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 Skye another day [Lauren, Sam & Famille Marchebank]

Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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30 septembre 2009


Dire que Samantha se sentait mal à l'aise en montant les marches du perron du Manoir Marchebank, juchée sur ses sandales à talonr et engoncée dans une robe claire, aurait été un euphémisme. Elevée chez les moldus puis parmi les ouvriers de la cité Nimbus, Samantha ne se sentait pas du tout dans son élément au sein d'un évènement mondain qui allait rassembler la crème de la crème, le gratin du monde magique, et qui n'était autre que la présentation du nouveau petit frère de Dave. Nerveuse, elle avança d'un pas mal assuré sur le tapis rouge et se tordit la cheville, avant de sentir le sol se dérober sous ses pieds. Heureusement, le bras de Lauren n'était pas loin, et elle put s'y rattraper, rattrapant sa dignité au passage.

Elle suivit sa petite amie dans le hall d'entrée en tempêtant intérieurement au sujet de la soirée qui s'annonçait. Quel besoin Marchebank père avait-il de présenter son bambin à qui que ce soit ? Tout le monde affirmerait qu'il était mignon et adorable, bien sûr, car c'était l'usage et car personne ne souhaitait finir dans une cellule humide d'Azkaban. Pourtant, l'évènement n'avait rien d'exceptionnel, ce n'était jamais que le troisième frangin que Dave se trouvait dans l'été. Et quand on voyait qui étaient les deux autres, il n'y avait vraiment pas de quoi se vanter... Mais il avait fallut soutenir leur ami dans cette dure épreuve, alors les deux demoiselles avaient pris leur courage et leurs escarpins à deux mains et étaient venues. C'est sûr qu'il en fallait, du soutien, pour continuer de fréquenter Leopold Marchebank quotidiennement sans avoir envie de lui planter une fourchette entre les deux yeux ! Enfin, elles comptaient bien tirer leur parti de cette soirée, qui ne serait certainement pas une perte de temps... D'ailleurs, Sam appréciait déjà la vue des jambes de Lauren dévoilées par sa robe, c'était un avantage non négligeable.

Les deux demoiselles naviguèrent quelques instants dans la marée des invités, sans mot dire, aussi renfrognée l'une que l'autre. Concentrée, Sam notait intérieurement la présence de personnalités connues, directeurs de département, people, joueurs de Quidditch et, curieusement, Jeremy Baker, qui paraissait profondément mal à l'aise près du buffet, examinant sa coupe de champagne comme si c'était la chose la plus passionnante qu'il ait jamais vu. Dans d'autres circonstances, Sam aurait été saluer son ancien camarade de Poudlard et adversaire de Quidditch, mais elles n'étaient pas venu là pour bavasser : il fallait s'extasier sur le Royal Baby... Serrer la main de Leopold Marchebank ne faisait vraiment, vraiment pas partie de ses ambitions, mais il s'agissait après tout du père de son meilleur ami. Difficile de se défiler dans ces conditions.

Faisant contre mauvaise fortune bon coeur, Sam s'agrippa au bras de Lauren et la tira vers Dave, qui se trouvait à deux pas de son père, de sa belle-mère et de son bambin de frère. Le bébé était déjà entouré d'une nuée de sorciers en train de s'extasier et d'accaparer l'attention du dictateur, ce qui leur donnait encore quelques minutes pour se préparer psychologiquement.

"Salut Dave", lança Sam avec un maigre sourire en arrivant à la hauteur de son ami. En mal d'inspiration, elle se contenta de l'interroger platement : "Ça va, ça se passe bien ?"

Un serveur passa à côté d'eux pour leur proposer des coupes d'un champagne qui était certainement excessivement cher, et Sam retint à grand peine un froncement de sourcils. Elle accepta malgré tout un verre pour se donner du courage. Ce n'était pas avec sa paie d'ambulancière qu'elle pourrait s'offrir un tel luxe, réservé à la cour de notre grand ministre...



Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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Lauren n'était pas facilement en proie au stress, elle ne faisait pas partie de ceux qui cèdent rapidement à la panique, et pourtant on aurait pu la prendre pour une névrosée, à la voir se battre avec la chaine d'un collier, les mains tremblantes, devant le miroir de l'entrée. Le fin bijou d'argent qu'elle s'efforçait de démêler depuis de longues minutes finit par se briser entre ses mains après qu'elle ait tiré un peu trop fort sur l'une des extrémités.

"...fais chier !" pesta-t-elle en reposant brusquement le collier sur un meuble.

Ce n'était qu'un signe de plus -si besoin il y avait- qu'elles ne devraient pas se rendre à cette soirée. Elles n'étaient pas encore parties et Lauren se sentait déjà mal à l'aise. Et ce n'était pas seulement dû à sa longue robe rouge qui entravait ses mouvements. Elle avait opté pour une tenue noire plus courte, au départ, mais il s'était avéré qu'elle était parfaitement incapable de marcher sur des talons haut et que ni ses basket ni ses bottines en cuir n'étaient une option acceptable. Elle avait du se résoudre à emprunter une robe longue à sa mère et à planquer ses converses en dessous. C'était ridicule. Elle était ridicule dans cette tenue et la situation l'était tout autant.

Cela ne lui ressemblait pas, cette robe, et l'hypocrisie dont elles allaient devoir faire preuve. Lauren ne faisait pas partie de ces gens capables de faire des courbettes à quelqu'un pour le poignarder dans le dos ensuite. Quand quelque chose ne lui plaisait pas elle le disait assez clairement. Taire ses convictions au BDA était déjà assez éprouvant, alors devant le Ministre lui-même ! Comment pourrait-elle se retrouver face à Léopold Marchebank sans avoir envie de lui envoyer son poing dans la figure ? Il aurait mérité d'être en prison ! Au lieu de quoi il organisait une cérémonie stupide pour la présentation de son nouveau-né.

La jeune femme soupira et se tourna vers Sam, magnifique dans sa robe claire. Elle aurait beaucoup donné pour pouvoir passer la soirée ici avec sa petite-amie, et pour lui enlever la robe en question immédiatement, mais elles devaient y aller. Elles n'avaient pas beaucoup vu Dave ces derniers temps, et il avait certainement besoin d'un peu de soutient en ce moment ! Lauren aurait préféré lui payer une Gobière aux Trois Balais, mais visiblement leur présence à cette soirée serait d'un plus grand réconfort.

Les deux jeunes femmes se retrouvèrent bien trop vite face au manoir Marchebank. Lauren soupira, replaça cette fichue bretelle qui n'arrêtait pas de glisser et se résolut à monter les marches du perron, le visage fermé et l'esprit bouillonnant. Elle n'était absolument pas à sa place ici, et elle aurait préféré être à peu près n'importe où ailleurs. Samantha n'était visiblement pas très à l'aise non plus puisqu'elle ne tarda pas à se torde la cheville sur ses talons haut. Lauren la rattrapa in extremis et lui accorda son premier sourire de la soirée.

"Si tu tombes est-ce que ça peut être une excuse pour rentrer ?"

Elles franchirent les grandes portes et la batteuse promena son regard partout autours d'elle. Elle repéra les escaliers, les portes, les fenêtres, évalua le nombre de personnes présentes, guetta du mouvement dans les étages. Samantha et elle avaient effectivement décidé de profiter de cette soirée pour récolter quelques informations pour la résistance. Elles n'obtiendraient certainement rien d'important, les informations intéressantes étaient certainement ultra-protégées, mais la moindre pièce d'information pouvait être utile.

Lauren fut arrachée à son analyse des lieux par Samantha qui l'entraina en direction de Dave. Malgré les circonstances, elle était contente de le retrouver. Ils se voyaient moins depuis Poudlard et son ami lui manquait.

"Un commentaire sur la robe et je te la fais bouffer, lança-t-elle en guise de salutations avant de décrocher un sourire au jeune homme. Comment ça va ?"

Son sourire disparut et un frisson parcourut son don alors qu'elle relevait le regard et reconnaissait l'homme qui se tenait juste derrière Dave. Léopold Marchebank, à un mètre d'elle, occupée à parler layettes avec le gratin du monde magique. Il suffirait de tellement rien pour que...

Un serveur arriva à leur hauteur et tira Lauren de ses pensées. Elle refusa poliment le champagne et reporta son attention sur Dave, essayant d'oublier la présence de son père juste à coté. Elle avait décidé de ne pas boire ce soir, elle tenait mal l'alcool et préférait rester en pleine possession de ses moyens, sous peine de se retrouver en train d'étrangler Léopold Marchebank au milieu de son salon.


Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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« Mon petit, tu veux bien déplacer le berceau de ton frère sur le côté, qu’il soit un peu plus en évidence. »

Comme toujours à chaque fois que l’on utilisait le terme de son « frère », Dave sentit un petit picotement en lui mais ne broncha pas et exécuta la demande de Griselda. A la fois, quelque chose en lui n’aimait pas cette situation nouvelle et à la fois, il trouvait étrange en regardant par-dessus le berceau que ce petit-être qui expirait doucement était son « frère ». C’était étrange, parce qu’il l’observait, parfois, il cherchait à voir ce qu’il avait en commun avec lui, il ne trouvait pas vraiment. Ses cheveux fins, d’un blond presque translucide avaient tout à voir avec les gènes de Lestrange. Les traits de son visage quant à eux, semblaient se métamorphoser légèrement d’un jour à l’autre, d’une façon si subtile qu’il lui arrivait de trouver un moment que le bébé avait un air de son père, dans cette forme du pli des yeux, et la semaine d’après, changer d’avis et se convaincre qu’il y avait du regard de Rosaleen là-dedans. Ce qui était certain, c’est que cet enfant était bien celui de ses parents, ce qui n’était pas le cas de tout le monde dans cette famille, songea Dave avec amertume.

C’était étrange, parce qu’il croyait qu’il rejetterait en bloc ce bébé une fois qu’il serait né, tout comme il avait rejeté sa naissance. Il ne voulait pas de ce petit frère, il ne voulait pas de ce lien qui allait forcément lui prendre quelque chose, la préférence, la reconnaissance, la légitimité, ou encore l’attention des autres, et surtout celle de son père. Peut-être parce que sa relation si privilégiée avec son père était déjà démolie pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec Nicholas, ou peut-être parce que malgré lui ses défenses s’abaissaient face à cet enfant trop jeune pour nourrir la moindre once de méchanceté, Dave n’avait pas cherché à le rejeter. Il s’en était même approché, prudemment, mais approché tout de même. Il l’observait, il le tenait parfois, avec une certaine circonspection, il replaçait ses couvertures lorsqu’elles manquaient. Il se laissait atteindre par cet espèce de quiétude avec laquelle sommeillait le bébé, une quiétude qu’il enviait avec force. Quelle innocence, quelle confiance en ces humains qui prenaient soin de lui, quelle sérénité sur sa propre existence dont il avait à peine conscience… Lui aussi, il avait été ainsi, un jour. Maintenant, même les souvenirs les plus lointains de son enfance, qui avaient été jusque là un réservoir d’émotions positives, une bibliothèque mentale ordonnée et agréable, lui apparaissaient retournés et emmêlés, sous l’effet d’une violente bourrasque. Toutes ces petites pièces brillantes s’étaient ternies d’un terrible doute : celui d’avoir méconnu la personne la plus proche de lui.  

Ce qui était le plus dur, pour Dave, ce jour-là n’était pas tant de participer à une fête en l’honneur d’un frère qu’il n’avait pas complètement accepté, que de s’y tenir en présence d’un père qu’il n’acceptait plus du tout. Il préférait de loin se tenir près du berceau que de croiser le regard de Leopold, avec qui il n’avait pas tenu une conversation qui dépassait deux minutes depuis bien des semaines. Il passait désormais davantage de temps chez sa mère, désertant le manoir pour ne pas avoir affaire à son père, même s’il n’était pas si souvent présent, en raison de son travail. Mais il y avait des souvenirs dans cette maison qu’il n’aimait pas trop raviver, ce qui était plus simple à faire s’il s’en tenait loin. Il évitait de trop parler, se renfermant dans une maussade, voire exécrable humeur, parce qu’il n’était pas si simple d’exprimer tout ce qui s’agitait en lui. Lui qui avait toujours été le maître des mots se trouvait dépassé face à un ressenti qui l’engloutissait jusqu’à le faire devenir amer et incapable de pardonner.

Néanmoins, Dave réalisa ce qu’il avait promis à sa grand-mère Griselda, inquiète de le voir s’endurcir à ce point : profiter de la soirée, paraître aimable, et accueillir ses amies. Du moins, il tenta vaguement de sourire aux invités qu’il reconnaissait. La seule perspective qui lui donnait réellement envie de faire des efforts était la venue de Samantha et Lauren, qu’il avait personnellement invitées, se disant que ce serait plus facile de faire bonne figure en leur présence.  Ils s’étaient peu vus ces derniers temps, chacun occupés par leur entrée dans la vie d’adulte, après la sortie de Poudlard. La fatigue de son travail à la banque, et sa triste humeur constante n’arrangeait pas vraiment la maigre corpulence, ni le portrait de Dave, qui eut l’impression de s’étirer des muscles insoupçonnés en offrant un sourire à ses amies qui arrivaient. Il devait même être ailleurs, car il ne fit pas tant que ça attention à la tenue de ces demoiselles. Mais le commentaire de Lauren lui fit comme une piqûre de rappel du Dave qu’il était vraiment.

« Je parie qu’elle est longue pour pouvoir cacher ta batte en-dessous, riposta t-il avec un sourire narquois. Mais je suis flatté de cet effort incroyable. »

La dernière fois qu’il avait vu Lauren en robe remontait à… jamais. Si l’on omettait leurs uniformes scolaires. Et c'était dommage, car cela lui allait plutôt bien. Dave eut un vif geste vers les coupes de champagne lorsqu’elles arrivèrent près d’eux, presque comme un réflexe. Il se découvrait un fâcheux goût pour l’alcool ces derniers temps, la moindre occasion d’en boire était saisie, et s’il y en avait beaucoup, c’était encore mieux : cela faisait un petit peu taire la voix impitoyable de ses neurones.

« Ca va et vous ? répondit t-il, plus par convenance qu’autre chose, après avoir avalé la moitié de sa coupe. C’est la première fois que vous venez ici, tiens ? Non, la deuxième ? »

Il avait sûrement dû les inviter un été, quelques jours, quand ils étaient encore étudiants. Un petit soupir lui échappa, sans trop savoir si c’était de la lassitude ou de la nostalgie.

« Alors, Poudlard ne vous manque pas trop ? Vous survivez à vos formations ? »




Merci Vivi
Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Sam ne prêta qu'une oreille distraite à l'échange traditionnel de taquineries entre ses deux amis, qui aurait pourtant dû la faire sourire. Elle était trop occupée à observer Dave, qu'elle n'avait pas vu depuis un moment et qui semblait faire grise mine. Le jeune homme avait toujours été grand et efflanqué, mais il semblait aujourd'hui plus dégingandé que jamais. Avait-il perdu du poids ? Ses traits étaient fatigués et son attitude n'avait rien d'enthousiaste, mais elle mit cela sur le compte de la soirée, à laquelle il n'était sans doute pas ravi d'assister. Sam savait que les révélations sur la famille Marchebank avaient profondément entamé les relations excellentes qu'entretenaient autrefois Dave et son père, et cela ne faisait qu'accentuer sa culpabilité à l'idée qu'elle s'engageait aux côtés de la résistance. Elles se battaient peut-être pour leur pays et leur avenir, mais Dave, lui, prendrait certainement les choses bien plus personnellement s'il était au courant... Et comment l'en blâmer ?

Lauren l'avait dit le jour où elles avaient pris la décision de s'engager : c'était Dave ou la résistance. Elles avaient fait leur choix... Samantha s'efforça donc de repousser ses inquiétudes et la compassion qu'elle ressentait, pour tenter de mettre un peu de distance entre Dave et elle. Le coeur serré, elle songea qu'il était heureux que les occasions de se voir se fassent rares : cela aurait été trop dur de continuer le cas contraire.

"Oui, on est déjà venues, tu te souviens ?", répondit-elle donc avec un sourire hésitant. Elle s'apprêtait à raviver le souvenir de cette journée insouciante de leur passé, quand Dave mentionna Poudlard et leurs formations.

"Si, ça me manque un peu, pour être honnête", répondit-elle en échangeant un regard avec Lauren. "Ma formation me plait beaucoup, c'est passionnant, il y a une bonne ambiance dans l'équipe..."

Elle faillit mentionner son tuteur Eliott, qui appartenait, de loin, à la famille de Dave, mais se tût à temps. Il était inutile d'attirer l'attention sur Eliott ou Charlotte, qui ne ressemblaient pas autant à la parfaite petite famille qu'il n'y paraissait...

"Mais je me dis souvent que les choses étaient plus simples à Poudlard, tu ne crois pas ?", dit-elle d'une voix plus basse, tout en fouillant le regard de Dave. Qu'espérait-elle trouver ? Une preuve qu'il désapprouvait les agissements de son père autant qu'elles, et que leur amitié n'était pas perdue ? Cet espoir était vain, elle le savait bien, mais Sam ne pouvait s'empêcher d'y croire. Dave ne pouvait pas cautionner les exactions d'un dictateur, fut-ce-t-il son père... N'est-ce pas ?

Le mouvement d'un homme en leur direction attira son attention, et son sang se glaça lorsqu'elle reconnut le dictateur en question. Un sourire malfaisant aux lèvres - oui, malfaisant, parfaitement ! - Leopold Marchebank se dirigeait droit vers eux, son bébé blottit au creux des bras comme un bouclier d'innocence. Mais Sam ne se laisserait pas avoir par le grossier stratagème, ce n'était pas parce qu'il portait un adorable bébé qu'il était inoffensif lui-même !

Marchebank s'immobilisa à côté de son aîné, et le froid glacial qui régnait entre eux était palpable. Pourtant, le ministre ne se démonta pas et se contenta de porter toute son attention sur Sam et Lauren.

"Tiens donc, mais qui voilà, s'agirait-il des fameuses Sam et Lauren dont j'ai tant entendu parler ? Mais oui, je crois bien me souvenir de vous ! Vous avez grandi depuis notre dernière visite. Bonsoir mesdemoiselles, c'est un plaisir de vous voir. Soyez les bienvenues chez les Marchebank. Je vous présente le frère de Dave, Nicolas."

Sans plus de cérémonies, et, il faut bien l'avouer, pour le plus grand plaisir de Sam, Marchebank fourra le bambin entre les mains de Lauren. Il était certainement persuadé que c'était le rêve de toute jeune fille de porter un mioche endormi, mais c'était bien mal connaître sa petite amie...

"Bonsoir, monsieur le ministre, merci pour votre accueil, félicitations pour la naissance de votre fils", répondit Sam d'une voix incertaine. Elle se liquéfiait intérieurement, persuadée que le mot "traîtresse" c'était écrit en grosses lettres rouges sur son front, et elle n'osait pas lâcher Marchebank Senior du regard, de peur de croiser les yeux de Dave. Avec un peu de chance, Lauren serait un peu plus inspirée qu'elle pour faire la conversation, et avec beaucoup de chance, elle ne tenterait pas d'assassiner le ministre...
Spoiler:
 


Lauren McGowanAspirante Auroravatar
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S'ils s'étaient un peu aventurés sur le terrain des taquineries, qu'ils avaient toujours eu l'habitude d'échanger, la conversation entre les trois amis retomba bien vite à un échange de formules de politesses qui laissa à Lauren un arrière-goût amer. Cela faisait bien longtemps que Dave ne répondait plus à ses questions par un simple "ça va", qu'il réservait aux étrangers. Elle l'avait connue bien plus bavard que ça. Ils ne s'étaient pas vus depuis des mois, il aurait dû avoir plein de choses à leur raconter, pourtant il s'empressa d'enchainer avec une question sur leur formation, en profitant au passage pour leur demander si Poudlard ne leur manquait pas trop.

Bien sûr que si cela leur manquait, terriblement. Lui aussi leur manquait, et il leur manquerait terriblement quand la vie se chargerait -bien vite, Lauren le redoutait- de les séparer définitivement. Mais ce n'était certainement pas le genre de réponse qu'elle pouvait se permettre de partager.

"Fatigant, avoua-t-elle, mais ma tutrice est sympa, et c'est intéressant !" répondit-elle avec honnêteté en éludant volontairement l'autre partie de la question de son amie.

Samantha ne fut pas aussi évasive et reconnut qu'elle regrettait le temps où tout était plus simple. Lauren coula un regard dans sa direction, sachant parfaitement qu'elle regrettait bien plus que leurs après-midis à trainer dans la salle commune. C'était toute leur amitié qui ne serait bientôt plus qu'un souvenir. Peut-être était-ce déjà le cas d'ailleurs. La dernière fois où elles avaient caché quelque chose à Dave c'était quand elles avaient commencé à sortir ensembles, et elles lui avaient promis de ne plus lui faire de cachoteries après ça. Dire qu'elles avaient failli à leur promesse était encore loin de la réalité. C'était tellement pire que ça.

La batteuse reporta son attention sur Dave, à deux doigts de vouloir tout lui avouer, dans un espoir fou qu'il les pardonnerait peut-être. Pendant un instant la situation entre les trois amis fut d'une intensité presque palpable. Alors que tout avait toujours été simples entre eux, qu'ils avaient pu être qui ils étaient sans aucune gêne, ils se retrouvaient tous les trois dans des rôles qui ne leur convenaient pas, et qui les obligeaient à une certaine réserve. Si la situation lui avait paru froide le temps d'une seconde, elle devint glaciale alors que Léopold Marchebank s’immisçait dans leur petite groupe, son nouveau-né dans les bras. La tension entre lui et son fils ainé était palpable, et Lauren était persuadée qu'elle ne dégageait pas non plus une aura de bienveillance à l'égard de leur nouvel interlocuteur.

Ce dernier leur servit les politesses habituelles, remarquant au passage qu'elles avaient grandi depuis leur dernière rencontre. Lauren se retint de répondre qu'effectivement elles avaient presque l'âge de sa nouvelle femme, et qu'elles avaient aussi appris à réfléchir un peu à la politique depuis, et se contenta d'un sourire forcé. Elle laissa Sam se charger des remerciements, bien en peine à trouver quoi que ce soit à dire et trop occupée à envisager les diverses outils de meurtre à proximité immédiate -une bouteille de champagne, des mini-fourchettes en argent et des boas à plumes, c'était un début.

"Oui, félicitations, se força-t-elle à ajouter, réalisant que son silence était très certainement déplacé. Et merci pour...oh non, je...commença-t-elle alors que le Ministre tendait les bras dans sa direction pour lui refiler son nouveau-né. Je ne préfère pas...protesta-t-elle faiblement alors qu'il lui avait déjà posé le nourrisson dans les bras. D'accord...Elle referma son étreinte autours de ce tout petit bébé, particulièrement mal à l'aise. Il avait l'air tellement fragile ! Elle avait l'impression que le moindre geste brusque risquait de le casser. Et les gestes brusques étaient un peu sa spécialité, malheureusement. Il est tout petit..." commenta-t-elle en réalisant, après coup, que "mignon" ou "adorable" aurait certainement été un adjectif plus approprié.

Elle fut à moitié soulagée de voir Marchebank sénior s'éloigner. Soulagée parce qu'elle n'avait plus à s'efforcer de cacher ses intentions meurtrières à son égard, et inquiète parce qu'il était parti en lui laissant son nouveau-né dans les bras. Qu'était-elle censée faire maintenant ? Elle interrogea Samantha et Dave du regard mais ni l'un ni l'autre ne semblait décidé à l'aider. Le nourrisson choisit exactement cet instant pour se mettre à pleurer en agitant les mains, arrachant quelques cheveux à Lauren. Dave finit par venir à son secours en lui indiquant du retard sa nouvelle belle-mère, qui se tenait non loin de là.

"J'reviens !" grommela-t-elle en s'éloignant de ses deux amis, non sans avoir échanger un regard lourd de sens avec Samantha. Certes, elle reviendrait, mais pas sans un détour par les étages avant.

La batteuse s'approcha de la nouvelle maman, qu'elle salua d'un sourire un peu forcé.

"Bonsoir, commença-t-elle maladroitement. Tenez, je vous le rends, je crois qu'il ne m'aime pas beaucoup...ajouta-t-elle dans une vague tentative d'humour. Et toutes mes félicitations !" s'empressa-t-elle d'ajouter alors que les règles de la bienséance se rappelaient à elle.

Le nourrisson cessa de brailler à l'instant où sa maman le serra dans ses bras -elle était douée !- et cette dernière invita gentiment Lauren à utiliser la salle de bain en haut des escaliers pour se recoiffer si elle le souhaitait. La jeune femme se fichait un peu d'être décoiffée, mais accepta avec plaisir ce prétexte pour pouvoir accéder aux étages sans encombre. Elle se doutait bien que, dissimulés parmi la foule de convives, devaient se trouver quelques agents de sécurité, chargés de s'assurer que chacun restait bien à sa place. Elle n'avait pas réussi à estimer leur nombre, mais il y avait bien cet homme en costume, seul, qui ne buvait pas et observait la foule d'un regard concentré. C'était louche. Il s'avança d'ailleurs dans sa direction alors que Lauren s'approchait des escaliers, mais il suffit d'un sourire de Rosaleen Marchebank pour qu'il la laisse passer.

La jeune femme parvint rapidement dans les étages et poussa la porte de la salle de bain qu'on lui avait indiqué. Mieux valait qu'elle se fasse oublier un moment avant de se mettre à explorer le reste des lieux. Heureusement, lors de leur dernière visite chez Dave, Lauren et Samantha avaient eu l'occasion d'entrevoir le bureau de Léopold Marcehbank -dont Dave était assez fier, à l’époque- aussi la batteuse pensait-elle pouvoir le retrouver sans difficulté.

Elle attendit patiemment de longues minutes, dont elle profita pour boire une gorgée d'eau et attacher ses cheveux en queue de cheval. Puis, quand elle estima s'être faite discrète assez longtemps, elle poussa silencieusement la porte de la salle de bain, jetant un œil aux invités en contrebas. Personne ne regardait dans sa direction, aussi se dirigea-t-elle vers le couloir à sa droite plutôt que de redescendre dans le hall.

Elle ne tarda pas à se retrouver devant une imposante porte en bois sombre devant laquelle elle s'arrêta, fébrile. Elle récupéra sa baguette, qu'elle avait coincée dans sa chaussette, et respira un grand coup. Il y avait à peu près une chance sur deux pour que la pièce soit protégée avec toute sorte de maléfices. Après tout, c'était le bureau du Ministre, même s'il n'emmenait probablement rien de trop sensible chez lui. Mais on disait qu'il n'était pas très bon sorcier, alors peut-être ne s'était-il pas imposé trop de contre-sorts pour le simple accès à son bureau. Elle posa la main sur la poignée et ouvrit brusquement la porte, prête à parer une éventuelle attaque. A son plus grand soulagement, la pièce était étonnement calme. Son pouls ralentit et elle s’avança dans le bureau, non sans avoir refermé la porte derrière elle. Elle espérait que Samantha arriverait à la rejoindre rapidement, elles avaient à faire ici...


Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Le commentaire de Samantha sur leurs années passées tira une espèce de sourire amer à Dave, qui baissa la tête et se mit à faire tourner le champagne entre les parois du verre qu’il tenait entre ses doigts.

« Plus simple, c’est sûr… C’est toujours plus simple quand on est dans huit-clos. Poudlard nous coupait vraiment du monde extérieur. Pour certains trucs, ça vaut mieux, hein ? »

Dave se souvenait avoir ressenti des moments d’enfermement, de frustration, particulièrement lors de sa dernière année à Poudlard, car c’était l’année où la vie de son père prenait un tournant. En devenant Ministre, il s’était attiré amis et ennemis, il s’était retrouvé propulsé au centre des projecteurs, d’où l’on analysait tous ses discours et gestes, et Dave s’était senti frustré de n’avoir que la parution régulière de la Gazette du Sorcier pour le tenir au courant de ce que son père faisait, ce que l’on disait de lui. Il aurait voulu discuter davantage de ces sujets avec lui, le soutenir dans ses positions ou le tempérer lorsqu’il n’était pas forcément d’accord, bref, il aurait aimé prendre une part plus active dans la vie politique de son père, ce que la vie à Poudlard ne lui avait pas permis. Quel contraste aujourd’hui ! Car Dave penchait plutôt pour l’envie de ne plus rien à voir à faire avec son père, désormais…

Le Serpentard n’était peut-être pas tout à fait dans son état normal, mais il connaissait assez bien ses deux meilleures amies pour se rendre compte qu’elles ne l’étaient pas non plus. Le ton hésitant de Samantha, la mollesse de Lauren titillèrent son attention. Il releva la tête vers elles pour attraper leur regard et ne reconnut pas vraiment ce qu’il vit. L’espace d’un court instant, Dave eut simplement la sensation de quelque chose… d’étrange. Une sensation trop flottante et trop courte pour qu’il puisse réellement la nommer, d’ailleurs elle s’évapora lorsque Leopold s’immisça entre eux, le bébé dans ses bras. Dave se sentit se tendre, mais il se força à rester sur place, pour ne pas laisser ses amies seules. La scène de Lauren forcée d’attraper un bébé qu’elle ne savait visiblement pas comment prendre aurait été comique dans n’importe quelles autres circonstances. Mais elle n’arracha même pas un sourire à Dave. Seule persista une gêne ambiante, qu’il ne sut à quoi imputer. Le manque évident de naturel dans la réponse de Samantha ? Le malaise palpable de Lauren, qui ne savait visiblement pas plus comment porter le bébé que comment s’adresser à son père ?

« Je vous remercie, déclara d’ailleurs ce dernier, c’est un grand bonheur pour notre famille. Dave eut grand peine à contenir sa grimace. Tu t’en occupes quelques minutes, s’il te plaît ? J’ai quelques invités importants à saluer. »

Malgré le ton doux sur lequel il formula sa demande à son fils, Dave n’eut pas l’envie de s’y plier, et il resta quelques secondes à regarder Lauren tenter de calmer le bébé en larmes, rendant la situation parfaitement gênante.

« Euh… Tu peux l’amener à Rosaleen, peut-être, elle saura le calmer »
proposa t-il en lui désignant la jeune mère, près des escaliers.

La batteuse s’éloigna d’un pas rapide, visiblement embarrassée par sa position. Sans bien savoir pourquoi, Dave ressentait maintenant une espèce de tristesse qui le fit chercher le regard de Samantha. Il les sentait distantes de lui, tout à coup. Etait-ce à cause de son attitude ? Ils s’étaient à peine vus pendant ces vacances d’été, chacun occupés de leur côté, et maintenant ils se revoyaient dans un contexte pas vraiment idéal, où Dave peinait à sourire et bavarder avec elles comme il en avait l’habitude. Sans compter que ce genre de soirée à moitié officielle n’était pas vraiment le genre de fêtes qui les mettait à l’aise, il le savait, alors il chercha à s’excuser un peu maladroitement :

« Désolé, c’est un peu guindé comme soirée, en plus je suis pas franchement dans ma meilleure humeur… Mais ça me fait plaisir que vous ayez fait l’effort de venir. »

C’était une parole sincère, car même si Dave avait tendance à s’éloigner de tout le monde ces temps-ci -ses meilleures amies les premières- il restait quelque part soulagé de voir qu’il pouvait compter sur leur présence et leur soutien. Même si elles n’étaient visiblement pas ravies d’être là, ce qu’il pouvait comprendre… Il voulut d’ailleurs recueillir l’avis de Samantha, en demandant avec prudence :

« Ca vous fait pas trop bizarre, comme situation ? »

Après tout, lui-même avait encore du mal avec l’idée que son père puisse avoir une femme jeune et un nouvel enfant alors qu’il approchait la soixantaine. Il n’en avait jamais beaucoup parlé avec ses amies, car ce n’était pas un sujet plaisant à évoquer pour lui, mais il se doutait qu’elles devaient trouver la situation étrange, même si elles se gardaient de le dire.



Merci Vivi
Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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La situation était devenue tellement étrange que s'en était presque insoutenable. La tension entre les trois amis emplissait Sam d'une nervosité sans égale, et elle se mit à mordiller ses ongles après l'échange entre le ministre et son fils. A la vue de Lauren en prise avec le bébé en larmes, son premier instinct fut de courir à son secours, mais elle s'abstint, prise d'un pressentiment. Et si c'était là l'occasion qu'elles attendaient, une raison de s'éloigner de Dave ?

Cette simple pensée l'emplit d'un sentiment de culpabilité mais elle ne saisit pas Nicholas Marchebank pour autant, et grand bien lui en prit. Sans même le savoir, Dave venait de fournir une excuse parfaite à Lauren pour s'éloigner, et Sam la suivit du coin de l'oeil jusqu'à Rosaleen. En la voyant s'éclipser en direction des escaliers, elle sentit l'adrénaline l'emplir et elle se mit à réfléchir à un plan d'action pour la rejoindre. Hélas, c'était sans compter sur Dave, qui choisit précisément ce moment pour laisser tomber une partie de sa réserve...

Ses excuses sincères et son ton malheureux suffirent à déconcentrer Sam et à attirer son attention. Dave lui sembla tellement vulnérable à cet instant que son coeur se serra douloureusement. En quelques mots, il lui avait donné l'impression de retrouver son meilleur ami, celui qu'elle aimait tant, et qu'elle culpabilisait tant de trahir. Dave avait besoin d'elles, c'était évident, il allait mal et avait besoin de ses meilleures amies pour l'écouter, le soutenir, le rassurer ! Comment lui dire qu'elles n'avaient plus cette place aujourd'hui ? C'était cruel, cruel pour lui comme pour elles qui n'aspiraient qu'à le garder dans leurs vies. Hélas, le responsable de toute cette histoire se trouvait à quelques mètres d'ici. C'était à cause de lui qu'elles devaient faire tout cela.

Cette pensée redonna du courage à Sam qui s'efforça de s'endurcir, et de mettre ses sentiments de côté. Il n'y avait plus de place pour de l'amitié entre Dave et elle. Mettre de la distance entre eux était peut-être incroyablement dur mais c'était nécessaire. Plus vite elle y arrivait, mieux cela vaudrait car il n'était pas bon de se voiler la face.

"C'est gentil, et nous sommes contentes d'être là", répondit-elle avec un sourire emprunt de gentillesse. Son regard clair resta neutre, tandis qu'elle réprimait en elle toute la tristesse qu'elle ne pouvait exprimer. C'était le moment de fuir pour rejoindre Lauren, et elle allait dire quelques mots d'excuse lorsque Dave l'interrogea.

Se mordillant la lèvre inférieure d'agacement et de nervosité, elle fit mine de réfléchir. Dave ne pouvait faire référence qu'à la situation maritale de son père et à la naissance de son petit frère. Sam songea que c'était loin d'être la situation la plus étrange ici, mais elle ne le dit pas, et répondit plutôt :

"Non, enfin, je me dis que ça me ferait étrange de devenir grande soeur à nos âges, et je comprends en quoi c'est bizarre pour toi. Vous allez avoir beaucoup d'écart d'âge mais ça peut être chouette aussi, d'avoir un petit frère. Il te ressemble déjà beaucoup."

Cette fois, son sourire attendri était sincère. Elle savait que Dave voyait la situation du prisme de la colère qu'il vouait à son père - ce qui, à ses yeux, était une excellente chose - mais elle voulait aussi lui faire voir le bon, surtout si c'était leur dernière réelle conversation. Peut-être allait-elle abandonner Dave au milieu de sa famille de fous, alors elle ne voulait pas qu'il se sente trop seul, trop malheureux. Elle continuait de vouloir son bonheur, malgré tout.

"Pour ton père et Rosaleen, c'est vrai que c'est un couple qui détone... Mais on s'habitue et puis, elle a l'air plutôt heureuse."

Il ne servait à rien de livrer à son ami le fond de sa pensée, à savoir qu'un mariage entre un homme riche, célèbre, vieux et de sang-pur, et une jeune femme en fleur reflétait le caractère profondément misogyne de leur société. C'était peut-être vrai, mais cela n'enlevait rien au fait que Dave devait apprendre à vivre avec eux au quotidien.

Avant que Dave n'ait eu le temps de rebondir sur ses propos, elle jeta un coup d'oeil en direction des escaliers puis lança d'une voix rapide :

"Excuse-moi, je dois vraiment aller aux toilettes, et puis j'en profiterai pour voir si Lauren va bien, elle se sentait barbouillée aujourd'hui et ça fait un moment qu'elle est partie."

Cela ne faisait que quelques minutes, en réalité, et Lauren était en pleine forme, mais quelques minutes à explorer seule le Manoir Marchebank, c'était long. Sam avait beau vouloir réconforter Dave, c'était auprès de Lauren qu'elle devait être. Avec un regard d'excuse, elle lui glissa un "je reviens" puis s'éclipsa discrètement en direction des escaliers. Elle pria pour que personne ne la retienne, et sentit le soulagement l'envahir lorsqu'elle commença à grimper les marches, en s'éloignant de la réception.

En sentant l'air qui circulait mieux dans ses poumons, elle réalisa à quel point elle avait été tendue pendant l'ensemble de l'échange. D'un pas rapide, elle pénétra dans la salle de bain et constata vite qu'elle était vide. Lauren avait déjà dû partir en exploration. Le plus silencieusement possible, elle partit dans la direction du bureau de Leopold Marchebank, du moins, selon ses souvenirs. Arrivée devant une porte en bois massif, elle prit une profonde inspiration, posa la main sur la poignée, et la tourna lentement...



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Lauren ne s'autorisa à respirer et à se détendre qu'après avoir effectué un rapide tour de la pièce. Pas de maléfice de protection, pas de système d'alarme sophistiqué, ni de garde du corps planqué dans un placard. C'était à la fois rassurant -elle serait déjà face à une horde d'agents de sécurité dans le cas contraire - et un peu décevant. Si la pièce n'était pas davantage protégée, elle ne devait pas contenir grand chose d'intéressant. Elles s'étaient attendues à cela, bien conscientes que tout les documents de valeur devaient être conservés au Ministère, mais espéraient tout de même mettre la main sur quelques informations qui pourraient aider la résistance. Il suffirait de pas grand chose, un agenda, des comptes-rendus de réunion.

Lauren était entrée dans le bureau depuis à peine quelques minutes quand elle entendit des pas dans le couloir. Elle identifia rapidement le bruit de chaussures à talons et se rassura en se disant qu'il ne s'agissait certainement pas d'agents de sécurité, mais resserra ses doigts sur sa baguette, prête à la pointer en direction de la porte à tout instant. Se placer en position de garde avant d'avoir identifier son visiteur n'aurait pas été très malin, et difficile à justifier si jamais elle se trouvait face à une grande-tante de Dave qui cherchait la salle de bain. Elle retint sa respiration et se prépara mentalement à réagir à l'hypothèse où quelqu'un d'autre que Sam pousserait la porte, mais fut finalement soulagée de reconnaitre sa petite-amie qu'elle accueillit avec un vague sourire nerveux.

"C'est toi, souffla-t-elle en relâchant la pression de ses doigts autours de sa baguette. Il faut qu'on fasse vite, chuchota-t-elle quand Sam eut refermé la porte. Ce sera louche si on s'absente trop longtemps. Elle doutait que quelqu'un d'autre que Dave ne remarque leur absence, mais n'avait aucune envie que leur meilleur ami ne vienne les trouver ici. Je ne sais même pas par où commencer..." avoua-t-elle avec découragement en balayant la large pièce du regard.

S'approchant de l'imposant bureau au centre d'un tapis vert émeraude -c'était indécent d'avoir des meubles si volumineux- Lauren en examina rapidement la surface. Un tas de paperasse, un stylo qui devait valoir un mois de salaire, une lampe au style ancien, et quelques cadres photos. Elle tressaillit en croisant le regard d'un Dave adolescent un peu boudeur, visiblement peu ravi d'être pris en photo. Il devait avoir à peine quinze ans sur le cliché, pris à une époque où ils pensaient encore qu'ils seraient amis pour la vie et qu'ils affronteraient le reste du monde ensemble.

Dérangée par cette impression d'être observée par son meilleur-ami, et honteuse de la trahison qu'elle était en train de commettre, elle attrapa le cadre et le retourna face contre le bureau. Pendant un instant, elle fut submergée par le doute. Qu'était-elle en train de faire, à fouiner dans le bureau du père de Dave pour trouver des éléments contre lui ? Comment pouvait-elle faire ça à Dave alors qu'ils les avait invité chez lui, qu'il leur faisait confiance ? Elle en avait la nausée.

"Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée..." lâcha-t-elle soudainement, prise de remords.

Elle s'éloigna du bureau, comme pour s'empêcher de céder à la tentation d'en ouvrir les tiroirs.

"Dave a besoin de nous en bas, et je..."

Elle s'arrêta brusquement au milieu de sa phrase. Elle s'était rapprochée de la porte et venait d'entendre des bruits de pas dans le couloir. Quelqu'un arrivait. Et pas de chaussures à talons. Elles avaient à peine deux secondes pour réagir. S'interdisant de céder à la panique, Lauren chercha désespérément une issue. Elle n'était pas certaine qu'il soit possible de transplaner ici, et il y avait bien une cheminée mais elles n'auraient pas le temps de l'utiliser toutes les deux, et le réseau devait être surveillé. Les bruits de pas s'arrêtèrent, juste devant la porte. Le temps paraissait comme suspendu, et la tension était palpable. Peut-être que si elles ne faisaient pas de bruit la personne passerait son chemin...

Cette hypothèse vola en éclat quand la porte s'ouvrit brusquement, claquant contre le mur avec une force impressionnante. Lauren, juste à côté de l’entrée, se retrouva nez à nez avec un homme en costume noir, baguette à la main. Quelque chose lui disait que ce n'était pas un cousin de Dave qui cherchait la salle de bain...

"Qu'est-ce que vous faites là ? leur demanda l'homme, méfiant, sa baguette passant de Lauren à Samantha avec une vitesse déconcertante. Répondez !"

Pendant une fraction de secondes, elle envisagea de jouer la carte des pauvres idiotes qui s'étaient perdues, mais c'était trop peu crédible.

"On regardait, répondit-elle, trop sur la défensive. Par curiosité. On est désolées, on sait qu'on ne devrait pas, on s'en va tout de suite..."

Elle fit un pas vers la porte mais l'homme lui barra le chemin.

"Pas si vite mesdemoiselles. Nom, prénom," exigea-t-il, l'air sévère.

Pour être fichée et surveillée par la Milice ? Hors de question.

"Toi aussi," reprit-il en dirigeant sa baguette vers Samantha

Profitant du fait que la baguette et le regard de l'agent soient dirigés vers sa petite-amie, qui venait à son tour de prendre la parole, Lauren usa d'un Accio informulé et, d'un coup de baguette, tira à elle le tapis qui se trouvait justement sous les pieds de l'homme. C'était déloyal, pas très noble, mais cela lui offrirait quelques secondes de tranquillité et elle n'avait pas besoin de plus.

L'homme perdit l'équilibre et tomba au sol. Sa baguette lui échappa mais il ne laissa pas le temps à Lauren de s'en emparer. Il la récupéra, rapide comme l'éclair, et riposta d'un Stupéfix que la jeune femme n'évita que de justesse. Le magnifique globe terrestre qui se trouvait derrière elle explosa en mille morceaux. Elle devait agir tant que son adversaire était au sol. Il avait tout l'air d'être une bonne baguette, s'il se relevait elles étaient fichues. Elle asséna sortilège sur sortilège, s'assurant de ne laisser aucun répit à l'agent qui ne trouvait pas le temps de se relever. Aidée de Samantha, elles finirent par l'atteindre d'un Incarcerem qui l'immobilisa complètement. Elles auraient du effacer sa mémoire, et remettre les lieux en l'état -on aurait cru que le bureau avait été vandalisé, plusieurs objets avaient été brisés sous l'effet des sortilèges- mais elles n'avaient pas le temps. Il devait forcément y avoir d'autres agents dans le secteur, elles devaient partir d'ici au plus vite. Lauren ne leur donnait même pas deux minutes.

"Il faut qu'on parte tout de suite, souffla-t-elle. On redescend l'air de rien et on disparait."

S'approchant de l'homme qui se débattait vainement pour s'extraire des cordes magiques qui l'immobilisaient, Lauren lui balança un coup de poing en plein sur la tempe et il cessa aussitôt de bouger, inconscient. Avec un peu de chance sa mémoire serait trop trouble quand il se réveillerait pour qu'il ne puisse les identifier avec précision. Elle ramassa la baguette de l'agent, attrapa la main de Samantha, et sortit de la pièce, refermant soigneusement la porte derrière elle.

Son cœur battait fort contre ses côtes, elle ne parvenait pas à apaiser sa respiration et elle était bien plus décoiffée que lorsqu'elle était soi-disant partie se recoiffer. Elle échangea un regard nerveux avec Samantha alors qu'elles arrivaient en haut des escaliers qui menaient à la salle de réception. Elles n'avaient plus qu'à descendre, se faufiler dans la foule et partir d'ici. C'était presque trop simple. Elle se hâtèrent de descendre les marches, sans courir pour ne pas attirer l'attention. Elles y étaient presque.

"Arrêtez-vous ! Une voix forte résonna dans tout le hall, glaçant le sang de Lauren dans ses veines. En jetant un coup d’œil par dessus son épaule elle reconnut l'homme qu'elles avaient abandonné dans le bureau, accompagné d'un collègue, vêtu de noir également, sa baguette braquée sur elles. On ne bouge plus ! Les baguettes au sol !"

Elles étaient piégées. Deux agents de sécurité surentrainés d'un côté, une foule de convive de l'autre. Il n'y avait aucune issue. Elles auraient pu s'engager dans un duel contre les deux hommes, dont un était désarmé, mais pas devant tout ce monde. Elles avaient perdu. Petit à petit, le murmure des invités dans la salle faiblit, à mesure que les gens remarquaient la scène qui se jouait sur les escaliers. Tous les regards se tournèrent progressivement vers elles.


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Skye another day [Lauren, Sam & Famille Marchebank]

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