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 Un heureux événement [Roy]

MétamorphomageMolduavatar
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Eden Rosebury, 29 ans

2 Novembre 2009

Le bonheur. Une euphorie brute, écrasante, presque violente dans son absolu. Si Eden avait pensé être heureuse avant, elle estimait s'être trompée désormais. Après une grossesse presque idyllique - mais qu'est-ce qui n'était pas idyllique dans la vie d'Eden Rosebury ? - elle et son Jimmy venaient d'avoir leur première petite fille et son cœur était gonflé de joie comme un ballon sous hélium. La petite Felicity était née dans la nuit du premier au deux, alors que le pays accusait encore le choc du violent attentat qui avait eu lieu quelques jours auparavant. Alors que le Royaume-Uni sombrait dans le deuil, la naissance de cette petite frimousse, ne pouvait que représenter un symbole d'espoir aux yeux d'Eden. Elle avait longuement hésité sur le prénom : Hope, Joy, Harmony... Au final, le choix de Felicity semblait tous les rassembler, endormie paisiblement dans les bras de sa maman.

La chambre était remplie de cadeaux, qui ne cessaient d'arriver depuis ce matin, quand l'ordre de départ de leurs faire-parts (roses en forme de cupcakes avec une cerise pailletée sur le dessus qui chantait une mélodie entêtante) avait été donné. Des peluches épaisses et moelleuses, des fleurs, des chocolats de ses partenaires commerciaux, des gâteaux de ses employés, des vêtements pour bébé de la part de sa famille. Tout le monde semblait mettre la main à la pâte, comme pour se raccrocher à une bonne nouvelle. Merlin soit loué, Eden n'avait perdu personne dans cet horrible attentat et pouvait se consacrer paisiblement à sa petite-fille. James était rentré se reposer, après avoir veillé auprès d'elle tout le long du travail et avoir passé un moment très ému avec sa deuxième petite-fille, après sa Maeva chérie. Irina en avait profité pour passer, malgré ses patients, et semblait plus que ravie de rencontrer sa première petite nièce qu'elle avait beaucoup embrassée. Elle lui avait assuré que Roy passerait la voir, puisqu'il venait ici voir une amie, et cela arrangeait beaucoup Eden : elle voulait demander quelque chose à son cousin, de très très important. D'aussi important que la recette absolument secrète de la crème qu'elle mettait dans ses choux.

- Et c'est qui la plus jolie petite princesse de tout l'univers, c'est qui qui ? babillait Eden au dessus de Felicity qui la fixait de deux grands couleur olive.

Elle ne se lassait pas de regarder sa fille et laissait régulièrement échapper des petits gloussements de plaisir en réalisant que ça y est, elle était maman ! La première de ses sœurs, la deuxième de sa famille après Diego : elle avait une petite fille, qu'elle allait élever avec beaucoup d'amour, beaucoup de douceur, de tendresse et de muffins. Quelques coups furent frappés à la porte et Eden lança un "entrez" d'une voix joyeuse, s'attendant à voir un membre du personnel du service, personnel qu'elle aimait beaucoup. Elle aimait tout le monde. Vraiment tout le monde. Encore plus depuis que ses hormones de fin de grossesse dansaient la zumba de K&K dans son cerveau. Mais ce n'était pas un infirmier, c'était son cousin Roy et le visage d'Eden s'illumina comme le London Eye à Noël alors qu'elle adressait un sourire éclatant, malgré la fatigue, à son cousin.

- Roy ! Je suis tellement heureuse de te voir !

Son premier réflexe aurait été de se jeter dans ses bras mais son mouvement inconscient fut interrompu par le léger gazouillement dans ses bras. Elle baissa les yeux sur sa fille et corrigea :

- Nous sommes tellement heureuses de te voir ! Reeegarde, Felicity, c'est ton tonton Roy !
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Le hasard faisait bien les choses, car c’était en se mettant en route pour aller voir Isobel à l’hôpital que Roy avait reçu un Patronus d’Irina lui annonçant la naissance du bébé d’Eden. Un sourire avait percé ses lèvres, enfin une bonne nouvelle ! Ces derniers jours avaient été particulièrement difficiles dans le pays. Roy pouvait se considérer chanceux de n’avoir perdu personne dans les attentats qui avaient secoué le monde magique deux jours plus tôt, quoiqu’il n’était pas complètement rassuré non plus. Il avait eu une sacrée peur en apprenant qu’Isobel y avait eu un accident assez grave, mais heureusement, elle s’était réveillée la veille. Elle était maintenant sortie d’affaire, d’après les médecins, il lui fallait simplement récupérer de son opération. La situation de Leopold était plus inquiétante en revanche, aucune amélioration n’avait été détectée, il était toujours plongé dans le coma, et la politique du pays en suspens avec lui… Roy avait eu un certain choc à le savoir dans cet état, suspendu dans un lieu inconnu entre la vie et la mort. Les visites étaient extrêmement contrôlées, réduites à sa famille proche, alors il n’avait guère pu l’approcher mais il avait tout de même pu lui faire déposer un mot dans sa chambre et il pouvait se renseigner régulièrement sur son état grâce à sa soeur et sa mère qui travaillaient à l’hôpital.

Plus Roy y pensait, et plus il se disait qu’il avait tout de même eu beaucoup de chance. Son premier réflexe avait été de s’assurer que Juliana ne s’était pas trouvée par un hasard purement fortuit à Leopoldgrad -heureusement qu’elle n’avait strictement aucune raison de s’y trouver. Mildred en revanche, en avait des dizaines, elle y avait été d’ailleurs, et heureusement sortie d’affaire. Lui-même aurait pu s’y trouver puisqu’il s’y rendait régulièrement pour le K-Club. A part Isobel et Leopold, personne dans ses contacts proches ne se trouvait en difficulté, et il pouvait s’en estimer heureux. Ce n’était pas le cas de tout le monde, à commencer par sa soeur qui vivait le deuil d’une de ses proches amies. C’était aussi par compassion pour les malheurs de ses proches que Roy vivait cet évènement funeste, qui était certainement le plus terrible pour le pays depuis des années, et Merlin savait qu’il y en avait eu plusieurs…

La standardiste, penchée par-dessus son bureau à l’accueil de l’hôpital, parut avoir détecté sa présence avant même de rencontrer son regard, car elle le salua d’un commentaire laconique :

« Je te vois un peu trop souvent à mon goût par ici, ces derniers jours, je n’aime pas beaucoup ça, mon fils. »

Un sourire tira les lèvres de Roy qui s’accouda au standard, pour répondre sur le même ton :

« C’est pour mieux te voir débordée par la quantité de personnes qui se bousculent ici depuis trois jours, ma maman.
-Oh, moi ça va encore, c’est Irina qui ne fait plus ses nuits. »

La moue imperceptible qui tendit ses traits ne trompa pas Roy, qui demanda d’un ton plus sérieux :

« Elle va mieux ?
-Je ne sais pas trop, avoua sa mère, avec un soupir. J’imagine que s’acharner à son travail l’aide à ne pas trop réfléchir. Ton amie va mieux aujourd’hui, d’ailleurs, elle m’a chargé de te dire ça tout à l’heure.
-Tant mieux, je passerai tout à l’heure, déclara t-il, car il avait résolu de commencer par voir Eden. Irina a vu le bébé ?
-Juste à l’instant. Chambre 306, la maternité est au bout de ce couloir. » Elle lui désigna la direction, puis retint son fils en posant sa main sur la sienne avant qu’il ne se détourne. Un véritable sourire, peut-être le premier depuis de nombreuses heures sur le visage de sa mère, tiré par la fatigue, éclaira son expression. « La petite va te faire penser à quelqu’un, je pense. »

Intrigué, Roy ressentit une espèce d’appréhension étrange et joyeuse à marcher vers la chambre d’Eden. En toute honnêteté, il n’avait pas été tellement ravi le jour où il avait appris sa grossesse, pour la simple et bonne raison que Roy détestait le père, qu’il savait infidèle à sa femme. Il avait rongé son frein, car il n’avait jamais abordé frontalement cette question très épineuse avec Eden, se contentant simplement d’allusions quand se taire était trop difficile. Elle avait beau être affreusement naïve et aveugle, à un niveau parfois énervant, Roy craignait que lui ouvrir les yeux ne détruise son bonheur. Et s’il y avait une chose qu’il espérait ne jamais voir arriver à sa cousine, c’était qu’une trop brusque désillusion ne la brise complètement. Il avait beau râler sur sa naïveté et sa gentillesse excessive, c’était ce qui faisait l’âme d’Eden, au fond il espérait bien qu’elle ne s’en départirait jamais.

Il avait beau détester James Smith, il était impossible d’en détester pour autant le petit bébé qui grandissait dans le ventre de sa cousine et qui la rendait si heureuse, encore moins maintenant que l’évènement tant attendu était réel. Roy n’eut qu’à pousser la porte et voir le visage rayonnant d’Eden pour se laisser contaminer par son sourire. Il entra jusqu’à se tenir face à la maman et le tout petit être qu’elle tenait dans ses bras. Ce tableau lui fit un effet étrange, de la même façon qu’il avait eu une espèce de choc à voir Diego papa, neuf ans auparavant. Diego, Eden, Jason, Roy avait grandi avec eux, ils avaient le même âge à un ou deux ans près, alors c’était toujours étrange de voir l’un deux passer ce cap et devenir parents. Heureusement, ce n’était pas encore le cas de Jason, sinon Roy allait commencer à se sentir vieux…

« Et oui, c’est moi, le meilleur tonton ! se présenta t-il en se penchant vers le bébé. Rassure-moi, je suis son premier tonton à venir hein, Diego et Jason ne m’ont pas devancé ? Ah mais elle est adorable et toute… minuscule ! »

Il était même sincèrement impressionné qu’elle arrive à tenir ce petit bout sans craindre de le casser. Il offrit une accolade à Eden, puis déposa un baiser sur son front en soufflant :

« Félicitations, je suis content de te voir aussi. »

Il s’installa sur le rebord du lit, tandis qu’il extirpait une boîte du sac qu’il avait amené avec lui, un sourire mystérieux aux lèvres.

« Ca, c’est pour toi, je sais pas si tu connais, ça vient de la meilleure pâtisserie du monde, tu devrais goûter. »

Le logo brillant du Paradis d’Eden luisait sur le devant de la boîte que Roy déposa sur sa table de chevet, et qu’il avait pris soin de remplir avec les meilleures réussites culinaires de sa cousine. Il sortit ensuite un deuxième objet, qu’il montra au bébé qui fermait à demi les yeux.

« Et ça, c’est une perle rare pour toi, c’est pour que tu saches dès maintenant que ta maman est une formidable pâtissière ! » C’était par un coup de chance qu’il avait déniché ce joli biberon rose, de petite taille, dont le bouchon avait la forme d’un cupcake en silicone. « Oh, ça la fait réagir on dirait ! »

Le bébé avait totalement ouvert les yeux et mouvait maladroitement l’un de ses bras. Ce fut lorsqu’il vit son regard grand ouvert que quelque chose frappa Roy qui s’exclama :

« C’est fou comme elle ressemble à Carla ! »


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Eden Rosebury, 29 ans

Il n'était pas bien difficile de mettre Eden de bonne humeur - son cœur semblait pomper de la vitamine C pure - mais l'état dans lequel elle était présentement était dangereusement proche de la consommation de Volubilis. Il lui était impossible de décrire la sensation qui explosait dans sa poitrine à chaque fois qu'elle rapprochait un peu plus sa fille de son cœur, comme pour mieux appréhender sa présence, réaliser encore un peu plus qu'elle était là, son tout petit corps tout chaud, ses cheveux noirs et doux, ses petites mains encore un peu fripées. Alors avoir auprès d'elle son cousin qu'elle aimait tant, qu'elle chérissait depuis des années avec toute l'affection dont elle était capable - ce qui n'était pas peu dire - ne pouvait que décupler cela, si seulement c'était possible. Elle aimait toute sa famille, entièrement, mais avait pour Roy une inclination particulière, depuis toujours, sans savoir pourquoi, comme elle l'avait pour Carla ou pour Isadora. C'était ainsi, elle avait une faiblesse pour eux, comme un creux du cœur qui se gorgeait un peu plus d'amour à chaque fois qu'elle posait les yeux sur eux.

- Non, tu es le premier des garçons, mais Iriri et ta mère sont passées déjà pour voir le nouveau membre des Calder - Rosebury ! Une petite Smith pourtant, Felicity Silvia Ingrid Smith, mais qui avait tout de sa famille maternelle.

Toute ravie de voir que son cousin trouvait sa petite Feli adorable, elle hocha la tête un peu trop rapidement. C'était juste le plus mignon des bébés, aussi mignonne qu'un bébé Boursouf, absolument trop choupie-cute-adorable. C'est vrai qu'elle était toute petite - ils n'étaient pas de gros gabarits dans la famille - mais cela ne faisait que renforcer sa mignonnitude, surtout avec son petit body avec des oreilles de chat. Elle sourit lorsque Roy déposa un baiser sur son front, savourant le geste d'affection. Elle se décala avec précaution, tenant Feli délicatement, pour que son cousin puisse s'installer. Elle fut surprise de voir Roy sortir une boîte de son sac, vantant la meilleure pâtisserie du monde (et c'était bien la seule chose qui aurait pu faire légèrement râler Eden, qu'on fasse la publicité d'un autre commerce, mais râler doucement, sur une échelle de Nora Weaver à Théo Nott, elle était environ à Grady McNeil) mais son sourire se détendit alors qu'elle reconnaissait son logo.

- Roooh que tu es bête ! fit-elle en riant. Merci beaucoup mon Royou !

Mais si la boite de douceurs lui avait fait plaisir - Eden n'était pas pâtissière pour rien - elle fondit littéralement devant l'autre cadeau, comme la détermination de ses clientes au régime devant ses gâteaux. Les larmes lui montèrent aux yeux d'émotions, et d'hormones, et de fatigue, devant l'adorable petit biberon et l'attention de Roy, ses compliments. Elle ne put néanmoins s'empêcher de rire à travers ses larmes devant la réaction de son cousin, qui voyait les yeux de Feli pour la première fois. Cela l'avait frappée elle-aussi dès qu'elle avait vu ce regard pour la première fois, qui était familier...

- N'est-ce pas ? C'est son portrait craché, de notre petite Carlita... Maman en a été touchée aussi. J'espère qu'elle sera aussi douée qu'elle, fit Eden en tapotant doucement le nez de Felicity. Mais peut-être un peu plus sage...

Carlita était un peu ronchon parfois, il fallait l'admettre. Eden souleva doucement sa fille et la tendit légèrement vers Roy.

- Est-ce que tu veux la prendre dans tes bras ?
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« Donc, je suis le premier homme Calder qu’elle voit, c’est parfait, elle commence par le meilleur ! » fanfaronna Roy en adressant un sourire au bébé.

La joie d’Eden qui irradiait littéralement le contaminait et le poussait à sortir des plaisanteries stupides. Il vit que ses cadeaux lui faisaient réellement plaisir, jusqu’aux larmes d’émotion, et il en fut heureux. Il était tout simplement heureux pour elle, pour ce joli bébé qui allait grandir auprès d’une mère qui n’avait que de l’amour à donner. La petite Felicity était réellement chanceuse d’avoir Eden pour mère, elle ne manquerait jamais de rien, Roy en était certain. Un rire amusé lui échappa à son commentaire sur Carla et il répliqua sur le même ton :

« Je te le souhaite, Carla était un vrai petit monstre. Bon, je reconnais que je lui ai bravement enseigné pas mal de bêtises… »

Et il n’en était pas peu fier ! Adolescent, il s’était beaucoup amusé avec sa farouche petite cousine Carla qui le suivait littéralement partout dès qu’elle le voyait, et une relation particulière s’était nouée entre eux. Pas tout à fait celles de cousins, pas non plus celles de frères et soeurs, ni d’un père et sa fille, mais quelque chose entre tout ça.

Avec Eden aussi, il avait un lien particulier, il était bien plus proche d’elle que de Maria ou d’Alma par exemple. Il avait passé sa scolarité avec elle à Poudlard, et avec Diego, alors il était autant proche de l’un et de l’autre. Il avait travaillé avec Diego un temps après l’école. Puis il avait soutenu Eden dans ses affaires et elle réciproquement, ce qui avait renforcé leurs liens. Enfant, Roy se souvenait qu’ils jouaient souvent à trois, que lui et Diego n’étaient pas toujours gentils avec elle d’ailleurs, la « fille » du groupe, avec toute la condescendance que pouvait démontrer des garçons de six ans envers les « filles ». Roy se souvenait de véritables moments d’amusement avec elle, mais aussi d’autres où il avait été purement méchant, plus que Diego, d’ailleurs, qui n’était pas un enfant aussi capricieux et difficile que lui, à l’époque. Mais elle ne leur en avait jamais tenu rigueur, revenant toujours vers eux avec affection, prête à les suivre dans tout ce qui leur ferait plaisir. Et Roy n’avait jamais manqué de la protéger des autres, garçons ou filles, qui lui faisaient du mal, se montrant même particulièrement farouche pour défendre les intérêts de sa cousine, qui -il était très bien placé pour le savoir- était beaucoup trop gentille avec tout le monde, à ses propres dépends.

Voilà un détail de leur enfance qui n’avait jamais changé, songea Roy avec amusement. A Poudlard, il avait cassé quelques mâchoires des garçons qui s’étaient moqués d’elle et soigneusement pourri la vie des pestes qui s’étaient mis en tête de l’utiliser. Aujourd’hui, il y avait souvent un Veilleur ou deux qui passait mine de rien près de la boutique d’Eden à Bristol dans la journée… au cas où. Il se demandait parfois si elle s’en rendait compte, il ne cachait pas forcément sa propension à vouloir la protéger, mais il s’arrangeait généralement pour qu’elle ne remarque pas trop. Lorsqu’il s’agissait d’exprimer des sentiments, Roy Calder était toujours pudique.

Il fut d’ailleurs un peu gêné de la proposition d’Eden, pourtant normale, de le laisser prendre sa fille.

« Ah, euh… Tu penses que je peux ? Elle a l’air vraiment toute petite et fragile… » Sans qu’il ait eu le temps d’opposer plus d’arguments, il se retrouva avec Felicity qu’Eden avait délicatement installée au creux de ses bras. « Who, d’accord, eh bien… Coucou, Felicity… »

Ses yeux noirs rencontrèrent ceux verts de l’enfant, puis glissèrent sur la peau légèrement hâlée et les cheveux sombres qui parsemaient sa petite tête. Elle avait tout des gènes Calder, sauf ces yeux singuliers, ce regard si clair et expressif qui avait toujours été l’atout de Carla pour faire ployer Roy. Il sentit de la même façon une barrière s’abaisser face à ce petit être, qui ne protestait pas d’un poil dans ses bras, et semblait au contraire lui faire totalement confiance, alors qu'il n'avait pas grand-chose pour la mériter.

« C’est impressionnant. » souffla t-il.

Il ne précisa pas vraiment quoi, Eden devait certainement savoir encore mieux que lui de quoi il parlait. Tenir un nouveau-né dans ses bras était une expérience que Roy découvrait avec une certaine fascination qu’il s’expliquait à peine.


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Eden Rosebury, 29 ans

- Ne fais pas le fanfaron, le réprimanda joyeusement Eden. Elle aimera tous ses oncles et toute sa famille, n'est-ce pas ma Fifi ? interrogea joyeusement la nouvelle maman en embrassant les joues pleines et rondes du bébé.

Felicity avait la chance de venir au monde dans une grande famille unie, qui pourrait l'entourer et s'occuper d'elle. Elle ne serait jamais toute seule, ne serait-ce grâce à ses six tantes ou à tous les cousins et cousine de cette dernière. Elle aurait des enfants avec qui jouer bientôt, dans la maison familiale d'Isadora, et serait aimée et chérie, comme seul bébé de sa génération pour le moment. Emmanuela commençait à grandir, elle était presque en âge de s'occuper un peu de Feli. Eden savait qu'elle pouvait compter sur sa famille pour prendre soin de son bébé et les aider, elle et Jimmy, à se faire à cette nouvelle vie, l'aider à gérer et sa carrière et sa toute nouvelle vie de maman. Parce que personne n'aurait pu le prévoir, mais Eden était une entrepreneuse ambitieuse et ne voulait pas abandonner sa chaîne de magasins parce qu'elle avait des enfants : en bonne Poufsouffle, elle pensait que le travail ouvrait toutes les portes et qu'avec les bonnes aides et la présence aimante de son James, elle pourrait cumuler les deux avec succès !

- Mais tu n'enseigneras pas de bêtises à Felicity, répondit-elle avec une candeur non-feinte, parce que tu es devenu bien trop sérieux pour ça ! Tu sais, ajouta-t-elle avec un soudain sérieux qui tranchait avec ses joues roses, j'ai entendu dire que tu faisais beaucoup de parties d'échecs avec tous les gens importants du pouvoir maintenant que tu as ton entreprise ! C'est Leopold Marchebank qui m'a dit ça quand il est venu dans ma boutique, que Merlin lui porte assistance...

Elle serra un peu plus sa fille contre son sein, comme si ce simple geste pouvait la protéger de toutes les choses horribles qui se déroulaient dehors, les attentats, les terroristes du Kraken, les Mardoliens... Toutes ces choses si dangereuses et qui faisaient si peur. Eden était certes fondamentalement optimiste sur la nature humaine, sur l'avenir et elle l'était encore : elle était persuadée que le pays arriverait à sortir de cette crise et cesserait d'être monde méchant et brutal pour devenir calme, pacifique, heureux et doux comme un pelage de licorne. Mais en attendant, elle voulait que son tout petit bébé, si fragile, encore plus dans les bras plus épais de Roy, où elle reposait désormais, soit protégée. Elle savait que James protégerait sa fille contre tout, comme il protégeait Maeva, qu'il l'aimerait avec tendresse et attention, qu'il ferait d'elle une petite princesse. Mais Eden avait grandi avec le sens de la famille, et surtout, Eden avait grandie protégée du monde. Certaines personnes se demandaient comment était-ce possible d'être si... elle. La réponse était assez simple en soi, même si Eden elle-même ne le réalisait pas : ellt avait été bercée par une bonne étoile et avait grandi avec beaucoup de chance, protégée de beaucoup de malheurs. Tout ce qui lui était arrivé, elle avait pu le surmonter avec sa candeur légendaire, pas altérée le moins du monde dans son rapport à la vie. Inconsciemment, elle voulait la même chose pour la petite Felicity alors elle la remettait dans les mêmes mains qu'elle, littéralement et allégoriquement :

- Ne t'en fais pas, tu ne vas pas lui faire mal, imagine que c'est un petit Boursouf choupinet que tu ne dois pas écraser et ça ira tout seul !

Elle caressait doucement la tête de Feli qui reposait dans les bras de son oncle, souriant aussi chaleureusement qu'un réacteur atomique lorsque Roy déclara que c'était impressionnant. Cela l'était en effet, et pourtant, c'était une toute petite chose, qui gigotait à peine mais la manière dont elle dévisageait le monde faisait fondre Eden. Elle l'aimait, comme les crêpes aiment le Nutella, comme le moelleux au chocolat aime la glace vanille. Elle savoura du regard ce tableau, entre Roy et Felicity, se retenant de battre des mains de contentement : elle ne voulait pas effrayer le bébé. C'était le bon moment pour sa demande, jugea-t-elle avec des paillettes dans les yeux.

- Roy.

Il releva les yeux vers elle et elle joignit les mans sous son menton.

- James et moi avons mis du temps à nous décider mais... Je voudrais que tu sois le parrain de Felicity.

Elle le fixait de ses prunelles rondes et douces, cherchant l'approbation dans le regard de son cousin.

- Parce que s'il venait à nous arriver quelque chose à moi et Jimmy, je sais que tu t'occuperais bien d'elle et que tu la protégerais de toutes les choses moches dans le monde, comme tu as fais avec moi. Et tu ferais attention à ce qu'elle soit bien, heureuse, et que personne ne vienne jamais lui faire du mal. Je veux que ce soit toi, le parrain. Que tu sois sa troisième personne sur cette terre, avec le reste de la famille. Dis-moi oui, s'il te plaît !

Et elle le pensait tout cela. Elle pensait sincèrement que de toute la famille, Roy serait le plus amène de tout faire pour protéger Felicity si le besoin s'en faisait sentir et de tout faire pour ce tout petit bébé.
Roy CalderChef de la mafiaavatar
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Roy dut réellement se retenir d’éclater de rire à l’assertion de sa cousine. C’était les moments où sa naïveté l’impressionnait presque et il s’imaginait assez facilement que Leopold avait du le remarquer et s’en amuser. Bon, tant qu’il n’en abusait pas trop… Evoquer le ministre rappela à Roy qu’il était dans un état si instable qu’il n’aurait peut-être jamais l’occasion de reparler, ni à Eden, ni à Roy, et cela le rembrunit.

« En effet, j’espère qu’il s’en sortira… On a d’autres parties d’échecs à jouer, lui et moi. »

Il avait dit ça comme une plaisanterie à la fois pour Eden et lui. Des parties d’échecs politiques, ou de poker entre amis, peu importait, il espérait très vite pouvoir en rejouer avec Leopold. Ce funeste sujet fut balayé par la présence de Felicity, qui requit toute l’attention de Roy une fois qu’il l’eut dans ses bras. Exactement comme Eden le lui avait dit -il voulait faire les choses bien- il prêtait attention à être le plus précautionneux possible. Il avait entendu dire que le crâne des nouveaux-nés était mou et malléable, pourquoi pas le reste de leur corps, si ça se trouve, il était en train de l’abîmer sans le vouloir ! Inquiétudes peu rationnelles, Roy se trouva assez stupide d’être aussi anxieux à l’idée de mal faire. Tout allait très bien, Felicity avait l’air parfaitement installée et il l’admira un moment avant que la voix soudainement grave d’Eden ne lui fasse lever la tête. Son expression sérieuse l’interpela, et à raison. La demande qui s’ensuivit aurait presque pu le faire lâcher le bébé, il en ouvrit des yeux ronds de surprise.

« Quoi ? Moi ? Mais… »

Avant qu’il n’ait le temps de lui demander pourquoi, Eden le devança et lui énuméra toutes les raisons pour lesquelles elle souhaitait faire de lui le parrain de sa première fille. Il tira de ses arguments un mélange étrange de confusion, d’étonnement et quelque part, de plaisir. Elle lui reconnaissait et lui offrait une attache à sa famille que bien d’autres avaient cessé de voir, entièrement par sa faute, cela dit. Roy était loin d’être le membre le plus modèle de leur famille, très loin, il passait volontiers pour le fils ingrat, le frère perturbateur, le cousin louche, depuis le temps qu’il avait pris des distances et choisit le style de vie qu’il menait. Cela n’avait jamais effacé l’amour qu’il portait à ses proches, ni celui qu’eux-mêmes lui portaient mais ce n’était pas vraiment à Roy qu’on pensait en premier pour confier une quelconque responsabilité, encore moins une responsabilité familiale.

« Je… ne sais pas quoi dire. Je pensais même pas que… Enfin, je suis pas tellement le candidat idéal, finit t-il par lâcher, d’un ton étrange, entre la légèreté et l’ironie. Jason est plus sérieux et responsable que moi, Diego est déjà papa, il sait mieux ce que c’est, moi, je… »

Lui, quoi ? Lui, il était loin d’être aussi « sérieux » qu’Eden semblait le croire, même s’il avait un peu mûri ces derniers temps. Mais il n’avait jamais été un grand frère idéal, il n’y avait qu’à voir sa relation catastrophique avec Jason. Il s’entendait bien avec Irina ces derniers temps, car il s’était rapproché d’elle, notamment en lui confiant le secret de sa relation avec Juliana, mais cela n’avait pas toujours été le cas, et elle lui en avait voulu pour beaucoup de choses, dans le passé. Quant à Adrian, Roy sentait bien qu’il avait toujours eu envie de le voir changer, notamment avec leur famille. Alors comment pouvait t-il devenir le parrain d’une petite fille aussi jeune et fragile, alors qu’il n’avait jamais su s’occuper correctement de ses propres frères et soeurs ? La seule enfant qu’il avait plus ou moins chaperonné, c’était Carla et elle avait fini adolescente rebelle et maintenant… Eh bien, trafiquante, comme lui.

Il baissa les yeux vers Felicity, si petite et mignonne toute logée contre lui. Tout lui criait que ce n'était pas très sage d'accepter, mais en même temps, à voir le bébé dans ses bras, et la confiance que lui portait Eden, il ressentait déjà un immense élan qui lui donnait envie de dire oui.

« Je saurais pas comment m’y prendre. » avoua t-il.


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Eden Rosebury, 29 ans

Une autre personne un peu plus moqueuse et mal intentionnée aurait sûrement été amusée de la surprise évidente de Roy, de ses hésitations, surtout quand on connaissait le personnage, toujours sûr de lui, toujours confiant. Mais Eden était une perle, et surtout, un vrai fond de tarte, et ne réalisait pas à quel point l'attitude de son cousin sortait de l'ordinaire. Elle l'avait toujours considéré comme sensible et profondément doux, même s'il faisait le fanfaron parfois, comme il aimait à le dire. Il y avait beaucoup de fanfarons dans leur famille, Roy, Diego, Adrian, Santino et Julius, Carla même, mais ils étaient tous sensibles dans le fond et derrière ces carapaces assurées, Eden voyait le petit cœur aussi tendre qu'un muffin sorti du four qui palpitait. La réaction perturbée de son cousin la toucha et elle fondit comme neige au soleil, joignant ses mains sur son cœur, ravie. Elle écouta ses retenues avec compassion et finit par tendre la main pour toucher son poignet, qui tenait bien Felicity contre lui.

- Mais ce n'est pas Diego ou Jason, que je veux. Ils feraient de très bons parrains, et je ne compte pas avoir que Felicity, d'abord, dit-elle avec autant de malice que de joie à l'idée de fonder une famille encore plus grande avec son Jimmy chéri. Ils pourraient avoir plein d'enfants et une grande maison à la campagne, ils accueilleraient Maeva et ils feraient tous ensemble des cookies et des jeux de société. Ils seraient tellement heureux et riraient tout le temps ensemble ! Qu'elle avait hâte ! Ils allaient profiter un peu de Féli et ensuite, faire les suivants pour qu'ils soient proches en âge et puissent jouer tous ensemble ! C'est toi que je veux. Et je suis sûre que tu apprendras très vite ! Pour l'instant, il suffit juste de la gâter et de l'aimer très fort et tu sais faire ça !

James et Eden n'avaient de toute manière pas l'intention de disparaître, mais savait-on jamais avec tout ce qui se passait dans le pays... Malgré les apparences, elle n'était pas naïve au point de croire que tout cela n'arrivait qu'aux autres, même si leur famille était épargnée jusque là. Elle espérait qu'ils iraient bien mais si ce n'était pas le cas, elle savait qu'ils pourraient se retenir.

- Et puis dans tous les cas, tu seras doué ! Il y a un ingrédient essentiel pour être un bon parrain : aimer sa filleule. Je suis sûre que tu peux le faire, ajouta-t-elle avec chaleur. Je sais que tu nous aimes tous très fort.

Toute gonflée d'amour, elle serra le poignet de Roy de sa main aux ongles roses.

- Et nous aussi on t'aime. Et Feli t'aime déjà, regarde !

La petite avait fermé les yeux, comme pour se rendormir, toute apaisée et toute tranquille.
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L’expression qui se peignit sur le visage de Roy était loin de lui être coutumière. Il devait le reconnaître, il était tout simplement déstabilisé et il peinait à le cacher. Eden avait cette faculté incroyable de ne jamais craindre de dire ce qu’elle croyait, et de le faire avec toute la sincérité du monde, sans se soucier de paraître à côté de la plaque. Pour le coup, elle ne l’était pas tant que cela, même si une part de Roy le poussait à moquer ce qu’elle disait. Lui, doué avec les enfants ? La bonne blague. Forcément, elle ne connaissait rien des activités les plus illégales dans lesquelles son cousin versait, et même si on le lui révélait, elle n’y croirait pas. C’était presque effrayant cette confiance qu’elle avait en lui, sans connaître la moitié de ce qu’il était.

Pourtant elle voyait des choses chez lui auxquelles d’autres restaient aveugles. Clairement, ce n’était pas Jason qui lui dirait un jour qu’il savait aimer très fort ses proches, car il lui reprochait exactement l’inverse. Combien de fois l’avait t-il entendu l’accuser qu’il se fichait totalement d’eux ? C’était tout à fait faux, mais Roy ne le montrait pas toujours comme il fallait. Il aimait ses parents, il aimait son père même s’ils ne s’étaient jamais compris, il chérissait Irina comme une princesse, il était prêt à tout pour Adrian, et même Jason, il se souciait de lui, il détestait l’idée qu’il lui arrive quelque chose un jour. Alors, il veillait sur eux, toujours, tout en gardant suffisamment de distance pour que jamais aucun d’entre eux ne se trouve atteint par sa faute. Irina avait déjà payé un jour les conséquences de sa vie de mafieux, il ne se pardonnerait jamais que cela arrive à nouveau. Mais sans même aller jusque cette profonde crainte d’attirer des ennuis à sa famille, Roy n’était pas sûr d’être un bon modèle pour qui que ce soit. Or, n’était-ce pas ce qu’il fallait être pour un enfant dont on avait la charge ? Il n’avait aucune idée de ce que c’était qu’être parent, il n’avait jamais été rien d’autre qu’un frère, et pas des meilleurs.

Mais n’était-ce pas justement l’occasion de faire mieux, maintenant qu’il avait mûri, qu’il avait tiré certaines leçons ? Et puis, songea t-il en reportant son regard sur le bébé qui clignait des yeux, Eden ne lui demandait pas d’être un père. « Sa troisième personne », qu’est-ce que cela signifiait ? La troisième personne qu’elle irait voir, celle à qui elle penserait si elle se trouvait incomprise ou rejetée par ses parents ? Si son rôle était simplement d’être là pour elle quand elle en avait besoin, sans être aussi présent et essentiel qu’un père, si son rôle était de l’aimer et la gâter, comme un tonton préféré, un grand frère bienveillant, un ami plus grand qu’elle… N’en était t-il pas capable ? Il ne tenait qu’à lui de faire attention à ne pas avoir de mauvaise influence sur elle. Cela ne l’empêchait pas de l’aimer, de l’aimer très fort, comme lui soufflait Eden.

Poussé par la force qu’il mettait à se persuader lui-même, il sentit ses envies renverser brusquement l’appel de la sagesse et ses craintes se transformer en espoir. Il n’avait jamais été bon pour prendre des décisions raisonnables. Et surtout, sa faiblesse s’était toujours trouvée dans ce qu’il aimait, homme passionné qu’il était, à se laisser dominer par ses élans les plus louables et ses vices les plus discutables. De l’appel grisant du danger aux moments forts qu’il partageait avec ses proches, en passant par son penchant pour la monalisa et par les jolis yeux bleus de Juliana, il y avait tant de choses que Roy aimait et auxquelles il ne savait pas dire non. Il aimait l’idée qu’Eden lui fasse confiance, qu’elle le croit capable de veiller sur sa propre fille, qu’elle lui fasse l’honneur d’être le parrain d’une enfant, plutôt que de la mafia. Et il aimait tenir la petite Feli dans ses bras et la sentir tout paisible contre lui, comme si elle approuvait déjà le choix de sa mère et s’en remettait à Roy, comme Eden s’en remettait à lui.

« D’accord » souffla t-il, pour toute réponse, regardant Felicity endormie contre lui. Cette vision le fit sourire et il ajouta : « Ah, tu ne sais pas qui tu as accepté pour parrain, ma pauvre petite Feli, je te préviens, ça sera pas de tout repos. Tu pourras demander à ta tante Carla, je lui en ai fait voir des vertes et des pas mûres. »

Plaisanter sur le sujet l’aidait à alléger l’engagement qu’il venait de nouer. Avec Carla, les choses avaient été beaucoup plus informelles, ils s’étaient découvert une complicité mutuelle assez naturellement lorsqu’ils étaient plus jeunes. Cette fois, la situation lui paraissait plus sérieuse, plus solennelle, et parler à Felicity plutôt qu’à Eden directement lui semblait plus facile, alors il poursuivit :

« Mais, je te protégerais des crétins qui seront méchants avec toi, et personne ne te traitera autrement que comme une princesse. Et puis, ajouta t-il, un sourire en coin, si jamais tes parents te refusent quelque chose, tu pourras toujours venir voir ton parrain, parce que ta maman vient de me donner expressément l'autorisation de te gâter. La pauvre, elle va regretter d’avoir dit ça et de ne pas avoir choisi quelqu’un de plus raisonnable comme Jason ! Mais c’est trop tard, maintenant, héhé, on va faire le casse du siècle toi et moi. »

Il retourna un sourire de conspirateur à sa cousine, qui devait de toute façon être ravie qu’il ait accepté. Une fois qu’il fut sûr que Felicity dormait réellement, il lui tendit pour qu’elle la reprenne et fasse ce qu’elle devait faire -il savait pas trop, la bercer, la remettre dans son couffin, bref, elle devait savoir mieux que lui- puis croisa ses mains soudainement vides sur ses genoux.

« Tu ne comptes pas avoir que Felicity, tu disais ? Combien d’autres, que je prévienne Diego et Jason ? » lança t-il, gentiment moqueur.


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Eden Rosebury, cousine de Roy

Le « D’accord » que souffla Roy déclencha une vague de bonheur dans le cœur sensible d'Eden qui adressa un sourire encore plus rayonnant que d'habitude à son cousin, comme si elle avait voulu accélérer le réchauffement climatique de la terre par cette simple expression. Comme souvent, si ce n'est toujours, elle pensait toutes les tendresses qu'elle lui avait adressées et aait réfléchi son choix avant de lui proposer. Elle avait une grande famille et de nombreux choix s'offraient à elle pour veiller sur sa petite fille mais elle savait qu'elle avait choisi avec raison. Elle avait grandi avec Roy, ils avaient peu de différence d'âge et avaient été ensemble à Poudlard, notamment. Elle gardait de ces années là u bon souvenir où, même si son cousin était un adolescent qui aimait l'embêter un peu, il avait été là pour elle quand elle avait eu des problèmes. Eden croyait dans tous les gens de sa famille. Dans les gens en général. Ce que les gens appelaient naïveté, elle le voyait comme de la bonne foi et pensait sincèrement qu'il y avait quelque chose de bon chez tous les humains de cette Terre, même ceux qui faisaient des choses horribles. Elle croyait à cela et, quand elle était malheureuse ou blessée, c'était ce qui lui redonnait le sourire. En bonne Poufosuffle, elle n'aimait pas non plus l'injustice et avait à cœur de redonner du crédit à ceux à qui on le refusait : qu'on dise du mal de Roy, ou de quiconque elle aimait, elle s'attacherait à prouver le contraire. La manière dont il parlait à sa toute petite fille entre ses bras ne pouvait que conforter son choix à chaque seconde qui passait et son sourire s'agrandit un peu plus si c'était possible.

- Tu vois, tu t'y fais déjà, lança-t-elle en joignant ses mains sous son menton, dans un geste presque d'extase. J'ai toujours su que tu étais un véritable choupinou-boursouflet, tu devrais le montrer plus souvent, ajouta-t-elle en secouant son index en l'air, comme une maîtresse d'école.

Elle reprit Felicity dans ses bras alors que Roy la lui rendait, la calant tout contre elle. Elle n'était pas prête à la reposer, elle avait envie de la serrer dans ses bras toute sa vie. Elle caressa sa petite tête douce et déposa un baiser sur son front, toute souriante.

- Oh non, Jimmy et moi en voulons plein ! Je veux que Feli grandisse bien entourée, comme toi, comme moi ! Une grande famille... C'est toujours sur la famille que l'on peut compter, c'est toujours elle qui reste à la fin, même quand il n'y a plus personne. Elle est déjà bien gâtée, avec nous tous, mais je veux que, même quand elle sera vieille, elle soit entourée !

Eden avait six sœurs, autant dire qu'elle n'avait pas été souvent seule. Si on rajoutait les cousins, les ongles, les tantes, les nouvelles générations qui viendraient... Il y avait de quoi faire et elle aimait cela. Elle voulait cela toute sa vie, sa famille était tout son pilier, plus important que tout.

- Et puis, ajouta-t-elle en secouant la tête, avec tous ces horribles événements et tous ces gens qui sont... Elle ne prononça pas le mot "mort" mais l'attentat de Leopoldgrad était dans tous les esprits, il ne datait que de trois jours. C'est important d'avoir des bonheurs, comme Feli ! C'est important que la vie continue. Tu ne trouves pas ?
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Eden était aux anges et irradiait littéralement, c’était tellement lisible que Roy sentait presque la pièce se réchauffer. Si elle n’avait pas subi un accouchement la veille, elle se serait peut-être levée pour faire une danse de la joie, ou le prendre dans ses bras à l’en étouffer, un truc du genre. Une situation qui, normalement, aurait du le faire reculer d’un pas de sécurité -voire dix-, précaution tout à fait normale face à une Eden en ébullition. Mais à cet instant, Roy se sentait content de la rendre si heureuse, et peut-être même qu’il aurait répondu à son étreinte si elle l’avait attrapé dans ses bras. Peut-être.

Mais il entra de bonne grâce dans le jeu d’Eden, car, à l’entente du surnom dont elle l’affubla, il répliqua en levant les yeux au ciel, d’un ton presque sérieux :

« Hors de question. Ca reste entre nous, j’ai une réputation à tenir. »

Il l’écouta lui faire part de sa volonté de fonder une grande famille, volonté qui le plongea lui-même dans une brève réflexion. Son regard restait fixé sur le bébé endormi, dont Eden caressait doucement la tête, et il se surprit à se demander si sa mère l’avait porté avec le même amour, à l’instant de sa naissance. Certainement, songea t-il. La première naissance, le premier fils, le premier instant d’émerveillement et de bonheur qui donnait envie d’agrandir la famille, de la même façon qu’Eden se le promettait.

Cela produisit un effet étrange à Roy de transposer mentalement cette scène d’amour maternel qui se déroulait sous ses yeux, à celle de sa propre naissance. Eden semblait si confiante et pleine d’espoirs sur le futur de sa fille, mais quel parent ne l’était pas ? Et combien se trouvaient désappointés face à la façon dont tournait leur enfant ? Roy avait déçu ses parents, il le savait. Pourtant, il avait été à un moment cet adorable garçon -enfin, presque- tout content quand sa mère le prenait tendrement dans ses bras. Il en avait des souvenirs, de cette enfance, où ses relations avec ses proches n’étaient pas si complexes.

Eden avait raison. C’était sur la famille qu’on pouvait compter, toujours. Roy le voyait davantage aujourd’hui. Combien de fois Adrian avait accepté de le couvrir pour des bêtises ? Combien de fois Irina avait t-elle accepté de le sortir d’une galère, sans même connaître les détails ? Ils râlaient, ils le sermonnaient, mais ils ne lui avaient jamais tourné le dos. Non, c’était lui qui le leur avait tourné. A vingt-deux, vingt-trois ans, il avait signé définitivement son émancipation pour mieux s’enfoncer dans une vie totalement dissolue, jusqu’à passer des mois entiers sans donner de nouvelles, et se porter aux abonnés absents à toutes les fêtes familiales. Et quand il revenait, c’était pour mieux se disputer avec l’un d’entre eux, son père et Jason aux premières loges.

C’était toujours la famille qui restait, pourtant, comme le disait Eden. Roy le savait, car malgré ces dix dernières années, malgré le sang d’encre que s’était fait sa mère à son sujet, elle ne lui fermait jamais la porte. Il le savait parce qu’on le laissait doucement revenir, on l’accueillait comme les autres quand il daignait participer à un rassemblement familial, et il essayait de le faire de plus en plus souvent, maintenant. Il le savait, parce qu’Irina supportait l’un de ses plus gros secrets en ce moment-même, et s’apprêtait à devenir témoin de son mariage. Il le savait parce qu’Eden l’avait choisi comme parrain, à l’instant.  

Roy ne sortit de ses réflexions silencieuses que lorsqu’Eden évoqua à demi-mot l’attentat qui plombait leur pays. La réponse lui vint sans qu’il n’eut à réfléchir, cette fois :

« Si, tu as raison. C’est essentiel. »

Que la vie continue, que chacun puisse faire ce qu’il voulait faire tant qu’il le pouvait, c’était exactement ce qui l’avait poussé à demander la main de Juliana, entre autres. Roy baissa brièvement les yeux sur le matelas du lit de sa cousine, réfléchissant à comment formuler ce qu’il pensait sans trop se dévoiler non plus. La voie de l’humour un peu vache fut comme toujours celle qu’il emprunta pour se lancer :

« Tu sais ce que je pense de ton cher James, mais… Il croisa les bras, prenant une mine digne, presque théâtrale. Je lui laisse encore une chance, il a plutôt intérêt à être le meilleur mari et le meilleur père du monde, pour être à la hauteur de vous deux, et des autres bébés qui vont suivre. »

Il le pensait très sincèrement - « très » signifiant qu’il était prêt à sortir les poings si ce n’était pas le cas- mais c’était surtout pour ne pas dire tout de suite ce qu’il avait plus de mal à dire. Il s’efforça de regarder sa cousine. Il n’avait pas été le meilleur des frères, ni le meilleur des cousins, mais elle lui donnait une sorte de deuxième chance et il comptait bien la saisir.


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Elena Calder, 55 ans, secrétaire à Ste Mangouste

La dernière fois qu’Elena avait fait d’aussi longues journées à l’hôpital, elle avait prié pour qu’aucun drame aussi meurtrier ne secoue le pays. Pourtant, à peine un an après les évènements sur le Chemin de Traverse, une nouvelle attaque devait survenir, dans un lieu tout aussi fréquenté.
Depuis trois jours, l’hôpital était plein à craquer, et Elena avait du puiser dans toutes ses ressources de patience pour réussir à gérer les innombrables sorciers qui se précipitaient à son bureau, en proie à la panique. Doux métier que celui de standardiste d’hôpital.

Dire qu’elle avait voté pour Marchebank, et cru en ses promesses de remise en ordre… Elle espérait encore, mais il lui semblait paradoxalement que, malgré les multiples mesures de sécurité que le ministère avait effectivement mises en place, le pays n’avait jamais été autant sous tension depuis la Grande Guerre. Des tensions d’autant plus vicieuses qu’elles étaient intestines, car en surface, tout semblait être parfaitement sous le contrôle du gouvernement. Mais l’ambiance s’était teintée d’un climat de méfiance, de suspicion, de surveillance auquel Elena était sensible. Malheureusement, après un attentat d’une telle ampleur, il y avait de fortes chances que cela empire… Le ministre était peut être dans le coma, mais ses fidèles collaborateurs ne chômaient pas. Le Ministère avait justement annoncé la veille les premiers éléments de l’enquête et confirmait qu’il s’agissait là d’une attaque de nature terroriste, d’un groupe d’anarchistes.

Un bref frisson prit la secrétaire, qui sut que c’était le moment de prendre une pause. La queue s’était bien réduite, ses collègues pourraient s’en charger sans difficultés, alors elle décida d’en profiter pour se dégourdir les jambes. Ses pas la conduisirent machinalement à la cafétéria où elle salua d’un sourire la serveuse.

« Bonjour Cathy, un thé noir, s’il te plaît. Ou plutôt, je vais en prendre trois, se ravisa t-elle. Irina n’est pas passée par hasard ?
-Oh si, et plutôt deux fois qu’une. Pour garder les yeux ouverts, j’imagine. Il va falloir vérifier son taux de caféine à la fin de la journée, je te le dis ! Le prochain verre qu’elle me demande, je lui mettrai plutôt une potion de sommeil, ça lui rendra mieux service, rouspéta la vieille femme, ce qui fit rire Elena.
-C’est déjà dur pour nous, alors je n’imagine pas pour les médecins… Merci, oh il fallait pas ! dit Elena en prenant le petit plateau qu’on lui tendait. Une assiette de biscuits s’ajoutait aux thés qu’elle avait commandés.
-Héhé, tu vas voir ta nièce et son mari j’imagine ? Irina m’a dit pour l’accouchement. Tu leur diras félicitations de ma part.
-Pas tout à fait, c’est mon fils qui est avec ma nièce, mais je transmettrai ! Merci, Cathy. »

D’une meilleure humeur, Elena se dirigea vers les couloirs de la maternité. A la dernière seconde, elle retint le geste qu’elle allait faire pour frapper et rentrer dans la chambre d’Eden. Elle venait d’entendre le petit cri de joie très reconnaissable d’Eden derrière la porte, et, plus surprenant, elle reconnut le ton enjoué de son fils. Après une seconde d’hésitation, elle décida de ne pas interrompre l’échange visiblement complice entre les deux cousins, et tenta de se convaincre que c’était pour cette raison qu’elle n’entrait pas tout de suite. Pas du tout pour écouter aux portes. De toute façon, cela ne servait à rien de faire demi-tour, n’est-ce-pas ? Le thé allait refroidir. Il fallait qu’elle rentre, rapidement, mais qu’elle s’assure de rentrer au bon moment.

En se penchant légèrement, Elena put entendre plus distinctement la conversation, jusqu’à capter certaines phrases :

«  … je veux que, même quand elle sera vieille, elle soit entourée ! … avec tous ces horribles événements et tous ces gens qui sont... important d'avoir des bonheurs, comme Feli ! C'est important que la vie continue. Tu ne trouves pas ?
-Si, tu as raison. C’est essentiel. »

Le ton était visiblement plus sérieux, Elena perçut une certaine gravité dans leur ton qu’elle avait rarement perçu, chez Eden comme chez Roy. Elle faillit rentrer à ce moment-là car le silence était retombé. Mais son fils reprit la parole avant qu’elle ne se décide à pousser la porte, et la curiosité la poussa à rester écouter. Il lança une critique à propos de James qui lui ressemblait bien, Elena reconnut davantage Roy dans son ton arrogant, ce qui la fit secouer la tête. Un deuxième silence s’installa brièvement, avant qu’elle n’entende à nouveau sa voix s’élever, et cette fois elle dut vraiment coller son oreille à la porte pour l’entendre :

« Je tâcherai d’être un parrain sur qui elle pourra… compter, comme tu dis. J’essaierai d’être à la hauteur. »

Elena se rendit compte qu’elle avait retenu sa respiration en attendant la suite, consciente qu’elle espionnait là une conversation assez intime. Elle ignorait d’ailleurs qu’Eden avait choisi de proposer à Roy d’être le parrain de sa fille. Décidée à faire comme si elle n’avait rien entendu, elle laissa à sa nièce l’opportunité de répondre, avant de frapper à la porte. Elle entra avec un grand sourire, son plateau sur les bras :

« Bonjour, vous deux ! Je vous ai apporté du thé. Avec en plus une assiette de biscuits offerts par Cathy de la cafétéria, tu as ses félicitations, Eden. Elle tenta de poser le plateau en équilibre sur le rebord de la table de chevet croulant sous les cadeaux. Enfin, si je trouve une place… »

Sitôt les victuailles posées, elle tendit une tasse à son fils, la deuxième à Eden, qu’elle complimenta sincèrement en voyant son expression :

« Tu es rayonnante ! Elle avait cette aura si indescriptible des jeunes mères, une aura pleine de douceur, de félicité et de confiance. Quand elle se tourna vers Roy, elle le titilla volontairement. Toi aussi, dis donc, tu as une bonne mine. C’est l’effet bébé, tout ça. 
-Si tu le dis… »

A la façon dont il se renfrogna, Elena eut l’impression d’avoir sous les yeux son fils à l’âge de huit ans qui râlait quand elle lui faisait des gros câlins en public. Ce bref souvenir l’emplit d’une joie chaleureuse qu’elle ne put s’empêcher d’exprimer dans un grand éclat de rire.

« Haha ! Ne fais pas cette tête, mon fils, tu as le droit d’être heureux ! Moi je suis très heureuse de la naissance de cette jolie petite fille. Ca me rappelle ma première grossesse, c’était quelque chose ! Hein, Roy Calder, j'espère que tu sais que tu m’en as fait voir de toutes les couleurs, dès le mois zéro de ton existence ?
-Maman ! » protesta Roy quand sa mère vint ébouriffer ses cheveux de façon parfaitement infantilisante et embarrassante.

Elle était surtout heureuse de ce qu’elle avait entendu. Elle était heureuse d’avoir eu ce bref aperçu de la confiance mutuelle et du lien fort qui existait entre eux deux, suffisamment pour qu’Eden confie à Roy une partie de la vie de sa première fille. Elle était heureuse d’avoir entendu son fils déclarer à demi-mot qu’il allait tenter d’être un véritable appui familial pour Felicity. Elle aurait aimé que son mari entende cette conversation lui aussi, et voit que son fils aîné n’était pas un cas complètement perdu…

Elena prit place sur un siège avec sa tasse de thé tiède entre les mains, un large sourire aux lèvres.

« Ca va, Eden ? Le contrecoup de l’accouchement n’est pas trop dur, physiquement ? Felicity prend bien le sein ? 
-Ouais, je suis pas sûr d’avoir envie d’entendre tous les détails de cette conversation, moi, donc…
-Taratata, reste ici, lança la mère de famille, en saisissant le poignet de Roy. Elle attrapa de la même façon celui d’Eden, plus doucement. J’imagine que vous vous voyez à Bristol tous les deux, mais ça fait longtemps que je n'ai pas discuté avec vous, moi. C'est le genre de moment où il faut profiter d'être ensemble » déclara t-elle en souriant.
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Eden Rosebury, cousine de Roy

Eden fit mine de rien lorsque Roy lança qu’elle savait ce qu’il pensait de son mari et se contenta de secouer doucement la tête. James n’était pas très populaire dans sa famille mais elle, elle savait pourquoi elle l’aimait. Elle voyait le meilleur dans chaque personne et elle trouvait en lui beaucoup de qualités. Il était un mari aimant, plein d’attentions, qui s’intéressait à elle et à ses passions. Elle avait beaucoup entendu dans sa vie qu’elle était naïve et superficielle, voire stupide et jamais James ne lui avait fait ce reproche. Il l’écoutait toujours, ils parlaient longuement, il avait toujours des histoires intéressantes à raconter et il la faisait rire. Il était un homme tendre et gentil, présent, il était un bon père, très attaché à sa fille, désoeuvré et malheureux de ne pas toujours savoir faire avec elle. Il était sensible, même s’il ne le montrait pas vraiment et se cachait derrière des mots prétentieux mais elle le connaissait. Il lui avait parlé de son divorce difficile, des rapports tendus avec son ex-femme, de l’épreuve que cela avait été. Il avait l’impression qu’on lui avait pris sa fille, elle ne portait même plus son nom parce que Chloé Hellsoft avait eu des bons contacts au Ministère. Il avait beaucoup souffert de cette situation. Ils se faisaient confiance. Ils veillaient l’un sur l’autre. Bien sûr, il n’était pas parfait mais qui l’était ? Elle était heureuse. Il était heureux. Ils le seraient encore plus avec leur petite Felicity.

« Il le sera » répondit-elle avec conviction. « Il est déjà père, tu sais. Tu devrais le voir avec Maeva. »

Felicity naissait déjà avec une demi-soeur et elle était impatiente que les deux se rencontrent. Elles avaient certes beaucoup de différence d’âge, puisque sa belle-fille allait vers ses dix-sept ans mais Eden espérait de tout son coeur qu’elles puissent avoir un lien fort. Maeva était assez grande pour accepter et s’occuper de ce bébé et en prendre soin, se lier avec elle. Feli, elle, aurait une soeur à admirer et avec qui passer du temps, une soeur qui pourrait la guider dans la vie, lui donner des conseils pour mener sa vie. Elle les voyait déjà, songea-t-elle avec joie dans une projection rose bonbon, bras dessus dessous dans quelques années, allant faire du shopping en riant et en s’amusant comme des folles. Ravie, elle déposa un nouveau bisou sur la tête de sa fille. Elle était tellement tellement heureuse qu’on aurait pu croire qu’elle avait ingurgité un chaudron entier de potion euphorisante. Certaines femmes enceintes avaient des descentes d’hormones juste après la naissance et bien Eden faisait tout le contraire, comme à son habitude. La phrase de Roy la sortit de ses pensées sucrées et fit naître une chaleur en elle. Elle aurait pu lui adresser un sourire rayonnant dévoilant toutes ses dents, comme à son habitude mais elle n’en fit rien. Elle se contenta de tendre sa main libre, celle qui ne soutenait pas sa fille, pour serrer celle de son cousin.

« Je ne doute pas de toi, Roy » fit-elle avec un sourire doux. « Je n’ai jamais douté. »

Deux coups furent frappés à la porte et le battant tourna pour laisser apparaître sa tante Elena, la mère de Roy, visite qu’Eden accueillit avec un enthousiasme non dissimulé. Elle avait déjà reçu des visites de sa famille mais elle était heureuse à chaque fois, de voir les gens se rassembler autour de cette naissance fédératrice. Elle serra un peu plus sa petite fille contre son coeur, comme si elle essayait par ce geste de forcer leur lien. Néanmoins, elle dû se résoudre à la reposer dans le petit berceau juste à côté de son lit, alors que sa tante lui tendait une tasse de thé et des petits gâteaux. Elle installa précautionneusement Felicity dedans, arrangeant une peluche près de sa petite main et se rassit plus correctement dans son lit, se redressant.

« Merci Tatie ! » lança-t-elle avec joie en roucoulant presque.

Elle irait remercier cette Cathy de ses félicitations, dès qu’elle pourrait ramener son bébé à la maison. Elle lui ferait des cupcakes ! Plein de cupcakes de toutes les couleurs ! Elle espérait que Féli serait un bébé assez calme pour lui permettre de garder des occupations, elle ne pouvait pas s’imaginer ne pas faire de pâtisserie ! La petite scène entre Roy et sa maman lui tira un sourire attendri, comme devant un petit chaton qui s’amuserait à rouler dans un champ de fleurs. Si elle n’avait pas eu sa tasse à tenir, elle aurait pu joindre ses mains sous son menton pour accentuer le trait. Son Royounet faisait toujours le difficile et le méchant garçon mais au fond, elle savait qu’il avait le coeur aussi tendre que les chamallows dans ses coeurs coulants au chocolat (c’était son petit secret pour les rendre encore plus tendres, la guimauve).

« Tiens, tiens, ça ne m’étonne pas ! » lança Eden après une gorgée de thé, lorsque Tatie Elena lança que Roy lui avait fait voir de toutes les couleurs très tôt. « C’est un petit gredin, mais on l’aime pour ça ! » Elle lui tira la langue, comme lorsqu’ils avaient sept ans et qu’ils se courraient après dans le jardin de leur grand-mère. « Tu as tout intérêt à venir à la fête de naissance de Feli, n’est-ce pas tatie ? Parce que si son parrain n’est pas là… J’ai demandé à Roy d’être parrain ! » annonça-t-elle comme pour mieux faire comprendre l’information. Elle frétillait en prononçant ces mots et lança un regard réjoui à son cousin. « Et il a dit oui ! Ca aussi, ça se fête ! »

Elle allait faire un immense gâteau au chocolat et à la crème pour la fête de la naissance, avec un glaçage pailleté sur lequel serait écrit « Félicitations, c’est un parrain ! » Même dans sa tête, elle trouvait l’idée déjà très drôle aussi Eden laissa-t-elle échapper quelques pouffements en prévision de la bonne blague qu’elle préparait.

« Pas encore de contrecoup mais ma mère dit que cela ne devrait plus tarder, je lui fais confiance, elle sait de quoi elle parle ! » Elle avait eu sept enfants après tout. « Mais je sais que Jimmychéri sera là pour me seconder les premiers temps, afin que je puisse me reposer ! Et plein de gens dans la famille se sont proposés, avec vous, je suis bien entourée ! » Elle saisit brièvement la main de sa tante entre la sienne, reconnaissante. C’était aussi pour cela qu’elle aimait tant sa famille, ils se soutenaient et s’aimaient et c’était le plus beau des cadeaux et la plus grande des chances. « Oui, l’allaitement se passe bien, les sages-femmes sont absolument adorables et m’aident beaucoup et puis, Feli est une petite goulue ! »

Elle rajouta quelques détails bien sentis à base d’engorgement de laits et de crème anti-crevasses, sans aucune pitié pour les oreilles de son cousin. Après tout, ils étaient en famille ! Heureusement, Elena empêcha son fils de fuir devant ce récit et Eden leur retourna à tous les deux un sourire rayonnant. Qu’est-ce qu’elle était heureuse ! Si elle avait pu, elle aurait fait le tour de la pièce sur un arc-en-ciel bondissant !

« On ne se voit pas tant que ça, Roy est un garçon très occupé malheureusement ! » Elle posa son index sur le nez de son cousin, dans un geste affectueux (et un peu étrange mais très Edenien). « Mais oui, il faut profiter ! Avec de tels événements… Nous sommes tous chanceux, nous devrions en profiter plus. Oooooh ! Partons en vacances tous ensemble, cela serait rigolo ! On loue une très grande maison et on passe deux semaines rien qu’en famille ! Dites oui, dites oui ! »
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L’arrivée de sa mère perça quelque peu l’atmosphère qui commençait à se charger de guimauve. Les paroles d’Eden faisaient réellement plaisir à Roy, tout en étant étrangement sérieuses, ce qui le rendait un peu mal à l’aise. C’était différent des moments où elle lui témoignait une affection débordante par des câlins, des cris de joie et autres gestes expansifs. Il n’avait pas l’habitude d’entendre ce genre de paroles à son égard, et il fut touché par l’affection sans réserve que sa cousine lui témoignait. Mais heureusement pour lui, il n’eut pas à chercher comment réagir, car Elena Calder débarqua dans toute sa splendeur, en mettant bien les pieds dans le plat, comme elle en avait le secret.

Ce qui n’était pas moins gênant, en fait.

« N’importe quoi… »
se renfrogna t-il, tandis que sa mère et sa cousine le taquinaient allègrement.

Il était un bébé adorable, tout le monde le disait ! Enfin, en apparence du moins, un petit diablotin avait rapidement pointé ses cornes derrière sa bouille angélique… Mais Roy eut de quoi se rengorger car Eden ne tarda pas à révéler à sa tante qu’elle venait de le nommer parrain. Il leva fièrement la tête :

« Eh ouais, la petite va avoir le meilleur parrain qu’elle pouvait espérer !
 
-Hum, j’ai la référence de Carla en tête, à qui tu as appris à dérober des bonbons sans se faire repérer.
-C’est un art très utile et difficile à maîtriser. »

Elena répondit d’un rire et d’un mouvement de tête qui semblait signifier qu’elle avait un fils irrécupérable, mais son regard rayonnait. Roy se laissa quelques secondes porter par l’atmosphère familiale simple, sans prise de bec, qui habitait la chambre à cet instant. Décidément, les bébés pouvaient faire des miracles, car cela faisait longtemps qu’il ne s’était pas senti à l’aise dans une réunion familiale de ce genre. Profitant de cette douce trêve, il ne grimaça presque pas quand Eden évoqua son « Jimmychéri », par contre il ne put se retenir dès lors que la conversation glissa vers des sujets dont il aurait aimé ne jamais entendre parler. Il n’était pas sûr de savoir ce que signifiait le mot crevasse dans le vocabulaire d’une femme enceinte, mais le mot était assez repoussant pour qu’il ne cherche pas à comprendre. Malheureusement, Eden donna suffisamment de détails pour qu’il se représente parfaitement la chose. Ah, mais il y avait des choses qu’il valait mieux que les hommes ne sachent jamais, enfin !

Sa mère se moqua d’ailleurs allègrement de son teint, qui avait visiblement pâli, puis redirigea la conversation vers des eaux moins troubles :

« Ma foi, d’ici à ce que j’aie des vacances avec l’hôpital, on a le temps de voir venir
, répondit t-elle à l’invitation de sa nièce. Mais pourquoi pas, si on trouve une maison qui puisse accueillir notre armée familiale.
-Aha, je vous souhaite bon courage.
-Toi, si on t’a déjà un jour sur les deux semaines, on pourra s’estimer contents, j’imagine ?
-Exactement, répondit Roy en se redressant, un sourire aux lèvres. Mais qui sait, je pourrais faire un effort pour ma jolie petite filleule. »

Restant volontairement mystérieux -non parce que s’il commençait à promettre à Eden qu’il viendrait, elle ne le lâcherait plus d’une semelle-, il se pencha vers la dite filleule endormie pour saisir affectueusement sa minuscule petite main. Il eut l’impression qu’elle serra son doigt en retour, ce qui suffit à l’enorgueillir à nouveau : cette petite lui témoignait déjà son affection ! Avec bonne humeur, il embrassa Eden une dernière fois puis prit congé pour aller voir une seconde patiente, sa meilleure amie, à qui il comptait bien tout raconter, enfin, si elle était en était d’en plaisanter avec lui…
FIN DU RP


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Un heureux événement [Roy]

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