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 Business is Business [Roy & Robin]

Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
Messages : 77

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20 octobre 2016

"  Fran ton placement ! Tu es décalée par rapport à Gloria et Robin."
Olga, la chorégraphe des Folies, était debout au pied de la scène scrutant scrupuleusement chaque faits et gestes de ses danseuses. Intransigeante, comme toujours, elle ne laissait rien passer à ses filles.
"Plus amples les mouvements, je veux voir de la grâce, de la légèreté...Plus hauts les bras."

Robin participait à ce tableau avec sept autres filles des Folies. Même si elle préférait les danses où elle se trouvait seule sur scène, sa formation classique faisait d'elle une incontournable sur ce type de représentation.

La danse était le mode d'expression avec lequel elle se sentait le plus à l'aise. Cette passion se révélait être bien plus qu' un métier si bien qu'elle ne passait pas une journée sans danser. Même si son corps était parfois soumis à rude épreuve -il suffisait de voir l'état de ses pointes de pieds pour en être convaincu- Robin vivait pour cela. Cet art lui permettait d'incarner plusieurs rôles, de vivre plusieurs existences, de ressentir -et surtout de transmettre- tant d'émotions. Ses professeurs à l'Académie avaient coutume de dire: " Danser, c’est comme parler en silence. C’est dire plein de choses sans dire un mot. " Elle ne pouvait pas être plus en accord avec leur vision alors qu'elle se trouvait là à répéter encore et encore le célèbre " ballet des Vélanes". Sur scène, elle parvenait à faire le vide, à oublier momentanément ses problèmes pour incarner réellement ses personnages. La danse était un échappatoire comme un autre, quand certains préféraient sniffer quelques grammes de Volubilis, Robin dansait jusqu'à  l'épuisement.  

Comme la plupart des filles présentent sur scène pour cet entrainement.  Elles avaient toutes le mêmes ambitions:  Sortir du lot pour envisager une réelle carrière solo si bien que la concurrence était très rudes entre elles. Robin n'avait quasiment pas d'amies -si ce n'est Gloria- et elle se méfiait plus que tout de certaines filles prêtes à toutes les crasses pour réussir. On devait surement dire la même chose d'elle tant elle avait œuvré pour être la favorite aux yeux d'Olga et des dirigeants de l'Aile Ouest. Quelque soit son job, elle le faisait avec le plus grand sérieux: Au rez de chaussée, elle endossait aussi bien le rôle de la danseuse orientale, que de la gracieuse ballerine et elle avait même un nouveau show en préparation, du broom-dance, discipline mêlant magie, danse et acrobatie qu'elle devait mettre au point pour le spectacle de Noël.

Dans l'aile ouest, elle n'était pas certaine d'avoir les meilleurs chiffres -les filles étaient assez discrètes sur le montant de leurs pourboires- mais certains indicateurs ne trompaient pas: Elle touchait un pourcentage sur la vente des boissons et de la drogue achetés pendant ses extras et il était clair qu'elle pouvait envisager une reconversion dans le commerce tant les montants s'avéraient élevés . De plus elle avait quelques clients réguliers qui revenaient uniquement pour elle ce qui était un gage certain de qualité.

"C'est bon les filles ! Allez vous préparer ! interrompit Olga en tapant dans les mains, Votre tableau ouvre la soirée. Vous devez être prêtes pour 19h30."

Robin termina sa volte et s'étira doucement en cherchant l'horloge des yeux. Elle avait deux heures pour manger -enfin grignoter une pomme dans son cas - prendre une douche et enfiler sa tenue d'apparat. Elle pouvait même passer voir Matthew à l'atelier de fabrication des décors , juste pour s'assurer que tout allait bien, se dit-elle en essuyant son visage sur sa serviette. Enfin, elle allait surtout commencer par fumer une petite cigarette à l'arrière du bâtiment, histoire de s'accorder un petit plaisir avant d'attaquer cette soirée.

Robin posa sa serviette sur son épaule et rassembla ses affaires avant de prendre la direction des coulisses où elle fut rapidement rattrapée par Gloria, une de ses rares amies aux Folies.

-Robin ! souffla cette dernière, ma chérie, il faut que tu me dépannes. Arthur à une permission ce soir.

Arthur était le compagnon de Gloria, engagé dans l'Armée Magique Internationale. Gloria ne le voyait que très rarement mais cet état de fait semblait leur convenir à tous les deux. Toutefois, Robin savait très bien où voulait en venir son amie en amorçant la conversation de la sorte. Elle cherchait une remplaçante pour ses extras de l'Aile Ouest !

-Oh non pas ce soir, geignit Robin sans même attendre la demande de sa consœur, j'ai déjà bossé hier et avant hier. C'est mon soir de relâche.

Elle n'était pas contre l'idée de se faire un peu d'argent supplémentaire mais elle avait prévu de passer la soirée avec un trafiquant des Veilleurs -un certain Kévin- qui lui tournait la roue depuis des semaines . Ce n'était clairement pas une lumière mais Robin avait accepté à condition qu'il lui sorte le grand jeu: Restaurant et club branché ! Elle avait besoin de se sentir exceptionnelle en ce moment et pour cela il n'y avait rien de mieux qu'un homme qui n'a pas encore obtenu ce qu'il veut réellement... D'ailleurs, elle comptait bien le faire mariner encore quelques rendez-vous, songea-t-elle.

Malheureusement Gloria s'attacha à lui rappeler qu'elle lui était particulièrement redevable:

-Qui t'as remplacé le soir où ton frère est venue s'installer chez toi ? Qui a accepté d'échanger les horaires la semaine prochaine pour que tu puisses retrouver ton ami de Bornéo ?

Ces arguments faisaient mouche. Robin avait sollicité la jeune femme ces derniers jours et elle était forcée de constater qu'elle devait se montrer arrangeante à son tour si elle voulait pouvoir encore compter sur elle la prochaine fois. Et puis elle préférait mille fois rater son rendez-vous avec Kévin que de passer à côté de sa soirée avec Dustin la semaine suivante.

-Qui sont les clients ce soir ? s'enquit-elle avec une mine maussade.

-Les requins de Bristol jouent à domicile. S'ils gagnent contre les Pies, il est probable qu'ils viennent fêter la victoire ici. Sinon il y a aussi quelques responsables du budget français en déplacement.  Apparemment ils ont un congrès à la March Bank depuis quelques jours mais ils ont envie de changer d'air. Leopoldgrad ne convient pas à tout le monde."

Des sportifs ou des politiques...

-Qui paye le mieux ?

- Strass-Kohn, le directeur du département de la finance française est un vrai pingre. Evite-le. En plus il surveille son foie alors tu peux dire adieu à ta marge sur l'alcool ! Dave Bakham, le joueur de quidditch est super mignon mais ne te laisse pas abuser par son joli sourire. Il ne donne jamais aucun pourboire. "

Effectivement, Robin avait déjà eu à faire à lui.

"Personnellement je te conseille Franz Ribero, le poursuiveur, il a un bon rapport qualité/prix." Conclut Gloria comme si elle parlait d'un vulgaire produit.

Robin nota mentalement l'information avant d'ajouter.

-Ok, c'est bon, je te remplace, tu peux aller prévenir Calder.
-C'est déjà fait, répondit la rouquine avec son air espiègle, il t'attend dans son bureau.

Robin afficha une expression indignée tandis que Gloria s'éloignait le cœur léger et la mine radieuse.

La jeune femme secoua la tête et fit demi tour afin de rejoindre l'escalier de service qui desservait les bureaux des chefs sans avoir à traverser le grand hall. Elle s'arrêta tout de même quelques instants pour fumer sa cigarette sur le rebord d'une fenêtre -elle n'allait pas tenir si elle n'avait pas sa petite dose-puis elle se présenta devant le bureau de Calder où un gorille montait la garde.

"Il m'attend, dit-elle en toquant à la porte.
"Bonjour, Gloria m'a dit que tu voulais me voir."souffla-t-elle en passant sa tête dans l'entrebâillement.

Ils avaient beau avoir été à Poudlard quasiment en même temps et avoir fréquenté le même milieu pendant des années, Robin n'était pas particulièrement proche de Roy. Ils avaient vécu des existences parallèles, se croisant à plusieurs reprises, sans jamais vraiment prendre le temps de chercher à se connaitre davantage. Aujourd'hui, il était son patron et la relation professionnelle qu'ils entretenaient  lui convenait parfaitement.

Elle se doutait que l'opération de Matthew avait particulièrement affectée le trafic des Veilleurs mais elle n'avait pas encore eu l'occasion d'en discuter avec lui. Jayce Bowers s'était chargé avec elle de vider l'atelier clandestin, de trier les papiers et de restituer les commandes aux bonnes personnes mais elle n'avait pas eu de nouvelles depuis. Sans doute voulaient-ils éviter de la mêler de trop près aux activités du gang mais c'était peine perdue. Robin était déjà au courant de pas mal de détails par Matt et toute la Voie bruissait depuis la défection de son frère. Les noms des potentiels remplaçants étaient sur toutes les lèvres.

Enfin, pour l'heure, Robin n'était pas là pour évoquer le cas de son frère. Elle referma la porte derrière elle et s'avança de quelques pas dans le bureau du chef:
"J'imagine que tu voulais me briefer sur les clients de ce soir."


Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Comme pour chaque soirée un peu spéciale programmée pour accueillir quelques clients importants, Roy fit un rapide tour du cabaret-casino pour s’assurer que tout se mettait correctement en place. Ce soir, ils recevaient de hauts responsables de la finance internationale, pour qui Mildred avait décidé de re-programmer un ballet à succès, suivi de danses plus légères sur la scène du cabaret. Roy passa quelques minutes dans la salle de répétition des danseuses, sous l’égide impitoyable d’Olga, une chorégraphe dont Roy reconnaissait volontiers le talent, mais on ne pouvait pas dire qu’elle en pensait autant de lui… D’ailleurs, lorsqu’elle remarqua sa présence dans un coin de la salle, Roy retourna un tranquille sourire à son air pincé, qu’il trouvait plus comique qu’autre chose. Non, il n’était pas dans les bonnes grâces de la très guindée danseuse étoile à la retraite, il devait représenter à ses yeux une débauche malvenue, même si elle se gardait bien de le lui dire. Après tout, il faisait partie de ses supérieurs qui lui assuraient son salaire, que Roy ne comptait pas lui soustraire le moins du monde car elle faisait un excellent travail. Qu’elle l’apprécie ou pas lui était bien égal, tant qu’elle ne l’empêchait pas de faire tourner le cabaret comme il le souhaitait, ce qui incluait de faire travailler quelques danseuses pour des extras dans l’aile Ouest à l’étage, ne lui en déplaise…

Lorsqu’il se fut assuré de la présence de l’une d’elles en particulier, Roy retourna à ses occupations. Il vérifia l’arrivage de nouvelles bouteilles au bar du casino, la présence du personnel à chaque table de jeu puis remonta à l’étage pour s’occuper de ce qui nécessitait davantage son attention. Ce qui leur rapportait le plus d’argent dans ce genre de soirées huppées, c’était bel et bien les nuits désinhibées de l’aile Ouest. Des clients comme des traders, de hauts politiciens ou des sportifs de haut niveau avaient toujours de quoi s’offrir les luxes les plus interdits, le tout était de les y attirer et les amener à consommer de tout, le plus possible, qu’il s’agisse de substances ou des filles.

Serpentant dans les couloirs, il tomba sur l’une des danseuses habituées de l’aile, Gloria, qu’il apostropha, pris d’un élan :

« Gloria ! Tu tombes bien, tu comptes descendre en bas ?
-Oui, je suis sensée rejoindre la répétition. Justement, je voulais te voir pour…
-Tu veux bien demander à Robin de passer à mon bureau quand elle aura fini ? Je sais qu’elle n’est pas sensée bosser dans l’aile ce soir, mais…
-Eh bien, justement, reprit t-elle avec un sourire. Normalement, elle me remplace ce soir, donc elle passera.
-Parfait, je l’attendrai ici à l’étage après votre répétition, alors. »

Il laissa filer la danseuse tandis que lui-même retournait à ses occupations. L’agitation des préparatifs qui précédait l’effervescence de la soirée se mettait en route, et une petite heure plus tard, Roy était revenu dans son bureau, pour prendre une petite pause qui n’en serait pas vraiment une, car Robin devait arriver d’un instant à l’autre. Il se permit toutefois d’allumer un petit joint, qu’il avait toujours en bouche lorsque la jeune femme frappa à sa porte.

« C’est ça, confirma t-il, assieds-toi. »

C’était ça, et pas tout à fait ça, car il y avait plusieurs sujets dont il voulait parler à Robin, à la lumière de quelques derniers évènements. Mais il allait commencer par les sujets les plus évidents, technique basique de rhétorique. Tirant une dernière bouffée de mandragore, il écrasa son joint dans un des cendriers puis reporta son regard sur la danseuse.

« Tu sais à peu près qui vient ce soir ? demanda t-il, pour la forme, car il y répondit lui-même. Principalement des traders et des responsables financiers en déplacement à Leopoldgrad. Tu connais le topo, pas de TNB, pas de drogue dure ou d’alcool trop fort, ce sont des gens qui repartent très tôt demain matin pour faire des affaires. S’ils ne sont pas opérationnels ou qu’il se produit le moindre accident, c’est des substances qu’on sert aux Folies Sorcières que les journaux vont parler. »

Et les scandales médiatiques étaient toujours assez pénibles à gérer, même si les Folies Sorcières avaient déjà une réputation sulfureuse, c’était autre chose de devoir faire face à des faits problématiques.

« Par contre, c’est possible qu’on ait quelques joueurs de Quidditch qui viennent fêter une victoire, puisqu’il y a un gros match ce soir, poursuivit t-il. Là tu peux y aller, on pardonne toujours plus aux sportifs de s’amuser qu’à de hauts responsables… »

Ce qui était assez ironique quand on savait que leurs meilleurs clients étaient plutôt des personnalités importantes du pays.

« Essaye de concentrer tes efforts sur nos invités de Leopoldgrad, repère ceux qui sont prêts à débourser le plus. Ce sont des gens qui peuvent nous apporter pas mal de renommée dans leur monde fermé, c’est important qu’on en ait quelques uns dans la poche » termina t-il, croisant les mains sur son bureau.



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Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Tandis que les douces effluves de mandragore parfumaient la pièce, Robin nota mentalement les recommandations de son chef. Il comptait sur elle pour accueillir comme il se devait la délégation des politiques et donc écoper des sexagénaires ventripotents. Pas de drogues, pas d'alcool fort. Adieu les  marges sur les consos. Youpi.

"Ok, dit-elle en masquant sa contrariété, compte sur moi pour trouver celui qui déboursera le plus. Elle comptait bien enclencher le mode Radar à Galions.  Il y a qui d'autres sur ce groupe?" s'enquit-elle soucieuse de savoir avec qui elle allait travailler ce soir.

Elle savait que Roy n'envoyait pas n'importe qui auprès des hauts dignitaires du gouvernement et des délégations étrangères. Il ne s'agissait pas de prendre la première écervelée de service mais plutôt la fille capable de le jouer si le besoin s'en faisait sentir. Comme il l'avait souligné un peu plus tôt, elle ne pouvait pas commettre d'impair auprès de ces gens là sous peine de risquer l'incident diplomatique. Robin l'avait bien compris. Elle savait rester à la place qu'on lui octroyait et elle pouvait souvent se vanter d'être la première au courant des nouvelles mesures ou projets de lois en cours: C'est fou comme les hommes peuvent être bavards lorsqu'ils se sentent comblés... Ces précieuses informations avaient, elles aussi ,un prix et la jeune danseuse les transmettaient  à Jayce ou Roy en échange d'une rémunération supplémentaire.

" Tout travail mérite salaire." était la devise de Robin et elle n'était pas du genre à se laisser abuser par des courbettes ou des flatteries. Quoiqu'il en soit, ce n'était pas le genre de Roy qui s'embarrassait rarement de superflu. Beaucoup de filles -et de Veilleurs- le craignaient aux Folies et Robin n'échappait pas à la règle. Tout le monde avait entendu parlé de cet homme dont il avait arraché la langue ou d'autres histoires sordides mais la danseuse lui reconnaissait un certain professionnalisme. Dans leur milieu, il ne suffisait pas d'être un homme d'affaire accompli pour réussir, il fallait se donner les moyens d'imposer sa loi et l'utilisation de la force était souvent nécessaire. Dans son cas, elle avait vite compris que Roy n'attendait rien d'autres des filles qu'elles fassent fructifier son entreprise alors Robin s'attachait à remplir cette mission, en bon petit soldat.

Toutefois, elle gardait une trace de tous ses extras, tenaient un journal dans lequel elle notait les noms de ses clients, toutes leurs particularités physiques et toutes les informations qu'elle récoltait auprès d'eux, juste au cas où.

Disciplinée, certes, mais pas complètement naïve non plus.

"Si on ne peut pas compter sur la drogue ou l'alcool, il nous faudrait un petit coup de pouce pour débrider la soirée, dit-elle alors après un temps de réflexion,  Pourquoi ne pas leur proposer un after autour du bassin de l'aile ouest ? suggéra-t-elle, mon tableau de Broom dance prévu pour Noël est pratiquement au point, je pourrais leur en donner un avant goût, proposa-t-elle en réfléchissant à voix haute, et puisqu'ils ne peuvent pas consommer grand chose à part les filles, il faudrait que nous soyons assez nombreuses histoire de rentabiliser la soirée..."

Elle était sûre que Roy voyait où elle voulait en venir.

"Ils ont peut être le foie défaillant mais j'espère que leur cœur est bien accroché." conclut-elle avec un mince sourire.


Roy CalderChef de la mafiaavatar
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« Vous serez cinq, Rachel, Santana, Alya, Megan et toi, énuméra Roy. Elles sont déjà briefées sur tout ce que je viens de te dire. »

Cinq jeunes femmes soigneusement choisies sur leurs atouts respectifs et les résultats concrets qu’elles apportaient. Les plus gracieuses, les unes au charme exotique, et les autres se démarquant par leur caractère fort. Celles qui s’en sortaient mieux que les autres étaient régulièrement reprises pour ce genre de soirées un peu spéciales où il y avait davantage d’argent à se faire, ce qui instaurait un certain climat de compétition entre les filles que Roy n’ignorait pas, et qui arrangeait plutôt ses affaires. Robin faisait partie de ce cercle de danseuses qui se démarquaient. Cette fois il avait hésité à lui demander de travailler, malgré son soir de congé, avant de se décider à prendre plutôt Gloria. Roy ne savait guère comment Robin gérait ses récents remous familiaux, il ne cherchait pas spécialement à savoir, ce n’était pas sa place de s’en inquiéter. En revanche, il ne lui semblait pas inutile d’attendre un peu qu’elle ait digéré avant de lui confier ses soirées les plus fructueuses. C’était la sous-estimer, visiblement : Robin agissait avec un professionnalisme intact, sans contredire ses demandes, et en lui posant le même genre de questions que d’habitude.

Elle lui fit même une proposition audacieuse qui mérita réflexion. Une partie fine près du bassin, autour d’un petit spectacle privé qui amènerait forcément des jeux tendancieux ? C’était une proposition alléchante, mais pour qu’elle fonctionne, il fallait qu’elles soient plus nombreuses, en effet. Roy avait fait le choix de ne prendre que quelques filles seulement, les meilleures, celles dont il était sûr qu’elles sauraient parfaitement jouer le rôle attendu, pour une soirée très élitiste, plutôt que de multiplier les prestataires au risque de décevoir ces clients exigeants. Mais si un spectacle et des distractions allaient avec, il valait le coup de prendre ce risque. Sans compter que ce serait l’occasion de tester sur un réel public le tableau que Robin perfectionnait depuis plusieurs mois, et sur lequel ils nourrissaient pas mal d’attentes pour les fêtes de fin d’année. Si ces clients appréciaient, ils reviendraient à coup sûr pour la représentation officielle Noël, en ramenant d’autres personnes, c’était certain et c’était un argument qui faisait mouche aux oreilles de Roy.

« Très bien, tu as des coéquipières à me conseiller ? Il me semble que Leanne et Ingrid sont dispos, mais si tu arrives à en convaincre d’autres de t’accompagner, je te donne carte blanche. » dit t-il, saluant son initiative. Sur ces mots, il tira la dernière bouffée de sa cigarette, avant de l’écraser dans son cendrier. Le sourire et le regard qu’il vrilla dans celui de Robin avait un soupçon de défi. « Tu peux considérer ça comme un test. C’est ta première représentation. Ca marche, et tu touches la plus large part. Par contre, si ce n’est pas à la hauteur… Eh bien, on programmera autre chose pour Noël. »

Rien de tel qu’un peu d’enjeu et de challenge pour motiver ses troupes, tel était l’avis de Roy. Il savait que Robin était compétitive, et surtout, passionnée par son métier de danseuse. Elle devait brûler d’impatience de briller avec ce show de broom-dance dont elle serait la principale figurante. Croisant les mains sur son ventre, Roy attendit la réponse de la danseuse, sans cesser de l’examiner du regard. Elle n’agissait pas différemment avec lui, malgré le fait qu’il ait remplacé son frère chez les Veilleurs sans délai. C’était un sens du professionnalisme qu’il appréciait chez elle. Voilà une femme qui savait ce qu’elle voulait et qui n’ignorait pas comment les choses fonctionnaient chez les mafieux. Il était devenu impossible de traiter avec Matthew, tellement l’homme avait changé -ce qui avait produit une impression très étrange à Roy. Face à ce constat, il avait songé plus tôt dans la journée que traiter avec sa soeur parfaitement au courant de son business était une bonne option pour conclure cette histoire correctement. D’où sa présence dans son bureau. Elle devait d’ailleurs le soupçonner, donc Roy ne chercha pas plus longtemps à masquer ce sujet derrière un autre, et relança leur discussion sans prendre plus de précautions que de commencer par vérifier ce qu'elle savait :

« Il y a autre chose dont je voulais te parler, Robin. J’imagine que tu as appris que j’ai engagé un nouveau faussaire pour le gang. »



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Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Robin fut ravie de voir sa proposition accueillie de manière positive. Olga, la chorégraphe, n'allait surement pas être très heureuse d'apprendre que le numéro de Broom-Dance allait être dévoilé avant les fêtes, mais elle ne pouvait pas s'opposer à cette stratégie commerciale:  Les Folies devaient  être en mesure de séduire les clients renommés et influents pour espérer accroitre son réseau. Et quoi de mieux que le jeu de jambes de Robin pour remplir cette mission.

La jeune femme se félicita d'avoir été force de proposition lorsque Roy lui donna carte blanche dans le choix des filles pour l'épauler dans cette tache. Ingrid et Leane ? Hors de question d'offrir un extra sur un plateau à cette dernière !  Physiquement, Leane était à peu près le même genre de femme que Robin: Une brune au cheveux longs, fine et élancée. Leur seule différence résidait dans le fait que Leane avait de magnifiques yeux verts quand ceux de Robin était d'un marron très commun. Non seulement Leane risquait de lui piquer ses clients mais en plus les deux danseuses ne pouvaient vraiment pas s'entendre. Cela remontait à une histoire vieille de plus d'un an où Leane avait ouvertement critiquée les MacFarlane aussi dès que Robin pouvait mettre des bâtons dans les roues de sa rivale, elle ne se gênait pas pour le faire.

"Je préfèrerai plutôt travailler avec Tamy . Je sais qu'elle a moins d'expérience que Leane mais elle s'en est très bien sortie avec cet entrepreneur américain qui est venu il y a un mois."


L'homme était ressorti particulièrement satisfait de sa séance privée à en juger par le pourboire faramineux qu'il avait donné à Tamara et au montant de sa note laissée au cabaret . " Et puis, elle a un petit côté fragile et innocent ...ça plait à certains hommes." ajouta-t-elle en haussant les épaules.

Exit Leane, bonjour Tamy ! Robin afficha un sourire serein et satisfait tandis que Roy poursuivait ses explications. Elle crut lire un soupçon de défi dans son regard lorsqu'il affirma qu'elle devait aborder cet événement comme un test à ne pas manquer mais elle refusait de céder au chantage de son patron: La pression qu'il voulait faire peser sur ses épaules en annulant ses représentations si elle échouait n'était pas son moteur. Bien au contraire ! Elle connaissait ses capacités en danse et elle avait testé son tableau sur plusieurs employés des Folies qui s'étaient révélés conquis. Fergus Avner n'était-il pas venu la voir plusieurs fois lors de ses répétitions? Même Jayce Bowers était passé et Merlin seul savait à quel point il était occupé avec la gestion de l'établissement et sa vie de famille. Elle avait pleine confiance en son tableau et Roy ne parviendrait pas à l'ébranler. Par contre, il avait su actionner un autre levier de productivité qui fonctionnait bien mieux sur Robin qu'une quelconque menace. La danseuse puisait sa motivation dans le fait qu'elle allait toucher la plus large part si elle réussissait à faire de cette soirée privée un instant mémorable... Il n'y avait pas meilleure raison pour qu'elle se surpasse ce soir.
La jeune femme se pencha donc légèrement en avant pour capter le regard de son patron avant de lui susurrer quelques mots:

" Je n'ai qu'une chose à dire: Après cette petite mise en bouche que je vais concocter à tes clients, prépares-toi à ce que le carnet de réservation des Folies explose. "

Elle se redressa sans quitter des yeux son vis à vis et ajouta, pleine d'audace:
"Et si après ça tu doutes encore des qualités de mon show, je t'invite à venir assister à l'une de mes répétitions. Je serai ravie de faire une représentation privée et tu pourras juger par toi même à quel point c'est une mauvaise idée de songer à me déprogrammer. "

En guise de conclusion, elle gratifia Roy d'un regard ténébreux qu'elle réservait généralement à ses clients.
Si dans la plupart des entreprises, il était de mauvais goût de flirter avec son patron, ce n'était pas forcement le cas aux Folies. Pour Robin, le cabaret était un espace à part qui envoyait valser les conventions. Les Folies Sorcières avaient leurs  propres règles et ce genre de comportement n'avait rien pas étonnant. Les badinages avaient autant leur place en ces murs que le chantage ou que tout autre comportement frauduleux ou inconvenant pour le commun des mortels.

Toutefois Roy mit rapidement un terme à ce petit jeu de séduction en abordant le sujet qui occupait les pensées de Robin depuis plusieurs semaines: Matthew. Dire que la jeune femme s'inquiétait pour l'avenir de son frère aux Folies était un euphémisme ! Il ne se passait pas une journée sans qu'elle ne se tracasse pour lui. Il faut dire que le changement de comportement de Matthew depuis son opération à Skye  avait de quoi créer un climat de suspicion autour de lui. Robin imaginait sans mal les conversations des Veilleurs à son sujet et elle ne pouvait pas s'empêcher d'envisager les pires scénarios: Matt ne renvoyait pas du tout l'image d'un partenaire fiable. Et si quelqu'un décidait de l'éliminer? Un ancien client, des associés en affaire...voir même son propre patron ?

Robin comptait bien tirer les choses au clair durant cet entretien puisque Roy lui en donnait l'occasion en abordant de lui-même le sujet du remplaçant de Matt.  Loin de laisser transparaitre ses préoccupations intérieures, la jeune femme croisa les jambes et chassa sa longue chevelure en arrière avant de répondre.

"Oui j'ai entendu ça. J'espère que son travail vous satisfera."


Robin avait entendu parler du faussaire en question. Un cognard avec un égo surdimensionné - comme beaucoup dans le milieu- mais plutôt bon artisan d'après les dires de Matthew... Alors pourquoi pas, mais à vrai dire, c'était le cadet de ses soucis. Elle préférait recentrer le sujet sur l'avenir de son frère.

"Mais, dis moi, maintenant que Matt est définitivement hors course, quels sont vos projets vis à vis de lui ?" s'enquit-il alors en s'accoudant sur son siège. Son cœur battait la chamade mais son regard était planté dans celui de Roy  "Je suis sûre que toi et tes seconds vous vous êtes demandés  ce que vous alliez faire de ce faussaire amnésique non ?  ajouta-t-elle avant de plaider sa cause, J'ai traité avec vous pour mettre toutes ses affaires en ordre afin de faciliter la transition avec un nouveau, je pense être en droit de savoir quelle est votre position aujourd'hui à l'égard de Matt."

Elle espérait surtout ne pas avoir à regretter ce choix...


Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Son absence d’objection et la réponse laconique qu’il lança au petit commentaire de Robin laissa comprendre sans qu’il n’ait à le dire qu’il la laissait faire selon son jugement :

« Ca plaira en tout cas à nos invités de pouvoir. »

Pour les hommes des hautes sphères, qui avait tout pouvoir de satisfaire leurs désirs, il était toujours question de domination. Roy savait d’expérience que leur intérêt allait bien souvent soit aux femmes à caractère fort qu’il s’agissait de dominer, soit envers des jeunes ingénues en apparence impressionnables, parfaites pour flatter leur ego. Robin avait raison de mettre en avant cette qualité chez Tamara : certains de leurs futurs clients se complairaient à coup sûr dans les regards éblouis et les exclamations candides qu’elle pourrait leur offrir.

De toute évidence, Robin était plutôt de la trempe des femmes assurées et séductrices. Il sentit son ton enjôleur lorsqu’elle lui proposa de lui montrer en privé son show, pour l’assurer de ses qualités. Elle ne manquait décidément pas d’audace, pour s’avancer à lui faire ce genre de commentaire. L’atmosphère sulfureuse du cabaret et les affaires plus ou moins illégales qui s’y déroulaient rendaient les rapports bien peu conformistes entre les responsables et les employés. Mais c’était une chose de flirter avec un des chaperons de la boîte comme Toni -qui ne se privait pas pour batifoler avec les filles d’ailleurs-, c’en était une autre d’approcher le patron et toutes ne s’y risquaient pas. Robin n’était toutefois pas la première et Roy s’était laissé allé à des petits jeux autrefois, lorsqu’il n’était pas le seul chef des Veilleurs célibataire… Pour autant, l’audace de Robin n’était pas déplaisante, alors il ne joua pas le patron froid ou intimidé : cela ne collait définitivement pas à son image. La séduction était un rapport de force pour lequel il ne comptait pas laisser une employée croire qu’on pouvait l’avoir là-dessus, et encore moins s’en servir comme argument. Robin n’était pas la seule à savoir faire des regards ténébreux et c’est en répondant au sien qu’il lui glissa d’un ton doucereux :

« Garde ce regard de biche pour ta prestation de tout à l’heure. Pour moi, il n’y a aucune meilleure preuve que tu puisses me fournir que de remplir le carnet de réservation. »

Ainsi les choses étaient claires et Robin savait quels arguments préféraient son patron. Il la vit adopter une toute autre attitude dès lors qu’ils évoquèrent le sujet de Matthew. Son visage plus lisse et son ton égal semblaient ne pas vouloir montrer ses pensées intérieures. Roy jugea ce changement à la fois prudent et révélateur. Si Robin se protégeait, c’est qu’elle était plus préoccupée qu’elle ne le laissait croire, alors il ne fut pas vraiment étonné de l’entendre poser des questions. Il avait cru comprendre qu’elle était assez proche de son frère, les MacFarlane avaient globalement la réputation d’une famille soudée autour de leurs affaires illégales. C’était logique qu’elle tente de tâter le terrain avec lui pour protéger le futur de son frère.

Pour y baigner quotidiennement, Robin connaissait le monde mafieux et elle le lui prouva par ses paroles. Elle ne formula pas ses hypothèses mais ses mots laissaient croire qu’elle savait qu’un assassinat de son frère était possible. C’était souvent le sort réservé aux gêneurs et elle était suffisamment lucide pour l'envisager. D’autres chefs de gangs n’auraient peut-être pas aimé qu’elle parle aussi frontalement mais Roy apprécia qu’elle ne tourne pas autour du pot. Il avait lui-même fait venir Robin et engagé le sujet, ce n’était donc pas pour jouer les langues de bois avec elle. Le regard vrillé dans le sien, il finit par répondre sans prendre de détours :

« Si tu te demandes si on va se débarrasser de lui au détour d’une ruelle, ça serait déjà fait si on en avait besoin. Et Roy ne niait pas qu’il s’était posé la question. S’il fallait parler de l’homme uniquement, il appréciait Matthew mais il savait que cela ne l’aurait pas retenu de s’en débarrasser si c’était réellement dans ses intérêts commerciaux de le faire. Alors il ne chercha pas à faire croire à Robin le contraire. Ton frère est peut-être hors course, mais pas ses contrats, ni ses contacts. Donc je crois qu’il nous est plus utile en restant vivant, et sous toutes apparences, de notre côté. »

Ce n’était pas non plus par charité qu’il permettait à Matthew de rester travailler aux Folies Sorcières. Dans cette situation, il n’avait que deux solutions possibles : soit il l’éliminait pour éliminer du même coup tout risque que dans son état instable, il trahisse les Veilleurs, révèle des informations ou perturbe leurs affaires. Soit il s’assurait qu’il reste de leur côté, sous leur protection et surtout, sous leur surveillance. Il avait jugé dans le premier cas que le risque perdre les juteux contrats en cours de Matthew- qui s’était construit une clientèle solide- était beaucoup plus grand que celui qu’il constitue un réel danger pour eux : son amnésie semblait totale et avait même éclipsé des pans de sa personnalité. A partir de là, de quoi pouvait t-il bien se souvenir de son passage chez les Veilleurs ? Roy avait jugé plus profitable de le garder au cabaret, à distance de ses affaires, mais à portée de ses yeux. En l’éliminant, il aurait perdu davantage, à commencer par la contribution que pouvait leur apporter Robin. Il ne tarda pas à l’exprimer très franchement à son interlocutrice, à l’affût de ses réactions :

« Puis je me suis dit qu’en le gardant ici avec tous les avantages que ça comporte, sa soeur serait plus encline à nous servir d’intermédiaire. »




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Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Robin avait eu raison de se méfier des Veilleurs et les propos crus de Roy ne firent que confirmer ses craintes. "Ca serait déjà fait si on en avait besoin " disait-il. Se rendait-il vraiment compte qu'il parlait de la vie d'un homme ? De la vie de Matthew à sa propre sœur ?

Robin accusa le coup sans broncher mais cette phrase prononcée avec une telle désinvolture la glaça d'effroi. Voila ce qu'elle devait garder à l'esprit en traitant avec Roy Calder: Il y avait des priorités et la première d'entre elle restait le business.  La vie de Matt importait peu. Même si Robin s'était attendu-et même préparé- à cette éventualité, l'entendre dire de la bouche même de son patron la déstabilisa plus qu'elle ne l'aurait voulu.

Il y avait une marche entre étudier toutes les éventualités, seule dans son coin, et s'entendre dire que l'on avait misé juste en pensant que Matthew avait à craindre de ses anciens collègues. Même si il y avait une certaine logique dans les propos de Roy, Robin ne pouvait pas s'empêcher de se sentir offensée par de telles insinuations. Si elle avait été une Gryffondor, elle aurait fait racler sa chaise au sol, se serait levée en disant "Ne t'avises pas de parler de mon frère comme s'il n'était qu'un vulgaire pion à écarter !" mais elle était une poufsouffle, et surtout, elle avait un cerveau. En effet, sa raison lui dictait de ne pas chercher les embrouilles à celui qui faisait la pluie et le beau temps sur la Voie, celui qui lui versait sa paye et celui qui avait la vie de son frère entre ses mains.

Mauvaise idée.

Même si Robin se sentait blessée dans son amour-propre, elle devait faire profil bas. Ou du moins, aborder cette conversation à la manière de Roy, en business woman.  Mettre de côté la rancœur et se concentrer sur des notions simples:  Investissement et profit.

Si Robin avait bien suivi le raisonnement de son patron, tant qu'elle restait dans l'équation, Matthew demeurait rentable. Elle pouvait servir d'intermédiaire entre les anciens fournisseurs de son frère et même ses anciens clients. Robin en connaissait certains - surtout ceux de l'Allée des Embrumes à vrai dire- et elle avait conscience d'être un atout pour les Veilleurs. On venait spontanément la trouver pour obtenir une baguette au marché noir car la réputation de Matt n'était plus à faire. Grace à elle, les Veilleurs de Bristol pourraient élargir leur clientèle sur Londres, ce qui n'était pas rien. Consciente de son va tout, la jeune femme reprit:

"Ça tombe bien que tu abordes ce sujet. J'ai déjà eu des contacts de clients potentiels. Un sur Bristol - Le fameux Carlos qui l'avait attendu à la sortie des Folies- et deux sur l'Allées... Le premier est un ancien client de Matt qui cherche une baguette pour un ami et les deux autres sont des habitués de l'Allée qui se sont vus confisquer leurs baguettes par le Ministère."

La jeune femme se tut quelques instants, sembla hésiter, et reprit finalement:

"Mais il faut que tu saches qu'il n'y a pas que les clients qui sont venus me trouver...Lucky Luigi m'a fait envoyer un bouquet de fleurs  hier. Ici même, aux Folies. Et je doute que ce soit pour mon regard de biche comme tu dis."

Lucky Luigi était un autre spécialiste de la contrefaçon de baguettes. Il était connu pour être un véritable rapace en affaire et il avait très certainement flairé le filon pour élargir lui même sa propre clientèle en utilisant Robin comme rabatteuse. Roy n'était pas le seul à avoir eu cette idée.

"J'ai bien compris que tu me faisais une immense faveur en ne tuant pas mon frère dans une ruelle sombre, ironisa-t-elle d'un ton piquant,  mais si tu veux récupérer son carnet d'adresse et m'avoir comme intermédiaire, il va falloir que j'y trouve mon compte. Dans ce monde, tu es bien placé pour savoir que tout se monnaye."


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Si Robin avait été ébranlée par les paroles de Roy, elle n’en laissa rien paraître et répondit ce qu’il voulait entendre. Le trafiquant y vit une certaine marque d’intelligence, qui le conforta dans l’idée qu’il pouvait continuer de travailler avec les MacFarlane, tant qu’il y avait au moins l’un d’eux pour avoir la tête sur les épaules. Puisque ce n’était plus le cas de Matthew, il se tournait vers Robin, qui semblait posséder la qualité de savoir mettre ses émotions de côté lorsqu’il s’agissait de parler affaires.

S’il hocha la tête avec approbation quand elle lui déclara qu’elle avait déjà quelques clients, sa révélation sur Lucky Luigi en revanche ne lui plut pas autant. Un bouquet de fleurs, venant de la part d’un des faussaires les plus ambitieux du monde mafieux, il n’y avait pas besoin d’être très malin pour y voir une tentative de rapprochement tactique. Qu’il ait envoyé son bouquet aux Folies Sorcières, et donc, sur le territoire même de Roy et Jayce, déplaisait fortement au chef de gang. Il n’y avait qu’un pas de plus pour y voir un défi de la part de Luigi, ou du moins, une désinvolture évidente à leur égard. Il se moquait bien de marcher sur les platebandes des Veilleurs, et même, il gageait qu’il pouvait remporter la partie le premier. C’est ce qu’on allait voir, songea Roy, le regard plus sombre.

« Ca ne m’étonne pas, c’est un requin, le genre incontrôlable. Plus il a de têtes à broyer, plus il est content. L’idée de récupérer le marché d’un de ses plus gros concurrents doit le faire saliver… »

Après tout, Matthew s’était fait un nom dans le domaine, si bien qu’il n’avait guère eu de mal à récupérer des clients même en sortant de plusieurs années de prison. Lorsque Roy avait réfléchi avec Jayce à quel faussaire ils pourraient proposer dans la Voie, Lucky Luigi n’avait jamais fait partie de leurs options, malgré ses talents indéniables. Trop dangereux, il était arrivé à trop de mafieux de lui faire confiance, pour s’en mordre les doigts ensuite. Des menaces de mort planaient sur lui, d’ailleurs, mais par on ne savait quels fourbes stratagèmes et alliances bien placées, Luigi avait toujours réussi à y échapper, et parfois même, à frapper avant qu’on ne l’atteigne.

Dans l’ironie évidente du ton de Robin, Roy sut qu’elle n’avait pas apprécié sa franchise brutale tout à l’heure, mais il ne s’en formalisa pas. Il préférait qu’elle sache à quoi s’en tenir avec lui, ce qu’il attendait d’elle et qu’elle ait conscience qu’il avait un certain pouvoir sur la situation. Au fond, Roy agissait presque avec gentillesse, comparé à d’autres chefs de gang qui auraient pu tenir purement et simplement Matthew en otage pour s’assurer que sa soeur ferait bien tout ce qu’ils souhaiteraient. C’était prendre le risque que les MacFarlane réunissent leurs contacts de l’allée des Embrumes pour se venger, mais ce n’était pas tant ce qui retenait Roy, car les Veilleurs avaient suffisamment de moyens et de puissance pour réduire à néant ces menaces.

Cependant, c’était le genre d’option qu’auraient choisie des mafieux qu’il méprisait, comme Joe Sparkles ou Bill Griggs, pour ne citer qu’eux. Roy ne souhaitait pas commettre l’erreur qui leur avait coûté leur vie et leur position : celle de penser que la violence brute était la solution à privilégier dans tous les cas de figures. Pourquoi se fatiguer à formuler des menaces, veiller à ce qu’elles s’appliquent, gérer les éventuels retours de flamme, quand il pouvait tout simplement convaincre Robin que s’associer à lui allait lui apporter quelque chose ? Faire du trafic signifiait avant tout faire du commerce, et il comptait bien montrer à Robin les intérêts qu’elle pouvait tirer de la situation.

Elle arrivait toute seule à la même conclusion que lui d’ailleurs, ce qui fit sourire Roy. Bien, elle venait de le dire elle-même, s’il voulait son aide, il devait la monnayer et c’était exactement ce qu’il comptait faire.

« Est-ce que je t’ai jamais fait travailler gratuitement, toi, ou une de tes collègues ici ? répondit t-il, montrant ses paumes comme pour montrer sa bonne foi. Tu auras ta part, comme ton frère avait la sienne. Tout ce que je te demande, c’est, un, de faire clairement entendre que même si Matthew est hors course, son business de baguettes n’est pas mort et qu’on peut compter sur toi. Deux, de diriger toutes les personnes qui viendront te voir vers Fergus. Il s’occupera du reste. »

Roy avait choisi de placer pour le moment un intermédiaire en la personne de son ami et lieutenant Fergus Avner, en qui il avait entièrement confiance, pour récupérer les anciens clients de Matthew, plutôt que de les diriger directement vers Angus Bràigheach, leur nouveau faussaire. Il ne le connaissait pas encore suffisamment bien pour être certain de pouvoir lui faire confiance. Il préférait connaître tous les contrats sur lesquels Angus pourrait mettre la main grâce à eux, afin de pouvoir lui en demander des comptes.

« Tu respectes ça à la lettre, et tu as une part sur les contrats que tu nous ramènes, exactement comme tu en as une pour tes clients ici, conclut t-il. Ses doigts pianotèrent sur la surface de son bureau, tandis qu'il vrillait son regard dans celui de la danseuse. Pour te prouver ma bonne foi, je suis même prêt à te payer une avance pour qu’il n’y ait plus jamais aucun putain de bouquet qui te parvienne dans mon cabaret. Sauf si c’est signé de la part d’un mec qui a apprécié te sauter dans une des garçonnières. »

Il allait sans dire que s’il s’apercevait que Robin s’arrangeait avec quelques termes du contrat qu’il lui proposait pour diriger quelques clients vers d’autres faussaires, au gré des offres qu’on pourrait lui soumettre, leur arrangement prendrait fin, probablement pas dans les meilleures conditions. C’était un contrat exclusif qu’il lui proposait, et il voulait être certain qu’elle l’avait bien compris.



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Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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A dire vrai, Robin tirait une certaine satisfaction à l'idée que Luigi soit venue la démarcher jusque sur le territoire des Veilleurs. Elle était certaine que le faussaire n'avait fait ça que pour irriter Roy et Jayce -c'était bien son genre-  mais il servait surtout ses propres intérêts.  Robin n'était qu'une pièce quasi insignifiante dans la grande machinerie mafieuse et Lucky Luigi avait participé à la rendre un peu plus remarquable.  Grace à lui, elle comptait bien profiter un peu de la situation. Elle n'irait pas jusqu'à penser qu'elle puisse être en position de force -elle n'était pas folle- mais elle avait une carte à jouer, ce qu'elle ne tarda pas à faire en demandant une rémunération pour ses services.

La réponse de son chef ne se fit pas attendre: L'argent, elle l'aurait, en échange d'un contrat d'exclusivité envers les Veilleurs. Rien de plus. Elle devait juste aiguiller les clients potentiels vers Fergus et assurer, auprès de qui voulait l'entendre, que MacFarlane était toujours en mesure de fournir des baguettes au marché noir. Sauf qu'il n'était plus question de Matthew mais bien d'elle-même cette fois.

Merlin. Elle ne pensait pas -même dans ses rêves les plus fous- négocier un si bon deal ! Etait-ce trop beau pour être vrai ? Elle ne le savait pas mais elle comptait sur Dustin pour se renseigner. Si Roy essayait d'endormir sa vigilance en lui faisant miroiter une promotion pour mieux la rouler ensuite, elle le saurait. En attendant, elle voulait y croire car  il s'agissait bel et bien d'une promotion pour celle qui n'était qu'une simple prostituée jusqu'à aujourd'hui.

Elle intégrait l'équipe des rabatteurs tout en évitant la case "deal de volubilis au coin de la rue", phase normalement obligatoire pour n'importe quel dealer sensé faire ses preuves. Robin rejoignait directement l'échelon supérieur, le cercle fermé des transactions plus onéreuses et par conséquence plus sécurisées . C'était parfait pour elle ! On lui offrait l'occasion de diversifier ses compétences et elle comptait bien saisir cette chance pour donner le meilleur d'elle-même, et se faire un prénom au sein des Veilleurs.

En effet, la jeune femme avait vite compris où était son intérêt. Non seulement l'argent obtenu dans ce cadre pourrait l'aider à subvenir au besoin de Matthew mais Robin voyait aussi sur le long terme. Mieux valait avoir plusieurs sorts dans sa baguette. Un jour viendrait où elle ne serait plus assez jeune et belle pour vendre son corps et elle devait d'hors et déjà préparer sa reconversion. Cela commençait aujourd'hui.

"Sois gentil Roy, qui-que soit l'expéditeur,  laisse-moi mes bouquets,
répondit elle en levant les yeux au ciel, et qu'on lui laisse aussi  ses bijoux, ses ensembles de lingerie, ses paires de loutoubins, ses manteaux de fourrure et ses vêtements de marque  offerts par ses clients. Se faire sauter dans les garçonnières des Folies devait bien apporter son lot d'avantages !

"Mais je ne suis pas contre l'avance non plus, ajouta-t-elle avec un sourire entendu.  Pour ce qui est du pourcentage, le tarif habituel me va bien, reprit-elle d'un ton plus sérieux, du moins pour les clients de Bristol,  précisa-t-elle toutefois, par contre pour les londoniens je pense qu'il va y avoir quelques ajustements à faire en fonction de ma mission: Est-ce que Fergus compte se déplacer à Londres pour les rencontrer ? Dois-je leur dire de trouver un prétexte pour passer le blocus sans visa ? Ou alors est-ce que tu veux que je fasse le lien ? "

Bref, elle voulait surtout savoir comment Roy envisageait leur collaboration.


Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Avec une certaine satisfaction, Roy sentit Robin réceptive à sa proposition. Il ne la contredit pas en l’entendant protester sur ses cadeaux qui complétaient son salaire, cela lui tira plutôt un léger sourire. Malgré son ton de plaisanterie, elle avait compris le message. Elle était suffisamment intelligente pour comprendre son intérêt dans l’affaire, et Roy avait préféré compter là-dessus plutôt que sur la possibilité de faire pression sur Matthew pour obtenir ce qu’il souhaitait. Robin lui rapportait après tout de l’argent au cabaret. S’il pouvait la mettre dans de bonnes dispositions à la fois pour qu’elle continue de le faire, et pour qu’elle participe à reprendre le trafic de baguettes de son frère, alors il prenait, tout le monde en ressortait gagnant, et c’était à cela qu’on reconnaissait les bons deals.

Elle ne tarda pas à passer à des détails plus techniques, désireuse de mieux connaître les termes de l’accord. Roy l’écouta poser ses questions, pendant que ses mains trouvaient machinalement le chemin jusqu’à une deuxième cigarette. Il tira une première bouffée avant de fournir les réponses à ses questionnements légitimes, à partir de l’arrangement dont il avait déjà discuté avec Fergus.

« Non, tu ne fais venir personne à Bristol, c’est nous qui viendrons à eux. Voilà comment ça va se passer. D’abord dans les prochains jours, je veux que tu récupères la liste des clients de ton frère, les derniers qu’il a obtenus, et ceux qui viennent le voir de façon régulière. Tu feras passer le message comme quoi son trafic est toujours debout et qu’ils peuvent s’adresser à toi s’ils veulent quelque chose, comme je t’ai dit. Ils te feront confiance, en tant que MacFarlane. »

En tout cas, il comptait là-dessus.

« Puis, dès que tu as un contact, tu arranges une rencontre et tu rapportes directement la demande à Fergus, il transmettra à notre faussaire. Toi, que ce soit à Bristol ou ailleurs, tu transmets juste un code et un lieu de rendez-vous au client, et quelqu’un d’autre prendra le relais. Fergus enverra des gars en les échangeant régulièrement d’un client à l’autre, pour ne pas attirer l’attention… Tu verras avec lui, peut-être qu’il te confiera la conclusion de certains contrats, à Bristol ou ailleurs. Si tu te sens en terrain sûr dans des endroits comme l’allée des Embrumes, par exemple, vu qu’on te connait là-bas. Mais le but n’est pas de t’exposer plus que nécessaire, on a surtout besoin de toi comme premier contact. »

Il expira une nouvelle bouffée de tabac, évaluant un instant Robin du regard, avant d’ajouter :

« D’ailleurs, si t’as besoin d’assurer tes arrières sur certaines rencontres, parles-en aussi à Fergus, il te fournira ce qu’il faut. »

Un ou deux hommes en escorte discrète, poudre d’Obscurité, bombes lumineuses et autres objets magiques, il saurait quoi lui donner selon la situation. Dans le milieu de la mafia, il valait mieux être prévoyant, ne jamais sortir sans sa baguette était la première règle d’or. Posséder sur soi de quoi faire diversion au moment de rencontrer un client inconnu pouvait être une précaution bienvenue. Parfois encore, changer d’identité avec du Polynectar ou d’autres charmes de dissimulation était la tactique la plus sage. On ne savait jamais ce qui pouvait arriver face à un client qu’on connaissait mal.



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Robin MacFarlaneDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Robin écouta attentivement les directives de son patron concernant ses nouvelles fonctions de rabatteuse. Tout ceci était nouveau pour elle. Certes elle avait déjà rempli des tâches similaires au sein du cercle familial -que ce soit pour les potions illégales de son père ou pour les baguettes de son frère- mais c'était la première fois qu'elle allaient officier pour quelqu'un d'autre qu'un MacFarlane.
Elle n'avait pas confiance en Roy mais elle lui reconnaissait volontiers un sens des affaires particulièrement aiguisé. Tant que Robin servirait ses intérêts elle pourrait compter sur son soutien, et surtout, sur sa protection. Avec Calder comme Parrain, personne n'oserait s'en prendre à Matthew et c'était bien là le principal. Robin s'en sortait même à très bon compte en ayant la possibilité d'intégrer les équipes des dealers, elle en avait conscience. Même si son patron ne la sollicitait pour le moment que pour un petit rôle d'intermédiaire, Robin en était satisfaite.

Elle devait maintenant tout faire pour ne pas décevoir Roy: Elle était en mesure de lui fournir la liste des clients de Matthew depuis sa sortie de Skye et même ceux qui avaient fait appel à lui avant son incarcération. Des dizaines et des dizaines de noms, soigneusement notés dans un carnet caché dans un coffre de Gringotts.

Elle était sûre de pouvoir se faire rapidement identifier comme trafiquante en baguettes sur l'Allée des Embrumes. Elle était  chez elle là-bas, connue de tous, elle ne susciterait donc pas la méfiance des autochtones. Le nom des MacFarlane était déjà associé à ce type de commerce et en temps que fille du cru, elle n'aurait pas à faire ses preuves durant de long mois comme n'importe quel étranger souhaitant implanter son marché dans l'Allée.

Finalement, la tâche la plus compliquée allait être de faire sa place au sein des Veilleurs. Calder comptait dans ses équipes tout un tas de trafiquants rompus à l'exercice qui guetteraient surement le moindre de ses faux pas pour prendre sa place et récupérer son commerce. Robin allait non seulement devoir prouver sa loyauté à Calder mais aussi asseoir sa légitimité auprès de ses nouveaux collègues. Vaste entreprise mais elle se sentait prête à relever le défi.

"Très bien, je verrais avec Fergus pour tout ce qui est pratique, dit elle en posant ses mains sur ses genoux, je peux lui apporter la liste complète des clients de Matthew dès demain , à moins que tu préfères que je te la transmette directement." proposa-t-elle surtout pour savoir si Calder avait une confiance aveugle en son second ou pas , Et pour ce qui est des contacts récents que j'ai eu, je lui dirais tout ce qu'il y a à savoir afin qu'il puisse briefer Bràigheach."

Dire qu'elle bossait dorénavant pour Bràigheach, l'un des plus sérieux concurrent de son frère avec  Lucky Luigi. Elle n'en revenait pas. Elle ne comptait plus le nombre de fois où elle avait entendu Matt le dénigrer. Dans le monde de la pègre, vos ennemis  deviennent vos alliés en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire.
Et la réciproque est aussi vraie, se dit-elle en posant son regard noisette sur Roy en train de fumer sa cigarette paisiblement installé face à elle. Alliés, ils l'étaient aujourd'hui, et  Robin devait s'assurer que cette période de grâce dure le plus longtemps possible.

HJ:
 


Roy CalderChef de la mafiaavatar
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L’accord de Robin satisfit Roy, et acheva de le soulager de ce poids qu’il portait depuis la mise hors course de Matthew. Lui trouver un remplaçant n’avait pas été une tâche aisée. Il avait craint également de perdre les clients qu’ils avaient réussi à obtenir grâce à Matthew, mais maintenant que Robin acceptait de prendre la relève, ce danger devrait être écarté.

« Parfait, conclut Roy à la fin de son discours. Tu peux lui transmettre directement la liste, et m’en apporter une également. »

Oui, Roy avait une confiance aveugle en son second, ou presque. Il déléguait volontiers les tâches, surtout à Fergus et Toni. Il était plus opaque face à Solal, même si ce dernier avait une position dans le gang qui lui permettait d’avoir accès à beaucoup d’informations. Mais avec Fergus et Toni, le rapport était un peu différent, car ils avaient un passé ensemble. Aujourd’hui ils étaient ses seconds, mais ils étaient surtout ses amis avec qui il travaillait depuis des années, et sur lesquels Roy savait qu’il pouvait compter. Il acceptait de leur confier des pans entiers de son trafic. Toni s’occupait quasi seul des paris clandestins au premier étage pour le gang, par exemple. De la même façon, Roy et Jayce s’étaient accordés pour donner la même opportunité à Fergus. Il s’occuperait dorénavant du trafic de baguettes, même si les recettes devaient toujours revenir au gang, ce à quoi Jayce y veillait scrupuleusement.

D’autres chefs de gang auraient peut-être fait preuve de plus de méfiance envers leurs hommes les plus proches de leur pouvoir. Combien de trahisons, de mutineries y avait t-il eu dans des cas semblables ? Roy n’y pensait pas, il n’envisageait pas une seconde un coup dans le dos de la part de ces deux-là, estimant qu’il les connaissait assez, que leur loyauté et leur amitié étaient assez fortes pour qu’il n’ait pas à les craindre. Erreur ou pas, c’était son sentiment aujourd’hui.

Roy se redressa de son fauteuil, estimant que l’entrevue était terminée. Robin et lui avaient tous les deux d’autres chats à fouetter pour le reste de la soirée, alors il conclut la conversation.

« Très bien, nous avons donc un accord. Un bref sourire perça les lèvres de Roy lorsqu’il lui répéta les mots qu’il avait prononcés un jour à Matthew, dans le même cadre. Bienvenue chez les Veilleurs, Robin. »

FIN DU RP

Spoiler:
 



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Business is Business [Roy & Robin]

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