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 The day is gone [Jonah & Emma]

Emma BlackbonnesPréfète en Chefavatar
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Dernière édition par Emma Blackbonnes le Mer 4 Jan 2017 - 16:17, édité 1 fois
25 novembre 2009

Le retour à Poudlard avait été difficile. Bien plus que ce qu'elle n'avait cru au départ. Le regard des autres, les questions murmurées sur son passage. Oui, ça avait été horrible. Oui, des trois élèves présents là-bas, elle était la seule survivante. Pas un jour ne passait sans qu'elle ne voit les visages de Priam et Anwar plaisantant de leur dernière blague. Elle entendait encore les cris, les craquements des pierres. Elle sentait encore la douleur dans ses jambes et dans sa colonne vertébrale.

Elle était sortie, il y avait à peine quelques jours de l'hôpital. La rééducation avait été longue et éprouvante. Les médicomages avaient été surpris de la voir récupérer assez rapidement au vu de ses blessures. Il s'en était fallut de peu qu'elle finisse paralysée à vie. Encore quelques heures dans la position dans laquelle elle avait été trouvée et elle ne retrouvait plus l'usage de ses membres.

La nouvelle lui avait donné des frissons d'effroi. Elle qui quelques semaines auparavant se croyait intouchable au bras de Dave Marchebank. Aujourd'hui, elle n'avait plus rien. Plus de Dave, plus de belle assurance. Des cicatrices partout sur les bras et sur le haut du corps. Ses jambes avaient encore des faiblesses et elle avait perdu du poids. Beaucoup de poids. Beaucoup trop sans doute. Elle avait recommencé à faire des cauchemars. Le visage d'Ana Sorden et de l'escalier se dérobant sous ses pieds s'entrecroisant pour ne laisser que l'horreur derrière eux.

Et malgré cela, elle était là. De retour dans cette école qui avait connu ses pires années. Et aussi quelques bons souvenirs. Elle ne se sentait pas encore prête à affronter la réalité des autres. Pas encore prête à avancer et à faire comme si rien ne s'était passé. Comme si elle n'avait pas frôlé la mort pour la seconde fois en si peu de temps. Comme si ça vie ne devait être qu'une succession d'événements affreux. Et pourtant, elle était là dans le couloir la menant au bureau de son directeur de maison. Parce qu'elle lui devait la vie. Elle ne savait pas pourquoi mais elle avait la certitude que c'était lui qui l'avait retrouvé ou grâce à lui qu'on l'avait retrouvé. Ses souvenirs étaient beaucoup trop embrouillés pour qu'elle se souvienne correctement. Son poing tremblant toqua fébrilement sur la lourde porte en bois. Attendant l'autorisation d'entrée.

"Excusez-moi de vous déranger professeur. Je... J'étais venue pour... pour vous remerciez d'être venue me chercher... là-bas."

Sa voix se brisa sur ses derniers mots. Les larmes aux bords des yeux et le souffle douloureux. Elle dut prendre sur elle pour ne pas se laisser aller et rester bien droite sur ses jambes malgré la douleur.


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"...il ne répond pas à mes appels et quand par miracle j'arrive à le joindre il écourte systématiquement nos conversations. Je ne sais plus quoi en penser..."

Jonah se massa l'arrête du nez, signe qu'il commençait sérieusement à perdre patience. Cela faisait une bonne heure qu'il écoutait les plaintes d'Agathe, son ex-femme. Elle avait investie dans le modèle Pear1, tout comme lui, ce qui facilitait nettement leurs échanges, un peu trop d'ailleurs aux yeux de l'enseignant.  Depuis l'attentat, il ne se passait pas une journée sans que la mère angoissée ne cherche à le joindre pour prendre des nouvelles des garçons. Aujourd'hui, Dean était au cœur de leur échange. "...j'ai peur qu'il  soit pris  dans une spirale négative."

Jonah poussa un soupir avant de répéter pour la énième fois:
-Crois moi Agathe, Dean est en pleine forme. Il se remet bien, vraiment. Je l'ai accompagné à sa visite de contrôle la semaine dernière et les médicomages sont très confiants..."
-Mais pourquoi est-ce qu'il se coupe du monde  comme ça ! Il sait que ça m'angoisse de le savoir seul à Bristol par les temps qui court..."
-C'est juste un garçon qui découvre la liberté après sept ans de scolarité à Poudlard. Il a ses études, ses loisirs, ses amis."
-Tu parles de cet argentin qui venait le voir à Sainte Mangouste ? souffla-t-elle dubitative.
-Oui je parle de lui, entre autre, répondit jOnah en s'efforçant de rester calme, sans Nahuel on ne sait pas où serait Dean à l'heure qu'il est, lui rappela-t-il.
- Sans lui et ton stupide club de quidditch, Dean ne se serait jamais retrouvé sur la Place Merlin ce jour là, répliqua-t-elle du tac au tac, comme si tu ne pouvais pas aller distribuer ces flyers toi-même."
-Qu'est-ce que tu insinues au juste ? grinça Jonah en fronçant les sourcils. Il était prêt à endurer beaucoup de reproches de la part de son ex-femme mais surement pas celui-là, tout simplement parce qu'il s'était déjà blâmé lui-même, jour et nuit, en veillant Dean à Sainte-Mangouste juste après l'attentat.
Agathe parut hésiter quelques secondes avant de reprendre un ton plus bas.
-Les enfants ne sont pas en sécurité dans le monde magique. Tu as beau dire que si, tu sais très bien, au fond de toi, que c'est faux Jonah. "
De faibles coups portés sur la porte de son bureau attirèrent l'attention de l'enseignant. Le visage fermé et la mâchoire crispée, Jonah reporta son regard sur le petit hologramme de sa femme avant d'écourter définitivement la conversation.
-Je dois te laisser Agathe. A plus tard." Puis sans attendre de réponse de son ex-femme, il raccrocha.

L'enseignant poussa un profond soupir en s'affalant contre le dossier de son fauteuil puis il massa son crâne quelques secondes en tachant de garder les idées claires. Il hésitait à appeler Dean, pour lui dire de répondre aux appels de sa mère -au fond, elle était juste inquiète pour lui- mais il devait avouer que la dernière banderille d'Agathe lui restait particulièrement en travers de la gorge.
Jonah botta en touche et décida de remettre ce choix à plus tard. Pour l'heure, il devait accueillir celui ou celle qui cherchait à le rencontrer.

-Entrez ! lâcha-t-il un peu sèchement en se levant de son siège.
Toutes traces de contrariété disparurent toutefois lorsqu'il découvrit l'identité de son visiteur.
"Emma." souffla-t-il d'un ton radouci, Qu'est ce qui t'amène ?" demanda-t-il en s'efforçant de ne pas paraitre trop soucieux.

A vrai dire, la petite Blackbonnes le préoccupait beaucoup. Si son fils avait vécu l'attentat avec un certain fatalisme -il s'estimait chanceux d'être encore là pour en parler- Emma n'était pas du tout dans cette démarche. La jeune femme avait frôlé la mort et elle avait été hospitalisé plusieurs jours après le 30-10. Jonah avait profité de ses visites quotidienne à Dean pour aller voir son élève et il ne pouvait que constater son déclin. Même si elle avait quasiment retrouvé sa mobilité d'antan elle avait perdu beaucoup de kilos et elle semblait se refermer sur elle-même.
Dans son dossier, rédigé par les anciens directeur de Maison, on pouvait lire qu'elle avait déjà été très fragilisée par l'affaire Sorden et nul doute que l'attentat était un nouveau coup dur. Les notes récentes que lui avait transmis Rachelle Silvester allaient dans ce sens et même les parents d'Emma avaient fait part de leurs inquiétudes en envoyant un hibou au directeur de Maison.

Jonah avait d'ailleurs prévu de la convoquer dans la semaine - histoire de poser les choses- mais la jeune femme venait de le devancer en venant à lui. Toutefois, le professeur constata vite que l'état de son élève était pire que ce qu'il avait imaginé. En effet, au bord des larmes elle le remercia d'être venu la chercher à la Banque mais elle semblait sur le point d'éclater en sanglots.

"Oh, souffla-t-il un peu pris au dépourvu, tu n'as pas à me remercier voyons Emma, dit-il en s'approchant d'elle, Viens, assieds-toi, ajouta-t-il en lui montrant le fauteuil libre qui faisait face à son bureau.
Jonah ne retourna pas s'asseoir à son propre et siège et préféra s'installer sur un coin de son bureau, comme il avait coutume de le faire. Il accorda un léger sourire à la jeune femme et reprit:
"Tu sais, je n'ai fait que mon travail et ça aurait pu être n'importe quel autre membre de l'équipe pédagogique qui soit envoyé sur place. En tout cas, nous sommes tous très heureux que tu sois de retour parmi nous, ici, à Poudlard.
Soucieux d'instaurer un climat propice à la confidence, il reprit:
" Est-ce que ta réadaptation se passe bien? J'imagine que c'est un peu compliqué de gérer la rééducation, de rattraper les cours et de faire face à cette épreuve. Comment te sens-tu aujourd'hui ?" s'enquit-il avec bienveillance.


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Elle avait senti la sécheresse dans la voix de son professeur lorsqu'il lui avait ordonné d'entrer. Mais lorsqu'il l'avait reconnu, il s'était aussitôt adoucit. C'était sans doute ça qui lui avait donné la force de prononcer les premiers mots. Le remercier lui semblait indispensable. Un premier pas vers le rétablissement. Peut-être une façon d'oublier afin de tourner la page. Ne plus se sentir redevable. Elle savait que ce n'était que des idées. Que cela ne changerait absolument rien. Elle se sentait tellement mal. Tellement perdue. C'était sans doute la goutte qui avait fait déborder le vase.

Elle s'installa en silence dans le fauteuil que lui avait désigné le professeur Forbes et contempla ses doigts posés sur ses genoux. Elle n'avait plus rien d'autre à lui dire à présent. Pourquoi ne l'avait-il pas laissé repartir tout de suite ? Elle releva le regard sur lui lorsqu'il commença à lui expliquer qu'il n'avait fait que son travail. Que les autres auraient la même chose. Sans doute. Mais c'était lui qui était sur place ce jour-là. C'était donc lui qu'elle remerciait. Elle hocha doucement la tête et se mordilla la lèvre inférieure. Il devait sans doute la trouver absurde ou idiote. Les deux sans doute. Voilà pourquoi il lui expliquait la raison de sa présence.

Emma redressa le regard sur lui lorsqu'il ajouta que toute l'équipe pédagogique était heureuse de son retour. Qu'est-ce qu'il en savait ? Elle connaissait si peu les professeurs. Surtout les nouveaux. Margot Adamson n'était plus présente dans l'établissement. Adonis Greengrass non plus. Les seules personnes qu'elle avait considérées comme des alliés et des soutiens. Margot avait été assassinée lâchement le jour de son mariage. La laissant glacée d'effroi. Juste avant l'annonce officielle du retour d'Ana Sorden sur le devant de la scène.

Des nuits d'horreurs avaient suivi. Elle affrontait l'obscurité seule dans son lit. Marlene n'était plus avec elle à Poudlard. Elle se sentait plus seule que jamais. Elle sentait Clara s'éloignait d'elle plus que jamais. Encore plus avec la mort de Priam et Anwar. Son amie s'était enfermée dans un deuil silencieux. A peine quelques mots échangés. Les lettres qu'elle avait reçues en deux jours étaient de ses parents. Lui demandant comment elle se sentait. Si elle s'intégrait bien. La seule personne à lui avoir vraiment parlé à son retour avait été Mrs Silverster pour lui expliquer ses visites hebdomadaires à Ste Mangouste pour sa rééducation.

Alors lorsque les paroles de Jonah Forbes firent échos aux interrogations de ses parents, elle frissonna et se recroquevilla légèrement sur elle-même. Personne ne lui parlait. La solitude était pesante. Elle n'arrivait pas à penser à autre chose qu'à la mort. Elle n'arrivait pas à s'enlever de la tête que sa colonne vertébrale avait été brisée nette et que sans magie, elle serait paralysée à vie. Elle avait encore quelques difficultés à respirer. Mais il lui semblait que c'était plus dû à des crises d'angoisses qu'à autre chose. Elle n'avait plus vraiment mal aux côtes. Toutes ses fractures avaient été soignées. Elle semblait normale d'extérieur. Mais à l'intérieur, elle était brisée. En milles morceaux.

Elle avait cru pouvoir supporter. Elle avait cru que le fait d'être vivante lui suffirait. Mais elle avait eu le temps de penser dans l'obscurité. Elle avait eu le temps de voir que sa vie n'était qu'un long fleuve insignifiant. Elle n'était personne. Tout le monde se fichait bien de savoir si elle était vivante ou morte. Si ça avait été elle à la place de Priam et Anwar, il y aurait eu beaucoup moins de pleurs. C'était certain. Elle croisa le regard de son enseignant puis sans qu'elle ne puisse rien retenir, les larmes commencèrent à couler silencieusement le long de ses joues.

"J'ai... J'ai l'impression d'étouffer en permanence..."

Elle avait balbutié avec difficulté avant de hausser les épaules en secouant la tête. Elle passa ses mains sur ses joues pour enlever les larmes tout en reniflant légèrement. Il n'y avait rien d'élégant dans cette veine tentative de retrouver un semblant de contenance. Elle s'éclaircit légèrement la gorge avant de relever fugacement les yeux.

"Ma rééducation se passe bien. Je marche à peu près normalement. Ils disent que ça tient du miracle. Sinon... pour les cours, j'ai pas encore eu le temps de tout avoir. Il faut que je demande..."

Ses doigts se tortillèrent sur sa robe de sorcière. Elle n'avait pas encore osé demander à ses camarades. Elle avait peur de leur rejet. Elle savait qu'elle n'avait jamais été très populaire ni même très bien vu. Elle était une outsider. Et encore, cela aurait impliqué qu'elle ait un jour gagné quoique ce soit.  


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Quand Emma se mit à pleurer, Jonah ferma les yeux quelques secondes. Il savait que cela allait arriver depuis le moment où il l'avait entendu balbutier ses remerciements. L'enseignant se leva donc du bureau pour venir s'asseoir sur le siège à côté de la jeune femme destiné habituellement à l'accueil des parents. Il se fichait bien de savoir si sa réaction était adaptée à ses fonctions de directeur de maison  quand il posa sa main sur l'épaule d'Emma pour la tapoter doucement. Il n'allait quand même pas rester planté devant elle sans tenter de la réconforter !

"Allez Emma, il faut que tu t'accroches." souffla-t-il en pressant un peu plus son épaule amaigrie. D'un coup de baguette, il fit apparaitre un mouchoir qu'il lui tendit afin qu'elle se ressaisisse. La jeune femme tenta d'ailleurs de faire bonne figure en séchant ses larmes et en répondant platement à sa question mais c'était peine perdue: Il était clair qu'elle ne gérait absolument pas cette situation et qu'elle était perdue. Sa scolarité, mais surtout  son équilibre personnel, semblaient menacés et Jonah se sentait bien démuni face à cette détresse. Dire qu'il avait du mal à comprendre ce qu'Emma pouvait ressentir, ou à se mettre dans la peau d'une adolescente comme elle, n'était pas peu dire: Il avait toujours eu une seule philosophie dans la vie: Foncer, accepter les épreuves, les affronter et en tirer profit.  Jonah accueillait les coups durs comme des expériences formatrices qui  devaient le faire évoluer. Le faire murir. Orgueilleux, il l'était, et il mettait un point d'honneur à ne pas se laisser malmener par la vie. Il aurait fait un bon Gryffondor, il en était persuadé, mais l'ambition qu'il avait eu dès son plus jeune âge, l'ambition de réussir sa vie en dépit de sa maladie et de son handicap, l'avait poussé chez les Serpentard.  Aujourd'hui, il avait plus que jamais envie de transmettre ces notions à Emma. Elle était là, bien vivante - quand d'autres étaient morts- elle ne pouvait pas se laisser dépérir comme elle le faisait, elle n'en avait pas le droit. Elle devait reprendre le dessus, se battre, aller de l'avant.

Pourtant l'enseignant savait que ce n'était pas si simple. Il n'avait jamais été un très fin psychologue - ce que lui reprochait allégrement Agathe- mais avec l'âge il avait compris qu'il ne pouvait pas dire le fond de sa pensée aussi clairement à la jeune femme. Même s'il était persuadé que sa manière d'affronter les choses était la bonne, il devait être vigilant et ne pas braquer Emma en la culpabilisant davantage.
D'après Meredith Kane, il y avait de fortes chances que les victimes du 30-10 subissent un choc post-traumatique et les conclusions du rapport de Rachelle concernant Emma allaient dans ce sens: "Changement d'état émotionnel et physique. Anxiété. Culpabilité du survivant. Difficulté à se projeter." Ces symptômes étaient bien réels et Jonah ne devait pas les prendre à la légère pourtant il était bien incapable d'avoir le discours clinicien adapté à ce genre de crise. Il aurait dû parler de résilience ou même l'enjoindre à prendre un rendez-vous pour un suivi psychologique auprès de Meredith Kane mais quelque chose lui disait qu'Emma avait déjà entendu tous ces conseils ces dernières semaines.

"Emma écoute,
commença-t-il sans vraiment savoir ce qu'il allait dire par la suite, ...Je ne suis pas très doué pour consoler les gens, avoua-t-il avec un demi sourire en appuyant ses coudes sur ses cuisses, mais saches que je suis là pour t'aider et pour te soutenir même si cela impliquera  surement - dans un futur plus ou moins proche- d'avoir à te pousser dans tes retranchements."

Il ne lui offrait pas une épaule pour pleurer mais plutôt un soutien sur lequel s'appuyer, ou un tuteur autour duquel s'enrouler et qui l'empêcherait de tomber...

"Concernant ta scolarité, tu n'as pas d'inquiétude à avoir. J'en fais une affaire personnelle. J'irais voir le préfet en chef demain pour qu'il te transmette toutes ses notes. Steven est un garçon très serviable je suis sûr qu'il sera disponible pour toi. Si tu rencontres le moindre problème pour comprendre les cours que tu as raté, tu me le dis et je verrais avec l'enseignant concerné s'il peut prévoir un temps d'aide personnalisée pour te recevoir. Avec les vacances de Noël qui se profilent tu devrais avoir un peu de temps pour rattraper ton retard et repartir du bon pied en janvier." expliqua-t-il avant d'entrer dans le vif du sujet, Maintenant, en ce qui concerne ton bien-être, ici, au sein de l'école, il faut que tu me dises clairement ce que  je peux faire pour t'aider... Il la jaugea quelques secondes du regard avant d'ajouter prestement, et ne me dis pas " rien" ! Ton directeur de Maison te l'interdit, ajouta-t-il sur le ton de la boutade pour détendre un peu l'atmosphère.
Jonah se leva et retourna s'appuyer sur le coin de son bureau d'où il observa la jeune femme en croisant les bras.
 "Je sais par exemple que mon fils a eu besoin de retourner sur la Place Merlin après le drame, Jonah et Agathe avaient accompagné Dean dès sa sortie de Sainte Mangouste,  Tu penses que ça pourrait t'aider d'y aller? De retourner là-bas ? Tu n'as qu'un mot à dire et je t'y accompagne, là, maintenant." lâcha-t-il.
Il n'était pas sûr que Rachelle ou Daisy cautionne mais il ne leur demanderait pas leurs avis de toute manière...


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Se saisissant du mouchoir que le professeur Forbes lui tendait, Emma essuya les larmes qui continuaient de couler allègrement le long de ses joues. Elle réussit à se calmer progressivement. Se laissant apaiser par la main de son enseignant sur son épaule. Elle ne s'attendait pas à ce que l'étreinte lui redonne un semblant de réconfort mais c'était plus ou moins le cas. Elle reprit une contenance en répondant platement aux premières questions de son directeur de maison avant de poser le regard sur lui en se mordillant l'intérieur de la joue. Les larmes n'étaient pourtant pas loin et elles étaient à deux doigts de se manifester à nouveau.

Toutefois, elle réussit à garder bonne figure tout en écoutant les paroles de son professeur. Elle fronça légèrement les sourcils sans réellement comprendre où il voulait en venir. Comment pouvait-il la pousser plus dans ses retranchements que maintenant ? Elle était déjà dedans. Elle n'y avait jamais autant été que maintenant. Néanmoins, elle appréciait l'aide que proposait de lui apporter Jonah Forbes. Elle ne voyait pas comment il pourrait l'aider ni comment il s'y prendrait mais de toute manière, elle n'avait pas la force de le repousser. Elle hocha donc lentement la tête. Comme résignée.

Le reste coula sur elle en un flot de paroles plus ou moins lointain. Elle comprit vaguement qu'il souhaitait demander à Steven Harrisson de lui prêter les cours qu'elle avait raté ou du moins, de recueillir pour elle les cours qu'il lui manquait. Elle se rappela alors fugacement qu'elle-même était préfète en chef. L'idée tournan en boucle dans son esprit. Peut-être était-il judicieux qu'elle rende son insigne. Elle ne méritait pas ce poste. Elle ne méritait rien du tout. Elle n'était qu'une hypocrite, une usurpatrice. Occupant un poste qu'une autre aurait cent fois mieux occupé qu'elle. Clara par exemple. Ou bien encore Amelie. Sa poitrine la faisait horriblement souffrir. Elle étouffait soudainement. Elle avait besoin d'air.

Et la suite de la conversation ne l'aida pas à se calmer. Que voulait-il qu'elle lui réponde ? Il ne pouvait rien faire pour l'aider. Il ne pouvait pas empêcher Clara à sortir de son deuil. Il ne pouvait pas ramener Marlene à l'école. Il ne pouvait pas obliger les gens à l'aimer. Il ne pouvait pas effacer ses souvenirs. Ou alors le pouvait-il ? Pouvait-il effacer trois ans d'horreur ? Emma redressa les yeux sur le professeur Forbes. Réfléchissant à sa proposition. Peut-être que cela l'aiderait. Peut-être pas. Elle poussa un léger soupir tout en ravalant les larmes qui menaçaient de couler à nouveau.

"Vous voulez vraiment m'aider ?"

Elle posa un regard vide et inexpressif sur son directeur de maison.

"Alors il faut m'effacer la mémoire. Enlever les horreurs qui s'y cachent depuis plus de trois ans. Je ne sais pas ce qu'on vous a dit sur moi et Ana Sorden mais la réalité est encore bien pire. Je suis sûre qu'on ne vous aura pas tout dit. L'attentat... n'est rien de plus que l'événement de trop... Je suis... fatiguée de me battre pour tenter vainement d'être normale."

Son regard se baissa à nouveau sur ses doigts entrecroisés. Avant de reprendre la parole dans un murmure.

"Mais si selon vous la meilleure façon de m'aider est de retourner là-bas... Alors d'accord..."



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Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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En demandant à Emma ce qu'il pouvait faire pour l'aider, Jonah ne s'attendait surement pas à une réponse si extrême. Lui effacer la mémoire ? Sérieusement ?  L'enseignant fronça les sourcils et secoua la tête de gauche à droite, niant en bloc cette éventualité. Il ne voulait pas faire ça. Emma ne pouvait pas avoir recours à ce type de traitement.

Même si Meredith Kane avait passé plusieurs mois - et peut-être même des années- à développer Mémo-Rise, Jonah n'était pas partisan de ce type de programme qui soulevait pour lui des questions éthiques importantes.

Comment Emma allait-elle pouvoir forger sa personnalité d'adulte en oubliant tout un pan de son existence ? Quelque soient les épreuves -bonnes ou mauvaises- Jonah estimait qu'elles étaient nécessaires pour murir, grandir et affronter la vie.
Il n'avait peut-être pas conscience de la détresse dans laquelle se trouvait son élève -surement pas d'ailleurs, songea-t-il, tant cette décision lui semblait inconcevable- mais il se sentait incapable de l'aider à accomplir cette démarche. Elle allait à l'encontre de tous ses principes, il ne pouvait tout simplement pas cautionner.

"Je suis désolé Emma mais je ne peux pas." dit-il en se levant du bureau pour aller observer le parc par la fenêtre durant quelques secondes.

Il savait qu'il n'agissait pas comme il aurait du le faire.  Il devait rester à l'écoute,  ne pas juger, et ne pas minimiser la douleur de l'adolescente (C'était du moins les conseils que les médicomages lui avaient donné à Sainte Mangouste en tant que père d'une victime de l'attentat) mais il avait l'impression qu'Emma ne résoudrait pas ses problèmes en les contournant. Sous prétexte d'être une oreille attentive, Jonah ne voulait pas hocher la tête docilement en la laissant accomplir la plus grande bêtise de sa vie!

"Peut-être que Mme Silverster ou tes parents t'encourageront dans ce sens mais j'en suis incapable, reprit-il en se tournant vers elle, cette solution -si on peut appeler ça comme ça- est trop radicale."
L'enseignant attrapa sa canne et fit quelques pas dans son bureau, la mine soucieuse.

"Tu as sans doute raison quand tu dis que ce que tu as vécu est bien pire que ce que j'imagine,
admit-il, mais plutôt que de vouloir occulter toute cette histoire - toute ton histoire - pourquoi ne pas essayer d'en parler, de la verbaliser."

Il s'arrêta au milieu de la pièce pour la regarder et reprit:

"Je ne veux pas te forcer la main si tu ne veux pas retourner là-bas ou si tu ne souhaites pas évoquer tout ça avec moi mais je suis intimement convaincu que le recours à un sortilège d'effacement de mémoire n'est pas la solution. Je ne peux pas te laisser oublier qui tu es."


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La réaction du professeur Forbes n'était même pas étonnante. Comment aurait-il pu cautionner ? Il trouvait ça trop radicale ? C'était sa vie à elle qui était radicale. Elle savait pertinemment qu'elle ne pourrait pas être heureuse si elle continuait comme ça. Elle n'avait lancé l'idée que comme ça, histoire de dire. Mais au vu de la prise de position catégorique de son enseignant, la chose devait être possible. Elle posa son regard clair sur lui et essuya les vestiges de larmes qui s'étaient accrochées à ses joues.

"Occulter mon histoire ?"

Les mots étaient sorties difficilement mais ils suintaient l'ironie. Elle secoua lentement la tête alors que son directeur de maison continuait sur sa lancée.

"Qui je suis ?"

Elle répétait mécaniquement ses paroles comme pour soulever leur ridicule. Elle posa un regard dur sur Forbes. Le toisant avant de reprendre sur un ton sec et cassant. Laissant apparaître une pointe de détresse.

"Vous voulez que je verbalise ? Très bien !"

La colère faisait maintenant place à l'agacement. Elle en avait assez que tout le monde lui dise ce qui était le mieux pour elle. Assez qu'on lui dise que les souvenirs modelaient le futur. Que les épreuves forgeaient le caractère. Ses épreuves à elle étaient bien trop destructrices pour forger quoique ce soit.

"Vous voulez donc que je vive toute ma vie dans la culpabilité. Parce que c'est ça en réalité mes souvenirs. Une manipulation habile d'une espèce de folle. Les souvenirs, comme vous dites, tournent en boucles dans ma tête me rappelant sans cesse que je ne suis rien d'autre qu'une criminelle doublée d'une pauvre idiote."

Ses poings se serrèrent sur ses genoux alors qu'elle baissait la tête en se mordant la lèvre inférieure. Son cœur tambourinait dans sa poitrine. Mais c'était trop tard pour se taire, elle en avait trop dit ou pas assez. Elle devait continuer. Il fallait qu'elle expulse tout ce qu'elle contenait en elle.

"Tout ce que je vois la nuit quand je ferme les yeux, ce sont les flammes brûlants une maison dans laquelle dorment des personnes innocentes. Une maison qui a pris feu parce que j'ai été trop idiote et que j'ai écouté les conseils et les ordres d'une folle. Elle a pris possession de mes rêves. Même eux ne sont plus sûrs. J'ai été crédule et ça a coûté la vie à toute famille. J'entends encore leurs cris dans ma tête."

Emma redressa les yeux sur son professeur.

"Mais j'ai réussi à... passer outre, elle passa sa main devant son visage pour mimer l'oubli. Sorden m'avait lancé un sort d'oubli raté vous savez ? Pas de chance pour elle, c'est le souvenir qui l'a fait tomber à la place du professeur Adamson. J'ai cru qu'elle était réellement sorti de ma vie... Mais elle est revenue. Elle a réussi à s'échapper... Et l'horreur m'a frappé à nouveau. J'avais réussi à tourner la page plus ou moins... Ma famille m'a aidé. Mes amis aussi. J'étais bien entourée... Mais... Vous savez, les souvenirs remontent à la surface. La paranoïa prend la place. J'ai cru être suffisamment forte pour réussir à tout cadenasser. Mais après le trente octrobre... C'est trop... Je suis à bout... Je veux juste... oublier tout ça. Je ne suis plus capable d'encaisser..."

Une larme silencieuse coula sur sa joue. La prochaine épreuve lui serait certainement fatale. Si elle tenait jusque là.

"Je me dis qu'au moins... Se faire effacer la mémoire... C'est mieux que le suicide."

Ses mains tremblèrent légèrement sur ses genoux alors qu'elle baissait les yeux. Elle n'était plus capable d'affronter le regard de son professeur. C'était trop difficile. Mais elle avait été tout à fait honnête dans ses paroles. Elle avait sérieusement envisagé de mettre fin à ses jours dans les moments les plus difficiles.



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Jonah se souvenait encore du moment où il avait découvert le dossier Blackbonnes en début d'année. C'était avant le début des cours, il était venu quelques jours plus tôt à Poudlard pour s'installer et lire les dossiers de ses Serpentard, comme il les surnommait déjà affectueusement. Il avait été heureux de voir qu'une de ses élèves avait été promue Préfète-en-Chef par Daisy et il avait déplié le parchemin pensant découvrir le profil d'une bonne élève appréciée de ses condisciples.

Évidemment Emma était une jeune femme studieuse,  prompte à s'investir dans différentes activités au sein de l'école mais ce qui avait retenu l'attention de Jonah s'était l'épais dossier médical qui retraçait l'affaire Sorden et les sévices que l'adolescente avait subi sous son emprise. C'était seulement à ce moment là qu'il avait pris pleinement conscience de la perversion de Sorden. L'affaire avait bien sûr été évoquée dans les journaux mais le rôle joué par Emma avait été en grande partie passé sous silence afin de préserver l'équilibre de la jeune fille.
Équilibre qui se révélait bien précaire aujourd'hui.

"Emma tu n'étais qu'une victime dans ce qui s'est passée ! asséna d'ailleurs Jonah avec vigueur, Tu ne peux pas endosser la responsabilité de cet accident. Tu n'as commis aucune erreur. Et je ne veux plus t'entendre dire que tu es une idiote - c'est complètement faux-  tu as juste fais confiance à Ana Sorden, comme nous tous: Elle a trompé tout le monde, des dirigeants de ce pays à la directrice de Poudlard elle-même, comment pouvais-tu  deviner du haut de tes treize ans quelle horrible bonne femme elle était  alors que Richard Dalnox, lui-même, s'est fait manipuler par elle ?"

Le front plissé par la contrariété, Jonah secoua lentement la tête. Cette Ana  Sorden était un fléau. Non seulement elle avait attenté à la vie de plusieurs enfants en Laponie mais elle avait effectué un véritable travail de sape auprès des élèves. En les manipulant de la sorte elle avait brisé la confiance qu'il pouvait avoir envers les adultes et anéantis leur estime d'eux-mêmes. Emma en était l'exemple le plus flagrant.

"Cette folle d'Ana Sorden est morte. Elle ne peut plus te faire de mal. Je sais que les souvenirs sont toujours là mais ils peuvent s'atténuer et ils le feront. Si tu as réussi à passer outre une fois, tu peux le faire une seconde fois..."

Il se tut, se pencha en avant et tendit ses bras sur son bureau comme pour réduire un peu la distance qui le séparait de la jeune femme.

"Sais-tu pourquoi tu as été élue Préfète en Chef ? s'enquit-il alors en cherchant son regard, Je pense que le Professeur Mason et le Professeur Greengrass, ont décelé en toi cette force de caractère. Bien sûr ces épreuves t'ont ébranlées mais tu as tenu le coup. Ils ont estimés -et je le pense aussi- que tu étais un bon modèle pour les plus jeunes, que tu saurais les comprendre s'ils rencontraient des difficultés, les écouter et les aider si le besoin s'en faisait sentir. Justement parce que toi-même tu n'as pas eu un parcours simple et  que tu as quand même réussi à garder le cap..."

Pourtant la jeune femme semblait bien insensible à ses arguments et restait bloquée sur cette idée fixe de se faire effacer la mémoire...voir même pire.

Jonah resta interdit en entendant les derniers mots d'Emma. Si la jeune femme n'avait pas eu les yeux baissés sur ses mains elle aurait surement pu lire une vive inquiétude sur le visage de son enseignant.

"Je sais que le 30 Octobre t'es tombée dessus comme un  stupefix et que ça a ravivé en toi des souvenirs douloureux mais quand j'entends le mot suicide..."

Jonah se tut, réellement troublé par cette éventualité. Ce renoncement ultime il ne l'avait jamais envisagé et il ne le ferait jamais. C'était comme baisser les bras, admettre la défaite sans se battre. Déclarer forfait. Non. Impossible.  Ce n'était pas dans sa nature.

Alors, comment Emma -ce petit bout de femme qui avait la vie devant elle- pouvait elle envisager cette solution radicale ? Cela rendait presque le recours à Mémo-Rise acceptable. Presque, car Jonah n'était pas du genre à renoncer. Il ne perdait pas de vue qu'il s'agissait là d'un appel au secours et qu'il devait absolument en parler à Daisy, Rachelle et à un psychomage qualifié.  Prendre rendez-vous avec le médicomage en charge du suivi de la petite à Sainte Mangouste et peut-être même devoir avertir ses parents. C'était urgent d'approfondir le suivi d'Emma afin qu'elle se sente entourée et épaulée. Jonah avait déjà réussi à gagner un peu sa confiance -assez pour qu'elle admette à demi mot ses idées suicidaires- et il restait persuadé que ce travail de verbalisation était certes douloureux mais nécessaire pour Emma. Si tout l'aspect logistique s'était mis en branle dans son cerveau pour gérer au mieux cette crise, il n'en restait pas moins démuni face à son élève.

"...Je suis horrifié à l'idée que tu fasses ça, lâcha-t-il alors maladroitement. Il se sentait un peu bête d'avoir dit ça maintenant. Ce n'était pas le moment de perdre le contrôle de cette situation en accablant davantage sa Préfète mais les mots étaient sortis tels qu'ils lui étaient venus, Désolé, c'est un peu pitoyable ce que je te dis, ajouta-t-il avec un sourire contrit, mais, je veux dire,  tu  as déjà pensé sérieusement au suicide ?  Envisagez un plan pour arriver à tes fins ou quelque chose du genre ?" s'enquit-il alors.

Le passage à l'acte était-il imminent ? Seule Emma pourrait le lui dire.
En attendant, Jonah avait l'impression de marcher sur un fil tendu au dessus d'une falaise...


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Les paroles du professeur Forbes glissaient sur elle comme les gouttes d'une pluie orageuse. Emma entendait les phrases se succéder les unes après les autres. Elle comprenait leur sens. Mais tout rien de ce qu'il disait n'était pertinent. Peut-être que d'autre s'étaient fait manipuler mais personne d'autre n'avait tué pour elle. La Préfète redressa le regard et fusilla son professeur.

"Dalnox a tué une petite fille ? Je ne crois pas."

Sa voix avait claqué sèchement dans la pièce mais c'était peine perdue. Forbes ne semblait pas écouter ce qu'elle lui disait. Il restait obnubilé sur son idée fixe de la faire changer d'avis. Mais elle était aussi têtue que lui voire plus sur certains points. Sa patience avait des limites également. Il lui murmurait de belles paroles pourtant. Oublier une seconde fois... Si seulement c'était aussi facile... C'était bien là le problème. Elle n'avait jamais vraiment oublié. Et maintenant, cela lui paraissait parfaitement impossible sans aide. Elle ne pouvait plus vivre de cette façon. Elle souffrait en permanence et de plus en plus chaque jour. Mais sa souffrance semblait rester muette pour son directeur de maison.

Elle ferma les paupières, respirant calmement alors qu'il lui énumérait les raisons de sa nomination comme Préfète-en-Chef. Tous ces compliments qui sonnaient comme des mensonges à ses oreilles. Elle n'était pas cette personne. Elle n'avait aidé personne. Elle n'avait fait que parader avec sa toute nouvelle insigne. Elle s'était languie de Dave aussi. Tout ce qui l'avait intéressé, c'était la façon dont elle allait procéder pour que son petit-ami lui revienne. Tout ceci semblait bien dérisoire à présent. La vie de Dave avait été encore plus brisée que la sienne si c'était possible. Ses poings se serrèrent sur sa robe de sorcière. Elle en avait assez.

"Vous avez tort. Je ne suis pas celle que vous décrivez. Je n'ai jamais eu aucune force de caractère. Je suis et j'ai toujours été une suiveuse, elle redressa le regard sur son enseignant. Demandez à Clara, elle vous le confirmera. Je suis une égoïste, je ne pense qu'à moi. Il n'y a que moi qui compte. Vous pensez réellement que je suis si altruiste que ça ? Si vraiment j'étais aussi avenante, j'aurais été envoyée à Poufsouffle !, son ton était devenu amer. Elle n'avait aucune noblesse d'esprit. Elle était même tout l'inverse. Je n'ai fait que penser à mon couple avec le fils du ministre ces derniers mois. La façon dont il allait me demander en mariage. La façon dont j'allais le reconquérir après notre rupture... Cela n'a rien de remarquable et encore moins d'admirable. Je n'ai rien d'un modèle. Alors si vous estimez que mon insigne serait mieux attribué à quelqu'un d'autre... Vous gênez pas... Prenez là ! Je suis pas à la hauteur de toute façon..."

Elle secoua lentement la tête. Elle n'avait pas besoin qu'on lui rappelle à quel point, elle était minable. Tout cela lui pesait tellement sur les épaules. Elle n'arrivait plus à remonter la pente. Alors elle se laissa aller. Donnant des raisons acceptables à son choix. Une alternative moins définitive que la mort. Elle ne redressa pas le regard lorsque le professeur Forbes répéta le mot. Elle baissa même un peu plus la tête lorsqu'il souffla son effroi. Elle ne voulait pas de sa pitié. Elle n'était pas ici pour ça. Mais l'entendre de la bouche de son directeur de maison était beaucoup plus brutal qu'elle ne l'avait imaginé. Les larmes coulaient silencieusement sur ses joues alors que ses doigts entortillaient sa robe.

"Je..., sa voix s'étrangla légèrement dans sa gorge. Elle avala difficilement sa salive avant de prendre une profonde inspiration. J'ai pensé à... beaucoup de façons professeur."

Elle se mordilla la lèvre inférieure avant d'essuyer ses joues avec le mouchoir qu'il lui avait cédé précédemment.

"J'ai songé à me noyer dans mon bain... Mais... c'est... Trop douloureux. Je ne veux pas mourir étouffée. J'ai déjà... C'est déjà ce qui s'est produit sous les décombres... Je ne veux pas que ça recommence. C'est... Horrible comme sensation. Alors, j'ai songé aux potions mais... Si ça rate, je... J'ai trop peur d'avoir mal pour aller au bout. Trop peur de souffrir encore."

Elle renifla légèrement tout en triturant le mouchoir du professeur Forbes entre ses doigts.

"Alors ne vous inquiétez pas trop... Je ne suis pas encore prête à passer à l'action. Je suis bien trop peureuse pour ça..."

Un frisson la parcourut, la faisant trembler des pieds à la tête.

"C'est pour ça que... Perdre la mémoire en comparaison, ça me paraît si peu de chose. Surtout si ça me permet de vivre... heureuse par la suite. Ou au moins, apaisée à défaut de connaître le bonheur."

Elle avait abandonné depuis longtemps l'idée de pouvoir dormir sereinement. Sans qu'aucun rêve parasite ne vienne perturber son sommeil. Les nuits étaient devenues des angoisses permanentes ces dernières semaines. Et il fallait que cela cesse.



Emma Blackbonnes

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Dire qu'Emma avait une faible estime d'elle-même était un piètre mot ! La jeune femme ne se trouvait aucune qualité et, à l'écouter, elle était la plus horrible des personnes qui soit. Elle était tellement dure avec elle-même et se jugeait si sévèrement qu'elle perdait toute objectivité.  Jonah avait beau essayer de lui montrer ses points forts, l'adolescente trouvait toujours un exemple pour contrecarrer ses dires. Très franchement, l'enseignant était à cour d'argument pour tenter de rebooster son élève mais il ne s'avouait pas vaincu pour autant.  Peut-être  s'y prenait-il mal, tout simplement, mais il ne comptait pas laisser Emma dans un tel état de détresse.

Aussi lorsqu'elle évoqua la possibilité qu'elle rende son insigne de préfète, Jonah secoua la tête de gauche à droite d'un air catégorique.

"Hors de question. C'est toi que nous voulons  comme préfète. Tu as peut être raison, j'idéalise surement l'élève que tu es mais je pense que la vraie Emma se situe quelque par entre nos deux descriptions.  Emma la suiveuse, Emma l'égoïste ou encore Emma la frivole font surement partie de toi mais j'ai envie de dire, et alors ? "

Il l'interrogea du regard et reprit:

"On a tous nos travers, nos défauts mais est-ce utile de se blâmer ainsi ? Sois un peu indulgente envers toi-même. "

D'autant plus que la description qu'elle faisait d'elle-même pouvait correspondre à des dizaines d'autres élèves ! Sans vouloir caricaturer, Jonah estimait que les préoccupations principales des adolescents restaient les filles et/ou les garçons et leur petit monde égocentré. Emma n'était ni plus ni moins qu'une ado normale, certes fragilisée par des événements plus grands qu'elle. C'était ces faits qui la poussait à avoir des idées noires: Se noyer dans son bain, prendre des potions et pourquoi pas s'Autoavada Kedavériser ? Jonah n'arrivait décemment pas à se faire à cette idée de suicide. Les propos d'Emma réveillait en lui  une sombre inquiétude, la peur que ses propres enfants soient un jour frappé par le même mal de vivre qu'Emma Blackbonnes. Car il était bien question de cela. Emma s'enlisait dans une profonde dépression allant même jusqu'à s'accabler d'être trop peureuse pour sauter le pas qui la mènerait à la mort. Jonah crevait d'envie de  lui dire que tout finirait par s'arranger, qu'elle devait s'accepter, telle qu'elle était, ou, si elle n'y parvenait pas, qu'elle devait tout mettre en œuvre pour devenir celle qu'elle saurait aimer. Il voulait lui assurer qu'elle finirait par trouver le bonheur -peut-être pas au bras de Dave Marchebank mais avec quelqu'un d'autre- ou même seule, la vie de couple n'étant pas une finalité en soit. Il souhaitait lui faire comprendre que la vie valait la peine d'être vécue et qu'elle avait une chance inouïe d'être là quand d'autres avaient péris mais s'était peine perdue. En effet, il essayait de lui faire entendre raison depuis plusieurs minutes mais il se rendait bien compte que cela ne fonctionnait pas. Ses mots glissaient sur Emma et ne trouvaient aucune résonnance. Il pouvait le voir à son regard, à son air lointain dès qu'il prenait la parole. C'était un constat d'échec, et Merlin seul savait à quel point cela contrariait Jonah.

Devait-il faire un pas vers Emma pour capter son attention et regagner sa confiance ou était-ce un pari dangereux ? Quoiqu'il choisisse de faire -s'entêter ou lâcher du lest- il avait l'impression d'y perdre au change mais il était bien obligé de prendre une décision. L'enseignant se racla la gorge et ouvrit son carnet de notes à la page du jour.

"Je vais voir avec le professeur Mason, tes parents et Mme Silvester, s'il est possible de faire intervenir  le D. Kane auprès de toi.  C'est une psychomage très qualifiée qui saura t'écouter et te conseiller." Commença-t-il en griffonnant quelques notes dans son cahier .

Il se tut quelques secondes et reprit et levant les yeux vers Emma:

"Il se trouve qu'elle est également à l'origine du programme Mémo-Rise, basé sur l'effacement des souvenirs douloureux de la mémoire, souffla-t-il alors avec la désagréable sensation de se fourvoyer,  -ça ne veut pas dire que tu pourras prétendre bénéficier du dispositif, que l'on soit bien d'accord- précisa-t-il en levant un index, cela veut juste dire que tu pourras évoquer cette éventualité avec la psychomage. En échange, tu feras cinq heures hebdomadaires d'accompagnement individualisé avec moi ou avec un collègue. Jonah ? Faire du chantage ? Mais non, pas du tout. Au programme, remise en forme: Sport,- ça Emma ne pourrait pas y couper- ,  activités extra scolaires -je veux que tu reprennes la direction du club de supporters de l'équipe de quidditch de notre maison-, définition de ton projet professionnel, et  soutien scolaire pour les plus jeunes que tu co-animeras avec un camarade de ton choix."

Il  la sonda du regard avant d'ajouter:

"Si tu dois prendre une décision si impactante pour le reste de ta vie, je veux que tu le fasses en pleine possession de tes moyens et en toute connaissance de cause. Pas parce que tu es au bord du désespoir.  Ce choix doit être mûri et réfléchi et je ne te laisserai pas y accéder tant que tu es dans cet état là." dit-il en désignant du menton  le mouchoir froissé imbibé de morve posé sur les genoux d'Emma. " Tu respectes mon programme, je respecte mes engagements. Qu'en penses-tu ?"


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Etre indulgente envers elle-même ? Pour quoi faire ? Elle estimait qu'elle l'était déjà suffisamment. N'était-ce pas lui qui justement avait l'air de dire qu'il ne fallait pas se laisser aller. Comment pouvait-elle exiger la moindre chose des autres si elle-même n'était pas capable de les faire ? Elle ne pouvait pas se permettre d'être une moins que rien. Elle avait des responsabilités. Les gens attendaient des choses d'elle. Elle ne pouvait pas se permettre d'être frivole, égoïste et suiveuse. Peut-être que ce n'était rien aux yeux de Jonah Forbes. Mais à ses yeux, cela représentait les pires vices possibles.

Toutefois, elle ne releva pas. Elle en avait assez de se justifier. Assez de trouver des raisons supplémentaires pour convaincre son professeur. Il ne voulait pas la croire ? Il ne voulait pas l'aider ? Et bien soit. Elle se débrouillerait seule. Elle ne savait pas encore comme elle s'y prendrait mais elle n'avait besoin de personne pour prendre un rendez-vous avec une personne capable de lui effacer la mémoire. Si Alastair était encore de ce monde, elle lui aurait demandé de le faire. Mais il n'était plus là. Il ne restait que Owen, Lilybeth et Maureen. Les filles étaient encore à Poudlard ce qui permettait à Emma de garder le contact. Il en était tout autre avec Owen qui ne communiquait qu'avec Anthony Blackbonnes de temps à autre. Elle ne savait pas trop ce qu'il faisait dans la vie et pour être honnête, elle s'en moquait un peu.

La mort d'Alastair avait crée un grand vide chez son père. C'était tout ce qu'elle avait pu constater. Néanmoins, il semblait s'en être remis plutôt bien puisqu'il n'en parlait jamais. Mais c'était un peu le problème chez les Blackbonnes. On ne parlait pas beaucoup. Et jamais vraiment des choses importantes. Ou celles qui comptaient. On ne parlait pas d'Ana Sorden. Et là, on ne parlerait pas de l'attentat. Alors lorsque son directeur de maison évoqua le fait de parler à ses parents, Emma le fixa intensément.

"Ce n'est pas nécessaire d'en parler à mes parents vous savez. Je suis majeure et je pense qu'ils ne se sentiront pas concernés plus que cela. C'est mon choix après tout. Je n'ai pas envie de leur causer plus de soucis. Ils en ont déjà suffisamment eu comme ça."

Et puis elle était majeure. Elle avait encore le droit de faire ses propres choix elle-même sans en référer à ses parents. Mais visiblement, il n'avait pas terminé de parler. Elle écouta, intéressée par la suite de ses paroles. Il acceptait d'accéder à sa requête. Et mieux encore. Il était prêt à l'introduire directement auprès du Docteur Kane. C'était plus que ce qu'elle n'avait osé espérer. Elle se redressa légèrement sur son siège. Hochant la tête pour montrer qu'elle comprenait lorsqu'il la mit en garde. Ce n'était pas pour autant qu'elle aurait le droit de rentrer dans le programme. Mais elle avait le droit à un entretien. C'était beaucoup plus que ce qu'elle avait maintenant. Une possibilité de se faire enlever tous ses souvenirs horribles. Une opportunité de paix. Un nouveau départ et une nouvelle vie sans ses poids qui la hantaient sans cesse.

Toutefois son engouement retomba lorsqu'elle entendit les contreparties. Elle fronça les sourcils en constatant que le professeur Forbes lui faisait du chantage. Elle s'enfonça un peu plus dans son siège tout en triturant son mouchoir. Ce qu'il proposait semblait néanmoins juste. Elle devait envisager son avenir. Elle s'était déjà posée la question de savoir ce qu'elle ferait après Poudlard et plusieurs voies s'offraient à elle. Elle ne savait pas encore vers quoi s'orienter mais elle ferait un choix à un moment. De façon volontaire ou par la force des choses. Pour le reste... Elle faisait déjà plus ou moins partie du club des supporteurs de l'équipe de Serpentards. Pour le soutien scolaire si c'était une à deux heures par semaine, c'était faisable. Mais faire du sport...

"D'accord... J'accepte. Mais pour le sport..., elle fit une légère moue. Je ne suis pas très sportive ni même très douée en sport. Et... honnêtement, à Poudlard, à part du Quidditch, vous voulez que je fasse quoi ? Je ne suis pas très habile sur un balai..."

Elle baissa le regard. Si elle pouvait passer son tour sur ce point là. Elle ne disait pas non. Bien au contraire.




Emma Blackbonnes

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Jonah ForbesDirecteur de Serpentardavatar
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Jonah perçut le  regain d'intérêt dans les yeux d'Emma lorsqu'il évoqua le projet Mémo-Rise. Enfin une réaction ! Il faut dire que l'enseignant venait d'accepter de faire un pas vers son élève plutôt que de s'opposer frontalement au risque de la perdre définitivement. Toujours maintenir le dialogue disait-on. A terme, il ne perdait pas espoir de lui enlever cette idée d'effacement de mémoire de la tête, peut-être quand elle irait un peu mieux.

Même si l'enseignant tentait de modérer les attentes d'Emma, elle abandonna bien vite son attitude défaitiste pour défendre son point de vue et clamer haut et fort qu'elle était majeure et parfaitement en âge de prendre des décisions toute seule. Inutile de prévenir ses parents, estimait-elle en le fixant d'un regard intense.
C'est qu'elle pouvait se montrer têtue la petite ! Remarqua Jonah en haussant les sourcils. Il posa sa plume à côté de son cahier et entrecroisa ses doigts sur la table avant de lui répondre:

"Premièrement, tes parents sont très concernés par ta santé, assura-t-il, sache-le."
Jonah avait Madame Blackbonnes par Cheminette au moins deux fois par semaine depuis qu'Emma était retournée à Poudlard.

"Deuxièmement, ton entourage est -et sera- ton meilleur atout pour rebondir. Que tu choisisses de te faire effacer la mémoire ou pas. Dans les deux cas, tu auras besoin du soutien de tes parents ou, au moins, de leur coopération. Ne perds pas ça de vue.  Tu veux qu'on te traite comme une adulte ? Conduis-toi comme une adulte." lui conseilla Jonah.

Parce que les refrains du style "Je m'en fous je suis majeure maintenant, je fais ce que je veux !" n'avaient vraiment rien de mature.

L'enseignant enchaina ensuite sur la liste de ses exigences concernant l'accompagnement personnalisé qu'Emma devrait suivre pour pouvoir rencontrer le D. Kane. Il n'avait pas choisi le programme au hasard privilégiant des activités de groupe pour développer la sociabilité de la jeune fille (qui avait eu tendance à se refermer sur elle-même ces derniers temps), du soutien à organiser auprès des plus jeunes afin qu'elle se sente utile et des activités centrées sur son projet. Jonah avait lu dans son dossier que son avenir après Poudlard n'était pas encore tout à fait défini et il était temps qu'Emma trouve une finalité professionnelle vers laquelle tendre.

La jeune femme semblait partante pour toutes ces propositions. Seul le sport semblait lui poser problème. Jonah l'écouta d'un air concerné lorsqu'elle évoqua certaines réticences à l'idée de pratiquer du travail physique puis il se pencha légèrement au dessus de son bureau pour lui souffler d'un air compatissant:

"Je comprends que tu sois un peu hésitante surtout si tu n'es pas sportive mais..."
Une lueur amusée dans le regard éclaira soudainement le visage de l'enseignant lorsqu'il poursuivit:
"...Sache que tu vas le devenir !"

Il laissa fleurir un sourire carnassier sur ses lèvres, signe qu'il n'allait pas lâcher sur ce point. Le sport permettait au corps de sécréter des  endorphines,  cette hormone du bien-être,  dont Emma avait cruellement besoin.

"Rendez-vous demain matin, 6h30 au Terrain de Quidditch. Ne sois pas en retard." dit-il en refermant son cahier d'un geste pour clore, définitivement, cette conversation.

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The day is gone [Jonah & Emma]

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