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 En famille [Dave]

Rosaleen MarchebankPremière dameavatar
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12 Octobre 2009

Le manoir Marchebank se tenait illuminé devant elle lorsque Rosaleen transplana devant en ce début de soirée, entourée de l'équipe de sécurité qui la suivait partout. Elle leur souhaita bonsoir, leur adressa un sourire et monta les quelques marches qui la séparait des grandes portes en bois, qui s'ouvrirent devant elle. Elle traversait le hall devenu si familier lorsque Mercy se présenta devant elle, récupérant son élégante cape et prenant des nouvelles de sa journée. Depuis la naissance de Nicholas, Rosaleen était toujours très occupée : elle aimait toujours passer beaucoup de temps avec son fils mais devait cumuler cela avec ses nombreuses obligations de Première Dame et ses études, aussi prenantes. Elle travaillait en ce moment sur sa thèse et y passait des heures, multipliant les recherches. Heureusement, Nicholas était un bébé calme et elle avait fait installer un berceau dans la bibliothèque. Elle travaillait, le berçant et lui consacrant un peu d'attention à chaque fois qu'elle relevait la tête de ses parchemins. C'était toujours compliqué de le laisser, même à Mercy, pour accomplir diverses fonctions sociales ou pour se rendre à Lycaon.

C'est ce qu'elle avait dû faire cet après-midi, alors qu'elle avait rendez-vous avec son directeur de thèse dans l'enceinte de l'école. Elle avait laissé Nicholas à Mercy avec les diverses recommandations qu'elle délivrait à chaque fois, soucieuse du bien-être du bébé, mais avait également demandé à Dave s'il pouvait rentrer plutôt – si cela lui allait – afin de passer du temps avec son petit frère. Elle préférait que son fils soit en famille et veillait surtout à développer les liens entre les deux frères, consciente de l'importance de ces derniers. Elle-même était si attachée à Oreste, rentré à Poudlard cette année, qu'elle aurait aimé que le même genre de lien se noue entre les deux frères. Elle n'avait néanmoins pas insisté, préférant laisser tout son libre-arbitre à son beau-fils. Elle savait à quel point les derniers mois avaient été difficiles pour son beau-fils, avec la révélation des infidélités – et des autres enfants – de son père, alors qu'elle savait qu'il admirait ce dernier. Elle avait bien vu à quel point il en avait été blessé et voulait que le manoir reste un lieu où il se sentait bien, c'était après tout et avant tout sa maison, elle ne voulait pas qu'il se sente envahi, notamment par Nicholas. C'était son demi-frère et elle avait senti durant sa grossesse que cette idée était compliquée, aussi faisait-elle attention à ne jamais le brusquer, lui laissant la latitude de venir vers son frère et elle ou de garder ses distances, sans lui en tenir la moindre rigueur.

Elle avait néanmoins être ravie qu'il accepte cet après-midi et était partie à Lycaon l'esprit plus tranquille, pour faire le point sur l'avancement de sa thèse. Elle avait pris un peu de retard et avait senti le léger agacement de son directeur, aussi comptait-elle travailler encore plus dans les semaines à venir. Elle ouvrit quelques portes pour trouver Dave et le bébé, jusqu'à les apercevoir dans l'un des petits salons du manoir. Elle frappa légèrement contre le battant entre-ouvert pour signaler sa présence, entrant doucement et adressant un léger sourire à son beau-fils, qui avait Nicholas dans les bras. La scène l'attendrissait mais elle ne fit aucune remarque, se contentant de s'approcher.

- Bonsoir Dave, j'espère que tout s'est bien passé ! Puis-je ? interrogea-t-elle en tendant les bras vers son bébé.

Nicholas ouvrit de grands yeux en la voyant, battant légèrement des pieds alors qu'elle le calait tout contre elle, déposant un baiser sur ses légers cheveux. Elle le berça quelques instants, caressant sa petite jambe d'une main, avant de s'asseoir sur un fauteuil, gardant précautionneusement son fils contre sa poitrine. Elle le regarda encore quelques instants, lui adressa un sourire et quelques murmures, un dernier baiser, avant de redresser les yeux vers Dave.

- C'est gentil à toi d'avoir accepté de le garder un peu. Il aime bien être avec toi, ajouta-t-elle en pressant tout doucement la petite main de Nicholas.


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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Penché sur le dossier d’un certain Logan Vargas dont il examinait les dernières transactions, Dave consulta sa montre et se laissa cinq minutes de plus avant de quitter son bureau. Il finit par se lever enfin de son fauteuil, lissa un pli de sa tenue sorcière et prit le dossier sous le bras. C’était un travail qu’il pouvait effectuer chez lui et il n’avait pas de rendez-vous avec des clients pour le reste de la journée, alors il avait accepté sans faire de difficulté la demande de Rosaleen de rentrer plus tôt. Dave savait qu’elle rentrait toujours pour s’occuper de Nicholas quand elle le pouvait, alors si elle ne le faisait pas, c’est qu’elle était sûrement très prise à Lycaon. Lui rendre ce service à l’occasion ne le dérangeait pas, car elle n’en abusait pas. Il n’était pas mécontent de le faire, au fond, cela lui permettrait de changer d’air avant de se remettre au travail.

Avec les gestes de l’habitude, il transplana près du manoir puis en franchit les grilles. Il aperçut Mercy sur le pas de la porte du hall d’entrée, prête à l’accueillir et il la salua poliment :

« Bonsoir, Mercy. Est-ce que Nicholas est réveillé ?
-Il sommeille dans son berceau. Le maître veut t-il que Mercy le conduise jusqu’à sa chambre ? »

Elle ponctua sa question d’une révérence, avec toute la déférence que lui avaient enseigné ses premiers maîtres. Griselda avait toujours refusé d’employer sous son toit des elfes de maison à la façon dont le faisaient traditionnellement les Sang-Pur, alors Dave n’avait pas tant l’habitude que ça d’être si respectueusement appelé « maître », malgré sa haute naissance. Mais Mercy avait suivi Rosaleen dans son mariage et ils lui avaient fait une place dans leur manoir, même si Griselda s’obstinait à accomplir ses tâches elle-même au lieu de donner ses ordres à l’elfe.

Avec l’arrivée de Rosaleen, le manoir avait subi plusieurs aménagements avec l’arrivée dont Mercy n’était qu’un exemple. Dave avait dû s’habituer à voir plus de monde, plus de bruit dans sa maison, et maintenant cela lui faisait presque bizarre de rentrer dans son manoir déserté : tous les adultes travaillaient ou étaient pris à l’extérieur, et cette année, Oreste, le seul habitant qui ne quittait que peu le manoir habituellement, avait fait sa rentrée à Poudlard. Dave traversa donc des couloirs parfaitement vides et silencieux, jusqu’à arriver dans la grande chambre décorée pour la naissance de son demi-frère, où ce dernier faisait sa sieste, entouré de ses peluches et autres bibelots. Dave s’approcha du berceau, presque sans oser respirer, resta quelques secondes à observer le bébé puis une fois qu’il fut assuré qu’il dormait à poings fermés, il recula de quelques pas. *Bon* songea t-il, mains sur les hanches, en regardant autour de lui. Pouvait t-il retourner dans un salon ou dans la bibliothèque à l’étage pour finir son travail et laisser Mercy s’occuper de lui ? Mais l’elfe avait sans doute de multiples autres choses à faire, et Rosaleen lui avait confié cette tâche à lui. Et si le bébé se mettait à pleurer et qu’il ne l’entendait pas, parce qu’il était allé dans une autre pièce ?

Son dilemme ne dura pas longtemps, Dave se résolut à rester dans cette chambre et prendre place sur un fauteuil où il pourrait finir d’examiner sa paperasse. Il tira un siège pour s’approcher de son petit frère, en faisant tellement attention à ne pas faire de bruit qu’il en était presque comique. Pendant une bonne trentaine de minutes, il n’y eut dans la pièce que la respiration paisible de Nicholas et les réguliers sons d’une page qu’on tourne pour entrecouper le silence. Puis vint un moment où il sentit le bébé s’agiter et vint à son berceau. Il le vit se réveiller en grimaçant, comme le faisaient tous les petits à cet âge, et tenta de le rassurer par un sourire, mais Nicholas se mit à pleurnicher en serrant ses petits poings.

« Oooh, tu n’aimes pas le réveil, toi » commenta t-il avant de prendre le bébé dans ses bras pour le calmer. Ce dernier le fixa de ses grands yeux d’un air qu’il interpréta comme hésitant, auquel Dave répondit : « Tu as raison, je ne suis pas ta maman, mais ça va bien se passer quand même. Hé regarde, on a les mêmes bouclettes, moi je respecte les gens qui ont des bouclettes. Alors tu pleures plus, hein ? »

Le petit discours parut distraire Nicholas qui en oublia de geindre, et Dave nota que lui parler était un bon calmant. Il l’installa contre lui en lui tapotant le dos. Regardant autour de lui, il nota la présence d’un doudou dans le berceau et l’attrapa pour l’installer entre son épaule et son petit frère.

« Voilà ton copain, déclara t-il, avant de saisir la tétine qui était sur le lit également, et ta copine, comme ça t’es bien entouré en attendant le retour de ta maman. »

Nicholas se mit à téter tranquillement, en gazouillant de temps en temps, tandis que son frère le berçait machinalement. Mais lorsqu’il fit un geste pour le reposer dans son berceau, pensant naïvement qu’il avait réussi à le calmer, Nicholas menaça de pleurer, et Dave le ramena contre lui avant qu’il ne sanglote tout à fait.

« Ok, j’ai compris, on a un deal ! Je te porte, tu pleures pas. Le bébé redevint calme, tout à coup, ce qui tira presque un sourire à Dave. Eh bien, à peine deux mois, et ça négocie déjà son contrat, tu vas aller loin, toi. »

Dave sortit de la chambre dans l’idée de distraire le bébé en marchant. Il s’aperçut alors qu’un autre avantage à ce qu’il n’y ait personne dans le manoir… était qu’il pouvait à peu près faire n’importe quoi sans être vu. Alors il se mit à faire quelque chose qu’il n’aurait jamais fait s’il y avait d’autres membres de sa famille pour l’entendre. Il raconta des bêtises à Nicholas, en commentant une à une les pièces qu’ils traversaient. S’il fit cette petite parade dans un premier temps pour l’empêcher de pleurer en l’amusant, Dave se surprit à s’amuser lui aussi et il ne vit pas vraiment le temps passer jusqu’au moment où il se trouva un peu fatigué de parcourir des couloirs.

« Et voilà, un autre petit salon. Oui, c’est le quatrième, ne fais pas cette tête, il va falloir te faire à l’idée que c’est grand ici. »

Il finit par s’asseoir sur un canapé, Nicholas sur ses genoux, et ce dernier resta parfaitement calme. Ils restèrent ainsi peut-être cinq minutes, avant que Dave n’entende des bruits de pas dans les couloirs. Il vit sans surprise Rosaleen pénétrer dans le salon et le saluer avant de reporter son attention sur Nicholas. Dave eut alors un étrange réflexe. Un réflexe qui ne dura qu’une seconde, mais pendant l’espace de cette seconde, il était certain d’avoir voulu garder le bébé contre lui et d’avoir légèrement pressé sur son emprise. Pourtant il le rendit à sa mère sans rien dire, se fustigeant d’être aussi stupide.

« Hum, très bien, répondit t-il, avant de se racler la gorge. Il a été très sage. »

Il reprit son attitude plus ou moins distante qui était son attitude habituelle. Si moments de complicité il commençait à avoir avec son petit frère, Dave se trouvait un peu gêné d’en parler ou de les montrer. Pour des raisons plus ou moins compréhensibles, il n’avait pas trop envie qu’on sache, craignant sans doute qu’on lui fasse des remarques qui l’agacerait ou qu’on s’attendrisse. Pourtant, il se demanda si Rosaleen était réellement dupe lorsqu’elle lui fit son commentaire suivant. A moins qu’elle ne dise simplement ce qu’elle avait envie qu’il se produise… Dave choisit la prudence dans sa réponse :

« Si tu le dis… Il a quand même un peu pleuré pour avoir sa maman, au début » plaisanta t-il, pour détourner l’attention de lui.

Il regarda un petit temps Nicholas qui gigotait des bras contre sa mère, sans rien dire de plus. C’était le moment où il était sensé dire « Bon eh bien, je vais retourner à mon travail maintenant » et se relever, mais pour des raisons qu’il ne s’expliquait pas, il n’avait pas envie de le faire tout de suite. Il resta à observer le bébé, sans laisser paraître ce qu’il pensait, mais la tête pleine de questions. C’était la première fois depuis longtemps qu’il se retrouvait seul avec Rosaleen et ces moments n’étaient pas aussi gênants et bizarres que les premières fois. Dave se résolut à entamer la discussion avec elle, plutôt que tergiverser, même si son ton resta un peu hésitant :

« Ce n’est pas trop difficile ? Je veux dire… Être étudiante, première dame et maman à la fois. »
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Rosaleen sourit doucement lorsque Dave déclara que Nicholas avait été très sage et elle caressa du bout du doigt la peau douce du revers de la petite main de son bébé. Elle n'était pas tellement surprise, il était un enfant sage, qui passait parfois de longs moments sans pleurer, la regardant travailler avec ses grands yeux, se contentant de babiller avec contentement. Elle avait toujours trouvé amusant que même les bébés aient leurs propres caractères, alors qu'ils venaient à peine de venir au monde. Nicholas était sage, souvent un peu grognon, parfois sans raison. Quand on lui présentait quelque chose de nouveau qui l'intriguait, il fronçait le front d'un air tout à fait sérieux, comme pour mieux l'appréhender. Elle aimait bien le voir faire cela. Il était différent de Oreste bébé, qui était un peu craintif, qui pleurait beaucoup et souvent, qui s'agitait fort quand il était tout seul. Il avait d'ailleurs gardé certains de ces traits de caractère, il n'aimait pas la solitude, avait un tempérament tendre et docile. Peut-être que Nicholas, lui, prendrait plus du côté Marchebank et serait un jour comme son frère, un garçon sérieux et raisonnable, intelligent et cultivé. S'ils continuaient à se fréquenter, cela serait sûrement le cas d'ailleurs...

- C'est parce qu'il a l'habitude d'être beaucoup avec moi, répondit Rose quand Dave signala qu'il l'avait réclamée au début. Mais je vais devoir être de plus en plus souvent absente, je ne peux pas rester à la maison à prendre soin de lui éternellement...

Ce n'est pas qu'elle n'aurait pas apprécié, elle aimait les journées qu'ils passaient tous les deux. Il se réveillait très tôt le matin et elle se levait, elle ne voulait pas que ce soit Mercy. Elle le nourrissait, s'occupait de lui, l'habillait et ils descendaient pour qu'elle petit-déjeune. Ensuite, ils faisaient un tour dans le jardin pour profiter de l'extérieur, elle le promenait. Elle allait travailler ensuite, dans la bibliothèque où elle entreposait toutes ses recherches pour sa thèse et ils restaient là jusqu'à l'heure du prochain repas. Ils s'accommodaient bien tous les deux, elle le gardait souvent tout contre elle. Mais elle savait que cela ne pourrait pas durer, elle avait ses propres obligations, comme le lui rappelait justement Dave. Elle fut agréable surprise qu'il pose la question. Pas qu'il soit impoli, non, mais le remariage de son père, son installation et celle de Reda et d'Oreste, la naissance de Nicholas, tout cela dans un temps court, avaient été compliqués pour Dave. Elle avait fait attention à ne pas trop s'imposer, à ne pas trop le brusquer, à ne pas l'envahir. Elle aurait menti de toute manière en prétendant qu'elle était parfaitement à l'aise avec la situation. Dave et elle avaient été ensemble à Poudlard, même si elle ne se souvenait pas l'avoir croisé, puisqu'il était scolarité dans les années inférieures. Elle ne pouvait pas se sentir sa belle-mère, il n'avait même pas tant de différence d'âge que cela avec Jeremy, par exemple. Néanmoins, par la force des choses, ils étaient désormais de la même famille et ils ne pouvaient l'ignorer, il était le fils de son mari et elle avait à cœur que les choses se passent bien entre eux, surtout depuis les derniers événements.

La révélation des multiples infidélités de Leopold et des enfants qu'il avait hors-mariage avait été un choc pour elle, quelque chose qui l'avait blessée alors que ce n'était pas son histoire. Mais c'était celle de Dave et elle n'osait imaginer ce qu'il avait pu ressentir ou ressentait. C'était l'histoire de ses parents, le couple qui avait façonné sa vie durant des années, c'était lui qui était la victime de tout cela, lui qui héritait d'une famille qu'il ne connaissait pas, lui qui subissait ce coup-là après avoir subi celui du divorce de ses parents et du remariage de son père, sans parler de la naissance d'un frère légitime. Elle n'avait pas osé venir lui en parler, elle n'avait pas envie de le forcer à en parler et surtout, craignait qu'il lui renvoie qu'elle n'était nullement concernée, qu'elle s'occupait d'affaires qui n'étaient pas les siennes. Qu'il n'avait aucune raison de lui parler de ces choses-là à elle. C'était aussi pour cela que le fait qu'il se tienne assis face à elle, à faire la conversation, à prendre le temps de parler avec elle alors que rien ne le retenait dans la pièce, lui faisait plaisir. La question lui fit baisser les yeux sur Nicholas, qui serrait ses poings sur sa peluche, avant qu'elle ne prenne le temps de répondre.

- Un peu, parfois, dit-elle simplement. Mais comment oserais-je me plaindre ? Je suis heureuse d'avoir Nicholas et j'ai déjà beaucoup de chance car je ne suis pas seule autour de lui, on m'aide, précisa-t-elle avec un sourire reconnaissant à l'égard de Dave. Mes études sont une passion, j'ai choisi de les continuer quand j'aurai pu cesser. Je sais surtout la chance que j'ai de les faire, je me suis battue pour y accéder, il ne serait pas convenu d'abandonner. Quant au poste de première dame... Je pense qu'il y a dans le monde des fonctions bien plus difficiles que celle-ci, s'occuper d’œuvres de charité et d'apparitions publiques. Le service de communication s'occupe bien de tout me rappeler et de me guider pour tout, je n'ai même pas à l'organiser.

Cela n'empêchait pas certaines de ses journées d'être très longues, de passer des heures à Lycaon pour ses recherches et ses expériences, de rentrer pour passer du temps avec Nicholas et de devoir enchaîner avec une apparition auprès de Leopold, où elle restait debout des heures à sourire, quand elle ne rêvait que de se reposer car elle savait très bien que Nicholas pleurerait avec les premières heures du jour. Mais cela n'était rien, se disait-elle, face à ce qu'elle avait atteint. Devenir mère, ce qu'elle avait toujours souhaité, avoir les moyens de prendre soin de sa famille, de leur assurer protection matérielle, physique et de pouvoir veiller sur eux. Oreste était entré à Poudlard non pas comme le neveu de la Mangemort Bellatrix Lestrange mais comme le petit-frère de l'épouse du Ministre de la Magie en personne. Il avait eu des affaires neuves, de la meilleure qualité, contrairement à tout le reste de sa famille, il ne manquait de rien, ne manquerait plus de rien. Reda aussi, pour la première fois, n'avait plus ses affaires d'occasions, les robes de ses aînées trop serrées pour elle, mais avait pu tout choisir lors de ses courses sur le Chemin de Traverse. Elle pouvait continuer ses études et était mariée : toutes ses ambitions étaient réalisées, la contrepartie de ses journées éprouvantes était moindre.

- Tu dois aussi avoir des journées chargées, n'est-ce pas ? Comment se déroule ton nouvel emploi ? J'espère que t'occuper de Nicholas – elle souleva légèrement le bébé – ne t'as pas pénalisé dans ce que tu avais à faire.


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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Dave hocha la tête, alors que Rosaleen lui expliquait qu’elle ne pourrait guère continuer d’être aussi présente à la maison pour Nicholas. Elle avait fait le pari risqué de pouvoir s’occuper d’un bébé tout en étant en plein dans ses études, et chargée de certaines fonctions importantes. Dave se souvenait d’avoir eu un père aussi présent que sa mère dans son enfance, mais les temps étaient différents, et l’homme était différent, aussi, il avait aujourd’hui au sens propre du terme, un emploi du temps de ministre. Nicholas devrait apprendre à s’habituer à d’autres personnes, Mercy, Griselda qui vivait au manoir, Coraline qui passait de temps à autres. Et lui-même, son demi-frère, bien que c’était encore assez étrange pour Dave d’avoir à s’occuper de lui. Il le regarda un instant jouer avec sa peluche, avant de lever son regard clair sur la première dame, à qui il venait de poser une question parmi tant d’autres qui l’interrogeait à son sujet.

Au fond, Dave connaissait mal Rosaleen. Il n’avait jamais vraiment fait d’effort, les seuls éléments qu’il connaissait d’elle étaient ceux qu’il pouvait observer chez eux, au manoir, ceux qu’elle avait pu lui dire, au détour de conversations banales. C’était peu, et pourtant cela faisait bien un an qu’elle vivait avec eux. Mais il lui avait fallu ce temps, pour s’habituer à sa présence, pour ne pas forcément chercher à quitter la pièce quand elle entrait, à minimiser leurs contacts. Il lui avait fallu ce temps pour la considérer comme une véritable habitante du manoir, c’était bête à dire, mais il s’était maintenant tellement habitué à la voir, à partager des repas avec elle, qu’il avait tout doucement accepté sa présence et qu’il commençait nourrir quelque curiosité sur elle, quand avant, elle ne représentait que la deuxième femme de son père. Désormais, Dave voyait la première dame, la mère, l’étudiante, et même, la belle-mère. Plutôt que de ne la voir que par son lien avec Leopold, Dave commençait à la considérer pour ce qu’elle était pour elle-même et ce qu’elle était avec lui. Et il n’avait pas raté la délicate réserve, la distance respectueuse qu’elle avait maintenu tout ce temps entre eux, sans jamais le forcer à déclencher de contact avec lui. Comme si elle attendait tranquillement qu’un jour vienne où il serait prêt à s’adresser à elle sans y être contraint par la politesse.

S’il fallait reconnaître une qualité à Rosaleen Lestrange, c’était justement sa patience. Elle transparut dans sa réponse humble et Dave se fit la réflexion que c’était probablement le genre de caractère qu’il fallait pour occuper sa place. Une véritable force tranquille émanait d’elle, un juste équilibre dans ses opinions, une capacité à assumer ses choix et une certaine persévérance pour accomplir ce qu’elle avait à faire, sans se plaindre. Ce n’était pas étonnant qu’elle ait une bonne image dans la presse, auprès de la population, alors qu’on aurait pu dire des choses tellement sordides sur elle et son mariage -et que Dave avait dites, d’ailleurs.

Plongé dans ses pensées, il ne réagit que lorsque Rosaleen lui renvoya la question. Il jeta un bref coup d’oeil à Nicholas, qui gazouillait sur les genoux de sa mère, de la même façon qu’il l’avait fait avec lui, plus tôt. Dave n’eut pas trop à réfléchir pour répondre ce qui était la vérité :

« Non, ça ne m’a pas dérangé… J’avais besoin de faire une pause de toute façon. Il est… plutôt sage, comme bébé, avoua t-il. Contrairement à moi, d’ailleurs, j’étais un bébé très crieur, si j’en crois mes parents. »

Crieur et capricieux, sa mère lui avait raconté tout un tas d’anecdotes sur toutes les nuits qu’il avait fait manquer à ses parents. Apparemment, se réveiller à trois heures du mat pour hurler était un sport national chez Dave nourrisson. Chassant les images de ses parents lui racontant ses frasques, dans un temps où ils étaient complices tous les deux, Dave se recentra sur Rosaleen. Il la regarda un moment, presque hésitant, avant de poursuivre :

« Ca ne me dérangerait pas de m’occuper de lui plus souvent. Je veux dire… Juste, si ça peut t’alléger de temps en temps, et si je suis disponible à ce moment-là… Je comprends que ça soit compliqué de tout mener de front à la fois et j’imagine que tu dois faire des sacrifices par rapport à tes études. Je pense que tu as raison de ne pas les abandonner, d’ailleurs, donc, euh… Enfin voilà, ça serait bien que tu puisses y accorder du temps. »

Il était sincère et en même temps pas complètement, c’était plus facile de faire passer la proposition comme un service rendu à Rosaleen, plutôt que comme une simple envie de passer du temps avec le petit.
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Nicholas était un bébé sage, tout le monde le disait, des puéricultrices à ses parents. Il pleurait peu, se contentait souvent d'être grognon, de froncer le nez et les poings et de vagir un peu pour attirer l'attention. Il pleurnichait, comme aurait dit sa grand-mère avec sévérité. Il avait toujours été ainsi, presque à l'opposé d'Oreste, qui avait été un petit garçon agité, nerveux, anxieux. Il l'était toujours, encore plus depuis la mort de leurs grands-parents. Nicholas, lui, était calme, presque sérieux alors qu'il était si jeune ! Il regardait le monde avec beaucoup d'attention, comme pour tout analyser, déjà. Ils s'entendaient bien, tous les deux, Rosaleen aimait leur lien. Elle aimait que tout soit simple, elle qui avait eu peur de ne pas s'en sortir les premières semaines, de ne pas être une assez bonne maman. Ils passaient de longs moments tous les deux et elle l'aimait plus que tout au monde, elle trouvait déjà qu'il grandissait trop vite, elle voulait conserver et chérir ces moments précieux avec son bébé plus que tout. Rose serra son bébé tout contre elle et déposa un baiser contre sa joue, le calant contre son épaule. Nicholas gazouilla et serra dans son poing une mèche de cheveux blonds qu'il pouvait atteindre. Un léger sourire naquit sur ses lèvres lorsque Dave affirma qu'il était un bébé crieur, selon ses parents.

- Je n'aurais pas parié sur cela, répondit-elle joyeusement, ce n'est plus vraiment ton caractère. Peut-être alors que Nicholas sera un horrible adolescent, si vous changez de caractère comme cela, vous, les Marchebank.

Dave était un jeune homme sérieux et posé, intelligent et rationnel, des qualités que Rosaleen estimait beaucoup. Elle était contente que Nicholas puisse avoir un modèle comme son frère pour grandir, un modèle positif. Elle connaissait l'importance de cette relation, Regulus avait été décisif dans sa vie, il l'était encore. Il avait été son modèle, la personne qu'elle estimait le plus, il l'avait protégée, lui avait permis d'ouvrir les yeux sur les idées de leurs familles, lui avait appris à se forger sa propre opinion et à ne pas abandonner les choses dans lesquelles elle croyait. Regulus avait en grande partie fait d'elle ce qu'elle était aujourd'hui et il lui manquait tous les jours, plus que ses grands-parents, plus que ses parents. Si Regulus n'était pas mort, sa vie aurait été mille fois différente, elle le savait. Elle aurait aimé qu'il soit encore là, pour le serrer dans ses bras et pour qu'il voit Nicholas. Il aurait été présent pour elle, elle le savait. Elle essayait de faire la même chose avec Oreste et Reda, mais savait qu'elle avait échoué pour ses sœurs, surtout Reyna. Elle espérait que les choses seraient plus simples pour son petit garçon, même si sa famille s'avérait plus complexe qu'au départ avec des demi-sœurs cachées... Un silence s'installa dans la pièce, seulement troublé par les petits bruits émis par Nicholas, mais ce n'était pas un silence pesant. Rosaleen s'appuya un peu plus sur le dossier du canapé - sans perdre de son maintien, sa grand-mère l'avait trop harcelée sur cela - caressant le dos de son fils du plat de la main. Ce fut Dave qui reprit la parole, d'un ton presque hésitant.

- C'est très gentil à toi, je te remercie Dave.

Pour la proposition et le compliment. Elle avait dissimulé sa surprise derrière un sourire doux, sincèrement reconnaissant. C'était le premier pas véritable que faisait Dave vers elle depuis qu'elle avait épousé son père et elle en mesurait largement la portée. Toute cette situation avait été difficile pour lui et elle le comprenait très bien, elle ne lui aurait pas tenu rigueur de la battre froid définitivement, elle était l'un des symboles les plus visibles de la fin du mariage de ses parents et de la nouvelle vie de son père. Elle était touchée par ce geste envers elle et envers son frère, elle l'était également par son compliment. Des fois, elle se sentait coupable de continuer ses études alors qu'elle était devenue mère : elle n'avait pas été éduquée pour cela, une épouse et une mère se concentrait sur sa famille, surtout avec la fonction si prenante de son mari et un enfant en bas-âge. Elle n'avait pas besoin de travailler pour vivre, elle poursuivait ses études par envie mais cela lui prenait du temps, tous les jours, de longues heures à faire des recherches sur sa thèse, des heures qu'elle aurait pu passer à jouer avec son fils. Elle essayait de tout mener de front mais il y avait souvent cette petite voix en elle qui lui disait qu'elle faisait une erreur, que ce n'était pas pour elle. La voix de sa grand-mère.

- Cela fera plaisir à Nicholas de passer du temps avec toi. Je vois bien qu'il s'agite quand tu rentres le soir, il est heureux. J'ai confiance en Mercy mais la famille est plus importante.

Elle hésita quelques instants avant de reprendre la parole, ses yeux se baissant légèrement.

- Je suis heureuse qu'il t'ait comme frère, tu es un bon modèle pour lui. J'aurai de la chance s'il te ressemble plus tard. Je sais que tu as été fils unique jusqu'ici et qu'avec tout ce qui... Elle s'interrompit, n'ayant jamais abordé le sujet des infidélités de Leopold avec lui, et des enfants qui étaient nés de ses aventures. C'est avec beaucoup de pudeur qu'elle reprit, pesant ses mots. Avec tout ce que tu as dû endurer ces derniers mois, ce n'est pas un sujet facile. Mais j'espère que vous pourrez nouer un lien, tous les deux. Un frère, cela compte beaucoup. J'étais très proche du mien.

Cela aussi, c'était un sujet qu'elle n'abordait jamais.


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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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La petite remarque humoristique de Rosaleen tira un bref sourire au jeune homme, qui accepta de rentrer dans son jeu :

« Je ne sais pas… J’ai aussi été un horrible adolescent, à ma manière » ricana t-il.

Oh, il avait toujours été sage, dans le sens de rester dans la légalité, car il avait été bien éduqué. Mais il avait aussi son sale caractère, beaucoup le disaient, et ce n’était pas pour rien qu'il s’était fait si peu d’amis à Poudlard. Les jeunes de son âge avaient tendance à ne pas beaucoup aimer les premiers de la classe de son genre, ambitieux, têtu, persuadé d’avoir toujours raison et parfois condescendant. Evidemment, il y avait un autre Dave sous cette armure un peu brute, un garçon aimant, réfléchi, serviable, attaché à la justice et la droiture, un Dave que peu de personnes connaissaient. Rosaleen avait l’air de porter un regard positif sur lui, parce qu’elle le voyait en compagnie de sa famille, des gens qu’il aimait et dont il était proche. Cela aidait. Et dans ce cadre, Dave avait cessé de se montrer froid avec elle et commençait à faire des efforts vers elle, aussi.

Mais il n’était pas encore complètement naturel et à l’aise dans le fait de se montrer plutôt aimable envers Rosaleen, alors il fut soulagé qu’elle accepte sa proposition sans rien ajouter. Il n’aurait pas cherché à insister, autrement. Il lui fallait encore du temps, pour la considérer comme faisant partie intégrante de sa famille. La preuve en était qu’il n’avait jamais réussi à la désigner comme « sa belle-mère ». Elle était « la femme de son père », un qualificatif qui ne l’incluait pas, lui. Elle le serait restée probablement un bon bout de temps encore, mais Dave sentait que la présence de Nicholas perturbait un peu la donne. Comment allait t-il le désigner, maintenant, « le fils de mon père » ? C’était étrange, plus étrange que de parler de la femme de son père, qui n’était qu’un lien d’alliance, plus facile à circonscrire dans ses limites. Nicholas, c’était différent, sans que Dave ne puisse expliquer précisément pourquoi. Parce qu’ils avaient du sang en commun ? Parce que cela ne se faisait pas de dire « le fils de mon père » ? Il ne savait pas trop, mais ce bébé était probablement ce qui, à l’heure actuelle, le liait le plus à Rosaleen que n’importe qui d’autre.

Dave ne dit rien quand elle déclara que la famille était le lien le plus important. Il était d’accord là-dessus, mais il sentait qu’elle avait autre chose à ajouter. Il la vit à son tour faire preuve d’hésitation, il la sentit peser chacun des mots qu’elle finit par prononcer. Il ne baissa pas le regard, même lorsqu’elle évoqua avec beaucoup de prudence un sujet épineux dont ils n’avaient pas encore parlé. Il voulut lire son visage, il tenta de deviner ce que Rosaleen ressentait à propos des secrets longtemps cachés de son époux. Dave avait clairement exprimé son opinion aux yeux de tous dans ce manoir, il battait froid à son père depuis des semaines, ce n’était un secret pour personne qu’il prenait très mal ses révélations. Mais Rosaleen, elle, était discrète, comme toujours. Si différend elle avait avec Leopold, elle le réglait probablement dans l’intimité de leur chambre. C’était difficile de les croiser en même temps, ces deux-là, le ministre rentrait tard et la jeune mère se consacrait à son bébé et ses études. Mais c’était peut-être ça, la manifestation de leurs positions ? Ils passaient tout leur temps à leurs activités et responsabilités respectives, pour mieux s’éviter.

Dave se laissa un petit temps de réflexion après les paroles de Rosaleen. Elle lui confirmait sa bonne opinion de lui. Avant, il aurait vu ça comme une grotesque tentative de l’avoir dans sa poche. C’en était peut-être une cette fois aussi, une sorte de flatterie calculée pour qu’il se rapproche de Nicholas, mais même si c’était le cas, c’était louable, quelque part. Elle ne le faisait pas pour elle, mais pour le bien-être de son fils, pour qu’il grandisse bien entouré. En vérité, Dave la croyait sincère, car elle ne lui avait jamais témoigné d’hostilité, elle n’avait même eu que des paroles plutôt positives à son encontre. Elle était convaincante, par le ton de sa voix, son expression, rien ne lui sembla faux. Alors, pour une fois, il baissa sa garde. Il la laissa l’approcher, et lui fit un aveu sincère à son tour.

« Je ne sais pas si j’en suis capable, je n’ai jamais su ce que cela signifiait d’avoir un frère ou une soeur. »


Il avait l’impression au fond de lui que c’était trop tard pour l’apprendre, il avait dix-huit ans, pas un âge pour être un compagnon de jeu pour son frère. Il lui semblait que c’était ce que faisaient tous les frères et soeurs, jouer ensemble, se chamailler, crier de concert pour obtenir quelque chose de leurs parents, marchander leurs cartes Chocogrenouille. Qu’est-ce qu’il allait pouvoir partager avec un bébé, à son âge ? Quel frère allait t-il être pour lui ? En grandissant, il ne verrait peut-être même pas la différence entre lui et son père, les enfants avaient tendance à mettre les adultes dans le même sac. Pour ce qu’il en savait, il allait se mettre à l’appeler « Tonton » plutôt que grand-frère…

Dave chassa ses pensées. Il ne souhaitait pas forcément s’étendre et livrer toutes ses inquiétudes à Rosaleen sur le sujet. Il cherchait des réponses, mais il s’exposerait moins en posant lui-même les questions.

« Comment était ton frère avec toi ? demanda t-il -avec prudence, car il savait que c’était aussi un sujet sensible- en se tournant vers elle. Vous aviez une grande différence d’âge ? »
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En famille [Dave]

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