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 Un Marchebank paie toujours ses dettes [Dave et Leopold]

Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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14 novembre 2009


"Monsieur le ministre ? Monsieur le ministre, vous m'entendez ? Pressez ma main, si vous m'entendez."

"Il a pressé ?"

"Il se réveille ! Appelez le médicomage !"

"Et prévenez le jeune Marchebank !"

Les sons et les couleurs se mélangeaient. Autour de lui, l'agitation était intense et le monde semblait tourner trop vite. Il flottait aux limites de l'inconscience, sans chercher à s'accrocher à ces morceaux de vie. Avait-il jamais connu un tel bien-être, une telle sérénité ? Etait-ce donc cela, la mort ? C'était comme du coton et c'était si agréable, par Merlin, de ne plus penser à rien ! Son grand esprit, toujours encombré de questions, de plans, de préoccupations s'était éteint, comme mis sur pause, et seule lui restait la conscience de son corps engourdi, profondément enfoncé sous des couvertures épaisses et confortables. Pourtant, peu à peu, les sensations se multipliaient. Il prit conscience des odeurs, curieusement printanières, s'attarda plus longuement sur le sens des propos qui lui parvenaient.

"...après seulement quinze jours, c'est un véritable miracle, on peut s'estimer chanceux à ce stade... Je sais que c'est dur à entendre après ce qui s'est passé mais votre père a eu beaucoup de chance.. Devrait se rétablir mais... plus pratiquer la magie..."

Des mains lui palpaient le corps, quelque chose de froid était posé sur son torse. Une baguette magique, posée sur son bras, pulsait en rythme avec son coeur. Des gouttes furent pressées dans ses yeux pour les humidifier, et il réalisa alors qu'il avait les yeux ouverts. Le plafond blanc était certainement celui de Sainte Mangouste, comme l'indiquaient d'ailleurs les examens incessants des médicomages sur son vieux corps fatigué.

Papillonnant des yeux, Leopold parvint à lever une main qui fut attrapée par quelqu'un, qui l'aida à se redresser quelque peu et à s'adosser à ses oreillers. Il ouvrit la bouche pour tenter de s'exprimer mais sa gorge était trop sèche, et l'inconnu en blouse blanche se hâta de lui tendre un verre d'eau. Le liquide clair était comme une bénédiction, qui lui éclaircit l'esprit. Brutalement, de nombreuses pensées s'imposèrent à lui, faisant naître un sentiment d'urgence. Il se souvenait. Il se souvenait de tout, l'attentat, la banque, ses enfants blessés, le Wingardium... Et puis plus rien.

Il retrouva aussi sa force, et c'est avec une certaine brutalité qu'il agrippa la blouse du médicomage pour lui demander, les traits angoissés :

"Mon fils ? Dave ? Et Kessy ?"

"Vos enfants sont en vie, monsieur le ministre. Dave est ici, nous allons vous laisser, et je passerai dans un petit moment pour vous voir. Mais n'oubliez pas que vous avez besoin de beaucoup de repos."

"Oui, oui", répondit-il, l'air perdu. Tout était encore très confus, et il avait mille questions à poser, toutes plus urgentes les unes que les autres, mais Dave aurait les réponses. Dave était en vie... Dave était vivant ! Il avait réussi ! Ils vivaient, tous les deux !

Le soulagement qui s'empara de lui était indescriptible, et il s'enfonça de nouveau dans ces oreillers, tandis que la valse des docteurs s'achevait et que tous quittaient les lieux, en fermant la porte derrière eux. En l'espace de quelques secondes, la quiétude était revenue dans la chambre d'hôpital, sur laquelle son regard se balada. Les tables de chevet étaient recouvertes de bouquets de fleurs tous plus resplendissants les uns que les autres. Lentement, il attrapa la petite carte qui accompagnait l'un d'eux et sourit en reconnaissant la signature de Gordon. Visiblement, deux ou trois jours avaient du s'écouler depuis l'attentat, mais il ne doutait pas que ses directeurs de département avaient du prendre les choses en main. Malgré tout, il espérait être rapidement sur pieds pour qu'on le mette aux faits de ce qui s'était passé et pour qu'il puisse réunir son cercle.

Avec un profond soupir, il se redressa un peu plus en entendant un bruit à l'opposée de la chambre. Ses pupilles sombres s'arrêtèrent alors sur Dave, et il sentit son coeur se serrer dans sa poitrine...




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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Allongé sur son lit, la tête tournée sur le côté, on aurait pu croire en entrant dans sa chambre que Dave dormait et c’était exactement ce qu’il recherchait en adoptant cette posture. En vérité, il avait un regard vide, fixé sur sa fenêtre qui lui peignait un Londres grisâtre. Il n’en pouvait plus. Il n’en pouvait plus de recevoir du monde en permanence, sa mère, sa belle-mère, sa tante, son oncle, ses cousins, ses amis, ses collègues. Des gens qui l’aimaient et qui s’inquiétaient sincèrement pour lui, mais c’était exactement ce qu’il ne pouvait plus voir. Leurs questions prudentes le hérissaient, leur compassion lui donnait la sensation d’étouffer, et leur patience envers ses crises de colères lui renvoyait l’image d’un enfant gâté et pitoyable. Le choc et l’incompréhension des premiers jours avaient laissé place à une fureur qu’il peinait à contenir. Il lui était difficile de s’exprimer, et lorsqu’il le faisait, c’était bien souvent sur un ton agressif. Les médecins disaient et répétaient que c’était une phase normale. Ils avaient beau y mettre toute la délicatesse du monde, Dave ne supportait pas non plus leurs discours, où il ne comprenait qu’une chose : son futur était balisé par tout un tas d’étapes que visiblement ces médecins connaissaient bien et arrivaient à parfaitement rationnaliser. Ce n’était pas son cas. Il ne voyait pas en quoi savoir qu’il passait par une phase « normale » était sensé le rassurer. Il n’y avait rien de normal, dans ce qui lui était arrivé, ni dans ce qu’il vivait désormais. Il n’était plus le même, il ne le serait jamais plus, et aucune perspective au monde ne pouvait lui paraître plus effrayante que celle-ci.

Il avait cru que découvrir les infidélités de son père et vivre avec leurs conséquences était l’épreuve la plus difficile que l’univers pouvait lui destiner. Quelle plaisanterie. Il ne songeait même plus au fait que c’était sa demi-soeur qui se trouvait sous ses yeux, lorsque Kessy venait lui rendre visite. Cela n’avait aucune importance. Elle se tenait là comme les autres à tenter de lui parler, de le soutenir. Ce qui la différenciait était qu’elle avait vu les mêmes choses que lui et qu’elle en ressortait avec un traumatisme aussi. Pourtant, même le fait d’avoir été avec elle, sous les murs en effondrement de la banque, d’avoir vécu cette atrocité ensemble, ne donnait pas à Dave le sentiment qu’elle pouvait totalement comprendre, qu’il pouvait totalement s’ouvrir à elle. Il n’y arrivait pas, il n’arrivait même pas à s’ouvrir à lui-même. Ses pensées, ses émotions, tournaient dans une boucle incessante en lui, infernale, sans lui laisser aucune possibilité de s’en extraire pour qu’il puisse les démêler. Il aurait fallu, par il ne savait quelle opération magique, que quelqu’un partage son corps pour comprendre ce qu’il en était. Car ce corps lui échappait, et il n’arrivait pas à le comprendre, encore moins à l’accepter.

Avec fatalité, Dave songeait que dans tous les cas, il n’y avait aucun sens à en vouloir encore à son père, quand ce dernier n’était même pas en capacité de le voir. Tout ceci lui paraissait parfaitement dérisoire, et même, lointain. Il avait l’impression que le temps s’était considérablement rallongé depuis le trente octobre. Il n’avait jamais connu la sensation d’un tel détachement de la réalité temporelle. Il lui semblait que le temps ne s’écoulait pas, mais s’allongeait dans une éternité angoissante, de laquelle il ne pouvait sortir…

« Monsieur Marchebank, je m’excuse de me présenter ainsi. Votre père vient de se réveiller. »

Ce n’est que lorsque l’infirmière qui avait brusquement fait irruption dans sa chambre prononça ces mots que Dave sentit pour la première fois son coeur s’alléger de quelque chose. Il n’avait pas pris la pleine mesure de l’attente insoutenable que le coma de son père avait logé en lui. Quatorze jours. Le temps venait subitement de reprendre toute sa substance pour le jeune homme, qui répéta ses mots dans sa tête, à la fois effaré du nombre de jours qu’il avait fallu pour qu’il entende cette nouvelle, et surpris qu’il s’en soit écoulé si peu. Deux pauvres semaines lui avaient paru d’une éternité indicible, et ce fut autant sonné du choc de la nouvelle que de cette constatation, qu’il tenta de bouger de son lit.

L’infirmière se rapprocha aussitôt de lui, bras en avant, mais Dave la coupa dans son élan d’une phrase sèche :

« Je peux me redresser tout seul. »

Il lui fallut un certain temps, et tout l’usage de la force de ses bras amaigris, mais il parvint à s’asseoir sur son fauteuil pendant que l’infirmière garda une distance respectueuse. En silence, elle saisit les poignées de son siège pour le faire rouler en avant, vers des couloirs que Dave connaissait par coeur maintenant. Il avait rendu visite à son père tous les jours depuis qu’il avait repris connaissance, parfois il était resté des heures à son chevet, dans une contemplation silencieuse de ses traits inertes, différents. C’était une vision difficile à affronter, évidemment parce qu’il avait craint chaque jour un peu plus qu’il ne se réveille jamais, mais aussi parce qu’il avait eu du mal à le reconnaître. Le coma ne plongeait pas sa victime dans un simple sommeil, Dave avait vu son père pâle comme si la vie était en train de le quitter, le visage et le corps déformés par les appareils magiques qui maintenaient ses organes en fonctionnement. C’était une image qu’il ne pourrait jamais oublier.

« Bonjour, papa. »

Les mots lui échappèrent dans un souffle à la fois hésitant et soulagé. Il resta un temps à la porte à observer son père, à regarder son visage se mouvoir. Quand il remarqua que l’infirmière n’était plus derrière lui, Dave se sentit un peu bête et gauche. Un constat venait de le frapper : son père le voyait dans cet état pour la première fois. Curieusement, alors que Leopold n’était pas dans un état bien meilleur que le sien, il se sentit devenir petit et honteux.

Retenant légèrement sa respiration, Dave fit avancer son fauteuil roulant jusqu’à arriver à la hauteur du lit, pour dévisager son père. Une fois arrivé à son chevet, il ne sut pas quoi dire immédiatement. Lui demander comment il allait était exclu d’emblée, Dave connaissait la réponse : mal, forcément. Il ne trouva pas non plus le courage de lui parler de son propre état. Alors il soupira en baissant la tête, et décida de se passer d’introduction ou de questions futiles. Un seul sujet était dans leurs têtes, à tous les deux.

« Tu te souviens de tout ce qui s’est passé ? »



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Le regard fixé sur le visage de son fils, Leopold resta frappé par le changement qu'avait connu son fils. Ce n'était pas seulement le fauteuil dans lequel il se trouvait, et qu'il s'efforçait vainement d'ignorer. C'était avant tout ses traits tirés, ses joues creusées et son expression insondable. Quelque chose d'inquiétant luisait dans ses yeux, quelque chose qui n'était pas là auparavant... Brièvement, Leopold croisa le regard de son fils et il eut l'impression de se regarder lui-même, sensation troublante qu'il s'efforça de dissiper en clignant des paupières.

Lui aussi était très certainement marqué par ce qui s'était passé. Presque inconsciemment, il porta la main à son propre visage et tressaillit lorsque ses doigts effleurèrent une fine boursouflure qui lui zébrait tout le visage, du côté gauche. Son oeil avait été touché, mais de toute évidence, les médicomages étaient parvenus à sauver sa vue.

A la question de Dave, il reporta son attention sur lui.

"Je me souviens...", répondit-il lentement avant de froncer les sourcils, encore un peu désorienté. Quelques souvenirs lui revinrent par flashs, et il sentit son rythme cardiaque s'accélérer douloureusement dans sa poitrine. "Hier, enfin... Je suppose que c'était hier... Quand j'ai appris ce qui s'est passé, j'ai accouru dans la banque, j'avais peur qu'il soit trop tard pour toi..."

Mais cela n'avait pas été le cas. Son fils aîné se trouvait bien là devant lui, vivant bien que visiblement marqué par les événements, et c'était ce qui lui importait le plus. Leopold tendit une main sans force en direction de Dave, recherchant son contact, comme pour mieux s'assurer de sa réalité.

"C'était..."

Le chaos. Hélas, cette simple pensée suffit à raviver des souvenirs, des images et des odeurs qu'il ne se sentait pas encore prêt à affronter. La peur qu'il avait ressenti alors avait été trop intense pour qu'il la revive. Il la repoussa d'un léger mouvement de tête et poursuivi :

"J'ai cherché dans les décombres, j'ai cherché partout pour toi, et quand je t'ai enfin aperçu, ta soeur était là aussi. Ensuite... il y a eu une autre explosion, ou... Je ne sais plus, une colonne est tombée, droit sur toi."

Un infime tremblement agita ses mains, et il croisa les doigts pour tenter de le stopper. Il ressentait une telle fatigue et une telle faiblesse que cette simple conversation l'épuisait, et pourtant, il devait aller au bout. Trop de questions restaient en suspend, qui se battaient en duel dans sa tête et l'empêchaient de former une pensée cohérente. Son regard s'attarda de nouveau sur le fauteuil dans lequel Dave était assis, et il s'efforça de rassembler son courage pour poser l'interrogation qui lui brûlait les lèvres :

"Le... Le fauteuil... C'est temporaire, le temps que tu te remettes, ou bien..."

Il ne put aller jusqu'au bout de sa phrase, se concentrant pour avoir une expression aussi neutre que possible. Tout ce que Dave avait à lui dire, toutes les mauvaises nouvelles qu'il avait certainement à lui apprendre, il pouvait l'encaisser. Il n'avait pas le choix, car c'était sa responsabilité, de père et d'homme d'Etat. Ce qui était sûr, c'est que le ministre n'était pas au bout de ses peines. Au fond de lui, il sentait à quel point les choses avaient changé, il savait que la catastrophe n'avait pu être complètement évitée. Un pressentiment morbide l'envahissait à mesure que ses pensées s'éclaircissaient et que les événements lui revenaient en tête. Leopold, Dave et Kessy avaient peut-être survécu, mais quelque chose de terrible s'était produit. Quelque chose qui allait tout changer. Alors il lui fallait désormais prendre la mesure de l'étendue des dégâts...




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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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Dave lut le trouble sur le visage de son père, tandis que ce dernier se palpait le visage. Il avait déjà questionné les médicomages à ce sujet, ils n’avaient guère pu faire résorber complètement sa blessure à l’oeil. Cette cicatrice resterait probablement toujours là, comme une des nombreuses marques, physiques ou mentales, que laisserait cette terrible matinée du trente octobre. Dave conserva un silence prudent, sans interrompre son père pour le laisser rassembler ses souvenirs confus, sans même le corriger lorsqu’il crut que seulement un jour s’était écoulé pendant son inconscience. Il voulait connaître sa version de l’histoire, même s’il possédait déjà quelques éléments. Kessy lui avait rapporté certaines choses, ainsi que d’autres témoins. Leopold s’était donc engouffré dans la banque, seul, faisant fi de tout danger, et avait tenté de sortir son fils des décombres. C’était en lançant un sortilège qu’il s’était effondré, ce que les médicomages avaient confirmé après examen. C’était parce qu’il avait voulu le sauver qu’il était sur ce lit d’hôpital, et il était inutile de dire combien Dave s’était torturé la conscience dans l’attente du réveil de son père…

Qu’avait t-il sauvé ? songea t-il douloureusement, en baissant la tête, incapable de montrer son regard qui s’embuait. Un fils qui ne serait plus jamais le même… Il attrapa fébrilement la main que son père tendait vers lui, pris dans ses propres souvenirs qui jaillissaient.

« Monsieur Marchebank, je suis désolé. »

Cette phrase, il l’avait entendue plusieurs fois, de la bouche de différents médicomages. Dave revit les couleurs floues, le goût amer de son premier réveil, des semaines plus tôt. Il s’était senti faible, contusionné, il avait eu mal, mais pas partout. Il aurait préféré. La douleur physique lui aurait peut-être permis de couvrir un peu celle qui écrasait son coeur. Il aurait donné absolument n’importe quoi pour avoir mal sur le bas de son corps. Il aurait préféré souffrir le martyr, plutôt que supporter un néant absolu. Il se revoyait un soir, en plein milieu de la nuit, donner des coups de poings rageurs sur ses deux cuisses. Rien. Puis il s’était laissé tomber au bas de son lit pour s’accrocher péniblement à sa commode et s’efforcer de se lever, se cognant contre des obstacles sur son chemin. Toujours rien. Il n’avait réussi qu’à faire tomber sa lampe avec fracas. Le désespoir l’avait fait crier et il s’était débattu avec les médicomages qui étaient entrés en trombe dans sa chambre pour le calmer.

La violence de ce souvenir lui arracha un frisson. La dernière phrase de Leopold restait toujours en suspens, dans un silence intenable entre eux. Dave avait lâché sa main, et ses poings s’étaient rabattus sur ses genoux.

« Non. »

C’était tellement dur d’en dire davantage. Son père devait savoir. Dave aurait pu faire le choix de laisser quelqu’un d’autre le lui expliquer, mais c’était trop tard. Il était là, sur son fauteuil roulant qui charriait tout son lot de questions, face à son père désorienté, à peine capable de se souvenir ce qui s’était passé. Dave lui-même avait mis un certain temps à tout se remémorer lorsqu’il avait repris conscience. Encore aujourd’hui, il lui semblait que dans la violence du moment, son cerveau avait occulté certains détails, ou atténué sa conscience sur les instants les plus difficiles. Il avait notamment le sentiment d’avoir entendu son père, à un moment, probablement lorsqu’il tentait de le sauver, il se souvenait de voix confuses, de lumières aveuglantes, si bien entremêlées d’hallucinations qu’il n’était guère capable de distinguer ce qui avait été réel ou non.

Tout cela n’avait plus d’importance. Seul un fait demeurait certain, dorénavant.

« Lésion de la moelle épinière. » Prononcer la suite lui coûta un effort qui n’avait jamais été aussi douloureux. « C’est irréversible. »

Il connaissait le détail de son diagnostic par coeur, tant il en avait tourné et retourné les mots. Il y avait des domaines dans lesquels même la magie restait impuissante, et ça, Dave l’avait bien compris dans le regard des médicomages qui le suivaient. Maintenant, c’était celui de son père qui devait s’être braqué sur lui et que Dave ne voulait pas croiser. C’était la première fois qu’il avait à l’annoncer à haute voix à quelqu’un, réalisa t-il. Sa famille et ses amis qui lui avaient rendu visite étaient déjà préalablement mis au courant. Quant à sa mère, elle l’avait appris en même temps que lui, figée à son chevet. Son père n’avait aucun moyen de savoir, puisqu’il venait de reprendre conscience après une longue période de coma. Une larme dévala si vite sur sa joue que Dave ne put guère la retenir, mais il l’essuya d’un vif geste. Sa voix le trahissait toutefois, lorsqu’il reprit la parole :

« Tu as fait de la magie pour me sortir de sous la colonne qui m’écrasait, c’est ça qui… Qui t’a plongé dans le coma, expliqua t-il à mi-voix. Ce n’était pas hier, papa. Tu es resté inconscient pendant quatorze jours. »



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Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold sentit un grand froid s'insinuer en lui lorsque Dave retira sa main de la sienne, pour serrer son poing contre sa cuisse. Il devina la réponse un quart de seconde avant qu'il ne la prononce, mais entendre ces mots ne lui fit pas moins mal pour autant. Cette confirmation orale de ce qu'il refusait d'admettre lui coupa littéralement le souffle, comme si quelqu'un venait de lui mettre un coup de poing dans le plexus. Sonné, Leopold resta silencieux tandis que son esprit tentait d'assimiler l'information, atroce, que venait de lui dire son fils. Toute cette scène lui semblait irréelle, et il s'accrocha discrètement aux draps, comme pour dissiper la sensation de vertige qui lui faisait tourner la tête.

Irréversible. Son fils ne pourrait plus jamais marcher, sentence rarissime dans le monde sorcier, mais pas inconnue pour autant. Sa vie serait infiniment plus compliquée à partir de maintenant, sans parler des conséquences sur sa personne, car il était certain qu'il ne serait plus jamais le même... Irréversible. Ce mot raisonnait affreusement en lui, et il réalisa avec horreur qu'il était en train de vivre la chose qu'il redoutait le plus au monde : qu'on fasse du mal à son enfant. Ce qu'il avait été fou, par Salazar, fou à lier, de croire qu'il pouvait tout se permettre, qu'il n'y avait rien en ce monde qu'on puisse lui prendre et qui puisse le détruire ! La larme qui coula sur la joue de Dave lui brisa le coeur, et il songea à quel point il avait de la chance de ne pas l'avoir perdu pour de bon. Car alors, il aurait été détruit, et il avait été aveugle de ne pas le comprendre plus tôt.

La peur panique qui s'était emparée de lui à l'idée de perdre Dave venait de refaire surface, menaçant de le suffoquer. Et si Dave n'était pas capable de se faire à sa nouvelle condition ? Et si cette épreuve là était trop dure pour lui ? Que pouvait-il faire ? Rien, rien, il n'y avait très certainement plus rien à faire, car si le fils du ministre pouvait être guéri, cela aurait déjà été fait. L'annonce de la durée pendant laquelle il avait été inconscient provoqua un nouveau choc chez le ministre, mais il ne commenta pas. Il n'en avait pas la capacité. La gorge serrée par l'émotion, le regard voilé, il ne chercha même pas à dissimuler ses yeux qui s'embuaient à son tour. Contrairement à son fils, il n'avait plus de fierté à préserver, car quelle fierté pourrait-il tirer d'avoir mis son fils en danger ? En réalité, il n'avait pas sauvé Dave, non, il avait détruit sa vie. C'était sa faute.

Irréversible... Le ministre découvrait enfin que que ses actions avaient des conséquences, qu'il ne pouvait plus effacer. Certaines choses ne pouvaient être achetées par l'argent, le pouvoir ou la ruse. Elles n'étaient pas nombreuses, mais elles étaient essentielles, et la santé de son fils, sa propre santé en faisaient partie.

"Je suis désolé, mon fils", lâcha finalement Leopold d'une voix brisée par l'émotion, avant d'enfouir son visage dans ses mains. "Je suis désolé. C'est ma faute."

Incapable de soutenir le regard de Dave, Leopold resta plongé dans le refuge de ses mains pendant quelques secondes. Il se laissa envahir totalement par ses émotions d'une violence qu'il ne se connaissait pas, entre tristesse, colère et déni. Leopold n'était pas homme à regarder vers le passé, et pourtant, combien aurait-il donné pour pouvoir revenir en arrière, quatorze jours plus tôt, et prévenir l'attentat ? A quel point les choses avaient-elles pu lui échapper ainsi ? L'impression d'avoir perdu tout contrôle des événements lui était au moins aussi insupportable que la culpabilité écrasante qu'il ressentait.

Quatorze jours... Leopold n'avait pas le loisir de se laisser aller de la sorte. Pas alors que son fils était là, dans son fauteuil, à le regarder. Pas avec un Ministère à l'abandon, face à un pays en plein chaos. Pas alors qu'il ignorait encore l'état de Kessy, de Griselda, et de tant de ses amis et collaborateurs. Il devait se reprendre, et laisser le Serpentard rationnel en lui s'exprimer. Il avait un fils à supporter, une épouse à retrouver, un bébé et un pays qui n'attendaient que lui... Ce n'était pas le moment de craquer.

Il essuya son visage, inspira profondément et redressa le visage, pour poser un regard franc sur son fils. Sa voix était plus posée lorsqu'il s'exprima :

"C'est moi, c'est mon régime qu'ils voulaient viser et c'est toi qui en paies les conséquences, et c'est la pire des injustices. Je suis désolé, je suis ton père, c'est mon rôle de te protéger et j'ai échoué. Je crois que je ne pourrai jamais assez m'excuser pour cela. Mais je vais faire mieux dans le futur, je te le promets. Ce qui t'arrive est certainement la pire épreuve que cette famille ait à affronter, mais on va la surmonter ensemble. Tu n'es pas seul, mon fils, tu ne seras jamais seul, tu m'entends ?"

Tout en parlant, il s'était redressé dans son lit d'hôpital, et avait repoussé les couvertures pour venir s'asseoir, non sans difficulté, sur le rebord du lit. Il se pencha pour poser ses mains sur les épaules de son fils et scruter son regard. Oui, il y avait définitivement quelque chose de différent dans ses yeux... Et il comprenait mieux pourquoi. Il comprenait aussi la ressemblance qu'il avait perçu un peu plus tôt. Comme son père, Dave était désormais un infirme, quelqu'un qui devrait se battre jour après jour pour parvenir à faire ce qui était si naturel au reste du monde... Une bouffée de compassion l'envahit et il pressa les épaules de son fils pour l'attirer contre sa poitrine. Quand avaient-ils partagé une étreinte pour la dernière fois ? Leopold aurait été bien incapable de le dire, mais celle-ci semblait salvatrice, et il tenta de faire passer la force de ses émotions par la pression de ses bras autour du corps brisé de son fils.

"Je ne sais pas ce que je serais devenu sans toi", murmura-t-il, plus pour lui-même. Dave ne le percevait peut-être pas, mais ils avaient évité le pire...




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Dave MarchebankEmployé de la March Bankavatar
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This is the end

L’abandon de Leopold signa celui de Dave. Quelque chose se brisa en lui lorsqu’il vit que même son père, son père indestructible, se laissait submerger par une émotion proche du désespoir face à la nouvelle condition de son fils. A quoi s’attendait t-il d’autre ? Qu’il lui dise que tout rentrerait dans l’ordre, qu’il allait trouver un moyen de lui rendre ses jambes ? Personne ne le pouvait, pas même son père qui avait toujours tout accompli pour qu’il ne manque de rien. Cette fois, il n’y avait pas de solution, pas d’arrangement possible, et ni la fortune, ni le pouvoir de leur famille n’y pourrait quoi que ce soit.

Hold your breath and count to ten

Ce fut cette fois trop difficile de masquer les larmes dans son regard, lorsque Leopold le prit par les épaules pour s’excuser et lui promettre son soutien. Et ce fut littéralement au-dessus de ses forces de les retenir quand il l’attira contre lui. Dave agrippa ses bras autour de son père, s’accrochant à lui comme à son appui le plus solide. Il sanglota fort, comme jamais il n’avait sangloté depuis des années. Il lui sembla à cet instant qu’il était revenu en enfance, lorsque se blottir en larmes contre son père avait la faculté de résoudre tous ses soucis. Cette fois, Dave savait que ce ne serait pas le cas, mais les vannes de son désespoir étaient grandes ouvertes, fracassées par les émotions qui déferlaient en lui depuis deux semaines.

Feel the earth move and then
Hear my heart burst again

Il pleura pour les amis, les collègues qu’il avait perdus à la banque, et pour ceux qu’il avait failli perdre. Il pleura pour sa mère qui se rongeait les sangs pour lui, pour son père qui ployait sous la culpabilité, pour tous ses proches qui craignaient de ne plus jamais retrouver le même Dave, et qui avaient raison. Il pleura ce Dave-là, brisé, déformé, fracassé par un mal intolérable. Enfin, il pleura pour son autre perte, aussi douloureuse que celle-là, une perte qui rejaillit avec violence lorsque Leopold lui murmura ses derniers mots. Oui, ils étaient chanceux d’être toujours en vie tous les deux, et de pouvoir se retrouver. Dave aurait pu perdre un pilier. Un deuxième, car il en avait déjà perdu un.

For this is the end

« Papa, Mamie Griselda, elle… »

Un vertige le frappa si fort que ses doigts s’agrippèrent à la chemise de Leopold. Le simple souvenir du ciel de la banque, s’effondrant sur sa grand-mère, lui donnait la sensation de tomber à son tour.

Let the skyfall, when it crumbles

« C’était… C’était elle que je cherchais dans les décombres, avant de me faire frapper à mon tour. J’ai vu des choses… »

Le souffle lui manqua pour terminer sa phrase. Des visions de mains décharnées, ensevelies sous des débris qui étouffaient des gémissements de douleur, passèrent devant ses yeux fermés. Dans ses cauchemars, elles se multipliaient, comme s’ils avaient été des centaines de corps coincés sous le puits de lumière de la banque, devenue pure obscurité. L’aveu de ses profondes craintes et celui de la mort de Griselda lui échappèrent dans un murmure étouffé :

« J’ai eu tellement peur de te perdre toi aussi. »

Il serra son père, non plus cette fois pour puiser dans sa force, mais pour à l’inverse lui transmettre la sienne. Le deuil serait au moins aussi difficile pour Leopold, si ce n’était plus. Il n’y avait rien d’autre à dire. Le soulagement de se savoir vivants ensemble n’effacerait pas leur peine, mais il les lierait plus fort que jamais pour surmonter le reste, comme le disait son père. Et le fils se sentit coupable à son tour d’avoir piétiné ce lien sacré et d’avoir attendu de risquer de le perdre pour se souvenir de son importance.

We will stand tall
And face it all together

« Tu n’es pas seul non plus. Je suis désolé d’avoir été si dur avec toi. L’attente était affreuse, je m’en suis voulu, j’ai eu peur que… Dave ne parvint pas à finir sa phrase, mais son père avait certainement deviné la suite sans qu’il n’ait à le dire. Il s’écarta de lui, passa son bras sur son visage pour essuyer les dernières larmes de ses yeux rougis. Je préfère qu'ils aient manqué leur coup. S’ils t’avaient eu toi, je ne me le serai jamais pardonné. »

Let the skyfall, when it crumbles
We will stand tall
And face it all together




Merci Vivi
Leopold MarchebankMinistre de la Magieavatar
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Leopold se sentait complètement chaviré par les pleurs de son fils, qui sanglotait contre lui. Brisé par les épreuves que la vie avait mis en travers de son chemin, Dave était inconsolable. Comment un père pouvait-il tolérer une telle douleur chez son enfant ? Les émotions tempêtaient si fort en lui qu'il en avait le vertige, et il sentit son coeur fébrile s'emballer dans sa poitrine. Mais il resta immobile et fort, comme un rocher auquel son fils pouvait se cramponner, autant qu'il le désirait.

Au nom de Griselda, le ministre eut l'impression qu'on venait de le plonger dans la mer du Nord en plein décembre. Il se tendit et suspendit son souffle, dans l'attente des quelques mots de son fils qui allaient confirmer ce qu'il savait déjà, mais rien ne vint. Prononcer ces paroles funestes semblait au-dessus des forces de Dave, et Leopold continua de le serrer contre lui, incapable d'émettre le moindre son, ni de bouger d'un millimètre. Griselda Marchebank était et avait toujours été son seul repère familial dans la vie, la seule figure d'autorité, et de maternité, qu'il ait accepté. Toute sa vie, Leopold avait dû jongler avec l'éventualité de sa mort, mais jamais il n'était parvenu à s'y résoudre tout-à-fait, car que deviendrait-il alors, sans elle ? De repères moraux, de chaleur et d'amour familial, Leopold en manquait terriblement, et c'était auprès de Griselda qu'il l'avait toujours trouvé. Longtemps, elle avait été son seul guide dans l'existence, et il se référait à elle comme un navire suit un phare dans la nuit. L'éventualité de son trépas était donc inenvisageable, car elle représentait sa force, son modèle, sa part d'humanité. Elle était la source de tout ce qui était bon en lui...

"Elle est morte, n'est-ce pas ?", finit-il par murmurer, de la voix détachée et métallique d'un robot. "Elle nous a laissé."

Leopold avait ignoré les dernières paroles de son fils. Pour une obscure raison, il avait besoin d'entendre, sans aucun doute possible, que son arrière-grand-mère avait succombé dans l'effondrement de la March Bank. Comme si le fait d'entendre ces mots allait donner toute leur réalité aux faits. Il ferma les yeux, pressant fort ses paupières pour tenter de chasser l'image de Griselda qui apparaissait devant lui, en vain. Il avait eu cinquante-sept ans pour la connaître, cinquante-sept ans pour vivre avec elle et l'aimer comme on aime une mère. La résistance leur avait volé de précieux mois, peut-être même des années, et Griselda ne verrait pas Nicholas grandir.

Le temps d'une longue minute, Leopold se laissa envahir par le chagrin, la colère et la haine, qui tempêtaient rageusement en lui. Puis, peu à peu, il entreprit de reprendre le contrôle de ses émotions, et il relâcha son étreinte sur Dave. Le regard qu'il posa sur lui semblait le vieillir de dix ans, mais la lueur qui luisait au fond de ses pupilles noires était bien vivace.

Leopold n'avait pas tout perdu ce jour-là, comme Dave le lui avait justement rappelé. Ils ne s'étaient pas perdus, l'un et l'autre, ils seraient encore là et plus unis qu'ils ne l'avaient été depuis des mois. Dave aurait besoin de lui, de sa force, de son courage, plus encore que Leopold n'avait eu besoin de Griselda par le passé. Dave, quant à lui, lui apportait sans même le savoir cette humanité qui lui manquait tant. Alors rien n'était perdu.

"Tu n'as rien à te pardonner, tu m'entends ? Tu avais toutes les raisons du monde de m'en vouloir. Je n'ai pas été un bon père. Mais ça va changer, Dave, et ce qu'ils nous ont fait... Ce qu'ils nous ont pris..."

Leopold serra ses mains tremblantes l'une contre l'autre, s'attarda un instant sur le fauteuil que Dave ne quitterait plus, et conclut d'une voix sans appel :

"Cela ne restera pas impuni. Cela aussi, c'est une promesse."




Christoph Waltz, merci à Roy
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« Oui. »

Ce fut tout ce que Dave put répondre à son père qui voulait une réponse sur le sort de Griselda. Il n’avait pas su prononcer les mots, sans doute par peur qu’ils affermissent une réalité qu’il se refusait à accepter. Sa grand-mère Griselda, sa chère grand-mère, celle qui représentait la figure maternelle qui lui manquait au manoir, depuis le divorce de ses parents. Celle qui avait été une oreille attentive, un appui sans faille, une langue acerbe pour le remettre dans le droit chemin quand il déviait, un esprit fin et audacieux avec lequel il adorait livrer des duels. Griselda Marchebank était un monument pour le monde magique, mais aussi pour son arrière-arrière-petit-fils, qui l’avait toujours admirée avec force. Même si elle lui avait paru éternelle dans ses yeux d’enfant, Dave avait grandi et savait qu’il se serait retrouvé confronté à sa mort un jour ou l’autre, par la force des choses. Mais pas dans ces atroces circonstances. Il pensait la voir vieillir, il l’imaginait râler tous les jours un peu plus de ses jambes qui lui causaient des souffrances, jusqu’à n’être plus vraiment capable de se lever. Il pensait qu’elle mourrait ainsi, lâchée par un corps mourant, tandis que son esprit serait toujours aussi vif, digne. Pas fauchée par la pure violence, la cruauté et la bêtise des hommes.

Quelle injustice.

Une nouvelle salve de larmes, parfaitement silencieuses cette fois, coulèrent sur les joues de Dave, qui se sentait comme un tout petit garçon abandonné. Bientôt, ses pleurs se tarirent, laissant dans son regard une inquiétante morosité. Ses yeux cernés, tirés par le chagrin paraissaient vides, aussi vides que ses pensées lasses de tourner en rond dans sa tête. Il avait craqué sans aucune retenue dans les bras de son père, ce qui lui avait permis de tout laisser sortir. Il se sentit comme une coquille vide, tandis que Leopold le prenait par les épaules, une coquille qui put aisément se remplir de ses paroles vengeresses. Dave livra toute la foi dont il était capable en les mots que prononça son père, tant il lui paraissait un repère sûr à cet instant. Il avait besoin de quelqu’un pour le tirer de la brume qui l’enveloppait depuis des jours, et lui donnait l’impression d’avancer vers un avenir terriblement flou. Il avait besoin de la force de conviction de Leopold qui lui affirmait qu’ils allaient se redresser et prendre leur revanche.

« Je te crois » souffla t-il.

Dave prit conscience de l’importance de ce moment lorsqu’il baissa les yeux vers leurs mains serrées l’une dans l’autre. Une promesse, un pacte scellé. Qui savait de quoi étaient t-ils capables ensemble ? Dave devait désormais vivre avec un handicap, mais il espérait que cela le rendrait plus fort, plus impitoyable que jamais. Il allait avoir besoin dans les prochains jours de soutien, de quelqu’un pour comprendre sa détresse, son désespoir, son envie de tout démolir. Il aurait besoin de quelqu’un pour lui donner de la force. Plus que jamais, Dave sentit ce pont invisible, ce puissant lien filial, qui existait entre lui et Leopold. Alors il cessa d’avoir peur. Et du petit enfant abattu, il se glissa dans la peau du jeune homme mûr, aussi grand que son père.

« Comment tu vas t’y prendre ? Je veux t’aider, papa. Son ton avait retrouvé une toute nouvelle fermeté, et son regard qui planta dans celui de Leopold, une dureté d’acier. Pas seulement en te soutenant. Je veux agir, avec toi. »



Merci Vivi
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Un Marchebank paie toujours ses dettes [Dave et Leopold]

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