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 Le Bal des Directrices [Scénario Halloween - Ouvert à tous]

Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Nuit d'Halloween 2009...

Les douze coups de minuit venaient à peine de s'achever dans l'obscurité du bureau de la Directrice de Poudlard, qu'un vent tourbillonnant s'engouffra subitement de dessous la porte close pour investir ce haut lieu hiérarchique. Sous l'action de cette bourrasque aussi soudaine que tonitruante, des parchemins s'envolèrent et des livres tombèrent même des rayons des étagères. Signal inquiétant qui traduisait l'arrivée d'un fantôme particulièrement puissant. En effet, si Linnet Sneals avait malencontreusement provoqué un déferlement de fantômes sur l'école magique, il y avait bien une défunte qu'elle n'aurait jamais dû octroyer le droit de se réveiller. S'arrachant des limbes de l'au-delà, la silhouette fantomatique de la pire sociopathe à avoir peuplé le passé récent du Monde Magique finit par se matérialiser sur le fauteuil habituellement occupée par la très respectable Daisy Mason...

Les jambes entrecroisées dans une posture de reine des lieux, le fantôme d'Ana Sorden venait de s'accaparer le titre de Directrice de l'école magique, et ne semblait pas prête à l'abandonner. Humectant son doigt avec sensualité, elle voulut tourner les pages d'un dossier scolaire, mais sa main blême comme le marbre ne fit que traverser celui-ci. Etrange phénomène qui laissa un brin perplexe l'horrible bonne femme translucide, qui n'avait encore nullement conscience de son état et qui se croyait encore bel et bien vivante. Même si certains souvenirs heureux ne s'étaient point estompés, elle avait tout oublié de sa cuisante défaite, jusqu'à sa propre mort au combien affreuse. Encore très loin de tomber de son piédestal de reine de beauté automnale, elle se voyait comme la Mardolienne en vogue qui avait réussit à détruire la concurrence et devenir la reine de Poudlard.

Dans sa mémoire confuse de défunte, toutes les personnes qui avaient osé se dresser sur son chemin étaient mortes : Ensevelies sous une tonne de neige à Valtivaara comme cette garce de Margot Adamson et son doux renard Samuel, ou carbonisées dans des incendies criminels comme cette fouine d'Emma Blackbonnes. Bref Ana nageait en plein rêve illusoire, se croyant aussi adulée par les Gryffondors  que par sa douce colombe Sasha. D'ailleurs qui ne pourrait pas aimer une femme de son envergure et de sa beauté? Certainement pas son Richard Dalnox qui une fois élu Ministre, ferait d'elle la première Dame du monde magique. Mais le nom de son amant si puissant n'était-il pas plutôt Leopold Marchebank? Tout était si confus et embrouillé dans l'esprit d'Ana, qu'elle en oubliait même ses conquêtes.

Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, quand le regard malveillant d'Ana Sorden se posa sur deux cadres qui trônaient majestueusement dans l'angle de son bureau. Si elle pouvait encore accepter la tête toute fripée de Minerva McGonagall; Ana se demanda qui avait osé mettre une photographie de Daisy Mason et sa famille, et surtout un abominable portrait de Margot Adamson en mode directrice. Il s'agissait d'une blague du plus mauvais goût qui allait sous peu coûterla vie le renvoi de son initiateur. L'arithmancienne chercha à balayer en vain le cadre de sa pire rivale d'un revers de la main, quand la porte de son bureau vibra sous l'action d'un nouveau courant d'air. Quelqu'un approchait. De fort mauvaise humeur, la fantomatique Sorden risquait de réserver un accueil glacial à quiconque pénètrerait dans ses quartiers. Fixant l'entrée d'un œil mauvais, elle finit par prévenir d'une voix d'outre-tombe qu'elle ne souhaitait recevoir aucune visite.        


"Passez votre chemin! Je suis occupée! Que personne ne vienne troubler mon travail! "

Mais malgré ses invectives, la porte ancienne finit par pivoter lentement sur ses gonds en un long et terrifiant grincement...


Daisy MasonDirectrice de Poudlardavatar
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Le banquet d'Halloween était toujours un temps d'excès en tout genre mais cette année, Daisy avait peut-être un peu trop abusé de la tarte au potiron. Et du jus de citrouille. Et des quelques gouttes d'hydromel discrètement versées dans les brocs de la table des professeurs. Elle espérait que cela ne s'était pas trop vu, elle avait quand même un certains sérieux à maintenir. Avec un peu de chance, personne n'aura remarqué qu'elle riait un peu trop fort aux blagues de Neville, surtout à celle du Mimbelus Mimbletonia qui rentre dans un bar et croise une Tentacula Vénéneuse et un Filet du Diable. Elle avait fini par prendre congé de ses collègues après avoir fait tomber sa cuillère par terre pour la quatrième fois de la soirée et avait commencé à remonter vers ses appartements – il valait mieux qu'elle aille se coucher – avant de se rappeler qu'il lui restait quelques courriers à cacheter et à envoyer. Bon mal bon gré, elle bifurqua vers son bureau en espérant ne croiser aucun élève. Merlin soit loué, la plupart étaient déjà revenus dans leurs Salles Communes ou traînaient encore dans la Grande Salle aussi ne rencontra-t-elle aucun obstacle.

Dès qu'elle eut passé les gargouilles, qui eurent la gentillesse de ne pas insister pour son mot de passe en constatant qu'elle avait un très léger trou de mémoire à ce sujet, elle fut frappée par le froid qui régnait dans l'atmosphère dès qu'on posait un pied sur la première marche de l'escalier. Aurait-elle laissé une fenêtre ouverte ? Cela serait étonnant, elle qui avait tendance à tout calfeutrer alors que l'hiver envahissait l’Écosse et l'école. Elle continua de grimper jusqu'à la lourde porte de son bureau, lorsqu'une voix d'outre-tombe retentit, la sommant de passer son chemin pour ne pas troubler le travail de l'occupant des lieux. Soit elle avait vraiment abusé du jus de citrouille, soit un tableau prenait vraiment ses aises. Elle soupçonnait le directeur Black, qui avait tendance à être un peu soupe-au-lait. Pas découragée pour un sou de pénétrer dans son espace personnel, Daisy poussa le lourd battant de bois.

La silhouette fantomatique qui avait pris place dans le confortable fauteuil de son bureau aurait eu de quoi lui déclencher une attaque si elle n'avait pas pu distinguer à travers le fond de la pièce, la rassurant sur la non-vie de l'intrus. Sa main avait néanmoins suivi le chemin machinal vers sa baguette magique, geste qu'elle suspendit lorsqu'elle réalisa que c'était un fantôme. Mais pas n'importe quel fantôme : celui d'Ana Sorden, qui la toisait tranquillement installée dans l'antre directorial. Le choc laissa Daisy sans voix, contemplant la figure diaphane de son ancienne collègue et ancienne plus grande menace du monde magique. Se pourrait-il que cette dernière ait choisi de revenir dans le monde des vivants ? Mais cela était impossible, ils l'auraient su avant : elle était morte depuis des mois, elle ne se serait pas privée de venir se pavaner devant les autorités dès le lendemain de son décès. Mais dans le fond, peu importait ce qu'il en était : elle était quand même dans son bureau et ne semblait pas très pressée d'en partir. Heureusement qu'elle ne pouvait plus rien faire de mal, Daisy se serait empressée d'appeler les Aurors... Il y avait quelque chose d'assez plaisant à savoir que, même si elle était revenue sur terre, Ana Sorden ne pourrait plus jamais faire de mal à quelqu'un.

- C'est plutôt vous qui troublez mon espace, Ana. Vous cherchiez quelque chose en particulier ?

Il y avait sûrement une raison pour que cette dernière vienne l'enquiquiner un soir d'Halloween... Peut-être concourir pour le nouveau titre de Reine de Beauté Automnale.


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Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Courroucée, la silhouette fantomatique d'Ana Sorden se redressa sur son siège de Directrice, tandis que l'intruse de la soirée se permettait le sacrilège de pénétrer dans son espace personnel, sans même y avoir été convié. Celle à qui, on avait point appris à toquer aux portes avant d'entrer n'était autre que Daisy Mason, l'insignifiante et docile Directrice des Blaireaux. Dans sa course au trône de Directrice de Poudlard, Ana ne s'était jamais sentie menacée une seconde par ce petit bout de femme, qui n'était définitivement pas de taille à se mesurer à elle. La sorcière de Salem l'avait très vite rangée dans le tiroir des personnes besogneuses dans l'âme et facilement manipulables, sur qui il était facile d'asseoir son autorité despotique. Nul doute, que sa candeur béate la pousserait à vouloir s'ériger à l'encontre de mesures tyranniques, comme celle visant à instaurer des châtiments corporels pour châtier les élèves se montrant trop récalcitrant aux nouvelles directives du Plan Sorden; Mais il suffirait à la mardolienne de durcir le ton, pour mettre un terme aux protestations, et voir Daisy Mason retourner bien gentiment se coucher dans sa niche...

Si Margot Adamson s'était révélée une rivale dangereuse, la directrice de la maison Poufsouffle n'avait ni son envergure, ni le physique pour oser se confronter à une reine de beauté automnale ! Comment le pourrait-elle ? Daisy ne dépassait pas le mètre-soixante, et oubliait fréquemment de se maquiller ! Qui voudrait d'une femme si peu sophistiquée à la tête de Poudlard ? D'un chignon si désordonné ! Personne ! Daisy Mason ne représentait pas l'ombre d'une menace pour la mardolienne infiltrée, et l'assujettissement des jeunes consciences pouvait débuter de la meilleure manière qui soit. Et pourtant ? Quel était ce ton quelque peu irrespectueux qui irradiait des propos de Daisy Mason? Avait-elle abuser de la boisson ? Comment osait-elle renverser les rôles avec autant d’assurance ? Elle méritait une bonne leçon, et Ana ne tarda pas à vouloir la renvoyer à la place de sous-fifre qui devait forcément être la sienne. Après tout, autant profiter de cette irruption inopinée pour lui confier une tâche à la hauteur de sa stature. Le spectre d'Ana Sorden sembla se hérisser de colère.

"Il suffit! Je refuse que vous m'appeliez par mon prénom ! Je suis votre supérieure hiérarchique! Désormais, vous devez m'appeler Directrice Sorden, et éviter ce genre de familiarité mal venue! Est-ce bien clair? "

L'horrible bonne femme spectrale voulut tapoter la surface de son bureau avec ses ongles tranchants, mais ceux-ci ne firent que traverser le bois. Ana préféra ignorer cet indice flagrant sur sa condition de fantôme, pour désigner d'un geste souverain de la main les éléments de décoration qui lui piquaient le regard.

"Que dois-je faire de ces immondes portraits qui inondent mon espace de travail? Est-ce votre idée ? Pauvre idiote ! Je veux que vous enterriez ces horreurs au cachot, plutôt que d'avoir à les supporter encore davantage! " Le regard d'Ana obliqua alors en direction d'une plante verte qui ornait le rayon d'une étagère. "Et débarrassez-moi aussi de cette plante affreuse! Car je ne sais pas pourquoi, mais depuis peu, je suis comme allergique à toute masse végétale! "

Sans doute une réminiscence de sa mort ô combien affreuse, mais qui ne ramena pas Ana à la raison. Elle continua de fustiger la véritable directrice, pour lui imposer ses lois d'outre-tombe.

"Je vais demander à mon second en chef, le très élégant Edmund Harris, de vous avoir bien à l'œil, Miss Mason. Car il me semble que vous filez du très mauvais coton, et si j'étais vous, je m'inquiéterai pour mon avenir...  "

En disant cela, Ana était encore loin de se douter que son avenir à elle, était définitivement révolu...


Daisy MasonDirectrice de Poudlardavatar
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Du vivant d'Ana, Daisy avait toujours été impressionnée par elle. Il y avait quelque chose de glaçant chez cette femme, que ce soit dans sa beauté froide ou dans l'air altier qu'elle arborait constamment, tout pour vous faire croire que vous n'étiez qu'une saleté sur ses escarpins de luxe. Cette mauvaise impression s'était renforcée au fil de l'année, au Conseil d'Administration pour commencer, lorsque la Mardolienne s'en était violemment prise à Margot. Pourtant, elles avaient des accointances politiques en commun et peut-être que, si Ana n'avait pas Ana, Daisy aurait pu la soutenir sur cette voie. Au final, son impression s'était avérée correcte – voire pire, minime – quand la véritable nature de l'ancienne professeure avait été révélée. L'avalanche de Valtivaraa, le meurtre de la petite Flora Longwood... Même une fois à Azkaban, elle n'avait eu de cesse de nuire avec son évasion, de kidnapper Sasha Benson – une élève, de l'école, sous sa responsabilité ! - avant de mourir au fond d'une cave obscure, ce qui semblait d'une ironie comique quand on connaissait le personnage.

Mais face à ce qui semblait être son fantôme ou la réminiscence de son esprit, en ce soir d'Halloween, Daisy n'était plus impressionnée. Elle était plus intriguée de la voir ici, surprise de penser qu'elle avait fait le choix de rester sur terre après sa défaite. Et c'était bien parce qu'elle fréquentait le monde sorcier depuis des générations, qu'elle y était née, qu'elle ne se formalisait pas de voir l'esprit d'une ancienne collègue irradier dans le fauteuil de son propre bureau. Pour être encore ici, Ana devait avoir quelque chose à terminer... Et on aurait dit que cette tâche inachevée était d'être la directrice de pouvoir. Cela se confirma lorsqu'elle lui lança son titre, lui demandant de faire preuve de plus de respect. Toujours dans l'encadrement de la porte, Daisy resta un instant muette. Ana Sorden ne lui faisait plus peur sous forme de fantôme, tout simplement parce qu'elle savait qu'elle ne pouvait pas l'atteindre : si elle devenait problématique, le Comité des Esprits pourrait peut-être s'en occuper.

Si ses collègues avaient pu être là pour voir cela... Elle avait presque envie de les appeler pour qu'ils constatent qu'Ana Sorden était là, à son bureau, à la jauger, visiblement persuadée d'être la directrice des lieux. Si Chloé et Margot avaient été là pour voir cela... Elle aurait préféré que ce soit le fantôme de son ancienne amie qui se présente dans son ancien bureau, plutôt que l'ennemie de cette dernière. Son regard se porta sur l'élégant portrait de Margot au mur, qui dormait tranquillement, visiblement peu réveillée par le moment par les péroraisons d'Ana. Portrait qui dérangeait particulièrement la mardolienne, au vu de sa réaction. Elle se mit à lancer des ordres en rafale, comme si elle allait se dépêcher de les exécuter. A la place, toute portée par l'excès d'hydromel – ou de jus de citrouille – et une étrange satisfaction mesquine à avoir un peu de pouvoir sur celle qui leur avait fait tant de mal, Daisy avança d'un pas guilleret et presque sautillant vers la chaise posée devant le bureau, posant ses mains dessus. Elle aurait pu dire à son interlocutrice qu'elle était décédée mais se demandait quand est-ce qu'elle s'en rendrait compte par elle-même.

- Je pense que ces portraits vont rester à leur place, Ana, et la petite plante aussi. Elle aime bien être ici, elle prend le soleil. Je pensais même rajouter un grand ficus de Colombie occidentale dans l'angle de la pièce, qu'est-ce que vous en pensez ?

Ce n'était pas bien de jouer aux dépens des morts, quand même et elle aurait presque pu se sentir coupable. Sûrement qu'elle aurait dit, même, mais elle repensait à Septima Vector, à Valtivaraa et à la petite Cassandre Harper, aux Longwood et à la petite Emma Blackbonnes, à la mort de Margot, qui, si elle n'avait aucun rapport avec Ana, était douloureuse, à Sasha Benson, au fleuriste assassiné pour s'approprier sa boutique... Et la culpabilité lui passait. Tant de victimes d'une seule main, il n'y avait rien de mal à rétablir infiniment la balance. Même si la mention d'Edmund lui avait fait un pincement au cœur, elle ne dit rien et se balança légèrement sur le bout de ses pieds.

- Oh, je serai curieuse de voir ce que vous pourriez imaginer pour me punir, Madame la grande directrice suprême. Une avalanche ? Empoisonner mon thé ? Empoisonner mes songes ? Assassiner mes enfants ?

Daisy sortit sa baguette magique dans un geste léger, et, loin de la pointer sur le spectre, ce qui aurait été inutile, elle alluma les bougies. Le bureau s'illumina brusquement, laissant Ana encore un peu plus translucide.


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Ana SordenPersonnage décédéavatar
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Comme une nouvelle preuve flagrante de sa macabre destinée, les portraits des différents directeurs de la prestigieuse école magique dévisagèrent avec condescendance le spectre pathétique de l'horrible bonne femme qui se croyait encore aux plus belles heures de sa misérable existence. Même si cela pouvait paraître cruel de laisser un mort patauger de la sorte dans l'illusion, il s'agissait là d'une revanche plus que méritée, à la vue de la parenthèse ensanglantée de la mardolienne dans l'histoire de Poudlard. Tandis que Daisy Mason semblait prendre un malin plaisir à se railler de sa personne en toute impunité, Ana se retourna brusquement vers l'irrévérencieuse poufsouffle, afin de lui asséner l'une de ses expressions méprisables dont elle avait jadis le secret. Face à autant d'outrecuidance, et plutôt que de prendre conscience de la réalité ; la sorcière de Salem s'enlisa encore davantage dans le ridicule.

"Êtes-vous dans votre état normal, Miss Mason? J'ai bien peur que vous ne perceviez pas vraiment les conséquences désastreuses qui vont nécessairement découler de vos propos irrévérencieux à l'égard de ma personne. Mais si vous êtes d'humeur à la plaisanterie, sachez qu'il se révélera inutile d'acheminer votre Ficus de Colombie jusqu'en Angleterre, puisque vous risquez très bientôt de le rejoindre. " Malgré l'ironie de la situation, un sourire jubilatoire naquit sur les lèvres botoxées de l'arithmancienne, avant qu'elle ne prononce un odieux chantage en guise de menace. "Miss Mason. Si vous ne voulez pas devenir un fantôme dans les couloirs de cette école, je vous prie de me présenter immédiatement vos plus plates excuses ! "

Si Ana Sorden se complaisait d'avance de l'omnipotence que lui procurait sa prétendue situation ; Son masque de confiance se craquela littéralement, sous l'effet de la réponse cinglante de son interlocutrice. Du meurtre de Septima Vector à l'avalanche de Valtivaara, en passant par l'incendie criminel de Pré-au-Lard; Daisy Mason était au courant des moindres manigances machiavéliques de la mardolienne!

"Pardon!? Comment pouvez-vous savoir... "

Chutant de son piédestal illusoire, cette dernière resta totalement éberluée par la répartie cynique de la véritable directrice de Poudlard. La notion de danger s'amplifia lorsque Daisy Mason dégaina subitement sa baguette pour la pointer dans la direction de l'horrible bonne femme morte. Pétrifiée par la stupeur, cette dernière n'esquissa pas l'ombre d'un mouvement tandis qu'un sortilège transperça son enveloppe charnelle... pour venir embraser les bougies et la cheminée, situées juste derrière elle. Dans la crainte d'un maléfice mortel, Ana avait instinctivement levé ses mains pour se prémunir d'un danger inexistant, alors qu'elle allait se rendre compte doucement mais cruellement de l'aspect dérisoire de la situation. La lumière vacillante des bougies, ainsi que le rayonnement flamboyant de la cheminée transpercèrent de toute part sa silhouette spectrale, tandis qu'elle cherchait à comprendre les raisons d'un tel phénomène. Le regard incrédule de la défunte mardolienne jongla longuement entre Daisy Mason et un chandelier qui reposait sur une table du bureau, avant qu'elle ne se décide enfin à tendre sa main translucide au-dessus des flammes. Le spectacle qui s'offrit alors à ses yeux, contribua à achever définitivement ses derniers espoirs.

"Non. Oh non ! Quelle est cette diablerie !? C'est impossible ! Ceci n'est pas réel ! Ce n'est qu'un cauchemar! "

Cherchant de manière dérisoire à se soustraire à l'horrible réalité, Ana Sorden voulut se pincer le bras, mais cette tentative infructueuse ne fit que traverser sa masse vaporeuse. Dans la volonté narcissique de se rassurer avec son propre reflet ; l'ancienne reine de beauté automnale  se précipita vers un miroir qui ornait l'angle du bureau de la véritable directrice de Poudlard. Mais horrifiée de ne point s'y voir, elle braqua un regard désespéré sur le reflet bien réel de Daisy Mason. Même si elle éprouvait les pires difficultés à concevoir sa propre mort, Ana Sorden allait forcement devoir s'y confronter. Dans l'espoir d'un soutien improbable, elle chercha vainement à se rassurer auprès de la Poufsouffle.

"Ceci n'est pas réel, n'est-ce pas? Je ne peux pas le croire ! C'est inconcevable ! Que deviendrait le monde magique sans la beauté de ma personne !? Impossible ! Je ne peux pas... Je ne peux pas être... "

* morte *

Même si ce dernier mot, ô combien pénible, venait de se matérialiser dans son esprit ; Ana Sorden n'avait ni la force, ni l'envie de le prononcer. Ses lèvres factices demeurèrent closes, tandis qu'elle cherchait désespérément une échappatoire à cette funeste situation.


Daisy MasonDirectrice de Poudlardavatar
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Même après la mort, Ana Sorden avait gardé cette étonnant faculté de vous transmettre tout son mépris dans d'une simple expression, ciselée sûrement avec attention. Daisy sentait à quel point elle agaçait son ancienne collègue et c'était sûrement tout à fait puéril de sa part de se livrer à ce genre de provocations, surtout à son âge, surtout vu son poste, mais elle en tirait un malin plaisir. Il n'y avait rien de bien courageux dans le fait de provoquer un fantôme complètement désarmé, qui ne pouvait plus vous nuire, surtout quand on pensait au fait qu'elle ne se serait jamais permis de le faire face à la véritable Ana, celle qui était en vie et qui avait une fâcheuse tendance à vous assassiner si vous osiez empiéter sur ses plates-bandes. C'était aussi pour cela que c'était aussi drôle de la provoquer alors qu'elle était désormais sans pouvoir : Daisy aurait regretté de ne pas saisir cette opportunité que la moitié du monde magique lui envierait lorsqu'elle serait au courant. A moins que personne ne la croit et qu'elle passe pour une folle, un peu comme Dumbledore mais en moins brillante.

- Pour être tout à fait honnête, Ana, je dois vous avouer qu'il y avait un peu d'hydromel à la table des professeurs lors du banquet d'Halloween, j'en ai peut-être versé dans mon jus de citrouille une ou deux fois. Trois ou quatre fois. Avec un peu de chance, la Directrice Sorden aurait envie de la renvoyer pour consommation d'alcool dans l'enceinte de l'établissement (même si elle n'était pas la seule coupable à la table professorale, qu'on se le dise), cela serait drôle. Mais loin d'être aussi drôle de l'entendre menacer de faire d'elle un fantôme dans les couloirs de l'école. Ce fut peut-être la situation qui la fit rire, ou bien l'hydromel, ou bien la fatigue ou un mélange de tout mais à cette menace, Daisy rit de bon cœur. Oh oui, Ana, parlez moi de l'existence de spectre, allez-y donc.

Mais l'amusement se tarit quand Ana abandonna son air princier pour faire face aux révélations sous-entendues que lui faisait Daisy : aucune perspicacité là-dedans, elle était tombée dans le panneau comme tous les autres, ne voyant en le professeur Sorden qu'une collègue insupportable et arrogante. Mais suite à son arrestation, la première, les Aurors avaient révélé les faits et la suite était sortie au cours de son emprisonnement, puis de sa mort. Ressortir tout cela ne lui servait qu'à assoir une certaine supériorité sur son interlocutrice.

Mais si voir Ana se complaire dans son dédain alors qu'elle était morte avait été amusant pour Daisy, le moment où cette dernière réalisa qu'elle n'était plus de ce monde réveilla un peu de compassion en elle. Son ancienne collègue passa sa main au dessus des flammes d'une bougie, ces dernières passant au travers de sa paume et elle sembla réaliser la réalité de sa condition. Elle sembla soudain si désespérée, si perdue, si triste, que Daisy en fut touchée, malgré elle. Elle n'aurait pas dû au vu des actions de Sorden mais elle était profondément empathique et ne pouvait pas rester insensible à la détresse de quelqu'un, aussi horrible cette personne fusse-t-elle. Elle s'apprêtait à répondre plus doucement à Ana, pour lui dire que si, elle était morte, quand cette dernière lança une phrase qui retourna la situation dramatique en ridicule : en mentionnant la perte du monde magique sans "la beauté de sa personne", elle venait de parvenir à mettre fin à l'élan de compassion de Daisy. Était-ce possible d'être si narcissique ? Et réalisait-elle l'insolence de son propos, elle qui avait tué tant de gens dans ce monde magique, sûrement plus de gens même que l'enquête des Aurors ne le révélait ? Ne pouvait-elle pas au moins reconnaître qu'elle avait fait plus de mal que de bien, si encore elle avait jamais fait le bien dans sa vie ? Une profonde lassitude envahit soudain Daisy qui n'était plus du tout amusée par cela mais plutôt agacée par le personnage : qu'elle s'en aille, cela vaudrait mieux.

- Si. Morte, décédée, enterrée, retournée, décomposée ou devrais-je plutôt dire, digérée.

Abandonnant son poste d'observation devant le bureau, elle contourna ce dernier pour rejoindre son fauteuil, injustement squatté, et s'y installa, les bras confortablement posés sur les accoudoirs.

- Pour vous replacer la chose, après votre évasion d'Azkaban, vous vous êtes terrée dans une cave miteuse de l'Allée des Embrumes, la boutique d'un fleuriste et en tuant d'ailleurs ce dernier. Vous aviez alors capturé une élève, Sasha Benson, pour je-ne-sais-quel-plan. Les Aurors sont arrivés et vous avez fini dans la gueule d'une plante carnivore géante.

C'était un résumé mais elle n'allait pas s'épancher longuement sur tous les détails.

- Je trouve que la morale de cette histoire est quand même que vous auriez dû accorder beaucoup plus d'importance aux propos tenus par le Professeur Londubat lorsqu'il raconte à table ce qui se passe dans sa serre.

Elle qui avait toujours méprisé Neville...

- Et, d'ailleurs, pour l'information... C'est moi, la directrice de Poudlard. Vous savez, la "pauvre idiote", de Poufsouffle. On a des plantes dans notre Salle Commune... C'est un signe, vous pensez ?


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