AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 Brotherhood [Kessy/Dave]

Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
Messages : 133

Voir le profil de l'utilisateur
27 septembre 2009

Agitant machinalement sa plume entre ses doigts, Dave termina la relecture de ses parchemins, qu’il ne tarda pas à rouler sous son bras. Le pas satisfait, il marcha jusqu’à rejoindre l’étage des salles de sport, d’où il entendit le bruit régulier des machines. Il savait que dans à peine deux minutes, Kessy devait finir le dernier cours de zumba magique de la journée, et il avait décidé de lui prendre quelques minutes de son temps pour faire sa part de travail à son tour. Les encouragements lancés à tue-tête, les essoufflements, la musique rythmée était désormais un fond sonore dont il avait l’habitude, même s’il ne passait ici seulement le week-end. Son travail à la March Bank lui prenait tout le reste de son temps. Il était officiellement en période d’essai, même s’il ne doutait pas qu’il obtiendrait un contrat définitif dans les prochains mois. Il aurait aimé dire que c’était uniquement dû à ses capacités, mais quand on était le fils du ministre et qu’on travaillait dans un lieu qui portait son nom, il était malhonnête d’affirmer qu’il n’y avait pas une bonne part de coup de pouce familial dans l’affaire.

Mais Dave savait ce qu’il valait et il se savait méritant : il avait préparé ce stage à partir de mars, alors qu’il était encore étudiant à Poudlard, avant même de commencer à s’occuper de ses ASPICS. Il recevait régulièrement des compliments sur son travail de la part de ses collègues, même de gobelins, ce qui n’était pas peu dire et contribuait à emplir Dave de confiance. Il se répétait souvent assez cyniquement que la seule chose qui marchait bien dans sa vie en ce moment se résumait à son travail, alors il s’y raccrochait, enchaînant des heures supplémentaires dont il n’avait pas besoin mais qui lui permettaient de rentrer plus tard chez lui.

Lorsque Kessy émergea enfin de sa salle de danse, il lui fit un signe de la main pour attirer son attention et lui faire comprendre qu’il souhaitait lui parler. D’un geste ils se mirent d’accord pour se retrouver à la salle de détente du personnel et Dave y patienta tranquillement que Kessy se change. Il chercha un journal à attraper dans le coin, ne trouva que des Sexy Witch et autres journaux racoleurs ou magazines sportifs, puis finit par se rabattre sur la brochure de description de l’entreprise K&K dont il n’avait pas vu la dernière mise à jour. Il se mit à lire en songeant combien le projet avait évolué depuis que Kessy le lui avait présenté dans la salle des Quatre Maisons, bien des mois plus tôt.

Il se souvenait combien il ne l’avait pas du tout pris au sérieux, ni elle ni son projet, puis il s’était penché par curiosité sur ses premiers éléments de recherche et avait flairé une occasion de se faire une petite expérience d’entreprise. A l’époque, il n’avait pas forcément cru en un grand succès, mais il avait reconnu un potentiel dans le mélange entre sports moldus et sorciers que Kessy et Kalamity proposaient, alors il avait accepté d’essayer avec elles, car lui-même était séduit par cette idée. Sans prôner un effacement du secret magique, il avait toujours cru au fait que les moldus avaient certaines choses à apprendre aux sorciers, et qu’ils pouvaient en partie améliorer leur quotidien, notamment en se rapprochant des technologies moldues pour se les approprier. Tout en croyant fondamentalement aux valeurs de la société magique, Dave restait ouvert à la culture moldue et imaginait tout ce qu’ils pourraient tirer d’un contact avec eux.

La réussite du projet n’était pas le seul de ses a priori qui s’était trouvé démenti. Travailler avec Kessy et Kalamity avait quelque peu changé son regard sur elles, car il ne pouvait nier qu’elles avaient de véritables qualités d’entrepreneuses. Dave se tenait relativement distant du projet, se contentant de s’occuper des comptes et donner quelques conseils si l’on requérait son avis. Mais il avait pu constater la pugnacité de ses deux camarades, qui n’avaient reculé devant aucune difficulté pour bâtir leur entreprise, alors qu’il les voyait abandonner dès le premier obstacle pour papillonner ailleurs. Et surtout, il avait vite remarqué combien leurs rapports pouvaient changer, lorsqu’ils n’étaient pas dans le contexte de Poudlard -avec leur routine, leurs amis respectifs et les a priori qu’ils nourrissaient les uns sur les autres- jusqu’à s’apercevoir qu’il pouvait presque s’entendre avec elles. Oh pour être honnête, il avait encore un peu de mal avec Kalamity, mais ils arrivaient à trouver leur terrain d’entente en se contentant de discuter affaires. Quant à Kessy, moins exubérante que sa comparse, il sentait un peu plus d’alchimie avec elle et quelle ironie ! Il commençait à peine à changer son regard sur elle qu’il apprenait qu’elle était sa demi-soeur cachée.

Il lui avait fallu un certain temps pour digérer la nouvelle, un long moment pendant lequel il s’était trouvé complètement hermétique, et avait résumé leurs rapports au strict minimum, tout en faisant en sorte de travailler le plus possible en dehors des locaux de K&K pour ne pas avoir à la croiser. C’était tellement étrange, encore maintenant, il avait du mal à poser son regard sur elle sans repenser aux révélations de son père, à sa colère, et passé quelques semaines, il s’était rendu compte que cette colère n’était pas dirigée contre Kessy, ou Cassandre, mais uniquement contre son père, et en partie contre sa mère aussi. Alors il s’était efforcé de retrouver des rapports cordiaux avec l’ancienne Gryffondor, sans toutefois se résoudre à parler de ce sujet avec elle. Il ne savait pas comment le faire, il aurait sans doute quelques questions à lui poser pourtant, mais tout en lui se crispait à l’idée de lancer cette discussion.

Plongé dans ses pensées, il sursauta presque lorsque la concernée arriva à sa table, et il posa machinalement sa main sur les rapports qu’il avait pris avec lui. Il la salua d’un signe de tête et lui demanda d’un ton assez neutre :

« Ca va ? Désolé de te cueillir comme ça à la fin de ton boulot, mais je ne suis pas sûr de pouvoir revenir avant une bonne semaine alors je me suis dit que ça serait bien de faire notre petit bilan maintenant, vu qu’on touche à la fin du mois. » Il s’autorisa un petit sourire, le même qu’il avait eu en terminant ses comptes tout à l’heure, et ajouta : « Globalement ce sont des bonnes nouvelles, alors ça devrait aller assez vite. »
Kessy Brooks-MarchebankProf de Zumbaavatar
Messages : 106

Voir le profil de l'utilisateur
"Allez mesdames on reprend ! Et un deux trois quatre !"

Kessy fit porter sa voix dans toute la salle pour recouvrir le son de la musique, sur laquelle ces dames s'agitaient en rythme - du moins essayaient. A l'issue de la séance, nombre d'entre elles montraient de vrais signes de fatigue, mais Kessy ne faiblissait pas. Tant que l'heure pour laquelle elles avaient payé n'était pas complètement achevée, elle comptait bien les faire s'entraîner et savait qu'il leur fallait de la motivation. Alors elle passait entre les rangs, félicitait l'une, encourageait l'autre et corrigeait les positions.

"Allez Rachel on me secoue ce popotin ! On le secoue on le secoue on le secoue, comme un prunier ! Voiiilà, c'est parfait, et on remonte ! Allez, un peu plus d'énergie, un dernier effort pour la fin, pensez au Smoothie frappé verveine rhubarbe qui vous attend !"

Bientôt, la session prit fin, Kessy arrêta la musique d'un geste de baguette et un soupir collectif de soulagement se fit entendre. La zumba magique était un sport exigeant, mais elle savait que ses clientes reviendraient : les efforts payaient, tous les experts le disaient, c'était même dans Multiplettes ! Dans son centre affluaient les plus grands sportifs et les peoples, comme les monsieur et madame tout le monde désireux de s'entretenir ou de perdre un peu de poids.

"Je vous remercie mesdames, étirez-vous bien et l'on se retrouve la semaine prochaine pour la prochaine séance !"

Contre l'un des murs au pied duquel s'étalaient des sacs de sport, Kessy attrapa sa serviette éponge et s'essuya le visage. Elle resta dans les parages le temps de l'étirement, puis lorsque toutes ses clientes eurent quitté la pièce, elle en fit de même, pleine d'énergie. Ses longues enjambées furent stoppées par la vue de Dave. Effet de cette visite inattendue, son coeur fit une embardée et elle afficha aussitôt un sourire incertain à ses lèvres. Leurs rencontres n'étaient pas si fréquentes malgré le fait qu'ils travaillent à une centaine de mètres l'un de l'autre, et Kessy ressentait une certaine appréhension à l'idée d'un entretien avec lui. Pourtant, leurs relations n'étaient pas mauvaises, loin de là, considérant la façon dont les choses avaient commencé entre eux. Mais il y avait un sujet dont elle attendait depuis plusieurs semaines que Dave lui parle, sans jamais qu'il n'en fasse rien. Un sujet qui pourrait tout changer, qui avait déjà, dans les faits, tout bousculé pour elle...

Dissimulant son trouble derrière son enthousiasme habituel, Kessy le suivit dans la salle de repos et le quitta le temps de se changer - ce qui était surtout un prétexte pour reprendre ses esprits. En soi, elle sentait bon malgré l'effort, grâce à son tout nouveau Déodorant de l'extrême à l'essence de cactus pour Sorcières Actives, dont l'efficacité était imbattable. Elle prit tout le même le temps de prendre soin d'elle et revint bientôt auprès de Dave, vêtue d'un petit short rose et d'un haut noir.

Dave lui annonça alors la raison de sa visite, et elle se maudit pour le pincement au coeur qu'elle ressentit. Bien sûr qu'il était venu pour parler finances, quoi d'autre ? Ce n'était pas comme si elle devait attendre quoi que ce soit de lui, son comportement avait été assez clair à ce sujet depuis la révélation. Il ne voulait pas d'elle comme soeur, ou en tout cas pas maintenant, et c'était son droit le plus strict. Kessy voulait bien lui laisser tout le temps du monde pour digérer la nouvelle, mais... Mais elle aurait aimé un geste fraternel, un geste de reconnaissance, quel qu'il soit. Tout plutôt que ce mutisme poli, ces stricts rendez-vous professionnels.

"Tu passes ici quand tu veux", répondit-elle avec sincérité, peinant à sourire aux bonnes nouvelles qu'il disait apporter. "Allons dans mon bureau, alors, on sera plus au calme. C'est presque la fin de journée, la salle va être envahie."

Inconsciemment, Kessy cherchait sans doute à attirer Dave dans un endroit plus intime, loin des yeux et des regards, comme s'il lui serait alors plus dur d'éviter de voir la réalité en face. Car c'était elle, la réalité, sa soeur Kessy, pas une colonne de chiffres...

Le bureau qu'elle partageait avec Kalamity était attenant à la salle de repos, et il se trouvait heureusement vide. Les deux filles y étaient peu, plus intéressées par l'idée de fréquenter les salles de sport que de fourrer le nez dans les dossiers - ils avaient Dave pour cela. Dédaignant son bureau Kessy fit signe au banquier de s'installer dans l'un des fauteuils confortables que Kaly et elle avaient installé pour pouvoir papoter tranquillement. Elle s'installa à son tour, croisa les jambes nerveusement et couva Dave du regard l'espace d'un instant.

"Alors, je t'écoute, ces bonnes nouvelles ?", s'enquit-elle finalement, son enthousiasme retrouvé. Malgré ses déboires familiaux, K&K était son bébé, qui occupait la plus grande partie de son temps. Les résultats du premier mois étaient donc primordiaux, ainsi que les retours de la clientèle puisque de là dépendrait le succès ou l'échec de leur entreprise. Les appréciations des clients étaient bonnes, mais les bénéfices suivaient-ils ? Dave était là pour le dire...


Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
Messages : 133

Voir le profil de l'utilisateur
Dave suivit broncher Kessy jusqu’à son bureau où elle lui proposa de s’installer, même si, sans trop savoir pourquoi, il était moins à l’aise à cette idée. Sûrement parce qu’ils seraient véritablement seuls à seuls, et c’était la première fois depuis la révélation. Inconsciemment ou pas, il avait toujours fait en sorte de la croiser en compagnie de quelqu’un d’autre ou de lui parler trop peu de temps pour se rendre compte qu’ils étaient seuls. Mais cette fois, il allait devoir lui parler un peu plus longuement, dans un endroit où ils avaient peu de chances d’être interrompus. Pourtant, il ne chercha pas à s’y soustraire. Quelque part, il était peut-être un peu plus prêt à affronter cette situation, que quelques semaines plus tôt.

Une fois assis sur le fauteuil, il ouvrit le dossier qu’il avait sous le bras, pour en extirper les feuilles qu’il avait mis en évidence, au début de la pile. Il les posa sur la table basse entre lui et Kessy, laissant tout loisir à sa collègue d’y jeter un oeil.

« Le bilan financier est assez bon. Pour le moment, on engrange de quoi payer correctement les employés et commencer à rembourser le prêt à Gringotts. On va peut-être rester sur le même nombre d’employés pour le moment, et voir comment ça évolue avant d’en engager d’autres, mais si tu as besoin à un moment de nouvelles personnes, on en reparlera. »

La question se poserait forcément dans quelques mois, supposait Dave, quand le club aurait pris plus d’ampleur et plus de clients.

« Pour l’instant, ça démarre bien, en tout cas, mais si on veut conserver ce rythme, il va falloir qu’on multiplie par deux notre nombre de clients entre aujourd’hui et fin novembre. Je pense qu’on devrait accentuer les efforts sur la publicité. S’acheter quelques minutes d’écoute sur la RITM par exemple, ça vaut le coup, on gagnera en visibilité. J’ai entendu dire que le miroir sur la place Merlin allait bientôt pouvoir afficher des annonces et des publicités sur la surface de l’eau, c’est dingue, non ? Bon, à mon avis, ça coûtera une fortune de s’acheter un message là-bas, mais c’est bon à savoir… Ce serait bien qu’on commence à démarcher pour trouver des partenaires à Leopoldgrad, qui pourraient parler de notre entreprise. Il y a un supermarché bio qui a ouvert dans la ville, non ? Ca serait un bon partenaire pour notre image, ça. »

En dehors de l’aspect purement administratif et financier dont il était sensé se charger, Dave ne manquait pas d’idées pour améliorer leur affaire. Il commençait à se prendre au jeu et avait envie de mettre davantage la main à la patte pour cette entreprise qu’il voyait se construire peu à peu. Il n’aurait jamais imaginé un jour avoir un projet solide dès la sortie de l’école, encore moins avec Kessy et Kalamity. Mais c’était le cas, et il commençait même à se sentir avec elles comme dans une équipe qu’il avait envie de mener au succès, malgré les derniers évènements qui avait perturbé un peu les choses. Kessy avait d’ailleurs eu la délicatesse de ne pas chercher à le confronter sur des sujets qu’il avait du mal à aborder, et il lui en était reconnaissant…

« Qu’est-ce que tu en penses ? » lança t-il, posant son regard sur elle.
Kessy Brooks-MarchebankProf de Zumbaavatar
Messages : 106

Voir le profil de l'utilisateur
Les sourcils parfaitement épilés de Kessy se froncèrent à la vue des tableaux pleins de colonnes de chiffres que lui montrait Dave. Tout cela ne lui parlait pas du tout, à vrai dire, aussi se contenta-t-elle de regarder les chiffres du bas pour avoir une idée de leurs situation financière. Heureusement pour elle, Dave se chargea de lui faire un décryptage, qui la conforta plutôt dans l'idée que leurs débuts étaient satisfaisants.

"Pas de nouvelles embauches pour le moment", confirma-t-elle en hochant la tête. "Nous sommes assez nombreux pour l'instant, de toute façon."

Il ne servait à rien de former une trop grosse équipe alors qu'ils en étaient seulement à constituer leur base de clientèle. Kessy et Kalamity avaient déjà tout à apprendre en matière de gestion d'entreprise, alors autant y aller doucement, même s'il était tentant de mettre la charrue avant les boeufs et de viser directement la lune...

Elle écouta avec attention les conseils que lui prodigua Dave. Ce n'était pas seulement leur lien de parenté qui la poussait à accorder tant d'importance à ses opinions, mais bien la confiance en ses capacités professionnelles. Dave avait toujours été un excellent élève de leur promotion, tandis que Kessy collectionnait les Acceptable, en particulier dans les matières qui nécessitaient de se montrer cérébral et minutieux. Quant à elle, ses points forts concernaient plutôt ce qui faisait appel à l'instinct et au feeling, comme le vol, les enchantements ou encore les soins aux créatures magiques. Alors ils étaient chacun à leur place dans cette entreprise, et ils formaient contre toute attente une équipe plutôt équilibrée.

"Ohh, le mur d'eau, ça serait tellement génial !", s'exclama-t-elle en sautillant sur place, les yeux brillants d'excitation. "J'imagine déjà la publicité qu'on pourrait faire, ce serait parfait pour mettre en avant le cours d'aquaponey... Et on pourrait attirer l'attention de tous ceux qui viennent au centre commercial, ainsi."

Elle songea d'ailleurs au centre commercial comme autre lieu de publicité possible. Ceux qui venaient dépenser leurs gallions dans les galeries de Leopoldgrad pouvaient bien s'offrir l'abonnement de chez K&K...

"Mais tu as raison, c'est sans doute hors de notre portée, dommage...", répondit-elle avec un sourire un peu déçu. "Enfin, ça ne coûte rien de se renseigner. Et la RITM, je pense que c'est faisable ! Quant au supermarché bio, tu as raison, cela irait bien avec notre concept, avec nos smoothies bio et nos muffins gluten-free on attire déjà des clients sensibles à cette démarche... C'est un couple un peu étrange mais gentil qui le tient, je peux me charger de leur en parler. Je pense aussi qu'on pourrait proposer des bons de réduction aux clients de certains magasins du centre commercial."

Elle attrapa une feuille et un stylo pour griffonner rapidement leurs idées, afin de ne rien oublier, puis reporta son attention sur Dave.

"Ce sont de bonnes idées", ajouta-t-elle avec un sourire de gratitude. "Je suis contente de voir que le centre t'inspire et que nos premiers résultats sont encourageants."

Elle hésita un instant, avant de poursuivre :

"On forme une bonne équipe, je trouve."

Ses pupilles sombres trouvèrent celles de son frère, exprimant tout ce qu'elle n'osait lui dire. Comptait-il lui en parler un jour, ou devaient-ils faire semblant de ne rien savoir... ?


Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
Messages : 133

Voir le profil de l'utilisateur
Les propositions que firent Dave parurent enthousiasmer Kessy, particulièrement celle de la publicité sur le miroir d’eau. Ils semblaient d’accord pour garder cette possibilité au chaud, en attendant de pouvoir se le permettre. Kessy renchérit sur le supermarché, proposant une idée à son tour, qui fit hocher la tête au jeune banquier :

« Bonne idée, les bons de réduction, approuva t-il. Ca peut attirer du monde, ou au moins, éveiller la curiosité de quelques uns, si on commence par leur dire qu’ils vont faire une bonne affaire… Peut-être qu’on pourrait aussi demander à Marvin, ou à d’autres coach de faire régulièrement des animations gratuites au centre commercial, tiens. Kalamity et toi, vous pourriez faire ça aussi. Encourager les gens à suivre des mouvements en musique dans le hall, ça peut créer un petit effet de foule. Je pense que ça peut se négocier avec les responsables du centre commercial. »

Kessy notait visiblement leurs idées tout en parlant, et elle finit par les féliciter tous deux de leurs résultats. Lorsqu’elle déclara qu’ils formaient une bonne équipe, sur un ton prudent, Dave croisa son regard et hésita à son tour à parler. Cela sonnait comme un banal compliment, mais dans leur situation précise, il doutait que c’était le cas. Pas seulement. Il sentait une question en suspens dans le regard hésitant qu’elle vrillait sur lui.

« Je trouve aussi, nos compétences se complètent bien. »

Il le pensait, elle avait de l’optimisme, de l’énergie et des qualités de meneuse qui faisaient d’elle une bonne coach sportive autant qu’une entrepreneuse de talent. Quant à lui, ses connaissances en commerce et en finance lui permettait d’installer leur entreprise dans un cadre le plus viable possible, sa réactivité d’anticiper les éventuels problèmes à venir, et d’en imaginer les solutions. Pour le moment, Dave resta prudemment dans le thème de leur entreprise commune, sans glisser vers ce qu’ils partageaient d’autre…

Ce n’était pas qu’il n’avait rien à lui dire concernant les mensonges de son père, contrairement à ce qu’il avait cru au départ. Il avait des choses à dire, des questions à poser, des éléments à comprendre. Au fond, la seule personne qu’il avait réellement confrontée sur le sujet, c’était son père, puis sa mère, un peu Rosaleen également, plus tard. Mais il avait délibérément évité les deux réelles concernées, Kessy comme Cassandre. S’il avait davantage d’excuses pour la dernière qui était encore scolarisée et qu’il n’avait pas l’occasion de voir, à moins de provoquer volontairement une rencontre, il pouvait voir Kessy tous les jours, ou presque. Ils travaillaient quasiment dans la même rue, quand ils n’étaient pas tous les deux à K&K. Mais, à part aujourd’hui, il avait toujours évité de se retrouver seul avec elle, et lui imposait un silence tellement exemplaire sur le sujet depuis maintenant deux mois, que c’était étonnant qu’elle n’ait jamais cherché à lancer une discussion avec lui. Mais elle avait eu raison de ne pas le faire, de lui laisser de l’espace, au fond Dave lui en était reconnaissant car il en avait eu besoin. Autrement, la discussion, inévitable, qu’ils allaient forcément avoir à un moment ou à un autre, aurait probablement poussé Dave dans une attitude auto-défensive et elle n’en aurait rien tiré de positif.

A cet instant, il sembla au jeune homme qu’il pouvait, avec un effort, accepter de lancer le sujet, car le moment était de toute évidence propice. Elle avait pris la sage décision d’attendre que ce soit lui qui le fasse, et maintenant qu’il sentait le moment venu, il ne savait pas comment commencer. Ses questions s’embrouillaient dans son esprit, il y en avait plusieurs et en même temps aucune qui ne lui apparaissait de façon suffisamment précise pour qu’il la pose. Quelque chose en lui renonça à se torturer davantage l’esprit, lorsqu’il finit par soupirer et se laisser aller contre le dossier de son fauteuil, la tête appuyée sur sa main. Puisqu’ils avaient commencé par parler de K&K, il décida de rester plus ou moins dans le sujet, et demanda sans animosité, mais sans passer par des détours non plus :

« Quand tu es venue me parler de ton projet à Poudlard… Tu savais déjà, n’est-ce-pas ? Il sondait la jeune femme du regard, tentant d’évaluer sa sincérité. Est-ce que c’est pour ça que tu es venue vers moi ? »
Kessy Brooks-MarchebankProf de Zumbaavatar
Messages : 106

Voir le profil de l'utilisateur
Kessy sentit au silence qui s'instaurait que l'instant était fatidique. Son pouls s'accéléra plus qu'après une séance de cardio et elle retint son souffle inconsciemment, tendue de nervosité sur sa chaise. Mille fois, elle avait fait et refait la conversation qui allait suivre dans sa tête, imaginant tous les scénarios possibles et imaginables. Certaines fois, Dave l'envoyait totalement balader, lui disait qu'il ne voulait rien avoir à faire avec elle, qu'elle était la honte de sa famille. D'autre fois, il lui tombait dans les bras et l'accueillait à bras ouverts en s'excusant platement pour le temps qu'il lui avait fallut à reconnaître sa joie de la savoir sa soeur. Au final, la réalité se situerait certainement entre ces deux extrêmes, mais l'incertitude était grande et l'enjeu plus grand encore.

Avait-elle déjà voulu quelque chose aussi fort qu'elle ne voulait être acceptée par son frère ? Oui, sans doute, à l'époque où elle espérait la même chose de la part de son père, mais elle priait aujourd'hui avec la même intensité. La situation était plutôt ironique lorsque l'on pensait que Dave et elle s'étaient côtoyés pendant des années sans jamais s'adresser la parole à moins d'y être obligés... Pendant que Dave triait ses pensées, Kessy l'observa avec attention, s'arrêtant sur le moindre trait de son visage. C'était incroyable comme sa façon de le voir avait changé. Elle se rappelait très bien l'époque pas si lointaine où elle le considérait avec mépris, comme un geek sang-pur fade et hautain, avec lequel elle n'avait strictement rien en commun. Ce n'était plus ce qu'elle voyait aujourd'hui, loin de là. Elle voyait toutes leurs différences comme des richesses, et toutes leurs ressemblances comme autant de preuves de leur lien de fraternité. Elle percevait les mille-et-une nuances de sa personnalité, qu'elle jugeait désormais complexe et profonde et non plus terne et sans attrait. En un mot, elle l'admirait comme on admire un grand frère, et n'aspirait qu'à obtenir son affection.

Alors elle s'avança légèrement sur sa chaise tandis que Dave s'affaissait dans la sienne, semblant capituler. Son coeur battait si vite qu'il l'assourdissait et elle lissa sa jupe sur ses genoux en s'efforçant de retrouver son calme. Elle s'attendait à la question qu'il lui posa et pourtant il lui fallut un temps pour l'assimiler, et pour hocher la tête.

"Oui, je le savais", confirma-t-elle d'une voix inhabituellement fébrile. Sans chercher à fuir son regard, qui semblait l'évaluer, elle entreprit de raconter son histoire.

"Je sais depuis toujours que ma mère connaît l'identité de mon père, et en grandissant, j'ai eu envie d'en savoir plus à son sujet. Je trouvais qu'elle était trop mystérieuse quand elle me parlait de lui, et puis je me demandais ce que cela faisait d'avoir un père, une vraie famille... J'aime ma mère mais il n'y a que elle et moi, depuis toujours, et puis c'est une moldue et je me disais que mon père devait être là, quelque part, parmi les sorciers et peu à peu cette idée s'est mise à m'obséder. Alors je me suis mis à chercher, partout, je me suis inscrite à Miss monde magique pour essayer de devenir célèbre et d'attirer son attention, j'ai fouillé toute ma maison et pressé ma mère de questions jusqu'à ce qu'elle craque et qu'elle me donne son identité. Et quand j'ai appris pour lui, eh bien... J'ai appris pour toi."

Elle soutint difficilement son regard, tout en priant pour qu'il ne juge pas trop sévèrement sa démarche. Kessy savait que c'était elle qui avait déclenché le cataclysme de la révélation de l'existence des filles Marchebank. Si elle était restée sagement dans son coin, personne n'en aurait rien su et les existences de Dave et Cassandre seraient plus tranquilles aujourd'hui. Oui, mais même en sachant cela, elle ne pouvait regretter son choix. Aujourd'hui, elle avait Leopold dans sa vie, et le bébé Nicholas, et peut-être même Dave un jour, s'il le souhaitait...

"J'ai pensé que ce n'était pas à moi de te le dire, ni à Cassandre, mais vos propres parents ! J'aurais pu le faire bien sûr et ça m'a tué tous les jours à Poudlard de devoir prétendre que rien n'avait changé lorsque je te croisais mais ce n'était pas mon secret. J'espère que tu comprends, et que tu comprends pourquoi j'ai quand même essayé de me rapprocher de toi par l'intermédiaire de K&K... Même si c'était aussi l'idée de Kalamity, c'est elle qui m'a parlé de toi et je me suis que c'était un signe du destin, une idée pareille, alors..."

Un peu penaude, Kessy baissa les yeux sur ses mains manucurées et s'intima au silence. Inutile de jouer les moulins à paroles et de se mettre sur la défensive : elle avait beau avoir attendu longtemps cette conversation, c'était sans doute Dave qui avait besoin de s'exprimer, et de trouver des réponses.



Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
Messages : 133

Voir le profil de l'utilisateur
Elle savait, confirmait t-elle, sous le regard sondeur de Dave. Il l’aurait parié, à l’époque déjà, il avait senti d’étrange, d’inhabituel dans sa démarche. Elle, la grande Kessy Brooks, chef de file des populaires, une des filles les plus admirées et enviées de l’école, qui venait lui proposer de s’associer dans un projet à lui, le geek incompris, le gars un peu bizarre et pas aimable, qui n’obtenait l’admiration -ou la crainte- de ses camarades que depuis que son père avait été élu ? A ce moment-là, il s’était mis sur la défensive, l’avait tournée en ridicule pour cette idée qu’il ne comprenait pas, mais elle lui avait tout de même laissé une chance. Il l’avait saisie plus tard, uniquement parce qu’il sentait que c’était un projet qui pouvait lui faire une bonne première expérience dans l’entrepreneuriat.

Sans l’interrompre, il l’écouta lui révéler son histoire. Ainsi, contrairement à Cassandre, elle n’avait pas eu un homme qui se prétendait son père pour l’élever. Elle n’avait eu personne, et avait toujours cherché à combler ce manque. Dave ne savait ce qui était le plus difficile à supporter, grandir sans la présence de ce père, ou découvrir des années plus tard que celui qu’on pensait être son géniteur ne l’était pas ? C’était deux ressentis très différents, Dave se sentait plus proche de celui de Cassandre, puisqu’ils vivaient tous les deux une forme de trahison de la part d’un de leurs parents et subissaient actuellement une perte totale de leurs repères. Pour Kessy, c’était tout l’inverse, elle venait d’en trouver un, elle venait de trouver ce repère paternel qui lui manquait, ce morceau de famille qu’elle n’avait jamais connu.

En tout cas, cela éclairait certains aspects de la personnalité de Kessy, notamment ce besoin que la mauvaise langue de Dave avait qualifié de « désespéré » de se faire aimer, et qui habitait selon lui tous les gens populaires. Lui, il n’était pas comme ça, bien sûr. Lui il s’aimait comme il était, il savait ce qu’il valait et qu’importe l’opinion des autres, tant qu’il était en accord avec lui-même. Il n’avait nul besoin de l’approbation de gens qui se contentaient de suivre la masse, sans jamais chercher à sortir des rangs. C’était ce qu’il se disait en tout cas. Une analyse plus honnête aurait plutôt considéré qu’il avait enfoui depuis longtemps son propre besoin d’être aimé -que tout le monde avait forcément- pour le cacher derrière des couches d’autosuffisance, voire de mépris des autres.

Néanmoins, il y avait quelques personnes dans son entourage dont Dave avait toujours cherché l’approbation, et son père en faisait partie, il était même le premier sur la liste. Attirer son attention, disait Kessy. Il comprenait, il savait ce que c’était, ce besoin d’être remarqué par quelqu’un qui comptait vraiment, quelqu’un qu’on admirait. Kessy avait admiré son père inconnu, elle l’admirait sans doute même d’autant plus qu’elle ne le connaissait pas, et pouvait par conséquent le façonner à sa guise, lui prêter toutes les plus belles qualités, jusqu’à l’idéaliser. Dave avait envie de lui crier de ne pas admirer ce père menteur, tricheur, infidèle, ce père qui venait de briser deux de ses enfants par la révélation de ses secrets. Il avait envie de lui dire qu’il n’était pas digne de son affection. Mais c’était inutile, car contrairement à lui, Kessy y gagnait quelque chose. Elle y gagnait une famille qu’elle n’avait jamais eue, quand lui sentait la sienne s’effondrer sous le mensonge.

Quand elle lui fit comprendre à demi-mots que c’était elle qui avait mis en marche l’engrenage des révélations en cherchant à obtenir des réponses, Dave prit le temps d’analyser cette information. Allait-il blâmer une jeune fille sans père d’avoir tout fait pour se faire connaître de lui ? Non, évidemment. Kessy n’était pas responsable, ni Cassandre, ni lui-même, la responsabilité de cette situation incombait entièrement à leurs parents respectifs. Tout ça pour maintenir des simulacres de mariages…

Le monde des adultes était profondément hypocrite, égoïste, mensonger, et Dave détestait cela. Tout le monde ne vivait entièrement que pour lui-même, telle était la leçon qu’il tirait de toute cette histoire. Les parents prêts à tous les sacrifices pour leurs enfants n’existaient pas. Le cas de Cassandre était sûrement le plus édifiant à ce sujet, songeait le jeune homme. Qu’est-ce qui avait poussé Madame Harper à prétendre toute sa vie que son mari était le géniteur de sa fille ? Avant tout, la crainte du déshonneur, pour elle-même. La crainte de voir son mariage éclater, et sa réputation souillée. Si faire grandir sa fille dans le meilleur cadre possible avait réellement été sa première inquiétude, elle aurait vu que le faire sur des bases mensongères n’était pas une solution. Et qu’est-ce qui avait poussé Leopold à révéler son secret au grand jour, malgré les conséquences que cela aurait sur la vie de sa fille illégitime ? Prendre de vitesse les journalistes avant qu’ils ne le fassent à sa place, contrôler l’information pour qu’elle ne lui soit pas défavorable, à lui, uniquement. C’était en tout cas ce qu’il avait dit à son fils, « je préfère dicter moi-même à la presse ce qu'elle doit tirer de cette situation avant que nos ennemis n'inventent une histoire beaucoup plus sordide ». Et Dave soupçonnait une envie, certainement humaine, mais tout aussi égoïste, de prendre enfin cette place de géniteur qu’on lui avait niée aux yeux de sa fille.

Non, il n’avait jamais autant détesté les adultes que maintenant, qui s’illusionnaient eux-mêmes sur les raisons de leurs actes, se faisant passer pour les protecteurs de leurs enfants, quand ils ne se protégeaient qu’eux-mêmes. Quand il avait mis son père face à ses propres contradictions, il n’avait guère obtenu de réponses. Il ne l’avait pas vraiment laissé réagir, il fallait dire, sa colère était telle qu’il avait rapidement tourné les talons, pour partir s’isoler.

La tête bouillonnante de toutes ses réflexions, Dave finit par remarquer que le silence s’était installé, et que Kessy attendait certainement une réaction de sa part. Elle avait baissé un regard contrit sur ses mains, il perçut à la fois dans son ton et son attitude les excuses silencieuses qu’elle lui adressait. Mais il n'en attendait pas de sa part.

« Je ne te reproche pas de ne pas me l’avoir dit, tu as eu raison, c’était effectivement à mon père de me le dire, déclara t-il. Je n’ai… simplement pas envie de travailler ici uniquement à cause de ça. »

Depuis quand recherchait t-il l’estime de Kessy Brooks, tiens ? Non, il avait simplement envie de se sentir méritant pour ce poste, ne pas le devoir seulement à un lien familial, se répéta t-il. Au fond de lui, il avait été flatté qu’elle et Kalamity se tournent vers lui et lui fassent confiance pour les aider à monter leur première entreprise. S’il ne devait cet intérêt soudain de Kessy qu’au fait qu’il était son frère caché, alors oui, il se sentirait déçu, et trompé aussi, d’une certaine façon.

Sa voix hésitante se tut momentanément. Il avait encore plus de questions, maintenant qu’elle lui avait révélé tous ces éléments de son histoire. Pour être honnête, il ne comprenait pas complètement l’attitude positive qu’elle semblait avoir sur ce qu’elle avait vécu. A aucun moment, elle n’évoquait de rancoeur, de regrets, ou de colère. Comme si elle avait supporté tout ça, toutes ces années, avec une patience remarquable jusqu’à arriver à un dénouement heureux. Ou alors elle lui épargnait ce récit pour une raison qu’il ignorait. Pourtant, il avait envie de savoir, c’était la raison principale pour laquelle il engageait cette conversation, il avait besoin de connaître son point de vue, d’avoir des alliés. Ses amis pouvaient le soutenir, mais personne ne pouvait le comprendre, à part les deux autres personnes directement concernées : elle et Cassandre. Il chercha son regard, avant de se lancer :

« Et tu n’en as jamais voulu à ta mère de refuser de te le dire alors qu’elle connaissait la vérité ? Ni à mon père de ne t’avoir jamais approchée avant ça ? Ou à ta mère de ne pas l’avoir laissé faire ? Il ne savait à qui incombait la responsabilité, ici. Il sondait Kessy de son regard nerveux, tourmenté, à présent. Il se laissa aller à quelques confidences à son tour. Ce qui me met tellement en colère… C’est qu’on m’ait menti pendant des années, en pensant que ce serait le mieux pour moi. C’était le mieux pour mon père, peut-être, mais pas pour moi. »
Kessy Brooks-MarchebankProf de Zumbaavatar
Messages : 106

Voir le profil de l'utilisateur
Un sentiment de soulagement envahit Kessy quand Dave affirma qu'il ne lui reprochait pas son silence. Cela levait une crainte qui l'avait habité longtemps. C'était désormais son tour de rassurer Dave sur un sujet qui semblait le préoccuper : Kalamity et Kessy lui auraient-elle confié la gestion financière de leur projet sans ce lien de parenté ?

"Ce n'est pas le cas", assura-t-elle aussitôt en secouant la tête. "Tu bosses ici parce qu'on avait besoin de tes compétences et parce qu'on forme une bonne équipe, enfin, je trouve."

Les pensées qui tempêtaient dans l'esprit de Dave transparaissaient sur son visage. Kessy se tut donc pour lui laisser le temps de réfléchir et de formuler ce qu'il avait à dire. Elle-même avait eu tout le temps du monde pour penser à tout cela, et avait quelques mois d'avance sur son petit-frère. Elle se souvenait à quel point sa propre tête tourbillonnait de questions quand elle avait appris l'identité de sa famille. Il ne lui était plus possible d'être attentive au moindre cours en commun avec les Serpentard, tant elle était perturbée par la présence de ce frère qui ignorait leur lien de parenté. Chaque fois que les hiboux du matin laissaient tomber la Gazette entre le thé et la marmelade au petit déjeuner, elle se précipitait sur la Une pour avoir des nouvelles de son père. Oui, ses derniers mois à l'école avaient été agités, et l'été l'avait été encore plus, avec la révélation concernant Cassandre et la naissance de Nicholas. Kessy aspirait désormais à trouver sa place dans cette famille éparpillée, et espérait de tout son coeur que les choses se débloquent avec Dave.

Cela semblait en prendre le chemin, puisque le jeune homme lui confiait - enfin - ses émotions, à commencer par sa colère. Kessy hocha la tête en signe de compréhension, et répondit d'une voix douce :

"C'est vrai que ça a dû être incroyablement dur d'apprendre tout ça d'un coup, peu de temps après le mariage avec Rosaleen et l'annonce de sa grossesse, en plus. Je n'imagine pas ce que tu as du ressentir..."

Dave avait grandi en enfant unique dans une famille soudée, du moins c'est ce qu'il pensait. En l'espace d'un an, cette famille avait éclaté et il avait récolté trois demi-frères et soeurs, sans compter la fratrie de Rosaleen. Sa vie était sans dessus-dessous et il avait dû complètement changer de regard sur son père. Bref, sa situation n'avait strictement rien à voir avec celle de Kessy...

"Mais moi, j'ai toujours su qu'il y avait tout un pan de ma famille que je ne connaissais pas, alors je pense que le choc a été moins fort... J'étais même contente de l'apprendre ! Oh, je t'avoue que j'ai eu du mal à croire que tu sois mon frère, et pire, Cassandre ma soeur ! Il faut bien reconnaître qu'on n'a pas grand chose en commun à première vue", rit-elle avant d'ajouter, ses pupilles sombres implantées dans celles, identiques, de Dave : "Mais passé la surprise, j'étais heureuse. Je pensais trouver seulement un père biologique, mais au final... Il y a bien plus que cela."

Son regard se chargea en intensité. Comment lui faire comprendre que pour elle, trouver un frère, c'était comme une cerise sur le gâteau, un cadeau surprise dont elle n'imaginait pas la venue ? Si elle parvenait à établir une relation avec lui, une réelle relation, alors cela pourrait la rendre plus heureuse qu'une paire de Loutoubin en soldes. Et ça, ce n'était pas rien.

"Mais oui, j'ai été en colère, pendant un temps. En fait, j'étais en colère contre ma mère pour avoir tenté de me mettre des bâtons dans les roues quand j'ai voulu vous retrouver. J'ai eu l'impression qu'elle essayait de me retenir loin de mon monde, loin de ma famille."

Mais la colère s'en était allée. Comment ne pas comprendre la situation difficile dans laquelle avait été sa mère, jeune femme célibataire et sans le sou, qui avait dû élever une enfant seule ? Et comment ne pas comprendre son père, marié et sur le point d'être papa, au sein d'une société dans laquelle le poids des traditions pesait extrêmement fort ? Ils avaient fait au mieux à l'époque, elle en restait persuadée. Mais tous ces adultes avaient échoué finalement dans leur tâche première : protéger leurs enfants. Quelque part, il y avait eu erreur...

"Et j'en veux à Leopold, pas pour moi, mais pour vous. Je lui en veux pour ne pas avoir réussi à trouver une meilleure solution pour Cassandre et pour toi, parce que...", elle hésita un instant, avant de souffler timidement : "J'aimerais tant qu'on forme une vraie famille, tous ensemble."

C'était ce qu'elle voulait le plus au monde, sans réellement savoir pourquoi. C'était instinctif, elle sentait que sa place était avec les Marchebank, tous les Marchebank. Son rôle était d'appartenir, de protéger, de faire prospérer cette famille. Telle était sa place.


Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
Messages : 133

Voir le profil de l'utilisateur
Rassuré au fond de lui sans qu’il n’ose l’avouer, Dave hocha la tête lorsque Kessy lui assura qu’elle l’avait choisi pour ses compétences. Tant mieux. Il n’était pas idiot, il se doutait que le fait qu’il soit son demi-frère avait motivé une partie de sa décision. D’ailleurs elle avait elle-même avoué quelques minutes plus tôt qu’elle avait cherché à se rapprocher de lui par cet intermédiaire, mais il aimait autant savoir qu’il n’y avait pas eu que cela pour peser dans la balance. Dave était socialement très favorisé, quand on tenait compte de la fortune de sa famille et de la position de son père, il pouvait pousser toutes les portes qu’il voulait, elles lui seraient ouvertes. Cependant, il mettait un point d’honneur à se sentir méritant dans ce qu’il faisait, dans les positions qu’il occupait. C’était la raison pour laquelle il avait travaillé dur avant de demander un stage à Gringotts, plutôt que d’enfoncer la porte du pied en se proclamant fils du ministre. Sa nature profonde était celle d’un travailleur acharné, d’un intellectuel toujours plus curieux, alors rien ne le dévaloriserait davantage dans son estime de lui-même que de sentir qu’il ne devait pas sa place à ses propres compétences.

Kessy devait l’avoir compris, à force de le fréquenter. Contrairement à ce qu’on pouvait penser d’elle au premier abord, elle était dotée d’une certaine empathie, il devait le reconnaître. Plus que lui, en tout cas. Elle se montra capable de compatir à sa détresse et sa colère lorsqu’il la formula, alors que lui-même ne lui avait pas retourné la faveur. Il n’avait même pas eu de mot gentil pour elle, tout à l’heure, quand elle lui avait confié qu’elle avait grandi sans père et qu’elle en avait souffert. Dave baissa momentanément le regard. Rares étaient les personnes pour qu’il se montrait sincèrement compatissant, seulement sa famille proche et ses amis qui se comptaient sur les doigts d’une main. Avec Kessy, il se sentait bizarrement un peu coupable de ne pas savoir lui témoigner la gentillesse qu’elle montrait envers lui.

Pourtant, quelques mois plus tôt encore, il se fichait bien de ce qu’elle pouvait penser de lui. Son regard sur elle changeait doucement avec le temps, les contacts qu’ils avaient. Ils auraient pu continuer comme ça, apprenant à se connaître autour de leur entreprise commune, développer une relation saine de partenaires professionnels. Les choses prenaient un tout autre virage maintenant. Apprendre qu’ils avaient un lien de parenté forçait bien malgré lui son attention sur elle. Il aurait voulu ne pas se laisser influencer, jusqu’à aujourd’hui ils n’avaient jamais abordé le sujet d’ailleurs, comme s’il n’existait pas, mais Dave voyait bien que cela ne pouvait pas continuer longtemps. Malgré lui, il était curieux. Il ressentait le besoin d’examiner de plus près cette situation qu’on avait catapulté dans son quotidien, ces nouveautés dérangeantes mises sous son nez, ce nouvel objet dans sa vie que représentait Kessy Brooks. C’était plus facile d’ignorer Cassandre, qu’il n’avait aucun moyen de rencontrer à moins de le vouloir. Kessy, il la voyait plusieurs fois dans la semaine, comme un constant rappel qu’il devait se confronter à elle.

« Ah ça, c’est sûr… dit-il dans une sorte de grognement, lorsqu’elle évoqua Cassandre et leur manque de points communs. On est très différents, tous les trois. »

Quoiqu’il avait un caractère et des centres d’intérêts assez proches de ceux de Cassandre s’il devait être vraiment honnête, mais il n’aimait pas beaucoup se comparer à elle. Il la voyait comme une sorte de rivale et de personne assez insupportable de façon générale, alors non, il n’était pas ravi de savoir qu’elle était sa demi-soeur. Ses quelques contacts avec elle avaient mal terminé pour la plupart, il conservait un souvenir assez cuisant du dernier, dans cette librairie de Pré-au-Lard où ils en étaient venus aux mains… Quant à Kessy, ils se ressemblaient moins, mais ils s’entendaient beaucoup mieux. L’espace d’une seconde, Dave se prit à se demander comment ils auraient été tous les trois, s’ils avaient grandi ensemble. Il avait l’impression que le fait d’être fils unique, choyé, avait forgé une bonne partie de sa personnalité. Grandir avec des soeurs proches en âge l’auraient peut-être rendu moins égoïste, plus sociable, plus doux avec les gens ? Chassant ces images étranges de sa tête, il reporta son attention sur Kessy qui se livrait à lui.

ll capta son regard intense, tandis que son discours se chargeait un peu plus d’émotions. Un peu perturbé, Dave observa un long silence. Kessy n’avait pas fini de parler et lui-même ne savait pas quoi dire. Cette conversation le sortait clairement de sa zone de confort, car il n’avait pas l’habitude de se mettre à la place des autres. Il comprenait, intellectuellement, tout ce que Kessy lui disait, mais il peinait à se projeter dans sa situation. Il peinait à comprendre qu’elle ne ressente pas la même colère dévorante, le même sentiment d’injustice qui grondait dans ses entrailles, qu’elle ne se sente pas dupée elle aussi, car c’était ce qu’elle avait été à ses yeux : sa propre mère connaissait la vérité et avait refusé de lui dire, son père biologique connaissait son existence et avait toujours feint le contraire. Il lui sembla d’abord que Kessy devait être trop gentille, trop clémente, il n’y avait que cette possibilité pour expliquer cette réaction. Puis elle conclut sur un aveu qui l’ébranla et remit en question son jugement.

Elle lui aurait dit qu’elle voulait former une famille avec eux quand il la voyait encore comme la naïve, pénible et ignorante Kessy Brooks, il aurait sûrement tourné en dérision sa déclaration. Quelle idée, après tout, ils avaient si peu en commun et c’était si brutal comme changement, pourquoi devraient t-ils se considérer comme une famille brusquement, alors qu’ils s’étaient ignorés pendant des années ? D’ailleurs, son premier mouvement, purement instinctif, fut celui d’un léger recul de surprise, mais aussi d’un certain refus à accepter l’idée qu’elle formulait comme ça.

« Je… »

Il s’arrêta, retenu par une étrange crainte de parler trop vite. Il voyait mieux ce qui faisait que Kessy était la seule à ressortir quelque chose de positif de tout ce bazar. Elle était tout simplement en quête d’une affection familiale qui lui avait toujours manqué, et elle trouvait enfin l’occasion de l’avoir. Comment Dave pouvait juger cela ? Il avait grandi avec ses deux parents, même s’ils s’étaient séparés, il n’avait jamais manqué de rien. Il était toujours entouré par sa famille plus élargie, il vivait avec sa grand-mère, sa tante passait régulièrement à leur manoir aussi, il retrouvait souvent ses oncles, ses cousins, au détour de dîner de famille. Il suffisait que ses parents lui témoignent petit peu moins d’attention, comme au moment de leur divorce, pour que Dave le ressente comme une blessure et s’en défende en faisant tout pour attirer leur regard. Il en était plus ou moins conscient, il savait que l’attention de ses proches, de son père en particulier, qu’il considérait comme un modèle, était un moteur sans lequel il avait du mal à fonctionner.

Kessy lançait exactement le même genre d’appel, face à lui. Il s’en sentait mal à l’aise, parce qu’il sentait bien qu’il n’était pas encore prêt à lui répondre. Mais il l’avait entendue. Il était au moins prêt à ça. L’entendre.

« Je vois, dit t-il, un peu maladroitement. Il s’éclaircit la gorge, se sentant soudainement idiot. Je comprends un peu mieux ce que tu ressens, je crois. Mais je ne sais pas trop quoi te dire, finit t-il par avouer en la scrutant du regard, on vit la situation de façon tellement différente toi et moi. Pour toi, c’est l’occasion de recomposer la famille qu’il te manquait, pour moi c’est… Une perte totale de mes repères. »

Il grimaça légèrement, c’était le moins qu’il pût dire. Dave prit quelques secondes pour trouver comment formuler les choses. Il n’avait fait que débattre avec lui-même ces derniers temps. C’était autre chose de se livrer à une tierce personne, qui plus est, largement concernée.

« Je commence à peine à composer avec la présence de Rosaleen chez nous et la naissance d’un demi-frère qu’on m’apprend que j’ai deux autres demi-soeurs qui attendent au portillon… C’est beaucoup, d’un coup. Je pense que Cassandre doit ressentir le même genre de déroute, elle est fille unique elle aussi, puis ça doit être difficile pour elle d’apprendre qu’elle est l’enfant d’un autre. Dave avait au moins ce soulagement-là de se savoir fils de ses parents, si l’on pouvait dire. Pris dans sa réflexion, il en livra une partie à Kessy. Mais on n’est pas tout à fait dans la même situation non plus. Elle, elle pourrait faire le choix de tous nous ignorer purement et simplement pour toute sa vie. Moi, même si j’en veux énormément à mon père en ce moment… Bah, c’est mon père, je ne vais pas pouvoir le rejeter éternellement, reconnut t-il avec une certaine contrariété. Alors si tu as prévu de te rapprocher de lui… »

En quelque sorte, il allait devoir se confronter à un moment ou à un autre au souhait que formulait Kessy. Réfléchir à la place qu’il voulait tenir ou pas entre elle et Leopold. Reprendre un peu de contrôle sur cette situation qui lui échappait totalement. Il était bien conscient qu’il ne pouvait pas rester fâché de la sorte pour le restant de sa vie, et qu’un jour il allait devoir décider de quoi faire de tout cela. Mais pas tout de suite, pour l’instant, il encaissait encore, il assimilait le point de vue de Kessy et toutes les autres informations bien trop nombreuses. Il avait besoin de temps.

« Je ne vais pas t’en empêcher, finit t-il par lâcher. Mais moi, j’ai encore besoin d’assimiler tout ça. »
Kessy Brooks-MarchebankProf de Zumbaavatar
Messages : 106

Voir le profil de l'utilisateur
Kessy ne manqua pas le léger mouvement de recul de Dave, et le laissa prendre le temps d'assimiler ce qu'elle venait de dire. Baissant légèrement la tête, elle fixa un moment ses jolis ongles manucurés, observant la manière dont la lumière venait sublimer leur couleur nacrée. Kessy ne s'attendait pas à ce que Dave lui tombe dans les bras. Il avait rendu assez clair jusqu'à présent le fait qu'il ne tenait pas à faire face à cette situation nouvelle, et elle se doutait bien qu'il n'allait pas l'appeler sa "soeur" du jour ou lendemain. Kessy avait beau être quelqu'un de candide et d'optimiste, elle avait néanmoins hérité de son père un certain sens du réalisme et Dave n'était globalement pas la personne la plus engageante qu'elle connaisse.

Il n'empêche qu'elle s'était mis à l'aimer, de cet amour fraternel et inconditionnel qu'elle ne pouvait expliquer et qui dépassait largement leurs différences. Cet amour effaçait sans problème l'attitude parfois morose ou hostile de Dave, qui n'était évidemment pas la personne qu'elle aurait choisi de prime abord pour faire partie de sa famille. Lorsqu'elle le regardait, désormais, elle voyait son sang, et c'était un lien très puissant à ses yeux. Oui, Kessy éprouvait de l'amour pour lui, et ne lui demandait pas de le lui rendre en retour. Pour autant, elle ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'avec le temps, ils parviennent à établir un lien. Avec le temps.

Sa réaction ne manqua pas de la faire tiquer, et elle redressa la tête en fronçant ses sourcils impeccablement dessinés. Elle espérait bien qu'il ne l'empêcherait pas de nouer un lien avec son père, parce qu'elle n'avait pas attendu son accord pour commencer à le faire. Connaître Leopold, et Nicholas, elle en avait le droit autant que lui et ne laisserait personne dire le contraire. Pour autant, elle ne cherchait pas à faire naître de polémique entre eux et fit tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de répondre.

"Je ne te demande rien, tu sais, et je me doute bien que tu as besoin de temps pour assimiler tout ce que tu as appris", répondit-elle doucement. "Oui, j'ai l'intention de nouer une relation avec Leopold, et avec Nicholas."

Ce dernier point étant particulièrement important pour elle, elle insista : "J'ai bien conscience que les choses sont compliquées avec toi, avec Cassandre encore plus, mais Nicholas est un bébé. Il n'a pas besoin de grandir dans le secret, lui, et il a le droit de connaître sa grande soeur."

De toute façon, quiconque essaierait de la tenir éloignée de son demi-frère connaîtrait la fureur de sa baguette ! Elle l'aimait déjà de tout son coeur et avait suivi la grossesse de Rosaleen dans les journaux en découpant chaque article, chaque photo, avec cette unique pensée : "c'est mon frère". Elle espérait d'ailleurs pouvoir le présenter un jour à sa propre mère, mais attendrait que le moment soit propice avant de formuler cette requête auprès des parents Marchebank. Pour l'instant, le terrain était encore miné et Kessy tentait de se faire une place avec tout le tact et la discrétion dont elle était capable - c'est-à-dire pas beaucoup, mais c'était déjà cela.

"Quant à nous deux, j'espère juste que nous pourrons travailler normalement sans que tu sois gêné par rapport à moi, maintenant que nous en avons parlé. Nous n'y sommes pour rien, dans cette situation", ajouta-t-elle en haussant les épaules, avant de conclure, le coeur serré : "Et si tu as envie de passer du temps avec moi, même... plus tard, dans quelque temps, pour apprendre à me connaître, tu n'auras qu'à me demander. Mais tu n'es obligé de rien."

Elle croisa puis décroisa ses jambes, nerveuse. Maintenant qu'elle s'était ainsi exposée face à lui, elle n'avait plus qu'une envie : couper court à cette conversation.


Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Brotherhood [Kessy/Dave]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» The Brotherhood are still here... [Pv: Césare Di Auditore]
» Dave Brubeck
» The Brotherhood is still here ...
» Dave Morrisette se fait rire de lui
» Royal Rumble Match

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Ailleurs, :: Leopoldgrad,-