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 Fitgirl [Joséphine]

Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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27 octobre 2009

D'habitude, Isobel aimait courir. Tous les dimanche matins, elle se levait exprès, enfonçait ses écouteurs dans ses oreilles et écoutait sa musique bien trop fort, transplanait sur les côtes anglaises pour voir la mer et elle courait, jusqu'à avoir les muscles en feu, jusqu'à avoir les poumons brûlés et ses jambes qui ne la portaient plus. Ce n'était que là qu'elle se sentait satisfaite, qu'elle rentrait, lasse et apaisée, pour prendre un long bain. C'était sa routine à elle, avec ses séances de danse du mardi soir, et elle n'aimait pas y déroger. Malheureusement, des pluies diluviennes s'étaient déversées sur le pays ces deux dernières semaines et avaient perturbé ses habitudes bien établies. Elle n'était pas allée courir il y a quinze jours et à peine dimanche dernier, aussi avait-elle décidé de rattraper cela sur une soirée.

Elle n'était allée qu'une ou deux fois à K&K, pour voir, parce qu'elle n'avait jamais pris le temps de s'y investir plus, se contentant de sa course du dimanche et de la danse. Néanmoins, elle était contrariée par cette météo et avait l'impression saugrenue de s'engourdir, à rater ainsi ses rendez-vous maritimes avec cette pluie battante. Prise d'une soudaine inspiration alors qu'elle était rentrée du Ministère, elle avait fourré ses affaires de sport dans son sac, une bouteille d'eau citronnée et avait transplané pour Leopoldgrad, Les gouttes de pluie ruisselaient sur son parapluie transparent, alors qu'elle pénétrait dans le hall de l'établissement, se dirigeant vers le comptoir pour payer une entrée.

Elle se changea rapidement dans les vestiaires, noua ses épais cheveux noirs en queue de cheval et tira sur le haut de son – joli – ensemble (quand même, ce n'était pas parce qu'elle faisait du sport qu'elle y renonçait) et pénétra dans les grands espaces de fitness, évaluant l'endroit du regard. Il y avait beaucoup de monde en cette soirée, beaucoup de machines, de salles et Isobel ne savait pas tellement où donner de la tête. Derrière une vitre, elle apercevait une petite rousse énergique qui semblait crier des ordres à ses élèves et cela convainquit Isy de prendre le chemin opposé : elle n'était pas venue ici pour se faire conspuer.

Elle s'approcha de quelques machines, un peu perdue même si elle ne voulait pas l'avouer – son jogging sur les chemins côtiers n'était pas si technique – et chercha du regard quelqu'un pour lui expliquer quand elle distingua une chevelure étincelante et un visage familier parmi les sportifs. Un léger sourire naquit sur son visage tandis qu'elle se dirigeait vers la jeune femme, qui semblait peiner à terminer son mouvement sur sa machine. Isobel appuya une épaule contre le mur, croisant ses bras sur sa poitrine.

- On regrette d'être venue ? lança-t-elle avec un léger sourire.

Elle connaissait Joséphine des Folies Sorcières, parce qu'à force de les fréquenter, on se familiarisait forcément à certaines personnes. Il aurait été mentir de dire que Isobel n'avait pas, avant toute chose, reconnu son patronyme français, comme par nostalgie. Mais Joséphine n'était pas de Louisiane, comme elle l'avait un instant pensé devant son très bon anglais, mais bien française pure souche, ce qui allait aussi. Au final, les deux jeunes femmes papotaient bien quand elles se croisaient et si cela pouvait éviter à Isy de reconnaître qu'elle ne savait pas se servir de ces machines... C'était tout bénéfique.


Isobel Lavespère
I am a villain, a hero, no more and no less, an awful disaster, a beautiful mess. @ ALASKA.

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Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Un jour elle apprendrait la ponctualité, songea Joséphine en observant avec envie le cours de Magic Zumba donné par une Kalamity plus énergique que jamais. C'était un de ses cours préférés ! Elle ne le manquait jamais. Presque jamais. Sauf quand elle avait oublié de payer sa cotisation du mois. Ou qu'elle arrivait en retard.A quel point était-ce déplacé de rejoindre le cours après vingt minutes ? Elle envisagea un instant cette hypothèse mais fut rattrapé parce qui restait de sa bonne éducation et traîna ses pieds jusqu'à la salle de musculation qui se trouvait en face. Puisqu'elle était là...

Josie n'était pas une fervente adepte des appareils de musculation. En général elle venait pour suivre les cours et se dépenser un peu dans une bonne ambiance. Elle avait mêmes quelques copines qu'elles retrouvaient régulièrement et avec qui elle papotait au bar à smoothie à la fin des séance. Et puisl elle avait moins le sentiment de faire du sport quand elle avait une musique éléctro et plein de monde autours d'elle. Avoir un coach pour la guider et l'encourager la motivait et elle était bien plus efficace en cours collectif que lorsqu'elle essayait de travailler toute seule.

Alors qu'elle s'avançait dans la salle, la danseuse sentit plusieurs regard se poser sur son pantalon de sport moulant et redressa le menton. La pratique quotidienne de la danse lui assurait une musculature fine et équilibrée et elle n'avait pas à rougir de sa silhouette, mais elle manquait parfois un peu force, elle le ressentait pendant les numéro de broom dance. Développer un peu ses cuisses ou ses bras ne pourrait pas lui faire de mal...

Joséphine s'avança dans la salle et balaya quelques uns des appareils du regard, sans vraiment savoir à quoi servait chacun d'entre eux. Elle avisa une jeune femme brune, allongée sur le dos sur un banc, qui repoussait avec ses jambes un épais bloc de fonte en lévitation. Elle faisait ça rapidement, avec quelques grimaces mais ça n'avait pas l'air bien difficile.

Josie s'approcha et s'installa sur l'appareil voisin. Elle étala soigneusement sa serviette rose fushia et allongea son dos sur le banc. Un épais bloc de fonte apparut soudain dans les airs et une voix féminine lui demanda avec quel poids elle souhait travailler. Avisant le "80" gravé dans le bloc de sa voisine -qui avait l'air un peu plus expérimentée- Joséphine opta pour cinquante kilos. C'était plus ou moins son propre poids, cela semblait raisonnable. Elle leva les jambes de façon à poser ses pieds sous le bloc de fonte. A la seconde ou la semelle de ses baskets toucha le bloc en lévitation, ce fut comme si le sortilège qui le maintenait jusqu'alors dans les airs venait d’être rompu. Ce qui était certainement le cas. D'un seul coup, elle sentit les cinquante kilos s'écraser sur ses pieds et plia instinctivement les jambes. Bon. Il suffisait de tendre à nouveau les jambes maintenant.

Par Merlin que c'était lourd ! En poussant de toutes ses forces sur ses cuisses, Joséphine parvint à tendre à nouveau les jambes, au prix d'un effort surhumain. Elle retirait ce qu'elle avait pensé plus tôt. Ce n'était pas raisonnable d'envisager soulever son propre poids à la force de ses jambes. C'était contre-nature ! L'être humain n'était pas censé s'imposer ça !  Sa voisine d'appareil était une grande malade, voilà tout ! Cette dernière lui jeta justement un regard et Joséphine fut certaine de voir un sourire moqueur passer sur son visage. La garce !

Bien décidée à prouver à cette prétentieuse qu'elle pouvait faire aussi bien qu'elle, Josie redoubla de détermination et effectua quelques mouvements supplémentaires, faisant tous les efforts du monde pour ne pas grogner de douleur -on la regardait suffisamment comme ça. Ses jambes commençaient à trembler. Elle était déjà à 12 répétitions ! Sa voisine faisait des séquences de 20 mouvements -et en était à la troisième depuis que Joséphine était arrivée. Elle devait tenir encore 8. Elle serra les dents et tendit ses jambes tremblantes, repoussant le bloc en hauteur avec toute la force qui lui restait. Plus que 7. Elle allait mourir. C'était certain. Elle allait mourir d'épuisement. Elle ne survivrait pas. Pas jusqu'à 20. Mais elle ne pouvait pas renoncer ! Elle sentait plusieurs regard posés sur elle et ne supporterait pas de donner raison à tous ces bodybuildés qui se demandaient certainement ce que cette petite rouquine à la serviette rose et aux ongles manucurés venaient faire ici. Elle les détromperait, même si elle devait le payer de sa vie !

Son désespoir et sa douleur devait se lire sur son visage puisqu'une voix féminine familière lui demanda si elle regrettait d'être venue. Détachant son regard du bloc de fonte en espérant qu'il ne l'écraserait pas, Joséphine regarda à sa droite et reconnut Isobel Lavespère, une cliente régulière des Folies avec qui elle avait sympathisé. Originaire de Louisiane, Isy était une des rares personnes avec qui la danseuse pouvait discuter en français et se moquer des autres sans être comprise, ce qui était toujours agréable. Elle appréciait beaucoup la jeune femme, mais n'avait jamais été aussi contente de la voir. Saisissant sans hésiter ce prétexte pour interrompre son exercice, Joséphine ôta précautionneusement un pied du bloc, qui se plaça aussitôt en lévitation un bon mètre au dessus du banc. Objet de malheur !

"Hey ! Salut, lança-t-elle en se redressant. Elle espérait qu'elle n'était pas toute rouge, et pleine de sueur. Mais c'était probablement le cas.  Comment ça va ? Je ne savais pas que tu fréquentais ce haut lieu de torture !"

Il n'y avait pas d'autres termes pour désigner cet endroit. Elle venait quand même de frôler la mort !

"Je suis là depuis une petite demi-heure, mentit-elle. Elle sentait le regard méprisant de sa voisine d'appareil dans son dos. J'allais faire une petite pause, tu as un peu de temps devant toi ou tu préfères t’entraîner ?"  

Une pause. Par pitié. Elle avait besoin d'une pause. Et d'un jus de fruit. Voire d'un verre de vin. Elle l'avait mérité. Elle avait faite quatorze répétitions. Quatorze !



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Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Il y avait tant de rouge sur le visage de Joséphine qu'on aurait pu croire à une toile de la Tate Gallery. Isobel eut néanmoins l'amabilité de faire mine de rien, observant du coin de l'oeil l'appareil que venait de quitter Josie. A titre personnel, elle aurait plutôt eu peur de se faire écraser par un tel bloc... Décidément, c'était plus complexe que son jogging du dimanche, qu'elle aimait tant. Les gens ici avaient plutôt l'air de sportifs professionnels, bien habitués à ce genre de sports. Elle-même préférait être dehors, prendre l'air, elle passait déjà beaucoup de temps enfermée toute la semaine au Ministère. Elle qui avait passé son enfance à crapahuter un peu partout et à profiter de la nature dès qu'on sortait de la Nouvelle-Orléans préférait mettre le nez dehors dès qu'elle pouvait. Si seulement il n'y avait pas cette fichue pluie... Et dire qu'il y a un mois, elle était presque contente de revenir sous cette météo !

- Je vais bien, et toi ? Je ne le fréquente pas vraiment, je ne suis venue qu'une ou deux fois, ce n'est pas trop mon univers ! Je préfère courir au bord de la mer mais vu le temps... J'ai pensé à venir ici !

Cela l'aiderait à se défouler dans tous les cas et puis, au moins, elle sortait de son appartement et croisait moins Madison. Elle se sentait un peu coupable d'agir de la sorte envers l'amie qu'elle était censée accueillir mais au vu des derniers évènements , Isobel avait du ressentiment contre elle, injustifié mais bien présent. Alors plutôt que d'être agressive, elle préférait prendre le large : si on lui avait dit qu'elle chercherait à éviter son propre chez-elle...

- Oh j'ai du temps, je viens à peine d'arriver et puis ça ferme tard, ici. Tu veux boire quelque chose ?

Elle avait bien le temps de prendre un verre avec Joséphine avant d'aller essayer une de ces machines étranges. Pourtant ce n'était pas la première fois qu'elle allait dans un endroit de ce genre, déjà il y a quelques années, à New-York, Jessica voulait toujours l'emmener. Son amie était fan de ce genre de choses, et cela lui réussissait bien vu la silhouette qu'elle avait. Isy, elle, préférait courir à Central Park. Elle vit le regard étrange que posait la voisine de Josie sur elles et hésita un instant à lui demander si elle avait un problème, avant de se détourner. Elle avait sûrement fait trop de tractions. Il y avait un bar à smoothies dans l'établissement et, elle devait avouer, il lui avait fait de l'oeil lorsqu'elle était arrivée. Les deux jeunes femmes s'y installèrent, Isobel plutôt contente de revoir Joséphine : cela faisait quelques temps qu'elles ne s'étaient pas croisées puisqu'elle devait rattraper le travail qui s'était accumulé lors de ses petites vacances à la Nouvelle-Orléans.

- Et toi, tu viens souvent ici ? C'est drôle, reprit-elle, cela ressemble vraiment à ce qu'on trouve aux États-Unis, ou chez les moldus. Tout ça en fait, fit-elle en agitant sa main, une fine bague en argent tournant autour de son annulaire, c'est très moderne. C'est peut-être le signe que l'Angleterre entre enfin dans la modernité... Bientôt ils abandonneront le chapeau magique ! Tu vis ici, non, en plus ?


Isobel Lavespère
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Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Courir au bord de la mer, ça devait être plus agréable que de se faire écraser par des blocs de fonte ! Mais Joséphine n'avait jamais vraiment aimé le jogging. Adolescente déjà, sa sœur avait essayé de l'y convertir de nombreuses fois, mais elle trouvait ça ennuyant. Et puis c'était une activité bien trop solidaire pour elle, qui aimait voir du monde. Elle préférait de loin les cours de fitness et de zumba,leurs musiques entraînantes et leurs coach motivants.  

"Je ne viens jamais ici non plus, répondit-elle en englobant la salle de musculation d'un geste de la main. Je préfère les cours collectifs, l'ambiance est beaucoup plus sympa ! Mais j'ai loupé le début du cours de Magic Zumba, alors...Elle haussa les épaules en jetant un regard en direction de l'appareil de torture qu'elle venait de quitter. Plus jamais ! On ne m'y reprendra plus en tout cas, ce n'est pas trop mon truc toutes ces machines !"

Elle avait la chance d'avoir un métier physique qui lui permettait de conserver une silhouette svelte sans avoir à souffrir sur ces affreuses machines de musculation. Elle ne serait jamais aussi mince que Robin, c'était certain - cette fille était carrément maigre, et non elle n'était pas jalouse - mais elle gardait la ligne, malgré ses visites un peu trop fréquentes au Paradis d'Eden.

Elle était gourmande, elle n'y pouvait rien, elle avait toujours eu un faible pour tout ce qui était sucré. Elle avait beau complexer en voyant les autres danseuses des Folies, toutes plus grandes et plus mince qu'elle ne l'était, elle ne parvenait pas à arrêter les gourmandises. Mais au moins elle remplissait ses bustiers, contrairement à certaines ! de toute façon, la chorégraphe préférait que ses filles aient quelques formes, alors pourquoi se priver ?

"Avec plaisir !" répondit-elle, ravie, quand Isobel lui proposa de boire quelque chose.

Elle aurait tué pour un verre de Chardonnay - elle venait quand même de frôler la mort, elle le méritait - mais ce n'était pas vraiment le genre de boissons que l'on servait chez K&K, et il était hors de question qu'elle se rende à un autre endroit dans cette tenue. Elle était très fière de son ensemble fluo, qui la mettait en valeur, mais elle avait pour principe de ne jamais franchir la porte d'un bar autrement que sur des talons hauts. C'était en partie parce qu'elle mesurait un mètre soixante, et en partie parce que ses douze centimètres suffisaient en général à lui payer ses verres. Joséphine avait toujours été à l'aise sur les talons hauts. Plutôt petite, elle avait commencé à en porter jeune et ne les avait jamais quitté.

"Je te conseille le "Rouge Passion" : pomme, framboise, cranberry et baies de goji, expliqua-t-elle en parcourant le menu du bout de son ongle manucuré. Le "Vitamine +" est bon aussi, citrouille, orange, citron et gingembre ! "

Les deux jeunes femmes passèrent leur commande à Gary, le coach qui s'occupait de tenir le bar à smoothie de temps en temps - et qui était très agréable à regarder quand il s'occupait de presser des oranges. Joséphine se sentait bien lus à l'aise maintenant que son visage devait avoir repris une couleur normale et qu'elle avait récupéré son souffle. Elle resserra un peu sa queue de cheval et promena son regard autours d'elle quand Isy évoqua la modernité de l'endroit.

"Vous avez beaucoup de salles comme ça aux Etats-Unis ? L'Europe mérite bien son titre de "vieux continent" alors ! commenta-t-elle en riant. Celle-ci est la seule qui existe en Angleterre, d'après Kalamity. Et je ne crois pas qu'il y en avait en France quand j'y vivais...Mais ça a peut-être changé depuis. Oh non tu es folle ! répondit-elle, faussement outrée, quand Isobel suggéra l'abandon du chapeau magique. Tu ne devrais même pas dire ça à voix haute, si une vieille sorcière anglaise t'entendait elle en ferait une attaque ! assura-t-elle avec un éclat de rire. Tu sais comment ils sont avec les traditions ici..."

Les anglais étaient encore pires que les français avec ça ! La société magique allemande était un peu plus moderne elle au moins ! Et celle des Etats-Unis l'était sans doute encore plus. Mais chaque chose se faisait en son temps et son amie avait raison, même ici les choses commençaient à se moderniser. Il suffisait de se promener dans Leopolgrad pour le voir.

"Oui, j'habite de l'autre côté de la place, tu devrais passer un jour ! répondit-elle avec enthousiasme. Un jour lointain, de préférence, quand elle aurait eu le temps de ranger. Ce n'est pas très grand, mais en plein centre-ville ! J'aime beaucoup Léopolgrad, c'est tellement vivant, il y a toujours des choses à faire ! Et toi, tu habites à Londres ? "

Elle avait tendance à penser que tous les employés du Minsitère vivaient à Londres, mais ce n'était pas forcément le cas, avec la magie ils pouvaient se permettre de venir des quatre coins du pays.  



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Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Isobel suivit le regard de Joséphine quand celle-ci désigna le cours de Magic Zumba qu'on apercevait à travers les baies vitrées, des battements sourds de musique résonnant dans le lieu. La coach était une petite rousse énergique qui agitait les bras en rythme et sautait vigoureusement, semblant s'arrêter de temps en temps pour interpeller les gens au fond de la salle. Hum, cela ne semblait pas très tentant. Elle n'avait pas très envie de se faire houspiller par un coach - sa prof de danse le faisait déjà parfois assez bien avec leur groupe du mardi soir - elle avait sa dose pendant la semaine. C'était pour cela qu'elle préférait le jogging : elle faisait tout à son rythme et surtout, toute seule. Entre le boulot et les soirées, elle voyait beaucoup de monde et cela lui faisait du bien de se retrouver avec elle-même. Ces temps-ci, elle n'avait même plus le cocon de son appartement pour passer ses soirées à lire dans le silence ou à pratiquer la magie, comme Madison était là. Elle avait besoin de ces breaks, c'était dommage que la météo lui enlève ! Elle n'était pas folle au point d'aller courir sous la pluie. Quoique, avec un Impervius peut-être...

- C'est un peu barbare, quand on examine bien le concept, fit Isy avec un léger sourire alors que Joséphine affirmait que toutes ces machines de salle n'étaient pas pour elle. On te lâche un poids de plusieurs dizaines de kilos sur les jambes ou bien il faut le soulever ou tirer sur des choses dures... Le corps humain n'est pas fait pour cela si tu veux mon avis, ou plutôt l'humain n'est pas fait pour cela. Sinon, il n'aurait pas inventé le service de livraison par balai de BFC.

Pas qu'elle mange chez Buck's Fried Chicken, c'était un peu trop gras pour elle mais il n'empêche qu'elle recevait de temps en temps les prospectus dans sa boite aux lettres. D'ailleurs, elle recevait bien trop de prospectus, à croire que le distributeur mettait tout dans son immeuble par flemme de finir sa tournée. A vrai dire, maintenant qu'elle y pensait, cela lui semblait plutôt probable, comme théorie. Quoi qu'il en soit, elle préférait largement les smoothies, songea-telle en contemplant la carte grande comme le bras de chez K&K. Elle suivit des yeux les lignes de fruits, certains qu'elle ne connaissait même pas et décida de s'en remettre à l'expertise de Joséphine et commanda un Vitamine + (avec au passage un joli sourire à l'homme qui tenait le comptoir, parce qu'il lui fallait reprendre ses bonnes habitudes après des semaines à brouiller du noir). Il faudrait qu'elle amène Madison ici, songea-t-elle. Pour les jus, en tout cas. C'était peut-être un peu trop mainstream pour son amie sinon...

- En tout cas, New-York n'en manque pas et je ne crois pas que la Californie fasse défaut non plus ! Mais tout va plus vite aux États-Unis, ce n'est pas la même mentalité qu'ici. Nous sommes plus mélangés avec les moldus, alors ce qui se fait chez eux se fait chez nous, et parfois réciproquement. Puis nous sommes une société bien plus grande aussi, donc tout évolue plus vite. Déjà, on a plusieurs lycées, nous. Les choses sont différentes : vous n'êtes pas prêts d'abandonner la robe de sorcier ! Enfin, je dis vous, se corrigea-t-elle, mais c'est vrai que tu n'es pas d'ici non plus ! se souvint-elle avec un rire.

Le fait d'être expatriées leur donnait régulièrement de quoi discuter, surtout que Joséphine avait vécu en France et que ce pays intéressait beaucoup Isobel. Elle y avait passé quelques semaines, lors de ses pérégrinations en Europe, avant de se poser. Elle avait d'ailleurs hésiter à aller y vivre, au moment de s'installer. L'Angleterre avait obtenu son choix au final, parce qu'elle avait tout simplement obtenu son visa de travail plus facilement. Alors que leurs jus arrivaient - nouveau sourire - Isobel cala son menton dans sa paume alors que Josie lui racontait qu'elle vivait de l'autre côté de la place.

- C'est vrai ? Ça doit être super sympa ! La ville est belle et puis animée ! Cela lui rappelait un peu New-York, en plus petit évidemment. Elle avait d'ailleurs songé à déménager lorsque Leopoldgrad avait ouvert ses portes. Après tout, elle avait passé beaucoup de temps sur ce projet, elle aurait pu en profiter... Elle avait même regardé des annonces, un appartement près du Museum d'histoire naturelle notamment avec deux chambres pour recevoir et un joli balcon qui aurait beaucoup plu à Sorbier. Elle avait remis cela à plus tard, si les choses à la Nouvelle-Orléans se passaient bien, comme une sorte de récompense. Au final, il y avait eu toute cette histoire avec Abel et, de manière assez puérile, cela lui avait coupé toute envie de venir à Leopoldgrad. Si c'était pour penser à lui à chaque fois qu'elle rentrait chez elle... L'excuse "Je me suis brouillée avec le mec qui a fait les plans de la ville" était assez pathétique, aussi en sortit-elle une autre à Josie : c'est un peu cher, les loyers je trouve. Surtout que je voulais prendre un peu plus grand que chez moi... Je vis à Oxford, explicita-t-elle. Un peu au sud de Londres, une heure en voiture moldue environ. Je ne sais pas si tu es déjà allée, c'est un tout petit quartier magique, il y a trois rues. Et une ruelle. C'est assez familial, quelques petites boutiques, commerces, deux restaurants... J'y vis depuis cinq ans, c'est des prix raisonnables et comme ça, je mets mon argent ailleurs, genre dans des Jimmy Choo.

Oui, Isobel avait une gestion particulière de l'argent. Elle gagnait sa vie correctement au Ministère, elle aurait pu avoir plus grand que ses trente-cinq mètres carrés. Elle aurait même pu devenir propriétaire ou mettre de côté au long terme, comme le répétait souvent le Gobelin qui s'occupait de son compte. C'est vrai qu'elle était un peu serrée chez elle, surtout à deux en ce moment... Mais à la place elle dépensait son argent dans des vêtements et ne mettait de côté que pour voyager, ce qui l'empêchait d'avoir de vraies économies. Elle finissait toujours à l'équilibre parce qu'elle savait se montrer raisonnable quand il le fallait mais il est vrai que ce n'était pas très adulte. Vous devriez acheter, lui avait dit son banquier la dernière fois. Même si vous êtes célibataire, nous avons des crédits intéressants. Qu'est-ce que cela voulait dire "même si vous êtes célibataire" ? Parce que pas mariée - volontairement en plus - sa vie devait se suspendre, elle devait attendre un homme pour "faire sa vie", justement ? C'était n'importe quoi. Si elle n'était pas propriétaire, c'est parce qu'elle n'aimait pas avoir d'attaches. Elle aimait l'idée de pouvoir repartir facilement quelque part si l'envie la prenait. Rentrer aux États-Unis, par exemple, pour se rapprocher de son grand-père dans ses vieux jours.

- Mon banquier m'embête justement sur l'immobilier, lança-t-elle en racontant le fameux entretien et tout le dégoût qu'elle se ressentait pour ce "même si vous n'êtes pas mariée". C'est fou quand même, tu penses être adulte, émancipée et non, on vient encore te faire la leçon. On dirait mon patron qui m'a demandé si je pensais prendre un congé maternité dans les années à venir. Même pas sûre que ce soit légal, comme demande. Et toi, on t'embête aussi avec ça ? Quoique, aux Folies, ils sont peut-être moins pénibles, fit-elle en riant.


Isobel Lavespère
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Joséphine ChevalierDanseuse aux Folies Sorcièresavatar
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Les yeux de Joséphine brillaient d'envie tandis qu'elle écoutait Isobel lui parler des États-Unis. Elle y était allée une fois, un été pendant son adolescence. Son père avait des rendez-vous d'affaires en Floride et avait accepté d'emmener ses filles avec lui. Elles avaient passé leurs journées au bord d'une piscine privée, dans une immense villa. Joséphine avait adoré Miami. Les grandes avenues, le soleil, les boutiques, la vie nocturne. Le quartier magique était aussi branché que la partie moldue de la ville et Léopolgrad faisait presque figure de village à côté. C'était un pays dans lequel elle se serait bien vu vivre. Elle avait hésité un moment à partir là-bas, mais elle avait préféré rester en Europe. Elle en connaissait mieux la culture et s'y sentait plus à l'aise.

"Je rêverais de retourner aux États-Unis, un jour, répondit-elle, rêveuse. C'est une mentalité qui me plait ! ajouta-t-elle alors que son amie parlait de la façon dont les sorciers et les moldus étaient plus mélangés. En France les sorciers restent plutôt entre eux, et la société magique est assez traditionnelle, mais rien ne vaut la société anglaise sur ce point, je ne pense pas qu'on puisse faire plus conservateur ! précisa-t-elle en riant. Parfois je me demande ce qu'on fait ici !"

Elle était mauvaise langue. Les anglais faisaient des progrès, il suffisait de voir Leopolgrad. Mais c'était son rôle de française de râler et de critiquer tout ce qui n'était pas de son pays, non ? Et puis, si elle avait réellement trouvé l'Angleterre si ringarde, elle n'y aurait pas déménagé. Pourtant elle était là, et elle s'y plaisait. La danseuse remercia d'un sourire enjôleur le serveur qui leur apportait leur jus et trinqua avec Isobel, qui lui expliquait qu'elle s'était installé à Oxford.

"Je ne connais pas du tout, confessa-t-elle. Je suis en Angleterre depuis deux ans et je ne connais que Londres et Bristol, je ne suis pas vraiment une touriste modèle."

Elle s'était promis à maintes reprise de visiter un peu le pays. Elle voulait voir l’Écosse, visiter Dublin, flâner sur les côtes anglaises, mais elle remettait toujours tout à plus tard. Elle avait le temps, après tout ! C'était aussi ce qu'elle pensait quand elle était à Berlin et elle avait quitter le pays sans même avoir fait le tour des attractions principales de la ville. Et il y avait fort à parier qu'elle reproduirait le même schéma ici aussi. Elle était incorrigible. Joséphine s'arracha à sa séance d'auto-critique en entendant son amie prononcer un mot magique. Elle aurait tué pour une paire de Jimmy Choo. Ou presque. La jeune femme hocha vigoureusement la tête pour appuyer les paroles de son interlocutrice. Qui avait envie de mettre son argent dans un appartement quand on pouvait acheter des chaussures ?

"Oh, ne m'en parle pas, répondit-elle quand Isobel évoqua son banquier. Elle agita les mains comme pour chasser ce sujet de conversation. Ce n'était pas qu'elle redoutait son banquier. Juste qu'elle n'appréciait pas particulièrement de le rencontrer. Je déteste mon banquier. C'est un jeune pourtant, plutôt mignon en plus ! Je suis passée à la MarchBank, précisa-t-elle, histoire d'éviter qu'Isobel ne pense qu'elle fantasmait sur un gobelin. Mais je crois qu'il est gay, en tout cas il est complètement insensible aux décolletés, ce qui n'arrange pas mes affaires. Même ses moues embarrassées les plus adorables n'avaient aucun effet, c'était frustrant. On est surtout payées en espèces aux Folies, et j'ai tendance à ne jamais les déposer sur mon compte, avoua-t-elle avec une grimace. Mais il y a un centre commercial en face de chez moi, je n'y peux rien !"

Un centre commercial avec pas moins de quatre magasins de chaussures différents. Non vraiment, comment était-elle censée économiser avec ça ? Elle avait déjà du mal à garder suffisamment d'argent pour payer son loyer !

Joséphine gérait très mal son argent, parce qu'elle n'avait jamais appris à le faire. Pendant dix-huit ans elle n'avait même pas à compter ce qu'elle dépensait. Elle mettait tout sur le compte de son père et dépensait sans se soucier des prix. Elle avait perdu la fortune de son père mais conservé ses mauvaises habitudes. Et forcément, ça fonctionnait moins bien. Il lui arrivait de toucher de très beaux pourboires et si elle avait été raisonnable elle aurait pu vivre correctement -ou au moins payer toutes ses factures en temps voulu- mais elle n'y arrivait pas. C'était plus fort qu'elle.

"Nan, il t'a demandé ça ? s'indigna-t-elle quand Isobel évoqua les questions déplacées de son employeur. Je suis sûre que c'est illégal ! Vraiment. Elle n'avait aucun argument juridique pour étayer cette déclaration, mais elle en était persuadée. C'était déjà bien. Hum...Non, je ne crois pas qu'on m'ait déjà embêté avec ça aux Folies, répondit-elle, songeuse, en sirotant son jus. Mais c'est clairement le genre de métier où on peut difficilement travailler enceinte, ajouta-t-elle avec une grimace. Je pense que si une de nous tombait enceinte elle pourrait dire au revoir à son boulot..."

Elle ne s'était jamais vraiment renseignée sur la politique des Folies Sorcières en matière de congé maternité. Mais elle n'était pas certaine de vouloir savoir. De toute façon elle n'était pas concernée, elle ne voulait pas d'enfants.

"C'est incroyable quand même, les gens voient une femme de trente ans et ils sont persuadés qu'elle veut être maman dans les années à venir. Comme si on avait pas le choix !"



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Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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- Qui sait, fit Isobel en haussant les épaules, c'est peut-être ta prochaine destination ! Comme je le dis souvent à ton patron, les Folies font pâle figure à coté de Las Vegas, mais il ne veut rien entendre.

L'un de ses objectifs de vie était de faire comprendre - ou entendre - à Roy la supériorité des États-Unis sur le vieux continent. Elle comptait bien le toucher avec des arguments auxquels il était sensible et cela passait par un traditionnel séjour dans la ville du vice. Elle était certaine que Joséphine s'y plairait, elle aussi, elle avait un peu cerné son profil à force de discuter aux Folies quand elles se croisaient. Les deux femmes avaient plusieurs points communs, notamment le fait d'être deux expatriées qui avaient un peu voyagé et se retrouvaient donc sans trop de racines dans ce pays étrange qu'était l'Angleterre. Qu'on se le dise : elle était ici depuis sept ans environ et tous les ans, elle était surprise des températures hivernales. Elle ne s'y ferait jamais. Peut-être bien que, comme Joséphine, elle finirait par repartir, aux États-Unis ou bien ailleurs... Elle n'était pas sûre. Avant de retourner à la Nouvelle-Orléans, elle avait commencé à s'installer plus sérieusement dans le pays, peut-être déménager dans un appartement plus grand, s'autoriser à se projeter sur plusieurs années. Retrouver son grand-père avait un peu basculé ses plans, elle avait parfois envie de se rapprocher de vie. La famille veillait sur lui en Louisiane mais ils avaient été éloignés longtemps... Elle était un peu perdue de ce côté là. Enfin, elle ne se prenait pas la tête : elle avait toujours vécu au jour le jour depuis sa fuite.

- Nous sommes ici pour éclairer cette terne contrée, que crois-tu, lança Isy avec un peu de malice. Elle aurait bien rejeté ses cheveux en arrière pour accentuer son effet mais ils étaient remontés en queue de cheval. Je ne veux pas dénoncer, mais les plus belles femmes des Folies ne sont pas anglaises. Regarde Sofya, regarde toi, et moi, évidemment, ajouta-t-elle avec une modestie empruntée à son meilleur ami.

Un peu de narcissisme pour panser son égo piétiné (puis brûlé, jeté au vent, consommé par des animaux sauvages et recraché) par Abel ne pouvait pas faire de mal. Une sensation bien trop familière et bien trop désagréable s'installa dans sa poitrine à la pensée de cette histoire et elle se força à rejeter brusquement cette pensée loin d'elle. Cela lui encrassait déjà l'esprit en permanence, du réveil au coucher et elle avait absolument besoin de se détendre pour laisser tout cela s'envoler loin d'elle. Elle se pinça légèrement et discrètement l'arrière du bras, comme pour se décourager de s'appesantir sur le sujet. L'arrivée des boissons fut une distraction suffisante et elle reprit le fil de la conversation, un sourire un peu plus crispé sur les lèvres.

- Ou peut-être, répondit-elle à la théorie de Josie sur son banquier, que c'est juste un Gobelin sous Polynectar, ce qui expliquerait beaucoup plus de choses. Si tu veux mon avis, c'est bien trop louche que les Gobelins aient abandonné une partie de leurs prérogatives sur le système bancaire. Soit ils préparent de nouveau une guerre soit c'est une vaste mascarade et ton beau et strict banquier n'est qu'un petit être velu, gris, plissé et avide d'argent.

Elle n'était pas Gobelinophobe. C'est juste que les sorcières vaudous avaient un passif avec ces créatures, une sombre histoire de territoire au Bénin. Parmi les contes pour enfant dont sa grand-mère l'avait bercée, il y avait donc Le Loa et le Gobelin et elle en avait été traumatisée. Elle en faisait des cauchemars, gamine. Et maintenant que son  banquier lui parlait mariage et investissement immobilier à taux fixe, et bien il faisait encore plus peur. Bon, évidemment, elle n'avait jamais raconté à personne qu'elle avait peur des Gobelins. Elle n'avait pas même pas peur. C'est juste qu'elle n'était pas rassurée en leur présence, voilà tout. Un fantôme, d'accord, un esprit, pas de soucis, un zombi, elle adorait mais un Gobelin... Brr.

- Ne compte pas sur moi pour te blâmer là dessus... Enfin un centre commercial décent dans le monde magique. Parce que c'est bien mignon les petites échoppes du Chemin de Traverse, c'est typique, tout ça, mais niveau style... Enfin j'ai pris l'habitude d'aller chez les moldus, du coup. De toute manière, je ne porte pas de robe de sorcière, même pas au boulot, donc j'étais limitée sur le Chemin. Très joli ensemble, d'ailleurs, lança-t-elle à l'adresse de son amie en prenant au passage une gorgée de jus, qui était vraiment bon. Oh, on devrait aller au centre commercial ensemble, un de ces jours ! Je pense qu'on pourrait s'entendre...

Parce que, comme Josie, le shopping était un gros point faible. Elle aimait les vêtements, les chaussures, les sacs, le maquillage, la décoration... Elle aimait avoir. Cela n'avait pas toujours été le cas mais en arrivant à la fac, alors qu'elle était pourtant vraiment fauchée, elle avait découvert un nouveau monde : beaucoup de gens dans sa promotion étaient issus de familles plus aisées qu'elle et, pour les galas ou les soirées auxquelles ils assistaient dans le cadre de leurs stages ou de la fac, les filles avaient ces robes dont elle ne pouvait même pas envisager de se payer la moitié. Pour ses stages, elle avait couru les friperies parce qu'elle ne pouvait décemment pas y aller en jeans. Et puis, au fur et à mesure, elle s'était découvert un amour de tous ces jolis vêtements et de ces jolies choses... Ses premiers salaires de salariée avaient été l'occasion, enfin, de moins survivre et de commencer à se faire un peu plaisir. Il n'était pas difficile de diagnostiquer là le symptôme de la gamine privée de tout qui avait pris sa revanche plus tard... Tant pis, si elle avait l'air matérialiste ou superficielle. Isobel voyait dans toutes ces jolies choses un signe de sa réussite.

- Si ce n'est pas illégal, en tout cas, ce n'est pas correct. J'aurais bien aimé avoir une réponse spirituelle à lui aligner, mais j'ai été prise de court. Que je veuille - ou pas, et plutôt pas d'ailleurs - des enfants ne le regarde pas. Et admettons que j'en fasse un, j'ai tellement donné dans ce boulot que je mériterai bien de pouvoir m'arrêter tranquillement. Je fais des horaires de dingue.

C'était d'ailleurs peut-être pour cela que Harvey guettait scrupuleusement un potentiel arrêt de sa part... Il n'avait pas vraiment de soucis à se faire de ce côté là. Isobel était plutôt assidue et posait même rarement ses jours de congé, ce qui finissait par poser problème au bout d'un moment.

- C'est vrai que c'est difficile d'être sexy sur une scène avec un ventre énorme et les chevilles gonflées... Pas sûre que ça plaise à vos riches clients. Surtout chez les danseuses des Folies, qui entretenaient soigneusement leurs silhouettes, Isobel le savait. Mais oui, renchérit-elle à l'exclamation de Joséphine. Je veux faire plein de choses dans les années à venir mais surtout pas un gosse. C'est encombrant, fit-elle en commençant à compter sur ses doigts vernis, ça te tue ton couple si tu étais en couple, tu ne peux plus rien faire sans s'occuper de le caser quelque part, tu ne dors plus, tu ne sors plus et en plus, tu as pris dix kilos et trente vergetures. Et en plus, faut l'élever. Franchement, je préfère m'abstenir. De nombreux gens auraient dû s'abstenir, d'ailleurs. Sa mère, par exemple. Enfin, reprit Isy, excuse-moi si toi tu veux des enfants, je peux être un peu vexante sur la question mais je crois que je suis allergique à la maternité. J'ai vraiment un karma pourri de ce côté là...

Elle avait eu une mère horrible et, qu'on se le dise, elle ferait une mère horrible. Elle était bien trop égoïste et individualiste et elle ne prendrait pas le risque de faire souffrir son hypothétique bébé de la situation.


Isobel Lavespère
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Visiblement, Joséphine n'était pas la seule à avoir une sérieuse addiction au shopping. Elle eut du mal à contenir son excitation quand Isobel surenchérit en commentant à son tour le nouveau centre commercial de Léopolgrad. Parce que la jeune française ne se contentait pas seulement de faire du shopping, elle adorait en parler, elle en rêvait la nuit. Elle aurait pu commenter la dernière collection de chez Angela's secrets pendant des heures !

"Mais franchement qui porte encore des robes de sorciers ? A Poudlard, encore, à la rigueur ! Je veux bien comprendre que les anglais tiennent à l'uniforme, mais pour des adultes ? Ca n'a aucune forme, ce n'est pas flatteur du tout, et bonjour le manque d'originalité !"

Elle s'habillait beaucoup chez les moldus également, où on trouvait davantage de boutiques peu chères, mais elle avait pris la mauvaise habitude de passer une grande partie de son temps libre à arpenter les allées du nouveau centre commercial de Léopolgrad, dont elle ne ressortait jamais les mains vides.

"Avec plaisir ! répondit-elle avec un sourire sincère quand Isobel lui proposa justement une virée shopping. Quand tu veux, je ne dis jamais non à une après-midi de lèche-vitrine !"

Elle avait quelques grands principes de vie. Faire du shopping dès qu'elle en avait l'occasion. Ne jamais refuser un verre gratuit. Ne jamais porter de orange. Toujours avoir une culotte de rechange et sa potion contraceptive sur elle. Parce que s'il y avait une chose que Joséphine ne souhaitait pas avoir, c'était un enfant. Elle rejoignait parfaitement Isobel sur ce sujet et trouvait ridicule la pression que la société faisait peser sur les femmes de leur âge.

On la regardait toujours de travers quand elle affirmait ne pas avoir envie de devenir mère. On lui répondait souvent qu'elle avait encore le temps, que cela viendrait, ou qu'elle regretterait ce choix plus tard. Il était rare que les gens respectent ce choix, et ceux qui l'acceptaient semblait penser que c'était uniquement son métier qui l'empêchait de laisser le champ libre à son instinct maternel. Ils ne comprenaient pas qu'elle puisse simplement ne pas en avoir envie, et que cela n'ait rien à voir avec son métier ou sa situation. Elle aurait pu être libraire et vivre dans une grande maison avec cinq chambres et un jardin, elle n'aurait pas eu plus envie d'avoir un enfant !

" Et ça coûte extrêmement cher ! ajouta-t-elle aux nombreuses raisons exposées par Isobel en défaveur de la maternité. Ca te prend tout ton argent en plus de pomper toute ton énergie, et tu te réveilles à soixante ans sans avoir rien fait d'autre de ta vie qu'élever des mômes ingrats qui ne viendront même plus te rendre visite quand tu veilleras !"

Très peu pour elle. Elle avait d'autres ambitions dans la vie. Elle n'avait pas encore exactement déterminer quelles étaient ces ambitions, ni ce qu'elle était prête à faire pour les réaliser -pas trop d'efforts, c'était certain- mais il était sûr que devenir mère n'en faisait pas partie. Elle laissait ça aux autres, qui feraient ça bien mieux qu'elle. Elle ne détestait pas les enfants, elle aimait même plutôt bien ceux des autres, de loin. Elle adorait acheter des vêtements pour enfants d'ailleurs, mais elle se contenterait très bien de gâter les enfants de ses amis. Bien que, à la réflexion, il serait surement souhaitable que la plupart de ses amis s'abstiennent également. Son cercle de fréquentations n'était pas vraiment composé des meilleurs candidats à l'élection du parent parfait.

"Tu as raison, il faudrait imposer un examen aux futurs parents, répondit-elle en secouant la tête avec dépit. Je suis sure qu'il y aurait pas mal de recalés ! Sa propre mère n'aurait probablement pas réussi un tel examen. L'abandon n'était certainement pas une réaction conseillée à la naissance d'un deuxième enfant. Tu imagines les épreuves ? Survivre en dormant trois heures par nuit, changer une couche avec une seule main, préparer de la purée de citrouille maison et connaitre des tas de comptines stupide par coeur, suggéra-t-elle en riant. Oh ne t'en fais pas ! Je suis allergique à la maternité aussi !"

La danseuse arqua un sourcil, intrigué, quand son interlocutrice lui avoua avoir un "karma pourri" en matière de maternité. Que voulait-elle dire par là ? Avait-elle eu des problèmes avec sa propre mère ou une expérience de maternité malheureuse ? Elles n'étaient pas suffisamment proches pour que Joséphine puisse se permettre de poser la question. Elle discutaient souvent aux Folies mais toujours de sujets plutôt superficiels. A bien réfléchir, Joséphine ignorait tout de la vie d'Isobel. Et elle mourrait d'envie d'en savoir plus.

"Un karma pourri ? Tu as été très méchante avec des enfants dans le passé c'est ça ? Tu as peur qu'il te le rende, avoue. commença-t-elle sur le ton de la plaisanterie. Ou tu parles plutôt de ta mère à toi ? Elle aurait été du genre à être recalée à l'examen elle aussi ?"

Et tant pis pour la réserve et la discrétion. Si Isobel n'avait pas envie de se confier elle pourrait toujours répondre par une plaisanterie, Joséphine ne lui en tiendrait pas rigueur, mais elle n'avait pas pu s'empêcher de poser la question, au cas où la jeune femme serait d'humeur bavarde. La curiosité avait toujours fait partie de ses défauts. Avec la gourmandise. Et son côté dépensier. Et quelques autres qu'elle ne préférait pas énumérer, pour le bien de son estime personnelle.



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- Bof, même à Poudlard... répondit Isobel en sirotant son jus. Chez nous, les collégiens et les lycéens sont habillés de manière normale et cela ne les empêche pas d'être de bons sorciers. Mais bon, apparemment, je n'ai pas le droit de critiquer l'école de sorcellerie d'ici, comme je n'y ai pas posé les pieds... ajoutant en levant les mains, comme pour se dédouaner.

D'ailleurs, elle n'avait pas été scolarisée aux États-Unis non plus - enfin si, dans l'école du Temple - mais elle ne le précisa pas. Elle remarqua même qu'elle avait utilisé le mot "normal" pour parler des vêtements moldus : elle connaissait deux ou trois collègues qui l'auraient reprise pour ce langage. Être habillé de manière traditionnelle n'était pas un vice selon eux et cette utilisation de la normalité poussait les jeunes générations à abandonner leur culture purement sorcière pour adopter celle des voisins... Isy trouvait cette analyse très anglaise. Chez eux, il n'y avait pas vraiment deux cultures différentes, elles étaient étroitement liées. Bon, les moldus ne croyaient pas aux sorciers mais la plupart des sorciers vivaient au milieu des moldus, sortaient en milieu moldu, s'habillaient pareil. La Nouvelle-Orléans en était un parfait exemple : ils avaient une culture complètement magique et pourtant, ils vivaient au cœur d'une grande ville moldue, avec seulement une seule cour qui leur était réservée et qui datait de l'époque de la séparation. Car oui, ils avaient été séparés à un moment, notamment sous l'influence coloniale anglaise et après les fâcheux événements des sorcières de Salem. Salem, qui d'ailleurs était l'une des seules villes entièrement magique de tout le pays (bien qu'elle ait son équivalent non-magique) : on pouvait y vivre sans jamais fréquenter le monde moldu. Dans les autres grandes villes, il n'y avait même pas forcément de quartiers magiques, c'étaient des lieux disséminés et cachés à la vue des moldus ou qui nécessitaient une baguette pour y rentrer. Ils ne vivaient pas en monde clos et il se murmurait que dans certaines sphères assez hautes, le secret magique était dilué depuis bien longtemps... Ici, même la dernière ville, la plus neuve, était intégralement magique : pas de moldus à Leopoldgrad ! Des boutiques nombreuses, en revanche, et c'était un progrès que Isy saluait.

- Un samedi après-midi alors, il y aura sûrement plus de monde mais je travaille le reste de la semaine, j'ai du mal à prendre des heures en ce moment.

Surtout tout un après-midi entier. Elle travaillait beaucoup ces derniers temps, pour s'occuper l'esprit et pour passer le moins de temps possible chez elle parce qu'elle n'y était pas tranquille. Madison était là, occupait son petit espace, alors qu'elle n'aurait pas dû rester plus de deux semaines. Elle avait ses affaires partout, parce qu'elle était bordélique et Isy ne pouvait même pas s'isoler dans sa chambre puisqu'il n'y avait pas de porte. En plus, elle fréquentait Abel et elle ne pouvait pas supporter leur stupide petite relation. Moins elle voyait donc Mad, qui la mettait en colère, mieux elle se portait. Le Ministère était un excellent échappatoire. Sortir pour discuter avec des copines à qui elle n'avait pas envie de lancer de sortilèges, également.

- C'est vrai ! J'étais une gamine super ingrate, tout le monde me le disait.

Pour sûr, elle n'avait pas vraiment rendu hommage à l'éducation de sa famille en disparaissant brusquement à l'âge de seize ans... Mais bon, elle n'était pas vraiment un exemple, elle avait été une adolescente plutôt caractérielle, elle voulait bien le reconnaître. Elle rit à l'idée de l'examen de futurs parents, songeant que ça, ça serait une bonne réforme de la famille. Il faudrait un permis pour avoir le droit de mettre un enfant au monde, ce qui était quand même, avouons-le, la partie la plus facile. Même sa mère avait réussi. Elle fronça le nez devant les épreuves proposées, à la fois amusée et un peu dégoûtée quand même. Beaucoup trop de choses à faire quand on avait un enfant, elle était contente d'y échapper ! Heureusement que Joséphine partageait son opinion, avec ses copines qui se rêvaient mamans, c'était plus compliqué. Jessica, par exemple, voulait en faire un dès qu'elle serait mariée et Isy ne comprenait pas cette envie de se gâcher la vie, mais bon, elle s'abstenait bien de lui dire... Elle perçut la curiosité de son interlocutrice au sujet de sa petite phrase concernant la maternité et elle hésita à parler. Jo était connue pour être une commère et Isobel aimait bien contrôler l'information - ou la répandre elle-même - aussi se méfiait-elle un peu. Mais après tout, elle avait envie de parler et elle pouvait bien lui demander de rester discrète. De toute manière, pas mal de personnes avaient des bribes de cette histoire et elle ne comptait pas rentrer dans les détails.

- J'ai bien un karma pourri, mais rien à voir avec des enfants ! répliqua-t-elle. Grâce à Abel, plutôt... Je pensais à ma mère qui, oui, aurait été recalée à l'examen. Je te passe les détails, tombée enceinte involontairement à dix-huit ans, l'avortement était autorisé depuis trois ans officiellement mais dans le sud des États-Unis, même maintenant, c'est pas facile d'y accéder... Puis de toute manière, mes grands-parents étaient très catholiques donc la question ne se posait même pas. Ça partait donc déjà mal, tu rajoutes à ça du chômage, de l'alcoolisme et une femme qui n'a jamais voulu être mère et bien... Le résultat n'est pas très glorieux. En fait, Sophie n'aurait même pas passé l'examen : si elle avait pu, sûrement qu'elle ne l'aurait pas gardée. Et à titre personnel, je pense que je ferai une très mauvaise mère, je suis bien trop égoïste et je n'ai pas de temps à perdre. Donc, contrairement à ma mère, je m'abstiens !

C'était bien mieux pour tout le monde.

- Et toi ? Ta mère faisait des gâteaux et ton déjeuner pour le midi ou elle aurait eu une mauvaise note à l'examen également ?

Elle était un peu curieuse elle aussi, songea-t-elle en remontant légèrement le tissu de son bas qui glissait sur sa jambe.


Isobel Lavespère
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- C'est vrai ? s'étonna Joséphine en entendant Isobel décrire l'enfant qu'elle avait été. Plutôt dans le genre ado rebelle ou petite peste ?

A l'adolescence, elle avait pu tomber un peu dans la seconde catégorie, elle le reconnaissait maintenant. Elle voulait tout, tout de suite, était exigeante, impatiente et capricieuse. Son père l'avait beaucoup trop gâtée et il avait fait d'elle une princesse un brin égocentrique. Elle n'avait jamais été méchante et sa bonne humeur naturelle avait compensé ces aspects plus négatifs de sa personnalité, mais elle avait clairement été une victime du syndrome de l'enfant pourrie-gâtée. Cela se trahissait encore parfois aujourd'hui, dans la façon qu'elle avait de toujours chercher l'attention des autres et dans sa paresse sans égal.

Elle se demandait si c'était quelque chose que les gens remarquaient. Est-ce que l'on pouvait encore voir en elle la petite-fille choyée qu'elle avait été ? Ce n'était surement pas la première idée qui venait à l'esprit des gens qu'elles rencontraient. Les petites-filles choyée ne finissaient pas danseuse de cabaret. On lui collait certainement une enfance malheureuse, des parents absents, un manque de cadre et d'affection. On avait vite-fait de s'imaginer la vie des autres quand on ne la connaissait pas. Elle-même se prêtait souvent à l'exercice, et d'ailleurs elle n'aurait jamais imaginé Isobel comme une enfant difficile. Face à sa carrière brillante, il était plus facile de se la représenter comme une élève modèle, qui serait devenue une étudiante impliquée puis une working-girl performante.

Aux yeux de Joséphine, Isobel était l'archétype de la personne qui avait réussi. Il ne lui manquait que le mari et le bébé pour être une citoyenne modèle, mais cela ne paraissait pas lui manquer, et la danseuse partageait son opinion sur la question. Leur désir de ne pas avoir d'enfants n'était d'ailleurs pas la seule chose que les deux jeunes femmes avaient en commun puisque cette décision semblait en partie venir de leurs expériences avec leurs propres mères. A la différence près qu'Isobel avait souffert de sa relation compliquée avec sa mère, tandis que Joséphine avait souffert de son manque de relation avec sa mère. A entendre le témoignage de la jeune femme, elle en serait presque venue à se réjouir de ne pas avoir connue sa propre mère.

- Hum...J'imagine le tableau...répondit-elle simplement en secouant la tête.

Des jeunes filles tombées enceintes trop tôt, elle en avait fréquentées quelques-unes. Les Folies était un cabaret trop exigeant pour recruter des adolescentes paumées, mais le Chaudron Rouge à Berlin en faisait sa spécialité. Elle-même avait été cette adolescente de dix-neuf ans complètement fauchée aux yeux de qui se frotter à de vieux riches un peu saouls contre quelques galions était apparu comme une bonne solution. Il y avait celles qui étaient tombées enceinte trop jeunes pour finir leurs études, qui se retrouvaient à la rue avec leur môme et qui prenaient tous les boulots qu'on leur proposait, et celles qui tombaient enceinte d'un client et qui le découvraient trop tard, ou n'arrivaient pas à prendre la bonne décision. Quoique, il n'y avait sûrement pas de bonne décision, chacune faisait ce qu'elle voulait, après tout. Et pour beaucoup de personne cette "bonne" solution n'était certainement pas l'avortement, mais ça l'était pour Joséphine. Elle n'avait jamais eu à se poser la question mais le jour où elle arriverait, la réponse était prète. Mais elle se réjouissait malgré tout que la mère d'Isobel n'ait pas eu ce choix, cela l'aurait privé d'une bonne copine !

- Si ça peut te rassurer, je ferais une très mauvaise mère aussi, répondit-elle avec un haussement d'épaule. Je n'ai pas la patience pour les enfants ! Ni le sens des responsabilité, ou de l'organisation, ou le capacité de faire passer les besoins d'une autre personne avant les siens. Entre autres.

Comme Joséphine aurait pu s'y attendre, Isobel lui retourna sa question à propos de sa mère. La danseuse aimait parler et raconter sa vie autant qu'elle détestait se confier sur sa famille, pour tout un tas de raison. Elle pouvait passer des heures à parler de la nouvelle coupe de cheveux de sa voisine du dessous ou de son cupcake préféré - le citron-framboise avec le sucre pailleté sur le dessus, du Paradis d'Eden- mais elle ne parlait que réellement de sujets plus sérieux.

Sa conversation avec Isobel sur la maternité était le niveau de conversation le plus intime qu'elle s'autorisait. C'était comme ça depuis l'arrestation de son père. Elle ne se confiait plus, elle ne parlait plus vraiment d'elle, de la vrai elle. Elle évoquait le quotidien, elle parlait de ses goûts, de ses dégoûts, de son métier, des autres -beaucoup des autres- du mauvais temps et des étranges coutumes anglaise. Elle laissait deviner plein de chose, sans jamais passer sous la surface. Et elle n'avait plus de véritables amis, depuis ce temps-là. Ce genre d'ami qui vous connait mieux que vous-même, qui sait qui vous êtes au plus profond de vous même quand vous essayez de lutter contre cette nature. Elle avait des tas de relations, des collègues, des bonnes copines, quelques flirts, mais plus d'amis.

- Aucune idée ! J'imagine qu'elle ne se serait pas donnée la peine de se présenter à l'examen. Elle haussa les épaules. Elle est partie quand j'étais bébé, je ne l'ai jamais connue. Mais ça ne m'a jamais trop manqué, mon père a joué les deux rôles ! ajouta-t-elle avec un rire nostalgique. Mais j'avoue que j'aurais bien aimé une maman pour faire des gâteaux ! J'ai un faible pour la pâtisserie ! Une addiction, pour être exacte. Tu as déjà été à Paris ? Il faut que tu gôutes les macarons de chez "L'Eternité", c'est un délice ! Elle en salivait rien que d'y penser, et son jus frais lui paraissait tout de suite moins alléchant. C'est encore meilleur que les cupcake du Paradis d'Eden ! Ce n'était pas peu dire.

La pâtisserie, voilà un sujet sur lequel elle était bien plus bavarde !



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Joséphine sembla s'étonner lorsque Isy lui confia qu'elle avait été une adolescente difficile. C'est vrai qu'en la voyant maintenant, ce n'était pas évident mais elle avant grandi, entre temps. Avec le recul, elle se disait seulement qu'elle n'avait pas eu de cadre, ce qui donnait jamais rien de bon. Sans vouloir faire de la psychologie de comptoir, c'était à l'adolescence qu'on testait les limites et elle n'en n'avait jamais eu de manière cohérente. Si sa grand-mère avait été là, stricte comme elle était, les choses auraient été bien différentes, Isobel en était persuadée. Mais elle était décédée lorsqu'elle n'était qu'une enfant, alors... Sa mère ne s'occupait pas d'elle et ses quelques regains d'autorités s'illustraient par les claques qu'elle lui mettait lorsque Isy s'était risquée à cacher l'alcool présent dans l'appartement, maigre espoir pour que Sophie arrête de boire. Ses tantes étaient surtout attentives à ce qu'elle pratique bien ses exercices de magie, ce qu'elle faisait et n'avaient pas vraiment le temps de gérer le reste. Son grand-père avait été déchu de ses droits et n'avait de toute manière jamais osé lever la voix sur elle, ou sur qui que ce soit donc... Pas un très bon mélange.

- Un subtil mélange des deux, répliqua Isy avec un sourire insolent.

Entre la petite peste malicieuse et l'adolescente en dérive. Des fois, c'était à se demander comment elle avait pu finir là où elle avait fini... Elle mettait cela sur le compte de ses ambitions, de son caractère et puis un peu sur celui des ancêtres, aussi, qui guidaient leurs descendants sur les bons chemins, ou à peu près. Mais elle ne s'appesantit pas vraiment sur le sujet auprès de Joséphine. Elle l'appréciait et voulait bien lui dire des choses comme cela, mais elle n'était pas désireuse de parler entièrement de son coven vaudou ou de tout ce qu'elle avait pu vivre dans sa vie. Elle gardait une distance de sécurité. Rares étaient d'ailleurs les personnes qui connaissaient sa vie, réellement. Roy, à peu près. Et encore, il était loin de tout savoir. Isy préférait conserver un épais jardin secret : il y avait des choses qui étaient mieux enterrées. Comme Abel, tiens, jusqu'à ce qu'il revienne en mode zombie harceleur. Elle avait l'impression que Joséphine partageait un peu sa philosophie, ni l'une ni l'autre ne s'étaient vraiment appesanties sur les détails de leurs vies. C'était un peu un pacte tacite, elles étaient deux bonnes copines, papotaient joyeusement mais respectaient les secrets de l'autre - et Merlin savait comme Jo était bavarde - ce qui était typiquement le genre de relation qui allait à Isobel.

- On devrait trinquer aux mauvaises mères que nous ferions, répondit Isy en riant et en soulevant son verre de smoothie.

Elle était une excellente maîtresse pour son chat, mais cela s'arrêtait là. Sorbier était très bien élevé, il ne faisait ses griffes que sur son griffoir et il ne chassait plus ses dossiers du Ministère comme lorsqu'il était chaton. En échange, Isobel le brossait tous les jours, ce qu'il adorait, et lui servait son lait du matin tiède pour que ce ne soit pas trop froid sur sa petite langue râpeuse. Une très bonne entente, en soi. Hypothétiquement, peut-être qu'elle aurait pu faire pareil avec un bébé mais on ne pouvait pas laisser le bébé seul à la maison un week-end avec une gamelle de croquettes pour partir en Andalousie... Trop encombrant, pas fait pour elle. En plus, si elle avait dû devenir mère - non merci mais hypothétiquement - il aurait fallu un père parce qu'elle ne se serait pas lancée dans le trip "mère célibataire" comme Sophie. Et pour avoir un père, il fallait une relation avec un homme et elle y était allergique, par principe (engagement, niaiserie, rendre des comptes à quelqu'un, bref, insupportable). Elle était très bien en maîtresse célibataire de son chat. C'aurait presque pu finir en "vieille fille à chat" mais elle avait trop de conquêtes pour cela, heureusement. Elle n'était pas Mildred Magpie, dieu merci.

Elle écouta avec intérêt Joséphine déclarer que sa mère ne se serait même pas présentée à l'examen maternel, parce qu'elle était partie lorsqu'elle était bébé. Ça, c'était quelque chose que Isy ne comprenait pas par contre. Sa mère ne l'avait pas voulue, Anne l'avait forcée à la garder puis s'était occupée d'elle, elle pouvait comprendre que Sophie n'ait pas été très maternelle. Mais comment pouvait-on décider de faire un enfant puis s'en aller en le laissant ? Il ne fallait pas en faire, dans ce cas. Enfin, se raisonna-t-elle, elle n'avait pas à juger les choix de cette femme qu'elle ne connaissait même pas. Peut-être qu'elle ne voulait pas d'enfants à la base et avait cédé par pression sociale ou face à son mari. Peut-être qu'elle en avait voulu puis ne s'était pas épanouie dans cette vie. C'était malheureux pour Joséphine mais il y avait sûrement une raison. Et comme elle le disait, elle avait été entourée par son père, qui avait fait du bon travail.

- Je n'ai pas connu mon père, moi, ça nous fait un point commun, lança-t-elle en souriant, haussant légèrement les épaules.

Même si son géniteur n'était sûrement pas parti après avoir appris sa naissance à venir : il ne devait même pas être au courant de son existence. Il avait juste couché avec une femme, un soir, et était retourné à sa vie. Les hommes avaient de la chance sur ce point, quand même, ils étaient tout à fait capables de vivre tranquillement après la naissance de leur enfant. Elle remarqua bien que Joséphine avait subtilement changé de sujet mais elle n'essaya pas de la rattraper : assez de confidences personnelles pour ce soir. Elle ne serait déjà pas ravie si tout le monde apprenait que sa mère était alcoolique et qu'elle venait d'une famille un peu étrange... Elle aimait bien garder cela pour elle et conserver son image de marque.

- Je suis allée à Paris, oui, une fois ! Une semaine environ, dans son tour d'Europe. C'était un peu un rêve, un rêve d'américaine - et de Louisianaise, après tout, elle descendait d'un français - et il fallait dire que c'était aussi joli que dans les films. Moins propre, par contre. Je note ton adresse, j'aimerais bien y retourner... Ce n'est pas loin en plus, il faudrait y faire un week-end. Tu pourrais me servir de guide, tu fais très parisienne, ajouta-t-elle avec un rire. C'était vrai : Joséphine Chevalier avait toutes les caractéristiques de la française, comme dans les plus grands clichés. Et bien tu sais quoi, je vais peut-être te décevoir, mais je ne suis pas fan des cupcakes de chez Eden, je les trouve trop sucrés ! Je connais une petite pâtisserie à Soho, elle ne paye pas de mine mais là... C'est le vrai cupcake en plus, ils sont magnifique. Puis bon, je préfère le lemon cake ou le cheesecake, on en mange plus dans le sud, les cupcakes, c'est nordiste ! Si un jour tu viens aux USA, je te fais goûter : la meilleure pâtisserie du monde, c'est en Alabama.

Oui, aux USA, il y avait de grandes disparités culturelles sur le plan des cupcakes, c'était bien connu.


Isobel Lavespère
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- Trinquons même aux mauvaises mères que nous ne serons pas ! renchérit Joséphine en levant son verre de smoothie.

Elle préférait trinquer au champagne, d'habitude, ou au vin blanc. Malheureusement elle était à peu près certaine que les cafétérias des salles de sport ne servaient pas ce genre de breuvage. Grave erreur marketing de leur part, de l'avis de la danseuse. Qui ne serait pas ravi d'être attendu avec un verre de chardonnay bien frais après sa séance de sport ? La prochaine fois qu'elle croiserait Kessy ou Kalamity elle leur ferait certainement part de cette idée !

- En additionnant nos des familles on aurait presque quelque chose de fonctionnel, répondit-elle avec un sourire las quand Isobel lui expliqua n'avoir jamais connu son père.

Elle se demandait quelles étaient les raisons de cette relation paternelle, ou plutôt de cette non-relation. Le père d'Isy était-il lui aussi parti quand elle était enfant ? Avait-il refait sa vie avec une autre femme ? Ce dont on ne pourrait le blâmer, à en croire le portrait de le mère d'Isobel dressé par cette dernière. Ou n'avait-il simplement jamais eu connaissance de ce lien de paternité ? Sa fille avait-elle cherché à le retrouver ? Avait-elle des informations à son sujet ?

Si elle n'avait pas craint d'embêter son amie avec tant de questions, Joséphine aurait probablement procédé à un véritable interrogatoire. Elle aimait beaucoup ce genre d'histoires familiales compliquées et pleines de secrets. Elle adorait discuter avec les personnes qui avaient de grands familles, il s'y passait toujours plein de choses. Contrairement à la plupart des gens, qui étaient rarement intéressés par le récit des vieilles querelles entre une grand-mère un peu sourde et un neveu radin, elle raffolait de ce genre d'histoires. Son goût pour les potins ne connaissait aucune limite.

- Il est parti quand tu étais enfant lui aussi ? demanda-t-elle simplement, réfrénant sa curiosité.

Aucune des deux sportives ne semblaient vouloir s'étendre sur son histoire familiale, et la conversation prit un ton plus léger alors qu'elles se mettaient à discuter pâtisserie. Elle avait faim rien qu'à parler de cupcakes ! Elle avait toujours eu un faible pour tout ce qui était sucré. Elle ne courrait pas après les biscuits apéritifs, la charcuterie et toutes ces choses beaucoup trop grasses, mais elle ne pouvait pas résister à un chou à la crème ! Chacun ses faiblesses. Heureusement pour elle, elle avait grandi dans le pays où on faisait les meilleures pâtisseries. Ce n'était toutefois pas l'opinion d'Isobel, qui soutenait que la meilleure pâtisserie du monde était en Alabama. Joséphine secoua négativement la tête.

- Impossible. Les meilleurs cupcakes peut-être, je vous laisse les spécialités américaines. Le meilleur cheesecake aussi peut-être, mais la meilleure pâtisserie est à Paris, affirma-t-elle avec conviction. Je t'emmènerai quand on ira en week-end ! C'est au coeur des grands magasins sorciers en plus, le cadre est magnifique ! Et les macarons sont délicieux ! Une véritable merveille !  

Elle n'avait pas réellement envie de retourner à Paris, pas tout de suite en tout cas, et certainement pas en compagnie d'Isobel. Quand elles étaient encore en Allemagne, sa soeur avait suggéré l'idée à plusieurs reprises. Irène disait que les gens avaient la mémoire courte, que plus personne ne se souviendrait des erreurs de leur père et qu'on  les aurait au pire oubliées et au mieux pardonnées. Pardonnées pour des fautes qu'elles n'avaient pas commises. Joséphine considérait qu'elle n'avait pas de pardon à recevoir, elle n'aurait jamais due être considérée coupable de quoi que ce soit. Elle avait profité de l'argent de son père, évidement, de l'argent qu'il avait acquis au détriment de familles entières laissées sans fortune, mais elle n'en savait rien.

A vrai dire, elle en voulait à tous ses anciens amis de l'avoir si brutalement rejetée quand la vérité avait éclaté. Du jour au lendemain, plus personne ne voulait être vu avec les filles de François Chevalier, elles étaient devenues des indésirables, des parasites qu'il fallait éliminer des hauts cercles au plus vite. Ça ils l'avaient été, rapides. Plus une lettre, plus un message, plus rien, elles étaient mortes aux yeux de la société le jour de l'arrestation de leur père. Joséphine n'avait plus aucun amis en France, personne ne l'attendait là-bas. Peut-être Isabelle, son ancienne gouvernante, toujours si gentille avec elle, mais personne d'autre. Elle n'avait plus rien à retrouver à Paris.

- Il faudra faire ça quand il fera beau, au printemps ! Paris sous la pluie ce n'est beau que dans les films moldus !

Rien ne l'empêchait de faire des plans qu'elle ne tiendrait pas. Isobel et elle étaient des femmes occupées, et leurs emplois du temps étaient plutôt opposés, il y avait peu de chance pour que ce week-end à Paris se concrétise un jour, mais c'était agréable d'y penser, de le planifier.



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