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 Les amis de mes amis... [Irving, Esteban & Nahuel]

Nahuel MuñozExilé clandestinavatar
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27 septembre 2009

Avachi sur le canapé et les pieds en éventails sur la table basse, Nahuel lisait un livre sur le Quidditch à travers les âges. Un cadeau d'Esteban. Un cadeau anglais. Il fallait être précis. Sa lecture n'était pas inintéressante, loin de là. Elle lui donnait envie d'enfourcher à nouveau un balais et de sentir le vent lui fouetter le visage. Il y avait tellement longtemps qu'il n'avait pas pratiqué. La dernière fois, il devait être à Corcovado. Une certaine nostalgie s'empara de lui alors qu'il revoyait le visage hilare de Julian et le doux sourire de Mariana. Tout ceci semblait si loin. Un soupir lui échappa alors qu'il chassait ses pensées de son esprit. Il replongea dans sa lecture essayant de se changer les idées. Ce n'était pas le moment de se laisser aller à la nostalgie. Il devait avancer et passer à autre chose s'il voulait rester actif. Ce n'était pas en se morfondant qu'il réussirait à s'intégrer.

Il avait déjà plus ou moins commencé à chercher un travail. Esteban lui avait conseillé les bars près des docks. Ils étaient moins regardant sur l'origine de leurs employés. Et vu la tête des dits établissements, il ne pouvait pas réellement se permettre d'être exigeant. Nahuel ne demandait même pas à avoir une grosse paye. Il voulait avant tout s'occuper. Il avait pris contact avec plusieurs taverniers et avait déjà quelques rendez-vous pour de futurs entretiens d'embauches. Il ne lui restait plus qu'à prouver sa valeur. Il ne doutait pas de ses capacités et l'affaire serait certainement rapidement dans la poche.

Il avait déjà réglé son problème de baguette. Une fois encore grâce à Esteban. Ce dernier faisait beaucoup pour lui depuis son arrivé. Il était heureux de vivre chez lui même si parfois, il se sentait un peu à l'étroit. L'appartement n'était pas très grand et il n'y avait pas grand chose pour s'occuper. Le temps extérieur ne lui donnait que rarement envie de mettre le nez dehors mais il se forçait. Il avait besoin de bouger de toute manière. Mais il n'osait pas trop s'aventurer de peur de tomber sur une patrouille de milicien. Ses papiers n'étaient pas des plus sécuritaires. Il avait fait une demande de visa moldu mais il attendait encore des nouvelles. La situation restait encore trop précaire et risquée à son goût. Il n'avait pas trop le choix cela dit. Et puis, il était plus en sécurité ici qu'en Argentine.

C'était ce qui le convainquait de rester au fond. La situation anglaise lui paraissait de plus en plus catastrophique. Il voyait rentrer Esteban tous les soirs pour dîner puis il ressortait quasiment aussitôt après. Ses missions s’enchaînant les unes après les autres. Il lui semblait que son ami se portait toujours volontaire. Pour une raison qui lui échappait, l'Argentin semblait avoir des comptes à régler et il utilisait cette méthode pour se défouler. Il n'avait pas voulu poser trop de questions de peur d'être indiscret. Mais il sentait qu'un jour où l'autre cela lui brûlerait trop les lèvres et lui échapperait. En attendant, il prenait son mal en patience et profitait de la présence de son ami lorsqu'il était là. Il n'avait pas proposé son aide dans la lutte pour la liberté de l'Angleterre parce qu'il ne se sentait pas concerné. Il ne voyait pas pourquoi il se battrait pour un pays qui n'était pas le sien.

Un jour peut-être le ferait-il. Pour Esteban. Lorsqu'il lui aurait expliqué ses raisons et ses réelles motivations. Ou alors parce qu'il s'ennuierait trop. L'action lui manquait cruellement. Il sentait ses jambes fourmiller chaque fois qu'Esteban partait en mission. Il sentait l'adrénaline l'envahir à chaque fois, prêt à bondir sur ses pieds, sa baguette prête à servir. Mais il savait pertinemment qu'il n'avait, lui, aucune raison de prendre des risques inutilement. Et surtout, personne ne lui avait donné de vraie raison de participer. Alors en attendant, il irait se planquer derrière un comptoir de bar pour s'occuper et il resterait bien sagement à sa place.

Sa situation était déjà suffisamment précaire et incertaine comme cela. Au point qu'Esteban avait émis l'hypothèse de lui fournir un portoloin clandestin dans le cas où il devrait fuir rapidement. Un contrôle de papier qui se déroulerait mal par exemple. Nahuel ne voyait franchement pas l'utilité de la babiole mais cela semblait tellement tenir à cœur à son ami qui avait fini par accepter l'idée. Non sans soupirer lourdement. Il avait également fini par accepter de se rendre avec lui chez l'ami où le mènerait le portoloin. Enfin, c'était ce qu'espérait Esteban puisque pour l'instant, le dit ami ne semblait pas au courant des plans de l'Argentin. Cela laissait Nahuel plus que perplexe mais après tout pourquoi pas ? Il espérait juste qu'il n'habitait pas trop loin, il avait vraiment la flemme de bouger. D'autant plus que le temps par la fenêtre n'avait rien de très engageant.

Une moue dédaigneuse lui échappa alors que la porte de l'appartement s'ouvrait derrière lui. Il tourna la tête pour regarder Esteban entrer avant de sauter sur ses pieds. Il esquissa un léger sourire narquois en le voyant trempé de la tête aux pieds. Il avait fier allure comme ça. Il sortit sa baguette et d'un mouvement de poignet le sécha d'un sort.

"Et après tu oses me dire qu'on s'habitue..."

Il renifla ostentatoirement avant d'aller attraper sa veste et de l'enfiler prestement.

"Bon... on y va ? De toute façon va bien falloir qu'on sorte donc... autant maintenant. Quitte à être mouillé..."

Il passa une main décontractée dans ses cheveux avant d'aller s'accrocher au bras d'Esteban. Il ferma les yeux lorsqu'il sentit les premiers effets du transplanage d'escorte. L'arrivée fut assez brutale et il grimaça sous le choc qu'il reçut dans les genoux au moment où ses pieds touchèrent le sol. Il ne put retenir un ronchonnement d'exaspération en sentant une goutte de pluie se glisser dans son col ouvert et couler le long de ses omoplates. Il redressa le col de sa veste et s'ébroua légèrement avant de suivre son ami dans l'allée qui menait à une petite auberge.

Son regard parcourut les alentours à la recherche d'indices géographiques. Mais il dut se résoudre à constater qu'il n'avait aucune idée de l'endroit où il se trouvait. Tout ce qu'il pouvait dire, c'était qu'il faisait un temps de chien. Il se renfrogna légèrement alors qu'il resserrait contre lui sa veste et se serrait contre Esteban pour récupérer un peu de chaleur.

"Pluie et froid. Il est vraiment trop cool ce pays."

Il ronchonnait encore alors qu'Esteban frappait quelques coups à la porte de la taverne et que cette dernière s'ouvrait dans un bruit de vieux bois pour laisser apparaître un visage entouré d'une masse de bouclettes. Il jeta un regard en coin à Esteban. Le type qui venait de leur ouvrir semblait à peine majeur. C'était à lui qu'il allait devoir confier sa sécurité ? Son ami était sérieux là ? Il expira profondément, les narines légèrement pincés alors que leur hôte s'effaçait pour les laisser entrer. Il laissa Esteban entrer le premier et faire les présentations alors qu'il s'installait dans un coin de la pièce pour essayer de se réchauffer au mieux. Ce qu'il détestait la pluie !

Son regard fit le tour de la pièce, jaugeant l'agencement. Et surtout jaugeant leur hôte. Il le détailla du regard, de ses bouclettes à son air un peu paumé qui laissait penser qu'il n'avait pas toujours toutes ses capacités de réflexions. Mais ce qui le frappait sans doute le plus, c'était sa nonchalance. Il ne respirait vraiment pas la vivacité et Nahuel avait de sérieux doute sur sa capacité à réagir en cas d'urgence. Un léger tic nerveux lui souleva la joue avant qu'il ne se tourne vers Esteban et ne s'adresse à lui en Argentin. Ignorant complètement le type face à lui.

"T'es sûr que c'est à ce type là que tu veux confier ma sécurité ?"


Nahuel Muñoz
Esteban CortázarRévolutionnaireavatar
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Les jours passaient et la douleur ne s’atténuait pas. La présence de Nahuel si elle le réconfortait un peu et surtout l’obligeait à reprendre un certain rythme de vie, ne lui faisait pas pour autant sortir la tête de l’eau. Esteban n’avait pas repris le poids qu’il avait perdu dans les semaines suivant la disparition de Klemens, il en avait même perdu encore un peu bien qu’il tâchât de le masquer avec des vêtements amples. Le plus flagrant était cependant ses traits tirés. Lorsque la nuit tombait, qu’importe les heures de travail exténuant sur les docks, Esteban ne pouvait trouver le sommeil et lorsque celui-ci finissait par l’emporter aux petits heures du jour, il était peuplé de cauchemars.

Jusqu’à présent Nahuel n’avait rien dit, n’avait sans doute pas osé aborder le sujet après tant de temps passés loin l’un de l’autre et pourtant il devait fréquemment être réveillé la nuit lorsqu’Esteban se réveillait en hurlant d’un mauvais songe. Dans un sens, Esteban lui en était reconnaissant, il n’était pas prêt à en parler et encore moins à Nahuel qui était le petit frère de son ex. Esteban tâchait donc de faire bonne figure, de ne pas se laisser aller face à lui, d’étouffer ses sanglots dans son oreiller quand il ne pouvait les retenir.

On aurait pu croire qu’avec le temps on s’habituait au deuil mais même si la surprise était moins grande, la douleur était toujours la même. Pire, avec le décès de Klemens et le retour de Nahuel, Esteban avait l’impression de revivre la mort de Miguel tout en vivant celle de Klemens. Bien souvent ses deux amants se mélangeaient dans ses songes, perturbant un peu plus l’Argentin.

C’était la nuit qui était le plus difficile, le jour il était occupé, il s’empêchait même de penser, se jetant à corps perdu dans le travail, les missions et prenant soin de Miguel. Le plus jeune semblait d’ailleurs s’intégrer peu à peu. Il avait dégotté quelques entretiens pour être serveur et Esteban l’avait mis en contact avec des amis de Klemens qui lui avait permis de trouver une nouvelle baguette, plus sûre. Il l’avait également aidé dans les démarches pour obtenir des papiers moldu, l’administration était une vraie plaie, surtout lorsqu’il s’agissait de régulariser sa situation, heureusement que la magie aidait un peu…

Les tourments qui taraudaient Esteban au quotidien avaient augmentés sa paranoïa et la présence de Nahuel dont il se sentait responsable le rendait très protecteur. Il était hanté par l’idée de le voir disparaître comme toutes les personnes dont il était proche, aussi voulait-il prévenir tout problème possible en offrant une échappatoire à son frère de cœur. C’est ainsi qu’il décida de lui offrir un portoloin le menant à un lieu sûr. C’était un peu ironique comme choix lorsqu’on pensait à la façon dont Klemens était mort mais c’était la solution la plus efficace dans le Bristol sous blocus.

Il avait longuement réfléchi au repli stratégique qu’il offrirait à Nahuel et peu à peu la calme auberge d’Irving s’était imposée à son esprit. Suite à leur première rencontre dans des circonstances catastrophique, Esteban était retourné voir Irving pour s’assurer qu’il avait appris la nouvelle concernant Klemens. Ils avaient discuté longuement tous les deux et avaient laissé entendre qu’ils pourraient se revoir. Esteban appréciait le jeune homme, il avec une discussion agréable et il sentait qu’il pouvait lui faire confiance. De plus, le choix de vie d’Irving donnait à Esteban l’occasion de se sortir un peu la tête de Bristol et de la violence dans laquelle il vivait sans pour autant renier ce qu’il était : un résistant dans l’âme. Irving était donc un bon compromis, un résistant encore jeune et enjoué mais également prudent et ayant d’autres occupations que la lutte. Il paraissait sain et équilibré à Esteban, ce genre de personnes manquait à son entourage.

Son auberge était donc le choix idéal pour abriter Nahuel en cas de besoin. Néanmoins, il ne pouvait se permettre de prendre cette décision sans en parler au principal concerné. Il avait donc proposé à Nahuel de l’accompagner pour se présenter à Irving et lui demander s’il pouvait l’accueillir en cas de besoin.

Esteban repensait à tout cela sur le chemin le ramenant chez lui. Il était cassé, avait travaillé toute la journée à lever des charges et ayant passé une nuit exécrable, il était épuisé. Malgré tout, il tenait à ce que cette rencontre se fasse au plus vite, aussi avait-il envoyé un patronus à Irving, l’avertissant de leur venue. Comme si le temps s’accordait à son état d’esprit, il avait plu toute la journée. Les journées d’été semblaient avoir disparues pour de bon, Esteban ne savait s’il s’en réjouissait ou s’en attristait.

Lorsqu’il poussa la porte de son appartement et que Nahuel lança sur lui un sort de séchage, il sursauta doucement. Il n’était plus habitué à avoir une présence dans son appartement et ces petits gestes quotidiens que faisait Nahuel le surprenaient toujours un peu. Il le remercia machinalement avant d’entendre sa petite pique.

« Bien sûr que si on s’habitue, regarde, je ne m’étais même pas aperçu que j’étais mouillé. »

Hypocrisie quand tu nous tiens… L’arrivée de Nahuel l’avait fait devenir brusquement patriote envers l’Angleterre, lui qui pourtant n’avait jamais réussi à oublier l’Argentine. Sans doute était-ce une réaction défensive, Nahuel se plaignait souvent du choix qu’avait fait Esteban, arguant que celui-ci avait conditionné son propre choix. Parfois, Esteban devait se retenir de lui dire que rien ne le retenait ici, qu’il pouvait aller dans un pays méditerranéen si ça lui chantait avant de se retenir pour ménager la susceptibilité du plus jeune. Il ne savait pas combien de temps il allait tenir cependant. En attendant, il défendait haut et fort l’Angleterre juste pour le plaisir de contredire Nahuel.

« Ce que tu peux être grincheux… Laisse-moi le temps de boire un coup et on y va. »

Esteban posa sa veste sur le porte-manteau, attrapa un verre et un jus de pastèque qu’il sirota sur son canapé en regardant, goguenard, Nahuel s’impatienter. Il finit par avoir pitié du plus jeune qui passait ses journées enfermé dans l’appartement et se prépara pour ressortir. Ils traversèrent rapidement la ville et entrèrent dans l’horlogerie magique. Après un petit signe à Mr Harrisson, ils passèrent du côté moldu où Esteban tendit le bras à Nahuel pour un transplange d’escorte.

Retrouver la quiétude de Mallosweet après avoir passé une journée à travailler dans le bruit et la saleté des docks apaisa un peu Esteban. Cet endroit était définitivement la planque parfaite. Ce qui ne semblait pas être l’avis de Nahuel puisqu’il continuait à grommeler.

« Contemple un peu le paysage, muchacho, au lieu de te plaindre ! Je vais t’apprendre un truc, ce n’est pas en passant ta journée à critiquer la météo que le temps va changer. »

Vraiment, Nahuel était encore un gamin. Esteban ne savait pas si c’était le fait de le retrouver qui le faisait retomber à l’adolescence, époque où ils s’étaient connus, ou si c’était juste son caractère naturel mais c’était proprement agaçant !

Ils s’avancèrent tranquillement vers la porte de l’auberge, Esteban se sentait un peu rassuré, moins sur le qui-vive que d’habitude, il avait l’impression de respirer plus librement. Il frappa et Irving leur ouvrit la porte rapidement.

« Salut ! Tu vas bien ? Merci de nous accueillir ! »

Il serra brièvement Irving dans ses bras avant de se tourner vers Nahuel qui le regardait d’un air peu avenant. Qu’est-ce qu’il avait encore ?

« Irving, je te présente Nahuel, un très bon ami argentin, c’est un peu comme mon petit frère. Et Nahuel, je te présente Irving, un ami. »

C’est à cet instant que la situation frappa Esteban. Comment présenter Irving sans mentionner Klemens… Il espérait juste que le sujet ne vienne pas sur le tapis ou tout du moins qu’Irving ne fasse pas de gaffe les concernant, il n’avait clairement pas envie de confronter Nahuel sur le sujet aujourd’hui.

Esteban attendait une certaine réaction de la part de Nahuel, un geste vers Irving, un sourire… Certainement pas une phrase assassine en espagnol ! Esteban le regarda avec des yeux écarquillés :

« En serio, Nahuel ? »

Esteban hésita, la réaction de Nahuel était tellement insultante pour Irving et le mettait tellement mal à l’aise, lui qui venait demander de l’aide au jeune homme, qu’il hésita sur la posture à tenir. Son premier réflexe était de l’envoyer bouler en espagnol mais Irving était face à eux et la situation serait encore plus malpolie et étrange pour lui, la deuxième était d’ignorer purement et simplement Nahuel mais encore une fois Irving n’était pas bête et il méritait de comprendre ce qu’il se passait. Restait alors la troisième solution, répondre en anglais quitte à lancer une dispute et ruiner son projet.

« Oui, j’en suis sûr, Nahuel ! Tu doutes de moi c’est ça ? Franchement, si t’es ici c’est que tu me fais un minimum confiance… Et moi je fais confiance à Irving ! Alors, t’es mignon mais à l’avenir, t’évite ce genre de réaction. »

Ca n’allait pas lui plaire… Ca n’allait pas lui plaire du tout, Esteban le savait déjà. Nahuel détestait qu’on lui dise quoi faire mais là, il se comportait en gamin capricieux alors il récoltait ce qu’il semait. Esteban se tourna vers Irving avec un sourire penaud.

« Désolé pour cette arrivée assez peu conventionnelle. On peut entrer ? »



Si tu me cherches...
... tu me trouves.
Irving WhitakerAubergisteavatar
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La pluie n'en finissait plus de tombée depuis le matin. Elle avait creusé de profonds sillons dans la pente du jardin et l'eau de la mare arborait depuis plusieurs heures maintenant une teinte marron peu attrayante. Heureusement que l'inauguration de l'Auberge avait eut lieu deux jours plus tôt songea Irving en observant les gouttes dévaler sur les carreaux de la chambre. Ils n'avaient pas de clients prévus avant une bonne semaine et avec cette météo, le couple avait peu de chance d'obtenir des réservations de dernière minute...

En même temps, Irving savait à quoi s'attendre en prévoyant l'ouverture en automne et il espérait dorénavant que les congés de Noël apporteraient quelques flocons...et par extension des clients ! En attendant, il avançait les travaux de la troisième chambre en repeignant les murs d'une douce teinte crème. Malheureusement il n'aurait pas fini son chantier avant l'arrivée d'Esteban et de son ami.

L'argentin était repassé le voir après leur première entrevue. C'était lui qui avait confirmé à Irving la nouvelle de la mort de Klemens. A cette occasion, ils avaient beaucoup parlé du lycanthrope. Irving avait raconté plusieurs anecdotes qu'il tenait de Klem lui-même comme sa jeunesse débridée où il festoyait jusqu'à pas d'heure sur des yachts, brûlant la vie par les deux bouts, ou encore l'épreuve que le loup avait traversée lors de la pleine lune sanglante... Des petites bribes de la vie de Klem auxquelles Esteban semblait sensible. A aucun moment, Irving n'avait eut l'impression de trahir l'intimité de son ami... bien au contraire. Il l'avait fait vivre encore un peu à travers ces révélations. Il se souvenait trop de cette conversation qu'il avait eut avec Klemens quelques jours après le nouvel an, celle où le lycanthrope lui avait révélé sa plus grande peur: Mourir seul sans que personne ne se souvienne de lui. Personne à qui manquer.

Cette peur se révélait infondée tant Esteban semblait marqué par la disparition prématurée de son compagnon. Klemens était partie trop vite et bien qu'Irving tacha de le cacher, il était lui aussi très affecté par la mort de son ami. Mais il ne pouvait pas se morfondre. Il avait trop bataillé pour remonter la pente après le meurtre de Dalhiatus qu'il ne pouvait plus se permettre de toucher le fond une nouvelle fois...

Trois coups portés à la porte d'entrée le sortir de ses pensées. Il déposa son pinceau dans le pot de peinture et rejoignit rapidement la salle à manger attenante en s'époussetant. Il était vêtu de vieux vêtements tachés et sa chevelure était clairsemée d'éclaboussures de peinture mais il était certain qu'Esteban ne se formaliserait pas de sa tenue décontractée.

"Entrez, dit-il en ouvrant la porte, v'nez vous mettre à l’abri, ajouta-t-il avec un sourire en saluant chaleureusement Esteban et le fameux Nahuel que l'argentin présenta comme l'un de ses plus proche camarade.

"Ravi d'faire ta connaissance" lança Irving en tendant la main en direction de l'homme qui l'ignora magistralement. Rien, pas un regard. Ce mépris fit l'effet d'une douche froide à Irving si bien que son sourire s'effaça presqu' immédiatement.  Il remballa sa main tendue et croisa ses bras sur son torse dans une posture fermée. Visiblement, Nahuel n'était pas content d'être là et il ne manqua pas de le faire remarquer à Esteban en s'adressant à lui en espagnol. Même si  Irving ne comprenait absolument pas cette langue, il perçut le dédain et la suffisance dans le ton et la posture du jeune argentin ce qui ne fit qu'accroitre son inimité.
Franchement vexé, l'ancien Gryffondor jeta un regard interrogateur à Esteban afin qu'il s'explique.

C'est lui qui avait insisté pour venir avec cet ami affirmant qu'ils avaient une demande à faire à Irving. Ce dernier ne savait pas exactement de quoi il s'agissait, peut-être qu'Esteban espérait trouver un travail pour son ami fraichement débarqué d'Argentine ou alors avaient-ils une requête concernant la Résistance... L'ancien Gryffondor n'en savait rien mais la seule chose qu'il pouvait affirmer c'était que ce Nahuel s'y prenait particulièrement mal pour arriver à ces fins. Irving avait presque l'impression d'avoir une réincarnation de Darren O'Connor en face de lui !
Esteban, visiblement mal à l'aise, tenta de remettre Nahuel à sa place-en français-  avant de demander à Irving s'ils pouvaient entrer.

"Bien sûr tu peux rentrer mais j'ai l'impression qu' ton copain n'a pas vraiment envie d'être là... "


Irving était chez lui ici et il n'avait aucunement l'intention de se laisser malmener. Mallowsweet était son petit cocon, son refuge aussi  préférait-il  crever l'abcès tout de suite plutôt que de subir encore une fois le dédain de Nahuel. Esteban était un garçon sympathique mais Irving n'était pas encore assez proche de lui pour faire des efforts et arrondir les angles par amitié. Les épreuves qu'il avait traversées dernièrement avaient au moins ce mérite: Il se sentait prêt à s'affirmer et il refusait dorénavant de se laisser marcher sur les pieds.
Il se tourna donc vers Nahuel et demanda d'un ton froid:

" Y 'a un problème ?"



Irving Whitaker
Nahuel MuñozExilé clandestinavatar
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Nahuel avait allègrement ignoré la main tendue en sa direction. Il ne serrait pas la main de n'importe qui. Ils n'avaient pas gardé les hippogriffes ensemble aux dernières nouvelles. Et il ne connaissait ce petit bouclé ni de Viviane ni de Merlin. Esteban lui assurait qu'on pouvait lui faire confiance mais il n'était certain de rien. Et tant qu'il n'aurait pas déterminé de lui même si l'aubergiste était digne de confiance, il ne prendrait aucun risque. Alors oui, il était sérieux. Il inspira profondément et esquissa une légère moue agacé devant l'air effaré d'Esteban et prit la peine de lui répondre pour confirmer son sérieux.

"Sí !"

Il avait passé l'âge des gamineries et des politesses. Surtout en période de guerre. Il n'avait pas l'intention de cacher son scepticisme juste pour faire plaisir à Esteban. Surtout s'il s'agissait d'assurer sa sécurité. Son ami semblait tout à fait charmant... Devant une bonne Gobière et pour parler Quidditch ou Rock Sorcier. Mais en ce qui concernait le reste, il n'était franchement pas certain de son efficacité. Peut-être avait-il tort et dans ce cas, le gamin était le meilleur menteur du monde et personne ne pourrait jamais le suspecté.

Nahuel leva les yeux ciel suite à l'intervention d'Esteban. Premièrement, il n'aimait pas se faire traiter comme un gosse de cinq ans. Peut-être que sa réaction avait été légèrement excessive et peut-être qu'il avait agi comme un enfant capricieux mais il valait mieux mettre les choses à plat maintenant pour ne pas le regretter par la suite. Son regard se posa alors sur Irving puisqu'il semblait que le jeune homme se prénommait ainsi. Il esquissa un sourire légèrement narquois avant de laisser échapper un rire moqueur.

"Un problème ?"

Il hocha doucement la tête suite à la question. Il passa un pouce sur sa barbe naissante, une lueur amusée dans le regard alors qu'il reprenait la parole. Son accent ressortant plus que jamais. S'il maîtrisait la langue de Shakespeare sur le papier, à l'oral, il avait un petit peu plus de mal. Son accent modifiant la plupart de ses mots.

"Je ne sais pas si c'est un problème vraiment. Esteban n'est pas mon "copain". Il est mon joli frère. Je crois que c'est comme ça qu'on dit..."

Il se tourna vers Esteban pour avoir son approbation ou une correction si ses propos s'avéraient inexacts. Il reporta ensuite son attention sur Irving afin de lui apporter plus d'éclaircissement sur sa façon d'agir et son comportement. Il avait trop perdu et trop vu de choses pour se permettre à nouveau de revivre les mêmes événements. Et même si Irving avait tout du brave petit gars. Il n'était pas prêt à mourir. Pas pour ses beaux yeux ni pour ceux d'Esteban.

"J'ai confiance en rares personnes. Esteban est une personne que je fais confiance mais vous... Il me demande de vous faire confiance. Je ne vous connais pas. Excusez moi mais... vous n'avait pas l'air aussi... sûr que ce qu'il m'affirmait. Je pense que vous croyez en ce que vous faites. Je pense que vous êtes prêt à faire certaines choses et d'autres non."

Il tourna la tête vers son ami et le fixa un instant avant de reprendre son explication.

"Je pense qu'il veut vous en demander trop. Je ne croit pas que vous soyez prêt à risquer votre vie pour la mienne."

Il esquissa un léger sourire en coin. Il savait pertinemment que ce gamin ne prendrait pas le risque de mentir pour lui. Qu'est-ce qu'il y gagnerait ?

"L'auberge assure une protection certaine mais... Je suis sans papier... Recherché dans mon pays. Si je suis amené à venir chez vous c'est que... ce pays est également à ma recherche. Etes vous prêt à me cacher ? A mentir pour moi ? A me protéger ? Juste parce que Esteban le demande ? Juste parce que vous avez une cause commune ? Je ne pense pas."

Il esquissa un semblant de sourire. Mélange de cynisme et de fatalisme. Irving n'avait aucune raison de l'aider. Et il ne souhaitait pas particulièrement son aide. Il ne voulait pas le mettre en danger parce qu'il n'avait pas l'impression que sa sécurité serait parfaitement assurée.

"Cela est-il vraiment nécessaire de tester vos limites ? Mais peut-être je me trompe sur vous. Peut-être Esteban a raison de faire appel à vous."

Il haussa légèrement les épaules. Il avait dit ce qu'il pensait. Il n'avait pas à s'expliquer plus. C'était la pure vérité et il n'avait pas l'intention de mentir sur ses intentions ou sur ce qu'il attendait.  


Nahuel Muñoz
Esteban CortázarRévolutionnaireavatar
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Comme il s’y attendait, Nahuel n’apprécia pas de se faire remettre en place, il ne prit cependant pas la peine de le faire remarquer verbalement à Esteban ce qui le rassura, Nahuel avait donc un minimum de savoir-vivre. Irving ne se laissa pas marcher sur les pieds comme il fallait s’y attendre. La tension monta d’un cran alors que le frisé faisait face à l’Argentin. La réplique de Nahuel détendit un peu l’atmosphère sans que ce ne soit voulu. Avec un petit sourire moqueur, Esteban le corrigea :

« Je suis flatté de savoir que tu me trouves joli mais on a plutôt l’habitude de dire beau-frère. »

Dans d’autres circonstances, Esteban aurait sans doute éclaté d’un rire moqueur mais il ne pouvait pas clore la discussion ainsi, manifestement Nahuel et Irving avaient besoin de mettre les choses au clair. Et effectivement, Nahuel en avait des choses à dire, Esteban prit le parti de le laisser parler. C’était de sa sécurité dont il était question et s’il avait été à la place de Nahuel, Esteban aurait sans doute agit de la même façon ou tout du moins il aurait voulu avoir l’impression d’avoir son mot à dire sur le sujet.

Il ne put s’empêcher de grimacer face aux mises en doute qu’énonçait Nahuel. Il le comprenait mais il le mettait dans une fâcheuse posture, il ne savait la réaction qu’allait avoir Irving et surtout il aurait préféré préparer un peu le terrain, amener une discussion amicale entre les deux hommes avant de demander son aide à Irving. Nahuel n’en avait fait qu’à sa tête et Esteban se demandait comment il allait rattraper ça.

Nahuel en avait fini avec sa longue tirade et avant qu’Irving n’ait le temps de réagir, Esteban essaya d’arrondir les angles.

« Puisque Nahuel est du genre plutôt direct, je vais l’être aussi. C’est un ami très proche qui vient de me retrouver après pas mal de mésaventures. Comme il te l’a dit, il est recherché par le gouvernement argentin et on ne sait pas trop où en sont les relations entre l’Argentine et l’Angleterre. Je tiens à lui, beaucoup, et j’ai besoin d’assurer ses arrières, de lui donner des sorties de secours. Si on est venu ici aujourd’hui c’est pour te demander si tu serais d’accord pour que l’auberge soit un point de repli pour Nahuel au cas où les choses tourneraient mal. Si jamais il doit prendre la fuite, j’ai besoin de savoir où il est allé se réfugier, je ne veux pas avoir à chercher pendant des jours… En vain… »

Ses dernières paroles étaient chargées d’amertume, il avait désespérément besoin d’avoir l’impression de contrôler les choses. Il voulait, devait, assurer la protection de Nahuel comme il n’avait pu le faire avec Klemens.

« Je sais que la conversation n’a pas commencé de la façon la plus optimale mais comme Nahuel te l’a dit, il est du genre méfiant. Ca n’a pas toujours été le cas mais je pense que tu peux comprendre que dans la situation actuelle on peut sauver sa peau en étant un peu paranoïaque. Je sais que ce n’est pas rien ce que je te demande, on ne se connaît pas depuis très longtemps et rien ne t’y oblige. Juste… Tu pourrais y réfléchir ? Peut-être passé au dessus de ta première impression, il lança un regard noir à Nahuel, et essayer de te mettre à ma place ? Si c’était toi qui me demandait un abri pour ta compagne… »

Esteban marchait sur des œufs, ne connaissant pas suffisamment Irving pour savoir les arguments qui feraient mouche. Il avait toutefois remarqué qu’Irving semblait très protecteur envers sa petite amie, Esteban n’avait jamais eu l’occasion de lui parler ce qui en soit était déjà un indice. Il espérait donc qu’Irving comprendrait l’importance de sa requête en se mettant à sa place. D’autant plus qu’il avait été le témoin de sa recherche frénétique suite à la disparition de Klemens.



Si tu me cherches...
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Irving WhitakerAubergisteavatar
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Cette petite lueur amusée - empreinte d'une condescendance certaine- dans le regard de Nahuel ne fit que conforter Irving dans son jugement: Ce type était un cognard ! Quel genre de personne se foutait de la figure de son hôte et qui plus est, juste devant lui ! Irving n'était d'ailleurs pas au bout de ses surprises car il compris vite, en écoutant l' intervention du jeune argentin, que le passage des deux beaux-frères n'avait rien d'une visite de courtoisie.

Cela aurait été plus simple -et plus poli peut être- qu'ils expliquent les raisons de leur venue en introduction mais Nahuel en avait décidé autrement, arguant haut et fort qu'Irving ne semblait pas être un homme digne de confiance et qu'il ne parviendrait surement pas à le cacher efficacement.

C'était donc de cela dont ils parlaient ! Esteban souhaitait une planque pour son impétueux beau-frère, recherché non pas dans un, mais dans deux pays ! L'ancien amant de Klemens essayait tant bien que mal de plaider la cause de son ami mais le mal était fait. Nahuel n'aurait pas pu faire pire entrée en matière: Il voulait tester les limites d'Irving ? Non mais sérieusement, pour qui se prenait-il ?
Comme avec Darren O'Connor, l'ancien gryffondor ne comptait pas se laisser marcher sur les pieds. Il était chez lui, sur son territoire. Il n'avait rien à prouver à ce trentenaire orgueilleux et il ne tomberait pas dans son piège tendu d'une puérilité aberrante. Ce n'était certainement pas à lui de faire ses preuves et il ne s'abaisserait pas à ça.

A vrai dire le "cas Nahuel" était réglé pour Irving.  Par contre il avait plus de mal à digérer le fait qu'Esteban ait ramené un tel boulet chez lui sans prendre plus de précautions. Irving aurait bien voulu savoir pourquoi Nahuel était recherché dans son pays -il n'avait clairement pas envie d'héberger un violeur ou un tueur d'enfant chez lui !- et aussi connaitre ses implications dans la résistance... car ses dires laissaient entendre qu'il n'en faisait même pas partie ! N'avaient ils pas parler de " leur cause commune" et non pas de "notre cause commune" ?

Irving n'était pas prêt à accueillir n'importe qui chez lui et il était en colère contre Esteban qui n'avait pas su préserver   d'avantage un lieu sensible comme Mallowsweet en révélant son activité secrète à son beau-frère. La vie de Nora, la sienne et celles des résistants en fuite étaient en jeu tout de même. Les réseaux de résistance étaient basés sur la confiance et Irving estimait qu'Esteban n'avait pas su être à la hauteur.  Il aurait apprécié de pouvoir discuter des modalités en tête à tête avec l'amant de Klemens. Ils auraient pu construire ensemble un projet, balayer les idées et présenter à Nahuel une solution de replis, clef en main. Ils auraient du organiser tout ça en amont mais Esteban avait fait les choses à l'envers en mettant Nahuel dans la confidence avant Irving.  En plus, il n'arrivait même pas à obtenir le respecter de Nahuel alors qu'il était sensé se présenter comme son garant ! Il était clair que le plus jeune des deux n'en faisait qu'à sa tête et qu'Esteban tentait vainement de ramasser les pots cassés...  C'était un peu triste d'ailleurs de le voir se plier en quatre pour son beau-frère tandis que l'autre semblait insensible à ses efforts. Comment Esteban pouvait-il se laisser mener par le bout de la baguette ?
Ce n'était pourtant pas si compliqué à comprendre. Irving savait par quelles épreuves l'argentin était passé ce dernier mois. La longue et infructueuse recherche de Klemens et enfin l'annonce de sa mort.  Le deuil l'avait fragilisé. Esteban ne voulait pas répéter les mêmes erreurs mais il en faisait de nouvelles  à trop vouloir éviter que le scénario ne se réitère. A vrai dire, Irving s'identifiait un peu à lui. Lui aussi il aurait tout mi en œuvre pour protéger ses proches mais il espérait sincèrement ne pas être aussi désorienté au point d'en perdre tout discernement.
Aussi lorsqu'Esteban tenta la carte sentimentalisme en évoquant Nora, la réaction d'Irving ne se fit pas attendre.

"Esteban, s'te plait, joue pas à c'jeu là avec moi. Toi et moi, on vaut mieux qu'ça." dit-il d'un air résolu.

L'argentin ne pouvait pas se servir de Nora pour faire peser la balance en sa faveur. Les sentiments d'Irving ne devaient pas influencer son jugement. C'était nécessaire qu'il reste clairvoyant et qu'il ne tombe pas dans le même piège qu'Esteban en laissant parler son cœur avant sa raison.

Irving se tourna donc vers Nahuel et reprit:

"Vous avez aucune confiance en moi ? Je peux vous dire que c'est parfaitement réciproque, répondit-il, J'obligerais personne à venir ici s'il n'en a pas envie et j' me plierai pas en quatre pour prouver quoi que ce soit... J'ai pas d'temps à perdre avec des conneries pareilles."

Il avait une Auberge à faire tourner, des personnes à aider et des secrets à cacher...Si Nahuel pouvait se permettre tant d'ingratitude c'est que son cas n'était pas si désespéré, estima Irving. Il pivota pour faire face à Esteban cette fois et prit quelques secondes de réflexion avant de se lancer, bien décidé à mettre en lumière le manque de prudence de son camarade:

"Ta démarche est louable mais...fais gaffe vieux... J'sais pas comment te dire ça sans passer pour un gros cognard mais faut qu'tu prennes un peu d'distance par rapport à c'qui s'est passé...ça t'bouffe trop le cerveau et tu fais pas les choses dans l'bon ordre. Ça peut nous couter cher."



Irving Whitaker
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Nahuel poussa un léger soupir et hocha la tête. D'accord ! On disait beau-frère en anglais. Bon ça ne changeait pas grand chose à leur histoire de toute manière. Il voyait que le gringalet l'avait pris en grippe. Il y avait de quoi, il reconnaissait qu'il n'avait pas été tendre. Mais il n'avait pas envie qu'un gosse se mouille pour lui. Il ne méritait pas autant d'attention. Il pouvait certainement faire confiance à Irving, il voyait bien qu'il avait l'air réglo et qu'il ne se laissait pas marcher sur les pieds. Mais il ne comprenait pas pourquoi Esteban insistait autant. Il ne voulait pas mettre l'auberge dans une mauvaise posture. Et il n'avait pas particulièrement envie de confier sa vie à un gamin.

Il n'était pas bien vieux. C'était vraiment dommage de gâcher sa vie dans la résistance. Il l'avait lui même fait et à quoi ça avait mené ? Il se retrouvait exilé à des milliers de kilomètres de chez lui. Dans un pays qu'il ne connaissait pas et qu'il n'avait pas particulièrement envie de connaître, il devait bien l'admettre. Pourtant, il n'intervint pas lorsque son beau-frère tenta à nouveau de plaider sa cause. Fixant Irving pour déceler ses pensées. Il vit son agacement et esquissa un léger sourire en coin. Il pouvait voir que l'idée ne l'enchantait clairement pas. Ce qui était bien mieux ainsi.

Il fronça néanmoins les sourcils lorsque Esteban évoqua la compagne du jeune homme. Il tourna la tête vers son ami, désapprobateur. Il était hors de question de jouer la carte du chantage affectif. Il fut donc intérieurement satisfait lorsque le gamin remit l'Argentin à sa place. Effectivement, il ne fallait pas jouer à ce jeu là. Que ce soit avec Irving ou avec n'importe qui. Il ne voulait pas être pris en pitié. En aucun cas. Il haussa un sourcil amusé lorsque le jeune homme s'adressa à nouveau à lui et esquissa un sourire en coin.

"Nous sommes d'accord sur un point."

Il hocha légèrement la tête. Il était prêt à partir. Il devait bien reconnaître qu'il était légèrement piqué dans son orgueil. Il était selon une personne de confiance. Même si Irving avait toutes les raisons de se méfier de lui. Il n'avait en aucun cas été obligeant avec le jeune homme. Il ne voulait pas être là. Ne voulait faire prendre de risque à personne. Il pouvait parfaitement se gérer tout seul. Et il ne faisait confiance à personne dans ce pays. Peu importe ce que pouvait dire Esteban. Mais s'il y avait bien une chose qu'il ne supportait pas, c'était qu'on s'en prenne à ses proches.

Et le bouclé venait de faire une gaffe mémorable. Il ne savait pas ce qui rongeait le cerveau de son beau-frère ou il avait peur de le savoir. Le deuil de Miguel. Mais cela faisait dix ans... Peut-être que son retour avait tout remué à l'intérieur. C'était son cas. Il était heureux de retrouver Esteban mais les souvenirs qui revenaient avec les retrouvailles, il s'en serait bien passé. Alors que Irving lui fasse une remarque de ce genre ne lui plu pas du tout. Il serra légèrement les poings et fixa le gamin droit dans les yeux.

"T'as pas de temps à perdre avec mes conneries mais t'en as pour donner des leçons de morales à deux noises, hein ?!"

Il lui jeta un regard noir avant d'inspirer profondément.

"Esteban est l'homme le plus réfléchi que je connaisse. Donc s'il m'amène ici c'est qu'il a calculé tous les risques. Tu crois sérieusement que je vais faire un truc qui puisse lui faire du mal ? Tu crois que je vais aller balancer un truc ? T'es fou ou quoi ? C'est clairement pas de mon côté que vous avez un risque. La révolution, je sais ce que c'est gamin. J'en ai faite une pendant presque dix ans. Esteban et moi, on luttait déjà que tu savais pas encore marcher. Alors c'est pas toi qui va nous apprendre à faire attention niño ! Cerveau bouffé ou pas ! "

Il lança un regard impérieux à Irving. Il croyait quoi ? Qu'il allait leur apprendre à mener une guerre et à surveiller leurs arrières ? Qu'ils étaient incapables de faire la part des choses ? Chaque risque était calculé. Et ce n'était certainement pas ce blanc-bec qui allait leur apprendre la prudence.


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Esteban CortázarRévolutionnaireavatar
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Il avait sans doute fait une erreur en parlant de la petite-amie d’Irving, c’était en tout cas ce sur quoi s’accordaient les deux hommes face à lui. Malgré tout, il n’arrivait pas à regretter ses paroles parce qu’elles étaient vraies. Il ne voulait pas faire de chantage affectif ou quoi que ce soit, il voulait juste qu’Irving comprenne son point de vue, qu’il se mette à sa place et entende qu’il n’était pas là pour le mettre en danger, mais bien qu’il faisait ça pour la sécurité de Nahuel, d’un être cher, sans doute la personne qui comptait le plus pour lui actuellement en Angleterre.

Il hocha donc brièvement la tête ne se mouillant pas trop, laissant les autres l’interpréter comme un geste d’excuse s’ils le souhaitaient. La conversation avait tellement mal débuté qu’Esteban en venait peu à peu à souhaiter simplement rester en bons termes avec Irving. Il peinait à comprendre le comportement de Nahuel, il oubliait fréquemment qu’il ne s’agissait plus du jeune homme qu’il avait laissé dix ans auparavant mais d’un homme malmené par le deuil et la guerre. Il ne pouvait plus prévoir ses réactions comme il le faisait autrefois et cette rencontre qui lui échappait totalement en était la preuve évidente.

Un peu en retrait, il écouta les nouveaux reproches qu’Irving et Nahuel échangeaient tout en réfléchissant à un moyen de sauver la situation. Il fut brusquement tiré de ses pensées par les paroles d’Irving. Il ne retint pas sa grimace, la douleur sourde ne le quittait pas et la rage l’habitait comme jamais. S’il était tout à fait honnête, Irving avait sans doute raison, s’il était là aujourd’hui c’était parce qu’il avait peur qu’il arrive à Nahuel la même chose qu’il était arrivé à Klemens. Il voulait trouver pour son ami un point de chute coûte que coûte et même s’il avait longuement réfléchi avant de se rendre chez Irving, il n’avait pas fait les choses dans le bon ordre. Il voulait tellement protéger Nahuel qu’il n’avait pas compris à quel point sa présence pouvait effrayer Irving. Il n’arrivait pas à voir son petit frère comme une menace mais il pouvait en être une et Irving le lui rappelait calmement.

Esteban n’était pas du genre à s’excuser, il assumait ses décisions et en acceptait les conséquences. Toutefois, il appréciait sincèrement Irving et était prêt à quelques concessions. Il ne pouvait oublier le premier échange qu’ils avaient eu lorsqu’il était à la recherche de Klemens et avait le sentiment qu’une certaine proximité s’était créée entre eux suite à cet événement. Les paroles d’Irving envers Esteban aurait pu être virulente, il aurait pu les envoyer promener Nahuel et lui, leur demander de quitter son auberge au plus vite et ne plus jamais y remettre les pieds. Il ne l’avait pas fait et semblait même concerné par l’état d’esprit d’Esteban.

Partagé entre la reconnaissance et l’agacement, Esteban mit quelques secondes de trop à répondre, secondes qui furent certainement mal interprétées par Nahuel. Devant ses yeux éberlués, Nahuel monta au créneau pensant sans doute bien faire en le défendant. Après le choc, vint l’énervement. Depuis qu’ils étaient arrivés à Mallowsweets, Esteban avait l’impression de subir la situation or c’était lui qui était à l’origine de celle-ci. Il n’avait pas prévu que les deux hommes s’opposent ainsi, il n’avait pas imaginé la réaction de Nahuel mais celui-ci commençait sérieusement à lui taper sur le système.

Que croyaient-ils tous ? Qu’il était une petite chose sans défense ? Qu’il était tellement traumatisé par la mort de Klemens qu’il n’était plus capable de prendre des décisions réfléchies ni même de se défendre ? Irving pensait-il sérieusement qu’il était capable de mettre sa vie et sa cachette en secret ? Esteban n’était pas né de la dernière pluie et malheureusement, ce n’était pas la première fois qu’il devait faire face au deuil. Alors oui, il était détruit, oui, il passait des heures à pleurer la nuit sans trouver le repos, oui, la rage était ce qui le faisait tenir mais il n’était ni inconscient ni invisible.

« STOP ! Nahuel est-ce que tu peux la fermer deux minutes ? Est-ce que tu peux réfléchir deux secondes et m’accorder un peu de cette confiance en moi que tu déclares avoir ? Je n’ai pas besoin de toi pour me défendre, d’accord, je suis un adulte et ce n’est clairement pas à toi d’intervenir. Irving sait des choses que tu ne soupçonnes même pas, il a ses raisons lorsqu’il me demande de prendre de la distance et crois-le ou non il ne le dit pas pour me blesser. »

Esteban inspira brièvement, pas tout à fait certain d’avoir eu raison de déclarer cela, il enchaîna avant qu’aucun des deux n’aient eu le temps de réagir.

« Tu dis de moi que je suis la personne la plus réfléchie que tu connaisses alors pourquoi est-ce que tu as réagi comme ça lorsqu’on est arrivé ? Pourquoi as-tu agressé Irving ? Je te demandais juste de me faire confiance ! Bon sang, ce n’est pas si compliqué que ça de comprendre que je veux juste trouver un moyen de sauver tes fesses au cas où ça tourne mal ! Tu penses vraiment que je t’aurais mené vers quelqu’un en qui je n’ai pas une absolue confiance ? »

Esteban secoua la tête avec agacement.

« Et toi, Irving, est-ce que tu as une si mauvaise estime de moi que tu me penses capable de te mettre en danger ? Je sais qu’on ne se connaît pas depuis si longtemps que ça, je sais également que tu as des raisons de penser que je ne suis pas totalement moi-même ces derniers temps mais Nahuel a raison. Je vis pour la résistance depuis que j’ai 20 ans, vivre dans l’ombre et la clandestinité est la seule façon de vivre que je connaisse. Je pèse chacune de mes décisions, crois-moi, j’ai longuement hésité avant de décider de venir ici. Je ne voulais pas te causer du soucis en amenant quelqu’un dans ton auberge mais plus que cela je souhaitais être certain que Nahuel serait en sécurité à Mallowsweets.

Je fais rarement confiance aux gens, une confiance aveugle m’a coûté trop de vie, néanmoins pour une raison que je n’arrive à m’expliquer, je te fais confiance. En ce moment, je suis encore plus sur la défensive qu’avant, j’ai juste besoin de savoir que Nahuel aura un endroit où se poser si ça tournait mal pour moi ou pour lui. Il vit dans mon appartement et il ne connaît pas grand monde pour l’instant, si jamais il doit fuir le pays, il aura besoin d’un endroit où organiser son départ. Je sais que c’est beaucoup te demander Irving, d’autant plus après que tu aies eu un aperçu du Nahuel-tête-de-con, mais voilà, tu es la seule personne vers laquelle je puisse me tourner actuellement. »


Esteban était un peu essoufflé, il n’avait sans doute pas réparé le début de leur conversation mais il était satisfait d’avoir pu donner son point de vue, être un observateur passif ne lui convenait pas du tout. Il savait également que ses mots risquaient de déclencher d’autres protestations, Nahuel notamment ne devait certainement pas être ravi de la façon dont il l’avait traité mais il espérait qu’il saurait se retenir jusqu’à ce qu’ils rentrent à l’appartement. Le visage de nouveau fermé, Esteban était prêt à affronter leurs réactions.



Si tu me cherches...
... tu me trouves.
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Contrairement à ce que pensait Nahuel, Irving n'avait pas voulu donner de leçon de morale à deux noises. Il avait juste essayé de mettre en garde Esteban contre lui-même. L'ancien Gryffondor avait lui aussi connu des deuils dans sa vie - que ce soit son père ou encore Danny- et il savait à quel point on pouvait être fragilisé par la perte d'un être cher. La prudence et la concentration nécessaires dans leurs activités illégales ne faisaient pas vraiment bon ménage avec les souvenirs nostalgiques des fantômes du passé ou la colère sourde qui pouvait vous animer après la mort d'un proche...

Si Irving s'attendait à une réaction d'Esteban -bonne ou mauvaise- il fut particulièrement surpris de voir Nahuel prendre la parole à la place de son ami. Ne pouvait-il pas se taire deux minutes celui-là ? Quand on attendait de lui qu'il ouvre sa grande bouche, il la fermait, et vice versa ! Son ton moralisateur et paternaliste de résistant qui a tout fait et tout vu finit d'achever Irving qui poussa un profond soupir agacé pour se calmer. Instinctivement, il pensa à Chloé Hellsoft l'invitant à gérer son irritabilité aussi s'efforça-t-il  de ne pas répondre aux provocations de l'argentin. Il ne se souvenait que trop bien de la dernière fois où il avait agit sur un coup de sang. Il le laissa donc parler -à quoi bon essayer de le contredire- ce cognard était tellement prétentieux et capricieux qu'il n'admettrait jamais avoir tord.

Ce fut Esteban qui mit fin à la diatribe de Nahuel d'un ton ferme et sans équivoque. Pour la plus grande satisfaction d'Irving, l'ancien amant de Klemens ramena le nabot à sa juste place, le mettant face à ses propres contradictions.  L'ancien Gryffondor tiqua légèrement quand Esteban affirma avoir en lui une confiance absolue tant  il ne savait pas s'il devait se sentir inquiet ou flatté. Inquiet qu'Esteban accorde autant de crédit à un camarade qu'il n'avait croisé qu'en de rares occasions ou flatté que ce camarade soit lui-même.

Irving n'était pas certain de pouvoir mériter une telle confiance, ni d'en être à la hauteur d'ailleurs. Certes il s'était mouillé pour Esteban rien qu'en admettant avoir rencontré Klemens après son évasion de Skye ou en faisant jouer son réseau pour essayer de retrouver le lycanthrope après  son altercation avec la Milice mais de là à mériter de tels honneurs, il y avait un pas...

Ce pas, Esteban l'avait franchi même s'il était bien incapable d'expliquer ni pourquoi ni comment. C'était comme ça. Une question de feeling. Il n'avait pas d'argument à apporter ou d'explication, il lui faisait confiance. Point. Irving observa son vis à vis  quelques secondes. Si, un peu plus tôt dans la conversation, il avait eu l'impression qu'Esteban cherchait à le manipuler en tirant sur la corde sensible, il avait l'intime conviction cette fois qu'il ne trichait pas et qu'il ne cherchait pas à l'amadouer en le flattant. L'argentin semblait sincère aussi Irving décida lui aussi de répondre en toute sincérité à son monologue:

"J'ai pas une mauvaise estime de toi. Tu t'trompes. Par contre j'maintiens que toi et Nahuel vous pouvez m'mettre en danger. J'dis pas que vous allez le faire sciemment mais ça peut arriver... Un détail révélateur  qui nous a échappé, un plan qui tourne mal, un concours de circonstance malheureux..."

Comme la présence, à 3h du matin,  d'un directeur de département dans les rues de Pré-Au-Lard. Il haussa les épaules et poursuivit:

"Mais l'inverse est aussi vrai. J'peux vous faire tomber... J'peux pas affirmer comme ton pote qu'y a aucun risque de mon côté, J'te mentirai,  dit-il sans même accorder un regard à Nahuel,  Y a qu'lui qui a la prétention d'dire un truc pareil.  Résister ça comporte forcément des risques. Forcément. Et tout s'passe pas toujours  comme prévu sinon vous seriez pas exilés tous les deux, leur rappela-t-il, J'ai conscience du danger, et j'veux évaluer chaque risque même si on est dans une relation d'confiance. Pour moi c'est deux choses différentes." tenta-t-il d'expliquer.

"Esteban, je sais qu'tu f'ras rien pour m' nuire délibérément et j'comprends complètement ta position mais j'peux pas être à la hauteur d'tes attentes. Accueillir Nahuel -tel que je l'ai découvert aujourd'hui- c'est juste pas possible. Pas pour c' qu'il m'a dit: Il peut bien m'traiter de niño, d'gamin ou de je n'sais quoi encore...M'en fout. Par contre,  sa propension à faire capoter cette entrevue, ce plan que tu as pour lui et qu't'as surement mi des s'maines à organiser, ça, j'peux pas laisser passer. S'il se permet ça avec toi - son propre beau-frère en qui il a pleine confiance- que fera-t-il avec moi qu'il connait à peine ? C'est typiquement le genre de situation que j'veux éviter. Le genre de risque que j'veux pas prendre. J'me plierais pas en quatre pour quelqu'un qu'a pas d'considération pour ceux qui l'aide. "

Il se fichait de passer pour un couard, il avait pris sa décision. A moins, bien-sûr,  que le Nahuel-pas-tête-de- con fasse son entrée, toutefois, Irving en doutait fortement...



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Nahuel se renfrogna lorsque Esteban le rabroua sèchement. Non mais c'était quoi leur problème à tous là ? Pourquoi est-ce qu'ils ne comprenaient pas le pourquoi du comment ? Non, il ne voulait pas se faire héberger par Irving. Parce que ce n'était pas une bonne solution de mêler un gars comme lui. Pas parce qu'il n'était pas de confiance ou quoique ce soit. Juste parce qu'il avait l'avenir devant lui. Une copine, une petite auberge. Un visage de demeuré et pas la carrure du type qui va résister. Certes, c'était le meilleur des camouflages mais Nahuel ne voulait pas impliquer un gars qu'il connaissait depuis à peine cinq minutes.

Ce n'était pas passé entre eux. C'était clair, net et précis. Il n'avait pas mis du sien non plus. Il avait été imbuvable et imbu de sa personne. Condescendant au possible. Tout ça pour faire capoter l'idée d'Esteban. Il ne voulait pas de son plan à deux noises. Il n'était plus un môme qu'il fallait materner. Il voulait juste des explications. Il n'était pas crétin, il avait bien compris qu'Esteban avait repris la résistance. Et il ne lui en avait rien dit. Partait tôt le matin et rentrait tard le soir. Ne laissait rien paraître. Mais au fond, il savait. Ils l'avaient dans le sang. Quand on passe toute sa vie à se battre pour un idéal, il est difficile de changer de vie.

Il lavait vu tout ça. Il avait compris. Mais il ne voulait pas faire croire qu'il acceptait. Il n'acceptait rien de tout ça. Esteban n'était pas excusé pour autant. Il devait lui parler. Même à demi mots. Même juste pour dire que oui, c'était bien ce qu'il pensait. Mais faire croire que tout était normal alors que Irving lui même parlait de la cause. De leur cause. Il n'était pas un demeuré. Et il n'avait pas besoin de se cacher chez des résistants pour le moment. Il était en sécurité jusqu'à un certain point. Mais en sécurité tout de même.

Il poussa un soupir et écouta sans broncher les monologues d'Esteban et d'Irving. Il retint un sourire victorieux sur la conclusion du bouclé. Il ne fallait pas qu'il se montre trop heureux non plus. Il prit donc un air outré avant de baragouiner en argentin des insultes bien senties. Il savait qu'Esteban les comprendrait mais il s'en moquait comme de son premier biberon. Il n'en avait plus rien à foutre de toute manière. Il redressa la tête et pris un air hautain avant de s'adresser à Irving.

"Bon... C'est réglé alors. Tu n'aidera pas nous. On peut partir."

Il se tourna vers Esteban pour lui jeter un coup d'oeil. Qu'il tente de convaincre le frisé une fois de plus s'il le souhaitait. Lui, il avait passé assez de temps ici. Il tourna le dos à Irving et se dirigea vers la porte d'entrée sans un mot de plus. Il l'ouvrit et maugréa en voyant que la pluie tombait toujours autant... Ce pays était vraiment invivable. Pire que tout ce qu'il avait pu vivre, il lui semblait... Enfin, il exagérait sans doute un peu. Mais pas tant que ça. La pluie allait finir par le rendre fou si ça continuait. Déjà que ça le rendait grincheux et agressif... Mais ce n'était qu'un détail. Tout comme l'image qu'il avait pu renvoyer de lui même à Irving.

Fin pour Nahuel.


Nahuel Muñoz
Esteban CortázarRévolutionnaireavatar
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Esteban laissa Irving parler, tenter de s’expliquer maintenant que Nahuel s’était tu et le laissait s’exprimer. Il avait envie de soupirer, de secouer Nahuel pour se comportement, Irving pour ne pas vouloir l’aider alors qu’il en avait tant besoin, qu’il avait besoin de se sentir soutenu, rassuré. Plus que tout, il avait envie de se secouer lui-même pour avoir proposé un tel arrangement, qu’est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête ? A quel moment avait-il pensé que c’était une bonne idée ? Pire, comment avait-il pu croire que tout préparer dans son coin et mettre Nahuel et Irving devant le fait accompli allait fonctionner ? Il était plus doué que ça, il avait organiser des interventions bien plus complexes que celle-ci et pourtant… Il s’était laissé guidé par ses émotions et surtout par ses peurs qui le rongeaient.

Si Nahuel avait été un peu moins borné, avait eu un caractère plus facile, s’il avait un peu mieux connu Irving, peut-être qu’ils n’en seraient pas là mais dès le premier échange Esteban avait compris que c’était fichu. Il n’espérait plus que la situation s’arrange, il voulait juste ménager les dégâts, il espérait qu’Irving ne lui en voudrait pas trop. Nahuel par contre, il n’avait qu’une envie, celle de lui en coller une ! Ce n’était pas possible de se comporter de cette façon !

Avec un regard un peu halluciné, il le vit se lever et lui jeter un regard avant de quitter la pièce sans même un au revoir, s’arrêter un instant à la porte et disparaître. Il fallut quelques instants à Esteban pour reprendre ses esprits et tourner son visage vers Irving. Il ferma les yeux un instant, respira profondément et d’un ton ennuyé s’adressa finalement à celui qu’il avait un jour espéré pouvoir appeler « ami ».

« Irving… Je ne sais pas vraiment quoi te dire… Je suis désolé de cette situation, désolé que Nahuel se soit comporté ainsi, je ne m’y attendais pas. J’avais sans doute mal jugé la situation, je ne suis pas très lucide ces derniers temps. J’espère que tu ne m’en voudras pas trop. Sache qu’avec nous ton secret est bien gardé, même si Nahuel n’en a pas eu l’air, c’est quelqu’un de confiance. Vraiment, je m’excuse d’avoir débarqué comme ça. »

Esteban n’était clairement pas dans son élément, ce n’était pas de son genre de présenter des excuses, encore moins lorsqu’il n’était pas le fautif – c’était tout du moins ce qu’il pensait – aussi son discours était-il un peu maladroit. Il préféra couper court et se redresser. Il tendit la main vers Irving en espérant qu’il ne lui en voudrait pas suffisamment pour rejeter sa poignée de main.

« A bientôt j’espère. »

En espérant que ce soit dans de meilleures conditions que les dernières fois. Esteban sortit sous la pluie battante. L’Angleterre. Nahuel l’attendait, il n’avait pas encore transplané. Sans un mot, il lui tendit le bras. En lui, la colère bouillonnait, la tristesse également. Qui était Nahuel ? Il n’arrivait pas à se poser cette question jusqu’à présent, il ne voyait que celui qu’il avait été mais Nahuel avait vécu énormément de chose durant dix ans et n’avait plus grand chose à voir avec le jeune homme qu’il était lorsqu’Esteban l’avait laissé en Argentine. Esteban devait faire le deuil du Nahuel qu’il avait connu, comme Nahuel devait faire le deuil de l’Esteban de Miguel.
Fin pour Esteban



Si tu me cherches...
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Irving WhitakerAubergisteavatar
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Cette entrevue ne pouvait pas se terminer autrement. D'ailleurs Irving ne chercha pas à retenir Nahuel lorsqu'il quitta l'auberge, au contraire: En l'espace de quelques minutes à peine, il avait instauré une telle tension que l'ancien Gryffondor était plutôt soulagé de ne plus avoir à faire à lui. La porte se referma sur l'argentin et aussitôt Esteban se confondit en excuses. Un peu mal à l'aise, Irving riva ses mains au fond de ses poches ne sachant pas vraiment quoi dire.

Une partie de lui avait envie de tranquilliser l'amant de Klemens. Il aurait pu lui dire que ce n'était pas grave, qu'il ne lui en voulait pas d'avoir ramené ce cognard -enfin Nahuel- chez lui sans même lui en parler avant. Au fond il pouvait le comprendre. Il aurait même pu faire exactement la même chose juste après la mort de Dalhiatus... N'avait-il pas proposé à Nora de s'enfuir, de partir loin d'ici ? S'il avait pu, il aurait cherché un refuge pour sa petite amie. Dans la précipitation, il n'aurait sans doute pas été très prudent... Un peu comme Esteban aujourd'hui.

Plus il le regardait, plus Irving s'identifiait à lui. L'argentin avait surement un grand cœur mais était-ce compatible avec des activités résistantes ? Irving connaissait déjà la réponse.  Autant l'attitude de Nahuel ne l'avait pas fait douter une seconde quand au comportement qu'il devait adopter face à lui ,autant, cette fois, l'aubergiste avait du mal à se positionner face à Esteban.

Il ne pouvait pas être dans l'empathie même s'il en crevait d'envie. Il aurait aimé lui dire quelques mots rassurants et presser son épaule amicalement pour lui apporter son soutien mais il ne devait pas faire comme si cette prise de bec n'avaient pas de conséquences.  

Il garda donc le silence après la tirade d'Esteban et se contenta d'hocher lentement la tête. Quand ce dernier tendit la main pour le saluer une dernière fois, Irving ne lui fit pas l'affront de refuser.

"Bye."
répondit-il sobrement résistant à l'envie d'ajouter  un "Prend soin de toi mec." qui aurait incontestablement anéanti ses efforts pour paraitre plus dur que ce qu'il n'était.

Lorsque la porte se ferma derrière Estéban, Irving resta de longues minutes immobile à réfléchir à cet échange.  La colère qu'il avait ressentie à l'encontre de l'ami de Klemens s'était envolée et seul demeurait  un sentiment mitigé de tristesse et de culpabilité.

RP Terminé



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Les amis de mes amis... [Irving, Esteban & Nahuel]

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