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 [JR] Duels & Duos [Rp commun]

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Nelly HorrocksPréfèteavatar
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Les amis de Virgil n'étaient pas le genre de personnes que Nelly appréciait. Damon Drop était le parfait exemple du gros lourd sans cervelle qui gardait jalousement son territoire contre les envahisseurs, et cette Kasya était bien trop ennuyeuse… Le genre de fille que Nelly avait envie de secouer pour tenter de leur remettre le cerveau en place. Elle était certainement gentille, mais c’était tout. Alors qu’elle s’éloignait en compagnie de Virgil, la préfète grimaça en entendant la moquerie de Damon suivie du gloussement de dinde de la Poufsouffle. Ils lui donnaient la nausée. Elle espérait sincèrement que le professeur Forbes avait entendu la piteuse vanne du Gryffondor et elle enregistra dans un coin de sa tête le gloussement de Kasya. Comme ça, si ses enfants plus tard lui demanderont quel est le cri de la dinde, elle reproduira le rire de la jeune femme.
Les deux jeunes sorciers se positionnèrent sur le cercle tracé au sol et Nelly constata que le Gryffondor n’était pas très loquace. Tant mieux, c’était plutôt bon signe non ? Elle préférait ça en tout cas : ne pas se prendre la tête pendant au moins une heure.

Virgil entama le duel. Ils se saluèrent et Nelly leva sa baguette, prête à se défendre. Le premier sortilège fusa de la baguette de son adversaire que Nelly para au dernier moment non sans difficulté tant elle fut surprise par la nature du sort. Alors qu’autour d’eux les binômes s’attaquaient à coup d’Expelliarmus et autres sortilèges d’attaque, Virgil utilisait un sort parmi les moins hostiles. La préfète lui était d’un côté reconnaissante de ne pas lui envoyer un Expulso dans la figure et d’un autre, amusée. Elle avait l’impression de retomber dans les classes inférieures où les élèves se querellaient à coup de sortilèges plus destinés à faire rire que d’attaquer. Habituellement, la jeune femme s’en serait moquée mais elle devait faire profil bas, comme le lui conseillait sa grand-mère.
La serpentard quitta sa cape qui lui tenait finalement trop chaud et la déposa pliée sur le sol en pierre en avisant Damon Drop qui montait à son tour sur l’estrade devant le Choixpeau. A lui par contre, Nelly avait bien envie de lui enfoncer sa baguette dans le nez.

« Crétin. », souffla-t-elle en le regardant faire le mariole sous le Choixpeau, les cuisses bien trop écartées pour être une posture naturelle.

Elle dégagea ses cheveux derrière sa tête et se repositionna face à Virgil, décidée à aller dans le même sens que lui. Il était vrai que certains sorts étaient plus amusants que d’autres.

« Locomotor Wibbly! »

La maléfice de Jambes de coton se dirigea droit sur le jeune homme dans un éclat de lumière.

HRP:
 


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Dernière édition par Métamorphomage le Lun 21 Aoû 2017 - 15:06, édité 1 fois

Virgil Forbes

Son Tarrentallegra n'atteignit pas son adversaire, et même pire, il ne déclencha aucune réaction chez Nelly. Pourtant, Horrocks n'avait pas sa langue dans sa poche habituellement et Virgil s'était attendu à ce qu'elle râle, pestant face à la simplicité du sort qui l'empêchait de s'entrainer à son juste niveau. Au lieu de ça, elle paraissait presque amusée de la tournure des événements. La digne représentante des Jeunesses Ministérielles semblait avoir mis de l'eau dans son vin des elfes ces derniers temps, constata Virgil en croisant les bras.

Voila qu'elle prenait le temps de plier sa cape soigneusement, comme si elle n'avait pas pu le faire plus tôt. Le Gryffondor poussa un long soupir et reporta ses yeux mi-clos sur Damon qui passait justement l'examen de répartition des binômes.

"Kasya ! Tu m'es destinée ! lâcha-Drop en se levant,  Le choixpeau a parlé, nous sommes fait l'un pour l'autre !" ajouta-t-il d'un ton théâtral en abandonnant le couvre-chef sur le tabouret plutôt que de le donner directement au suivant.

Gé-nial.

Il avait fallut qu'ils tombent dans le même binôme quand lui il se coltinait la Préfète. Bonheur total. Joie absolue. Irrité, Virgil reporta son regard désabusé sur Nelly qui venait tout juste d'insulter Damon dans un souffle.

"Pourquoi tu lui dis pas ça en face..." lâcha-t-il d'un air sombre. "je te pensais moins hypocrite que ça " ajouta-t-il, l'air de rien, pour la faire culpabiliser. Il était sûr que Nelly se pensait franche et honnête et c'était agréable d'essayer d'ébranler ses certitudes.

Certes Kasya et Damon l'avaient agacés et Damon était, effectivement, un putain de gros crétin, mais ils étaient ses potes. Ils faisaient partie de la même bande, régie par des règles bien précises où les humiliations et autres propos désobligeants étaient monnaie courante. Si Damon pouvait se permettre de malmener ou d'insulter Virgil, l'inverse était également vrai. Toutefois Nelly n'avait aucunement ce pouvoir. Même si elle avait mille fois raison en affirmant que Damon était un imbécile, Virgil ne pouvait pas laisser passer un tel affront fait à l'un des membres de la bande.  

"Bon, tu comptes plier et repasser tous tes vêtements un à un ou est ce qu'on peut enfin reprendre ?" dit-il en feignant l'agacement.

Pour le coup, c'était plus facile de passer ses nerfs sur Nelly que sur Damon, constata-il. Il se mit en position, prêt à parer le sort, quel qu'il soit, et ne tarda pas à utiliser un charme du bouclier pour contrer le... maléfice de jambes en coton ?

Elle était sérieuse?

Voila qu'elle puisait dans son répertoire personnel de sorts débiles ! Il avait décidé de la ridiculiser en utilisant des sortilèges faciles et voila qu'elle lui piquait sa technique. Il devait donc changer sa stratégie immédiatement.
Sans attendre, Virgil répliqua:

"Moustiquesortia !" Une nuée de moustiques apparut à l'extrémité de la baguette du Gryffondor. Il les regarda tournoyer au dessus de lui quelques instants avant d'ajouter: " Oppugno !"

L'armée de moustiques assoiffée de sang fondit droit sur Nelly...

dés:
 
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Damon Drop et Kasya se retrouvèrent ensemble, et cela semblait les enchanter. Deux billes qui se retrouvaient face à face, rien de bien étonnant, songea Nelly, de quoi faire une belle partie. Virgil la tira de sa contemplation en remarquant qu'il la pensait moins hypocrite. La préfète haussa les sourcils, surprise, et jaugea le Gryffondor de haut en bas. Voilà qu'il se réveillait lui. C'était bien trop calme. Et dire qu'elle espérait passer un moment sans trop d'accrocs, elle était bien naïve. La serpentard inspira profondément pour garder son calme et répondit le plus posément possible.

"Je lui dirai en temps voulu, s'il me cherche. Et à ça, j'ajouterai bien d'autres choses. Pour l'instant, je le laisse savourer sa victoire." Elle appuya son regard sur les yeux bleus du jeune homme comme pour lui dire "victoire face à toi".

Les rumeurs se répandaient vite à Poudlard et le béguin de Virgil pour Kasya n'était pas inconnu de tous, surtout pas des concierges avec qui elle partageait son dortoir, et le titillait un peu là dessus n'était pas bien méchant, juste histoire de lui rappeler que Drop avait pour l'instant le grappin sur Kasya et pas lui.
Le Gryffondor enchaîna ses remarques désobligeantes mais cette fois-ci, Nelly fit la sourde oreille et se concentra sur le sort qu'elle s'apprêtait à lancer. Son maléfice fut contré par Virgil qui riposta rapidement par un sort auquel Nelly ne s'attendait pas du tout. Elle eut le temps d'observer la nuée de moustiques qui était apparue, avant que Virgil leur ordonne de lui foncer dessus, et ce laps de temps lui permit de trouver le contre-sort adapté.

"Culicidae Evanesca !"

Un bouclier magique se dressa devant sa baguette tendue contre lequel les moustiques s'écrasèrent pour retomber en poussière.
Satisfaite, la préfète abaissa sa baguette et son regard glissa de ce qu'il restait des moustiques à Virgil.

"Originaux tes sortilèges." lança-t-elle mi-amusée, mi-moqueuse.

La serpentard releva son bras pour signifier que le duel continuait et cette fois, elle opta pour un sort plus agressif.

"Incarcerem !"
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Virgil Forbes

Virgil comprit parfaitement le sous-entendus de Nelly, signe qu'elle avait vu clair dans son jeu. Ce n'était pas difficile à deviner, beaucoup de gars de leur promotion avaient un faible pour Kasya. Elle était jolie, nature, drôle et un peu rebelle à ses heures perdues. Un cocktail explosif qui en séduisaient plus d'un.  Rien à voir, donc, avec le caractère lunatique de la sérieuse Nelly.

"Quelle imagination Horrocks", souffla toutefois Virgil d'un air désabusé en roulant des yeux. Il secoua la tête de gauche à droite comme si ces gamineries et autres histoires de crush ne le concernaient pas. Il était bien au dessus de ça, voyons, "Tu as trop lu du Magpie, ça t'a cramé les neurones."ajouta-t-il avec un léger sourire moqueur.  Il avait à cœur de ne pas donner raison à Nelly et il ne laisserait rien paraitre qui pourrait corroborer les propos de la préfète. Il savait très bien faire semblant, lui aussi et il enchaina bien vite sur un nouveau sortilège pour couper court à la conversation.

Son sort n'atteignit pas Nelly puisqu'elle fit apparaitre un bouclier magique sur lequel les moustiques s'écrasèrent comme sur un pare-brise de voiture moldue. Triste fin, constata Virgil en observant le tas de cadavre d'insectes qu'il fit disparaitre d'un coup de baguette. Horrocks gratifia ses sortilèges d'originaux, elle souhaitait visiblement être un peu ironique mais Virgil prit sa remarque comme un compliment. Gagner ce duel était le cadet de ses soucis par contre il n'était pas contre l'idée de tenter et d'expérimenter des nouveaux Sortilèges qu'il maitrisaient mal, voir même qu'il n'avait pas encore appris.

Il réfléchissait justement à un potentiel sort à jeter lorsque Nelly le prit de vitesse en lui assenant un puissant incarcerem qu'il n'eut pas le temps d'esquiver ou de contrer. Il se retrouva, en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, littéralement ligoté par le sortilège qu'il n'avait pas vu venir.

"Tu as trouvé mon point faible, articula-t-il toujours emprisonné par les chaines, j'adore quant les filles me ligotent." Il appuya sa remarque d'un regard bleu électrique et d'un sourire coquin.

Quitte à être ridicule au moins essayer de sauver les apparences ! Et puis, Nelly était une fille assez prude et il entendait bien la bousculer un peu. Elle n'était pas la seule à savoir faire des sous-entendus !

Elle finit toutefois par le libérer de l'emprise du Maléfice. Virgil massa ses poignets endoloris quelques secondes tout en passant des sortilèges en revue dans sa tête: Un sortilège de découpe ? son père allait lui tomber dessus, de désarmement ? trop banal, de chatouillis ? Enfin Nelly pourrait se marrer un peu dans sa morne existence mais Virgil n'était pas la Croix Rouge Magique. Il ne lui ferait pas ce plaisir.  

Non, il avait une autre idée en tête, un peu limite, il devait l'avouer, mais le sort ne figurait pas sur la liste des impardonnables et, honnêtement il y avait peu de chance pour que Virgil le réussisse. Il ne l'avait même jamais lancé jusqu'à aujourd'hui mais il fallait un début à tout. Le jeune homme hasarda donc un regard en direction de son père qui était occupé à l'autre bout de la pièce -parfait- puis il pointa sa baguette droit sur Nelly.

-Légilimens, murmura-t-il pour n'être entendu que de lui-même.

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Nelly HorrocksPréfèteavatar
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Spoiler:
 


Virgil feignit l’innocence quand elle sous-entendit qu’elle savait pour son attirance envers Kasya. Regardez le faire son numéro. Nelly n’y croyait qu’à moitié. Elle se contenta donc de lever les yeux au ciel quand il se moqua en retour. Ca ne risquait pas qu’elle lise du Magpie, bien trop fleur bleue à son goût, il la prenait pour qui ? Bon d’accord, elle avait commencé à lire les Hauts de Hurlelune mais n’avait pas accroché, depuis le bouquin traînait dans une bibliothèque chez elle.
Après avoir contré la nuée de moustiques créée par Virgil, la serpentard enchaîna rapidement avec un Incarcerem lancé avec force. Son sortilège atteignit sa cible pour son plus grand plaisir. Elle avait brillamment réussi son coup et sa gestuelle fut parfaite lorsqu’elle fit s’enrouler les cordes autour de son adversaire. Elle espérait bien que les professeurs l’avaient remarquée. Sauf le professeur Forbes peut-être. Comment réagirait-il s’il voyait son fils ligoté de la sorte ? Il manquait plus que Damon Drop ait raison et qu’elle se prenne un sortilège de confusion déloyal de la part de l’enseignant. La préfète jeta un rapide coup d’oeil en redirection des professeurs tandis qu’elle s’approchait de Virgil qui tâchait de faire tourner la situation en dérision. Les yeux de la jeune femme pétillèrent quand le Gryffondor ponctua sa phrase d’un sourire coquin. Il voulait jouer à ça ? Très bien, elle allait rentrer dans son jeu. Il était temps de dévoiler une facette plus camouflée de sa personnalité et elle aimait jouer la comédie.

« Ça tombe bien, j’adore ligoter les garçons personnellement, minauda-t-elle en faisant lentement remonter une corde sur le cou pâle du jeune homme à l’aide de sa baguette. J’ai comme l’impression d’avoir le contrôle… le pouvoir, souffla-t-elle en faisant mine de chercher ses mots pendant qu’elle laissait courir le bout de sa baguette sur la joue de Virgil. On ne trouve pas ça dans du Magpie, crois moi, ajouta la sorcière en se hissant au plus près de son visage. - Si, peut-être dans un de ses livres, mais passons. - Ce serait bête d’abîmer cette jolie joue, n’est-ce-pas, Virgil ? »

Elle avait bien articulé sur son prénom et affichait une mine faussement attristée. La jeune femme s’autorisa même à laisser chauffer le bois de sa baguette avant de s’écarter aussi vite qu’elle s’était approchée tout en faisant disparaître les cordes d’un mouvement de baguette.
Elle aimerait bien qu’il ait un peu flippé et il garderait comme souvenir une petite marque rouge sur la joue pour au moins le reste de la journée. Elle lui lança un regard provocateur en retournant de son côté du cercle. Non mais. Elle aussi elle pouvait se jouer de lui. La serpentard se prépara à nouveau pour lancer ou contrer un éventuel nouveau sort de son adversaire qu’elle avait probablement énervé. Elle n’entendit pas la formule que prononça Virgil et ne sut donc pas comment contrer le sortilège qu’il lança. Elle ne comprit que trop tard la nature du sort qui l’emporta malgré elle dans les méandres de sa mémoire.

Elle ne put opposer aucune résistance, elle ne savait pas comment faire, et elle savait que Virgil voyait ce qui défilait devant ses yeux, elle le sentait comme une présence étrangère et malsaine. Elle avait déjà entendu parler de la Légilimancie et s’était renseignée sur le sujet en lisant des livres qui traitaient du sujet, mais elle ne l’avait jamais expérimenté ou vécue et ne maîtrisait pas l’Occlumancie. Est-ce que Virgil savait au moins ce qu’il faisait ? Le film en accéléré de ses souvenirs - où on pouvait voir des moments marquants de sa scolarité, son frère, sa sœur, sa grand-mère – s’arrêta enfin sur une vision claire et précise de sa vie passée.
Nelly reconnut immédiatement la scène qu’elle revivait à nouveau. Elle était jeune, plus jeune que maintenant. La scène se déroulait un soir des vacances d’été entre sa première et sa deuxième année. La jeune Nelly était dans le petit appartement londonien de sa mère, assise sur le canapé du salon devant la table basse où étaient étalés ses devoirs d’été. La préfète ressentait les mêmes sensations qu’à l’époque, le tissu de son pyjama, l’inconfort du canapé défoncé, les fragrances des parchemins et de l’encre mêlées à l’odeur de renfermé de l’appartement. La panique gagna la conscience de la Serpentard, elle savait ce qui allait se produire ensuite et ne voulait pas le revivre, pas maintenant devant Virgil et dans ces conditions, pas maintenant qu’elle avait plus ou moins réussi à enterrer ce douloureux souvenir.
La vision continua et Nelly tenta de l’arrêter de toutes ses forces, en vain. Bientôt, un cliquetis de clés se fit entendre à la porte d’entrée qui donnait directement sur le salon et l’on pouvait voir la jeune Nelly qui tenta de camoufler rapidement ses parchemins. Le coeur de la préfète se serra et sa gorge se noua quand elle revit sa mère apparaître dans l’encadrement de la porte, ivre et mal coiffée. Les yeux rougis de la femme qui lui avait donné la vie se posèrent sur les livres encore posés sur la table basse, puis glissèrent sur Nelly qui fixait sa mère en retenant sa respiration.

« Je…, bredouilla la petite sorcière alors que le regard de sa mère passait plusieurs fois des livres à sa fille. C’est mes devoirs... »
Soudain, comme si l’information était arrivée à son cerveau, Miss Horrocks se jeta sur les affaires de sa fille en s’emportant.
« C’est quoi ça !? Pas de ça chez moi j’ai dit ! beugla-t-elle en s’emparant des livres avec agitation.
- C’est mes affaires ! protesta Nelly en se levant du canapé pour tenter de prendre ses livres des mains de sa mère qui la repoussa violemment dans le sofa.
- Pas de sorcellerie chez moi, j’ai dit ! continuait sa mère en lui jetant les livres à la figure avec une précision et une force remarquable pour quelqu’un sous l’emprise de l’alcool. La Nelly du présent ressentit à nouveau cette douleur au crâne et sa respiration s’accéléra.
- Qu’est-ce que tu caches hein ? » crachait Miss Horrocks en tirant sa fille du canapé par le poignet pour prendre et déchirer les parchemins que la petite avait précipitamment cachés sous ses jambes.
La serpentard ressentit à nouveau une douleur au poignet ainsi que le contact chaud et moite de la main de sa mère. Virgil ne pouvait en voir plus, que cela cesse…
« C’est mes devoirs, non ! se lamenta la petite Nelly en se baissant pou rassembler les morceaux de parchemin.
Mais sa mère l’attrapa par les cheveux pour la forcer à se remettre debout et la souleva même de quelques centimètres pour lui crier à la figure.
- Sale vermine, tu n’es qu’une vermine, comme ton grand-père ! Tu mérites le bûcher comme au Moyen-Age ! » menaçait sa mère dont l’haleine empestait l’alcool.
La jeune Nelly grimaça, porta ses mains à celles de sa mère qui lui tirait les cheveux et planta ses ongles dans la peau de Mme Horrocks qui la lâcha en poussant un cri de surprise. Elle inspecta sa main et darda un regard furieux à sa fille où on pouvait lire toute la haine qu’elle portait à l’égard des sorciers. Même accentuée par l’alcool, on devinait que cette émotion était vraie. Une vague de peur envahit la jeune Nelly tout comme celle du présent qui ferma les yeux le plus fort possible sans pour autant que cela lui empêche de voir la suite.
« Pardon ! J’ai pas fait exprès, pardon ! » implora la petite fille en tentant d’échapper aux mains de sa mère qui lui fondait dessus.
La gifle fut brûlante et les deux Nelly séparées dans le temps portèrent leur main à la joue.
« Monstre ! Tu n’es qu’un monstre ! Tu vas me contaminer avec tes doigts de sorcière ! » Une autre gifle claqua et la jeune Nelly tituba sous le coup.
Sa mère, complètement emportée dans sa folie et son ivresse, attrapa une lampe posée sur un meuble qu’elle jeta en direction de sa fille. Le luminaire manqua sa cible et se fracassa sur le mur. Un tesson d’ampoule brûlant frôla la joue de la jeune Nelly sans défense qui se précipita dans le couloir pour s’enfermer dans sa chambre alors que Miss Horrocks empoignait une paire de ciseau.
La préfète, affolée et submergée par l’émotion, se concentra de toutes ses forces pour chasser Virgil de sa tête.

« Stop ! Ça suffit, arrête, arrête ! murmura-t-elle entre ses dents serrées. Assez ! »

Elle fut violemment ramenée à la réalité, comme si elle se réveillait à cause d’un cauchemar, le bruit environnant parvenait à nouveau à ses oreilles. Nelly ne savait pas combien de temps s’était écoulé mais personne ne semblait avoir remarqué ce qu’il s’était passé, trop occupés par leurs propres duels. La jeune femme tremblait, les poings serrés, les larmes lui montant aux yeux. Elle tentait de reprendre ses émotions et de calmer son rythme cardiaque. Elle ne savait pas ce qui était passé par la tête de Virgil pour qu’il ose utiliser ce sort qui restait relativement difficile et dangereux. Elle se demandait d’ailleurs comment il avait pu le réussir. En tout cas, il avait tout vu et probablement vécu la scène comme s’il y était, ce qui mettait Nelly plus que mal à l’aise. Elle ne savait pas si c’était elle qui avait réussi à mettre fin à son intrusion mentale ou s’il s’était retiré tout seul mais il en avait trop vu à son goût. Revivre ce souvenir était bien l’une des dernières choses que Nelly pensait vivre aujourd’hui et elle fut prise de vertiges quand elle eut pleinement retrouvé ses esprits. Une larme roula sur sa joue qu’elle s’empressa d’essuyer.

« J’ai besoin d’une pause. » souffla-t-elle avec une voix rendue tremblotante par l’émotion.

Elle s’approcha du mur à côté duquel ils se trouvaient et s’y laissa glisser pour s’asseoir sur le sol froid, les jambes remontées contre son torse. La serpentard posa sa tête contre ses genoux et joignit ses mains devant ses tibias. Ainsi recroquevillée, elle laissa couler quelques larmes sur son visage blême. Après un instant de lâcher-prise, la jeune femme ravala ses larmes et prit une profonde inspiration avant de relever la tête.

« Bon voilà, lança-t-elle à Virgil sans le regarder. Tu connais mon plus gros secret maintenant. »

Sa voix se voulait assurée mais elle tremblait encore un peu. Nelly finit par poser ses yeux quelque peu rougis sur le jeune homme et lui adressa un petit sourire désolé. Elle n’avait pas la force de lui faire des reproches.


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Virgil Forbes

Happé. Absorbé. Il n'y avait pas d'autre mot pour décrire ce qui venait de se passer. Une fraction de seconde plus tôt, Virgil était dans la Grande Salle occupé à combattre et voila qu'il se retrouvait maintenant à l'intérieur d'un petit appartement sentant le renfermé. Quelque chose lui était familier, constata-t-il en balayant la pièce du regard, il parvint finalement à poser un mot sur cette sensation de déjà vu:" moldu"

Virgil avait grandit dans une villa londonienne en territoire non magique. Le même électroménager, les même lampes électriques, le chauffage, la télévision. Tout ici lui rappelait son enfance et l'actuel appartement de sa mère à Greenwitch. Quoique, cet intérieur paraissait passablement plus miteux que la maison qui l'avait vue grandir et nettement plus vétuste que le duplex high-tech d'Agathe, se dit-il en contournant le canapé pour découvrir une fillette travaillant sur la table basse: Nelly Horrocks.

C'était à peine croyable ! Il avait réussit son sortilège ! Il était dans la tête de Nelly ! Un sourire mauvais étira les traits de Virgil tandis qu'il gravait dans sa mémoire le motif ridicule du pyjama de la Préfète. Il ne manquerait pas de la chambrer sur ce point dès son retour. Il n'eut toutefois pas le temps de s'attarder sur d'autres détails puisque l'ambiance du souvenir changea brusquement. Tout l'appartement sembla trembler presqu' imperceptiblement juste avant qu'un cliquetis dans la serrure ne se fasse entendre. Le regard de Virgil passa de la jeune Nelly, visiblement apeurée, à la femme qui se tenait maintenant au centre de la porte. Virgil avait passé assez de soirées à picoler avec ses amis pour reconnaitre immédiatement cette odeur caractéristique de Whisky moldu. Et puis, très honnêtement, il suffisait de regarder cette femme pour deviner qu'elle entretenait une histoire avec l'alcool depuis très, très longtemps. Ses yeux rougies, ses cheveux emmêlés... Elle n'était pas belle à voir.  Une grimace de dégout passa sur le visage de Virgil tandis que l'adulte s'approchait du canapé, regardant tour à tour les livres et la fillette. L'instant était suspendu tant Nelly semblait sur ses gardes. Inconsciemment, Virgil cala son comportement sur celui de la jeune fille et se raidit légèrement en regardant la femme. Quelque chose allait mal tourner. Il le sentait à cette force lointaine- mais bien présente- qui tentait de le tirer en arrière et, soudainement, tout bascula.
La mère se jeta sur les affaires de la fille, renversant l'encrier et froissant livres et parchemins. Nelly tenta bien de s'interposer mais elle fut rejeter avec une telle violence sur le sofa que Virgil recula d'un pas.

- Pas de sorcellerie chez moi, j’ai dit !


Le sol trembla à nouveau comme pour chasser Virgil de ce souvenir mais le Gryffondor était comme hypnotisé par cette scène brutale et cruelle. Immobile dans un coin de la pièce il ne pouvait plus la quitter des yeux: Les mains de la femme soulevant Nelly comme un pantin et lui arrachant presque les cheveux. Nelly répliquant en enfonçant ses ongles dans la chair de sa mère suivit de son cri de stupeur. Les excuses et les supplications de l'enfant.

Ce fut seulement la claque retentissante qui tira Virgil de sa léthargie malsaine. Il sursauta littéralement en voyant Nelly tituber sur le coup du choc. Sa mère allait finir par la tuer, se dit-il en s'approchant de quelques pas, comme pour s'interposer. S'en était trop, même pour lui. La deuxième claque lui arracha un grognement  "Arrêtez !" mais la mère ne l'entendit pas. Il n'était là qu'en simple spectateur, condamné à ne pas pouvoir agir. Le sol trembla à nouveau, manquant de le faire tomber cette fois tandis que la femme, dans un accès de rage, arrachait une lampe de sa prise. Elle la jeta avec force dans leur direction et le luminaire transperça littéralement Virgil comme s'il n'était qu'un fantôme pour venir s'écraser à quelques centimètres du visage de Nelly qui disparut en courant dans un couloir. Le femme attrapa alors un ciseau, non pas comme on l'attraperait pour découper un simple parchemin-les doigts dans les cercles prévus à cet effet- mais plutôt comme un couteau, une arme, visiblement prête à planter sa pointe acérée dans le corps de Nelly.

Un nouveau tremblement, intense, fit  chavirer Virgil et une force invisible l'expulsa en arrière avec vigueur et détermination.

Il chancela et laissa échapper sa baguette au sol. L'artefact magique roula, dans un arc de cercle quasi parfait jusqu'au mur mais le Gryffondor resta immobile, incapable d'aller le récupérer. Il était là, le souffle court , le corps couvert de sueur et la tête en proie à de monstrueux maux de tête. Son premier réflexe fut de tâter son torse, pile là où la lampe l'avait traversée et il fut soulagé de sentir son cœur battre la chamade sous son pull.

Ce fut seulement après cet examen qu'il consentit à relever les yeux sur ce qui l'entourait: La Grande Salle, les duellistes répartis dans les cercles, son père occupé à conseiller deux troisièmes années à l'autre bout de la pièce et Nelly, tremblante, les poings serrés à quelques mètres de lui.

Instinctivement, Virgil fit quelques pas vers elle mais elle s'empressa de lui dire d'une voix tremblante qu'elle préférait faire une pause avant de s'éloigner dans un coin de la pièce. Et merde. Elle pleurait.

Virgil resta penaud quelques instants, regardant partout autour de lui pour voir si quelqu'un avait remarqué leur échange mais les autres semblaient trop concentrés dans leurs propres duels pour les avoir remarqués. Son cœur rata un battement lorsqu'il crut voir Thelma Corrigan regarder dans sa direction et il s'empressa de rejoindre Nelly prêt du mur. Elle s'était laissée glisser sur le sol et pleurait en silence.

Bordel de troll, elle allait finir par ameuter tout le monde, se dit Virgil en se massant le crâne des deux mains, les yeux clos. Cette douleur n'allait-elle donc  jamais passer ?

"Qu'est-ce qu'elle a ?"
Virgil ouvrit les yeux pour découvrir Gabriel, son petit frère, posté en face de Nelly. Son duelliste l'attendait un peu plus loin, en retrait.
"Rien."
Peu convaincu par la réponse de son ainé, Gaby inclina la tête sur le côté et finit par s'accroupir devant la préfète.
"Elle pleure ?"
"Non."
Un silence et de nouveau:
"Elle pleure. " Ce n'était plus une question mais une affirmation.
Virgil poussa un soupir agacé et enchaina:
"Dégage Gaby."
"Qu'est ce que tu lui as fait ? Pourquoi est-ce qu'elle pleure ?"  demanda vivement Gabriel en se relevant. Il avait beau n'être qu'en première année, il ne craignait pas les réactions de son grand frère et n'hésitait pas à s'opposer à lui, bien plus souvent que Casey par exemple. Le garçonnet risqua d'ailleurs un regard en direction de Jonah, ce qui ne manqua pas de faire réagir Virgil.
"Qu'est ce qui a ? Tu veux aller dire à papa que j'ai fait pleurer ta petite préfète ? Ben. Vas-y, j't'en prie, assura-t-il en désignant Jonah d'un geste de la main, vas faire ta balance comme tu sais si bien le faire."
"Je suis pas une balance." grommela Gaby partagé entre l'envie d'avertir un adulte et le désir de ne pas être catalogué comme le fayot de service.
"Très bien. Ravi de l'apprendre. Maintenant, tu nous fous la paix."
Gabriel était si prévisible que s'en était risible. Virgil sut qu'il s'était débarrassé de lui lorsque son cadet secoua la tête de gauche à droite en soufflant un "Pfff" et qu'il fit volte-face pour rejoindre son binôme un peu plus loin, abandonnant Virgil aux côtés de Nelly.

Une poignée de duellistes semblaient maintenant avoir perçus la détresse de Nelly. Leurs voisins directs dardaient des regards interrogateurs dans leur direction, se demandant visiblement quel horrible sortilège avait usé  Virgil pour mettre la préfète dans cet état.

Il répondit à peine à la  remarque de la jeune femme lorsqu'elle lui avoua qu'il connaissait maintenant son pire secret et lui attrapa le coude pour la remettre debout sans quitter des yeux la silhouette toujours retournée de Jonah.

"Ouai,... ouai,... Viens  on va prendre l'air."

Virgil entraina la préfète jusqu'aux portes de la Grande Salle qui, par miracle, se trouvaient seulement à quelques pas de leur position. Il referma soigneusement et silencieusement les deux montants derrière eux et laissa l'air frais du hall emplir ses poumons en s'adossant au sablier de Serdaigle.

Il n'en revenait pas d'avoir réussi ce sortilège. C'était tout bonnement impossible ! Il avait juste lu quelques recommandations dans le manuel de Dean l'été dernier comme "établir un contact visuel avec sa cible" ou encore "faire en sorte que celle-ci soit détendue pour faciliter l'intrusion". Nelly était surement un peu sur ses gardes mais elle ne s'était surement pas attendue à subir ce genre d'attaque, voila pourquoi ça avait été si simple et si...limpide.

Mal à l'aise à l'idée de ce qu'il avait découvert, Virgil passa une main sur son front pour essuyer sa transpiration et tenter de calmer les pulsations lancinantes de son cerveau qui irradiait jusqu'à la marque rouge sur sa joue que Nelly lui avait "amoureusement" dessinée.

"Je ne pensais pas vraiment que ça marcherait" lâcha-t-il un poil embarrassé " C'était la première fois que je jetais ce sort, je ne m'attendais à ce qu'il fonctionne."

Horrocks avait des raisons de lui en vouloir, il avait vraiment joué les apprentis sorciers pour le coup, mettant leur santé à tous les deux en péril. Pourtant Nelly focalisait sur le souvenir qu'il avait perçu bien plus que sur la dangerosité du sort en lui-même. Il fallait dire que l'événement en question était particulièrement traumatisant si bien que Virgil frissonna en se remémorant l'air fou de la femme du cauchemar.

"C'était ta mère n'est-ce pas ?" demanda-t-il alors en relevant les yeux sur la préfète.
Malgré les années de différence et les ravages de l'alcool, un air de famille était perceptible entre les deux femmes.  Virgil hésita une seconde et ajouta " Il s'est passé quoi ...après... Avec le ciseau ?"

Il n'arrivait pas à se sortir de la tête la vision de cette furie brandissant son arme en direction du couloir où sa fille venait de disparaitre.
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HRP:
 


Pleurer lui faisait du bien. Les larmes salées imbibaient ses lèvres quand une petite voix se fit entendre devant elle. La préfète préféra ne pas réagir et laissa intervenir Virgil qui, à sa voix, s’était approché d’elle. En écoutant l’échange entre les deux garçons, la serpentard comprit qu’il s’agissait du jeune Gabriel Forbes qui s’était accroupi en s’inquiétant. Elle aurait voulu relever la tête pour lui assurer que tout allait bien mais cela risquait d’éveiller encore plus ses soupçons. Ses mains se crispèrent quand Virgil évoqua son père. Son petit frère n’allait quand même pas prévenir le professeur Forbes ? Ils seraient bien embêtés tous les deux pour expliquer la raison de ses pleurs. Virgil pouvait avoir des ennuis pour avoir utilisé la Légilimancie et on lui demanderait ce qu’il avait vu. Au final, en tant que « victime », Nelly ne risquait pas grand-chose si le Gryffondor inventait un bobard mais elle se doutait bien que sa tête ne réussirait pas à convaincre les professeurs. Aussi fut-elle soulagée d’entendre Gabriel s’éloigner et elle put remontrer son visage.
Virgil ne prêta pas vraiment attention à ses paroles et l’incita à se relever en passant une main sous son coude. La préfète ne broncha pas quand elle comprit qu’il voulait fuir le regard des autres duellistes, qui commençaient visiblement à se poser des questions, mais surtout celui des professeurs Forbes et Corrigan. Elle attira sa cape dans ses mains à l’aide d’un Accio, le suivit jusque dans le Hall et jeta un dernier coup d’œil dans la Grande Salle, au moment où le jeune homme fermait la lourde porte derrière eux, pour vérifier si les profs ne les avaient pas remarqués.
L’air frais du Hall semblait glacial après la chaleur de la Grande Salle mais Nelly s’approcha tout de même un peu plus de l’immense porte qui donnait sur le parc et au travers de laquelle filtrait un peu d’air.

« Ton frère ne va pas cafter ? » demanda-t-elle en croisant ses bras.

Ses jambes tremblaient encore un peu mais ce n’était pas à cause du froid. Un flash du souvenir qu’elle venait de revivre s’imposa à son esprit.
« Monstre ! » Le visage fou de sa mère apparut devant ses yeux et la jeune femme détourna la tête en fermant ses paupières le plus fort possible. Virgil la tira de cette vision d’horreur en lui révélant son embarras face à la situation.
Il ne pensait pas réussir son sort… Comment pouvait-il le savoir ? Il avait joué les apprentis sorciers et avait réussi à pénétrer son esprit, c’était exceptionnel pour une première. Il avait eu la seule chance de réussite parmi cent échecs. Nelly non plus ne pensait pas que c’était possible et pourtant il était réellement entrer dans sa mémoire. Mais pourquoi il était tombé sur ce souvenir là ? Le pire de tous ? Elle lui en voulait d’avoir expérimenté la Légilimancie sur elle, il aurait pu perdre le contrôle et affecter sa mémoire, modifier un souvenir, implanter une pensée… Mais le fait qu’il ait vu ce souvenir là était plus fort que les remords. Cela angoissait Nelly. De plus, cet épisode douloureux de son passé était désormais remonté et tous les détails lui revenaient en mémoire, la scène se déroulant encore et encore dans son esprit, comme une boucle infernale.

« Je suis ravie d’avoir été ton cobaye humain, lança la préfète en réponse au Gryffondor. Vraiment, c’était super. »

L’ironie était la meilleure arme qu’elle avait contre lui maintenant et sa meilleure défense pour cacher son mal-être. D’ailleurs, sa voix avait été rauque, comme si ses paroles restaient dans sa gorge tant elle était nouée. Elle enfila sa cape d’hiver pour se détourner un instant de Virgil. Les larmes lui remontaient aux yeux et se rajouter une couche de vêtement pour dissimuler sa détresse la rassurait.
La jeune femme se figea lorsque le Gryffondor la questionna ensuite. Elle daigna se retourner pour lui faire face et hocha silencieusement la tête en venant s’appuyer sur les sabliers des quatre maisons à ses côtés. Oui, c’était bien sa folle de mère alcoolique. Elle-même si respectée et adorée de ses proches avant sa descente aux enfers. Sa mère qui vouait une haine féroce envers les sorciers autant qu’elle s’intéressait à l’alcool et à probablement d’autres substances.

La deuxième interrogation du jeune homme ne la surprit guère mais son estomac se noua. Alors, dans un mécanisme de défense, elle répondit sèchement :

« Qu’est ce que ça peut te faire ? » Elle plongea quelques secondes ses yeux dans le regard bleu électrique de Virgil avant de les baisser rapidement, gênée.

Après tout, à ce stade, après ce qu’il avait vu, il avait le droit de connaître la suite.

« Pardon je… euh… ok, » souffla-t-elle dans un soupir.
Elle prit une profonde inspiration en s’asseyant au pied des sabliers géants et invita Virgil à faire de même.

« Alors, euh…, commença la préfète avec beaucoup d’hésitation. Elle pinça l’arrête de son nez puis se lança en prenant garde à ne pas parler trop fort. Je suis partie m’enfermer dans la chambre où on dormait mon frère et moi. Mais ces vieilles portes n’avaient pas de verrou et je n’ai pas eu le temps de la bloquer. Elle marqua une pause le temps de placer des mots sur ce qui lui revenait petit à petit en mémoire avec une limpidité troublante. Ma mère est entrée comme une furie dans la chambre et a réveillé mon petit frère, Mickaël. Quand j’ai vu le ciseau dans sa main, j’ai complètement paniqué et je suis montée sur mon lit pour me plaquer au mur. J’ai cru qu’elle allait me planter son ciseau dans le cœur et que j’étais finie mais son esprit délirant et complètement tordu était persuadé que je contaminais de ma magie tout ce que je touchais… Alors elle a entrepris de me couper les doigts… Elle tendit son pouce gauche devant le visage de Virgil. On devinait une cicatrice blanche sur la peau tendue entre le pouce et l’index. Nelly avait gardé une certaine rigidité de cette blessure et ne parvenait pas à écarter complètement son pouce. J’ai eu horriblement mal quand elle a commencé à… couper. En plus, je me débattais dans tous les sens pour essayer de lui échapper, alors ça aidait pas. » Le ciseau avait entaillé sa chair et ses muscles sur deux centimètres et les vaisseaux sanguins à proximité avaient abondamment saignés.

« Je sais pas si elle aurait pu casser les os avec le ciseau mais, bref… Quand j’ai hurlé, mon frère a crié aussi et ma mère s’est retournée pour lui gueuler de se taire, elle ne lui voulait pas de mal à lui. A l’époque, on ne savait pas encore qu’il était lui aussi un sorcier. Et à ce moment, avec la douleur ou je sais pas, mes pouvoirs ont pris le dessus et… la pièce a comme explosée. La porte est sortie de ses gonds et tous les petits objets ont valdingués dans la pièce. Ça a fait très peur à ma… génitrice qui me regardait comme si j’étais le diable. » Elle revoyait très bien la porte au sol, complètement arrachée du mur qui s’effritait, les livres, jouets et autres objets sur le sol, parfois même cassés. Sa mère avait alors hurlé « Sorcière ! Sorcière! » en pointant un doigt dénonciateur sur elle et en trépignant sur place comme si elle hésitait entre fuir et éliminer sa fille.

« Ses yeux étaient exorbités, j’avais jamais vu un regard pareil… Là, j’ai compris qu’elle voulait me tuer, s’étrangla-t-elle alors qu’une larme échappait à son contrôle et venait rouler sur sa peau. Elle s’essuya avec sa manche et continua en déglutissant avec difficulté. Sa folie était plus forte que sa peur parce qu’elle s’approcha à nouveau de moi et cassa le ciseau en deux pour garder que la partie coupante. Elle devait se droguer en plus parce qu’elle était trop forte et énergisée c’était pas possible… Et puis là elle m’a dit « Tu vas payer les mille souffrances que tu m’as fait vivre ! ». Sa voix s’était mêlée à celle, tonnante, de sa mère qu’elle avait distinctement entendue dans sa tête. Elle était sincère, je le sais, j’ai perçu un éclat de lucidité dans son regard. J’ai hurlé, pleuré, supplié, mais elle m’a donné un coup de ciseau sur la figure en criant « Une ! ». Nelly se souvenait de la lame froide et tranchante qui avait entaillé sa joue sur laquelle elle avait porté sa main ensanglantée. Elle a continué comme ça, en comptant, sur tout ce qui était à sa portée. Mes mains, mes bras, mes jambes… J’ai vu mon frère quitter la chambre en courant et j’ai été au moins rassurée pour lui… Elle pouvait me couper en autant de morceaux qu’elle voulait tant que Mike n’était pas là pour voir ça. » Elle s’arrêta un instant pour reprendre le contrôle de son cerveau qui s’emballait et tordit nerveusement ses doigts.

« En fait, il m’a sauvé la vie… Il est allé alerter un voisin sorcier, on le savait, je l’avais croiser sur le Chemin de Traverse. Tu te rends compte, il a eu cette présence d’esprit de faire quelque chose, si jeune… Quand le voisin est arrivé, elle en était à vingt-deux… Vingt-deux entailles pour vingt-deux souffrances. La jeune femme remonta ses manches et le bas de son uniforme pour dévoiler les quelques cicatrices qui restaient des coupures les plus profondes, imperceptibles au premier regard. Le voisin l’a pétrifiée et je me suis évanouie. Quand je me suis réveillée, j’étais à l’hôpital avec ma grand-mère, mon père, ma sœur et mon frère. Les médecins ont fait du super boulot, révéla-t-elle en inspectant quelques secondes ses cicatrices. Je me suis très bien remise… physiquement, crut-elle bon de préciser. J’ai appris que des gens avaient été envoyés par le Ministère qui avait détecté mon usage involontaire de la magie qui avait été bien trop fort pour être banal. Ils ont appelé la police et une ambulance moldues et ont remis l’appartement en état avant leur arrivée, ils ont caché toutes traces de magie, mes affaires de cours, le bordel de la chambre et ont laissé les preuves de mon agression. J’ai été embarquée par les secouristes et ma mère par les flics. Les gars du Ministère étaient partis et ont laissé mon voisin faire le témoin. Ils ont laissé ma mère dire à qui voulait l’entendre que sa fille était une sorcière, personne ne la croyait et ça a joué en sa défaveur. Je n’ai pas été soignée à Ste Mangouste parce que les forces de l’ordre moldues sont venues m’interroger et la surveillance de mon état faisait partie de leur enquête. Ça a permit de crédibiliser l’événement. »

La jeune femme soupira en vérifiant qu’ils étaient bien toujours seuls. Parler lui avait fait du bien, elle se sentait plus légère, mais aussi du tort. Tout était à nouveau clair et bien présent dans sa tête alors qu’elle avait réussi à tout surmonter et qu’elle n’y pensait presque plus maintenant.

« Ici, seule l’infirmière, et la directrice je crois, étaient au courant, elle me donnait des potions de sommeil pendant ma deuxième année. Et j’ai été suivie par les meilleurs psychologues moldus de la région, engagés par mon père. Ce dernier s’était beaucoup impliqué pour le rétablissement de sa fille mais d’une manière un peu trop superficielle à son goût et toujours via des intervenants extérieurs. Très peu de discussions avec lui, de réconfort de sa part.
J’ai appris quelques mois plus tard que ma mère était internée et qu’on lui avait diagnostiqué une psychose due à son… alcoolisme chronique. Avec des hallucinations comme séquelles de son sevrage et des idées délirantes de persécution. »

La préfète avait parlé tout du long en fixant un point droit devant elle, en triturant machinalement les pans de sa cape et posa enfin son regard triste sur Virgil qui avait reçu beaucoup d’informations d’un coup, elle en était consciente, puis attira son attention.

« Virgil, je te fais confiance, » lui souffla la jeune femme.

Cela sonnait plus comme un avertissement que comme une affirmation ou une question mais au fond, elle savait qu’il garderait ça pour lui. Ce n’était pas le genre de choses à répéter à sa bande.


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Virgil Forbes

La remarque ironique de Nelly laissa Virgil silencieux. Il lui jeta un regard en biais tandis qu'elle enfilait sa cape d'hiver en silence. C'était plutôt de bonne augure. Elle n'avait pas dit: "Je vais tout dire à ton père !" ou "Tu ne perds rien pour attendre !" non, elle semblait plutôt prompte à vouloir garder le secret. Mer-veill-eux. Virgil n'en attendait pas tant. Il n'avait plus qu'à prier pour qu'elle ne change pas d'avis une fois la  pression retombée.

"Gabriel ne dira rien"
, assura-t-il alors en reportant son attention sur les deux portes closes de la Grande Salle. Il irait en remettre une petite couche tout à l'heure, histoire de s'assurer de la loyauté de son frère, songea-t-il en massant toujours son crâne d'une main. Il ne savait pas si cette douleur était normale, et honnêtement, il espérait ne pas avoir détraqué quelque chose dans sa tête en jetant le Sortilège. Son cerveau était déjà assez déséquilibré comme ça !

Il interrompit toutefois son geste lorsque Nelly revint vers lui pour s'adosser, elle aussi, contre les sabliers. Il riva ses mains dans ses poches, l'air de rien, et l'observa du coin de l'œil. Il aurait été de mauvais ton de se plaindre de ses maux de tête alors qu'il venait, plus ou moins, de lui violer la mémoire.

Cette expression mentale manqua de lui arracher un rire nerveux mais il parvint toutefois à se contenir devant sa voisine. Le souvenir sordide qu'il avait perçut empêchait toute moquerie immédiate de sa part. Si seulement la vision avait pu s'arrêter au pyjama à licornes ! Nouveau sourire réprimé. Seulement ce n'était pas le cas, et à vrai dire, la scène dont il avait été témoin exerçait encore une forme de fascination sur lui.  Virgil ne parvenait pas à se l'expliquer mais il avait vraiment été subjugué par cet accrochage, aussi effrayant que captivant, entre la mère et la fille. Car il s'agissait bien de la mère de Nelly, cette dernière venait de confirmer son intuition d'un hochement de tête.

Quelle angoisse ! Virgil ne pouvait pas s'empêcher de comparer Mme Horrocks à sa propre mère qui lui préparait des gâteaux et qui venait encore l'embrasser le soir pour lui dire bonne nuit. Virgil avait beau se cacher sous le draps, s'offusquer, pester, dire qu'il était bien trop âgé pour ça maintenant, Agathe avait toujours le dernier mot et finissait par déposer un baiser sur son front, comme sur celui de Dean, de Casey et de Gabriel en soufflant un "Je t'aime." Virgil répondait généralement par un grognement tant il avait à cœur de ne pas se montrer méchant ou trop vexant avec Agathe. Elle était bien la seule de la famille à bénéficier de ce traitement de faveur...

Agathe et la mère de Nelly étaient deux femmes aux antipodes et Virgil se demandait comment sa camarade de classe avait pu se construire dans un environnement pareil. Elle avait l'air assez équilibrée, du moins à première vue, et il n'aurait jamais pensé que son quotidien puisse être aussi différents du sien une fois de retour chez elle. Il ne s'était jamais fait traiter de "Monstre" ni poursuivre par sa mère un ciseau à la main, lui.

D'ailleurs il n'hésita pas une seconde à étancher sa soif de curiosité en demandant à Nelly ce qui s'était passé après la vision. Cette dernière ne manqua pas de le rabrouer avant de se résigner. Elle semblait visiblement prête à lui raconter la suite de l'histoire. Chouette ! Elle se laissa glisser au sol et tapota les dalles froides pour l'inviter à s'asseoir à ses côtés. Virgil n'aimait pas faire ce que l'on attendait de lui. Il aurait préféré rester debout juste par esprit de contradiction mais il consentit tout de même à s'installer au côté de la préfète. S'il voulait connaitre la suite de l'épisode Horrocks, il devait faire, au moins, un petit effort.

Il s'adossa donc contre le mur froid et écouta le récit de sa voisine qui virait de plus en plus dans l'horreur. Plus Nelly avançait dans son histoire, plus les paupières de Virgil se resserraient laissant à peine entrevoir ses deux pupilles bleues entre ses yeux cernés.

Elle se fout de moi, se dit-il, suspicieux. Comment une mère pouvait-elle avoir envie de découper les membres de sa propre enfant ? Il n'avait jamais envisagé une chose pareille et pourtant il était un grand adepte de livres gores et de film moldu bien trashs ou des serial-killers agressaient des adolescents insouciants à grands coups de tronçonneuse.

Il était dubitatif, mais Nelly racontait bien, avec force et détails. Il n'avait aucun mal à visualiser la scène, comme s'il était encore dans le souvenir de la préfète. Mickaël qui hurle, la folie de la mère, la pièce qui explose magiquement,... Un vrai scénario d'horreur et pourtant, c'était loin d'être fini. Quand Nelly évoqua les vingt-deux coups de ciseau -vingt-deux !- Virgil ne tint plus et verbalisa son doute:

"Tu te moques de moi" dit-il en cherchant à la sonder d'un regard perçant.

En guise de réponse, la jeune femme releva sa manche pour exhiber  de fines cicatrices, quasiment imperceptibles. Virgil attrapa doucement l'avant bras de la préfète et le tira légèrement vers la lumière pour observer un peu mieux les entailles. De son pouce, il caressa le léger volume d'une cicatrice, comme pour s'assurer qu'elle était bien vraie, puis il relâcha la jeune fille en se demandant ou pouvait bien se cacher les vingt et une autres balafres.

A vrai dire, il aimait bien ça. Kasya était une adepte des scarifications, ses avant-bras et l'intérieur de ses cuisses étaient couverts de fines raies blanches. Elle avait commencé à s'automutiler assez jeune et elle leur avait même fait une sorte de cours de scarification l'été dernier. Alors que toute la bande était réunie dans la villa de Damon pour un week-end de débauche - ses parents étaient partis en voyage- Kasya leur avait montré comment s'auto-asséner un diffindo, net et propre.  Soucieux de ne pas passer pour une mauviette, Virgil avait opté pour une belle entaille dans la chair fraiche et tendre de l'intérieur de son biceps. De l'aisselle jusqu'au coude. Sur le coup, il avait cru pleurer sa mère et il avait dû mobiliser tout son amour propre de mâle pour ne pas verser la moindre larme et feindre une totale maitrise de lui, face à la douleur. Après un temps qu'il avait jugé respectable, il s'était éclipsé de la soirée pour aller se désinfecter dans la salle de bain de la chambre des parents Drop. Il avait longuement observé sa blessure rouge vif dans la glace et était ressorti plutôt fier du résultat.

Dans la version officielle qu'il avait servie à ses parents, il avait trébuché et était tombé sur la table basse où un cadre montrant une photo du mariage des Drop trônait. Sous son poids, le verre protégeant le cliché avait cédé et lui avait entaillé profondément le bras (Virgil aimait l'idée de souiller de son sang la photo démodée de Margaret et Orson Drop tout sourire). Si sa mère avait semblé croire à ses propos, ce n'était pas le cas de son père qui s'était montré plus que dubitatif.

Virgil chassa ce souvenir de ses pensées et remarqua qu'il massait de nouveau son crâne endolori tout en écoutant d'une oreille un peu trop distraite la fin de l'histoire de Nelly. Il s'efforça de croiser ses mains sur ses genoux et de reprendre le fil de la conversation: La police, les oubliator, l'hôpital moldu et l'hospitalisation de sa dégénérée de mère. Pas trop tôt. Comment Nelly avait-elle pu rester douze ans avec une timbrée pareille ? Si les propos de la préfète étaient vraies, elle aurait dû être aiguillée dans une famille d'accueil sorcière dès ses pouvoirs découverts. Virgil ne comprenait pas que les institutions magiques n'aient rien fait avant. Il secoua la tête devant ce constat et ne tarda pas à répondre à l' ultime remarque de Nelly qui lui demandait ni plus ni moins de garder le silence.

" C'est bon, dit-il passablement agacé, c'est toi la préfète qui est censée tout balancer aux profs. Pas moi." grogna-t-il avant d'ajouter "Et les autres n'en sauront rien. Promis." Par les autres, ils savaient l'un et l'autre que le terme englobait tous leurs camardes de promo.

Virgil poussa un soupir et grimaça légèrement sous le coup de la douleur lancinante de son cerveau. Il était bon pour se trainer cette affreuse migraine jusqu'en fin de journée. C'était obligé. Des images de la furie et de son ciseau revenaient à intervalles régulier devant ses yeux, comme des réminiscences de son propre passé. Ses yeux fous, la bave au coin des lèvres, son haleine empestant le whisky...

"Tu te rends compte que ta propre mère, celle qui t'a donné la vie, a essayé, elle-même, de te la reprendre ? insista-t-il alors avec son tact légendaire" Pourquoi se faire chier neuf mois avec un bébé dans le ventre si c'est pour le détester au final." ajouta-t-il en secouant la tête," tu es surement mieux sans elle aujourd'hui..." souffla-t-il en se demandant si, lui-même, il serait plus heureux sans ses deux parents.
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Virgil semblait l’écouter et s’intéressa même aux balafres qui zébraient sa peau. La préfète le laissa inspecter son avant-bras sous tous les angles et glisser son pouce sur une des cicatrices. Cet intérêt accru et ce contact pouvaient paraître mal sain mais Nelly ne le releva pas, trop absorbée par son récit. C’était dur pour elle de révéler tout ça. Elle pensait d’ailleurs ne jamais le faire et garder cela pour elle sans que personne ne le sache. Mais ce fichu duel avait tout foutu en l’air. Maintenant, Virgil savait et en plus il fallait que ce soit lui. Quelqu’un avec qui elle n’avait pas spécialement de liens et dont elle ne savait rien de lui à part ce qu’il montrait de sa personne en société. Mais elle n’avait pas d’autres choix que de lui donner sa confiance parce qu’il était entré dans sa tête et en avait trop vu, cela aurait été mal placé de sa part qu’elle ne lui raconte pas la suite du souvenir qu’il avait vu. C’était comme ça avec Nelly, tout ou rien, elle ne faisait pas dans la demie mesure.

Quand elle eut terminé, le Gryffondor lui assura qu’elle pouvait avoir confiance et qu’il ne répéterait rien, pas comme les préfets. Cette remarque réussit à lui tirer un sourire alors qu’elle reportait son attention devant elle.

« Ouais, c’est vrai que je suis préfète. Il faudrait que j’aille te balancer à Londubat parce que « tu as dépassé les bornes au club de duel. » Elle l’observa du coin de l’œil, un éclat de malice illuminant pendant une seconde son regard terne. Balancer les élèves est bien la dernière chose que j’aime faire en tant que préfète, la salle de bain est bien plus intéressante. Son statut apportait des inconvénients mais aussi des avantages songea-t-elle en s’imaginant prendre un bon bain chaud avec plein de mousse dans la baignoire-piscine après cette dure journée. Et merci, ajouta-t-elle. Ça vaut pour toi aussi. »

Cette histoire resterait entre eux, croix de bois, croix de fer.

Le sourire de Nelly s’évapora quand le jeune homme revint sur sa mère. Visiblement, son histoire l’avait marqué puisqu’il poussa la réflexion un peu plus loin avec ses mots bien à lui. Habituellement, la serpentard aurait affiché une expression étonnée, presque choquée, les sourcils froncés et lâché un « Oui, je m’en rends compte oui, merci. Je n’ai pas besoin de ton analyse pour le comprendre. » Mais son côté impulsif était désactivé pour l’instant et elle songea que Virgil essayait peut-être de digérer ce fait choquant en revenant dessus, alors elle se contenta de soupirer :

« Ouais, je sais. On entend pas ça tous les jours. »

Sa deuxième remarque fut plus pertinente et Nelly prit un peu plus de temps pour répondre.

« Parce qu’il y avait des chances que je sois une moldue, expliqua la jeune femme comme si c’était une évidence. A l’époque, seul mon grand-père maternel était un sorcier et mes parents voulaient d’autres enfants. Avant… ça, hésita-t-elle en désignant le vide d’un geste de la main pour rappeler le souvenir. Ma mère était saine d’esprit, belle et respectée. Elle a commencé à plonger dans l’alcool peu après la naissance de Mike, blasée par sa vie avec mon père je suppose. Je n’ai que très peu de souvenirs de comment elle était avant, mais elle était une mère comme une autre.
L’alcool commençait à ne pas trop lui aller alors avec mon père, ils ont divorcés et ça a été la descente aux enfers pour elle. Ça a empiré quand mes pouvoirs se sont révélés, elle n’était plus la même et essayait de me persuader de les contrer mais une partie de moi ne l’écoutait pas. Quand j’ai été admise ici, notre relation a empirée de plus en plus jusqu’aux vacances d’été où ça a été la fois de trop. D’habitude, c’étaient des cris, des engueulades, une claque – comme quand j’ai reçu ma lettre d’admission – mais là, ça a dégénéré. Je n’aurais peut-être pas dû faire mes devoirs d’été mais je pensais qu’elle rentrerait plus tard et je voulais m’avancer pour profiter ensuite chez mon père où je m’amusais bien mieux. Cet épisode est arrivé d’un coup, sans prévenir, je l’avais vue une semaine à Noël et ça c’était… mieux passé. »


La jeune femme coinça une mèche de cheveux derrière son oreille et s’apprêtait à continuer quand les portes de la Grande Salle s’ouvrirent. Elle sursauta légèrement et son sang ne fit qu’un tour mais elle se ressaisit en reconnaissant Harper et Harrisson. Le préfet-en-chef n’avait pas l’air d’être dans son assiette et Cassandre à ses côtés affichait un air bien à elle sans même le soutenir. Nelly grimaça quand une limace sortit de la bouche de Steven. Beurk, Harper n’y était pas allée de main morte. Le Poufsouffle leva les yeux du saut en bois qu’il tenait dans ses mains et les remarqua. Il darda un regard interrogateur à Nelly après avoir jaugé Virgil du regard. Une préfète en pleine discussion avec un de ceux qui leur causaient le plus de problème, ce n’était pas commun.

« Tout va bien, je me bats contre lui. On prend une pause. »

Le préfet-en-chef ne chercha pas plus loin tant il était mal et s’éloigna en traînant des pieds.

« Il est trop niais pour se douter de quelque chose et je pense que Harper se fout royalement de nous, » murmura Nelly à Virgil.

Elle attendit que ses collègues aient complètement disparus et reprit le fil de la discussion.

« Je me sens bien mieux sans elle, oui. J’ai pu me remettre sans trop de difficultés parce que je sais que chez mon père et ici, je suis en sécurité. Elle n’a plus le droit de nous voir mais si elle s’approche de moi, je saurai me défendre désormais, conclut-elle en serrant son poing gauche. Je ne me laisserai plus faire. »

Sa mère était sortie de l’hôpital psychiatrique sous médicaments après y avoir séjourné quelques mois. Apparemment, elle devait s’y rendre assez souvent pour des examens afin d’éviter une rechute. Mais sa psychose était toujours là, seulement étouffée par son traitement. Nelly savait que si sa génitrice représentait à nouveau un danger pour elle, cela ne se passerait pas comme avant.
La préfète posa un regard interrogateur sur le Gryffondor.

« Et ça va toi ? Ça fait quoi d’entrer dans la tête de quelqu’un ? »


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Virgil Forbes

Virgil esquissa un sourire en coin à la mention de la salle de bain des préfets. Effectivement c'était surement le seul avantage à la fonction de fayot en chef (avec celui de pouvoir se promener la nuit dans le château, bien sûr). Un bain moussant gigantesque, des robinets en or, un plongeoir... Il était trop jeune pour avoir participé à la soirée de fin d'année qui avait eut lieu là-bas mais Dean la lui avait racontée et il lui avait affirmé que le cadre était tout bonnement "enchanteur" selon ses propres termes. D'ailleurs, l'organisateur de cette méga fiesta n'était autre que leur apprenti professeur de Métamorphoses, Jeremy Baker, ce qui était plutôt insolite.  A chaque fois qu'il le croisait au château, Virgil ne pouvait pas s'empêcher de l'imaginer en maillot de bain en train de boire du whisky pur feu au goulot.

Le Gryffondor chassa cette vision fantasque de son cerveau. Ce n'était pas le moment de penser à son professeur à moitié nu, ce n'était d'ailleurs jamais le moment,  se dit-il en balayant une mèche de cheveux collée par la transpiration sur son front. Maintenant que l'adrénaline provoquée par le souvenir était retombée, il commençait à avoir un peu froid assis sur les pierres du hall et le corps tout transpireux. Ce n'était pas le cas de Nelly, visiblement, qui semblait particulièrement prompte à la conversation. Elle ne l'avait pas habituée à ce genre de confidence par le passé mais Virgil la laissa évoquer de nouveau sa mère. Un personnage fascinant, aux yeux du Gryffondor. D'après les dires de la préfète elle n'avait pas toujours été comme ça. Elle était triste dans son quotidien, blasée dans son mariage et l'alcool l'avait rendu mauvaise au point de détester sa propre fille sorcière...

Le Gryffondor remarqua avec un certain malaise qu'il faisait un parallèle entre cette femme et lui. La dépendance était une situation qu'il ne connaissait que trop bien. Le manque de Mandragore pouvait le rendre irascible et sa consommation excessive le rendait apathique. Pourtant, il avait bien du mal à se passer de ses bouffées de drogue qui calmaient tantôt ses angoisses, tantôt sa colère... Et il ne parlait même pas de la cigarette. Il avait parfois l'impression d'être un terreau fertile pour tous les comportements détraqués dans ce monde: Il aimait les choses bizarres, consommait des substances illicites, fuyait comme la peste les bien-pensants et les bons sentiments, préférait la compagnie des personnes peu fréquentables... Quand Nelly parlait de descentes aux enfers, il estimait que cette notion ne lui était pas étrangère. Non pas qu'il soit au fond du gouffre - loin de là même- (globalement il estimait qu' il se portait plutôt bien dans sa vie, si l'on omettait ses conflits familiaux et sa légère tendance à la méchanceté) mais il avait parfois l'impression de se tenir juste au bord, les pieds à moitié au dessus du vide, juste pour se faire peur... Finirait-il comme la mère de la préfète ? Il n'espérait pas mais il ne pouvait pas s'empêcher d'avoir une forme d'empathie pour cette dégénérée, dépendante à l'alcool et en proie à des coups de folies dévastateurs...

Pourtant ce n'était pas le genre de pensées qu'il pouvait livrer à sa principale victime même s'il avait pour habitude de souvent parler sans filtre.

Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent alors pour laisser passer Cassandre Harper et Steven Harrisson, le Préfet-En-Chef, qui semblait en fâcheuse posture. Visiblement la Gryffondor  avait gagné leur duel , se dit Virgil en les suivant d'un regard morne. Il ne put toutefois s'empêcher de rouler des yeux et de soupirer bruyamment lorsque Steven interrogea Nelly du regard, comme pour s'assurer qu'elle allait bien. Merlin ce qu'il était pathétique avec son teint verdâtre et son sceau de limaces à vouloir jouer le preux chevalier servant. Comme s'il allait faire du mal à Horrocks, ici, dans ce hall ! Bon. Ok, il lui avait violé la mémoire mais...C'était dans le cadre d'un apprentissage, d'abord.

Nelly déclina son aide poliment et Virgil accrocha un sourire exagérément niais sur ses lèvres. Il gratifia Harrisson d'un petit signe de la main comme pour lui dire "Au reee-vooooir" juste avant qu'il ne prenne la direction de l'infirmerie avec Harper.

"L'angoisse ce type." murmura Virgil pour lui-même alors que Nelly lui assurait que Steven ne se douterait de rien. C'était certain, mais ce gars lui filait quand même des boutons.

La préfète reprit finalement la conversation là où ils l'avaient laissée avant l'intrusion de leurs camarades, affirmant qu'elle se portait mieux sans sa mère aujourd'hui. Elle assura avec vigueur qu'elle saurait, dorénavant, lui faire face si jamais elle s'en prenait de nouveau à elle.

"Ça j'en doute pas, répondit Virgil en rabattant ses cuisses contre sur son torse pour se réchauffer. Il croisa ses bras sur ses genoux et ajouta, L'enchainer ou lui brûler la joue. Il se pencha légèrement pour frotter de son pouce la marque rouge sur sa pommette et reprit, Lui offrir un pyjama à motifs de licornes."
Il se mordit la lèvre inférieure pour ne pas rire et parvint à se contenir non sans difficultés.

Enfin, l'heure n'était plus aux monologues de Nelly puisqu'elle semblait maintenant désireuse d'en savoir plus sur ce qu'il ressentait. Virgil n'aimait pas parler de lui et il se montrait la plupart du temps cassant pour éviter de se livrer. Il était le roi pour ça: Les âmes les plus bienveillantes s'étaient brisées sur ses sarcasmes et n'étaient plus jamais revenues. Il hésita pendant un instant à éluder le sujet et à proposer à Horrocks de retourner s'entrainer mais il y avait peu de chance pour qu'il puisse parler de cette expérience un jour. Peut-être avec Dean, et encore, il entendait déjà son frère lui dire qu'il s'était conduit comme un inconscient en tentant ce sortilège sur une camarade de classe.

Le Gryffondor pesa le pour et le contre quelques instants et finit par accepter de répondre. Après tout, il ne parlait pas vraiment de lui...

"C'était...bizarre" dit-il alors en basculant la tête en arrière. Les escaliers magiques de Poudlard changèrent de place dans un grondement ce qui lui laissa un peu plus de temps pour chercher ses mots, "Je crois que j'en reviens toujours pas d'avoir réussi ce sort, en fait." Il afficha une moue dubitative et ajouta, " J'aurais jamais pensé..." être aussi doué ? Avoir autant de chance ? Il ne savait pas trop.

Pourtant, malgré le souvenir choquant qu'il avait vu, l'expérience en elle-même lui avait plu, il était forcé de l'admettre. Une plongée virtuelle dans le cerveau de quelqu'un d'autre, quoi de plus passionnant et de plus dérangeant à la fois . "J'avais vraiment l'impression d'y être, tu sais." souffla-t-il en tournant légèrement la tête en direction de Nelly pour la regarder " Tout semblait si ...réel... Je pouvais même sentir l'odeur de renfermé de chez toi, le fumet du Whisky dans la bouche de ta mère,... "
Il frissonna de plaisir rien qu'à cette idée.

"C'était dément." Dans le sens magique, merveilleux, superbe.

Il devait se l'avouer, il avait envie de recommencer même s' il ne se sentait pas prêt  d'aller trouver Thelma Corrigan pour lui demander des conseils -Et puis quoi encore. Mais comment résister à cet appel ? C'était mieux qu'un livre, meilleur qu'un film... La vraie vie, la réalité.

"Je sentais que tu voulais me chasser , parfois, reprit-il,  Il y avait comme une force qui essayait de me tirer en arrière et qui faisait tout trembler... "

Il avait aimé s'opposer à cette puissance souveraine en se concentrant sur le souvenir, s'accrochant à lui, coûte que coûte.

"Tu as déjà pratiqué l'occlumancie ?"
demanda-t-il alors en décollant sa tête du mur. Peut-être que Nelly avait essayé de fermer son esprit sciemment. Dans ce cas elle pourrait sans doute lui apporter quelques informations sur la question.
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Il fallait le reconnaître, le comportement de Virgil était assez amusant parfois, remarqua Nelly pour elle-même quand le Gryffondor adressa un petit signe de la main moqueur au préfet-en-chef. Elle-même aurait été prompte à se moquer de Steven Harrisson s’il ne lui était pas supérieur.

« Tu es dur avec lui, glissa-t-elle à son camarade. C’est le préfet le plus droit dans ses bottes de notre équipe je pense. »

Son monologue terminé, son interlocuteur rebondit sur ses dernières paroles en évoquant ce qu’elle pourrait faire à sa mère. La jeune femme fut d’abord amusée par ses propositions et un nouveau sourire vint fleurir sur ses lèvres lorsque Virgil frotta du pouce la marque rouge qu’elle lui avait faite pendant qu’il était sous l’emprise de son Incarcerem. Mais son sourire fut remplacé par une expression mi-outrée mi-boudeuse et elle partit dans un léger rire devant les efforts évidents du jeune homme pour contenir son rire. Comme ça, il donnait l’impression d’avoir une grenouille dans la bouche qu’il s’efforçait de garder prisonnière. Mais cela restait mignon.

« Oh non, t’as pas le droit de ma charrier là-dessus, c’est vil ! protesta la Serpentard en donnant un petit coup de poing sur l’épaule du Gryffondor. J’étais petite, se défendit-elle en tournant ses paumes vers le plafond. Elle adopta la position d’un enfant boudeur, les bras croisés et la mâchoire serrée. Et puis il était cool ce pyjama. Se redressant, elle pointa un doigt accusateur sur Virgil. Et pour ta joue, c’est toi qui t’es engagé sur ce terrain ! Et je suis sûre que t’avais un pyjama Spiderman quand t’étais gosse, alors ne te moque pas ! »

Visualiser Virgil dans un pyjama à l’effigie de l’homme araignée l’amusait. Comment était le jeune homme à l’âge de l’insouciance ? Avait-il toujours eu ces cernes qui lui mangeaient les yeux ? Était-il plus extraverti ? Elle n’en savait rien mais se plaisait à l’imaginer. Nelly aimait imaginer des choses sur les gens, notamment sur leur passé. Comment étaient-ils en couche culotte et que faisaient-ils que leurs parents racontaient aujourd’hui pour leur mettre la honte devant leurs amis ? Qu’est ce que les parents de Virgil raconteraient sur lui ?

Elle émergea de ses pensées en prenant soudainement conscience qu’elle venait de rire d’un détail de son pire souvenir. Alors c’était possible ? Jamais elle ne l’aurait cru. Les motifs de son pyjama étaient bien la dernière chose à laquelle elle songeait quand elle se remémorait cet événement. Pourtant, maintenant que Virgil avait mis le doigt dessus, il était vrai qu’elle était ridicule.

Après ce moment de légèreté, la préfète recentra son attention sur Virgil qui se lançait dans l’explication de son périple au sein de sa mémoire. Elle hocha doucement la tête quand il manifesta une nouvelle fois son étonnement face à la réussite de son sort et comprit ce qu’il voulait dire avec son air dubitatif. Elle non plus ne savait pas quoi dire et comment qualifier sa prouesse. De la chance ? Du génie ? Un don ? La jeune femme n’en savait trop rien, elle n’était pas spécialiste en la matière.

Leurs regards se croisèrent alors qu’il tournait la tête vers elle et Nelly crut y voir le reflet de ce qu’il avait vu dans son souvenir, toutes les sensations qu’il avait ressenties à ses dires. C’était assez dérangeant de se dire que ces yeux là avaient vu en elle et encore plus de se dire que la personne entière, du moins sa conscience, s’était baladée dans son souvenir en ressentant ce qu’elle avait ressenti, comme si leurs esprits et leurs sens n’avaient fait plus qu’un. C’était à la fois terrifiant et passionnant. Dément, pour reprendre les mots du Gryffondor. La préfète plissa les yeux un instant avant de révéler son hypothèse.

« Je pense que c’est parce que ce souvenir était très fort, très ancré dans ma mémoire. Sinon, peut-être que tu n’aurais pas ressenti tout ça. Perso, j’aurais sûrement apprécié un peu plus l’expérience si cela était tombé sur un autre souvenir… Mais je te comprends, ça devait être excitant. »

Se retrouver dans la mémoire d’un autre était certainement l’une des choses à faire dans sa vie, même si cela pouvait se révéler dangereux. Pas en pensant mal, juste pour le plaisir d’expérimenter le subtil art de la Légilimancie. Mais peut-être que leurs esprits d’adolescents sans craintes n’y voyaient que l’aspect fascinant et excitant de cette magie et non les dangers et ses difficultés.

« D’ailleurs, c’est toi qui a choisi ce souvenir ? Ou tu t’es retrouvé directement dans celui-là ? »

La réponse l’intéressait. De son côté, elle avait eu l’impression que cela était dû au hasard et que ce souvenir était sorti aléatoirement, à cause de son importance qui devait le rendre plus visible. Ou alors, Virgil avait lui-même choisi ce souvenir par pur sadisme et Nelly ne le verrait plus jamais autrement que comme un psychopathe. Mais elle avait bien vu son malaise une fois de retour à la réalité et cette option ne s’envisageait probablement pas.

Ce que révéla le jeune homme ensuite piqua sa curiosité. Il l’avait sentie lui faire barrage, comme une force qui s’opposait à sa présence. Dans sa détresse et en proie à la panique, elle avait donc peut-être réussi à le chasser de son esprit.

« Je te… sentais, aussi, dit-elle. Je savais que tu étais là et que tu voyais… alors que je n’en avais pas envie. J’avais l’impression d’être forcée, je ne voulais pas que ça continue, je ne voulais pas revivre ce souvenir mais… ta présence était trop forte, c’était… troublant », ajouta-t-elle en hochant la tête, les yeux plissés.

Elle n’arrivait pas à mettre un mot exact sur ce ressenti. Pendant quelques instants, elle avait eu l’impression de partager son esprit avec Virgil qui prenait le contrôle des commandes, comme un parasite. Ce qu’elle avait détesté.
La brunette releva les yeux sur le Gryffondor lorsqu’il lui demanda si elle avait déjà pratiqué l’Occlumancie.

« Non, jamais. Je n’en ai pas eu l’occasion et je n’en ressentais pas le besoin, expliqua la jeune femme avec un petit sourire. Maintenant, je vais peut-être m’y mettre, » ajouta-t-elle avec malice.
S’il lui posait la question, c’est que ce n’était alors pas lui qui avait mis fin à son intrusion mentale. Elle réfléchit un instant en tordant sa cape entre ses doigts et continua :
« Tu n’es donc pas sorti de ton plein gré ? questionna-t-elle. J’ai réussi à te chasser…, continua la jeune sorcière comme pour elle-même, ayant du mal à le croire. Je sais pas comment j’ai fait, avoua-t-elle. Je t’ai demandé d’arrêter en pensant que tu m’entendrais et je me suis concentrée de toutes mes forces pour arrêter le souvenir… C’était hyper dur, j’ai cru que mon cerveau allait disjoncter… Et puis, j’ai rouvert les yeux sur le présent. »

Elle aurait aimé en dire plus et donner l’impression qu’elle s’y connaissait mais Nelly ne pouvait pas non plus expliquer son exploit.
La position du Gryffondor lui fit prendre conscience que l’air était plutôt frais, le sol dur et froid n’aidant pas. Aussi, elle remarqua que la peau blanche de la nuque du jeune homme s’était changée en chair de poule.

« Tu veux qu’on bouge ? Histoire de se réchauffer. »

De plus, elle commençait à avoir mal aux fesses à force d’être assise sur les pierres grises du Hall. Et puis, si on les surprenait dans les couloirs du château, ils pourront toujours sortir l’excuse de la préfète qui accompagne l’élève récalcitrant jusqu’au bureau de Londubat. Ou alors, ils retournaient s’entraîner dans la Grande Salle avec les autres mais Nelly n’en avait plus vraiment l’envie ni le courage. Continuer à parler avec un beau ténébreux était une bien meilleure option.
Elle avait vraiment pensé ça ?


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Virgil Forbes

"Un pyjama Spiderman ? Ça risque pas. Je dors entièrement nu depuis ma naissance." dit-il d'un air totalement détaché.

Archi faux, bien évidemment. Enfant, il avait hérité de la collection de pyjamas Walt Disney de Dean et l'avait complétée au fil du temps : Le Roi Lion, Toy Story, Monstres et Compagnie, le Monde de Némo -son préféré- avec,  imprimé sur le torse en gros, Bruce le requin et sa mâchoire puissante. Comme tous les gamins moldus des années 90-2000, il avait collectionné les objets à l'effigie de Peter Parker. Il se souvenait encore de cette magnifique trousse qu'il avait eut pour son entrée en CP... Cette passion lui était passée vers ses dix ans, période où ses gouts s'étaient légèrement radicalisés: Les affiches de The Ring, Saw ou Hostel remplaçant les classiques de Disney sur les murs de sa chambre.

Mais tout ça, Horrocks n'était pas censée le savoir. C'était sa vie privée et il ne comptait pas le dévoiler à la Préfète, fusse-t-elle plus sympathique qu'il ne l'aurait cru au premier abord.

"J'ai rien choisi du tout, répondit-il lorsqu'elle lui demanda s'il avait sciemment sélectionné ce souvenir parmi d'autres,  je suis tombé directement dans celui-là. Il s'est imposé sans que je puisse voir autre chose." lâcha-t-il en continuant à masser machinalement son front endolori.

Il se demandait si, avec un peu d'expérience, le légillimens était capable de trier et de choisir les souvenirs à visiter, comme dans un catalogue. Ce devait être génial de pouvoir feuilleter la mémoire de quelqu'un ! Il devait bien exister des livres à la bibliothèque qui traitaient du sujet.  Kasya pourrait surement les emprunter pour lui. Quoique, cet intérêt soudain de sa part pour les intrusions de l'esprit risquait d'éveiller la curiosité de la Poufsouffle. Peut-être que Nelly pourrait les prendre et les lui prêter? Le Gryffondor observa sa voisine du coin de l'œil comme pour la jauger. Pas sûr qu'elle accepte d'avoir des pénalités de retard de la part de la bibliothécaire.

Virgil n'était pas connu pour rendre ses livres dans les délais et s'il pouvait "oublier" de les rapporter à vie, cela l'arrangeait bien. Il avait déjà volé plusieurs bouquins d'ailleurs, du temps de Mme Pince. C'était plus facile avec elle qu'avec O'Brien. Il s'était composé une véritable petite collection, cachée dans l'une des malles de son dortoir:  Mages noires célèbres, Passion Divination, Les baguettes des Sorciers d'exception... Pas sûr qu'Horrocks adhère au concept d'emprunt à vie toutefois.  Il remisa donc cette éventualité dans le coin de sa tête, estimant plutôt solliciter Casey ou Gaby, à la place.

Nelly était toujours installée à ses côtés pourtant et elle semblait d'ailleurs prendre conscience qu'elle avait bel et bien chassé Virgil de son esprit, en bon apprenti Occlumens.

"Tu m'as littéralement éjecté dehors." avoua-t-il piteux.

Si ça n'avait été que de lui, il serait resté, pour voir de ses yeux la scène du ciseau. Il était un peu déçu d'avoir raté ça d'ailleurs. Après tout Horrocks allait bien aujourd'hui, il n'avait pas à culpabiliser de cet intérêt morbide.

"J'en ai encore mal à la tête." confessa-t-il en grimaçant sans chercher à cacher son trouble cette fois.

Il ne savait pas si la douleur était imputable à Nelly ou à sa mauvaise utilisation du sortilège mais elle était bien réelle.  Il se demandait, d'ailleurs, s'il ne devait pas rejoindre Harper et Harrisson à l'infirmerie, tant la douleur lancinante l'empêchait de se concentrer. Dire qu'il avait deux heures d'Etudes des Runes cet après-midi ! Cette matière lui donnait déjà des maux de tête quant il allait bien alors il imaginait non sans peine le calvaire qu'il allait vivre tout à l'heure.

Virgil frissonna à cette idée -ou peut-être était-ce le froid- et Nelly profita de cette occasion pour proposer de bouger. Elle n'avait pas dit "retourner dans la Grande Salle", non. Elle semblait plutôt sous-entendre l'idée d'une...balade.
Le Gryffondor tourna un visage suspicieux en direction de sa voisine.

"Je viens de te jeter un sortilège qui aurait pu te détraquer complètement le cerveau et tu veux aller te promener avec moi ?dit-il les yeux plissés de méfiance, tu crois qu'on peut aller discuter de pyjamas à licorne dans le parc, comme ça, l'air de rien ? Non mais tu rêves !" ajouta-t-il d'un air mauvais en se levant. Virgil épousseta son pantalon, massa son cuir chevelu des deux mains et fit glisser ses paumes  sur son visage pour le recouvrir complètement.

Merlin il fallait que cette douleur s'arrête.

"Le seul endroit où je vais aller c'est à l'infirmerie. Il faut que Silvester me file un truc pour mon crâne parce que là ça va pas être possible," articula-il entre ses mains.

Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent alors sur Jonah. L'intrusion de son père fit sursauter Virgil qui décolla prestement ses paumes de son visage. Le directeur de Serpentard tenait dans sa main la baguette que Virgil avait laissée tomber plus tôt et qu'il n'avait pas prit le temps de ramasser. Le regard du professeur passa de son fils à Nelly tandis qu'il s'exclamait:

"Ah ! Vous voila tous les deux ! Je vous cherchais. Il faut prévenir lorsque vous sortez, voyons." dit-il en observant son cadet d'un air dur.

"Je me sentais pas bien." lança Virgil en s'assurant de prendre la parole en premier. Ce n'était pas tout à fait faux même si Nelly était très certainement dans un état pire que le sien. "Horrocks m'a accompagnée dehors pour prendre l'air." ajouta-t-il en coulant un regard en direction de la préfète pour voir si elle corroborait ses dires ou si elle préférait tout balancer à son paternel.

Le regard de Jonah suivit celui de son fils et il interrogea Nelly du regard comme pour s'assurer que Virgil ne cherchait pas à l'entuber.

Nelly choisirait-elle le droit chemin, induit par ses fonctions de Préfète, ou allait-elle se laisser entrainer dans un mensonge ? L'avenir le dirait bien assez tôt.
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« Oui bien sûr, ironisa Nelly quand Virgil lui assura qu’il dormait dans le plus simple des appareils depuis sa naissance. Et quand tu es né, tu faisais déjà 1m70, j’imagine? »

Ah les garçons ! Ils étaient marrants à toujours vouloir se faire passer pour des petits mâles ! La Serpentard ne chercha pas à visualiser le jeune homme nu comme un ver et préféra garder cette image de lui en pyjama Spiderman, c’était plus convenable et moins gênant.
De son côté, en plus de son pyjama licorne, la jeune femme avait eu des v^tements à l’effigie des princesses Disney, Ariel et Belle étaient ses préférées, et aussi en hommage aux pitoyables comédies musicales de gamine qu’elle adorait et dont elle ne ratait aucun épisode. A bien y réfléchir, son entrée à Poudlard avait fait évolué ses goûts. Elle ne pouvait plus regarder ses dessins animés préférés à la télé et ne pouvait définitivement pas revêtir ses pyjamas de princesses devant ses camarades de dortoir alors dès la première année, elle avait adopté des styles plus adultes et passe-partout. En fait, quitter la primaire impliquait souvent de grands changements chez les enfants.

La préfète écoutait attentivement son camarade en rebondissant sur ces remarques. Elle fut rassurée de savoir qu’il n’avait pas volontairement choisi ce souvenir et ses soupçons sur son éventuel sadisme s’évaporèrent.

« D’acc’, il était trop important je suppose. Alors tu es tombé automatiquement dessus. »

Il fallait qu’elle se renseigne si le Legilimens ou sa victime étaient capables de choisir quel souvenir voir. Elle se doutait bien que c’était possible pour la personne qui lançait le sort mais elle voulait surtout savoir si l’Occlumancie, en plus d’empêcher les intrusions mentales, pouvait permettre d’aiguiller le Legilimens vers tel ou tel souvenir. En tout cas, sans le savoir, elle avait apparemment fait un premier pas dans l’art de l’Occlumancie en parvenant à « éjecter » Virgil hors de sa mémoire et elle en était plutôt fière. Même si la non expertise du Gryffondor avait sans doute participé à sa prouesse – s’il l’avait voulu et qu’il en avait eu les compétences, il aurait peut-être pu rester dans son esprit -, elle se sentait confiante d’avoir réussi. Tout comme pour Virgil, la chance du débutant certainement.

Ce dernier lui adressa un regard suspicieux alors qu’elle proposait une solution pour échapper au froid du Hall. C’était pour lui, la préfète n’avait pas trop froid, elle. Elle le suivit du regard lorsqu’il se leva en pestant, surprise de sa méfiance.

« Je voulais juste continuer à parler de ça, se défendit-elle. Moi aussi ça m’intéresse et ça m’a perturbé autant que toi. - Peut-être même plus. - Elle écarquilla les yeux comme si une révélation s’imposait à son esprit. Mais on dirait que tu regrettes ! s’exclama-t-elle, amusée, en se levant difficilement tant son coccyx était engourdi. Tu admets pour la première fois depuis le début de notre conversation que tu aurais pu me détraquer la mémoire. Si si, c’est une forme de regret et de compassion ! »

Peut-être qu’elle se faisait des films toute seule mais elle voulait absolument lui faire remarquer qu’il admettait enfin son erreur, cela l’amusait.
Personnellement, elle ne se méfiait plus de lui, elle lui en voulait toujours un peu c’était certain mais à quoi bon ? C’était fait maintenant.
La jeune femme s’apprêtait à répondre au Gryffondor qui manifestait son besoin d’aller à l’infirmerie, le visage dans ses mains, quand le professeur Forbes apparut entre les portes de la Grande Salle, la baguette de Virgil dans une main. Le visage de la préfète afficha automatiquement une expression neutre et professionnelle mais elle ne savait pas quoi dire pour expliquer la situation. Qu’allait penser son professeur et qui plus est directeur de maison ?
Elle remercia intérieurement son camarade de prendre les devants face à son père en se prétendant souffrant. Ce n’était pas complètement faux, se dit-elle mais elle espérait que sa mine fatiguée et son teint pâle n’éveilleraient pas des soupçons chez le professeur quant à la déclaration de son fils qui, en quelque sorte, la protégeait. Au moins, ses yeux ne montraient plus qu’elle avait pleuré.
Après Steven Harrisson, le directeur de Serpentard lui demanda à son tour, d’un regard, son avis sur la situation. Décidément, en tant que préfète, tout le monde attendait sa version et personne ne faisait confiance à ce pauvre Virgil. Elle au moins lui faisait confiance – ainsi que sa bande peut-être – et il pouvait lui faire confiance en retour. Elle avait promis, croix de bois, croix de fer.

« Oui, il n’était pas très bien, confirma-t-elle en s’avançant aux côtés de Virgil avec un sourire à l’intention du professeur. Alors on est sortis pour respirer un peu sans vouloir vous déranger. Elle tourna un regard parfaitement neutre vers le jeune homme. Mais je crois qu’il couve quelque chose, il devrait peut-être allé voir Madame Silvester. Si vous le permettez, » ajouta-t-elle avec un autre sourire qui avait pour unique but d’amadouer le professeur.

Maintenant, peut-être allait-il se douter de quelque chose ou bien prendrait-il la décision d’accompagner lui-même son fils à l’infirmerie. Ou alors allait-il décider d’être le prof pénible qu’elle souhaitait à tout prix éviter. En tout cas, Nelly avait parfaitement joué le jeu tout en prenant garde à ne pas paraître différente que d’ordinaire alors qu’à l’intérieur, son sang bouillait.


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Jonah avait tourné le dos à peine quelques minutes pour conseiller des élèves et lorsqu'il s'était retourné, Virgil et Nelly avaient disparu. Il avait fait le tour de la pièce, trouvé la baguette de son fils au sol avant de remettre la main sur les deux déserteurs dans le hall de Poudlard où Virgil ne se sentait soit disant pas bien.

Soit disant.

En effet, la confiance entre les deux Forbes était brisée depuis quelques mois déjà et Jonah ne pouvait pas s'empêcher de remettre systématiquement en doute les paroles de son cadet. Il faut dire que Virgil ne faisait rien pour montrer qu'il avait un tant soit peu muri -ou réfléchi à ses actes- depuis qu'il s'était fait confronter par Mildred dans la Salle des Arts. Il était encore collé toute la semaine suivante pour des bêtises, des oublis ou des manquements aux règlements, mineurs certes, mais effectifs. Comment accorder sa confiance à un gamin qui semblait se saborder volontairement et qui, même pris sur le fait, s'évertuait encore à mentir ? "J'ai trouvé ce joint de Mandragore par terre..." avait-il dit lorsqu'il s'était fait choppé avec Kasya Darmody dans la Salle des Arts. Mais bien sûr. Il le prenait vraiment pour un Boursouf de trois semaines !

Virgil avait développé cette fâcheuse tendance au mensonge qui agaçait- et surtout inquiétait- Jonah.

Était-il sorti boudé parce qu'il n'était pas en binôme avec ses amis ?  -C'était tout à fait son genre de se conduire de manière si puérile, mais malheureusement, il existait aussi d'autres scénarios envisageables nettement moins anodins: Espérait-il échapper à sa vigilance pour aller fumer de la Mandragore ? S'était-il drogué avant de venir au point de ne pas pouvoir combattre son adversaire ?

Jonah observa son fils quelques instants posant  sur lui le même regard neutre qu'il réservait aux autres élèves. Du moins en apparence. Il savait que Virgil détestait ce statut de "fils de prof" et Jonah ne souhaitait pas se montrer trop familier avec son garçon surtout devant la Préfète de Serpentard.
Essayer de retisser un lien de confiance avec Virgil passait par le fait de ne pas l'infantiliser en public.

Son bref coup d'œil lui avait toutefois permis de poser un rapide diagnostic: Son fils n'avait pas l'apathie caractéristique des fumeurs de Mandragore et ses yeux n'étaient ni rouges ni gonflés -du moins, pas plus que d'habitude. Pas de pupilles dilatées... Juste le teint pale et le corps transpireux. Il n'avait pas l'air très bien, effectivement.

Cette impression fut corroborée par les propos de la préfète de Serpentard qui affirma que Virgil serait surement mieux à l'infirmerie. Si Jonah n'accordait qu'une confiance toute relative à son propre fils, il pensait pouvoir s'appuyer sur les dires de Nelly. L'équipe pédagogique avait estimé qu'elle avait les épaules pour endosser la responsabilité de Préfète et que l'on pouvait accorder du crédit à ses prises de position.

Soit.

Le fait qu'elle ne soit pas une proche de Virgil rendait son jugement plus probant. Jonah savait très bien que son fiston n'hésitait pas à entrainer ses amis ou ses propres frères dans ses mensonges sans leur demander leur avis. Ils se retrouvaient pris dans un engrenage, complices des impostures du Gryffondor, tiraillés entre la vérité et un forme de loyauté  envers Virgil.

Assurément, son fils n'aurait pas détonné à  Serpentard.

"C'est un sortilège qui a du mal à passer ? s'enquit alors Jonah soucieux de trouver l'origine du problème.

Si Virgil était bel et bien souffrant, autant savoir si le duel avec Nelly en était l'origine. La préfète avait un niveau supérieur à celui de son fils et un expulso bien senti pouvait vous laisser groggy plusieurs minutes.

"Non. J'ai juste mal à la tête, soupira Virgil en massant ses tempes, les yeux clos, j'étais déjà pas bien ce matin." ajouta-t-il en relevant le regard vers son père.

Jonah évalua la situation rapidement et se tourna finalement vers la Préfète:

"C'est gentil à toi Nelly de l'avoir accompagné dehors, dit-il alors, Peux-tu l'escorter jusqu'à l'infirmerie ? Nous te trouverons un nouveau binôme dès ton retour."

On ne laisse pas un élève souffrant seul dans les couloirs. Quelque soit l'identité du malade, Jonah aurait réagi exactement de la même manière mais il devait avouer qu'il était rassuré à l'idée que Nelly "surveille" Virgil jusqu'à l'infirmerie... Juste pour s'assurer qu'il s'y rende bien.

"Quant à toi, reprit-il en se tournant vers son cadet, ne laisse pas trainer ça."

Jonah tendit la baguette pour la rendre à Virgil, en appuyant ses dires d'un regard insistant. Pour la première fois depuis le début de l'échange, il s'adressait à lui comme un père à son fils. Il faut dire que Virgil en était déjà à sa troisième baguette. Il avait égaré la première durant sa quatrième année, obligeant ses parents à lui en acheter une nouvelle et la seconde avait rendu l'âme cet été: Virgil l'avait laissée trainer sur le canapé et Gabriel s'était assis dessus sans la voir, la brisant en deux. Le Gryffondor avait acheté la nouvelle avec son argent de poche mais, visiblement, cela ne lui avait pas servi de leçon ! constata Jonah en observant les deux élèves qui s'éloignaient en direction des étages.

***

Virgil Forbes

Il pouvait encore sentir le regard de son père posé sur son dos, aussi Virgil resta silencieux un long moment. Ce fut seulement lorsqu'il fut assuré de ne plus être vu et entendu par Jonah qu'il prit enfin la parole.

"Ne crois pas que je vais te dire merci,
lâcha-t-il même s'il savait pertinemment que son paternel l'avait laissé partir uniquement parce que Nelly lui servait de chaperon. Jonah était nettement plus prompt à croire n'importe qui plutôt que son propre fils. Virgil s'était fait à l'idée. Il avait sans aucun doute sa part de responsabilité dans ce constat mais ce n'était pourtant pas facile à encaisser.

"Et ce n'est pas de la compassion ou des regrets, ajouta-t-il en reprenant la conversation là où ils l'avaient laissée avant l'intrusion de Jonah, C'est juste ...un constat." Il reporta son attention sur Nelly et poursuivit:

"Je ne regrette pas mon geste, c'était une expérience hallucinante." assura-t-il en cherchant son regard.

Il n'allait pas lui dire qu'il culpabilisait à l'idée d'avoir découvert son plus gros secret, qu'il avait eut tord de tenter ce sortilège sans le maitriser vraiment. C'était peut-être ce que Nelly voulait entendre, des remords, une forme de repentance mais il préférait être honnête.

"Bon j'admets que ça aurait pu mal tourner, consentit-il toutefois à admettre, mais au final, ce n'est pas le cas. On va bien, du moins à peu près - il espérait quand même que Silvester allait trouver un moyen de calmer ses maux de tête- et en plus on s'est découvert de nouvelles aptitudes, moi en tant que potentiel legilimens et toi en tant qu'occlumens. On a appris davantage en deux minutes de duel qu'en un an de cours avec Corrigan. Comment veux-tu que je regrette ça ?" lança-t-il en basculant la tête arrière et en écartant les bras comme pour prendre à témoin les divinités.


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Nelly se crispa imperceptiblement quand le professeur Forbes demanda si l’état de son fils était dû à un sortilège. Se doutait-il de quelque chose ? Des maux de tête étaient-ils un symptôme caractéristique de la Legilimancie ou de sa mauvaise maîtrise ? Virgil assura qu’il ne se sentait pas bien depuis le matin même, ce qui sembla convaincre l’enseignant. La Serpentard sourit à son directeur de maison quand il porta à nouveau son attention sur elle. Le soulagement rendit son sourire plus naturel et elle hocha lentement la tête en clignant des yeux.

« Bien sûr, professeur. Et je serai ravie de poursuivre les duels, merci. »

La jeune femme s’avança en direction de l’escalier pour laisser un peu d’intimité entre le père et son fils qui récupéra sa baguette avant de la rejoindre pour se diriger vers l’infirmerie. Les deux élèves ne dirent pas un mot le temps de suffisamment s’éloigner du professeur Forbes et seul l’écho de leurs pas brisait le silence. Une fois dans les couloirs, Virgil réengagea la conversation. Sa fierté aurait pu le conduire à Serpentard, songea la jeune femme, tant il ne voulait pas s’abaisser avec des remerciements. Pourtant, c’était bien un peu grâce à elle que son père les avaient laissés tranquilles. Mais Nelly ne le releva pas. En bonne verte et argent, elle se reconnaissait un peu, aussi elle lui répondit avec détachement :

« J’attends pas de remerciements, j’ai tenu ma promesse. »

Les plus grandes qualités de Nelly étaient très certainement sa capacité à garder des secrets, – paradoxalement à sa franchise qu’elle tâchait de taire depuis quelques temps – sa diplomatie et ses talents cachés de comédienne dont elle n’hésitait pas à se servir pour embobiner les autres et ainsi tenir ses promesses. Le Gryffondor recentra alors le sujet sur ce qu’ils se disaient plus tôt dans le Hall. Nelly fit mine de se concentrer sur le couloir qui s’étendait devant elle tout en l’écoutant. Alors il ne regrettait pas. Même pas un peu de compassion ou de remords pour lui avoir violé la mémoire, pour avoir découvert le secret qu’elle cachait le plus, pour avoir assisté à son agression… La sorcière songea que toute personne normalement constituée devrait avoir au moins avoir quelques remords mais visiblement, Virgil n’était pas une personne ordinaire.
« … une expérience hallucinante. » Soit. Devrait-il en être fier ? Ou devrait-il s’inquiéter de son état psychologique ? Il possédait probablement des facilités en Légilimancie sans le savoir alors la jeune femme espérait sincèrement qu’il n’avait pas de problèmes mentaux. Sinon, mieux valait se tenir à distance.

Ah ! Voilà qu’il admettait que la situation aurait pu mal tourner. Il y avait du progrès. Il tombera peut-être bientôt à ses pieds en la suppliant de bien vouloir lui pardonner. Nelly le cuisinera alors un peu pour se venger et ils seront quittes... Mais finalement, voulait-elle vraiment des excuses ? Qu’est ce que ça changerait ? Il n’allait pas lui demander pardon pour la folie de sa mère, ni pour les cicatrices de ce tragique événement ? Il admettait qu’il avait un peu dépassé les bornes et cela lui suffisait. De plus, il en souffrait suffisamment pour que Nelly ose exiger des excuses de sa part. Et puis elle n’avait qu’à savoir fermer son esprit aussi. Ses réflexions s’éternisant, un silence gênant s’était installé entre eux deux et la Serpentard tourna finalement la tête en direction du jeune homme - qui avait attiser sa curiosité avec ses dernières remarques - pour capter son regard. Ils étaient moins près que lorsqu’ils étaient assis dans le Hall et à cette distance pas plus grande qu’un bras tendu, les cernes du Gryffondor lui donnaient une allure de zombie.

« Tu crois qu’on pourrait être doués ? lança-t-elle. Qu’on ait des dispositions à ces types de magie ? La question l’intéressait vraiment et sa curiosité était à son paroxysme. Si elle savait comment aborder le sujet sans éveiller des soupçons, elle irait tout de suite demander au professeur Corrigan ou à n’importe qui des précisions sur la Légilimancie et l’Occlumancie. On pourrait peut-être trouver des informations nous même mais je sais pas par quoi commencer et je sais pas si Corrigan peut se douter de quelque chose si l’un de nous aborde le sujet avec elle. »

En tout cas, elle comptait faire des recherches de son côté à la bibliothèque sur l’Occlumancie et imaginait déjà des éventuels titres qui pourraient l’aider dans sa recherche, du style Comment fermer son esprit ou L’Occlumancie expliquée. La jeune femme se rapprocha un peu de Virgil et inspecta sa mine blafarde.

« J’espère que ton mal de tête n’est pas un signe typique de la pratique de la Légilimancie… Sinon t’es grillé. »

L’état du Gryffondor ressemblait à un simple mal de crâne mais ils ne connaissaient rien en Légilimancie après tout et peut-être que l’infirmière avait déjà vu ce type de réaction chez un apprenti Legilimens.


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Virgil Forbes

Un silence pesant s'était installé entre eux suite aux propos du Gryffondor laissant seulement entendre le bruit de leurs pas dans les couloirs du château. Il fallait croire que le message était passé: Il n'était pas du genre à s'auto-flageller pendant des heures pour une bêtise commise et il n'avait pas pour habitude de compatir aux malheurs des autres. D'ailleurs il n'irait surement pas révéler à Nelly qu'il avait tenté de s'interposer entre sa mère et elle dans son souvenir... D'abord, parce que c'était particulièrement idiot d'avoir penser qu'il pourrait véritablement agir alors qu'il se trouvait dans sa mémoire et ensuite, parce qu'elle risquait de se faire des idées. Il ne manquerait plus qu'il apparaisse sympathique aux yeux de la préfète, lui qui s'évertuait chaque jour à entretenir cette image de mauvais garçon.

Il l'ignora donc prodigieusement lorsqu'elle se tourna vers lui et il ne consentit à lui témoigner de l'intérêt que lorsqu'elle émit l'hypothèse qu'ils étaient peut-être doués pour ce type de magie. C'était une éventualité à laquelle Virgil ne voulait pas trop s'accrocher. Il préférait la "théorie du coup de chance", moins décevante si jamais il n'arrivait plus jamais à pénétrer un esprit de sa vie.

"Honnêtement, j'en sais foutrement rien." Répondit-il en reportant ses yeux cernés sur le fond du couloir.

Pourtant il ne pouvait pas s'empêcher de laisser vagabonder ses pensées vers ces contrées à explorer: Les mémoires des siens, de ses amis, de ses camarades de classe. La vérité sur tous et sur toutes choses à porté de baguette. Voyager sans même bouger. Un nouveau monde insoupçonné et fascinant s'ouvrait à lui.
Ce n'était pas nécessairement la curiosité qui le guidait même s'il devait avouer qu'il pourrait, par ce biais, découvrir bon nombre de secrets mais davantage l'envie de revivre cette expérience. Pour sa première immersion, il était tombé sur un souvenir particulièrement fort qui l'avait ébranlé. Un peu comme dans un jeu vidéo en réalité virtuelle mais en cent fois mieux... Il avait envie de se retrouver de nouveau dans la mémoire de quelqu'un d'autre, d'apprendre à maitriser ce don -ou ce coup de chance- pour réitérer l'expérience en minimisant les risques collatéraux. Comme ce mal de tête par exemple. Aussi, lorsque Nelly suggéra qu'ils fassent, ensemble, un travail de recherches sur le sujet, l'intérêt nouveau qu'il portait à la légilimancie l'emporta sur son désir d'apparaitre froid et inaccessible. Il s'arrêta donc pour faire face à Nelly et sauta sur l'occasion.

"Tu penses que tu pourrais récupérer quelques bouquins pour moi à la bibliothèque ? demanda-t-il de but en blanc, j'y suis interdit jusqu'aux vacances de Noël, expliqua-t-il, mais je sais qu'il y a un rayon fourni sur le sujet -Corrigan a fait rentrer plein de livres sur la télépathie et les mécanismes mentaux et magiques lorsqu'elle a été nommée ici."

On avait du mal à imaginer que Virgil -cancre parmi les cancres- puisse être au courant des nouvelles acquisitions d'O'Brien mais il se tenait régulièrement informé des dernières nouveautés, des fois qu'un nouveau bouquin lui fasse de l'œil et qu'il ait envie de l'emprunter à vie.

"Je te ferais un résumé de ce que je lis, ajouta-t-il pour tenter de convaincre Nelly. Des fiches de lecture même, s'exclama-t-il.

Il était persuadé qu'en tant qu'élève irréprochable Horrocks devait être fan de ce concept. Il l'imaginait bien avec des parchemins de différentes couleurs pour organiser ses cours, de l'encre rouge pour les titres, vert pour les sous-titres, noire pour le corps de texte... Bref l'angoisse ! Pourtant il était prêt à faire quelques efforts - bon il n'irait quand même pas jusqu'à changer de couleurs d'encre pour hiérarchiser les chapitres- mais il essaierait d'être synthétique et efficace. C'était dans ses cordes, quant il le voulait bien.

"Par contre ne compte pas sur moi pour aller voir Corrigan" lâcha-t-il en reprenant sa marche.

S'il se sentait tout à fait prêt à prendre sur son temps personnel pour lire quelques ouvrages sur la légilimancie,  il ne se voyait pas du tout fayotter en fin de cours auprès de sa professeur de Défense Contre Les Forces du Mal. Il était sûr que ce type de comportement de sa part éveillerait les soupçons de son enseignante et qu'elle hésiterait à lui parler.

"Vas-y toi si tu veux. En tant que préfète tu peux poser toutes les questions que tu souhaites, je suis sûr qu'elle te répondra." Elle lui ouvrirait peut-être même l'accès à la réserve ! songea-t-il avec un élan de jalousie.

Les deux adolescents débouchèrent enfin à l'étage de l'infirmerie, signe que les maux de tête de Virgil allaient bientôt être pris en charge. Merci Merlin ! Même si Nelly semblait s'inquiéter qu'ils soient confondus par Silvester, Virgil savait bien qu'il allait réussir à passer entre les mailles du filet. Sans doute, l'infirmière se douterait-elle de quelque chose mais il ne comptait pas lui apporter la moindre explication concernant sa présence ici, si ce n'est celle qu'il avait servie à son père.

"T'inquiète pas pour ça."
souffla-t-il en évacuant le sujet d'un geste de la main.
Ils arrivèrent enfin devant la porte de l'infirmerie. Leurs chemins se séparaient ici.
"Bon... lâcha Virgil en s'arrêtant. Il se mordilla la lèvre inférieure quelques instants, hésitant visiblement sur la manière d'agir puis il se lança, On fait comme on a dit ? Pour les livres ? s'enquit-il alors en posant une main sur la poignée de porte, Donnant-donnant ?"
Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Dernière édition par Sasha Benson le Ven 1 Sep 2017 - 21:05, édité 1 fois
Sasha fut bien heureuse d'entendre le bruit de la chute de Stevens interrompre son ridicule échange de compliments avec son adversaire. Elle était à court de choses gentilles à dire, de toute façon. Elle avait déjà du prétendre qu'elle adorait son stupide journal, elle n'allait pas en plus s'abaisser à complimenter ses cheveux blonds platine ! Elle avait beau être une bonne comédienne, elle ne pourrait jamais être crédible avec des compliments si grotesques. Aby et elle se détestaient, et elles en étaient parfaitement conscientes. Mais elles étaient toutes les deux suffisamment bien élevées, et surtout suffisamment intelligentes et réfléchies pour ne pas laisser leur rivalité éclater au grand jour. Entre elles la guerre se faisaient à coup de sourire hypocrites et de formules de politesse, et tout en sauvant les apparences. La tension entre les deux adolescentes étaient certainement perceptibles et ceux qui les connaissaient bien savaient qu'elles ne s'appréciaient pas outre mesure. Mais d'apparence on aurait pu croire deux camarade avec une relation tout à fait cordiale.

La jeune Serpentard grimaça avec dégoût en découvrant le sort du pauvre Stevens et pria intérieurement pour que son adversaire soit moins créative que Cassandre Harper. Elle n'avait aucune envie de se retrouver dans une telle situation. Elle était déterminée à ne pas se laisser humilier de la sorte, mais devait avouer qu'elle redoutait un peu son affrontement avec Abigail. Sasha était une élève brillante et une des meilleures de sa promotion en cours de Défense contre les Forces du Mal. Tout comme la Serdaigle, qui devait avoir à peu près son niveau. Elle aurait préféré s'entrainer avec quelqu'un de moins doué qu'elle pour commencer, histoire de s'échauffer. Elle aurait écrasé n'importe quel autre élève de leur promotion les yeux fermés et une main dans le dos, sauf peut-être Ahren. Mais il avait fallu que le choixpeau la colle avec Aby. Elle avait toujours su qu'il avait un côté sadique, fichu bout de tissus !

"C'est clair...Celui-ci et le sortilège de Furonculose !" surenchérit-elle quand Abigail affirma que le crache-limace devrait être sur la liste des impardonnables.

Faire apparaitre des furoncles sur la tête de quelqu'un devrait être illégal. C'était vicieux comme sortilège. Personne ne pouvait mener correctement un duel la tête couverte d'immonde pustules. Et puis, cela manquait quand même de classe, mais Sasha nota l'idée dans un coin de sa tête, se promettant de l'utiliser si les choses venaient à tourner en sa défaveur.

La jeune fille avait tiré sa baguette de sa poche et la faisait habilement tourner entre ses doigts, savourant cette sensation familière de pouvoir. Elle adorait se servir de sa baguette. Tous les sorciers aimaient ça évidement, mais Sasha était persuadée que ce sentiment était plus fort chez les enfants nés-moldus. Ils passaient onze ans de leur vie en ignorant tout de la magie et de tout ce qu'elle était capable de faire. Du jour au lendemain on leur mettait une baguette dans les mains, et d'un seul coup le champ des possibles s'étendait presque à l'infini. Sasha n'était pas née-moldue mais elle avait été élevée comme telle et cela participait sans doute à sa soif d'apprendre. Elle voulait savoir tout ce qu'il était possible de faire avec une baguette, et tout ce qui était possible, elle voulait le réaliser. Elle voulait tout découvrir, tout réussir, jusqu'à avoir atteint les limites de ce que la magie avait à lui offrir.

"Prête !" répondit-elle avec assurance.

Elle tapota le ruban noué à son poignet du bout de sa baguette en prononçant la formule adéquate et celui-ci s'éleva dans les airs et vint relever ses cheveux en une queue de cheval haute. C'était un de ses sorts préférés, elle s'était beaucoup entrainée avant d'avoir un résultat correct mais l'utilisait maintenant presque tous les matins.  

Les deux adolescentes se saluèrent et s'éloignèrent de quelques pas pour laisser entre elles la distance réglementaires. La Serpentard s'était à peine placée que déjà le premier sortilège d'Abigail fusait. Elle était rapide, la peste ! Sasha elle ne le fut pas assez et ne parvint pas contrer le sort de son adversaire. Elle évita le pire en faisant un pas sur le côté juste à temps pour ne pas être frappée de plein fouet mais le sortilège lui effleura le bras, suffisamment pour que sa baguette lui saute des mains. Prise d'une sueur froide elle crut pendant une fraction de seconde que son duel était déjà fini, mais elle se jeta en avant et parvint à refermer ses doigts autours de sa baguette avant que celle-ci ne touche le sol. Elle se redressa, le regard glacial et la rage au ventre. On ne se débarrassait pas d'elle aussi facilement !

"Lodowiskus! lança-t-elle en pointant sa baguette en direction des pieds de son adversaire dans l'espoir de voir son sortilège de glace changer le sol en véritable patinoire. Tarentallegra !" enchaina-elle aussitôt pour compléter son attaque.

Elle avait hâte de voir si la talentueuse Abigail serait toujours aussi rapide quand elle se retrouverait à faire des claquette sur une plaque de verglas.
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Abigail ScavoQuatrième annéeavatar
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Un sentiment de jubilation s'empara d'Abigail à la vue de Sasha, mise en difficulté par son premier sortilège. Son adversaire fut obligée de s'écarter pour éviter de le prendre de plein fouet, et perdit malgré tout sa baguette, qui bondit hors de sa main. Souriant intérieurement, Aby se mit à sautiller sur ses pieds en attendant que Sasha se redresse - ce n'était qu'un premier échange pour s'échauffer. Malgré son envie de l'écraser à plates coutures, elle n'allait tout de même pas essayer d'enchaîner les sorts sur un adversaire en difficulté, cela n'aurait pas été très juste.

C'était sans compter sur cette petite peste de Sasha. L'expression de son visage lorsqu'elle se redressa était telle qu'Aby déglutit nerveusement et raffermit sa prise sur sa propre baguette, qu'elle redressa devant elle, juste à temps. Les deux sortilèges de Sasha fusèrent avec une rage et rapidité, en un enchaînement qui aurait pu être fatal : danse et patinoire ne faisaient pas bon ménage... Heureusement, Aby s'y attendait. Face à un tel regard noir, elle avait eu la contre-attaque au bout des lèvres.

"Protego !", cria-t-elle en esquissant un mouvement rapide du poignet. Le Lodowiskus s'écrasa sans effort sur son bouclier magique, qui s'évanouit aussitôt. Le Tarantallegra, lui, manqua de la toucher, mais Aby parvint à l'éviter d'un bond sur le côté. Déséquilibrée, elle trébucha au sol et roula rapidement sur ses genoux. L'adrénaline et la peur de perdre la face vis-à-vis de Sasha la survoltaient. Il était hors de question qu'elle se laisse avoir par cette fille hargneuse. Agacée par les attaques peu loyales de son adversaire, elle ne prit pas le temps de se lever avant de lancer à son tour une salve de sortilèges :

"Impédimenta ! Mutismus !"

D'accord, utiliser le sortilège de bégaiement n'était pas des plus conventionnels lors d'un combat. Mais c'était la première chose qui lui était passé par la tete et puis, Sasha aurait bien dû mal à articuler un sort dans ces conditions, n'est-ce pas ?

Aby profita des quelques instants de répit que lui laissait son attaque pour bondir de nouveau sur ses pieds. Puis elle refit face à Sasha, le poing sur contre la baguette et les sorts prêts à jaillir. Qu'elle essaie encore de la faire danser : danserait bien qui danserait le dernier...


HRP:
 
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