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 Dei sub numine viget [Sasha]

Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Dimanche 19 Décembre 2009 - Notting Hill

La période de Noël était revenue. D'habitude, cela ne faisait pas grand-chose à Isobel, elle avait depuis longtemps perdu l'habitude de s'occuper des fêtes de fin d'année. Cette fois-ci, c'était un peu différent : elle rentrerait à la Nouvelle-Orléans pour Noël, le Nouvel-An et son anniversaire afin de passer cette période là avec son grand-père, au moins lui. Elle appréhendait encore de revoir le reste de sa famille mais elle était très contente d'être avec André. Ces vacances à venir faisaient naître chez elle une certaine bonne humeur, une certaine excitation mêlée d'appréhension et elle avait hâte de prendre son Portoloin le vingt-trois décembre. Elle était certaine que quitter le pays lui ferait du bien, l'apaiserait un peu et lui changerait les idées. Depuis l'attentat, elle était très nerveuse, elle ne sortait plus vraiment, si ce n'est au Ministère depuis qu'elle avait repris le travail, il y quinze jours. Elle n'aimait pas dire qu'elle avait peur, parce qu'elle détestait cette idée mais elle était angoissée, elle n'était pas à l'aise avec l'idée de se retrouver dehors après tout ce qui s'était passé. Elle n'était toujours pas revenue à Leopoldgrad.

Elle avait passé dix jours entiers à Sainte-Mangouste mais avait toujours refusé le suivi psychomagique qu'on lui proposait, même pour quelques séances. Elle n'avait pas envie de parler à un obscur inconnu. Elle n'avait pas envie de parler tout court. Et puis pour raconter quoi ? Ce qui s'était passé ? La peur viscérale qu'elle avait ressenti, là-bas, en ayant l'impression qu'elle allait mourir ? Elle avait failli mourir. Elle s'était beaucoup répété cela dans son lit, le soir à l'hôpital, comme pour mesurer toute la portée de ces mots. Elle avait toujours dit qu'elle n'avait pas peur de la mort, parce qu'elle y baignait depuis qu'elle était jeune, c'était sa magie. Elle se rendait compte qu'elle s'était trompée. Elle croyait. Elle n'était plus sûre. Si elle était morte, à Leopoldgrad là-bas, comme les centaines de personnes qui y étaient passées, qu'est-ce cela aurait changé au monde, au final ? Jusque là, elle avait toujours eu l'impression qu'elle avait fait beaucoup de choses de sa vie. Mais si elle était effectivement morte, ce jour-là, qu'est-ce qui serait resté ? On l'aurait remplacée au travail, ce diplôme dont elle était si fière aurait fini à la poubelle. Elle vivait loin de sa famille depuis dix-sept ans, sa disparition n'aurait pas été un grand changement, ses amis américains vivaient loin, sans elle, depuis des années, Logan, lui, aurait dû – devait déjà – composer avec une perte bien plus grande. Elle aurait manqué à quelques personnes, à Roy, un temps, sûrement. Puis les gens auraient continué leur vie. Elle espérait quand même qu'un de ses amis aurait récupéré Sorbier. Elle ne voulait pas qu'il reste tout seul.

Le taxi pila brusquement, ce qui la fit sursauter. Le chauffeur adressa trois coups de klaxon furieux à la voiture rouge qui venait de lui couper la route et Isobel ferma les yeux, inspirant quelques gorgées d'air pour se calmer. Elle avait les mains qui tremblaient un peu. Elle s'affaissa contre le siège en tissu alors que le taxi reprenait sa route dans le centre de Londres. Oui, quitter le pays lui ferait du bien. Elle n'aurait pas cru le penser de nouveau un jour, mais rejoindre le Carré français lui ferait du bien. Là-bas, maintenant que sa famille n'était plus contre elle, elle y serait en sécurité. C'était leur ville. Leur quartier. En ces temps compliqués, où le moindre bruit sourd la faisait sursauter et où elle n'osait plus sortir dans le monde magique, elle trouvait du réconfort dans des choses abandonnées depuis des années : revoir son grand-père, revenir en Louisiane ou prier à l’église, ce qu'elle n'avait plus fait depuis qu'elle avait seize ans. Elle ne savait pas vraiment pourquoi. Peut-être parce que ces choses-là avaient quelque chose de stable, d'intemporel. Peut-être parce qu'ainsi, elle se sentait plus proche de sa grand-mère ou plus en sécurité, si elle était en règle avec ses croyances. Elle avait souvent laissé cela de côté, par culpabilité ou manque de temps. Ou parce qu'elle pensait qu'elle avait le temps.

Le taxi parvint à destination et Isobel sortit de ses pensées quand le chauffeur s'adressa à elle. Elle paya et descendit, refermant son manteau de laine blanche autour d'elle. Il fallait qu'elle arrête de penser à tout cela, songea-t-elle. Il fallait qu'elle se détende, qu'elle respire. Elle ressassait. Elle ne parvenait pas à dormir, elle écoutait la respiration lente de Madison sur le canapé, à quelques mètres, essayait de fixer la sienne sur celle de son amie mais son corps restait désespéramment éveillé, comme s'il avait peur de s'abandonner. Comme si quelque chose allait lui arriver, si elle se laissait aller. Sa main se posa machinalement sur son estomac, pour en chasser la douleur fantôme, alors qu'elle passait la porte d'un café à la mode, à Notting Hill. Elle avait repris le travail de manière assez tranquille, parce que son Médicomage avait menacé de continuer son arrêt de trois semaines si elle ne respectait pas les consignes de repos qui lui étaient encore fixées. L'intégralité du Ministère s'agitait autour des conséquences de l'attentat, la suite, ce qui était arrivé au Ministre, à son fils, à Griselda Marchebank, les nombreux morts... Isobel, elle, gardait une distance inquiète avec tout cela. Son supérieur, avec une délicatesse qui ne lui était pas coutume, n'avait rien dit de ce retrait et lui conférait des tâches anodines. Elle ne savait pas combien de temps cela durerait mais elle en profitait pour le moment. Elle ne se sentait pas prête pour le reste.

Si elle était ici en cette matinée d'hiver, alors que onze heures sonnaient, c'était un peu pour cela, des tâches légères. Sasha Benson rejoindrait sûrement leur service pour un stage cet été et Isobel avait à la fois des choses à voir avec elle et quelque chose à lui proposer. Elle avait préféré la voir en dehors du Ministère, même si ce n'était pas très usuel : elle se sentait oppressée entre les murs sombres en ce moment et même si elle était heureuse de reprendre le travail, de ne plus rester à tourner en rond chez elle, elle se sentait mieux dans le monde moldu. Le lieu était élégant, moderne, confortable et Isy l'aimait beaucoup. Elle s'installa à une table qui donnait sur une grande baie vitrée, plongeant son regard sur une petite cour pavée, son manteau reposant sur sa chaise. Elle avait volontairement choisi un coin un peu plus à l'écart pour pouvoir discuter sans être entendue des autres clients. Ici et là, des londoniennes bien habillées prenaient des photos de leur salade de kale pour leur blog, tandis que des hommes à la veste de bonne facture discutaient autour d'un café. Isobel se pencha pour ramasser son écharpe Denny&George qui avait glissée sur le sol et se redressa au moment où son invitée avançait vers sa table. Elle lui adressa un sourire, désigna d'un geste de la main la chaise en face d'elle.

- Bonjour Sasha, j'espère que tu as trouvé sans trop de difficultés ?

Elle savait que la jeune fille vivait à Londres, aussi s'était-elle permis de choisir un endroit en ville : elle avait la possibilité de prendre le métro, puisque que nous étions en période de vacances scolaires. Un brunch semblait être une bonne occasion pour discuter et surtout, Isobel essayait de reprendre quelques habitudes, comme avant l'attentat. Elle venait beaucoup ici, avant.

- Comment te portes-tu ? interrogea Isy en lui tendant un menu, joliment brodé. Commande tout ce que tu veux, ajouta-t-elle avec un léger sourire, je t'invite.

L'endroit était un peu cher pour un budget d'adolescente, voire cher tout court mais Isobel aimait trop ce genre de lieux pour y renoncer, songea-t-elle en regardant autour d'elle avant de promener ses yeux sur la carte. Elle hésitait, peut-être qu'elle prendrait des œufs brouillés à la violette, la spécialité du café, ou peut-être bien de l'avocado toast avec du prosciutto et de la ricotta di Buffala au miel, avec de la mousse mangue coco pour terminer, ou un cheese-cake à la rose, ou une tartelette sablée abricot-romarin... Devant la profusion de la carte, c'était difficile de se décider. Elle aurait bien pris un cocktail mimosa pour débuter mais devant une mineure, ce n'était peut-être pas l'idée du siècle. Tant pis, il y avait de toute manière plein de jus de fruits (bio, évidemment, les blogueuses n'étaient pas là pour rien).

- Je me disais qu'on pouvait se voir aujourd'hui pour parler de ton stage, commença-t-elle en levant le nez de la carte, mais aussi parce que j'ai quelque chose à te proposer.


Isobel Lavespère
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Un coup d’œil par la vitre du restaurant permit à Sasha de voir qu'Isobel venait d'arriver. Elle était très élégante, avec ses hauts talons, son manteau de laine blanche et son écharpe luxueuse. L'adolescente se sentit soudainement ridicule avec son banal bonnet beige et sa jupe T&T de la collection de l'hiver dernier. Elle s'était pourtant préparée avec soin, cherchant à avoir l'air élégante sans ressembler à une petite fille qui aurait volé les vêtements de sa mère. Elle avait opté pour une jupe en velours bleu marine et un chemisier blanc cassé à col rond. Sage et sobre. Elle espérait ne pas avoir fait de faux pas. Elle avait abandonné depuis quelques temps son traditionnel serre-tête, qui lui donnait des allures trop enfantines. L'adolescente replaça une mèche de cheveux derrières son oreille, lissa inutilement le dessus de son manteau, et poussa la porte du restaurant.

On se serait cru dans un décor de série TV. des meubles en bois clair, des serveurs au look branché, des jeunes filles apprêtées qui prenaient des photos de leurs assiettes. Tout le monde ici était à la pointe de la mode, et ils avaient tous l'air à l'aise, comme s'ils appartenaient pleinement à cet univers que la jeune femme découvrait à peine. C'était un monde qui lui plaisait déjà. Elles voulaient faire partie de ces gens, qui portaient des écharpes Denny&George et brunchaient le dimanche midi dans les cafés les plus tendance de la capitale. Elle était faite pour ça, elle le savait. Et elle comptait bien faire en sorte de le prouver ce midi. Elle s'approcha de la table de Miss Lavespère avec un sourire avenant et prit place sur la chaise en face d'elle.

"Bonjour, répondit-elle avec un sourire poli. Oui, très facilement. C'est très joli comme endroit."

Elle était un peu nerveuse, mais s'efforçait de la cacher. Le cadre était pourtant bien plus détendu que lors de leur première entrevue, et pourtant elle était un peu moins sûre d'elle. Peut-être parce que cette fois il ne s'agissait pas de discuter stratégie de communication mais d'aborder des sujets plus personnels comme son stage au Ministère, et son avenir. Et puis, lors de leur précédent rendez-vous au Ministère, les rôles étaient bien établis. Isobel était la chargée de communication et Sasha la pauvre victime dont il fallait vérifier le récit. Ici les choses étaient plus floues et la distance entre elles s'effaçait un peu. Sasha aurait voulu qu'elles puissent être amies. Si elle avait eu quelque de plus peut-être. Elle aurait voulu être une de ces jeunes femmes aux coiffures sublimes et à la manucure soignée, elle aurait voulu être une habituée de ce genre d'endroit, venir ici pour déjeuner avec ses collègues. Elle avait tellement hâte de grandir.

Sa mère lui disait souvent de profiter de son âge, qu'elle regretterait cette époque plus tard. Mais elle ne voyait pas vraiment les avantages qu'il pouvait y avoir à être une adolescente de quatorze ans. Isobel devait avoir une vie tellement plus intéressante que la sienne. Elle côtoyait le Ministre, devait connaitre plein de gens importants, elle avait des responsabilités, un métier fascinant ! Elle, elle avait du mal à s'intégrer à l'école et était désespérément amoureuse de son meilleur-ami. Que n'aurait-elle pas donné pour accélérer le temps d'au moins cinq petites années ?

"Très bien, merci, répondit-elle sagement avant de décider qu'étant donné le cadre, elle pouvait se montrer un peu moins formelle. C'est un premier week-end de vacances, ça ne peut qu'aller. Et vous ?"

Elle accepta le menu que Miss Lavespère lui tendait avec un sourire et parcouru rapidement des yeux la première page. Tout avait l'air très sophistiqué, et délicieux ! Elle sentit ses joues rosirent un peu quand son interlocutrice assura qu'elle l'invitait.

"Oh merci, c'est vraiment gentil ! Vous n'êtes pas obligée..."

Sa mère lui avait donné un peu d'argent pour le déjeuner. Mais pas assez pour payer un plat et un dessert, constata-t-elle en avisant les prix à droite de la page. L'ambiance des lieux comme celui-ci se payait, visiblement ! Les oeufs brouillés à la violette avaient l'air délicieux...

Sasha hocha la tête d'un air entendu quand Isobel expliqua qu'elles avaient à discuter de son stage -rien que d'en parler elle était déjà excitée- mais également d'autre chose. Voila qui attisait la curiosité de la jeune Serpentard. Elle hésita un instant mais se décida à interroger son interlocutrice tout de suite. Elle espérait que Miss Lavespère n'avait pas en tête de lui proposer une alternative à son stage, ou de lui suggérer d'attendre quelques années. Elle se faisait déjà une joie de cette expérience et, pour une fois, elle attendait l'été avec autant d'impatience que ses camarades.

"Je vous écoute, assura-t-elle avec un sourire d'excitation. Qu'est-ce que vous vouliez me proposer ?"



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« C’est agréable, oui » confirma Isobel en regardant autour d’elle lorsque Sasha complimenta le lieu.

Elle aimait la vie londonienne, il y avait dans cette ville un charme très particulier, définir à définir. Elle aimait New-York aussi, parce que c’était une ville qui l’avait toujours attirée lorsqu’elle était jeune, mais Londres, et bien, ne se défendait pas mal. Elle y avait pris ses habitudes au fil du temps et elle n’avait pas finir de découvrir l’endroit. Elle avait lu cette citation, une fois, « Celui qui est lassé de Londres, l’est de la vie » et elle l’aimait bien, elle l’avait notée quelque part. La vie en Europe lui rappelait un peu l’ambiance de la Louisiane en réalité, sûrement parce que l’Etat avait longtemps appartenu au Vieux Continent et c’était inconsciemment, il y avait peut-être de cela dans son attachement pour son pays d’adoption, attachement qu’elle relativisait évidemment à qui voulait bien l’entendre.

Elle observa Sasha s’installer face à elle, constatant qu’elle s’était bien habillée pour ce déjeuner et cela la fit sourire. Elle ne se moquait pas, bien au contraire, elle trouvait l’adolescente très intéressante, pour son âge. Elle ne fréquentait pas des adolescents de quatorze ans au quotidien, mais de mémoire, ils n’étaient pas tous aussi sérieux. C’était sûrement son ambition qui parlait, c’était quelque chose de palpable dans son aura, sûrement son plus grand guide et Isobel pouvait comprendre cela même si, au même âge, elle n’était pas du tout au niveau de Sasha qui semblait indépendante et déjà sûre de son avenir. Autonome, Isy l’avait été aussi mais dans un autre style, un peu sauvage / rebelle / allergique à l’autorité et surtout, habituée très jeune à gérer les nombreuses bêtises de sa mère. Mais si, à l’âge de Sasha, elle avait déjà su ce qu’elle voulait faire de sa vie, elle aurait apprécié d’avoir un soutien. Ce n’était pas parce qu’elle était jeune que son projet n’était sérieux ou qu’elle ne réussirait pas. L’âge était souvent un piètre indicateur des qualités d’une personne, il y avait des gens à la trentaine qui restaient très immatures. Elle supposait que tous les problèmes par lesquels la jeune fille était passée - et si on en croyait son dossier au Ministère, il y en avait eu plein - avaient été très formateurs.

« Disons que j’attends mon premier week-end de vacances », répondit Isobel avec cordialité à la question de Sasha.

Elle aimait son travail mais avait désespérément besoin d’air et de s’éloigner d’ici après l’attentat. Evidemment, c’était des détails qu’elle ne comptait pas partager avec la jeune fille, c’était sa vie privée et le fait qu’elle ait été blessée dans l’attentat de Leopoldgrad ne regardait qu’elle, éventuellement ses amis, ses collègues en raison de son absence et c’est tout. Elle n’avait pas besoin de ce regard plein de pitié ou de commisération que les gens posaient sur les victimes. Surtout lors d’un rendez-vous professionnel. Et puis , sur un plan plus personnel, elle sentait bien qu’elle impressionnait un peu Sasha, qu’elle l’admirait un peu et il fallait avouer que ce n’était pas désagréable, elle qui avait souvent admiré les gens alors qu’elle était jeune était plutôt contente d’en être arrivée au stade inverse.

« Ca me fait plaisir » assura-t-elle avec un léger geste de la main au sujet de l’addition. Elle n’allait quand même pas faire dépenser tout son argent de poche à Sasha alors que c’est elle qui avait choisi de l’inviter dans un endroit plutôt onéreux. « Le cadre est plus chaleureux qu’au Ministère, je me suis dis que nous pourrions discuter plus tranquillement. »

Et la cafétéria du Ministère ne servait pas d’oeufs brouillés à la violette, songea-t-elle en se décidant sur sa commande. Avec un jus d’orange et des pancakes à la farine de gruau. Elle reposa son menu sur la table et avisa le sourire impatient de la jeune fille en face d’elle alors qu’elle annonçait qu’elle voulait lui parler de quelque chose. Ménageant son petit effet et un peu de suspens, elle eut un sourire un peu mystérieux.

« As-tu déjà entendu parler de l’Université de Salem ? »

Elle imaginait que oui, l’établissement jouissait d’une certaine réputation tout comme les grandes facultés américaines. 

« Il se trouve que j’en suis diplômée, en Sciences de l’Information et de la Communication, spécialité Sciences Politiques. Comme j’y ai passé quelques années, je sais qu’il existe un programme qui pourrait t’intéresser… Il ne s’agit évidemment pas d’études supérieures, tu es trop jeune encore, mais de quelque chose de plus immédiat. »

Elle se pencha légèrement pour saisir son sac afin d’en sortir une brochure qu’elle déposa sur la table, sans la tendre à Sasha pour le moment.

« En Juillet et en Août, l’Université organise deux sessions de cours d’été de trois semaines. Ils sont ouverts aux sorciers de premier cycle afin de découvrir l’établissement, les cours proposés et surtout, afin de se cultiver durant trois semaines. Les cours sont assurés par des véritables chargés d’études de la fac et les jeunes sont encadrés par des étudiants volontaires. »

Et rémunérés. Elle avait fait cela deux étés de suite afin de continuer à travailler même pendant les congés d’été : elle en avait besoin pour vivre et financer la suite de ses études.

« Il s’agit d’un programme international, conditionné évidemment au fait de parler anglais - ce qui n’est pas un problème pour toi - et d’avoir un excellent dossier. Je ne sais pas si cela pourrait t’intéresser mais… »

Elle fit glisser la brochure sobre vers Sasha. Il y avait des photos animées des beaux bâtiments de l’Université, avec des étudiants souriants qui travaillaient sur les pelouses, et le programme était financé en détails.

« C’est véritablement un programme passionnant. Tu rencontres des sorciers du monde entier en plus de sorciers américains, tu passes trois semaines sur le campus, nourrie et logée. Il ne s’agit même pas d’avoir des cours toute la journée, il s’agit plutôt de séminaires de découverte ou d’approfondissement, que tu choisis en fonction de ton niveau scolaire. » Elle tapota un tableau à la deuxième page. « Il y a évidemment de la magie, comme « Initiation aux potions alchimiques » mais aussi des séminaires plus généraux, comme « Histoire de la répression de la sorcellerie » ou bien, peut-être plus intéressant pour toi « Initiation aux sciences politiques et au droit ». De plus, beaucoup de sorties culturelles sont organisées, une visite des lieux importants du pays. Lorsque j’avais encadré, nous avions notamment visité New-York, une colonie de Yétis en Alaska, une réserve de sorciers amérindiens et San Francisco, de mémoire. »

À encadrer, ce n’était pas très drôle mais le programme restait véritablement passionnant pour tous les participants et ils en ressortaient souvent ravis, désireux de revenir l’année d’après. C’était intéressant pour l’Université car cela leur permettait d’attirer un public étranger qui pourrait éventuellement s’inscrire ensuite au moment de ses études supérieures. Puisqu’il y avait plusieurs facs aux Etats-Unis, tout comme plusieurs lycées, collèges et écoles magiques, chacun rivalisait pour attirer du monde. Tous les pays magiques ne possédant pas de lieu dédiés aux études supérieures, Salem - et Salisbury - capitalisaient aussi sur cela.

« De plus, c’est un point très original sur un CV de jeune anglais et une très bonne occasion de lier un réseau et de se démarquer : beaucoup d’élèves fréquentant ce programme sont généreux désireux de faire une carrière importante. »

Il fallait avoir envie de sacrifier la moitié de ses vacances scolaires pour suivre des cours, tous les adolescents n’en n’avaient pas envie.

« En me rappelant de ce programme, j’ai tout de suite pensé à toi. Je pense que cela correspond parfaitement à ton profil, ce serait une excellente opportunité pour toi. »


Isobel Lavespère
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Sasha BensonQuatrième annéeavatar
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Sasha hocha la tête avec intérêt, bien sûr qu'elle connaissait l'université de Salem. C'était une des universités les plus réputées du monde magique, qui avait un programme très intéressant en sciences politiques. La jeune fille n'était pas encore complètement décidée sur ce qu'elle voulait faire immédiatement à sa sortie de l'école, mais si elle devait faire des études supérieures, Salem ferait définitivement partie de ses objectifs. D'un côté, elle avait conscience de la plus-value que pouvait lui apporter un diplôme d'université, de l'autre elle était impatiente de se lancer dans la vie active. Terminer ses sept années d'étude à Poudlard lui semblait déjà tellement long ! Aurait-elle le courage de s'infliger deux à trois années d'études supplémentaires ? Après tout, la plupart des hommes politiques avaient uniquement leurs ASPIC, en Angleterre du moins. Elle n'était pas contre l'idée de commencer au bas de l'échelle et de gravir les échelons petit à petit, mais elle devait bien avouer que l'idée de pouvoir griller les premières étapes en agitant un diplôme prestigieux était tout aussi séduisante. Apprendre qu'Isobel était diplômée de l'université de Salem la poussait plutôt vers cette deuxième option.

L'adolescente avait beau être certaine de savoir ce qu'elle voulait faire plus tard, sur le long terme, elle n'avait pas encore décidé du chemin précis qu'elle souhaitait emprunter pour atteindre son objectif. Elle avait encore un peu de temps pour ça, et attendait avec impatience les entretiens d'orientation qu'ils auraient l'année prochaine, espérant qu'ils lui seraient utiles. Sasha se retint de se pencher en avant pour essayer d'apercevoir le contenu de la brochure que la jeune femme venait de poser sur la table. Ses yeux s'étaient mis à briller d'intérêt dès qu'il avait été question du programme d'été de l'université. C'était exactement le genre de vacances dont elle rêvait, loin de sa mère, entourée de gens qui partageaient ses centres d'intérêts, dans un cadre prestigieux.

L'adolescente attrapa la brochure qui avait glissé vers elle et la parcourut rapidement des yeux. Tout cela lui faisait terriblement envie, c'était presque trop beau pour exister ! Elle n'était pas malheureuse à Poudlard, loin de là. Elle avait beau ne pas faire partie des élèves les plus populaires, elle n'était pas non plus maltraitée par ses camarades et faisait simplement son chemin dans l'indifférence générale. Elle avait souvent le sentiment de ne pas avoir grand chose en commun avec la majorité de sa promotion. Ils n'avaient pas les mêmes aspirations, pas les mêmes envies, pas les mêmes centres d'intérêts. Elle avait beau être une excellente élève, elle ne se sentait pas toujours à sa place dans l'enceinte de l'école, et parfois un peu seule. Peut-être se faisait-elle des illusions, mais elle avait le sentiment qu'elle s'intégrerait plus facilement au sein de ce programme d'été, entourée de gens qui, comme elle, était là par ambition et par soif d'apprendre.

Trois semaines sur le campus, nourrie et logée. Des sorties culturelles. L'opportunité de se créer un réseau. C'était parfait, elle n'aurait pas pu rêver mieux. Mais à mesure qu'isole vantait les mérites du programme, Sasha sentait une inquiétude grandir dans un coin de son esprit. Un programme si riche avait forcément un prix. Et un prix que sa mère n'avait certainement pas les moyens de payer. Elle sentit son ventre se nouer, devinant la déception qui serait la sienne quand elle apprendrait que tout ça était bien au delà de ses moyens.

"C'est vraiment très gentil d'avoir pensé à moi, merci beaucoup, commença-t-elle avec un sourire sincère, un regard plein d'envie encore posé sur les images de la brochure. Ca doit être un programme exceptionnel, et j'imagine que les enseignements sont passionnants mais...J'ai peur qu'il soit un peu trop cher pour moi..." avoua-t-elle en baissant les yeux.

C'était injuste. Elle méritait de pouvoir participer à ce genre de chose, elle travaillait dur pour avoir le meilleur dossier possible, mais elle n'avait pas suffisamment d'argent. Ou du moins cet argent était bloqué sur son compte jusqu'à sa majorité. Elle ne toucherait les 1500 gallions pour l'arrestation d'Ana Sorden que lorsqu'elle aurait dix-sept ans. C'était complètement idiot. C'était maintenant qu'elle en avait besoin ! Que croyaient-ils donc au fond de leur banque ? Qu'elle allait acheter 1500 gallions de sucreries ? Elle était assez mature pour gérer son argent, merci bien ! Et elle en avait besoin pour financer son éducation. Mais parce qu'elle était encore une "enfant", elle ne pouvait pas y toucher. C'était révoltant. S'efforçant de ne rien laisser paraitre de sa frustration, Sasha adressa un sourire contrit à son interlocutrice.

"Peut-être dans quelques années, si j'économise. Il faudrait qu'elle économise l'argent d'environ quarante-deux noël et autant d'anniversaires, mais l'espoir était permis. Est-ce qu'il existe un système de bourse ? Auquel cas elle n'aurait besoin que de vingt-quatre noël. Elle était prête à redoubler d'effort pour décrocher une bourse l'année prochaine s'il le fallait. Vous permettez que je garde la brochure ?" A défaut de pouvoir suivre le programme elle pourrait se renseigner sur le sujet et se plonger dans la lecture du programme des différents séminaires.



Isobel LavespèreChargée de communicationavatar
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Isobel sut devant le regard de Sasha qu'elle avait bien fait de lui proposer ce programme. La jeune collégienne avait vraiment le profil parfait pour ce genre de choses : elle était ambitieuse, intelligente et travailleuse. En somme, le genre d'élèves recherchés par Salem. Cette université ouvrait des portes, elle était bien placée pour le savoir, c'est ainsi qu'elle avait pu entrer au Ministère sans être passée par Poudlard ou même par le lycée. Elle rentrait dans la case de "l'éducation à la maison" et cela était souvent mal vu par la société. C'était son diplôme, la plus grande fierté de sa vie, qui lui avait permis de satisfaire ses ambitions. Elle n'avait même pas commencé comme attachée de presse au sein du Ministère, elle avait été directement chargée de communication. Elle savait très bien que l'Angleterre n'avait pas une franche culture des études supérieures, l'échec de l'université du MIM en était la preuve vivante. Ici, l'apprentissage était roi, les jeunes sorciers passaient par Poudlard et entraient ensuite directement dans le monde du travail. Néanmoins, elle restait persuadée que c'était justement ce qui pouvait faire la différence : en ayant un diplôme de fac, on avait soudainement un dossier très différent des autres. Sans ça, jamais elle ne serait rentrée au Ministère, même avec ses quelques expériences professionnelles.

Néanmoins, Sasha, en face d'elle, ne semblait pas faire preuve de l'enthousiasme qu'on aurait pu attendre, surtout venant d'une jeune fille comme elle. Elle gardait les yeux baissés sur la brochure, alors qu'elle affirmait qu'elle était reconnaissante. La raison fut vite donnée et Isobel comprit tout de suite la portée du problème. L'argent, forcément. Effectivement, le programme était très cher, d'abord parce que l'université avait des honoraires de scolarité exorbitants - elle finissait à peine de payer son prêt étudiant et elle avait été boursière - et ensuite parce que les élèves étaient nourris et blanchis, sans compter les sorties. Au final, les prix montaient vite et comme souvent, aux États-Unis, les familles les plus riches étaient privilégiées. En arrivant à Salem, elle avait découvert un autre monde. Alors il y avait certes des gens comme Jessica ou Jack qui étaient issus de famille à peu près normales, de la classe moyenne, qui avaient économisé pour envoyer leurs enfants à l'université mais il y avait également des gens comme Logan ou Madison qui étaient issus de familles très riches ou aisées. Et des gens comme ça, elle en avait rencontré plein. C'est juste qu'elle ne venait pas de ce milieu à, elle, pas du tout. Et Sasha non plus, visiblement. Elle ne pouvait que trop comprendre sa déception et sa frustration devant cela : elle était passée par là avant elle.

Isobel n'était pas quelqu'un de foncièrement empathique, plutôt le contraire la plupart du temps. Face à Sasha, elle avait l'impression de se retrouver un peu au même âge, avec des ambitions sans avoir les moyens de les satisfaire véritablement. Évidemment, les choses étaient différentes : Sasha suivait déjà une scolarité normale ce qui n'avait pas été son cas. Mais elle trouvait des similarités dans leurs parcours, elle connaissait son dossier : un père qui ignorait qu'elles existaient - et encore, elle-même avait eu la chance de ne pas le connaître -  une relation maternelle compliquée, l'envie d'aller plus loin et sûrement l'impression de ne jamais être vraiment à sa place. Face à cela, elle n'avait qu'une envie : l'aider comme elle aurait aimé qu'on l'aide au même âge. Paradoxalement - et c'était douloureux de le reconnaître maintenant - c'était Abel, pour elle, qui l'avait poussée dans la direction des études, inconsciemment sûrement, en lui donnant ses cours à lui en échange des cours de vaudou et ensuite, en partant pour l'université. Elle avait réussi son diplôme du secondaire grâce à lui, des années après. Pour éviter que Sasha ne se retrouve avec des problèmes d'ex-meilleur ami dans vingt ans, elle voulait bien donner de sa personne. Et aussi parce que cela serait du gâchis qu'elle passe à côté de cela pour une histoire d'argent, il y avait des recours.

- Oui, il existe un système de bourses. Les demandes ne seront clôturées qu'en mars donc tu as parfaitement le temps de monter un dossier. Il y a plusieurs critères, les revenus parentaux - mais puisque ta mère t'élève seule, cela devrait aider - mais surtout le dossier scolaire et je pense que tu as tes chances de ce côté-là. Il te faudrait également des lettres de recommandation professorale. Il y a un certain népotisme à Salem donc des recommandations d'anciens élèves sont toujours un plus.

Elle fut interrompue par le serveur qui venait prendre leur commandes et Isobel lui adressa un sourire en demandant ses œufs à la violette, ses pancakes et son jus frais. Elle laissa Sasha faire de même et attendit qu'il s'éloigne avant de reprendre la parole : il ne fallait pas oublier qu'elles étaient au milieu des moldus.

- Écoute, Sasha, je ne prétend pas te connaître mais je suis certaine que tu as ta place dans ce genre de programmes. Si tu es vraiment motivée et que tu en as vraiment envie, je pourrais t'aider à trouver des solutions. Je peux t'aider à monter le dossier, je suis prête à te faire une lettre de recommandation, je peux également demander à quelques amis. Nous pouvons rédiger ensemble ta demande de bourse. Je peux même t'aider à parler à ta mère si tu le souhaites.

Elle hésita quelques secondes avant de se livrer, redressant machinalement la fourchette devant elle qui avait tourné.

- Tu sais, je viens d'un milieu populaire, très peu porté sur les études. Au final, cela ne m'a pas empêchée d'arriver là où je suis arrivée. Si tu es déterminée, tu peux faire que les choses arrivent. Et je sais que tu as beaucoup de volonté.

Elle le lisait dans son aura, elle était une jeune fille très forte, de manière assez étonnante pour son âge.

- N'as-tu pas touché quelque chose pour l'arrestation d'Ana Sorden, d'ailleurs ? Cela pourrait t'aider.


Isobel Lavespère
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Sasha retrouva un peu d'espoir et redoubla d'attention quand Miss Lavespère lui expliqua le système de bourse. La jeune fille hochait régulièrement la tête, notant dans un coin de son esprit chacun des critères d'attribution. Elle voulait mettre toutes les chances de son côté et avoir un dossier aussi complet que possible. Elle irait frapper à la porte de son directeur de maison dès la rentrée pour lui demander une lettre de recommandations. Elle faisait partie des meilleures élèves de sa promotion, il accepterait certainement. Elle était prête à le supplier s'il le fallait ! Mais quelque chose lui disait que le Professeur Forbes ne serait pas le plus difficile à convaincre qu'elle avait sa place dans ce genre de programme. C'était plutôt de sa mère qu'elle devait s'inquiéter.

"Je pourrais demander à mon directeur de maison pour la lettre, suggéra-t-elle avec un sourire qui avait retrouvé un peu d'envie. Il faudra aussi que j'en parle à ma mère..." soupira-t-elle.

Celle-ci n'était déjà pas très emballée par l'idée que Sasha fasse un stage au Ministère, elle la trouvait trop jeune. Elle disait qu'elle s'ennuierait, qu'elle ne ferait rien d'intéressant et qu'elle devrait plutôt profiter de ses vacances pour se reposer. Mais Sasha n'avait ni besoin ni envie de se reposer, elle voulait apprendre, elle voulait voyager, elle voulait préparer son avenir et se créer un réseau. Sa mère ne la comprenait pas, elle n'avait jamais eu la moindre ambition de toute façon, et Sasha avait parfois l'impression que sa mère lui mettait volontairement des bâtons dans les roues, comme si elle n'avait pas envie de la voir réussir...Parfois Sasha la détestait pour ça.

Les deux sorcières furent interrompues par le serveur qui venait prendre leur commande. Sasha imita Isobel et commanda des oeufs à la violette, un cheesecake au citron, et un jus de fruits frais. L'adolescente regarda le serveur s'éloigner en réfléchissant aux arguments qu'elle allait devoir déployer pour convaincre sa mère de la laisser tenter sa chance à Salem, en plus du stage au Ministère. Ce ne serait pas une discussion facile, elle en était fatiguée d'avance, mais sa força à sourire à son interlocutrice qui n'y était pour rien.

Cette dernière redoubla d'ailleurs de gentillesse et lui proposa de l'aider à monter son dossier et même de lui écrire une lettre de recommandations. Sasha avait du mal à croire à sa chance. Une part d'elle était à deux doigts de sauter de joie et se voyait déjà à Salem cet été, mais une autre partie d'elle restait méfiante et refusait de s'emballer trop rapidement. On lui avait fait beaucoup de promesses et elle avait déjà connu beaucoup de mentors, mais tous l'avaient déçue. Swann devait faire d'elle une vraie mannequin, Ana devait faire d'elle une puissante sorcière, et rien de tout ça n'était arrivé. L'expérience lui avait appris à rester sur ses gardes et à ne pas se réjouir trop vite. Et elle n'avait rien fait qui justifie que Miss Lavespère soit si gentille avec elle. Se pouvait-il qu'elle ait simplement envie de l'aider, sans aucune attente en retour ?

"C'est vraiment très gentil, merci beaucoup ! répondit-elle avec un sourire sincère. Elle était tellement submergée par tant de gentillesse qu'elle était un peu mal à l'aise. Mais vous n'êtes pas obligée, je...Je ne veux pas vous prendre trop de votre temps..."

Une chargée de communication du Ministère de la Magie devait certainement avoir mieux à faire que de s'occuper de dossier de demande de bourse d'une adolescente de quinze ans. Sasha crut comprendre un peu plus les motivations de la jeune femme lorsque celle-ci lui expliqua, après un instant d'hésitation qui n'avait pas échappé à l'adolescente, qu'elle venait d'un milieu populaire, peu porté sur les études, et que cela ne l'avait pas empêché d'arriver là où elle en était aujourd'hui. C'était rassurant d'apprendre que tous les employés bien placés du Ministère ne venaient pas de grandes familles sorcières ou de milieux favorisés.

"Est-ce que...Quelqu'un vous a poussé à suivre cette voie, vous aussi ?" s'enquit-elle, espérant ne pas être trop indiscrète.

Imaginer qu'Isobel ait pu se trouver à sa place un jour l'aidait à mieux comprendre les motivations qui étaient peut-être celles de la jeune femme, et renforçait son admiration pour elle. Elle rêvait d'avoir un parcours semblable au sien. Et elle avait envie de la croire quand Isobel affirmait que si elle en avait la volonté, elle pouvait y arriver. A condition d'avoir les moyens financiers aussi... Sasha retint un soupir quand son interlocutrice évoqua l'argent qu'elle avait gagné pour le meurtre -pardon, "l'arrestation", d'Ana Sorden.

Elle ne répondit pas immédiatement, avisant le serveur qui leur apportait leurs jus et leurs oeufs à la violette. Elle le remercia d'un sourire et attendit qu'il s'éloigne pour reprendre la conversation, sa colère à l'encontre de son banquier un peu apaisé par la douce odeur qui se dégageait de son assiette.

"Mille cinq cents gallions...répondit-elle à voix basse. Elle n'avait jamais eu autant d'argent et avait parfois du mal à réaliser qu'une telle somme lui appartenait, surtout parce qu'elle n'avait pas le droit d'en dépenser une seule noise... Mais tout est bloqué jusqu'à ma majorité, ajouta-t-elle avec un soupir de découragement. Au moins je profiterai des intérêts !" Il fallait bien voir le bon côté des choses.



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Isobel perçut un peu de découragement dans la voix de Sasha à la mention de sa mère. Visiblement, leurs relations étaient loin d'être simples, ce n'était pas la première fois qu'elle la mentionnait. C'était sûrement le lot de toutes les adolescentes, d'avoir un problème avec leurs mères. De ce qu'elle percevait dans le discours de la jeune fille, Mrs Benson semblait trop présente, trop envahissante dans la vie sa fille. Elle trouvait sûrement cela pénible mais Isy pensait que c'était rassurant. Il valait mieux une mère trop présente, de son avis, qui avait à cœur le bien-être de sa fille, plutôt qu'une mère absente, qui se fichait de tout. Néanmoins, elle comprenait que Sasha n'ait pas envie que cette dernière se mette en travers de ses ambitions scolaires et professionnelles, aussi tût-elle ses analyses.

- Elle peut toujours me contacter si elle a des questions, tu peux lui donner ma carte si tu l'as encore. On pourrait éventuellement organiser une rencontre.

Elle pensait sincèrement que ce programme pourrait aider la jeune fille, aussi pouvait-elle donner un peu de son temps pour qu'elle puisse y accéder. Un déjeuner avec Mrs Benson serait sûrement rassurant pour cette dernière et ne serait pas très chronophage. Sasha semblait touchée par son investissement, elle le vit, et Isobel haussa légèrement les épaules pour le minimiser. Ce n'était pas grand-chose, en soi, quelques heures de son temps : elle avait moins de travail en ce moment et même à l'avenir, elle pourrait toujours dégager quelques déjeuners. Que Sasha ne puisse pas faire ce programme, qui lui correspondait parfaitement, simplement parce qu'elle n'était pas accompagnée serait du gâchis. Elle-même, à une époque, en aurait bien eu besoin, quand elle faisait son dossier pour l'université ou préparait ses examens d'entrée, par exemple, ou bien en cherchant ses stages : c'était bien plus facile d'en trouver un quand on s'appelait Logan Vargas ou Madison Montgomery. Elle avait envie d'aider Sasha, cela lui faisait plaisir. Et puis, elle y trouverait peut-être un peu d'équilibre de karma, aussi, cela serait un plus. Elle avait pris de nouvelles résolutions, après tout, elle s'y tiendrait. Quand la jeune fille lui demanda si quelqu'un l'avait poussée dans la voie des études, elle hésita quelques secondes à répondre. Cela aurait pu être anodin comme question, mais c'était un peu intime de par son histoire personnelle : c'était Abel, encore et toujours. Elle choisit d'en livrer une version édulcorée.

- Mon meilleur ami de l'époque, quand j'avais ton âge, était un peu plus âgé que moi et menait de très bonnes études : il allait dans un excellent lycée et il a fini par aller à la fac. Je l'admirais pour cela. J'ai voulu suivre ses pas, même quand on a perdu contact, donc je suppose qu'on peut dire qu'il m'a un peu poussée.

Il avait été son modèle, longtemps, et même alors qu'ils ne se parlaient plus, parce qu'elle avait fui, elle avait essayé de faire qu'il soit fier d'elle. Quand on voyait le résultat... Il n'avait aucune fierté pour elle : au contraire, du mépris et la volonté de la blesser. C'était douloureux de penser à tout cela, elle eut l'impression que son cœur s'écrasait dans sa poitrine. Sa blessure au ventre la lançait un peu. Elle releva les yeux vers le serveur qui leur apportait leurs plats et s'empressa de boire une gorgée de son jus dès qu'il fut parti, pour noyer le goût amer dans sa bouche. Elle aurait dû prendre un mimosa, définitivement.

- Mais dans l'ensemble, j'ai fais ça toute seule. Pour avancer, tu n'as vraiment besoin que de toi-même, crois-moi. Les autres peuvent t'aider mais c'est un plus. La seule personne au monde qui mettra toujours tes intérêts en premier... et bien c'est toi.

C'était peut-être un conseil un peu cynique à délivrer à une adolescente mais Isobel le croyait fermement. On était toujours un peu seul. Évidemment qu'on pouvait être aidé, poussé, entouré mais il ne fallait pas se reposer sur cela car au final, on était tout seul. Elle l'avait découvert, elle continuait de le découvrir. Elle n'était pas entièrement misanthrope, elle croyait en l'amitié, elle y croyait vraiment. Cela n'empêchait pas d'être lucide, néanmoins : se reposer sur les autres, c'était prendre le risque de tomber. On ne pouvait pas être abandonné par soi-même. Elle s'était débrouillée seule dès qu'elle avait quitté la Nouvelle-Orléans et elle avait fait son parcours toute seule. Elle n'avait eu besoin de personne. Elle ne fournit pas ces détails trop personnel à Sasha, reprenant le fil de la conversation en mélangeant doucement ses œufs brouillés à la violette. Il s'avérait en réalité que la jeune fille avait de l'argent de côté mais inaccessible... Ça, c'était problématique.

- C'est vrai, admit-elle avec un sourire amusé quand elle lança qu'elle profiterait des intérêts. Mais ça serait dommage de pâtir d'un manque d'argent pour ce genre de projets alors que tu as des gallions de côté. Est-ce que tu as un avocat ? Tu pourrais en parler à ton banquier, il y a peut-être une procédure pour que ces fonds ne soient pas vraiment débloqués mais puissent servir à financer ce projet pour ta scolarité. Surtout si tu décroches en plus une bourse, cela montrerait ton sérieux, que tu ne considères pas tout cela à la légère.

Après tout, il ne s'agissait pas de s'acheter des chaussures : on parlait d'éducation dans la plus grande université au monde.

- Tu pourrais montrer ton implication en montant un dossier de demande intéressant. Tu sais déjà quels cours pourraient t'intéresser ? interrogea-t-elle en tapotant la brochure du bout des doigts. Il y a peut-être un recours à faire auprès du Mangemagot.

Elle proposait des pistes au hasard, elle n'était pas très au fait du droit fiscal.

- À titre personnel, je te conseille d'éviter "Histoire juridique américaine". L'intitulé est tentant, mais j'ai manqué plusieurs fois de me jeter du haut de l'amphithéâtre, de désespoir, ajouta-t-elle avec humour.


Isobel Lavespère
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Sasha dégusta une première bouchée de ses oeufs à la violette -délicieux !- tout en écoutant avec attention Isobel qui lui livrait une partie de son histoire. La jeune femme lui expliqua avoir été inspirée par son meilleur-ami de l'époque, qui avait lui-même fait de belles études et qu'elle avait voulu imiter. La Serpentard ne put s'empêcher de songer que ce n'était pas son meilleur-ami à elle qui la pousserait dans la voie des études...

Un voile de tristesse passa momentanément sur le visage de l'adolescente alors qu'elle repensait à sa soirée de la veille avec Andrew. Tout ne s'était pas exactement passé comme elle l'aurait voulu et elle avait pris pleinement conscience de ses sentiments pour le Gryffondor. Sentiments qu'elle savait à sens unique. Cela n'avait pas été une expérience très agréable. Elle caressa machinalement le bracelet offert par son meilleur-ami, et se força à se recomposer un sourire de façade.

Elle se sentait parfaitement ridicule, à se laisser ainsi affectée par des choses aussi inutiles et puériles que les beaux yeux d'Andrew. Elle était là pour parler de ses études et de son avenir et voilà qu'elle n'arrêtait pas de penser au sourire de son meilleur-ami quand il lui avait offert son cadeau d'anniversaire hier. Une pensée à la fois chaleureuse et un peu amère. Elle était persuadée qu'Isobel n'avait pas ce genre de problèmes, elle. Elle ne laissait certainement pas des histoires de meilleurs-amis et de sentiments amoureux venir bouleverser sa vie. Sasha aurait voulu être comme elle, forte et indépendante. Elle se donnait beaucoup d'efforts pour ne pas être perçue comme l'adolescente un peu distraite qu'elle aurait dû être du haut de ses quinze ans. Ce n'était pas ce qu'elle voulait être. Elle se voyait différente de ses camarades de dortoir incapables de voir plus loin que le bout de leur nez et pour qui la vie se limitait à leurs amies et leur petit-copain. Mais était-elle vraiment au dessus de toutes ces histoires d'adolescents comme elle aimait le prétendre ?

-Votre meilleur-ami faisait des études de sciences politiques lui aussi ? s'enquit-elle, se demandant si ce fameux meilleur-ami avait lui aussi accédé à un poste au sein du Ministère de la Magie, ou du MACUSA s'il était resté aux Etats-Unis. Elle n'osa toutefois pas poser davantage de question, ne voulant pas être indiscrète.

Comme pour prendre un peu distance avec ce fameux meilleur-ami, Isobel lui rappela que la seule personne sur laquelle elle pouvait compter pour réussir était elle-même et Sasha l'approuva d'un hochement de tête convaincu. C'était quelque chose dont elle avait toujours été consciente. Elle cherchait souvent des modèles, des mentors, mais elle avait toujours su que sa réussite ne tenait qu'à elle, et elle essayait de toujours donner le meilleur d'elle-même, quitte à sacrifier un peu d'autres aspects de sa vie.

-Vous avez raison, l'appuya-t-elle, songeuse.

On était jamais mieux servi que par soi-même. Alors peu importait l'avis de sa mère ou de son directeur de maison, elle tenterait sa chance. Elle voulait profiter de ce programme et elle ferait tout ce qui était en son possible pour y accéder. Ce nouvel élan de détermination faiblit légèrement quand Isobel commença à parler d'avocats et de recours devant le Magenmagot. Sasha était prête à travailler dur, à prendre du temps pour se constituer un bon dossier, mais elle se sentait un peu moins vaillante à l'idée d'une procédure judiciaire. La dernière fois qu'elle avait mis les pieds dans un tribunal c'était pour le procès de son père et elle n'avait pas vraiment envie d'y retourner de si tôt.

- Oui vous avez raison, j'irai voir à la banque ! répondit-elle simplement, un peu perdue face à toutes ces procédures qu'il lui faudrait envisager.

Elle préférait commencer par essayer de négocier avec son banquier, cela lui paraissait plus accessible. Mais il faudrait attendre un petit moment pour avoir un rendez-vous à la banque, celle-ci n'étant plus vraiment en état aujourd'hui. Sa mère avait profité d'une promotion sur les transferts de comptes pour passer tous leurs comptes en banque de chez Gringotts à la March'bank. Sasha s'en était réjouie, elle trouvait la March'bank beaucoup plus moderne et attrayante...jusque ce que celle-ci soit complètement détruite.

Sasha se pencha sur la brochure quand Isobel l'interrogea sur les cours qu'elle aimerait suivre ! Voilà un sujet sur lequel elle était beaucoup plus à l'aise ! Elle n'avait découvert l'existence de ce programme d'été qu'aujourd'hui mais elle avait repéré plusieurs cours intéressant en lisant la brochure un peu plus tôt. Elle grimaça quand son interlocutrice lui déconseilla l'un d'entre eux, qui était apparement à mourir d'ennuis.

- Merci pour le conseil, souffla-t-elle avec un sourire amusé. C'est vrai qu'il a l'air assez tentant, mais j'éviterai ! "Relations magiques internationales" a l'air intéressant, poursuivit-elle. Et "Droit des traités magiques internationaux" aussi, et "Economie magique moderne".

A vrai dire la moitié des cours de la brochure avait l'air intéressant ! Tous ceux qui tournaient autours des relations diplomatiques, et des relations entre les pays l'intéressaient particulièrement, ceux sur le droit magique également, et sur le commerce, et la finance, mais aussi tous les cours plus classiques de sortilèges et de potions. Elle allait avoir du mal à faire son choix !

- Combien est-ce que l'on peut prendre de cours au maximum ? s'enquit-elle sans parvenir à décrocher ses yeux de la brochure, laquelle ne cessait de lui faire découvrir des cours encore plus intéressants.



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Isobel eut un infime temps d'arrêt à la mention des études d'Abel, hésitant à répondre, hésitant à mentir. C'était elle qui avait amené Abel dans la conversation en premier lieu : elle pouvait bien répondre honnêtement, personne ne pouvait faire le lien, surtout pas Sasha qui ne les connaissait pas. Alors elle secoua légèrement la tête, se forçant à avoir un sourire, sa main se refermant de nouveau sur le verre de jus d'orange. Elle aurait vraiment dû commander un peu d'alcool, même s'il était trop tôt. C'était l'heure de l'apéritif quelque part dans le monde. C'était incompatible avec son traitement suite à l'attentat mais bon... Frustrée, elle reprit une fade gorgée avant de répondre.

- Non, du tout. Il faisait dans l'archimagie.

Il faisait encore, d'ailleurs, mais elle n'allait pas le préciser. Elle bloqua son cerveau pour qu'il ne s'égare pas du côté d'Abel. Elle avait pris sa décision suite à sa visite à l'hôpital : ils ne se recroiseraient plus jamais et cela serait très bien comme cela. Elle craignait un peu le déroulé des fêtes de Noël, même si elle avait hâte de quitter le pays et de se retrouver en sécurité au Carré, mais elle ferait attention à rester loin des rues des Laveau et du Chaudron. Il ne lui ferait pas l'offense de venir jusqu'à chez André. Elle fit l'effort de revenir à la conversation avec Sasha, prenant au passage un peu des savoureux œufs. Le plat était si bon que cela la détendit un peu, surtout que la jeune fille en face d'elle semblait réceptive à tous ses conseils. C'était sûrement bête de se sentir valorisée par cela, par l'admiration que semblait lui porter une adolescente mais en ce moment, Isy était preneuse de tout. Elle avait passé une année difficile, elle venait de survivre à un attentat, elle avait le droit de trouver du réconfort dans l'admiration de Sasha et même pire : d'en jouer.

- Je suis sûre que tu as les moyens de réussir en tout cas, affirma-t-elle. Tu sembles être quelqu'un de déterminé.

Après tout, elle s'était remise d'un affrontement avec Ana Sorden et menait sa barque dans les remous provoqués par cette histoire. Elle avait su saisir l'opportunité du stage que lui avait offert Isobel et avait apparemment un très bon dossier scolaire. De plus, Isy percevait quelque chose dans son aura, une sorte de force, quelques graines sombres aussi, qu'on percevait rarement chez les adolescents de cet âge. Elle n'avait pas le troisième œil mais elle ne serait pas surprise d'apprendre que Sasha Benson avait un destin. Dommage qu'elle ne soit pas une sorcière vaudou : elle aurait été une très bonne recrue pour leur coven. Mais elle se destinait à une vie beaucoup plus occidentale et Isy se pencha avec elle sur la brochure pour observer les cours. Beaucoup étaient restés les mêmes dans l'intitulé, de grands classiques, mais Salem se renouvelait pour rester compétitif et accueillant, notamment à l'international.

- Relations magiques internationales est passionnant et le prof est super, il a travaillé à la Confédération Internationale. Je prêche pour ma paroisse mais "Introduction à la rhétorique" a été une vraie révélation pour moi, je te le conseille grandement. Il traite à la fois de la littérature, de l'histoire, de la science de l'information, des médias modernes, de la politique... Il est passionnant et l'enseignante est brillante. Elle a un parcours impressionnant, elle dégage quelque chose de vraiment... Tu sens qu'elle est passionnée par ce qu'elle fait et qu'elle est la meilleure dans ce domaine. De son ongle vernis, elle tapota une autre ligne. Ce n'est pas mon domaine, mais à ce qui paraît, ce cours sur le duel est fantastique, les élèves que j'encadrais et qui le suivaient en étaient fans.

C'était difficile de faire son choix entre les différents séminaires, qui semblaient tous intéressants. Elle avait eu certain de ces cours lors de sa formation et elle en gardait souvent de très bons souvenirs. Ici, il ne s'agissait souvent que d'introduction ou d'initiation mais c'était déjà passionnant.

- Tu peux prendre jusqu'à dix séminaires, minimum sept. Le but est de travailler tout en gardant du temps libre pour toutes les sorties et activités annexes. Tu peux choisir en fonction de ton projet professionnel ou bien te dire que tu veux être touche-à-tout et choisir en fonction de tes goûts, je pense qu'à ton âge, les deux solutions sont bonnes. Si tu décroches une bourse cette année et que tu t'illustres là-bas, car les cours sont évalués à la fin, tu peux espérer plus facilement en avoir une l'année d'après et prendre les cours que tu n'as pas pris la première fois, tu sais.

Isy lui adressa un sourire.

- À titre personnel, je te conseille de prendre les choses qui t'intéressent le plus. Cet été à Salem sera déjà un énorme avantage sur un CV, peu importe les cours que tu prends. Je sais que ce n'est pas votre culture ici, les études universitaires, mais c'est vraiment la plus grande université. Y mettre un pied, c'est un bonus énorme. Ne parlons même pas d'un diplôme de là-bas...

Faire honteusement la promotion de sa fac ? Jamais.

- Sans ce diplôme, je n'aurai pas monté les échelons si vite et je n'aurai pas été si bonne dans ce que je fais.


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