AccueilAccueil  FAQFAQ  Où trouver...?  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 

 Rencontre du troisième type [Roy]

Nora WeaverAubergisteavatar
Messages : 1915

Voir le profil de l'utilisateur
25 Octobre 2009

Nora se demandait bien ce qui avait pu passer par la tête d'Artémis pour qu'elle lui propose d'aller boire un verre à Bristol. La jeune fille était ravie de retrouvé son amie, qu'elle n'avait pas vue depuis la fin des cours au mois de Juin, mais elle aurait de loin préférer la rencontrer aux Trois Balais ou au Chaudron Baveur. Mais Artémis habitait Bristol depuis le début de l'année et la tannait depuis des semaines pour lui montrer un bar "absolument génial" en bas de sa rue.

"Bonne soirée !" lança-t-elle en souriant au Milicien qui lui rendait sa baguette, l'autorisant ainsi à entrer dans la ville.

Elle n'aimait pas vraiment la sensation d'une ville si enfermée, contrôlée, avec ces check-points et la Milice partout. Mais l'idée d'être bientôt réunie avec Artémis lui permit de garder le sourire et Nora s'avança dans la ville le cœur un peu plus léger. Elle ne connaissait pas du tout les lieux, aussi Artémis lui avait-elle proposé qu'elles se retrouvent devant les Folies Sorcière, le cabaret qui se trouvait au bout de la Promenade. Artémis avait assuré que Nora n'aurait aucun mal à trouver, et elle ne s'était pas trompé. La jeune fille arriva devant le parvis du cabaret avec cinq minutes d'avance. Elle guetta son amie du regard en resserrant son écharpe autour de son cou en frissonnant.

Dix minutes passèrent durant lesquelles Nora observa les allées et venues des passants sans jamais apercevoir Artémis. La nuit tombait et elle avait cru sentir quelques gouttes de pluie, aussi espérait-elle que la Poufsouffle ne tarderait pas trop. Elle s'était rapproché du casino pour s'abriter un peu du vent en s'adossant à une façade et les gens qu'elle en voyait entrer ou sortir ne lui inspiraient pas tous confiance.

*Dépêche-toi Artémis* supplia-t-elle mentalement alors qu'un homme entrait dans le casino non sans l'avoir détaillé de la tête aux pieds avant.

La pluie s'accentua brusquement et arracha un soupir à Nora qui tenta tant bien que mal de se protéger en se collant au bâtiment. Cinq minutes d'attente supplémentaire eurent raison de sa patience et elle se résolut à pousser la porte du cabaret. Artémis aurait forcément l'idée de la chercher à l’intérieur quand elle arriverait. Elle eut un peu de mal à convaincre le Troll qui gardait l'entrée qu'elle était majeure, et faillit se décourager, mais on la laissa finalement pénétrer au sein de l'établissement.

Elle n'avait jamais mis les pieds dans un endroit pareil et tout dans son attitude criait qu'elle n'était pas à sa place, de ses cheveux trempés à sa mine perdue. Elle ne s'attarda pas devant le grand escalier du hall et leva à peine les yeux pour admirer l'imposant lustre en cristal. Elle demanda à quelqu'un qui avait l'air de connaitre les lieux où était le bar et on lui indiqua la partie "cabaret" de l'établissement. Nora se laissa guider par la musique, le bruit des rires et des conversation et déboucha rapidement dans la salle de spectacle. Sur scène, des danseuses aux tenues légères faisaient le spectacle devant une petite foule, de la fumée s'élevait des quelques tables occupées. L'endroit renvoyait une image de luxe et de légèreté mais aussi de débauche, de folie. Le cabaret portait bien son nom.

Un peu mal à l'aise, Nora tourna le dos à la scène et s'approcha du bar pour commander une bieraubeurre. On lui jeta quelques regards curieux mais elle fut finalement servie et s'empressa de boire quelques gorgées de sa bouteille, pour se donner une contenance. Elle était assise sur un tabouret de bar depuis moins de trois minutes, et songeait déjà à partir quand deux hommes à la stature assez imposante vinrent s'asseoir de chaque côté d'elle, l'observant sans gêne. Résistant à son envie première de partir en courant, elle termina tranquillement sa bière et se leva pour renfiler sa veste. Un des hommes posa une main lourde sur son épaule, interrompant son geste alors qu'elle commençait à se rhabiller. Elle sentit son pouls s’accélérer.

"Suis-nous, lança-t-il d'une voix grave. On t'attendait.
- Je suis désolée, je...Je ne connais personne ici, je m'en allais, vous devez faire erreur, répondit-elle d'une petite voix alors que des scénarios tous plus inquiétants les uns que les autres se déroulaient dans son esprit et qu'elle sentait ses genoux faiblir.
- T'inquiète, lui répondit-il sans retirer sa main de son épaule. Il nous avait dit qu'elle pigerait rien, lança-t-il à son collègue qui éclata d'un rire gras.
- On m'attend, vraiment, je dois y aller...tenta-t-elle, à présent aussi pâle que la chemise blanche du barman.
- Ce sera pas long, c'est par là."

L'homme la poussa en direction d'un couloir et Nora n'eut d'autres choix que d'avancer. Elle jeta quelques regards désespérés autours d'elle mais personne ne sembla s'étonner de la voir se faire entrainer contre son grès dans un coin sombre du cabaret. Terrifiée, elle retint des larmes de peur, persuadées que ça n'arrangerait pas son cas de passer pour une pleurnicheuse. Ils arrivèrent devant une porte sombre sur laquelle l'un de ses accompagnateurs frappa trois coups. Il ouvrit la porte et la poussa à l'intérieur de la pièce sans plus de cérémonie, avant de claquer la porte derrière elle.

La pièce qui devait être un bureau ou un salon était meublée de bois sombre et un homme, moins grand que les deux autres, se tenait en son centre. Incapable de lui dire quoi que ce soit, Nora se contenta de le fixé avec crainte, frigorifiée et tremblotante.


Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1877

Voir le profil de l'utilisateur
La petite blondinette fluette qui pénétra dans son bureau correspondait parfaitement à la description que Roy avait reçue. Si ce n’était son air apeuré qui le surprit un peu, mais peut-être ne savait t-elle pas qu’elle aurait affaire directement à lui… D’ailleurs ce n’était pas comme ça que c’était sensé se passer, normalement, mais il avait dû déroger à la règle pour sa cousine qui lui avait expressément demandé de lui rendre un petit service. Parce qu’il faisait confiance à Carla, il avait accepté de le faire, non sans râler, toutefois, et lui rappeler qu’elle n’était pas sensée passer par lui. Mais bon, elle lui avait fait son petit regard implorant, et Roy s’était dit qu’il laissait couler pour cette fois…

Pour autant, il n’aimait pas les changements imprévus de dernière minute qui l’obligeaient à reconfigurer les choses, mais Carla lui avait assuré que c’était une personne de confiance, à qui il n’avait rien à expliquer, malgré son apparence de « fille complètement à l’ouest » pour la citer. Tout ce qu’il avait à faire était de lui transmettre le paquet qui attendait sagement dans un des tiroirs de son bureau, et il atterrirait entre les bonnes mains. Cette gamine n’était qu’une sorte de mulet, et Roy était bien en peine d’estimer si elle savait ce qu’elle faisait, si elle s’imaginait autre chose ou si elle était tout simplement trop shootée pour bien savoir. En tout cas, cela n’avait pas l’air d’être le dernier cas de figure, la jeune fille semblait plus intimidée que sous substances louches.

« Approche, et assieds-toi. »

Roy avait parlé sur un ton calme pour ne pas l’effrayer mais sans s’embarrasser de formules de politesse non plus. Il ne comptait pas lui faire la conversation et lui donner assez vite ce qu’elle était venue chercher mais son attitude timide, presque apeurée, l’intriguait. Tout comme un détail qu’il venait de remarquer et qui le fit s’avancer d’un pas, juste avant que son interlocutrice ne s’asseye sur le fauteuil qu’elle lui avait désigné.

« Attends, ne bouge plus » l’arrêta t-il brusquement, sans se soucier de la faire sursauter ou pas.

Ses sourcils s’étaient tout à coup froncés, de dégoût ou de contrariété, on ne savait guère, mais il sortit vivement sa baguette qu’il pointa sans prévenir sur la jeune fille. Le sort qu’il lança produisit une brève bourrasque, qui dut la surprendre mais Roy avait obtenu ce qu’il voulait. Il n’allait quand même pas la laisser s’asseoir sur son fauteuil en véritable cuir de dragon alors qu’elle était toute trempée ! Maintenant, ses vêtements étaient secs et elle devait même avoir un peu plus chaud. D’un signe de tête, il l’autorisa à s’asseoir, tandis qu’il en faisait de même face à elle.

« Tu es restée dehors ? l’interrogea t-il, déconcerté. Cela expliquait que ses hommes aient mis un certain temps à la trouver, cela faisait bien vingt minutes qu’il attendait -ce qui l’avait passablement agacé, d’ailleurs. Tu aurais dû te manifester à l’intérieur, on ne t’a pas expliqué ? » ajouta t-il, sans cacher le reproche dans sa voix.

Ce n’était pas compliqué, normalement il y avait un code à transmettre pour ce genre de choses, soit à Jeff le barman, soit au vigile qui surveillait l’entrée de la terrasse. Cette fille était effectivement à l’ouest, songea Roy qui se promit de gronder Carla la prochaine fois.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Nora WeaverAubergisteavatar
Messages : 1915

Voir le profil de l'utilisateur
Nora jeta quelques regards inquiets autours d'elle, sans oser quitter son interlocuteurs des yeux trop longtemps. Celui-ci paraissait étrangement tranquille, quoique peut-être un peu agacé. Pas le genre d'attitude qu'elle aura prêté à un potentiel agresseur, ce qui ne la rassurait pas pour autant. L'homme s'adresse à elle de façon plutôt direct, et malgré son ton calme la jeune fille se dit qu'elle avait plutôt intérêt à obtempérer.

Les jambes vacillantes et pâle comme un fantôme elle fit quelques pas vers le centre de la pièce. Elle hésitait à tirer sa baguette de se poche, juste pour être prête à se défendre si jamais il le fallait, mais elle y renonça. L'inconnu en face d'elle ne s'était pas montré particulièrement agressif jusqu'alors, elle ne voulait pas lui donner une bonne raison de se mettre en colère.  Elle allait s'asseoir à contrecœur sur le fauteuil que l’homme lui avait désigné quand ce dernier l'arrêta brusquement. Nora sursauta et eut un mouvement de recul alors que son interlocuteur brandissait sa baguette. Paniquée, elle plongea la main dans sa poche de sa veste pour sortir sa propre baguette mais ne fut pas suffisamment rapide et ne put contrer le sortilège de l'homme qui...la sécha de la tête aux pieds.

Stupéfaite, Nora baissa les yeux sur ses vêtements secs et chauds avant de poser sur l'étranger un regard confus. Les choses étaient de plus en plus étranges, comme dans un mauvais rêve.

"Me...merci..." s'entendit-elle souffler dans un murmure à peine audible.

Une petite voix intérieure cinglante lui fit remarquer qu'elle n'était certainement pas censée remercier les inconnus qui la faisait emmener contre son grès dans des bureaux sombres, mais il était trop tard. Et puis quand même, elle avait bien moins froid maintenant, le tremblement de ses genoux ne devait plus rien à la météo. Toute cette situation était complètement absurde. Le regard plein de craintes et d'incompréhension, elle prit finalement place sur le fauteuil tandis que son interlocuteur faisait de même de l'autre coté du bureau.

Ce fut au tour de Nora de froncer les sourcils quand l'homme reprit la parole. Il lui parlait comme si elle était censée comprendre ce qui se passait. Lui expliquer quoi ? Personne ne lui avait expliqué quoi que ce soit, on était venu la chercher au milieu du bar et on l'avait amenée ici sans plus de cérémonie.

"J'attendais une amie, commença-t-elle d'une petite voix, la gorge sèche. Je...je suis rentrée parce qu'il pleuvait, expliqua-t-elle en fuyant le regard de son interlocuteur. Je ne suis jamais venue ici avant, je...Je ne sais pas ce que vous me voulez..."

Elle voulait simplement déguerpir d'ici au plus vite et ne plus jamais remettre les pieds dans cet endroit. Peut-être ne s'agissait-il que d'un énorme malentendu après tout.

"Je ne sais même pas qui vous êtes...ajouta-t-elle. Il doit y avoir une erreur..."


Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1877

Voir le profil de l'utilisateur
La réaction de la jeune fille renforça Roy dans ses premières impressions : quelque chose clochait dans la façon dont elle était intimidée. Elle termina même en disant qu’elle ne savait pas ce qu’il lui voulait, ce qui contraria Roy. Il n’avait pas de temps à perdre avec elle jouant les ingénues, il avait d’autre chose à faire, cette rencontre n’aurait jamais du avoir lieu si Carla avait fait son travail. Et maintenant, elle lui envoyait une mule incapable, qui se sentait obligée de faire comme si elle ne savait rien, parce qu’on ne l’avait pas prévenue qu’elle le rencontrerait lui.

« Ecoute, je n’ai pas de temps à perdre avec toi. Tu essayes peut-être de me jouer une comédie pour te protéger, mais c’est bien avec moi que tu es sensée traiter. »

Et le ton de Roy n’admettait aucune contradiction. Car ses hommes n’avaient pas pu se tromper en la repérant dans la foule, en tout cas, il ne l’envisageait pas encore. Elle était exactement comme l’avait décrite Carla, la vingtaine, blonde, chétive, de grands yeux, un air dérouté. Cette jeune fille faisait preuve d’une prudence excessive, jugeait le trafiquant impatient. La transaction aurait certes du se passer autrement, mais elle pouvait deviner toute seule qu’il en faisait partie. Cette petite devait feindre de ne rien savoir car elle était surprise de ne pas être tombée sur la personne qu’elle attendait, à savoir Carla, qui était sensée lui transmettre un paquet. Afin de dissiper ses doutes, Roy daigna lui fournir quelques explications :

« Même si ce n’était pas prévu que ce soit moi, je te l’accorde. Mais tu peux me faire confiance, je sais ce que tu es venue chercher ici. Tu attendais une amie, tu dis ? Une brune, petite de taille, n’est-ce-pas ? Ce qui correspondait tout à fait à l’apparence de Carla. Elle a eu un empêchement de dernière minute, elle m’a chargé de faire la commission à sa place. Je vois qu’elle ne t’a pas prévenue… »

Dans le ton de Roy se percevait l’agacement de ne pas savoir ce qui avait retenu Carla au point qu’elle ne pense même pas à prévenir sa cliente. Il eut un geste de la main, comme s’il balayait ce petit contre-temps, qui n’avait désormais aucune importance.

« Peu importe, conclut t-il. Tu as l’argent sur toi ? »

Elle avait plutôt intérêt, car autrement, elle repartirait bredouille et augmenterait d’un autre cran la mauvaise humeur du chef des Veilleurs.
Spoiler:
 



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Nora WeaverAubergisteavatar
Messages : 1915

Voir le profil de l'utilisateur
La situation était complètement surréaliste, on se serait cru dans une mauvaise pièce de théâtre, c’était carrément absurde ! Nora était morte de peur, et avait du mal à ne pas envisager les pires issues de cette entrevue, mais elle était également gagnée par un sentiment d’incompréhension et un certain agacement. Elle ne comprenait rien à ces énigmes, ne connaissait ni cet endroit ni ces personnes et voulait simplement qu’on la laisse partir. Elle ne savait plus comment le leur dire. Elle n’avait simplement rien à faire ici, elle était entrée par hasard et n’y remettrait certainement jamais les pieds.

« Je ne suis rien venue chercher… » commença-t-elle d’une petite voix en sachant très bien que sa réponse n’aurait pas plus d’impact sur son interlocuteur que n’en avaient eu ses précédentes interventions.

Pourquoi ne voulait-il pas la croire quand elle affirmait ne rien comprendre à la situation ? Et puis que lui voulait-il ? S’il en avait eu après son argent ou sa personne -cette pensée la fit frémir- il ne resterait certainement pas assis dans son fauteuil à lui tenir un discours grotesque. Elle ne parvenait pas à songer à une seule raison logique et rationnelle pour laquelle on l’aurait emmené ici pour discuter. Clairement, cet homme avait quelque chose d’autre en tête, et Nora n’arrivait pas à savoir de quoi il s’agissait, et n’était pas certaine de vouloir le découvrir…

Elle fut un déconcertée quand l’homme mystérieux évoqua l’amie qu’elle avait dit attendre et lui dressa une description qui s’appliquait plutôt bien à Artémis. Nora ne considérait pas que son amie soit particulièrement petite- et son interlocuteur était mal placé pour juger de ça- mais elle était effectivement plutôt dans la moyenne basse. Se pourrait-il qu’il la connaisse vraiment ?

« Oui je…C’est ça. »

Elle refusait de le croire. Artémis ne lui aurait jamais fait ça. Son amie avait plutôt tendance à être un peu trop protectrice à son égard. Jamais elle ne l’aurait livré à un un type étrange sans la prévenir auparavant. Il devait y avoir une autre explication. Voyant que son interlocuteur s’agaça, Nora sentit son angoisse augmenter et commença à triturer nerveusement les manches de son pull.  Elle n’avait vraiment aucune envie de l’énerver mais était toujours aussi perdue. Elle sursauta quand il lui demanda soudainement si elle avait l’argent. Quelque part, elle était presque rassurée de savoir qu’il ne cherchait que de l’argent. Elle aurait été prête à lui donner tout l’argent qu’il demandait, si cela pouvait la faire sortir d’ici. Sauf qu’elle n’en avait pas.

« Je…J’ai quatre galions…répondit-elle piteusement. Je savais pas que…Artémis ne m’a rien dit… se justifia-t-elle maladroitement. Je peux vous en ramener plus si vous voulez mais s’il-vous-plait laissez-moi partir ! supplia-t-elle. Je vous donnerai ce que vous voulez. »

Elle posa sur son interlocuteur un regard craintif, prête à négocier n'importe quoi pour qu'il la laisse partir. Tout ce qu'elle voulait à cet instant précis était s'éloigner le plus possible de cet endroit, se réfugier dans les bras d'Irving et tout oublier de cette entrevue. Elle ne voulait même plus comprendre. Elle se fichait bien de savoir qui était cet homme ou de découvrir ce dont il parlait avec tant de mystère. Elle ne voulait rien avoir à faire avec lui. Elle voulait rentrer chez elle.


Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1877

Voir le profil de l'utilisateur
A l’instant où la jeune fille parla des quatre misérables Gallions inutiles dans cette transaction, puis prononça le nom d’Artémis, Roy prit conscience de la belle méprise qui avait fait naître cette situation. Quel incroyable quiproquo. Convaincu qu’il tenait là la bonne personne, Roy n’avait fait que chercher des raisons au comportement étrange de la jeune fille, des raisons qui incluaient toutes le fait qu’elle venait trouver Carla pour acheter une certaine quantité de produits illicites.  Mais la vérité était bien plus simple que cela : ce n’était pas la bonne personne.

Comment cela avait t-il pu arriver ? Roy pesta intérieurement contre ses hommes qui n’avaient pas pris les bonnes dispositions pour s’assurer qu’il tenait la bonne fille, contre Carla qui ne leur avait pas fourni d’informations assez précises. Puis contre lui-même pour s’être laissé avoir également. L’incompréhension de son interlocutrice n’était pas feinte, contrairement à ce qu’il croyait jusque là. Elle était réellement perdue, et même, apeurée, se rendit t-il compte à la façon dont elle le supplia de la laisser partir. Elle pensait qu’il avait monté une mascarade pour lui prendre son argent, comme s’il était un racketteur de bas étage, ce qui fit grimacer Roy. Non, il ne comptait pas la dépouiller des quelques pièces qu’elle possédait. En revanche, il ne pouvait pas la laisser partir aussi facilement. Qui sait ce qu’elle allait raconter ensuite à propos du gérant des Folies Sorcières ? La situation devait avoir l’air d’une agression pure et simple de son point de vue, d’un kidnapping même, et effectivement, dans ces conditions, c’en était un.

Se débarrasser purement et simplement d’elle répugnait Roy. Cette fille n’était qu’une gamine, sans doute encore plus jeune que Carla. Elle ne représentait de toute façon pas un danger suffisant pour qu’il envisage cette extrémité. Pour autant, Roy devait trouver un moyen de la faire taire sur ce qui venait de se produire. Cette entrevue pouvait se terminer de façon très tranquille s’il s’y prenait bien…

Après un silence interminable, Roy changea d’attitude. Chassant les traits durs sur son visage, il offrit une figure plus aimable à la jeune fille et s’efforça d’adoucir son ton en reprenant la parole :

« Je suis désolé, je me rends compte que je t’ai fait peur. Assieds-toi, s’il te plaît. »

Il lui désigna un fauteuil avec un sourire poli, qui n’admettait toutefois pas qu’elle se défile. Il la suivit du regard tandis qu’elle obtempérait, réfléchissant à toute vitesse. Maintenant qu’il se repassait les dernières minutes à la lumière de la belle erreur qu’il avait commise, il trouvait la situation tristement comique. Pourrie, surtout. En fait, il se sentait con. Mais il ne laissa rien filtrer derrière son expression lisse et son ton clair.

« Tu as raison, c’est une erreur. Tu n’es pas la personne que j’attendais, tu peux garder ton argent. Et je vais te laisser partir. »

Il espérait détendre la jeune fille en commençant par lui assurer ce fait. Il devinait sans mal que tout ce qui devait y avoir dans sa tête, c’était « Je veux m’enfuir d’ici tout de suite ». La première chose qu’il devait faire était de la rendre moins méfiante vis à vis de lui. Il avait du boulot.

« Mais avant ça, renchérit t-il en se tournant vers l’imposante armoire derrière les fauteuils, j’aimerais juste me faire pardonner pour ce regrettable quiproquo. Tu aimes la Gobière ? »

C’était bien, la gobière, personne ne s’en méfiait, c’était une boisson innocente. La petite poudre bleue qu’il glissa discrètement dedans en étant dos à elle, moins. Il se retourna avec deux bouteilles dans la main, dont il tendit une vers la blonde en s’efforçant d’avoir l’air réellement désolé et désireux de réparer son erreur. Ce ne fut pas trop difficile, il était désolé : désolé qu’une bande de bras cassés lui aient ramené la mauvaise fille, et d’avoir failli lui révéler son trafic. Désireux de réparer son erreur, il l’était sans aucun doute, et il voulait que ça se fasse rapidement et sans encombres.

Il espérait qu’elle accepterait son geste, sinon il allait devoir trouver un autre moyen de corriger le tir.

Spoiler:
 



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Nora WeaverAubergisteavatar
Messages : 1915

Voir le profil de l'utilisateur
Sans qu'elle ne comprenne ce qui justifiait un tel changement, Nora vit l'expression de son interlocuteur changer radicalement alors qu'il s'excusait de lui avoir fait peur. Son instinct d'adolescente bien élevée manqua de lui faire répondre que "ce n'était rien", mais elle garda le silence. C'était quand même quelque chose que d'emmener les gens contre leur gré et de leur servir un discours sans aucun sens pour leur soutirer de l'argent. Elle n'avait pas volé ses excuses, même si elle ne comprenait pas pourquoi il les lui présentait maintenant.

L'esprit encore plus confus qu'auparavant, et toujours terrifiée par l'homme qui lui faisait face, Nora obtempéra quand il l'invita à s'asseoir dans l'un des fauteuils, autant pour soulager ses jambes tremblantes que pour ne pas risquer de froisser son hôte. Un énorme poids s'ôta de ses épaules quand elle entendit l'homme admettre qu'elle n'était pas la personne qu'il attendait. Il ne voulait pas de son argent. Et elle allait pouvoir partir. Son soulagement ne fut toutefois que de très courte durée. La jeune fille sentait bien que cette histoire n'était pas terminée. Pourquoi lui aurait-il demandé de s'asseoir si c'était pour la congédier ensuite ?

Il était évident qu'ils n'allaient pas en rester là. Beaucoup trop de questions restaient sans réponse. Qui était cet homme ? Qui attendait-il ? Pour quoi s'était-il attendu à ce qu'elle lui donne de l'argent ? Et pourquoi y avait-il eu une erreur ? Mais Nora se fichait bien de toutes ces réponses. Tout cela était très étrange mais elle voulait bien renoncer à y comprendre quoi que ce soit si on la laissait partir. Et elle ne remettrait jamais les pieds dans cet établissement de malheur.

Malheureusement, comme elle l'avait prédit, l'homme ne semblait pas décider à la laisser partir tout de suite, et offrit plutôt de se faire pardonner pour ce malentendu.

"C'est gentil, mais ça ira, vous en faites pas...protesta-t-elle faiblement tandis que l'homme lui tournait le dos, occupé à fouiller dans une grande armoire. Euh...Oui, répondit-elle, surprise, quand il lui demanda si elle aimait la Gobière. Mais je n'ai pas vraiment soif..."

Sourd à ses réponses, l'homme se retourna finalement vers elle, deux bouteilles de Gobière décapsulées à la main. Nora accepta celle qu'il lui tendait à contrecœur, sans oser la boire. Il y avait un millier de raisons pour lesquelles elle refusait de boire cette bière. Premièrement parce qu'elle lui avait été servie par un homme étrange qui l'avait kidnappée. Deuxièmement parce qu'elle savait qu'il ne fallait jamais accepté un verre de la part d'un inconnu un peu louche. Et troisièmement parce qu'elle lui avait été servie par un homme étrange qui l'avait kidnappée.

Mais l'homme s'était installé en face d'elle et ne semblait pas décidé à la laisser partir tout de suite. Et elle ne voyait pas vraiment comment quitter cet endroit sans l'accord du propriétaire des lieux. Il était plus près de la porte qu'elle ne l'était. Ils étaient suffisamment à l'écart du reste du cabaret pour que personne ne l'entende crier. Et elle ne préférait pas vérifier si la pièce était équipée d'un sortilège anti-transplanage. Elle était coincée là.

Quelles étaient les chances pour qu'il dise vrai ? Pour qu'il soit sincèrement désolé et lui ait offert cette Gobière uniquement pour se faire pardonner ? Minimes. Ridicules. Peut-être inexistantes. Mais c'était la seule chance qu'elle avait alors autant la saisir. Ce n'était jamais que de la Gobière après tout... Voyant l'homme en face d'elle boire une gorgée de sa propre bière, Nora se décida finalement à l’imiter et porta la bouteille de Gobière à ses lèvres. Elle but quelques gorgées du liquide ambrée. Ce simple geste lui donnait l'impression de retrouver une contenance.

Le silence qui s'installait entre eux devenait pesant. Mais que pouvait-elle bien dire ? Elle ne connaissait absolument rien de son interlocuteur, ne voulait rien savoir de lui, et ne désirait que de s'en éloigner au plus vite. Difficile de meubler la conversation dans une situation aussi délicate. Pourtant, l'atmosphère lui paraissait étrangement se détendre, doucement. C'était absurde. Le contexte n'avait pas changé et leur entrevue était toujours aussi inexplicable et inquiétante, mais sans qu'elle ne puisse l'expliquer, les choses lui apparaissaient un peu moins effrayante. Elle but une autre gorgée de Gobière.  

Si elle avait croisé son reflet, Nora se serait peut-être inquiétée de voir ses pupilles étrangement dilatées, ou son regard un peu absent. Ou peut-être qu'elle ne s'en serait pas inquiété, parce qu'elle n'était tout simplement plus d'humeur à s'inquiéter. De toute façon elle n'avait aucun miroir en face d'elle, juste cet homme mystérieux, qui n'avait plus l'air si effrayant qu'auparavant.

"J'en avais pas bu depuis la soirée de fin d'année de l'année dernière..." lança-t-elle finalement en faisant tourner la bouteille entre ses mains, l'air un peu ailleurs.

Elle ne savait pas pourquoi elle avait dit ça. Elle n'avait même pas voulu parler. C'était comme si elle observait la scène depuis l'extérieur, et qu'elle n'avait plus vraiment la maitrise de ce qu'elle faisait. Ce n'était pas désagréable. Cela lui rappelait la soirée de fin d'année, justement.

Les souvenirs de ce soir d'été se mélangeaient avec sa perception de l'instant présent, lui offrant une vision déformée de la réalité. Elle se sentait beaucoup mieux, d'un coup. Comme si elle était de retour à ce fameux soir de juin. Elle n'était plus inquiété, et apeurée, mais mélancolique et un peu perdue. Il faisait chaud, elle se rappelait, ce soir là. Elle était assise dans l'herbe, sur le terrain de Quidditch, c'était moins confortable que le fauteuil sur lequel elle était installée maintenant.  Ôtant ses baskets en quelques mouvements habiles, Nora remonta ses jambes sur le fauteuil pour s'asseoir en tailleur, elle était mieux comme ça.

"Vous jouez au Quidditch ?"

Sa bouche fonctionnait plus vite que son cerveau. Et avait visiblement considéré qu'il s'agissait d'une question tout à fait pertinente étant donnée la situation.  


Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1877

Voir le profil de l'utilisateur
Sans grande surprise, la jeune fille fut d’abord réticente à rester, ce qui montrait qu’elle avait un certain instinct de conservation. Roy se préparait à l’éventualité de la voir prendre ses jambes à son cou, mais heureusement pour lui, elle semblait trop paralysée par la peur pour oser. Juste de quoi lui faire ressentir une légère culpabilité, car il fallait le dire, Roy était en train de droguer une jeune fille terrorisée. C’était tout à fait grave, et même sujet à des interprétations tordues. Mais il valait mieux cela que la jeter dans les tréfonds de l’Avon, n’est-ce-pas ?

Chassant ses scrupules, Roy lui tendit la Gobière. Il attendit que la monalisa fasse effet, ce qui arriva plus vite qu’il ne l’imaginait, et il se félicita intérieurement d’avoir veillé à ne pas trop charger la boisson. Vu la corpulence de la jeune fille, un mauvais dosage aurait pu la mettre K.O en quelques minutes. Il vit sa posture crispée se détendre et son expression se modifier, tandis qu’elle murmurait quelque chose. Soirée de fin d’année ? De pire en pire, elle était encore plus jeune qu’elle n’en avait l’air, puisqu’elle sortait tout juste de Poudlard… Bon. Au moins il ne risquait pas un détournement de mineur.

Il sut que la monalisa jouait parfaitement son rôle de tranquillisant, au moment où elle se permit de poser les pieds sur le fauteuil. Il la laissa se mettre à son aise sans rien dire, mais en la surveillant du coin de l’oeil. Elle avait heureusement eu la présence d’esprit de retirer ses chaussures. Il ne lui avait pas permis de s’asseoir sur son cuir de dragon toute mouillée tout à l’heure, ce n’était certainement pas pour la laisser mettre des chaussures encrottées dessus !

Roy s’efforça chasser de son esprit ses considérations maniaques pour prêter attention à la conversation que son interlocutrice lançait. C’était plutôt bon signe qu’elle lui pose des questions insignifiantes de ce genre : elle avait déjà oublié le sujet de leur discussion précédente. Plus son esprit s’occuperait d’autre chose et mieux se serait pour Roy qui se fit un plaisir de s’engouffrer dans la brèche :

« Non, pas vraiment, c’est pas mon truc. Je suis bien meilleur aux jeux de cartes. Poker sorcier, Bataille Explosive… »

Roy reprit sa Gobière dont il n’avait bu qu’une gorgée, puis s’appuya contre le dossier de son fauteuil. Il espérait au fond de lui régler très vite cette situation, mais il était plus sage de donner l’impression d’être à l’aise, pour la mettre en confiance. Et puis qui sait, peut-être qu’elle allait le distraire un peu... Ecouter quelqu’un sous l’emprise de la monalisa était souvent très amusant, pour cette raison d’ailleurs, c’était la drogue préférée des soirées, mais aussi celle des artistes audacieux en manque d'inspiration.

« J’imagine que toi tu y joues, pour poser cette question ? Comment tu t’appelles d’ailleurs ? »



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Nora WeaverAubergisteavatar
Messages : 1915

Voir le profil de l'utilisateur
Dire que Nora avait l'esprit confus aurait été un terrible euphémisme. Une petite voix dans son cerveau lui rappelait à intervalle régulier qu'elle était en présence d'un individu étrange qui l'avait fait venir dans ce bureau contre son grès et qui la terrifiait un instant plus tôt. Cette même petite voix s'inquiétait un peu du sentiment de bien-être qui s'emparait lentement d'elle. Ce n'était pas normal. La gobière ne lui avait jamais fait cet effet là. Mais une deuxième petite voix trouvait ça plutôt agréable. Bien plus agréable que de trembler de froid et de peur. C'était beaucoup plus cool de parler de Quidditch que de se demander s'il allait la tuer et comment.

Malheureusement, pas de discussion à propos du Quidditch avec son interlocuteur, qui lui avoua préférer les jeux de cartes.

"J'ai jamais su jouer au poker sorcier, confessa-t-elle après avoir bu une nouvelle gorgée de Gobière. Je suis pas une très bonne menteuse, ajouta-t-elle en chuchotant, comme s'il s'agissait réellement d'un secret alors que c'était probablement assez facile à deviner. Mais je me défends à la bataille explosive, reprit-elle. Et j'ai eu un copain qui était champion de Bavboules, ajouta-t-elle avec une fierté qui n'était pas vraiment justifiées -il était quand même question de Bavboules. J'ai pas mal progressé, à l'époque. Les Poufsouffles étaient la meilleure équipe de l'école. Vous étiez dans quelle maison à Poudlard ? Je suis sûre que vous n'étiez pas à Poufsouffle, réfléchit-elle à voix haute en plissant les yeux comme pour sonder son interlocuteur. Les Poufsouffles ne kidnappent pas les gens, ajouta-t-elle pour clarifier son raisonnement. Vous deviez être un Gryffondor, ou un Serpentard !"

La petite voix n°1 s'affolait un peu. Nora parlait beaucoup trop, et avec une audace qui ne lui était pas familière et qui pouvait lui attirer des ennuis, étant donnée la situation. La petite voix n°2 s'amusait beaucoup.

Nora avait toujours aimé faire connaissance avec de nouvelles personnes. Et ce n'était pas parce qu'ils s'étaient rencontré dans des circonstances...étranges, qu'ils ne pouvaient pas être amis ! Elle était persuadée qu'ils en riraient, dans quelques années, quand ils feraient des soirées jeux de société et qu'on leur demanderaient comment ils étaient devenus amis. L'homme était très différent des personnes qu'elle fréquentait d'habitude mais elle était ouverte d'esprit et s'était toujours interdit de juger les gens sans les connaitre. Il lui avait fait un peu -beaucoup- peur, certes, mais il ne s'agissait que d'un malentendu. Il avait eu l'air plutôt embêté et il était visiblement désolé, ce qui ne pouvait que signifier qu'il s'agissait de quelqu'un de bien. Elle fut confortée dans cette idée quand il lui posa quelques questions, preuve qu'il avait lui aussi envie de faire sa connaissance.

Le petite voix n°1 venait de démissionner.

"J'étais capitaine de mon équipe, à Poudlard, répondit-elle avec un sourire nostalgique. Et je m'appelle Nora ! ajouta-t-elle avec enthousiasme en tendant la main à son interlocuteur pour le saluer, bien qu'ils soient en train de discuter depuis déjà un moment. Et vous, vous vous appelez comment ? Vous travaillez ici ? demanda-t-elle en promenant son regard autour d'elle. Vous êtes le service de sécurité ? Votre bureau est super grand ! Mais vous devriez ajouter un peu plus de plantes ! "


Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1877

Voir le profil de l'utilisateur
La monalisa avait délié la langue de la jeune blonde, intimidée et anxieuse quelques minutes à peine plus tôt. La drogue agissait drôlement vite, probablement était-ce l’une de ses premières prises pour se laisser emporter comme ça. A force d’en fumer, Roy s’était un peu endurci face à ses effets, il lui fallait des doses plus importantes pour tomber dans le même état. Mais il resta sagement à boire sa Gobière.

« Bien deviné, j’aurais pu me retrouver dans l’une comme dans l’autre… Mais le Choixpeau a choisi Gryffondor. Sans doute aurait-il plutôt choisi Serpentard à ce moment précis, où Roy faisait clairement fi de la légalité de ses moyens pour parvenir à ses fins. Tu as l’impression d’être kidnappée ? Pourtant la porte n’est pas verrouillée, tu peux t’en aller quand tu veux. »

Avec un léger sourire, il désigna de la main la porte du bureau derrière eux, plongée dans la pénombre.

« Mais on peut aussi jouer à la bataille explosive, si tu préfères. »

Et il y avait de grandes chances qu’elle trouve la perspective plus sympathique, avec l’effet euphorique de la drogue qui s’instillait doucement dans son organisme. Le trafiquant fit venir avec sa baguette un paquet de cartes qu’il se mit à mélanger entre ses mains de ses gestes experts. Nora, elle, continuait de bavarder et Roy gardait un sourire aimable sur sa figure, pour l’y encourager. Il serra même la main qu’elle lui tendit, comme preuve de sa -fausse- bonne foi. Elle tirait ses conclusions toutes seules sur lui, c’était parfait, Roy n’avait même pas besoin d’inventer une histoire. Juste un prénom, car on ne savait jamais si cette demoiselle avait quelques souvenirs de cette soirée, à l’avenir :

« Frank, inventa t-il. Le service de sécurité, oui, on peut dire ça comme ça… » Le commentaire de Nora sur le manque de plantes dans son bureau le fit hausser un sourcil, et il se prit à s’amuser à prendre un air de « Fais attention à ce que tu vas me répondre » en lui posant la question :  « C’est une gentille façon de me dire que tu trouves mon bureau glauque ? »

Un léger sourire demeura sur son visage pour ne pas l’effrayer, même si Roy se doutait qu’elle était à présent suffisamment désinhibée pour ne plus y faire attention. Il renchérit en distribuant les cartes :

« Alors dis-moi, c’est la première fois que tu viens ici ? Qu’est-ce que tu penses de cet établissement ? Mon patron serait content de connaître ton avis. »

C’est qu’il s’amusait presque à jouer son rôle.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Nora WeaverAubergisteavatar
Messages : 1915

Voir le profil de l'utilisateur
Nora réfléchit très sérieusement quand son interlocuteur lui demanda si elle se sentait kidnappée. C'était une question compliquée. On l'avait emmenée ici contre son gré et on ne l'avait pas laissé partir quand elle le voulait, ce qui ressemblait un peu à un enlèvement. Mais maintenant on lui offrait de la bière et on était gentil avec elle, ce qui était beaucoup mieux. Elle ne savait plus, du coup. Elle observa un instant la porte que lui désignait l'homme. Sa perception du temps et des distances était altérée par la mona lisa et la porte du bureau, plongée dans la pénombre, lui parut bien plus loin qu'elle ne l'était réellement. Elle n'avait pas du tout envie de marcher jusque là-bas dans le noir, c'était même un peu effrayant. Jouer à la bataille explosive en revanche, ça lui disait bien !

Elle applaudit avec excitation quand il fit venir un paquet de cartes à lui, alors même qu'il s'agissait d'un tour de magie à la portée de n'importe quel quatrième année.

"Vous mélangez super bien ! s'exclama-t-elle en le voyant battre les cartes comme un expert. Vous m'apprendrez ? Moi je sais faire des châteaux de cartes, je vous montrerai. Cela demandait beaucoup de patience et de précision, ce n'était pas à la portée de tout le monde. Hauts comme ça ! Elle monta sa main un peu au dessus de sa tête. Enfin presque."

Frank. C'était un chouette prénom Frank, elle aimait bien ! Frank de la sécurité, elle s'en souviendrait. Maintenant qu'ils avaient fait connaissance, Nora se permit de faire une remarque sur le bureau de son hôte, qui ne parut pas vraiment l'apprécier. Bien qu'en réalité l'air réprobateur de Roy n'eut rien de bien terrifiant, la jeune fille le trouva un peu effrayant et se recroquevilla sur son siège.

"Oh non, pas glauque du tout, répondit-elle précipitamment, un peu rassurée par le sourire de Frank. Mais il pourrait être encore plus accueillant avec quelques plantes, expliqua-t-elle. On avait beaucoup de plantes dans la salle commune de Pousfouffle. Il y en avait le long des murs, et suspendues au plafond. Le Professeur Londubat ne pouvait pas toujours s'en occuper alors il laissait les septième années s'en charger. C'était mon boulot l'année dernière et je m'en suis plutôt bien sortie ! Ma copine Artémis a failli tuer une orchidée du Pérou mais elle n'a pas vraiment la main verte, et c'est une fleur exigeante !"

Nora se débrouillait aussi bien avec les plantes qu'avec les animaux et si elle avait largement une préférence pour les seconds, elle appréciait aussi de prendre soin des plantes et avait toujours eu la main verte. Elle trouvait que quelques plantes apportait vraiment de la vie dans une pièce et adorait offrir des fleurs. Décidant que ce bureau manquait cruellement de verdure et que son propriétaire serait certainement d'accord avec elle une fois qu'il aurait réalisé le changement que pouvait apporter une plante verte, Nora tira sa baguette de sa poche, décidée à remédier à ce problème. Quelques gestes un peu hasardeux plus tard, des étincelles violettes crépitèrent au bout de sa baguette et de belles plantes grimpantes à fleurs mauves virent s'enrouler autours de l'imposant lustre au centre de la pièce, laissant retomber négligemment quelques unes de leurs branches jusqu'à mi-hauteur. Un nouveau coup de baguette fit apparaitre un petit palmier en pot dans un coin de la pièce et un autre amena un cactus à fleurs rouge vif sur le bureau de Frank.  

"C'est mon type de cactus préféré ! C'était le cactus qu'elle avait offert à Irving à noël dernier, et qui trônait désormais fièrement dans le salon de l'auberge. Et vous ? C'est quoi votre cactus préféré ? Parce que bien sûr tout le monde se devait d'avoir un cactus préféré. Il va falloir que vous lui trouviez un nom, expliqua-t-elle sérieusement, comme s'il s'agissait d'une véritable obligation. Un nom sympa, qui ne fait pas peur, comme ça les gens n'auront pas peur dans votre bureau. Elle trouvait que ce bureau pouvait être un peu effrayant au début, quand même. Vous pourriez l'appeler "choupi", c'est mignon choupi !"

Très fière de sa trouvaille, Nora se cala à nouveau dans son fauteuil et but les dernières gorgée de sa bouteille de bière. Elle ne buvait pas si vite d'habitude mais elle était très bonne cette bière.

"Finie, commenta-t-elle en reposant la bouteille sur la table basse d'un geste incertain. On joue ?"


Roy CalderChef de la mafiaavatar
Messages : 1877

Voir le profil de l'utilisateur
« Vraiment, haut comme ça ? Il faudra que tu me montres ça, dis donc. »

D’accord, il devait avouer qu’il s’amusait un peu, parce que cette fille avait brusquement changé de personnalité, et s’extasiait de tout et n’importe quoi, quand, quelques minutes plus tôt, elle osait à peine le regarder dans les yeux. Cela dit, c’était souvent l’effet que faisait la monalisa. Nora en devenait même un peu trop bavarde, car elle se mit à lui raconter des détails dont il se contrefichait, sur l’aménagement de sa salle commune bien-aimée. Seigneur, il faisait vraiment face à une gamine. Mais tout ce qui se lut sur la figure de Roy fut amabilité, gentillesse et petits oiseaux.

« Mais tu as l’air douée avec les plantes, dis-moi. Tu me conseilles quels spécimens pour rendre mon bureau plus… comment avait t-elle dit déjà ?… accueillant ? »

La jeune fille lui livra sa réponse en faisant immédiatement apparaître des plantes grimpantes qui vinrent rayer son lustre en cristal de leurs épines, un palmier qui donna de faux airs d’agence de voyage des Caraïbes au mur du fond et un cactus sur son bureau qui lui piqua les yeux à distance. Garder son calme, Roy, surtout, garder son calme. Tu auras tout le temps de faire disparaître ces horreurs plus tard. Il inspira un coup, s’efforça de garder son expression souriante, en se félicitant intérieurement de son remarquable jeu d’acteur. En fait, il ne savait plus s’il avait envie de rire face aux réactions improbables de cette fille, ou de se cogner la tête contre un mur pour s’être foutu tout seul dans cette situation.

« Mon cactus préféré, hum… Tu me reposes la question plus tard ? On me l’a jamais faite celle-là, j’ai besoin d’un petit temps de réflexion, là. »

Probablement qu’elle allait oublier, entre temps, Roy comptait là-dessus, parce qu’il n’avait fichtrement aucune idée des noms de variétés de cactus. Pourtant il était bon en botanique, à Poudlard -ce qui lui avait été utile dans son plan de carrière de trafiquant- mais les cactus, disons que ce n’était pas tout à fait le genre de plantes qui l’intéressaient… Il jeta un deuxième regard au cactus que Nora venait de prénommer « Choupi » avec beaucoup de conviction. Il ne sut pas si c’était l’angle, ou juste son esprit qui était mal tourné, mais comment dire… Vu la forme du végétal, ce n’était pas exactement le nom qu’il lui aurait donné. Couille Molle, peut-être. Ou Testiculus Asymetricus ? Pour faire plus savant, plus nom scientifique de plante. Ne pas rigoler, Roy, surtout, ne pas rigoler.

« Choupi ? J’adopte, ça lui va à merveille. Tu sais quoi, il va plutôt venir sur cette table basse, pour répandre sur notre partie toute sa… choupitude ? »

En fait, il était surtout curieux de voir le spécimen de plus près, sous un autre angle. Il le fit léviter jusqu’à eux et le prit dans ses mains avant de le poser sur la table. En effet, c’était clairement phallique. Ce qui l’amusait beaucoup, c’est que cette création végétale ne semblait pas du tout en adéquation avec la personnalité de Nora qui semblait tout à fait naïve, pure et innocente. Après, il ne la connaissait pas, peut-être qu’elle était plus dépravée qu’elle n’en avait l’air… Ou que la monalisa réveillait ce sombre aspect de sa personnalité.

« Allez, on fait une partie, lui répondit Roy en distribuant les cartes, une fois qu’il se fut remis de son hilarité intérieure. Si tu veux bien, je vais inviter quelqu’un à participer au jeu ? Un collègue à moi, très sympa, très bon aux cartes aussi. »

Trêve de plaisanteries, c’était le moment d’enclencher la deuxième partie de son plan. Il venait de voir Nora terminer d’une traite sa bière. Parfait, elle était en confiance, elle n’avait plus envie de se sauver grâce à la monalisa, et elle allait sûrement se mettre bientôt à somnoler, s’il avait bien calculé son coup. Il sortit sa baguette pour invoquer son Patronus et lui donner le nom de Fergus. Le furet bondit entre les meubles jusqu’à la sortie. Roy pria intérieurement pour que Fergus soit dans le coin et rapplique rapidement. Il avait grandement besoin de ses talents en sortilèges pour régler ce fâcheux quiproquo. Roy prit son mal en patience en attendant, et fit bien trois, quatre parties avec elle -en la laissant gagner la moitié pour lui faire plaisir- avant qu’on ne frappe à sa porte. La silhouette filiforme de son second se profila dans l’encadrement.

« Tu me cherchais, R…
-Fergus, te voilà ! C’était moins une, il s’appelait officiellement Franck, ce soir, mais c’était une information difficile à lui communiquer tout de suite. Approche, ferme derrière toi. Tu viens jouer avec nous ? »

Fergus les rejoignit et sa perplexité ne fut que plus grande en voyant avec qui Roy faisait une partie. Une jeune fille, de dix-huit ans, peut-être, dix-neuf. Qui avait encore tous ses vêtements, donc il ne devait pas s’agir de ce qu’il aurait pu croire qu’il s’agissait au premier abord. Surtout que Roy le regardait avec ce curieux air faussement joyeux de « C'est la merde, tais-toi et laisse-moi faire » sur la figure, alors c’était très intriguant. Mais il y avait plus intriguant encore, juste sous ses yeux.

« C’est quoi ce cactus, on dirait une b…
-C’est notre nouvel ami, alors sois poli avec lui. Roy rebattit les cartes après lui avoir tiré le bras pour qu’il s’assoit sur le troisième siège. Je te présente Nora, c’est la première fois qu’elle vient ici alors on sympathise. »

Il laissa Nora répondre à sa suite, ce qui lui permit de réfléchir en attendant. Il fallait qu’il trouve un moyen d’expliquer la situation à Fergus en langage codé.



  - Power goes by and leaves me blind -
   
Nora WeaverAubergisteavatar
Messages : 1915

Voir le profil de l'utilisateur
Nora observait avec un air concentré Roy donner les cartes, mais elle avait du mal à suivre la distribution. Tout son esprit bouillonnait de milliers d'idées et d'envies complètement incongrus. Son cerveau fonctionnait à pleins régimes alors que son corps semblait au contraire à moitié endormi. C'était une sensation très étrange. Elle se sentait capable de tout et elle avait l'impression de déborder d'énergie, mais le simple fait de se pencher en avant pour ramasser ses cartes lui demanda un effort surhumain. Depuis quand ses bras étaient-ils si lourds ?

"Très bonne idée ! s'écria-t-elle avec enthousiasme quand Frank suggéra d'inviter un de ses collègues à se joindre à leur partie. Mais je n'aurai aucune chance contre vous deux..." soupira-t-elle en haussant les épaules.

A nouveau, tout semblait se dérouler à deux vitesse différentes. Elle avait un flot de pensées et de paroles qui se précipitaient à toute vitesse dans sa tête mais elle mettait trop longtemps à les ordonner pour pouvoir les exprimer à voix haute et quand elle parvenait enfin à formuler une phrase, elle entendait ses propres mots bien après qu'ils aient franchi ses lèvres. Comme s'ils ne venaient pas vraiment d'elle.  

"Ooooh votre patronus est un furet ! C'est mignon ! Le miens c'est une souris blanche. Ca rend mon chat complètement fou ! C'est très curieux un furet, comme animal, mais très solitaire aussi ! récita-t-elle comme une leçon. Vous êtes quelqu'un de solitaire ? questionna-t-elle avec une moue triste. Est-ce que vous avez quelqu'un dans votre vie ?"

Nora se laissa facilement distraire de sa quête d'informations sur la vie sentimentale de Frank et fut rapidement absorbée par le jeu de cartes. Elle n'avait pas exactement compris toutes les règles, mais elle devait maitriser les plus importantes car elle venait de remporter sa deuxième victoire.

"Je ne veux pas vous vexer, Frank, mais vous n'êtes pas si doué que ça en fait ! Il fallait pas relancer si vous n'aviez qu'une paire ! conseilla-t-elle, en grande experte du poker qu'elle était devenue. C'était clair que j'avais au moins le brelant de sept vu ma mise, vous savez bien que je ne sais pas bluffer..."

Elle ne voyait pas vraiment comment il aurait pu le savoir, mais pour le moment il lui semblait que le fait qu'elle ne sache pas bien mentir était de notoriété publique.

"Et je crois que vous n'êtes pas un très bon menteur non plus, Frank. Ca se voit tout de suite quand vous bluffez !"

Il respirait l'honnêteté, même. Il aurait fait un bon Poufsouffle finalement ! Nora en était là de ses réflexions quand le collègue de Frank, un dénommé Fergus, fit irruption dans la pièce.

"Booonjour Fergus ! chantonna-t-elle en l'accueillant avec un large sourire. Enfin bonsoir ! Quelle heure il est en fait ? Oh oui venez jouer avec nous ! s'écria-t-elle en applaudissant des deux mains. Il s'appelle Choupi, précisa-t-elle quand Fergus s'étonna de la présence du cactus. Il est beau hein ? C'est mon type de cactus préféré ! ajouta-t-elle en couvant la plante d'un regard presque amoureux, complètement inconsciente de sa forme plus qu'évocatrice. Bon, là il est un peu petit, c'est mieux quand ils sont un peu plus grands !"

Les grands cactus faisaient plus de fleurs, c'était beaucoup plus joli. Pensive, Nora essayait tant bien que mal de se retrouver le fil de sa conversation avec Frank, que l'arrivée de Fergus avait interrompue. Elle ne savait plus. Et elle ne savait plus qui devait relancer le partie. De toute façon elle avait perdu ses cartes. Elle était pourtant certaine de les avoir poser sur l'accoudoir ! Bah, tant pis ! Ils n'avaient qu'à changer de jeu, ils pouvait très bien faire une parte de Bavboules, ou un action/vérité.

Très fière de sa nouvelle idée, elle se redressa tant bien que mal sur son siège, les yeux brillants, son regard passant successivement de Fergus à Frank.

"Vous savez ce qu'on peut faire à trois...?" suggéra-t-elle avec un sourire en coin.

Ils allaient dire un action/vérité, elle en était sûre. Ils allaient forcément deviner !


Contenu sponsorisé


Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Rencontre du troisième type [Roy]

Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Ce type d'insécurité pourrait être l’œuvre d’un groupe ...
» épée de type normande
» taille des socles et type de socles
» Fiche-type de demande de rp
» BENJI TYPE BICHON MALTAIS 5 ans

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Aresto Momentum :: Autres Horizons :: Bristol, :: Les Folies Sorcières,-