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 Fall Away [RP commun]

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Logan Vargas, homme d'affaire, fils de Grace Vargas

Grace et Logan venaient de tendre leur baguette magique au vigile pour la vérification lorsque les trois explosions firent voler la moitié de la banque en éclat. Un souffle d'une puissance infinie fit voler Logan plusieurs mètres en arrière, et il eut juste le réflexe de clore ses paupières pour échapper à la lumière vive et éblouissante. Le choc de la chute fut tel qu'il en eut le souffle complètement coupé, et qu'une terrible douleur le força à rester immobile, pendant d'interminables secondes. Complètement sonné, l'américain tenta de rassembler ses pensées éparses pour comprendre la situation dans laquelle il se trouvait, mais rien ne faisait sens. Quelle était cette douleur, qu'il ressentait dans chaque once de son corps ? Pourquoi ses oreilles sifflaient-elles ainsi ? Il n'entendait plus rien d'autre que ce sifflement horrible, qui résonnait comme une alarme dans sa tête.

Peu à peu, le choc passa, et Logan retrouva d'avantage de sensations. Il réalisa que le sol, sous lui, était mouillé, et que d'étranges vagues de magie semblaient se propager dans son corps, lui procurant d'étranges sensations électrisantes. Il finit par ouvrir ses paupières, et constata que l'air était envahi de poussières et de fumée qui irritèrent ses yeux jusqu'à faire couler ses larmes. A mesure que le choc se dissipait et que sa lucidité revenait, Logan sentait la panique s'insinuer en lui, sournoise et étouffante. Quelque chose d'horrible venait de se passer. Une explosion. Quelque chose avait explosé. La banque. La banque avait explosé. Sa mère était à côté de lui. Sa mère et lui avaient sauté dans les airs, et ils avaient atterri... Non, amerri... Logan se trouvait dans le miroir d'eau, mais il n'avait pas basculé à Londres. L'enchantement avait été brisé, certainement par l'explosion - tout cela semblait dangereux. Les vagues de magie provoquaient des fourmillements dans ses extrémités, et accentuaient la douleur - il devait partir de là, et vite.

La panique monta d'un cran en lui lorsqu'il parvint à se redresser en position assise, et que la banque apparut dans son champ de vision. Son ouïe commençait à revenir partiellement, et il pouvait entendre des cris stridents de panique. L'angoisse lui étouffait désormais la poitrine, et il tenta de se mettre debout, mais il fut pris d'un vertige tel qu'il fut pris de nausée. Alors il se mit à quatre pattes, prit plusieurs inspirations pour se calmer, puis entreprit de sortir du miroir d'eau, lentement, précautionneusement. Enfin, il finit par arriver hors du miroir d'eau qui grésillait étrangement, secoué de vagues bleutées. En se retournant, Logan put constater que de gros blocs de la banque avaient été propulsés jusqu'au miroir.

Autour de lui, la situation était cauchemardesque. Les survivants fuyaient, mais les blessés étaient légion, et certains corps étaient même inanimés. Lorsque son regard tomba sur un bras détaché de son propriétaire, à même le pavé, Logan ne parvint pas à retenir un haut-le-corps.

Il fallait qu'il sorte de cet enfer, mais d'abord, il devait retrouver sa mère. Logan finit par parvenir à se remettre sur ses jambes, et il vacilla un instant, secoué par la vision apocalyptique que lui offrait la place. Lui-même n'était pas beau à voir, son visage pâle étant recouvert de poussière, une fine sueur recouvrant son front sous l'effet de l'angoisse saisissante qu'il éprouvait à l'idée de ne pas retrouver sa mère.

"Maman ?", lança-t-il d'une voix faible, rauque, pathétique au milieu du vacarme ambiant. "Maman ?"

Logan fit quelques pas hagards, de corps en corps, et puis d'autres encore, tout en poursuivant sa litanie. Plus le temps passait, et plus son ton devenait celui d'un enfant effrayé, éperdu. "Maman, j'ai mal..."

Enfin, son regard accrocha une tâche claire au sol, non loin des vestiges de la banque. La belle chevelure blanche et soignée de Grace Vargas n'était plus qu'une masse détrempée de poussière et de sang.

"MAMAN !"

Logan accourut jusqu'au corps de sa mère et se jeta à genou devant elle. Le visage de Grace était resté figé en une éternelle expression de terreur. Ses yeux grands ouverts fixaient le ciel sans voir Logan, qui l'appelait pourtant de toute la puissance de ses cordes vocales, et ses doigts rigides refusaient d'agripper les siens. Finalement, la dure réalité de ce qu'il voyait finit par frapper Logan, qui poussa un dernier cri inarticulé, avant de prostrer sur le corps de sa mère, en une étreinte qu'elle ne pouvait lui rendre.

Elle ne pouvait pas être morte, elle ne pouvait pas être partie, quel était ce cauchemar ? Quelle était cette journée, non, que s'était-il passé, comment pouvaient-ils revenir en arrière ? Il ne comprenait pas, il ne comprenait pas comment tout avait basculé, pourquoi, pourquoi ! Comment sa mère pouvait-elle être morte alors qu'ils se retrouvaient tout juste, non, ils avaient prévu tellement de choses, il lui restait tant d'années à vivre, ce n'était pas possible ! Il ne se souvenait même pas de leurs dernières paroles, qu'avait-elle dit déjà ? Il ne se souvenait plus... Ils avaient échangé un beau moment, ils allaient entrer dans la banque, et... Et... Tout avait basculé. Ce n'était pas comme ça que c'était censé se passer !

Le vacarme de quelque chose qui s'effondre alerta finalement Logan, qui finit par se redresser, pour observer la banque qui s'érigeait devant lui, menaçante. Elle pouvait s'effondrer à tout moment, il ne devait pas rester là... Il devait la laisser, pour essayer de sauver sa peau. Mais cela voulait dire accepter qu'elle était partie, et cela, Logan n'y était pas prêt. Alors il tenta de trouver sa baguette magique, mais elle n'était plus dans sa poche, et, en désespoir de cause, il finit par tenter de soulever sa mère dans ses bras. Il vacilla sous le poids, la douleur de son dos s'intensifia, et il finit par se rendre à l'évidence - il devait la laisser là...

Hagard, éperdu, à bout de forces, Logan jeta un regard implorant en direction de la place, espérant voir arriver une aide miraculeuse. Ses yeux rougis captèrent alors ce qui lui sembla être une apparition divine, inespérée. Une jeune femme à la silhouette familière se dirigeait vers lui...

"Azénor ?"
Azénor ReynoldsEmployée aux Transportsavatar
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La journée douce et agréable bascula brutalement. Un instant, Azénor regardait les enfants riant et s’éclaboussant, le suivant, elle sentait son corps s’écraser contre le dossier du banc. Pendant un moment la seule chose que comprit Azénor était qu’elle ne pouvait plus respirer. Ensuite, elle sentit sa peau la tirailler de toutes parts. C’est lorsqu’elle entendit des cris qu’elle découvrit qu’elle avait momentanément perdu l’audition et lorsqu’elle ouvrit les yeux qu’elle comprit qu’elle les avait fermées.

Soudainement, son cerveau sembla reprendre des fonctions et les différents signaux envoyés par ses cinq sens prirent un sens. Elle ne pouvait plus respirer à cause du souffle d’une explosion, sa peau la tirait parce que des multiples gravillons avaient traversé la place et l’avait coupée. Elle entendait des cris parce que des gens étaient blessés. Elle sentait la poussière parce que le bâtiment de la March Bank venait de s’écrouler. Elle sentait du sang dans sa bouche parce qu’elle s’était mordue lors du choc. Elle voyait de la poussière qui flottait dans l’air, des blocs de pierre de plus en plus gros à mesure qu’on s’approchait de la banque. Des bloques de pierre qui écrasaient des personnes. Des gens qui gesticulaient en appelant à l’aide, d’autres qui étaient beaucoup trop immobiles.

Et puis face à elle, le miroir d’eau. Les enfants ne riaient plus, ne s’éclaboussaient plus mais ils couraient encore. Paniqués, certains étaient encore au sol alors que d’autres couraient pour se jeter dans les bras de leurs parents ; d’autres encore, déboussolés hurlaient à plein poumons « Maman ! Papa ! ». Azénor ne bougeait pas, son cerveau tournait au ralenti, cherchant à mettre de l’ordre dans ce qu’elle voyait.

« Une explosion ! La March Bank vient d’exploser ! »

C’est les paroles d’une femme paniquée courant pour quitter la place qui mirent un sens à ce qu’Azénor percevait. La March Bank venait d’être attaquée. Elle était en état de choc et devant elle, des gens mouraient. C’est comme un automate qu’elle se leva. Elle ne sentit pas de douleur lorsqu’elle se redressa, pourtant, elle sentit clairement du sang couler le long de sa tempe. Son dos également devait être touchée mais rien ne l’atteignait alors que l’adrénaline courait dans ses veines. C’est pourtant d’un pas calme qu’elle se dirigeait vers l’épicentre.

Les gens criaient, les gens appelaient à l’aide. Elle devait les aider, non ? C’était bien ce qu’elle était sensé faire ? Pourquoi tout le monde courait dans l’autre sens ? Ce n’était pas logique. C’était là-bas qu’il fallait être. Il y avait des enfants sur le sol, prêt du miroir. Devait-elle les aider à retrouver leurs parents ou devait-elle aider les gens sous les blocs ? Elle continuait à avancer vers la banque, inconsciente du danger que représentait toujours le bâtiment.

Soudain, un de ses sens la fit se figer. Quelque chose lui avait effleuré l’oreille, un mot, un nom :

« Azénor. »

C’était elle, n’est-ce pas ? Quelqu’un l’appelait. Elle connaissait quelqu’un au milieu de ce carnage. Son regard hagard flotta sur les corps l’entourant jusqu’à capter de courtes mèches blondes et un costume d’homme d’affaire. Quelque chose sembla sonner dans le crane d’Azénor, dispersant la brume qui l’entourait. Alors qu’elle reprenait peu à peu contact avec la réalité, elle comprit que c’était son propre cri qui vrillait son crane blessé. Elle se tut et s’aperçut soudain qu’elle courait déjà vers l’homme.

« Logan ? Logan ! Est-ce que tu vas bien ? Tu es blessé ? »

Sa voix, hystérique au début devint étonnamment calme presque chirurgical alors qu’elle observait l’homme à la recherche de blessure et des blessures il en avait, des plus importantes que d’autres. Azénor prit cruellement conscience qu’elle ne pouvait rien faire pour le soigner.

Ce n’est qu’alors qu’elle aperçut la femme que Logan tentait de soutenir. Elle avait l’air bien plus mal en point que lui. Qui était-elle ? Devait-elle essayer de la sauver elle aussi ? Elle aperçut un homme serrant contre lui un bébé hurlant à pleins poumons qui se précipitait malgré sa jambe blessé pour s’éloigner de la banque. C’était ça qu’ils devaient faire ! Ils devaient quitter la place au plus vite avant que la banque ne s’écroule totalement.

« Logan, il faut qu’on quitte la place tout de suite ! Il faut se mettre à l’abri et trouver des soins. »

Sa voix était posée, procédurière, elle maitrisait le situation, du moins c’est ce qu’elle laissait paraître.



©️Vivi-le-seul-l'unique
Georgiana WrightAncien personnageavatar
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La journée était plutôt ensoleillée mais la jeune femme était loin d'être aussi égaillée. Ce sale type !  Comment avait-elle pu se laisser avoir de la sorte une énième fois ! Etait-elle vraiment stupide ? Et dire qu'elle pensait que Lorgan était une imbécile de première ! Si la Poufsouffle avait encore été de ce monde, Georgiana aurait très certainement pu aller lui tenir la main.

Soupirant, la rousse s'avança au milieu de ce qui avait été baptisé la Place Merlin. Leopoldgrad était tout ce qu'elle n'appréciait pas : modernité, bling bling et grandeur feinte. Elle préférait largement la campagne et son calme.
Isolée au fin fond de l'Irlande, sa rupture était tombée presque à pic lorsque son père l'avait contactée par cheminée pour prendre de ses nouvelles. A l'écouter, il était fort soulagé de la savoir loin de la domination de Marchebank et de son régime. Lui-même en tant qu'auror, servait le pouvoir en place de mauvaise grâce. Edmund Wright partait du principe qu'il était là pour aider la société sorcière peu importe son dirigeant.
Les paroles de son père avaient fait leur chemin dans l'esprit de la jeune femme. Lors de son bref séjour en Angleterre et notamment lorsqu'elle avait fait un détour par l'auberge fraichement ouverte d'Irving et Nora, Georgiana avait pu voir des différences notoires depuis l’avènement de Léopold Marchebank en tant que dictateur.

A son retour, de nombreuses surprises l'attendaient, la détournant de ses réflexions et la plongeant dans les ennuis. Ce n'est que maintenant qu'elle parvenait enfin à sortir la tête de l'eau bien que ses embêtements soient loin d'être terminés.

C'était tout cela qui expliquait sa visite à Léopoldgrad. Elle y avait bien réfléchi et elle souhaitait oeuvrer contre le régime pour le mettre à mal. Ses plans n'étaient pas définis. Elle devait notamment trouver un moyen de ne pas mettre ses parents en danger. Mais revenir en Angleterre en louant une chambre chez ses deux meilleurs amis lui semblait une bonne première action. Lorsqu'elle serait mieux renseignée et mieux préparée, elle trouverait un logement évitant de ce fait de mettre Irving et Nora également en danger.

Etant partie dans la précipitation, toute une série d'éléments du quotidien lui manquait avant de débarquer à l'auberge. Inutile d'inquiéter pour rien ses amis. Aucun des deux, nageant actuellement en plein bonheur, n'avait besoin de savoir les ennuis par lesquels elle était passée et qui la guettait encore.

Georgiana venait d'ailleurs d'acheter tout ce qui lui manquait d'indispensable lorsqu'elle jeta un oeil par l'une des baies vitrées du centre commercial vers l'avenue Dalhiatus. Nombres de passants se promenaient là. Observant les familles et couples déambuler, son regard finit par se poser sur un couple qu'elle reconnut de suite : Irving et Nora. Ils étaient vraiment mignons tous les deux.  

Toutefois la rousse n'eut guère le temps de s'appesantir sur le sujet. Alors qu'elle s'apprêtait à s'éloigner, une détonation déchira l'air suivi par une déflagration qui brisa les vitres de la baie devant laquelle elle se trouvait, la flanquant littéralement au sol.

Il fallut plusieurs minutes à la jeune femme avant qu'elle puisse se relever. Autour d'elle, de nombreux clients couraient dans tous les sens se précipitant vers la sortie. Fort heureusement, elle se trouvait à l'écart sans quoi, elle se serait retrouvée piétinée.  Dès que son ouïe lui revint et qu'elle fut capable de se remettre sur son séant, Georgiana jeta un oeil vers l'avenue cherchant du regard ses deux amis qu'elle aperçut au côté d'un gamin. Irving semblait secoué et légèrement blessé tandis que Nora s'occupait de l'enfant plus heurté.

Les escaliers étaient toujours noir de monde et elle ne souhaitait vraiment pas les emprunter pour s'y faire écrabouiller. Cela n'aiderait en rien ses amis. Jugeant de la hauteur à laquelle se trouvait le 1er étage, elle avisa qu'il lui serait possible de sauter directement en arrivant au sol sans trop de casse. Elle s'élançait déjà quand l'idée lui vint que transplanage était aussi une très bonne option. Choix auquel elle aurait pu prétendre si sa caboche de Gryffondor butée et impulsive s'était posée quelques instants.

Sa réception fut presque parfaite à la nuance qu'elle se tordit la cheville gauche comme une débutante. Faisant fi de la légère douleur qui l'élançait, elle se précipita vers ses amis auprès desquels se trouvait déjà une femme blonde et assurée qui s'occupait du gamin.

- Nora !, s'écria-t-elle en rejoignant son amie, Vous allez bien ? Irving n'est pas trop amoché ? Tu n'as rien ?

Une certaine forme de peur suintait des paroles de la jeune femme bien qu'elle fasse tous les efforts possibles pour ne pas le laisser voir.




 
Georgiana Vivien Wright
Harpie des Gryffondors ♥️
Juliet E. BakerSans emploiavatar
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« Voyons le bon côté des choses. Peut-être que notre banquier sera plus à même de nous proposer des taux intéressants si Gaby le fixe avec son regard d’ange ! » s’exclama Juliet en se penchant pour vérifier que sa fille allait bien.

Gabrielle, assise dans sa poussette, se portait à vrai dire comme un charme. Elle souriait et babillait, agitant parfois sa petite main vers les passants. Elle était censée passer l’après-midi avec Erica, sa baby-sitter, mais cette dernière avait décommandé à la dernière minute. Les jeunes parents n’avaient alors pas eu d’autre choix que d’amener leur petite fille avec eux. Le bureau d’un banquier n’était peut-être pas l’endroit idéal pour une petite fille, mais Gabrielle s’en accommoderait très bien le temps d’une heure.

Il fallait dire que Jeremy et Juliet étaient extrêmement chanceux. Gabrielle était réellement ce qu’on pouvait appeler une « enfant facile ». Elle pleurait rarement, plus décidée à découvrir le monde de toutes les manières possibles. Evidemment, il ne fallait pas la lâcher des yeux, mais de toute façon, il ne serait pas venu à l’esprit de Juliet d’en faire autrement ! Même si Gabrielle grandissait à vue d’œil, elle restait encore si petite… Ils avaient fêté ses un an deux jours plus tôt. Pour l’occasion, ils avaient rassemblé tous leurs proches. Bon, la petite fille ne comprenait pas encore la véritable signification de cette fête, mais il lui semblait qu’elle avait beaucoup apprécié le gâteau (surtout la crème du fraisier). Et, comme la vie faisait parfois bien les choses, Gabrielle était née le même jour que son papa. La petite fête s’était donc étirée dans la nuit, une fois la petite fille endormie.

Une année déjà était passée depuis la naissance de Gabrielle… Juliet avait l’impression que le temps avait filé sans qu’elle ne s’en rende compte. Il avait fallu s’organiser, prendre leurs marques, apprivoiser leur nouvelle condition de parents. Ça n’avait pas été facile tous les jours, mais ils étaient parvenus à trouver un bon équilibre. Evidemment, Juliet avait pris tous les réflexes de maman (ceux que pourtant, plus petite, elle se jurait de ne jamais reproduire avec ses enfants). Par exemple, le fait de toujours vérifier que Gabrielle était bien attachée dans sa poussette, le fait de couper sa nourriture en petits morceaux (tout en répétant assez régulièrement cet adage des parents : « pas trop dans la bouche, ma chérie »). En même temps, il était difficile de ne pas vouloir protéger sa progéniture du moindre danger : un accident était si vite arrivé…

Quant à sa relation avec Jeremy, elle était au beau fixe depuis maintenant plusieurs semaines. Ils avaient eu quelques bas pendant l’année, qu’elle mettait sur le compte de la fatigue et du stress, mais ils ne s’étaient jamais pour autant réellement éloignés l’un de l’autre. Mais, depuis quelques semaines, Juliet avait véritablement l’impression d’avoir créé un lien encore plus fort avec son mari. Peut-être parce que la période des « un an » était passée, qu’ils avaient fini par trouver leur rythme, à la fois en tant que couple et en tant que parents… Elle n’en savait rien. Mais, ce qu’elle savait, c’est qu’elle aimait profondément son mari et leur vie de famille.

« De toute façon, Gaby est complètement irrésistible… N’est-ce pas ma puce ? » babilla Juliet à l’intention de la bambine, qui lui retourna un sourire baveux.

Gabrielle était le premier bébé de leur génération. Elle était donc souvent au centre de l’attention, ce qui semblait lui plaire. Avec ses grands yeux bruns et ses petites boucles blondes, elle faisait fondre les adultes qui l’approchaient. Ce n’était d’ailleurs pas toujours évident pour ses parents, qui tentaient tant bien que mal de garder leur autorité et de ne pas se laisser attendrir par sa bouille d’ange lorsqu’elle faisait une bêtise. Ce n’était pas simple, mais ils avaient la chance d’être encore en supériorité numérique !

Juliet continua d’échanger avec son mari, se dirigeant vers la place principale de Leopoldgrad (qui, dans ce monde, nommait une ville selon son prénom, franchement ?). Ils étaient presque arrivés à la banque, lorsqu’un bruit assourdissant fit trembler le sol. Elle n’eut pas le temps de comprendre ce qui se passait, que le choc la propulsa en arrière. Dans un réflexe désespéré, elle tenta d’attraper la main de sa fille, mais n’y parvint pas. Son corps retomba lourdement sur le sol, heurtant les pavés. Elle grimaça en sentant une vague de douleur s’emparer de son dos et de sa tête. Juliet tenta une première fois de se relever, mais s’effondra de nouveau sur le sol. Elle se força à rester immobile quelques secondes, alors que tout son être lui hurlaient de se lever. Lorsqu’elle se sentit à peu près prête, elle se redressa. Immédiatement, son regard fouilla la scène. Elle aperçut Jeremy, allongé à côté d’elle. Elle tourna la tête à gauche, et ne vit rien, à part la poussière soulevée par le bâtiment.

Le cœur au bord des lèvres, elle se releva d’un bond, sans se préoccuper de la douleur. Jeremy était là. La poussette, elle, avait disparu.

« GABRIELLE ! GABRIELLE ! » hurla-t-elle d’une voix aigüe, frôlant l’hystérie.
Spoiler:
 



Avatar par classwhore
Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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A l'intérieur de la banque, c'était l'enfer. Ce qui était autrefois un hall majestueux n'était plus que champ de ruines. Des cris et des pleurs se faisaient entendre, mais Leopold percevait mal les silhouettes qui s'agitaient de-ci, de-là, à travers le nuage de poussière opaque qui étouffait l'atmosphère. La gorge serrée par l'angoisse, le ministre se fraya un chemin parmi les éboulis. Un haut-le-cœur le prit lorsqu'il passa à côté du corps inanimé d'une jeune femme blonde, face contre sol, cloué à terre par un immense débris de glace. Combien étaient-ils ainsi, perdus à jamais, écrasés comme des fourmis sous les ruines de la banque ? Le nombre d'employés que comportait la March Banks défila dans son esprit, faisant naître un goût de bile au fond de sa gorge. Il se remémora toutes ses réunions enthousiastes avec l'archimage, Abel Laveau, lorsqu'ils imaginaient cette ville et ces bâtiments fabuleux, et, pour la première fois de sa vie, il se sentit floué, naïf. Insignifiant et vulnérable au milieu de ce chaos, écrasé par la hauteur de ce bâtiment détruit, Leopold prit appui quelques secondes contre un siège défoncé de la salle d'attente, le temps de reprendre ses esprits.

Le sentiment d'urgence au fond de lui, toujours plus pressant, le força néanmoins à poursuivre au milieu de cette scène cauchemardesque. Il n'avait pas le temps de se laisser abattre, pas quand son fils et sa grand-mère pouvaient peut-être être sauvés. Le drame était d'une telle ampleur, dans un bâtiment magique dont la stabilité était toute relative, qu'il faudrait peut-être des heures avant que les secours ne parviennent à aider l'ensemble des survivants. Leopold n'avait pas le luxe d'attendre.

Sa main tremblante toujours agrippée à sa baguette, il commença à se frayer un chemin dans les vestiges de ce qui avait été le grand hall. Des décombres s'entassaient, sous forme de blocs de pierres, de débris de vitre et de planètes échouées, et parmi eux, des corps, inanimés parfois, s'agitant faiblement pour d'autres. Le regard du ministre se faisait toujours plus confus à mesure qu'il avançait, sans but ni destination réelle, ses yeux sautant de corps en corps, désespérant de retrouver son fils. L'ampleur de la tragédie prenait peu à peu corps dans son esprit, l'emplissant d'un immense désarroi qui menaçait de le submerger, mais il n'arrêtait pas sa quête. Son coeur se serra lorsqu'il réalisa que l'escalier menant à l'étage, et donc au bureau de Dave, s'était effondré. Le nez en l'air, occupé à identifier ce qu'il restait du premier étage, il ne vit pas la marre de sang qui se trouvait au sol et sur lequel il glissa, pour tomber tête la première sur le cadavre d'un vieux banquier en costume, visiblement soufflé par l'explosion.

A terre, Leopold observa l'homme un long moment, envahi par une horreur qu'il ne s'expliquait pas. Pourquoi la mort de cet homme l'atteignait-elle d'avantage que celle des centaines de victimes du Bloody Sunday ? Parce qu'il n'en était pas à l'origine, cette fois ? Parce que c'était une attaque contre lui, contre ses intérêts, et ceux de ses soutiens, et de sa famille ? Parce que son fils était là, quelque part, peut-être victime lui aussi ? Il ne se l'expliquait pas, mais le désespoir commençait à l'envahir, et ce fut péniblement qu'il se redressa, pour faire un tour sur lui-même, désorienté. Où pouvait-il chercher ?

"Dave ! Dave !", commença-t-il à crier, en désespoir de cause, mais personne ne lui répondit.

C'est alors que son regard accrocha la silhouette de deux sorciers qui s'agitaient, plusieurs mètres plus loin. La première, une femme, de dos, était agenouillée, de dos, visiblement occupée à pousser des éboulis, mais le second était redressé de toute sa hauteur. Cette silhouette haute et dégingandée, ces cheveux bouclés, ce visage déterminé... Il les aurait reconnus entre mille. Son coeur fit un violent bond dans sa poitrine, sous l'effet du soulagement et de la peur conjugués.

"Dave !", hurla-t-il, le regard écarquillé, à la vue de son fils.

Mais son cri se perdit dans le bruit fracassant d'un nouvel éboulement. Une partie de l'étage encore intacte se détacha et une immense colonne blanche s'ébranla pour s'écrouler sur eux. Leopold eut juste le temps de lever les yeux pour voir la pierre tranchante qui lui arrivait dessus, et il sentit une douleur fulgurante lui brûler tout le visage, avant de tomber en arrière sous le poids des éboulis. Il resta au sol, les bras portés au-dessus de sa tête pour se protéger, et attendit la fin de la chute en priant pour rester en vie, tout son visage en feu. Il pouvait sentir le sang qui coulait le long de sa gorge jusque dans l'encolure de sa chemise, et la douleur qui lui martelait la tête avec une telle fulgurance qu'il mit quelques instants à réaliser que le vacarme s'était tu.

Alors il se redressa juste assez pour observer le ciel obscurci par la poussière qui se trouvait au-dessus de lui. La March Banks se délitait, toujours un peu plus sur ses survivants, toujours moins nombreux. Il devait sortir de cet enfer, avec Dave, le plus vite possible !

Le coeur au bord des lèvres, Leopold se mit péniblement sur ses pieds, et observa autour de lui. La colonne s'était brisée au sol, en plusieurs gros blocs de pierre blanche. Des deux silhouettes qu'il avait vu tout à l'heure, il ne voyait plus une trace.




Christoph Waltz, merci à Roy
Kessy Brooks-MarchebankProf de Zumbaavatar
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Kessy était enfoncé dans un sommeil profond, salvateur, dont elle n'avait pas envie de se réveiller. Tout son corps semblait lutter contre la voix familière qui tentait de la ramener à la vie, mais la voix s'obstinait à la tirer vers l'éveil, comme une mouche agaçante qui refusait de la laisser. Elle reconnaissait cette voix, c'était celle de Dave, son frère, qui essayait de la ramener à lui. Tiraillée entre l'envie de le rejoindre et le pressentiment que l'inconscience était peut-être un cadeau, Kessy mit quelques secondes à émerger. La sensation de la main de Dave qui serrait la sienne finit par la pousser à ouvrir des yeux perdus, qui papillonnèrent un instant, tandis qu'elle tentait de fixer sa vision floue sur le visage de son frère.

L'inquiétude et l'hébétude lisible sur ses traits d'ordinaire si maîtrisés la choquèrent, si bien que ses propos ne parvinrent pas tout de suite à son cerveau. Une explosion, la banque... Une explosion... Son regard se détacha enfin de Dave pour observer le ciel autour d'elle, et elle prit enfin la mesure de ce qui s'était passé. Quelque chose de lourd tomba dans sa poitrine à la vue du bâtiment qu'elle admirait encore l'instant d'avant, complètement détruit. Des cris d'horreur et des appels à l'aide parvenaient difficilement à son oreille, avec son ouïe endommagée par l'explosion.

"Dave...", coassa-t-elle d'une voix rendue rauque par la poussière. "Aide-moi."

Elle s'agrippa de toutes ses forces à la main de son frère, passant son autre bras autour de ses épaules, et parvint avec son aide à se remettre sur ses pieds. Sa tête l'élança violemment lorsqu'elle se redressa, et elle ferma les yeux le temps de prendre trois profondes inspirations. Puis le malaise passa, et elle eut l'impression de retrouver un peu de lucidité, le temps d'observer autour d'elle. Son coeur se serra à la vue du champ de désolation qui les entourait, des gens qui fuyaient ou criaient à l'aide, des planètes écrasées au sol.

"Merlin..."

L'horreur la frappa brusquement lorsque Dave évoqua Griselda. La silhouette courbée et si reconnaissable de la célèbre doyenne de l'Angleterre apparut dans ses souvenirs, et elle sentit sa gorge se serrer. Griselda Marchebank avait su résister aux méfaits du temps et de l'âge, mais avait-elle pu survivre à pareille catastrophe ? Un pressentiment sourd s'insinua en elle, et elle tourna vers Dave ses grands yeux sombres emplis de désolation.

"Oui, oui, je.. je suis désolée, je suis sure que c'était elle. Je vais t'aider à la chercher", promit-elle d'un ton désolé, serrant la main de Dave comme pour le soutenir. Le regard implorant qu'il posait sur elle était presque insupportable à regarder, et elle fit mine de se détourner pour mieux observer les lieux. Dégageant doucement sa main de celle de Dave, Kessy se força avec obstination à repousser les larmes qui menaçaient de poindre. Ce n'était pas le lieu, ni le moment.

"Elle était plutôt au centre du hall, sous..."

Sous le système solaire dont il ne restait plus trace, à l'endroit où d'énormes débris de la banque s'entassaient, ne laissant guère d'espoir pour les personnes qui se situaient en-dessous.

"Elle était par là", indiqua-t-elle vaguement en tendant le bras, avant de suivre Dave à travers les décombres. La jeune femme trébucha sur des graviers, et se rattrapa de justesse au bras de Dave, maudissant les escarpins à talons qu'elle avait cru bon de porter. Par réflexe, elle sortit sa baguette magique, mais elle ne s'en servit pas, se demandant s'il était bien sage de lancer des sorts dans un édifice qui menaçait de s'écrouler. Son instinct lui soufflait que Dave et elle auraient mieux fait de profiter de leur bonne fortune et de courir hors de la banque pendant qu'ils le pouvaient encore, plutôt que de se rendre en son plein coeur. Hélas, elle n'aurait pas pu se regarder dans une glace d'avantage que Dave s'ils ne tentaient pas de retrouver leur grand-mère...

"C'était par ici, je crois", indiqua-t-elle finalement, alors qu'ils se trouvaient non loin de la Terre écrasée au sol, et de sa Lune, juchés sur un monceau de pierres, de marbres et de gravas. La terrible vérité commençait à s'imposer à elle, mais pour son frère, elle ne pouvait se départir de son indécrottable optimisme. "Peut-être que... Peut-être qu'il faut dégager tout ça, il y a sans doute des survivants coincés dessous."

Elle s'agenouilla et commença à tenter de déblayer des morceaux de pierre, consciente de l'inanité de sa tâche. Comment pouvaient-ils espérer retrouver Griselda, à deux, et vivante qui plus est ? Cette fois, elle ne put retenir les larmes d'angoisse qui lui piquaient les yeux, et elle garda la tête baissée pour que Dave ne la voit pas. Il n'avait pas besoin de voir sa faiblesse, c'était son rôle de soutenir son frère dans cette épreuve. Elle était dans cette position lorsqu'un nouveau craquement se fit entendre. Kessy ne vit pas la colonne qui se détachait et tombait droit sur eux, droit sur elle.

Elle eut juste le temps de sentir le bloc de marbre qui heurtait son dos et la projetait à terre avec la puissance d'un géant, avant que sa tête ne heurte la pierre et qu'elle ne sombre de nouveau dans l'inconscience. Ce fut presque avec plaisir qu'elle retrouva son repos salutaire, s'enfonçant un peu plus profondément dans les ténèbres, loin de la lumière vacillante de cette journée infernale.


Abel LaveauArchimage urbanisteavatar
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Il n’y avait aucun mot pour décrire ce qu’Abel ressentait. De mémoire d’homme, il n’avait jamais assisté de ses propres yeux à un tel tableau, face à une telle catastrophe. Ce qui pouvait s’y apparenter était l’ouragan Katrina, qui avait balayé quelques années plus tôt une partie de sa ville natale, mais il n’était pas sur place à ce moment-là. Il n’était venu que plus tard auprès des siens, une fois la catastrophe retombée, pour prêter main forte et compter les morts… Souvenirs douloureux qui revenaient comme un arrière-plan dans son esprit, lui retournant l’estomac, alors que ses pupilles étaient incapables de se détourner de la tour, sa tour, en plein effondrement.

« Abel ! Par ici ! »

L’appel fut comme une décharge. Hagard, l’archimage suivit ses collègues jusqu’au parvis de la banque. La place Merlin, la si jolie place en pierre, était dans un état déplorable. Le miroir d’eau grésillait sous d’épais morceaux de marbres et de verre qui s’était abattus au sol, et la foule s’éparpillait autour, dans de grands cris de panique et de douleur. Abel eut le plus grand mal à se frayer un passage dans les décombres, il se prit plusieurs fois un coup d’épaule ou manqua de trébucher, peinant à prendre tout à fait conscience de ce qu’il faisait. C’était un pur cauchemar. La ville avait tremblé, une dizaine de minutes plus tôt. L’agence était positionnée un peu plus haut dans la ville, près d’une autre place de moindre importance, et ils s’étaient regardés entre collègues, d’un air interloqué, car ils avaient tous perçu une sorte de secousse et de bruit sourd. Il avait fallu à peine quelques minutes pour qu’ils comprennent que quelque chose clochait. Des passants remontaient les rues en criant et très vite, la panique avait gagné -et gagnait toujours- le reste de la ville. « Une explosion » soufflaient des témoins horrifiés. Abel n’avait pas attendu plus longtemps avant de suivre ses collègues sur les lieux de l’horreur, peinant à croire que c’était vrai. Il ne réalisait toujours pas. Cette place, cette tour flambante neuve, étaient en train de s’écrouler sous ses yeux. Des gens mouraient sous des blocs de pierre qu’il avait dessinés. Comme une maquette bancale, son projet s’effondrait, à la nuance près que celle-ci avait l’affreux goût de la réalité.

Son regard secoué par le choc sauta d’une équipe de médicomages à l’autre, sans comprendre, sans se résoudre à accepter que ces personnes qu’ils tentaient de sauver étaient probablement en train de rendre leur dernier souffle. C’était une véritable pagaille, entre ceux qui tentaient de sauver leur peau en fuyant le plus vite possible, ceux qui imploraient de l’aide, incapables de se mouvoir, et ces corps à terre qu’on malmenait dans le désordre. Il entendit à de multiples reprises le bruit d’un transplanage et reconnut des uniformes de toutes les couleurs : bleus des miliciens, verts des médicomages, rouges des pompiers. Les secours étaient en marche.

Abel suivit du regard une des équipes de pompiers qui se positionna face à lui, sur l’un des flancs les plus instables de la banque, pour commencer à lancer des sortilèges grâce auxquels un pan de façade qui tanguait dangereusement se mit à se redresser lentement. Le regard alerte de l’archimage avait noté les dalles qui tiraient les unes sur les autres, et menaçaient de faire s’écrouler le reste du bâtiment qui était toujours debout. De légers halos s’échappaient de la maçonnerie, signe que la magie qui liait les matériaux entre eux était en train de se déliter. Lorsque Abel, qui était plus loin derrière et avait son champ de vision plus élargi, s’aperçut que la colonne que les secouristes tentaient de redresser faisait vaciller un autre élément de structure en équilibre précaire à l’arrière, il s’élança vers eux au pas de course.

« Attention ! »

Sortant de sa léthargie, Abel dégaina sa baguette. Il n’avait aucune compétence pour soigner les gens qui gisaient au sol, aucune non plus pour organiser le mouvement de la foule et faire en sorte que l’évacuation se fasse de la façon la plus sécurisée possible. La seule chose qu’il pouvait tenter de faire dans ce carnage sans nom, c’était apporter son expertise, car qui d’autre connaissait mieux le bâtiment que lui ? Tout ce qu’il pouvait faire, c’était aider ces pompiers à faire en sorte que l’édifice cesse d’être un danger pour les gens qui étaient encore à l’intérieur.

Avec un grand moulinet du bras, Abel marmonna plusieurs incantations pour figer la partie tremblante de la structure. Un halo bleuté matérialisa un contrefort magique contre les piliers. Il sentit son propre charme se consolider, et se tourna pour constater qu’Isaac et quelques autres hommes venaient de le rejoindre pour mêler sa magie à la sienne.

« Messieurs, reculez, c’est dangereux ici ! s’exclama l’un des pompiers.
-Faites-nous confiance, nous sommes une équipe d’archimages et d’ingénieurs, on vient vous aider ! »

Malgré les circonstances dramatiques de la situation, un bref sourire vint s’insérer sur le visage d’Abel, qui avait noté le ton presque chevaleresque de son ami dans sa réplique.

« Tu es en train de réaliser une vocation ?
-Tu l’as dit, mec, Archiman va mettre à terre cette garce. 
-On dirait qu’on n’a pas le choix, en effet… »

Un voile passa sur le regard d’Abel qui se reporta sur la silhouette élancée de sa tour, autrefois majestueuse, aujourd’hui terriblement menaçante. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne s’écroule complètement, il n’y avait aucun espoir. C’était déjà presque un miracle qu’elle ait tenu en partie.

« Qu’est-ce que tu en penses ?
-La tour va s’écrouler dans tous les cas, tout ce qu’on peut faire, c’est multiplier les sortilèges de stabilisation, le temps qu’on fasse sortir les gens à l’intérieur, répondit Abel, résigné.
-En effet, approuva un des ingénieurs à leurs côtés, c’est plus dangereux qu’autre chose d’essayer de la redresser à ce stade.
-Ok, on gèle tout les gars ! lança Isaac, avant de se tourner vers l’un des pompiers. On s’occupe de stabiliser la structure, faites en sorte d’évacuer le plus de personnes possible. Faites passer le message à vos équipes, des hommes sur la façade opposée vont faire la même chose, Diego Reyes les coordonne. »

Retroussant ses manches, Abel s’avança de quelques pas et se prépara à coordonner leurs équipes de constructeurs pour cet ultime chantier. Un gigantesque charme magique allait progressivement se dessiner, grâce à de multiples sortilèges qui se rejoindraient de par et d’autres pour geler la matière de l’édifice qu’ils avaient construit tous ensemble. Une fois le périmètre suffisamment sécurisé, ils n’auraient plus qu’à relâcher leurs efforts… Et laisser leur oeuvre mourir la dernière.


Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Dave sentait son estomac se retourner un peu plus à chacun de ses pas. Il n’avait jamais été aussi livide. Ses mains moites serraient nerveusement sa baguette dans sa poche, tandis qu’il approchait du tas de gravats au centre du hall. Sa gorge se serrait si fort à la pensée que Griselda se trouvait peut être là-dessous qu’il était incapable de répondre aux vagues indications de Kessy. Il émit simplement un son qui semblait vouloir dire « D’accord » lorsqu’elle lui désigna un coin. Ses mains tremblantes se mirent à pousser des morceaux de pierre, trop perturbé pour utiliser sa baguette. Dans l’état où il était, il craignait de lancer de malheureux sortilèges qui n’allaient qu’aggraver la situation. Cela lui brûla presque la gorge de répondre à Kessy lorsqu’elle émit l’hypothèse qu’il y avait des survivants là-dessous, tellement il n’y croyait pas lui-même :

« Peut-être, oui. »

Quelque chose le poussait à chercher malgré tout et ôter toutes les pierres qu’il pouvait. Il s’attela à cette tâche jusqu’au moment où ses mains en touchèrent une autre, sous les décombres. Tout ce qu’il put déduire en regardant la main fut que c’était celle d’un homme, pas celle de sa grand-mère mais cette effarante vision lui causa un violent haut-le-coeur qui le fit reculer de plusieurs pas. Il en trébucha et tomba par terre, incapable de conserver ses moyens. Quel cauchemar. L’image choquante ne semblait pas vouloir se décoller de sa rétine, tandis que Dave prenait pleine conscience que c’était la Mort qu’il avait en face de lui. La Mort dans son état le plus brutal, le plus cruel, la Mort imprévisible et impitoyable. Il ne l’avait jamais rencontrée auparavant, elle avait toujours frappé à la porte des autres, comme une lointaine voisine, à laquelle il n’avait jamais prêté attention. Il était trop jeune pour bien la connaître, ou même se préoccuper d’elle. Il savait pourtant, ils le savaient tous, qu’elle était ce genre de garce impolie à s’inviter sans prévenir, parfois en prenant toutes ses aises et en laissant le désordre sur son passage. Ils avaient tous entendu au moins une fois cette histoire. Mais c’était toujours chez les autres, et elle ne faisait pas tant durer ses caprices dans les lieux publics, en règle générale.

Cette fois, c’était son festin, elle ne venait pas comme une invitée, non, elle se déclarait chez elle, prenait tout ce qu’il lui chantait, et quand elle aurait fini, la banque serait à elle aussi. Dans le tas de cadavres qu’elle avait déjà amassé. En attendant, elle faisait la fête, elle se lançait dans des jeux de hasard avec les malchanceux, à cache-cache avec les fuyards. Et elle mettait la musique à fond, des éboulements, des tremblements et des hurlements en symphonie. Quand la lourde pierre du bâtiment grogna à nouveau, Dave ne vit rien. Son regard était toujours fixé sur le tas de gravats, trahissant la crainte qu’il nourrissait autant pour sa grand-mère que pour lui même. Lorsqu’une colonne s’abattit sur lui, Dave ne sentit qu’une douleur si fulgurante dans le dos, qu’il en perdit connaissance. Sur l’infime instant où sa conscience était toujours présente, il se demanda si c’était pour lui que la Mort avait lancé son jeu de dés.
Eliott WarlockAmbulancier magiqueavatar
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C'était un débout de journée relativement calme au quartier des ambulanciers de Ste-Mangouste. Relativement parce qu'il y avait toujours des accouchements ou des sorciers qui rataient leur transplanage. C'était assez fréquent les samedis matins, les retours de soirée étant parfois difficiles. Eliott et Samantha venaient tout juste de déposer aux urgences un adolescent à peine plus âgé que la jeune apprentie, qui s'était méchamment désartibulé en transplanant ivre. Ses blessures étaient telles qu'il n'avait pas pu être soigné sur place, mais il devrait s'en tirer sans séquelles.

"Ça te passe l'envie d'abuser du whisky pur-feu pas vrai ?" commenta Eliott en buvant une longue gorgée de café tiède pour se maintenir éveillé.

Il n'était jamais agréable d'être d'astreinte un week-end, particulièrement sur le service du matin, qui commençait à cinq heures, mais le point positif était qu'ils terminaient dans à peine une heure. Avec un peu de chance ils n'auraient pas d'autres interventions d'ici là.

"Tu sais qui d'autre est de garde avec nous demain matin ? demanda-t-il à Samantha tout en jetant un œil au planning accroché au mur derrière eux, qui était encore celui de la semaine dernière, peut-être même de la semaine d'avant. On le saurait si Jeff faisait son boulot !" ajouta-t-il assez fort pour être entendu par le chef de brigade, de l'autre côté du hangar.

Le dénommé Jeff surgit de derrière une des ambulance, dont le sortilège de stabilisation ne fonctionnait plus depuis un léger accrochage avec un bus quelques jours plus tôt -duquel Eliott n'était aucunement responsable - et s'approcha du binôme avec un sourire goguenard.

"T'veux être nommé responsable du planning Warlock ? lança-t-il avec un éclat de rire. T'es pas assez responsable pour ça va, on s'rait pas prêt d'te voir de garde un dimanche matin !
- Les gens devraient avoir interdiction de se blesser le dimanche matin, rétorqua Eliott en avalant une nouvelle gorgée de café.
- J'suis bien d'accord ! rétorqua le grand chauve. Faut demander à Karen pour le planning, c'est elle qui s'en est occupé."

La discussion poursuivit quelques minutes avant que le petit groupe ne soit brusquement interrompu par une sonnerie stridente. Le son suraigu fit sursauter Eliott qui en lâcha sa tasse. Sans accorder un regard au café qui se répandait au sol, il leva un regard inquiet vers Jeff et eut à peine le temps de le voir sortir en courant du hangar, le visage grave.

"C'est la sonnerie d'alarme, annonça-t-il à Samantha assez fort pour couvrir le bruit. Ça peut être un exercice." ajouta-t-il pour rassurer la jeune femme autant que pour se rassurer lui-même.

Jeff revint dans le hangar à cet instant et en croisant son regard Eliott comprit que ce n'était pas le cas. La sonnerie suraiguë continuait de retentir, comme elle le faisait dans tous les départements de Ste-Mangouste, mais le chef de brigade fit signe aux ambulanciers présents de se rassembler autour de lui pour distribuer rapidement ses consignes.

"Il y a eu une explosion à la MarchBank, annonça-t-il d'une voix forte où la tension était palpable. On mobilise tout le monde. Il n'eut pas à le préciser pour que l'ensemble de l'équipe comprenne que la situation était critique. On envoie le maximum d'ambulances possible, reprit-il en jetant un regard lourd de sens à Eliott et Samantha. Vous partez tous avec au moins un médicomage. La priorité est de mettre tout le monde en sécurité. On organise au maximum les soins sur place. On ne ramène à Ste-Mangouste que les blessés les plus graves. Pour les urgences, il y a deux hôpitaux moldus à moins de quinze kilomètres, je vous communiquerai les adresses par Patronus. Vous y emmener uniquement les blessés qui ont besoin d'une intervention urgente. Il se tut une fraction de seconde. Et uniquement ceux qui peuvent être sauvés."

Le message était clair, inutile de perdre du temps à aider ceux pour lesquels même la magie ne pourrait plus rien.

"Faites attention à vous. Bon courage."

Sans plus de cérémonie, Jeff se sépara du reste du groupe pour se diriger vers l'un des véhicules. Le visage blême, Eliott se tourna vers Samantha qui se tenait à ses côtés et posa une main sur son épaule.

"Est-ce que tu penses pouvoir conduire seule ? s'enquit-il en regardant la jeune femme dans les yeux. C'était ce que Jeff voulait mais il était hors de question qu'Eliott force son apprentie si elle ne se sentait pas prête. Tu en es capable, mais c'est toi qui décides."

Il avait presque envie qu'elle dise non, sachant pertinemment qu'il ne ferait que s'inquiéter pour elle dans le cas contraire.

Pour le moment il avait du mal à réaliser. Confinés dans le hangar de Ste-Mangouste, malgré la sonnerie stridente qui leur vrillait les tympans, ils ne pouvaient pas imaginer l'horreur qui les attendait. C'était le genre de chose dont on leur parlait en formation, les catastrophes, les situations de crise. On les évoquait de façon théorique, avec des schémas et des consignes classiques, comme si ça n'arrivait jamais. Eliott s'était contenté de répéter à Samantha ce qu'on lui avait lui-même expliqué quand il était encore apprenti. Et voilà qu'ils y étaient.

"Sois prudente." furent les dernières recommandations qu'il adressa à Samantha avant qu'ils ne se séparent, se dirigeant chacun vers une ambulance.

Les renforts ne tardèrent pas à arriver, médicomage sous pression, infirmiers inquiets, élèves paniqués. Les binômes se formèrent rapidement. Eliott adressa un vague signe de tête au dénommé Nathanaël qui l'accompagnait, posa une main sur la carrosserie de l'ambulance, et transplana. Il était convenu de faire arriver les ambulances dans une des rues donnant sur la place, plutôt que directement au centre de celle-ci, pour éviter de causer davantage de dégâts.

Eliott, Nathanaël et l'ambulance apparurent au centre de l'allée Dalhiatus, à hauteur des nouvelles serres nationales, face au massacre. Ils étaient à plusieurs dizaines de mètres du cœur de la crise, mais l'horreur de la situation les frappa de plein fouet. La MarchBank était à moitié effondrée, la place Merlin n'était plus qu'un champ de ruines noyé sous les décombres, et ceux qui le pouvaient encore fuyaient ce cauchemar en tous sens. Sans attendre une seconde de plus, et sans échanger un mot, ils s'élancèrent vers le carnage.

Aucune formation n'aurait pu le préparer à ça. Eliott se sentait complètement démuni. A qui venir en aide dans cette situation précaire où tout le monde était en danger ? Autour de lui se mêlaient blessés et cadavres sans qu'il ne puisse ou ne veuille faire la distinction. Il s'arrêta pour aider une sorcière d'une quarantaine d'année à se dégager de sous les décombres mais ne put rien faire pour son fils, dont le corps inanimé gisait sur les pavés de la place Merlin. Il aurait voulu rester auprès d'elle, mais il ne pouvait que l'abandonner à son chagrin. On ne sauvait pas les morts, il n'y avait pas de temps à perdre pour eux.

Luttant contre lui-même, il s'arracha à cette scène déchirante pour poursuivre son avancée vers ce qui restait de la MarchBank. Sauver ceux qui se trouvaient encore dans le bâtiment était la priorité des secours. Il fallait évacuer avant que tout ne s’effondre, et sortir de là tous ceux qui pouvaient être sauvés. Mais le trajet était semé d'embuches, de blessés, de personnes à orienter, à aider à se relever, à confier à des médicomages. Il aidait un jeune infirmier à placer un adolescent -dont les jambes étaient en très sale état- sur un brancard quand un bruit lui fit redresser la tête. Des pleurs d'enfant, qui couvraient les autres cris et lamentations.

Il sentit son cœur se serrer alors qu'il regardait autours de lui, l'angoisse au fond des yeux. Depuis la naissance de Bianca, il supportait difficilement la vision des enfants blessés ou malades. Il lui arrivait malheureusement d'en croiser, cela faisait partie du métier, et à chaque fois il ne pouvait s'empêcher de penser "et si c'était elle ? Si c'était la mienne ?". Les pleurs redoublèrent et il lui sembla qu'ils raisonnaient dans toute la place, occultant tout le reste. Ses yeux se posèrent alors sur une poussette renversés et il s'y précipita, fébrile.

La poussette avait dû être projetée au sol suite à l'explosion et s'était retournée sur le côté, protégeant ainsi l'enfant qui se trouvait à l'intérieur des chutes de débris. Eliott posa les yeux sur la fillette qui pleurait à chaudes larmes et hurlait à plein poumons, la tempe ensanglantée, et la reconnut aussitôt. C'était Gabrielle, la fille de Juliet et Jeremy. Sa mère l'emmenait souvent à la maison pour jouer avec Bianca. Lui et Charlie avaient été invités à fêter ses un an seulement quelques jours plus tôt. Les mains tremblantes, il détacha précautionneusement la petite fille de sa poussette après avoir vérifié qu'elle n'avait rien de cassé. Si Gabrielle était là, Jeremy et Juliet n'auraient pas dû être loin, pourtant il n'apercevait ni l'un ni l'autre. Le cœur serré, refusant de songer au pire, il jeta un rapide coup d’œil à la blessure de la petite, qui lui sembla superficielle. Mais vu son âge il faudrait qu'elle soit rapidement examinée.

"Chut, chut, ça va aller...souffla-t-il d'une voix éraillée en serrant Gabrielle dans ses bras. C'est moi, regarde, tout va bien ma puce."

Il ne pouvait pas rester avec elle, il devait venir en aide aux autres. Il s’apprêtait à confier la petite à une élève infirmière non loin de là quand la voix angoissée de Juliet lui parvint. Il se retourna pour apercevoir la jeune maman folle d'inquiétude.

"Juliet ! appela-t-il pour attirer son attention en s'approchant d'elle. Tiens, elle va bien, il lui tendit sa fille. Mais elle est blessée, il y a des médicomages plus bas sur l'avenue, emmène la là-bas. Toi et Jeremy ça va ?"

Il quitta rapidement la jeune femme en priant pour ne croiser personne d'autre qu'il connaissait, et s'approcha de la March Bank, fragile, menaçante. Il arriva à hauteur de ce qui était autrefois l'entrée du bâtiment en même temps que d'autres ambulanciers et médicomages qui paraissaient en avoir déjà trop vu. Une équipe de pompier et d'ingénieurs étaient en train de consolider la structure à l'aide de sortilèges.

"Combien de temps vous pouvez nous donner ? demanda un homme en blouse blanche aux archimages.
- Combien de temps il vous faut ?
- Donnez-nous au moins une heure.
- Ça devrait tenir."

Ça devrait tenir. Ils devraient se contenter de ça. Le cœur battant et la gorge nouée, Eliott s'avança dans ce qui restait du bâtiment, sa baguette à la main, ne sachant pas par où commencer. C'était un véritable carnage. De nature pourtant optimiste, il comprit qu'ils n'y arriveraient pas. Ils ne sauveraient pas tout le monde. C'était impossible.


Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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D'habitude, Isobel passait sa pause-déjeuner au Ministère. Elle ne prenait jamais vraiment le temps de sortir ou bien même d'en profiter, alors qu'elle était en théorie plutôt longue. Elle calait toujours des rendez-vous supplémentaires sur le créneau ou bien travaillait sur ses dossiers après avoir avalé rapidement ce qu'elle avait emmené de chez elle. Qu'elle soit en dehors du boulot en cette journée d'octobre avait donc quelque chose d'un peu exceptionnel, presque grisant. Elle avait l'impression de sécher les cours à se balader dans le centre-commercial de Leopoldgrad, regardant les vitrines des boutiques neuves. Elle n'avait pas eu beaucoup de temps pour elle, ce mois-ci, parce que Madison était à la maison et elle se devait de lui tenir compagnie – quand son amie n'était justement pas en galante compagnie elle-même – et aussi parce qu'elle rattrapait le boulot de son mois de vacances en septembre. Alors quand elle avait appris que le centre-commercial de la nouvelle cité magique faisait des soldes sur les chaussures... Elle s'était octroyé ce plaisir.

Après tout, elle méritait bien de s'offrir deux nouvelles paires d'escarpins pour supporter l'entrée dans l'hiver au Royaume-Uni ! Elle avait hésité longuement entre plusieurs modèles – quitte à dépenser trop, autant bien choisir – et était repartie avec ses sacs sous le bras, le sourire aux lèvres. Il fallait avouer qu'elle avait un petit faible pour Leopoldgrad, qui lui rappelait l'Amérique. Elle aimait les immeubles imposants et l'ambiance qui se dégageait de la ville, elle y revenait souvent. Tout était neuf, tout était à découvrir et c'était une sensation qu'elle aimait, surtout après avoir travaillé des mois sur ce dossier. Ce n'était pas la première fois qu'elle venait au centre-commercial mais il y avait à chaque fois quelque chose de nouveau, une nouvelle boutique ou une animation. Après avoir acheté ses chaussures, elle avait flané un peu dans les galeries, tentée d'essayer quelques robes mais s'était retenue après un coup d’œil à sa montre. Elle avait une réunion en début d'après-midi et elle devait passer par son bureau pour récupérer les dossiers et les stagiaires correspondants.

Elle se fraya un chemin parmi la foule qui admirait les aquariums remplis d'espèces rares pour regagner la place Merlin, qu'elle aimait particulièrement avec le miroir d'eau, et pouvoir ainsi prendre une Cheminette communautaire pour rentrer au Ministère. Il y avait du monde, même en pleine semaine, ce qui montrait bien que le projet était réussi. Tout le monde était attiré par cet endroit qui avait sûrement de grands jours devant lui. Satisfaite, comme à chaque fois qu'elle avait l'impression d'avoir devant elle un dossier réussi, elle porta son regard sur l'immeuble de Logan qu'elle apercevait, songeant qu'ils devaient aller dîner avec Madison un de ces soirs, pour fêter comme il se devait l'arrivée de leur amie au Royaume-Uni. Elle savait néanmoins qu'il devait recevoir sa mère, aujourd'hui ou hier, et serait donc très occupé...

Notant de lui envoyer un Patronus ce soir, elle commençait à marcher d'un pas rapide, scrutant de temps à autre le ciel qui semblait orageux, pour rejoindre les Cheminettes. Elle espérait que Esther avait bien pensé à récupérer les propositions des graphistes pour la réunion de seize heures, sinon ils se feraient encore taper sur les doigts... Et aussi que Violet, sa stagiaire, n'avait pas oublié de récupérer les bilans du service comptable comme elle le lui avait demandé avant de partir. Cette dernière était plutôt douée mais était tellement tête en l'air qu'Isy se demandait si elle arriverait un jour à se faire sa place dans un métier qui nécessitait tout de même une sacrée organisation. Enfin, elle était encore jeune et était là pour se former, dans ce système d’apprentissage si cher à l'Angleterre. A force de lui répéter de faire attention, peut-être qu'elle



Un bruit monstrueux. Et brusquement, une douleur étourdissante. Sans comprendre comment, Isobel se retrouva au sol, les yeux tournés vers le ciel, cherchant désespérément son air. Le sifflement dans ses oreilles se dissipant, laissant son esprit être envahi de cris, de pleurs et de bruits sourds. Incapable de réaliser ce qui se passait, elle était vrillée au sol par la douleur, la souffrance envahissait chaque partie de son corps, irradiant de son abdomen. A tâtons, elle y porta la main, rencontrant un objet tranchant. La pulpe de ses doigts s'y entailla, sa main revenant devant ses yeux, couverte de sang. Mobilisant toutes ses forces, elle tenta de se redresser légèrement et la vision ne fit qu'accélérer sa respiration déjà trop rapide. Chaque souffle semblait la déchirer de l'intérieur, chaque mouvement de son corps venait enfoncer un peu plus profondément l'immense morceau de verre qui s'était planté au creux de son ventre.

Son chemisier autrefois blanc était maintenant poisseux, écarlate, la moindre fibre imbibée du sang qui ne cessait de couler de sa plaie. Elle essaya de produire un son, quoi que ce soit, un sanglot, un cri, un appel à l'aide mais rien ne vient. Plusieurs personnes passèrent à côté d'elle, courant à toute vitesse, fuyant un danger. Elle ne comprenait pas ce qui arrivait, la seule chose qu'elle désirait était partir, s'enfuir comme tous les autres et faire cesser cette douleur incandescente. Incapable de bouger, elle pria de toutes ses forces pour perdre connaissance, pour faire cesser chaque inspiration qui la brûlait horriblement. Elle ferma les yeux mais elle restait là, allongée sur le sol, consciente de chaque centimètre de l'éclat qui se trouvait en elle.

Elle déglutissait avec difficulté, le goût du sang inondait sa bouche et elle sentait le froid qui l'envahissait à chaque seconde. Confuse, perdue, son esprit n'arrivait pas à prendre de décision, à réaliser ce qu'elle devait faire mais elle sentait un sentiment d'urgence l'envahir, submerger la douleur, faire glisser les picotements familiers de la magie dans ses mains. Elle ne voulait pas mourir, c'était la seule pensée qui lui semblait cohérente. Elle ne voulait pas mourir là, comme ça, sans comprendre ce qui se passait. Sa main vint de nouveau se refermer sur le morceau de verre et, inconsciente de sa paume qui se coupait à chaque serrement, elle tira de toutes ses forces pour l'enlever, ne supportant plus un instant de plus la sensation. Soudain, le contact froid de ce qui avait été un bout de fenêtre fut remplacé par une substance chaude et elle comprit qu'elle avait fait une bêtise. Cette fois-ci, ce fut un sanglot qui lui échappa, alors qu'elle luttait de toutes ses forces pour se redresser, se traîner loin de là. Chaque mouvement lui semblait impossible, ses mains tremblaient, des frissons l'envahissaient, son cœur battait furieusement dans sa poitrine. Elle ne voulait pas mourir. Malgré la douleur, malgré le sang qu'elle laissait derrière elle, elle se redressa de manière précaire, ses jambes ne pouvant la porter que quelques pas.

Appuyée contre des blocs de pierre, son regard se porta sur la place dévastée alors que sa main se pressait sur son estomac, espérant naïvement diminuer le débit de sang. Elle connaissait des sorts, de la magie vaudou, elle l'avait appris mais rien ne venait de son esprit. Tout ce qu’elle arrivait à faire, c'était fixer la March'Bank éventrée. Elle ne voulait pas mourir. Elle maudirait ses ancêtres, sa mère, sa grand-mère, chaque personne de sa famille si elle devait mourir ici après leur avoir survécu. Elle ne voulait pas mourir. Ses jambes la lâchèrent et elle se sentit basculer, la douleur revenant avec encore plus de violence alors qu'elle touchait le sol. Ses doigts se refermèrent dans le vide alors que sa vue se troublait légèrement. Cette fois-ci non plus, elle ne perdit pas connaissance. Se contentant de rester là, chavirée de douleur, sa paume pressée contre sa plaie, le sang réchauffant presque sa main glacée.


Isobel Lavespère
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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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I don't wanna fall, fall away
I don't wanna fall, fall away
I'll keep the lights on in this place
'Cause I don't wanna fall, fall away

Leopold n'avait jamais eu aussi peur de toute sa vie. Son sang s'était glacé dans ses veines, tout son corps frissonnait d'effroi, et son oeil intact était exorbité, fixé sur l'endroit où il avait vu son fils pour la dernière fois. Pour la première fois de son existence, il ressentait réellement la Peur avec un grand P, celle qui paralyse, celle de perdre son fils aîné pour toujours. Sous le choc, il mit quelques secondes à réaliser ce qui venait de se passer, et autant de temps avant de s'élancer à corps perdu en direction de là où se trouvait supposément Dave...

Le temps qu'il mit à franchir la distance qui les séparait lui sembla infiniment long. C'était un véritable parcours d'obstacle, il fallait se jucher en équilibre précaire sur des monceaux de débris, enjamber des corps ensanglantés, éviter des morceaux de glace tranchants comme des poignards, le tout sans se laisser aller à la panique qui menaçait de l'envahir. L'image de Dave, debout avant l'effondrement, était imprimée dans sa rétine, et sa peur sourde lui battait les tempes. Pouvait-il avoir perdu la personne qu'il aimait le plus au monde ? L'une des seules, vraiment ? Et par sa faute ?

Car c'était sa faute, cet horrible accident. Oh, pas sa seule faute, et ils seraient nombreux à subir le courroux de sa colère s'il sortait vivant de cet enfer. Par Salazar ! Il reviendrait les hanter le cas contraire... Mais c'était avant tout sa faute à lui, il le sentait. C'était ce qu'on appelait un retour de karma. Leopold Marchebank devait payer pour ses crimes.

I disguise
And I will lie
And I will take my precious time
As the days melt away
As I stand in line
And I die as I wait as I wait on my crime


Enfin, Leopold parvint à la destination qu'il s'était fixé. Son regard accrocha en premier la chevelure brune de la jeune femme qui accompagnait Dave. Face contre terre, ensevelie sous un pan de colonne, elle semblait inconsciente, peut-être morte, mais elle n'était pas son problème. Pourtant, à l'instant où il allait se détourner pour trouver Dave, quelque chose le retint. Un pressentiment l'envahit soudain, et son pouls s'accéléra encore. Ces mèches brillantes, cette main fine, au teint mat, qui dépassait des décombres lui semblait subitement familière.

Lentement, comme s'il redoutait ce qu'il allait trouver, Leopold s'accroupit à côté de la jeune femme et tendit la main vers son visage. Il écarta délicatement une mèche de cheveux, révélant ce qu'il avait redouté. Le visage beau et innocent de sa fille.

"Kessy... C'est pas vrai...", souffla-t-il d'une voix blanche.

Il déblaya quelques gravats qui s'étaient logés dans son cou, puis posa deux doigts contre sa peau, désespéré de sentir son pouls battre. Son propre coeur menaça de s'arrêter de soulagement lorsqu'il sentit une pulsation, puis une autre. Forte et fière, comme toujours, Kessy s'agrippait à la vie. Pour combien de temps, il n'aurait su le dire, mais Leopold était rassuré pour un temps. Prestement, il se remit sur ses pieds et regarda en tout sens pour tenter de trouver son autre enfant.

Tout allait bien, tout allait bien, se répétait-il pour s'empêcher de trembler. Kessy allait survivre, Dave aussi. Au pire auraient-ils quelques hématomes, ou une jambe cassée, mais c'était tout. Ils allaient sortir de là, tous ensemble, et tout irait bien.

Enfin, son regard tomba sur Dave, et emporta ses pensées optimistes dans un tourbillon de désespoir.

And I'll try to delay what you make of my life
But I don't want your way,
I want mine
I'm dying and I'm trying
But believe me I'm fine
But I'm lying,
I'm so very far from fine

Leopold se précipita auprès de Dave, l'angoisse lui étouffant la poitrine. Des larmes de panique emplirent son oeil intact. L'autre le brûlait comme si un feu brûlait son visage, mais il en avait à peine conscience. Seule comptait la petite silhouette de son fils, écrasée par un pan immense de la colonne. Elle lui était tombé en plein dessus, sur le dos, et Leopold comprit tout de suite qu'il ne parviendrait pas à le dégager tant elle paraissait lourde. Pourtant, il tenta malgré tout, agrippant la colonne de toutes ses forces pour tenter de la soulever. Leopold n'eut pas le coeur de vérifier son pouls au préalable, il n'en avait pas besoin. Dave était vivant, car c'était la seule chose qu'il était capable de croire.

"Tiens bon, Dave !", cria-t-il désespérément, en soufflant comme un bœuf entre deux tentatives pour soulever le marbre. "Je vais te sortir de là mon fils, tu m'entends ? Je vais te sortir de là !"

Ses efforts restaient terriblement vains, et les larmes coulaient désormais librement sur sa joue. Petit et sec, Leopold n'avait jamais été particulièrement musclé, mais il savait bien que le plus fort des hommes n'aurait rien pu contre le poids immense qui clouait son fils à terre.

Leopold savait parfaitement ce qu'il avait à faire.

And I, I can feel the pull begin
Feel my conscience wearing thin
And my skin
It will start to break up and fall apart

Sa main hagarde tâta le sol, où il avait laissé rouler sa baguette magique un peu plus tôt. Fermement, il agrippa l'instrument et le pointa sur la colonne. Leopold savait ce qu'il avait à faire, alors il prit une profonde inspiration, ferma les paupières un moment, et tenta de faire le calme en lui. Comme Meredith Kane le lui avait appris. Calme, malgré l'enjeu. Serein, malgré le chaos environnant, malgré ses deux enfants qui risquaient la mort à tout instant, la mort qui pouvait, à tout instant, venir le chercher aussi. L'instant pressait, alors il n'hésita pas longtemps avant de gronder, comme un ordre impérieux :

"Wingardium Leviosa !"

Rien ne se passa.

I don't wanna fall, fall away
I don't wanna fall, fall away


La panique menaçait de le submerger à nouveau. Il ne pouvait pas perdre Dave, il ne le pouvait pas ! Tout, mais pas ça ! Serrant sa baguette si fort que ses jointures en devinrent blanches, Leopold rassembla toutes ses émotions, toutes ses peurs et ses espoirs, et mobilisa la moindre parcelle de magie qui existait en lui, avant de hurler :

"WINGARDIUM LEVIOSA !"

Un éclair de lumière blanche jaillit soudain de sa baguette, pour envelopper la colonne, qui commença péniblement à s'élever. Plus concentré qu'il ne l'avait jamais été, Leopold poursuivit ses efforts de longues secondes, puisant dans ses moindres ressources, ignorant la sensation d'asphyxie qu'il ressentait. Plus il avait l'impression d'étouffer, plus son coeur se serrait, et plus la colonne s'élevait.

Elle s'immobilisa finalement, en suspension à un mètre au-dessus de Dave, et elle tressaillit par à coups, comme prête à retomber. Un sursaut de peur envahit le ministre, et un vif élancement de douleur dans sa poitrine faillit lui faire perdre le contact, menaçant de faire tomber la colonne sur son fils.

Un deuxième fil de lumière se joignit alors au sien. Plus assuré, plus fort, le second sortilège enveloppa le sien comme une main rassurante qui saisirait la sienne, et repoussa la colonne un peu plus loin, avant de la poser délicatement au sol.

I'll keep the lights on in this place

Leopold n'eut le droit qu'à une demi-seconde de soulagement. Un ultime soubresaut de douleur le traversa, et il accompagna la chute de la colonne à terre. Il tressaillit sous l'effet d'un mal indicible, puis sombra enfin dans le néant, terrassé par une magie plus forte que lui. Qu'importe, son devoir était accompli.


'Cause I don't wanna fall, fall away...



Christoph Waltz, merci à Roy
Mildred MagpieDirectrice de Multiplettesavatar
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Terrifiée à l'idée de devoir se retrouver seule entre les parois de l'ascenseur magique, Mildred accueillit avec un immense soulagement l'intervention héroïque de son fidèle banquier. Celui-ci attendit jusqu'à la dernière seconde pour se décider vaillamment à intervenir, et se glisser enfin entre les portes de métal qui le séparait de sa richissime cliente. Nul doute que si cette dernière avait encore besoin d'une preuve de sa loyauté indéfectible, Ronald Klump venait de lui la fournir alors qu'il bravait le danger au mépris de sa propre survie. L'adage qui mentionnait que c'était seulement dans les pires circonstances de la vie, que l'on finissait par trouver ses véritables amis, venait certainement de se vérifier. Le banquier de la March'Bank était clairement cette personne digne de confiance, à qui Mildred Magpie pourrait confier la gestion de ses millions de Galions sans trembler. Surtout lorsque le petit financier faisait preuve d'une lucidité incroyable face au danger, en venant même à lui proposer un plan d'une logique imparable. Les cils fardés de la romancière demeurèrent immobiles, alors qu'elle écoutait attentivement les prérogatives de son fidèle banquier sur la meilleure conduite à adopter. En effet, tandis que le petit homme lui faisait part de son stratagème pour combiner popularité et gain financier, Mildred Magpie sentit une vague de chaleur venir réchauffer son âme de femme opportuniste. Quel pragmatisme ! Quel sens des affaires affutés ! Si Ronald n'était pas enfermé dans ce corps si éloigné de ses fantasmes, nul doute que le cœur de la romancière aurait déjà chaviré...  

"Monsieur Klump... Vous êtes tout simplement un génie! "

Mildred se plaisait à s'imaginer en héroïne du peuple, tandis que les futures lignes de son roman vérité se bousculaient déjà dans chaque recoin de son cerveau. Enfin, elle allait pouvoir tordre le cou à ces satanées critiques d'une frange de la population, qui osaient la qualifier de diva nombriliste ! Certes, il s'agissait de la stricte vérité, mais pourquoi se sentaient-ils toujours obligés de la révéler ? Pourquoi exhiber son luxe et sa richesse aux yeux des pauvres manants, si ce n'était pour la rendre impopulaire. Fort heureusement, son prochain livre allait rétablir le mensonge, et lui octroyer enfin cette unanimité si ardemment désirée. Si elle alliait un savant mélange de larme de crocodile et d'émotion à nue, nul doute que ses profits iraient de pair avec sa popularité grandissante. Régénérée par ce succès en devenir, Mildred Magpie éprouva une satisfaction malsaine à l'idée de pouvoir tirer profit de cette tragédie. Fixant le plafond de l'ascenseur magique qui venait de se mettre en mouvement, Mildred Magpie préféra ignorer la panique qui lui cisaillait les entrailles pour ne se focaliser que sur ses Galions en péril.

*J'arrive mes bébés! Je viens vous chercher! *

Mais aussi fort soit le mental vénal de la romancière, celui-ci ne l'empêcha pas de pousser un petit cri strident quand un long grincement métallique accompagna l'ascension de la cage métallique. Même si de visu, cette partie de la March'Bank paraissait épargner de tout dommage ; En vérité, l'édifice tout entier avait été ébranlé par le souffle des explosions. Peut-être que la journaliste à scandale se soucia enfin des risques encourus à se hasarder dans une entreprise aussi périlleuse, lorsqu'elle tourna un regard empreint d'anxiété vers son banquier. Cherchant à se rassurer, la voix nasillarde de la Diva de Bristol ne tarda pas à envahir l'espace réduit de l'ascenseur.

"Ô mon dieu, j'espère que cela va tenir! Par pitié, dites-moi que je vais survivre! Je ne veux pas mourir à l'aube de ma vie, alors qu'il me reste encore tant de belles choses à accomplir! "

Signe de sa profonde détresse, la sorcière millionnaire se réfugia dans les bras de Ronald Klump, de manière à pouvoir étouffer et essuyer ses larmes sur son épaule charitable. Mais elle retrouva très vite de sa dignité, quand le tintement d'une clochette magique, annonça l'arrivée à destination de l'ascenseur. Les portes ne tardèrent pas alors à s'ouvrir sur l'étage où attendait le coffre de la richissime romancière à l'eau de rose. Le regard écarquillé de bonheur, Mildred ne tarda pas à applaudir cet exploit salutaire, avant de claquer une bise bruyante sur la joue de son futur gestionnaire!

"Loué soit Merlin! Nous y sommes presque! "

A la vue des innombrables systèmes de sécurité à devoir contourner, la sorcière rousse intégra très vite l'idée que sans Ronald Klump, jamais elle n'aurait pu atteindre le seuil même de son coffre. En plus des nombreuses formules magiques, de la reconnaissance magique rétinienne, il fallait également tourner simultanément une clef pour pouvoir faire basculer la porte de son coffre en arrière. Que d'effort pour obtenir le réconfort de l'or ! Mais lorsque la porte du coffre pivota enfin, une lueur dorée embrasa le regard de Mildred Magpie! Ils étaient là ; Ses cinquante mille pauvres petits galions, serrés les uns contre les autres, dans la peur de disparaître dans le néant. Tout heureuse de les retrouver sains et saufs au milieu de cette catastrophe, Mildred poussa un franc gémissement d'extase tandis qu'elle s'agenouillait pour encercler chaleureusement de ses bras les piles d'or entassées.

"Mes bébés! Si vous saviez comme je suis heureuse de vous retrouver! "

Mais le temps n'était malheureusement pas à la romance, et Mildred s'activa d'introduire frénétiquement ses précieux galions et autres lingots dans un sac conçu aux transports de richesse. Rapetissant et ne pesant pas plus qu'une plume de moineau, sa fortune était sur le point d'être sauvée de la destruction. Un miracle qui ne serait complet que lorsqu'elle pourrait s'extirper saine et sauve du piège de cette maudite tour. C'est pourquoi lorsque sa dernière pièce d'or disparut enfin dans l'obscurité intérieure de son sac magique de luxe Luis Fuiton, Mildred ne perdit pas une seconde pour emboiter le pas de son fidèle banquier. Excitée par l'aventure, elle s'octroya même le privilège d'un sourire victorieux, alors qu'elle découvrait face à elle les portes encore béantes de l'ascenseur qui allait les ramener sur la terre ferme. Une fois à l'intérieur, Mildred voulut exprimer quelque peu hâtivement toute l'étendue de son soulagement à Ronald.

"Voyez-vous cela monsieur Klump? Ils ne nous reste plus que la chapitre de la descente, et vous et moi, nous serons devenus les rescapés les plus chanceux et riches du Monde Magique! "

Mais tandis que les portes se refermaient à nouveau derrière eux, et que l'ascenseur entamait sa plongée vers les étages inférieurs ; Mildred et son compagnon d'infortune allaient malheureusement comprendre à leurs dépens, toute la signification de l'expression qui inculquait de ne jamais tirer de plan sur la comète. Car si la montée s'était plutôt bien déroulée, la descente en revanche se dévoila beaucoup plus mouvementée. En effet, la March'bank n'était qu'un château de cartes sur le point de s'effondrer, dont un rien ne suffirait à ébranler la structure encore debout de l'édifice. Dans de telles conditions d'instabilités, quoi de pire qu'un ascenseur en mouvement pour achever ce colosse au pied d'argile ? N'écoutant que son avarice, Mildred avait profondément négligé cette règle élémentaire de sécurité, mettant ainsi sa vie et celles de centaines d'autres survivants en grave danger. Un hurlement métallique sembla jaillir littéralement de dessous l'ascenseur, tandis que celui-ci se bloqua subitement en apesanteur. Une complainte déchirante à laquelle se succéda le bruit d'un nouvel effondrement, signe si besoin était que cette tragédie était encore très loin d'en arriver à sa conclusion. Malgré elle, Mildred Magpie venait de rajouter un nouvel épisode dans l'horreur de cette funeste journée. Pour la première fois, elle comprit que ses cinquante-mille Galions ne la sauverait pas d'une mort ô combien atroce.



Prisonnière de la bulle d'acier, Mildred céda très rapidement à une peur sans nom tandis qu'elle contemplait peut-être pour la dernière fois son reflet dans le miroir de l'ascenseur. Elle posa une main suppliante, comme pour en crever la surface, alors que cet ascenseur allait sans doute lui tenir lieu de tombeau. Trouillarde dans l'âme, elle céda vite au désespoir, tandis que sa voix chevrotante cherchait encore du réconfort auprès de son banquier.

"Monsieur Klump, nous allons mourir, n'est-ce pas? "

Fatalement, la réponse coulait de source, alors que l'ascenseur immobile ne tenait en suspension qu'à un fil. La chute n'était qu'une question de minutes, peut-être même de seconde. Alors que sa fin était proche, Mildred sentit ses jambes vaciller sous son poids. La frustration était immense. Jamais elle ne connaitrait l'ivresse d'un mariage. Le bonheur de se sentir aimée. Personne ne viendrait déposer de fleurs sur sa pierre tombale, et le nom des Magpie sombrerait dans l'oubli. Elle ne serait qu'une vulgaire parenthèse, une histoire éphémère, un conte de fée sans épilogue heureux...  
Consciente d'être arrivée au terme de sa vie, Mildred Magpie s'effondra alors en sanglot sur le sol de l'ascenseur.


Dans une dernière prière, elle répéta alors :

"Je ne veux pas mourir... Il me reste tant de choses à accomplir... Je suis trop jeune pour mourir... Pitié... Je ne veux pas quitter ce monde, pour m'envoler vers les cieux du paradis... "

Prisonniers de ce cercueil de métal, les secondes étaient comptées pour le duo. Sans s'en douter, la romancière venait peut-être de délivrer une solution à Ronald Klump. Une dernière chance de survie. L'astucieux banquier allait-il la saisir ? Rien n'était encore sur, alors qu'un nouveau câble de l'ascenseur vint tout à coup à lâcher, laissant la cabine dans un équilibre encore plus précaire. La fin était toute proche...


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Ronald Klump, Banquier à la March Bank

L'horrible grincement métallique émanant des câbles de l'ascenseur réduisit Ronald au silence. S'ils s'en sortaient tous les deux, son plan était parfait mais encore fallait-il que la March'bank ne s'écroule pas sur leurs têtes ! Bien qu'il s'efforça de paraitre serein, le banquier véreux était loin d'être tranquille. Il n'était pas sûr que son sortilège de protection puisse tenir face à l'effondrement de la structure et il commençait sérieusement à s'inquiéter lorsque les portes de l'ascenseur s'ouvrirent enfin sur l'étage des coffres.

"Merlin soit loué ! "
s'exclama-t-il à l'unisson avec Mildred. Il quitta la cabine -non sans offrir son aide à la romancière pour enjamber des débris- et accueillit son baiser de remerciement avec un mélange de joie et de fierté. Incapable de résister à la tentation de pavaner comme un hippogriffe, Ronald rejeta sa mèche en arrière et poursuivit:
"Je suis l'homme de la situation Miss Magpie !"  Il bomba le torse et reprit "Voyez-vous, il me suffit d'actionner cette clef pour ouvrir la salle des coffres."

Cette pièce, haute comme trois étages de la Marchebank,  était dissimulée derrière une lourde porte en acier poli tout aussi grande qui pivotait sur elle-même à son ouverture dans un joli tintement de mécanique bien huilée. Les visiteurs étaient toujours très impressionnés par cette machinerie quelque peu spectaculaire. Ronald sortit donc la petite clef argenté de la poche de son veston coloré  qu'il glissa dans la serrure. Ménageant quelques secondes de suspense, il décrocha son sourire le plus charismatique à Mildred avant d'actionner l'ouverture mais l'harmonieux tintement habituel laissa place à un bruit de frottement suraigu. La tôle d'acier se bloqua dans son ouverture et, sur la pression du mécanisme, elle se plia en de multiples endroits avant de s'immobiliser complètement à mi course. Le sourire de Ronald laissa place à une vilaine grimace: Cette porte lui avait pourri son effet !

Contrarié, il invita tout de même Mildred à pénétrer dans la sacro-sainte salle des coffres de l'aile ouest. Malgré la secousse, elle semblait presque intacte. Seules quelques fissures lézardaient les murs ça et là, mais les portes massives desservant les coffres n'avaient pas bougées. Ronald prononça plusieurs incantations visant à annuler les sortilèges anti-intrusions et suivit la procédure habituelle de sécurité avant de rejoindre le coffre de Magpie qu'il ouvrit avec l'aide de la romancière.
Telle une mère, Mildred se jeta littéralement à l'intérieur du coffre pour venir serrer contre elle ses galions tremblotants de peur . "Ses bébés" Comme elle disait. Pour être franc, il y avait de quoi être sarcastique -ou même en colère- face à cette situation. Quelle genre de personne pouvait préférer son argent à la vie humaine ?

Pourtant Ronald se gardait bien de juger Mildred, bien au contraire. Il observait cette scène avec tendresse avant de se détourner pour laisser un peu d'intimité à la romancière. Il pouvait comprendre ce qui la motivait à agir ainsi. Il était un peu comme elle après tout: Mise à part ses succès financiers qu'avait-il accompli d'autre dans sa vie ? Il n'avait pas de femme à aimer, ni d'enfant à chérir. Ses seules réussites, il les devait à son activité de banquier, à sa capacité à faire les meilleurs placements au moment le plus propice. Ses plus grandes victoires ? Avoir décroché la gestion des portefeuilles de personnes toujours plus riches, toujours plus influentes. Voilà à quoi se résumait sa vie aujourd'hui. Il allait peut-être mourir  enseveli sous les décombres de la March Bank au milieu des galions de ses clients mais il n'aurait pas voulu être ailleurs. S'il avait laissé partir Mildred Magpie seule à la recherche de son coffre, il s'en serait voulu toute sa vie. Non pas parce qu'il la condamnait à une recherche longue, infructueuse, et surement mortelle mais parce qu'il aurait laissé passer l'occasion d'accomplir  ce pourquoi il était fait, et surtout, ce qui le rendait heureux.

Ronald balaya la salle des coffres du regard conscient d'être à l'endroit où il devait être. Il esquissa un léger sourire persuadé que sa dernière heure n'était pas venue. Il allait s'en sortir et gérer les comptes de l'association d'aide aux victimes de cette catastrophe. Faire fructifier cet argent jusqu'à ce que Mildred Magpie ne sache plus quoi en faire!

Ragaillardi à cette idée, le banquier fit quelques pas dans la salle pour rejoindre son propre coffre qu'il vida d'un coup de baguette magique. Avec ses propres galions en poche, il revint sur ses pas afin de récupérer Mildred au passage.

"Madame, désolé de vous déranger mais si nous voulons devenir les personnes les plus chanceuses du monde magique nous devons quitter les lieux."

En effet, des grondements sourds se faisaient entendre au delà des murs de la salle des coffres. La March bank s'affaissait, inexorablement, et elle allait finir par s'écrouler. Ronald escorta donc sa cliente jusqu'à l'ascenseur qui les avait miraculeusement attendu. Ils touchaient au but ! Plus qu'une poignée d'étages à descendre et ils pourraient enfin rejoindre la Place Merlin et donner l'interview larmoyante qui lancerait le début de leur association. Ronald observa son reflet dans le miroir de la cabine et constata avec satisfaction qu'il faisait peur à voir. Son costume déchiré était recouvert de poussière et son visage était strié de micro coupures dues aux éclats de verres. Il résista à l'envie de camoufler sa calvitie naissante avec sa longue mèche de cheveux qui retombait lamentablement du mauvais côté de son crane mais il estima qu'il avait l'air nettement plus piteux comme cela.

Son regard se posa alors sur Mildred Magpie qui était presque trop élégante et indemne pour être crédible. Il faut dire que le corps -robuste et musclé- de Ronald avait fait barrage entre la romancière et les débris lors de l'explosion. S'ils voulaient que leur plan fonctionne, Mildred devait sembler sortir tout droit de l'enfer, ce qui n'était pas vraiment le cas avec son sac Luis Fuiton quasiment intact.

Soucieux de la réussite de leur entreprise, Ronald se racla la gorge et prit la parole:

"Très chère, vous devriez peut-être...commença-t-il avant d'être interrompu par le bruit d'un effondrement tout proche. La cabine vacilla quelques secondes  de gauche à droite, heurta la gaine à plusieurs reprises avant de se bloquer en apesanteur.

" Merlin, Morgane et Paracelse !" jura Ronald en plaquant ses mains de part et d'autre de la cabine.

Non, non et non ! Ce n'était pas du tout ce qui était prévu ! songea-t-il sans toutefois oser bouger le moindre petit doigt pour ne pas rompre l'équilibre précaire de l'habitacle. Mildred qui était prostrée dans le coin imposé au sien semblait sur le point de craquer.

"Enfin Miss Magpie ne dites pas de bêtises, répondit-il à ses lamentations, vous et moi nous sommes de la race des vainqueurs ! Vous entendez ? Nous sommes de ce ceux qui s'en sortent toujours, qui ne baissent pas les bras ! Il doit bien y avoir une solution !" dit-il en tentant de transplaner.
Toutefois sa tentative se révéla infructueuse. La banque était tellement sécure  qu'il faudrait surement plusieurs heures aux secours pour déprogrammer les sortilèges anti-intrusion. Ronald pesta et scruta le plafond de la cabine où il découvrit alors une petite trappe. Bien trop petite d'ailleurs pour qu'ils puissent espérer s'y glisser...

"Merlin, si seulement j'avais suivi ce régime "Weight-Wizards" grogna-t-il avant de poser les yeux sur Mildred. Bien qu'elle soit plus fine que lui, il était clair qu'elle ne passait pas elle non plus... du moins... pas sous sa forme actuelle.

Une lueur d'espoir illumina soudainement le regard de Ronald lorsqu'il prit la parole:

"Miss Magpie, dites-moi, vous êtes bien animagui n'est-ce pas ?
Il était sûr d'avoir lu cette information dans son dossier: "Un colibri non ? ou une pie ... oui c'est ça ! Une pie !" s'exclama-t-il sans toutefois quitter sa posture les bras en croix, "Il faut que vous quittiez cette cabine et que vous vous arrangiez pour la faire descendre -doucement- jusqu'au rez de chaussée. je suis sûr que vous en êtes capable, ajouta-t-il pour la rebooster, Allez...levez-vous...Vous allez y arriver... souffla-t-il avant de tendre lentement une main dans sa direction.
"Allons...,Il agita légèrement les doigts, Laissez moi donc votre sac à main... il ne faudrait pas qu'il vous encombre pendant votre vol."
Et il ne faudrait pas, surtout, que sa cliente s'éclipse avec ses galions en l'abandonnant ici !
Ronald lui décrocha donc son plus charmant sourire avant de conclure:
"Ne vous inquiétez pas pour vos bébés... Comme je vous l'ai dit, je suis l'homme de la situation !"
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Un énorme nuage de poussière, des débris partout, des cris de peur et de douleur et au milieu de ce chaos, la fine silhouette de Nora se détacha dans la grisaille. Le cœur d'Irving bondit dans sa poitrine: Après ce qu'il venait de vivre, l'effondrement, cette horrible vision de Dalhiatus et l'agonie du petit garçon,  il était encore sur le choc et il se demanda s'il ne s'agissait pas de nouveau d'une hallucination.  Nora paraissait encore plus petite et menue au milieu de ce paysage apocalyptique composé d' énormes blocs de béton éventrés et de tessons de verres grands comme des géants,  mais elle était là, à quelques mètres de lui, bien vivante.

" Ici !" articula-t-il malgré sa gorge sèche afin qu'elle le localise plus facilement, on peut pas bouger..."

Irving accueillit l'arrivée de sa petite amie avec un profond sentiment de soulagement. Elle allait bien. Il y avait encore de l'espoir. Ils pouvaient s'en sortir tous les trois, cette situation étant presque comparable à  l'effondrement de la Laponie. Irving avait cru au pire des scénarios et finalement tout le monde s'en était tiré. Pourquoi pas cette fois-ci ?

Oubliant sa propre douleur, le Gryffondor  reporta donc  son attention sur le petit garçon allongé à ses côtés et commença à lui parler pour tenter de le réconforter.
"Ça va aller... Nora va nous sortir de là... Tu sais, elle est très forte pour aider les gens ... Elle aide tout l'monde... Elle a même adopté un p'tit chien abandonné... Tu aimes les chiens ? "

Irving disait absolument tout ce qui lui passait par la tête pour garder l'attention de l'enfant et le détourner de sa douleur. Un à un, Nora enlevait les débris qui les entravaient. Il pouvait la voir à la limite de son champ de vision tandis qu'il s'efforçait de garder le contact visuel avec le petit.

"Si tu veux tu pourras venir chez nous pour le voir. Ça te plairait ? On pourrait aller l'prom'ner tous les trois et même aller jusqu'au village. Y a un magasin de montres là-bas.  Il est plus petit que celui du centre commercial, bien sûr, mais ils ont de très jolis modèles. Je suis sûr que tu aimerais..."

-J'ai mal... gémit une nouvelle fois le petit garçon.

Irving  se tut, conscient d'être complètement à côté de la plaque. Cela ne servait à rien de débiter des paroles qui n'étaient d'aucun réconfort pour l'enfant. Il était le seul à se sentir rassuré par ce flots de mots ininterrompus, couvrant les râles et la détresse de ce garçon. Troublé par cette prise de conscience, il resta quelques secondes immobile et muet. Il  regarda Nora s'agenouiller de l'autre côté du petit corps mutilé pour lui apporter un peu de tendresse et de soutien. Voila ce qu'il devait faire. Imitant sa petite amie, il attrapa la main poussiéreuse du garçon et la frictionna lentement.

-On te laisse pas. On est là...
souffla-t-il avant de croiser le regard désespéré de Nora.

Il devait trouver de l'aide et vite. Irving tenta de se hisser sur un coude mais il renonça en sentant une terrible douleur parcourir sa clavicule. Au prix de nombreux efforts, il parvint finalement à s'asseoir mais lorsqu'il découvrit sa jambe gauche formant un angle bizarre au niveau du genou, il sut qu'il ne pourrait pas aller bien loin.

"Venez nous aider ! " Cria-t-il alors en apercevant des personnes en blouse blanche un peu plus loin. Aucun doute possible, les équipes de médicomages venaient de transplaner.

"ICI" hurla-t-il tandis que la voix de Nora se joignait à la sienne.

Une silhouette sembla enfin les remarquer puisqu'elle approcha dans leur direction. Ils étaient sauvés.  Irving reporta vivement son attention  sur l'enfant pour lui souffler la bonne nouvelle et lui donner la force de tenir.

"Les médecins arrivent, tiens bon, ils vont te prendre en charge et t'amener à Sainte Mangouste." Il pressa un peu plus la main du petit et leva la tête pour découvrir le visage de leur sauveur qui se révéla être ... Meredith Kane.

Irving se figea subitement, incapable de bouger. Celle qui avait ordonné la torture de Klemens se tenait tout prêt de lui. Merlin. Il fallait que ce soit elle qui vienne à leur secours. Cette journée était un pur cauchemar, un véritable ascenseur émotionnel.  Encore sous le choc, Irving retint difficilement un mouvement de recul lorsqu'elle se pencha au chevet du petit garçon.

"Allez-y doucement, il a très mal." souffla-t-il sans lâcher la main du gamin.

Son regard fébrile passa de Meredith au petit, de la fiole ouverte aux mains de la directrice de département caressant la joue de l'enfant,et puis, tout s'arrêta.  La poitrine du petit garçon s'affaissa, ses paupières se figèrent dans une drôle de position mi close, mi ouverte et sa main glissa de celle d'Irving.

Incrédule, l'aubergiste secoua la tête de gauche à droite comme pour nier l'évidence.

"Qu'est ce que... " balbutia-t-il le souffle court. Il chercha le regard de Nora et croisa finalement celui de Georgiana qui venait miraculeusement d'apparaitre. Elle ne se doutait pas qu'elle venait d'arriver au pire moment et qu'Irving était bien incapable de répondre à ses questions. Il était juste effondré, anéanti par tout ce qu'il venait de vivre et de voir. S'en était trop.

Il passa une main crispée sur son visage avant que ses yeux exorbités ne se posent sur Meredith Kane.

" Pourquoi vous avez fait ça... Vous... Vous êtes médicomage, Bordel ! C'est pas ça votre boulot !" s'emporta-t-il en désignant le cadavre de l'enfant.
Les yeux plein de larmes, il reprit: " Vous avez même pas essayé d'le sauver. Rien. Quel genre d'médecin s'balade avec du putain de poison dans les poches ! Hein ?" hurla-t-il.

De colère, il lui arracha la fiole des mains  et la jeta de toutes ses forces contre la tête de la statue de Dalhiatus où elle se brisa en mille morceaux.

"Qui vous êtes pour faire ça !? Qui vous êtes pour croire que vous pouvez choisir qui vit et qui meurt ! "

Klemens, cet enfant et combien d'autres personnes encore ?

"Vous êtes bonne qu'à tuer !" lâcha-t-il alors dans un ultime sanglot où se mêlait rage et désespoir.

Hors jeu:
 
Nahuel MuñozExilé clandestinavatar
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Le souffle de l'explosion fut tellement puissant qu'il l'envoya valser plusieurs mètres plus loin. Rien ne l'avait préparé à ça. Il n'était pas sur ses gardes pour une fois. Il se contentait d'observer Dean à la dérobé en se traitant d'idiot. Ce n'était pas très intelligent de s'enticher du jeune homme. Et de toute manière, ce dernier méritait bien mieux qu'un mec comme lui. Il avait bien trop de casseroles aux fesses pour se permettre toute relation avec qui que ce soit. Et tout ça tournait en boucle dans sa tête.

Il n'avait donc rien vu venir. La stupeur l'avait saisit lorsque l'explosion eu lieu. D'abord lui bruit abominable puis le contrecoup avec la chute du bâtiment. Les chutes de pierres et les tremblements du sol. L'apocalypse semblait s'être abattue sur leurs têtes. Il ne voyait pas à deux mètres, la poussière dissimulant tout. Il tenta de se relever mais une pointe de douleur dans sa poitrine le scotcha au sol. Il s'allongea une minute, fermant les paupières pour retrouver un souffle apaisé et calmer la douleur. Il avait dû se prendre un débris perdu.

Il posa ses doigts sur ses côtes et palpa délicatement. C'était douloureux mais rien d'insurmontable. Ce n'était sans doute pas cassé. Dans le pire des cas, c'était fêlé mas rien d'irréparable et rien de vraiment handicapant. Sauf la douleur peut-être. Il inspira profondément avant de se redresser en position assise. Il observa un moment ce qui se passait autour de lui. Il entendait des hurlements, des cris, des pleurs et des appels à l'aide. C'était un vrai carnage. Machinalement, il porta la main à sa poche pour sortir sa baguette avant de se reprendre. Ce n'était pas le moment d'agir imprudemment.

Il y avait certainement des Aurors et des Miliciens partout ou ils n'allaient pas tarder à rappliquer. Ce n'était pas le moment de se faire prendre. Et risquer de faire de la magie avec sa vraie baguette était trop dangereux. Il ne voulait pas se faire attraper par la justice Argentine non plus. Il garda donc sa baguette bien caché dans une de ses poches. Il lui restait toujours la magie instinctive dans le pire des cas. Il ne la maîtrisait pas très bien, il n'avait pas vraiment pris le temps d'apprendre assidûment mais il lui restait peut-être des restes.

Il se redressa en grimaçant et en se tenant les côtes. C'était vraiment douloureux. Peut-être qu'Esteban saurait réparer ça. Il inspira profondément en laissant son regard parcourir la foule. Il fallait qu'il retrouve Dean. Il ne savait pas où ce dernier pouvait bien être. Il était de l'autre côté de la rue avant l'explosion. Mais la déflagration avait été telle que le jeune homme avait pu être lui aussi propulsé plusieurs mètres plus loin. Il claudiqua légèrement, marchant sans trop savoir où aller. Retournant sur ses pas pour retrouver la chevelure blonde de Dean. Le cœur battant la chamade.

Ce dernier rata un battement lorsqu'il aperçut son ami sous des gravas. Il accéléra légèrement le pas et se laissa tomber au sol à ses côtés. Il poussa du mieux qu'il put les pans de mur qui avaient atterris sur le jeune homme. Attrapant sa main dans la sienne, il la serra fort pour lui tirer une réaction. Retenant, les larmes d'angoisses qui menaçaient de couler sur ses joues.

"Dean... Dean... Tu m'entends ? Pitié... Réveil toi !"

Il tapota doucement sur sa joue pour le faire réagir. Il était vivant. Il ne pouvait pas être mort de toute façon. Il respirait. Il pouvait voir son corps bouger. Il fallait qu'il prenne soin de lui. Les médicomages arrivaient en nombre. Il serra le corps de Dean contre lui et posa un baiser sur son front. Il fallait qu'il se réveille maintenant. La respiration de Nahuel était chaotique. Il ne savait pas exactement quoi faire. Ce n'est que lorsqu'il entendit des éclats de voix qu'il réagit. Sortant de sa torpeur, il tourna la tête pour voir Irving crier sur une femme. Ce n'était clairement pas la meilleure des choses à faire. Elle semblait faire partie des secours ou un truc comme ça. C'était sa chance. Il prit Dean dans ses bras et le souleva. Se redressant du mieux qu'il pouvait à cause de ses côtes douloureuse. Il devait agir...

Il se laissa tomber aux côtés d'Irving hors de lui. Posant Dean aussi délicatement qu'il le pouvait. Il posa une main sur l'épaule du bouclé et croisa le regard de la femme blonde. Implorant du regard cette femme qui semblait avoir agi dans un acte irréfléchi. Son regard se posa sur le petit garçon devant Irving et ne put retenir une grimace d'effroi. Quoiqu'il se fut passé, l'enfant était condamné. Ses blessures étaient bien trop graves... Insoignables.

"Irving, s'il te plaît ! Calme toi..."

Il l'implora du regard. Ce n'était pas le moment de craquer. Pas le moment de montrer qu'il en avait gros sur le cœur.

"C'était perdu d'avance de toute façon..."

Il secoua la tête tristement avant de poser les yeux sur Dean. Il enleva une mèche de cheveux qui barrait son front et se tourna vers la femme blonde.

"Est-ce que vous pouvez l'aider ?"

Il désigna le blond d'un geste de la main. Le regard implorant. Il ne supporterait pas qu'il meurt ici. Pas à cause d'une brique mal tombé. C'était tellement... bête comme mort. Dean ne méritait pas ça. Il méritait tellement de choses et tellement mieux.


Nahuel Muñoz
Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Comment Leopoldgrad,  cette ville hors du commun, cette prouesse magique et technologique, avait-elle pu se transformer en un tel enfer ?
Ce fut la première pensée qui traversa l'esprit de Jonah lorsqu'il transplana  à l'extrémité de l'Avenue Dalhiatus.

La journée n'avait pourtant pas si mal commencé. En ce dernier samedi d'Octobre, Jonah était de garde à Poudlard et il avait passé sa matinée à corriger quelques copies et préparer des TP pour ses quatrièmes années. Le château était particulièrement calme en cette veille d'Halloween puisque les élèves s'étaient rendus en masse à Pré-Au-Lard afin de faire le plein de confiseries.

Jonah ne s'attendait pas à être dérangé, et pourtant,... l'alerte était tombée en milieu d'après-midi alors qu'il rangeait son bureau. Une grave explosion venait de ravager la March Bank de Leopoldgrad. Il était question  d'une dizaine de victimes, peut-être plus, les secours étaient déjà sur place et le gouvernement demandait expressément à toutes les institutions du monde magique de fermer leurs portes.

"Il pourrait s'agir d'un attentat terroriste."


Le patronus du Ministère n'avait pas apporté plus de précisions. Craignait-on en hauts lieux une vague d'attentats ? Des frappes simultanées à Leopoldgrad ? Londres ? Pré-Au-Lard ?

A partir de cet instant le personnel de Poudlard n'avait eu plus qu'une seule priorité: Mettre tous les jeunes à l'abri. Jonah avait fait partie de l'équipe chargée de rapatrier les élèves du village. La plupart d'entre eux était occupés à boire une bièreaubeurre aux Trois Balais ou acheter des friandises chez Honneyducks. Ils étaient tous  à mille lieux d'imaginer que cette journée resterait surement gravée par l'un des événements  les plus tragiques du pays. Jonah avait été particulièrement soulagé de retrouver Casey indemne. Son n°3 était le seul à bénéficier d'une autorisation de sortie pour Pré-Au-Lard, Virgile, son cadet, étant privé de sorties depuis ses frasques dans la salle des arts, et Gabriel étant encore trop jeune pour bénéficier des temps libres.

Avec l'aide de quelques agents de la PM envoyés en renfort par le Ministère, Jonah et d'autres enseignants avaient escortés le convoi jusqu'à l'école. Le professeur d'Etudes des Moldus avait été particulièrement tendu durant tout le trajet, guettant chaque mouvement suspect dans la foret interdite. Il avait sommé Casey de rester près de lui et il avait ressenti un profond soulagement en passant les grilles du château avec les élèves...

Malheureusement, les directeurs de Maison avaient vite déchanté après avoir fait l'appel.

"Priam Carrow, un de mes septièmes années est absent. Il devait se rendre à un rendez-vous avec son banquier... à la March Bank." souffla Neville.

Jonah poussa un profond soupir.

"Sais-tu s'il était accompagné ? Il me manque Emma Blackbonnes, dit-il en étudiant le parchemin de listing des élèves,  Elle a demandé une autorisation de transplaner en direction de Leopoldgrad pour raisons personnelles. Comme elle est majeure je la lui ai accordée..." répondit Jonah en fronçant les sourcils de contrariété. Merlin s'il arrivait quelque chose à cette petite, il ne se le pardonnerait pas.

"Carrow était accompagné d'Anwar Kabbache- un élève de Thelma- mais  pas de la petite Blackbonnes, du moins pas que je sache."


L'équipe s'était mise d'accord pour envoyer au moins un représentant de l'équipe pédagogique sur les lieux du drame pour tenter de mettre la main sur les trois élèves manquant à l'appel et Jonah s'était porté volontaire pour cette tache.
Il avait attrapé son balai avant de transplaner sur l'Avenue Dalhiatus, non loin du building luxueux de Logan Vargas. Rien ne l'avait préparé à découvrir un tel carnage. La place Merlin ressemblait davantage à un champ de bataille qu'à une belle esplanade. Les sorciers courraient en tous sens, des personnes recouvertes de sang semblaient totalement perdues et laissées  à l'abandon tandis que les secours paraissaient débordés par l'événement. Il y avait bien quelques ambulanciers et des médicomages mais bien trop peu pour faire face à une telle catastrophe.
Soudainement en proie à un mauvais pressentiment, Jonah attrapa sa baguette et fit apparaitre son patronus. Il n'avait pas eu de nouvelles de Dean depuis l'annonce de l'attentat. Vivant à Bristol, son fils n'avait aucune raison de se trouver ici mais l'enseignant préférait en avoir le cœur net. Son ainé était surement en train de s'exercer au piano -il pouvait passer des heures à en jouer sans faire la moindre pause- mais Jonah serait complètement rassuré seulement après avoir eu un message de son fils.

"Dean s'est papa. Il y a eu un ...*attentat*...une explosion à Leopoldgrad.  C'est assez grave." dit-il afin de ne pas paraitre trop alarmiste, Envoie moi ton cygne pour me confirmer que tout va bien."

Son loup se volatilisa dans les airs mais l'enseignant ne rangea pas sa baguette afin de dicter un second message.

"A l'attention d'Emma Blackbonnes, Anwar Kabache et Priam Carrow. Ici le professeur Forbes. Je suis à Leopoldgrad non loin de la March'Bank. Du moins, ce qui l'en restait, songea-t-il en observant avec appréhension la banque éventrée,  Si vous êtes encore par là, envoyez-moi un message pour que je puisse vous localiser, je viendrais vous chercher. Il hésita quelques secondes et ajouta " Nous sommes très inquiets pour vous, répondez-moi vite. " puis il rangea sa baguette dans la poche de sa veste avant d'enfourcher son balai.

Progresser au milieu des décombres s'avérait déjà difficile pour une personne valide alors Jonah avait opté pour la solution la plus adaptée à son handicap. Il allait survoler la zone à la recherche de ses élèves. Pour peu qu'ils aient cassés leurs baguettes ou qu'ils soient inconscients, il y avait peu de chance qu'ils puissent répondre à son message, il devait donc être particulièrement attentif pour tenter de les repérer. Il allait d'abord commencer par la Place Merlin puis il essaierait de se glisser à l'intérieur de la March'Bank si les autorités le laissait faire.

"Anwar ! Emma !" cria-t-il en observant les gravas en contrebas à la recherche d'une âme qui vive. "Priam !"

Des blocs de béton et de verre enchevêtrés les uns dans les autres à perte de vue. Comment survivre à une telle apocalypse, songea-t-il, en poursuivant sa lente et méthodique progression.

Soudain, deux loups argentés se matérialisèrent devant ses yeux. Ses loups. Ses patronus. Il n'y avait malheureusement qu'une seule raison pour qu'un patronus ne trouve pas son destinataire. Abasourdi, Jonah rejoignit le sol pour écouter les messages qui lui révèleraient l'identité des deux défunts. *Pourvu que ce ne soit pas Dean* pensa-t-il égoïstement en posant un pied au sol. La main fermement accroché à son balai et le souffle court, il ferma les yeux et écouta les enregistrements qui n'arriveraient jamais aux oreilles des deux adolescents des maisons Poufsouffle et Gryffondor: Anwar et Priam étaient morts.

Sans qu'il ne s'en soit rendu compte, Jonah s'était assis sur un bloc de pierre à l'annonce du verdict. Ses jambes tremblaient encore lorsqu'il posa une main devant sa bouche, le cœur encore chaviré par la nouvelle et par ce tourbillon d'émotion: le soulagement de savoir son propre fils en vie et l'horreur de deviner le décès de deux élèves.

Il resta plusieurs secondes assis, totalement immobile, les yeux perdus dans le vague avant de se reprendre: Ce n'était pas le moment de flancher, Emma était quelque part par là. Il devait la retrouver,  se dit-il alors en se hissant péniblement sur ses jambes pour enfourcher son balai.

"Dean si tu vas bien, réponds-moi ! C'est vraiment grave ce qui se passe à Leopoldgrad !" dicta-t-il une nouvelle fois à son patronus avant d'envoyer son message et de reprendre ses appels au dessus des décombres.
"Emma ! Emma Blackbonnes !"

Alors qu'il survolait de lourds débris, Jonah crut apercevoir  une forme humaine appuyée entre deux gros blocs. Il bifurqua dans sa direction et identifia une silhouette féminine * peut-être Emma* songea-t-il en accélérant. Il constata toutefois rapidement qu'il ne s'agissait pas de la jeune Serpentard mais d'une trentenaire plutôt mal en point. Son chemisier était couvert de sang et elle semblait chavirée de douleur.

"Hé. Hé, dit-il en claquant des doigts devant ses yeux, Regarde moi.  Comment tu t'appelles ? demanda-t-il alors, Moi c'est Jonah. Je suis là pour t'aider, tu vas voir, ça va aller. Dit-il en s'agenouillant près d'elle. Il s'agissait d'abord de rassurer un peu cette femme et d'instaurer un lien de confiance. Comme avec les jeunes loups garous de l'association en somme, se dit-il en adoptant le même ton posé et bienveillant que lors de ces entretiens, Écoutes moi, il faut que tu me laisses jeter un œil à ta plaie, tu crois que tu peux me laisser regarder ?" s'enquit-il en posant une main sur les bras croisés de la femme.

Si la plaie était mineure, il tenterait un Episkey mais si elle se révélait trop profonde, il partirait en quête de médicomage ou d'essence de dictame... Bref n'importe quoi qui puisse soulager cette femme.


Emma BlackbonnesPréfète en Chefavatar
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"sommes très inquiets pour vous, répondez-moi vite."

L'obscurité. La douleur. La peur. Et cette voix. Connu. Chaude, rassurante. Un professeur ? Forbes peut-être ? Une hallucination ? Lointaine cette voix. Bien trop lointaine. Et à nouveau le silence. Écrasant. Oppressant. Et encore et toujours cette douleur. Elle ne sentait plus ses jambes. Elle avait mal. Tellement mal. Partout et nulle part en même temps. Un gémissant plaintif s'échappa de ses lèvres alors qu'une larme coulait le long de sa joue. Elle avait peur. Tellement peur. Elle ne voulait pas mourir. Pas maintenant. Pas ici. Elle avait déjà vécu trop de choses. Les traumatismes s'accumulaient. Elle avait cru trouver le bonheur avec Dave. Mais il était parti. L'avait laissé seule avec ses doutes et ses angoisses.

Elle était venue jusqu'à lui pour lui parler. Pour lui faire entendre raison. Mais à présent, tout ceci lui paraissait tellement futile. Elle s'inquiétait pour le jeune homme. Mais sa préoccupation principale pour le moment était sa propre survie. Elle avait cru aimer Dave mais là, toute seule dans le noir. Sous le poids arasant des gravas au dessus de sa tête, elle se rendait compte que tout ceci n'était rien d'autre qu'une mascarade. Elle aimait l'image que renvoyait Dave. Elle aimait l'éclat qu'il faisait naître en elle. L'importance qu'elle avait prise au cours des dernier mois.

Elle était toujours dans cette quête de reconnaissance. Celle qui l'avait faite tomber dans les filets d'Ana Sorden. Elle n'avait donc rien appris. Et la peur se fit plus brûlante. Elle devait réparer ses erreurs. Elle ne pouvait pas mourir. Les larmes dévalaient ses joues sans qu'elle les retiennent. Son souffle se fit haletant. La panique l'envahissait. Elle faisait une crise d'angoisse. Oppressée par les gravas, elle n'arrivait plus à respirer. Elle étouffait. Elle avait besoin d'oxygène. Mais tout ce qu'elle voyait, c'était les ténèbres. Rien d'autre. Et le son de ses sanglots. De plus en plus bruyants et incontrôlés.

Une peur panique de mourir. Et une envie pressante de faire pipi. Sa vessie semblait avoir choisie le pire moment pour se réveiller. A croire que la trouille lui faisait faire des choses étranges. Un frisson s'empara d'elle, lui tirant un nouveau gémissement de douleur. Ses pleurs s'accentuant encore davantage. Elle tremblait de la tête aux pieds, le cœur aux bords des lèvres. L'angoisse était une chose affreuse. Elle avait la nausée à présent. Sa poitrine était serrée et la faisait autant souffrir voir plus que le reste.

Sa respiration haletante en quête d'air. Elle leva un bras au dessus d'elle et tenta de pousser les pierres qui l’ensevelissaient. Emma poussa de toutes ses forces mais en vain. Un hurlement de désespoir lui échappa. Un cri rauque et profond de désespoir. Elle n'était rien d'autre qu'un animal blessé et emprisonné. Ses sanglots redoublèrent encore. Elle pensa à ses parents, à son petit-frère. Elle ne pouvait pas mourir. Elle voulait les revoir une dernière au moins. Serrer sa mère dans ses bras, sentir son odeur. Voir le sourire de son père encore une fois...

"Maman... Papa... Au s'cours !"

Un murmure a peine audible. Un souffle. Une prière et encore des pleurs. Encore et toujours. De plus en plus violent. Elle sentit un liquide chaud couler le long de sa cuisse. L'envie d'uriner ne se faisant plus sentir. Elle avait mal, elle avait honte. Elle voulait sortir d'ici. Elle voulait sa maman. Que quelqu'un n'importe qui lui vienne en aide. Elle n'arrivait plus à respirer. Elle n'arrivait plus à réfléchir. Elle bougea sa main droite et sentit une longue tige en bois. Ses doigts se refermèrent dessus. Sa baguette magique...

Elle ferma les yeux. Rassemblant ses forces pour penser à un sort. N'importe lequel. La voix du professeur Forbes lui revint en mémoire. Peut-être l'avait-elle rêvé après tout. Peut-être que ce n'était pas lui. Une simple illusion de son esprit. Mais elle devait y croire. Se raccrocher au moindre espoir en sa possession. Elle se concentra sur un souvenir heureux. Un moment avec sa famille. Elle esquissa un léger sourire à travers ses larmes. Une lueur venait d'apparaître. Un renard gris perle attendait son message. Elle inspira profondément, essaya de se calmer et de parler distinctement malgré sa douleur et sa respiration difficile.

"Au secours ! Banque... Sous décombres... Mal... Pitié... Venez..."

Emma fut prise d'une quinte de toux, l'obligeant à s'arrêter. Ses côtes lui faisaient mal. Ses poumons la brûlaient. Elle n'arrivait même plus à pleurer. Ses yeux étaient secs. Elle haletait plus qu'elle ne respirait. Son patronus venait de partir alors que sa dernière pensée était pour son directeur de maison. Elle ne savait pas s'il recevrait le message ou s'il se perdrait en chemin. Elle ne savait plus rien. Mais elle espérait. Ce fut la dernière chose qu'elle fit avant de sombrer à nouveau dans l'inconscience.



Emma Blackbonnes


Sur une idée originale de Vigounet pour la signa et ava de Daisy ♥
Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Il y avait cette pierre, à côté de sa main. Ce morceau de granit, très lisse, presque doux sur toute sa surface, sauf sur ses arrêtes, tranchantes, sur lesquelles se perdaient ses doigts. Isobel serrait ce trivial caillou dans sa paume jusqu'à ce qu'il devienne une effraction de la réalité dans la confusion qui l'agitait. Elle était incapable de distinguer le temps qui s'écoulait, incapable de distinguer les hurlements des sirènes qui retentissaient tout autour. La douleur palpitait dans tout son corps, son cœur, son esprit. Chaque respiration était insupportable, brûlait ses poumons et sa gorge, chaque respiration lui donnait envie d'arrêter d'inspirer, de sombrer dans l'inconscience. Et à chaque respiration, elle serrait un peu plus fort le granit entre ses doigts pour ne pas fermer les yeux et ne pas céder au soulagement de l'évanouissement. Pourtant, elle était fatiguée, tellement fatiguée qu'elle sentait ses yeux se fermer malgré elle, ses membres s'appesantir dans la poussière. C'était cet instant, le matin, entre le sommeil et l'éveil, cet instant de flottement hors du temps. Lors des matins d'hiver, quand elle était bien dans son lit, qu'elle se rendormait malgré le réveil, qu'elle se rendormait même lorsqu'elle ne le voulait pas. Ce bien-être cotonneux, contre lequel on ne pouvait pas lutter.

Cette sensation l'envahissait au fur et à mesure que la douleur semblait diminuer. Sa respiration s'apaisa, ses doigts crispés sur son estomac se détendirent et elle laissa aller le morceau de granit auquel elle s'accrochait auparavant comme une noyée. Son esprit semblait osciller entre la réalité et des brides de souvenirs, d'impressions, de ressentis. Il fallait qu'elle se lève, songea-t-elle. Elle allait être en retard. Mais elle était bien, là, allongée dans son lit. Elle pouvait se rendormir, peut-être, personne ne dirait rien. Dormir encore quelques heures, elle était fatiguée. Ses paupières se fermèrent, occultant les derniers spasmes douloureux qui parcouraient son abdomen. Isy Louise. La voix retentit dans son esprit mais elle la chassa. Elle ne voulait pas se lever, elle était bien. Tant pis, elle serait en retard. Elle voulait dormir encore un tout petit peu... Se rendormir quelques heures. Isy Louise. C'était la voix de sa grand-mère. Elle ne la laissait jamais dormir le matin, elle la réveillait tout le temps, parce qu'il fallait prier avant d'aller à l'école. Elle n'aimait pas cela, elle préférait rester dans son lit, il faisait trop froid dans la cuisine... Elle savait que si elle ne levait pas, sa grand-mère viendrait la chercher. Elle entendait son pas dans l'escalier qui craquait, sur le parquet branlant du pallier. La porte grinça alors que la lumière crue du couloir envahissait la petite chambre. Isobel.

- Hé. Hé.

On claqua des doigts devant ses yeux et Isy ouvrit péniblement les paupières, abandonnant derrière elle la sensation familière de son enfance. Le retour fut brutal et la réalité prit de nouveau d’assaut ses sens, les cris, les pleurs, la douleur. Elle inspira brusquement, le goût du sang envahissant sa bouche alors que ses doigts se crispaient de nouveau sur son ventre. Un homme était penché au dessus d'elle et elle croisa son regard sans réussir vraiment à s'y accrocher. Elle entendait sa voix comme dans un bourdonnement, dans une litanie de mots sans sens. Elle voulut parler, s'accrocher à cette présence de toutes ses forces, de toute sa volonté mais aucun son ne sortait de sa poitrine, comme si cette dernière était compressée. Elle se sentait nauséeuse alors que la peine reprenait ses droits dans son corps, déchirant de nouveau ses nerfs, ses muscles et chaque inspiration fut de nouveau un profond combat. La seule chose qui vint s'interposer entre elle et cette vague de douleur fut le contact de la main de Jonah sur la sienne. Cette infime sensation, ce bref éclat de chaleur, elle s'y accrocha avec brusquerie, dans un geste incontrôlé. Elle serra cette main de toutes les forces qui lui restaient, de la même manière dont elle avait égratigné sa paume avec le granit. Sans qu'elle ne puisse lutter contre, la sensation de coton revint doucement, berçant de nouveau son esprit. La fatigue l'envahissait de nouveau, ne laissant comme ancre que cette main qu'elle serrait dans la sienne, jusqu'à l'inconscience, celle sans rêves.

HRP:
 


Isobel Lavespère
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Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora retrouva une lueur d'espoir et s’autorisa un soupir de soulagement en voyant une femme s'approcher d'eux d'une démarche assurée. On venait les aider. Ils allaient tout les trois s'en sortir. La jeune femme reconnut rapidement Meredith Kane, la directrice du nouveau centre de Skye, pour l'avoir suffisamment vue dans la presse, et son optimisme retomba aussitôt. Pourquoi fallait-il que, de tous les médicomages présents, ce soit elle qui vienne à eux ? Mais peu importait, se rassura-t-elle aussitôt. Quelle que soit ses convictions douteuses et ses agissements odieux, Kane était médicomage, elle les aiderait.

"On ira avec toi, ajouta-t-elle à l'intention du petit garçon quand Irving lui expliqua que les médicomages allaient l'emmener à Ste-Mangouste. On reste avec toi. De toute façon Irving avait besoin de soins urgents lui aussi, et elle-même devait avoir une cote cassée. Ne t'en fais pas, ça va aller, on ne te laisse pas. Comment est-ce que tu t'appelles ?"

L'enfant ne répondit pas et gémit de plus belle, réclamant sa maman. Nora attrapa une de ses mains pour la serrer dans la sienne, Irving faisant de même de son côté. Elle échangea un regard grave avec son petit-ami et tenta d'évaluer l'état de ses blessures, ce qui ne la rassura pas. Meredith s'agenouilla au côté du jeune blessé et Nora la suivit des yeux, le cœur battant et le visage noyé de larmes. Elle observa la médicomage tirer une fiole de potion de sa poche et sentit son angoisse et son inquiétude se calmer. Il s'agissait certainement d'un antidouleur, le Dr. Kane prenait les choses en main, tout allait bien se passer. Ils étaient sauvés tous les trois.

Meredith assura au petit-garçon qu'il reverrait bientôt sa maman et Nora confirma ses dires en hochant vigoureusement la tête, bien que les chances que la mère du jeune garçon ait survécu à l'explosion soient très faibles. Il serait probablement orphelin de mère quand il se réveillerait à l'hôpital mais il avait certainement un père qui prendrait soin de lui, peut-être des frères et sœur, des grands-parents, un oncle cool ou une tante un peu bizarre. Il devait avoir toute une famille qui s'inquiétait et qui serait là pour s'occuper de lui. Et puis, il pourrait venir à l'auberge autant qu'il le voudrait. Il allait s'en sortir, et il serait heureux, malgré tout. Nora avait besoin de le croire.

Quelque chose, dans le discours de la médicomage et dans son attitude curieusement calme pour une personne agissant dans l'urgence de sauver une vie, inquiéta la jeune fille. Elle scruta avec plus d'attention la fiole de potion que le Dr. Kane approchait des lèvres du petit garçon et se figea d'horreur en reconnaissant le liquide bleuté. Ce n'était pas un antidouleur. C'était une potion de sommeil. Mrs Bloomwood lui en avait prescrit, sur avis du Pr. Corrigan, après le meurtre de Dalhiatus. Pendant plus d'un mois Nora n'avait pas réussi à trouver le sommeil sans boire deux goutes du précieux liquide avant de se coucher. Deux goutes qui la plongeaient aussitôt dans un sommeil de plomb. Et Meredith Kane était en train d'en faire boire plusieurs gorgées au jeune blessé. Elle n'était pas en train de le sauver. Elle venait de le tuer.

"Nan ! s'écria-t-elle dans un sanglot. Qu'est-ce que vous faites ?"

Elle voulut tendre la main vers la fiole pour l'arracher des mains de la médicomage et l'empêcher d'en administrer tout le contenu au petit-garçon mais quelqu'un cria son nom derrière elle et l'interrompit dans son geste. Nora se retourna pour découvrir le visage inquiet de Georgiana qui arrivait vers eux. Quand elle reporta son attention sur Meredith et sur le jeune garçon il était trop tard. Les dernières paroles de la berceuse du Dr.Kane résonnèrent comme les dernières notes d'une marche funèbre et une longue seconde de silence s'étira entre les trois témoins de cet infanticide avant que Meredith ne le brise d'une voix froide.

Incapable de détacher son regard du visage désormais paisible et détendu du jeune garçon, Nora entendit la colère d'Irving sans la voir. Mais elle résonna en elle avec force alors qu'elle songeait à toute la vie que cet enfant n'aurait pas, à tout ce qu'il ne connaitrait jamais, parce qu'on l'avait abandonné.  Il n'était jamais trop tard. Ses chances de survie étaient maigres, Nora en était consciente, mais pas inexistantes. Tout était possible tant que ce n'était pas terminé. Il aurait mérité qu'on se batte pour lui, qu'on fasse tout ce que la science et la magie permettaient pour le sauver. Mais on l'avait abandonné.

Secouée de sanglots, elle leva une main tremblante vers le visage du petit garçon et caressa doucement son front.

"Je suis désolée...Je suis désolée...Pardon..."

Elle ne connaissait même pas son prénom. Il n'avait pas eu le temps de lui donner. Il avait surement un joli prénom, songea-t-elle. Mais du fait de Meredith Kane il resterait à jamais cet enfant anonyme qu'ils n'avaient pas pu sauver. Nora détacha finalement ses yeux du visage du petit garçon pour le lever vers la médicomage. Elle posa sur elle un regard vide, abattu et résigné.

"Vous êtes bonne qu'à tuer !"

Les mots d'Irving, d'une violence qui autrefois l'aurait fait réagir, laissèrent Nora de marbre. Qu'il le fasse. Qu'il la tue. C'était tout ce qu'elle méritait. Ses propres pensées, noires et mauvaises, ne l’effrayèrent pas et Nora ne lutta pas contre la haine qui s'insinuait en elle. Depuis toujours, elle s'efforçait de ne pas laisser prise aux mauvais sentiments. Elle n'était pas de ceux qui répondaient au mal par le mal. Elle essayait de toujours voir le bon chez les gens, et dans le monde en général. Elle voulait croire qu'il y avait toujours de l'espoir et qu'il suffisait de voir les choses du bon côté. Mais il n'y avait plus de bon côté. Meredith Kane n'avait rien de bon, et le monde non plus. Pas ce monde-là.

"Vous l'avez tué, affirma-t-elle d'une voix blanche, son regard dur rivé dans celui de la médicomage. Vous pouvez dire et penser ce que vous voulez, vous l'avez tué. Et j'espère que vous le paierez. Vous méritez de mourir."

Un jeune homme mit fin à la tension et à la colère qui régnaient en faisant irruption au milieu du petit groupe avec un adolescent inconscient dans les bras. Il semblait connaitre Irving puisqu'il tenta de l'apaiser. Nora, elle, chercha du regard le visage de l'adolescent blessé qu'elle reconnut aussitôt.

"C'est Dean Forbes..." souffla-t-elle, pour personne en particulier.

Il était dans son année, à Serdaigle. Ils s'étaient souvent retrouvés ensembles en cours et faisait partie de ses gens qu'elle avait appris à connaitre et à apprécier au cours de ses sept années d'école.

Le jeune homme qui s'était laissé tomber à côté d'Irving implora Meredith Kane de bien vouloir l'aider et Nora dut se retenir de protester. Elle était d'avis que la médicomage n'était pas une aide bienvenue, mais les secours étaient déborder et ils devraient se contenter de l'aide qu'ils avaient. Nora se traina péniblement jusqu'à Irving et attrappa sa main pour la serrer dans la sienne, incapable de mettre des mots sur ce qui venait de se dérouler. Elle reporta finalement son attention vers Georgia, soulagée de voir qu'elle ne paraissait pas blessée.

"Ça va, assura-t-elle, contredite par les sillons que les larmes avaient creusés sur ses joues pleines de poussière. La douleur au niveau de ses cotes lui paraissaient amplement supportable, bien plus que tout ce qu'elle venait d'endurer. Moi ça va, reprit-elle, mais Irving a besoin de soins. Elle grimaça en posant les yeux sur la jambe de son petit-ami qui formait un angle bizarre, et serra sa main un peu plus fort. Il y a des secours plus haut dans la rue, expliqua-t-elle aux deux Gryffondors. Elle apercevait les sirènes des ambulances au loin. On peut t'y emmener avec Georgia..." ajouta-t-elle à l'intention d'Irving.

A deux elles pourraient l'aider à se lever et à s'éloigner d'ici. Elle voulait mettre autant de distance que possible entre eux et Meredith Kane. Elle jeta un dernier regard au petit garçon, consciente qu'ils devraient l'abandonner ici, et sentit les larmes lui monter à nouveau aux yeux. Elle tenta de les refouler et s’efforça de repérer les postes de secours les plus proches. Il fallait se concentrer sur autre chose. Elle devait s'occuper d'Irving maintenant, il avait besoin de son aide. Mais ses pensées revenaient malgré elle toujours vers le jeune enfant et elle finit par céder aux larmes.

"Je ne sais même pas comment il s'appelait..." lâcha-t-elle soudainement en éclatant en sanglots.



Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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La femme ouvrit soudainement les yeux mais elle ne parvint pas à accrocher le regard de Jonah. Elle regardait dans sa direction sans vraiment le voir, constata-t-il, tandis que ses mains ensanglantées se crispaient un peu plus autour de sa plaie ventrale. Elle était consciente, certes, mais pour combien de temps ? Elle n'était déjà plus assez  lucide pour répondre à ses questions aussi Jonah décida d'agir. Sans attendre l'autorisation de la blessée, il entreprit de lui décroiser les bras afin d'examiner sa coupure mais la jeune femme s'accrocha à sa main avec une telle brusquerie qu'il en sursauta. Il ne pensait pas qu'un si petit bout de femme puisse avoir tant de force. Sa poigne était ferme et ses ongles s'enfonçaient dans la chair de sa main avec l'énergie du désespoir.  Elle s'agrippait à lui comme s'il s'agissait de sa dernière chance de s'en tirer et vu le contexte apocalyptique dans lequel ils se trouvaient, elle n'avait peut-être pas tord.

"Ca va aller, je reste là. Je vais t'aider, souffla-t-il pour la rassurer sans toutefois chercher à se dégager. De sa main libre, il écarta le chemisier gorgée de sang et constata avec horreur l'étendue des dégâts. La plaie était profonde. Trop profonde pour que ses compétences acquises lors de sa formation  de secouriste magique puissent lui être utile.

Il avait passé son brevet bien des années plus tôt, au moment de créer l'association pour l'équipe amateur de quidditch. A cette époque il avait été obligé de justifier de la présence d'un secouriste dans les membres fondateurs aussi Jonah s'était collé à la tâche. Cela devait remonter à près de vingt ans maintenant et il n'était même pas sûr que ce diplôme ait une quelconque valeur aujourd'hui ! Pourtant, il se souvenait de quelques règles élémentaires de secours qu'il aurait cru avoir oublié. Son cerveau avait stocké ces informations durant toutes ces années: Plaie profonde, saignement abondant: Ne pas tenter de sortilèges risquant d'aggraver l'état de la victime. Exercer une pression directe et ferme à l'aide d'un sortilège adapté et contacter St-Mangouste.

Contacter Sainte Mangouste ! Les services étaient déjà en place et ils semblaient franchement débordés constata-t-il en voyant des médicomages  s'affairer au loin. Jonah n'était guère plus avancé mais il pointa toutefois sa baguette en direction de la plaie afin d'exercer un léger sortilège de pression pour endiguer le saignement. Ce fut à ce moment là que la femme perdit connaissance. La pression exercée autour de la main de Jonah se relâcha lentement et le bras de la jeune femme retomba inerte le long de son corps.

"Non, non, reste avec moi, reprit l'enseignant en enserrant ses épaules, Allez, reviens. Tu es plus forte que ça." ajouta-t-il en tapotant la veste de la jeune femme à la recherche de ses papiers d'identité. Il avait besoin de l'appeler par son prénom afin qu'elle puisse se raccrocher à quelque chose de réel, à cette voix - sa voix- qui lui intimerait de ne pas lâcher prise.

"Tu peux le faire...dit-il en  fouillant ses poches. Ses doigts se refermèrent finalement sur une baguette et une carte qui se révéla être un badge d'identification du Ministère.... Isobel. "

Il observa la carte quelques secondes, détailla la photo d'identité où une belle jeune femme souriait en fixant l'objectif et s'attarda finalement sur l'état civil de cette dernière:  Isobel Louise Anne Lavespère née le 31 Décembre 1976.

"Trente deux ans c'est beaucoup trop jeune pour mourir, alors tu as intérêt à survivre tu m'entends Isobel ? gronda-t-il  . Il avait le même ton de père moralisateur qu'il employait parfois avec ses fils. C'était mal le connaitre que de penser qu'il s'apitoierait sur le sort de cette pauvre jeune femme.

"C'est le combat de ta vie Isobel. Tu dois lutter !" lui intima-t-il en se relevant.  Il essuya ses mains poisseuses de sang sur son pantalon tout en essayant de repérer des médicomages au milieu de ce chaos. Les blessés semblaient converger vers un gratte-ciel à l'allure luxueuse aux abords de la place. Nul doute que les autorités sanitaires y avaient installées leur QG. Comme personne ne semblait disposé à venir jusqu'à lui, il ne lui restait plus qu'une solution: Emmener Isobel là-bas.  Il s'apprêtait d'ailleurs à la faire léviter lorsqu'un renard gris perle se matérialisa devant ses yeux:

"Au secours ! Banque... Sous décombres... Mal... Pitié... Venez..."

La petite Blackbonnes était bien vivante, coincée sous les ruines de la banque. Jonah ressentit un mélange de soulagement de la savoir vivante et de stress face à l'urgence de la situation.

"Emma, on arrive. Ne t'inquiète pas on est pas loin !"
répondit-il pour la rassurer." Reste en contact !"

Il n'avait plus une seconde à perdre. Jonah enfourcha son balai et lança un sort de lévitation sur Isobel en s'efforçant d'être le plus doux possible. Le corps de la conseillère en communication s'éleva dans les airs jusqu'à Jonah qui progressait lentement en direction de l'hôpital de campagne.

En dessous d'eux, sur les décombres, des hommes et des femmes blessés s'entraidaient pour quitter ce cimetière mais Jonah n'avait plus qu'une idée fixe:  Déposer Isobel en lieu sûr et rejoindre l'intérieur de la March bank pour retrouver Emma.

Bien sûr, il était terrorisé à l'idée d'aller au cœur même de ce chaos, de risquer sa propre vie pour celle de son élève mais avait-il une autre solution ? Assurément non. En temps que directeur de Maison il se sentait responsable de cette adolescente. Il ne pourrait pas vivre avec sa conscience s'il  ne tentait pas de lui venir en aide. Que dirait-il à ses propres enfants si Emma périssait sous les décombres sans qu'il n'ait rien fait pour la sauver ?

L'enseignant déboucha finalement dans le hall bondé de l'immeuble. L'ambiance était pire dans cet espace confiné où les victimes s'amoncelaient à même le sol dans une mare de sang. Tout autour d'eux des gens pleuraient, se serraient dans les bras ou tentaient de se soigner avec les moyens du bord. Certains s'énervaient de ne pas pouvoir être pris en charge rapidement, d'autres restaient muets, le regard hagard.
Jonah balaya la pièce des yeux et avisa un groupe de personnes relativement calme. Il n'avait pas le temps d'en savoir plus sur eux mais il estima qu'elles étaient les personnes les plus à même  de l'aider aujourd'hui.

"Excusez-moi,
dit il, en s'immisçant entre eux. D'un coup de baguette, il déposa Isobel précautionneusement sur la banque d'accueil du hall d'entrée juste à côté d'eux, cette femme a besoin de soin, elle a une plaie ouverte au ventre et elle a perdu connaissance depuis plusieurs minutes. J'ai pratiqué un sortilège de pression sur sa plaie mais elle doit être prise en charge rapidement." Jonah attrapa le bras de l'un des individu et lui colla d'autorité le badge et la baguette de la conseillère en communication dans la main, elle s'appelle Isobel. Je dois y retourner mais je compte sur vous pour prendre soin d'elle." finit-il par dire en accompagnant sa requête d'un regard insistant. Il espérait sincèrement confier Isobel à des individus responsables mais seul l'avenir lui dirait s'il avait eu raison ou tord.

En effet,  sans laisser le temps à quiconque de protester, il enfourcha son balai et fila tout droit en direction des ruines encore fumantes de la March'Bank. Tout autour d'elle, des archimages semblaient maintenir la structure en place avec des sortilèges puissants afin que les secouristes puissent intervenir.

Toutefois Jonah ne se joignit pas aux architectes pour consolider l’édifice.  Il vola jusqu'à une brèche ouverte dans le mur et s'arrêta en vol stationnaire juste à l'entrée de cette dernière . C'était l'instant fatidique. Il pouvait encore faire demi tour et envoyer un patronus à  Daisy pour lui dire que deux élèves n'avaient pas survécus et que les secours recherchaient activement Emma dans les décombres. Il pourrait retourner voir Isobel pour être sûr que les inconnus qui l'accompagnaient prenaient soin d'elle.  Il pouvait aussi envoyer un énième message à Dean pour lui sommer de répondre à son vieux père mais une petite voix s'imposa dans son esprit: "...Pitié..."

Jonah ferma les yeux et s'engouffra dans l'édifice et se promettant mentalement de sortir vivant d'ici.
A l'intérieur, les dégâts étaient tels que la banque était méconnaissable. Ce qui restait de l'édifice semblait sur le point de s'écrouler et les hautes colonnes se maintenaient dans un équilibre précaire. En contrebas quelques secouristes s'affairait à faire léviter des blocs de pierre et de verres. Afin de les aider, Jonah sortit sa baguette de sa poche et lança un sortilège de Révélation de Présence Humaine afin de localiser les victimes mais il ne s'attendait pas à un tel résultats. Des dizaines - peut-être même une centaine- de points lumineux apparurent au milieu des décombres signe que de nombreux sorciers et sorcières étaient encore prisonnier des gravats.

"Merlin..." souffla-t-il désemparé par l'étendue de la tâche.
Comment retrouver la petite Blackbonnes ?
"Emma je suis dans la banque, tenta-t-il une nouvelle fois,  Il faut que tu me dises où tu étais exactement au moment de l'écroulement pour que je puisse te retrouver. Réponds moi ."
Comme il n'obtint aucune réponse immédiate, il se dirigea vers un jeune ambulancier qui s’affairait non loin de lui.
"Une de mes élèves est coincée dans les décombres. Elle est vivante, j'ai reçu un patronus de sa part mais je n'arrive pas à la localiser. Pouvez-vous m'aidez à la chercher ?" s'enquit-il.


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Emma Winston ~ Médicomage

« Mais, crois-moi, je suis sûre que ça va être très bien ! Ne te fais pas de soucis. »
Emma prit sa mère par le bras pour l’encourager et la rassurer. Cette dernière, Mary Winston, n’était pas très partante pour se rendre à Leopoldgrad de peur que cette grande et nouvelle ville soit trop peu sécurisée pour une personne âgée comme elle.
« Il va y avoir des milliers de personnes et personne ne va faire attention à une petite vieille comme moi ! » Avait-elle dit. Mais Emma l’avait finalement convaincue de juste faire un tour dans le centre commercial de Leopoldgrad.
« Tu verras, apparemment il y a plein de boutiques pour tous les goûts et un grand aquarium. C’est une ville magique, tu n’as pas de soucis à te faire, dit-elle alors que mère et fille remontaient le Chemin de Traverse en direction du miroir d’eau qui reliait Londres à la nouvelle Cité. Je trouve que tu te fais du mauvais sang pour rien.
- Et moi je trouve que tu te laisses berner par de la publicité mensongère ma fille, je ne t’ai pas élevée comme ça pourtant ! Tu verras, tout sera hors de prix et que pour les jeunes. Elle marqua une pause avant de glisser un petit message implicite. Je viens uniquement parce que tu m’as promis de m’offrir un sac Desigraal...
Emma regarda sa mère, elle affichait un sourire malicieux et détournait le regard. La sorcière éclata de rire.
- Oh mais j’y crois pas ! La vicieuse !
- Moi ? Vicieuse ? s’écria Mary faussement choquée. Non. Mais juste, oui. Je t’accompagne, tu me remercies.
- J’imagine que je n’ai pas trop le choix ? Mais c’est d’accord. Après tout, tu le mérites et tu as bien droit à un petit cadeau, » termina Emma en serrant le bras de sa mère contre elle.
Mary et elle s’entendaient bien et elles partageaient beaucoup de choses. Ayant seulement 22 ans d’écart, mère et fille avaient presque les mêmes goûts et centres d’intérêt. Plus jeune, Emma en avait fait voir de toutes les couleurs à ses parents et surtout à sa mère qui se faisait sans arrêt du mauvais sang pour sa fille. Après être partie du domicile familial, Emma n’avait plus donné de nouvelles à ses parents pendant un certain temps et sa mère lui reprochait encore aujourd’hui. « On croyait que tu étais morte ! Ou pire ! » Emma ne saisissait jamais le sens de cette phrase… Pour elle, peu de choses étaient pires que la mort. Mais depuis un peu plus de 20 ans maintenant, les tensions familiales s’étaient apaisées et c’était toujours un plaisir pour Emma d’organiser des sorties avec sa mère.

Les deux sorcières arrivèrent doucement mais sûrement au niveau de la banque Gringotts et du miroir d’eau.
« J’espère que ce miroir d’eau n’est pas défectueux et qu’on ne va pas être mouillées, s’interroga Mary. Autrement, ma permanente est fichue !
- Mais tu vas arrêter de t’inquiéter pour rien ! C’est rien une permanente dans la vie !
- Si ! Quelques Gallions ! Et je compte bien qu’elle tienne le mois ! Regarde moi ça, souffla-t-elle soudain le regard rivé sur le passage qui menait à Leopoldgrad. C’est froid, trop moderne et il y a déjà plein de gamins les pieds dans l’eau. C’est déprimant.
- Bon, allez, ça suffit, on y va, » ordonna Emma moitié amusée moitié exaspérée.
Elle entraîna alors sa mère, qui était en train de remonter son col de veste pour protéger un minimum ses cheveux, à travers le passage magique.

Leopoldgrad était grande, majestueuse, moderne et resplendissante. Tout dans l’organisation et l’architecture de cette ville était fait pour montrer sa grandeur et sa puissance. Emma se croyait presque dans un monde futuriste où modernité s’alliait à magie et où le béton s’alliait au verre. Rien que la place Merlin présentait toutes ces qualités, ou défauts selon les points de vue.
« - Tu vois ? C’est pas si mal ! confia Emma à sa mère avec un sourire. Moi je trouve ça plutôt joli en plus.
- Mouais, pour moi, ça reste de l’argent fichu en l’air. Râla Mary. Et puis ça empeste le neuf.
Emma prit une profonde inspiration lorsqu’elle se fit contrôler par un milicien et ne perçut qu’une légère odeur d’eau fraîche provenant du bassin qu’elles quittaient et la fragrance fruitée du parfum de sa mère.
- Ça sent rien du tout ! Mais peut-être que tu préfères une délicate effluve de vieux ? Ricana-t-elle alors que les deux sorcières s’éloignaient des contrôleurs. Décomposition Délicate, le nouveau parfum de Mamie Ricci sponsorisé par Leopold Marchebank premier du nom, ironisa-t-elle d’un ton très publicitaire.
- Oh mais t’as finit avec ton humour à deux balles ?!
- Ou alors, « Momie » ou « Senteur de Tombeau » ça sonne bien aussi…
- Mais ça suffit ! Tout le monde nous regarde !
Emma éclata d’un rire sincère.
- Ohlala c’est bon, on a pas le droit de plaisanter un peu !
- Bon, il est où ton magasin ?
- Là-bas, indiqua Emma en désignant l’édifice du doigt.
- Il est tout rond, on va avoir le tournis et je vais plus pouvoir marcher…
- Je sais même pas si c’est de l’humour ou si tu râles encore…
- Un peu des deux... »

Les deux sorcières étaient en train d’arriver au pied du centre commercial quand soudain, tout devint flou et incompréhensible.
Il y eu trois explosions qui n’en formèrent qu’une seule énorme et meurtrière. Emma crut sentir le souffle de la déflagration mais ce fut surtout le bruit monstrueux que faisait la Marchebank qui lui fit tourner la tête en direction du bâtiment. Toute la partie de la banque la plus proche des deux femmes s’écroulaient sur elle-même dans un vacarme assourdissant en projetant des nuages de gravats et de poussière autour d’elle. Le temps sembla se suspendre pour Emma, elle resta quelques secondes, qui lui semblèrent être une éternité, figée, le regard rivé sur la banque qui s’écroulait au ralenti. Les cris et l’agitation soudaine la sortirent de sa torpeur et dans une bouffé d’adrénaline, elle poussa sa mère en direction des portes du centre commercial pour l’inciter à courir. Visiblement, elle ne fut pas la seule à avoir cette idée puisqu’une foule apeurée et complètement désordonnée se ruait sur les portes vitrées du bâtiment. Derrière elle, les piliers en béton de la banque craquaient, gémissaient, se brisaient et quand l’un deux s’écroula complètement, les deux femmes qui n’avaient pas encore atteints les portes du centre commercial, furent noyées dans la poussière. Un nuage noir, opaque et brûlant les encerclait et Emma ne voyait plus l’entrée du centre commercial qui représentait pour elle et sa mère un échappatoire au danger. Elle ne voyait même plus les personnes autour d’elle et la foule devint encore plus désordonnée et meurtrière. Une personne la bouscula et elle manqua de tomber, puis une autre et encore une autre. Elle s’agrippait au bras de sa mère pour ne pas la perdre, tout ce qui l’importait en cet instant était de la mettre en sécurité, coûte que coûte. Mais la malchance en décida autrement et cette fois-ci, ce fut Mary que l’on percuta et étant moins solide que sa fille, elle fut emportée et s’écroula, entraînant Emma dans sa chute. Mary tomba violemment sur le sol et se cogna la tête. Une vague de douleur se répandit dans son corps et elle porta ses mains à son crâne. Emma encaissa le choc sur son coude et son épaule et par réflexe, elle enlaça sa mère pour la protéger. Pendant un court instant, personne ne leur marchèrent dessus, mais un sorcier s’entrava sur le corps d’Emma qui reçut son pied dans le bas du dos. Elle se crispa en sentant l’homme leur tomber dessus et tenter de se relever en s’appuyant sans ménagement sur le corps des deux femmes. Mais d’autres personnes les piétinèrent et grâce au sorcier sur elles, la tête et le buste de Mary et Emma furent épargnés. Emma recevait des coups d’une grande violence dans les jambes et elle ne savait pas si sa mère était suffisamment protégée. Dans un élan de désespoir, elle ferma les yeux et pria pour que la panique retombe. Pendant qu’on lui écrasait les tibias, l’homme, étalé sur son corps, poussait des râles de douleur en gigotant dans tous les sens, Emma ne saurait dire s’il était malmené lui aussi par la foule ou s’il essayait seulement de se relever, peine perdue…

Le silence se fit. Plus de vague de panique, plus de coups. La poussière retombait. Emma rouvrit les yeux. Elle était en position fœtale sur le sol, sa mère entre ses bras. Ses jambes la faisaient souffrir mais elle sut qu’elles n’étaient pas cassées. Elle reprit soudainement conscience du lourd poids sur elle et tenta de le repousser. Le sorcier glissa sur le côté et Emma put péniblement se relever. Sa mère ne bougeait pas, les yeux clos.
« -Maman ! » Hurla Emma en se penchant sur le corps inerte de sa mère. Elle cherche son pouls et poussa un soupir de soulagement quand elle perçut des pulsations. Sa mère était en vie, seulement sonnée, elle avait pu la protéger. L’homme qui leur était tombé dessus avait également permis ce miracle et Emma se tourna vers lui, craignant le pire. L’homme était toujours au sol. Son bras formait un angle inquiétant, sa mâchoire était visiblement décrochée et du sang coulait de son nez et de sa bouche. En s’approchant, la médicomage constata que son thorax était enfoncé et elle prit son pouls en sachant d’avance que c’était finit pour lui. Un homme était mort parce qu’elle se trouvait sur son chemin et qu’il était tombé sur elle. Emma ferma les yeux et tenta d’effacer ces pensées. Il fallait relativiser. Ce n’était pas sa faute. Les seuls responsables sont ceux qui ont provoqué cet attentat. Seulement eux. Elle abaissa les paupières du sorcier en s’excusant mentalement.
Elle se releva et retourna vers sa mère qui commençait à bouger en gémissant et s’agenouilla à ses côtés en lui prenant les mains.
« -Tout va bien, je suis là, souffla-t-elle doucement.
Mary ouvrit les yeux et regarda sa fille.
- Ma permanente est fichue... » Murmura-t-elle.
Emma sourit et fondit en larmes en même temps. L’émotion la submergea. Sa mère allait bien, elle avait cru la perdre et c’était bien une chose qui, pour elle, était pire que la mort. Elle aida sa mère à se relever. Mary s’en sortait bien, elle n’avait que quelques hématomes et sa tête avait tenu le choc. Emma sortit tout de même sa baguette et la pointa sur la tempe de sa mère pour l’aider à récupérer. Une douce chaleur se répandit dans la tête de Mary et la douleur disparut peu à peu pendant qu’elle reprenait doucement conscience.
« - Je t’avais dit que venir ici n’était pas une bonne idée, » souffla-t-elle à sa fille.
Les alentours ne ressemblaient plus à rien. La place Merlin ressemblait maintenant plus à un paysage post-apocalyptique qu’à autre chose. Des dizaines de corps jonchaient le sol parmi les gravats et les blocs de béton. Les survivants hurlaient, pleuraient ou restaient silencieux. Certains aidaient les blessés et d’autres semblaient perdus, à la recherche d’un proche. Ce qu’elle voyait était sans doute qu’un aperçu de la scène d’horreur qui devait se dérouler sous les décombres de la Machebank.
Emma prit la main de sa mère.
« -Tu devrais rentrer. Va à Sainte Mangouste avec papa, ils t’inspecteront mieux. Je t’accompagne à la maison, je reviendrai ici aider. »
Mary ne résista pas, acquiesça et les deux sorcières transplanèrent.
Après avoir confié sa mère à son père en lui racontant rapidement l’événement, Emma s’apprêtait à repartir quand Mary la prit dans ses bras.
« - Merci, sans toi je serai certainement morte à l’heure qu’il est, » lui murmura-t-elle à l’oreille.
Emma lui rendit son étreinte et sourit à ses parents avant de transplaner.

Lorsqu’elle se retrouva à nouveau sur la place Merlin, elle prit vraiment conscience de l’ampleur des dégâts. La Marchebank était à moitié détruite et les dégâts causés étaient nombreux. En parcourant rapidement la place du regard, elle avisa une femme couchée sur le sol poussiéreux et se précipita pour l’aider en espérant qu’elle était encore en vie. En s’agenouillant près de la jeune femme, elle reconnut son visage. Alicia Jones, une de ses collègues. Elle prit la femme par les épaules et la secoua en douceur.
« - Mademoiselle Jones ! Mademoiselle Jones ! Alicia ! Ouvrez les yeux ! »
Elle la secoua plus vigoureusement mais la jeune femme n’ouvrit pas les yeux, sa tête remuant mollement. La médicomage chercha le pouls de sa collègue, en vain. Alicia était une médicomage compétente, qui avait de l’avenir, pourquoi faut-il que ce soit toujours les plus innocents et les meilleures personnes qui partent en premier ? Emma manipula le corps inerte d’Alicia avec précaution pour lui retirer sa cape et la recouvrir avec. Elle regarda une dernière fois son visage étrangement paisible avant de la couvrir complètement.
En se redressant, des éclats de voix provenant d’un petit groupe dans un coin de la place attirèrent son attention. La sorcière se dirigea vers eux et reconnut très vite la médicomage Meredith Kane agenouillée devant le corps inerte d’un petit garçon visiblement très mal en point. Une rapide analyse de la situation et de l’environnement proche lui fit comprendre ce qu’il venait de se passer. En arrivant à hauteur du groupe, Emma décida de ne pas tergiverser sur ce qu’il venait de se produire mais de plutôt se concentrer sur les soins à donner aux blessés. Elle était revenue pour ça. Elle porta tout d’abord son attention sur une petite blonde qui était visiblement bouleversée par la mort du petit.

« - Eh ma jolie, calme toi, lui intima-t-elle d’une voix douce en s’agenouillant à ses côtés. Je m’appelle Emma, je suis médicomage. Elle regarda le garçon. Je suis sûre qu’il avait un très joli prénom. Maintenant il va mieux, il n’a plus mal. Calme toi, répéta-t-elle avec douceur en passant son pouce sur sa joue pour essuyer ses larmes. Elle sortit sa baguette. Ça va aller mieux, fais moi confiance. » La sorcière fit glisser le bout de sa baguette sur le front de la jeune femme en lui lançant un léger sort d’Allégresse de manière à ce qu’elle se sente mieux sans qu’elle saute de joie pour autant. Elle en profita pour nettoyer son visage poussiéreux et couvert de larmes d’un mouvement de baguette et lui sourit pour lui donner un peu de courage.
Emma porta ensuite son attention sur le jeune homme qui tenait la main de sa patiente du moment. Sa jambe était cassée et lui aussi était couvert de poussière et de sang. Il n’avait pas l’air de pouvoir marcher pour l’instant. En inspectant la blessure qu’il avait sur le visage, elle le reconnut.
« - Irving Whitaker. Je ne pensais pas vous revoir ici, » avoua-t-elle en utilisant un Episkey sur son visage. Elle examina ensuite la jambe du jeune homme et décida d’utiliser un charme anti-douleur avant de faire quoi que ce soit. Une potion aurait été plus efficace mais elle faisait avec les moyens du bord. Pendant qu’elle faisait doucement descendre sa baguette le long du membre cassé pour l’anesthésier, elle reprit. « Comment je vous connais ? Disons que j’ai fait partie du personnel soignant qui a… - elle chercha ses mots – tenté de soigner votre père… Je vous avais rencontré à Sainte Mangouste lors d’une de vos visites. »
Elle venait de terminer sa tâche et songea à mettre une attelle pour éviter que la blessure s’aggrave lorsque le jeune sorcier sera transféré en unité de soin.
« Je vais remettre votre os en place pour le consolider. Même si j’ai anesthésié votre jambe, ça risque d’être un peu douloureux. Elle rangea sa baguette et prit délicatement la jambe d’Irving avec ses deux mains. Avant de faire quoi que ce soit, elle s’adressa à l’amie du blessé. Serrez lui la main bien fort, on ne sait jamais. » En remettant la jambe d’Irving dans une position plus naturelle, elle essaya de penser à autre chose que le bruit très désagréable que cela faisait. Même si elle adorait son métier, il y a avait bien une chose qu’elle n’appréciait pas particulièrement : les soins sur les os. Elle réussit à s’accrocher à la sensation de soulagement qu’elle avait ressentie quand sa mère s’était sortie indemne du mouvement de foule et put finir son entreprise sans soucis. En reprenant sa baguette elle fit apparaître une attelle et des bandages qui s’enroulèrent d’eux-mêmes autour de la jambe d’Irving.
« Voilà, vous avez mal ailleurs ? Vous vous sentez pas trop sonnés ? Demanda-t-elle aux deux jeunes. Vous serez capables de vous lever et d’aller vers les ambulances ? Est-ce que quelqu’un d’autre a besoin de soin ? » Demanda-t-elle un peu plus fort en se redressant pour regarder les autres autour.
Beaucoup de questions mais qui semblaient nécessaires à ses yeux. Elle voulait aider le plus possible de personnes pour qu’il y le plus possible de survivants. Elle jeta un œil aux décombres de la Marchebank. Il devait y avoir de nombreux blessés là-bas aussi et des personnes devaient certainement être piégées sous les gravats mais il devait déjà y avoir du personnel soignant à l’intérieur et il ne fallait pas que trop de monde provoque un sur-accident en faisant tomber d’autres blocs de béton par mégarde. La médicomage ressentit soudainement une vive douleur à son coude qu’elle n’avait pas ressentie jusqu’ici tant elle s’était affairée. Elle inspecta l’hématome qui s’y était formé et en s’auto lançant un charme anti-douleur, elle regarda Meredith Kane examiner un jeune homme aux cheveux blonds. Même si le médicomage Kane était une confrère, Emma ne tenait pas à ce qu’elle reproduise une autre erreur et lui faisait plus ou moins confiance.

HRP:
 
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving essuya sa morve sur le revers de son bras tout en observant Nora blâmer le docteur Kane. Il ne se souvenait pas avoir vu sa petite amie dans un tel état de rage contenu. Elle semblait si dure, si catégorique. Elle n'avait plus rien à voir avec la Nora qu'il connaissait pourtant il partageait chacun de ses mots, chacune de ses revendications: Meredith Kane méritait de mourir pour tout le mal qu'elle causait autour d'elle. Pour Klemens. Pour l'enfant. Pour tout ça.

Irving s'apprêtait à déverser toute sa colère sur la médicomage en faisant fi des bonnes convenances. Il avait tellement mal -au cœur et au corps- que Kane était le bouc-émissaire rêvée pour tous ces maux mais quelqu'un s'interposa entre Meredith et lui. A vrai dire, il ne reconnut pas Nahuel immédiatement mais lorsqu'il l'identifia sa colère ne fit que redoubler. Les mots apaisants de l'argentin n'eurent pas l'effet escompté et Irving les interpréta comme une ultime provocation.

"Qu'est-ce que t'en sait qu'c'était perdu d'avance, d'abord ?"
s'emporta-t-il, Y a rien à faire pour lui non plus dans ce cas ! ajouta-t-il en désignant le corps inerte de l'ami de Nahuel, il est p't-être déjà mort lui aussi !"

Sans qu'Irving ne puisse les contenir plus longtemps, de grosses larmes jaillirent de ses yeux. C'en était trop. Il avait atteint le point de non retour.  Il était pathétique d'essayer de blesser Nahuel dans ce chaos. Pathétique de s'énerver sur tout le monde. Il avait mal, il avait peur et il se sentait accablé par ce nouveau coup du sort. Quelques secondes plus tôt il vociférait comme un dératé et maintenant il pleurait comme un bébé . Il était fou. Fou.
Dire que la statue de Dalhiatus venait de blesser mortellement ce petit garçon. Ce ne pouvait pas être le hasard, estimait-il, il payait au prix fort le meurtre du directeur de Département. Tout était de sa faute.

Le Gryffondor cacha momentanément son visage dans  le pli de son coude et se mordit la langue jusqu'à s'en faire saigner. Il était prêt à faire n'importe quoi pour que ses larmes arrêtent de couler. Nora et Georgiana essayaient de convenir d'un plan d'action et lui il n'était bon qu'à hurler, pleurnicher et se blâmer sans cesse.
Irving  ravala donc sa morve et leva ses yeux rougis vers Nora . Il constata seulement à cet instant qu'une nouvelle personne les avait rejoint et qu'elle était penchée sur sa petite amie.

"Qu'est ce que vous lui faites, laissez-la tranquille !" intervint-il d'une voix rauque en voyant la femme sortir sa baguette pour lancer un sortilège sur Nora.

Échauder par le comportement de Meredith Kane, il avait bien du mal à accorder une nouvelle fois sa confiance aux médicomages improvisés. Pourtant cette  femme lui disait vaguement quelque chose et à en juger par ses dires, elle le connaissait assez pour se souvenir de son nom et son prénom.

"Qui êtes-vous ?" demanda-t-il en plissant les yeux.

Il fouillait sa mémoire, essayant de replacer ce visage connu dans un contexte mais se fut Emma Winston qui lui apporta la réponse. Irving fut plongé plusieurs années en arrière, du temps où il était encore à Poudlard et où il se rendait régulièrement à Sainte Mangouste au chevet de son père. A cette époque, Miss Winston était le médicomage en charge du traitement contre la Consumeuse de Bradley. Elle était celle qui l'avait suivi et tenté de le soigner de son entrée à l'hôpital jusqu'à son décès.

"...Docteur Winston..." souffla Irving pour lui même.

Maintenant il se souvenait de cette femme agréable et disponible pour discuter du traitement et de ses effets avec Bradley et ses proches. Elle était celle qui lui avait expliqué les différents stades de la Consumeuse. Celle qui lui avait annoncé qu'il n'y avait plus d'espoir de guérison pour son père...

Pourquoi fallait-il qu'elle soit là aujourd'hui ?

Même s'il était maintenant convaincu d'être entre de bonnes mains, il ne pouvait pas s'empêcher de ressasser de douloureux souvenirs. Un peu hébété, il se laissa soigner docilement par la médicomage, obtempérant à ses consignes sans broncher.  Les sortilèges qu'elle lança à sa jambe le soulagèrent instantanément mais ils ne furent pas efficaces contre la douleur des sentiments qui assaillaient Irving. La mort, le chagrin et la tristesse étaient omniprésents dans sa vie depuis près de cinq ans. Son père, Danny, Klemens, Dalhiatus et aujourd'hui, ça. Que devait-il faire pour que tout cela s'arrête enfin ?

Lorsqu' Emma Winston lui demanda s'il n'était pas trop sonné et s'il avait la capacité de rejoindre les ambulances, il n'eut pas la force de répondre. A quoi bon se lever et repartir si c'était pour être de nouveau fauché par la vie dans quelques mois ? Que lui réservait son avenir ? Qui allait-il perdre de nouveau ?

Irving  coula un regard en biais en direction du garçon mort, balaya tour à tour Meredith Kane et Nahuel qui s'affairait autour de Dean Forbes, puis il posa les yeux sur Nora: Il ne voulait pas la perdre, songea-t-il en la serrant fort dans ses bras. Pas elle.

Irving leva alors les yeux vers Georgiana comme pour l'implorer de prendre les choses en main. A cet instant précis, il n'en avait pas le courage.
Kessy Brooks-MarchebankProf de Zumbaavatar
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Une sensation chaude contre son visage et la peau de son cou tira Kessy de son inconscience. Ce contact inespéré l'enveloppa d'une impression de confort et de sécurité, et le son agréable d'une voix familière vint chatouiller ses oreilles. Les battements lents et réguliers de son coeur s'accélèrent à cette entente, et elle sentit le brouillard qui embrumait ses pensées s'éclaircir. Quelqu'un était là, quelqu'un de connu et d'aimant. Elle voulut se tendre vers cette personne, l'appeler à l'aide, et se blottir dans une étreinte rassurante, mais les ténèbres dans lesquelles elle avait été plongée étaient encore trop profonds. Soudain, la présence disparut complètement, ne laissant derrière elle que la solitude et le silence.

Paniquée, elle lutta de toutes ses forces pour ouvrir ses paupières alourdies par le sommeil. L'inconscience tentatrice l'appelait de nouveau, mais elle ne pouvait se résoudre à se laisser aller à l'oubli. Un sentiment d'urgence l'envahissait peu à peu et elle se laissa porter par une rage de vivre brûlante, jusqu'à parvenir enfin à ouvrir les yeux. Elle avait encore tellement de choses à faire ! Son heure n'était pas arrivée, et elle n'avait même pas le loisir de se laisser aller au repos pour quelques heures, elle le pressentait : quelqu'un, quelque part, avait besoin d'elle.

De son corps courbaturé, elle ne ressentait pas la moindre douleur, sans doute anesthésiée par l'adrénaline et le choc. Pourtant, ses membres rechignaient à lui obéir, et c'est toute la force de sa volonté qu'il lui fallut mobiliser pour parvenir à se redresser. Ses yeux larmoyaient, agressés par les poussières noires qui polluaient l'air, et il fallut qu'elle soit saisie d'une quinte de toux pour qu'elle réalise qu'elle n'entendait plus rien. Le monde n'était plus qu'un endroit trouble et flou, silencieux comme du coton.

Mais, au milieu de ces ténèbres, une lumière vive et blanche attira finalement son regard. Elle la suivit des yeux jusqu'à la baguette dont elle était issue, puis jusqu'au sorcier qui tenait la baguette, et son coeur manqua de s'arrêter. Cette silhouette, elle l'aurait reconnue entre mille, et elle fit alors le lien entre le contact qui l'avait tiré du sommeil et l'homme qui se tenait non loin d'elle.

"Papa !", voulut-elle crier, mais sa voix enrouée n'émit qu'un coassement. Pourquoi son père pratiquait-il la magie ? Kessy savait très bien que c'était mauvais pour sa santé, il allait se tuer ! Paniquée, elle se redressa tant bien que mal sur ses escarpins brisés, et avisa alors la colonne fracassée qui volait dans les airs. Et en-dessous, le corps inerte de son frère...

Comme dans un cauchemar, elle vit la colonne ralentir et frémir au-dessus de Dave, menaçant de l'écraser dans sa chute. Fébrile, elle devina les difficultés que rencontrait son père à la danse morbide de la colonne. Kessy s'agrippa sa propre baguette et tendit le bras vers la pierre, livide. Elle se racla la gorge et tenta de mobiliser la moindre parcelle de force et de magie qui existait en elle, avant de prononcer à son tour le sortilège. Accrochée au morceau de bois comme on s'accroche à un radeau, Kessy pria sa baguette de donner son énergie à son père, pour son frère, pour les Marchebank. Ils étaient sa famille, elle ne pouvait pas perdre sa famille ! Elle ne pouvait pas les perdre, eux !

L'espace d'un instant, elle crut avoir réussi à les sauver, lorsque les deux sortilèges combinés parvinrent à repousser la colonne. Mais, lorsque son père s'effondra au sol, saisi de soubresauts, elle comprit que son aide n'était peut-être pas suffisante. Peut-être qu'il était trop tard, et qu'elle allait les perdre tous les deux. Et cette pensée la révoltait plus encore que celle de sa propre mort.

Comment pourrait-elle perdre les deux hommes qu'elle aimait le plus au monde, alors qu'elle venait à peine de les trouver ? Savaient-ils seulement le vide qu'ils laisseraient derrière eux ? Certainement pas, et sans doute ignoraient-ils seulement à quel point son coeur battait pour eux, mais c'était bel et bien le cas. Et si son propre coeur battait, alors il pouvait bien battre pour trois, pas vrai ? Ils étaient de la même famille, après tout, et leurs coeurs pompaient le même sang.

Le temps semblait s'être accéléré brusquement après la chute de Leopold. Toutes ces pensées affluèrent en elle en l'espace d'une demi-seconde, puis elle retrouva brutalement sa force et ses sens à mesure que son père perdait les siens. Son ouïe revint brusquement, lui relayant les cris et les larmes qui retentissaient dans les décombres. Son odorat captait l'odeur entêtante du sang et de la cendre. Sa vue ne voyait que trop bien les traits tordus du visage de son père...

Avec l'énergie du désespoir, elle se précipita vers lui, et se tordit la cheville sur des débris au passage. Elle se jeta à genoux aux côtés de Leopold et le saisit par les épaules, avant de le balayer du regard. Ses soubresauts avaient cessé, et une peur panique s'empara d'elle lorsqu'elle porta la main à son cou. Elle ne sentait pas de pouls.

Horrifiée, elle se releva en hâte pour appeler à l'aide, mais de l'aide, il n'y en avait pas. Si médicomages il y avait, ils devaient se trouver loin de la colonne qui venait de tomber, ou submergés par le monde. Quant au Patronus, inutile d'y songer : le temps qu'elle envoie son message, et qu'on y réponde, son père serait peut-être déjà mort... Absolument paniquée, elle tenta de se remémorer ce qu'on lui avait appris lors de la formation aux premiers secours qu'elle avait suivi pour l'ouverture de K&K. Comment fallait-il placer ses mains, déjà ? Elle n'avait pas le temps d'y penser, par Godric ! Sans plus attendre, elle plaça sa main sur la poitrine de son père, puis la seconde par-dessus, avant de commencer à appuyer à un rythme régulier.

"Papa, papa, reste en vie, ça va aller, je suis là", implora-t-elle tout en compressant, "Papa, tiens bon, je t'en prie, encore un peu, les secours vont arriver, ils vont arriver, je te le promets."

Elle n'y croyait pas elle-même, et pourtant, elle ne pouvait s'empêcher de fouiller les alentours du regard. Quelqu'un devait venir, c'était forcé, quelqu'un finirait forcément par venir ! C'était du ministre dont il s'agissait, où étaient ses gardes du corps, que faisait-il ici tout seul, par Merlin ?! Et n'était-elle pas censée compter, déjà ? Quand devait-elle lui insuffler de l'air ? Elle ne savait plus, mais quelle nulle !

Les larmes dévalaient nerveusement ses joues, et la panique menaçait de la submerger toute entière, mais elle était bien incapable de s'arrêter. Elle donnait de son oxygène à Leopold comme Leopold lui avait donné la vie, priant de toutes ses forces pour que ça suffise. Cela devait suffire. Si l'amour pouvait maintenir quelqu'un en vie, alors il vivrait, et Dave aussi ! La pensée de son frère lui fit perdre le compte de ses compressions, mais elle poursuivit néanmoins, en tentant de repousser les sanglots qui la secouaient désormais. Peut-être que son père était déjà mort, et que Dave pouvait être sauvé. Par son choix, elle était peut-être en train de les perdre tous les deux. Mais elle était bien incapable de le savoir, et bien incapable aussi d'abandonner l'homme qu'elle avait recherché ardemment pendant l'étendue de sa courte vie.

"Papa, je t'en prie, ne me laisse pas, ne meurs pas ! J'ai encore besoin de toi ! On a besoin de toi ! Papa, reviens, reviens, reviens !"

Les secondes étaient des minutes, et les minutes des heures. Ses bras s'engourdissaient, son propre souffle venait à manquer, et elle sentait que son massage perdrait bientôt toute utilité. Et c'est au moment où elle sentait tout espoir l'abandonner qu'une main chaude se posa sur son épaule.

"Mademoiselle Brooks, ça va aller, maintenant, laissez-nous prendre le relais."

Kessy mit quelques secondes à intégrer ce qu'on lui disait, et il fallut même que l'homme qui avait parlé saisisse ses mains pour laisser les médicomages en blouse blanche prendre le relais. Tremblante, éperdue, Kessy fixa sans comprendre le visage vaguement familier de l'homme qui venait les sauver. Qui était-il, déjà ? Elle ne le savait plus, mais ce qu'elle voyait, c'était la petite équipe de sauveteurs qu'il avait entraîné dans son sillage. Lorsqu'elle les vit se pencher sur son père, baguette en main, la mine concentrée, elle sentit soudain sa propre pression s'alléger pour la laisser vide et hébétée. L'homme sembla comprendre l'état de choc dans laquelle elle se trouvait, et l'attira, doucement mais fermement, un peu plus loin pour les laisser travailler. Après s'être assuré qu'elle n'avait pas de blessure importante, il la laissa pour aller superviser la tentative de sauvetage, le visage fermé.

L'espace d'une seconde, Kessy les regarda s'affairer autour du ministre comme une bande de petites abeilles occupées, puis un éclair d'inquiétude la traversa. Pourquoi ne s'occupaient-ils que de son père ? Pourquoi personne ne s'intéressait à Dave ?

"Et mon frère ? Mon frère ! Vous devez aider mon frère !", coassa-t-elle en se rapprochant des médicomages, mais personne ne semblait plus faire attention à elle. Son regard désespéré tomba alors sur deux jeunes femmes légèrement en retrait, et une vague de soulagement menaça de la submerger. Elles ne pourraient pas l'ignorer. Kessy se précipita vers les deux sorcières et ses mains tremblantes s'agrippèrent à leurs blouses.

"Dave ! Dave !", implora-t-elle, incapable de prononcer quoique ce soit d'autre, incapable de se demander seulement comment elles-mêmes étaient arrivées là. Du bout de son ongle manucuré, elle pointa la masse immobile qu'était son frère, jusqu'à ce que les deux sorcières se précipitent enfin vers lui.

Alors, elle resta là, entre les deux groupes de sauveteurs, entre les deux hommes de sa vie, sans chercher à démêler la multitude de sentiments qui s'affrontaient en elle. Tout ce qu'elle pouvait faire désormais, c'était prier de toutes ses forces que les deux survivent. Alors elle pria, implora, supplia, toutes les divinités de sa connaissance. Elle prononça même une prière moldue si chère à sa mère, comme pour convoquer sa présence auprès d'elle. La solitude menaçait de l'engloutir toute entière, alors que l'on luttait pour la survie de son père et de son frère.

Des heures semblaient s'être écoulées lorsque le verdict tomba enfin.

"Il est vivant !", s'écria-t-on du côté de Dave, à l'instant où l'on annonça avoir relancé le coeur de Leopold.

Un gémissement franchit les lèvres de Kessy au moment où toutes ses forces semblaient quitter son corps au même instant. Elle tomba à genoux sur le sol accidenté de la banque, et resta là, inerte, à laisser le soulagement l'envelopper de sa joie euphorisante. Ils étaient vivants.

De longues minutes s'étaient écoulées lorsque les deux brancards se mirent en branle de concert. L'homme mystérieux lui offrit son bras en appui, mais elle le refusa, et clopina plus qu'elle ne marcha à travers les décombres jusqu'aux ouvertures béantes qui avaient été faits dans le bâtiment. Elle ignora les spectacles macabres qui s'offraient à leurs yeux, et ignora tout autant les signaux douloureux vifs que lui envoyait enfin son corps, pour se contenter de marcher entre son père et son frère inanimés, jusqu'aux rares ambulances qui stationnaient encore.

Une fierté incandescente brûla en elle lorsqu'elle observa la banque, fumante et branlante. La March Banks tenait encore, suffisamment pour permettre de sauver son plus prestigieux occupant. L'attaque avait échoué, la banque tenait encore et les survivants se feraient au moins aussi nombreux que les morts. Leopold et Dave vivraient, elle en avait désormais la plus intime conviction, et c'était bien là tout ce qui comptait. L'attaque avait blessé, oui, laisserait des séquelles, sans doute, mais ils étaient encore debout. La partie n'était pas finie. Les Marchebank reviendraient, plus forts que jamais, et ils formeraient une famille cette fois, une vraie famille.

Ils reviendraient, et ils se vengeraient ! Les traits tirés par la fatigue et la colère, Kessy tendit un poing vengeur en direction du ciel obscurci, puis se détourna pour monter dans l'ambulance avec son père.

Fin pour Kessy et Leopold

Spoiler:
 


Georgiana WrightAncien personnageavatar
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Une véritable débâcle. Si la jeune femme s'était attendue à de tels événements en revenant en Angleterre dans l'univers qu'elle connaissait ! Après être parvenue au niveau de ses deux plus anciens et meilleurs amis, Georgiana les avait retrouvé chambouler.
Nora lui expliqua alors qu'Irving était blessé et qu'elles pouvaient peut-être à elles deux, le remonter jusqu'au secours un peu plus haut. A cette mention, Georgiana acquiesça de la tête tout en soutenant la jolie blonde.

C'était une grande qualité que celle que possédait la jeune Weaver que de pouvoir garder les autres hors de l'eau. Toutefois, ce jour, elle semblait complètement perdue. Et forcément, elle se sentait dans le devoir et même l'envie complète de vouloir être là pour les soutenir tous les deux.

Irving semblait cependant complètement ... différent. La mort du petit garçon l'avait fortement perturbée et la rousse ne put s'empêcher en entendant ses mots de penser qu'autre chose se cachait sous ceux-ci. Irving Whitaker, malgré toutes les remarques acerbes et cyniques qu'elle lui avait assenée durant leur scolarité, était un garçon au bon fond. Toujours le sourire aux lèvres, il voyait toujours le verre à moitié plein alors qu'elle-même le percevait toujours comme à moitié vide. Son attitude lui disait qu'il y avait autre chose de bien plus effroyable derrière la réaction qu'il manifestait face à l'intervention de la médicomage.
Mais l'heure n'était pas à s'appesantir là dessus. Alors qu'il continuait d'invectiver tous ceux qui les approchaient un tant soit peu, Georgiana réfléchissait à une manière de calmer le jeu.

Une médicomage vint finalement auprès d'eux. Son intervention une fois encore fut tout d'abord mal prise par le jeune Whitaker. Il lui fallut plusieurs minutes avant qu'il ne reconnaisse visiblement la jeune femme, une certaine Winston.

Lorsque celle-ci, après lui avoir lancé quelques sorts notamment pour sa jambe, le questionna sur sa capacité à pouvoir se déplacer, Irving resta silencieux. Son regard balaya les alentours avant de finalement se poser sur Nora qu'il prit dans ses bras et enserra étroitement tout en levant vers elle un regard légèrement implorant.

Posant un regard à la ronde, Georgiana réfléchit à la meilleure option à suivre. Ses amis paraissaient plus secoués et choqués que réellement blessés. Leur meilleur à faire serait de les ramener vers chez eux.

S'approchant d'eux, la rouquine s'agenouilla à leurs côtés.

- "Hey, Whitaker, comment va ta jambe ? Tout va bien Nora ? Si on rentrait à l'auberge ? Ca vous va ? ", leur murmura-t-elle en se redressant avant d'ajouter en plantant son regard dans celui de Meredith,  "On a vu assez de barbarie pour aujourd'hui."

Georgiana ne connaissait pas le médicomage qui lui faisait face et qui avait mis fin aux jours du petit garçon. Mais si Irving, d'ordinaire si sociable et ouvert, lui portait une rancune sans nom, elle lui faisait confiance et adopterait la même attitude. Sa loyauté la perdrait un jour ... Mais pas aujourd'hui.




 
Georgiana Vivien Wright
Harpie des Gryffondors ♥️
Meredith KaneDirectrice de Skyeavatar
Messages : 142

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L'âme encore ravagée par ce sacrifice malheureusement nécessaire, Meredith Kane caressa une dernière fois la chevelure bouclée du pauvre innocent qu'elle venait de délivrer de son affreux tourment. En ce jour maudit, le terrorisme se révélait sous sa forme la plus cruelle et la plus sordide à la fois. Il n'y avait rien de politique, et aucun symbole à retirer du meurtre d'un enfant d'à peine dix ans. Aucun combat, aussi noble soit-il, ne justifiait le meurtre d'enfant. La directrice de Skye avait lutté farouchement dans son projet de réhabilitation pour ne laisser personne en dehors des rails de la société, et voilà qu'en ce jour funeste, elle voyait clairement les limites de son action. Son humanisme naturel l'avait toujours poussé à croire qu'il y avait du bon en chaque individu, et qu'il suffisait parfois d'éclairer les consciences les plus obscures pour en faire jaillir de la lumière. Meredith ne sombrait jamais dans la facilité du schéma manichéen, dans laquelle l'idée même de la peine de mort pouvait se justifier. La psychomage s'était évertuée sans relâche à trouver de l'espoir dans les âmes les plus tortueuses, mais aujourd'hui, elle se sentait totalement abandonnée par ses idéaux...

Et si tout cela n'était que pure utopie? N'avait-elle pas gaspiller son temps et son énergie à vouloir arracher des monstres des flammes de l'enfer? N'était-ce pas un combat dérisoire que de croire que certains inadaptés pourraient s'adapter au cadre salvateur d'un monde magique pacifique? Face à l'horreur et le corps sans vie du jeune garçon, Meredith Kane saisit à quel point son besoin d'humanisme s'était révélé une faiblesse. Combien d'âmes ténébreuses avaient-elle sauvé de la peine de mort? Etait-ce justifié que de donner une seconde chance aux monstres qui fomentaient ce genre de carnage? Le bien-être de la communauté ne prévalait-il pas sur les destinées individuelles? En mère de bonne famille parfaitement équilibrée, elle s'était obstinée à refuser cette implacable réalité, et voilà qu'elle en payait le prix. Il y avait dans ce monde des individus qui n'étaient bons qu'à tuer, et à être tués. Meredith Kane était perdue dans ses pensées existentielles quand tout à coup le jeune homme aux cheveux bouclés lui adressa des paroles acerbes. Dans un syndrome de Stockholm inversé, dans laquelle la médicomage apparaissait comme la personne à abattre ; Le blessé lui reprocha de n'avoir rien fait pour venir en aide à la victime. Mais ne voyait-il pas qu'il n'y avait malheureusement plus rien à faire? La colonne de l'enfant brisée, et de nombreux organes vitaux touchés, le diagnostic funeste était vite tombé. Aussi regrettable soit-il, pas même un miracle n'aurait pu sauver l'enfant. Le sachant condamné, il était de son devoir d'adoucir son dernier voyage.

Mais plutôt que de réagir dans le registre de l'émotionnel, et de basculer dans des justifications sans fin; Meredith Kane sonda de son regard froid et médicale le jeune homme blessé. Elle établit un rapide examen, dans laquelle la fracture à la jambe n'était au final que la partie visible des de l'iceberg. Indiscutablement, Le jeune homme avait besoin d'évacuer sa colère et son incompréhension, et celles-ci ne faisaient que ricocher sur la carapace rationnelle de la psychomage. Le blessé fut très vite accompagné dans son tonnerre de reproche par la jolie jeune femme blonde, qui se tenait juste à son chevet. Profondément choquée, le regard implacable de cette dernière contrastait avec sa silhouette, aussi frêle qu'une tige de roseaux dans la tempête. Meredith Kane poussa un long soupir avant d'extirper sa baguette du tissu de son tailleur de luxe. Le diagnostic était établi, et elle savait parfaitement à quoi s'en tenir. L'impulsivité manifeste des deux jeunes gens ne faisait que corroborer à la thèse d'un choc post-traumatique, dans lequel la régulation des émotions était altérée. En effet, il n'était pas rare de voir des patients lâcher des insultes dans le feu de la catastrophe, avant de se confondre en excuse une fois le choc passé. Meredith Kane se devait d'avertir les secours, et sa baguette ne tarda pas à scintiller alors qu'elle la levait en direction des cieux. Une boule de lumière ne tarda pas à localiser les victimes de la catastrophe, et à en faire se manifester d'autres...

En effet, un jeune homme portant dans ses bras un blessé, et une autre jeune femme à la chevelure de fer ne tardèrent pas à entrer dans le cercle qui encadrait la dépouille de l'enfant regretté. Une discussion s'engagea, signe que le groupe réunit semblait se connaître et éprouver un réel réconfort à l'idée de se retrouver au milieu du chaos. Meredith allait se porter au secours du nouveau blessé, quand le héros anonyme qui le soutenait dans ses bras se tourna de lui-même dans sa direction. Le regard insensible de la psychomage se fendit alors de stupeur et d'effroi quand lui apparut le visage blême la victime. Son cœur s'étreignit dans sa poitrine tandis qu'elle reconnaissait Dean, le fils d'Agathe et de Jonah Forbes. Ce jeune pianiste virtuose en devenir qu'elle avait vu grandir, s'amuser et se chamailler gentiment avec ses enfants, durant les nombreuses réunions de voisinage. Le temps sembla s'arrêter tandis que les notes de la partition de la "Lettre pour Elise" résonnèrent dans l'esprit de la psychomage - souvenir d'un temps béni où Dean s'était livré à un concert improvisé en l'honneur de sa fille Claire. Mais même si Meredith savait qu'il n'y avait rien de pire que de devoir intervenir sur un proche, elle retrouva très vite ses automatismes. Kane s'adressa alors au jeune inconnu, qui dans un sang-froid exemplaire avait même prit sa défense dans sa gestion de l'enfant condamné   :

"Veuillez le poser délicatement au sol, je vous prie. Je me dois de l'auscultera avant de déterminer la gravité de ses blessures... "

La baguette de la psychomage émit un étrange bourdonnement tandis qu'elle longeait le corps étendu du malheureux Dean. Mise à part de nombreuses contusions, il ne souffrait d'aucunes fractures, ni de vertèbres déplacées... mais sa blessure à la tête se révélait beaucoup plus préoccupante. Dans ce genre de traumatisme crânien, il fallait se montrer extrêmement prudent, afin d'éviter la moindre forme d'Hémorragie interne. Meredith Kane agit selon les préceptes inculqués lors de ses innombrables années de Médicomagie, et bloqua magiquement l'afflux de sang au niveau des tempes de Dean. Ce geste allait peut-être lui sauver la vie d'une manière purement mécanique, mais Meredith ignorait encore tous des séquelles de l'accident. Dean était plongé dans un profond coma, et il était difficile de savoir quand il s'en extirperait. Meredith Kane posa une main délicate sur la poitrine du garçon pour constater que son cœur continuait de battre. Il fallait le transporter de toute urgence en direction de Saint-Mangouste. Levant les yeux, elle constata qu'une médicomage intervenait auprès du couple traumatisé. Physionomiste dans l'âme, Meredith Kane ne tarda pas à reconnaître en sa consœur, une certaine Emma Winston. Trop accaparée par son intervention auprès de Dean, la responsable du département de la santé ne l'avait point vu arrivé, et elle s'activa de confirmer son diagnostic.

"Docteur Winston, la priorité est aux urgences absolus. Ces deux jeunes gens souffrent de stress post-traumatique, et je suis ravie de voir que vous ayez fait le nécessaire pour la jambe de ce jeune homme. Mais maintenant, nous devons intervenir d'urgence auprès de ce blessé. Traumtisme cranien sévère avec risque d'œdème cérébral. J'ai résorbé l'hémorragie, mais il se doit d'être évacué de toute urgence en direction de l'hôpital Saint-Mangouste. Il s'agit d'une question de vie ou de mort, docteur Winston! Je crains sous peu l'obstruction des voies de circulation du liquide céphalo-rachidien, si nous n'opérons pas en bloc chirurgie magique! "

Meredith Kane posa un regard inflexible sur sa consœur, avant d'ajouter :

"J'ai alerté les ambulanciers sur notre zone, mais ils semblent pour l'instant tous débordés. Nous n'avons guère de temps, et sans transport magique, je crains que nous devions user d'un transplanage d'urgence. Nous devons agir dans les plus brefs délais. "

Si Meredith avait prolongé la survie du malheureux Dean Forbes, rien pour l'instant n'augurait d'une issue heureuse. Pour éviter toute complication fatale, ce dernier devait être transporté de toute urgence en direction de l'hôpital Saint-mangouste...


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