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 "La vérité politique, c'est de la vérité diluée à l'acétone" [Isobel & Sasha]

Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Lundi 1 Mai

Il était aux alentours de dix-sept heures au Ministère de la Magie et le service communication connaissait un regain d'activité, comme chaque jour à cet horaire. L'après-midi, les employés naviguaient entre leurs différentes réunions et les autres Départements. C'était sur les coups de la fin d'après-midi qu'ils rentraient faire le bilan et préparer la journée et les interventions du lendemain. L'open-space était donc très bruyant, les employés échangeaient par dessus les cloisons, les Cheminettes s'allumaient de manière intempestive pour laisser apparaître des visages, la salle de réunion numéro deux laissait entendre une dispute au sujet d'une intervention radio ratée pour un secrétaire d’État. Au milieu de toute cette cacophonie, Isobel avait trente minutes de retard sur son rendez-vous, ce qui n'arrangeait pas son humeur. Albert et elle sortaient d'une rencontre un peu compliquée au sujet de Leopoldgrad et ils avaient dû encaisser tout le mécontentement des représentants des employés et ce n'était pas glorieux. Les communiquants faisaient de toute manière souvent éponge entre les populations et les gouvernements : ils étaient la position intermédiaire, étaient ceux qui parlaient et l'adage "on ne tire pas sur le messager" était rarement appliqué. Tous les deux un peu contrariés, ils avaient discuté à voix basse dans l'ascenseur avant de rejoindre le niveau un et de pousser les portes vitrées qui les séparaient du service. La différence sonore avec le couloir feutré - merci le sortilège d'insonorisation - fut brusque et tira un soupir à Isobel tandis que plusieurs de leurs collègues les rejoignaient déjà pour parler du dossier de la dernière intervention d'Andrew Shark, de la soirée caritative de la Première Dame à venir, de cette gaffe du sous-directeur des Sports Magiques au sujet des loups-garous. De plus, demain était la date anniversaire de la Bataille de Poudlard et la communication serait sur tous les fronts.

Le temps qu'elle réponde à tout le monde et programme une réunion de crise le lendemain pour le dérapage sur les loups-garous, comme l'appelait déjà la presse, une demi-heure était passée et elle avait une heure de retard sur son rendez-vous. Soupirant, elle traversa l'open-space pour rejoindre la petite salle d'attente attenante. A l'image du reste du service, celle-ci était claire et élégante - si on exceptait cette horrible moquette - pleine de fenêtres amenant de la lumière faussement naturelle sur les lieux. Des petites banquettes, des magasines sur la table basse, quelques plantes en fleur. Avant d'ouvrir la porte, Isy prit le temps de passer une main dans ses cheveux, de lisser un peu son joli chemisier en dentelle blanche. Elle poussa la porte avec un sourire pour aviser la jeune Sasha Benson, son rendez-vous de dix-sept heures. Elle n'avait pas vraiment l'habitude de recevoir des adolescentes, plutôt des personnalités politiques, mais dans quelques temps, cette jeune fille au visage angélique ferait la une de tous les journaux - dès que son nom aurait fuité et cela n'allait plus tarder - et le Ministère avait tout intérêt à contrôler cette fracassante arrivée médiatique.

- Miss Benson ? Isobel Lavespère, chargée de communication. Excusez mon retard, je vous prie, je me doute que vous avez d'autres choses à faire mais le Ministère est très occupé en ce moment avec les commémorations de demain. Si vous voulez bien me suivre...

L'affaire que le service avait à gérer était plutôt délicate : mettre en avant le rôle du Ministère dans les évènements qui avaient mené à la mort d'Ana Sorden quelques jours plus tôt, sans pour laisser de brèche à l'idée qu'ils avaient pu faire une faute - après tout, elle était morte - et sans qu'on ne puisse entièrement remettre en cause la sécurité de Poudlard, puisque cette enfant était censée être scolarisée. Bref, un vrai jeu d'équilibriste. Tout cela ne se jouerait pas dans les communiqués de presse qui avaient été publiés et ceux qui le seraient mais dans la version que la jeune Sasha allait donner à la presse. Pour le moment, le secret de l'enquête faisait que son nom n'était pas connu mais il était certain que cela éclaterait avant la fin de la semaine et que les journalistes de la trempe de Mildred Magpie se jetteraient dessus pour obtenir des informations juteuses.

Isobel guida la jeune fille jusqu'à la porte de son bureau. Elle avait la chance d'en avoir un petit sur les côtés. Elle avait été dans l'open-space pendant quelques années mais ses promotions lui avait permis d'en sortir et elle n'était pas mécontente : elle préférait travailler dans le silence. De toute manière, elle gérait maintenant des cas bien trop délicats - Skye, notamment - pour que ses dossiers puissent rester à la vue de tous. Elle refermât la porte, coupant court aux débats politiques agités qu'on entendait et invita la jeune fille à s'assoir sur la chaise en face de son bureau tandis qu'elle en faisait le tour, s'appuyant contre ce dernier.

- Puis-je vous offrir quelque chose à boire ? Du thé, du jus d'orange, de l'eau... un café ?

Elle l'observait très attentivement depuis qu'elle l'avait rencontrée, pour essayer de la situer. Elle n'avait pas encore eu le temps d'analyser son aura en détails mais elle en percevait des pulsions relatives, une certaine confiance, presque un peu d'arrogance. Couplé à cela la manière dont elle se tenait, s'habillait, la regardait, Isobel présumait que malgré ses quatorze ans, Sasha Benson n'aimait pas être prise pour une enfant. Cela faisait aussi de son métier d'appréhender les gens, pour savoir comment les convaincre au mieux, quelle stratégie adopter avec eux et comment les présenter à la population. Une image ne se construisait pas de rien, il fallait toujours une base et c'était leur rôle d'ajuster au mieux. Souriante, Isy apporta son rafraichissement à Sasha avant de s'assoir en face d'elle, les mains croisées.

- Tout d'abord, Miss Benson, le Ministère vous présente ses plus sincères excuses pour les évènements tragiques que vous avez vécu. Nous allons nous assurer que la lumière sera entièrement faite sur cette histoire.

Ça, c'était pour l'usage. Mais ce n'était pas le fond de cet entretien.

- Je suis ici pour voir avec vous les suites de ces évènements. Vous n'êtes pas sans savoir qu'Ana Sorden est un personnage extrêmement médiatisé et que la presse va chercher à obtenir de vous des informations. Moi et le Ministère sommes là pour s'assurer que vous saurez réagir au mieux à ces sollicitations.


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Un exemplaire du Gringott's Time du mois dernier posé sur les genoux, Sasha fixait sans la voir la moquette hideuse de la salle d'attente dans laquelle elle patientait depuis bientôt une heure. Le silence pesant et le calme qui régnait dans la petite pièce n'étaient pas parvenu à apaiser la tempête qui s'agitait dans son esprit, bien au contraire. Doutes et questions se bousculaient dans le cerveau de la jeune Serpentard qui ne savait pas comment aborder l'entrevue qui l'attendait.

Comme souvent, l'adolescente avait tout misé sur ses airs de petite fille modèle. Quoi que le Ministère puisse avoir à lui reprocher, il serait certainement plus indulgent avec une fillette angélique. Honnêtement, Sasha espérait plutôt recevoir des félicitations, mais elle se doutait bien qu'elle n'avait pas été convoquée au Ministère pour se faire remettre une boite de chocogrenouilles et transmettre les meilleurs sentiments du Ministre de la magie. Il y avait des hiboux pour cela. Si le service de communication avait insisté pour la recevoir -un jour de cours !- c'était qu'ils avaient des choses bien plus importantes à discuter.

Ce qui la rassurait -autant que cela l'intriguait- était le fait que cette entrevue ait lieu avec le service de communication, et non avec les employés du département de la justice. Elle avait déjà parlé aux Aurors, à la Police Magique et à tout une batterie d'enquêteurs diverses, en faisant toujours très attention à être parfaitement cohérente, ce qui était facile quand sa version était si proche de la réalité. Aurait-elle commis une erreur ? Refusant de se laisser envahir par l'inquiétude alors que cet entretien n'était certainement qu'une formalité, Sasha secoua la tête et tenta de se replonger tant bien que mal dans la lecture du Gringott's Time. Elle les empruntait régulièrement à la bibliothèque de Poudlard mais était souvent obligée d'attendre plus d'une semaine après leur parution car un autre élève de sa maison -elle soupçonnait Dave Marchebank- les réservait toujours avant elle.

La Serpentard venait de récupérer le fil de sa lecture quand la porte de la salle d'attente s'ouvrit enfin sur une jeune femme à l'allure très élégante qui se présenta comme Isobel Lavespère, chargée de communication. Sasha trouvait que cela sonnait plutôt bien, comme titre. Elle se voyait assez bien se présenter de la sorte elle aussi, un jours. Elle adressa un sourire poli à ladite Isobel et la suivit vers son bureau.

"Bien sûr, je comprends bien !" répondit-elle quand cette dernière s'excusa de son retard en mentionnant les préparatifs de la commémoration du 2 Mai.

Sasha aurait aimé pouvoir passer des heures dans l'espace bourdonnant qu'elles traversèrent en quittant la salle d'attente. Des bureaux de partout, des cheminées qui crépitaient sans arrête et des dizaines de personne qui échangeaient d'un bout à l'autre de la pièce sur des sujets certainement passionnants. L'adolescente ouvrit grand ses yeux et ses oreilles dans l'espoir de capter la moindre petite information mais n'entendit qu'un sorcier chauve de plaindre d'une gaffe que quelqu'un aurait fait à propos des loup-garous. Il lui semblait bien avoir lu quelque chose là-dessus dans la Gazette du jour.

Elles quittèrent trop rapidement cette mine d'informations pour se retrouver dans un bureau beaucoup plus calme, et Sasha sentit son inquiétude refaire doucement surface. Elle tenta de se raisonner -elle n'avait rien à se reprocher après-tout !- et prit place sur le siège qu'Isobel lui désignait.

"Un thé, s'il-vous-plait, merci."

Elle n'avait pas réellement soif mais cela lui permettrait de prendre des pauses et de réfléchir à ses réponses si jamais cela s'avérait nécessaire. L'adolescente attrapa la tasse que la jeune femme lui tendait et la remercia chaleureusement. Elle but lentement une gorgée du liquide brûlant tandis qu'Isobel lui présentait les excuses du Ministère pour ce qui lui était arrivé.

Bien vite, la chargée de communication en arriva à l'objet de leur entretien et Sasha retint un soupir de soulagement. Le ministère souhaitait seulement s'assurer qu'elle raconte ce qu'il fallait aux journalistes qui ne manqueraient pas -elle l'espérait- de se jeter sur elle dès que son nom aurait fuité. A vrai dire, elle était assez impatiente de donner ses premières interviews, elle qui avait toujours rêvé de voir son nom dans les journaux. Elle devinait que le Ministère devait avoir des consignes assez précises pour elle mais elle décida de jouer l'enfant innocente, à des lieux d'envisager toutes les manières dont on pouvait manipuler et utiliser une information si précieuse.

"Oh, je ne raconterai pas de bêtises, je ne me le permettrai pas ! répondit-elle d'une petite voix. Je ne dirai que la vérité. Elle était à deux doigts d'ajouter un battements de cils innocent mais cela aurait été de trop. Je ne dirai rien qui ne figure pas déjà dans les communiqués officiels, si vous souhaitez garder certains éléments confidentiels. Je préférerai ne pas trop avoir à reparler de tout ça, de toute façon..." acheva-t-elle en baissant les yeux, presque gênée.

Elle ferait, de toute façon, tout ce que le Ministère lui dirait de faire. C'était sa parole contre la leur et elle n'avait aucun intérêt à créer une pseudo polémique en allant contre les dires du Ministère, quels qu'ils soient. Mais elle ne préférait pas affirmer dès à présent qu'elle était prête à mentir s'il le fallait. Elle ignorait tout des intentions du service de communication, et préférait conserver une image de fillette honnête et un peu dépassée par les évènements.



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Sasha ne se doutait pas de toute l'attention avec laquelle Isobel l'écoutait. Évidemment, elle la regardait dans les yeux, hochant la tête à ses propos, semblant toute attentive au moindre de ses mots et en soi, elle l'était. Mais cela dépassait la simple discussion, en réalité, elle examinait avec attention ce qu'elle percevait de l'aura de la jeune fille, dénichant quelques précieux éléments de personnalité. Elle était indépendante, un peu farouche, confiante, ambitieuse. Les gens ne réalisaient pas toujours ce qu'on pouvait trouver quand on savait chercher dans ces auras, quand on maîtrisait cette vieille magie. Évidemment, ce n'était pas une biographie, ce n'était pas redoutablement précis ou infaillible mais cela vous aidait à cerner quelqu'un de manière assez rapide. Certains sorciers occidentaux y étaient même sensibles sans le réaliser : ils se pensaient juste perspicaces. Mais ce n'était pas une coïncidence si Isy était si douée dans son métier, parfois, c'était aussi parce qu'elle se servait des outils à sa disposition. C'était important de cerner quelqu'un pour trouver la meilleure approche pour l'amener à suivre les conseils du Ministère, toujours bien rodées lorsqu'il s'agissait de campagnes de communication. En analysant l'aura de Sasha, Isobel choisissait son plan d'attaque pour obtenir ce qu'elle voulait... Et cela passait par donner à la jeune adolescente ce qu'elle voulait elle.

- Je me doute bien, répondit Isy quand Sasha affirma qu'elle ne raconterait jamais de "bêtises". Elle ne le ferait pas parce que personne en lui en laisserait l'occasion, c'est bien pour cela qu'elle était là, et aussi parce qu'elle avait beaucoup à perdre et Isobel était persuadée qu'elle en était consciente.

Elle ouvrit le dossier concernant Sasha, rempli déjà de parchemins envoyés par les journalistes et traitées par les attachées de presse, parcourant la première page des yeux quelque secondes. Elle eut un léger sourire en coin quand Sasha affirma qu'elle préférerait ne pas avoir à reparler de cela, refermant le dossier et posant sa main fine dessus.

- Je vous comprends, il est beaucoup plus tentant de vivre tranquillement après un tel drame, loin de l'attention oppressante de la société... La formulation était volontaire. Est-ce que vous préféreriez que nous prenions en charge toutes les demandes d'interviews qui vous seront faites ? Il vous suffira de nous les envoyer à chaque fois pour que nos attachés de presse s'en occupent. Ainsi, personne ne viendra vous voir.

L'instinct d'Isobel lui disait qu'elle refuserait : Sasha Benson était une ambitieuse et n'avait certainement pas envie de rater une occasion de se faire connaître, de se faire un nom. Elle ne savait pas encore à quoi elle aspirait mais elle trouverait. Après tout, ne disait-on pas dans le milieu qu'il valait mieux une mauvaise publicité que pas de publicité du tout, pour quelqu'un qui aspirait à faire carrière ? Cette occasion-là était d'or et ferait de la bonne publicité à Sasha si elle s'y prenait bien, tous les gens de la communication en avaient conscience et c'était aussi pour cela qu'ils voulaient garder une main dessus : pour que cela profite au Ministère et que la couverture ne soit pas tirée à Sasha, tout en les décrédibilisant. Ils faisaient cela à chaque fois, à chaque affaire qui pouvait leur profiter.

- Vous n'avez qu'un mot à dire.

Elle laissa planer un léger silence avant de reprendre, rouvrant le dossier.

- Néanmoins, si je peux me permettre, je pense que vous êtes une jeune femme - elle avait volontairement occulté le "petite fille" - courageuse et assez forte pour prendre en main son propre destin et sa propre réputation. Je ne pense pas me tromper en disant cela, n'est-ce pas ? Vous n'êtes pas comme les autres adolescentes de quatorze ans. La plupart seraient venues accompagnées de leurs parents.

Elle avait fait son enquête avant de la recevoir et avait trouvé la décision de Justice concernant l'effacement de la mémoire du père de Sasha, pour qu'il oublie tout de la magie, et de sa fille. Elle se souvenait de cette affaire, elle n'avait juste pas fait le lien et avait eu un moment d'arrêt devant la violence de la chose. Elle n'était pourtant pas très portée sur la famille, ou la paternité, mais avoir conscience que son propre père ne se souvenait plus de vous ? Qu'à ses yeux, vous n'étiez plus qu'une parfaite étrangère ? C'était impossible de se sortir de cela indemne. Sasha Benson n'était pas une enfant. Elle n'était plus une enfant depuis longtemps et cette affaire ne faisait pas exception. Que se passait-il pour que tout converge vers cette petite anglaise ? Sa tante Isadora aurait dit qu'à grands malheurs, grands destins. Il suffisait d'attendre pour voir si cela se réaliserait...

- Mais pas vous. Vous savez exactement comment gérer tout cela.


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Sasha dut se faire violence pour ne pas se pencher sur le bureau et jeter un œil à l'épais dossier que son interlocutrice venait d'ouvrir. N'était-ce que des papiers qui la concernaient ? Il y en avait tellement ! Elle se demanda ce qu'ils pouvaient bien raconter et se sentit à la fois assez fière et terriblement intimidée. Ce n'était jamais agréable de se trouver en face de quelqu'un qui savait tout de vous alors que vous ignoriez tout de lui. D'ordinaire, Sasha préférait de loin être celle qui menait la danse et qui posait les questions -de préférence des questions auxquelles elle connaissait déjà la réponse- mais aujourd'hui elle devait se contenter de suivre la cadence.

Sasha ne réagit pas tout de suite à la proposition d'Isobel, faisant mine d'y réfléchir. Elle ne voulait pas que le Ministère court-circuite tous ses éventuels contacts avec la presse. Elle n'avait pas particulièrement envie de se retrouver en première page de sorcière hebdo ou d'un autre magazine peu sérieux, mais s'il fallait passer par là pour faire connaitre son nom elle n'hésiterait pas. Et elle lisait suffisamment la presse magique pour choisir ses interviews avec un peu de jugeote, en essayant de maximiser sa visibilité.

- C'est très gentil, commença-t-elle avec un sourire aimable. Mais j'ai cru comprendre que vous aviez beaucoup de travail. On l'avait reçu avec plus d'une heure de retard, après tout. Je ne veux pas vous embêter avec de simples demandes d'interviews, j'essaierai d'y répondre moi-même. Et elle ferait ça très bien. Mais je n'hésiterai pas à revenir vers vous en cas de problème, merci beaucoup.

Mais visiblement Miss Lavespère semblait croire qu'elle n'en aurait aucun, de problèmes. Déstabilisée par la réponse de la jeune femme, Sasha ne savait pas si elle devait être fière d'être perçue comme l'adolescente mature qu'elle pensait être, ou déçue que son petit numéro de fillette perdue n'ait pas fonctionné. Son interlocutrice avait l'air si sûre d'elle que Sasha ne se donna même pas la peine de répondre à sa fausse question. Non, elle ne se trompait pas.

Intriguée et admirative, Sasha songeait à la facilité avec laquelle Miss Lavespère l'avait percée à jour là où des Aurors expérimentés s'étaient laissé berner par quelques larmes, quand celle-ci mentionna ses parents. Était-ce un pur hasard ou la chargée de communication en savait-elle encore plus sur elle que Sasha ne le pensait ? L'adolescente eut le sentiment désagréable d'être mise à nue, ainsi débarrassée de ses manières, de son jeu de comédienne et de ses secrets, mais elle se ressaisit pour présenter à Isobel un sourire entendu qui n'avait plus grand chose d'enfantin.

- Mes parents ne sont pas comme la plupart des parents. Il y avait presque une pointe de reproche dans sa voix, et elle sentit sa gorge se nouer alors que le souvenir de son père, qu'elle évitait en général, était ramené à elle. Et j'aime me débrouiller seule, ajouta-t-elle en reprenant le contrôle de ses émotions. J'espère que cela ne pose aucun problème ?

Elle n'avait aucune envie d'impliquer sa mère là-dedans. Elle chercherait très certainement à la protéger plus que de raison et à l'éloigner au maximum de tout ce qui ressemblait à un journaliste. Elle gâcherait tout. Sasha était persuadée qu'elle pensait bien faire, mais comme souvent elle se trompait. Susan et sa fille avaient simplement cessé de vouloir les mêmes choses, depuis longtemps. Elles étaient beaucoup trop différentes et Sasha ne supportait plus la manière avec laquelle sa mère s'était laissé abattre par la vie. Elle n'avait plus aucune indulgence pour elle, plus depuis le procès de son père. Parce que si elle avait réussi à s'en remettre, alors sa mère le pouvait aussi. Elle pouvait y arriver, surmonter un divorce difficile et la perte du père de sa fille, elle n'essayait simplement pas assez fort. Elle s'était enfermée dans la morosité et la déprime, et Sasha n'avait même plus envie de l'en sortir. Elle ne se battrait pas pour deux. Et sa mère ne la retiendrait pas en arrière, elle avancerait sans elle, elle n'avait plus besoin d'elle.

L'adolescente hocha lentement la tête quand Isobel affirma qu'elle savait parfaitement comment gérer tout ça. Elle avait abandonné toute timidité et paraissait soudainement beaucoup plus âgé. Plus de sourire poli, de mains nouées et de phrases hésitante. Pour la première fois Sasha se permit de regarder son interlocutrice dans les yeux, sans insolence, comme pour lui signifier qu'elle ne se cachait plus désormais. Elle avait le sentiment que, de toute les façons, Miss Lavespère ne se serait laissé abuser par aucun de ses mensonges -en tant que chargée de communication elle devait être douée à ce petit jeu- alors autant jouer cartes sur table.

- Je pense pouvoir réussir à gérer la situation, répondit-elle avec assurance. Mais je fais confiance à votre expérience, vous avez peut-être des conseils à me donner ? Des consignes auraient certainement été plus exact. On ne l'avait certainement pas fais venir au Ministère pour qu'elle s'entende dire qu'elle pouvait gérer seule la situation. Vous savez certainement mieux que moi comment tirer du bon de cette...mésaventure.

N'était-ce pas là le travail du service communication ? Prendre le moins évènement, le moindre incident, la moindre déclaration, et faire en sorte que cela serve le Ministère ? C'était du moins ainsi que Sasha se l'imaginait, et elle devait avouer que maintenant qu'elle y songeait, c'était un service qui lui plairait. Cela devait être un bon moyen de démarrer en politique, de voir l'envers du décor, de comprendre comment l'information était traitée et de quelle façon on pouvait l'utiliser.



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Isobel observa Sasha réfléchir avec un léger sourire en coin, songeant intérieurement que la réponse devait déjà être toute faite. La jeune fille dégageait une telle aura d'assurance, elle ne s'en rendait même pas compte mais c'était évident pour quelqu'un qui savait les lire. Elle avait l'air d'avoir confiance en elle et de savoir ce qu'elle voulait, loin de la petite fille hésitante et contrite qui se tenait en face d'elle. C'était étonnant à son âge, celui des complexes et des adolescents qui préféraient plutôt se cacher. C'était étonnant dans un cadre aussi impressionnant que le Ministère de la Magie, seule dans un bureau face à une chargée de communication inconnue, lorsqu'il s'agissait de parler de son propre kidnapping par une sorcière maléfique et dangereuse qui avait fini par mourir de manière violente. Rares seraient les gens à l'aise. Mais Sasha Benson semblait en pleine maîtrise interne de ses moyens, si on se basait sur son aura. Isobel observait tout cela avec intérêt, sans que son interlocutrice ne s'en doute.

- Nous pouvons toujours nous arranger, contra-t-elle quand la jeune fille déclina son offre. C'est notre travail après tout.

Il est vrai que le service de communication était toujours occupé mais ils étaient tout de même un bureau important au niveau un et avaient un nombre d'employés conséquents, que ce soit des chargés de communication, des attachés de presse mais aussi des graphistes, des secrétaires, des archivistes, des experts dans des domaines tels que l'économie ou le droit, pour vérifier leurs déclarations, bref, tout un petit monde. Répondre à des demandes d'interviews était très simple, les attachés de presse pouvaient gérer cela les yeux fermés. Mais elle savait que peu importaient les arguments, Sasha trouverait une parade : c'était une adolescente qui semblait maligne et déterminée, aussi, Isobel n'insista-t-elle pas. De toute manière, elle ne tenait pas particulièrement à ce que leurs services gèrent la question : cela serait encore plus crédible si Sasha le faisait elle-même plutôt qu'on croit qu'elle était la marionnette du Ministère. Isobel devait juste s'assurer qu'elles étaient au clair sur ce qui devait être dit et sur ce qui ne devait surtout pas l'être.

Elle valida donc le refus de Sasha avec un sourire, le griffonnant sur un bout de parchemin avant de relever la tête pour reprendre la parole. Cette fois-ci, pas besoin d'aura pour voir que la jeune fille fut déstabilisée par son affirmation, ce qui ne fit que confirmer l'intuition d'Isobel. Elle avait préféré jouer franc-jeu, persuadée que cela serait bien plus efficace que les minauderies de Sasha. Cette dernière était une jeune femme intelligente, elle en était persuadée, capable de comprendre les subtilités de la communication sur cette affaire. Avant de la recevoir, elle avait bien étudié le dossier constitué sur elle, qui contenait par exemple des choses aussi bêtes que des bulletins scolaires : mais cela permettait de voir que tous les professeurs de l'école parlaient de Sasha comme d'une élève brillante et d'une maturité en avance pour son âge. Quand elle ne répondit pas à sa question, Isobel eut la réponse qu'elle espérait et n'ajouta rien, attendant de voir comment Sasha allait gérer cela. Nier ? Faire mine de ne pas comprendre ? Ou bien accepter qu'on lui parle comme à une adulte ? Ce fut la dernière réponse, cela se vit dans son expression qui changea doucement, dans son sourire entendu qui n'était plus celui d'une naïve petite fille déracinée. Hé bien ! Cela avait été rapide. Satisfaite, Isobel lui sourit en retour, attentive cette fois-ci à ses mots, les vrais, plutôt qu'à son aura.

- Je vois, répondit-elle simplement quand elle déclara que ses parents n'étaient pas comme la plupart des parents. Elle pouvait comprendre cette situation, quand on voyait sa mère... Non, cela ne pose pas de problèmes, si nous arrivons à nous entendre. Ce dont je ne doute pas, n'est-ce pas ?

Si cela n'était pas le cas, elle n'hésiterait pas à passer par la mère de Sasha, pour lui expliquer qu'il fallait absolument protéger sa fille des médias, ne pas laisser les journalistes s'approcher d'elle, quitte même à surveiller sa correspondance. Dans une affaire aussi sensible que celle-ci, et où l'image du Ministère était en jeu, il valait mieux qu'il n'y ait pas de presse plutôt qu'une mauvaise presse. Mais c'était une solution de dernier recours, Isy pensait sincèrement qu'elle pouvait gérer cette histoire avec Sasha : elle travaillait avec des politiciens depuis des années, il ne serait pas dit qu'elle ne savait pas s'occuper d'une adolescente de quatorze ans. Sasha n'avait d'ailleurs plus vraiment l'air de cette simple adolescente, alors qu'elle soutenait son regard sans sourciller. Elle aurait presque pu être impressionnée. Sa voix elle-même semblait avoir changée, plus affirmée, débarrassée des prétendues hésitations du début de leur entretien.

- Vous avez très bien compris ce que nous voulons, Miss Benson : faire de cette scabreuse histoire quelque chose de bien, aussi bien pour vous que pour nous, le Ministère de la Magie. Mais avant de vous parler de cela, j'aimerais avoir votre version des choses. Je sais, vous avez déjà parlé aux Aurors, anticipa-t-elle. Je l'ai déjà lu. Mais j'aimerais que vous m'en parliez, comme vous comptiez en parler à la presse - et vous comptiez le faire - avant que vous ne soyez ici. Dites-vous que je suis journaliste. Et parlez-moi. C'est avec cela que nous allons travailler : c'est de vous, que nous allons tirer quelque chose de bien.


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Sasha hocha la tête d'un air entendu quand Isobel lui répondit que, si elles parvenaient à s'entendre, elles n'auraient pas à impliquer sa mère dans cette histoire. L'adolescente n'avait aucune intention d'aller contre les directives du Ministère, elle savait très bien où était son intérêt, et était donc persuadée que cette rencontre ne pourrait avoir qu'une issue favorable. Il était hors de question que sa mère intervienne, elle n'y comprendrait rien ! Elle était persuadée que sa fille avait été profondément choquée par les évènements et qu'elle était devenue une espèce de petite chose fragile qu'il fallait couver à tout prix. C'était ridicule. Cet épisode l'avait fait grandir, elle était plus forte que jamais et décidée à profiter autant qu'elle le pouvait des retombées médiatiques de cette histoire.

La Serpentard n'était toutefois pas la seule à vouloir retirer un peu de bonne publicité de ces évènements…Elle admirait la façon dont la jeune femme lui présentait les choses, sous un angle si flatteur. Ainsi le Minsitère voulait "faire quelque chose de bien de cette histoire", et le faire pour elle autant que pour eux, bien sûr. C'était une belle façon de formuler les choses. Ca donnait envie d'adopter son point de vue, de se laisser convaincre et de coopérer. C'était donc ça, la communication, ne pas mentir, mais ne pas exactement dire la vérité. Ou plutôt si, dire la vérité mais en l'habillant de sorte à ce qu'elle ait l'air un peu plus attrayante. Sasha en prit note.

L'adolescente fut un peu déstabilisée par la tournure que prit l'entrevue. Elle s'était attendue à recevoir des consignes, à devoir apprendre un rôle, mais pas à devoir en créer un de toute pièce. L'improvisation était un exercice qu'elle avait toujours trouvé difficile, même quand elle faisait du théâtre. Elle avait un côté un peu perfectionniste et préférait travailler ses rôles sur la durée, s'en imprégner et les maitriser sur le bout des doigts. Elle aimait sentir qu'elle était en terrain connu et conquis. Et ce n'était pas du tout le cas en cet instant présent.

La jeune fille tâcha de dissimuler son trouble et acquiesça en silence, faisant mine de réfléchir sur la meilleure façon d’entamer son récit. Miss Lavespère n'attendait certainement pas la simple vérité - tout était déjà écrit noir sur blanc dans le rapport des Aurors. Elle voulait connaitre la version officielle des faits, celle que l’on présenterait à la presse, et souhait visiblement que Sasha modifie quelques détails. Mais lesquels ? Il n'y avait aucune chance pour que l'adolescente parvienne à combler les attentes du service de communication. Elle échouerait, forcément, et son interlocutrice serait obligée de la corriger, de lui expliquer ce qu'il fallait dire et ce qu'il fallait garder secret. C'était humiliant.

Sasha se força à conserver son calme et se raisonna, ce n'était pas le début de l'histoire qui lui poserait problème -elle savait très bien comment raconter cette partie là-les complications viendraient plus tard. Elle aviserait à ce moment-là, elle était silencieuse depuis déjà trop longtemps et il était temps qu’elle se lance.

"Je dirais que tout a commencé par des lettres, que j'ai reçues à l'école..."

Elle se lança dans un récit légèrement modifié et un peu dramatique de la façon dont une pauvre enfant comme elle avait été trompée par l'abominable sorcière de Salem. Elle était à peu près certaine que le Ministère ne verrait rien à redire sur cette partie de l'histoire. Elle poursuivit en racontant son réveil dans la cave du fleuriste de l'allée des embrumes, seule. Elle expliqua comme elle avait eu peur, comme elle avait cru qu'elle n'en sortirait jamais vivante. Ana Sorden était finalement venue la trouver, avec l'intention de la tuer, et...

Sasha s'arrêta, réellement indécise. Elle connaissait parfaitement la suite : elle poussait Ana Sorden en direction de la plante carnivore, les Aurors arrivaient ensuite, avaient la possibilité de la sauver mais ne le faisaient pas, et ils regardaient tous les trois la mardolienne mourir. La vérité, elle la connaissait. Ce que voulait entendre Isobel Lavespère, en revanche, elle n'en savait rien. Mais elle n'avait pas l'intention de se tromper.

"Et après...c'est un peu confus, avoua-t-elle, réellement hésitante. Je me souviens que les Aurors sont arrivés, et il y a eu un affrontement...Deux faits qui s'étaient réellement produits, pas réellement dans cet ordre. Mais je ne me rappelle pas bien, je suis désolée, s'excusa-t-elle avec une petite mine. Le psychomage m'a dit que ça pouvait arriver, que face à des évènements...difficiles, c'était une façon pour le cerveau de se protéger. Son cerveau à elle avait -à juste titre- estimé qu'elle n'avait pas besoin d'une telle protection, mais c'était quelque chose qui pouvait arriver, les médecins le lui avaient dit. Vous savez certainement mieux que moi... Peut-être que vous pourriez me rafraichir la mémoire ? suggéra-t-elle avec un regard entendu. Je me sens un peu perdue, mentit-elle, votre récit deviendra ma vérité."

Elle planta son regard clair dans celui de son interlocutrice, attendant ses directives.



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Isobel respecta le silence de Sasha, sentant que cette dernière cherchait ses mots pour répondre à sa question et relater son histoire sous le meilleur jour possible : sous le jour attendu par le Ministère. Cette affaire avait tout pour faire tâche d'huile et il fallait absolument en contrôler chaque détail, en sortir une version bien ficelée que chacun pourrait croire, accepter et faire sienne. Il n'était pas question qu'on pointe du doigt la responsabilité du Ministère au sujet de ces événements, cela serait désastreux pour leur communication. Le FREE se targuait d'avoir un programme sécuritaire important afin de pallier aux manquements de l'ancienne administration et surtout, de protéger au mieux la population magique du pays. L'évasion d'Azkaban avait déjà été une catastrophe, qui avait complètement occulté l'arrestation de Mardol, vu qu'il leur avait filé entre les doigts, et le fait que Ana Sorden soit dehors était déjà très mauvais pour eux. Si on ajoutait à cela le fait qu'elle ait capturé une élève de Poudlard – cette école était quand même bien peu sécurisée si on lui demandait son avis personnel – et soit morte dans des conditions floues, que le rapport du BDA n'éclairait pas tant que cela, il y avait de quoi faire un véritable scandale d’État.

Mais s'ils travaillaient vite et bien, et surtout, faisaient attention à contrôler tous les acteurs de cette question, et bien ils pouvaient retourner cela en quelque chose de bien, une belle histoire que l'on pourrait raconter au café le lendemain matin. Il suffisait d'avoir les rôles habituels : des Aurors nobles et courageux, un Département de la Justice Magique efficace et rigoureux, un Ministère réactif, une grande méchante psychopathe et une douce enfant maltraitée par la grande méchante sorcière. Un véritable conte de fée, il suffisait juste de l'arranger un peu... Et Sasha Benson serait parfaite sur le rôle. Bien sûr, ils auraient pu choisir de faire sans elle, ils en avaient discuté en réunion et certains étaient partisans de se passer de la jeune fille mais Isobel pensait que son appui serait plutôt utile : il faisait toujours mauvais genre d'avoir un témoin qui criait au mensonge. Bien sûr, ils auraient pu décrédibiliser son témoignage, pauvre enfant maltraitée qui devait avoir mal vu, après tout, son père avait eu la mémoire effacée par le Ministère, il ne se souvenait plus d'elle, ses parents étaient divorcés, elle avait connu des choses difficiles, elle ne savait pas ce qu'elle disait au sujet des Aurors... Ils auraient fait intervenir dans la presse des psychomages pour expliquer les dérangements que ce genre d'événements pouvaient causer sur un enfant et tout le monde aurait fini à se dire que cette pauvre petite était juste traumatisée. Mais cela nécessitait encore plus de travail, de l'attention et surtout, c'était aller contre le courant alors qu'ils pouvaient juste se laisser porter avec Sasha dans la poche.

Aussi, lorsque la jeune fille interrompit son récit, la voix hésitante, prétendant que tout cela était confus, qu'elle ne se souvenait plus, que son psychomage avait prévenu que cela pourrait arriver, Isobel dû retenir – vraiment – un léger sourire en coin. Entendre l'argument du psychomage, argument auquel elle venait juste de penser, l'amusait beaucoup. La manière dont Sasha lui laissa le plan libre, mine de rien, sans qu'elle n'ait besoin de formuler les choses directement, lui plut beaucoup. Elle posa un regard encore plus attentif sur elle, comme si elle la découvrait un peu plus. Elle avait bien senti qu'elle était intelligente et mature, bien différente d'une petite fille sage et intimidée mais cela dépassait encore ce qu'elle avait lu dans son aura. Et c'était plutôt intéressant à noter, surtout pour Isobel qui avait toujours eu un faible pour ce genre de personnalités, celles qui savaient très bien ce qu'elles voulaient et comment l'obtenir. Pour la première fois, Isobel se dit que Sasha avait du potentiel.

- Les Aurors sont arrivés parce qu'ils surveillaient déjà cet endroit depuis quelques temps, du fait de leur enquête rigoureuse sur Ana Sorden. Un binôme avec notamment Seamus Finnigan, un héros de guerre, un Auror expérimenté et un lieutenant. Ils sont arrivés dans cette cave, baguettes dégainées et Ana Sorden s'est retournée contre eux, alors qu'elle s'apprêtait à s'en prendre à toi. Toi, courageuse, déterminée, tu avais tenu jusque là, tu étais prête à te défendre. Les Aurors et Sorden ont engagé un duel, des sortilèges ont été échangés. Forcément, ce duel, dans un espace réduit, c'était confus, tu ne te souviens plus en détail mais un sort, de couleur rouge, a frappé Sorden à la poitrine. Derrière elle, il y avait cette plante carnivore, que tu voyais agressive depuis que tu étais là. Elle a basculé vers la plante, cette dernière s'est emparée d'elle. Cela a été très rapide, les Aurors n'ont pas pu intervenir pour la sauver et la livrer à la Justice, la plante, sûrement pas assez nourrie, l'a serrée de ses tentacules et dévorée en quelques secondes. De plus, l'un des Aurors s'était déjà précipité vers toi pour voir comment tu allais. Le lieutenant, le lieutenant Meyer. Par acquis de conscience, ils ont essayé de faire lâcher la plante, mais il n'y avait rien à sauver. Ils ont appelé des renforts et le BDA est arrivé, ainsi que le Ministre de la Magie, un peu plus tard : il avait suivi le dossier depuis le début.

Isobel avait relaté tout cela d'une voix très posée, calme, presque douce. Ses doigts fins avaient tracé des cercles sur le bois lisse de son bureau, comme pour illustrer les mouvements des différents protagonistes. Elle n'avait pas regardé son dossier, à un seul instant, juste les yeux de Sasha, comme si elle racontait simplement un fait établi.

- Toi, Sasha, tu as été victime d'Ana Sorden. Mais tu ne t'es pas laissée faire non plus, tu as essayé de gagner du temps, de te défendre, tu t'es battue, reprit-elle de la même voix posée. Le monde magique ne peut être qu'admiratif de tout cela, tu as été une sorcière de premier cycle très courageuse. Certains pourraient même dire à l'image de Harry Potter. Le Ministère de la Magie ne peut que saluer cela, tes qualités de sorcière, et c'est pour cela qu'il t'offre un stage en son sein, un stage d'été de tout un mois, au niveau un. Parce qu'il sait reconnaître les personnes avec qui il peut travailler et, Sasha, nous pouvons travailler avec toi, n'est-ce pas ?

Derrière ce qui pouvait au premier abord s'apparenter à de la flagornerie, Isobel distillait en réalité un message. Elle venait à la fois de communiquer à Sasha la version qu'elle devrait retenir, les choses qu'elle pouvait mettre en avant auprès de la presse – les Aurors étaient certes les héros mais elle ne déméritait pas, au contraire – et ainsi faire son heure de gloire, tout en lui proposant pour cela une rétribution qui devrait faire mouche. L'ambition de Sasha, son envie de se faire connaître, ne pouvait sûrement pas résister à un stage d'un mois dans un niveau du Ministère où il était difficile d'entrer, surtout pas à cet âge. C'était une opportunité importante et Isobel avait l'intuition qu'elle la saisirait. A son âge, elle l'aurait fait.


Isobel Lavespère
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Sasha écouta avec attention Isobel achever le récit qu'elle avait laissé en suspens. Concentrée, elle s'efforçait de retenir chacun des mots de son interlocutrice, soutenant son regard sans ciller. C'était comme ces jeux pour les enfants où il fallait trouver les sept différence. Elle adorait ça quand elle était plus jeune. Certains éléments du discours d'Isobel étaient vrais, intacts, tels qu'ils devaient figurer dans le rapport des Aurors. D'autres en revanche, avaient subi quelques modifications, plus ou moins substantielles. Sasha nota bien consciencieusement chaque altération de la vérité dans un coin de son cerveau. Elle doutait qu'on lui remette un exemplaire écrit de cette histoire et elle ne voulait pas en oublier le moindre détail.

"Tout est beaucoup plus clair , merci, assura-t-elle avec un sourire reconnaissant. Je me rappelle de tout maintenant, affirma-t-elle avec aplomb, comme pour prouver la facilité avec laquelle elle pouvait mentir. Vous n'entendrez rien d'autre que la vérité venant de ma part."

Elle se demandait dans quelle mesure son interlocutrice connaissait la vérité. A quel moment l'information avait-elle commencer à se déformer ? Dans le rapport des Aurors ? Ou quand le dossier avait été récupéré par le service communication ? Il était évident que Miss Lavespère avait conscience que son récit n'était pas exactement la vérité, mais la connaissait-elle seulement ? Savait-elle ce que Sasha avait fait ? Ou cette information demeurerait-elle seulement connue des trois personnes présente ce jour-là ?

Comme si elle lisait dans ses pensée, son interlocutrice poursuivit justement en insistant sur le rôle que Sasha avait joué dans cette histoire. Cette version lui plaisait. Le ministère avait évidement tourné ça à son avantage, et mis en avant le courage et la droiture de ses Aurors, mais lui avait aussi laissé un beau rôle. Là où le Ministère aurait pu faire d'elle une simple victime inutile et sans intérêt, il lui laissait la possibilité de jouer les héroïnes aussi, et cela lui plaisait beaucoup. Ils avaient certainement imaginé qu'elle serait plus coopérative si leur version des faits lui convenait, et ils n'avaient pas eu tort.

La vérité c'était que Sasha aurait accepté le récit imposé par le FREE quel qu'il soit, elle tenait trop à être bien vue du pouvoir, et à intégrer un jour le Ministère pour gâcher ses chances pour une simple question d’orgueil. Elle aurait fait le nécessaire et aurait joué son rôle, quoiqu'on lui aurait demandé, mais elle le ferait avec d'autant plus de zèle que cette version lui convenait très bien. Cela lui laissait de quoi frimer à l'école et cela servait le Ministère, tout le monde était gagnant. Le service communication avait bien fait son boulot.

S'estimant déjà chanceuse d'avoir été intégrée de la sorte à la version officielle des faits alors que le FREE aurait pu réduire son rôle à trois fois rien, Sasha eut du mal à réaliser la chance qui se présentait à elle quand Isobel lui parla d'un éventuel stage au niveau 1.

"Vraiment ? s'étonna-t-elle malgré elle, maudissant aussitôt cette réaction stupide. Bien sûr, répondit-elle plus calmement en plongeant son regard dans celui de son interlocutrice. Vous pouvez compter sur moi. Merci beaucoup, je ne vous décevrai pas." Et c'était une promesse.

Les élèves de Poudlard avaient rarement l'opportunité d'effectuer des stages au sein du Ministère, surtout en troisième année ! Certaines élèves plus âgés faisaient des stages l'été, avec leurs parents la plupart du temps, et s'en vantaient à la rentrée, mais ce n'était pas très répandu. Il était certain que cela représenterait un sacré avantage sur le marché du travail plus tard, et c'était une porte d'entrée au Ministère ! Peu importe qu'elle commence en tant que stagiaire et ne fasse qu'apporter des cafés, elle était entrée et elle ne comptait plus repartir. Elle prendrait le temps qu'il faudrait pour gravir les échelons mais elle parviendrait au sommet. Ça aussi c'était une promesse.
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"La vérité politique, c'est de la vérité diluée à l'acétone" [Isobel & Sasha]

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