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 Once in a life, love gives us a fairy tale [Juliana, Roy, Irina & Joel]

Roy CalderChef de la mafiaavatar
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2 décembre 2009, près de Tulum, sur la côte mexicaine


Quand Roy se regardait dans un miroir, il repérait tout de suite ce qu’il devait corriger pour se conformer à l’image qu’il voulait donner de lui-même. Un défaut dans sa coiffure, une imperfection sur la coupe de sa barbe, une chemise mal assortie, peu importait le problème, son oeil quelque peu maniaque le décelait aussitôt. Il ne manquait pas de regard critique sur les autres, mais surtout sur lui-même, à la recherche d’une certaine perfection physique. Et particulièrement aujourd’hui, Roy devait être parfait. Plus beau que jamais. Il aurait voulu achever son entrevue avec son miroir en se disant que ça y est, il pouvait y aller, il était au sommet de son charisme.

Mais non. C’était impossible. Il ne pouvait pas être au summum de sa beau gossitude avec cet air de plouc désemparé face à son propre reflet. Son regard, plein d’assurance en temps normal, cillait fébrilement, ses sourcils se fronçaient de perplexité, ses lèvres étaient pincées plus que closes, comme si elles cherchaient à empêcher quelque chose de sortir. Son petit déjeuner, peut-être, il sentait son estomac faire des cabrioles. Il avait l’air d’un parfait bouffon.

C’était un désastre, il devait sortir dans dix minutes, et même Jason avait moins l’air d’avoir un balai coincé dans le fondement que lui à cet instant. Attendez, qui lui avait lancé un maléfice de Jambencoton sans qu’il ne s’en rende compte, et méritait donc de mourir dans d’atroces souffrances ?

Appuyé sur le rebord du meuble, Roy s’efforçait si bien de reprendre contenance qu’il ne sentit pas sa soeur arriver derrière lui, et sa voix le fit littéralement bondir :

« Woooh ! Tu préviens même pas avant d’entrer ! »

Il ne savait même pas ce qu’elle avait dit, il avait juste sursauté comme un lapin pris en chasse, attitude qui laissa Irina quelque part entre la profonde déconcertation et l’amusement.

« Eh bien, si, j’ai frappé. Je disais juste que je venais voir comment tu allais… Je crois que j’ai ma réponse. »

Le petit sourire d’Irina n’aida pas Roy à se sentir plus détendu. Il se rendit compte en la regardant qu’elle dégageait exactement ce qu’il aurait du dégager : de l'assurance, un plaisir de se trouver là et une certaine excitation à voir son regard qui pétillait. En plus, elle était belle comme tout dans sa robe argentée, légère, avec de jolis papillons qui se dispersaient sur son buste. Sa soeur était parfaite, sa future femme le serait encore plus à coup sûr, mais lui, il craignait grave.

Et ses pensées se lisaient visiblement sur sa figure crispée.

« Qu’un gnome me morde si ce que je vois est vrai ! Le sourire tout à l’heure compatissant de sa soeur était maintenant clairement moqueur. Roy Calder est t-il en train de paniquer ? »

Roy Calder prit aussitôt la mouche, d’un grognement.

« N’importe quoi. Je ne panique pas. Je suis juste… un peu…
- Tendu ? Angoissé ? Flippé ? 
- Oui bah ça va !  Pas la peine d’enfoncer le clou. Roy tira sur le noeud de sa cravate aux tons bruns pour la défaire. J’aurais pas du prendre celle là, ça ne va pas du tout. Puis il désigna le veston blanc cassé qui recouvrait sa chemise. Regarde-moi ça, tu trouves ça cintré, toi ? »

La moquerie toute disparue de son expression, Irina secoua la tête en soupirant. Elle rejoignit son frère en quelques pas, pour lui remettre correctement en place sa cravate.

« Tu dis n'importe quoi, Roy. Ce costume te va parfaitement, tu es splendide avec, alors arrête de chercher la petite bête. Elle marqua une pause, le temps de finir le noeud, puis examina son regard. C’est vraiment ça qui t’angoisse, ou c’est juste un prétexte ? »

Roy aurait pu se défiler et ne pas répondre à la question, mais la situation voulait que la seule personne à qui il pouvait actuellement se confier était précisément sa jeune soeur et témoin. Ce n’était pas Joel qui allait recueillir ses états d’âme, il devait de toute façon être avec Juliana, et à part eux quatre, il n’y avait personne d’autre qui se préparait à un mariage, dans cet hôtel au fin fond du Mexique… Cédant au regard sondeur d’Irina, il lâcha dans un mi-murmure, mi-grognement :

« Hum… Un peu des deux ? 
-C’est quoi alors ? Tu te demandes si tu épouses la bonne personne ?
-Non, répliqua Roy, sans réfléchir. Le reste de sa réponse en revanche lui demanda un certain temps d’introspection, et de bonne volonté pour oser l’exprimer. C’est… plutôt l’inverse. »

Il n’avait pas le sentiment de regretter sa propre décision. Il lui semblait que Juliana était la seule femme qu’il voudrait jamais épouser, il lui semblait même qu’elle était véritablement la femme de sa vie, s’il fallait dire les choses de façon sentimentale. Il n’avait certes pas prévu de l’épouser tout de suite, mais en soi, ce n’était pas aberrant qu’il en ressente soudainement l’envie. Il avait passé la trentaine, la majeure partie des sorciers de son âge étaient mariés, voire pères. Pourquoi pas lui ?

Pour Juliana, les choses étaient un peu différentes, en tout cas, c’était ce qu’il lui semblait après réflexion. Il se décida à expliciter davantage ses pensées à sa soeur :

« Je me demande si elle épouse la bonne personne. J’veux dire… C’était tellement à l’arrache comme demande. Sous le feu de l’action, elle a dit oui, mais je sais pas, au final, on est officiellement ensemble depuis peu de temps. Et elle est passée par tellement de choses, tellement d’épreuves en un an… Si ça se trouve, c’est juste le contexte qui l’a poussée à dire oui. Elle est quand même jeune, plus jeune que moi, à son âge, ça m’effleurait même pas l’esprit une seconde, l’idée de me marier. Est-ce qu’elle l’aurait fait dans une autre situation ? Et quelle situation tordue, franchement ! Elle devait rêver d’autre chose, pour un mariage. Regarde-nous, on a carrément traversé l’Atlantique avec un Portoloin illégal. Pour se marier au soleil, d’accord, mais surtout pour pouvoir le faire à visage découvert, sans craindre des témoins indésirables. Contrainte qui nous oblige à n’être que quatre d’ailleurs… Y a quand même plus simple comme cérémonie ! »

Pour toute réaction, les sourcils d’Irina se haussèrent, tandis qu’elle répondait avec dérision :

« Si c’était la simplicité sa priorité, pour commencer, elle aurait commencé par ne pas sortir avec toi.
- Merci de me le rappeler, répliqua son frère, piqué.
- Non mais, Roy, tu te trompes sur ce qu’elle attend de toi, ou de votre relation. Je comprends que tu aies envie de lui offrir la cérémonie parfaite, avec ses proches, les nôtres, dans un contexte où vous ne vous mettez pas tous les deux en danger, c’est normal. Mais ce n’est pas possible, c’est comme ça, dit t-elle en posant une main réconfortante sur son bras. Elle le sait depuis le début, et ça ne l’a pas empêchée d’accepter, parce que ce n’est pas pour avoir une superbe cérémonie digne d’un conte de princesse qu’elle t’a dit oui. C’est parce qu’elle t’aime, toi, et qu’elle veut faire sa vie avec toi. Aussi étonnant cela soit t-il. »

La malice brillait dans le regard de sa soeur, et Roy ne pouvait pas vraiment lui reprocher de le charrier à un tel moment de sa vie. Il aurait fait pareil, en trois fois pire. Elle reprit toutefois son sérieux assez vite :

« Dans une autre situation, eh bien… Pour commencer, peut-être que toi-même tu ne l’aurais pas demandée, ou pas tout de suite. Je me trompe ? »

Roy ne répondit pas mais son silence acquiesçait pour lui. Il craignait que le contexte ait joué une grande part dans la décision de Juliana, mais il avait pesé pour lui aussi, au fond. Il se souvenait clairement avoir pensé ce jour-là sur la plage avec elle que ce serait peut-être leur seule occasion de le faire. Savait t-on jamais qu’il finisse un jour assassiné dans une ruelle par un de ses rivaux, et elle, enfermée à Azkaban à perpétuité.

« Peu importe au fond, que le contexte ait pesé ou pas dans votre décision. Que ce soit maintenant ou plus tard, elle t’aurait dit oui, parce qu’elle a accepté sur la base de ce qu’elle ressent pour toi, et ça, ça vaut quel que soit la situation. Roy sentit venir la taquinerie suivante avant que sa soeur ne la délivre, car elle avait retrouvé ce sourire mordant. De toute façon, votre situation est tellement compliquée que de base, faut être sacrément amoureux pour accepter de s’infliger ça. Alors arrête de douter. »

Par fierté, Roy se détourna en redressant le menton et en lâchant un petit « Humf », parce qu’il fallait le dire, c’était autant utile que pénible d’avoir une soeur au courant de toutes vos histoires de coeur. Après, ça donnait son avis en long, en large et en travers, ça touchait juste, et ça se permettait de vous charrier toutes les trois phrases. Juste pour ne pas lui laisser le dernier mot, il répondit :

« Si, je doute. Sur la couleur de mon costume. »

Cette fois, il parvint à la contrarier, car elle leva les bras au ciel en poussant de grandes exclamations :

« Ah non, on ne va pas recommencer ce débat ! Ca te change, et ça te va très bien au teint. Tu portes déjà du noir tous les jours de l’année, tu vas pas en mettre le jour de ton mariage en plus ! »

Il ne le lui dit pas, mais il lui était reconnaissant de l’avoir accompagné pendant ses courses de mariage, qu’il s’agisse de sa tenue ou du choix de la bague, elle avait du mérite pour l’avoir supporté dans ses chipotages incessants. Il se contenta simplement d’afficher un sourire coupable, tandis qu’elle se retournait en fouillant dans un de ses tiroirs. A ce moment-là, en observant son profil et sa coiffure parsemée d’accessoires, un détail le frappa. Roy contempla silencieusement son dos jusqu’à ce qu’elle revienne vers lui, et à nouveau, la même réflexion le prit en regardant son maquillage élégant, qui la faisait paraître plus femme et adulte que jamais.

« Tu ressembles à maman. »

Irina suspendit son geste pour accrocher la boutonnière sur la veste de son frère. Roy songea qu’elle lui ressemblait encore plus maintenant qu’elle s’occupait des derniers détails de son costume, telle une mère avec son fils prêt à marier. Irina parut en prendre conscience à son tour, car elle termina d’accrocher l’accessoire sur le costume de son frère avec une douceur renouvelée, puis répondit avec un sourire qui rayonna jusqu’à toucher le coeur de Roy :

« Alors, ça sera comme si elle était là. »



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