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 Hideaway [OS]

Roy CalderChef de la mafiaavatar
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13 septembre 2009, dans l'appartement d'Isobel à Oxford

Le matin-même, Roy avait fait une étrange découverte dans un de ses tiroirs, dans la chambre de sa villa. Il cherchait une enveloppe, et il était tombé sur un trousseau de clés qu’il n’avait pas reconnu tout de suite. Certain que ce n’était pas les siennes, il avait demandé aux Veilleurs surveillant la demeure qui était entré dans sa chambre sur les derniers jours. Personne, lui avait t-on assuré, à part peut-être Toni ou Jayce. Puis « Ah si, Lavespère était passée, y a deux semaines, pour laisser un paquet ». Paquet qu’il avait récupéré, et qui contenait les bijoux vaudou qu’il avait déjà donnés à Juliana et Joel, mais il n’y avait rien d’autre avec. Avait t-elle laissé ces clés au passage ? C’était la seule piste qu’il avait, une fois qu’il se fut assuré que ces clés n’appartenaient à aucun de ses amis proches susceptibles d’être entrés chez lui. Il avait pris le temps de mieux observer les clés en question et effectivement, elles ressemblaient à celles qui composaient le trousseau de son amie.

Cette observation, reliée au fait que cela faisait presque une semaine que Roy n’avait vu ou entendu le nom d’Isobel nulle part, avait suffi à le motiver de prendre le temps pour une petite visite nocturne. Il transplana dans l’artère principale du quartier magique d’Oxford et se dirigea vers l’appartement qu’il connaissait bien, au deuxième étage d’un petit immeuble traditionnel. Par prévention, il sonna, sans être surpris du fait que personne ne venait lui répondre. Il enfonça alors les clés et eut instantanément la réponse à ses doutes en voyant le verrou se déclencher.

« Isy ? T’es là ? »

La seule réponse qu’il obtint fut le miaulement de Sorbier dont les prunelles brillèrent dans l’obscurité du salon puis s’approchèrent de lui. Fermant la porte derrière lui, Roy s’accroupit et attrapa Sorbier qui s’enroulait autour de ses chevilles, comme s’il était en manque de contact humain depuis un moment, ce qui n’était pas peu dire pour un chat.

« On t’a laissé tout seul, toi ? Soutenant d’un bras l’animal, il caressa de l’autre son dos et jeta un oeil autour de lui, avec un petit soupir. Si ta maîtresse voulait que je te nourrisse, elle aurait pu faire plus clair comme message… »

La seule chose qui était claire pour l’instant, c’était l’absence d’Isobel, songea t-il en se dirigeant vers la cuisine de l’appartement, Sorbier sur ses talons. Il ouvrit les portes de placard une à une, puis finit par en sortir des boîtes de maquereau qui attira des miaulements de ravissement au chat lorsqu’il les ouvrit sous son nez. Roy tapota affectueusement son crâne et le laissa déguster ce met de choix, pendant qu’il commençait son petit tour de l’appartement. La première chose qu’il remarqua fut l’évier vide et la vaisselle rangée qui laissaient croire que personne n’avait mangé ici récemment. Il revint vers le salon, posa sa veste sur le dossier d’un fauteuil, remarqua que celles d’Isobel étaient fidèlement suspendues au mur de l’entrée. Il passa l’arche du salon pour se rendre dans sa chambre, dont le lit était fait. Un peu de poussière s’était amassée sur les étagères, mais les affaires d’Isobel étaient toujours là, en ordre. Roy s’assit sur le matelas, lissa machinalement un pli de la couverture et regarda autour de lui, désoeuvré, comme s’il s’attendait à voir quelque chose apparaître. Par Merlin, où était t-elle passée ?

S’il n’avait pas trouvé ces clés, il aurait peut être attendu un jour ou deux encore avant de passer ici, car il avait noté son absence. Il s’imaginait qu’elle était trop surchargée de travail pour pouvoir passer un soir au cabaret, et lui-même étant occupé, il n’avait pas cherché à mener l’enquête. Il se nota de tenter de savoir où elle était partie auprès d’un de ses collègues dès qu’il en attraperait un. Ce qui le tracassait au fond, c’était ce geste de lui avoir laissé ses clés sans rien lui dire, presque comme si elle attendait qu’il tombe simplement dessus pour venir et… Et quoi ? Constater qu’elle n’était pas là ? Quelle était cette énigme dont il ne connaissait même pas les termes ?

Parce qu’il ne voyait pas quoi faire d’autre, Roy se leva à la recherche d’indices dans la chambre de son amie. Son premier mouvement fut de jeter un oeil à tous les papiers sur le bureau et dans ses tiroirs, sans vraiment savoir ce qu’il cherchait au fond. Un billet de train ? Un papier confirmant un voyage ? Une lettre avec des explications de sa part ? En tout cas, il ne trouva rien de cela. Il poussa la porte de la salle de bains donnant sur la chambre, constata que certaines des affaires d’Isobel -mais pas toutes- étaient toujours là, dans les placards. Lorsqu’il revint dans la chambre, Sorbier s’était paresseusement allongé sur le lit, et le fixait de ses pupilles bleues. Roy l’y rejoint, le fit ronronner en le grattant près des oreilles, et soupira puisqu’il s’agissait là du seul interlocuteur qu’il avait :

« Encore un mystère, hein. Tu sais pas où Isy cache ses secrets, toi ? »

Bien sûr qu’il n’allait pas lui répondre, et d’ailleurs c’était une question stupide en soi : personne ne conservait des secrets dans un lieu précis, Isobel était le genre à plutôt bien savoir masquer les siens, et… Mais non, se rendit t-il compte. Il avait une réponse à sa question, il savait ! Il savait depuis peu, mais il savait, il l’avait vu, de ses propres yeux.

Sautant hors du matelas, Roy bondit jusqu’au dressing à la droite du lit, pour ouvrir les portes des deux mains. Des images d’Isobel en tête en train de faire les mêmes gestes, il entra à l’intérieur, déplaça un miroir sur le miroir puis leva la main. Il eut un instant d’hésitation avant de passer précautionneusement son doigt sur le mur. Et il attendit, les yeux rivés sur le plâtre, immobile, sans bien savoir comment fonctionnait ce sortilège. Le plus logique était qu’il ne reconnaisse que l’empreinte d’Isobel, et pourtant… Après un temps qui lui parut bien trop long, une ouverture se creusa dans le mur et Roy plongea la main à l’intérieur pour en extirper tout ce qui s’y trouvait.

Il vint étaler son butin sur le lit et fouilla parmi les objets sans se faire plus de cas de conscience. Il pensait réellement que le mur n’allait pas s’ouvrir pour lui, donc si cela avait marché, il y avait une bonne raison, non ? La situation commençait à l’inquiéter et il ne voyait pas comment obtenir des réponses ici, à part en explorant ce petit jardin secret. Il décala les ingrédients de magie contenus dans des sachets, empêcha Sorbier de jouer avec, puis s’intéressa au reste. Il saisit l’objet le plus gros, un grimoire qu’il feuilleta avec intérêt au départ, il trouva même quelques pages sympathiques sur des malédictions à base de sang de licorne, mais s’arrêta rapidement de le lire en se rendant compte que, si elle éveillait sa curiosité sur la magie vaudou, cette lecture n’allait pas l’aider dans sa quête. La boîte à bijoux ne lui apporta rien, et la seconde non plus, et pourtant, il alla même jusqu’à regarder s’il n’y avait pas une doublure derrière laquelle des choses auraient pu être cachées.

Dans la troisième boîte, il eut un regain d’intérêt en voyant qu’elle ne contenait que des papiers. Parfait, il y aurait peut-être des informations importantes là-dedans. Il ne savait pas pourquoi, il avait l’impression qu’il devait trouver un message qui lui était adressé et il fut un peu déçu de voir qu’il n’y avait rien à son nom. En vérité, il n’y avait presque qu’un nom qui revenait tout le temps et plus étonnant encore : il le connaissait. Abel Laveau.

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Roy replia la lettre, et étala un peu toutes les autres, fronçant les sourcils. Cela avait l’air d’un échange de courriers personnels de son adolescence… Qu’elle gardait avec tout le reste, comme un bien précieux, qui avait autant de valeur qu’un de ces grimoires rares, ou ces bijoux d’argent. Cette fois, la curiosité fut trop forte. Sans se demander si ces lectures allaient réellement l’aider à comprendre où était Isobel, Roy attrapa quelques autres lettres pour les lire.

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Il eut un peu du mal à croire que c’était Isobel qui avait écrit ces lignes. Elle qui n’avait jamais manifesté d’intérêt pour Noël, bien au contraire… Elle qui l’avait toujours passé seule, justement. Roy eut un petit pincement au coeur, comme peiné pour la jeune fille qu’avait été Isobel et pour la femme débarrassée de ses désillusions qu’elle était devenue.

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La lettre qui la suivait immédiatement était la réponse d’Abel et Roy se pencha avec curiosité sur son écriture de pattes de mouche.


Spoiler:
 


Roy replia les deux lettres et s’arrêta momentanément dans ces gestes, en pleine réflexion. C’était drôle, il reconnaissait à peine Isobel dans ces écrits. Bien sûr, ils changeaient tous en grandissant, et à la lumière de ce que la jeune femme lui avait raconté sur son passé, Roy pouvait comprendre comment elle en était arrivée à s’endurcir. Et quel changement ! Cette petite fille qui avait écrit ces lettres montrait la tendresse qu’elle avait à offrir, ce qui n’était pas le cas de la femme qu’elle était devenue. Autre point non moins notable, elle avait été très proche d’Abel Laveau, plus que Roy ne se l’était imaginé en apprenant leur lien. Elle avait été assez proche pour se confier à lui, lui témoigner son affection, se trouver peinée de son absence. Il lut rapidement en diagonale quelques lettres qui suivaient celles-ci, notant à chaque fois les mots qu’elle répétait « tu me manques beaucoup », « écris-moi », « réponds-moi vite », « tu me manques fort », « je t’embrasse »… Il avait beau se dire que c’était une Isobel âgée d’à peine quatorze ans qui avait écrit tout cela, il n’arrivait pas à se figurer la chose.

La suivante sur laquelle il s’arrêta au hasard un peu plus longtemps était datée presque un an plus tard. Il la lut intégralement, avec la lettre d’Abel qui allait avec, sans marquer de pause.


Spoiler:
 


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A travers ces simples lettres, la complicité entre ces deux-là était palpable, et elle fit un drôle d’effet à Roy. Qu’il était étrange, partant de la situation actuelle, de remonter dans le passé pour faire état de ce qui semblait être une amitié fusionnelle. C’était étrange, quand on savait qu’aujourd’hui Isobel voyait Abel comme une menace potentielle, une nuisance assez conséquente pour demander à Roy de l’écarter. Oui, c’était étrange… Le meilleur ami d’aujourd’hui l’avait aidé à terrasser celui d’hier, prit t-il conscience. Désireux d’obtenir le fin mot de l’histoire, il sauta plusieurs lettres jusque celle qu’il reconnut comme la première après son départ de la Nouvelle-Orléans.


Spoiler:
 


Roy était désormais si happé dans ses lectures, que la détresse de cette Isobel plus jeune lui était perceptible presque comme si elle était là. « Miaou » fit Sorbier en se roulant en boule à ses côtés comme pour lui apporter un peu de chaleur, et Roy lui administra une douce caresse, avant de lire en diagonale le reste, jusqu’à s’arrêter sur la dernière du paquet, celle pour laquelle il sentit qu’il devait s’attarder sur chaque mot.


Spoiler:
 



Après l’avoir lue une deuxième fois, Roy plia la lettre silencieusement et la rangea sur la pile qu’il remit en ordre. Sorbier à ses côtés leva ses pupilles perçantes sur lui, comme une interrogation, et Roy souffla à son encontre, plus pour lui même que réellement pour le chat :

« Tu savais, toi ? »

Evidemment qu’il ne savait pas, personne ne devait savoir. Il venait de lire ce qui devait être la seule déclaration qu’Isobel ait jamais faite. Voilà qui apportait un éclairage nouveau, surprenant, sur tous les évènements la concernant, et Roy se mit à passer en revue ces moments à la lumière de cette information. Maintenant, il comprenait mieux pourquoi elle n’avait pas pu se résigner à aller au bout de ses démarches et se débarrasser proprement de ce Laveau. Elle avait aimé cet homme un jour, sincèrement, « un peu trop » comme elle disait. Entre les premières lettres, d’une innocente tendresse presque touchante, et cette dernière d’une évidente maturité, Isobel avait grandi, changé, fui sa ville d’origine, mais ses sentiments pour son meilleur ami d’enfance étaient restés intacts. Cela aurait été n’importe quel autre homme, Roy aurait souri et se serait promis de cuisiner son amie une fois qu’elle serait rentrée… Mais dans ce cas précis, il n’était pas sûr d’aimer ce qu’il venait de découvrir.

Il venait de se souvenir de ce qu’il avait insidieusement senti, lors de sa dernière visite à Isobel, pour parler des bijoux vaudou à l’origine. Dans les propos un peu hésitants de la jeune femme, dans les phrases laissées en suspens, les expressions un peu étranges, il avait cru percevoir qu’elle n’était pas certaine de son avenir. Sur le coup, il s’était imaginé que des ennuis la tracassaient, voire la menaçaient, et c’était sans doute vrai. Mais il se demandait maintenant si elle n’était pas en plein dilemme avant de prendre une décision : celle de partir. Partir sans prévenir, de la même façon qu’elle l’avait fait en quittant la Nouvelle-Orléans, dix-sept ans plus tôt. Partir en laissant simplement ses clés à son meilleur ami, sans aucune explication.

Roy ne voulait pas s’alarmer et d’ailleurs, il ne croyait pas qu’elle avait fugué de la même façon qu’elle l’avait fait adolescente. Trop d’indices ici lui faisaient comprendre qu’elle n’était pas partie définitivement. La Isobel qu’il connaissait n’aurait pas laissé son chat adoré derrière elle, en partant pour toujours. Elle n’aurait pas non plus laissé ces objets de valeur réelle ou sentimentale, dans sa cachette secrète : ces lettres l’avaient suivie dans sa première fugue, pourquoi pas dans une deuxième ? Tout simplement car cette fois, ce n’en était pas une. Il aurait fallu une raison de partir à Isobel, or tout lui souriait ici : son poste au Ministère, des dossiers prestigieux, une vie confortable, des amis fidèles… On était loin du mal-être qu’elle exprimait à propos de la Nouvelle-Orléans, même si elle s’était effectivement sentie en proie à des inquiétudes ces derniers temps. Mais cela concernait son passé qui la rattrapait, un passé qui n’avait rien à voir avec l’Angleterre, un passé qu’elle avait réussi à fuir en s’exilant ici, alors pourquoi partir ? Cela n’avait pas de sens, donc Roy n’y croyait pas.

Par contre, il se demandait si Isobel n’avait pas décidé de partir un petit temps pour se ressourcer et revenir plus tard, sans prévenir personne. Au vu de ce qui était resté dans son appartement, elle ne semblait avoir pris que le strict nécessaire pour un voyage de quelques jours : quelques vêtements, ses objets de toilette. Tout le reste était là, comme Roy l’avait vérifié. Mais où était t-elle partie ? Il se répétait leur dernière conversation dans cet appartement, il la revoyait lui annonçant qu’elle avait appris la mort de sa cousine et qu’elle ressassait beaucoup son passé à la Nouvelle-Orléans.

« Le prix à payer pour avoir fait l’autruche, hein. » répéta t-il, pensivement.

Il y avait un sentiment de culpabilité derrière cette phrase qu’Isobel avait laissé échapper, alors qu’elle était habituellement plus ferme sur cette histoire. Il se rappela d’elle lui disant qu’Abel Laveau lui avait parlé. Maintenant, une nouvelle hypothèse qu’il n’aurait jamais pu formuler sans lire ces lettres germait dans la tête de Roy : et si Abel avait suffisamment discuté avec Isobel pour la faire changer d’avis non seulement sur lui, mais aussi sur ce passé qu’elle avait plaqué à la Nouvelle-Orléans ? Et s’il avait trouvé un moyen de la faire se sentir suffisamment coupable pour revenir ? Peut-être que ses récentes lectures l’influençaient trop, et le poussaient à chercher le moindre lien entre Abel et la disparition d’Isobel. Il se nota de chercher à savoir si Laveau était toujours dans le pays ou pas, histoire d’être fixé. S’il ne l’était pas, ce serait un indice intéressant à la confirmation de son hypothèse. S’il l’était… Eh bien, il irait lui tirer les vers du nez pour savoir s’il savait quelque chose à propos du départ d’Isobel.

Avec un soupir, Roy se leva du matelas et se mit à amasser toutes les affaires qu’il avait récupérées pour les remettre à leur place. Décidément, ces amis qui se barraient à l’autre bout du monde après une crise passagère, sans le prévenir… Klemens lui avait déjà fait le coup, une fois, après la période de la Lune sanglante. A ce souvenir, Roy se crispa un peu et se promit de secouer Isobel bien comme il le fallait quand elle reviendrait. En replaçant les lettres dans leur boîte, le trafiquant remarqua une photo qui était restée à l’intérieur et s’en saisit pour l’observer. Un gringalet qu’il devina être Abel et un autre garçon qui lui ressemblait assez encadraient une jeune fille au sourire immense, dont Roy reconnut aussitôt la peau hâlée et les yeux noirs. Par contre, cette chevelure… Merlin. Alors, les cheveux lisses d’Isobel n’étaient pas vraiment naturels et il avait mis sept ans à l’apprendre ?  Voilà une information qu’il n’allait pas manquer de mentionner à la prochaine occasion, se promit t-il, un large sourire aux lèvres.

FIN DE L'OS


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Hideaway [OS]

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