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 Les jolies colonies de vacances [Eliott]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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7 Septembre 2009

L'école avait repris depuis quelques jours chez les moldus et les sorciers, aussi, les plages d'Aberystwyth n'étaient pas bien remplies en ce début de matinée. Il faisait pourtant beau et chaud, le vent était assez faible et le soleil chauffait juste assez pour qu'ils n'aient pas froid. Charlotte reprenait le travail en début de semaine prochaine et profitait donc de la fin de ses vacances pour passer un peu de temps avec Bianca et Eliott. Ils étaient déjà partis deux semaines dans un camping dans le sud de l'Angleterre en Août - dans un mobilhome, elle ne se risquait pas à dormir dans une tente avec un bébé de sept mois - mais avaient encore envie de profiter un peu de la plage. C'était les premières vacances de Bianca, elle avait découvert le sable, la mer, les algues, les jeux aquatiques pour bébés. Charlie n'aurait jamais pensé qu'elle deviendrait si fanatique de son bébé, lorsqu'elle était tombée enceinte, mais pourtant... Leur fille était devenue le centre de sa vie, ils avaient tout réorganisé autour d'elle. Au début, elle avait eu peur de ne pas s'y retrouver mais finalement, cette vie de famille lui convenait très bien.

Il faut dire que malgré l'attachement qu'ils portaient à leur bébé, Eliott et Charlotte continuaient de s'impliquer politiquement, ou plutôt, de s'impliquer dans la résistance. Ils avaient conscience du risque qu'ils prenaient mais ils ne pouvaient s'en empêcher. Sûrement un petit côté Gryffondor... Pour autant, Charlie faisait tout avec prudence, réfléchissait à tout et surtout, avait une porte de sortie prévue au cas où les choses tourneraient mal. Sa famille passerait avant tout, elle le savait très bien. Mais là, allongée sur la plage avec son mari et son bébé, elle préférait ne pas penser à ce genre de choses et se concentrer sur le moment présent. Elle remettrait déjà bien vite un pied dans la situation explosive du pays en revenant au BDA : dans le monde moldu, ils étaient plus libres.

Ils avaient installé toutes leurs affaires - les jeunes parents ne voyageaient jamais léger - sur leur coin de sable. Leur immense parasol orange pour avoir de l'ombre, leurs serviettes, la glacière (avec des biberons d'eau fraiche, des bouteilles d'eau, de quoi manger pour eux et Bianca), la petite tente pour mettre le bébé à l'ombre si elle voulait dormir, les sacs de change, les sacs de plage avec plusieurs bodys pour Bianca, sans oublier la quantité astronomique de crème solaire, les chapeaux, la casquette de bébé, et les jeux de plage. Avec tout ça, ils étaient parés à affronter toutes les situations ! Quand on y pensait bien, Charlotte appliquait les mêmes méthodes dans son travail et dans la manière dont elle s'occupait de sa fille : vigilance constante. Et cela payait : ils étaient plutôt détendus tandis que Bianca jouait à côté d'eux, babillant de bonheur alors qu'elle creusait le sable avec une petite pelle ronde. Enfin, creusait... elle donnait des coups réguliers sur le sol pour le secouer. A sept mois, sa coordination ne lui permettait pas encore de faire des merveilles architecturales. Elle tenait bien assisse, arrivait à se balancer d'avant en arrière et commençait même à ramper. Elle pouvait tenir des choses dans ses mains (ce qui était d'ailleurs embêtant car elle mettait tout dans sa bouche) et commençait à mieux envisager le monde autour d'elle. Du coup, tout devenait facteur d'amusement, même le panier à linge.

- On devrait déménager à la mer, glissa Charlotte en passant une main dans le dos d'Eliott. Comme ça, on pourrait venir là tous les jours. Grandir en appartement, c'est moins sympa que de pouvoir se promener sur la plage tous les jours, jouer et....

Elle s'interrompit brusquement pour prendre Bianca dans ses bras.

- Et manger du sable, reprit-elle avec amusement en retirant le sable du petit poing de sa fille et du dessus de sa bouche. Ça ne se mange pas ça, mon cœur, fit-elle. Ce n'est pas bon.

Bianca rit, visiblement très amusée par le sable sur son visage et se secoua un peu pour que sa mère la lâche. Charlie l'assit entre leurs deux serviettes et tendit la main pour lui redonner sa pelle.

- Quoique, à Londres, elle ne pourrait pas manger de goudron.


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Les plages d'Aberystwyth étaient presque vides en ce début de mois de Septembre. Depuis une semaine déjà, les enfants avaient repris le chemin de l'école et leurs parents celui du bureau, mais Eliott et Charlotte faisaient partie des jeunes couples chanceux de ne pas être soumis au rythme scolaire et profitaient paisiblement de la chaleur de cette fin d'été, face à une mer tranquille à peine perturbée par une légère brise. Seuls quelques groupes d'étudiants leur tenaient compagnie sur la longue plage de sable.

Eliott les observait distraitement, se demandant à quel moment il avait cessé d'être à leur place pour se retrouver à la sienne. Il avait l'impression qu'hier encore il était ce jeune homme étendu sur le sable, les bras croisés sur le visage pour se protéger du soleil, visiblement encore un peu ivre de la veille, ou cet adolescent qui frimait avec son ballon de volley-ball sous le bras. Cette époque où il regardait les jeunes parents et tout leur attirail de jouets, casquettes et crèmes solaires, et où il se disait qu'il n'en serait jamais, lui paraissait encore proche, pourtant pour rien au monde il n'aurait voulu se retrouver allongé sur leurs serviette plutôt que la sienne.

Parce qu'il était merveilleusement bien ici, à observer Bianca marteler le sable de sa petite pelle en poussant des cris aigus de ravissement. Ils avaient déjà passé deux semaines dans un camping sorcier au mois d'août, et la petite fille avait pu découvrir la mer, la plage, et tous les jeux aquatiques magiques jamais crées -il fallait sérieusement que Lilly se calme avec les cadeaux. Il devait reconnaitre que le râteau qui changeait le sable aux couleurs de l'arc-en-ciel était une belle invention, mais il était heureux de voir Bianca s'amuser aussi avec des jouets moldus. Elle avait la chance d'être de sang-mêlés et Eliott et Charlotte tenaient à ce qu'elle grandisse en profitant au maximum de ce double-héritage.

Il lui était arrivé de se demander s'ils ne feraient pas mieux d'élever leur fille dans le monde moldu, avec toutes les tensions qui agitaient la société magique en ce moment. Il avait déjà coupé les ponts une fois avec son monde d'origine et il se savait capable de recommencer, et Charlotte était issue d'une famille moldue. Ils n'auraient aucune difficulté à se réfugier dans le monde moldu et à se fondre dans la masse s'il le fallait un jour, mais au fond de lui Eliott savait qu'ils ne feraient ce choix que s'ils n'avaient plus d'autre option. Il ne se voyait pas abandonner le monde magique maintenant, pas alors qu'il était aux prises avec une dictature grandissante et une résistance qui avaient besoin de chacun de ses membres.

Lui et Charlotte étaient tous les deux impliqués dans la résistance, chacun à leur façon. Ce n'était certainement pas l'activité la plus raisonnable pour des jeunes parents, mais il n'aurait pas pu en être autrement. Ils étaient de vrais Gryffondors et ne savaient pas supporter l'injustice. Ni l'un ni l'autre n'était du genre à rester les bras croisés face aux horreurs que subissait la société magique anglaise. C'était leur nature et même la parentalité n'avait pas changé ça.

Quittant Bianca des yeux quand Charlotte passa une main dans son dos, Eliott releva le regard vers sa femme et lui adressa un sourire, conquis par sa proposition. Il s'y voyait plutôt bien, vivre dans une petite maison au bord de l'eau, face à une grande plage où Bianca aurait toute la place qu'elle voudrait pour jouer, courir...et manger du sable. Il sourit, amusé, tandis que Charlotte débarrassait leur fille du sable qu'elle s’apprêtait à amener à sa bouche. Une chose était certaine, Bianca n'avait peur de rien et était au moins aussi téméraire que ses parents. Elle n'avait pas encore un an et voulait déjà toucher à tout et explorer le monde. Rien ne semblait l'intimider, pas même l'horrible chat de leur voisine -qui lui semblait terrifié par la petite fille depuis qu'elle avait tenté de lui arracher les moustaches.

Alors que Charlotte reposait Bianca sur le sable entre leurs deux serviettes, Eliott se pencha sur la glacière pour attraper un biberon d'eau qu'il tendit à sa fille. Celle-ci tenta de l'attraper de ses deux mains, mais n'était pas encore tout à fait au point sur la synchronisation, aussi son père soutint-il le biberon le temps qu'elle en boive plusieurs gorgées.

- Effectivement, on aurait moins de risques avec le goudron, répondit-il en riant en enlevant quelques grains de sable du menton de sa fille. Jusqu'au jour où elle décidera de faire du skateboard ou d'apprendre à faire la roue, ajouta-t-il avec un sourire, persuadé que Bianca n'avait pas fini de leur en faire voir de toutes les couleurs. Londres n'est sûre pour personne en ce moment de toute façon, ajouta-t-il avec un soupir.

Aucune partie du monde magique ne l'était, dans l'absolu, et ce n'était peut-être pas la meilleure période pour élever un enfant, mais jusque là ils s'en sortaient plutôt bien. Eliott reporta son attention sur Bianca qui s'acharnait toujours sur le sable à grands coups de pelle.

"Papapa...Papa..." gazouilla-t-elle en rythme.

Est-ce qu'il avait bien entendu ? Eliott leva les yeux vers Charlotte, un immense sourire aux lèvres, alors que Bianca continuait inlassablement de répéter les mêmes syllabes. N'importe qui lui dirait qu'elle ne faisait que répéter un son qu'elle venait d'apprendre à maitriser, mais il était persuadé qu'elle avait dit "Papa", volontairement.

"Elle a dit Papa ! s'exclama-t-il en prenant Bianca dans ses bras. Tu l'as entendu ? Elle l'a dit ! Papa ? lança-t-il à la petite fille en se pointant du doigt.
- ...papa...
- Oui ! Bravo ma puce !"

Il aurait pu recommencer, encore et encore, mais la partie de son cerveau qui n'était pas encore complètement recouverte de guimauve lui souffla qu'il aurait l'air complètement ridicule aussi se contenta-t-il de couvrir de baiser le visage de sa fille qui se mit à rire et à se tortiller pour échapper à son étreinte.


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Charlie s'accouda en arrière sur sa serviette de bain, profitant du soleil qui avait un peu tourné et passait désormais sur ses jambes. Avec un peu de chance, elle bronzerait un peu avant de retourner au bureau et pourrait concurrencer ses collègues Emmy et Raphy, qui étaient toujours plus bronzées qu'elle au retour des vacances, surtout que Emmy avait quand même passé une dizaine de jours en Italie. Elle, malgré ses deux semaines en camping, s'était contentée de prendre des coups de soleil malgré la montagne de crème qu'ils avaient apporté. Elle observa Eliott qui tenait le biberon de Bianca - elle essayait pourtant de toutes ses forces de le faire seule - et secoua légèrement la tête lorsqu'il affirma que la vie serait effectivement moins dangereuse sur du goudron : elle venait de penser à sa propre enfance, ramenée à elle par l'évocation d'apprendre à faire la roue.

- Je me suis cassé le bras en essayant de faire de la gymnastique dans l'allée, quand j'avais six ans, lança-t-elle. Je voulais faire comme une de mes copines. J'ai eu un beau plâtre, colorié en rose s'il te plaît !

Elle n'avait pas vraiment hâte de connaître ça, les enfants cascadeurs. Déjà, ils allaient devoir se méfier lorsque Bianca commencerait à marcher. Ils étaient certains qu'elle essayerait d'attraper tout ce qui traîne et se montrerait téméraire au possible, elle le faisait déjà alors qu'elle rampait, faisait du quatre-pattes. Le chat de la voisine s'en souvenait et Charlie n'était pas certaine qu'elle leur pardonne un jour. Elle se redressa lorsque Eliott affirma que Londres n'était sûre pour personne ces derniers temps et saisit sa main. Il avait raison mais rien dans le monde magique n'était sûr pour le moment, si ce n'est Leopoldgrad, surtout pas pour des gens comme eux. Ils étaient pourtant très prudents, prenaient toutes les précautions du monde, mais que se passerait-il s'ils étaient découverts ? Elle était partagée entre ses convictions, l'envie de faire quelque chose, de se battre cette fois-ci, pas comme la dernière fois et l'amour de sa famille, de sa fille, de ses parents. Elle ne voulait pas voir sa vie voler en éclats mais elle ne voulait pas fermer les yeux en prétendant que tout allait bien. Ce dilemme la maintenait éveillée la nuit, sans parvenir à le résoudre. Pour le moment, son compromis était d'être prudente, discrète et d'avoir toujours une solution de repli sous la main mais cela suffirait-il au long terme ?

- Je sais, mon coeur... murmura-t-elle.

Pour l'instant, ils se contentaient de savourer leur vie de famille, les débuts de leur mariage, Bianca qui grandissait à vue d’œil, heureuse et épanouie. Et visiblement passionnée par le fait de battre le sable en rythme, peut-être une future musicienne ! C'était sans compter les babillements qu'elle poussait, qui firent naître un grand sourire à Eliott, persuadé que leur fille venait de dire "papa". Charlie rit devant l'euphorie de son mari, fronçant néanmoins légèrement le nez.

- Je crois qu'elle a dit "papapapapa", soit, en langage bébé "je suis contente de taper le sable avec mon râteau en plastique". J'ai fais enfant LV3, affirma-t-elle.

Quoi, elle, jalouse ? Jamais. Elle était une adulte. Une femme mariée, une mère de famille, une Auror, une lieutenant Auror, une Gryffondor, une sorcière, elle n'était pas jalouse parce que sa fille avait dit "papa" avant "maman". Cela serait stupide et déplacé, surtout devant le spectacle adorable d'Eliott embrassant une Bianca qui riait aux éclats. Mais... C'était elle, sa maman !

- Je suis sûre qu'elle n'a pas dit papa, elle est encore un peu jeune, tu sais. Je crois même qu'elle disait "baba". Généralement, les bébés disent "maman" en premier mot. Surtout quand c'est maman qui se lève le plus la nuit et n'oublie pas d'acheter le lait en poudre, ajouta-t-elle avec un regard entendu et un sourire en coin. N'est-ce pas Bianca, ma puce ? fit-elle en se penchant vers elle.

Sa fille leva ses grands yeux bruns dans sa direction, tout souriante, agitant son râteau.

- Papapapapa.
- Tu vois Eliott ? Papapapapa est égal à "râteau".


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"Je suis sûr que tu étais adorable avec ton plâtre rose !" assura Eliott en tout honnêteté alors que Charlotte évoquait les dangers d'une enfance sur le bitume à grand renfort d'expériences personnelles.

Il avait eu la chance de pouvoir profiter de l'immense domaine familiale tous les étés et avait eu une enfance riche en parties de cache-cache, en cabane dans les arbres et en roulade dans l'herbe. Même le manoir et ses nombreuses pièces devenait un terrain de jeu par temps de pluie, pour le plus grand malheur de ses parents qui n'avaient jamais réussi à l'empêcher de descendre les escaliers en glissant sur la rampe ou de sortir dans le jardin en sautant par la fenêtre de la cuisine plutôt que de faire le tour par le hall.

"J'ai cassé le bras de Paige une fois, en essayant de lui faire faire l'avion, avoua-t-il en riant. Il faut croire que j'étais déjà fasciné par les inventions moldues à l'époque...Mais un coup de baguette lui a évité le plâtre rose ! La magie avait du bon parfois, ses parents lui en auraient voulu encore davantage si sa sœur avait du garder le bras immobilisé pendant des semaines. Je suis sûr qu'elle aurait pourtant adoré s'en servir comme d'un argument pour se faire servir..."

Paige n'avait jamais vraiment eu besoin d'arguments pour obtenir ce qu'elle voulait de tous les autres membres de la famille, et c'était une bonne chose qu'elle n'ait pas pu trop utiliser cet accident pour donner mauvaise conscience à son frère. Le contexte actuel et leur implication à lui et Charlotte dans la résistance, en revanche, travaillaient sa conscience régulièrement.

Ne serait-il pas plus responsables pour de jeunes parents de se faire discrets et de se contenter de profiter du bonheur que leur apportait leur fille ? Mais comment pourraient-ils être heureux et insouciants alors qu'ils savaient tout ce qui se passait autours d'eux, presque sous leur nez. Il était impossible de simplement fermer les yeux quand la démocratie sorcière était piétinée tous les jours. Non, ils n'avaient pas d'autres choix que de faire ce qu'ils faisaient. C'était en tout cas ce qu'il se répétait pour se déculpabiliser, et ça marchait de temps en temps.

Ses préoccupations furent momentanément chasser par la joie d'entendre Bianca prononcer son premier mot. Elle avait dit Papa ! Il l'avait entendu ! Et elle le répétait, encore et encore, faisant grandir un peu plus le sourire fier de son père à chaque fois. Un sourire qui disparut bien vite quand Charlotte assura qu'elle n'avait fait que désigner son râteau en plastique jaune. Depuis quand est-ce que "Papa Papa" voulait dire "râteau" ? C'était absurde !

Mais Charlotte avança bien vite toute une série d'argument, très certainement tirés d'un des livres sur la petite-enfance qu'elle voulait le forcer à lire, selon lesquels Bianca était trop jeune, et aurait de toute façon commencer par dire "Maman" - soit disant parce que la maman en question se levait plus la nuit, ce qui était tout à fait faux !

"Serais-tu jalouse "Maman" ?" répliqua-t-il avec un sourire amusé.

Comme pour donner raison à sa mère, Bianca se mit soudainement à agiter son râteau en répétant inlassablement "papapapa". Mais Eliott était déterminé à ne pas s'avouer vaincu.

"Non, juste "Papa" ma puce. Pa-Pa, articula-t-il, sa fille toujours dans les bras.
-Papapapapa...
-Pa-Pa. Il savait être aussi acharné qu'un Poufsouffle quand il fallait.
-Papa !
-Aha ! s'exclama-t-il en tournant un adressant un sourire radieux à Charlotte, en toute maturité. Bravo ma puce !"

Il ne se réjouissait pas puérilement que Bianca ait dit Papa avant Maman, évidement. Il était simplement heureux de voir sa fille prononcer son premier mot. Et encore plus heureux que ce premier mot soit "Papa".

"Mais tu sais, c'est normal, quand on y réfléchit c'est beaucoup plus simple de dire "Papa" que "Maman", c'est ce qu'ils disaient dans ton bouquin !"

Parce que oui, il avait dû céder et lire plusieurs chapitres de "Les premiers mois de votre bébé", par Agripine Spirula. Officiellement il l'avait lu en entier, officieusement il avait loupé pas mal de pages, mais il avait bien retenu que "Papa" passait souvent avant "Maman", pour des raisons évidentes de complexité phonétique !


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Charlotte fit la grimace devant le récit d'Eliott cassant le bras de sa petite sœur. Pauvre Paige, les garçons étaient vraiment des brutes parfois ! Néanmoins, elle imaginait bien Eliott faire l'avion alors qu'il était encore tout jeune, c'était adorable comme image. La maman qu'elle était nota en revanche de ne jamais laisser son mari faire faire l'avion à leur petite fille, pour lui éviter une fracture. Réglable en un coup de baguette magique, certes, mais tout de même : elle n'avait pas envie d'affronter les pleurs et la douleurs liés à une fracture. De toute manière, si on avait laissé la possibilité à Charlie, elle aurait protégé Bianca de tous les problèmes. On apprenait en faisant des erreurs ? Peut-être, mais elle préférait que les erreurs de sa fille soient minuscules et sans conséquences et qu'elle soit toujours bien et heureuse. Utopie ? Si peu. Mais Charlotte aimait sa petite fille d'un amour inconditionnel, elle était heureuse de l'avoir auprès d'elle, de la voir grandir et se développer. Elle voulait qu'elle grandisse dans un monde où elle pourrait être bien et c'était aussi pour cela qu'elle était dans la résistance malgré les risques : ce n'était pas ce monde sorcier qu'elle voulait léguer à son bébé. Un monde sorcier où le gouvernement avait tous les pouvoirs, où vous pouviez être arrêté arbitrairement, où une police d’État un centre secret vous torturait l'esprit sans que personne ne puisse rien y faire. Ce n'était pas cela qu'elle voulait pour Bianca ou pour qui que ce soit. Elle ne voulait pas d'une dictature. Et, accessoirement, elle ne voulait pas que Bianca dise "papa" avant maman (et son sens des priorités était toujours aussi impressionnant).

- Non, je ne suis pas jalouse, j'énonce juste un fait d'éducation reconnu !

Elle n'allait pas reconnaître qu'elle essayait d'apprendre à Bianca à dire "maman" en douce depuis quelques semaines, quand elle lui faisait prendre son bain ou quand elle s'en occupait quand Eliott était au travail ! Elle jouait du "dis maman" et sa fille disait "papa" ? Il n'y avait vraiment pas de justice dans ce monde. Et puis d'ailleurs, elle avait dit râteau. Le premier mot de leur fille serait râteau, voilà. C'était tout à fait original, Bianca avait une personnalité unique ! Un peu boudeuse - oui, elle était une adulte - elle observa son mari se pencher vers leur fille pour la faire répéter "papa", la reprenant patiemment jusqu'à ce qu'elle arrive au bon résultat. Leur petite puce lança un "Papa !" victorieux, visiblement heureuse de contenter son père à ce point et Eliott poussa en même temps une exclamation pour la narguer.

- Mais je voulais qu'elle dise maman ! protesta Charlie. Ma mère m'a bassinée une heure la dernière fois sur la joie que l'on ressentait au premier "maman" !

Elle sentit les mains de sa fille sur son genou et baissa les yeux vers elle, alors qu'elle lui adressait un sourire joyeux, babillant joyeusement. Charlotte se sentit immédiatement coupable de ne pas se réjouir plus que ça du premier mot de leur petite fille et s'empressa de la prendre dans ses bras pour coller un baiser sur ses joues rebondies.

- Tu parles, maintenant ? Tu grandis vite ma chérie, c'est bien ! Elle l'embrassa sur le bout du nez avant de la caser sur son bras, pointant le doigt vers Eliott. C'est qui ça ? C'est pa... ?
- Papa !
- Oui, c'est papa !

Elle reposa Bianca dans le sable, cette dernière reprenant ses coups de pelle sur le sol, visiblement très passionnée par cette tâche. Charlotte se pencha vers Eliott pour déposer un bref baiser sur ses lèvres avant de se rasseoir sur sa serviette, ne voulant pas rester rancunière pour des bêtises pareilles. Elle avait des solutions beaucoup plus matures.

- On fait un autre bébé et il dira maman d'abord. C'est une exigence !


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Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Eliott se laissa attendrir par la moue boudeuse de Charlotte, qui semblait réellement contrariée par le fait que Bianca n'ait pas dit Maman. Il en viendrait presque à regretter que ce n'ait pas effectivement été le premier mot de leur fille. Presque, parce que l'entendre dire Papa était quand même sacrément génial. Il regrettait presque de ne pas avoir filmé ça ! Mais ils avaient bien assez de photos de leurs vacances comme cela. Ils pourraient remplir un album entier rien qu'avec les clichés de ces derniers jours. Charlotte avait fait la terrible erreur de lui mettre un appareil numérique -ce truc était génial- dans les mains et il s'était un peu trop pris au jeu. Au moins Bianca ne manquerait pas de souvenirs quand elle serait plus grande.

"Mais elle le dira un jour ! répondit-il avec optimisme quand Charlotte évoqua avec regrets la joie du premier "maman" dont sa propre mère lui avait parlé. Elle progresse tellement vite que je ne serai qu'à moitié étonné si elle nous récitait des poèmes dans quelques semaines !"

Il exagérait peut-être un peu, juste un peu, mais il était vrai que Bianca grandissait à vue d’œil. Eliott était à la fois émerveillé de la voir s’épanouir et apprendre si vite et presque triste de ne pas pouvoir profiter davantage de chaque étape de son développement. Parce qu'il était certain qu'un jour il regretterait l'époque ou sa fille ne savait pas encore parler.

Charlotte ne resta pas bien longtemps vexée et se laissa vite charmer par le sourire de Bianca -et comment résister de toute façon ? La jeune maman attrappa sa fille dans ses bras et Eliott se sentit sourire bêtement alors qu'il observait les deux femmes de sa vie d'un regard attendri. Il rendit son baiser à Charlotte, glissant une main dans ses cheveux pour replacer une mèche blonde derrière son oreille. La proposition de sa femme lui tira aussitôt un immense sourire.

"Oh mais oui ! Pour que Bianca grandisse avec un frère ou une sœur !"

Il avait toujours considéré qu'il avait de la chance d'avoir eu un frère et une sœur et il ne voulait pas priver ses enfants de la joie de grandir au sein d'une fratrie. Il avait toujours su qu'il voulait plusieurs enfants.

"Un garçon, ça ferait un de chaque ! Ou une fille, comme ça elles seraient complices, comme toi et Allison, réfléchit-il à voix haute. Combien d'années d'écart vous avez avec ta sœur ? s'enquit-il, ne se rappelait plus de l'âge exact de la cadette des Meyer. J'ai toujours pensé qu'on se serait moins disputés avec Andrew si on avait été plus proches en âge..." Et en caractère, aussi.

C'était un peu pareil pour Paige, il était très content de la relation qu'il avait avec sa petite sœur mais leurs années d'écart les avaient empêché de partager pas mal de choses. Ils n'avaient pas grandi en même temps, s'étaient à peine croiser à Poudlard.

"Bianca aura bientôt un an, ce serait un bon moment non ? Ils avaient encore le temps avant que Bianca ne souffla sa première bougie, mais il était du genre à s'emballer rapidement. Peut-être trop rapidement d'ailleurs. Tu étais sérieuse, hein ?" s'inquiéta-t-il en réalisant que Charlotte avait peut-être proposé ça sur le ton de la plaisanterie.


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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C'était vrai que Bianca grandissait vite, songea Charlie en contemplant sa petite-fille. Elle avait l'impression qu'elle était née hier. Chaque semaine, elle faisait quelque chose de nouveau, maîtrisait une nouvelle chose, ces deniers temps, maîtrisait un nouveau son. Et puis on sentait bien qu'elle allait marcher, elle se mettait de plus en plus debout, tenait mieux sur ses petites jambes arquées... Elle avait visiblement envie de découvrir le monde. Elle mettait dans sa bouche tout ce qui passait aussi – cubes, peluches, bouts d'ananas, télécommande de la télévision – ce qui était un peu plus problématique. Eliott avait raison, ce n'était qu'une question de temps avant que leur fille ne dise « maman », il suffisait d'attendre... Et de ne pas trop bouder parce que le nouveau mot à la mode était « papa » (mais cela voulait peut-être dire râteau, elle n'excluait pas cette hypothèse).

- Je vais voir le bon côté des choses : c'est toi qu'elle appellerai désormais la nuit... Et son papa n'osera pas dire non à sa petite fille qui pleure à trois heures du matin, non ?

Quoi, non, elle n'était pas mesquine, jamais. Sa mauvaise foi fut bien vite oubliée devant le grand sourire que lui retourna Eliott en entendant sa proposition. Elle l'avait dit sur le ton de la plaisanterie, elle n'y avait pas vraiment réfléchi avant. Son amoureux, lui, sembla la prendre au pied de la lettre puisqu'il s'empressa de lancer des propositions pour agrandir leur famille. Elle le regarda faire, amusée, l'idée ne lui déplaisant honnêtement pas. Elle voulait plusieurs enfants, elle l'avait toujours su. Elle n'avait juste pas pensé qu'ils en parleraient si tôt, mais pourquoi pas ?

- Cinq ans, répondit-elle. Comme toi et ton frère, non ? Comme quoi, ce n'est pas une question d'années : j'étais juste très contente d'avoir une petite sœur, je l'avais beaucoup réclamée à mes parents... J'étais assez grande pour ne pas être jalouse, Ali était plutôt une poupée géante, tu vois.

Elle s'en occupait beaucoup – ou prétendait plutôt, puisque ses parents étaient bien évidemment trop responsables pour ne pas lui laisser la surveillance d'un bébé – et les deux filles avaient toujours été assez proches malgré leurs différences. Elle jouaient ensemble, Charlotte se sentant auréolée de sa mission d'aînée et toujours prête à accompagner sa sœur. Même à l'adolescence, elles étaient restées en contact et la si timide Allison trouvait chez sa sœur une oreille et une présence rassurante. Encore aujourd'hui, elles se voyaient souvent, notamment quand sa sœur venait passer le week-end à Londres. Cela l'arrangeait un peu d'avoir un pied-à-terre chez sa sœur et elle adorait avoir une nièce.

- J'étais... moitié sérieuse, répondit Charlotte quand Eliott s'inquiéta soudain de la véracité de la proposition. Je n'y avais pas pensé en détails mais l'idée ne me dérange pas, je crois ! Mais il y a plusieurs choses qui entrent en compte... Ce n'est pas un peu tôt ? Bianca est toute jeune, elle commence à faire ses nuits, tu as envie de recommencer le cycle infernal du repas toutes les deux heures ?

Bianca avait été difficile de ce côté-là, au point que pouvoir dormir jusqu'à sept heures le dimanche apparaissait désormais comme une grasse matinée. La première nuit complète qu'elle avait réalisé avait fait tellement étrange à Charlie qu'elle s'était réveillée d'elle-même pour aller vérifier que tout allait bien. Quatre fois.

- Et puis... Tu penses que c'est le bon moment ? Je veux dire, avec tout ce qui se passe, tout ce qu'on fait... Déjà que c'est compliqué avec Bianca et que je me sens coupable, avec un deuxième bébé... S'il nous arrive quelque chose, on laisse deux enfants derrière nous. Tu te rends compte ?

Elle s'inquiétait déjà beaucoup de l'avenir de sa fille. Elle avait pris beaucoup de dispositions pour l'assurer au cas où ses parents disparaîtraient mais cela la maintenait régulièrement éveillée la nuit. La culpabilité d'être dans la résistance alors qu'ils étaient parents était déjà lourde à porter, qu'adviendrait-il s'ils agrandissaient leur famille ? Charlotte pouvait-elle décemment continuer à aider le Kraken en sachant qu'elle mettait son enfant - et tout le reste des gens qu'elle aimait - en danger ?


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Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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Fidèle à lui-même, Eliott s’était emballé un peu vite autours de ce projet de deuxième enfant et l’éventualité que cela ne puisse être qu’une plaisanterie de la part de Charlotte l’effleura un peu tard. Espérant ne pas être déçu, il s’inquiéta de savoir si elle était vraiment sérieuse et laissa échapper un bref soupir de soulagement en voyant qu’elle ne rejetait pas complètement l’idée. Il n’avait pas envie d’un second enfant encore dix minutes plus tôt, et maintenant il aurait pu jurer qu’il en avait besoin !

Bianca était un tel bonheur qu’un deuxième enfant ne pourrait être qu’une réjouissance également. Lui qui avait toujours pensé qu’il n’était pas très doué pour tout ce qui était « famille » se découvrait dans le rôle de père et s’y plaisait énormément. Sa fille le rendait déjà fou, il aurait fait n’importe quoi pour la faire rire ou pour l’apaiser quand elle pleurait. Il ne supportait pas l’idée qu’elle puisse être un jour malheureuse et se promettait chaque jour de faire de son bonheur la priorité de toute sa vie. Il n’avait jamais eu tant de responsabilité, lui qui avait plutôt tendance à les fuir, mais il était décidé à tenir celles-ci du mieux qu’il le pouvait. Et il voulait que Bianca grandisse avec des frères et sœurs, qu’elle grandisse au sein d’une fratrie unie.

Il haussa les épaules quand Charlotte s’inquiéta de savoir si Bianca n’était pas un peu jeune. Même s’ils décidaient d’avoir un autre enfant, cela ne se ferait pas du jour au lendemain et leur bébé aurait presque deux ans à la naissance de son petit-frère ou de sa petite-sœur, c’était parfait.

- On est entrainé, répondit-il avec un sourire amusé quand sa femme évoqua les nuits compliquées que leur avait imposé que Bianca leur avait imposé. On fonctionne avec quatre heures de sommeil par nuit, autant ne pas perdre l’habitude !

Il plaisantait mais il était sérieux, dans le fond. Il se souvenait vaguement avoir juré qu’il n’aurait plus jamais d’enfant, après sept réveils consécutifs en une nuit et une pénurie de lait en poudre, mais le bonheur que leur apportait Bianca au quotidien effaçait tous ces désagréments, et tout ça ne lui paraissait plus aussi horrible, maintenant. Il avait lu dans un des bouquins sur la grossesse de Charlotte que les femmes étaient plus ou moins programmées pour oublier les douleurs de l’accouchement. Il était sûr que les papas oubliaient les nuits sans sommeil de la même façon. Ça devait être scientifique !

Son optimisme retomba finalement quand Charlotte avança le seul argument qui pouvait freiner ses envies de famille nombreuse. Il était vrai que le contexte actuel était loin d’être idéal pour élever des enfants, particulièrement pour eux qui avaient pris la décision de s’engager dans la résistance. Qui savait s’ils seraient encore là dans deux ans, un mois, ou une semaine, pour élever leurs enfants ? N’était-ce pas un peu égoïste de vouloir profiter du bonheur d’être parent en sachant qu’ils ne pourraient peut-être pas assurer ce rôle suffisamment longtemps ? Toute trace de sourire disparue de son visage, Eliott soupira et reporta son attention sur la mer agitée. Toutes ces questions-là ils auraient dû se les poser avant Bianca, et pourtant il ne regrettait pas une seconde la venue au monde de sa fille.

Non, il ne voulait pas s’arrêter de vivre parce que son oncle mégalo avait pris les rênes du pays et décidé d’en faire une dictature. Qui savait combien de temps cette situation durerait ? Il ne passerait pas à côté de sa vie à cause de ça. Le risque valait la peine d’être pris. Peut-être qu’il leur arriverait malheur et qu’ils laisseraient derrière eux une orpheline. Cette possibilité était terrible, mais pas autant que l’hypothèse dans laquelle ils se réveillaient dans cinquante ans pour réaliser qu’ils n’avaient rien vécu, par peur de voir leur bonheur faner trop vite. Ils avaient des chances de pouvoir avoir la vie dont ils avaient envie, et Eliott était d’avis de les saisir tant qu’ils le pouvaient encore.

- Je sais bien… répondit-il finalement en reportant son attention sur Charlie. Mais s’il n’y avait jamais de bon moment ? On sait pas combien de temps cette situation va durer et…J’veux pas m’arrêter de vivre en attendant que ça passe. C’est pas très responsable, je sais, et je me sens coupable aussi, mais on devrait pas les laisser nous prendre ça aussi.

N’était-ce pas le plus bel acte de résistance que de continuer à vivre, de s’autoriser à être heureux alors que le régime voudrait que les résistants dans leur genre se sentent obligés de mettre leur vie en suspens.

-Et puis, si jamais on…Si jamais il arrive quelque chose, est-ce qu’il ne vaut pas mieux laisser un peu de famille à Bianca ? Elle aura au moins un frère ou une sœur sur qui compter…

Ce n’était pas très réjouissant comme conversation, et il avait le sentiment que même le soleil de cette belle matinée s’était terni, mais ils étaient bien obligés de parler de ces choses-là. Il n’était jamais facile d’envisager qu’ils puissent disparaitre tous les deux et être privés de la joie de voir grandir Bianca. Que deviendrait-elle ? Arriverait-elle à être heureuse ? A quoi ressemblerait sa vie ? C’était déjà douloureux à imaginer, mais même dans les pires scénarios Eliott ne parvenait pas à envisager la possibilité que seul l’un d’entre eux ne survive pas. Il refusait d’envisager sa vie sans Charlotte à ses côtés. Perturbé par cette simple idée, il tendit le bras pour attraper la main de sa femme et la serra dans la sienne, caressant le dos de sa main avec son pouce et essayant d’éloigner ses sombres pensées de son esprit. Ils étaient bien là, tous les trois, loin de tout, protégés. Il devait profiter de ce moment, c’était tout ce qui comptait.


Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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Il aurait été mentir que de dire que Charlotte n'avait pas pensé à avoir de second enfant, voire même de troisième : elle n'avait jamais voulu que Bianca soit une fille unique. Elle aimait sa sœur, avait envie que son bébé connaisse cela et puis-même, elle appréciait l'idée d'une grande famille. C'est juste qu'elle n'avait pas pensé à le faire si tôt, alors que Bianca commençait à acquérir un peu d'indépendance et surtout, à dormir la nuit, ce qui était un grand progrès. Elle n'avait pas repris le boulot depuis très longtemps et était contente de l'avoir fait, de sortir un peu de la maison. Elle commençait vraiment à se remettre dans le rythme, aussi n'avait-elle pas pensé à refaire un bébé dès maintenant, à s'arrêter de nouveau et à replonger dans l'univers terrible du réveil toutes les deux heures, des couches par centaines au mois et du lait à la tonne. Eliott, lui, semblait visiblement très emballé par l'idée, elle le voyait dans ses yeux qui pétillaient et dans l'enthousiasme qui perçait dans sa voix. Elle-même, même si elle n'était pas contre l'idée d'un bébé, avait un peu plus de retenue et essayait d'envisager la situation de manière globale.

- Ou bien reposons-nous quelques années avant de s'infliger encore ça, suggéra Charlotte avec un sourire amusé.

Il y avait deux théories. La première disait d'espacer les enfants, afin de pouvoir profiter de chacun d'eux au maximum, de les laisser un peu grandir avec toute l'attention nécessaire avant de se concentrer sur un nouvel enfant. Cela laissait également aux parents le temps de se reposer, de souffler après les premières années difficiles. La deuxième théorie était d'enchaîner les enfants, sous le coup de "pendant qu'on y est", et permettre de renforcer leurs liens en les ayant proches, capables de jouer entre eux. Charlotte, elle, ne savait pas trop quoi en penser. Elle et sa sœur étaient proches malgré leurs cinq ans de différence mais est-ce que, dans cinq ans, quand elle se serait de nouveau investie dans des responsabilités importantes au BDA, elle aurait envie de s'arrêter ? Quand elle avait pris son congé maternité, elle avait eu l'impression de faire faux-bond à ses collègues et cela avait été désagréable... Elle avait le droit pourtant, les Aurors qui devenaient père ne se posaient pas autant de question mais l'arrêt d'une collègue pour maternité nécessitait toujours des aménagements, qui faisaient toujours râler quelques uns et Charlotte n'aimait pas l'impression de déranger alors qu'elle s'investissait énormément dans son travail. C'était l'ambiance un peu sexiste qui régnait au BDA, qui faisait cela et, malgré elle, elle l'avait intégrée.

Mais au final, ce n'était pas la plus grande retenue qu'elle pouvait avoir, c'était une considération bien futile par rapport au cœur du problème. Les activités de résistance que Eliott et elle entretenaient mettaient leurs familles respectives en danger et plus particulièrement, Bianca. Elle s'en voulait souvent, quand elle regardait sa petite fille jouer mais ne pouvait pas rester les bras croisés, sans soutenir ce dont en quoi elle croyait, sans soutenir Lilly. Elle prenait toutes les précautions du monde, Eliott aussi, pour que tout se passe bien et qu'ils soient en sécurité et peut-être que tout se passerait bien au final, peut-être qu'ils s'en sortiraient sans dommages. Mais le contraire était possible à tout moment et c'était une angoisse dévorante dans sa vie, qu'elle essayait de repousser au maximum pour ne pas se laisser happer. Elle se concentrait sur ce qui la rendait heureuse, Eliott, Bianca, ses amis, son métier quand elle ne devait pas faire des tâches qui la répugnaient, pour le FREE, et qu'elle se taisait. Son mari avait raison, songea-t-elle lorsqu'il reprit la parole : ils ne pouvaient pas s'arrêter de vivre. Leur société allait mal mais pas au point encore, pour eux, de devoir vivre cachés. Ils avaient la chance de pouvoir rester au grand jour encore, que Bianca soit épanouie, ils devaient en profiter... Et cela ne serait peut-être pas le cas dans cinq ans. Sans savoir pourquoi, Charlotte sentit une certaine urgence s'infiltrer dans ses veines, comme si c'était le moment de vivre avant qu'ils en soient privés.

- Tu as raison, soupira-t-elle. Mais j'aurai aimé que les choses se passent autrement. Nous n'aurions pas dû avoir de conscience, bénir ton oncle et vivre tranquillement à l'ombre du régime, fit-elle avec un sourire en coin.

S'ils n'avaient pas été des Gryffondor tant marqués par la deuxième guerre... Au final, c'était d'avoir vécu cet évènement qui avait précipité leur décision de s'investir. C'était la conscience des dérives du pouvoir et des conséquences que cela pouvait avoir sur le monde. Alors non, Leopold Marchebank n'était pas Voldemort, tout était beaucoup plus insidieux, caché, couvert mais Charlotte, en tant qu'Auror, en voyait bien les répercutions, voyait la Milice, connaissait Skye, pas dans ses détails, mais assez. On se cachait derrière un projet de société idéale, d'égalité mais il était question de contrôle. Il aurait été plus convénient pour eux de fermer les yeux et d'être heureux simplement mais... Ils ne pouvaient plus revenir en arrière désormais et ne le voulaient pas. Ils devraient se contenter de leur prudence et de leurs protections. L'hypothèse d'Eliott sur laisser de la famille à Bianca lui porta un coup au cœur et elle fit la grimace, refermant sa main sur la sienne.

- C'est horrible, chuchota-t-elle, ne dis pas ça. Ne dis pas ça devant elle, ajouta Charlie en baissant les yeux sur sa fille qui jouait, innocente. Ca n'arrivera pas.

Elle était persuadée que les bébés pouvaient comprendre des choses, percevoir, et elle ne voulait pas que Bianca ressente leur inquiétude, surtout pas. Elle lui caressa doucement la tête, sur ses cheveux blonds doux et fins, avant de passer ses bras autour du cou d'Eliott, se blottissant contre lui. Sa peau était chaude de soleil, elle sentait ses mains contre elle, son parfum familier et elle resta ainsi longtemps, le temps de se calmer, d'oublier les pensées négatives qui secouaient désormais son esprit. Quand elle se détacha de lui, elle l'embrassa, d'un baiser prompt et reprit sa main.

- Quand on sera à la maison, je te parlerai de quelque chose. D'un plan, qu'on a fait avec Jensen au cas où... Au cas où on aurait un problème. Mais pas ici, d'accord ?

Elle attendrait que Bianca soit endormie et qu'ils soient protégés chez eux. Ici, ils étaient en terre moldue, les premières oreilles étaient loin de leurs serviettes mais savait-on jamais. Jusqu'ici, ils n'avaient jamais prononcé le mot "résistance" ou même le nom du régime, mais il valait mieux être prudent. Son plan de fuite, de protection de sa famille, méritait d'en parler de vive voix dans un lieu protégé.

- Pour le reste... Tu as raison, on devrait en profiter. Vivons notre vie, réalisons nos projets. On peut parler d'agrandir la famille si on le veut, projeter un bébé, accepta-t-elle avec un sourire. Il faut encore qu'on en parle puis qu'on prévoit mais... Je veux bien.

Tant pis pour le BDA, elle n'était pas revenue depuis si longtemps, ils pouvaient encore se passer d'elle un peu...

- Mais il faut qu'on voit les détails, je veux dire... L'appartement sera trop petit pour deux enfants, déjà qu'avec Bianca, elle se cogne aux canapés...


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Avoir un deuxième enfant était certainement le genre de décision qui ne se prenait pas comme ça, au cours d'une après-midi à la plage. Et pourtant, en arrivant ce latin ni l'un ni l'autre n'avait cette idée en tête et voilà qu'ils en discutaient sérieusement. Eliott ne pouvait que se réjouir de la tournure des évènements. Depuis qu'il avait envisagé cette éventualité, il était persuadé que c'était la chose à faire et il avait réellement envie de voir ce projet se concrétiser. Il n'avait jamais été du genre à trop se torturer avant de prendre des décisions de toute façon, au contraire. Il était impulsif et l'avait toujours été, mais le contexte actuel leur imposait d'y réfléchir un peu.

Il secoua la tête et laissa échapper un éclat de rire sans joie quand Charlotte affirma avec un sourire en coin qu'ils auraient dû vivre tranquillement à l'ombre du régime plutôt que de s'engager dans la résistance. Il était certain que cela aurait faciliter leur prise de décision au sujet d'un deuxième enfant. Mais il savait très bien que ni lui ni Charlotte n'auraient supporté la situation bien longtemps. Ils avaient touts les deux été trop marqués par la dernière guerre pour laisser un régime comme le FREE s'installer sans réagir.

- Tu regrettes de ne pas être invitée tous les dimanches midi à bruncher à la table de Léopold ? ironisa-t-il.

Il en plaisantait toujours, du fait que Léopold soit son oncle, mais il était assez mal à l'aise avec ce lien familial, et le cachait autant qu'il le pouvait. Plusieurs des membres de la résistance étaient évidement au courant, ne serait-ce que Lilly et Jensen, mais Eliott n'avait aucune intention d'aller le crier sur les toits et tentait de garder le secret tant bien que mal. Parce que s'il s'opposait à Léopold Marchebank aujourd'hui, cela n'avait pas toujours été le cas.

Son oncle avait longtemps été son seul allié au cours des interminables repas de famille. Ils étaient les deux "rebelles" de la bien trop sage famille Warlock-Marchebank. Ceux qui dérangeaient, qui n'étaient jamais d'accord avec les autres, ceux qu'on préférait assoir en bout de table pour éviter les confrontations. Forcément, ça rapprochait, et ils avaient partagé de bons moments ensembles. Eliott devait même sa première cuite à son oncle Léo, qui avait clairement surestimé la capacité de son neveu à tenir le Whisky-pur-feu. Il avait honte de tout ça aujourd'hui. Honte d'avoir été si proche de cet homme, de l'avoir admiré même, parfois.

Toute son adolescence il avait souffert d'être le fils de John Warlock, parce qu'il ne défendait pas les mêmes idées de son père et refusait d'être associé à son parti. Mais quoiqu'il ai pu en dire à quinze ou seize ans, le SPAM n'était pas un parti monstrueux. Il était trop conservateur, rétrograde, et Eliott le considérait encore comme dangereux pour la société magique, mais ce n'était rien comparer au FREE. Finalement, il était plus facile d'être le fils de John Warlock que le neveu de Léopold Marchebank. Et il était bien heureux que le ministre de la magie soit aujourd'hui séparé de sa tante. Il ne voulait plus être lié à cet homme d'aucune façon.

- Quels suspens, commenta-t-il avec un sourire quand Charlotte lui expliqua qu'elle avait préparé un plan, si jamais il devait leur arriver malheur un jour. Un plan dont elle lui parlerait plus tard, loin d'éventuelles oreilles indiscrètes. J'étais sûr que tu avais quelque chose de prévu...

Eliott était presque surpris qu'il n'y ait qu'un seul plan. Il se serait au moins attendu à un plan A et un plan B. Charlotte était si prévoyante, songea-t-il avec un sourire pour la jeune femme. Et heureusement, parce qu'elle l'était pour deux. Finalement, peu importait son père ou son oncle, ni le SPAM ni le FREE n'était plus sa famille désormais. Il avait une nouvelle famille, une femme et une fille pour qui il ferait n'importe quoi, et c'était la seule chose qui comptait à présent. Il consacrerait le reste de sa vie à essayer de les rendre les plus heureuses possible.

Eliott ne s'était jamais vraiment trouvé de vocation. Il enviait beaucoup Charlotte, qui avait su très tôt qu'elle deviendrait Auror. A douze ans il voulait être joueur de Quidditch, comme la moitié de ses camarades. Quand il avait découvert l'existence des avions il avait voulu être pilote de ligne. Puis astronaute. Il était devenu chauffeur de taxi. Il avait adoré être professeur pendant quelque mois et aujourd'hui il se plaisait comme ambulancier. Mais il se connaissait assez pour savoir qu'il aurait probablement encore changé de métier d'ici trois ans.

Il avait tendance à dire qu'il n'avait pas encore découvert sa vocation, mais la naissance de Bianca lui avait fait réaliser qu'il avait trouvé sa voie : il voulait être un père. Il était fait pour ça, et rien ne lui apportait plus de joie et de satisfaction que de regarder Bianca grandir. Il voulait continuer à prendre soin de sa famille et ne demandait qu'à la voir s’agrandir. Il avait déjà hâte de voir Bianca créer des liens avec son petit-frère ou sa petite-soeur, les voir devenir complices et grandir ensembles. Et Charlotte en avait envie aussi, puisqu'elle accepta d'en discuter. Un immense sourire se dessina sur le visage du Gryffondor. Mais s'il se voyait déjà père d'une joyeuse fratrie, sa femme envisageait les choses de manière un peu plus raisonnable.

- On déménagera, répondit-il en écartant l'argument de l'appartement d'un geste de la main. On pourrait regarder les maisons en banlieue. Tu dis toujours que tu voudrais retourner à Oxford ! Il n'était absolument pas contre l'idée de quitter Londres. Il était prêt à partir n'importe où. Et puis c'est tout petit un bébé, ça ne prend pas beaucoup de place. Bon, le lit, la table à langer et les kilos de peluche en prenaient un peu plus. Mais ils avaient déjà tout ça pour Bianca. Tu l'as dit, ce sont des détails, on s'en occupera au fur et à mesure, assura-t-il. On s'est plutôt bien débrouillés la première fois.

Il posa un regard attendri sur Bianca qui examinait son râteau en plastique avec une grande attention, fascinée par la petite brindille de paille qui s'y était accrochée, et déposa un baiser sur les cheveux de Charlotte, blottie contre lui. Il enfouit son nez dans ses cheveux qui sentaient bon le shampoing, le soleil, et la mer, avant de déposer un autre baiser dans son cou.

- Aller...tenta-t-il de la convaincre avec un regard de chien battu.

Il glissa une main dans ses cheveux blonds et l'embrassa tendrement.

- Je veux un autre bébé de toi, murmura-t-il à son oreille avant de l'embrasser à nouveau.


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- Énormément !

L'exclamation se mêla aux rires de Bianca qui avait trouvé très drôle de voir sa mère s'enthousiasmer, ou du moins faire semblant. Charlotte lui renvoya un sourire attendri avant de reprendre la conversation avec Eliott.

- Je suis vraiment déçue, j'ai épousé un homme de bonne famille avec le pack manoir à la campagne et déjeuners en blanc ! Moi aussi je veux le rêve anglais, avec des thés dans des palais, des gants en dentelle et des déjeuners avec le Ministre. Quand est-ce que je peux devenir femme au foyer pour élever nos héritiers ?

Tout à fait, elle rêvait de cela, c'est pour cela qu'elle était devenue Auror. Et puis elle ne gagnait pas du tout deux fois plus que son mari et s'était ennuyé à mourir à la fin de son congé maternité... Non, décidément, Charlie n'aurait pas été faite pour cette vie là et ce n'était pas le modèle qu'elle voulait donner à sa fille. Elle voulait que Bianca devienne un jour une jeune femme indépendante et ambitieuse, qui ne dépendrait de personne. Et elle avait l'impression que cette leçon passait par ses décisions de vie à elle. De toute manière, elle se serait ennuyée en tant que femme en foyer même si l'idée de passer plus de temps avec son bébé pouvait paraître tentante. Elle aimait bien trop le terrain et l'aventure. Enfin, à l'heure actuelle, être femme au foyer aurait pu être pratique... L'une de ses plus grandes craintes était d'être dépistée comme résistante au Ministère et fréquenter la Milice au quotidien ne l'aidait pas vraiment à se détendre sur ce point. Elle avait l'impression d'être sur des œufs en permanence, surtout quand elle effectuait des actions pour le Kraken, comme récupérer des informations dans des dossiers. Certains Aurors quittaient le BDA pour des raisons éthiques mais étaient tout de suite soupçonnés et placés sous surveillance et elle ne pouvait pas se le permettre, pour la sécurité de sa famille et de ses amis. Mais qui irait soupçonner une femme qui voulait juste passer plus de temps avec sa famille... Qui irait soupçonner le congé maternité d'une jeune mariée...

- Tu sais bien que je n'aurai pas pu faire autrement...

Mais alors que ses dernières pensées tournaient dans son esprit, Charlotte fut elle-même surprise par l'idée qui naquit dans son esprit. Est-ce que c'était être une mère indigne que d'imaginer faire un bébé pour s'échapper de son boulot sans avoir d'ennui auprès du régime ? Sûrement. En tout cas, c'était une très mauvaise raison. Même si l'excuse était quand même fantastique et difficile à contester... Un congé maternité pourrait l'éloigner du BDA sans se créer de problème, ce qui était positif avec la chasse aux sorcières qui s'accélérait. Il est clair que sa position était utile pour le Kraken mais elle n'était pas prête à prendre tous les risques pour ce dernier, contrairement à Seamus. Elle se sentait tout de même un peu coupable d'imaginer cela. Mais après tout, ils avaient parlé de second bébé avant cela, comme une envie. Et il s'avérait également que cela pourrait être un avantage avec les soucis actuels au Ministère... L'idée était tentante. Elle devait être une horrible personne. Mais un congé maternité puis un congé parental si l'ambiance était toujours aussi tendue au Ministère... Pourquoi pas. Non, c'était horrible, se reprit-elle. Pauvre bébé, on ne faisait pas un enfant pour échapper à la dictature. Même si c'était pratique. Et que le bébé était désiré de toute manière. Parce que c'est vrai qu'elle en avait envie. Elle avait juste réalisé en plus que c'était pratique et cela faisait peser la balance vers le "bébé maintenant" plutôt que vers "bébé plus tard". Surtout que Eliott n'avait de cesse de rajouter des arguments dans la balance "maintenant".

- C'est vrai que j'aimerais bien me rapprocher de mes parents... concéda Charlotte, songeuse. Ils seraient là pour garder Bianca plus souvent, sans qu'on ait besoin de la déposer en transplanage, ils pourraient aller la chercher directement à la crèche puis à l'école si on a besoin à des moments, en fonction de nos horaires. Et puis on aurait un jardin, j'aimerais beaucoup pour Bianca...

Plutôt consciemment qu'inconsciemment, Charlotte essayait de reproduire son enfance pour sa fille. Elle avait été très heureuse et voulait lui donner la même chose. Grandir dans les jolis quartiers résidentiels d'Oxford, avec des parents présents, dans une jolie école, avec des jolies vacances... Eliott et elle avaient la chance de pouvoir accéder à tout cela, parce qu'elle avait un bon salaire, parce qu'ils avaient les mêmes envies de vivre une vie tranquille et elle voulait que Bianca connaisse cela et soit aussi heureuse qu'elle. C'était aussi pour cela qu'elle participait au Kraken : elle ne voulait pas que son bébé connaisse les mêmes tourments qu'elle à l'adolescence, quand la guerre s'était déclarée. Ici, il ne s'agissait pas de traquer les nés-moldus mais ce n'était toujours pas la société qu'elle espérait pour Bianca. Elle voulait lui donner le meilleur. Et s'ils avaient un second bébé, elle voulait faire les choses bien. Pas qu'ils ne l'aient pas fait la dernière fois mais ils avaient été plutôt pris de court par cette grossesse imprévue alors que Charlie avait une passion pour la prévision.

- Mais justement, ça pourrait être l'occasion de prévoir ces détails à l'avance ! Tu sais, faire les choses comme des adultes responsables. Comme des parents !

Enfin, Bianca se portait très bien de leur improvisation, la preuve en était qu'elle semblait très heureuse de cette petite journée à la plage. De toute manière, après l'avoir vécu, Charlie était persuadée que rien ne pouvait vraiment préparer au cataclysme qu'était l'arrivée d'un enfant dans un couple, même avec la meilleure des organisation. C'était compliqué, difficile, chaotique parfois mais c'était aussi - pour eux - beaucoup de bonheur, de tendresse et de complicité. Au lieu de les séparer, cette grossesse imprévue avait scellé leur couple, leur amour et leur soutien l'un pour l'autre. Ils avaient survécu à une pénurie de lait en poudre. Ils pouvaient survivre à beaucoup de choses. Mais toutes ces pensées raisonnées fanèrent dans la tête de Charlotte quand Eliott commença à l'embrasser, la ligne de ses baisers descendant jusque que dans son cou, lui tirant un frisson. Au moment où il l'embrassa, elle avait déjà fondu et son souffle chaud contre son oreille l'acheva.

- C'est déloyal, protesta-t-elle faiblement en se glissant dans ses bras. Technique qu'elle utilisait donc très souvent. Je suis obligée de dire oui si tu fais ça...

Elle l'embrassa de nouveau, avec un tout petit plus de ferveur, en glissant ses bras autour de son cou. Ce qui la dissuadait de l'embrasser avec encore plus de vigueur, c'était la présence de Bianca et le fait qu'ils soient sur une plage, en public. Elle se contenta de lui adresser un sourire plein de tendresse et une caresse sur la joue.

- Faisons un autre bébé, agrandissons notre famille. C'est nous qui comptons, pas le reste.

Elle souleva Bianca dans ses bras et ajusta son petit bob rose qui protégeait sa tête du soleil. Appuyée contre Eliott, Charlotte sourit.

- Comme tu dis, on ne peut pas arrêter de vivre. Et je veux vivre beaucoup de choses avec toi et avec toi aussi, mon bébé, ajouta-t-elle en déposant un baiser sur la joue de Bianca. Et avec le futur petit nous.


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Eliott appuya d'un hochement de tête chacun des arguments de Charlotte qui était en train de s'auto-convaincre que déménager hors de Londres serait une bonne idée. C'était plus simple qu'il ne l'aurait pensé, elle faisait le travail à sa place, il n'avait même pas à la persuader !

"Un jardin ce serait bien, avec une balançoire pour Bianca, répondit-il avec un sourire. Et un arbre pour faire des cabanes ! ajouta-t-il avec beaucoup trop d'enthousiasme pour l'adulte qu'il était censé être. Dans un quartier calme, où on pourrait lui apprendre à faire du vélo ! A quel âge on apprend à faire du vélo ? Est-ce que c'est comme le balais pour les sorciers ?"

Malgré des années d'étude et d'immersion, il y avait encore plein d'aspects de la culture moldue qui lui échappait et qu'il avait hâte de découvrir avec Bianca. Il avait presque vingt ans la première fois qu'il était monté sur un vélo et s'était ouvert le menton en moins de quatre minutes. Et il savait qu'il y avait encore plein d'autres choses qu'il découvrirait en même temps que sa fille. Il n'avait jamais été à l'école avant Poudlard et ne savait rien des études moldues. Il n'avait jamais appris de poésies anglaises par coeur, n'avait pas étudié Shakespeare, ne connaissait rien des cours de récréation et des kermesses de fin d'année, et une part de lui avait presque hâte de connaitre tout ça, même si l'autre aurait voulu que Bianca reste un bébé le plus longtemps possible.  

L'idée d'une maison en banlieue n'aurait peut-être pas fait rêver n'importe quel couple de vingt-quatre ans, mais c'était ce qu'ils voulaient tous les deux pour leur fille, pour leur famille. A peine quelques années plus tôt, c'était tout ce dont il avait juré ne jamais vouloir, une vie rangée, un mariage paisible, des enfants. Tout ce que son père voulait pour lui et qu'il avait rejeté. Et voilà qu'il parlait maison avec jardin et école primaire pour sa fille. La vie réservait de drôle de surprises, parfois. Et Eliott n'allait certainement pas s'en plaindre, ce n'était peut-être pas l'avenir qu'il s'était imaginé à dix-sept ans mais c'était bien mieux que tout ce qu'il aurait pu espérer.

S'il avait beaucoup changé ces dernières année, Eliott restait malgré tout fidèle à lui-même sur certains points et leva les yeux au ciel quand Charlotte parla de prévoir les choses et d'agir comme des adultes responsables -le terme lui arracha une grimace.

"Même si on essayait de prévoir, les choses ne se passeraient jamais comme prévues. C'était une loi universelle, comme la gravité. Alors autant ne rien prévoir !" C'était d'une logique infaillible.

Ils voulaient tous les deux un deuxième enfant, et pour Eliott c'était une raison largement suffisante pour décider de l'avoir, ce deuxième enfant. Ils auraient bien le temps de trouver une maison et tout ce qui allait avec. Pour le moment la seule chose certaine était qu'il voulait un deuxième bébé de Charlotte, et il était prêt à user de tous les arguments à sa disposition pour la faire craquer, ce qui incluait les baiser dans le cou.

"J'ai appris de la meilleure, rétorqua-t-il avec un sourire quand sa femme lui reprocha ses méthodes déloyales.

Charlotte lui avait extorqué beaucoup trop de promesses avec cette technique. Un instant elle l'embrassait fougueusement et l'instant d'après il acceptait de l'accompagner au mariage de sa grande-cousine un soir de finale de Quidditch. Ca marchait à tout les coups. Et visiblement cela marchait dans les deux sens, puisque la jeune femme accepta d'agrandir leur famille, arrachant un immense sourire à Eliott qui la serra contre lui.

Bianca n'avait évidement rien saisi de la conversation de ses parents mais on aurait pu la croire ravie de la situation à la voir sourire sous son bob rose.

"Vous êtes belles, toutes les deux, commenta-t-il avec un sourire attendri alors que Charlotte déposait un bisou sur la joue de leur bébé. Attends, je vous prends en photo !"

Il avait déjà pris un peu -quelques centaines- de photos pendant leurs courtes vacances mais il ne pouvait pas s'en empêcher. C'était tellement pratique ces appareils numérique ! Et il voulait créer plein de souvenirs, pour eux et pour Bianca quand elle serait plus grande. Aujourd'hui était une journée magnifique, et il voulait s'en rappeler. Si cela n'avait tenu qu'à lui, il aurait immortalisé chaque instant de leur vie avec Bianca pour être certain de ne pas oublier le moindre détail, mais le temps filait à une vitesse folle et il ne pouvait que profiter de la chance qu'il avait d'avoir une famille qui leur rendait si heureux. Et une famille qui accueillerait peut-être bientôt un nouveau membre.
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Les jolies colonies de vacances [Eliott]

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