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 We're marchin on [Réunification de la résistance]

Lilly CallaghanChef du Krakenavatar
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10 novembre

Depuis l’attentat qui avait touché Leopoldgrad, chaque matin était plus dur que le précédent. Il n’y avait pas une nuit où Lilly dormait d’un sommeil apaisé. A vrai dire, elle ne dormait plus vraiment. Un immense poids pesait sur ses épaules et sur son cœur, celui de toutes les personnes qui avaient péri le trente octobre dernier. La jeune femme se sentait évidemment responsables des agissements des terroristes, qui étaient membres du Kraken. Comment n’avait-elle pas pu voir qu’ils prévoyaient une atrocité pareille ? Et si elle s’était rendue compte avant de ce qu’ils prévoyaient ? Et si elle avait pu agir en conséquence ? Et si, et si… Elle n’en pouvait plus, de faire toutes ces suppositions. Elle se repassait chaque réunion, essayait de voir si elle avait manqué des signes, des sous-entendus dans une phrases banales… Une chose était sûre, il fallait agir.

C’était d’ailleurs pour cela que Lilly attendait de pied ferme les membres du Kraken, en ce jeudi soir. Peu de temps après l’attentat, elle avait pris contact avec Clarissa Nimbus de Pompadour, la chef du mouvement de la Salamandre. Les deux femmes s’étaient rencontrées pour discuter de la situation, et un élément primordial était ressorti de la conversation : elles ne pouvaient plus continuer à agir chacune de leur côté. Leurs responsabilités étaient bien trop grandes, bien trop importantes, pour une seule personne. Il fallait bâtir une nouvelle résistance : une résistance forte, une résistance unifiée. Pas seulement avec la Salamandre et le Kraken, mais avec tous les autres petits mouvements qui se créaient de temps à autres en Angleterre. Lilly et Clarissa avaient alors planifié une réunion, dans le but de réunifier tous ces mouvements. Mais qui allait également permettre à la jeune femme de s’exprimer à propos de l’attentat organisé par ses anciens membres.

Clarissa et Lilly avaient alors passé une semaine à réunir dans la plus grande discrétion les différents mouvements de résistance qu’elles connaissaient. Pour ne pas prendre trop de risques, elles n’avaient contacté que ceux dont elles étaient certaines de la fiabilité. Et, ce soir, il était grand temps de prendre la parole face à toutes ces personnes, qui avaient décidé de croire en un monde meilleur, qui avaient décidé de rejeter un régime oppressant, un régime où on ne laissait pas s’exprimer les individus. Toutes ces personnes qui avaient placé leur confiance en différents leaders. Toutes ces personnes dont Lilly se sentait responsable.

La jeune femme, debout sur une estrade aux côtés de Clarissa, regardait les membres des différents mouvements de résistance prendre place dans la salle. Pour une fois, la réunion ne se passait pas à Bristol – une telle foule aurait beaucoup trop attiré l’attention des autorités – mais à Shalden, une petite ville non loin de Londres. La ville – qui ne recensait aucun sorcier – ne faisait pas l’objet d’une surveillance du Ministère.

Lilly salua d’un mouvement de tête quelques-uns de ses amis, sans pour autant se détendre véritablement. D’un commun accord, Clarissa et elle avaient décidé que c’était à Lilly de prendre la parole pour débuter la réunion. Ce n’était pas une position facile, mais elle devait le faire. De plus, elle voulait rétablir la vérité et mettre en lumière ce qu’il s’était passé récemment. Une fois les derniers membres arrivés, elle s’avança un peu et leva les mains pour demander le silence.

« Bonjour. Je vous remercie d’être venus ce soir. Je sais que ce n’est pas évident en ce moment, avec le Ministère qui redouble de surveillance, mais c’est réellement important que vous soyez tous là. Cette réunion, vous l’avez remarqué, est un peu particulière. C’est en effet la première fois que nous nous retrouvons tous, Salamandre et Kraken, mais que nous avons également le plaisir d’accueillir d’autres résistants, qui œuvrent pour d’autres mouvements. » Lilly prit une longue respiration, avant de se lancer : « Cela fait déjà un long moment que j’y pense, et les récents évènements n’ont fait que confirmer cela. Nous allons tous droit dans le mur. Je ne remets évidemment pas en cause le but de la résistance : vous savez tous ici à quel point je suis dévouée à la cause, au point de lui sacrifier ma vie. Non, je tiens à vous parler de notre mode de fonctionnement. »

« Regardez autour de vous : pouvez-vous différencier un membre de la Salamandre à un membre du Kraken ou à un membre du MDL* ? Regardons les choses en face. Nous avons un ennemi commun. Un ennemi fort, qui dispose de ressources que nous ne pouvons avoir. Ce que nous avons, nous, c’est la soif de liberté, la soif de démocratie, l’envie d’un gouvernement et d’une justice à la fois juste et équitable. Nous avons comme forces nos convictions, nos idéaux. Alors je vous le demande : pourquoi se séparer ? Pourquoi bâtir des barrières lorsqu’on pourrait créer des ponts ? »

Elle laissa un moment de silence.

« La résistance a pour objectif de venir à bout du système actuel, et de bâtir une société juste, équitable. Et pour cela, nous avons besoin des uns et des autres. Nous avons besoin de travailler en équipe. Nos actions doivent être des actions de grande ampleur, mais également réfléchies et calculées pour faire parties de nos convictions. Certaines personnes semblent avoir oublié cet aspect-là. Vous êtes évidemment tous au courant de l’attentat de Leopoldgrad. Or, comme certains le savent, ou l’ont deviné, certains commanditaires étaient des membres du Kraken. Sachez tous que je condamne fermement cet acte, et que jamais – jamais – je ne le cautionnerai. On ne peut pas se dire meilleurs qu’un dictateur et agir comme lui. Des gens sont morts ce jour-là. Des civils, des enfants, des gens qui n’avaient rien demandé. Certains membres de nos groupes de résistance sont également décédés. Tout cela à cause de la folie de quelques hommes. Cela ne peut se reproduire. Jamais. » Les larmes lui montèrent aux yeux, que Lilly ferma quelques instants pour les réprimer. Dans l’attentat, elle avait perdu une de ses amies, Alicia Jones, qui avait rejoint le Kraken à ses débuts.

« Nous nous battons contre la folie d’un homme, d’un dictateur, d’un gouvernement tout entier. Ne la laissons pas nous atteindre. Soyons meilleurs, soyons plus forts. » Son regard se fit plus dur : « Nous pensons que ceux qui ont fait ça ont des complices, des personnes qui supportent cette action. Des mesures sont déjà prises pour les trouver. Mais je vous en conjure, si vous savez quelque chose, venez nous en parler. Toute la résistance est basée sur la confiance mutuelle. Et nous ne pouvons avoir confiance en ce genre d’individus. »

« Nous sommes ici ce soir pour échanger autour de ces modifications. La résistance a toujours fonctionné avec ses membres, et les décisions ont toujours été discutées. Nous voulons vos avis, vos ressentis, vos idées, vos doutes, vos craintes. Car malgré tout, nous devons continuer de résister, de nous battre, de croire en un monde meilleur. Nous devons le faire pour les futures générations, pour les enfants qui ne sauront jamais ce qu’est la liberté sans nous. »
*MDL : Mouvement de Libération, petit mouvement de résistance connu par Clarissa Nimbus de Pompadour.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

Irving WhitakerAubergisteavatar
Messages : 3360

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"Non."
Le chiot de Nora avait posé son museau dans l'embrasure de la porte, empiétant légèrement dans la cuisine. Irving connaissait la technique:  Le chien gagnait du terrain, petit à petit, et il finissait par prendre possession des lieux où il n'avait initialement pas le droit d'aller. C'était exactement ce qui s'était passé dans la grande pièce à vivre: Au départ le chiot n'avait pas l'autorisation d'entrer à l'intérieur même de l'Auberge, puis on lui avait autorisé le tapis à l'entrée et voila qu'il passait dorénavant ses soirées à dormir paisiblement dans l'un des fauteuils installé devant la cheminée.

"J'ai dit non !" répéta Irving avec un peu plus de vigueur tandis que le chiot avait rampé de quelques centimètres." Pas dans la cuisine ! " ajouta-t-il en contournant lentement le piano de cuisson pour chasser le petit animal qui détala en direction de son fauteuil. Irving le suivit dans la grande pièce à vivre d'un pas mal assuré.
"Que j't'y reprenne plus !" ajouta-t-il à l'attention du petit chien qui le guettait  à moitié caché derrière l'accoudoir.

L'ancien Gryffondor secoua la tête de gauche à droite avant de reporter son attention sur Nora et Georgiana qui semblaient l'attendre près de l'entrée.
"Oh. C'est déjà l'heure ?" souffla-t-il en jetant un regard en direction de l'horloge, J'arrive, j'dois juste ranger deux, trois trucs." ajouta-t-il en faisant demi-tour pour retourner d'un pas lent dans la cuisine.

Comparé au fils du Ministre, il avait peu de séquelle de l'attentat. Les médicomages avaient fait un travail remarquable et il ne ressentait plus aucune douleur dans la jambe. Seule persistait une certaine fragilité au niveau du genou. On lui avait prescrit plusieurs séances de kinémage  et surtout du repos, le temps que tout se remette en place.

Du repos, Irving n'en avait nul besoin. Comme à chaque fois qu'il était frappé par un drame, il voulait se vider la tête pour ne pas penser à l'horreur de l'attentat. Il lui était bien impossible de rester assis dans un fauteuil à attendre que le temps passe mais il ne pouvait assurément pas poursuivre les travaux engagés dans les chambres de l'Auberge. Georgiana était restée pour les épauler dans cette tache afin que leur gite soit prêt pour accueillir de nouveaux clients à Noël mais Irving avait dû trouver une occupation pour remplir ses journées et ses nuits d'insomnie. Il s'était donc lancé dans la cuisine à cœur perdu: Préparant des recettes compliquées, mitonnant des bons petits plats pour Nora et Georgiana , réalisant des gâteaux multicolores aux décors savamment travaillés. Il cuisinait dans de telle quantité qu'il passait chaque jour à Nimbus pour apporter un dessert  à ses sœurs ou à Jeremy et Juliet.

Des rôtis, des fricassés, des plats en sauce... Voilà comment Irving occupait ses journées depuis le 30 octobre. Il avait bien conscience de passer beaucoup de temps dans sa cuisine mais il n'avait pas trouvé d'autres moyens pour canaliser la vague d'indignation qu'il avait ressentie après l'attentat. Les bruits qui couraient disaient que cette catastrophe était imputable à des résistants. Des résistants ! Des personnes qui, comme lui, avaient fait le choix de se battre contre le régime. Irving ne comprenait pas comment ils en étaient arrivés à cette conclusion. Comment avaient-ils pu estimer, une seule seconde, que tuer des milliers d'innocents puissent servir leur cause !

Quand il y pensait, il avait des envies de meurtre. Il était partagé entre un profond sentiment de tristesse pour toutes ses vies anéanties et un vif sentiment de colère qu'il avait grand mal à canaliser. Bizarrement, faire des glaçages l'avait aidé à gérer ses ressentiments, du moins jusqu'à aujourd'hui car ce 10 novembre était une date particulière.

Les différents réseaux de résistance du pays avaient décidé d'organiser une grande assemblée afin de convenir d'une éventuelle unification. Si l'idée avait enchantée Irving avant l'attentat, il était nettement plus réticent aujourd'hui. Il ne voulait pas être assimilé -voir même confondu- avec les terroristes qui avaient frappé la Marchebank. Ces sales lâches avaient péris dans l'explosion mais il n'était pas impossible que d'autres cellules dormantes existent, et ça, Irving ne pouvait pas le supporter.

Si l'unification était votée, il n'était pas sûr de rester engagé dans la résistance. Les derniers événements avaient ébranlés ses plus intimes convictions et il se demandait parfois si le remède n'était pas pire que le mal lui-même.
L'attentat semblait avoir eu un effet contraire sur Nora et Georgiana. Les deux femmes, qui n'avaient jusque là participé à aucune réunion de la Salamandre, avaient décidé de l'accompagner pour cette plénière exceptionnelle. Irving pouvait comprendre ce qui motivait cet engagement soudain: Il avait éprouvé le même besoin de ne pas être qu'une victime après la Rafle du gouvernement sur la Cité Nimbus. Cette volonté de prendre son destin en main... Toutefois, il était forcé de constater, un an plus tard, que toutes ses actions résistantes n'avaient servies à rien. Au contraire ! Elles avaient peut-être participé à galvaniser  ces fous qui avaient fait sauter la banque.

Irving poussa un profond soupir en songeant à cette éventualité. Il rangea sa cuisine d'un coup de baguette, mit sa tarte à la mélasse au frais et retourna dans la pièce à vivre pour attraper son manteau kaki, son écharpe et son bonnet tricotés.

"Le point d'rendez-vous est chez les moldus donc faut qu'on reste discrets,
expliqua-t-il en tendant ses mains aux deux filles pour qu'elles s'en saisissent afin de transplaner, et on doit r'trouver deux connaissances avant d'y aller."

Il s'agissait de Juliana et Joël sous leurs traits d'emprunt. Ses amis cherchaient à collaborer avec des groupes de résistance plus importants et cette réunion était l'occasion idéale pour les introduire auprès des chefs.

Les trois amis transplantèrent donc dans une petite impasse de la ville de Shalden. Ils serpentèrent entre les poubelles pour en sortir et débouchèrent bientôt sur un carrefour peu fréquenté. De l'autre côté de la rue, deux jeunes femmes semblaient les attendre. Irving leur fit un signe de la main avant de traverser.

"Alyssa, Anya, vous connaissez déjà Nora, dit-il en arrivant à leur hauteur.
Les deux résistants sous couverture avaient passé un week-end à l'Auberge sans que Nora ne soit mise au courant des véritables raisons de leur venue à Mallowsweet. D'ailleurs elle ne savait même pas qu'elle saluait en réalité les deux sorciers les plus recherchés du pays, se dit Irving avec un vague sentiment de culpabilité. Il savait que Nora ne voulait pas trop en savoir sur la résistance mais dans ces situations il avait l'impression de lui mentir et cela ne lui plaisait pas. "... et voici  Georgiana que vous avez déjà croisé à l'inauguration de l'auberge, ajouta-t-il en désignant son amie. "Bon. J' crois que nous sommes au complet."souffla-t-il en regardant autour de lui pour s'assurer qu'ils n'étaient pas suivi, allons-y."

Les mains rivées au fond de ses poches et le menton enfoncée dans son écharpe Irving prit la tête du petit groupe et chercha rapidement la compagnie d'Anya .

" Il s'raconte que c'est l'Kraken qui est à l'origine de l'attentat,
lui dit-il sans plus de cérémonie, Tu penses vraiment qu'ils en sont capables?"

Après tout, Julia avait dirigé ce groupe pendant plusieurs mois avant de s'en désolidariser. Elle devait bien connaitre les différents membres du collectif et leurs inclinations.

"Si c'est eux, j't'e jure qu'ils vont m'entendre." grogna-t-il davantage pour lui même que pour Juliana. Le jeune homme se tut momentanément tandis qu'il croisait un passant sur le même trottoir puis il s'arrêta devant une porte close.

"On y est." dit-il en attrapant la main de Nora. Il était hors de question qu'il s'éloigne de plus d'un mètre de sa belle aujourd'hui, "Tu es sûre que tu veux toujours venir ? lui souffla-t-il d'ailleurs en aparté, tu peux encore changer d'avis."

Il avait essayé de la convaincre de rejoindre le mouvement résistant au tout début mais maintenant ce n'était plus le cas. Aujourd'hui, il était plus rassuré de savoir Nora loin de certains extrémistes qui peuplaient les différents collectifs d'insoumis. Mais contre toute attente, sa petite amie décida d'entrer avec eux et ils se retrouvèrent vite au milieu d'une foule bigarrée où se mêlait jeunes et moins jeunes, sorciers et créatures magiques. Très franchement, Irving n'aurait jamais cru qu'ils puissent être si nombreux.  Sans lâcher la main de sa petite amie, il rejoignit un coin de la pièce qui offrait une bonne visibilité sur l'estrade sur laquelle Lilly venait de prendre place. Ils arrivaient juste à temps.

Particulièrement concentré, Irving écouta le discours rassembleur de la leader du Kraken. Il était loin le temps  où, par une belle soirée d'été, ils avaient passé une nuit entière à boire, fumer et rire Lily, Klemens, Roy, Juliana, Shea et lui. Irving avait l'impression que cette période remontait à une autre vie. Depuis quand n'avait-il pas profité d'une soirée entre amis, en toute insouciance ? Il ne s'en souvenait même plus.

Irving chassa rapidement ce souvenir pour se focaliser sur l'allocution de Lilly. Les mots de la chef du kraken étaient percutants. Incisifs. Ils titillaient les consciences de chacun d'entre eux, Irving en était persuadé. Bien sûr ils voulaient tous vivre dans un pays libre, dans un monde juste et équitable... Qui n'aurait pas souhaité cela pour ses enfants ? Toutefois, avant de faire des leçons de vie à Marchebank, la résistance devait balayer devant sa porte. Et surtout le Kraken.

Lorsque Lilly révéla le rôle des membres de son groupuscule dans l'attentat, Irving peina à contenir sa colère. C'était donc vrai. Des résistants étaient bien les auteurs de ce carnage. L'ancien Gryffondor avait espéré une folle et illusoire théorie du complot,  priant pour que le gouvernement, lui-même, ait organisé une telle horreur afin de discréditer les contestataires mais il n'en était rien. La résistance s'était sabordée elle-même.

L'ancien Gryffondor poussa un long soupir pour se calmer et attendit que la leader du Kraken ait finit son discours pour dire enfin ce qui lui brûlait les lèvres:
"Quelles sont les mesures qu't'as prises Lilly contre ceux qui ont aidés à la préparation d'cet attentat. L'invectiva-t-il, T'as dis qu't'avais pris des mesures, mais concrètement, t'as fait quoi ?"

Irving l'interrogea du regard avant d'ôter son bonnet, révélant ses boucles brunes reconnaissables entre mille. Il n'avait pas prévu de prendre la parole tant il était peu doué pour ce genre d'exercice. Il ne savait pas déchainer les foules, il n'avait rien d'un orateur mais puisqu'on lui proposait de donner son avis, d'afficher son point de vue et ses craintes, il n'allait pas se gêner.

"J'parle en mon nom, dit-il, c'que j'dis n'engage que moi et pas le courant de résistance auquel j'suis affilié, expliqua-t-il à l'auditoire avant de se tourner une nouvelle fois vers Lilly, Franchement, tu oses venir ici pour proposer une réunification d'la résistance alors qu'on est même pas sûr qu't'ais fait l'ménage dans tes rangs. J'trouve ça un peu fort que tu viennes nous trouver alors qu'visiblement, tu sais très bien qu'des complices de ceux qui ont commis l'attentat sont encore dans la nature. Peut-être même qu'tu les as ramenés ici, avec toi aujourd'hui, sans l'savoir.  Si, comme elle le disait, Lilly n'était pas au courant des projets terroristes de ses propres membres c'est qu'elle n'était pas particulièrement clairvoyante, D'autres fanatiques venus recruter d'la chair fraiche pour leur prochaine mission suicide, grogna-t-il la mine sombre.

Il était dur avec Lilly mais ses propos étaient à la hauteur de son ressentiment.
"J' refuse de coopérer avec des gens comme ça. Toute la résistance est discréditée par leur faute. Des centaines d'innocents sont morts par leur faute, insista-t-il en secouant la tête, Si j'ai choisis d'adhérer à la Salamandre c'est justement parce que c'groupe n'envisageait pas la violence comme moyen pour combattre le gouvernement, contrairement au Kraken qui a toujours prôné l'recours aux actions coups de poing pour faire parler d'lui, On voyait où ce plaisir narcissique l'avait mené, Pour moi l'unification est impensable tant qu'vous avez pas fait le maximum pour éradiquer ces cognards de vos rangs. J'veux pas qu'ils viennent nous gangréner avec leurs idées pourries. " lâcha finalement Irving avant de conclure: "Lilly, t'as dit que la résistance était basée sur l'principe de confiance mutuelle et bien désolé de te dire mais j'ai pas confiance en vous. "

Comment les membres du Kraken avaient-ils pu être aussi aveugles ? Ils restaient la plupart du temps tous ensemble dans leurs caves. Pour Irving, c'était impensable qu'ils n'aient pas décelé  la radicalisation de leurs compagnons d'armes. Il n'y croyait pas. Il y avait forcément eu des signes avant coureurs, des indices... C'était obligé. Lilly ne leur disait pas tout.



Irving Whitaker
Nahuel MuñozExilé clandestinavatar
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L'attentat de Leopoldgrad résonnait en Nahuel d'une étrange façon. Il n'avait pas vraiment osé en parler à Esteban. Il ne lui avait rien dit en réalité. Il n'avait pas vraiment évoqué cette journée avec lui. Il savait leur réconciliation fragile et il n'avait pas voulu la mettre à l'épreuve en lui montrant qu'il n'avait pas su être prudent. Il avait risqué sa couverture en se rendant avec Dean à Leopoldgrad ce jour là. Encore plus en ayant accompagné son ami à Ste Mangouste. Il avait attendu de longues heures l'arrivée de Jonah. Seul parent du blond qu'il connaissait. Personne ne lui avait vraiment posé de questions. Et dans un sens, heureusement que personne ne lui avait prêté une grande attention dans la pagaille générale.

Quand il y repensait, il n'était pas très fier de ce qu'il avait fait. C'était la raison pour laquelle il n'en avait pas parlé à Esteban. Il n'avait pas besoin qu'on lui rappelle à quel point il avait été stupide. Néanmoins, il ne regrettait pas d'avoir aidé Dean. Il n'éprouvait aucune culpabilité à être resté. Il s'en serait voulu s'il n'avait pas tout fait pour le sauver. Le jeune homme avait pris une place un peu trop importante dans sa vie. Il n'en était pas fier non plus cela dit. Encore une chose qu'il avait caché à son frère de cœur. Mais il revivait en sa présence. Dans un sens, il était plutôt tenté d'écouter les conseils de Robin. Même si elle n'était pas celle qu'il avait pensé qu'elle était au premier abord. Mais dans le fond... il avait apprécié sa compagnie, sa vivacité d'esprit et son humour. Il ne serait donc pas contre la revoir dans d'autres circonstances.

Il ne s'était pas fait beaucoup d'amis depuis son arrivée en Angleterre. Il n'avait que le club de Quidditch et Esteban. C'était un peu déprimant. Surtout alors qu'il avait toujours eu beaucoup d'amis et de connaissances en Argentine. Il avait été quelqu'un de vivant et d'agréable. Il n'avait pas toujours été aigri et renfrogné. Il se retrouvait un peu en compagnie de Dean. Il avait eu l'impression d'être celui qu'il avait été autrefois en présence de Robin également. C'était appréciable. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres à cette pensée.

Nahuel redressa le regard, les mains dans les poches de son blouson alors qu'une légère fumée s'échappait de ses lèvres. Il tourna la tête vers Esteban et le fixa un moment tout en continuant de marcher. Il avait insisté pour faire parti de son groupe de résistance. Et ce soir avait lieu une réunion particulière. Selon les termes de son beau-frère, c'était la première fois que cela avait lieu. Et sans doute que c'était le meilleur moyen d'intégrer la résistance. Il inspira profondément et laissa fleurir un grand sourire sur ses lèvres.

"J'ai une nouvelle baguette..., l'Argentin laissa le silence s'installer pour laisser le temps à Esteban de prendre conscience de ses paroles. J'ai croisé Robin au bar cet après-midi... Merci d'avoir fait ça pour moi."

Un sourire doux apparut sur son visage alors qu'il laissait le silence s'installait à nouveau entre eux deux. Ils n'avaient pas besoin de parler pour se comprendre après tout. Et le moment n'était peut-être pas très opportun non plus. Ils se rendirent donc au lieu de rendez-vous et se firent une place dans l'assemblée déjà réunie. Il écouta le discours de celle qu'Esteban lui avait désigné comme la chef de son mouvement de résistance. Il prêta donc une attention toute particulière à son discours. Hochant régulièrement la tête à ses paroles. Mais visiblement, tout le monde n'était pas d'accord avec elle. Un froncement de sourcils lui échappa lorsqu'une voix bien connue prit la parole. Un sourire cynique se dessina sur ses lèvres alors qu'il toisait le gamin du regard. Il le laissa parler avant de se redresser légèrement pour prendre la parole à son tour.

"Et toi ?! T'aurais fait quoi à sa place ?! Vas-y parles Irving ! Crache ton venin sur le vil Kraken."

Un sourire narquois s'étira sur son visage alors qu'il secouait la tête désabusé.

"T'étais pas le seul sur place je te rappelle. Et tu peux me dire qui c'est qui s'en est pris directement à Meredith Kane ? Qui c'est qui était à deux doigts de la tuer devant témoin ?"

Il chercha le regard du bouclé dans la salle pour lui montrer tout le mépris qu'il pouvait ressentir pour sa belle utopie.

"Et après ça, tu nous parles de confiance, de crédibilité et de sécurité ?, il laissa échapper un rire sans joie. Laisse moi-rire."

Nahuel leva les yeux au ciel avant de passer une main dans ses cheveux.

"La résistance, ce n'est pas un jeu. Et pour ma part, je suis d'accord avec la demoiselle sur le podium. On ne peut pas tout prévoir. On ne peut pas accepter les comportements déviants. On ne peut pas accepter le sacrifice de tant de civils. Notre rôle n'est pas de les mettre en danger mais de les protéger d'un régime totalitaire. Alors effectivement, le Kraken n'a pas su voir les membres extrémistes qui ont gangrené leurs rangs. Mais doit-on condamner tout le Kraken pour autant ? Je ne crois pas. Nous ne devons pas rejeter tout le monde sous prétexte qu'une petite poignée a agi au dépend de tous. Cet attentat a été une perte énorme pour tout le monde. Toutefois, ceux qui pensent qu'on peut gagner une guerre sans casser quelques oeufs au passage sont bien naïfs. Même en faisant le mieux possible, il y aura toujours des victimes collatérales. Je ne dis pas que c'est acceptable, juste ou que c'est une raison pour ne pas le prendre en compte. Je dis juste que c'est un fait. Si vous pensez pouvoir faire tomber une dictature passivement alors vous n'êtes pas résistant."

A mesure qu'il parlait, le regard de Nahuel s'était fait farouche et déterminé. Alors qu'il arrivait à la fin de son intervention, il croisa enfin les yeux d'Irving. Il lui retourna un regard intense. Il pensait ce qu'il disait. Le bouclé n'avait pas sa place dans un mouvement de résistance. Il était bien trop émotif et utopiste pour son propre bien. Dans un sens l'Argentin l'enviait. Il aurait voulu lui aussi partager ses doux rêves. Mais il fallait se faire une raison. La réalité était dure et cruelle et on ne gagnait pas à tous les coups. Il en avait fait l'amère expérience.

 


Nahuel Muñoz
Nora WeaverAubergisteavatar
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Nora ne retint pas un sourire amusé en voyant Looping déguerpir de la cuisine pour se réfugier derrière son fauteuil, un Irving mécontent sur les talons. De manière générale, le petit chiot était plutôt obéissant, mais il était un peu collant et était toujours dans leurs pattes. Il testait encore l’autorité de ses maitres et essayait toujours de se faire céder un peu plus de terrain. Il fallait dire qu’il était difficile de lui refuser quoi que ce soit avec ses grands yeux suppliants.

« Ne me regarde pas comme ça, tu sais très bien que tu n’as pas le droit d’aller dans la cuisine ! lança la jeune fille avec un sourire alors que le chiot s’avançait, penaud, vers le canapé où elle s’était installée pour lire. Aller viens… » céda-t-elle en tapotant le plaid à côté d'elle pour que le chiot grimpe sur ses genoux.

Looping sauta sur la couverture, et se blottit sur ses genoux tandis qu’elle reprenait tant bien que mal sa lecture. Elle s’était attachée au jeune chiot à la seconde où Jill l’avait amené, trempé et tout tremblant, et il lui apportait encore plus que ce qu’elle n’aurait cru. En ces temps particuliers et parfois difficiles, elle était contente de l’avoir avec elle pour la forcer à sourire et à rire en faisant des bêtises.

Irving et elle faisaient partie des miraculés de l’attentat de Léopolgrad. Ils se trouvaient sur le trottoir juste à côté de la banque au moment de l’explosion, et pourtant ils étaient là, sans aucune séquelle visible autre que leurs mines fatiguées.  D’autres qui se trouvaient plus loin avaient perdu la vie ou avaient été grièvement blessés. Des femmes, des enfants, des gens bien, des gens qui n’avaient rien demandé, qui n’étaient ni des résistant ni des défenseurs du régime. Des gens qui n’avaient jamais ni commis ni caché de meurtre. Ce petit garçon qui voulait regarder les montres. Ils étaient morts. Et eux étaient vivants. C’était mal fait, c’était injuste, mais c’était comme ça. Ils avaient eu une chance incroyable, et ils se devaient d’en profiter pour prendre du recul, pour remettre les choses en perspective.

Nora ne s’était jamais vraiment impliquée au sein de la résistance. Elle était parfaitement au courant  que l’auberge servait à abriter des membres de la Salamandre ou d’autres réseaux, mais elle ne voulait pas en savoir plus. Cela lui semblait très abstrait tout ça, presque lointain, alors même que ça se passait sous son toit. C’était des gens qu’elle imaginait si différents d’elle, bien plus courageux, bien plus informés, bien plus concernés. Évidement elle était opposée à beaucoup des aspects du régime de Marchebank, ne serait-ce que les horreurs qu’on racontait sur Skye, mais elle ne voyait pas vraiment ce qu’elle pouvait y faire. Alors elle laissait ça aux autres, qui savaient forcément mieux qu’elle.

Sauf que non, ils ne savaient pas. Ils n’étaient ni les héros ni les grands sages qu’elle imaginait mais plutôt une bande d’extrémistes prêts à faire exploser des bâtiments en pleine ville pour se faire entendre. Elle s’était tenue à l’écart pour laisser les autres parler à agir à sa place et en son nom, pensant qu’ils savaient mieux, mais c’était faux. Ils ne savaient rien du tout. Elle avait appris par Irving qu’une grande partie de la résistance, si ce n’était sa totalité, condamnait cet acte. Et pourtant il avait eu lieu. Comment ?

Nora aurait pu fermer les yeux, encore. Elle aurait pu laisser les autres parler et agir pour défendre des convictions qu’elle partageait, comme elle l’avait longtemps fait, mais elle ne le voulait plus. Elle voulait comprendre, vraiment. Pas seulement de loin, pas seulement via ce qu’Irving lui racontait parfois, elle voulait savoir ce qui se passait et en comprendre les enjeux, pour pouvoir prendre ses propres décisions et les assumer sans en avoir honte. Parce qu’aujourd’hui elle n’était pas vraiment fière d’avoir soutenu –même indirectement – la résistance qui avait causé l’attentat de Léopoldgrad. Elle ne voulait pas être associée à cette résistance-là. Mais Nora restait malgré tout optimiste et elle voulait croire que ce n’était pas ça la résistance. Ça c’était une erreur. Un terrible accident qui ne se reproduirait plus. Elle voulait se faire convaincre que la résistance était autre chose. Et c’était pour cette raison qu’elle avait décidé d’accompagner Irving aujourd’hui.

Nora releva les yeux de son livre en entendant Georgia arriver dans le salon, signe qu’il était temps de partir. Elle abandonna Looping, qui fila se réfugier sur son fauteuil, et attrapa son manteau avant de rejoindre son amie près de la porte d’entrée pour attendre Irving qui terminait de ranger la cuisine. Avoir la Gryffondor avec eux en ce moment leur faisait du bien à tous les deux et Nora était heureuse de pouvoir renouer avec son amie.

La jeune fille enfila une épaisse écharpe en laine rose pâle et attrapa la main qu’Irving lui tendait pour transplaner avec une certaine appréhension. Elle était certaine de vouloir assister à ce rassemblement, ne serait-ce que pour avoir des réponses sur ce qui c’était passé ce 30 octobre, mais elle ne savait pas vraiment à quoi s’attendre.

Elle relégua ses craintes dans un coin de sa tête et salua chaleureusement Anya et Alyssa que le petit groupe venait de retrouver en terre moldue. Les deux jeunes femmes étaient venues passées un week-end à l’auberge quelques temps plus tôt et Nora n’avait pas eu à questionner Irving pour comprendre qu’il s’agissait de deux résistantes, elles étaient plutôt secrètes, et parfois un peu étranges, mais très agréables aussi.

Ils se mirent en marche et Nora chercha rapidement la compagnie de Georgiana qui, comme elle, en était à sa première réunion de la résistance. Il était rassurant de savoir qu’elle ne serait pas la seule nouvelle venue aujourd’hui. Ils ne tardèrent pas à arriver et Nora se fit interceptée par Irving qui, elle le savait, ne se réjouissait pas de sa venue aujourd’hui. Elle esquissa un sourire qui se voulait rassurant et hocha la tête en réponse à sa question.

« Je viens, affirma-t-elle quand il lui assura qu’elle pouvait encore changer d’avis. J’ai besoin de savoir. »

Gardant sa main dans la sienne, elle suivit son petit-ami à l’intérieur de la pièce où se tenait le rassemblement, qui était déjà bien pleine. Elle était étonnée par le nombre de sorciers présents, et par leur diversité. Hommes, femmes, de tout âge et de tout milieu se mélangeaient. Elle n’eut pas le temps de chercher d’éventuels visages connus car déjà la réunion commençait. Une jeune femme blonde, visiblement à la tête du Kraken, se lança dans un discours rassembleur  et condamna fermement les actes des responsables de l’attentat – qui étaient donc bien des résistants. Nora se demandait si ses belles paroles suffiraient à remotiver des troupes affaiblies, sous le choc, et encore méfiantes après les évènements du 30 octobre.

Irving en tout cas ne paraissait pas convaincu, et si Nora pouvait comprendre ses réserves, elle était surprise par ses mots durs. Elle n’aurait pas dû l’être, elle savait parfaitement à quel point l’attentat l’avait ébranlé et la colère qu’il ressentait envers la résistance depuis, mais elle ne l’aurait pas imaginé exprimer ainsi tout son ressenti devant une salle comble. Elle l’aurait certainement formulé autrement, mais elle trouvait son discours plutôt juste. Pour ce qui la concernait, elle considérait que l’unification était le seul moyen pour la résistance d’être cohérente et efficace, mais 'un autre côté elle ne voulait pas s’associer à ceux qui avaient pu commettre cet attentat.

Elle se serait attendue à ce que l’opinion d’Irving, qui lui paraissait être une réponse logique et morale à la situation, soit majoritairement partagée, mais le jeune homme brun qui s'était trouvé avec eux à Léopolgrad s’empressa de se lever pour le contredire avec un certain mépris. Nora le trouvait affreusement arrogant et cynique et ne partageait pas vraiment sa vision de ce que pouvait être « quelques œufs cassés », mais elle ne dit rien. L’ambiance était clairement tendue et chacune des personnes présentes réfléchissait aux arguments avancés. Ils ne pouvaient quand même pas tous penser comme ça, et considérer que « c’était des choses qui arrivaient ». C’était arrivé, une fois, et c’était déjà trop. Elle voulait bien accepter qu’on ne puisse pas lutter contre une dictature sans causer quelques dégâts, mais de là à tuer des dizaines d’innocents…Non, elle était d’accord avec Irving, il fallait qu’ils s’assurent que ça ne recommencerait pas.  

La jeune femme balaya l’assemblée du regard, refusant de croire que personne ne trouve rien à répondre à ce qui venait d’être dit. Elle était consciente d’être mal placée pour leur reprocher quoi que ce soit, elle-même n’avait pas ouvert la bouche, mais il devait bien y avoir quelqu’un de lucide pour défendre la position d’Irving. Une voix finit par s’élever et Nora fut un peu surprise de reconnaitre une ancienne camarade. La surprise laissa bien vite place à l’appréhension tant il lui paraissait peu probable que Lauren McGowan, qui avait toujours été du genre un peu violent, se range du côté d’Irving.

« J’suis pas d’accord, commença l’ancienne Serpentard avec le même regard farouche que le jeune homme qui venait de parler. Il a raison, elle désigna Irving d’un signe de tête. Ça aurait pas dû arriver et ça doit plus jamais arriver. D’accord on est en guerre et d’accord il va y avoir de la casse, mais y a une différence entre des dommages collatéraux, qui sont inévitables, et un attentat. On a perdu des dizaines des nôtres ce jour-là, et on peut pas se le permettre. C’était peut-être sur le symbole, et y a eu des victimes des deux côtés…. La jeune femme s’arrêta un instant, comme si elle avait du mal à parler, mais reprit de plus belle…Mais si le FREE peut se permettre de perdre des partisans et de sacrifier des personnes innocentes, nous on ne peut pas. On est pas assez nombreux pour jouer à ça. On est déjà en position de faiblesse, on a pas besoin de se faire exploser des banques à la gueule pour aider le régime. On donne à Marchebank exactement ce dont il a besoin en désolidarisant la résistance. Si on veut être efficace et espérer avoir le moindre impact, il faut qu’on puisse se faire confiance et qu’on arrête les conneries. Mais pour ça il nous faut des garanties… » La jeune femme tourna les yeux vers l’estrade, en attente de réponse, et fut imitée par une partie de l’assemblée.

Nora ne partageait pas exactement le point de vue de l’ancienne batteuse, elle pensait plutôt que commettre un attentat était un acte monstrueux  et non pas une erreur de stratégie, mais la conclusion était plus ou moins la même : il fallait s’assurer que ça ne se reproduirait plus, sans quoi la résistance perdrait certainement une part conséquente de ses membres.


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Son coeur battait à tout rompre dans sa poitrine tandis qu'elle se glissait parmi la foule, à la suite d'Irving et de Nora. Tout autour, il y avait beaucoup de visages inconnus, mais également de nombreux krakinets qu'elle avait connu, avec lesquels elle s'était battue. Protégée par l'apparence d'une autre, elle avait pourtant l'impression d'être à nue, entourée par le danger. Il avait fallut toute la force de persuasion de Joel pour la convaincre de se rendre à cette réunion, et sa promesse qu'elle n'aurait pas à dire un mot. Elle n'était pas certaine d'en être capable.

Le discours de Lilly lui serra la gorge, faisant naître en elle des sentiments conflictuels. C'était aussi pour cela qu'elle était venue, pour voir la ligne de défense de celle qui était, à ses yeux, responsable. Oh, Juliana avait sa part de responsabilité, n'avait-elle pas fondé le Kraken sans parvenir à le maîtriser ? Mais Lilly, elle, avait à répondre de la mort de plusieurs centaines de personnes. Le sang était sur ses mains, car elle était responsable des actes des résistants qu'elle avait la charge de guider - qu'elle cautionne ou non n'y changeait rien.

Quelque chose de lourd tomba dans sa poitrine lorsque son amie confirma toutes les rumeurs : certains des terroristes - car c'était bien de cela dont il s'agissait cette fois - étaient membres du Kraken. Une sensation de vertige la saisit et elle détourna les yeux, incapable de supporter plus longtemps la vue de Lilly, dressée comme un étendard, qui déclamait son discours d'unité et de liberté.

Un an et demi auparavant, elles auraient pu perdre la vie sur le pavé de l'Avenue des Douze Chênes, et c'était pour cela qu'elles avaient fondé le Kraken. Pour se révolter contre cette barbarie, cette injustice, cette violence. Comment les choses avaient-elles pu se retourner à ce point ? Comment Lilly pouvait-elle encore se regarder dans les yeux, après un tel discours, elle qui avait à partager la même culpabilité que Juliana ?

La jeune femme n'oublierait jamais la vue de la banque écroulée, depuis laquelle s'envolait une fumée noire et épaisse. Cette vue, en première page des journaux, marquerait ce pays à jamais. Des générations entières de sorciers se rappelleraient pour le restant de leur vie de cette journée, de ce qu'ils faisaient à l'heure où c'était arrivé. Il ne s'agissait pas d'un acte de résistance, il ne s'agissait pas de casser quelques oeufs - Merlin, elle aurait pu enfoncer sa baguette dans la gorge de cet imbécile insensible ! - il s'agissait d'un acte de terrorisme immonde. Dire qu'elle avait trouvé sa propre limite le jour où elle avait assassiné un Veilleur, dans un coin obscur du port de Bristol ! Mais l'on était à mille lieues de ce type d'actions, déjà trop violentes, mais ô combien circonscrites. Il ne s'agissait ni plus ni moins d'un acte de barbarie, dont la violence n'avait d'égale que la stupidité.

Ancienne chef de résistance ou pas, Juliana avait été aussi choquée que n'importe quel citoyen d'Angleterre - ou presque, semblerait-il. Et pendant que les esprits s'échauffaient, la seule personne à laquelle elle pouvait penser, c'était Alicia.

Une année s'était écoulée depuis leur rupture, et pourtant elle se rappelait de tout, comme si c'était hier. Les temps forts de leur relation étaient marqués au fer rouge dans la mémoire de Juliana, tant ils avaient marqué une période importante de sa vie. Depuis qu'elle avait appris la nouvelle, il lui semblait que sa vie avait déraillé - les autres bougeaient, le monde avançait, mais elle restait là sur le côté, un peu hébétée. Ce n'était pas tellement qu'elle soit partie, mais la façon dont cela s'était produit. C'était absurde ! Absurde et tellement ironique qu'elle avait parfois du mal à croire que c'était réel. Cette femme avait eu une telle importance dans sa vie qu'elle pouvait encore convoquer les sentiments qu'elle avait pour elle juste en fermant les yeux, et pourtant, elle était décédée. Alicia, qui l'avait sauvée sur le chemin de Traverse, Alicia qui lui avait fait découvrir l'amour, Alicia sous la neige, la présence d'Alicia après la mort de son père... Alicia était l'une des trois personnes grâce auxquelles elle avait encore toute sa tête aujourd'hui. Et pourtant, elle était morte, dans un attentat horrible commandité par les siens.

Cette pensée l'emplissait d'une telle colère, d'un tel dégoût et d'un tel sentiment de gâchis qu'elle manqua crier après Lilly, après cet homme brun qui méprisait Irving. Comment pouvaient-ils encore se regarder dans une glace ?! Heureusement, la main frêle d'Alyssa se glissa autour de son poignet, soutien discret et salutaire.

La réponse de Lauren McGowan un peu plus loin lui donna le temps de se calmer et de respirer profondément. Ce n'était pas à elle de s'exprimer, elle le savait, et c'était tant mieux. Elle se serait sans doute montrée vulgaire. Elle se serait peut-être même trahie.

McGowan se tut, la salle se tourna en direction de l'estrade, un instant de flottement s'ensuivit. A ses côtés, une voix posée mais néanmoins audible se fit alors entendre :

"Je me permets d'intervenir, mais je suis d'accord avec la demoiselle. Il faut plus que des garanties, si vous voulez mon avis."

Tous les regards se tournèrent vers Alyssa, et incidemment vers Juliana, qui sentit ses joues d'adoption s'empourprer. Ils ne peuvent pas me reconnaître, se répéta-t-elle intérieurement en posant, elle aussi, ses yeux sur Joel.

"Je me présente, Alyssa Walker, et voici ma cousine Anya Walker. Nous venons d'Australie et nous sommes dans le pays depuis quelques mois. Je pense donc pouvoir affirmer que nous avons un regard neuf et extérieur sur ce qui se passe dans ce pays. Et je n'ai pas peur d'affirmer que d'un point de vue extérieur, et après l'attaque de la March Bank, le terme de terrorisme semble parfaitement approprié."

Joel marqua une courte pause, avant de poursuivre :

"Cette attaque n'était pas simplement dangereuse et barbare. Elle était aussi incroyablement stupide car elle discrédite complètement l'ensemble des mouvements de résistance. Maintenant, la population a d'avantage peur de vous tous que de Marchebank, pire, elle éprouve de la sympathie pour lui. Le ministre dans le coma, son fils en fauteuil, son monument phare détruit, ce n'est pas une victoire, c'est un gain d'image pour le régime. Sans oublier que la destruction de la March Bank, c'est des centaines de milliers de gallions payés par le contribuable, partis en fumée. C'était peut être la lubie d'un dictateur mais c'était aussi l'investissement d'un pays tout entier dans son avenir... Toutes les mesures de sécurité, toutes les privations de liberté paraîtrons légitimes maintenant, la milice aura carte blanche car tous vivrons dans la crainte d'une nouvelle attaque. Certains appellent déjà à des moyens supplémentaires pour la milice ! A mon avis, en terme d'image, la résistance a subi un sacré revers et le régime n'en est que renforcé."

"Il ne suffit pas de tenter de déstabiliser Marchebank et son régime, encore faut-il amener le reste de la population avec vous. Peu importe ce que vous êtes prêts à sacrifier, et combien d'oeufs vous êtes prêts à casser : il ne s'agit pas du Kraken ou de la Salamandre, il s'agit des six millions de sorciers qui vivent ici. Ce qui compte vraiment, tout ce qui doit importer, c'est ce que veut le peuple de ce pays. Et à mon avis, après tout ce qu'il a vécu, il veut surtout qu'on arrêter de le tuer. Faites en sorte que la résistance soit un mouvement vers lequel les gens puissent se tourner pour se sentir en sécurité, protégés, respectés et non pas une épée de Damoclès de plus au-dessus de leur tête. Faites que les abus du régime deviennent de nouveau plus visibles que la violence de la résistance. Il y a d'autres moyens d'ébranler une dictature que de rentrer exactement dans son jeu en lui donnant un ennemi à combattre. Alors avant de s'unifier, il faut des garanties, mais aussi se mettre d'accord sur la fin et les moyens, les limites à ne pas dépasser, sans quoi c'est aller droit au mur une fois encore. Bien sûr, ce n'est que mon avis d'expatriée..."

Un sourire presque paisible illuminait le visage d'Alyssa tandis qu'elle finissait son petit discours. Il n'était pas certain qu'elle soit écoutée, étrangère inconnue au bataillon, mais il était important qu'elle se soit exprimée : derrière son discours se trouvaient deux figures cachées de la résistance, bien décidées à tirer des leçons du passé.

Il était temps de se rendre compte que le Kraken et la Salamandre jouaient exactement le rôle que le FREE voulaient leur faire jouer.



Jennifer Lawrence, merci à Roy ♥
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Mal à l’aise sur son estrade, Lilly avait du mal à observer la foule sans fondre en larmes. La culpabilité l’étreignait, et pesait tant sur ses épaules qu’elle en venait à se demander si elle n’allait pas s’écrouler sous ce poids mortel. Elle ne parvenait pas à supporter les regards accusateurs, les discours vindicatifs. Elle avait la nette impression d’assister à son propre procès. Impression qui n’était pas totalement fausse, songea-t-elle en écoutant les paroles d’Irving, puis de Joël.

Mais que croyaient-ils ? Qu’elle se réjouissait de ce coup d’éclat de résistance ? Qu’elle était du côté de ces terroristes ? Qu’elle se fichait de toutes les personnes qui étaient mortes ? Qu’elle dormait sur ses deux oreilles depuis ? Qu’elle n’avait pas perdu quelqu’un, elle aussi, dans cet attentat ? Lilly ferma les yeux, incapable de se sortir ces questions de la tête. La responsabilité n’avait jamais été aussi difficile à assumer qu’aujourd’hui. Elle était tiraillée par l’envie de partir, de laisser Clarissa gérer les choses, d’étouffer son chagrin comme elle le pouvait. Elle releva la tête et prit une grande respiration. Non, elle n’avait pas le droit de faire ça. Lorsqu’elle avait créé le Kraken, avec Juliana, elle s’était engagée envers ce combat, envers la population qu’elle cherchait à défendre. Elle ne pouvait pas tout abandonner maintenant. Elle se remémora l’intervention de Nahuel, qui lui donna un peu de courage face à l’hostilité à laquelle elle devait faire face.

« Je comprends votre colère, vous savez. Et vous auriez tort de penser que je suis insensible à ce qu’il s’est passé, ou que je minimise cet acte. » reprit-elle d’une voix plus douce. « Cela fait des semaines que je me repasse toutes nos réunions, que je me remémore chaque parole prononcée, chaque décision prise, chaque acte exécuté, en me demandant ce qu’il s’est passé, en cherchant des signes éventuels à cette radicalisation. J’aimerai pouvoir vous dire que je m’en méfiais, que je les trouvais louches, trop radicaux dans leurs propos. La vérité, c’est qu’ils semblaient calmes. Dévoués à notre cause, oui, mais comme n’importe lequel d’entre nous. »

Elle fit une petite pause, le temps de trouver ses mots. Elle décida de parler avec son cœur, de s’adresser aux membres du Kraken avec sincérité, comme elle l’avait toujours fait.

« Lorsque quelqu’un rejoint le Kraken, il prête serment. Pas une promesse sur laquelle on peut revenir, mais un serment inviolable. Il jure sur sa vie de ne pas trahir le Kraken et ses valeurs. Lorsque nous avions créé ce système, au début, nous pensions que cette garantie suffirait. Que nous suffisamment proches les uns des autres, suffisamment liés. Je reconnais aujourd’hui que c’était une erreur. Cependant, que faire ? Que demander de plus à nos membres ? Ils mettent déjà leur vie entre nos mains. »

Ses jambes tremblaient, et Lilly avait peur qu’elles finissent par lâcher sous son poids.

« Je ne peux pas associer ces terroristes au mouvement de résistance que nous avons créé. Personne ici n’a jamais eu des intentions comme celles-ci. Avant l’attentat, le Kraken prenait de l’ampleur, les actions se diversifiaient : protection de la population et des personnes persécutées par le régime, espionnage de l’île de Skye et de ses activités… Il est loin, le temps où le Kraken réalisait des attaques coups de poings contre la mafia. contra-t-elle en reprenant l’argument d’Irving. « Nous ne sommes pas comme eux, et nous ne le serons jamais. Mais comment est-ce que je peux vous convaincre de ça ? » demanda-t-elle en secouant la tête, ses yeux plantés dans ceux d’Irving. « Oui, la résistance est basée sur la confiance. Et oui, je comprends qu’il soit difficile de nous faire confiance après cela. Elle était consciente de la difficulté de la situation, mais la méfiance n’aiderait en rien. « J’ai fait le ménage dans nos rang, en effet, avec l’aide de Clarissa et de Janet. Je peux vous assurer qu’il n’y a plus d’extrémistes. Je dis simplement que nous devons rester vigilants, tous autant que nous sommes, afin que la situation ne se reproduise plus jamais. »

Lilly joignit ses deux mains ensemble, et observa l’assemblée avec attention.

« Cependant, comme l’a rappelé quelqu’un un peu plus tôt : nous ne sommes pas assez. Nous ne pouvons pas nous permettre de nous diviser. Miss Walker a raison, il faut que nous rallions la population à notre cause, et cet attentat a décrédibilisé toutes nos actions. Nous avons besoin de nous unir, de pouvoir compter les uns sur les autres. Or, nous sommes ici pour ça. Pour parler de ce que nous devons faire, par quels moyens nous devons le faire, afin de donner à la population des moyens de se défendre, de se protéger des abus du gouvernement. »

La situation, songea Lilly, semblait impossible. Elle était responsable des actes de ses membres. En même temps, elle ne pouvait pas prédire ce qu’ils allaient faire. Mais surtout, elle était coupable idéale sur qui passer colère, incompréhension et sentiment d’injustice.


Au nom de tous nos camarades

Martyrisés et massacrés

Pour n’ avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère

Et faire se lever le fer

Pour préserver l’image haute

Des innocents partout traqués

Et qui partout vont triompher.
- Eluard

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Jannet Skinner, 41 ans, PDG de l’entreprise Cosmos, chef du MDL

Janet avait toujours été une battante, dans tous les sens du terme. Elle s’était donné tous les moyens d’accéder à un poste de cadre dans l’entreprise Nimbus qu’elle admirait. Elle s’y était épanouie, puis elle avait fini par soupçonner le dévoiement des pratiques de l’entreprise et avait fait en sorte de s’en distancer, avant même que l’affaire de la Consumeuse n’éclate aux yeux du grand public. Cette clairvoyance et cette intégrité étaient ses qualités les plus ancrées en elle. De la même façon, elle voyait aujourd’hui la corruption du parti pour lequel elle avait voté, auquel elle avait sincèrement cru à ses débuts.

Mais cette fois, elle n’avait pas simplement choisi de prendre ses distances pour tranquilliser sa conscience. Elle ne pouvait pas le faire, chef de l’entreprise Cosmos fraîchement promue et dirigeante de la cité qu’elle était. Cette fois, elle se trouvait sous les feux des projecteurs. Un tremblement d’hésitation dans la position qu’elle occupait, et c’était l’évincement, voire pire, car c’était ainsi qu’opérait Leopold Marchebank. Dans cette guerre intestine qui commençait à se répandre dans tout le pays, entre fidèles du régime et contestataires, elle n’avait que trois choix très clairs. Soit renoncer à s’opposer et faire ce qu’on attendait d’elle pour assurer son poste. Soit renoncer à son poste avant qu’on ne soupçonne sa désaffection au régime, pour s’engager totalement dans la résistance. Ou encore, jouer pleinement son rôle pour ne pas éveiller de soupçons et mener des activités secrètes de résistance.

Elle avait assez vite convenu qu’elle ne pouvait se résoudre à la première option, c’était contre ses propres principes. Elle avait longuement hésité à adopter la deuxième posture, car après tout, qu’est-ce qui la retenait ? Célibataire de longue date, elle n’avait ni compagnon ni enfant qui aurait pu la ramener à ses responsabilités et la décourager à prendre tous les risques pour ses convictions. Pour autant, était-ce le bon choix ? Rester à son poste lui permettait d’être bien plus utile, en étant aux premières loges pour obtenir des informations sur l’adversaire à combattre. Elle en avait vite vu les effets car elle avait commencé par volontairement fermer les yeux sur les activités de résistance les plus discrètes au sein de la cité Cosmos… Si elle partait, c’était au risque que quelqu’un de bien plus regardant et intransigeant ne la remplace.

Un évènement l’avait aidée à prendre sa décision. Pour certains, c’était la guerre des gangs, pour d’autres, un évènement très personnel, comme la perte d’un emploi ou une injustice commise envers un membre de leur famille. Pour elle, c’était la rencontre l'année passée avec un rebelle d’à peine vingt ans, dans une des cellules provisoires de la Milice à Cosmos. Un gamin, aux yeux de Janet, à peine sorti de Poudlard, et pourtant incroyablement déterminé. Le voir amaigri, parfaitement muet dans sa cellule, avec les traces des sévices subis pour le faire parler sans le moindre résultat, avait profondément secoué Janet. La situation de leur pays était t-elle critique au point que ce soit des adolescents à peine adultes qui doivent se battre pour la changer ? Elle n’était pas mère, mais elle considérait tous les enfants de cette cité dans laquelle elle avait grandi comme les siens propres. Et ce soir-là, elle avait eu honte. Elle avait compris à quel point elle échouait dans sa mission de protéger sa cité et la rendre meilleure.

Elle avait consacré les semaines suivantes à suivre les enquêtes de la Milice et mener les siennes pour tenter de retrouver le réseau auquel appartenait ce garçon. Contrairement aux miliciens, elle connaissait les habitants de la cité. Beaucoup la respectaient, ou avaient connu ses parents, cadres aisés de Nimbus, mais qui avaient toujours fait preuve de bienveillance envers les employés. Cela l’avait aidée à trouver un moyen de prendre contact avec un petit réseau de résistance qui se développait dans la cité. De fil en aiguille, elle s’y était insérée, l’avait rapidement fait grandir grâce aux moyens qu’elle pouvait y mettre, jusqu’à en prendre la tête et le nommer Mouvement De Libération.

Aujourd’hui, c’était en son nom qu’elle avait accepté d’aider à l’organisation de cette rencontre. Debout sur l’estrade, placée dans l’ombre de Lilly qui s’était exprimée la première, elle regardait attentivement les visages de ces courageux résistants, ces citoyens conscients, qui avaient pris le risque de se montrer aujourd’hui. Elle-même le prenait, et sans revêtir de masque. Elle aurait pu usé de Polynectar pour protéger son identité, mais à l’heure où la résistance était plus que jamais menacée, il lui avait semblé essentiel de montrer que le peuple « moyen » n’était pas le seul à se battre. La dictature était infiltrée, Janet n’était pas le seul mouton noir du Ministère, et c’était un symbole d’espoir.

Janet ne voyait pas le visage de Lilly mais devinait sans mal le malaise qui devait l’envahir. Pourtant, elle s’en sortait bien, il était difficile de mieux répondre face à la colère et au désarroi de ses interlocuteurs. Elle eut le bon réflexe de ne pas chercher à se défendre, mais d’au contraire, reconnaître ses erreurs et Janet admira cette humilité.

Elle s’était mentalement préparée à ce que la rencontre soit houleuse. Pour le moment, chacun prenait la parole de façon relativement ordonnée, même si les mots étaient durs. La situation pourrait être pire, songeait t-elle avec un calme peint sur son visage. Ils avaient tous pris un sacré coup avec cet attentat, qui avait fait des victimes dans leurs rangs, mais surtout, avait totalement décrédibilisé leur cause. Face à cette violence incroyable, imprévisible, et parfaitement aveugle, des résistants se retrouvaient perdus, en colère, et même hésitants à poursuivre leur combat. C’était un gâchis terrible.

Lorsque Lilly eut terminé et donné matière à réfléchir aux personnes présentes, Janet s’avança à son tour pour l’appuyer :

« Nous sommes tous sous le choc. Je le suis, profondément, et je suis tout autant furieuse. Vous l’êtes aussi, ce qui est parfaitement normal. Mais après un drame pareil, il est difficile de savoir contre qui porter cette juste colère. Pourtant, il nous faut porter un oeil critique sur ce qui s’est passé, et savoir blâmer les bons coupables. Lilly Callaghan, enchaîna t-elle en s’avançant d’un pas vers elle, a commis l’erreur de n’avoir pas su anticiper cette action et elle l’a reconnue. Mais je mets au défi quiconque ici dirigeant un groupe de pouvoir assurer à l’assemblée avoir le parfait contrôle et la connaissance totale des intentions de chacun de ses alliés. C’est impossible de totalement se prémunir d’une dérive ou d’une trahison. Même le FREE n’en est pas capable, alors qu’ils ont beaucoup plus de moyens que nous pour mener des recherches. J’en suis la preuve vivante. »

Un calme olympien s’affichait sur son visage car Janet avait appris à maîtriser ses émotions en toutes circonstances. Mais il était en réalité difficile de ne pas se sentir impressionnée et petite face à la foule qui allait la jauger désormais. Elle était parvenue à gagner la complète confiance des membres du MDL, puisqu’ils l’avaient choisie comme chef, mais ce n’était pas dit que ce serait le cas de tout le monde. Elle reprit, sans laisser paraître ses doutes intérieurs :

« Certains d’entre vous me connaissent ou m’ont reconnue, je suis Janet Skinner, PDG de l’entreprise Cosmos. Tête d’affiche du régime, si je puis dire. Cela fait bientôt un an que je dirige le MDL. Je me montre au grand jour face à vous pour vous montrer à quel point les apparences sont trompeuses. La confiance n’est pas toujours là où on la croit être et croyez-moi, je ne suis pas la seule personne haut placée à trahir le FREE sans se faire remarquer. Je crois que Leopold Marchebank lui-même serait confondu, s’il découvrait la vérité. »

Sur cette annonce, elle s’avança davantage sur l’estrade, joignant ses mains pour poursuivre d’un ton désolé :  

« Le mal a été fait, et tout ce que nous pouvons faire est effectivement de s’assurer que cela ne se reproduise plus… Le but n’est pas de faire le procès de Lilly, d’autant plus que les coupables ne provenaient pas tous du Kraken. Ils ont été soutenus par d’autres groupuscules que nous tentons de débusquer en ce moment-même. Savoir qu’ils ont bénéficié d’appuis suffisamment organisés pour mener une telle opération me glace d’effroi. Comme vous le disiez jeune homme -elle porta son regard sur le premier qui avait pris la parole- certains de leurs sympathisants sont peut-être parmi nous aujourd’hui. Si tel est le cas, soit, c’est le moment de leur adresser un message. »

Cette fois, son regard luisit de défi.

« Ces hommes qui ont fait exploser la banque, qui qu’ils aient été, en espérant porter un coup dur au régime du FREE, ils ont en réalité profondément ébranlé notre cause. C’est d’une ironie tout simplement incroyable. Laissez-vous une minute pour y penser. Est-ce possible de laisser des gens qui se clament de nos mouvements de résistance nous porter un coup aussi terrible ? »

Elle laissa un petit temps ses mots imprégner les esprits, puis conclut en revenant sur la motivation première de cette rencontre, décidée à en convaincre les plus sceptiques :

« Quand les personnes actuellement au pouvoir se redresseront de cet évènement -et elles le feront plus vite que nous- vous pouvez être sûrs qu’elles riront bien de la zizanie que cela a semé dans nos rangs… J’arrête tout de suite les gens qui pensent que la réunification que nous proposons n’est qu’une option, une sorte de gadget superflu pour tenter d’être plus efficaces. Aujourd’hui, nous ne vous proposons pas d’être plus efficaces, mais de survivre. Si ce soir, nous rentrons tous chez nous en pensant que nous allons juste continuer nos petites actions chacun dans son coin comme avant, alors, sachez-le, nous avons perdu.
Inévitablement, le régime va se durcir, multiplier les moyens de nous combattre, et surtout, elle aura de plus en plus de soutien de la population. Je suis sûre que vous connaissez tous un brave commerçant de Bristol qui accepte de cacher pour vous du matériel dans ses locaux ou un gentil voisin qui frappe discrètement un coup à votre porte pour vous alerter d’une descente de la Milice. Demain, vous n’allez plus pouvoir compter sur ces personnes-là, parce qu’elles seront horrifiées de ce qui s’est passé et refuseront d’aider davantage des rebelles qui commettent de tels actes au nom de la liberté. Demain, ces personnes vont peut-être même vous livrer à la Milice. Nous allons perdre en appuis, en forces. Si en plus de ça, nous nous isolons les uns des autres, je ne nous donne même pas un mois avant que les trois quarts de nos réseaux soient démantelés. »

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Se rendre avec Nahuel à une réunion de résistants perturbait Esteban. Une fois de plus le passé et le présent se confondaient, le faisant douter d’avoir pris la bonne décision. Mais aurait-il pu empêcher Nahuel de se joindre à eux ? Il était clair que non et Esteban préférait encore pouvoir garder un œil sur lui plutôt que de se le mettre à dos. Lorsque le jeune homme lui appris qu’il avait rencontré Robin et avait récupéré une nouvelle baguette, Esteban ne put masquer la vague de soulagement qui le traversa et ses traits crispés se détendirent quelques instants.

« C’était le minimum… Je te devais bien ça ! »

Le silence s’installa de nouveau alors qu’il traversait la ville. Ils n’avaient pas besoin de parler, marcher l’un à côté de l’autre sans craindre un sort perdu était déjà une victoire en soi.

Découvrir le grand nombre de personnes présentes pour la réunion rassura quelque peu Esteban. Au Kraken, ils étaient assez isolés, coupés du monde et il ne connaissait pas suffisamment bien l’Angleterre pour juger des forces en présence. S’apercevoir que le peuple était indigné et qu’un peu partout des individus agissaient contre le régime le réconforta.

La réunion commença et les échanges s’enflammèrent rapidement. Il fronça les sourcils en écoutant Irving, le trouvant beaucoup trop accusateur. Néanmoins, il préféra se faire discret pour l’instant. A sa grande surprise, c’est Nahuel qui intervint et qui ne mâcha pas ses mots. Il reconnut en lui le résistant brisé, celui qui avait perdu toute trace d’utopisme. Il l’écouta avec attention, se reconnaissant dans ses mots. Lorsqu’il s’interrompit, Esteban glissa à son oreille :

« Doucement avec Irving, si tu attaques trop personnellement tu risques de discréditer ton message. »

Il ne comprenait toujours pas l’animosité entre les deux hommes et ne pouvait s’empêcher de s’en sentir responsable.

La réunion avançait, chacun laissant parler ses ressentis voir ses ressentiments. Esteban observait, c’était ce qu’il avait toujours fait de mieux, analyser les forces en présence. Il tâchait de reconnaître les indécis, les engagés et les têtes brulées. Bien sûr, il ne pourrait se souvenir de chaque visage qu’il rencontrait mais cette réunion lui offrait l’opportunité unique de se forger des opinions qui lui sauveront peut-être un jour la vie. Lorsqu’il recroisait cet homme barbu qui semblait pester à chaque intervention visant à défendre le Kraken, il aurait peut-être un vague souvenir lui disant de s’en méfier.

Quand Lilly reprit finalement la parole pour se défendre, Esteban crut déceler sa fébrilité. Il reconnaissait en elle sa bravoure, se dresser devant une telle assemblée et affirmer qu’une partie des terroristes venaient de ses rangs et qu’elle avait failli à les découvrir était la preuve d’un grand courage et de beaucoup d’intégrité. Plus le temps passait plus il se prenait à estimer la jeune femme.

L’intervention de Janet fut salvatrice, apportant un peu plus de poids à Lilly et redonnant espoir à certains. Lorsqu’elle déclama son identité et le double-jeu qu’elle jouait, un murmure courut dans la salle. Ils étaient plus forts que certains n’osaient le croire. La résistance n’était pas totalement morte, ils avaient des alliés de poids et il fallait encore y croire !

Malheureusement, l’avis d’Irving était partagé par un certain nombre de résistants. L’homme barbu intervint d’une voix forte.

« Je suis d’accord avec vous, le regroupement des différentes factions est indispensable pour continuer notre combat et ne pas tous y laisser notre peau. Par contre, il est hors de question qu’on soit associé à cette raclure de Kraken. Lilly n’a aucun droit d’être présent sur cette estrade ! Elle a fait trop de mal comme ça. Qu’elle s’excuse si elle le souhaite, personne n’acceptera ses mots. Maintenant, elle doit descendre de là, elle ne peut faire partie du processus d’unification. Je veux que le Kraken et ses membres en soient exclus et je ne pense pas être le seul à le penser. »

Un sourire mauvais se dessina sur le visage d’Esteban, il savait bien qu’il avait raison de ne pas le sentir celui-là. Il reprit un visage neutre avant de s’exprimer d’un ton toutefois cassant.

« Parce que tu crois être en mesure de décider qui peut défendre la liberté ou non ? Tu crois vraiment qu’on peut se permettre de perdre une partie des résistants sous prétexte que quelques abrutis se soient laissés embrigadés dans un délire ? Franchement, vous ne pouvez pas vous passer du Kraken. La résistance est suffisamment affaiblie comme ça. Depuis le début de cette réunion on essaye de vous le faire comprendre, c’est tous ensemble qu’on y arrivera, pas autrement. Certes, il faut peut-être revoir nos priorités et je suis certain qu’une bonne partie des membres du Kraken est prête à passer à une résistance plus discrète, moins coup de poings. Mais franchement, vous pensez pouvoir vous passez de membre aussi dévoués ? On a engagé notre vie dès l’instant où on est entré dans le Kraken, on n’a rien à perdre, ce qui n’est pas le cas de bon nombre d’entre vous. Qui pourra se rendre sur les missions les plus périlleuses, celles dont personne ne veut ? Qui acceptera d’infiltrer les réseaux adverses au risque de se faire découvrir ? Parce que croyez-moi, le sort réservé à ceux-là est pire que la mort. »

Il respira profondément dans l’espoir de se calmer. Il devait montrer sa détermination. Des discours comme celui-là, il en avait fait des dizaines mais ici l’enjeu était énorme. Il lui restait un dernier point à défendre.

« Une dernière chose, vous n’arrêtez pas d’incriminer Lilly. Certes, elle est la chef actuelle du Kraken mais il semble que nombre d’entre vous ignorent ou ont oublié qu’il y a quelques mois, elle partageait sa tâche avec Juliana. Aujourd’hui, elle est seule à se tenir sur l’estrade mais le Kraken c’est aussi Juliana. C’est Juliana qui voulait montrer la force armée, qui voulait se venger des horreurs du régime. Je ne la condamne pas, aussi bien que Lilly ses intentions étaient justes, nobles. Néanmoins, je vous trouve bien durs de juger ainsi une seule personne. Lilly n’est pas responsable des actes de tous les membres du Kraken. Jusqu’à preuve du contraire, nous avons notre liberté de penser, d’agir. Franchement, nous nous battons tous ici pour cela ! Etre libre de ses actes, ne pas être soumis à un régime, à un pouvoir plus fort que nous. Je tiens à vous éclairer sur le fonctionnement du Kraken. Certes, Lilly et avant Juliana en était les chefs officielles mais toutes les décisions sont prises lors de nos réunions, l’ensemble des membres se met d’accord pour nos actions. Nous avons sans doute fait des erreurs mais l’attentat ne peut nous être totalement reproché. Ce n’était pas une décision prise collégialement, ce n’était pas une action du Kraken mais l’acte isolé de quelques illuminés. Vous sentez vous responsable de toutes les personnes qui luttent à vos côtés ? Etes-vous responsable de toutes les personnes qui travaillent avec vous ? »

Une dernière pause avant d’asséner sa conclusion.

« Nous sommes des individus libre de pensée et d’acte. Nous nous tenons aujourd’hui devant vous parce que nous croyons aussi à un monde meilleur. Chaque groupe à ses propres forces, ses propres spécificités. Je crois sincèrement qu’en les unissant, nous pouvons vaincre le régime. Le Kraken peut vous apporter son expérience, nous apprenons de nos erreurs, de nos morts. Inutile de vous précisez que nous aussi avons perdus des amis lors de cet attentat et non, ce n’était pas les poseurs de bombe. »




Si tu me cherches...
... tu me trouves.
Irving WhitakerAubergisteavatar
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Irving attendait une réponse de Lily, qu'elle prenne ses responsabilités, qu'elle explique concrètement comment elle comptait éradiquer les terroristes des rangs du Kraken mais ce fut une tout autre personne qui répondit à ses questions. Nahuel Munoz. Nahuel qui balança son identité devant tout un parterre d'inconnu. Nahuel qui osa remettre sur le tapis ce qui s'était passé à Leopoldgrad. Et Nahuel, encore, qui l'accusa -à tord- d'avoir voulu tuer  Meredith Kane.

"Mais ferme ta bouche ! Tu sais même pas de quoi tu parles ! s'emporta Irving, T'as rien vu, bordel alors parle pas !" s'énerva-t-il en serrant les poings, tu sais rien de ce qui s'est passé là-bas ! RIEN !"

Alors que l'assemblée l'invitait à se calmer l'ancien Gryffondor tenta tant bien que mal de faire taire sa fureur. Comment pouvait on envisager une réunification avec des personnes comme Muñoz qui n'avait qu'un seul but sur terre: Semer le chaos partout où ils  allaient. Ce mec aimait le conflit, il aimait se battre... Il n'était en rien un défenseur de la paix et tout dans son discours et son attitude narquoise transpirait le besoin maladif d'affrontement.

Aussi lorsqu'Irving croisa son regard, il secoua lentement la tête de gauche à droite. Il était peut-être trop naïf, trop idéaliste mais il n'avait pas sacrifié son humanité pour cette cause. Perdre tant  de vies humaines ce n'était pas juste "casser quelques œufs" comme le disait Nahuel. C'était une tragédie. Il avait longuement réfléchi à la conversation qu'il avait eu avec Juliana à ce sujet quelques semaines plus tôt et elle avait raison: La vraie résistance, ce n'était pas de s'endurcir coute que coute jusqu'à ne plus rien ressentir, c'était au contraire de rester soi-même. Se priver de toute humanité n'était pas la solution tout comme minimiser l'attentat de la Marchebank.

Contre toute attente ce fut Lauren McGowan qui formula le mieux la pensée d'Irving. Voir la "brute" de l'école plus calme que lui fut finalement un bon indicateur quant à son degré d'énervement: Irving devait impérativement reprendre la maitrise de ses nerfs pour non seulement rester crédible mais aussi être à même de faire le bon choix. Il s'était senti agressé personnellement par Muñoz  mais il devait être en mesure de prendre assez de recul sur la situation. Cette histoire de réunification n'était pas à prendre à la légère et les résistants allaient devoir se positionner, pour ou contre. Face à un tel enjeu, Irving ne pouvait pas passer toute la durée de la réunion à fulminer contre Nahuel.

Il écouta donc les autres interventions avec attention en s'efforçant de ne pas repenser aux mots de l'argentin. Même s'il était plutôt partisan du "Non à la réunification", le discours de Janet Skinner l'ébranla dans ses convictions. Qui aurait pu penser que la directrice de l'entreprise Cosmos  -fer de lance du régime- puisse être un cadre de la résistance. Son discours était peut-être un peu alarmiste mais Irving était forcé de reconnaitre qu'elle avait raison sur certains points: Résister seul  allait devenir de plus en plus difficile. Esteban appuya ce point de vue en affirmant que les groupes étaient complémentaires et que chacun avait son importance, sa spécificité, même le Kraken tout disposé à s'engager dans les missions les plus périlleuses . Si seulement le Kraken pouvait proposer à  Nahuel la prochaine mission suicide, Irving signerait tout de suite.
Indécis, il profita d'un blanc entre les différentes prises de paroles pour se tourner vers Nora et lui demander:

"Qu'est-ce que tu en penses ? Skinner a été convaincante mais...j'sais pas..."


Irving avait besoin de quelque chose de concret. Comme l'avait dit Joël, avant d'envisager une unification, ils devaient s'assurer d'être d'accord  sur la fin et les moyens.



Irving Whitaker
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