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 Doubt [Abigail]

Nathanaël YaxleyMédicomage sur Skyeavatar
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Dernière édition par Nathanaël Morgenstern le Lun 20 Mar 2017 - 15:52, édité 1 fois
Dimanche 18 octobre 2009

Cela faisait plusieurs jours que les doutes l'assaillaient. De vieilles craintes s'étaient réveillées, d'autres s'y étaient ajoutées. Son travail tout comme son oncle semblaient se liguer contre lui.
Compte tenu du secret dont il avait désormais connaissance, Nathanaël se montrait d'autant plus prudent et méfiant. Si celui-ci s'ébruitait et si on apprenait qu'il en avait connaissance, une fâcheuse situation viendrait à se poser pour lui comme pour sa précieuse famille.
C'était lorsque son comportement avait commencé à éveiller l'inquiétude de Rosemary deux jours plus tôt qu'il avait choisi finalement de s'assurer de la discrétion et du silence de la principale concernée dans cette affaire : la bibliothécaire de Poudlard, Abigail O'Brien.

Aussi,  pressé de connaitre le fin mot de l'histoire tout comme conscient que plus vite leur rencontre aurait lieu, plus vite cela apaiserait l'angoisse montante au sein du manoir, le jeune homme avait-il envoyé un hibou à la rousse la sommant de se présenter aux abords de la grille de Pembrooke Park. Le ton était tranchant et abrupt. Aucune fioriture ou forme de politesse ne venaient adoucir sa note. Tout tenait en quelques mots.
Le jeune homme espérait sincèrement que cela suffirait à la forcer à venir. Si jamais elle lui faisait faux bond, il ne répondrait plus de rien !

Helena profitant de son unique jour de congé de la semaine pour revoir certains de ses amis, le manoir n'avait pour seuls occupants que Rosemary et lui.  Sa soeur se tiendrait à l'écart comme elle le lui avait promis. Leur pièce de discussion au dernier étage lui servirait de refuge jusqu'à la fin de son échange avec Miss O'Brien.

A l'heure qu'il lui avait imposée, l'ancien serdaigle quitta le manoir pour traverser l'immense parc. L'automne commençait déjà à s'installer dans cette partie de l'Ecosse. Les arbres de son domaine arboraient de belles teintes rouille.

Arrivé à la grille, il entrouvrit celle-ci et la referma derrière lui avant de s'appuyer nonchalamment contre, ouvrant le livre qu'il avait emporté.
Le médicomage était en avance de plusieurs minutes. Connaissant la jeune femme, il avait préféré prévoir une occupation pour l'attendre une dizaine de minutes après l'horaire fixé.

Il était profondément plongé dans l'ouvrage lorsque le craquement d'une branche qu'on écrase malencontreusement lui fit relever les yeux.


Nathanaël Lysander Yaxley
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La réception du hibou m'avait particulièrement surprise. Que pouvait donc me vouloir Mr Morgenstern ? J'avais cru comprendre qu'il ne voulait plus jamais me revoir... Ca ne me dérangeait pas outre mesure d'ailleurs. Encore que. L'homme m'intriguait. Il était capable de montrer deux facettes totalement différentes de sa personnalité. Derrière ce masque de froideur et de presque cruauté, il y avait cet homme apparemment sensible et meurtri qui se dissimulait. Il m'avait semblé l'apercevoir quelques rares fois, mais de façon si fugace qu'on pouvait presque se demander s'il existait.

La réception du hibou m'avait laissée perplexe. J'avais longuement hésité quand à ce qu'il fallait que je fasse ou non. C'est que le message ne disait pas grand chose. Il me sommait de me rendre à son domaine, mais sans la moindre explication sur la raison de cette convocation. Mais connaissant l'homme, quelque chose me disait qu'il valait mieux que j'obtempère. Aussi avais-je transplané en Ecosse, suffisamment tôt pour être à l'heure au rendez-vous.

Nathanaël attendait à la grille de son domaine, un livre entre les mains. Je m'arrêtai à quelques pas de lui, l'observant de loin. Il avait quelque chose de captivant. Je me remis finalement à marcher, faisant craquer une branche morte sous mon pied.

- Mr Morgenstern, le saluai-je. Je ne pensais pas vous revoir. Vous m'avez permis de retrouver mes souvenirs, je croyais que nous en avions terminé avec ça.

Pour quelle autre raison, en effet, aurait-il pu me demander de venir ?


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Maladroite et gauche à outrance, voilà notamment ce qu'il ressentait intérieurement lorsqu'il entendit la branche craquer annonçant l'arrivée d'Abigaïl. Elle voulait lutter contre le régime - et contre lui d'une certaine manière ne pouvait-il s'empêcher de penser - et pourtant elle se montrait si désinvolte.
Cela ne faisait que la fragiliser plus encore. Et penser comme elle le faisait qu'il s'agissait d'une force était une grave erreur. Bévue qui cumuléefinirait par lui porter préjudice si elle ne s'en méfiait pas davantage.

Se redressant, Nathanaël referma sa lecture qu'il espérait terminé pour pouvoir en discuter et probablement en débattre avec sa soeur, Rosemary. Celle-ci avait une passion dévorante et partagée pour les livres. Le frère et la soeur passait, fut une époque, toute leur soirée ou presque à échanger et converser autour d'une oeuvre moldue ou sorcière auprès de l'âtre de la bibliothèque familiale. Celle-ci d'ailleurs s'enrichissait toujours plus suite aux trouvailles de Rosemary et Nathanaël.

Les yeux du jeune homme quittèrent l'ouvrage pour venir se poser sur la rousse.

- Vous voilà..., murmura-t-il avant d'ajouter suite à sa remarque, Vous allez vite comprendre la raison de votre présence en ces lieux.

S'approchant de la bibliothécaire, il s'arrêta à moins d'un pas d'elle.

- J'ai conscience de vous avoir demander impromptuement, de venir. Cependant, compte tenu de ma situation, je me dois de procéder à une vérification.

Plongeant dans l'esprit de la jeune femme, il retraça les différentes bribes qu'il croisa pour s'assurer de l'identité de celle qui lui faisait face mais également de ce qu'elle avait fait ou compromis par inadvertance au sujet de leur accord tacite concernant les activités et relations qu'elle entretenait avec la résistance. Son intrusion se faisait bien plus délicate et maitrisée que lors des précédentes fois.

Une fois rassuré, sortant du flux de pensées, le médicomage acquiesça lentement de la tête.

- Bien ..., se contenta-t-il d'ajouter.

Se détournant d'Abigail, Nathanaël s'éloigna vers le portail donnant accès à sa propriété. Suite à un informulé, il passa la paume de sa main face à la serrure tout en ajoutant dans un faible murmure en direction de la protection que constituait le rempart "Mon sang ne saurait mentir.".

L'une des deux portes s'ouvrit alors. Se décalant sur le côté, Nathanaël se tourna alors de nouveau vers la jeune femme.

- Si vous voulez bien vous donner la peine..., lui dit-il en vrillant ses prunelles bleutées dans celles de son ... invitée.


Nathanaël Lysander Yaxley
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J'avais gardé mes distances, me tenant à quelques pas de lui, étant assez proche cependant pour l'entendre distinctement, même lorsqu'il parlait bas. Mes yeux se posèrent sur le livre alors qu'il le refermait et que la couverture s'exposait à mon regard. Les Haut de Hurlevent. Certainement pas le style de lecture que j'aurais imaginé entre les mains d'un homme comme lui. Cela m'étonna, dans le bon sens du terme.

Je le suivis du regard tandis qu'il se levait et s'approchait de moi. Près, si près. Je ne savais toujours pas pourquoi il m'avait demandé de venir. Cette ignorance rendait la situation quelque peu troublante. Je fronçai les sourcils et plongeai mon regard dans le sien alors qu'il affirmait que j'allais bientôt comprendre.

Et il pénétra dans mon esprit. Je le laissai faire, sans chercher à résister. J'avais commencé à travailler sur l'occlumancie de mon côté, mais je n'en étais encore qu'au début. Je n'avais pas les capacités de fermer mon esprit à un homme qui maîtrisait son pouvoir comme lui. Je n'en avais pas vraiment l'envie non plus, ni l'intérêt. Quelque chose me poussait à lui faire confiance. Et puis, que pouvait-il apprendre de plus dangereux sur moi que ce qu'il savait déjà ? C'était un peu gênant qu'il sache autant de choses sur moi, parce qu'il avait accès à tellement de choses ! Mes pensées, mes émotions, mes souvenirs, toutes ces choses qui forgeaient mon être et qui pouvaient être si intimes. Mais je m'étais habituée à sentir la présence de son esprit dans le mien. Je m'étais habituée à sa façon de procéder également. Aussi fus-je surprise de le sentir plus doux, moins "intrusif", dans le sens où il semblait y aller aussi doucement que possible.

Les dernières semaines défilèrent devant nos yeux, comme si Nathanaël cherchait à remonter tout ce qu'il s'était passé depuis que nous nous étions vus. Comme s'il cherchait à s'assurer de quelque chose. Il put ainsi se rendre compte que j'avais commencé à étudier l'occlumancie. Je le faisais seule pour le moment, à l'aide de livres qui expliquaient comment faire. Je m’entraînais à faire le vide dans ma tête. Mais je n'avais pas encore pu mettre tout cela en pratique réelle.

- Pourquoi ceci ? demandai-je alors qu'il rompait le contact et reprenait une distance normale. Vous redoutiez que je ne vous trahisse ?

Ca aurait été l'équivalent de signer ma perte. Evidemment que je ne l'avais pas trahi. Je n'avais pas mentionné son nom une seule fois. Et bien entendu, je n'avais jamais abordé le sujet de la résistance non plus. Il me croyait stupide, mais je ne l'étais pas tant que ça, il ne fallait pas exagérer non plus.

Nathanaël se dirigea vers le portail qui fermait son domaine et l'ouvrit avant de s'écarter pour m'inviter à le précéder. Ses yeux se rivèrent aux miens et je le soutins quelques secondes avant de reporter mon regard sur le manoir qui se dressait devant moi. J'hésitai quelques secondes, ne sachant trop ce que je devais penser de tout cela. Il m'avait convoquée par un message on ne pouvait plus froid et maintenant il m'invitait à entrer dans sa demeure ? C'était tellement contradictoire avec ce qu'il m'avait toujours dit. Il avait bien affirmé qu'il souhaitait que je me tienne aussi loin que possible de lui et de sa famille, n'est-ce pas ?

Mes yeux se reposèrent sur lui à nouveau, puis sur la demeure. Je devais bien avouer qu'aussi étonnée et hésitante que je puisse être, j'étais curieuse de pénétrer dans cette bâtisse qui semblait tellement chargée d'histoire. Et finalement, je me décidai à mettre un pied devant l'autre. Je passai devant Nathanaël, franchis la grille et attendit qu'il revienne à mon niveau.

- Vous vous intéressez à la littérature classique moldue ?


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Avec délicatesse, Nathanaël vit l'ensemble des souvenirs récents d'Abigaïl défiler dans son propre esprit. Comment elle avait gardé le secret concernant leurs entrevues, ce qu'elle avait fait de ses journées, ce qui avait été fait au niveau de la résistance et de sa propre implication.
Son esprit s'attarda également sur un apprentissage qu'elle venait tout juste de commencer : l'occlumensie. Elle ne savait pas encore fermer son esprit. Elle n'en était pas capable pour l'instant mais cela viendrait. Sa détermination marquait ses traits lorsqu'elle s'y entrainait.

Alors qu'il s'extirpait de son esprit, il entendit ses questions concernant la confiance qu'il lui portait... ou ne lui portait pas pour le coup. Plongé dans ses pensées, ses sourcils se froncèrent. Cette idée de se voir fermer l'accès aux pensées de la jeune femme l'agaçait, il devait l'avouer. Certes, il avait doucement insinuer qu'une telle protection serait la bienvenue. Toutefois, son désir de protéger les siens insinuerait progressivement le doute et la méfiance à l'égard de la jeune femme.

Il ne daigna toutefois répondre à sa question qu'une fois le portail refermé derrière elle. Une sorte de soulagement s'abattit sur Nathanaël, détendant brusquement ses traits jusque là tirer. Sur son domaine doté de toutes les protections qu'il avait jugé nécessaire, il se sentait en sécurité. Peut-être pas de manière totale mais bien plus que lorsqu'il était en dehors.
Toutefois la perspective de savoir la jeune femme en cours d'apprentissage du seul art capable de contrer le sien obscurcit à nouveau légèrement son humeur.

- Cela va de soit ! Je me dois d'être prudent. Je suis certain que vous préférez me voir m'assurer de votre bonne foi de cette manière, miss O'Brien. La torture ou la mort ne sont sans doute pas des options préférables.

Se mettant en route vers la bâtisse plus loin, elle resta à son niveau le questionnant sur sa lecture actuelle.

- C'est une manière de voir les choses. Notre bibliothèque regorge de trésors littéraires aussi bien moldus que sorciers, miss O'Brien., lui fit-il avec un petit sourire en coin avant que celui-ci ne disparaisse pour laisser place à nouveau à une expression froide, Vous apprenez l'occlumensie.

C'était une affirmation certaine, pas une question et tout dans sa voix laissait présager que cela lui déplaisait grandement, que sa gentillesse actuelle et le pacte qu'ils avaient passés seraient remis en cause s'il avait le moindre doute ou si son accès à ses pensées se retrouvaient détruit.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Je relevai les yeux sur lui alors qu'il se justifiait d'avoir dû vérifier dans mon esprit que je n'avais pas rompu notre accord. Gardant le silence, je penchai la tête en avant pour acquiescer. Je comprenais ce qu'il venait de faire. J'aurais préféré qu'il n'ait pas besoin de s'assurer de ma bonne foi, mais manifestement, il n'était pas prêt à me faire confiance. Que pouvais-je dire alors ?

L'étonnement se dessina sur mon visage alors qu'il me parlait succinctement de leur bibliothèque personnelle. J'étais avide d'en savoir un peu plus, mais la voix de Nathanaël se raffermit alors qu'il abordait un nouveau sujet.

- Et bien... Etant donné mes récentes "activités", je me suis dit qu'il serait préférable que je puisse protéger mon esprit de toute intrusion. Au cas où je me ferais prendre. Je ne tiens pas à ce qu'on puisse trouver dans mon esprit des informations qui pourraient permettre à des personnes mal intentionnées de mettre à mal la Résistance ou...

Je marquai une légère pause et relevai les yeux sur lui. Son visage était dur, fermé et il regardait droit devant lui. Cependant, si l'occlumencie était destinée à protéger la Résistance, ce n'était pas son seul but.

- ... ou mettre en danger les personnes qui m'aident, d'une façon ou d'une autre.

Autrement dit lui. Ou tout autre sympathisant qui, sans pour autant être clairement engagé dans la Résistance pouvait, à l'avenir, m'être d'une quelconque aide.

- Mais je n'en suis qu'au début. Le fait est que je ne peux pas véritablement m'entraîner. Je ne connais personne qui soit legilimens. En dehors de vous, je veux dire.

Je relevai brièvement les yeux sur lui avant de fixer à nouveau le bout de l'allée avec l'envie subite de changer de sujet.

- Si je puis me permettre, je ne crois pas avoir déjà croisé de sorcier qui s'intéressât à la littérature moldue sans pour autant avoir du sang moldu dans les veines.

Peut-être que je me trompais, mais je croyais me souvenir que Nathanaël était issu d'une famille de sangs purs. C'était du moins la rumeur qui courait à Poudlard lorsque nous étions encore étudiants. C'était dû à son caractère hautain et froid. Beaucoup disaient que seul un sang pur pouvait toiser les autres de cette manière. Mais après tout, peut-être se trompaient-ils ?

- Il faut avouer que la littérature moldue n'est pas vraiment mise en avant dans le monde sorcier. Elle reste très largement méconnue. Mais j'espère bien que cela ne restera pas ainsi.

J'avais d'ailleurs décidé d'agir contre cette généralité en mettant la littérature moldue sous le nez de nos jeunes élèves. J'avais, en effet, créé une bibliothèque moldue à l'intérieur de celle de Poudlard. On pouvait y trouver toute sorte d'ouvrages, qu'il s'agisse de fiction ou de documentaires. On pouvait y trouver de la prose ou de la poésie, du théâtre bien sûr, et même de la bande dessinée. Cela me semblait important que les jeunes sorciers sachent qu'il y avait aussi des choses intéressantes chez les moldus.

- Je dois admettre que je serais curieuse de jeter un oeil à votre bibliothèque.

Je me mordis la lèvre inférieure aussitôt après avoir dit cela. C'était certainement très déplacé et je doutais sincèrement que cela soit du goût de Nathanaël.


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Elle devait probablement penser que sa réponse lui conviendrait, que cela le rassurerait de savoir qu'elle apprenait enfin à fermer son esprit aux fouilles. Pourtant si une part de lui-même l'était, cela enchantait beaucoup moins l'autre partie. Comment pouvait-il s'assurer de ses actions contre lui sans son don ? Comment parviendrait-il à se rassurer en ce qui concernait ce qu'elle avait dit ou non le concernant ? Comment pourrait-il lui accorder son semblant de confiance s'il n'était pas capable de s'assurer de la véracité de celle-ci en fouillant son esprit à la recherche d'une quelconque trahison ?

A dire vrai, depuis sa rencontre avec la jeune femme, Nathanaël en était venu à quelque peu reconsidérer son don. Oh, bien sûr, il le considérait toujours comme une malédiction mais celle-ci pouvait à l'occasion lui être utile. Et la rousse était sur le point de lui enlever ce privilège.

- Vous ne souhaitez pas qu'on vienne à retrouver des informations dans votre esprit ou que l'on fasse un quelconque lien avec ceux qui vous aident ?, lui fit-il glacial, Quelle grandeur d'esprit vous témoignez là, Miss O'Brien.

La colère, elle supputait dans chacun des mots qu'il venait de prononcer. Sa démarche s'était fait plus rapide, plus rageuse aussi alors qu'ils remontaient vers le manoir. Force était de constater qu'il s'était habitué à ses petits jeux avec la bibliothécaire de Poudlard, qu'il avait d'une certaine manière pris goût à l'idée de pouvoir traquer toute trahison et donc se détendre en conséquence à ses côtés. Fâcheuse manie que celle-là qu'il n'avait pas vu venir. Cela n'aurait pas du se produire.
Mais il n'en démordait pas.

- De la sorte, il me sera également impossible de vérifier la teneur de vos dires ou prévoir la moindre trahison. La belle affaire ! , gronda-t-il à son intention.

Les paroles concernant son intérêt pour la littérature moldue enfleurèrent à peine. Là où cela aurait du le passionner comme c'était généralement le cas avec Rosemary, la colère qu'il ressentait l'éloignait de son engouement habituel.

- Vous voilà bien aigrie de préjugés., se contenta-t-il de lui lancer avec cynisme, son masque de froideur à nouveau en place.

Alors qu'ils arrivaient enfin au manoir, le jeune homme pénétra dans le beau hall où la prédominance du bois était criante. Face à l'entrée se dressait l'imposant escalier en chêne clair. Un beau lustre ancien descendait en son milieu. Mais le jeune homme ne lui laissa pas l'occasion de s'appesantir davantage sur l'endroit. Déjà il l'entrainait vers un couloir sur la gauche qu'ils parcoururent presque jusqu'à ce qui semblait être la fin de celui-ci. A sa gauche à nouveau, il ouvrit une porte et l'invita à entrer.

Ils pénétrèrent alors dans une vaste et immense bibliothèque. Un feu brûlait ardemment dans une belle âtre en marbre blanc.

- Rosemary, es-tu là ?, lança Nathanaël.

Sa jeune soeur était généralement fourrée ici et il ne tenait clairement pas à ce qu'elle entende la conversation qui suivrait. Rien ne devait l'inquiéter. Elle avait été assez touchée comme cela par la mort de William et par les événements qui touchaient leur famille.
Comme attendu, une jolie jeune femme timide sortit d'entre un rayonnage et s'avança vers lui, le sourire aux lèvres.

- Peux-tu me laisser la bibliothèque pour les deux prochaines heures, s'il te plait ?, lui murmura-t-il avec chaleur en laissant tomber le masque.

Sa cadette acquiesça de la tête tout en jetant un coup d'oeil interrogateur à la rousse derrière lui.

- Voici miss O'Brien, la bibliothécaire de Poudlard. Elle est ici au sujet ... de la restauration d'un livre très fragile que l'école possède.

Le mensonge était éhonté mais sa soeur ne se montrerait pas désobligeante si la bibliothécaire en question jouait le jeu.

- Miss O'Brien, voici ma jeune soeur, Rosemary que vous avez déjà aperçu par le passé lorsque vous vous êtes perdue.

Rosemary salua poliment la jeune femme avec chaleur avant de déposer un baiser sur la joue de son aîné et de disparaitre.

Montrant de la main les sièges un peu plus loin, Nathanaël invita son invitée du jour à s'y installer.

- Notre conversation ne durera pas longtemps. Cependant pour ne pas inquiéter ma soeur, désirez-vous quelque chose à boire ? Du thé peut-être ?

La rancoeur perçait toujours à travers ses propos mais il tenta néanmoins de se montrer civilisé.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Le ton de Nathanaël était de plus en plus froid et je comprenais de moins en moins. Avais-je dit quelque chose qui eut pu le mettre dans cet état soudain ? Probablement, mais quoi ? J’avais beau creuser dans ma mémoire récente, je n’y trouvais rien. Cela me fit garder le silence tout le long du trajet, y compris lorsqu’il se moqua une nouvelle fois de moi, en réponse à mon étonnement face à ses lectures.

Je ne quittai le silence dans lequel je m’étais murée que pour saluer sa jeune sœur qui se trouvait dans la bibliothèque alors que j’y entrai à sa suite. Lorsque celle-ci eut quitté la pièce, mon regard glissa sur les rayonnages, les livres qu’ils contenaient. Cette bibliothèque était extraordinaire. Pas autant que celle de Poudlard, bien sûr. Mais je n’avais pas souvenir d’avoir déjà vu une bibliothèque privée aussi fournie. Que n’aurai-je donné pour avoir la possibilité d’en explorer le contenu d’un peu plus près ?

Oubliant totalement les convenances, je m’approchai des rayonnages les plus proches. Ma main glissa doucement sur les dos des livres tandis que mon regard parcourait les titres. Certains ne m’étaient pas totalement inconnus, d’autres au contraire montraient à quel point mes connaissances restaient limitées, quand bien même elles s’étendaient chaque jour davantage.

La voix de Nathanaël me ramena sur terre. Son ton s’était fait plu aimable, mais je sentais quelque chose poindre au travers de ces mots. Quelque chose qui, sans que je ne puisse réellement l’identifier, n’était pas des plus agréables. Abandonnant la contemplation des livres, je me tournai vers leur possesseur. Mon regard perdit toute trace de rêverie pour se teinter d’incompréhension, mêlée d’une lueur de quelque chose de plus fort. De la révolte peut-être ? Maintenant que nous étions à nouveau seuls, je me laissai aller à toute la franchise dont je n’avais pas su faire preuve quelques instants plus tôt.

- C’est quoi votre problème ?

Probablement un peu trop direct, mais je n’aimais pas que l’on me juge sans savoir de quoi on m’accusait. Et là, j’avais l’impression d’avoir été condamnée sans même avoir eu le temps de me défendre. Et de me défendre contre quoi d’ailleurs ?

- Vous m’avez conseillé d’être plus prudente. Vous n’avez eu de cesse de vous moquer de la facilité avec laquelle on pouvait me pénétrer dans mon esprit. Et maintenant que je suis vos conseils, que j’apprends à fermer mon inconscient aux intrusions extérieures, vous me considérez plus mal encore ? Est-ce le fait que vous ne puissiez plus atteindre mon esprit aussi facilement qui vous embête ?

C’était ce qu’il avait laissé entendre alors que nous étions encore dans l’allée du manoir.

- Vous craignez que cette protection que j’élève ne me permette également de dissimuler des actions que je pourrais mener contre vous ?

Je le retins d’une main sur son poignet, me plaçant face à lui. Suffisamment proche pour sentir la chaleur qui se dégageait de son corps. Je soupirai et mon regard plongea dans le sien. Un regard d’autant plus intense qu’il ne comportait plus la moindre trace de révolte ou d’incompréhension. D’autant plus intense qu’il n’exprimait désormais rien d’autre que de la sincérité. Nathanaël n’avait pas besoin de sonder dans mon esprit pour lire en moi comme dans un livre ouvert, mes yeux étaient tout aussi parlants.

- Qu’est-ce qui vous fait croire que je pourrais effectivement avoir le besoin, ou même simplement l’envie d’utiliser cette défense contre vous ? Vous m’avez aidée et vous protégez mon secret. Quelle genre de personne serais-je si je ne faisais ne serait-ce que penser à vous faire du mal ? Je cherche seulement à me protéger de mes ennemis. Etes-vous l’un d’entre eux ?


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La bibliothèque... Quelque part, Nathanaël pensait avoir choisi ce lieu pour sa commodité. Elle était située au rez-de-chaussée et lui évitait ainsi d'entrainer la jeune femme à travers toute la bâtisse. Mais en dehors de cela, il se rendit compte également qu'il l'avait choisi parce que c'était sans doute le lieu qu'ils avaient tout deux en commun. Cette passion de la lecture et des livres de manière globale étaient la chose qui les reliaient le mieux. Et quoi de mieux pour une passionnée que de se retrouver dans un endroit familier pour se sentir davantage à son aise. Oui, peut-être l'avait-il choisi parce qu'elle y serait moins mal à l'aise. Lui-même y passait autrefois presque toutes ses soirées avec Rosemary à discuter du dernier ouvrage lu et à en débattre.

Depuis les choses avaient malheureusement évolués. Nathanaël avait choisi de prendre la place de Théodore, le jumeau restant de sa fratrie, au sein de l'île de Skye. L'endroit apparaissait comme un lieu du régime visant à réinsérer des criminels dans la vie active, de les rendre meilleurs. Mais la vérité paraissait, à ses yeux, tout à fait différente. S'il était pétri des meilleurs intentions à l'égard de l'établissement à son arrivée malgré les quelques échos malveillants qui étaient revenus jusqu'à ses oreilles, il avait rapidement vu que ceux-ci étaient fondés face aux tâches qu'il avait eu à effectuer. Les yeux d'Abelforth Dumbledore le regardant fixement suite à ses manipulations de mémoire le hantaient encore aujourd'hui alors que cet événement s'était déroulé deux mois plus tôt déjà.

Plongé dans ses sombres pensées, Nathanaël en fut tiré par la question de la rousse qui avait abandonné la contemplation des livres pour lui faire à nouveau face.

Quel était son problème ? Lui-même ne le connaissait pas parfaitement. Il était inquiet clairement. La jeune femme était liée de manière trop proche à sa famille et à lui. Cela l'effrayait et un bruit de couloir l'avait affolé, raison pour laquelle il l'avait convoquée au manoir.

Abigaïl continuait toutefois sur sa lancée, le questionnant sur la réelle raison de son agacement dans le cas présent. Certes, il ne pouvait retirer qu'il l'avait assez humiliée et agressée au sujet de son esprit ouvert à toute intrusion. Son soudain apprentissage de l'occlumensie aurait du être un soulagement mais il s'avérait que cela avait tout l'effet inverse sur lui. Et la jeune bibliothécaire touchait tout à fait dans le mile en avançant que cela lui était désagréable de savoir qu'elle pouvait fermer son esprit totalement à ses intrusions ou lui dissimuler des éléments. Sa méfiance naturelle et les trop nombreuses trahisons dont sa famille et lui-même avaient été les victimes ne faisaient que le pousser dans cette voie. Rien de ce qu'elle pourrait dire n'y changerait quoique ce soit.

S'apprêtant à se détourner pour mettre un peu de distance entre eux et lui éviter ainsi d'avoir le moindre comportement violent ou déplacé - forcer son esprit ne donnerait pas à la jeune femme la moindre envie de se montrer coopérative - , il fut surpris de la voir raccourcir la distance pour l'attraper par le poignet et lui faire face.

Sa déclaration l'étonna tout autant mais ne l'adoucit cependant pas. Des personnes ayant promis de les protéger lui, ses frères et ses soeurs, il en avait rencontré un paquet. Son oncle faisait partie de ceux-là et il en voyait chaque jour le résultat.

Se redressant de toute sa taille, Nathanaël exerça une légère pression sur la main d'Abigaïl qui lui enserrait toujours le poignet pour la forcer à le lâcher.

- Votre ennemi ?, murmura-t-il gravement en se penchant vers elle pour la vriller de son regard glacial, Il se pourrait que je sois exactement l'un de vos ennemis, Miss O'Brien.

Se libérant, Nathanaël restaura de l'espace entre eux.

- C'est même plus que probable. Je vous l'ai déjà dit et ça commence sérieusement à m'agacer de me répéter alors assimiler l'information une bonne fois pour toutes ..., lui fit-il en lui tournant le dos avant de lui faire face à nouveau, Je ne suis pas une bonne personne.

Le sous-entendu qu'il avait perçu chez son oncle l'agaçait, le faisant remettre en doute ce qu'il pensait savoir, brisant une fois encore un début de confiance qu'il avait cru pouvoir donner à une étrangère.

- Vous n'êtes absolument pas consciente du mal que je pourrais vous faire, Abigaïl. Je n'hésiterai pas une seule seconde à vous briser l'esprit si d'aventure vous veniez à tenter de me résister.

A la vérité, il n'hésiterait peut-être pas à le faire pour le bien-être des siens mais cela le poursuivrait comme tout ce qu'il avait déjà commis pour leur protection.

- Que pensez-vous que je fasse à Skye, dites-moi ? Que j'use de ma formation de médicomage pour soigner les détenus lors de leur ... comment est-ce encore ?! Réhabilitation ?

Un rictus déforma les traits de l'ancien serdaigle. Rictus derrière lequel se cachait une expression presque douloureuse.

- Êtes-vous sûre d'avoir les épaules pour vous lier à la résistance ? , se moqua-t-il avant de plonger son regard dans le sien, Je torture les gens, Miss O'Brien. Je fouille leurs esprits, les détruis depuis l'intérieur. Je vais chercher les informations qu'on me demande de trouver quitter à détruire sur mon passage toute l'essence de l'être qui passe entre mes mains.

Passant une main pour ramener ses cheveux vers l'arrière, Nathanaël se détourna à nouveau pour retrouver son calme. Il détestait ce travail, cette vie, ce don. A dire vrai, il commençait lui-même à se porter une haine sans nom.

- J'ai eu écho d'une rumeur. C'est la raison pour laquelle je vous ai convoquée ici. Je veux être certain que vous avez pris vos précautions au sujet de votre secret.

S'avançant vers un tableau de l'immense bibliothèque qui s'étalait sur deux niveaux bien que la jeune femme ne l'ait probablement pas remarqué, un léger murmure fit disparaitre ce dernier pour laisser place à une encoche de laquelle il retira une pensive ainsi qu'une fiole.

Revenant vers elle il déposa sur la table basse du salon devant l'âtre, les deux objets avant de lui faire face à nouveau.

- Avez-vous parlé de nous à quiconque ? Ou même laissez passé quoique ce soit à ce sujet ? , lui demanda-t-il avant de pointer du doigt les deux objets, De mon côté, j'ai prévu d'ôter tous souvenirs vous concernant ou presque de ma mémoire. Il serait dangereux autant pour vous que pour moi, au vu de ma position, que je garde ses informations en tête. Aussi, quoique vous entendiez à mon sujet et peu importe la situation qui sera la mienne, je vous demande de me promettre de ne pas vous en mêler. Est-ce clair ? Ai-je votre promesse ?


Nathanaël Lysander Yaxley
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Mon regard totalement rivé au sien, je relâchai son poignet, comme il m'incitait à le faire. C'était un geste dont je n'avais même pas eu conscience. Quelque chose que j'avais fait, comme un réflexe, comme si j'avais voulu, sans m'en rendre compte, établir une sorte de lien entre lui et moi. Un moyen de lui faire comprendre que même s'il ne me faisait pas confiance, je ne le trahirais pas. Je ne m'attendais pas à ce qu'il me croit totalement, mais s'i lavait voulu vérifier la véracité de mes dires, il pouvait encore s'insinuer dans mes pensées. Il savait pertinemment, je n'en doutais pas, que je n'avais pas encore suffisamment la maîtrise de l'occlumancie pour l'empêcher de le faire.

Ce que je lus dans son regard, alors même que ses mots concordaient avec cette lueur qu'avaient prises ses prunelles, me fit l'effet d'une douche froide. Je ne bougeai pas cependant. Peut-être étais-je trop obstinée pour accepter l'idée même qu'il puisse être capable de me faire du mal si l'envie m'en prenait ? C'est que ça ne me semblait tellement pas cohérent avec ce qu'il m'avait montré de lui. Je veux dire, bien sûr qu'il n'avait eu de cesse de me répéter qu'il était dangereux, bien sûr qu'il m'avait déjà menacée à plusieurs reprises. Mais au-delà de ça, il m'avait aidée et il avait dit qu'il protégerait mon secret. Il aurait pu mentir, mais comme la milice n'était toujours pas venue m'arrêter, j'en étais venue à me dire qu'il tenait véritablement sa parole. Le truc, c'est que mon secret lui donnait un pouvoir tellement énorme sur moi, et il ne s'en servait même pas, malgré toutes les mises en garde qu'il avait proférée. Dans mon esprit romanesque, ça n'était pas logique.

- Je ne vous crois pas, affirmai-je alors qu'il me disait être une mauvaise personne et qu'il pouvait me briser s'il le souhaitait. Vous...

Je reculai de quelques pas et mon regard parcourut la bibliothèque tandis que je faisais un tour sur moi-même, ouvrant les bras comme pour lui montrer la totalité de tous les livres qui se trouvaient sur ces étagères.

- Quelqu'un qui aime autant les livres, et des livres aussi différents les uns des autres, ne peut pas être une mauvaise personne.

Et c'était réellement ce que je pensais. J'avais vu toute sorte de titres lorsque j'avais regardé brièvement ces étagères. Nathanaël possédait un nombre incalculable de livres. De ceux qui forgent l'esprit. De ceux qui disent une chose et de ceux qui disent le contraire. A mon sens, cette profusion d'ouvrage indiquait clairement que Nathanaël et les siens possédaient cette curiosité qui amenait, à travers les livres, à réfléchir et se faire sa propre opinion sur toute sorte de choses. Ne disait-on pas que la culture était la meilleure arme contre toutes ces choses mauvaises qui empoisonnent l'esprit humain ?

Pourtant, lorsqu'il aborda le sujet de son travail, mes sourcils se froncèrent et je baissai lentement les bras. Je devais ressembler à un petit animal craintif qui redoute ce qui va venir après. Je ne connaissais l'établissement de Skye que de nom. Je savais qu'il était en lien avec le gouvernement et qu'il avait pour mission de changer l'état d'esprit des criminels pour qu'ils puissent s'intégrer de la meilleure façon qui soit à notre société. Des rumeurs, cependant, disaient que les méthodes utilisées par l'établissement étaient plus que discutables. Les pires d'entre elles affirmaient que derrière ses portes se déroulaient des horreurs. Je ne savais trop que croire, partagée entre mon envie de voir le monde sous un œil optimiste et bienveillant et la méfiance que j'éprouvais à l'égard du gouvernement. Or Skye était sous la férule de ce gouvernement.

Mes yeux s'écarquillèrent quelques secondes tandis qu'il avouait ce qu'il faisait à son travail. C'était comme si mon esprit se refusait à croire qu'il puisse être capable d'une telle chose alors même qu'il se trouvait devant le fait accompli. Mais il n'avait aucun intérêt à me mentir, n'est-ce pas ? A moins qu'il ne cherche délibérément à me faire fuir ? Il m'avait déjà dit, à maintes reprises, qu'il voulait que je disparaisse totalement de son horizon. Et nous étions bien partis pour que ce fusse le cas, étant donné que maintenant qu'il m'avait aidée à retrouver mes souvenirs, je n'avais plus de raisons de chercher à le voir. Mais c'était lui qui m'avait fait venir ici...

Il avait cependant réussi à semer le doute dans mon esprit. Mon regard se fit légèrement plus inquiet, c'est qu'il commençait à me faire peur pour le coup. Mais pour autant, je ne m'éloignai pas davantage de lui, comme si je tenais à lui démontrer que oui, j'avais les épaules pour faire partie de la Résistance.

- Alors pourquoi vous ne me dénoncez pas ? Je m'animai soudain, faisant un pas vers lui. Au lieu de reculer, j'avançai. Mon esprit s'était mis à douter, mais il se refusait à le croire totalement, parce qu'une fois encore, ça n'était pas cohérent. Pourquoi vous ne me faites pas enfermer à Skye ? En tant que résistante, je possède des informations que pourraient aider vos supérieurs. Pourquoi vous ne faites pas votre boulot ? Si vous êtes tellement sans pitié pour les autres résistants, pourquoi ne me faites vous pas subir le même sort ? Qu'est-ce que j'ai de plus qu'eux ?

Une petite voix dans ma tête me chuchota que c'était peut-être parce que je ressemblais à Margaret. Quand bien même il la rejetait, mon amie savait qu'au fond de lui-même, ce n'était pas ce qu'il voulait. C'était pour cela qu'elle s'accrochait. Quelque part, la certitude de la jeune fille avait fini par m'atteindre.

Et puis Nathanaël évoqua la raison de ma présence ici.

- Une rumeur ?

Quelle rumeur pouvait-elle justifier qu'il me convoque de la sorte pour s'assurer de ma discrétion ? Mon visage prit une expression d'incompréhension la plus totale alors que mes yeux le suivaient jusqu'au tableau. Celui-ci était tellement immense que je ne l'avais même pas vu. Mais ce ne fut pas le tableau en lui-même qui capta mon attention. Ce furent les deux objets qu'il trouva derrière.

- Bien sûr que non, répondis-je alors qu'il me demandait si j'avais cafté.

J'étais un peu vexée qu'il me pose la question, d'autant qu'il avait vérifié mon esprit quand j'étais arrivée, il avait bien dû voir que ce n'était pas le cas. Mais il ne m'accordait pas sa confiance. Et même si ça me désolait, je ne pouvais rien y faire je crois. Mon regard se posa à nouveau sur la pensine alors qu'il m'informait de ce qu'il souhaitait faire. M'effacer de sa mémoire ? Je comprenais où il voulait en venir mais... J'en ressentis comme un pincement au cœur. Il avait raison, c'était certainement plus prudent. Cependant l'idée de redevenir une parfaite étrangère pour lui me laissait une sensation amère.

Je relevai les yeux vers lui. Etait-ce qu'il attendait de moi ? Que je fasse la même chose ? Que je retire de mon esprit tout souvenir ayant attrait à lui ? Non, c'en était hors de question. J'allais apprendre à fermer mon esprit, il ne serait pas en danger. Mais je ne voulais pas l'oublier. J'étais incapable de dire pourquoi, mais je ne voulais pas.

Et puis Nathanaël me posa ses dernières questions. Mon regard flamboya tandis que la flamme de la rébellion s'y allumait.

- Quoi ? Non, il en est hors de question ! Vous ne pouvez pas me demander cela !




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Le déni de sa personnalité... La jeune femme qui lui faisait face était en plein dedans. Depuis leur première rencontre, Nathanaël lui avait affirmé qu'il était une mauvaise personne, un être qu'il valait mieux ne pas fréquenter et encore moins contrarier. Malgré cela, Abigaïl n'en avait fait qu'à sa tête, s'entêtant ouvertement à lui tenir tête. Visiblement il n'y allait pas encore assez fort avec elle pour qu'elle daigne le croire. Margaret aussi avait été ainsi. Outre leur ressemblance capillaire, il fallait croire qu'elles n'étaient pas amies pour rien et avaient hérité du même caractère opiniâtre. Et dire qu'il pensait que le mauvais sort de la Gryffondor lui servirait de preuve et d'exemple. Même pas !

Quant enfin, il aborda le sujet de son travail il crut enfin avoir gagné. Ecarquillant les yeux, le doute s'était immiscé dans l'esprit de la bibliothécaire de Poudlard. Ce n'était visiblement pas encore suffisant pour totalement la convaincre malheureusement. Un espoir subsistait encore dans son esprit. Il pouvait le voir même sans le sonder. Et bien s'il fallait en passer par là pour la convaincre... Il n'aurait pas le choix.
Mais les paroles qui suivirent lui apprirent que l'espoir et la foi qu'elle avait placée en plus occupaient encore la majeur partie de l'estime qu'elle lui portait.

Face à son refus d'obtempérer et de céder à sa demande, Nathanaël soupira fortement. Les actes qu'ils avaient commis ces derniers temps, la crainte qui le tenaillait au sujet de sa fratrie et de l'ombre planant sur eux de leur oncle combiné aux remords qu'il éprouvait déjà depuis la mort de William, eurent tôt fait de lui faire prendre la décision qu'il craignait tant. Se montrer tel le monstre que Jeremiah avait créé. Donner raison à sa tante qui ne tolérait plus sa présence. Se poser en tant que ce médicomage effroyable de Skye.

Tout cela, le jeune homme se le serait épargné si seulement il avait eu le choix. Si seulement Abigaïl lui avait fait le plaisir de se laisser convaincre.

Dos à elle, il ferma brièvement les yeux pour tenter de faire taire la part de lui qui regrettait déjà ce qu'il s'apprêtait à faire.

Se tournant à nouveau vers elle, son visage se fit dur.

- N'avez-vous donc pas écouter le moindre mot de ce que je viens de vous dire, Miss O'Brien ? Cessez vos rêveries romantiques idiotes ! Nous sommes dans la réalité, pas dans un livre de Jane Austen. Réveillez-vous, bon sang.

Nathanaël fit un pas dans sa direction.

- Que n'avez-vous pas compris quand je vous ai expliqué poliment et sans détails que je torturais les résistants sous la couverture d'un médicomage à Skye ? Dois-je donc vous décrire la confiance que ressentent apriori les personnes qui me sont amenées? Elles pensent voir un médecin mais rien d'autre que la destruction ne les attend derrière la porte qu'ils franchissent pour me rejoindre. Est-il vraiment nécessaire que je vous expose les fragments de vie heureux et les souvenirs précieux que je piétine et foule du pied pour parvenir à obtenir les informations que mes supérieurs et le régime Marchebank désirent ? Avez-vous donc au final si peu d'imagination pour ne pouvoir réaliser l'état dans lequel ils sortent de notre entretien ?

S'étant à nouveau avancé durant sa tirade, l'ancien Serdaigle se pencha vers elle, un rictus cruel tordant ses lèvres.

- Ce ne sont guère plus que des carcasses, Miss O'Brien. Des enveloppes vides dont l'âme a été soigneusement réduite en MIETTES., continua-t-il avant de placer ses deux paumes de chaque côté du visage de la jeune femme, la colère déformant légèrement ses traits, Ne comprenez-vous donc pas que le seul monstre derrière tout cela n'est que moi ? A quoi pensez-vous que mon oncle m'ait formé ? Skye n'a rien à voir avec cela. J'étais déjà ainsi bien avant de poser ne serait-ce qu'un pied là-bas... Bien avant même de quitter Poudlard.

Son visage se fit calme mais une lueur cruelle s'alluma dans les yeux bleu du jeune homme accompagné par un rictus mauvais.

- Mais n'ayez crainte... Je vais vous faire amèrement apprendre votre leçon cette fois.

Plongeant dans son esprit sans lui demander la permission. Remontant les souvenirs de la jeune femme, il ne mit pas longtemps pour trouver le souvenir qui l'intéressait. S'il avait compris quelque chose à force de croiser la jeune femme c'était bien qu'elle tenait particulièrement à sa famille et à ceux qu'elle considérait comme telle. Nathanaël aurait pu s'attaquer au souvenir de Margaret mais l'impact aurait été moindre. Non, s'il voulait convaincre Abigaïl, il devait s'attaquer à quelque chose d'inestimable pour elle. Les bribes de passés précieux scintillaient davantage que les autres lorsqu'il explorait l'esprit des gens. C'était risible quand on savait que justement cela les rendait plus vulnérables face aux personnes comme lui. Non s'il souhaitait la plier à sa volonté et la persuader du danger qu'il représentait, il devait s'attaquer à un être que la rousse adorait plus que tout : son frère défunt, Cillian. C'est ainsi qu'il trouva une réminiscence d'une scène datant de Poudlard. La jeune femme devait être en deuxième année tout au plus et son frère se tenait à ses côtés. Ayant déjà vu le souvenir lorsqu'il l'avait aidée pour se remémorer celui que ses parents lui avaient cachés, il ne fit que le survoler pour bien montrer à la jeune femme ce qu'il était sur le point de lui dérober.

Car lorsqu'il quitta l'esprit de la jeune femme pour venir lui faire à nouveau face, le souvenir avait comme disparu de l'esprit de celle-ci. L'une des bribes du passé qu'elle chérissait tant et qui visiblement lui procurait tant de bonheur venait tout bonnement de s'effacer.

- Voulez-vous donc que je m'en prenne à un autre de vos si précieux souvenirs concernant Cillian ? Je peux effacer jusqu'à la moindre petite trace de votre défunt frère de votre mémoire ne vous laissant qu'un vague regret de ne pouvoir vous remémorer une personne si chère à votre coeur autrefois.

Reculant d'un pas, Nathanaël la jaugea aussi calmement et glacialement qu'il le faisait avec ses prisonniers. La personne qu'il était réellement s'était recluse et ne restait que l'homme dont il donnait le change hors des murs du manoir, loin de sa fratrie, un démon qui prenait de plus en plus de place et qui venait pour la première fois de pénétrer en ces murs synonymes d'havre de paix pour lui. Les remords pouvaient bien pointer le bout de leur nez, il les repousserait loin de lui. Pour l'instant ... Il serait bien assez tôt pour qu'ils viennent le tarauder.

- Allez-vous vous montrer coopérative et accéder à ma demande, Miss O'Brien ? Cette fois, j'ai eu largement le temps de me reposer et je peux tenir de la sorte fort longtemps... m'attaquant à vos précieux souvenirs les uns après les autres et les annihilant tous.

En vérité, il était loin d'être reposé. La situation était même pire que la dernière fois qu'il s'était vu. Mais il ne se déroberait pas à ce qu'il venait de lui affirmer. Il en allait de la sécurité de sa famille.


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Lorsqu'il se tourna à nouveau vers moi et que je vis l'expression de son visage, je compris aussitôt que je n'allais pas apprécier ce qu'il allait dire. Mais ce qu'il me sortit au premier abord me fit lever les yeux au ciel. Mes "rêveries romantiques idiotes" ? Quand allait-il comprendre que j'étais, justement, ancrée dans la réalité. Quand allait-il comprendre que mon esprit se refusait à le voir tel qu'il se décriait simplement parce que ça ne collait pas ? Il y avait trop d'incohérence.

- Ca ne répond pas à ma question.

Effectivement, il l'avait royalement ignorée. Et c'était ça, justement le fond de l'incohérence. Il essayait de se montrer menaçant, mais il n'allait pas au bout de ses menaces. Il voulait me faire peur, mais en même temps, il me protégeait. S'il était le monstre qu'il disait être, pourquoi semblait-il avoir des états d'âmes face à moi ? Pourquoi ne m'infligeait-il pas purement et simplement ce qu'il me promettait ?

Mes sourcils se froncèrent alors qu'il s'avançait légèrement vers moi. Mais je ne le quittai pas des yeux, je ne cillai pas. Droite dans mes bottes, je me découvrais une volonté dont j'avais presque oublié l'existence. Et pourtant, je la connaissais, cette sensation. C'était la même que celle qui m'avait animé lors de la bataille de Poudlard, alors que je voyais mes amis tomber les uns après les autres. Jusqu'à mon propre frère. Passé les premières minutes de choc, je m'étais révélée d'autant plus déterminée à me battre contre les Mangemorts.

Cependant, plus il parlait, plus il m'exposait ce qu'il faisait réellement dans l'enceinte de Skye, et plus je me sentais flancher. Je parvins à conserver assez de volonté pour ne pas bouger lorsqu'il prit mon visage entre ses mains. Mais je ne pus empêcher une lueur inquiète de passer dans mon regard. Je déglutis en voyant son regard à lui, froid, cruel, bien plus que ce qu'il ne m'avait montré jusqu'à présent. Et pourtant, on pouvait dire qu'il n'avait pas été très tendre avec moi depuis que nous nous étions rencontrés.

- Pourquoi vous...

Je n'eus pas le temps de terminer ma phrase, Nathanaël venait de forcer le passage dans mon esprit. L'espace d'une seconde, j'eus le réflexe de mettre à exécution le peu d'occlumencie que j'avais apprise. Je visualisai un mur de briques, essayant de me fixer dessus. Je le vis se monter petit à petit. Et puis, soudainement, ce fut comme si je me rappelais qu'il s'agissait de Nathanaël et que, justement, j'avais décidé de le laisser faire à chaque fois, pour qu'il comprenne qu'il n'avait rien à craindre de moi. Alors j'abaissai mes barrières, volontairement. Je suppose qu'il a put sentir la différence.

Je vis mes souvenirs passer rapidement, comme s'il cherchait quelque chose de précis. Il s'arrêta sur un vieux souvenirs qui me parut totalement insignifiant sur le coup. C'était une scène qui nous représentaient, Cillian et moi. Une scène comme tant d'autres, qui démontraient à quel point j'aimais mon frère. Je sentis ma gorge se nouer, comme à chaque fois que je pensais à lui, ainsi que cette sensation de vide qu'il avait laissée derrière lui, comme un trou béant qui ne serait jamais rebouché.

Lorsqu'il se retira de mon esprit, je ne me rappelai plus la scène que nous venions de visualiser. Cela n'était jamais arrivé jusqu'à présent. Mais c'était flou, comme un rêve étrange que je n'arriverais pas à me remémorer. Je clignais des yeux plusieurs fois, en proie à l'incompréhension. Comment était-ce possible ? Que s'était-il passé ? Nathanaël m'en apporta rapidement la réponse.

Je me détachai de lui plus violemment que je ne l'aurais voulu, arrachant mon visage d'entre ses mains et reculant de plusieurs pas. Mon regard reflétait la colère que je ressentais, sachant qu'il venait d'effacer de ma mémoire un de mes souvenirs. Subitement, j'eus envie de quitter la pièce, de m'éloigner de lui, de l'envoyer au diable et d'oublier jusqu'à son existence. Je fis volte face, lui tournai le dos et me dirigeai vers la porte.

Et puis, j'entendis la voix de mon frère, un autre souvenir auquel Nathanaël n'avait pas encore eu accès, une conversation que nous avons eue, juste avant que nous ne nous lancions dans la bataille. "Quoiqu'il arrive, n'oublie jamais qui tu es et ce en quoi tu crois. Si l'un d'entre nous doit tomber ce soir, ne cède pas, ne les laisse pas gagner".

Je fis une pause face à la porte, la main sur la poignée et hésitai quelques secondes avant de me retourner vers Nathanaël.

- Allez vous faire foutre. Il est hors de question que je me laisse intimider par vos menaces. Je suis ce que je suis, et je n'ai pas l'intention de laisser qui que ce soit changer cela. Quelque en soit le prix.

Je lui adressai un regard déterminé et posai à nouveau la main sur la poignée. Jusqu'à présent, j'avais toujours laissé Nathanaël "diriger" nos rencontres. Seulement, il était temps qu'il se rende compte que je n'étais pas un pantin qu'il pouvait manipuler selon son bon vouloir. Bien sûr qu'il me faisait peur avec ses menaces, mais je me souvenais de la promesse que j'avais faite à Cillian. Ma détermination à rester fidèle à moi-même était plus forte que mon intimidation.

Sans rien ajouter de plus, j'ouvris la porte et sortis de la pièce. Libre à Nathanaël de me rattraper ou pas.


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Naïve et si fragile, ce furent les premiers qualificatifs qui vinrent à l'esprit du legimens alors que le maigre mur que la jeune femme avait érigé pour barricader son esprit s'estompait pour le laisser arpenter ses souvenirs. Elle l'avait laissé entrer sans poser de résistance visiblement parce qu'elle lui faisait beaucoup trop confiance déjà.
Il lui prouvait ainsi qu'elle devait se méfier, arrêter de croire en sa bonté comme Margaret avant elle. N'avait-elle donc pas vu où cela avait mené la Gryffondor ?

D'un autre côté, cette part de lui-même qui n'avait pas été pervertie par Jeremiah Morgenstern et qui s'était emmurée loin du monstre qui avait pris les commandes, avait soupiré de soulagement face à l'attitude de la rousse. Il savait parfaitement le mal qu'il pouvait faire avec cette malédiction que beaucoup confondaient avec un don. Abigaïl O'Brien avait beau apprendre l'occlumensie, il l'avait devancée depuis de très nombreuses années avec sa propre legimensie. Ces années d'expérience couplées aux séances d'entrainements que lui faisait mener son oncle ainsi qu'aux tortures qu'il pratiquait sur Skye lui avaient donné la pleine puissance et possession de ce don. Peu importe l'épaisseur du rempart que la bibliothécaire aurait élevé contre lui, il se connaissait assez pour savoir que sa détermination l'aurait poussé à tenter l'impossible pour le détruire quitte à briser l'âme de celle qui lui faisait face.

Son comportement loin de provoquer la peur de la jeune femme, attisa au contraire, son courroux. Cette dernière, après l'envoyer vertement envoyer se faire voir, quitta la pièce.

Cette réaction provoqua à son tour l'emportement de Nathanaël qui frappa de son poing fermé contre la bibliothèque en chêne. Leur entrevue ne devait pas se dérouler de la sorte. De base, il n'avait déjà pas cru qu'elle aurait assez de cran ou de motivation pour apprendre l'occlumensie. Lui-même avait prévu de l'apprendre mais son emploi du temps ne lui avait pas laissé l'opportunité de se pencher sur la question. Cet échec remettait sur le tapis la nécessité qu'il s'y attèle rapidement. Dès le lendemain, il sacrifierait quelques heures de sommeil de plus pour travailler à cela.

En attendant, il devait rattraper Abigaïl avant que cela n'attire l'attention de Rosemary et ne l'alerte. Le médicomage aurait du se fier à son premier avis. Inviter la rousse au manoir et la laisser y pénétrer était une très mauvaise idée. Depuis qu'ils étaient orphelins de parents, Nathanaël avait tenté protéger sa fratrie - ses soeurs davantage encore et Rosemary plus que quiconque - de toutes formes de situations effrayantes. Il les avait tenu à distance de la créature sans âme qu'avait construit leur oncle sur les cendres de son innocence démolie et bafouée. Ce instinct de protection s'était d'ailleurs renforcé avec les mauvais traitements qu'il avait reçu se mutant en besoin constant de se sacrifier pour leur permettre de vivre une vie normale et tranquille. Le décès de William avait été un déchirement pour tous mais lui-même l'avait davantage mal vécu. Ce cuisant déboire le rongeait encore aujourd'hui de l'intérieur.
Aussi souhaitait-il empêcher la jeune femme d'alerter la seule personne présente ce jour-là dans la demeure et de la pousser à s’inquiéter.

- Miss O'Brien, appela-t-il d'une voix assurée lorsqu'il la rattrapa dans le hall.

L'attrapant par le coude, il la fit rapidement mais sans brutalité pivoter vers lui pour qu'elle lui fasse à nouveau face. Son masque de froideur lui recouvrait toujours les traits et ses machoîres étaient contractées, signe de son agacement certain.

- Cessez vos enfantillages ! Ma soeur n'a pas besoin d'être inquiétée par votre scène., lui murmura-t-il sèchement pour qu'elle soit la seule à l'entendre peu importe que sa cadette arrive ou non, Vous allez me faire le plaisir de revenir dans la bibliothèque tout de suite.

Avisant brièvement Abigaïl, une lueur résignée s'alluma dans son regard.

- Impero..., chuchota-t-il un léger malaise à peine perceptible dans sa voix pour quiconque ne le connaissant pas bien avant de poursuivre à voix haute, Je suis certain que nous pouvons nous entendre à ce sujet. Veuillez me suivre.

Une fois de retour dans le bureau, Nathanaël enclencha le verrou pour empêcher toute nouvelle fuite.

- Avant que je vous libère du sort, inutile de me réaffirmer où vous souhaitez me voir aller. Vous allez m'écouter attentivement sans le moindre geste brute comme une personne civilisée que je ne suis pas mais que je suis certain que vous-même pouvez être. Me suis-je bien fait comprendre ?

D'un informulé, il la libéra du sortilège sous lequel il l'avait placée restant toutefois sur ses gardes. Il n'hésiterait pas à la neutraliser en cas d'agression.

- Bien. Je vous le demande une dernière fois de manière courtoise : faites-moi la promesse de ne pas vous exposer si je venais à être arrêté. Après tout, ne venez-vous pas de m'envoyer ... comment était-ce ?... Ah oui, "me faire foutre"?, avança-t-il comme argument en mimant des mains les guillemets, Le cas échéant, vous mettriez les miens en danger ce que je ne peux tolérer. Jurez-moi de rester en dehors de tout cela.

S'approchant d'elle, il respecta toutefois l'espace personnel de la jeune femme qu'il avait tendance à piétiner bien trop souvent à son goût d'ailleurs.

- Si vous refusez à nouveau, je ne m'amuserai pas à vous retirer chaque souvenir important de votre mémoire finalement. Non, vous serez libre de repartir. Toutefois, si d'aventure, j'avais à nouveau le moindre doute vous concernant comme c'est le cas aujourd'hui, je peux vous garantir que non seulement, vous subirez ma colère et le sort que je vous ai promis mais votre famille en fera également les frais.

Se détournant d'elle, il arpenta l'espace un rictus mauvais sur les lèvres.

- Comment votre père moldu, il me semble, survivrait-il à mes séances de torture, pensez-vous ? Et votre mère ? Sans oublier votre jumeau..., argua-t-il avec cynisme, Croyez-moi, je ne lésinerai devant rien. Le régime se montre extrêmement prudent avec les dissidents. Il ne sera guère compliqué de les convaincre que votre famille représente un danger.

Examinant un ouvrage quelques instants, il vrilla ensuite son regard bleuté dans celui d'Abigaïl.

- Oh bien sûr, vous pouvez les mettre en sécurité, les éloigner et ... les forcer à vivre comme des criminels. Mais croyez-moi bien que je ne lésinerai devant rien pour atteindre mon objectif. Vous vous leurrez si vous pensez que vous avez eu à faire à l'ampleur de mon don, Abigaïl. Ceci n'était qu'un échantillon.

Sur ses paroles, Nathanaël appela leur elfe de maison, Erèbe, avant de déverrouiller la porte.

- Libre donc à vous d'en faire selon votre bon plaisir désormais. Erèbe vous raccompagnera jusqu'au devant de notre domaine. Vous voilà prévenue et consciente de ce que vous encourez. , lui dit-il avant de se tourner vers le domestique qui attendait patiemment les ordres, Raccompagnes mademoiselle O'Brien à la limite de notre propriété, je te pries. Ne la laisses pas malencontreusement s'égarer.

Le médicomage avait à dessein insisté sur le mot.

- Cela se produit bien trop souvent à mon goût ..., ajouta-t-il avec un sourire empli de mépris à l'attention de la jeune femme.

Sur ces mots, le jeune homme tourna le dos à son invitée observant par l'immense fenêtre à croisillon l'étendue de leur parc.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Je n'avais pas l'intention de provoquer le moindre scandale. Pas plus que de rajouter quoique ce soit à ce que j'avais déjà dit. Je souhaitais simplement quitter l'endroit, fermement campée sur mes positions. Cela donnait un peu l'impression que je fuyais, mais quoi ? Nathanaël et ses menaces peut-être ? Je n'étais pourtant pas du genre à me laisser impressionner, je l'avais déjà prouvé pendant la bataille de Poudlard. Et les quelques années qui avaient passé depuis n'avaient rien changé à ça. Alors quoi ? Je crois que j'en avais marre, tout simplement. Marre de cet homme irascible qui essayait de changer ma façon de voir les choses, qui tentait de forcer ma nature dans le sens qui lui convenait. Seulement, je n'avais pas l'intention de me laisser faire.

Le bruit que Nathanaël fit me parvint alors que je me dirigeais vers la porte d'entrée du manoir. Je supposai qu'il avait dû donner un coup dans un meuble. De colère ou de frustration, je ne savais pas. L'espace d'un instant, je me surpris à penser qu'il valait mieux que ce soit le meuble plutôt que moi qui prenne des coups. Et puis, une autre pensée s'insinua dans mon esprit et je ralentis le pas sans m'en rendre vraiment compte.

Je n'arrivais pas à cerner cet homme, c'était un fait. Et le fait est qu'il ne m'y aidait pas vraiment. Pourtant, je demeurais convaincue que ce qu'il me montrait n'était qu'une façade, que derrière tout cette méchanceté se cachait un homme totalement différent. Margaret en était persuadée, elle aussi. J'avais entrevu cet homme, en de très rares occasions, preuve cependant qu'il était bien là, quelque part. J'aurais aisément pu cesser de me creuser la tête et me dire qu'il n'en valait pas la peine mais... mon esprit ne fonctionnait pas comme cela. Nathanaël avait raison sur un point, mon esprit était beaucoup trop romanesque. Et je devais bien avouer que l'ancien Serdaigle m'intriguait énormément. Il me rendait curieuse au point de na pas prêter tellement d'attention aux menaces qu'il proférait.

J'avais presque atteint la porte lorsque sa voix me parvint, dans mon dos. Assurée, impérieuse, et pourtant je ne la redoutais pas. Il avait un timbre particulier que, sans comprendre pourquoi, j'appréciais quelque peu. Mais qu'est-ce qu'on allait faire de moi ? Ca n'avait pas un nom ce truc-là ? Genre Syndrôme de Stockholm ?

Je levai les yeux au ciel, marquai un léger temps d'arrêt, mais décidai de ne pas me retourner. De ne pas lui prêter la moindre attention d'ailleurs. Je n'eus cependant pas lorsqu'il me retint d'une main sur mon bras et me força à pivoter vers lui.

- Je n'ai pas la moindre attention d'alerter votre soeur, sifflai-je entre mes dents, à un volume sonore identique au sien. Et je n'ai pas non plus envie de vous suivre.

D'un mouvement sec, je dégageai mon bras de son étreinte et reculai d'un pas. Son regard était glacial et j'y voyais la colère en même temps, drôle de mélange. Le mien était déterminé, le fait est que j'étais têtue.

- Je n'ai rien de plus à vous dire et je n'ai pas envie de vous entendre continuer à essayer de me changer. Je suis comme je suis et....

Je m'interrompis, l'imperium de Nathanaël venant de me frapper. Alors que Nathanaël me donnait ses ordres pour me faire retourner dans la bibliothèque, une petite vois m'insuffla que ce n'était pas ce que je voulais. Mais je n'avais jamais vraiment appris à lutter contre ce sortilège, aussi le suivis-je docilement, sans rien dire de plus.

Lorsqu'il leva le sortilège, je m'aperçus tout à coup que j'étais de retour dans la bibliothèque. Je regardai autour de moi, clignant des yeux.

- Qu'est-ce que... ? Comment je suis revenue ici ?

C'était comme d'essayer de se rappeler un rêve. Les images étaient floues, dans le désordre, il en manquait un bout. Il ne me fallu pas longtemps pour reconnaître la sensation d'un imperium, je la connaissais déjà. Mes yeux s'écarquillèrent soudain alors que je le dévisageais tandis qu'il reprenait la parole.

- Non mais c'est quoi votre problème ? Vous êtes complètement cinglé, j'y crois pas ! Ce que je vous ai dit ne vous convenait pas alors vous m'avez forcée à revenir ici ? Et maintenant, il se passe quoi ? ous allez me retenir jusqu'à ce que je vous donne la réponse que vous voulez ?

J'aurais encore préféré ça à ce que Nathanaël me promettait si je ne cédais pas. Le problème, c'est que j'étais le genre de femme loyale envers les siens et qui considérait qu'il n'y avait rien de plus précieux que les gens qu'on aimait.

- Laissez ma famille en dehors de ça, ils ne vous ont rien fait...

Ce fut la seule chose que je parvins à articuler alors qu'il m'exposait une partie de ses idées.

Pour être honnête, je commençais à flancher. Nathanaël pouvait s'en prendre à moi sans que cela n'ébranle ma volonté, mais ma famille était tout ce que j'avais. Et je refusais que quelqu'un souffre à cause de mes actes. La voix de Cillian s'insuffla à nouveau dans mon esprit : " Si l'un d'entre nous doit tomber ce soir, ne cède pas, ne les laisse pas gagner". Bien sûr, il y avait des miles entre Nathanaël et Voldemort et ce qu'il représentait. Les deux situations n'étaient pas comparables. Je ne comprenais  pas comment on avait pu en arriver là, à ces menaces. Je ne comprenais pas ce qui poussait Nathanaël à exiger que je ne m'en mêle pas si d'aventures il se trouvait à avoir des ennuis à cause de mon secret.

Durant tout ce temps où je réfléchissais, Nathanaël avait convoqué son elfe de maison, lui demandant de me raccompagner jusqu'à la sortie du domaine. Après quoi il m'avait tourné le dos, signifiant que pour lui, la conversation était terminée. Mais elle ne l'était pas pour moi. Ignorant l'elfe, je fis un pas dans la direction de Nathanaël. Et lorsque je me remis à parler, ma voix avait retrouvé le calme, comme si rien ne s'était passé, comme si toute colère avait disparue.

- Pourquoi tenez-vous tant à ce que je vous laisse subir le sort qui me serait normalement réservé ? Vous croyez vraiment que cela protégerait votre soeur ? Nathanaël, vous êtes bien trop intelligent pour croire ça. Je ne comprends pas. Si l'ont vous soupçonne d'avoir un lien avec la résistance, votre soeur sera impliquée. Le gouvernement ne laissera pas passer cela. Il voudra s'assurer qu'il n'est pas tombé sur un noyau de résistance. Mais si je me livre au gouvernement à votre place, ca vous disculpera totalement, ainsi que votre soeur. Ils trouveront toutes les preuves dans mon esprit. Et alors ce ne serait non plus votre famille qui serait en danger, mais la mienne...

Ma voix flancha sur ces derniers mots. C'était comme si je prenais subitement conscience du danger que je faisais risquer à ma famille en m'engageant dans la Résistance. " Quoiqu'il arrive, n'oublie jamais qui tu es et ce en quoi tu crois. Si l'un d'entre nous tombe ce soir, ne cède pas, ne les laisse pas gagner." Lorsque je repris la parole, ma voix était plus affirmée et je relevai le menton avec une expression de défi.

- Mon père s'est engagé pour la défense des droits civiques des Irlandais du Nord. Il était parmi les manifestants lors du Bloody Sunday, il a été blessé, mais il n'a pas arrêté de se battre pour autant.

Mes parents avant déménagé à Galway peu après la naissance de Cillian. A cette époque, il était toujours difficile d'être chrétien en Irlande du Nord et ils ne voulaient pas que leurs enfants grandissent dans un tel contexte. Mon père n'avait pas abandonné la lutte pour autant.

- Mon frère aîné est mort pendant la bataille de Poudlard et mon jumeau et moi-même avons combattu les Mangemorts dans cette même bataille. La chute de Cillian ne nous a rendus que plus déterminés à obtenir la victoire. Ma famille n'a jamais reculé devant les risques que leurs prises de positions impliquaient. Je n'ai pas l'intention d'être la première.

Prenant une profonde inspiration, je fis un nouveau pas en direction de Nathanaël.

- Je suis désolée Mr Morgenstern, mais si vous deviez subir les conséquences de mon engagement, il est hors de question que je vous laisse le faire seul. Et vous positionner en martyr ne protégera pas votre soeur. Au contraire, ça ne fera qu'attirer davantage l'attention sur elle.


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Il l'avait congédiée. De manière peu cavalière de surcroît ! Mais elle se tenait toujours là semblant balayer comme toujours l'ordre qu'il avait donné.
La colère, il l'avait pourtant vue passé sur ses traits lorsqu'elle avait compris qu'il l'avait soumis à l'imperium.

Ces paroles l'avaient étrangement blessés. Pourtant n'était-ce pas ce qu'il cherchait depuis le départ ? La pousser à le considérer comme un monstre et le fuir au plus vite ? Se méfier de lui et s'en protéger comme la peste ?
Sa tante avait eu ce même regard par le passé lorsqu'elle avait compris ce que Jeremiah avait fait de lui. Son attitude continuait encore de le hanter aujourd'hui et la blessure venait de se rouvrir, plus virulente et infectée qu'avant. Il aurait pourtant dû s'y faire mais une part de lui continuait de se sentir heurtée définitivement. Une infime facette de son âme poursuivait sa lutte pour l'éviter de sombrer complètement. Celle-là même auquel habituellement sa fratrie - et Rosemary en particulier - avait le seul accès.

Pourtant loin de se crisper sous l'insulte le jeune homme garda un visage impassible et froid. Sans doute ses longues années d'entrainement avaient-elles portés leur fruit. A moins qu'il ne s'agissait d'une répercussion de son nouvel emploi sur Skye. Tortureur et legimens... Et dire qu'il avait fait ces études de médicomage parce qu'il voulait à tout prix pouvoir venir en aide à ses proches. Au final, ils continuaient de lui échapper. Un peu comme William pour lequel il n'avait rien pu faire. Pour Margaret avant lui. Et sans doute pour tous ceux qu'ils verraient partir. Il se refusait pourtant à cette idée de perdre encore qui que ce soit. C'était terminé. N'avait-il pas assez souffert ? N'avait-il pas été assez éprouvé ?

Ils avaient au moins quelque chose en commun. C'était risible. L'un comme l'autre semblait prêt à beaucoup de sacrifices pour leur famille respective. Nathanaël n'avait cependant que peu de doutes quant à la limite que pourrait atteindre la bibliothécaire.

Dans son dos, il l'entendit faire un pas vers lui, son elfe ne semblant pas savoir comment traiter la rousse. Il ne pouvait, après tout, pas lui jeter la pierre. Erèbe ne voyait que rarement sa colère, confiné comme il l'était en compagnie de Rosemary qui l'aimait beaucoup. L'elfe était traité avec égard et même s'il était officiellement la propriété de Nathanaël, il était davantage considéré comme un membre à part entière de la famille. D'un simple regard, l'ancien serdaigle parvint d'ailleurs à lui faire comprendre d'attendre et de ne pas s'inquiéter.

Après tout, Abigaïl ne souhaitait-elle pas partir et quitter ce lieu ? Les paroles qui suivirent le giflèrent de plein fouet. Peu importance le comportement qu'il venait d'avoir elle souhaitait camper sur ses positions et continuait de vouloir s'en tenir à ses propres plans. Serrant les mâchoires, Nathanaël l'écouta débiter des bribes d'histoire de sa famille : la lutte de son père, leur déménagement et le risque qu'elle leur faisait courir.
Pire encore, elle s'avança à nouveau d'un pas vers lui. Erèbe allait s'interposer mais il lui fit signe de la main de ne pas s'en mêler.

Se tournant pour lui faire face à nouveau, ses traits s'étaient davantage, si cela était possible, durcis.

- Je n'ai jamais prétendu que je n'étais pas cinglé, mademoiselle O'Brien. Je vous déconseille donc d'éviter de pousser votre chance trop en avant me concernant. Pour ce qui est de votre famille, ça m'est complètement égal qu'elle soit innocente dans l'histoire, s'il faut en passer par là pour obtenir ce que je recherche, j'y passerai.

Se penchant vers elle, il vrilla son regard au sien.

- Peu m'importe si je dois les éventrer les uns après les uns sous le coup de la torture. Croyez-moi bien, vous êtes loin du compte en ce qui concerne mon don. Je peux faire en sorte de les détruire de telle manière qu'ils souhaiteront mourir sur le champ.

Un rictus mauvais déforma ses lèvres tandis qu'il se redressait de toute sa hauteur.

- Pour mes raisons, elles ne concernent que moi. Aussi moins vous en saurez mieux cela sera. Sachez juste que je sais parfaitement que ma soeur sera protégée. Mon oncle fera en sorte que je sois le seul touché dans cette histoire. Il n'a rien contre ma fratrie. Je suis le seul élément à abattre sur son échiquier.

S'éloignant d'Abigaïl, il alla se repositionner près de la fenêtre, le regard perdu dans le parc de son domaine.

- Maintenant faites comme bon vous semble. Je pense avoir été assez patient et magnanime à votre égard. Si vous n'accédez pas à ma requête, je vous prie de quitter mon domaine sur le champ. Erèbe vous raccompagnera. Mais ne vous étonnez pas des répercussions qu'aura votre geste sur les vôtres.

Se tournant de trois quart, ses yeux bleus se posèrent sur elle.

- Je n'ai plus rien à vous dire., lui fit-il en faisant mine de quitter la pièce, Adieu Miss O'Brien.


Nathanaël Lysander Yaxley
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Abigail O'BrienBibliothécaireavatar
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- Mais qu'est-ce que ça peut vous faire ?

La phrase était sortie toute seule alors que je restais là, immobile, derrière lui.

Nathanaël avait été très clair quant à ses intentions. Il m'avait exposé par le menu ce à quoi il était prêt pour me faire fléchir. La façon dont il avait menacé ma famille m'avait fait froid dans le dos. Et pourtant, j'étais restée là, droite, devant lui. Alors qu'il vrillait son regard au mien, Nathanaël devait s'attendre à y voir de la peur probablement, du dégoût peut-être, de l'horreur à coup sûr et éventuellement de la haine. Pourtant il ne vit rien de tout cela. J'avais ressenti toutes ces choses en l'entendant parler, mais mon regard ne reflétait que de la détermination. Une volonté presque farouche, quasi inébranlable.

- Vous ne toucherez pas à un cheveu de ma famille. Je vous en empêcherai. Ca pouvait lui paraître risible. Cependant... J'ai mis hors d'état de nuire un bon nombre de Mangemorts. J'en ai tué quelques uns même, je crois. Par "erreur". Je n'avais jamais lancé l'avada kedavra de ma vie. Mais je me souvenais avoir stupéfié un Mangemort sur les ramparts du château et il avait basculé dans le vide sans que j'en éprouve le moindre remord sur le coup. Ne faites pas l'erreur de croire que je puisse être une si piètre adversaire.

Je l'avais laissé continuer à parler, m'exposant sa conviction que sa soeur serait à l'abri quoiqu'il arrive. Il mentionna son oncle et cela me fit tiquer. Ce n'était pas la première fois qu'il parlait de lui comme s'il s'agissait de son pire ennemi. Cela m'intrigua et j'eus envie de faire quelques recherches, à l'occasion.

Puis, à nouveau, il me congédia.

- Mais qu'est-ce que ça peut vous faire ? Je n'avais toujours pas bougé. Dans mon dos, l'elfe s'était avancé pour ouvrir la porte et s'était arrêté, la main sur la poignée. Pourquoi refusez-vous si obstinément que je m'expose afin de vous disculper ? Vous l'avez dit vous-même, votre soeur ne sera pas en danger, quoiqu'il arrive. Et vous me détestez. Alors pourquoi m'empêcher de prendre ce risque ? Vous seriez libre et totalement débarrassé de moi. Il y a peu de chances que vous me croisiez à nouveau sur votre route après cela. C'est ce que vous voulez, non ? Ne dites pas le contraire, vous me l'avez suffisamment répété. Alors pourquoi ?

Il m'avait déjà dit que ses raison ne regardaient que lui, mais le fait est que je ne comprenais pas. Tout cela était tellement contradictoire ! Je levai la main pour l'empêcher de me faire toute remarque acerbe dont je le savais capable et enchaînai.

- Je sais, vous avez vos raisons. Mais votre obstination me parait, à moi, totalement illogique. Et ce que vous me demandez de faire, ou plutôt de ne pas faire, va totalement à l'encontre de mes convictions et de mes principes. Et vous aurez beau menacer ma famille, cela ne changera rien. Il suffira que je les mette hors de votre portée.

Et je ne doutais pas d'en être capable. D'autant que mes parents savaient très bien se protéger. Quant à Liam, je ne le savais pas encore, mais j'apprendrai plus tard qu'il était, lui aussi, impliqué dans la Résistance. Et à un niveau plus important que le mien actuellement.

- Sur ce, je vous souhaite une bonne fin de journée Mr Morgenstern.

Je n'avais rien à ajouter non plus, j'avais dit tout ce que j'avais à dire. Néanmoins, je n'avais toujours pas compris pourquoi Nathanaël m'avait fait venir jusqu'à ici. Il avait parlé de rumeurs je crois, mais il n'était pas entré dans les détails. J'aurais voulu en savoir plus, mais je me disais que ce n'était probablement pas une bonne idée. J'adressai donc un dernier regard à son dos avant de suivre l'elfe qui attendait toujours pour me raccompagner.


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Doubt [Abigail]

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