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 Toutes les vérités sont bonnes à dire. [Juliana & Irving]

Irving WhitakerAubergisteavatar
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Dernière édition par Irving Whitaker le Dim 9 Oct 2016 - 11:45, édité 2 fois
11 Octobre 2009

Le visage de Vivianne Whitaker trônait au milieu des braises du foyer de Mallowsweet. La mère d'Irving était rentrée en France après l'inauguration de l'Auberge et, en bonne maman poule qui se respecte,  elle venait aux nouvelles auprès de son fils.

"Alors ? Comment ça se passe  ? Vous vous en sortez avec Nora ?"
Irving , penché au dessus des flammes, ne tarda pas à répondre.
"Ça va, le carnet de commande est plutôt bien rempli les week-ends mais moins la semaine... On comptait un peu sur les retraités mais pour l'moment c'est pas trop ça, grimaça-t-il, Enfin, faut l'temps qu'le bouche à oreille se fasse, ajouta-t-il en haussant les épaules. Soucieux de ne pas inquiéter sa mère plus que de raison, il précisa toutefois, mais là c'est une bonne période, on a deux jeunes restauratrices de Manchester qui sont venues prendre quelques jours de congés. Donc c'est bien... Et toi alors ? Quoi d'neuf au pays des grenouilles ?
"Tout va bien, je suis allée au théâtre hier voir "Mon voisin le Gobelin." Ce que c'était drôle !"
"C'est chouette que tu sortes un peu...Tu y es allé toute seule?" s'enquit son fils.
La réponse tarda quelques secondes de trop pour être totalement spontanée.
"Non, j'y suis allé avec un ami. Franck. Tu t'souviens je t'ai déjà parlé de lui ?"
Irving fouilla sa mémoire quelques instants avant de répondre:
"Ah ouais... Il fait partie de ton club de randonnée. C'est ça ?"
"Oui. C'est lui."
"Ah. Cool."
Un long blanc s'en suivit, Vivianne semblant attendre LA question de son fils qui ne vint jamais. Elle se résigna finalement à rompre le silence, à contre cœur.
" Nora n'est pas là ?"
"Non, elle est sortie avec Michelle. J'suis tout seul pour gérer l'repas d'ce soir d'ailleurs et...Whoo ! s'exclama-t-il en levant les yeux vers l'horloge, déjà moins dix ! Faut qu'te laisse m'man, j'dois mettre la table ! Dit-il en se relevant, J't'rappelle la s'maine prochaine. Bisou !"
"J't'embrasse mon chéri. A bientôt."

Irving salua une dernière fois Vivianne d'un geste de la main puis d'un coup de baguette il disposa la vaisselle sur la grande table en bois avant d'y faire léviter un bouquet de fleurs des champs. Il arrangea machinalement les brins de cosmos  dans le vase tout en songeant  à la conversation avec sa mère. Franck. Depuis combien de temps cet homme était-il rentré dans la vie de Vivianne ? Irving en avait déjà entendu parlé bien sûr, il faisait partie des nombreux amis que sa mère s'était faits en France mais depuis quand allaient-ils au théâtre en tête à tête ?  La vision de Vivianne lovée dans les bras d'un français vêtu d'une marinière lui fit un effet mitigé.  Irving était sincèrement partagé entre le soulagement , le dégout et l'inquiétude.

Soulagé d'imaginer Vivianne enfin heureuse et épanouie. Elle était jeune et elle méritait de refaire sa vie -Irving n'en avait jamais douté- mais maintenant que cette réalité était plus qu'envisageable, son fils avait du mal à l'imaginer au bras d'un autre homme que son père. Et si ce Franck était mal intentionné ? Et s'il brisait le cœur de sa mère ?  Irving fronça les sourcils et décida de tirer les choses au clair... Il enverrait un patronus à  ses sœurs pour savoir si elles avaient des informations. Il faut dire qu'il avait été pas mal occupé ces derniers mois et il était peut-être passé à côté de cet idylle... A bien y réfléchir, il était presque sûr que sa mère avait déjà évoqué Franck au printemps dernier...

Alors qu'il essayait de se remémorer cette discussion, la porte de la salle commune de l'Auberge s'ouvrit sur Allyssa et Anya.

"Bonsoir mesdames !" s'exclama Irving en chassant Franck de ses pensées, vous avez passé une bonne journée ? s'enquit-il en faisant léviter le plateau apéritif de la cuisine, garni de différentes gobières.  Il avait pu deviner que les deux  restauratrices étaient de grandes amatrices de ce breuvage brassé par les Gobelins et il avait donc fait rentré une nouvelle cuvée qu'il était pressé de leur faire découvrir...

"J'vous sers un apéritif ? Si vous voulez j'ai une  "Cuvée des Sombrals"
, dit-il en désignant le breuvage aussi noir que la robe de l'animal, ou autre chose. Dites moi ."



Irving Whitaker
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Spoiler:
 

C'était la première fois qu'elles laissaient leur restaurant, récemment ouvert, entre les mains de leurs nouveaux employés et Anya ne pouvait s'empêcher d'être nerveuse. Pourtant, tout avait été organisé au millimètre par Alyssa et elle, afin d'éviter tout imprévu. Elles avaient recruté dès le départ une manageuse qui avait beaucoup d'expérience et serait en mesure de palier à leur absence. Cette personne avait l'adresse et le numéro de cheminette de l'auberge pour les contacter au moindre problème, et leur absence ne durerait qu'une petite semaine. Tout devrait donc se passer pour le mieux, d'autant plus que l'ouverture s'était bien passée et que le projet avait été très bien reçu par le voisinage.

Un restaurant dont les recettes étaient affectées pour partie à la charité, avec des repas servis quotidiennement à ceux qui se trouvaient dans le besoin, voilà un concept qui ne pouvait que plaire, quand on savait Manchester durement touchée par le chômage et la précarité. La crise financière du monde moldu s'était ressenti jusque dans le quartier sorcier, et les divers évènements liés à l'élection de Marchebank n'avaient guère aidé : de nombreuses personnes luttaient pour joindre les deux bouts, tandis que l'écart entre les plus riches et les plus pauvres ne faisait que s'accentuer. Dans ce contexte, Alyssa et Anya avaient foi en leur concept, et il pouvait sembler étrange de les voir s'exiler en vacances en pleine campagne après deux semaines seulement.

Mais il leur restait la seconde partie du projet à mettre en place, celle qui se déroulerait dans l'ombre et viserait à fonder un nouveau groupe de résistance... Mais pour cela, les deux jeunes femmes ressentaient le besoin de faire un break après une année extrêmement chaotique et difficile. Les deuils et les coups du sort s'étaient enchaînés, pas plus tard que le mois dernier, l'avenir s'annonçait plein de promesses, mais surtout d'efforts et d'épreuves, et elles avaient besoin de respirer. Quel meilleur endroit pour prendre un peu de recul et bâtir de nouveaux plans que l'auberge flambant neuve d'Irving, leur lointain compagnon de lutte ? Ses précieux conseils et informations sur la résistance ne seraient pas de trop pour anticiper l'avenir...

Bagage en main, les deux cousines avaient donc laissé les clefs de leur nouveau bébé à leur employée et avaient quitté Manchester pour Mallowsweet. Aussitôt arrivées, elles furent frappées par l'atmosphère paisible et par le parfum qui embaumait l'air. Voilà qui changeait agréablement de la pollution mancunienne, ville industrielle s'il en était. Tout en remontant vers l'aubergne, Anya passa un bras autour de l'épaule de sa menue cousine.

"Prête pour les vacances ?", s'enquit Anya avec enthousiasme.

"Oui, ça me semble fou, mais on y est enfin", répondit doucement Alyssa, en remettant en place ses cheveux châtain chahutés par la brise.

Les deux jeunes femmes avaient réservé leur voyage dès la soirée d'inauguration de l'auberge. Anya avait espéré pouvoir dévoiler sa véritable identité à Irving ce soir là, mais elle n'avait guère eu l'occasion de croiser leur hôte très occupé en tête-à-tête, et c'était Alyssa qui s'était chargée de la réservation. Elle se sentait donc légèrement nerveuse à l'idée de se dévoiler aujourd'hui, mais elle lui faisait suffisamment confiance pour le faire. Bien sûr, plus faible était le nombre de personnes inclues dans le secret, plus grand serait sa chance de survie, mais il était également important, voire primordial, d'avoir des alliés...

Ce fut donc avec une certaine appréhension qu'Anya suivit Alyssa dans la salle commune de l'auberge. Un sourire affectueux apparut sur ses lèvres à la vue de son ancien partenaire musical, très bien dans son nouveau rôle d'aubergiste.

"Bonsoir monsieur, très bonne merci et la vôtre ?", répondit Alyssa qui s'amusait visiblement de la situation. Anya lui donna un discret coup de coude dans les côtes tandis qu'Irving leur proposait différents breuvages. Anya s'avança vers lui et jeta un coup d'oeil appréciateur à la bouteille qu'il leur proposait. Puis elle se redressa, souriante, et ôta le collier qui reposait sur sa poitrine. Aussitôt, ses traits s'altérèrent, sa silhouette s'amincit et elle reprit l'apparence de Juliana.

"Une Cuvée des Sombrals, tu nous gâtes, Irving", lâcha-t-elle tandis que son sourire s'agrandissait. Un sentiment de soulagement s'empara d'elle à la pensée qu'il la voyait comme elle était vraiment, et qu'il n'était ni Joel, ni Roy, ni Irina. Voilà qui était reposant.

"Sommes nous seuls ? Bon, je préfère ne pas prendre de risque, je le remets", enchaîna-t-elle en tendant le bijou vaudou à Alyssa pour qu'elle l'aide avec le fermoir. Elle guetta la réaction de son hôte tandis qu'elle reprenait son apparence d'Anya, légèrement anxieuse. Elle espérait qu'il ne soit pas gêné de les savoir chez lui, même protégés par la magie vaudou. C'était assurément une prise de risque, mais il était résistant aussi... et le danger faisait désormais partie de leurs vies.

"Donc hum... Surprise, Anya et Alyssa, c'est nous. La charmante demoiselle ici présente, c'est Joel bien sûr. Ca le change hein ?", ironisa-t-elle. "Désolée qu'on ne t'ait rien dit avant, c'était... compliqué. Tu veux toujours de nous chez toi, hein ? On a bien besoin de vacances..."

"...et de gobière", ajouta Alyssa avec un hochement de tête déterminé.




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Depuis un an, Irving avait fait de nombreux  efforts pour apprendre à cacher ses émotions. S'il voulait être un résistant  efficace et crédible, il était important qu'on ne lise pas son émoi  sur son visage comme dans un livre ouvert. Aussi, lorsqu'Anya enleva son collier, que ses traits se brouillèrent pour devenir ceux de Juliana, Irving resta complètement stoïque. Son expression figée ne trahissait en rien son bouillonnement intérieur. Il  n'esquissa pas le moindre signe d'étonnement, de joie ou de crainte. Rien. Il aurait peut-être fallu d'ailleurs ! Ce n'était quand même pas tous les jours qu'une amie revenait quasiment d'entre les morts.

Mais était-ce vraiment une amie qui se tenait ce soir face à lui ? Était-ce bien sa Juliana. La magie permettait d'utiliser les traits de n'importe qui et Irving estimait qu'il devait se montrer plus que prudent. S'agissait-il d'un guet-apens ? D'un piège visant à faire tomber d'éventuel soutien de Juliana ? La Milice avait déjà interrogé Irving au sujet de la jeune femme mais le gouvernement essayait peut-être le déstabiliser par des moyens détournés...

Saisissant sa baguette dans la poche de son pantalon, il la pointa en direction des deux restauratrices. Avant toute chose, il devait s'assurer de l'identité de son interlocutrice:

"Si tu es bien Julia, parles-moi de cette journée où nous avons décidé de créer notre groupe de musique."

Irving attendait un signe, une petite anecdote. Il voulait que Juliana se souvienne d'un détail insignifiant aux yeux de la Milice mais important pour eux deux. Quelque chose qui lui prouve que la femme qui se tenait face à lui était bien la vraie Juliana McNeil.

Pour le plus grand soulagement de l'ancien Gryffondor,  ce moment ne tarda pas à arriver. Juliana trouva les mots justes pour convaincre Irving qui baissa finalement  sa baguette. La tension qui l'animait quitta son corps et il s'approcha lentement de Julia pour la serrer dans ses bras. Il était ému, bien sûr, et heureux aussi de la retrouver mais il ne pouvait pas s'empêcher de penser à ce moment si similaire, deux mois plus tôt, où il avait pris dans ses bras son ami Klemens. Il s'était laissé submergé par la joie de retrouver un ami ce jour là et, un mois plus tard, Klem mourrait. Sa raison lui dictait d'être plus mesuré cette fois, de ne pas laisser ses sentiments parler.  Du moins, pas trop...

Il s'éloigna donc de la jeune femme à contre cœur et secoua la tête de gauche à droite comme s'il s'adressait à une incorrigible farceuse.

"Toi...J'te jure..."

Il esquissa un sourire et passa une main dans ses bouclettes, encore sous le choc. Il aurait voulu lui en dire plus: Lui révéler combien elle lui avait manqué ces derniers mois et à quel point il était heureux de la savoir en bonne santé, bien vivante.  Il aurait aimé qu'elle conserve sa véritable apparence, celle de son amie qu'il croyait exilée,  mais il hocha la tête quand elle affirma qu'elle ne voulait pas prendre de risque.

"Nora et Michelle sont absentes mais elles peuvent revenir d'un moment à l'autre..." souffla-t-il tandis que son amie redevenait Anya Walker grâce à un collier ensorcelé qui n'était pas sans lui rappeler l'écharpe magique que Chloé avait confectionnée pour lui et la chainette de Darren.

D'un regard, il interrogea Juliana sur l'identité véritable d'Alyssa qui se révéla être Joël. Bien sûr. Il était lui aussi recherché par la Milice du fait de son appartenance au Kraken.

" Je me disais aussi que cette Alyssa avait une sacrée descente de gobière malgré son petit gabarit !" dit-il en tendant deux choppes de Cuvée des Sombrals aux deux résistants sous couverture.

Il les invita à s'asseoir sur le banc en face de lui et attrapa une gobière pour lui-même. Au diable les bonnes manières, Alyssa et Anya n'étaient plus vraiment des clientes comme les autres et ils disposaient de peu de temps pour échanger quelques nouvelles.

"Vous pouvez parler sans détour, l'Auberge est protégée par des sortilèges d'insonorisation, commença-t-il en les observant tour à tour, alors comme ça vous avez pas quitté l'pays. Perso, j'vous croyais à l'étranger. Cela aurait été nettement plus sûrs pour eux d'ailleurs, Mais j'suis content d'voir qu'vous êtes encore là et qu'vous continuez la lutte. Irving était arrivé à cette conclusion très simplement: Si vous avez pris l'risque d'vous révéler ce soir, c'est qu'vous avez une idée derrière la tête, non ... J'me trompe ?"

Il but une gorgée de gobière et paraphrasa la chanson d'Irvana:

"Après tout, on ne pourra jamais être libre malgré c'que le ministre nous dit."



Irving Whitaker
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Juliana resta immobile et silencieuse quand Irving pointa sa baguette sur elle. Ce sans-froid à toute épreuve, elle ne l'aurait sans doute pas eu sous son apparence d'Anya, car elle se sentait différente : plus sensible, et surtout plus vulnérable que la forte et téméraire Juliana, qu'il fallait bien plus pour ébranler . Pourtant, elle n'avait guère le choix si elle voulait rester en vie. Un bon camouflage consisterait probablement à trouver l'équilibre parfait entre ces deux identités, pour en former une entièrement nouvelle : puiser dans la force inépuisable et le courage de Juliana, tout en faisant siennes la sagesse et l'humanité d'Anya. De son côté, Joel semblait profiter d'un gain de confiance en Alyssa, se montrant plus extraverti et plus directif, mais c'était à Juliana qu'Irving s'adressait. C'était à elle de prouver à son ami qu'il ne s'agissait pas d'un traquenard de la milice...

Heureusement, le test n'était pas trop difficile. Elle avait gardé un vif souvenir de cette journée, de la peine déchirante qu'elle avait ressenti sur la tombe de son père, comme de la présence et des paroles d'Irving. Il avait été le seul à savoir lui parler à cette époque, car il avait vécu la même perte qu'elle peu de temps auparavant et qu'il avait partagé sa rage, sa colère, son indignation qui l'avait également poussé en résistance... Leurs deux parcours semblaient d'ailleurs étonnamment similaires, par l'exil et la tentative d'un nouveau commencement, d'une nouvelle vie. Et encore ignorait-elle tout de la véritable raison qui avait poussé Irving à chercher refuge à Mallowsweet...

"Nous nous étions croisés au cimetière de Nimbus, et nous avions parlé de déco d'tombes", répondit-elle avec un sourire mi-affectueux, mi-amusé. "Puis on a été boire une gobière et tu m'as convaincu de jouer avec toi. C'était peu de temps après le décès de mon père et tu m'as dit que la musique pouvait aider à guérir..."

Son regard se fit nostalgique à cette pensée. A l'époque, elle se sentait encore capable d'espoir. Les choses auraient-elles été différentes si la guerre des gangs n'avait pas eu lieu ? S'ils avaient choisi un autre restaurant que le Triton Ardent ? Aurait-elle réellement fondé le Kraken si elle n'avait pas vu les deux hommes de sa vie se faire torturer sous ses yeux ? Si elle n'avait pas tué pour la première fois ? Et si Lilly n'avait pas été là pour l'aider à se relever ? Aurait-elle pu trouver le chemin de la guérison, par la musique, auprès d'Irving, de Joel, d'Alicia peut-être ? Un soupir lourd s'échappa de ses lèvres et elle secoua la tête, comme pour en chasser ces pensées peu constructives. Il ne servait à rien de refaire le passé, mieux valait se souvenir des bons moments.

"Tu m'avais même proposé de faire danser Roy et Klemens en justaucorps", conclut-elle avec un petit rire, auquel se joignit Alyssa. Cette époque aussi semblait lointaine, celle où l'on ne pouvait évoquer Roy sans Klemens, ni Klemens sans Roy. Aujourd'hui, Klemens avait perdu la vie au sein du Kraken, ne laissant qu'amertume et tristesse chez son ancien meilleur ami... Décidément, les mauvais souvenirs étaient partout, quoi qu'elle dise, mais Irving comme elle avait appris à se concentrer sur le positif.

La tension qui régnait dans la pièce disparut alors, et Irving vint la prendre dans ses bras. Elle lui rendit son étreinte et laissa un agréable sentiment de douceur et d'apaisement l'envahir. De la tendresse, elle n'en avait pas reçu beaucoup depuis un an, coupée de sa famille et, depuis quelques mois, de la plupart de ses amis. Elle avait appris de la plus dure des façons que toutes les relations positives de sa vie pouvaient n'être qu'éphémères, et avait désormais décidé d'en profiter le plus possible. Mieux valait avoir le coeur brisé à chaque fois que l'un de ses proches mourrait, plutôt que d'avoir le coeur froid en refusant de s'attacher. A quoi bon donner sa vie à la résistance, si ce n'était pas pour obtenir un avenir meilleur, à passer auprès des gens qu'elle aimait ?

Peut-être qu'Irving ferait partie de cet avenir tant espéré, dénué de dictature, et peut-être qu'ils pourraient reformer leur groupe de musique un jour. Ils sortiraient alors un album sur la guerre, et reviendraient jouer triomphants sur la scène des Folies Sorcières... Un sourire coupable passa furtivement sur son visage à cette pensée. Ce n'était qu'un rêve, très peu susceptible de se réaliser, mais il était agréable de pouvoir rêver à ce genre de choses.

Elle haussa les épaules d'un air innocent aux paroles d'Irving. Juliana se doutait qu'elle faisait des frayeurs à son entourage, mais c'était le prix à payer pour rester en vie.

"Qui est Michelle, une cliente ?", s'enquit Alyssa avec curiosité. Il ne lui semblait pas avoir rencontré de Michelle lors de la soirée d'inauguration de l'auberge, au cours de laquelle elle avait pourtant tenté de converser avec le plus de monde possible. Alyssa éclata de rire quand Irving mentionna sa descente de gobière, et saisit la bouteille qu'il lui tendait avant de s'installer sur le banc aux côtés d'Anya.

"Désolée, j'aurais voulu être honnête ce jour-là, mais il n'était pas vraiment prudent de te révéler qui on était au milieu de cette foule. C'était une belle soirée en tout cas, c'est un bel endroit que vous avez trouvé là."

Rassurée par les sorts d'insonorisation qui protégeait leur discussion, Alyssa prit la suite de la conversation pour dévoiler à Irving une partie de leurs plans :

"Oui, je ne te cache pas qu'on est venues pour se reposer un peu mais aussi pour te tenir informé de nos plans, et pourquoi pas te faire quelques propositions... C'est clair que fuir à l'étranger serait plus sûr et cela reste notre plan de secours, mais il a toujours été prévu que nous restions au pays même après avoir été identifiées par la milice", expliqua-t-elle avant de boire une gorgée de gobière pour se rafraîchir.

"Notre Serment Inviolable nous impose de continuer la lutte, même si nous avons quitté le Kraken, tant que nous en avons la possibilité : et c'est le cas aujourd'hui. Nous avons un soutien puissant qui nous a permis de nous remettre sur nos pieds", poursuivit Anya en sondant Irving du regard. "Je ne sais pas exactement ce que tu sais de notre départ du Kraken au juste... Bref, quoi qu'il en soit, nous avons pu nous cacher à Manchester, et prendre ces nouvelles identités qui seront à la fois nos identités officielles pour la milice et pour la résistance. Cela nous a permis de créer une nouvelle petite cellule et de prévoir de nouvelles actions, sans qu'on nous soupçonne d'en être à l'origine. Nous avons même pu ouvrir un nouveau restaurant qui nous servira de couverture. Seule une petite poignée de personnes connaîtra notre identité réelle, dont tu fais désormais partie..."

Après un instant d'hésitation, elle acheva :

"Nous avons décidé de nous faire passer pour morts. D'ici une quinzaine de jours, la milice mettra la main sur deux cadavres à nos effigies, et Juliana et Joel laisseront définitivement la place à Anya et Alyssa Walker... Tant que Marchebank sera au pouvoir, en tout cas. Ainsi, la milice arrêtera de nous chercher et cette victoire devrait permettre au Kraken de souffler un peu. Quant à nous, nous pourrons peut-être envisager des actions communes avec les autres résistants sans que nos conflits passés ne nous causent préjudices. Nous avons retourné la situation dans tous les sens et ce nouveau départ nous semble être la meilleure solution. Nous avons hésité à t'en parler, car mettre trop de gens au courant accentue les risques, surtout avec ce qu'ils font à Skye mais... après le décès de Klemens..."

Un peu mal à l'aise, elle s'interrompit et haussa les épaules, se disant qu'Irving comprendrait la fin seul. Juliana n'avait pas souhaité lui imposer de nouveau deuil, même si ce serait le cas pour la plupart de ses proches. Irving avait un statut à part à ses yeux, sans doute parce qu'elle s'identifiait un peu à lui, depuis ce fameux jour au cimetière de la cité Nimbus. Le partenariat qu'elles comptaient lui proposer était également entré en ligne de compte, car il aurait été plus dur pour elles d'obtenir sa confiance sous les traits de deux jeunes australiennes débarquées de nulle part...

Cherchant le regard d'Irving, elle attendit sa réponse avant d'exposer d'avantage leurs projets.



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Il n'y avait que Julia pour se souvenir de ça: Klemens et Roy en justaucorps. Merlin, même Irving avait oublié ! Cette anecdote avait suffit à le convaincre et il s 'était installé en face de ses deux camarades de lutte. Difficile d'imaginer que derrière les visages angélique d'Anya et Alyssa se cachaient deux redoutables résistants. Quoique, Irving n'était plus vraiment étonné. Lui même, il n'avait pas hésité à changé d'apparences lors de ses anciennes missions  pour la Salamandre et cela faisait maintenant quelques semaines qu'il vivait quasiment sous le même toit que Michelle qui n'était autre que l'identité d'emprunt de Darren O'Connor.
"Michelle est une étudiante sud-africaine qui a pris une année sabbatique pour visiter la Grande-Bretagne, expliqua-t-il toutefois lorsqu'Alyssa - enfin Joël- lui demanda qui était cette jeune femme,  C'est notre employée, elle travaille là à mi-temps. Elle est nourrit, logée ici et en échange elle nous donne un coup de main à Nora et moi."

Irving esquissa un sourire, peu désireux de s'étendre davantage sur ce sujet. A vrai dire, ce qui l'intéressait c'était de comprendre pourquoi Joël et Juliana avaient pris le risque de se dévoiler auprès de lui. Ils avait forcément une autre raison que le "besoin de repos" évoqué par Alyssa.

Ce fut finalement Juliana qui entra dans le vif du sujet affirmant qu'ils continuaient belle et bien la lutte:  Le restaurant de Manchester n'était qu'une couverture masquant leurs véritables intentions. D'après les propos de la jeune femme, ils bénéficiaient tous deux d'appuis hauts placés leur garantissant ce nouveau départ. Irving hocha la tête, sans chercher à en savoir davantage. Pourtant sa curiosité était piquée et il se demandait qui pouvait bien être ce mystérieux protecteur mais il se doutait que Julia n'en dirait pas plus. Chaque cellule résistante disposait de ses propres soutiens plus ou moins influents. La Salamandre avait Chloé, et surement d'autres cadres du gouvernement-insoupçonnables sur le papier- mais qui parvenaient à obtenir des informations ou des documents pour les insurgés...

En tout cas, le soutien de Juliana et Joël  devait être particulièrement  puissant puisqu'il était en mesure de leurs fournir des cadavres à leurs effigies. Irving écarquilla les yeux à cette idée... Qui allait mourir à la place des deux résistants ?

Juliana ne s'étendit pas sur la question préférant se focaliser sur son nouveau départ et sur les opportunités qui s'offraient à elle grâce à sa nouvelle identité secrète. Enfin, secrète, pas tant que ça puisqu'Irving était dorénavant au courant. Juliana avait semble-t-il hésité à le tenir informé mais la mort de Klemens   l'avait décidé à franchir le pas. Irving était flatté d'être dans la confidence mais il se doutait  que Juliana n'avait pas agit uniquement par pur sentimentalisme. Si elle voulait continuer la lutte elle avait forcément besoin de soutien et cela ne servait à rien d'évoquer la mémoire de leur ami mort en prétexte.

"Laissons Klem où il est. On s'est tous engagés en connaissance de cause, lui y compris." dit-il d'un ton ferme comme si le décès de son ami l'importait peu.

C'était triste à dire mais la mort faisait maintenant partie de son quotidien. Irving n'avait pas d'autres choix que de s'endurcir s'il voulait tenir dans la durée. En effet, il refusait d'écouter ses états d'âmes: Que se passerait-il s'il tergiversait trop ? S'il se remettait à penser au meurtre de Dalhiatus, à sa violente altercation avec Chloé, à la mort de Klemens...Bref, à tout ce qu'il avait perdu dans ce combat.
Résisterait-il encore ou ferait-il un autre choix ?

Il savait au fond de lui qu'il n'avait pas une volonté de fer. Il n'était pas de la trempe de Julia qui semblait si sûre de ses actes et de ses idéaux. Il aurait voulu lui ressembler mais pour cela, le doute n'était pas permis, du moins, Irving ne se l'autorisait pas. Il préférait avancer, avec des œillères certes, mais sans regarder en arrière. Fixer et atteindre son but:  Résister tout en aidant les autres.

"Klem connaissait les risques et toi aussi tu les connais, reprit il,  J'espère qu'vous y avez bien réfléchis... Me mettre dans la confidence, c'est lourd de conséquences. " finit-il par dire.
Ils avaient tous les trois, beaucoup à perdre, mais il se doutait que Juliana et Joël avait longuement pesé le pour et le contre avant de se lancer:

"Donc si j'ai bien compris, vous voulez élargir vot'réseau, dit-il finalement, très franchement j'sais pas c'qui s'est passé entre vous et les autres membres du Kraken mais vous pensez qu'vous pourriez de nouveau collaborer avec eux ou c'est complètement mort ? s'enquit-il en les sondant tour à tour du regard, J'vous d'mande ça parce qu'y a des bruits qui courent au sein d'la Salamandre: On parle d'un rapprochement avec des groupes plus radicaux comme le Kraken entre autre. C'est une donnée à prendre en compte."

Les  groupuscules résistants n'étaient pas tous sur la même longueur d'onde et dans certains cas ils avaient même des visions diamétralement opposées de la lutte.

"Après j'pense que des accords peuvent se négocier avec la Salamandre si vous avez b'soin d'un coup de main et inversement. J'peux parler d'vous - 'fin j'veux dire d'Alyssa et d'Anya-  lors d'une assemblée générale et voir si les cadres sont partants pour une collaboration, proposa-t-il, Concrètement, vous envisagez quoi comme type d'actions ? Quels sont vos d'mandes, vos moyens, vos besoins,  et en contrepartie, vous avez quoi à leur offrir ? demanda-t-il en faisant tourner sa bière entre ses mains, Parce que clairement, faut pas s'voiler la face: Ce s'rait qu'de moi, j'vous aid'rai direct mais les chefs veulent que ce soit du donnant, donnant. J'uis qu'l'intermédiaire dans cette histoire." souffla-t-il avant de boire une gorgée de gobière.



Irving Whitaker
Juliana McNeilRésistante DPPavatar
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La remarque sèche d'Irving au sujet de Klemens jeta un certain froid dans la pièce. Après un instant de surprise, Juliana échangea un regard compatissant avec Joel, qui se contenta de descendre sa gobière à grandes gorgées. Son regard dur contrastait avec la douceur de son visage aux traits fins. Mais il s'emmura dans le silence, comme il le faisait systématiquement lorsque le sujet était abordé, peu disposé à discuter de la mort de celui qui avait été son premier amant, que ce soit avec Juliana ou quelqu'un d'autre.

Comme Irving reprenait la parole, Juliana reporta son attention sur lui et hocha la tête en signe d'approbation. Oui, ils avaient bien réfléchi à leur engagement, sans doute plus encore que lui puisqu'ils risquaient la mort s'ils rompaient leur Serment... Et ils n'avaient pas laissé la mort de Klemens les empêcher de mener à bien leurs projets de résistance, mais ce n'était pas pour autant qu'ils l'avaient accueilli avec la même indifférence qu'un bulletin météo. Elle avait ressenti de l'indignation, de la tristesse, de la peur à la perspective d'un destin similaire et, au fond, de la colère contre Klemens qui faisait bien peu de cas des sacrifices qu'ils avaient dû faire pour le sortir de Skye une première fois. Et elle avait su gérer ces émotions sans les laisser la submerger, ce qui était signe qu'elle prenait - tristement - l'habitude du deuil et de ses conséquences.

Il n'aurait pas fallut beaucoup à Juliana pour être vexée par la réponse d'Irving. L'idée qu'il puisse accueillir la nouvelle de sa propre disparition avec la même froideur apparente était peu agréable, mais elle savait au fond que son ami avait un grand coeur. Il devait simplement apprendre à se protéger face aux épreuves de la vie, comme Joel, comme elle, et chacun le faisait à sa manière.

Elle se contenta de l'écouter, sa mâchoire contractée sous l'effet de la tension qui l'habitait. La nouvelle d'un éventuel rapprochement entre le Kraken et la Salamandre provoqua la surprise de Joel comme de Juliana, qui échangèrent un nouveau regard surpris. Juliana fut d'abord envahie par une certaine colère irrationnelle - il n'aurait pas fallut longtemps à Lilly pour saborder leur héritage... - puis elle se mit à envisager réellement l'idée, qui aurait sans doute du bon. Plusieurs personnes, dont Irving, avaient un pied à la Salamandre et un autre au Kraken, voire dans d'autres groupuscules. Si l'existence de plusieurs groupes différents permettait de rendre la milice confuse, elle rendait également la résistance plus éparpillée, plus divisée et donc, moins forte. Elle n'était néanmoins pas ravie de la nouvelle, mais il lui fallait faire le deuil du Kraken et de la compagnie de ses camarades, comme de son ancienne vie. C'était ainsi, son avenir était au DPP désormais et Irving l'avait bien souligné : il n'y avait pas de place pour le sentimentalisme, ni pour l'ego s'ils voulaient vaincre.

"Hum, alors", commença Juliana en fronçant les sourcils, face à l'avalanche de questions d'Irving. "Bon, on aura le temps de discuter tout ça plus en détail mais pour commencer, notre projet : il ne s'agira pas d'un simple restaurant, mais d'une sorte de soupe populaire : grâce aux contributions de nos clients nous servirons des repas aux démunis, et d'après ce que j'ai pu voir à Manchester, le FREE en a produit un sacré paquet... Parmi ces gens là, je suis persuadée que nous pouvons identifier des mécontents susceptibles de rejoindre les rangs de la résistance. Notre première action sera donc sociale, et la seconde pourrait être du recrutement, pourquoi pas pour les autres groupes de résistance en fonction du profil des recrues d'ailleurs."

"C'est pour ça aussi qu'on a besoin de toi", poursuivit Joel. "Tu pourrais nous servir d'agent de liaison avec les autres groupes, et je ne sais pas exactement ce que t'as prévu de faire avec ton auberge mais on pourrait t'envoyer du monde... Enfin c'est à discuter mais on se disait que y'avait un partenariat à nouer. En fonction de tes projets vis-à-vis de Mallowsweet et de la résistance."

Juliana ponctua les propos de son ami d'un hochement de tête, avant de reprendre : "Nos autres actions seront plus habituelles, actions contre les bases de la milice dans le pays, actions coup-de-poing contre le régime, espionnage... Nous avons déjà un petit groupe d'une dizaine de personnes intéressées, des anciens amis qui trouvaient le Kraken trop extrême mais sont plus intéressés par notre nouvelle idée. On s'appellera le Dark Panther Pride, DPP pour les intimes. Nos moyens viendront en partie des recettes du restaurant mais aussi, surtout pour l'instant, de notre fameux soutien... Qui a beaucoup d'argent."

Elle jeta un coup d'oeil à Joel, qui sembla comprendre sa question muette et l'incita du regard à poursuivre. S'ils voulaient la confiance d'Irving, ils devaient se montrer le plus honnêtes possibles.

"Bon, inutile de te cacher son identité puisque tout le Kraken est au courant, tu le sauras donc bien assez vite. Il s'agit de Roy Calder", avoua-t-elle en guettant la réaction d'Irving, consciente que leur rencontre avec Roy au Tremplin ne laissait pas vraiment présager une telle issue. Désireuse de s'expliquer rapidement, elle enchaîna : "Nous sommes ensembles, de nouveau, et c'est lui qui a mené l'opération de libération de Klemens. Il est le chef du gang des Veilleurs, ce sont ses Veilleurs qui ont mené l'opération, sur ses ordres. Klemens était son meilleur ami... Et comme on était en couple lui et moi, j'ai pu faire la liaison avec la Résistance, avec toi notamment."

Elle se demandait ce que penserait Irving de ce dessous des cartes qu'il apprenait seulement maintenant. Pas du bien sans doute, mais ma foi, elle avait fini par se blinder face aux critiques et n'avait pas plus tellement le choix : Irving était l'un de ses seuls alliés potentiels.

"Cela a été découvert dans la foulée par Lilly et cela a été vécu comme une trahison de ma part par l'ensemble du Kraken... Il faut savoir que Roy continue de diriger son gang, notre ennemi, qui a des accords avec le gouvernement, et que, oui, sans doute n'aurait-il jamais pris cette décision si ce n'était pas Klem, si ce n'était pas moi. Mais il l'a prise ! Et jamais je n'ai trahi les secrets du Kraken, c'était impossible de toute façon, j'en serais morte avec le Serment !", s'exclama-t-elle en frappant sa cuisse de son poing, visiblement envahie de frustration. "Roy, lui, nous a permis de sortir Klem de Skye grâce aux moyens des Veilleurs. Grâce à lui, nous avons eu un refuge, Joel et moi, nous allons pouvoir relancer un groupe, ouvrir notre restaurant, lutter contre le régime. Il a trouvé une médicomage pour guérir Joel qui avait été blessé par la milice, il nous fournit en médicaments, en bijoux pour une nouvelle identité et même en cadavres, bordel de troll... Il ne l'assume peut-être pas, parce qu'il connait bien Marchebank et qu'il s'intéresse avant tout aux intérêts de son gang mais... Roy soutient la résistance. Chaque jour un peu plus."

"Humf", commenta Joel avec mauvaise humeur, avant de reporter son attention sur Irving : "En attendant, pour répondre à ta question, les choses sont mal barrées avec le Kraken tant que nous sommes Joel et Juliana - mais ils nous penseront bientôt six pieds sous terre, et c'est très bien. En tant qu'Anya et Alyssa, on devrait pouvoir bosser avec eux. On parle de casser du milicien, pas d'aller boire le thé, les rancoeurs du passé n'ont pas tellement d'importance... Parce que bon, ce n'est pas Roy Calder qui va nous apporter la tête de Marchebank non plus. Si tu nous dis qu'un rapprochement de la Résistance se prépare, c'est une bonne initiative, il faudrait qu'on en soit, au moins de loin. Tu peux donc parler de nous et de notre restaurant à tes chefs, leur dire qu'on a de nouvelles recrues à leur offrir, notre force de frappe bien sûr et du partage de moyens et d'informations. Tant que Calder a le cul entre deux chaises, on peut espérer des infos de première main... Marchebank a l'air de passer plus de temps dans son cabaret qu'au Ministère."

Conscient qu'ils venaient d'inonder Irving d'information, Joel se tut pour lui laisser le temps d'assimiler et de leur poser ses questions. Juliana, en revanche, ne l'entendit pas de cette oreille. Bien décidée à le convaincre, elle se pencha légèrement pour planter son regard franc dans celui de son ami :

"On sait qu'on prend un risque en te livrant nos secrets, Irving, mais tu l'as dit toi-même : on sait à quoi on s'engage. Pour l'instant il n'y a que cinq personnes au courant de nos identités : Roy et sa soeur médicomage, qui sont selon toutes apparences pro-régime, et à qui je fais entièrement confiance. La couverture de Roy est pour l'instant solide, nous sommes officiellement en guerre ouverte : il a donné l'ordre de brûler le Triton Ardent et c'est lui qui m'a dénoncé à la milice, c'était un plan entre nous... Il y a aussi celui qui sera notre bras-droit au sein du DPP, un ancien ami de Bristol qui a recruté tous les autres. La dernière personne au courant n'est pas soupçonnée pour l'instant, et ça devrait rester ainsi un moment."

Grady, Gardien du Secret et, plus généralement, de tous les secrets de Juliana, avait bien été inquiété par la milice comme l'ensemble de la famille McNeil, mais qui irait soupçonner ce grand dadais qui usait encore il y a peu les bancs de la maison Poufsouffle ? Grady était essentiellement connu pour être le nouveau petit-ami de la fille de Marchebank - couverture parfaite - et pour être capitaine de Bavboules, ce qui n'impliquait guère un grand potentiel de résistant... Surtout, Grady était protégé par les propos de sa famille et surtout son père, auror, qui avait désavoué publiquement Juliana. On l'avait dit déséquilibrée depuis toujours, brutale, avec des accès de violence. Elle aurait ainsi attaqué son propre coéquipier batteur, Eliott Warlock, à l'époque où elle jouait pour Gryffondor, tentant de lui enfoncer le crâne à coups de batte. Elle avait été dépeinte comme une féministe hystérique, une militante extrémiste que la mort de son père avait désaxé. Hormis Grady, aucun membre de sa famille n'avait eu de contacts avec elle depuis la guerre des gangs, et tous avaient proclamé leur honte de voir leur nom traîné ainsi dans la boue. Non, Grady ne serait pas trop inquiété, pour l'instant - mais il serait, lui aussi, mis dans le secret de sa survie.

"Quant à toi, tu n'as aucune raison d'être soupçonné non plus pour l'instant, des résistants qui donnent un coup de main à la Salamandre ou au Kraken il y en a plein, et tu es loin d'être le plus extrémiste d'entre nous, tu n'as tué personne, tu n'es pas dans les radars de la milice... Je pense que mon secret est en sécurité auprès de toi, pour l'instant du moins. Si je me trompe, tant pis - c'est un risque à prendre, mais il en vaut la peine, car nous avons bien besoin d'un allié ou deux."

Elle conclut par un petit sourire en coin, avant de se laisser aller contre le mur, serrant anxieusement les mains dans les siennes. Ils avaient joué cartes sur table, désormais, c'était à Irving de décider...



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Irving dût se retenir tout du long pour ne pas interrompre les explications des deux résistants: Il allait de surprises en surprises et de révélations en révélations.  Si la première partie de leur discours ne l'étonna guère - Irving se doutait bien que le restaurant n'était qu'une façade masquant des actions résistantes- la seconde partie le laissa pantois. Tout bascula lorsque Juliana révéla l'identité de ce fameux soutien haut placé qu'elle avait caché jusqu'alors: Roy Calder.

Irving avait entendu tout et son contraire sur le gérant des Folies Sorcières. Il l'avait croisé en de rares occasions - et l'avait d'ailleurs trouvé plutôt sympathique- mais plusieurs témoignages étaient venus ternir l'image qu'il s'était faite du personnage. Tout avait commencé lors d'une réunion de la Salamandre où un membre avait accusé Roy de soutenir le gouvernement  puis il y avait eu cette fameuse dispute avec Klemens que le lycanthrope lui avait relaté... Bien qu'Irving n'avait jamais vraiment adhéré à cette hypothèse, cette histoire de "chef de gang" se vérifiait aujourd'hui. Roy Calder était bel et bien le dirigeant des Veilleurs, gang qui œuvrait selon toute vraisemblance pour le Ministre lui-même...

Un sentiment de malaise s'empara de l'ancien Gryffondor. Il avait toujours voulu croire en l'innocence de Calder mais il était forcé de constater que les faits jouaient contre lui: La présence des Veilleurs à Bristol justifiait l'intervention milicienne et encourageait Marchebank à conserver les pleins pouvoirs... Tout était lié.   Pourtant Juliana s'évertuait à prendre la défense de Roy affirmant qu'il œuvrait pour leur cause en finançant leur projet et en les aidant ponctuellement. Apparemment, il était même celui qui avait fait libérer Klemens ! C'était louable, bien sûr, mais pourtant, quelque chose chagrinait Irving: Les motivations réelles du gérant des Folies. A bien écouter Anya, il n'agissait pas par conviction pour la Résistance mais plutôt pour aider Juliana, la femme qui partageait de nouveau sa vie. Irving avait rencontré un autre agent double -Chloé qui travaillait au Ministère- et même s'ils étaient fâchés depuis,  il n'avait jamais douté de son implication: Elle appartenait à la résistance parce qu'elle croyait en elle... Ce qui était loin d'être le cas de Roy visiblement. Juliana ne cherchait pas à s'en cacher, elle le disait elle-même: Il ferait passer les intérêts de son gang avant tout...

A en juger par la moue désapprobatrice d'Alyssa, Joël semblait partager les inquiétudes d'Irving. Les autres membres du Kraken étaient visiblement arrivés à cette même déduction. Dans cette histoire, ils avaient peut-être plus à perdre qu'à y gagner.  Roy était certes un soutien de poids mais il n'offrait rien de fiable pour quiconque n'était pas Juliana... Un homme qui se jouait du Ministre lui-même n'hésiterait pas à faire tomber un réseau résistant si cela l'arrangeait, Irving en était persuadé.

"Merci d'avoir été aussi sincère avec moi... commença-t-il, j'aimerai pouvoir l'être moi aussi, et qu' tu puisses entendre c' que j'ai à te dire, ajouta-t-il conscient que sa prise de position n'allait peut-être pas plaire à Julia, On peut collaborer, c'est sûr, mais il faut qu' tu me promettes une chose: Roy Calder ne doit rien savoir, ni sur moi, ni sur le réseau de Résistance commun qu' est en train de se mettre en place. Je ne peux pas prendre le risque de t'introduire si tu me garantis pas ça." expliqua-t-il- catégorique,  j' suis sûr qu' tu lui fais pleinement confiance - tu as tes raisons et j'les remettrai pas en cause- mais il faut qu' tu comprennes que j'peux pas en faire autant.  Je crois en notre combat, on s'est tous les trois engagés là-d'dans pour les mêmes raisons... Mais Roy ne partage pas ces idéaux, c'est toi qu'il veut sauver, pas notre cause."

Irving tendit  la main pour attraper celle de Juliana de l'autre côté de la table. Il espérait sincèrement qu'elle ne soit pas aveuglée par l'amour au point de révéler ses alliances à Roy. Le bien-être de la Résistance impliquait son lot de secret et Irving n'avait pas hésité à appliquer cet état de fait au sein même de son couple. D'un commun accord, Nora et lui avaient décidé de ne pas évoquer les plans de la Salamandre ensemble.

"Si on peut obtenir des infos par son biais, tant mieux, mais il doit rien savoir de nous. Ça marche pas comme ça, ajouta-t-il en secouant la tête, tu l'as dit toi-même: Ses intérêts passent avant tout... S'il doit dénoncer une partie du réseau résistant pour rester crédible auprès du gouvernement, que crois-tu qu'il fera ? Sincèrement ?"

Irving se tut quelques secondes avant de reprendre:

" Il t'aime surement beaucoup puisqu'il a pris énormément de risques pour vous aider mais il reste un homme opportuniste, corrompu et cupide. Il faut que tu gardes ça à l'esprit... Il est tout l'inverse de toi en somme." ajouta-t-il avec un sourire triste.

Au fond, Irving se demandait ce qui les avaient rapproché tous les deux tant ils étaient différents. Et il espérait surtout que Roy était sincère et qu'il ne jouait pas un ultime coup de poker en trompant Juliana sur ses intentions véritables.

"Je sais que tu m'en as dit beaucoup, sache que je ne révélerai rien aux autres résistants, tu as ma parole, insista-t-il, Si je le fais, c'est uniquement pour toi  mais il faut que j'ai les mêmes garanties de silence en retour... parce que je suis loin d'être aussi insoupçonnable qu' tu le penses, tu sais... " révéla-t-il alors pour donner plus de corps à sa requête. Il devait être sûr qu'il n'introduirait pas le dragon dans la bergerie et il voulait être certain que Juliana prenne bien la mesure de ce qu'il lui demandait , j'ai tué Jacob Dalhiatus." finit-il par dire d'un ton neutre, guettant la réaction des deux résistants.



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Des hochements de tête ponctuels de Juliana venaient approuver le discours d'Irving. Son ami lui disait exactement ce qu'elle lui aurait dit si les situations avaient été inversées, ce que Joel lui avait dit plusieurs fois aussi, pas de surprise là dessus. Ses réticences étaient plus que compréhensibles, et Juliana avait bien conscience d'une chose : elle ne pouvaient pas leur demander de faire confiance à Roy, comme elle-même le faisait. Oui, c'était leur relation qui poussait Roy à agir de la sorte et, non, il n'avait aucune volonté particulière de faire tomber le régime dictatorial de son ami Marchebank. Mais Juliana avait entrevu quelque chose d'autre, en lui, un changement profond qui avait fait basculer ses intérêts en faveur de leur couple, plutôt que de son gang.

Opportuniste, corrompu, cupide... Oui, Roy l'avait indéniablement été et il l'était toujours. Mais il avait également des qualités, il était aimant, protecteur, investi et, comme Irving, Joel et Juliana, il avait également mûri au cours de l'année écoulée. Alors elle lui faisait confiance, même si elle ne comptait pas le mettre dans une position délicate vis-à-vis de son alliance avec Marchebank. Moins Roy en savait sur la résistance, ses membres et ses activités, mieux c'était, elle rejoignait l'opinion d'Irving sur ce point. Son départ du Kraken simplifiait d'ailleurs la donne à ce sujet, puisqu'elle ne faisait plus partie du groupe qui s'opposait si frontalement au gang de Roy. Seraient-ils amenés à se confronter de nouveau, dans le futur ? Peut-être, mais Roy l'avait demandée en mariage en connaissance de cause... Il ne voyait pas sa vie entière se dérouler à la tête de son gang, mais bien à ses côtés, et cela signifierait des sacrifices de sa part, un jour ou l'autre.

La réponse d'Irving rassura la jeune femme. Il se contentait de la mettre en garde, sans accusations, ce qui était un soulagement, promettait de garder leurs secrets et surtout, il acceptait leur proposition. Juliana ouvrit la bouche pour répondre, et offrir à Irving les garanties qu'il attendait, lorsque son ami lâcha la plus grosse bombabouse de l'année. Sa bouche resta ouverte, ses yeux s'arrondirent, et elle entendit Joel s'étouffer avec sa gobière.

"TU AS QUOI ?!", crièrent-ils en un bel unisson, leurs voix aiguës retentissant dans l'auberge.

Ce n'était pas possible, ils devaient avoir mal entendus ! Irving, le petit Irving Whitaker à bouclettes de la cité Nimbus, son compagnon de rock et de gobière, aurait tué quelqu'un ? Et pas n'importe quel quelqu'un, mais le numéro 2 du gouvernement ? Irving était l'homme qui lui disputait la première place sur la liste des ennemis de l'Etat ? Irving mettait la milice en échec depuis tout ce temps ?! Cela semblait improbable, surréaliste, et pourtant... Que Juliana, petite serveuse sans histoire de vingt-deux ans ne se décide à lancer un groupe de résistance violent en avait surpris plus d'un. Pourquoi pas Irving, après tout ? Harry Potter n'était pas plus impressionnant qu'Irving, et pourtant, il avait vaincu le Seigneur des Ténèbres... Voilà qui jetait un éclairage nouveau sur l'installation nouvelle d'Irving et Nora à Mallowsweat...

"Qu'est-ce qui s'est passé ?, s'enquit-elle finalement, l'esprit fourmillant de questions, en passant une main sur son visage. Ne te méprends pas, c'est pas moi qui vais te juger et puis entre nous c'est pas une grosse perte, c'est quand même le mec qui a lancé Skye mais... Wah. Je ne m'attendais pas à ça."

Un petit sourire aux lèvres, elle ajouta : " Qui aurait imaginé qu'on donnerait tant de fil à retordre aux miliciens, toi et moi..."




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Touché par les révélations de son amie, Irving avait joué carte sur table lui aussi. Il fallait que Juliana comprenne que Calder ne devait pas être mis dans le secret car ils avaient beaucoup trop à perdre, tous autant qu'ils étaient. La réaction des deux résistants ne se fit pas attendre, Joël manqua de s'étouffer avec sa gobière et Juliana sembla particulièrement étonnée, voir choquée. Ils portaient tous les deux un nouveau regard sur lui, Irving pouvait le ressentir, si bien que le jeune aubergiste dut lutter profondément pour ne pas baisser les yeux d'un air penaud. Bien sûr, lorsque l'on analysait les faits du point de vue résistant, Irving s'avérait être une recrue de premier choix: Il avait tué le numéro deux de la dictature, le créateur de Skye, il avait permis que des informations secrètes fuitent au sujet de cette terrible prison en récupérant un parchemin confidentiel sur le cadavre...
Irving avait tout du héros.

Pourtant il savait au plus profond de lui qu'il n'avait rien accompli d'héroïque ce soir là, bien au contraire. Ce que l'histoire du parfait résistant ne disait pas, c'est qu'il avait simplement commis un crime odieux et sanglant. Même si Dalhiatus était la pire des crapules, Irving ne pouvait pas s'empêcher de penser qu'il avait lui aussi rejoint le clan des meurtriers. Il ne retirait aucune satisfaction de ce qu'il avait fait et voir Juliana prendre la chose avec autant de légèreté lui retourna littéralement les entrailles. Comment pouvait-elle dire que ce n'était pas une grande perte ! Irving avait tout perdu ce soir là !

Il essayait de se façonner une image de résistant dur et insensible, à défaut de parvenir à l'incarner pleinement,  mais il devait mobiliser toute son attention pour conserver ce masque ce soir. Il avait envie de vomir et pourtant, il restait droit et stoïque face à ses deux camarades de lutte. Rien ne trahissait son trouble intérieur.  Après tout, il devait s'entrainer à ne pas se décomposer dès qu'on évoquait des problématiques le touchant de trop près...

"C'était... Un accident ? Il ne pouvait résolument pas ce cacher derrière ce terme et se déresponsabiliser de la sorte... un concours de circonstances. Rien n'avait été prémédité ou construit avec la Salamandre. Ça c'est passé. C'est tout. Je m'suis débarrassé du corps afin qu'on puisse pas l'retrouver et j'ai prévenu les chefs ensuite. J'peux pas vous en dire plus, j'en ai déjà trop dit..."

Il ne comptait pas évoquer la présence de Nora, ni les circonstances exactes de la mort de Jacob Dalhiatus. Il n'allait pas expliquer non plus que c'était des raisons personnelles qui l'avait conduit à commettre ce meurtre et non pas leur noble cause. Que penseraient-ils s'ils apprenaient ça ? S'ils savaient qu'à aucun moment Irving n'avait utilisé la magie pour arriver à ses fins ? Qu'aveuglé par la colère et la vengeance, il avait juste roué de coups un homme et qu'après il avait pleuré comme un enfant et qu'il avait même voulu sauter du haut d'une falaise pour faire taire cette culpabilité qui le rongeait.

Serait-il toujours cet homme digne de confiance qu'ils pensaient avoir devant eux?
Irving s'efforça de rendre son léger sourire à Juliana -et il se dégouta lui même pour ce geste- puis il répondit à sa remarque par un laconique: " Ils ont sous-estimé Irvana..."

Il avait toujours pensé que le jour où il dirait la vérité à un ami, il se sentirait plus léger, comme délivré d'un poids énorme. Malheureusement aujourd'hui, cette vérité tronquée avait le gout amer de l'imposture...



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Spoiler:
 


Un petit tic secoua la joue de Juliana à la réponse d'Irving. Loin de se douter de ce qui se tramait dans les pensées de son interlocuteur, elle ne voyait que ce visage stoïque et fermé qu'il lui offrait. Cette façon mécanique, froide, laconique de lui répondre, lui évoquait bien plus la Juliana de l'année écoulée que le Irving qu'elle avait connu. C'était un peu comme de se voir dans un miroir, comme de retrouver tous les résistants blindés qu'elle avait pu croiser et, sans qu'elle ne sache pourquoi, cela fit naître un malaise en elle. Peut-être parce qu'elle avait déjà changé, un peu, au fond, ne bridant plus ses émotions afin d'afficher l'air le plus impitoyable possible. Peut-être, surtout, parce qu'Irving représentait l'époque où elle n'avait pas encore abandonné toute innocence. Elle le considérait comme l'une des personnes les plus humaines et sensibles qu'elle connaissait, et il ne semblait plus rester de traces de cela aujourd'hui... Même s'il hurlait en réalité à l'intérieur, comme Juliana l'avait fait avant lui.

Un silence épais suivit la réponse d'Irving, durant laquelle Juliana se concentra sur sa gobière, songeuse. Que pouvait-elle dire, que pouvait-elle faire pour lui ? Qu'est-ce qui l'avait aidé, après avoir tué pour la première fois ? Parler avec quelqu'un qui pouvait la comprendre... Et après le décès de son père, de même, seul le témoignage d'Irving et son humour avaient su alléger sa peine, car il était le seul à être passé par là. Pouvait-elle trouver les bons mots à son tour ? Elle en doutait, étant bien plus à l'aise avec les gestes qu'avec les mots, et son réflexe aurait d'ailleurs été de le serrer contre soi - mais, ce simple geste de réconfort, qui lui aurait semblé si naturel auparavant, lui semblait prohibé aujourd'hui.

"Un concours de circonstances...", répéta-t-elle finalement de sa voix grave, le regard fixé sur le sol de l'auberge. L'ombre d'un sourire passa sur son visage quand elle ajouta : "C'est ce qui s'est passé pour moi aussi, la première fois."

Convoquer ces souvenirs n'était jamais simple pour Juliana, ni d'ailleurs les souvenirs plus récents de son expérience au sein du Kraken. Tout cela lui laissait une impression terriblement amère et un peu honteuse, car elle réalisait à quel point elle avait laissé ses ténèbres intérieures prendre le dessus, sa détresse et sa haine dicter ses pas. Si elle était fière, malgré tout, de s'être dressée activement contre ce régime qui révélait aujourd'hui son véritable visage, Juliana regrettait un certain nombre de ses erreurs, qui l'avaient marqué à vie. Elle ne voulait pas cela pour Irving... Mais n'était-il pas déjà trop tard ?

Redressant le visage vers son jeune ami, Juliana posa sur lui son regard clair et dénué de tout filtre, avant de livrer sans retenue ce qu'elle avait au fond d'elle-même :

"C'était un jour comme les autres, au Triton Ardent, les parents de Joel en cuisine, Joel et moi au service, sauf que cette fois-là, deux gangs rivaux ont choisi notre restaurant pour régler leurs comptes et, bien sûr, nous étions sur le passage..."

Elle se rappelait comme si c'était hier de la panique qui l'avait envahie lorsque Joe Sparckles l'avait prise en otage. Son gros corps collé contre le sien, sa main abjecte qui se promenait sur ses fesses, son haleine fétide lorsqu'il lui avait léché la joue, ses menaces abjectes... Elle avait failli en rendre le contenu de son estomac. Mais ce n'était pas le pire.

"L'un d'entre eux, et comme je l'ai appris plus tard, le chef de l'un des gangs, a torturé Joel sous mes yeux et... Je ne sais pas. Le voir ainsi, à hurler comme si mille couteaux lui transperçaient le crâne, comme si on brisait tous ses membres en même temps ou je sais pas, c'était juste... insoutenable. Le Doloris, on nous en parle à l'école mais c'est autre chose de le voir, sur une personne qu'on aime. Et encore autre chose de le vivre, bien sûr", souffla-t-elle en glissant un regard vers son meilleur ami. Reportant son regard sur Irving, elle avoua sans détour :

"Alors j'ai pété un câble. Vraiment. J'ai fait quelque chose de complètement stupide, mais quand cet homme s'est enfui, je l'ai poursuivi hors du restaurant. C'était complètement irrationnel, dangereux et aujourd'hui encore je ne sais pas pourquoi j'ai pu faire ça, mais tout ce dont je me souviens... C'est de cette colère terrible que j'ai ressenti, qui ne m'a plus vraiment quitté depuis ce jour là, vraiment. Une colère dévorante, et la volonté de m'assurer que cet homme ne nuirait plus jamais à personne. Alors je l'ai suivi et autour de moi, c'était le chaos. Des gens qui tombaient comme des mouches, qui étaient tués en pleine rue, en plein coeur de ma ville, à deux pas de mon restaurant, de mon appartement, de ceux de mes amis. Je n'étais déjà plus moi-même à ce moment là, aveuglée par la colère et je l'ai attaqué, tout simplement. Je lui ai lancé un sort. Lilly est venue m'aider, on s'est battus... A un moment, j'étais au sol..."

Elle ferma les paupières brièvement, laissant les souvenirs de cet instant la submerger.

"A un moment, je me suis retrouvée projetée au sol, j'ai regardé autour de moi, le chaos, les cadavres, et juste là, vers moi, il y avait Roy à terre, en train de se faire torturer lui aussi. Et ses cris, aaah, Merlin, ses cris, je les entends encore la nuit. Je ne pouvais pas supporter ça, c'est comme si tout d'un coup je ne me sentais plus capable de ne rien supporter, plus rien ne faisait sens. Je n'étais plus que rage, haine, dégoût, et c'est sans doute pour ça que le sortilège a marché, l'Avada."

Le visage de Gros'Joe, surpris par la mort, s'imprima dans son esprit et elle s'arrêta un instant sur cette image. C'était sans doute à cet instant précis que son existence avait basculé... Juliana poussa un soupir lourd, et la tension qui habitait son corps depuis le début de ce récit s'évapora, comme elle s'était évaporée après le sortilège de mort.

"Après ça, je me suis sentie vidée, comme jamais auparavant. Anesthésiée, je ne ressentais plus rien, comme une...", elle rit nerveusement avant d'ajouter : "Comme de la plénitude, c'est horrible non ? Oh, il n'a pas fallut longtemps pour que vienne la culpabilité. Peu importe qui était cet homme, j'avais pris sa vie et je n'aurais pas dû l'assassiner, en toute connaissance de cause. Mais je me suis endurcie et toute cette culpabilité a disparu sous une grosse couche de colère. Et le plus horrible, c'est que je crois que c'est exactement cette même plénitude que j'ai cherché à retrouver en recommençant, quelques mois plus tard. Sauf que cette fois, ce n'était pas qu'un chef de gang abject et sadique qui m'avait menacé, qui avait menacé ma famille, qui pouvait échapper aux lois et venir prendre sa vengeance... cette fois, c'était juste un petit trafiquant des Veilleurs qui avait eu le malheur de se retrouver sur le chemin du Kraken. Pas forcément la meilleure personne du monde, mais pas Marchebank non plus. C'était un homme de Roy, et on a payé le prix pour cette mort là. Et ça peut sembler complètement fou, mais c'est Roy qui m'a rappelé cette vérité toute simple : ce n'est pas à moi de jouer les justicières, ni de décider du droit de vie ou de mort. Un acte de guerre ne doit pas être un acte de vengeance."

Et cela lui en coûtait, par Merlin, de reconnaître ses erreurs. Ses camarades du Kraken réalisaient-ils seulement à quel point ils l'avaient condamné pour la mauvaise chose ? Que son erreur ne se trouvait pas dans sa relation avec Roy, mais au contraire, dans la rage et la haine qui avaient présidé à la création du Kraken ? Car aucun d'eux n'avait tenté de l'arrêter, pas même Ebenezer, ni Lilly, témoins de ses actes...

"Roy est celui qui a su me rappeler qu'il restait de l'humanité en moi, que j'étais une humaine avec ses espoirs, ses doutes, sa culpabilité, sa volonté de rédemption... Et que je n'étais pas simplement destinée à tuer, ou être tuée. Il m'a tiré d'une... très mauvaise spirale. Je m'étais mise à combattre avec les armes de mes adversaires, j'étais en quelque sorte devenue l'ennemi que je haïssais... mais Marchebank est celui qui a rétabli la peine de mort, pas nous. La légitime défense, c'est une chose, mais laisser sa vie n'être dictée que par la haine, la vengeance... c'est autre chose. Roy m'a rappelé cela, et depuis j'ai l'impression de respirer de nouveau. C'est pour cela que je lui fais confiance aujourd'hui. C'est peut-être un homme cupide, opportuniste et corrompu, mais moi ? J'ai tué. Je venais peut-être de voir les deux hommes de ma vie se faire torturer, mais ce n'est pas une excuse : j'ai pris une vie, puis une deuxième."

C'était la première fois qu'elle formulait tout cela à voix haute et, contre toute attente, cela la soulageait. Elle se sentait enfin sincère avec elle-même.

"Je crois qu'il était plus simple pour moi de persister sur cette voie, plutôt que d'affronter ce que j'avais fait... Il m'a fallut beaucoup de temps pour réaliser que me priver de toute humanité n'était pas la solution : cela ne faisait que me rapprocher de mes bourreaux. Il n'est jamais trop tard pour faire du bon autour de soi. Joel et Roy m'ont montré ça. M'endurcir à ce point n'était pas la solution. La vraie résistance, c'est au contraire de rester nous-même, malgré les épreuves, les injures, les blessures... C'est de ressentir du remord et de ne pas chercher à se défiler."

Elle haussa les épaules avec un certain embarras, après s'être livrée de la sorte.

"J'te dis tout ça parce que... T'es quelqu'un de bien Irving. J'prétends pas savoir par quoi tu passes ni comment tu vis les choses, mais ne sacrifie pas ton humanité pour la lutte, pas comme moi. Il n'est jamais trop tard."




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Une confidence en entrainant une autre, l'aveu d'Irving  concernant le meurtre de Dalhiatus poussa Juliana à se confier. Elle aussi, elle avait tué, et cela bien avant qu'elle n'intègre le kraken. Irving avait bien compris que la guerre des gangs avait particulièrement affecté son amie mais il n'avait jamais supposé qu'elle puisse avoir commis l'irréparable ce jour là.  Tout devenait nettement plus clair à la lueur de ces révélations. Sa perte de poids fulgurante, son humeur maussade et surtout cette rage qui l'avait poussé à devenir l'instigatrice d'un groupe de résistants violents.

Irving  attrapa son crâne entre ses mains littéralement décontenancé par les dires de la jeune femme. Plus, elle avançait dans son histoire, plus il se sentait mal. C'était tout bonnement impossible de ne pas faire le lien entre les événements qu'ils avaient vécus respectivement depuis un an:  Chaque phrase de Juliana le ramenait plusieurs mois en arrière, dans l'obscurité de la forêt interdite. Elle avait tué elle aussi, dans des circonstances si similaires au meurtre de Dalhiatus qu'Irving semblait plongé dans une mise en abime. Leurs deux expériences étaient si étroitement semblables qu'il avait du mal à écouter le discours de son amie jusqu'au bout.  Il pouvait le sentir dans les tremblements de ses jambes, dans la moiteur de ses mains. Il perdait tout contrôle. La mention des doloris encaissés par Joël et Roy lui tirèrent un haut le corps qu'il réprima difficilement. Il allait vomir. Lui aussi, il se souvenait des hurlements déchirants de Nora et de la colère aveugle qui l'avait animé en attendant ses suppliques. Tout dans les paroles de Juliana lui rappelait le moment qu'il avait cherché à oublier depuis des mois. Il n'avait qu'une envie: Se boucher les oreilles, comme un enfant apeuré par une horrible histoire d'épouvante... Pourtant il savait au plus profond de lui que rien ne pouvait être plus terrifiant que ce qu'il avait déjà vécu.  Il pensait avoir réussi à faire le deuil de cette expérience en s'investissant corps et âme dans le projet de Mallowsweet mais il était forcé de constater aujourd'hui qu'il n'avait pas encore réussi à tourner la page.

Il suffisait de voir Juliana si sereine en évoquant ces souvenirs. Elle n'était pas détachée - au contraire-  elle semblait avoir pris  un recul énorme sur la situation dans laquelle elle se trouvait, analysant chaque phase par lesquelles elle étaient passées.  Irving se sentait bien incapable de faire le même travail sur lui-même. Tout ce qu'il avait réussi à faire c'était d'appliquer la politique de l'autruche. Etait-ce la solution ?  

C'était en tout cas ce qui lui avait permis de ne pas devenir fou. Juliana avait beau lui dire qu'il ne devait pas s'endurcir de la sorte il savait en son for intérieur que ce blindage l'avait sauvé de lui-même: Il était trop tendre, trop prompt à se juger sévèrement et à se culpabiliser pour la moindre bricole alors comment pouvait-il sincèrement survivre après avoir pris la vie ?Cet endurcissement c'était révélé nécessaire tant il était incapable de relativiser une situation comme Juliana semblait le faire.

"Tu comprends pas...articula-t-il difficilement, j'sacrifie pas mon humanité pour la lutte comme tu dis, j'le fais pour ma survie. Pour ma santé mentale. Tu penses sérieusement qu'si j'm'étais pas blindé j'aurais pu vivre tranquillement avec l'idée d'avoir tué quelqu'un  ?! " s'emporta-t-il.
"Putain Julia ! tu m'connais, j'ai un cœur en guimauve,  j'uis bêtement attendri par la veuve et l'orphelin alors tuer un mec ? cracha-t-il avec amertume, Si j'y penses trop ça m'rend fou, tu vois, fou... J'm'interdis d'penser à tout ça: A Aaron Finnigan lobotomisé à Skye, à toi qui disparait pendant trois mois et que je crois morte, à Klemens qui n'est plus là..."

Il se tut et désigna du regard le tremblement de ses mains  posées sur la table.

"Tu vois ce que ça m'fait ?"

Il poussa un soupir et reprit:

" J'peux pas rester celui qu'j'étais avant parce qu' j'serai dangereux pour moi, pour ceux qu'j'aime, pour tous les membres d'la résistance. Mon humanité, comme tu dis, c'est ma plus grosse faiblesse. J'peux pas m'encombrer de ça... J'aimerai pouvoir prendre autant de recul que toi sur ce qui m'arrive mais... C'est impossible. Pas tout d'suite. Pas temps qu'la Milice est à mes trousses ni qu'Marchebank est au pouvoir."

Son palpitant semblait retrouver un rythme normal aussi reprit-il d'un ton plus mesuré.

"J'envie ta maturité... vraiment ...mais j'pense qu'on fonctionne pas pareil. Que Roy t'ait rendu goût à la vie c'est vraiment super mais pour moi, dans ce contexte,  Nora est autant un atout qu'une faiblesse. Je l'aime et elle me rend tellement heureux mais j'suis terrorisé à l'idée qu'tout ça s'termine mal pour nous..."

Que l'un des deux craque. Que l'enquête de la Milice aboutisse. Qu'ils soient arrêtés, jugés, emprisonnés à skye et lobotomisés, comme tant d' autres.

"On est une génération sacrifiée, Julia, quoique tu penses, on peut pas tout avoir. Je suis persuadé qu' mes choix sont guidés par une cause noble - j'espère en tout cas- et j'mets tout en œuvre pour rendre la vie meilleure autour de moi... "

En acceptant à Mallowsweet des résistants en cavale par exemple. En participant activement au réseau de résistance.

"Mais je connais le prix à payer. Le prix du sacrifice. Et j'sais qu'j'vais devoir régler la note...j'la paye même déjà... et toi aussi."



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Le malaise d'Irving était nettement perceptible, que ce soit dans ses gestes, sa tête qu'il prenait dans ses mains, ses doigts qui tremblaient ou dans ses propos et cette vision chamboula Juliana par effet de miroir. Elle se sentait paradoxalement désolée, au-delà des mots, pour Irving et ce qu'il traversait, et soulagée d'entrapercevoir ce coeur en guimauve qui était le sien. Une vague de compassion, de tristesse et d'affection l'envahit, si intense qu'elle en eut le coeur au bord des lèvres. Depuis quand n'avait-elle pas ressenti cela ? Elle aurait été bien incapable de s'en souvenir, mais c'était bien pour cela qu'elle aimait Irving. Pour sa capacité à la toucher sans même qu'il s'en rende compte, pour la justesse et la sincérité de ses propos, de ses actes.

Il n'y avait rien à redire à ses dernières paroles, à l'accent définitif et résigné. Juliana ne savait que dire de toute manière, perdue comme elle était, à essayer de trouver un sens à ce qui n'en avait pas. Submergée par l'émotion, elle se leva de son banc et s'élança vers Irving pour le serrer contre elle de toutes ses forces, tentant ainsi d'étouffer ses propres tremblements. Elle resta un long moment contre lui, à papillonner des yeux pour refouler les larmes qui embuaient ses pupilles claires, et à tenter de lui insuffler un peu de courage. Oui, ils étaient sacrifiés, ils n'avaient plus d'avenir, mais ils étaient encore en vie, non ? Ils pouvaient encore ressentir, aimer et agir pour ceux qui suivaient. Elle tira elle-même du réconfort dans cette étreinte, dans la chaleur d'Irving et son souffle qu'elle sentait dans son cou, et elle fut heureuse de l'avoir retrouvé. Il était peut-être désespéré, peut-être endurci, peut-être meurtrier, mais c'était toujours Irving au fond de lui. Et c'était de cet Irving là qu'elle se souviendrait s'il disparaissait un jour, comme tant d'autres avant lui.

Lorsqu'elle se sentit un peu plus maîtresse d'elle-même, Juliana s'écarta et lui adressa un maigre sourire d'excuse pour ce brusque câlin. Joel, sans doute conscient de la charge émotionnelle de la pièce, s'était éclipsé. Elle lui en fut reconnaissante, il était déjà suffisamment témoin de ses accès de faiblesse.

Regagnant son banc, elle observa Irving un instant en se demandant que dire. Lui non plus ne comprenait pas. Elle n'était pas mature, elle avait simplement atteint un point de rupture... Mais comment auraient-ils pu se comprendre ? C'était une douleur si intime, si profondément personnelle que la similarité de leurs parcours n'y changeait pas grand chose. Prendre une vie, c'était se retrouver seul face à soi-même pour le reste de ses jours.

Au bout du compte, il avait raison, mais ce n'était pas ce qu'elle avait besoin de se dire. Juliana devait croire qu'il leur était encore possible de renverser la vapeur et d'améliorer un peu ce monde, de gagner la guerre ou d'apporter du bien autour d'eux. Pas pour se racheter ni réparer l'irréparable, mais pour s'assurer que leurs sacrifices soient les derniers.

"Oui on est une génération sacrifiée, et j'ai bien conscience que les choses ne seront jamais plus comme avant. On risque de mourir avant la fin, et pour ceux qui survivent, ce sera ça, survivre. Essayer de continuer jour après jour après avoir..."

Elle laissa sa phrase en suspend et lança un regard à travers la fenêtre. Dehors, le ciel bleu électrique et le soleil estival semblaient se jouer d'eux et de leur vie misérable. Pourraient-ils encore apprécier un jour la simplicité d'une après-midi d'été ? Détournant les yeux, elle ajouta :

"Mais j'ai besoin de croire que si je m'en sors, ça sera pour voir la génération suivante vivre libre et insouciante. J'ai besoin de donner du sens à ce sacrifice, quitte à être sacrifiée, autant que ça soit pas pour rien ! J'ai besoin d'espoir Irving, l'espoir de pouvoir faire encore quelque chose de bien, même s'il est complètement illusoire ! Sinon autant avaler tout de suite une fiole de poison", souffla-t-elle en soutenant difficilement son regard. "C'est peut-être stupide, mais ça m'aide à me lever le matin..."



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Irving ne chercha pas à se dérober lorsque Juliana contourna la table pour venir l'enlacer. Au point où il en était, il ne pouvait plus faire croire qu'il n'était pas réellement affecté par tout ce qui leur arrivait. Il faisait face 90% du temps mais au fond il n'était pas contre un peu de réconfort.  Il avait parlé en toute sincérité aujourd'hui, dévoilant son histoire, ses doutes et ses craintes. Cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Bien sûr il avait évoqué le sujet avec Nora mais, même avec elle, il essayait de ne pas paraitre aussi paniqué et pessimiste. Il aurait voulu pouvoir s'ouvrir aussi facilement à sa petite amie -et peut-être le pouvait-il d'ailleurs- mais il s'y refusait.  Une partie de lui estimait qu'il avait entrainé Nora dans la résistance et il était prêt à parier qu'elle n'aurait pas rejoint le mouvement sans lui. Il se sentait responsable de tout ce qui leur était arrivé ces derniers mois, responsable de la faillite de leur univers, et il essayait tant bien que mal de reconstruire sur ses ruines.

Il avait l'intime conviction que la conversation d'aujourd'hui allait l'aider dans cette entreprise. Irving avait retrouvé une amie  et il ne pouvait pas nier que ces retrouvailles lui faisaient un bien fou, en dépit des émotions intenses qu'il avait ressenties quelques instants plus tôt: Une soupape venait de sauter et la pression accumulée des derniers mois s'était enfin envolée. Bien qu'ils ne partagent pas la même vision des choses, Irving se sentait plus apaisé et mieux armé pour enfiler son costume de résistant. Il avait posé des mots sur ce qu'il ressentait au plus profond de lui et cela l'aidait à y voir plus clair. Il n'avait pas encore les mêmes capacités que Julia qui parvenait à prendre un recul incroyable, mais il pouvait simplement dire qu'il se sentait mieux. Il n'était pas assailli par la peur que Juliana révèle son secret, au contraire, il avait l'impression que cet échange leur avait permis de renforcer leur amitié et de sceller une alliance: Ils en savaient trop l'un sur l'autre pour ne pas s'entraider et œuvrer dans le même sens.  

Ragaillardi, il libéra la jeune femme de son étreinte et lui rendit son maigre sourire. Il passa une main dans ses cheveux tout en la suivant du regard alors qu'elle regagnait sa place toujours sous les traits d'Anya. Il était content de l'avoir retrouvé et d'avoir eut cette discussion avec elle. Cela lui permettait de ne pas perdre de vue leur  objectif car elle avait raison: ils se battaient pour quelque chose de plus grand qu'eux, pour un idéal qu'ils ne connaitraient peut-être pas  mais auquel ils aspiraient. Malgré la peur, les doutes et la culpabilité, leur sacrifice devait avoir du sens, Julia l'avait compris tout comme Irving.

" J'ai besoin d'espoir moi-aussi, souffla-t-il en réponse à sa tirade, et j'fais d'mon mieux pour en donner aux autres- Même si, j'te l'accorde, ça c'est pas trop vu aujourd'hui-, corrigea-t-il avec un sourire contrit, Mallowsweet n'est pas qu'une Auberge, tu sais, c'est un maillon de la chaine. On accueille des résistants en cavale, des personnes recherchées par la Milice... J'pense qu'y a quelque chose à construire avec ton histoire de soupe populaire. On pourrait collaborer... ensemble, tous les trois."

Irving balaya la pièce du regard à la recherche de Joël qui s'était éclipsé.

" Tu vois, on a fait peur à Alyssa avec notre débauche de sentimentalisme dégoulinant !" lâcha-t-il d'un air faussement contrarié. Le recours à l'humour pour clore un sujet délicat était une parade qu'Irving avait usité de nombreuses fois. Il était toujours le même au fond, semblait vouloir dire cette phrase, alors qu'il adressait un regard complice à son amie.



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Un sourire las et soulagé s'étira sur les lèvres de Juliana quand Irving finit par le rejoindre sur ce dernier point. Elle se sentait vidée, épuisée même, par cette conversation mais elle sentait qu'elle lui avait fait beaucoup de bien. L'isolement et l'abattement dans lequel Joel et elle vivaient depuis quelques mois finissait enfin à s'atténuer, et même s'il lui fallait répondre de ses actes, même si elle devrait certainement le faire toute sa vie, Juliana était soulagée de retrouver un semblant de normalité. Le parcours d'Irving, et ses ressentis, tant ceux qui se rapprochaient des siens que ceux qui s'en éloignaient, étaient comme un miroir sur sa propre vie et Juliana réalisait à présent qu'elle avait besoin de cela. Découvrir qu'un autre pouvait connaître les mêmes tourments et les mêmes dilemmes, même s'il y répondait différemment, la tirait de sa solitude bien mieux qu'un bain de foule.

Maintenant que le moment émotions était passé, ils revinrent tout naturellement à leur premier sujet de conversation. La remarque d'Irving sur la disparition de Joel lui tira un petit rire amusé :

"Je parie qu'il est en train d'inspecter ton auberge sur toutes les coutures. Déformation professionnelle !"

Elle comptait bien faire un compte-rendu à Joel plus tard des informations qu'Irving pourrait lui apporter. Comme ils l'avaient supposé, cette auberge recelait certains secrets, et il s'agissait bien de l'un des rouages de la résistance. Maintenant que tout avait été dit, Irving ne semblait pas contre l'idée d'un partenariat avec leur propre restaurant, ce qui la ravit.

"Alors, qu'est-ce que vous avez prévu exactement pour cet endroit ?", s'enquit-elle en promenant son regard sur les lieux. "Dissimuler des personnes recherchées, des résistants ? Et vous voyez ça plutôt comme un point de chute temporaire, en attendant de les transférer ailleurs ? Ou bien vous avez des chambres cachées aux yeux de la milice, peut-être ? C'est vrai que des personnes dans ce cas, on risque d'en croiser un certain nombre avec notre soupe populaire... Ca pourrait être intéressant de former une sorte de réseau d'entraide. Vous allez faire ça en lien avec la Salamandre, d'autres mouvements de résistance, ou bien de façon indépendante ?"

Son esprit recommençait à tourner à plein régime, alors qu'elle réfléchissait aux modalités de cette coopération. Marchebank et ses sbires verrouillaient les villes, accroissant peu à peu leur contrôle sur un territoire toujours plus vaste. Que ça soit les services publics, avec l'hôpital, l'école, le ministère ou le CAFE, ou bien les lieux de détente et de distraction, la banque, les commerces, les stades... Il devenait de plus en plus compliqué pour un sorcier soupçonné de trahison ou, pire, recherché, d'échapper à la surveillance du FREE.

Mais ils n'étaient pas impuissants face à cela. La mafia n'était pas seule à pouvoir contourner la loi et les espaces très contrôlés du FREE. Toute une économie, et même une société parallèle de la résistance pouvait se mettre en place. Elle pouvait naître et se développer au nez et à la barbe de la dictature, jusqu'au jour où elle serait assez forte, étendue et persuasive pour émerger au grand jour et renverser l'ordre établi... La dictature se reposait sur la peur, peur de la transgression, des débordements, de la révolte. Mais la résistance pouvait se mettre à saper cette peur, en offrant un appui et un refuge à ceux qui se soulevaient contre l'oppression ou en étaient les victimes, en fournissant d'autres alternatives. Redonner de l'espoir, aux autres, s'ils ne pouvaient se l'insuffler à eux-mêmes. Voilà qui serait déjà un bon début.



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Dans la résistance, il n'y avait pas de place pour le doute: Il s'agissait d'être sûr de soi, de maitriser la situation ou, plus vraisemblablement, de faire croire que c'était le cas. Les cadres de la Salamandre n'étaient pas très enclins à parler d'état d'âme ou du ressenti de ses membres. Poser des mots sur les épreuves qu'il avait traversé depuis quelques mois, sur ses incertitudes et sur son mal être, soulagèrent Irving. Avant, il avait Klemens pour évoquer ces sujets là mais depuis la mort de son ami, il avait été contraint de garder ses sentiments  pour lui. Merlin seul savait à quel point c'était difficile pour l'ancien Gryffondor qui avait toujours été très enclin à la confidence !

Aussi,  le fait de partager son expérience avec Juliana fut une véritable source de réconfort et il fut plutôt soulagé de voir qu'il n'était pas seul à nager dans cette océan d'incertitude, ni le seul à proposer des solutions pour que tout cela s'arrange. En effet, Juliana semblait prête à tisser une collaboration entre sa soupe populaire et l'auberge  en respectant les conditions fixées précédemment par Irving. Le moment était venu de tisser les grandes lignes de cette entraide. Enfin du concret:

"L'auberge est un lieu-sûr pour des résistants recherchés en attente de transfert, confirma-t-il avant d'expliquer, au sein de la Salamandre il y a deux types de planque: Les planques d'urgence et celles de transition. L'Auberge appartient à la deuxième catégorie. En gros, j'accueille des sorciers, qui comme toi, ont déjà changé d'identité et qui sont en attente d'exfiltration vers l'étranger. Ils sont considérés comme des clients normaux - pas d' chambres cachées ou quoique ce soit d' ce genre- Plutôt que de les dissimuler dans des caves on les montre aux yeux de tous, à eux d'savoir jouer les caméléons..."

Irving se tut en repensant à la visite d'Esteban et de son beau-frère Nahuel quelques jours plus tôt.

"Vu ces conditions, j'me réserve le droit d'refuser l'hospitalité à quelqu'un. Il faut que je sente que la personne est capable de créer l'illusion et surtout qu'elle soit prête à l' faire. Elle doit pouvoir se  fondre dans l'paysage sans créer d' vagues."

Il avait eu de gros doutes sur les capacités de Darren O'Connor à s'adapter mais la situation dans laquelle se trouvait le sang-pur  était tellement catastrophique qu'elle avait eu raison de ses prétentions. Contre toute attente, Michèle était plutôt crédible même si elle supportait plutôt mal les avances lourdingues des hommes...

"Si j'ai pas un bon feeling, j'prends pas. " finit-il par dire  en secouant la tête. "C'est chez moi ici, j'suis pas prêt à tout risquer pour quelqu'un qui s'rend pas compte des risques que j'prends."

Il était catégorique sur ce point -ami ou pas.

"Après j'sais pas comment on peut collaborer toi et moi. Est-ce que vous êtes en mesure de fournir une nouvelle identité aux sorciers en danger que vous rencontrez à la soupe populaire ? Si c'est pas l'cas, la Salamandre peut l'faire  et à c'moment là je sers juste d'intermédiaire entre toi et un cadre de la résistance. Les gens qu'vous repérez passent entre les mains d' la Salamandre pour changer d'identité et reviennent vers moi ensuite..."

Irving haussa légèrement les épaules et reprit:

"Ou alors vous avez déjà des contacts pour le changement d'identité -Enfin, c'est clair que vous en avez déjà,
dit-il en parcourant la nouvelle enveloppe corporelle de son amie du regard, mais j'sais pas si vous pouvez en faire profiter des étrangers..."

Il interrogea la jeune femme du regard afin de savoir comment elle envisageait les choses de son point de vue.



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Les coudes posés sur ses genoux, penchée en avant comme pour mieux entendre ce qu'Irving avait à lui dire, Juliana l'écoutait avec une impatience non dissimulée. Après plusieurs mois coupés de la résistance, c'était un vrai soulagement d'entendre enfin parler des actions qui étaient menées, même si ce n'était pas celles du Kraken ! La dictature prenait tant d'ampleur qu'il était parfois difficile de croire, lorsque l'on n'était pas au contact de la résistance au quotidien, qu'il existait des gens pour se révolter contre cette oppression croissante. Et pourtant si, Irving en était la preuve vivante - la résistance était encore là.

Elle ponctua les paroles d'Irving de hochements de tête approbateurs, tout en réfléchissant à la forme que prendrait leur collaboration. Tout était imaginable désormais, puisque Joel et Juliana repartaient de zéro - même collaborer avec leurs anciens collègues de résistance qui ignoreraient leur identité... De toute façon, son passage à la Salamandre avait été bien trop rapide pour qu'elle ait eu le temps de s'y faire des ennemis.

Le système mis en place par Irving lui sembla astucieux, et elle fut heureuse de constater que la Tortue Repue s'inscrirait dans la même logique. Juliana croyait encore au système de la pieuvre - plus la résistance avait de tentacules et plus il serait dur pour le régime de les sectionner...

Un sourire sibyllin apparut sur ses lèvres à la dernière question d'Irving.

"Non, nous ne pourrons pas en faire profiter des étrangers. Joel et moi avons pu bénéficier d'un enchantement très puissant, une magie que les aurors ne maîtrisent pas et qui permet d'échapper à tous leurs systèmes de sécurité classique. Au début, nous utilisions le polynectar mais la milice a commencé à tester des espèces de portiques dans les rues de Manchester qui dévoilent ce type d'astuces. Joel a bien failli y passer, alors on s'est dit qu'il fallait passer au niveau supérieur, et on a fait jouer les relations de Roy..."

Un certain malaise l'envahissait toujours à l'idée qu'elle portait sur elle un artefact envoûté de magie vaudou. Juliana ignorait totalement qui était à l'origine de cet enchantement, et ce qu'il en avait coûté de le lancer, mais la réputation de la magie vaudou était telle qu'elle préférait encore ne pas savoir. Tout ce que lui avait dit Roy, c'était que des effets secondaires étaient à envisager. Pour l'instant, à part une humeur fluctuante, elle n'en percevait aucun sur elle, mais il en allait différemment de Joel. Son meilleur ami avait beau le nier, elle sentait que sa nouvelle identité n'était pas sans lien avec le fait qu'il ait laissé tomber sa réserve. Plus assuré, plus déterminé, plus impitoyable peut-être, Joel s'attachait à prendre une place de leader qu'il ne tenait pas à prendre auparavant. Certes, les événements des dernières semaines l'expliquaient volontiers. Après tout, il avait suivi Juliana aveuglément jusqu'à l'échec, aussi elle comprenait et acceptait qu'il ait envie de prendre les choses en main, cette fois... Mais elle le connaissait suffisamment bien pour détecter un changement d'une autre nature, plus subtil. Pour autant, elle ne s'en inquiétait pas outre mesure, car quel autre choix avaient-ils ? Ces bijoux était leur gage de tranquillité, le seul moyen pour eux de continuer le combat au nez et à la barbe de la milice, se baladant impunément dans les rues de la seconde ville du pays.

"Je ne sais même pas comment il a récupéré ça et c'est assez dangereux, donc nous ne pouvons pas généraliser le processus, malheureusement", dit-elle en haussant les épaules. "Nous pouvons fournir du polynectar ou des sorts classiques de dissimulation à nos réfugiés le temps de les amener à la Salamandre qui dispose peut-être de moyens plus pérennes de changer leur identité. Ensuite, ils pourraient séjourner chez toi en attendant l'exfiltration. Sauf s'ils décident de rejoindre les rangs de la résistance, auquel cas la Salamandre ou nous pourrions les récupérer..."

Car s'ils pouvaient faire grossir les rangs de la résistance, autant en profiter, n'est-ce pas ?

"En tout cas, si tu peux jouer ce rôle d'intermédiaire entre eux et nous, c'est parfait. Et je comprends tout à fait que tu te montres prudent quant aux personnes que tu acceptes, de mon côté je m'engage à faire ce tri là aussi avant de t'envoyer quelqu'un - mieux vaut deux filtres qu'un ! Après, nous pourrons toujours imaginer d'autres moyens de coopération au fil du temps, au cas-par-cas et en fonction des situations. Et... si jamais un jour, Nora et toi êtes en difficulté, n'hésite pas à me contacter. Si pour une raison ou pour une autre tu ne peux pas rejoindre une planque de la Salamandre, nous aussi, on peut servir de planque d'urgence", ajouta-t-elle avec un sourire tranquille. Mieux valait avoir trop d'options que pas assez... "Idéalement, il nous faudrait aussi un moyen de communication sécurisé, qu'est-ce que tu en penses ?"




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Irving hocha la tête en écoutant les explications de Juliana. Elle ne pouvait pas offrir de nouvelles identités aux résistants mais elle avait d'autres projets sur le feu. Elle avait bien pensé tout ça d'ailleurs et adapté ses actions à l'évolution de la situation. Il savait que Juliana n'était pas une amateur dans le domaine de la résistance -après tout, elle était la co-fondatrice du Kraken - mais il ne pouvait que constater son professionnalisme et sa débrouillardise. Alors qu'elle était recherché par tous les Miliciens du pays, elle avait réussie à changer d'identité, monter une entreprise et vivre comme n'importe quel individu lambda. Elle forçait l'admiration.  Nul doute que les cadres de la Salamandre apprécierait de travailler avec quelqu'un comme elle. Même si elle était un réelle danger pour les organisations résistantes si elle se faisait prendre sous sa véritable identité, elle n'en restait pas moins un membre particulièrement efficace dont la résistance ne pouvait résolument pas se passer.

"J'ferais l'intermédiaire, dit-il posément, Dès d'main j'solliciterai une entrevue avec les chefs pour leur parler d'la soupe populaire d'Anya et Alyssa.  J'leur dirais qu'vous êtes prêts -enfin prêtes- à recruter des personnes pour l'compte de l'organisation. Ils vous solliciteront surement pour un rendez-vous alors j'compte sur toi pour qu'il n'y ait pas de vagues et pour qu'Roy  soit jamais au courant d'tout ça, souffla-t-il en baissant les yeux sur la table, j'ai déjà fait assez parler d'moi au sein d'l'organisation, tu sais."

Et il ne voulait pas être celui qui introduirait Voldemort à Poudlard ! Il lui arrivait déjà de penser qu'il n'avait pas été éjecté de la Salamandre uniquement parce que les cadres voulaient le garder à l'œil et éviter qu'il ne commette une nouvelle bévue alors il comptait sur son amie pour qu'elle joue le jeu.

"Pour ce qui est d'la communication, il nous faudrait un objet enchanté par nos soins, afin d'éviter l'réseau d'cheminette et les patronus. Avec les nouvelles normes de sécurité, tout est archi surveillé, grogna-t-il en faisant tourner sa bouteille de gobière vide sur la table, cela pourrait être un objet qu'on a constamment sur nous, comme un bijou ou des clefs..." suggéra-t-il.

Les deux amis échangèrent encore de longues heures sur les détails de leur collaboration future et se fut seulement aux premières lueurs du jour qu'ils se quittèrent pour aller se coucher. Irving ne trouva pas immédiatement le sommeil et il tourna longtemps dans son lit avant de s'endormir. Il espérait avoir fait les bons choix ce soir en révélant le meurtre de Dalhiatus à son amie et en l'introduisant avec Joel dans le cercle fermé de la Salamandre. L'avenir lui dirait surement très prochainement s'il avait eu raison ou tord...

Fin du RP



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