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 Afternoon delight [Lilly]

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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17 Septembre 2009

Le centre commercial de Westfield London en périphérie de Londres accueillait de nombreuses boutiques affectionnées par Charlotte ainsi que des cafés et des restaurants. Elle aimait sortir du monde magique pour rejoindre le côté moldu, cela lui rappelait son enfance. C'était d'autant plus agréable en ces temps troublés. Contrairement au monde magique, Charlie ne ressentait pas la pesanteur de l'ambiance et n'était pas aux aguets à guetter ce qui pourrait arriver. En terres moldues, elle avait l'impression de respirer à nouveau. Elle y passait de plus en plus de temps, aussi pour que sa fille puisse connaître son monde d'origine, et aujourd'hui, elle avait emmené Lilly. Les deux amies s'étaient retrouvées chez elle le matin puis avaient transplané jusqu'ici. Après un peu de shopping (des bougies pour l'appartement, un plaid tout doux, un pull pour elle et des petites chaussures trop mignonnes pour Bianca), elles s'étaient installées à la terrasse d'un restaurant qui donnait sur le petit jardin du centre-commercial. Elles avaient commandé tandis que Charlotte avait réchauffé le biberon de Bianca d'un très discret coup de baguette magique - de l'avantage d'être sorcier - et elle profitait de cette fin de matinée ensoleillée avec son amie. Reposant sa fourchette de pizza pour soutenir les mains de Bianca qui apprenait à tenir son biberon toute seule, Charlie interrompit sa phrase le temps que sa fille boive de nouveau goulûment.

- Et qu'est-ce que je disais déjà... ? Oui, Noël. En soit, tu vois, passer Noël avec ma belle-famille ne me dérangerait pas si le père d'Eliott ne me regardait pas comme une tâche de vin sur son tapis à cinq cent livres. C'est fou, quand même, Bianca est sa première petite-fille et j'ai l'impression que la seule chose qui lui importe, c'est que cela fasse tâche sur l'arbre généalogique. Je ne suis pas une si horrible belle-fille quand même ? Je préférerais largement passer les fêtes avec mes parents, je fais des efforts... Enfin, bref. Ils te passent le bonjour, d'ailleurs, conclut-elle en versant un peu d'huile piquante sur sa pizza.

Relevant les yeux vers Lilly, elle lui adressa un sourire. Ici, elles pouvaient parler plus librement même si Charlie restait vigilante. On ne savait jamais... Les choses étaient compliquées dans la vie de Lilly - et dans la sienne - ces derniers temps. Sa meilleure amie était à la tête du Kraken seule depuis le départ de Juliana (elle se refusait à porter un jugement sur cette histoire, estimant qu'elle ne connaissait pas suffisamment la jeune femme pour juger ses actions) et c'était loin d'être facile. Si elle, en raison de sa famille, était moins impliquée même si elle prenait de gros risques, c'était presque un miracle pour Lilly que le gouvernement ne connaisse pas son nom. Charlotte s'inquiétait beaucoup pour elle, même si elle essayait de le cacher.

- Mais assez parlé de mon horrible belle-famille, j'ai l'impression d'être aigrie après vingt ans de mariage ! Puis je n'ai pas envie de filer de mauvaises ondes à Bianca. Parlons de toi !


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Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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Quand Lilly se trouvait en terre moldue, elle avait l’impression de revivre. Comme si le poids qu’elle portait d’ordinaire sur ses épaules s’envolait d’un coup. Pendant quelques heures, elle redevenait insouciante, et ses soucis ne la tourmentaient plus. Pendant quelques heures seulement, car ensuite la réalité lui revenait en pleine figure. Mais c’était agréable de pouvoir vivre comme n’importe quelle jeune femme pendant un instant. Lilly chérissait bien plus qu’avant ces moments si simples mais si délicieux. Oui, vraiment, songea-t-elle en posant un regard attendri sur sa filleule. La naissance de Bianca avait été un des évènements les plus heureux que Lilly ait connu, et elle remerciait sans cesse Merlin – et les parents de la petite fille – d’avoir désormais une telle merveille dans sa vie. De ce fait, Lilly avait pris sa mission de marraine très au sérieux. Elle n’avait pas vraiment – pour ne pas dire pas du tout – d’expérience avec les enfants, mais elle était pleine de bonne volonté et apprenait vite. Bon, certes, cela avait mené à quelques scènes comiques, comme la fois où elle avait essayé de changer la couche de Bianca pour la première fois… Plus important encore, cette naissance lui avait aussi ouvert les yeux sur la maternité. Sans dire pour autant qu’elle était prête à avoir un enfant là-maintenant-tout-de-suite, Lilly se sentait plus apte à accueillir – un jour – l’idée.

De toute façon, ce n’était pas pour maintenant. La situation actuelle ne le permettait pas, et encore moins son rôle dans ladite situation. Elle préférait donc profiter de sa filleule – et écouter la mère se plaindre de sa belle-famille. Elle esquissa un sourire amusé à la mention de John Warlock. Qu’il était étonnant qu’Eliott vienne de cette famille. Certes, tous les Warlock n’étaient pas comme John – Paige, par exemple, semblait très sympathique. Mais Eliott était tellement gentil, presque trop avoir éduqué par monsieur « les meubles de mon salon valent plus que ton salaire à l’année ». Comme quoi, l’éducation ne faisait pas tout – et heureusement.

« Ou alors, vous organisez un noël chez vous et vous invitez vos deux familles ! L’ambiance totale. » proposa Lilly en riant. « Il y a pire que des mauvaises ondes… Imagine que Bianca devienne super proche de son papy-Warlock ! »

Lilly reprit une gorgée de sa boisson, ne sachant pas trop quoi répondre à Charlie. Parler d’elle… Sa vie n’avait rien de réjouissant en ce moment. Elle menait un combat difficile, acharné, dans lequel elle semblait perdre plus que ce qu’elle ne gagnait. La mort de Klemens était encore fraiche dans sa mémoire, et il n’était pas rare qu’elle ait la boule au ventre. Cela n’altérait pas ses décisions ou son jugement, au contraire. Cette peur omniprésente, Lilly avait l’impression que c’était ce qui faisait d’elle une bonne chef. Car, si tout le monde au Kraken avait son mot à dire dans les décisions, elle était à l’origine de la plupart des choix. Et sans cette peur, sans cette humanité qui l’habitait, serait-elle vraiment différente de Leopold Marchebank ?

« Eh bien, ce n’est pas facile tous les jours, c’est évident… Mais heureusement que je suis bien entourée ! Tu verrais Seamus… Il n’arrête pas de faire la moue quand je lui donne un ordre. « Dire qu’il y a quelques années c’était l’inverse » » fit-elle en imitant la voix de son ami. « Et puis, il y a Jensen… » poursuivit-elle en laissant sa phrase en suspend. « Et toi alors ? Comment se passe ta vie de mère et d’épouse comblée ? » plaisanta Lilly. « Et au boulot ? »


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

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- Eluard

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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- Pas bête, le Noël chez nous, fit remarquer Charlotte en mangeant un morceau de la croûte de sa pizza. Comme c'est le premier Noël de Bianca en plus... Mais bon, mes parents, ceux d'Eliott dans la même pièce... Bon, je suis sûre que nos mères s'entendraient très bien mais nos pères, bonjour l'angoisse. Tu connais mon père, si John laisse échappe la moindre petite remarque pernicieuse, il va le prendre personnellement et défendre sa famille comme il le fait à la Cour. Je vois déjà le tableau !

Son père était très attaché à ce qui était famille et valeurs familiale et elle le voyait déjà froncer les sourcils quand elle racontait à sa mère ses déboires avec sa belle-famille. Il était moldu, ne comprenait pas forcément grand-chose au monde des sorciers mais estimait que personne, sang-pur-machin ou quoi que ce soit, n'avait le droit de manquer de respect à sa fille ou sa petite-fille, comme il l'affirmait au repas du dimanche, il y a deux semaines. Néanmoins, cette solution avait l'avantage de réunir ses parents et sa sœur, en plus des Warlock, même si cela ferait serré dans leur appartement (il fallait vraiment qu'ils prennent une maison).

- Ne dis pas d'horreurs ! protesta-t-elle. Ma petite choupette ne sera jamais proche de son papy raciste, hein, ma puce, fit-elle en se penchant vers la poussette et en chatouillant un peu Bianca sur le ventre. Oh que non, parce que Bianca est la plus gentille des petites filles, babilla-t-elle (non, la parentalité ne nuisait pas à son intellect).

Laissant sa fille savourer son biberon - et réalisant que ce n'était pas très gentil de la monter contre son grand-père, surtout si jeune - Charlie se réinstalla correctement sur sa chaise pour mener une conversation d'adultes avec Lilly, et finir sa pizza. Elle s'inquiétait beaucoup pour son amie, qui était à la tête de quelque chose de grand, et de dangereux. Elle y participait aussi, évidemment, mais à une échelle moindre et avec des risques moins grands : elle faisait passer sa famille avant tout. Mais elle connaissait le caractère entier, et sensible, de sa meilleure amie, et avait peur pour qu'elle, qu'il lui arrive quelque chose ou qu'elle soit au final trop minée par tout ce qui se passait pour être bien. Elle sourit devant son trait d'humour, preuve que tout n'allait pas mal, et secoua la tête : elle imaginait très bien son binôme faire sa mauvaise tête quand on lui donnait des ordres.

- Si tu le voyais au bureau... C'est une vraie tête à claques, heureusement qu'il est doué dans ce qu'il fait.

Cela n'empêchait pas la moitié du BDA de pester sur le caractère bougon et explosif de Seamus, qui était un vrai Cognard lorsqu'il s'y mettait. Charlotte l'adorait, qu'on se le dise, c'était un véritable ami pour elle et elle avait appris à composer avec lui au fil des années, leur binôme marchait bien. Elle était plus douce que lui et ne se formalisait pas de son mauvais caractère, même si elle savait le remettre en place lorsqu'il fallait, tandis que lui savait s'imposer quand elle hésitait à le faire et se montrait dur là où son réflexe premier aurait été de faiblir et de compatir.

- Et Jensen... ? la relança Charlie quand Lilly laissa sa phrase en suspens.

Elle peinait à savoir où ses amis en étaient dans leur relation. Il y avait une époque où c'était simple, ils étaient un couple, puis des fiancés. Puis des ex. Mais maintenant ? Elle savait qu'il se passait quelque chose entre eux mais elle n'aurait pas vraiment su dire quoi. Est-ce qu'ils le savaient eux-même ?

- Tout se passe bien pour moi, tu sais, je n'ai pas de quoi me plaindre de ce côté-là... Eliott et moi, on va acheter je pense, je le pousse un peu dans ce sens. On sera mieux avec la petite. Quant au boulot, et bien...

Elle prit quelques secondes pour répondre, prenant une gorgée d'eau. L'ambiance au BDA était tendue et surtout, Charlie jouait avec une double-casquette, à l'image de lieutenants comme Gaëtan Baker : dans la résistance et dans les forces de l'ordre. Elle jouait les agents-double, elle le faisait le plus discrètement possible et ne prenait jamais de risques inutiles. Elle usait de sa position avec parcimonie et couvrait ses arrières, plus que Seamus par exemple. Et même en dehors de cela, elle désapprouvait de nombreuses actions du BDA et elle prenait sur elle pour les effectuer sans protester. Des fois même, elle était presque contente que la Milice existe : cela lui évitait de faire des travaux qu'elle répugnait.

- Ce n'est pas vraiment facile. J'essaye de jongler entre mon engagement... associatif - même en terres moldues, elle se méfiait - et le boulot. Ce n'est pas toujours compatible avec mes valeurs mais qu'est-ce que je peux faire ? Démissionner attirera forcément l'attention. Si je pouvais m'arrêter, même si je serai moins utile à l'association, je me sentirai mieux. Mais il faudrait une bonne raison pour cela... Je vais me bloquer le dos, fit-elle avec un sourire pour détendre l'atmosphère. Et toi ? Cela doit être encore plus difficile d'aller travailler tous les matins sans que personne ne découvre... Que tu es très investie dans la sauvegarde maritime.

La métaphore tenait à peu près.


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« C’est compliqué. » termina Lilly en soupirant.

C’était toujours compliqué avec Jensen. Ils avaient eu la chance de véritablement s’expliquer et de repartir sur de bonnes bases. Ils avaient reconnu leurs torts (bien que ceux de Lilly étaient beaucoup plus grands que ceux de Jensen, elle le reconnaissait honteusement), et cela leur avait vraiment fait du bien. Ils s’étaient même retrouvés, au moment de la naissance de Bianca. Mais… Mais aujourd’hui, tout était compliqué.

« Je crois qu’on ne sait pas très bien où on en est. Disons que notre engagement nous prend tellement de temps qu’on ne peut pas trop réfléchir à un potentiel avenir qu’on pourrait avoir ensemble. Et puis… Tu sais bien, j’ai peur pour lui. » Comment ne pas avoir peur, lorsqu’elle envoyait son premier amour dans une mission où elle n’était même pas sûre qu’il reviendrait vivant ? « Mais pour le moment, je pense que cela nous convient. On peut se concentrer sur ce qui est important et puis… Quand on se sent un peu seuls, on se retrouve, disons. » Elle esquissa un sourire avant de prendre une gorgée de son soda.

Rien n’avait jamais été simple avec Jensen. Mais au moins, aujourd’hui, ils ne se faisaient plus mal. Lilly cherchait au contraire à le ménager, ce qui avait don de le mettre hors de lui. Mais ils avaient vécu tellement de choses ensemble, elle ne se voyait pas continuer sans lui… Et pourtant, il fallait bien qu’elle se rende à l’évidence. S’il avait rejoint le Kraken, c’était par conviction. Or, Jensen ne supportait pas qu’on se mettre entre lui et ce qu’il pensait être juste.

« Oui, j’imagine que ce sera plus stable que d’être locataires, en plus. Et puis ce sera l’occasion de faire une crémaillère ! » lança-t-elle avec un grand sourire.

Elle se réjouissait du bonheur de ses amis. De ce bonheur simple, absolu, rayonnant. Quand elle voyait Charlotte avec Eliott et Bianca, elle enviait un peu sa meilleure amie. Elle lui enviait sa capacité à vivre normalement, à fonder une famille sans douter. Elle lui enviait son bonheur tranquille, sûrement. Secrètement, elle commençait à espérer la même chose. Mais sa vie semblait faîte de choix extrêmes, de bonheur déchirant. Elle posa les yeux sur Bianca et sentit son estomac se délier. Ce bonheur si simple, si beau, elle l’avait peut-être un peu aussi, songea-t-elle en souriant à sa filleule.

« On pourrait te donner un congé maladie, non ? Ce n’est pas comme si tu étais amie avec un médecin qui pouvait éventuellement t’en faire un. » Elle pensait à Alicia Jones, qui avait également rejoint le Kraken en tant que médicomage. Elle recevait les blessés pour les soigner, et approvisionnait le lieu en fournitures médicales en tout genre.

« Eh bien, non, ce n’est pas du tout évident… Mais je n’ai pas le choix. Je ne peux pas attirer l’attention sur moi, tu sais à quel point mes supérieurs sont… Très opposés aux écologistes. Donc je préfère ne pas prendre de risque. Disons donc que je fais tout pour ne pas me faire remarquer. Il suffit de ne pas leur agiter le poisson devant le nez, pour le moment. » Elle esquissa un sourire en imaginant la scène. « Et lorsque les choses empireront… Eh bien je trouverai une raison pour quitter mon boulot. »

A vrai dire, elle ne savait pas encore quoi. Mais elle trouverait bien un prétexte… Du moins, c’était ce qu’elle espérait profondément.


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Charlotte fit une légère grimace lorsque Lilly soupira que c'était compliqué avec Jensen et elle tendit la main par dessus la table pour serrer brièvement celle de son amie dans la sienne. C'est sûr qu'au milieu d'un mouvement de résistance, avec les risques qu'ils prenaient, ce n'était pas le moment idéal pour se questionner sur leur couple. Charlie elle-même n'aurait même pas dû demander, c'était en soi une préoccupation assez superficielle mais elle s'inquiétait pour ses amis. Évidemment, elle s'inquiétait en priorité de leur vie et de leur santé avec les risques qu'ils prenaient, elle se montrait encore plus impitoyable avec eux lorsqu'elle entraînait les membres du Kraken au duel - Jensen s'était pris huit stupéfix à la suite une fois, juste parce qu'elle refusait de lâcher l'affaire alors que sa garde était mauvaise - mais elle s'inquiétait aussi pour leur moral. Ces deux-là s'étaient aimés passionnément, au point de se faire beaucoup de mal et elle craignait un peu parfois que cela recommence et qu'ils soient blessés encore. Elle avait vu Lilly et Jensen au plus bas après le désastre de son mariage et même s'ils semblaient plus équilibrés maintenant, elle veillait à ce genre de choses, même en temps de guerre : elle les aimait trop pour fermer les yeux sur tout ce qui pouvait leur faire du mal, même ce qui paraissait dérisoire à côté d'une résistance à un régime abusif.

- Ça se comprend, répondit-elle à l'adresse de Lilly. Son inquiétude fit place à un rire lorsque sa meilleure amie déclara qu'ils se retrouvaient parfois et elle secoua doucement la tête. Le contraire m'aurait étonnée, la taquina-t-elle. Si ça vous va, alors tout va bien. C'est vrai qu'à côté de l'écologie, ça semble dérisoire mais il faut aussi entretenir ton environnement à toi, pas que celui des autres.

C'était aussi pour cela qu'elle s'était moins investie dans le Kraken que certains de ses camarades, alors qu'elle avait toujours juré, marquée par la guerre, qu'elle ne laisserait plus jamais cela se reproduire. Mais voilà, Eliott et elle avaient eu Bianca avant et ils voulaient profiter de leur vie, malgré tout. Ils ne renonçaient pas à leurs idéaux et essayaient de tout combiner tout en se protégeant, ce qui n'était pas facile mais ils s'en sortaient pour le moment. Charlie aurait pu devenir un membre à part entière du Kraken, sortir en mission comme Seamus plutôt que de rester au QG en appui et logistique mais elle essayait de garder un pied en dehors pour assurer l'avenir de sa fille. Elle ne voulait pas mourir pour la cause. Elle ne le disait pas à voix haute, seul Eliott le savait, mais Charlie ne se tuerait pas en martyr pour le Kraken. Elle essayerait de sauver sa famille et sa vie, quitte à fuir à l'étranger : elle avait déjà prévu son plan de sortie. C'était peut-être moins noble que ceux qui se donnaient corps et âme pour ce combat, à l'image de Klemens, mais elle ne pouvait pas, elle ne pouvait plus. Elle ne voulait plus. Qu'on la traite de lâche ou d'égoïste : Charlotte répondait qu'elle voulait juste avoir une chance de vivre avec sa fille et son mari tout en essayant de se battre pour un monde meilleur.

- Tu as raison, on a pas assez de raisons de faire la fête en ce moment ! Mais je te rappelle que le Ministre lui-même était à mon mariage, imagine qu'il vienne à ma crémaillère !

Ce n'était même pas une question de ne pas l'inviter : il n'était pas invité à leur mariage mais avait décidé de venir quand même. Charlie ne serait presque pas surprise de le trouver effectivement dans son salon un de ces jours, en train de jouer avec Bianca qu'il avait insisté pour rencontrer. C'était vraiment trop étrange et elle avait l'impression de marcher sur des œufs face à lui. Il n'y avait pourtant pas de raison : Eliott était son neveu préféré, Charlotte était une Auror modèle qui avait à son actif des missions aussi retentissantes pour le FREE que la chute de Sorden, la chute de Mardol et la mort de la première. Elle n'était pas membre de la Milice mais mettait ça sur son attachement profond pour les Aurors, ce qui n'était même pas un mensonge pour quiconque la connaissait bien. Elle baissa les yeux sur Bianca qui avait terminé son biberon et posa ce dernier sur la table pour prendre sa fille dans ses bras, la calant contre son épaule et tapotant son dos pour qu'elle puisse faire son rot.

- Ou bien je pourrais prendre un congé maternité, lança-t-elle, mine de rien avec un léger sourire. Qui irait soupçonner une jeune maman ?

Et ce n'est pas comme si Eliott et elle n'en n'avaient jamais parlé... Elle n'avait jamais songé avoir un autre enfant aussi vite mais ils étaient bien avec Bianca et comme ça les deux enfants seraient proches et pourraient jouer ensemble. Et elle pouvait quitter le BDA sans problème, quitte à prendre un congé parental d'un an ou deux derrière pour prendre soin de deux bébés en bas âge. Était-elle une mère indigne de faire un bébé à moitié pour fuir son travail ? Sans doute un peu, oui. Lilly, elle, n'avait pas vraiment le choix - elle ne pouvait pas vraiment faire de bébé en étant à la tête du Kraken - était dans une situation beaucoup plus difficile. Charlotte installa Bianca sur ses genoux, cette dernière attrapant sa serviette pour jouer avec, tandis qu'elle écoutait sa meilleure amie avec attention.

- Tu penses qu'ils ont des doutes sur toi ? Coleman est une sacrée... Elle ne termina pas sa phrase. Et certains disent qu'ils sont en train de mener une chasse aux sorcières au sein du Ministère, à observer tous les faits et gestes de chacun. Personnellement, je ne prend même plus le risque de toucher aux dossiers qui ne sont pas les miens, de peur d'être prise. Seamus, en revanche, manque vraiment de jugeote parfois. Il m'inquiète vraiment, j'ai l'impression qu'il fait tout pour se faire prendre... Comme s'il avait besoin de réparer les pertes en s'engageant encore plus. Il ne veut pas m'écouter quand je lui parle... Tu as essayé, toi ?


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Lilly sourit à la remarque de Charlie, et agita pensivement sa paille dans son verre de soda. Elle ne pensait plus trop à elle, depuis le début du Kraken. Ce n’était pas comme un travail qu’on quittait le soir à dix-huit heures. La lutte était continuelle, et semblait ne jamais se terminer. Lilly croyait de toutes ses forces dans ce combat qu’elle menait, mais elle devait avouer qu’elle rentrait souvent épuisée chez elle. Elle avait la désagréable impression d’être seule, même lorsque son chat venait se blottir contre elle. C’était peut-être pour cela qu’elle chérissait tant les moments qu’elle passait avec Jensen. Dans ses bras, elle se sentait légère. Lorsqu’ils s’embrassaient, elle se sentait revivre. Et, lorsqu’il descendait ses lèvres le long de son cou, alors, enfin, elle oubliait tout.

La jeune femme revient brusquement à la réalité lorsque sa meilleure amie plaisanta sur la présence du ministre à sa future crémaillère. Lilly grimaça en imaginant la scène. Se retrouver en compagnie de Leopold Marchebank ne lui disait rien qui vaille.

« Boarf. Après tout, je suis une citoyenne modèle ! Mes supérieurs sont d’ailleurs très satisfaits de mon travail chez les Oubliators. » affirma-t-elle avec une moue de mépris.

Elle n’appréciait pas plus ses nouveaux chefs que Coleman, mais était bien obligée de faire avec. Comme elle n’était pas assez expérimentée en tant qu’Oubliator, elle n’avait pas été repérée pour faire partie de la milice. Elle se contentait donc de faire son travail, sans se faire remarquer. Cela fonctionnait plutôt bien pour l’instant, mais elle se doutait bien que ce stratagème ne pourrait pas durer éternellement. Elle finirait par faire une erreur, par se faire repérer… Elle frissonna à cette pensée, et préféra chasser cette idée de son esprit en retournant son sourire à sa filleule, qui babillait.

« Un congé maternité ? » répéta Lilly en souriant. « Tu aimerais avoir d’autres enfants ? » demanda-t-elle, en prenant garde à ne pas mettre le moindre reproche dans son intonation. Le moment n’était peut-être pas idéal, mais si c’était ce que Charlie désirait, Lilly savait qu’elle aurait réfléchi à toutes les éventualités possibles et inimaginables. Non, sa question était sincère. Bianca était encore jeune, et il était tout à fait normal que de jeunes parents aient envie de se reposer un peu, avant de renchainer les nuits blanches.

Cette période noire était vraiment mal tombée, songea Lilly souriant à moitié. Depuis qu’elle s’occupait régulièrement de sa filleule, la jeune femme avait moins de mal à s’imaginer mère. Elle y réfléchissait même de plus en plus. Malheureusement, elle ne pouvait se permettre d’y songer trop longtemps. Elle serait complètement inconsciente d’avoir un enfant, alors qu’elle était la meneuse d’un groupe de résistance.

« Non, je ne pense pas qu’ils aient de doutes sur moi. J’essaie de me faire discrète, en tout cas. » répondit-elle. « Mais oui, Coleman surveille tout. J’ai toujours peur de la voir surgir derrière moi quand je travaille. » La jeune femme soupira à la mention de Seamus. « Oh, oui, on a eu une conversation très enrichissante. Tu savais que, quand il crie, sa voix s’entend à environ un millier de kilomètres ? » plaisanta-t-elle. Elle en riait maintenant, mais ce moment n’avait pas été des plus simples. Lilly avait beaucoup d’estime pour Seamus, qui lui avait sauvé la vie pendant l’année des Ténèbres. Malheureusement, l’homme avait un caractère bien à lui, et il était difficile de lui faire entendre raison. « Je lui ai dit que sa position au ministère était un véritable atout pour le Kraken, je crois que c’est la seule chose qui parvient à le calmer. Je ne sais pas trop comment il est comme ça… Je pense qu’il ne supporte pas mentir, et faire de la lèche à Coleman et à la milice. Ce que je peux honnêtement comprendre. » ajouta-t-elle en soupirant. « Enfin. Seamus n’a jamais été connu pour sa discrétion, tu me diras. Il m’a encore dit hier que, bon, heureusement qu’il m’aimait bien et que je prenais de bonnes décisions, parce que tu comprends, je ne suis que Oubliator, et en plus, je suis une femme ! » lança Lilly sur un ton faussement outrée.

Seamus avait côtoyé bien trop de femmes au caractère fort pour être véritablement ennuyé par ce fait. Il en plaisantait plus qu’autre chose avec Lilly, n’hésitant pas à lui rappeler que la situation était inversée quelques années plus tôt…


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- C'est une bonne chose, répondit Charlotte d'une voix douce quand Lilly déclara que ses supérieurs étaient très heureux de son travail.

A la mention du mot "Oubliator", elle avait promené son regard autour d'eux, autant par méfiance que pas respect du Secret Magique en terre moldue mais personne ne semblait avoir entendu, les tables voisines étant plongées dans leurs propres discussions. Elle pouvait comprendre que la moralité de son amie soit heurtée, la sienne l'était tout autant quand elle devait réaliser des missions qui lui posaient question ou des enquêtes qui la dérangeait. Néanmoins, sa prudence prenait le pas et elle effectuait son travail consciencieusement. Elle prenait garde à ne pas avoir l'arrogance de croire qu'elle pourrait tromper le Ministère sans prendre sur elle et sans cacher ses convictions. Avec la chasse aux sorcières qu'elle sentait venir, sans mauvais jeu de mot, tout le monde était sur la sellette. Le seul moyen aurait été de démissionner mais ce n'était pas des plus discrets en cette période troublée, surtout au BDA, si difficile à atteindre : les démissions étaient trop rares pour être anodines. C'est pour cela que Charlotte avait évoqué un congé maternité en plaisantant, parce que, si elle partait pour cela, c'était au moins crédible et innocent. Le ton de la question de Lilly était neutre mais elle ne put s'empêcher de se sentir un peu mal à l'aise, parce que cela la renvoyait à ses propres questionnements.

- Oui, j'en ai toujours voulu d'autres, je ne veux pas que Bianca grandisse seule. Elle baissa la tête vers sa fille qui s'était endormie dans sa poussette, la tête de côté. Charlie baissa la capote de la nacelle afin de lui apporter un peu d'obscurité. Mais Eliott et moi y pensons plus sérieusement ces derniers jours... On est bien en famille, on a envie de prolonger cela et puis que Bianca ait un petit frère ou une petite sœur pour grandir avec. Un peu nerveuse, elle cala deux fois de suite la même mèche de cheveux derrière son oreille. Tu penses que ce n'est pas une bonne idée ? Son anxiété était percevable dans sa voix, l'avis de sa meilleure amie lui importait vraiment. Si Lilly pensait que c'était une idée désastreuse, la motivation de Charlotte en prendrait sûrement un coup... Je sais que le contexte actuel est particulier, que nous sommes engagés dans l'association pour l'environnement mais... On ne veut pas s'arrêter de vivre. Tu penses que c'est mal ?

Si le contexte avait été différent, ils n'auraient pas eu toutes ces questions à se poser. Ce n'est pas vraiment comme cela que Charlotte imaginait sa vie d'adulte mais ils avaient été mis devant le fait accompli...

- Ils savent bien qu'il y a des taupes au sein du Ministère, c'est évident... Rien que la fuite de Skye. La question, c'est de savoir qui... Et si Seamus ne calmait pas ses ardeurs, alors bientôt, ils auraient au moins un nom. Elle craignait pour lui, et aussi pour elle, puisqu'elle était sa coéquipière au BDA et qu'on les savait proches. C'est un sanguin, il a du mal à jouer les hypocrites. Puis tout cela lui rappelle des mauvais souvenirs, je pense, il n'en parle pas évidemment. Tu le connais, il est taciturne et fermé comme la Chambre des Secrets parfois. Il est entier, il préférerait faire les choses entièrement, vivre tout cela à fond et la mort de Klemens n'a pas arrangé les choses...


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"Je comprends. J'ai toujours voulu avoir des frères et sœurs." avoua Lilly avec un sourire. "Non !" s'exclama-t-elle un peu brusquement. "Non, je ne pense pas que c'est mal, au contraire. Charlie, vous n'allez pas vous arrêter de vivre. Je trouve que vous êtes des parents formidables, et ce futur bébé aura beaucoup de chance de vous avoir comme parents." déclara-t-elle d'une voix douce en se penchant pour poser sa main sur le bras de sa meilleure amie. "Te voir vivre, construire une famille, avancer dans ta vie, c'est un de mes plus grands bonheurs. Et ça le sera toujours, quelle que soit l'époque dans laquelle on vit."

Elle était véritablement heureuse pour Charlotte. Sa meilleure amie méritait le bonheur le plus grand que la vie avait à offrir. Son mariage avec Eliott ainsi que la naissance de Bianca l'avait comblé, Lilly en était certaine - elle la connaissait si bien, en même temps.

"Et crois-moi, le monde a besoin de personnes heureuses." lança-t-elle avec un sourire. "Mais... Est-ce que je peux être marraine des deux ? Non mais parce que je pense honnêtement que tu ne trouveras pas mieux que moi comme marraine. Je veux dire, je suis déjà tellement géniale avec Bianca, je comprendrai que tu veuilles me choisir une nouvelle fois, tu sais. J'accepterai même de prendre à nouveau ce rôle." déclara-t-elle, faussement sérieuse.

Elle n'était pas possessive avec Bianca. Enfin, un peu, mais c'était parce qu'elle prenait son rôle de marraine très au sérieux, voilà tout. Et puis, Bianca était si mignonne, avec ses grands yeux et ses toutes petites mains !

"Exactement... Et dans ces moments-là, il vaut mieux faire son travail correctement sans se faire remarquer, ce que Seamus ne fait évidemment pas." soupira Lilly en secouant la tête. "Oui, ça lui rappelle l'Année des Ténèbres, forcément. C'est plutôt logique..." Elle laissa passer un instant de silence, tandis que sa propre vie lors de cette période lui revenait en tête. "Mais c'est différent de la dernière fois. Nous ne sommes plus des enfants, nous pouvons nous battre." affirma-t-elle. Elle n'était plus la petite fille sans défense qu'elle était à l'époque.

"Le seul avantage qu'on avait, à ce moment, c'est que les deux clans étaient clairement identifiés. Il y avait les méchants d'un côté et les gentils de l'autre, si je caricature. Là, c'est plus compliqué. Marchebank n'est pas aussi charismatique que Voldemort." ironisa-t-elle en baissant la voix. "Les gens ont dû mal à voir le mal. Je pense que la plupart ont peur, et qu'ils préfèrent conserver leur tranquillité, plutôt que de s'opposer au régime." Elle ne condamnait pas non plus cette conduite, qu'elle comprenait. Mais cela ne facilitait pas l'existence de la résistance pour autant.

"Et puis, on avait Harry Potter de notre côté..." songea-t-elle à voix haute avant de découper pensivement sa pizza.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Charlotte Meyer-WarlockAuroravatar
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- Tu m'as moi, c'est vachement mieux, affirma Charlotte en remettant une généreuse couche d'huile piquante sur sa pizza quand Lilly lança qu'elle avait toujours voulu une fratrie. Voir que sa meilleure amie ne "s'opposait" à son projet d'avoir un second enfant la rassurait. Si elle avait trouvé que c'était une idée désastreuse, elle n'aurait pas pu s'empêcher de remettre cette envie en cause. Qu'on l'appelle influençable si on le voulait, Charlie estimait plutôt qu'elle avait une entière confiance dans l'opinion de ses proches et notamment de sa meilleure amie. Un sourire s'épanouit sur ses lèvres en entendant les mots de Lilly et elle se détendit, serrant sa main en retour. C'est gentil, Lils. Tu me rassures. C'est juste que... Cela pourrait être banal, en temps normal, un couple marié qui veut un deuxième enfant mais dans ces conditions... Je suis contente que tu ne penses pas que c'est une bêtise. C'est aussi ce qu'on s'est dit, qu'on devait continuer à vivre et en soi, c'est aussi ce qui nous donne l'air normaux. Elle but une gorgée de son verre, caressant machinalement de l'autre main la tête endormie de Bianca. Mais tu sais, toi aussi tu continues à avancer dans la vie, fit-elle en reprenant la formule, qu'elle n'avait pas manquée. Tu fais beaucoup pour ce monde, plus que moi et tu dois en être fière. Moi je suis fière de toi.

Lilly avait fait le choix de s'impliquer entièrement dans la résistance, de sacrifier sa vie normale alors que Eliott et Charlotte se ménageaient une porte de sortie, peut-être plus égoïstement mais elle n'envisageait pas de faire autrement, pas avec Bianca et encore moins avec un bébé qui naîtrait peut-être dans les temps à venir. Ce n'était pas pour autant que Charlie considérait que sa meilleure amie accomplissait moins, bien au contraire. Leur conversation s'allégea considérablement quand Lilly entreprit de discourir sur un ton très sérieux d'être la marraine du petit à venir, en plus de celle de Bianca.

- Paige Warlock risque de te tomber dessus si c'est le cas, elle était déjà suffisamment contrariée de ne pas avoir le rôle de marraine pour Bianca ! Je crois qu'elle mettra un couteau sous la gorge de son frère pour avoir le prochain ! fit-elle en riant. Pour sa première-née, le choix avait été évident et Charlotte n'aurait pas fait de concessions. Tout comme Jensen a été évincé par Andrew Warlock... Si tu veux cette place, il faudra convaincre Eliott de décevoir sa petite sœur chérie !

Et quand on connaissait son mari et sa propension à céder aux grands yeux tristes de Paige, ce n'était pas gagné. C'était à peu près comme les fois où il voulait s'opposer à Bianca... Heureusement que Charlie était bien moins corruptible ! Elle gérait bébé et mari, et chat, aussi. Toute une petite armée. Et en parlant d'armée, il y avait des soldats qui n'étaient pas très simples à gérer, songea-t-elle alors qu'elles en revenaient à Seamus qui faisait des vagues.

- Il n'était déjà plus un enfant lors de l'Année des Ténèbres et tu sais ce que les Carrow lui ont fait, particulièrement... Et tu sais bien, l'attaque de Lavande... Les morts qu'il a connu... C'est difficile pour lui, vraiment. Il a l'impression d'avoir fait tout cela pour rien, d'avoir perdu les gens qu'il a perdu pour rien. C'est plus qu'une réminiscence, c'est un retour dans le cauchemar.

Il n'en parlait pas vraiment mais elle connaissait son ami à force et savait lier les brides de connaissances acquises auprès de lui, lorsqu'ils planquaient des heures et qu'ils parlaient pour faire passer le temps, cet entredeux poussant à la confidence. Elle connaissait beaucoup de choses sur lui, qu'elle gardait pudiquement pour elle.

- Je les comprends, ces gens, fit-elle en détachant une part de pizza avec les doigts. C'est tentant de mettre la tête dans le sable et de continuer sa vie. Parce qu'il faut avouer que si tu te tiens tranquille et que tu n'es pas trop trop à cheval sur les libertés individuelles et sur les droits de l'Homme, tu vis normalement, à peu près. Quand Lilly mentionna Harry Potter, Charlotte hocha la tête. C'est vrai que de ce côté, c'est compliqué, j'ai du mal à comprendre sa position au BDA, je sens qu'il n'est pas à l'aise et même des fois il éclate un peu mais... Peut-être qu'il veut vivre tranquillement lui aussi, après tout ce qu'il a vécu. Il a sa femme, des enfants... Il a peut-être assez donné pour le monde magique. Je sais que Seamus et lui parlent beaucoup, mais je ne sais pas de quoi en détails.


All of me
loves all of you
Love your curves and all your edges, all your perfect imperfections.

You're my end and my beginning, even when I lose I'm winning 'cause I give you all of me and you give me all of you. •°¤ Mags.

Beating Heart.
Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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Lilly adressa un sourire à sa meilleure amie, et préféra prendre une gorge de son verre plutôt que de répondre. Elle faisait beaucoup, c’était vrai. Elle prenait son rôle au sein du Kraken très au sérieux, et faisait tout ce qu’elle pouvait pour y contribuer autant que possible, quitte à sacrifier ses heures de sommeil. Mais… Mais elle ne pouvait pas avancer personnellement, pas tant que la guerre n’était pas finie, pas tant qu’elle ne pouvait pas rentrer chez elle sans avoir une boule au ventre, craignant de voir débarquer la milice dans son petit appartement moldu. Contrairement à Charlotte et Eliott, elle était pleinement engagée dans la résistance. Juliana et elle avaient fondé le Kraken, un mouvement qui gênait le ministère. Si jamais elle était prise, il n’y aurait pas de rédemption pour elle, pas de procès équitable. Au mieux, elle serait envoyée à Azkaban. Au pire, elle ferait un voyage à Skye pour qu’on lui lave le cerveau. Alors oui, depuis la naissance de Bianca, elle envisageait plus sereinement d’avoir, un jour, des enfants. Mais pas maintenant. Elle aurait trop peur que ce bonheur ne lui soit que trop vite arraché.

« Paige Warlock ne me fait pas peur. » contra Lilly avec un sourire malicieux. « Mais bon, j’accepte de m’effacer pour qu’elle puisse avoir cet honneur. » lança-t-elle très sérieusement. « Comme on est un peu sœurs, je serai un peu la tante de ton deuxième enfant, après tout. » termina-t-elle, son ton innocent contré par ses yeux rieurs.

Ils perdirent rapidement leur éclat de malice lorsque le sujet « Seamus » fut abordé. Lilly savait bien qu’il n’était plus un enfant, lors de l’Année des Ténèbres, mais il avait aujourd’hui des ressources qu’il ne pouvait pas avoir, lorsqu’il était encore à Poudlard.

« Je sais. » répondit-elle simplement, la gorge nouée, comme à chaque fois qu’elle se remémorait cette période. On n’oubliait jamais l’effet d’un sortilège Doloris. On n’oubliait jamais les cris des autres enfants qui subissaient les punitions des Carrow. On n’oubliait jamais ses propres cris, mêlés à ses propres larmes. On n’oubliait jamais l’injustice, et la peur, cette peur insoutenable. Lilly voyait encore le sourire de Regulus Lestrange se figer dans la bataille de Poudlard, alors qu’il tombait, mort, à côté d’elle. Elle sentait encore l’éclair violet d’un ennemi la frapper au ventre, et cette sensation que son corps se déchirait sous la douleur. Le cauchemar, elle le revivait à chaque fois qu’elle croisait le regard de Seamus, à chaque fois qu’elle envoyait quelqu’un en mission, à chaque fois qu’il y avait un combat.

« J’en parlerai à Seamus. » fit remarquer Lilly, lorsque Charlotte mentionna Harry Potter. « Pas pour le convaincre de nous rejoindre, mais parce que j’aimerai connaître son point de vue sur la situation. » réfléchit-elle en pianotant distraitement sur la table.

Elle laissa passer un moment de silence, perdue dans ses pensées, dans ses cauchemars, et releva la tête vers sa meilleure amie.

« Tu sais, après l’Année des Ténèbres, j’étais certaine que nous vivrions en paix pendant des dizaines et des dizaines d’années. Que les sorciers se souviendraient de cette époque, de cette terreur qui régnait sur l’Angleterre, et qu’ils feraient tout pour vivre en harmonie, malgré les conflits, malgré les différentes opinions. Je pensais que tout ce j’avais vécu, tout ce que j’avais enduré, tout ce que j’avais fait, servirait à quelque chose. Que même si j’avais mal, même si j’étais fatiguée, même si je n’en pouvais plus, cela permettrait au monde sorcier de sortir de cette époque et de retrouver la paix. J’étais vraiment naïve. » commenta-t-elle rageusement, avant de prendre une longue inspiration. « J’ai seulement l’impression d’avoir passé ma vie à me battre pour être libre. » souffla-t-elle, la voix tremblante.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

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Afternoon delight [Lilly]

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