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 Un Ami qui vous veut du bien... [Esteban]

Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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20 Septembre 2009, Parc d'Evergarden, Londres Magique.

Tandis que le soleil couvait le parc de ses derniers rayons estivaux, et que peu de monde sillonnait les allées silencieuses du parc sorcier; Meredith Kane s'offrait un moment de pure détente en compagnie de sa plus jeune fille, Eva. Ensevelie sous un agenda chargé par ses trop nombreuses activités, la psychomage n'avait guère eue d'occasion de profiter de sa belle-famille depuis la rentrée. Déjà, elle regrettait ses vacances à Margate, dans le Kent, même si celles-ci étaient bien souvent synonymes d'ennui pour la femme active qu'elle ne cessait jamais d'être. A l'exception de ses séances de Yoga, Meredith ne prenait guère le temps de se poser, privilégiant toujours l'action à l'oisiveté. Même aujourd'hui alors que la douce Eva gambadait joyeusement entre les arbres du parc, l'esprit de la Directrice de Skye était définitivement ailleurs, comme absorbé par les nombreuses problématiques et responsabilités inhérentes à sa profession. Son centre de réinsertion comme elle se plaisait à qualifier sa prison écossaise, tournait à plein régime et des résultats probants commençaient à rejaillir de ses expérimentations. Les travaux de Meredith Kane sur la conscience humaine étaient tout bonnement prodigieux et se devaient d'être partagés à plus grande échelle, tant ils orientaient les sociétés humaines sur le chemin d'un bonheur terrestre.

Certes la psychomage avait essuyé quelques dommages collatéraux au cours de ses nombreuses expérimentations, mais c'était le prix à payer pour obtenir son Saint-Graal scientifique et la recette du bonheur. Aucun vaccin ne s'était obtenu sans l'ombre d'un sacrifice, et la conscience de Meredith Kane en sortait aussi propre que les mémoires tourmentées qu'elle se plaisait à purifier. Quel mal y avait-il à ôter les souvenirs les plus odieux de la tête d'un patient à la dérive? Etait-ce condamnable que de s'accorder une seconde chance d'être heureux? Meredith savait qu'elle détenait en cela le secret d'une société idéale, dans laquelle le bonheur serait la clef d'une harmonie retrouvée. En gommant les frustrations et les maux de l'esprit, la psychomage savait sciemment qu'elle était sur le point de poser les bases d'une nouvelle société. Soucieuse de l'éthique, elle avait divulgué le fruit de ses recherches au Ministère et à la chargée en communication qui l'épaulait dans ce travail de l'ombre. Une thèse de presque mille pages, où la moindre initiative sur les séquences mémorielles était scrupuleusement détaillée, et qui débouchait au final sur une seule et même conclusion; Celle que pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, l'homme pouvait librement choisir d'être heureux...

Ce miracle donné à l'homme reposait essentiellement sur l'observation d'un cas clinique observé par Meredith Kane, et recensé sous l'appellation de "Projet Seconde Chance". Lucy Pilkington était une voleuse notoire et multi-récidiviste de la Voie des Miracles, dont l'avenir semblait aussi sombre qu'une impasse disparue de l'ancienne Nimbus. De ses nombreuses séances dans le bureau de la Directrice de Skye, il en était ressorti qu'elle souffrait d'un profond mal-être et d'une dépression incurable en lien à un passé traumatisant. Abusée par son père, violentée par sa mère, prostituée à l'âge de treize ans, avant de rejoindre les affres et la bande de voleurs de la voie des Miracles de Bristol; On ne pouvait pas dire que la vie de Lucy soit placée sous les meilleures auspices. Qui pourrait d'ailleurs prétendre au bonheur avec de telles cicatrices dans son passé? Personne, sans l'intervention salvatrice d'une psychomage aussi avisée que l'était Meredith Kane. Cette dernière s'est particulièrement intéressée à ce cas d'étude, sans liens familiaux ni attaches, avec pour seul objectif de lui rendre la vie heureuse. Chose faite, après avoir gommé les erreurs du passé et remplacée celle-ci par d'autres séquences mémorielles. En cela, Meredith avait mit le doigt sur un détail essentiel : Effacer la mémoire à l'aide d'oubliette ne suffisait pas à rendre le bonheur, ni à changer l'état d'esprit de l'individu concerné. Le plus important était de repeuplé les espaces laissés vides par d'autres souvenirs, cette fois-ci plus heureux. De là résidait le secret de l'épanouissement, permettant à Lucy Pilkington de s'offrir une nouvelle vie plus radieuse...

Allongée dans une chaise longue en osier, Meredith Kane savait qu'elle détenait un savoir au combien précieux entre ses mains; Une trouvaille miraculeuse qui changerait à jamais les us et coutumes des sociétés futures. Dans l'attente d'une décision des hautes sphères politiques et juridiques, la psychomage envisageait déjà toutes les possibilités qui s'offraient à elle. Tout prévoir, anticiper... Tel était son quotidien. Si bien que parfois elle se détachait du moment présent, et en l'occurrence de sa fille. Mais c'était bien la douce Eva qui se penchait au-dessus d'une rambarde en bois pour observer les petits poissons qui frétillaient dans une mare du parc, qui finit par la ramener à ses obligations de mère.

"Maman, maman! Je crois que j'ai vu un Boullu sautillé au fond de l'eau! Il était aussi gros que ma main! "

Accaparée par la lecture d'un essai neuroscientifique, Meredith éluda quelque peu l'enthousiasme de sa fille.

"C'est bien ma chérie, mais tâche de ne pas mouiller tes affaires. "

Mais Eva semblait captivée une large sphère végétale qui occupait la surface de la petite étendue d'eau.

"Dis maman! Les boullus peuvent sauter sur les nénuphars géants comme les grenouilles? "      

"Eva, écoutes mon trésor : Maman est en train de lire, mais je te promets de venir jouer avec toi d'ici un petit quart d'heure... "

Une promesse que ne tenait que trop rarement Meredith Kane, tant ses pensées étaient toujours accaparées par son investissement carriériste. Même son mari Douglas, commençait à lui reprocher de ne pas savoir fermer la porte du travail, pour se consacrer un peu plus à la vie de famille. D'un certain côté, il n'avait pas tort tant elle délaissait les moments de complicité familiale au profit d'un devoir maternel plus utile. Mais si les loisirs et l'amusement étaient les points forts de Doug, elle s'occupait en contrepartie des nombreuses obligations parentales moins reluisantes qui s'avéraient tout aussi nécessaires pour fixer un cadre protecteur à ses enfants. Elle jouait peut-être le rôle du méchant milicien parfois, mais c'était toujours en vue d'offrir le meilleur à sa merveilleuse progéniture. La mère de famille savait pertinemment que son tendre époux consentait à de nombreux efforts, et que cela devait indiscutablement lui peser sur le cœur...

Car si Meredith se révélait une mère attentive, il en était autrement dans son rôle d'épouse; En effet, après des années de mariage, la passion du début avait décliné en une forme de tendresse où les excès et la surprise devenaient une denrée en voie d'extinction. Depuis la naissance de leurs enfants, la vie sexuelle des Kane tournait au ralenti voir au néant depuis que Meredith multipliait les projets carriéristes. Les nombreux déplacements de Douglas n'arrangeait pas les choses, même s'ils n'excusaient pas totalement les prétextes mensongers d'une épouse devenue frigide avec les années. Que ce soit la migraine ou la fatigue, Meredith trouvait toujours une bonne raison de ne pas faire l'amour. Et dans le cas où le couple se décidait finalement à mettre le couvert, Meredith veillait scrupuleusement à faire la chose rapidement, et ce sans l'ombre d'un gémissement malencontreusement trop sonore qui pourrait extirper Eva de son sommeil. Même s'ils n'avaient plus fait l'amour depuis des lustres, Meredith savait que l'équilibre de son couple reposait sur d'autre valeurs bien plus pérennes et essentielles. Les Kane était une famille indestructible, qui véhiculait autour d'elle l'image d'un bonheur aussi parfait qu’illusoire.  

Mais alors qu'elle était plongée dans la lecture d'un chapitre sur la science cognitive, Meredith Kane fut frappée par le silence impressionnant qui régnait tout à coup dans le parc. Les rires d'Eva n’étaient plus là pour troubler la quiétude bucolique de l'endroit, et la psychomage sentit un frisson lui parcourir l'échine. Claquant son livre d'un bruit sec, Meredith se releva d'un bon sur ses jambes déjà tremblantes d'appréhension. Une minute d'inattention et voilà que sa fille ne faisait plus partie de ce décor si enchanteur auparavant. Des bulles jaillir de la mare, et firent craindre le pire à la mère en proie à une panique soudaine. Meredith Kane voulut se précipiter au secours de sa tendre et belle Eva, quand ses jambes se dérobèrent sous elle. Saisie par une trop grande angoisse, la psychomage s'évanouit à même la pelouse du parc magique. Combien de temps dura sa perte de connaissance? Cela tient encore du mystère. Mais lorsque Meredith souleva de nouveau les paupières, ce fut pour voir sa fille trempée jusqu'aux os et frissonnante au côté d'un homme inconnu. Meredith se jeta alors sur sa fille pour l'enlacer et la réchauffer dans une étreinte d'immense réconfort.

"Merci mon dieu, tu es saine et sauve! Pardon, je n'aurai jamais dû te laisser jouer toute seule près de cette maudite mare. Si tu savais comme je suis désolée! "

Aussi courageuse soit-elle, jamais Meredith Kane ne se révélait aussi faible que lorsque le danger planait sur sa propre famille...


Esteban CortázarRévolutionnaireavatar
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Esteban ne mangeait plus, il ne dormait plus non plus. Esteban était une épave et son physique reflétait les mauvais traitements qu’il s’infligeait. Depuis l’annonce du décès de Klemens, il n’arrivait plus à reprendre pied avec la réalité, il avait l’impression d’avancer dans du coton, ne ressentant plus rien ou plus exactement se sentant piéger dans sa douleur et dans ses émotions. Son esprit devenait fou et mélangeait les époques ; ses cauchemars comme ses angoisses diurnes voyaient s’alterner indéfiniment les visages de Miguel et de Klemens.

Cette catatonie n’était brisée que par des accès de rage, une colère et une soif de vengeance qui de nouveau le maintenait en vie. Il n’avait pu venger Miguel alors il vengerait au moins Klemens. Déjà lorsque le Polonais s’était confié sur son incarcération, Esteban avait pris Skye en grippe et maintenant que l’île ou plutôt les personnes qui y résidaient avaient tué son amant il était décider à tous les faire tomber. Il allait détruire ces geôles obscures et massacrer ses bourreaux !

Il s’était alors lancé dans des recherches pour en apprendre plus sur Skye. Il avait finalement pu découvrir quelques noms qui semblaient importants comme celui de Meredith Kane. Des recherches complémentaires lui avait permis de trouver dans quel quartier résidait Meredith mais il n’avait pu mettre la main sur son adresse. Depuis plus d’une semaine Esteban errait donc dans les rues de Londres dans l’espoir d’apercevoir la psychomage.

La journée était belle, aux les rayons du soleil venaient s’ajouter les chants des oiseaux et le week-end attirait les badauds dans le parc. Esteban s’était posté stratégiquement, un banc, un peu à l’ombre, lui permettait de scruter les entrées. Las de parcourir les rues sans but, il avait pensé qu’en une telle journée même une psychomage occupée comme semblait l’être Meredith Kane aurait envie de se promener sous l’ombre fraîche des arbres. Sombre, il épiait les passants.

Lorsqu’une grande femme blonde tenant la main d’une enfant passa les grilles, il faillit ne rien remarquer. Une famille comme une autre, une mère et sa fille venant profiter du beau temps mais quelque chose dans la démarche de la femme l’attira. Elle semblait conquérante, un peu trop pressée s’il la comparait aux autres mères et puis ce visage… Il avait récupéré des coupures de journal présentant la psychomage et les avait scrutées de longues heures en maudissant le portrait. Il avait même pensé tenter de l’ensorceler à distance avant de se comprendre qu’il voulait voir son sang couler de ses mains. Alors ce visage, il l’aurait reconnu entre mille.

Bouillonnant, il s’était levé, se précipitant vers celle qui était certainement à l’origine de la mort de Klemens. Son poing s’était refermé sur sa baguette et il l’avait déjà sortie de sa poche lorsque son instinct de survie l’arrêta. Esteban était un homme prudent, le destin s’était bien chargé de lui faire comprendre que tout mauvais pas était chèrement payé. Il n’avait pas peur des conséquences et avait encore moins peur de mourir, il accueillerait même la mort avec soulagement à l’heure actuelle, mais il s’était promis de venger Klemens et n’avait toujours pas perdu l’espoir d’un jour venger Miguel et pour cela il devait rester en vie, faire tomber toutes ces personnes qui avaient pris la vie d’êtres aussi incroyables que ses amants.

Machinalement, il emboita le pas de Meredith et la suivit facilement sans être inquiété, ce n’était pas la première fois qu’il s’adonnait à cet exercice et la foule du parc l’y aidait grandement. La femme et l’enfant s’installèrent finalement au bord d’une mare et Esteban s’assit dans l’ombre d’un arbre, à bonne distance.

Le regard fixé sur la blonde qui sortait une chaise longue en osier et lui rendait sa taille naturelle, il devait contenir ses pulsions qui le poussaient à en finir au plus vite. Il ne suffisait que d’un petit sort et la mare était un endroit parfait pour cacher le corps… Le problème était l’enfant, Esteban répugnait à briser quelque chose d’aussi sacrée que l’innocence d’un enfant mais il devrait parvenir à l’éloigner s’il le voulait. Le voulait-il seulement ? Voulait-il d’une mort rapide et discrète pour une femme telle que celle-là ? Non, Esteban plus que de la voir mourir voulait la voir souffrir.

Ses pensées macabres défilaient dans son esprit, il échafaudait des plans qui ne faisaient d’augmenter sa soif de vengeance, sa haine envers cette femme qui semblait aussi froide et sans cœur. Même lorsque son enfant lui parlait, elle ne quittait son attitude austère ; elle n’avait même pas quitté son livre des yeux alors que sa petite fille avait pourtant attiré un frêle sourire sur le visage marqué d’Esteban, en sautillant de joie à la vue d’un poisson.

Il avait toujours aimé les enfants, admirant leur innocence et rêvant de pouvoir regarder le monde avec autant d’émerveillement qu’eux. Comme cette petite fille qui se mettait sur la pointe des pieds en se penchant au dessus de la rambarde pour voir de plus prêt des poissons tout ce qu’il y avait de plus banals. Et puis en une seconde tout bascula. La petite fille se pencha un peu trop, battit des bras dans les airs et avant d’avoir pu comprendre ce qui lui arrivait, tomba tête la première dans la mare.

Esteban se leva d’un bond, sans réfléchir, il se précipita vers la mare. Du coin de l’œil, il vit la mère se redresser d’un bond paniqué puis tituber sur ses jambes instables avant de s’écrouler sur le sol et pendant ce temps-là, la petite fille disparaissait sous la surface. Mu par ses instincts primaires, Esteban se jeta dans la mare et se précipita vers l’endroit où la fillette avait disparu. Heureusement, la mare était peu profonde, un peu asséchée par l’été qui s’étirait. Il trouva rapidement l’enfant et la tira hors de l’eau. Paniqué, il la déposa sur la berge et chercha un signe qui prouvait qu’elle allait bien.

« Mademoiselle, mademoiselle ! Pequeñita ! Tu m’entends ? Allez, ouvre les yeux. »

Il tapota ses joues, espérant la voir bouger mais n’osa pas tenter de manœuvre de réanimation, ne sachant comment s’y prendre et n’étant pas certain de leur nécessité. Finalement, les paupières papillonnèrent et l’enfant se mit à tousser pour évacuer l’eau qu’elle avait avalée. Esteban comprit bien vite qu’il était arrivé à temps et que la petite fille n’avait pas avalé beaucoup de liquide. Il la fit s’asseoir pour qu’elle respire mieux et lui frictionna le dos alors qu’elle revenait pleinement à elle.

« Maman ? »

La voix tremblante de l’enfant se chargea de sanglot alors que son esprit prenait la mesure de ce qui venait de lui arriver. Esteban tourna son regard vers la femme et l’aperçu en train de se reprendre conscience.

« Regarde, elle est là ta maman. »

Sa voix était douce, réconfortante, pourtant en lui la rage bouillonnait. Il venait très certainement de sauver la fille de la femme qui tuait et torturait des résistants. Une femme qui était tellement froide et faible qu’elle n’était même pas capable de prendre soin de son enfant ! Cette petite aurait mérité bien mieux que cela, elle aurait mérité une mère aimante qui veillerait sur elle et pas une femme qui s’évanouirait en la voyant se noyer. Cette femme était un monstre.



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Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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Le pire venait d'être évité tandis que la petite fille cherchait à se justifier auprès de sa mère.

"C'est pas ma faute Maman! Je te jure que je voulais juste faire comme la princesse grenouille de l'histoire! Sauter sur un nénuphar, et hop! Traverser la mare... "

Trempée jusqu'aux os, la petite Eva était secouée par les frissons, tandis qu'une vague de sanglot déferlaient lentement sur ses joues humides. Négligence d'un côté et inconscience de l'autre, la mère et la fille prenaient conscience toutes deux, de la chance qu'elles avaient de pouvoir se retrouver et s'étreindre l'une et l'autre. Nul doute, la famille Kane venait de frôler la pire des catastrophes. Luttant elle-même pour réfréner les battements de son propre cœur, Meredith enveloppait sa fille sous d'innombrables caresses. L'embrassant chaudement, elle tenta de la rassurer derrière de belles paroles de réconfort.

"Doucement, c'est fini ma belle... Ce n'est pas de ta faute... Ne pleure plus... Maman va te ramener à la maison... "

Piqure de rappel sans conséquence désastreuse, la psychomage voyait à quel point la vie n'offrait définitivement aucune forme de répit. Une seconde d'inattention et toute l'illusion de bonheur pouvait s'effondrer avec une facilité aussi effrayante que déconcertante. Si l'âme d'Eva avait choisi de s'envoler vers les cieux paisibles du paradis, celle de Meredith au contraire se serait retrouver ensevelie sous le poids du tourment et de la culpabilité. Rien n'était pire pour une mère que la perte d'un enfant! Malgré un mental d'acier, Meredith se connaissait suffisamment pour savoir qu'elle se serait effondrée sous le choc. Comment garder un semblant d'espoir en ce monde quand un drame de cette gravité venait faucher toutes vos illusions. Serrant sa fille contre ses bras, rien ne comptait davantage que de la savoir en vie. Même sa carrière aussi prestigieuse soit-elle, ne pesait pas plus qu'une plume de moineau dans la balance face à la vie de l'un des membres de sa famille. Aveuglée par l'immense soulagement de savoir sa fille vivante, Meredith Kane en oublia presque, l'espace d'un instant, la présence du héros anonyme qui se tenait debout à ses côtés. Après une dernière étreinte, Meredith releva sur lui un regard empreint d'une immense gratitude.

"Monsieur, je ne sais comment vous remercier... Vous venez de sauver ma fille, et en cela, je vous serai éternellement redevable... Je n'ose imaginer la tragédie qui se serait produite si vous n'aviez point été là. Je me sens cruellement responsable; Une seconde d'inattention et voilà que je perdais tout espoir de bonheur en ce monde."

Bien que soulagée, la psychomage s'en voulait pour sa minute d'égarement. Peut-être n'était-ce qu'une résultante de la fatigue et de sa carrière professionnelle au combien chargée, mais dans tous les cas elle n'avait aucune excuse. Perfectionniste dans l’âme, elle s'était jurée d'agir en mère modèle et attentive afin d'offrir le meilleur à ses enfants. Mais il faut dire qu'entre sa toute nouvelle promotion au Ministère de la Magie, sa fonction de Directrice de Skye et son cabinet de psychomagie; Meredith Kane n'avait guère plus d'une seconde pour souffler. De toute manière l'oisiveté n'avait jamais été son fort, et elle se plaisait à dire qu'elle aurait l'éternité de la mort pour se reposer de sa vie. Peu à peu, la mère de famille retrouvait de son calme et commença à dévisager le héros du jour. Celui-ci était un beau jeune homme dans la trentaine d'années, dont le regard émeraude et clair contrastait avec sa peau mate. Une touche exotique qui soulignait des origines lointaines et plus ensoleillées que la grisaille anglaise.

En psychomage avertie, Meredith fut frappée par l'assurance qui se dégageait de cet inconnu encore anonyme. Il venait de sauver une enfant de la noyade et pourtant il demeurait profondément calme, comme si ce genre de chose était ordinaire, ou qu'il l'avait anticipée. L'homme au teint hâlé n'était rien d'autre que l'un de ces héros du quotidien qui méritaient les éloges pour leurs actes salutaires, mais qui en toute modestie préféraient conserver la tranquillité de leur anonymat. La toute nouvelle Chef du Département de la Santé et des affaires sociales se révoltait à l'idée de savoir que l'on était capable de décerner l'étoile de l'ordre de Merlin à des personnes aussi insipides que Mildred Magpie, alors que les vrais héros demeuraient, eux, dans l'ombre des podiums. Pour Meredith Kane, il était exclu de laisser partir cet homme sans le connaître véritablement. D'une manière ou d'une autre, il avait évité à sa vie de dérailler, et elle se devait de lui montrer une reconnaissance sincère. Voilà pourquoi, elle lui tendit la main afin d'entamer les présentations.

"Peut-être me reconnaissez-vous au travers des divers articles qui me sont consacrés depuis peu dans la Presse. Je me nomme Meredith Kane, je suis la toute nouvelle dirigeante du Département de la Santé et des affaires sociales. " Meredith tapota gentiment sur le dessus de la tête d'Eva avant d'ajouter. "Et la jolie petite grenouille que vous venez de sortir des eaux s'appelle Eva. J'ai quatre enfants, et il s'agit de ma plus jeune fille. Mais vous avez peut-être lu cela aussi dans la presse... "

Meredith Kane n'était pas du genre à se complaire dans la célébrité. L'adage "Vivons heureux, Vivons cachés" lui collait parfaitement à la peau. Mais avec son nouveau statut de chef de Département, elle était devenue un personnage public de tout premier ordre qui se devait de consentir à un effort de communication envers les citoyens du Monde Magique. Bien conseillée par Isobel Lavespère, elle se devait de véhiculer l'image de la parfaite mère de famille, sans histoire, et au service de la nation. Sous la recommandation du ministère, elle avait même autorisé Multiplettes à divulguer certaines informations sur sa vie privée, bien qu'elle ne comprît pas en quoi ses informations revêtaient une quelconque utilité d'ordre publique. Mais au moins, elle avait eu la main mise sur le corps de l'article; Ce dernier conservant une grande pudeur à son image, sans l'ombre d'une révélation fracassante. Meredith Kane était une Chef de Département normale, et une mère de famille comblée. Désormais célèbre, elle se devait de protéger ses proches, ainsi que son projet de Skye, de toutes formes de scandale. C'est pourquoi la manière dont elle avait traité le dossier McFarlane et les secrets qui entouraient l'identité d'Eva devenait se murer à jamais dans le silence...      

Eva! Que ce soit par son regard pétillant, son visage arrondi ou même son allure générale, la jeune fille "adoptée" se différentiait terriblement de la beauté froide de sa prétendue mère. Lorsque que certains osaient lui faire remarquer la différence physique, Meredith répondait toujours de manière automatique que la jeune Eva avait volé le charme de son père. Un mensonge de plus dans ce dossier brulant, mais qui avait le mérite de préserver la pauvre enfant d'un passé bien trop cruel. Se mettre au service de la nation comportait de nombreux risques, mais Meredith Kane était prête à tout pour protéger les siens. Quitte à assumer seule ses actes, et sa célébrité grandissante. La psychomage esquissa un léger sourire, comme pour mieux s'excuser de sa toute nouvelle popularité, tandis qu'elle attendait que le jeune héros entame à son tour les présentations.  

"En revanche, ce qui est navrant, c'est que je n'ai pas l'honneur de connaître encore le nom de l'homme qui vient de sauver ma fille. Je vous en prie, parlez-moi de vous. "

Meredith Kane posa son regard polaire sur l'inconnu, prête à lever enfin le voile d'anonymat qui reposait sur sa personne.


Esteban CortázarRévolutionnaireavatar
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Esteban se tenait légèrement en retrait, hésitant à disparaître pendant que la mère et la fille se rassuraient mutuellement. Il était encore un peu sous le choc de ce qui venait de se passer même s’il ne le montrait pas. Un accident était si vite arrivé… Si seulement ç’avait pu être la mère dans la mare plutôt que la fillette, il se serait fait une joie de détourner l’enfant et de voir la mère disparaître dans l’eau boueuse. Son visage était torturé, l’expression sans doute inquiétante sur ses traits amaigris. La petite fille lui jeta un regard effrayé par dessus l’épaule de sa mère aussi se força-t-il à la rassurer d’un pâle sourire.

Meredith Kane finit par se souvenir de sa présence et leva vers lui un regard empli de gratitude qui frappa Esteban. Il ne voulait pas qu’elle le regarde ainsi, il voulait qu’elle le regarde avec peur. Il peina à retenir une grimace lorsqu’elle lui affirma se sentir coupable, un peu qu’elle était coupable ! Incapable de s’occuper de son enfant, une mère irresponsable, voilà ce qu’elle était ! Incapable de lâcher son livre pour observer son enfant jouer ou mieux joueur avec elle !

Un mot cependant retint Esteban de lui dire sa façon de penser : redevable. Il ne fallut que quelques secondes à Esteban pour comprendre qu’il pouvait sans doute tirer un grand avantage de cette situation. Il avait voulu faire souffrir Meredith physiquement mais une vengeance rapide était bien moins satisfaisante qu’une vengeance qui ferait perdre à Meredith ce qu’elle avait construit.

Le visage d’Esteban était crispé lorsqu’il lui répondit, tâchant au maximum d’oublier qui il avait face à lui, se retenant de nouveau de sortir sa baguette. Il avait beau toucher du doigt une vengeance bien plus satisfaisante, l’envie de faire disparaître cette ordure était trop forte.

« Vous avez en effet eu de la chance que je passe par là… Il aurait été fâcheux qu’il arrive malheur à cette charmante demoiselle. »

Il sourit à l’enfant, c’était bien plus facile en regardant la fillette pour laquelle il n’avait que des sentiments bienveillants. Les mots de Meredith flottaient dans son esprit : « Une seconde d'inattention et voilà que je perdais tout espoir de bonheur en ce monde. » La résonnance était cruelle, il avait suffit de quelques secondes pour que son bonheur à lui soit détruit à tout jamais. Il n’avait pu se relever du décès de Miguel, celui de Klemens avait terrassé tout espoir de bonheur qu’il avait pu retrouver.

Elle avait détruit son bonheur, il avait sauvé le sien… Triste ironie.

Cependant, il ne comptait pas en rester là. Lorsqu’elle se présenta, Esteban parvint à rester impassible. En effet, il la connaissait et elle n’avait pour cela pas besoin d’étaler sa réussite professionnelle. Etait-elle réellement obligée de se vanter ainsi d’être connu de tout le monde magique ? D’être en première page des journaux ? Il serra sa main en masquant le dégoût que lui inspirait ce geste.

« J’ai en effet déjà entendu parler de vous, qui ne l’aurait pas fait ? Vous êtes l’une de nos dirigeantes après tout. »

Douce ironie.

La question de son identité était bien plus problématique. S’il voulait tirer partie de cette rencontre, il ne pouvait décemment pas se présenter sous son vrai visage, on ne savait jamais comment les choses pouvaient tourner.

« Miguel. Miguel Hernandez. »

Le prénom était sorti sans qu’il ne puisse le retenir, il était question de vengeance après tout. Le nom quant à lui était un des plus communs, il devait exister des dizaines si ce n’était des centaines de Miguel Hernandez, de quoi brouiller les pistes si elle souhaitait fouiller son passé.

« Ma vie n’a rien de bien passionnant, je travaille dans les usines textiles de Manchester. J’étais simplement en promenade ici lorsque j’ai vu votre fille basculer par dessus la barrière. Je n’ai pas vraiment réfléchi et j’ai sauté…»

S’inspirer de son passé lui semblait une bonne idée, il pourrait ainsi paraître plus crédible et ne pas semer le doute dans l’esprit de son interlocutrice.

« Je ne sais trop que vous dire… Ma vie n’est pas bien intéressante comparée à la vôtre… »

Le silence plana quelques secondes durant lesquelles il pesa le pour et le contre avant de se lancer, après tout, il n’avait pas grand chose à perdre.

« Si j’osais… Je serais ravi d’en connaître un peu plus sur vous, madame la directrice. »

Vous n’imaginez pas à quel point.



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Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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Meredith Kane était frappée par l'humilité impressionnante dont faisait preuve l'homme qui avait sauvé sa fille de la noyade. Là où d'autres, en pareille occasion, auraient cherché coûte que coûte à s'attirer les faveurs de la Directrice de Département, il n'y voyait qu'une heureuse coïncidence. Un acte purement gratuit, dans lequel cet héros ordinaire ne cherchait ni la gloire, ni la moindre rétribution. Face à cette attitude au combien admirable, la psychomage demeura songeuse, tandis qu'elle cherchait déjà une manière plus adéquate de le récompenser. Si pour service à la Nation, une femme aussi insipide que Mildred Magpie pouvait recevoir une décoration aussi prestigieuse que l'étoile de l'ordre de Merlin; Que méritait cet homme aux intentions si pures? La Directrice du Département de la Santé n'avait pas pour défaut l'ingratitude, et elle comptait bien à son tour apporter quelque chose de positif et de gratifiant dans la vie de cet homme mystérieux. Plutôt que de lancer des propositions à tort et à travers, elle attendit patiemment d'en savoir plus sur l'inconnu. Ce dernier ne tarda pas à lui divulguer son identité, et un nom aux consonances hispaniques qui correspondait à la chaleur exotique de son accent.

"Enchantée Miguel! Sachez, que c'est un honneur pour moi que de vous rencontrer. "

Agissant à son tour avec la plus grande modestie, la psychomage chercha à briser toute forme de barrière hiérarchique. En effet, malgré ses hautes fonctions au sein du Ministère de la Magie, la dernière chose que souhaitait Meredith Kane était de voir cet homme se rabaisser devant elle. Et pourtant, il osait déjà prétendre que sa vie n'avait rien de très passionnant à offrir, en comparaison avec celle d'une Directrice de Département. Pour lui, le sauvetage d'Eva n'avait rien d'héroïque, et ne reposait que sur un réflexe purement instinctif. Si d'une certaine manière, il y avait une part de vérité, Meredith était excédée de voir les gens du bas peuple se dévaluer de la sorte. Bien plus qu'un cas isolé, le système en lui-même et le diktat imposé par les rangs sociaux poussaient bon nombre à se mésestimer. Miguel Hernandez était de ce genre-là, oubliant que la vie d'un ouvrier en textile de Manchester avait autant d'importance que celle d'une responsable des hautes sphères politiques. Etait-ce par déformation professionnelle, mais la psychomage commençait déjà en secret à dresser un portrait psychologique de cet humble personnage.

"Mais je vous en prie, il ne faut pas dire ce genre de chose. En quoi ma vie serait-elle plus passionnante que la vôtre? Que ce soit aux yeux de votre entourage, ou au travers de votre parcours, je suis persuadée que vous avez mille raisons d'éprouver de la fierté. Et le geste salutaire que vous venez d'accomplir ne fait d'ailleurs que renforcer cette certitude. A l'instant où je vous parle, je suis encore à me demander comment je pourrai vous remercier... "

Timidement, Miguel osa alors émettre un premier souhait, qui aussi curieux soit-il, était de faire plus ample connaissance avec la nouvelle Chef du Département de la Santé. Une étrange requête, qui en soit n'allait lui apporter pas grand-chose, tant la vie de Meredith Kane était construite autour de secrets indicibles et de banalité de la vie quotidienne. Son regard se voila d'un léger doute, tandis qu'elle voyait les rôles s'inverser quelque peu; En effet, par cette simple suggestion, elle passait du rôle de psychomage, à celui de patiente étendue sur le divan. Si Meredith avait pour habitude de décrypter les secrets qui jonchaient l'esprit de sa clientèle, elle n'était pas prête à inverser les rôles. D'ailleurs en quoi cela pouvait-il intéresser cet homme? Meredith aurait très bien pu s'épancher sur ses difficultés actuelles à trouver le sommeil, alors qu'elle cogitait sur la frontière entre le bien et le mal. Ou lui avouer au combien il était moralement éprouvant de se salir les mains pour le bien de la communauté. Meredith aurait également pu lui confier certains détails de sa vie privée, comme cette sensation désagréable de privilégier sa carrière à sa famille, et ses enfants à son couple. Mais même si Meredith n'avait pas une foule d'amis avec qui se confier, elle ne désirait pas pour autant étaler sa vie privée. Cette proposition quelque peu déconcertante heurta sa volonté de discrétion.

"En savoir plus sur moi? Je crains que le récit de ma vie de mère de famille active ne soit pas à la hauteur de votre geste. Laissez-moi vous récompenser d'une autre manière; Que ce soit financièrement ou dans votre carrière, vous devez savoir que j'ai le bras suffisamment long pour vous aider à franchir un palier supplémentaire. "

Une proposition éminemment respectable de la part de la Directrice de la Santé du Monde Magique, mais qui pourtant sembla déplaire à la jeune Eva. Sortant de sa torpeur de jeune rescapée des eaux, elle avait son mot à dire dans cette histoire et ne comptait pas s'en priver. Elle tira sur un coin du chemisier de luxe de sa mère, tout en levant un regard implorant vers elle.

"Dis maman, dis! Et si je l'invitais à mon anniversaire? Miguel pourrait manger une part de mon gâteau, et m'offrir aussi un beau cadeau! "

Meredith secoua la tête en signe de désapprobation, avant de caresser tendrement la joue de sa fille.

" Toi, tu ne perds pas le nord! C'est plutôt toi qui devrai offrir un cadeau à ton sauveur! Mais je t'en prie, laisses parler les grandes personnes entre elles. De plus, je doute que monsieur Hernandez soit intéressé par l'idée de passer une journée au milieu d'une horde d'enfants surexcités. N'est-il pas vrai? "

Meredith souleva alors un regard interrogatif en direction du héros de la journée.


Esteban CortázarRévolutionnaireavatar
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« Enchantée Miguel ! Sachez, que c'est un honneur pour moi que de vous rencontrer. »

Avait-elle été honorée de rencontrer Klemens lorsqu’il s’était retrouvé à Skye ? Certainement pas… Ou alors si justement elle avait dû être ravie d’enfin avoir un Krakinet devant elle. Dans tous les cas, cette petite phrase énerva Esteban encore un peu plus. En quoi était-ce un honneur de le rencontrer ? Si elle n’avait pas été aussi négligente, il n’aurait pas eu à sauver la vie de sa fille et ils ne se seraient jamais parlé. Connaître Esteban ne lui apportait rien et ce n’était en rien un honneur. Et puis, cette petite phrase sous-entendait également qu’Esteban devait se sentir reconnaissant que Meredith Kane, la Meredith Kane qui n’appartenait pas à son monde, daigne lui montrer de l’intérêt. Son hypocrisie avait des limites aussi hocha-t-il simplement la tête à ces mots avec un sourire un peu crispé.

Le comportement de Meredith allait rendre Esteban fou, elle agissait avec lui comme si elle se souciait réellement de qui il était, comme si elle lui portait un intérêt sincère. Or Esteban n’oubliait pas qui elle était, c’était une psychomage de renom, quelles que soient ses sombres agissements à Skye, elle était avant tout une spécialiste de l’esprit et donc de la manipulation. Esteban se méfiait d’elle comme de la Consumeuse, il ne se laisserait pas avoir par ses airs de gentille maman qui aimait le bas peuple. Sans vouloir se l’admettre, Esteban avait peur de Meredith, peur de ce qu’elle pourrait lire en lui s’il relâchait la garde ou même plus simplement de l’interprétation qu’elle faisait de ses paroles aussi prit-il le parti de parler le moins possible. Ainsi il espérait ne pas trop se dévoiler tout en en apprenant plus sur la femme lui faisant face. Jouer le citoyen lambda impressionné face à un membre éminent du gouvernement lui semblait être une bonne posture à adopter.

« Si j’osais… Je serais ravi d’en connaître un peu plus sur vous, madame la directrice. »

Malheureusement, Meredith Kane ne semblait pas non plus être prête à se dévoiler et elle dévia la conversation, lui proposant argent et pouvoir. L’argent et la réussite professionnelle… Comme s’il n’y avait que cela qui pouvait animer un homme ! Si elle savait à quel point Esteban était loin de ces aspirations ! Malgré l’agacement que suscita cette proposition chez Esteban, elle le rassurait également. En effet, il voyait à travers celle-ci la vraie image de Meredith Kane, une image qui correspondait à celle qu’il se faisait de la femme : vénale et abusant de son pouvoir à des fins personnels.

Esteban ne savait que répondre à cette proposition. Devait-il accepter son agent sale – parce qu’il ne pouvait que l’être – afin de crédibiliser son personnage de petit ouvrier de Manchester et ainsi renier tous ses principes ou s’offusquer d’une telle offre au risque de paraître suspect aux yeux de la psychomage ? C’est la jeune Eva qui résolut son dilemme, l’enfant qui s’était un peu fait oublier désirait l’inviter à son anniversaire. Esteban ne put retenir un sourire face à l’innocence de la petite, elle voulait inviter son sauveur à manger une part de gâteau et surtout à lui offrir un cadeau.

L’Argentin avait toujours été fasciné par l’innocence des enfants, la vie s’ouvrait à eux et aussi noire était-elle, il n’en avait pas encore conscience et profitaient pleinement des plus belles années de leur vie. Esteban s’accroupit face à la jeune Eva, grimaçant lorsque ses vêtements mouillés entravèrent ses mouvements. La petite fille avait toute sa place dans la conversation, il était hors de question de l’exclure sous peine qu’elle n’était pas une « grande personne ».

« Je serais ravi de venir célébrer ton anniversaire, Eva. Si ta maman est d’accord, bien sûr ? »

Il leva vers Meredith un regard interrogateur tout en se relevant. Une petite brise se leva, le faisant frissonner. Il lança un rapide sort de séchage qui ne fit pas disparaître l’impression qu’il avait d’être empêtré dans ses vêtements.  

« Je pense qu’Eva est un peu sous le choc et ne réalise pas vraiment ce qui vient de se passer, si elle souhaite que je vienne à son anniversaire, je ne dirais pas non. J’aime la joie des enfants et nous pourrions ainsi rediscuter au calme et au sec. »

Meredith allait-elle faire entrer le loup dans la bergerie ?



Si tu me cherches...
... tu me trouves.
Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
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"Vraiment? Vous viendriez à son anniversaire ? Décidemment vous n'avez peur de rien... "

Meredith leva un sourcil circonspect lorsque le dénommé Miguel avoua ne pas craindre la compagnie des enfants et leur joie aussi communicative. Mais en disant cela, il ne se doutait aucunement du traquenard dans lequel il s'apprêtait à s'engouffrer tête première. Eva, le jour de son anniversaire se comportait comme un tyran en jupe courte! C'était sa journée, et elle voulait le faire savoir à tout le monde. Miguel ne tarda pas d'ailleurs à en voir un bref aperçu.  

"Oh s'il te plait, maman! Dis oui! Je veux l'inviter à mon anniversaire ! On va bien s'amuser! En plus, il pourra voir mon super déguisement de reine des fées! " Eva tourna alors un regard doucement interrogatif en direction de son sauveur Miguel, avant d'ajouter : "Et toi? Tu pourras te déguiser en Dragon. C'est beau les dragons! Oh non! Plutôt, en Troll des Marais, pour faire le méchant de l'histoire! Mais tu peux te déguiser en ma copine fée! Je pourrai te coiffer et te maquiller, tu seras trop belle! Oh ouiiii! Tu ferai vraiment une trop jolie fée! Ou un ange gardien! Mon ange gardien Miguel! Mimi ange gardien, on t’appellera! On va trop s'amuser! "

"Eva! Cesses de te donner en spectacle! Laisse-lui au moins le temps de respirer... "  

Puis tournant un regard d'excuse en direction de Miguel, Meredith ajouta :

"Vous voyez ma fille est tous, sauf traumatisée! Elle a une faculté incroyable à oublier les malheurs, pour ne retenir que le meilleur... "



Meredith posa délicatement ses mains sur les épaules de sa fille, de façon à réfréner quelque peu l'enthousiasme exubérant de sa fille. Il faut dire que cette dernière n'avait guère l'occasion de participer à des fêtes, et son anniversaire comme Noël, étaient les jours qu'elle attendait le plus dans l'année. Pour la psychomage, il était hors de question d'embêter Miguel avec ce genre de cérémonie enfantine, mais d'un autre côté cela semblait faire plaisir à sa fille. Depuis le départ à Poudlard, d'Emmy et Walter, la benjamine de la portée s'ennuyait fermement dans la grande demeure des Kane. Elle n'avait guère d'autres enfants avec qui jouer non plus, et se voyait dispenser des cours de lecture et d'écriture à la maison. Pour l'instant, Meredith préférait assurer l'éducation de sa fille, plutôt que de la savoir à l'extérieur. Londres trainait de plus en plus une triste réputation, ce qui justifiait d'ailleurs la volonté d'emménagement des Kane dans la si sécuritaire cité de Leopoldgard.

Leopoldgrad était le nouveau fleuron du Monde Magique; Une sorte de jardin d'Eden dans lequel les élites de la Nation pouvaient se réfugier. Bien que Meredith ne soit pas du genre à laisser son cœur dicter sa raison, elle avait littéralement craqué pour un appartement moderne et luxueux, situé à l'angle de la Place Merlin. Si Douglas avait toujours privilégié les maisons, il ne se révéla pas très dur à convaincre dans l'achat de ce bien immobilier. Nul doute que la sublime piscine intérieure et la vue exceptionnelle depuis la terrasse avaient joué un rôle dans sa décision. Meredith savait que ce déménagement impliquait de nouvelles habitudes et beaucoup de changements, mais il allait avouer que Londres n'était plus ce qu'elle était. En effet, récemment, les Kane avaient vu s'installer une famille trop excentrique et débauchée à leur gout, et ce juste à côté de leur demeure londonienne. Le genre de famille m'as-tu-vu qui vous enfumait avec leur barbecue magique, se révélait particulièrement bruyante et démonstrative à la moindre occasion de le faire, et qui se plaisait à pousser des jurons tonitruant quand vous étiez tranquillement en train de vous relaxer dans le jardin. Meredith Kane n'aimant ni la vulgarité, ni la superficialité, ni les conflits entre voisins ; Son choix s'était vite portée sur la clinquante cité de Leopoldgrad.

En tout cas, par son humilité et sa politesse, Miguel Hernandez trouvait grâce aux yeux de la psychomage. Meredith n'était pas une ingrate, et l'idée de faire plus ample connaissance avec ce jeune homme n'était pas non plus pour lui déplaire. Depuis qu'elle était devenue la Directrice de Skye, le cercle d'amis de Meredith s'était considérablement réduit. Certes, elle fréquentait encore la famille Forbes, mais depuis leur séparation, les occasions de se rencontrer se révélaient plus exceptionnelle. D'une voix assurée, elle ne tarda pas à prendre les devants.

"Ecoutez, si vous n'avez point peur de vous retrouver au milieu d'une horde d'enfants surexcités, rien ne me ferait plus plaisir que de vous voir pour l'anniversaire de ma fille. Mais vous devez savoir que les sept ans d'Eva n'auront pas lieu avant fin Novembre. Bref, ce n'est pas pour demain, et j'imagine que vous devez avoir un agenda assez chargé... "

Le regard de Meredith Kane contempla les vêtements trempés du jeune héros, avant de lui soumettre une douce proposition.

"Si vous n'êtes point pressé, sachez que je me ferai une joie de vous accueillir chez moi, pour vous offrir un thé chaud. De plus, vous êtes trempé et risquez de prendre froid. Mon mari doit faire à peu près la même taille que vous, et il ne verra aucun inconvénient à vous prêter des vêtements. Ne me remerciez pas, c'est la moindre des choses que je puisse faire. Alors acceptez-vous l'invitation? "

Meredith Kane pensa qu'il était de bon ton d'ajouter une précision essentielle à ses yeux.

"Par contre, je tiens à vous prévenir que notre maison est en parfait désordre. Nous sommes actuellement en plein déménagement, alors j'espère que la vision de cartons empilés ne vous posera pas de problème... "

La psychomage détestait accueillir des invités dans pareilles conditions, mais elle culpabilisait à l'idée que Miguel puisse repartir sans même avoir séché ses vêtements...


Esteban CortázarRévolutionnaireavatar
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Esteban se laissa un moment submerger par l’enthousiasme de la petite fille. Sa bonne humeur enfantine et sa propension à oublier l’incident qui venait de se produire l’aidaient à faire abstraction de la présence malsaine à ses côtés. En écoutant la petite déblatérer avec frénésie, il se laissait presque prendre au jeu.

« Une fée ? Tu penses vraiment que je ferais une fée convaincante ? Il faudrait que je me trouve un costume. Tu crois que je devrais mettre un collant ? »

Esteban trouvait rafraichissant de voir que l’enfant ne semblait pas choquée de faire porter un collant « rose à paillettes », d’après ses propres mots, à un homme d’une trentaine d’année. Il doutait par contre que les parents des autres enfants le voient d’un très bon œil s’il débarquait ainsi à la fête d’anniversaire.

« Tu sais quoi Eva, je pense que je te ferai la surprise ! Tu découvriras le jour de ton anniversaire quel costume j’ai choisi. »

Ce qui lui laissait la possibilité de trouver quelque chose d’un peu moins traumatisant pour son égo. Un costume de cow-boy, ça pouvait être sympa, non ?

Le bref amusement que cette discussion lui avait apporté disparu brusquement lorsque la mère intervint de nouveau. Esteban se redressa et tâcha de masquer son irritation. Il fallait qu’il fasse bonne figure s’il souhaitait pouvoir mettre en place sa vengeance. La discussion s’étendit quelques minutes où il fit suffisamment effet pour que la psychomage l’invite à passer chez elle.

Esteban faillit ne pas croire en sa chance. Certes, la petite Eva avait été en grand danger mais jamais il n’aurait pu imaginer en se levant ce matin qu’il terminerait sa journée dans la maison de Meredith Kane. La proposition était là, l’opportunité parfaite. Et pourtant, Esteban hésitait à la saisir. La femme l’observait avec un sourire poli, le visage néanmoins froid et impersonnel rappelant toute sa cruauté à Esteban. Les flash de Klemens à son retour de Skye flottaient derrière les paupières d’Esteban et la façade qu’il maintenait depuis de trop longues minutes commença à se fissurer.

Il ne pouvait pas. C’était au dessus de ses forces ! Il ne pouvait pas suivre la meurtrière de Klemens chez elle comme si de rien n’était. Il n’en avait pas la force. Il avait trop sacrifié, il était épuisé par le chagrin qui l’accablait et il n’était pas capable de faire face. Dans quelques temps peut-être, lorsqu’il aurait digéré cette rencontre et mis en place un plan un peu plus sûr. Là, il allait se jeter dans la gueule du loup, c’était beaucoup trop risqué ! Alors, puisant dans ses dernières ressources, il répondit d’un ton cordial :

« Merci beaucoup pour votre proposition, j’aurais accepté avec plaisir, vraiment, mais là je suis attendu par une amie. Je suis déjà affreusement en retard. »

Quelques échanges de politesses plus tard et surtout un contact donné pour l’anniversaire d’Eva, et enfin Esteban pouvait s’éloigner de la meurtrière. Il maintint la façade jusqu’à dépasser le bosquet d’arbres qui les cachait du reste des promeneurs puis se mit à courir. Fuir. Il devait fuir au plus vite. Mettre le plus de distance entre elle et lui. Rentrer à Bristol, s’enfouir sous sa couette et ne plus sortir pendant plusieurs jours.


[Fin du RP]



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Un Ami qui vous veut du bien... [Esteban]

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