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 L'heure de la revanche [Pv Abigail]

Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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1er Septembre 2009, Appartements privés de Mildred Magpie;

Trente années s'étaient écoulées entre le départ de Mildred Magpie de l'école magique de Poudlard et son retour en tant que professeur de l'Atelier Théâtre. De quoi réveiller en elle une multitude de souvenirs profondément enfouis dans son esprit, tandis qu'elle contemplait son reflet de désormais presque quinquagénaire dans le miroir de ses appartements privés. Par Merlin comme le temps passait vite! Un battement de paupière, et vous vous retrouviez déjà au crépuscule de votre vie, à vous remémorer votre jeunesse envolée. C'était comme si les années s'accéléraient avec le poids de l'âge! Mildred Magpie n'avait jamais autant ressenti le caractère éphémère de son existence, qu'au sein de ce lieu légendaire du Monde Magique. Quel chemin parcouru depuis l'obtention au combien laborieuse de ses ASPIC! La romancière s'était peut-être bâtit un empire et vivait désormais dans le luxe et l'opulence, mais cela n'était pas le fruit de résultat scolaire mirobolant dans les travées de cette prestigieuse école magique. Mildred Magpie avait toujours été une petite abeille besogneuse, qui avait acquis de son prestige par la seule force de sa volonté... Et pour avoir également l'art et la manière de savoir tisser des réseaux au combien stratégiques pour ses ambitions carriéristes.

Nul doute que Mildred Magpie n'avait pas laissé un souvenir impérissable de son passage aux corps professoral de l'époque. Même si jadis elle pouvait se targuer de savoir réciter ses leçons sans l'ombre d'une fausse note, son talent actuel était loin d'être reconnu. Cette vieille chouette de Minerva McGonagal avait même osé l'affront un jour de la qualifier de "niaise" au regard aussi vide qu'une "truite morte". Certes son attitude souvent horripilante avait peut-être incité l'animagi à sortir les griffes, mais aujourd'hui de tels propos seraient condamnables. Alors qu'elle se refaisait une beauté avant de rejoindre la célébrissime cérémonie de répartition, la professeur de Théâtre ne pouvait s'empêcher de sourire en se remémorant les nombreuses espiègleries de son passé d'élève. Comme cette escapade nocturne et coquine sur le Lac de Poudlard, où Mildred Magpie avait voulu s'offrir toute entière à un beau garçon dont elle ne se rappelait plus le nom, mais qui était accessoirement le capitaine charismatique de l'équipe de Quidditch des Blaireaux; Cette nuit là, la barque qui devait servir de plateforme à leurs ébats avait malencontreusement chavirée, jetant à l'eau les deux tourtereaux un brin trop enthousiastes. Quel sermon mémorable lorsqu'ils avaient dû endurer à leur retour tout trempé à Poudlard! Mais avec du recul ce genre d'épisode se révélait plutôt amusant, contrairement à d'autres...

Car Poudlard n'avait pas toujours été gage de réussite pour Mildred Magpie; La célébrissime romancière y avait même essuyé ses pires désillusions. Comme son premier et véritable amour impossible avec le séduisant Ethan Luther, qui s'était éloignée d'elle pour se jeter dans les bras de l'infâme Marlène McKinnon. Qu'est-ce qu'elle avait de mieux qu'elle? Absolument rien, mais l'amour rendait bel et bien aveugle quand il s'agissait de choisir la bonne partenaire, tandis que le beau mais cruel Ethan commettait l'acte ignoble de semer la graine de la jalousie dans le cœur brisé de Mildred Magpie. La vengeance de cette dernière s'était révélée encore plus disproportionnée dans l'ignominie, mais la romancière préférait oublier cet épisode tragique de manière à soulager sa conscience. Le passé était désormais bien loin derrière elle, alors qu'elle revenait à Poudlard en véritable star adulée par la jeunesse.

Ce que voulait Mildred, c'était avoir sa revanche sur Poudlard! Le choix de fonder un atelier théâtre au cœur même de la prestigieuse école magique n'avait rien d'une décision anodine. La romancière était bien placée pour savoir que la célébrité était l'une des denrée les plus difficiles à conserver. Comme la beauté s'envolant avec le poids des années, Mildred craignait par dessus tout que son style ne soit plus dans l'ère du temps. En venant à Poudlard, le but recherché était de dompter cette jeunesse si versatile, et les inciter à consommer toujours plus de produits Magpie et dérivés. La romancière ne voulait pas devenir une "Has Been", quitte à devoir véhiculer de manière plus ou moins illicite sa propagande littéraire. Les jeunes générations étaient les garantes de son enrichissement futur, et pour se faire, la sorcière sans scrupule comptait énormément sur l'adaptation théâtrale de son chef d'œuvre "Les hauts de Hurlelune"...

Malgré le poids rassurant de sa médaille de l'ordre de Merlin qui vagabondait entre ses seins, Mildred Magpie commençait à craindre la concurrence et la venue de jeunes loups ambitieux. Elle-même était passée par là! Pour faire de Multiplettes, le journal en vogue du Monde Magique, elle avait dû détruire "Sorcière Hebdo" et Rita Skeeter, jadis son modèle. A l'idée de pouvoir la supplanter, d'autres artistes devaient aiguiser leurs lames. Rien n'était plus éprouvant que de rester au sommet, et de continuer à être adulée par les foules. Pour la romancière maudite en Amour, cette reconnaissance revêtait une importance capitale, voir vitale; Car nul doute que sans ce prestige, Mildred Magpie se serait passée depuis belle lurette la corde au cou...    

Très coquette et soucieuse de son apparence, la romancière ne lésinait pas sur le maquillage très prononcé, alors qu'elle se préparait à rejoindre le Hall d'entrée de l'école de Poudlard. En guise d'hébergement de fortune, on lui avait attribué les appartements appartenant jadis à l'infâme Ana Sorden. Un choix quelque peu troublant pour la romancière, tant l'odeur de Jasmin semblait encore imprégner les lieux resté longtemps désert après son éviction. Mais il fallait que la chambre de la défunte psychopathe disposait de certains avantages, comme un espace aménagé servant de dressing où Mildred pourrait ranger ses innombrables et exubérantes tenues et chaussures. Même si elle était loin de bénéficier du luxe qu'elle était en droit d'espérer, sa chambrée demeurait encore vivable. Mildred pinça ses lèvres pour étaler correctement son rouge à lèvre, tandis que des coups énergiques résonnèrent sur sa porte.

"Une seconde, je vous prie... "

La romancière réajusta son décolleté plongeant avant de se dérober à son reflet. Se dandinant de manière quelque peu exagérée en direction de l'entrée de son appartement privé. Qui sait, c'était peut-être le beau Peter Virtanen qui voulait se proposer de l'accompagner. Mais le visage blême de la romancière se voila de déception quand elle découvrit qu'il ne s'agissait que de l'insignifiante petite bibliothécaire. Celle-ci venait sans doute tordre quelques calomnies bien placées dans l'article de Multiplettes de la veille, mais Mildred Magpie joua la carte de la surprise.

"Qu'y a t-il ma chère? Vous voulez entrer? "

Aussi insignifiante soit-elle, Mildred Magpie n'allait pas laisser sur le seuil celle qui l'aiderait sans doute à véhiculer sa bonne parole, et ses écrits...


Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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"Une seconde, je vous prie". C'était marrant comme une petite phrase, aussi insignifiante, pouvait être horripilante lorsqu'elle sortait de la bouche de la Magpie. En une fraction de seconde, je me retrouvai devant sa porte, à rouler des yeux et à maugréer un presque inaudible :

- Comme si j'avais que ça à faire...

Remarque que la Magpie ne pouvait, bien sûr, pas entendre de l'autre côté de sa porte. A moins d'avoir installé des oreilles à rallonges. Par acquis de conscience, tout de même, mon regard fit le tour de l'ouverture. Hey, c'était la Magpie, mieux valait être prudente !

Lorsqu'elle finit par ouvrir, j'affichai un sourire courtois. A vrai dire, je ne savais pas trop sur quel pied danser avec elle. Lors de sa séance de dédicaces dans la bibliothèque, elle avait été tout simplement exécrable. On pouvait même dire qu'elle n'y était pas allée de main morte. Dès qu'elle était entrée, elle m'avait traitée comme une moins que rien. Une espèce de moucheron qui polluait son air, un truc dans le genre. Autant vous dire que je n'avais pas apprécié. Je crois d'ailleurs que j'avais quelque peu perdu mon sang froid avec elle. Encore que, certains vous diraient que j'étais tout de même restée assez maître de moi-même. C'est vrai, après tout, elle n'avait eu droit qu'à ses quatre vérités. J'en connaissais un qui s'était pris une gifle. Non, deux, ce qui était pire. Avec lui, j'avais vraiment perdu mon sang froid.

Et à côté de ça, notre rencontre dans le bureau de la directrice avait été tout à fait différente. La Magpie s'était montrée aimable. Elle avait presque l'air ravie et pressée à l'idée de travailler avec moi sur le projet théâtral. A tel point que c'en était bizarre d'ailleurs. Peut-être valait-il mieux que je reste sur mes gardes ?L'article qui était paru la veille dans la Multiplettes ne m'encourageait pas à lui accorder ma confiance en tout cas.

Multiplettes, un vulgaire tissu d'ânerie. Lorsque j'avais vu l'article, j'avais été scotchée devant l'impudence de la Magpie. Croyait-elle sincèrement que les gens allaient accorder de l'attention à ces inepties. Il était évident que n'importe quelle bibliothécaire qui faisait correctement son boulot ne citerait pas les Hauts de Hurlelune parmi ses livres préférés. J'avais lu l'article une deuxième fois. Et puis j'avais ri. Oui, non, vraiment. Il n'y avait pas d'autre réaction à avoir face à cet article, quand on y réfléchissait bien. C'était juste une énorme blague (comme toute cette publication d'ailleurs). Alors finalement, autant le considérer comme tel et passer outre.

- Bonjour, répondis-je à la Magpie, en insistant bien sur ce petit mot comme pour lui souligner qu'elle l'avait oublié.

La moindre des choses, n'est-ce pas, de dire bonjour. La Magpie se sentait-elle à se point supérieure qu'elle s'autorisait à faire fi de la politesse ?

- Volontiers, oui.

J'esquissai un sourire de circonstance, aussi faux-cul que l'air surpris que la Magpie affichait à cet instant. Enfin non, c'était pas tellement de l'hypocrisie. Disons que j'essayais d'y mettre du mien pour que les choses se passent au mieux. Et ça voulait dire être courtoise avec elle en toutes circonstances.

Si l'article était bien passé, le courrier apporté par le hibou le même jour, lui, m'était resté plus ou moins en travers de la gorge. Non mais elle se prenait pour qui ? De quel droit m'envoyait-elle de l'argent, soit-disant pour améliorer la bibliothèque ? Elle était très bien comme ça, cette bibliothèque. J'avais travaillé dur pour qu'elle ressemblât à ce que j'avais imaginé et elle correspondait en tous points à mes attentes. J'avais réussi à en faire un lieu chaleureux, propice à l'étude mais aussi à la détente. Qui était fréquenté par les élèves non seulement la semaine pour leurs devoirs, mais aussi les week-end, pour le plaisir. J'organisais des animations qu'ils appréciaient et qui les faisaient venir. Mrs Pince se retournerait dans sa tombe si elle était morte. Mais c'était une bibliothèque moderne, chaleureuse, qui attirait du monde. C'était tout ce que je voulais.

- Je suis venue vous rapporter ça.

Je lui tendis la petite bourse remplie de monnaie qu'elle avait jointe à sa lettre.

- C'est ce qui reste après avoir acheté les exemplaires des Hauts de Hurlelune nécessaires pour l'atelier théâtre. Vous avez donné beaucoup Mrs Magpie. Je vous remercie de votre générosité, mais je ne veux pas en abuser.


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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En voyant la jeune bibliothécaire lui remettre en main propre une grande partie de la somme versée pour son odieux pot-de-vin, Mildred marqua une seconde de totale incompréhension. La romancière qui se serait jetée sur les rails du Poudlard Express pour récupérer ne serait-ce qu'un malheureux galion égaré, n'arrivait point à comprendre que l'on puisse rejeter pareille offrande. Abigail était-elle souffrante? Ou pire était-elle incorruptible? Mildred se fendit d'un sourire hypocrite, histoire de meubler le silence gênant qui venait de s'installer depuis l'arrivée de la jeune sorcière rousse. Aussi étrange que cela puisse paraître dans ce Monde Magique corrompu jusqu'à la moelle, la nouvelle dirigeante de l'atelier théâtre venait de tomber sur la première citoyenne honnête. Chose aussi rare qu'un épi de blé dans un désert de sel, Abigail se comportait d'une manière déconcertante pour une femme de la trempe de Mildred Magpie. Telle une harpie fondant sur sa proie, la romancière pingre ne tarda guère à resserrer ses griffes sur la bourse dont elle s'était délestée pour acheter le silence de la jeune bibliothécaire.

"Quel dommage pour vous que de ne pas dépenser ces galions! Je vois pourtant bien des domaines dans laquelle cette rallonge financière se serait révélée forte utile... "

Mildred Magpie passa alors au crible le style vestimentaire de la jeune sorcière, et celui-ci, malgré quelques efforts notoires de coquetterie n'était clairement pas du meilleur gout. Pour la cougar quadragénaire, chaque tenue devait laisser s'exprimer le langage corporel, et dans le cas d'Abigail O'brien, celle-ci ne faisait que masquer la beauté incandescente de sa jeunesse derrière de vulgaire nippe d'occasion. Pourquoi n'avoir point utilisé la somme versée pour s'acheter des robes de luxe ou des tailleurs digne de ce nom? Cela tenait du mystère...
Si l'opportunité d'une séance de relooking lui était offerte, Mildred Magpie aurait clairement sacrifié de son temps personnel pour aider sa future consœur de Poudlard à se trouver un style digne de ce nom. Si Abigail O'Brien voulait œuvrer pour son atelier Théâtre, elle allait devoir consentir à certain effort vestimentaire et réveiller la princesse qui sommeillait en elle. Mais plutôt que de révéler le fond de sa pensée, Mildred félicita la jeune femme pour son savoir vivre.

"Vous au moins, vous n'êtes pas du genre dépensière. Au jour d'aujourd'hui, c'est une chose assez rare pour être soulignée. Si l'on m'avait remis une telle somme, je me serai ruée chez les grands couturiers pour acheter le dernier tailleur en vogue... Ou j'en aurai profité pour rendre moins austère la décoration de cette vieille école. Au passage, je tenais à vous dire qu'un lustre en cristal digne de ce nom, ne serait pas de trop pour éclairer la pénombre qui règne dans votre bibliothèque. Par merlin, les pauvres enfants! Ils doivent avoir mal aux yeux à force de devoir déchiffrer les lignes de leurs grimoires. Ne trouvez-vous pas? "

La plupart du temps, Mildred Magpie aimait mettre son grain de sel dans des affaires qui ne la concernait en rien. Sans se soucier de la réponse de la jeune sorcière, Mildred souffla sur le vernis encore frais de ses ongles, avant de se creuser la cervelle pour trouver un point commun qui puisse la relier à une personne aussi diamétralement opposée.

"Vous savez ce que nous avons en commun, vous et moi? Que ce soit moi derrière ma plume d'écrivaine, ou vous derrière votre pupitre de bibliothécaire : Nous cherchons toutes deux à transmettre le plaisir de la lecture à nos jeunes têtes blondes! N'est-ce point là, une merveilleuse mission qui nous ait confié? "

Mildred ne cherchait-elle pas à amadouer la bibliothécaire? A vrai dire, la romancière voyait le formidable potentiel que pouvait lui offrir la précieuse bibliothèque. Si elle arrivait à se mettre la Cerbère des lieux dans la poche, ses chef d'œuvres littéraire ne tarderait pas à en investir les rayons. D'ailleurs pourquoi ne pas lui réserver une allée entière à son nom? Après tout, elle était la plus grande dramaturge de son époque! Pourquoi ne pas créer également une zone d'information, dans laquelle les élèves pourraient lire Multiplettes en toute liberté et se tenir au fait de l'actualité du Monde Magique? Eveiller la sensibilité politique et citoyenne des jeunes générations, n'était-ce pas là un rôle clef de l'éducation? A vrai dire, Mildred se fichait complètement de l'aspect humain pour ne se concentrer exclusivement que sur le coté bassement mercantile de Poudlard. En plus de voir l'école comme une base stratégique pour son empire commercial, Mildred Magpie trouvait également une autre source de satisfaction dans laquelle elle pouvait propager et embrigader l'esprit des jeunes brebis innocentes aux idéaux de son principal soutien politique : Leopold Marchebank. Sous le couvert d'un innocent atelier de Théâtre, se cachait en vérité une propagande bien plus insidieuse et dangereuse pour la liberté d'expression du Monde Magique. Là où la politique n'avait aucun rôle a jouer, le FREE commençait à placer ses pions, et investir des lieux de connaissance aussi prestigieux que l'école de Poudlard...

Même si pour l'heure elle brillait pour son honnêteté, Mildred Magpie savait que tôt ou tard, elle finirait par trouver un moyen d'apprivoiser la jeune bibliothécaire rousse. Nul n'était incorruptible en ce monde, il lui suffisait simplement de trouver le bon angle d'attaque. Innocemment, alors qu'elle avait déjà éplucher le curriculum vitae de la bibliothécaire pour pondre son infâme article; Mildred chercha à en savoir plus sur sa future collègue de travail.

"C'est drôle, j'imagine que vous devez d'ores et déjà savoir des milliers de choses sur ma personne, alors qu'au final j'ignore finalement tous de vous. Que voulez-vous? J'ai choisi de vivre dans la lumière, et c'est le prix à payer d'être une célébrité adulée du Monde Magique! "

Mildred gloussa comme une poule, toute fière d'avoir pondue son œuf. Même si elle avait farfouillé dans sa biographie, la journaliste à scandale chercha à percer à jour le jardin secret de son interlocutrice.

"Mais je vous en prix, parlez-moi de vous! Même si votre vie doit se révéler bien moins fastidieuse, j'imagine tout de même qu'une aussi belle jeune femme doit-avoir toutes sortes d'anecdotes à raconter, n'est-ce pas? Vous avez de la famille? Ou même un amoureux qui puisse égayer votre quotidien morose de bibliothécaire ? "

Cette dernière question égratignait souvent les lèvres sèches de la romancière en mal d'amour, tant elle jalousait de savoir les autres en couple. Mais pour dompter l'humeur de la jeune bibliothécaire, rien n'était mieux que de jouer les bonnes copines confidentes...


Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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- Quelque chose ne va pas, Mrs Magpie ?

Elle était silencieuse et affichai une expression assez déconcertante. Comme si elle était... hum... buguée ? pour reprendre cette expression moldue qui ne signifiait strictement rien de ce côté de la barrière. Mais sincèrement, vous trouvez un autre mot, vous, pour exprimer cette sensation ? Allez-y, je vous mets au défi.

Elle sembla néanmoins se reprendre assez vite et ne se fit pas prier pour reprendre la bourse de galions que je lui tendais. J'esquissai un sourire poli face à sa remarque. Ses paroles pouvaient être interprétées de toutes sortes de façons. A mon avis, elle avait une foule de domaines en tête dans lesquels j'aurais pu utiliser cet argent. Mais je n'étais pas idiote. Une bourse remplie de galions qui arrive en même temps que la parution de cet article ? Drôle de coïncidence, ne trouvez-vous pas ? Moi je trouvais en tout cas. Sans compter que le petit mot qui accompagnait l'argent était assez clair, pour qui lisait à peu près correctement entre les lignes. La Magpie et moi, semblait-il, embarquées dans le même jeu, mais j'entendais bien jouer la partie à ma manière.

- Vous aviez promis de faire le nécessaire pour que nous puissions avoir suffisamment d'exemplaires des Hauts de Hurlelune pour l'atelier théâtre. C'est chose faite, j'aurais eu mauvaise conscience de l'utiliser pour autre chose.

Un nouveau sourire poli vint se dessiner sur mon visage tandis que je l'observais alors qu'elle me détaillais. Qu'allait-elle encore me sortir ? La réponse ne se fit guère attendre. Des vêtements de grands couturiers ? Sérieusement ? Et un lustre en cristal ? Ben voyons... Je laissai échapper un petit rire. Je n'étais peut-être qu'une petite bibliothécaire, mais je me débrouillais pas trop mal au théâtre. J'avais joué dans une adaptation de Peter Pan quand j'étais à l'école, avant d'entrer à Poudlard, les critiques avaient été unanimes, j'avais été une Wendy absolument fabuleuse... Bon, d'accord, j'avais 8 ans et c'étaient des parents d'élèves, mais c'est déjà ça, non ?

- Qu'aurais-je fait de ces tenues ? Je n'en ai pas besoin ici, et je n'ai guère l'occasion (ni l'envie) de mettre des vêtements de grands couturiers. Quand à la lumière de la bibliothèque, les élèves ne sont pas à plaindre vous savez, et leurs yeux ne pourraient guère être autant ménagés. Pas chance nous bénéficions d'un espace particulièrement lumineux et j'avais fait installer, à mon arrivée, des lampes à chaque table, en plus du système d'éclairage au plafond. En fait, quelque soit l'heure et la météo, on y voit comme lors d'une journée ensoleillée.

Nouveau sourire. La Magpie ne devait pas avoir fait très attention aux nouveaux aménagements lorsqu'elle était venue pour sa séance de dédicace. En même temps, elle avait fait bouger tous les rayonnages pour s'installer. Ça nous avait pris un temps fou de tout remettre en ordre après son passage...

- Non, vraiment Mrs Magpie, je ne voulais pas dépenser votre argent pour des choses aussi futiles qu'inutiles. Nous savons fort bien l'une comme l'autre à quel point l'argent peut être difficile à gagner et ne doit pas être gaspillé. Certains de nos élèves viennent de familles qui ont parfois des difficultés à leur payer l'année scolaire. Il aurait vraiment été de mauvais ton que de faire des dépenses faramineuses pour des choses dont nous n'avions pas besoin. N'êtes-vous pas d'accord ?

La question piège, Mrs Magpie ne pouvait apporter qu'une seule réponse à cette question si elle ne voulait pas paraître grossière. Je me demandais si elle saurait laquelle.

Quant à notre point commun...

- C'est la meilleure des missions qui soit, et j'espère que, chaque jour, vous vous en acquittez avec plaisir. Après tout, c'est par la lecture que se forge les esprits. Il nous revient de faire en sorte que chacun puisse avoir à sa portée toutes les informations qu'il souhaite afin qu'il puisse évoluer et développer son esprit critique.

Doucement Abigail, ne va pas trop loin. Et si la Magpie n'était pas d'accord avec ça ? Je m'installai dans l'un des fauteuils face à la Magpie et l'écoutai, sans dire un mot, se mettre à blablater sur sa célébrité. A ce stade de la conversation, je dus me retenir de lever les yeux au ciel et je secouer la tête d'un air désabusé. A la place je choisis de raconter la vérité, par un chemin un peu moins direct.

- En fait, je dois avouer que je vous découvre tout juste. Je m'intéresse davantage aux œuvres des auteurs qu'à leurs auteurs eux-mêmes. Je ne creuse leur biographie que lorsque les choses dont ils parlent dans leurs ouvrages m’interpellent et m'interroge. Et le fait est que les Hauts de Hurlelune est un ouvrage qui se lit facilement, sans que nous ayons réellement besoin de nous creuser la tête.

Je levai une main pour empêcher toute intervention de sa part. Elle allait certainement se vexer, mais c'était plus fort que moi, il fallait que je dise la vérité.  J'étais bonne comédienne, mais pas non plus totalement hypocrite. Enfin, j'espérais !

- Et c'est ce qui fait qu'il a du succès d'ailleurs ! La plupart des jeunes ne veulent pas se prendre la tête lorsqu'ils lisent. Ils veulent un ouvrage qu'ils peuvent dévorer en quelques jours, sans avoir à trop y réfléchir pour comprendre ce qu'il s'y passe réellement.

Et l'écriture de la Magpie était tellement "simple" que même un gamin de six ans serait capable de comprendre ce qu'il se passait dans les Hauts de Hurlelune...

Sa question à propos de ma famille et de ma vie privée me laissa dubitative quelques secondes. Croyait-elle vraiment que j'allais lui parler comme à une vieille amie ? Je n'avais pas de secrets, c'était un fait. Bon hormis le fait que je me plaçais du côté de la Résistance, nous sommes d'accord. Quoiqu'il en soit, la Magpie n'était pas vraiment le genre de personne avec qui j'avais envie de discuter de ma vie.

- Je crains que ma vie privée ne présente aucun intérêt pour vous, répondis-je avec un nouveau sourire poli. Mais vous savez, mon quotidien n'est pas si morose. J'aime mon métier. Quand on fait les choses avec passion, rien ne nous semble morose, n'est-ce pas ?


Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Un vent de fraicheur et d'honnêteté se dégageait de chacun des propos exprimés par la jeune bibliothécaire, comme si cette dernière ne cherchait point à se dérober de sa pensée réelle. Plutôt que de s'en offusquer, Mildred Magpie apprécia la sincérité avec laquelle la jeune sorcière décrivit son œuvre, et qui ne faisait que refléter une certaine vérité. En effet, dans ses écrits, la romancière à l'eau de rose n'avait rien d'une philosophe émérite au vocabulaire aussi riche que varié. Elle ne cherchait d'ailleurs pas à plaire aux habitués des cercles littéraires, dont les propos fleuraient bon la naphtaline et l'autocongratulation grammaticale. Mildred n'était pas une adepte de grande lecture, trouvant nettement mieux son bonheur dans des écrits simples qui avaient le mérité de parler à tous. Bien qu’issue d'une bonne famille, la romancière avait trimé pour en arriver là où elle était aujourd'hui, et chacun de ses romans traduisait bien souvent un chapitre de sa vie. C'est pourquoi, elle ne se départit pas de son petit sourire pincé quand Abigail O'Brien la rangea dans la catégorie des artistes dont les écrits simplistes étaient accessibles à l'ensemble du Monde Magique. Mildred Magpie s'adressait clairement à la masse populaire et ce grand public dont la vie routinière manquait clairement de passion...

Durant toute sa vie, la sorcière de Bristol avait souffert d'un quotidien où la romance était bien trop souvent aux abonnés absents. Par ses écrits, elle cherchait quelque part à vendre du rêve à des jeunes filles déçue, comme elle, par l'odieuse réalité de l'amour. Car en matière de déception sentimentales, Mildred Magpie pouvait parler en connaissance de cause, puisqu'elle était de ce genre de fille que les garçons se tapaient à la va-vite et sans l'ombre d'un sentiment dans le premier bosquet venu. Soucieux de leur réputation, jamais aucun prince charmant ne l'avait désigné comme cavalière attitrée lors des bals fin d'année; Et puis franchement, quel joli jeune homme aurait osé s'afficher aux côtés de celle que l'on surnommait vulgairement la "Mildy-Couche-toi-là!". Toute sa vie, la sorcière désormais quadragénaire avait souffert de ce manque de romance dans sa vie amoureuse. Nombreux étaient les jeunes gigolos qu'elle monnayait pour assouvir son fantasme de se sentir réellement aimée, mais l'illusion se dissipait bien vite. Comme ce fut le cas avec Roy Calder ou Adonis Greengrass, la malédiction qui empêchait Mildred Magpie d'être épanouie et heureuse dans sa vie sentimentale finissait toujours par l'emporter vers les horizons mornes de la solitude.

Son penchant pour les jeunes hommes d'une vingtaine d'année pouvait d'ailleurs trouver son origine dans les ratés de sa vie passée; En effet, Mildred Magpie n'ayant trouvé aucun prince charmant digne de ce nom lors de ses jeunes années, elle courrait toujours après l'illusion de pouvoir entamer sa vie amoureuse là où elle n'avait jamais encore débuté. Car oui, dans la poitrine de la presque quinquagénaire sommeillait le cœur d'une adolescente qui ne demandait qu'à fondre sous les feux d'un premier amour. Etait-ce un crime que de vouloir revenir en arrière afin de pouvoir vivre enfin les joies d'une vie amoureuse qui se refusait obstinément à elle? Mildred Magpie vivait dans une sorte d'urgence sentimentale où le tic-tac de l'horloge ne faisait que la rapprocher de la solitude. D'ici quelques années ses seins en forme de poires finiraient par tomber définitivement de l'arbre, et il lui serait de plus en plus difficile de trouver chaussure à son pied. Devrait-elle alors se résoudre à mourir seule comme une pauvre vieille fille mal aimée? Et n'avoir que son boursouf de compagnie pour peupler ses vieilles années? La romancière n'osait point imaginer ce genre de scénario, espérant toujours qu'un beau prince ne finisse par venir la délivrer de ses tourments solitaires.

Alors que la jeune bibliothécaire expliquait en toute modestie ne point vouloir l'ennuyer avec sa vie privée, Mildred Magpie se trémoussa d'impatience à l'idée d'en savoir davantage sur cette jeune femme qui lui inspirait tout à coup un élan de sympathie.

"Mais détrompez-vous, ce n'est pas parce que je suis une icône du monde magique que je ne m'intéresse pas pour autant au quotidien des modestes gens! D'ailleurs je retrouve en vous, la passion et l'insouciance qui animaient mes jeunes années. Cela se ressent que votre métier vous tient particulièrement à cœur, et je ne peux que vous accordez que sans passion, la vie ne vaut pas la peine d'être vécue! "

L'observant avec une minutie presque journalistique, Mildred Magpie titilla la chaine en or qui soutenait son étoile de merlin entre ses seins.

"C'est d'ailleurs cette passion commune qui nous habite, qui me pousse à vous intégrer dans mon projet d'Atelier Théâtre. Je sens en vous un potentiel qui ne demande qu'à s'exprimer. Mes futurs acteurs auront besoin d'une personne qualifiée pour les conseiller dans leur diction. Et en cela, je ne parle pas de jeu d'acteur, mais plutôt d'intonation et de savoir clairement comment retranscrire à l'oral mes écrits si savoureux. De plus, vous pourriez tenir le rôle de souffleur au cas où les textes viendraient à disparaître de la mémoire de nos jeunes acteurs. Vous auriez alors votre nom au côté de ceux qui m'ont aidé dans la réalisation de ma future et génialissime adaptation théâtrale. N'est-ce point-là une offre qui ne se refuse pas? "

Mildred Magpie libéra alors un sourire éclatant de blancheur, tandis qu'elle cherchait à s'attirer les services de la jeune bibliothécaire. Nul doute que celle-ci se lancerait dans ce noble projet pédagogique et artistique. Quel rat de bibliothèque pourrait bien refuser un aussi beau plateau de fromage?


Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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"Des modestes gens" ? Le nombre de personnes qui auraient pu s'offusquer de ces mots  pouvait se compter par dizaine, centaine, milliers peut-être même. Je haussai un sourcil mais ne montrai rien de plus. Mon non plus, je n'aimais pas particulièrement ce genre de tournure. Pour qui se prenait-elle ? Pour la reine d'Angleterre ? C'était condescendant au possible, comme si elle mettait le doigt sur le fait que nous ne venions pas du même monde. Sauf que c'était faux, pour autant que j'en sache. Nous avions simplement choisi des voies différentes.

Quant à ressembler à une version d'elle en plus jeune, pitié non, pas ça !

- Vous exagérez madame Magpie, je n'ai rien à voir avec vous. Ou comment lui faire comprendre que je n'étais pas comme elle et que je n'avais pas envie de l'être. Je ne suis qu'une simple bibliothécaire. Vous êtes une personnalité publique. Ou comment faire passer la pilule.

Mais elle continuait de parler. Et qu'est-ce qu'elle faisait là ? Elle me passait de la pommade dans le dos ? Elle n'était pas avare en flatterie en tout cas. C'était plutôt contradictoire par rapport à ce qu'elle m'avait servi durant sa séance de dédicace. Pouvait-on changer d'avis aussi rapidement ? D'autant que je n'avais rien fait pour qu'elle en change.

Je haussai un nouveau sourcil à la mention de l'offre qui ne se refusait pas. Quoi, ça ? Avoir mon nom sur le programme ? Wow, quel honneur !

- Vous savez, Madame Magpie, je n'ai jamais eu ce genre d'ambition. Et ce n'est pas mon nom sur l'affiche qui me déciderait à travailler avec vous. Si je le fait, c'est uniquement pour les élèves. Ils méritent que ce projet soit mené correctement. Après tout, ce seront eux qui monteront sur la scène. Que se passerait-il pour eux s'ils se tournaient en ridicule ? Ce serait catastrophique pour leur confiance en eux... Et pour votre ouvrage, bien sûr. Ce serait une mauvaise publicité dont vous n'avez pas besoin.

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L'heure de la revanche [Pv Abigail]

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