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 Les désargentés [Samantha-Dave-Lauren]

Lauren McGowanAspirante Auroravatar
Messages : 100

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02 novembre 2009

Cela faisait trois jours. Trois jours que la MarchBank s'était effondrée, emportant avec elle des dizaines de victimes. Trois jours que le pays était en deuil. Trois jours que le Ministre de la magie était dans le comas. Et trois jours que Dave était hospitalisé à Ste-Mangouste. Jamais Lauren n'aurait pensé être capable de tenir si longtemps. Son meilleur ami était hospitalisé depuis trois jours. Elle n'avait aucune nouvelle, ne savait pas dans quelle mesure il était blessé ou s'il allait bien, son père était dans le comas. Trois jours, et elle n'était pas allée le voir.

Elle y pensait nuit et jours, avait hésité à transplaner pour Ste-Mangouste des dizaines de fois, mais s'était toujours ravisée. Elle savait que Dave n'avait pas envie de la voir. Elle se souvenait trop bien du dernier regard qu'ils avaient échangé alors qu'on les faisait sortir du Manoir Marchebank, elle et Sam, après avoir été surprises dans le bureau du Minsitre. Elle n'avait trouvé que de la déception et de la colère dans les yeux de Dave ce soir là, et elle l'avait largement mérité. Elle lui avait envoyé plusieurs patronus depuis, une lettre également, tous restés sans réponse. Et elle ne pouvait pas lui en vouloir. Il devait la détester. Les détester toutes les deux. Et quelque part il avait bien raison, c'était mieux comme ça. Si elle ne s'était pas encore rendue à Ste-Mangouste, comme toute meilleure amie aurait dû le faire, c'était parce qu'ils n'étaient plus amis. C'était fini.

Pourtant elle ne pouvait pas ne pas y aller. Elle ne pouvait pas balayer sept ans d'amitié comme ça. Elle ne pouvait pas oublier Dave et tout ce qu'il avait représenté pour elle. Peut-être qu'il ne voudrait pas les voir, peut-être qu'il les haïssait plus qu'il n'avait besoin d'elles, mais c'était leur devoir d'essayer. Elles lui devaient au moins ça. Elles avaient décidé, avec Samantha, de lui rendre visite aujourd'hui, et cette perspective plongeait Lauren dans une angoisse terrible. Elle avait peur de l'état dans lequel elle trouverait son meilleur-ami, mais également peur de l'accueil qu'il leur réserverait. Elle craignait de voir qu'il avait besoin d'elles plus que jamais, et qu'elles ne puissent pas être là pour lui, parce qu'elles avaient perdu ce droit le jour où elle avait rejoint la résistance.

Elles avaient fait ce choix en connaissance de cause. Elles savaient très bien que parmi les résistants certains étaient prêts à tout, et elles savaient très bien que le fils du dictateur ne serait pas épargné. Mais jamais elles n'auraient imaginé un tel désastre. Elles n'avaient pas signé pour ça. Ce n'était évidement pas ce qu'elles avaient voulu en rejoignant la résistance. Elles payaient le prix de ce choix bien plus cher qu'elles ne l'auraient imaginé, et Lauren commençait à se demander si elle avait fait le bon, de choix. La résistance valait-elle vraiment mieux que la dictature ? Avait-elle eu raison de sacrifier son amitié avec Dave pour des barbares qui tuaient des innocents ? Elle n'était plus sûre de rien.

« Tu es prête ? » lança-t-elle à Samantha d'une voix mal assurée alors qu'elle finissait de lacer ses baskets, les mains tremblantes.

Bien sûr que non elle n'était pas prête, pas plus qu'elle, mais elles ne seraient jamais prêtes pour ça. Même maintenant, alors qu'elles étaient sur le départ, Lauren n'était pas certaine de ce qu'elle devait faire ou non. A quel point était-ce hypocrite de se présenter au chevet de Dave après l'avoir trahi comme elles l'avaient fait ? Elle était réellement inquiète pour lui, elle n'en dormait plus depuis trois jours, mais elle ne pouvait pas lui imposer sa présence pour autant, pas après ce qu'elle avait fait. Cette rencontre la rassurerait peut-être sur l'état de son ami, mais elle doutait que cela ne fasse du bien à qui que ce soit. Cela ne ferait que raviver leurs plaies, réveiller leurs colères, leurs rancœurs, et leurs regrets.

En quête de soutient, Lauren attrapa la main de sa petite-amie avant de transplaner pour Ste-Mangouste. Elle laissa Samantha s'occuper de tout, elle connaissait bien mieux les lieux qu'elle. L'attentat avait eu lieu trois jours plus tôt et c'était comme si le drame venait de se dérouler. Des médicomages débordés et fatigués, des brancards dans les couloirs, des mines inquiètes sur tous les visages. L'atmosphère était pesante, étouffante.

Elles passèrent quelques minutes à un guichet et finirent par avoir un numéro de chambre. Tout ça s'était déroulé bien trop vite. Lauren s'était presque mise à espérer qu'on leur refuserait l'accès, que Dave aurait déjà de la visite, qu'on leur dirait de repasser plus tard. Elle avait beau y penser depuis trois jours, elle n'était pas prête à ça.

La dernière fois qu'elle avait emprunté les longs couloirs de Ste-Mangouste c'était pour rendre visite à Samantha après sa morsure et elle se trouvait à peu près dans le même état d'angoisse. Cette visite avait eu un impact plutôt positif sur leur relation, mais la batteuse doutait très fortement qu'il en serait de même aujourd'hui. Elle ne pouvait pas, elle ne le supporterait pas. Elle ne se sentait pas capable de voir Dave, de savoir qu'il allait mal, qu'il avait besoin d'elle, et d'affronter son rejet.

Elle se força à respirer calmement et pressa la main de Samantha dans la sienne, sans parvenir à calmer son stress. Son cœur menaçait d'exploser dans sa poitrine et sa peur grandissait à mesure qu'elles se rapprochaient de le chambre qu'on leur avait désignée. Elles s'arrêtèrent finalement en face de la porte et Lauren jeta un regard hésitant en direction de Samantha, devinant qu'elle devait être à peu près dans le même état qu'elle. Dave était juste là, à quelques mètres, elles ne pouvaient plus renoncer maintenant. Elles devaient le faire, autant pour lui que pour elles. Peut-être qu'il ne voudrait pas les voir, peut-être qu'il les repousserait, mais elles devaient lui offrir la possibilité de pouvoir compter sur ses anciennes amies encore une fois.

Dévorée par les remords et rongée par la peur, elle aurait eu envie de cogner de toute ses forces, dans n'importe quoi, de laisser exploser sa frustration et de se vider de son énergie jusqu'à ne plus pouvoir penser. Au lieu de quoi elle leva un bras, hésitante, et frappa trois faibles coups contre la porte.


Samantha MillerAmbulancière magiqueavatar
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La main de Lauren serrée dans la sienne, Samantha déambulait dans les couloirs de Sainte Mangouste comme un zombie. Cela faisait trois jours qu'elle n'avait pas quitté l'hôpital, sauf pour faire des trajets en ambulance. Trois jours de cauchemar, où ses rares heures de sommeil avaient été glanées dans une salle de garde ou au volant de son ambulance, avant d'être appelée sur une autre urgence. Depuis trois jours, depuis ce moment fatidique où elle avait aidé à tirer Dave des décombres et à le mettre dans un brancard, Samantha avançait en mode automatique. Le monde lui apparaissait avec une certaine distance, un certain détachement, et elle était à moitié persuadée de vivre un choc post-traumatique - mais personne n'avait eu le temps de se pencher sur son cas. Elle-même n'avait pensé à manger que lorsqu'elle avait failli faire un malaise au volant, la veille.

Comme à travers un brouillard, Samantha récupéra le numéro de la chambre de Dave et entreprit de guider sa petite-amie à travers l’hôpital, qu'elle connaissait par coeur. Sam aurait pu récupérer le diagnostic de leur ancien ami si elle l'avait souhaité, mais n'avait pas pu s'y résoudre. Car au fond - et elle avait tenté de préparer Lauren à cela - elle se doutait que le pronostic n'était pas bon. L'état dans lequel Dave était ce jour là... Merlin. Ils avaient failli le perdre ce jour-là, en même temps que son père. Dave était vivant, c'était la seule certitude, mais dans quel état ? Garderait-il des séquelles à vie de cet attentat horrible, causé par la résistance ?

A l'instar de Lauren, elle pensa à la dernière fois qu'elles s'étaient retrouvés ensemble à l'hôpital. Ce jour qui avait tout changé. Combien de fois devraient-elles connaître des moments comme celui-là ? Qu'avaient-elles fait à Merlin pour que le sort s'acharne comme cela sur elles et sur leurs proches ? Car Dave restait leur proche et leur meilleur ami. Le régime horrible de son père les avait peut-être séparé, et peut-être qu'ils ne se parleraient plus jamais. Peut-être même qu'il ne souhaitait pas leur présence aujourd'hui. Mais il restait leur meilleur ami, et cela, elle l'avait compris ce jour là, lorsqu'elle l'avait vu enfoui sous les décombres, le visage pâle comme la mort et le pouls fuyant. Elle avait eu l'impression qu'on lui arrachait le coeur, et n'avait jamais conduit aussi vite de toute sa vie - à se demander comment elle n'avait pas écrasé quelqu'un au passage.

Et le pire, c'est qu'elle avait dû y retourner. Elle avait laissé Dave sur le parking de l'hôpital, aux bons soins de Marlene qui l'accompagnait, ce qui lui avait tordu le coeur, mais elle savait qu'il n'y avait pas une minute à perdre. Chaque ambulancier, apprenti ou titulaire, avait pris une ambulance pour lui, il n'y avait plus de binôme qui tienne, et chacun avait fait le plus d'allez-retour possible. Les blessés se comptaient par centaines, et il s'agissait de blessures magiques, causées par les décombres d'une banque ensorcelée : impossible de transplaner. Elle avait conduit des heures durant, avait bu quelques potions revigorantes pour pouvoir tenir les heures qui suivent, avait rendu plusieurs fois le contenu de son estomac. Elle avait vu des inconnus, ensanglantés, mais aussi plusieurs têtes connues, comme une Nora dans un état second qu'elle avait aperçu au loin, ou encore les Baker et leur nouveau-né.

Sainte Mangouste avait connu ses propres pertes, dont une médicomage appréciée de tous, mais le temps du deuil n'était pas encore arrivé pour les équipes soignantes. Les choses commençaient à se calmer pour les ambulanciers, même s'il fallait encore assurer le service habituel, mais Sam avait pu obtenir quelques heures de repos. Elle s'était retrouvée chez elle, complètement déboussolée, dans un état second, incapable de s'allonger pour dormir. Alors Lauren et elle avaient pris la seule décision qui s'imposait et avaient repris la route de l'hôpital. Il y aurait un temps pour le repos, après. D'abord, il lui fallait déjà réaliser, et assimiler, ce qu'elle venait de vivre et les conséquences à en tirer...

Sam resserra sa prise sur la main de Lauren quand cette dernière frappa quelques coups à la porte. Elles se turent un instant et tendirent l'oreille, puis il sembla à Sam qu'une voix masculine leur répondait. La jeune femme posa la main sur la poignée et la tourna doucement, ouvrit la porte et fit un pas à l'intérieur de la pièce, plongée dans l'obscurité.

"C'est nous..."









   
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Les désargentés [Samantha-Dave-Lauren]

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