde d'hésitation se fit.

- Si cela vous convient et que vous souhaitez poursuivre, bien sûr. En attendant, reprenez-vous. Il y a un lit à l'étage si vous éprouvez le besoin de vous allonger. Personne n'y a jamais dormi, pas même moi. Prévenez-moi lorsque vous repartez.


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Serrant toujours mes genoux contre moi, je fixai le bout de mes converses comme si elles étaient devenues la chose la plus intéressante à regarder dans cette pièce. Mais je ne les voyais pas vraiment. Je ne cessai de me repasser la scène dans ma tête. Le doute n'était pas possible, c'était bien moi qui avais allumé le feu. Les mots d'Aiden résonnaient dans ma tête "C'est toi la sorcière". Cela signifiait-il que je le petit garçon était un moldu ? Ca n'aurait pas été étonnant, mes parents avaient choisi de vivre dans le monde moldu. Un peu comme dans cette vieille série télévisée "Ma sorcière bien aimée". Sauf que ma mère utilisait la magie sans restriction lorsque étions entre nous à la maison. Enfin bref. Aiden moldu, ça confirmait que c'était ma faute.

Je relevai les yeux sur Nathanaël alors qu'il apportait l'argument irréfutable que je connaissais déjà mais que je n'arrivais pas à comprendre pour l'instant. C'était un accident. Je le fixai quelques instants avant de baisser la tête. Evidemment que ce n'était qu'un accident, mais ça ne changeait rien au fait que si je n'avais pas été là, rien de tout cela ne se serait passé.

- Je sais. Mais ça ne change rien au fait que c'était quand même moi.

Il m'en demandait un petit peu trop pour l'instant. La pilule finirait par passer, mais il fallait que je prenne le temps de l'avaler.

Lorsqu'il insista sur le fait qu'il n'irait pas plus loin dans mes souvenirs perdus pour aujourd'hui, je relevai à nouveau la tête et ouvris la bouche dans le but de protester. Mais quelque chose me retins de le faire. Fermant la bouche, je fixai son visage quelques instants. Il avait l'air fatigué, effectivement. Ce fut seulement à ce moment-là, je crois, que je réalisai à quel point ce pouvait être éprouvant pour lui, autant que pour moi. Tout ce que je voyais, il le voyait aussi. Mais moi j'avais seulement à attendre et à "ouvrir les yeux". Lui, il fallait qu'il cherche dans les méandres de mon esprit un souvenir qui devait être particulièrement bien caché pour que je ne sois pas capable de le retrouver moi-même. Est-ce qu'il ressentait également tout ce que je ressentais moi en voyant ces images ? Quelque part, j'espérais que non.

En un instant les avertissements qu'il avait eus à mon égard me revinrent en tête tandis qu'il en proférait un nouveau. Sans détacher mon regard de lui, je finis par me rendre à la raison et acquiesçai.

- D'accord, répondis-je alors qu'il se levait à nouveau signifiant certainement par là la fin de notre entrevue.

Alors qu'il fixait le prochain rendez-vous, je fronçai les sourcils. Deux semaines ? Me faudrait-il vraiment attendre si longtemps pour savoir enfin toute la vérité ? A nouveau, j'ouvris la bouche et la refermai sans avoir proféré le moindre son. J'acquiesçai à nouveau, me rangeant du côté de la raison. D'autant que je n'avais pas envie de le contrarier.

- Cela me convient, oui.

Alors qu'il me parlait de me reposer un moment avant de repartir, cela sembla être le signal que mon corps attendait pour réagir et sortir de la léthargie dans laquelle le souvenir et la prise de conscience l'avaient plongé. Je me levai du canapé peut-être un peu trop rapidement parce qu'il fallut que je me rattrape à l'accoudoir et que je m'y appuies quelques secondes, le temps de rétablir mon équilibre.

- C'est gentil, mais ça ira. J'ai déjà trop abusé de votre...

Je marquai une pause. "Votre" quoi ? Aucun mot ne me venait à l'esprit. Je détournai le regard et secouai la tête.

- Non, ça ira. J'ai besoin de marcher je crois. Et de remettre de l'ordre dans mes idées.

Je n'étais pas fatiguée, j'étais juste... un peu perdue pour le coup. Revoir ce souvenir avait répondu à certaines des questions que je me posais mais en avait aussi créé d'autres. Sans compter la culpabilité qui avait fait son apparition.

Je soulevai ma besace avec difficulté, c'était comme si tout à coup elle s'était alourdie, et me dirigeai vers la porte avant de sortir. Avant de l'ouvrir, toutefois, je me retournai vers lui.

- Nathanaël ?

C'était sorti tout seul, comme un automatisme. Après tout, ce n'était pas comme s'il était un parfait inconnu. Quoiqu'il en soit, désormais je n'en étais plus une pour lui...

Je lâchai la poignée de la porte et relevai les yeux vers lui.

- Je suis désolée de vous avoir infligé tout ceci. Et je vous suis très reconnaissante d'avoir accepté de m'aider... Merci.

Et sans rien ajouter de plus, je passai la porte et la refermai derrière moi.


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La culpabilité semblait toujours l'enserrer. Le jeune homme savait qu'il ne parviendrait probablement pas à la lui faire digérer en quelques minutes en sa compagnie. Tout d'abord parce qu'il n'était pas doué pour ce genre de choses. Il pouvait lire l'esprit des gens, les blesser aussi bien physiquement que moralement mais atténuer leur peine était hors de sa portée. Cela demandait une proximité émotionnelle qui lui était insupportable. Seules ses soeurs pouvaient avoir accès à cette partie de sa personnalité.
Ensuite, lui-même était rongé par cette même culpabilité vis à vis de William. Si c'était lui et non son cadet qui avait tenté de faire entendre raison à Théodore alors tout aurait été différent et son frère aurait coulé - il l'espérait - des jours heureux. Remords également pour ce qu'il avait été obligé de lui faire avec ce maudit don alors qu'ils étaient encore adolescents. Will n'en avait jamais reparlé. Aucun reproche n'était sorti de sa bouche à ce sujet et il avait toujours été l'un des fervents défenseurs de Nathanaël. Lui assurer qu'elle n'y était pour rien, qu'il ne s'agissait que d'un accident n'atténuerait en rien sa perte. Ce gamin était mort et la cause de celle-ci était principalement due à l'apparition de ses pouvoirs de sorcière.

Le jeune homme s'attendait clairement à la voir résister comme toujours lorsqu'il lui assura qu'il préférait ne pas continuer. Si elle hésita ou voulut aller contre sa décision, ce combat intérieur ne dura que peu de temps avant qu'elle acquiesce et se range à son opinion.
Elle refusa également de se reposer un instant. Il s'y attendait mais une partie de lui ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter. Certes, cette femme l'agaçait et il serait fortement heureux de se débarrasser d'elle au plus vite une fois le souvenir entièrement dégagé et remémoré. Toutefois, elle était mal à cause de sa malédiction. C'était à sa demande et les torts étaient donc partagés mais il ne souhaitait pas le moins du monde devoir s'imputer le mal-être ou bien pire de la bibliothécaire de Poudlard !

Toutefois, alors qu'il s'apprêtait à argumenter que prendre du repos serait la meilleure chose à faire et à insister pour qu'elle obéisse pour une fois, la jeune femme le remercia et sortit en prenant soin de bien refermer la porte derrière elle.
Hésitant, Nathanaël resta quelques instants à fixer l'endroit où elle venait de disparaitre. La poursuivre en servirait à rien. Déjà parce que s'il était encore sous la surveillance de son oncle, celui-ci ne manquerait pas d'y voir un quelconque attachement envers cette femme ce qui lui attirerait indubitablement des ennuis. Ensuite, parce que lui montrer qu'il pouvait se montrer humain et loin de l'arrogant personnage qu'il lui avait montré jusqu'à présent, était la dernière chose qu'il souhaitait faire. Être proche des gens était trop dangereux pour lui.

Avec un haussement d'épaules, il verrouilla la porte d'entrée avant de transplaner au manoir où l'attendait Rosemary.

[RP terminé]


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A la poursuite du passé [Nathanaël/Abigail]

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