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 Loup, y es-tu ? Que fais-tu ? M'entends-tu ? [Samantha & Jonah]

Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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30 septembre 2009

Le local de "Werewolf Rights" était surement le plus petit du Chemin de Traverse. On se serait presque cru dans un long couloir où seules quelques cloisons amovibles séparant le box privé de l'accueil brisaient la profondeur du lieu. Une unique vitrine donnant sur la rue commerçante éclairait l'espace dont les murs étaient recouverts d'affiches, de dessins d'enfants et de parchemins listant les coordonnées de médicomages ou d'apothicaires.

Jonah était de permanence en cette belle matinée et il devait justement préparer le matériel pour le forum des associations qui avait lieu le lendemain à Manchester. Il avait dupliqué et classé les prospectus, mis de côté les bannières et les kakémonos dans une grande malle encore ouverte au milieu de la boutique.

La condition sine qua non  pour qu'il enseigne à l'école de Sorcellerie avait été qu'il puisse conserver un certain nombre d'activités associatives en dehors de Poudlard. Il y avait bien évidemment son association de droit des Loups garous -dont il tenait la permanence tous les samedis jusqu'à 14h- et le club de quidditch qui l'occupait le vendredi soir et quelques samedis après-midis. En contrepartie, il gérait les gardes et surveillances du dimanche à l'école afin que ses collègues puissent retrouver leur famille ou leurs amis. En temps que Directeur de Maison, il n'était pas rare qu'il soit d'astreinte même sur ses heures de relâche mais Daisy avait rarement usé de ce droit.  Pour le moment, Jonah arrivait à concilier travail et loisirs et il espérait pouvoir tenir sur la longueur.

Heureusement il n'était pas seul pour faire vivre ces deux associations: Dean, son ainé, avait intégré les statuts du club de quidditch au poste de trésorier et "Werewolf Rights" pouvait compter sur quelques bénévoles motivés... Pas assez au gout de Jonah mais c'était déjà ça. Le local était ouvert tous les samedis et certains soirs de semaine. L'enseignant aurait voulu ouvrir aussi le mercredi après-midi mais aucun membre n'était disponible sur ce créneaux ou d'autres ne s'imaginaient pas tenir la boutique seuls, sans l'aide de Jonah ou de Megan, la psychomage de l'association.

Assumé son statut de loup-garou était une chose mais conseiller des parents ou des lycanthropes parfois désespérés en était une autre.  Jonah pouvait compter sur quelques vieux briscards qui avaient intégré l'association au tout début mais l'équipe de conseillers avait du mal à se renouveler. Ces lycanthropes old school -comme ils se qualifiaient entre eux et dont Jonah faisait partie- étaient parfois un peu déconnectés face aux jeunes loups issus de la Pleine Lune Sanglante qui avaient, pour la plupart, connus une vie normale avant de se faire mordre. L'équipe avait besoin de sang neuf et Jonah espérait bien pouvoir recruter quelques nouvelles têtes dans les mois à venir. Mais pour l'heure, ils devaient surtout poursuivre leur politique de communication pour se faire davantage connaitre...

"Meg ? Sais-tu où sont les badges que l'on a fait l'année dernière...J'aimerai en amener sur le stand demain."

Megan qui était occupée à préparer ses rendez-vous de l'après midi dans  le petit box privé lui cria:

"A gauche du bureau, le troisième tiroir en partant du haut !"

A l'occasion de la manifestation qui s'était transformée en Bloody Sunday près d'un an plus tôt, "Werewolf Rights" avait conçu des badges à l'intention des loups-garous afin qu'ils portent fièrement leurs couleurs: C'était un support de reconnaissance et aussi un signe d'appartenance à la communauté dont Jonah n'était pas peu fier.
Les petits pin's se trouvaient bel et bien à l'endroit que lui avait indiqué sa collègue, il les attrapa donc et les étala sur le bureau afin de les compter avant d'en crocheter un à son sweat. C'est à ce moment que la clochette de l'entrée du local retentit. Jonah leva les yeux vers la porte et accrocha un sourire sur son visage pour accueillir la jeune femme qui venait d'entrer:

"Bonjour mademoiselle, que puis-je pour vous ?"


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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C'était sur un panneau d'affichage de Sainte Mangouste que Samantha avait vu l'affiche. Épinglée sur le tableau de liège entre des annonces pour des recherches de baby-sitter et des publicités pour la dernière potion de guérison des ongles incarnées, l'affiche attirait l'oeil grâce à son slogan : "Werewolf Rights !". Le regard aiguisé de Sam avait aussitôt capté le nom accrocheur et elle s'était penché sur le papier pour en savoir d'avantage. Visiblement, il devait s'agir d'une sorte d'association visant à promouvoir les droits des loups-garous.

Cette déduction avait fait naître un mélange contradictoire de sentiments chez la jeune femme, entre chaleur réconfortante à l'idée que d'autres lycanthropes existaient et s'assumaient, et malaise à la pensée qu'il leur fallait encore défendre leurs droits comme la minorité opprimée qu'ils étaient. Militante, Sam l'avait toujours été. C'était un trait qui naissait aisément lorsque l'on grandissait dans la cité Nimbus, avec ses syndicalistes bougons et ses injustices crasses, et Sam s'était révélée particulièrement à l'aise dans cet exercice. Une certaine curiosité naquit donc tout naturellement en elle quant aux activités de cette association. Quelles étaient leurs revendications, leurs accomplissements ? Etaient-ils nombreux ? Existaient-ils depuis longtemps ? Ces questions bouillonnèrent en elle, supplantées par une interrogation plus pressante encore : pourrait-elle trouver là-bas cet interlocuteur qui lui faisait cruellement défaut ?

Sur un coup de tête, Samantha avait noté l'adresse de l'association et avait quitté l'hôpital, bien décidée à faire bon usage de son temps libre. Sans se laisser le temps de changer d'avis, elle avait pris la direction du Chemin de Traverse et avait arpenté la célèbre avenue, jusqu'à arriver à sa destination : ce petit local auquel elle n'avait jamais prêté la moindre attention... Il lui avait fallut plusieurs minutes pour discipliner les battements désordonnés de son coeur et pour se décider à pénétrer dans le local, sans bien savoir ce qui l'inquiétait autant.

Derrière l'accueil, un homme d'une quarantaine d'années, à l'air avenant. Il était penché sur quelque chose mais redressa aussitôt la tête à l'entrée de Sam. Souriant, il lui posa une question parfaitement attendue qui, pourtant, plongea la jeune femme dans l'embarras. Ce qu'il pouvait faire pour elle ? A vrai dire, elle ne le savait pas bien elle-même, ni vraiment les raisons de sa visite... C'était un peu de curiosité, et beaucoup d'espoirs dans le fait qu'elle pourrait, peut-être, trouver ici une sorte de communauté ou d'entourage pouvant la comprendre. Des gens "comme elle"... Mais c'était un voeu naïf, vraiment, car il y avait toutes les chances du monde qu'elle ne se sente pas à sa place ici, n'est-ce pas ?

"Hum, je... Ben, en fait je... J'ai vu votre affiche et je me suis dit demandé un peu qui vous êtes exactement, ce que vous faites... Je suis une lycanthrope", précisa-t-elle avec une certaine gêne, comme chaque fois qu'elle faisait cette révélation. Pourtant, peut-être que cet homme l'était aussi, ce serait même logique, mais c'était plus fort qu'elle. Il y avait des choses qu'elle pouvait assumer, et même porter en étendard : son appartenance à Nimbus, son orientation sexuelle. Mais pas sa lycanthropie, cette fois, c'était trop pour elle...

Les premiers temps n'avaient pas été les plus compliqués, étonnamment. Appliquant consciencieusement la technique de l'autruche, Sam avait même espéré que cela ne changerait pas grand chose, au fond. Mais cela avait tout changé. Une fois parties la pitié et la peur de ses camarades de Poudlard, Sam avait connu la méchanceté, l'intolérance et l'exclusion. Pas par tous, heureusement, mais cela avait suffit à lui faire développer une honte croissante de sa condition, bien malgré elle : Sam détestait dépendre du regard des autres ! Mais elle devait se rendre à l'évidence, elle n'était pas aussi forte que Lauren ou Dave et la façon dont on la percevait lui importait.

Pourtant, en s'approchant du bureau, elle put voir ce que l'homme observait un peu plus tôt : des badges au nom de l'association. S'il pouvait porter fièrement les revendications des loups-garous, pourquoi pas elle ? Ce fut cette vision qui la poussa à poursuivre plutôt que de s'enfuir, comme elle en avait pourtant l'envie.

"Je ne connais pas trop de... d'autres", ajouta-t-elle pour tenter d'expliquer sa démarche, "enfin, j'en connaissais un, celui qui m'a mordu, mais il est décédé récemment et..."

Elle grimaça, consciente de sa maladresse, et conclut, les oreilles rouges d'embarras :

"Enfin bref, je me demandais si c'est possible de parler à quelqu'un, quelqu'un comme moi."


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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l'espace de vingt ans, Jonah avait accueillit des centaines de personnes en ces murs. Des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions,  porteurs ou non du syndrome. Des  loups-garous habités et déterminés à faire entendre leurs voix, des parents, des amis cherchant à soutenir un proche atteint de lycanthropie mais le profil le plus rependu était celui de cette jeune femme: Une personne seule, poussant timidement la porte du local et balbutiant quelques mots en guise d'entrée en matière...

Jonah se doutait que ce n'était pas une démarche facile pour certains. Il suffisait de voir le nombre de cas de lycanthropes vivants dans le déni ou cherchant coute que coute à masquer leurs conditions. Se présenter ainsi n'était pas chose aisée mais c'était déjà un premier pas vers l'acceptation aussi Jonah adressa un sourire encourageant à la jeune femme pour la pousser à poursuivre sa présentation. Elle était lycanthrope, soit, mais que cherchait-elle au juste ? Des conseils ? Un soutien psychologique ? Une aide juridique ? Les demandes étaient aussi variées que les individus qui se présentaient ici...

La raison de sa présence était visiblement en lien avec le décès du loup qui lui avait transmis le virus constata Jonah.

"Je suis sincèrement désolé." dit-il en adoptant une mine contrite.

Il s'agissait, selon toute vraisemblance, d'un proche de la demoiselle. Peut-être un membre de son cercle amical ou familial ? En tout cas, cette personne avait suffisamment compté pour que l'inconnue puisse s'y identifier et peut-être trouver auprès d'elle un peu de soutien...

Jonah analysa rapidement la situation afin d'apporter la réponse la plus adaptée aux besoins de cette jeune femme: Le deuil récent qui l'avait frappé semblait l'avoir poussée à  prendre contact avec l'association pour y trouver une oreille attentive...Bref, c'était un cas parfait pour Meg qui maitrisait bien mieux la complexité de la psychologie humaine que lui ! Jonah était prêt à aiguiller la jeune femme jusqu'au box de la psychomage lorsque l'inconnue affirma qu'elle voulait rencontré quelqu'un comme elle.  Megan était certes une médicomage hors pair mais la pleine lune n'avait aucune incidence sur elle... Meg était simplement une sympathisante de la cause lycanthrope qui avait d'abord officiée en temps que bénévole au sein de l'association avant que Jonah  puisse débloquer des fonds pour la rémunérer à mi-temps...

"Si vous entendez par "parler à quelqu'un comme vous "  parler avec un loup garou, sachez que vous êtes déjà en train de le faire, dit-il en retrouvant un air serein, Je suis Jonah, ajouta-t-il en lui tendant la main par dessus le comptoir, loup-garou depuis plusieurs dizaines d'années."

Il ponctua sa phrase d'un sourire entendu. Il souhaitait surtout mettre en confiance cette jeune femme tant elle semblait mal à l'aise à l'idée d'être ici ! Elle devait être à peine plus âgée que ses élèves  à Poudlard et son embarras était palpable.
"Je t' en prie assieds-toi, dit-il en désignant un tabouret haut près du comptoir. Il était presque sûr d'avoir entendu Meg soupirer dans son box -elle trouvait le tutoiement trop peu professionnel, et elle avait sans doute raison, mais Jonah ne pouvait pas se résoudre à vouvoyer quelqu'un de l'âge de ses enfants ! Tu as fais le plus dur en poussant cette porte, tu sais, révéla-t-il alors.

Jonah ne comptait pas faire comme s'il n'avait pas remarqué le trouble de l'adolescente. Elle était probablement consciente de l'image qu'elle renvoyait et le plus sain aux yeux du lycanthrope était d'éviter les faux-semblants.
"Donc si j'ai bien compris, tu es venu ici pour rencontrer d'autres loups-garous , résuma-t-il, Saches que beaucoup de lycanthropes sont dans la même démarche que toi. Tu n'es pas seule dans ce cas, assura-t-il. Par l'intermédiaire de l'association tu peux rencontrer des tas d'autres personnes qui sont passées ou qui passent par les mêmes épreuves  que tu rencontres aujourd'hui ... Nous organisons des tables rondes tous les deuxième samedis du mois et si ça te dit, tu peux venir pour  vraiment parler à quelqu'un comme toi ...car je suis sûr que tu ne t'imaginais pas face à un quadra qui pourrait être ton père en disant ça tout à l'heure ! plaisanta-t-il avant de retrouver son sérieux.

"Si tu le veux bien, il faudrait que je te pose quelques questions ou que tu me parles un peu de toi et de ta transformation afin que je puisse te mettre en relation avec les bonnes personnes... Tu crois que tu pourrais faire ça ? demanda-t-il alors, et si tu préfères attendre un peu et revenir une prochaine fois ou  en parler plutôt avec Megan, la psychomage de l'association, c'est tout à fait possible."

La jeune femme ne devait pas se sentir obligée de raconter son parcours  ou piégée auprès de Jonah. Le loup garou se tourna donc en direction du box derrière lui ou le visage ridé et souriant de Megan apparut entre deux cloisons.

"Bonjour mademoiselle..."souffla-t-elle de sa voix douce.

"On fait comme tu le sens..." reprit  Jonah en reportant son attention sur Samantha.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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L'appréhension de Samantha s'atténua quelque peu lorsque son interlocuteur lui révéla être lui-même lycanthrope. Bien sûr, ce n'était pas très étonnant mais Sam était soulagée de tomber directement sur un loup-garou, voilà qui la changerait agréablement des médicomages condescendants de Sainte Mangouste, ou des employés faussement aimables du département des créatures magiques, qui tentaient de compatir mais se montraient toujours maladroits. Seuls Klemens, Lauren et Dave avaient su trouver les mots justes pour l'aider à traverser chaque pleine lune, Klemens parce qu'il savait ce que c'était, et les deux autres parce qu'ils la connaissaient par coeur... Mais Klemens était mort et peut-être pourrait-elle trouver chez Jonah ou un autre cette étincelle de compréhension qui manquait au reste du monde.

Sam serra la main de Jonah et se présenta simplement : "Samantha". Annoncer sa date de transformation était toujours une épreuve douloureuse et délicate pour la jeune femme, qui voyaient les visages de ses interlocuteurs se fermer. Nul n'avait oublié la nuit durant laquelle le pays tout entier avait saigné... Mieux valait attendre que son interlocuteur mène la conversation. Elle lui rendit donc son sourire et s'installa sur le tabouret face à lui, dans l'expectative.

Son entrée en matière lui tira un hochement de tête incertain. Oui, elle avait franchi la porte mais elle n'était pas encore certaine de savoir si elle avait bien fait de le faire ou non. En son for intérieur, Sam se sentait illégitime à se trouver là, et pourtant elle était bel et bien infectée... Les mains croisés sur ses genoux, elle écouta silencieusement Jonah et nota intérieurement la date : tous les deuxièmes samedi du mois. Pourtant, contrairement à ce que Jonah venait de dire, elle n'était pas contre l'idée de parler avec un quadra, comme il disait...

"Au contraire", le contredit-t-elle timidement, "J'aimerais mieux connaître l'expérience de ceux qui connaissent cette vie là depuis longtemps."

Cela faisait déjà plus d'un an qu'elle était affectée et pourtant, elle se demandait souvent comment elle pourrait tenir ainsi pour le restant de sa vie. Le fait d'avoir été mordue si jeune était peut-être le plus dur à accepter, un peu comme si sa jeunesse s'était finie prématurément, et pourtant sa transformation datait déjà d'un an et demi... Mais elle le prenait relativement bien, comparé aux nombreux jeunes loups qui connaissaient la dépression. Certes, depuis l'invention de la potion tue-loups, les sinistres histoires de jeunes lycanthropes qui tentaient de mettre fin à leurs jours se faisaient bien moins nombreuses, mais cela arrivait encore parfois. Sam n'en était pas là, et elle parvenait même à mener une vie presque normale, mais cela ne signifiait pas qu'elle ne souffrait pas au quotidien de son infection.

Si Sam se sentait intimidée à l'idée de parler de son ressenti, elle se sentait néanmoins mise en confiance par Jonah. Elle trouvait son ton et ses propos rassurants et, après un instant d'hésitation et un regard en direction de la psychomage, elle prit sa décision :

"Je veux bien parler avec vous, si c'est possible", dit-elle à l'intention de Jonah, sans trop savoir si elle pouvait se permettre de le tutoyer ou non.

C'était peut-être parce qu'elle avait été élevé par deux pères, au milieu des ouvriers de la cité, ou parce qu'elle éprouvait une certaine défiance à l'égard de sa mère, mais Sam se sentait à l'aise avec les hommes tels que Jonah qui prenaient des airs de figure paternelle à ses yeux. Klemens aurait pu être une sorte de grand frère de substitution, mais il n'était plus là pour ça, alors...

Sam s'agita un peu sur son tabouret, poussa un soupir et commença à parler d'elle, comme Jonah le lui avait demandé.

"Alors, ma transformation... C'était à la pleine lune sanglante", révéla-t-elle en soutenant difficilement le regard de Jonah. Une ombre passa sur son visage quand affluèrent les souvenirs de cette nuit où son existence avait basculé. Comme toujours, elle ressentait un mélange acre de honte et de culpabilité en se rappelant cette nuit, où Roxane avait perdu la vie par sa faute.

"Peut-être que vous en avez entendu parler dans les journaux, ça a fait l'objet d'un article de la Gazette. J'étais en sixième année à Poudlard à l'époque, et j'ai voulu aller en douce à un concert à Pré-au-Lard, avec mon amie Roxane. C'est là qu'il nous a attaqué."


Sam baissa les yeux sur le bureau de Jonah, accrochant du regard un des badges colorés.

"Je ne fais jamais ce genre de choses d'habitude, sortir en douce du château, enfreindre les règlements... Je ne sais pas ce qui m'a pris, je m'en mords les doigts chaque jours depuis, d'autant plus que c'est Roxane qui en a..."

Sa voix se brisa tandis que la culpabilité la submergeait. Sam n'avait guère besoin de raconter cette histoire d'habitude, puisque son entourage la connaissait. Mais peut-être qu'il le fallait, au fond, ne devait-elle pas assumer la responsabilité de ses actes ? Redressant la tête, elle se força à regarder Jonah et à poursuivre :

"C'est elle qui en a pâti le plus, elle ne s'en est pas sortie, et moi si."

L'injustice de cette issue était flagrante. Même si Sam ne souhaitait pas la lycanthropie à son amie d'alors, au moins elle pouvait continuer à vivre, et à vivre de belles choses. Roxane ne pouvait pas en dire autant.

"J'ai été mordue par un loup-garou que j'ai rencontré par la suite. Il m'a aidé, je trouve, à accepter un peu ce qui s'était passé mais il y a encore des jours où je me demande comment je peux vivre avec ça, pour le reste de ma vie. Entre l'angoisse de la pleine lune, et un mois ça passe vite, la peur de la potion défectueuse, la peur de blesser ceux que j'aime, et puis le regard des autres aussi..."

Ceux qui ne la considéraient plus comme humaine. La honte qui la submergeait lorsqu'elle devait faire des démarches au département des créatures, ou lorsque les loups-garous étaient abordés en cours de défense contre les forces du mal... Mais Sam n'était pas mauvaise ! Elle avait fait une erreur, elle en payait chèrement le prix, mais elle n'était pas intrinsèquement mauvaise, elle ne pouvait l'accepter. Et pourtant, il était dur parfois de ne pas s'en laisser convaincre.

Scrutant son interlocuteur, avec son visage jovial, ses paroles apaisantes et sa normalité déroutante, Samantha posa finalement la question qui la taraudait :

"Est-ce que ça devient plus facile avec le temps ? Est-ce qu'on s'habitue ?"



Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Evidemment, la contamination  de Samantha remontait à  la pleine lune sanglante. Les nouveaux loups qui se présentaient à l'association depuis un an avaient quasiment tous été transformés cette nuit là. La jeune femme n'échappait malheureusement pas à cette triste statistique. Pourtant Jonah rencontrait peu de nouveau lycanthrope de cette génération: Les plus touchés lors de la nuit rouge avaient été les adultes et les enfants en bas âges puisque les adolescents avaient eu la chance de passer cette nuit dans l'environnement protégé de  Poudlard ... Enfin pas tous. Plus Samantha avançait dans ses explications plus Jonah voyait se dessiner le funeste tableau.

Il avait lu cet article de la Gazette relatant l'histoire tragique de ces deux adolescentes. Son identité n'avait pas été publié dans le journal mais avec trois fils répartis dans trois maisons différentes de Poudlard, il avait vite su qu'il s'agissait d'une jeune fille de l'année de Dean,  joueuse de quidditch à Serpentard.  Il se souvenait que Dean l'avait qualifié de " fille normale" avec un haussement d'épaule, bref, le genre d'adolescente sans histoire qui ne s'était pas fait remarqué jusque là.
Jonah avait pensé que la famille de la rescapée viendrait toquer à la porte de l'association mais ce jour n'était pas venu. Pendant les  vacances, Samantha - enfin  "la petite qui a été mordue " comme Jonah l'appelait- revenait parfois dans les conversations des Forbes. Jon demandait des nouvelles auprès de ses fils qui lui donnaient de vagues informations .... Enfin, elles tenaient davantage des bruits de couloirs et des potins d'adolescents que d'autres choses:

***
"Y a des grosses tensions dans son dortoir depuis qu'elle a été transformé."
"A ce qui parait, Marlène Barclay a demandé une cage autour de son lit pour être protégé la nuit."
"Ouai et elle veut même que Miller soit enchainée à son pieu !"
***
"Elle va trè bien, elle a même fait son coming out !"
"En roulant une pelle à sa meuf devant tout le monde pendant la soir... le diner !"
***
"...élue capitaine de l' équipe de quidditch ! Comme ça jase !
"Tout le monde dit que c'est parce qu'elle est lycanthrope qu'elle a obtenu le poste."


S'en était suivi une longue conversation animée, comme les Forbes en avaient souvent, mêlant des sujet aussi divers que la pression sociale, l'exemplarité et la volonté de prendre sa vie en main. Sans le savoir, Samantha Miller avait été le point de départ de nombreux échanges père fils. Et voila qu'aujourd'hui cette jeune femme se tenait face à lui et qu'elle lui exposait sa vision des choses et ses craintes.
Les parcours de chaque lycanthrope étaient différents mais ils avaient tous les mêmes angoisses, Jonah y compris. C'était surement pour cela que les jeunes loups préféraient généralement aborder le sujet avec un semblable plutôt qu'avec un psychomage car ils n'avaient pas besoin d'expliquer vraiment ce qu'ils avaient au fond du cœur.  Jonah se reconnaissait dans chaque inquiétude de Samantha mais il avait une longueur d'avance sur elle dans la gestion de ces peurs: L'expérience. Aussi lorsqu'elle lui demanda si l'on s'habituait avec le temps et si la lycanthropie devenait de plus en plus facile à vivre il n'hésita pas une seconde avant de répondre:

"Oui. Bien sûr. Incontestablement. affirma-t-il catégorique, et je ne dis pas ça pour te rassurer, je le pense vraiment. " assura-t-il en hochant la tête.

"Tu sais, je suis d'une génération qui n'a pas connue la potion tue-loup. J'étais de ceux qui se transformaient véritablement en bête féroce, chaque mois et qui mettaient près de deux semaines à se remettre vraiment sur pieds entre deux crises... Je ne dis pas ça pour te tirer les larmes, je veux juste que tu comprennes que le temps est ton meilleur atout:  La recherche en médicomagie nous permet d'obtenir des traitements de plus en plus efficaces. Le tue-loup est une invention majeure et une  première étape qui inhibe la férocité de la créature sans parvenir à empêcher la transformation. C'est sûr ce point que planche les chercheurs actuellement. je suis convaincu que d'ici quelques années les apothicaires seront en mesure de nous fournir des médicaments encore plus adaptés et peut-être même mieux: De mettre au point un vaccin ou un antidote. La politique actuelle est clairement en notre faveur et des budgets conséquents ont été alloués à tout ce qui permet aux loups-garous de mieux vivre: La recherche, l'accompagnement médical, l'aide psychologique ou juridique et tout un tas d'autres choses qui nous facilitent la vie, assura-t-il, je ne suis pas là pour faire de la politique, loin de là, mais il faut juste que tu ais conscience que la situation sociale et sanitaire des lycanthropes n'a jamais été aussi bonne.

Le temps n'était pas si loin où les loups-garous étaient de véritables parias de la société, ou les potions tue-loup s'échangeaient sous le manteau sans garantie aucune de leur efficacité...

"Alors tu vas me dire, c'est bien beau tout ça mais ça ne résout pas mon problème, ça ne m'aide pas à gérer mes craintes... Saches que les peurs dont tu m'as fait part je les ais ressenties moi-même et je les ressens encore aujourd'hui. La peur de la potion défectueuse, la peur de blesser mes proches..."
Jonah marqua une courte pause alors que le souvenir de la pleine lune sanglante lui revenait en mémoire.

"Comme le loup qui t'a mordu, je me suis transformé en prédateur la nuit de la pleine lune sanglante. J'ai attaqué ma compagne de l'époque et elle n'a eut la vie sauve que parce qu'elle a réussi à se cacher à temps dans un placard. Quand je me suis réveillé le lendemain, j'étais terrifié. Vraiment. C'était horrible, je me sentais si mal,  impuissant et honteux. Trahi par cette potion qui aurait dû agir. Mes amis loups-garous avaient tous été affectés d'une manière ou d'une autre: Soit en contaminant de nouveaux individus, parfois leurs amis ou des gens de leurs familles, soit en les tuant... Nous étions tous terrorisés par cette part sanguinaire de notre personnalité. Mais cette terreur indiquait aussi que nous étions redevenus des personnes à part entière: Capable de ressentir des émotions - fussent-elles particulièrement désagréables- Capable de penser, de réfléchir, capable de prendre des décisions, de s'adapter."


Jonah s'appuya sur le comptoir et croisa les bras.

"Cette peur qui t'anime ne doit pas te tétaniser, elle doit t'aider à faire les bons choix. Je dirais même qu'elle est nécessaire, il faut que tu l'écoutes sans t'y assujettir. Depuis la pleine lune sanglante, j'ai adapté mon comportement et changé quelques habitudes. Je dors seul les soirs de pleine lune dans une pièce verrouillée par mes soins -personne ne m'enferme, je ne suis pas un animal sauvage, affirma-t-il avec vigueur, je ne suis pas paranoïaque, je prends juste mes responsabilités. Si d'autres personnes sont présentes dans la maison à ce moment là, elles connaissent la marche à suivre parce que je leur ais expliqué longuement, sans chercher à dramatiser la situation. Je mets tout en œuvre pour que le scénario catastrophe n'arrive pas. C'est rassurant pour moi et pour mes proches. Je me sens en confiance et en pleine possession de mes moyens, les gens qui m'entourent ont aussi besoin de ça. J'ai quatre fils, je veux rester un père à leurs yeux, expliqua-t-il.

Il était un repère dans leurs existences et il comptait bien le rester.

" Il faut que tu te fasses confiance Samantha, tu peux gérer et tu vas gérer." assura-t-il avec un sourire, j'en suis convaincu. Et saches que l'Association peut t'aider dans tes démarches. Quelque soit ton problème, on a des petits guides très bien fait qui peuvent apporter des pistes de solutions et les membres sont vraiment disponibles si tu as besoin de parler, moi le premier."

Jonah attrapa sa canne et se leva pour rejoindre d'un pas claudiquant le carton qu'il venait de préparer pour le forum des associations. Il en sorti quelques prospectus détaillant l'ensemble des actions menés par l'association et des petits guides pratiques sur comment gérer sa lycanthropie au quotidien qu'il ramena avec lui au comptoir pour les donner à Sam.

"La clef c'est aussi de savoir bien s'entourer. Généralement quand on révèle être lycanthrope on observe deux types de réactions: Soit on nous culpabilise -"tu n'es qu'un monstre sanguinaire !" soit on nous  infantilise "Pauvre petite créature ...". Il faut que tu t'entoures des personnes qui verront en toi "Samantha" , cette jeune femme que j'ai en face de moi et rien d'autre. La lycanthropie fait partie de toi mais on ne peut pas te réduire juste à ça. Et...ceux qui te diront le contraire ne sont que des cognards...passes-moi l'expression."

Megan toujours installée dans son box se racla la gorge ce qui arracha un léger sourire à Jonah.

"Elle n'aime pas quand je suis vulgaire mais il faut appeler un Fléreur, un Fléreur !" dit-il avant de demander: Aujourd'hui tu estimes que tu as des soutiens dans ta vie personnelle ? Des personnes sur qui tu peux compter: Des amis, de la famille, des collègues de travail ?"


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Le regard plein d'espoirs de Samantha ne quitta pas Jonah pendant que celui-ci lui répondait. Ce qu'elle entendait la rassurait au-delà des mots, si bien qu'elle en vint se demander ce qui lui avait prit d'attendre aussi longtemps pour chercher à contacter d'autres loups. Peut-être était-ce parce qu'elle n'avait connu que Klemens, qui paraissait plutôt solitaire, mais elle s'était toujours dit que son existence serait ainsi : elle serait seule au milieu des gens normaux. Pourtant, entendre Jonah lui parler tout à fait normalement de cette condition, comme s'il s'agissait d'une maladie quelconque avec son traitement, ses inconvénients et ses précautions à prendre. Ecouter un adulte rassurant lui affirmer que les choses s'arrangeaient, que la recherche progressait et qu'il l'avait connu lui-même lui fit un bien fou, et elle sentit son corps se détendre et s'alléger peu à peu, délesté d'un poids qu'elle n'avait même pas eu conscience de porter.

Pourtant, son discours ne résolu pas toutes ses questions pour autant, mais il provoqua beaucoup de réflexion chez la jeune femme. Elle réalisait à quel point elle était chanceuse, dans son malheur, d'avoir été transformée à une époque où la potion tue-loup existait, et elle éprouvait beaucoup de compassion pour son interlocuteur qui n'avait pas toujours eu cette chance. Ce qu'il lui racontait sur les arrangements qu'il prenait avec sa famille à chaque pleine lune lui laissait un sentiment mitigé, entre soulagement à l'idée qu'il soit possible de mener une vie de famille sans vivre dans la peur constante, et rejet de toutes ces précautions qu'elle devrait prendre jusqu'à la fin de sa vie. D'une certaine façon, Sam avait l'impression de faire encore le deuil de l'adolescente qu'elle avait été autrefois, une adolescente insouciante qui cherchait sa voie et sa place dans le monde, sans rien pour la retenir en arrière. Aujourd'hui, sa maladie lui faisait l'impression d'un handicap qui l'éloignait du monde et qui teintait son avenir d'amertume. C'était cette impression que rien ne serait jamais plus comme avant, que personne ne la verrait jamais plus comme une personne à part entière qui continuait de la mettre régulièrement à terre. Et pourtant, il y avait Lauren, et Dave, pour la voir telle qu'elle était.

Et il y avait Jonah et son association, découverte qui l'emplissait d'espoir. Ses mains tremblaient un peu quand elle saisit les prospectus qu'il lui tendait. Elle y jeta un coup d'oeil rapide, avant de relever vivement la tête lorsqu'il mit exactement les mots sur ce qu'elle ressentait au plus profond d'elle. Qu'on la voit comme Samantha, c'était exactement ce qu'elle avait l'impression d'avoir perdu avec cette lycanthropie, et c'était le pire, la pire épreuve qu'elle ait eu à subir. Le regard des autres avait changé à jamais, et les personnes qui la regardaient aujourd'hui sans dégoût, peur, haine ou pitié pouvaient se compter sur le doigt de la main. Oui, le FREE avait peut-être produit des avancées, mais les mentalités étaient encore loin d'avoir complètement évolué, et Sam avait le sentiment qu'on la percevait toujours avant-tout comme le loup-garou. Même si cela ne se faisait pas de le dire, elle le percevait au quotidien, et cela finissait par la rendre plus réservée, méfiante, voire paranoïaque, elle qui était autrefois plus ouverte aux autres. Heureusement, il y avait toujours des exceptions, des personnes qui savaient automatiquement la mettre à l'aise, comme Jonah aujourd'hui.

Entendre quelqu'un d'autre poser les mots sur ce qui la tourmentait depuis si longtemps, et qu'elle gardait honteusement au fond d'elle, provoqua une émotion si forte chez la jeune femme qu'elle sentit sa gorge se serrer et ses yeux la brûler. Elle baissa pudiquement le regard sur ses prospectus, et laissa un silence s'instaurer le temps de se reprendre. Puis elle redressa vers Jonah un visage éclairé d'un léger sourire :

"Oui, je suis plutôt entourée, j'ai ma... Ma petite-amie Lauren, et mon meilleur ami Dave. Mon père l'a plutôt bien pris, même s'il ne comprend pas très bien, mais c'est un moldu alors... Par contre, je ne suis plus en contact avec ma mère, mais bon, c'est ainsi. Mon tuteur de stage à Sainte Mangouste a été super avec ça aussi, au moins ça ne me pose pas de problème pour commencer mon apprentissage alors je ne suis pas à plaindre", affirma-t-elle avec une pensée reconnaissante pour Eliott. Là encore, elle pouvait remercier sa bonne étoile pour être née à une époque où les loups-garous pouvaient trouver un travail. Cette pensée, et la remarque précédente de Jonah au sujet de la politique, la faisaient presque culpabiliser de lutter contre le régime le plus pro-lycanthrope qui ait jamais été élu, contre le père de son meilleur ami, qui plus est. Contrairement à ce qu'elle pensait il y a quelques années lorsqu'elle se battait contre la Consumeuse et l'entreprise Nimbus, les choses étaient rarement blanches ou noires, et faire un choix n'était pas toujours simple...

"Heureusement qu'ils sont là", poursuivit-elle avec franchise, "parce que j'ai exactement cette impression que vous avez décrite : celle que presque personne ne me regarde plus comme Samantha ! Pour mes camarades de Poudlard, pour mes copines de dortoir, pour les gens que je rencontre je suis devenue la louve-garou, la bête féroce, ou la victime de la pleine lune sanglante, au choix... Si vous saviez comme ça fait du bien d'entendre quelqu'un me parler comme vous le faites, comme à une vraie personne, et à une humaine ! Pas comme à quelqu'un qu'il faut éviter comme la consumeuse et enfermer... A en écouter certains, on dirait que j'ai choisi ce qui m'arrive, que j'ai choisi d'être malfaisante, mais je n'ai pas plus choisi ça que d'être blonde ou de m'appeler Samantha. Ca m'est arrivé et maintenant je dois vivre avec, c'est tout."

Son ton vindicatif trahissait toute l'incompréhension et la douleur que lui procuraient ces comportements. Elle parlait au pluriel, mais c'était à une personne en particulier qu'elle pensait, celle dont la réaction avait été la plus vive, radicale et la plus cruelle : celle de Marlène.

"En soi, je m'en sors plutôt bien avec cette lycanthropie", expliqua-t-elle à Jonah, "Mon corps accepte très bien la Tue Loup et je n'ai jamais eu de soucis. J'ai une vie professionnelle qui débute, une vie sentimentale, quelques amis qui m'acceptent encore et me voient encore comme... Samantha. Je ne suis pas la plus à plaindre. Mais j'ai parfois du mal à... Ne pas trop en vouloir au monde entier, enfin, surtout à ceux qui réagissent comme des cognards. Mais ils sont nombreux. Je ne sais pas vraiment comment être en paix avec ça, la moitié du temps, j'accepte ce que je suis et je me dis que je peux vivre avec, et l'autre moitié je me sens... honteuse, j'ai l'impression qu'il faudrait que je me cache, que je m'éloigne. Et ensuite j'ai honte de ressentir ça, je me sens pleine de rancoeur et je m'appitoie sur mon sort. Bref, c'est compliqué dans ma tête."

Elle laissa échapper un petit rire et se mit à jouer nerveusement avec une mèche de cheveux.

"Mais bon, ça doit être parce que je suis jeune et que c'est encore récent, vous avez l'air d'avoir trouvé une paix avec votre loup, alors, je dois pouvoir le faire aussi", conclut-elle avec espoir. Sam n'aimait pas ces sentiments négatifs qui menaçaient perpétuellement de l'engloutir. Elle aurait aimé être aussi douée que Lauren et Dave pour se ficher de l'opinion d'autrui et éviter les cognards, mais hélas, ce n'était pas elle, elle ne l'avait jamais été. Sam avait toujours eu besoin du contact des autres et il lui était parfois difficile d'assumer ce qu'elle était, surtout quand ce qu'elle était impliquait d'être recensée au registre des créatures dangereuses du ministère...



Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Jonah écouta Samantha sans l'interrompre une seule fois. Il savait à quel point cela pouvait être difficile au début de poser des mots sur leur pathologie et sur les sentiments parfois contradictoires que l'on pouvait ressentir. Pourtant il trouvait que Samantha s'en sortait très bien. Elle parlait avec facilité de son entourage qui comptait tant pour elle et qui l'avait aidé chaque jour à rester la jeune femme qu'elle était avant son agression: Sa petite amie, son père, son ami Dave et même son supérieur hiérarchique au travail...

L'enseignant était heureux de pouvoir entendre de tel témoignage, heureux pour Samantha bien sûr, mais aussi heureux pour tous les lycanthropes. Les mentalités changeaient, doucement certes, mais surement.  Certains continuaient à voir les loups garous comme des bêtes curieuses mais d'autres ouvraient enfin leurs cœurs à  cette communauté longtemps rejetée. Jonah avait œuvré vingt ans de sa vie pour que les discriminations cessent et pour que les lycanthropes soient pleinement intégrés à la société et il avait enfin l'impression, en entendant le récit Samantha, que son combat portait ses fruits même si pour la jeune femme tout n'était pas toujours rose.

Il y avait ces fameux cognards lycanthrophobes qui sabordaient ses efforts d'acceptation avec leurs remarques ou leurs comportements déplacés. Les mêmes que Jonah avait croisé toute sa vie et qu'il avait appris, avec le temps,  à gérer. Pourtant cette association était née de la même rage, qui animait Samantha aujourd'hui. Ce même ton rancunier, il l'avait eut en créant les statuts de "Werewolves Rights" parce qu'il estimait que tout ce qui lui arrivait était injuste et qu'il devait se battre contre les préjugés. Aujourd'hui, il avait réussi à transformer sa colère en quelque chose de plus productif, de plus utile pour ses semblables  et il espérait que Samantha parviendrait au même cheminement. C'était parfaitement possible après tout.  Il y avait un petit coté activiste engagé qui émanait de sa personne. Elle avait le point de vue et le ton vindicatif d'une militante dans l'âme... Peut-être que pour elle aussi, l'acceptation de son statut de loup-garou passerait par le fait de s'investir pour cette cause.

En tout cas, pour le moment, elle aspirait simplement à un peu de paix intérieure. En effet avec une sincérité désarmante, elle avoua être en proie à des crises existentielles sans précédent où la honte et la culpabilité se mêlaient à la colère. Touché par son authenticité, Jonah répondit au rire nerveux de la jeune femme par un sourire bienveillant. Les mots de la jeune femme faisaient écho en lui. Il se revoyait adolescent à Poudlard, seul avec son secret, à se morigéner intérieurement  pendant des heures pour savoir s'il devait oui ou non révéler sa lycanthropie à ses amis... Il se revoyait jeune homme se demandant si son association ne serait pas un barrage pour sa carrière et s'il ne devait pas plutôt faire profil bas... Il se revoyait père de famille, portant pour la première fois Dean dans ses bras, au moins aussi heureux que terrorisé à l'idée de garantir la sécurité pour ce petit être sans défense.

Samantha avec son parlé vrai sur son expérience et ses questionnements intérieurs symbolisait tous les lycanthropes et Jonah ne doutait pas qu'ils seraient nombreux à s'identifier à elle si elle conservait la même fraicheur et la même spontanéité. Elle incarnait un mélange de fougue et de détermination à réussir sa vie personnelle et professionnelle telle qu'elle était -des valeurs résolument positives que tous les loups-garous avaient besoin d'entendre, sans toutefois chercher à étouffer ou à masquer ses doutes et ses émotions. Elle était humaine et attachante. Ce profil de personne était  rare et précieux dans  une association comme "Werewolves Rights", et ça, Jonah venait tout juste de le comprendre.

Plus il observait Sam plus il se disait que l'acceptation de sa lycanthropie pourrait passer par un travail de médiation auprès d'autres loups garous ou même auprès des sorciers non contaminés...

Tout à ses pensées Jonah laissa planer un bref silence après la dernière phrase de la jeune femme. Faire la paix avec son loup, voila ce qu'ils recherchaient tous... Il la scrutait d'un regard intense lorsqu' il lui demanda:

"Tu veux vraiment savoir comment j'ai fait la paix avec mon loup ? Viens avec moi."
Jonah attrapa sa canne et claudiqua en direction de l'entrée. Il ouvrit la porte et  la clochette retentit tandis qu'il sortait pour rejoindre le tumulte de la rue commerçante où se mêlaient badauds, livreurs et marchands dans un joyeux vacarme. Jonah traversa la chaussée et s'arrêta face à son petit local, étroit comme la largeur d'un homme les bras en croix...

"C'est grâce à ça. Grâce à "Werewolves Rights".  J'en suis le fondateur tu sais... Je devais avoir à peu près ton âge lorsque je l'ai crée il y a vingt ans, dit-il en se tournant vers Samantha, J'étais très en colère à l'époque parce que j'avais été refusé comme joueur pro dans une équipe de Quidditch avec pour seul motif de non sélection ma lycanthropie."

Jonah secoua la tête en se remémorant ce mauvais souvenir.

"J'avais la rage, tu ne peux pas savoir à quel point mais plutôt que de passer mon temps à être en colère contre tout le monde et bien j'ai décidé d'agir ...et voila !"

Il écarta les bras pour embrasser la devanture de l'association du regard.

"Je me suis investi cœurs et âme: je suis allé à la rencontre des loups pour les inciter à sortir de l'anonymat, des politiques pour leurs faire ouvrir les yeux sur notre situation, des sorciers non contaminés pour lutter contre les préjugés...  Ce que je veux te dire, c'est que le fait d'aider les autres et bien... cela m'a beaucoup aidé en retour ..."

Jonah esquissa un sourire et poursuivit:

"Je sais ce que tu te dis: "Je viens lui parler de mes problèmes et il a le culot d'essayer de me recruter pour son association" et bien saches que tu vois parfaitement clair dans mon jeu. C'est vrai, j'aimerai bien t'avoir dans notre équipe. Admit-il en toute sincérité, Mais il faut que tu saches que je ne le propose pas à tous les lycanthropes qui poussent la porte de "Werewolves Rights".

Il se tourna légèrement pour faire face à Sam et attendit que la livraison bruyante des tonneaux de bièrraubeurre du bar d'à côté soit terminée pour prendre la parole:

"Je ne sais pas si tu as conscience de cela mais tu es une jeune femme très singulière. Authentique. Du moins, c'est l'impression que j'ai lorsque je t'écoute parler de ta situation et de la manière dont tu la vis, rectifia-t-il, Ton parcours de vie est exemplaire pour les jeunes lycanthropes en manque de repères- que tu l'assumes ou non: Tu as une vie amoureuse, une vie sociale, une vie professionnelle mais cela ne t'empêche pas de douter et de te poser des questions. On s'identifie à toi facilement, d'ailleurs tout à l'heure quant tu as évoqué cette culpabilité, la manière dont tu es tour à tour bourreau et victime de tes propres pensées c'était si...vrai. Ça m'a vraiment touché, tu sais. avoua-t-il. " Nous sommes plusieurs vieux briscards dans cette association et nous sommes des loups depuis toujours, nous avons appris à vivre avec mais du coup nous avons perdu cette spontanéité que tu as.  Les jeunes lycanthropes de la pleine lune sanglante s'identifieront à toi bien mieux qu'à nous. Et même les autres, les non-contaminés. Ceux qui avait peut-être peur de toi depuis ton agression. Ceux qui méconnaissent les loups garous et qui pensent que nous ne sommes que des créatures sans cœurs. "

Jonah prit une profonde inspiration et poursuivit:

"Une bonne manière de lutter contre les cognards que tu as rencontré c'est aussi et surtout  d'éduquer les mentalités. Avec l'association, nous avons des programmes éducatifs destinés à sensibiliser les enfants aux mécanismes des préjugés et de l’intolérance vis à vis des loups garous...Nous avons des interventions de prévu dans les écoles primaires de Cosmos, Oxford, Leopoldgrad. J'aimerais vraiment que tu viennes, au moins pour voir comment ces interventions se déroulent."

Il observa la jeune femme et finit par dire:

"Le fait de nous aider peut aussi t'aider... J'en suis convaincu."


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Interloquée, Samantha suivit Jonah hors du local en se demandant ce qu'il comptait lui montrer. Avait-il un grand secret à lui partager, une potion magique peut-être, ou bien un enchantement qui lui permettrait de faire la paix avec elle-même, une bonne fois pour toute ? Si oui, elle était preneuse ! Finalement, ce qu'il avait à lui montrer était d'une toute autre nature... Sam traversa le chemin animé à sa suite, et se posta avec lui face au local. Il semblait petit, au milieu de cette rue où les vitrines hautes en couleur se bousculaient et où des centaines de sorciers se pressaient chaque jour. Petit, peut-être, mais loin d'être insignifiant. Venir ici avait déjà aidé Sam, en la conduisant à poser des mots sur des émotions qu'elle ressentait depuis longtemps, sans jamais l'exprimer.

Elle reporta son attention sur Jonah lorsqu'il commença à lui raconter comment il avait créé Wherewolves Rights, à vingt ans seulement.

"Vraiment ?", s'enquit-elle, surprise. Vingt ans, c'était jeune pour s'engager dans ce type de démarche, et cela avait dû lui demander beaucoup de courage. Sam songea alors qu'elle n'était elle-même qu'une adolescente lorsqu'elle avait commencé à arpenter les pentes de la cité Nimbus pour faire signer sa pétition. Parfois, porter certaines causes nécessitait la fougue et l'audace de la jeunesse... A vingt ans, une injustice était vécue plus cruellement, la réaction se faisait plus vive. Et ce qu'avait vécu Jonah était une belle injustice, aux yeux de Sam... Et dire qu'elle-même se plaignait alors que sa lycanthropie ne lui avait mis aucune barrière à l'emploi ! Si c'était le cas, c'était certainement grâce au combat que d'autres loups-garous avaient mené avant elle, comme Jonah. Une gratitude sourde mêlée de compassion s'empara d'elle à cette idée, et elle l'écouta religieusement, son admiration à son égard grandissant à la minute. Son engagement était digne d'applaudissements, et Sam se dit qu'elle aimerait aider, elle aussi, les autres comme Jonah le faisait.

Comme un écho à ses pensées, il lui dévoila sans ambages qu'il souhaitait la recruter pour son association, ce qui, visiblement, était un privilège. Il ne le proposait pas à tous ceux qui poussaient la porte du local... Vraiment ? Pour la première fois depuis le début de leur conversation, Sam sentit une certaine méfiance l'envahir. Pour avoir grandi à la cité, elle les connaissait, les militants, les asso', les syndicalistes, prompts à brosser dans le sens du poil si cela pouvait leur permettre de gagner des adhérents en plus, voire mieux, des militants. On leur donnait la main et ils prenaient le bras sans vergogne... Jonah était-il de cette trempe là ? Lui servait-il le même discours préchauffé qu'aux autres jeunes qui poussaient la porte de son local, discours destiné à leur faire croire qu'ils étaient spéciaux, et parfaits pour porter la bonne parole ?

Pourtant, la méfiance de Sam fondit comme neige au soleil à la suite des paroles de Jonah. S'il lui servait le même discours qu'à d'autre, alors il le cachait bien... Qu'un homme comme lui s'identifie à sa maigre expérience, à son ressenti maladroit, et la trouve humaine et attachante était indéniablement flatteur. Ce qu'il lui proposait correspondait tout-à-fait aux désirs inavoués de Samantha, qui l'avaient conduit à se rendre dans l'association. L'envie de s'investir, de rencontrer d'autres membres de sa communauté, de faire changer les choses. Et si elle pouvait aider les autres, si cela pouvait l'aider en retour à se sentir mieux, alors c'était encore mieux... Ses joues rosies par l'embarras, elle garda le silence en réfléchissant à toute vitesse.

Au fond, elle approuvait complètement son discours et se retrouvait dans sa façon de voir les choses. L'éducation était primordiale pour lutter contre l'intolérance et les préjugés, elle l'avait bien vu avec Marlene. Elle estimait qu'il était essentiel de se pencher sur cette question, et découvrait avec plaisir que l'association intervenait dans les écoles. Voilà un programme qui l'intéressait particulièrement, et auquel elle aimerait contribuer, même si l'idée l'intimidait quelque peu. Etait-elle vraiment armée pour cela ? Malgré les dires de Jonah, elle en doutait encore.

"Vous le pensez vraiment ?", s'enquit-elle en fouillant le regard de Jonah. "Vous ne dites vraiment pas ça à tous les jeunes loups ? Parce que... Je ne sais pas, je ne me sens pas vraiment légitime pour donner des conseils, alors que je suis encore en train de patauger avec ça. Bon, d'un autre côté, c'est le but, je suppose, et j'ai déjà fait des actions militantes dans le passé. C'est une cause qui me touche beaucoup, forcément, alors en soit ça m'intéresserait beaucoup de m'engager dans l'association, mais... C'est un peu intimidant."

Elle se prit à regretter que Lauren ne soit pas ici avec elle pour lui donner son avis. Sa petite-amie avait toujours des avis fermes et souvent pertinents sur les gens et elle aurait été curieuse de savoir ce qu'elle pensait de tout cela. Sam, de son côté, sentait bien que Jonah avait gagné sa confiance dès les premiers instants. Il lui avait aussitôt inspiré de la sympathie et il lui avait tout l'air d'un homme intelligent et engagé. Il savait mettre les gens à l'aise et les pousser à se faire confiance.

"En tout cas, pourquoi pas commencer par voir une intervention dans une école, oui", dit-elle finalement. "Ça peut être super intéressant, je trouve que c'est une très bonne idée. Je crois aussi que c'est par l'éducation qu'on peut faire bouger les mentalités. Mais est-ce que vous avez l'impression que ça fonctionne vraiment ? Les enfants sont à l'écoute, en général ? Et comment faire pour toucher aussi les enfants qui ne sont pas sorciers ? Chez les moldus, la question serait plus simple, mais il y a tellement de sorciers qui reçoivent une éducation à la maison... Dont la plupart de ceux qui auraient bien besoin d'entendre ce que vous avez à leur dire !"


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Convaincre. Voila un exercice que Jonah appréciait tout particulièrement. De par son passé de militant et son statut d'homme de conviction, il aimait apporter ses arguments, les détailler, expliquer son cheminement de pensée et deviner une lueur d'intérêt dans les yeux de son interlocuteur. Cette activité réveillait son instinct de challenger et il devait avouer qu'il n'était pas peu fier que Samantha envisage de rejoindre son combat.

Pourtant, rien n'était fait, la jeune femme semblait douter de sa légitimité sans être consciente que c'était justement ce genre d'hésitation qui la rendait si indispensable aux yeux de Jonah. Les jeunes loups avaient besoin de s'identifier à quelqu'un qui traversait les mêmes épreuves qu'eux, qui ressentait les mêmes doutes mais qui ne se laissait pas accabler par son statut de lycanthrope.

"Tu es parfaitement légitime dans le sens où tu sais de quoi tu parles, affirma-t-il, Et puis, rassures-toi, on te demande pas de donner des conseils ou de prêcher la bonne parole, non. Notre but, c'est d'apporter un témoignage aussi bien auprès des jeunes loups que des non-contaminés. Tu verbalises ta situation, ton expérience afin de faire naitre le dialogue, expliqua-t-il, Nous ne militons pas pour imposer nos idées par la force -même si j'avoue avoir été un peu dans cette démarche par le passé, confessa-t-il mi contrit mi fataliste, mais pour apporter un éclairage nouveau." Il lui accorda un sourire et ajouta: "Tu incarnes cela."
"Après je comprends que ce soit intimidant et que tu ais peut-être  besoin d'y réfléchir quelques temps mais laisse moi te dire une dernière chose."

Faisant mine de compter sur ses doigts il leva son pouce et le pointa avec son index opposé.

"Premièrement, on ne te laissera jamais seule. Tu seras systématiquement accompagnée d'un ancien militant qui t'aidera à répondre aux questions si tu en as besoin."

"Deuxièmement."
Il leva son index et poursuivit:
"Tu es libre de choisir où -et auprès de quel public- tu fais tes interventions. Si tu n'as pas envie de te retrouver face à un parterre de politiques ou de lycanthropes fraichement contaminés, nous ne t'y obligeront pas."

"Troisièmement...." Il pointa son troisième doigt et parut chercher dans ses pensées quelques secondes avant de dire:  "Megan fait les meilleures tartes à la mélasse que j'ai jamais gouté et elle en ramène tous les samedis au local."

Jonah laissa passer quelques secondes de silence avant d'éclater de rire - sa petite bague semblait beaucoup l'amuser-  Il secoua  la tête de gauche à droite comme pour annuler ce dernier point et reprit:

"Ok c'est vil de sortir l'argument pâtisserie mais que veux-tu, c'est mon côté Serpentard manipulateur."

Jonah laissa fleurir un large sourire sur ses lèvres. S'il n'arrivait pas à la convaincre avec la tarte à la mélasse, il n'y arriverait jamais: Argument implacable ! Il observa la jeune femme quelques secondes et attendit son verdict. Quoiqu'elle choisisse de faire aujourd'hui, il espérait la revoir au local. Cette petite lui plaisait bien ! Et puis n'avait-elle pas dit qu'elle avait un passé de militante ? Curieux d'en savoir plus sur ce point il s'apprêtait à lui poser la question lorsqu'elle consentit à venir voir une intervention dans une école.

"Vraiment ? Génial !" s'enthousiasma-t-il en l'invitant à le suivre de nouveau à l'intérieur du local. Tu vas voir, les enfants sont un terreau merveilleux, poursuivit-il en lui tenant la porte, généralement on commence les interventions en leur demandant de dessiner un loup garou. La plupart du temps ils nous représentent sous notre forme animal l'air menaçant. Certains dessinent même des attaques -des trucs très gores avec du sang partout mais on ne censure rien de ce qui vient d'eux. Cet exercice est assez symptomatique de la vision qu'ils ont de nous et de la peur qu'on leurs inspire. C'est important qu'ils puissent l'exprimer. Ensuite on affiche les dessins, on en parle et puis l'un d'entre nous révèle être un loup garou. C'est toujours un grand moment, affirma-t-il en hochant lentement la tête sans que l'on puisse deviner ce qui se cachait réellement derrière cette formule,  Les enfants posent des questions, souvent sans tabou. Ça peut être déstabilisant, je ne te le cache pas, mais ils le font avec une telle sincérité, une telle innocence qu'on leur passe leurs indiscrétions. Ensuite on essaye de démonter les clichés, un à un et à la fin on leurs demande de nouveau de dessiner un lycanthrope pour voir si leur vision à changer."
Jonah se tut et accorda un sourire à Samantha, "Je ne te dis rien de plus. Je te laisse découvrir ça directement en intervention."

Retournant derrière son comptoir, il sortit l'agenda de l'association pour chercher une date qui conviendrait à Samantha tandis que cette dernière réfléchissait déjà à la portée de leur action. Jonah leva les yeux de son bloc pour l'observer avec intérêt tandis qu'elle pointait une faille dans leur processus de sensibilisation: En effet, les familles les plus traditionnelles embauchaient des précepteurs pour leurs enfants et les nés-modus n'avaient pas connaissance du monde magique avant leur entrée à Poudlard. Ces deux facteurs rendaient leur sensibilisation quasiment impossible en bas âge.

"C'est vrai tu as parfaitement raison." dit-il, réellement impressionné par la jeune femme qui s'inscrivait déjà dans une démarche d'efficacité. Il avait bien une petite idée en tête pour essayer de palier ce manquement mais Samantha semblait prompte à proposer des solutions et il ne comptait pas lui couper l'herbe sous le pieds. Cette nouvelle recrue avait des choses à apporter à l'association et surement des idées plein la tête, il suffisait juste de lui laisser un espace d'expression.

" Vas-y. Je t'écoute, lança-t-il alors en s'accoudant sur le comptoir, Qu'est-ce que tu proposes ? Comment toucher ces enfants là ?" ajouta-t-il en la couvant d'un regard bienveillant.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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L'enthousiasme de Jonah était communicatif, et Sam ne pouvait s'empêcher de se sentir exaltée à l'idée de participer aux actions de l'association. Dire qu'elle avait à peine osé venir et qu'elle se retrouvait embarquée dans des activités de sensibilisation ! Elle pouvait déjà entendre les taquineries de Lauren lorsqu'elle apprendrait ça. Sa petite-amie lui dirait que c'était typique d'elle, et elle aurait bien raison... Elle était bien incapable de résister à une tarte à la mélasse, de toute façon !

Et puis les méthodes que lui présentaient Jonah l'enthousiasmaient. Trop longtemps, Sam s'était sentie seule et impuissante face à sa condition de loup-garou, mais surtout face aux remarques et aux jugements qu'elle occasionnait. Le regard des autres était encore plus dur à supporter que les longues nuits de transformation, la sensation de son corps qui lui échappait, la bête à l'intérieur qu'elle peinait à contenir. Si elle avait tenu, c'était grâce à Lauren, à Dave, et à l'idée que les choses seraient plus simples une fois le vase-clos de Poudlard quitté, mais elle réalisait aujourd'hui à quel point elle avait désespérément besoin du contact de ses semblables. Après tout, les loups vivent en meutes...

Lorsque Jonah retourna sa propre question sur elle, Sam eut une moue d'indécision. Comment contourner ce problème, en effet ? Comment toucher l'ensemble des enfants sorciers, et non seulement la minorité qui suivait des cours à l'école ? Car la jeune femme restait persuadée que le plus gros du travail passerait par l'éducation des jeunes et leur sensibilisation.

"Je ne sais pas trop", avoua-t-elle avec un haussement d'épaule. "Autant on peut envisager des solutions pour les enfants de sorciers, autant il est impossible de sensibiliser des nés-moldus sans leur révéler l'existence du monde magique... En plus, les loups-garous sont présents dans l'imaginaire moldu, et présentés comme des créatures terrifiantes ! Ca fait partie des choses que m'a dit ma mère pour essayer de me dégoûter de ce monde : il y a des loups-garous, des vampires ! Et pour être honnête, une part de moi était terrifiée en arrivant à Poudlard..."

Mais c'est à Poudlard que l'éducation au monde magique des nés-moldus se faisait. C'était là-bas, à travers ses cours et ses rencontres avec les autres étudiants, qu'elle avait pu déconstruire ses préjugés et développer une nouvelle connaissance de cet univers mystérieux... De cette réflexion lui vint une idée, et c'est avec un enthousiasme renouvelé qu'elle s'exclama :

"Il faudrait donner des cours à Poudlard, alors ! Après tout, pendant sept ans, c'est essentiellement à Poudlard que les nés-moldus découvrent l'univers magique. C'est aussi là-bas que l'on regroupe pour la première fois tous les enfants de bonne famille qui ont grandi avec des précepteurs... Et à onze ans, on n'a pas encore l'esprit irrémédiablement fermé par des préjugés. Le problème, c'est que le seul cours dans lequel les loups-garous sont abordés, c'est en défense contre les forces du mal, et c'est seulement le programme de troisième année !"

L'indignation était perceptible dans le discours de la jeune femme, qui poursuivit :

"Si l'on arrêtait de présenter les loups-garous comme des créatures maléfiques, ce serait déjà un bon début ! C'est difficile de faire entendre que nous ne présentons pas de danger, que nous pouvons être intégré au sein de la société et que nous méritons le respect au même titre que n'importe quel sorcier sinon... Peut-être que le cours de soin aux créatures magiques serait plus approprié, et encore... Je me considère comme une humaine, et comme une sorcière, je n'ai pas envie qu'on parle des gens comme nous entre le niffleur et la licorne... En fait, il faudrait un cours d'étude du monde magique en première année, comme on a un cours d'étude des moldus."

Sam songea alors que ses idées étaient sûrement un peu idéalistes, et nuança, sur un ton d'excuse : "Enfin, ce n'est sans doute pas si facilement réalisable, de changer les cours de Poudlard. Mais je n'ai pas vraiment d'autre idée..."

Elle garda le silence, attendant que Jonah l'éclaire de ses lumières. Sans doute avait-il déjà retourné ce problème longuement dans sa tête et aurait-il ses propres solutions à lui présenter.


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Samantha avait de la suite dans les idées! Réactive, impliquée, peut-être un peu utopiste mais pour Jonah il s'agissait d' une qualité. Pour faire bouger les lignes, il était nécessaire d'avoir des ambitions à la hauteur de ses rêves. Samantha n'hésitait pas à envisager des réformes de fond pour défendre ses idéaux et c'est ce qui lui plaisait. Ils avaient besoin de ce genre de personne à l'association et plus elle parlait, plus l'enseignant estimait qu'il ne devait pas laisser filer cette perle rare. Samantha était stimulante et ses propos lui donnait envie de replonger dans la lutte pour l'égalité. Depuis que Marchebank était passé au pouvoir le sort des lycanthropes s'était nettement amélioré mais tout n'était pas encore parfait. Les anciens avaient tendance à se contenter des dernières avancées mais les jeunes loups apportaient une expertise nouvelle qui était nécessaire pour que leur combat perdure.

"Un Cours d'Etudes du Monde Magique..." répéta-t-il en envisageant véritablement le projet.

C'était assez facile à mettre en place. Les emplois du temps des premières années n'étaient pas surchargés et les professeurs d'enseignements optionnels, comme lui, pourraient prodiguer facilement cet enseignement. Daisy pourrait même avoir recours à l'un de ces enseignants stagiaires qu'elle avait prévu de rencontrer le lendemain même au château. Oui, c'était vraiment une bonne idée. La principale difficulté serait de faire voter la réforme au CA mais Jonah ne perdait pas espoir. Pour l'année en cours, cela qui risquait d'être compliqué mais pourquoi pas l'année suivante...

L'enseignant attrapa son fidèle bloc-notes pour griffonner ses impressions à la volée avant de relever les yeux vers Samantha.

"C'est vraiment pas bête ce que tu dis ! Il faudrait monter un dossier préparatoire sur le contenu concret de cet enseignement mais... je pense qu'on tient quelque chose." souffla-t-il en notant de nouveau quelques mots dans son cahier.

Au cours de ses journées, Jonah consignait tout ce qui lui passait par la tête: Retranscription d'échanges, idées de projets, courses à faire... Son carnet regorgeait d'annotations diverses dans lesquelles il se replongeait le soir venu afin de les trier.

"Il faudrait que j'en touche un mot à Daisy..." pensa-t-il à voix haute avant de se tourner vers Samantha pour lui apporter quelques précisions , " Je travaille à Poudlard en tant qu'enseignant -Je suis le nouveau prof d'Etudes des Moldus - Plutôt pratique n'est-ce pas ?" souffla-t-il avec un sourire avant de se pencher un peu plus au dessus du comptoir.

"Je pense sincèrement que ce projet de Cours d'Etudes du Monde Magique est défendable mais il va falloir prendre son mal en patience. Crois moi, j'ai découvert l'inertie d'une administration comme Poudlard et il nous faudrait un retourneur de temps pour espérer mettre en place ça cette année... "

Jonah grimaça légèrement avant de se montrer un peu plus optimiste:

"Par contre, je pense qu'il est tout à fait possible de prévoir une intervention ponctuelle de l'Association sur l'ensemble des premières années. Peut-être pas toutes les Maisons d'un coup mais en deux sessions. Tout ce que tu m'as dit coule de source et je suis sûr que la directrice sera sensible à ton raisonnement, assura-t-il avec un hochement de tête encourageant, Que dirais-tu de porter un tel projet ?Je t'épaulerai, bien sûr, ainsi que les autres membres de l'asso mais il s'agit de ton idée et ce serait valorisant de la mener à bien toi-même, non ?" s'enquit-il en souriant.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Malgré son enthousiasme, la jeune femme ne s'attendait pas vraiment à voir son interlocuteur prendre ses idées au sérieux. Il était un militant chevronné, contrairement à elle qui ne savait pas réellement comment s'organisait le milieu associatif. Pourtant, Jonah prit réellement ses propositions en considération, allant même jusqu'à griffonner dans un cahier, sous le regard curieux de Sam.

C'est alors qu'il révéla être le nouveau professeur d'étude des moldus de l'école, provoquant une expression de surprise sur son visage.

"Formidable !", lâcha-t-elle, sincère. Elle-même n'avait pas suivi cet enseignement sur un monde qu'elle connaissait déjà, mais les étudiants concernés gagnaient à coup sûr un bon pédagogue. Il ne lui avait pas fallut longtemps pour se faire un avis sur Jonah, une simple discussion. Non seulement il attirait naturellement la sympathie, mais il paraissait être quelqu'un d'ouvert, de posé, d'investi dans ce qu'il entreprenait, à l'écoute des autres, y compris des plus jeunes. Autant de qualités qui, à coup sûr, n'avaient pu que plaire à la directrice Mason...

Elle n'eut pas le temps de s'appesantir sur cette idée que déjà Jonah embrayait sur son idée de sensibiliser les première année. Elle hocha la tête avec compréhension lorsqu'il mentionna les freins à ce projet. Le conseil d'administration de Poudlard n'était pas connu pour être particulièrement ouvert à la nouveauté, et c'était toujours la croix et la bannière que de vouloir changer quelque chose avec leur aval. Ce qui n'était certainement pas étonnant, s'agissant d'une école millénaire... Jonah avait certainement raison, il faudrait s'armer de patience.

La jeune femme aurait dû se sentir flattée que son idée soit prise au sérieux, et qu'elle soit envisagée pour la porter, mais elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine réticence. Légèrement mal à l'aise, elle dansa d'un pied sur l'autre en réfléchissant à sa réponse.

"Oui, c'est sûr que ce serait valorisant, et ce serait une expérience enrichissante", répondit-elle avec un sourire mi-figue, mi-raisin, "j'aimerais beaucoup..."

Elle laissa s'écouler une seconde avant de répondre, le temps de chercher ses mots :

"Le souci c'est que je me demande si je suis vraiment la bonne personne pour porter ce projet à Poudlard. Je veux dire... Eh bien..." , tergiversa-t-elle en jouant nerveusement avec une mèche de cheveux, "Je viens à peine de quitter l'école, je viens d'avoir mes ASPICs, et depuis ma transformation... Disons que ma scolarité n'a pas été simple. Ma transformation ne m'a pas exactement rendue populaire et beaucoup de monde se rappelle certainement de moi comme de cette freak marginalisée... Du coup est-ce que je suis la mieux placée pour représenter l'association à Poudlard, ou pour donner une image positive des lycanthropes ?"

Au-delà de cela, était-elle prête à retrouver le carcan étouffant de Poudlard, si peu de temps après s'en être enfin échappée ? Sans le soutien protecteur de Lauren et Dave, cette fois, et pour se mettre à nu en assumant sa plus grande faiblesse, face à une bande d'adolescents ? La cruauté de ce monde avait laissé une blessure en elle qui ne s'était pas encore refermée, serait-elle capable d'en faire abstraction et d'y retourner, en assumant pleinement sa condition ? Etait-elle la mieux placée pour lancer des échanges sereins ? Serait-ce positif pour elle, un moyen de quitter définitivement l'adolescente apeurée qu'elle avait été ou, au contraire, un pas en arrière, potentiellement destructeur ? Autant de questions dont elle n'avait pas la réponse...

Mais elle n'en dit rien et enchaîna plutôt par une confidence :

"Ce qui est sûr c'est que ma septième année aurait été bien différente si j'avais eu un enseignant tel que vous, à qui parler, à prendre comme modèle même... Je suis heureuse que la directrice Mason vous ait choisi."


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Jonah n'avait pas besoin d'être légilimens pour deviner le trouble de Samantha. Elle ne semblait pas réellement transportée à l'idée de mettre en place une action de prévention à Poudlard. Sans trop savoir ce qui pouvait la freiner dans ce projet Jonah s'empressa de préciser:

"Je peux m'occuper de la paperasse et de la mise en forme si c'est ce qui t'embête, le jargon institutionnel ça me connait."

Après avoir œuvré dans le tissu associatif de nombreuses années et travaillé un temps au Ministère, il avait appris- et intégré- les formules types à placer dans ses différents dossiers . Vous pouviez avoir l'idée du siècle, si elle n'était pas présentée d'une certaine manière, vos demandes de subvention et autres projets de lois avaient peu de chance d'aboutir. Il avait fallut vingt ans pour que Jonah assimile ses us et coutumes et s'il pouvait faire économiser ce précieux temps à sa toute nouvelle collaboratrice il l'aiderait volontiers.

Pourtant, ce n'était pas ce point qui chagrinait Samantha. En effet, la jeune femme ne tarda pas à s'ouvrir sur la véritable raison de son hésitation. Jonah l'écouta sans mot dire. C'est vrai qu'il avait tendance à oublier qu'elle sortait tout juste de Poudlard et que les conditions de sa transformation avaient eu lieu durant sa scolarité alors que Samantha avait volontairement contourné les règles imposées par le corps professoral. C'était peut-être une position difficile à défendre pour elle, songea-t-il en affichant un air concerné. Jonah était quasiment certain qu'elle parviendrait à s'en sortir mais comme il ne voulait pas la brusquer il proposa:

"Si tu préfères, on peut solliciter d'autres lycanthropes pour les témoignages tout en te laissant organiser et superviser l'intervention. Comme ça, tu es présente mais dans l'ombre. Ça te permet de prendre la température, de  voir comment ça se passe, au moins sur la première intervention."

Il l'interrogea du regard avant de poursuivre en souriant:

"Et si jamais tu le sens bien, tu pourras offrir ton témoignage de  freak marginalisée pour la seconde session. "


Freak marginalisé. L'expression était amusante mais Jonah comprenait parfaitement ce que Samantha voulait dire. On se retournait aussi sur son passage dans les couloirs de Poudlard à l'époque où il était élève. Ce vif intérêt de la part de ses condisciples n'était malheureusement pas du à son charme immense ou son style ravageur, loin de là même. Lui aussi, il avait été ce freak marginalisé, ce garçon différent et incompris. C'était justement pour réduire cette méconnaissance entre lycanthropes et non-contaminés que Samantha devait témoigner. Toutefois, ce n'était pas la bonne solution que de chercher à  lui forcer la main aussi Jonah n'insista pas davantage, préférant lui laisser le temps de la réflexion.

La jeune femme changea d'ailleurs de sujet, signe qu'elle voulait peut-être poser les choses avant de prendre une décision trop hâtive. Jonah laissa échapper un éclat de rire alors qu'elle le complimentait sur sa capacité d'écoute tout en affirmant qu'elle aurait aimé l'avoir comme professeur à Poudlard.

"Détrompes toi, j'ai l'air gentil  et compréhensif comme ça mais à l'école je suis un véritable tortionnaire. Bon ce n'était pas tout à fait vrai mais il restait un enseignant exigent envers ses élèves. "En tout cas c'est un métier enrichissant. Tourné vers les autres. Ça me change de ce que j'ai fait précédemment. "

Il se tut quelques secondes avant de lever les yeux vers  Samantha:

"Mais toi aussi tu es dans le social non ? Tu m'as parlé de Sainte Mangouste tout à l'heure. Tu embrasses une carrière de médicomage ?"
s'enquit-il alors.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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Les propos de Jonah avaient commencé à convaincre Samantha, mais tout cela allait un peu vite pour elle. La jeune femme sentait qu'elle avait besoin de réfléchir et de prendre le temps d'assimiler toute cette conversation avant de monter des plans sur la comète, même si elle savait au fond d'elle qu'elle était emballée. Damn, que ce Jonah était convainquant ! Elle regrettait décidément ne pas l'avoir croisé au cours de sa scolarité, nulle doute qu'elle aurait été beaucoup plus attentive et motivée s'il avait été le professeur...

Pourtant, Jonah démentit ses paroles en affirmant qu'il était un véritable tortionnaire. Un sourire au coin des lèvres, Sam se permit une taquinerie :

"Ca ne m'étonne pas, je devine déjà une tendance à pousser les élèves hors de leur zone de confort..."

Jonah l'interrogea alors sur sa carrière, ce à quoi elle répondit vivement : "Houla non, médicomage, je n'ai pas le niveau ! Il me manquerait quelques ASPICs pour ça... Non, je suis apprentie ambulancière, et ça me plait vraiment ! Les ambulanciers, c'est un petit corps soudé, et c'est un métier passionnant : on aide les gens mais il y a aussi de l'action, de l'adrénaline. Par contre le rythme est assez fatiguant mais on s'y fait..."

Et cela avait des avantages, comme de disposer de journées libres alors que tous les autres sorciers travaillaient. Rien de tel qu'un mardi après-midi de repos pour aller faire la queue à la CAFE... Le gros inconvénient, en revanche, c'était les grognements et les regards noirs qui provenaient de Lauren lorsque son réveil sonnait très tôt le dimanche matin car elle devait prendre sa garde. Son rythme ne seyait pas toujours à sa petite-amie.  

Sam s'appuya légèrement contre le comptoir pour continuer de bavarder. Les locaux de l'association restaient vides d'autres loups-garous en goguette, alors elle n'avait pas de scrupules à monopoliser l'enseignant.

"Heureusement que ça me plait, d'ailleurs, parce que je me suis orientée au dernier moment... En fait, je ne pensais pas du tout travailler dans la santé, j'ai toujours voulu travailler dans la création de balais ! C'est d'avoir vécu à Nimbus, je crois, j'ai toujours été fascinée par l'innovation en matière de balais magiques et je rêvais d'ouvrir ma propre succursale. Mais le marché est inondé par les Cosmos maintenant, alors j'ai décidé de choisir une autre voie. Tant pis, je me contenterai de jouer au Quidditch de temps en temps !"

Elle ressentait toujours une pincée de nostalgie en pensant à son passé à courir dans les ruelles pavées de Nimbus, à coller son nez contre la vitrine du marchand de balais, ou à diriger l'équipe de Quidditch de Serpentard. Hélas, c'était un passé sur lequel il lui fallait tirer un trait définitif : Nimbus n'avait plus grand chose à voir aujourd'hui avec la ville de son adolescente, défigurée par les nouveaux quartiers de Marchebank...

Son regard curieux trouva son interlocuteur et elle l'interrogea à son tour : "Et vous, qu'est-ce que vous faisiez avant de devenir enseignant ? Et pourquoi avoir changé ?"


Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Jonah fut immédiatement intéressé lorsque Samantha évoqua son métier d'ambulancière magique. Très honnêtement, l'enseignant ne savait pas quels ASPICs il était nécessaire d'avoir obtenu pour prétendre à ce poste mais il nota mentalement de se renseigner auprès des autres professeurs de POudlard. L'orientation des élèves était une grande part du travail de directeur de maison et Jonah se devait d'avoir des connaissances dans tous les secteurs même ceux qui ne figuraient pas dans ses domaines de prédilection.

Et puis, il n'oubliait pas qu'il avait son cadet -Virgil pour ne pas le nommer- qui n'avait encore aucune idée pour son avenir professionnel. Peut-être qu'un emploi dans cette branche - à mi chemin entre le social et la course automobile- pourrait lui convenir.

"Tu penses que ton service accepterait les stagiaires de Poudlard ? J'essaye de développer les liens écoles/entreprises et de pousser les jeunes à faire des stages avant leur sortie de l'école. Cela pourrait être intéressant pour eux de faire un stage d'immersion de quelques jours." dit-il en s'appuyant sur le comptoir, le regard dans le vague et les sourcils froncés.

Il devrait certainement mettre au point une convention de stage avec les institutions du monde magique et la faire voter au CA mais ce n'était pas impossible. Il lui suffirait de réactiver les cellules de son réseau et d'envoyer quelques patronus: Meredith serait surement en mesure d' appuyer son projet à Sainte Mangouste et il lui faudrait voir avec Euriell pour obtenir un contact au Ministère...

Saisissant sa plume, Jonah griffonna quelques mots sur son agenda afin de ne rien oublier de ses pensées  puis il releva vivement la tête lorsque Samantha lui révéla son projet professionnel initial:

"La fabrication de balais ? Ce doit être passionnant !" s'enthousiasma-t-il.
Jonah avait chez lui une bonne demi-douzaines de balais -sans compter ceux de ses fils-   et il était clairement amateur de beaux modèles. Quand il s'agissait d'acheter une nouvelle monture, il ne lésinait pas sur la qualité et recherchait toujours les meilleurs produits. Bien qu'il fusse d'une nature plutôt économe, il pouvait se montrer particulièrement dépensier quand il s'agissait de balai ou d' accessoires qui avaient, de près ou de loin, trait au quidditch.

"Détrompes-toi. Je pense qu'il y a de la place pour quelques petits artisans passionnés ,
s'enflamma-t-il lorsque Samantha estima que le marché était verrouillé par les balais Cosmos. Certes, plutôt dans le haut de gamme, tempéra-t-il, mais tu as vraiment des firmes qui gagnent à être connues. Rigby Père et Fils à Inverness ... Merlin ! Leurs balais sont de véritables bijoux ! Des créations sur mesure, parfaitement ergonomiques sculptées dans des bois magnifiques. "

Jonah hocha la tête lentement en signe d'assentiment. "Je veux un Rigby pour mes 40 ans" disait-il à ses fils régulièrement, "Commencez à économiser !" plaisantait-il dès que ses garçons projetaient des achats trop onéreux. C'était une petite blague à répétition qui rythmait la vie de la fratrie Forbes depuis des années. Bien évidemment, Jonah n'avait pas eu son balai en mai dernier pour son anniversaire, si bien que le running gag s'était légèrement modifié depuis, passant de quarante à cinquante ans !

A cette idée, Jonah esquissa un léger sourire et ajouta : "C'est du grand art !"
Il reporta son attention sur Samantha en songeant qu'il était bien dommage qu'elle n'ait pas poursuivit dans cette branche ! Dire qu'elle avait toujours voulue travailler dans la fabrication de balais. Elle le disait elle-même, elle était fascinée par ce domaine. Elle tenait là sa véritable vocation -Jonah en était persuadé-  et il trouvait ça  triste de voir qu'elle avait laissé tombé ce merveilleux projet pour des raisons qu'il n'estimait pas valables à ses yeux.

Il se garda toutefois de faire le moindre commentaire - c'était son choix après tout- et préféra répondre à la question de la jeune lycanthrope qui lui demandait quel métier il avait exercé avant d'être professeur.

"Et bien... J'ai été commerçant dans le monde magique puis  chez les moldus durant dix ans. Cette expérience m'a permis d'écrire quelques essais sur le monde moldu publiés ici, chez les sorciers. Grace à ces livres j'ai pu  intégré le DOM -Département d'Ouverture aux Moldus- dirigé à l'époque par Daisy Mason. Il a vite été démantelé mais j'ai gardé de bons contacts avec sa directrice qui a pensé à moi lorsque le poste de Professeur d'Etudes des Moldus s'est libéré à Poudlard. Comme j'ai plutôt la bougeotte, j'ai accepté... jusqu'au prochain défi à relever !" lança-t-il avec un sourire avant de relancer la conversation " Et j'ai aussi la caquette de professeur de vol, alors les balais, ça me parle !" ajouta-t-il. Soucieux de ne pas ennuyer davantage Samantha avec tout son CV il poursuivit, "Tu voles sur quoi toi en ce moment ...et d'ailleurs, tu voles où ? Si tu as intégré une équipe de la ligue amateur on risque de jouer face à face..." souffla-t-il en affichant sa mine malicieuse de compétiteur né.


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Loup, y es-tu ? Que fais-tu ? M'entends-tu ? [Samantha & Jonah]

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