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 [JR] Une recette bien gardée [Esteban/Nahuel]

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Esteban CortázarRévolutionnaireavatar
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Dernière édition par Esteban Cortázar le Mer 17 Mai 2017 - 20:58, édité 2 fois
3 décembre 2009, Appartement d'Esteban et Nahuel

Une petite tradition s’était créée dans l’appartement d’Esteban et Nahuel. Tous les dimanches, ils prenaient le temps de faire un vrai repas argentin qu’ils savouraient ensuite tous les deux. Aujourd’hui, ils avaient décidé de s’attaquer à un monument, les empanadas de la mère d’Esteban. Ses empanadas étaient une vraie légende dans tout le village de Corcovado et la recette était bien gardée. Esteban l’avait apprise lorsqu’il était adolescent entre deux années à l’Académie Magique de Buenos Aires. Il n’avait pas été si étonné que cela de découvrir que sa mère l’avait enseignée à Nahuel lorsqu’il avait trouvé refuge chez eux. S’il avait eu besoin d’une confirmation au fait que sa mère considérait Nahuel comme son fils, il l’avait.

« Tu es allé faire les courses comme prévu ? »

Nahuel avait été chargé d’aller chercher les ingrédients nécessaires, tout n’était pas facile à trouver mais il y avait une boutique tenue par des sorciers ayant des contact avec le Chili dans laquelle ils trouvaient les ingrédients les plus typiques.

Alors qu’il laissait Nahuel sortir les produits frais qu’il avait acheté, Esteban sortit la farine, le sel, le sucre, le beurre et le lait pour faire la pâte.



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Le repas argentin du dimanche était devenu un petit rituel que Nahuel prenait grand plaisir à préparer. Outre le fait qu'il avait l'impression de retrouver un peu de ses racines en redécouvrant les produits de son enfance, il passait un moment privilgié avec Esteban. Et c'était agréable de pouvoir se retrouver autour d'un bon plat bien de chez eux. Les dimanches paraissaient moins moroses et il retrouvait la complicité qui le liait à son frère de cœur.

Ce dimanche semblait encore plus symbolique que les autres puisqu'ils allaient entreprendre de refaire les empenadas de la mère de Julian. Ce ne serait pas une mince affaire puisque Maria était l'une des meilleure cuisinière qu'il ait connu. Il remontait vers l'appartement les bras chargés de victuailles, un léger sourire aux lèvres. Il avait hâte de commencer. La cuisine était l'un de ses passe-temps favori et il avait surtout hâte de pouvoir manger toutes les bonnes choses qu'il ramenait.


"Oui, s'exclama-t-il avec un immense sourire en posant ses courses sur la table de la cuisine. Mission accomplie chef !"


Il déballa toutes ses provisions avant de commencer à éplucher les oignons. Il laissa Esteban se charger de la pâte avant de le fixer un moment, intrigué par sa façon de faire.

"Euh... C'est pas comme ça qu'elle faisait ta mère..."


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Voir Nahuel entrer dans la cuisine avec les bras chargés de victuailles et surtout un grand sourire aux lèvres mettait Esteban de bonne humeur. Lorsqu’ils s’étaient retrouvés dans ce bar de Bristol, Nahuel et Esteban étaient tous les deux en mauvais état. Le temps avait passé et leur cohabitation leur faisait un grand bien pour panser leurs blessures. Alors même si certains sujets étaient toujours sensibles, mêmes si les prises de bec étaient fréquentes, pour rien au monde, Esteban n’aurait regretté son nouveau colocataire.

Esteban sifflotait tout en ajoutant les ingrédients un à un pour constituer la pâte. Il allait ajouter le beurre lorsque Nahuel l’interrompit.

« Comment ça ce n’est pas comme ça que faisait ma mère ? J’ai mis la farine et la cuillère de sucre maintenant j’ajoute le beurre et ensuite je mettrai le lait. Je ne vois pas ce que je pourrais faire d’autre… »

Un peu surpris, Esteban secoua la tête avant de se remettre à la tâche. Nahuel avait dû mal voir ce qu’il avait fait.




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Nahuel écouta Esteban lui énumérer les étapes qu'il avait déjà accompli avant de hausser un sourcil dubitatif en le voyant continuer sur sa lancée.

"Et ça te choque pas de mettre le beurre avant le lait ?"

Le jeune homme esquissa un sourire narquois tout en secouant la tête de droite à gauche.

"Je vais t'apprendre un truc. Pour faire sa pâte, Maria met le lait avant."

Un sourire amusé se dessina sur les lèvres de l'Argentin alors qu'il provoquait gentiment son ami.

"T'es sûr que tu veux pas que je le fasse ? T'as l'air rouillé en préparation d'empenadas."



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Si ça ne le choquait pas de mettre le beurre avant le lait ? Mais d’où est-ce qu’il sortait ça ?

« Parce que tu crois franchement qu’il faut mettre le lait avant le beurre ? Mais où est-ce que tu as vu ça ? »

Lorsque Nahuel lui répondit que sa propre mère le faisait de cette façon, Esteban commença à s’agacer doucement.

« Ma mère n’a jamais fait ses empanadas de cette façon ! Elle met la farine, verse le sucre, mélange les deux. Ensuite elle ajoute le beurre, mélange un peu mais pas trop sinon le lait ne s’incorpore pas bien et enfin elle met le lait. Voilà, c’est comme ça qu’elle fait, María. »

Le petit ton moqueur de Nahuel lui fit lever les yeux au ciel et répliquer un peu moqueusement.

« Oh non, je n’ai pas besoin de ton aide, surtout si c’est pour que tu mettes le lait avant le beurre ! Je sais très bien me débrouiller. Et c’est toi qui est trop jeune pour savoir faire de bonnes empanadas, niño ! »



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"Euh... si ! T'as mère a toujours fait ça abuelo"

Nahuel leva les yeux au ciel devant l'attitude bornée d'Esteban. Qu'est-ce qu'il lui fallait de plus franchement ? Ça tombait sous le sens qu'il fallait ajouter le lait en premier. Pour la pâte soit bien fluide et parfaitement prête à accueillir le beurre.

"Si tu veux pas que ta pâte ait de grumeaux et si tu veux que le beurre adhère correctement, tu as intérêt à mettre le lait avant. Faut que ta pâte soit bien fluide. Mettre le beurre avant n'a aucun sens. Et je pense, un peu mieux savoir que toi comme Maria prépare ses empanadas. Je suis le dernier de nous deux à l'avoir vu faire, il me semble."

Si son aîné voulait jouer au plus idiot, ils seraient deux à jouer. Il n'allait pas se laisser contredire par un mec qui n'avait pas cuisiné depuis plus de dix ans.


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Le comportement de Nahuel commençait à lui taper sur le système. Il avait toujours eu un petit côté « monsieur-je-sais-tout » mais c’était devenu encore pire avec les années. Sauf que sur ce sujet, il ne pouvait pas gagner !

« Tu te moques de moi ? Tu te prends pour qui pour venir me dire ce que fait ma mère ? Excuse-moi mais je suis quand même capable de me souvenir de la recette qu’elle a faite toute mon enfance et qu’elle m’a enseignée à mon adolescence. »

Non mais franchement ! Il ne manquait pas de toupet !

« T’as beau essayer de me donner des arguments, rien n’a de sens ! Je ne vois pas comment la pâte pourrait être plus fluide si tu ajoutes le beurre à la fin… Le beurre est dur, si le lait est déjà mis, il se mélange mal à la pâte ! »

Nahuel finit par dire la phrase de trop. Rappeler à Esteban qu’il n’avait pas vu sa mère depuis dix ans alors qu’il préparait ces empanadas justement pour avoir l’impression qu’elle était moins loin n’était vraiment pas une bonne idée…

« Je suis un Rodríguez et pas toi, il me semble ! Alors laisse-moi t’apprendre comment on fait les empanadas chez les Rodríguez. Leçon numéro un : le beurre se met avant le lait ! »



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Mais il était bête ou bien ? Ce qu'il pouvait être pénible et méchant quand il s'y mettait. Au contraire tout avait du sens. Et les derniers mots qu'Esteban prononcèrent furent comme un coup de poignard en plein cœur. Il n'était peut-être pas un Rodriguez mais c'était tout comme. Comment rappeler à Nahuel qu'il n'avait plus aucune famille en une phrase.

"Ta mère m'a déjà appris. Je suis peut-être pas un Rodriguez mais visiblement, elle me considérait comme un fils pour me donner sa recette secrète. Recette dont t'es incapable de te rappeler. Mais tu préfères t'enfoncer dans ta connerie plutôt que de l'admettre."

Nahuel lança un regard noir à son ami par dessus la table de la cuisine tout en découpant hargneusement ses oignons.

"Tu veux mettre le beurre avant ? Très bien ! Reste borné. Mais viens pas te plaindre si c'est raté. Que ce soit la pâte ou autre chose, c'est toujours la même chose. Faut toujours que t'ais raison même quand t'as tort. Tu peux pas admettre que même si je suis plus jeune, moi aussi, je sais des choses. J'ai plus quinze ans !"

Et Miguel était mort. Il n'y aurait personne pour régler leur conflit et donner raison à l'un ou à l'autre.


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S’il avait regretté un instant ses paroles, c’était vite passé ! Que sa mère considère Nahuel comme un fils ne le dérangeait pas, au contraire, cela confirmait sa bonté. Esteban était également rassuré de savoir que quelqu’un avait pris soin de lui lorsqu’il ne pouvait plus le faire. Par contre, qu’il devienne virulent avec lui et qu’il continue d’affirmer mieux connaître cette recette que lui, c’était hors de question !

« Les empanadas seront délicieuses, ne t’inquiète pas, puisque j’ai la bonne recette ! Et puis, vu comme tu massacres les oignons, si c’est raté ce sera plutôt de ta faute… »

Malheureusement, lorsque Nahuel était lancé on ne l’arrêtait plus, voilà qu’il lui reprochait maintenant de le prendre pour un gamin. C’était un sujet de discorde récurrent entre eux, le temps avait filé trop vite et leurs retrouvailles leurs avaient donné l’impression à l’un comme à l’autre d’être revenu dix ans plus tôt.

« Franchement, ce n’est pas avec un tel comportement que tu vas me prouver que tu as grandi ! »

Esteban secoua la tête avant de reprendre un ton en dessous.

« Sérieusement, Nahuel, je ne suis pas aveugle ! Je sais bien que tu n’es plus le gamin qui nous courrait dans les pattes et débarquait toujours au plus mauvais moment… »



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"Mes oignons sont très bien coupés, répondit-il les dents serrés en haussant les yeux au ciel. Mais c'est tellement facile de me rejeter la faute dessus."

C'était toujours la même chose avec Esteban, il ne pouvait pas simplement la fermer. Non, il devait toujours renchérir pour prouver qu'il valait mieux que les autres. Dans un profond soupir, Nahuel décida de laisser tomber et continua à couper ses légumes sans rien dire. Laissant son ami parler tout seul. Sauf qu'il prononça les mots qu'il ne fallait pas. Outré, blessé et plus qu'énervé, il posa violemment son couteau sur la table en l'écrasant du plat de sa main et fixa Esteban d'un regard noir.

"Encore ? Cette rengaine éternelle ? Celle du gamin qui courrait dans vos pattes et débarquait quand il fallait pas. Oui j'ai compris. J'étais qu'un parasite. Ça va j'ai saisi l'idée. Et visiblement, j'en suis encore un. Qu'est-ce qu'y a ? Qu'est-ce que t'as à prouver à la fin ? Que t'es le meilleur ? Que Miguel t'a choisi toi et que moi, je ne fais que m'imposer. Encore et toujours ? C'est ça le problème ? Tu veux que je te dise que t'as gagné c'est ça ? Tu veux que je te rassure ? Mais de toute façon. Tu as gagné Esteban. C'est bon, c'est fait ! Il est mort pour toi. Pour toi, pas pour moi. C'est toi le grand vainqueur du coeur de Miguel. Tu veux une médaille pour le symboliser ou ça va aller ? Pour ta mère, c'est pareil. Ta décidé que ta recette serait sa recette parce que t'es un Rodriguez et pas moi ? Certes, très bien. C'est ta recette la meilleure et celle de ta mère. Et comme tu le soulignes si bien, c'est la tienne de mère. Pas la mienne. Parce que moi, j'ai plus personne. Plus de famille qui m'attend nulle part. Voilà, t'es content ? T'es le meilleur, t'es le plus fort. Nahuel a perdu. Nahuel est un looser hors compétition. C'est ça que tu voulais entendre ? Même la résistance, j'ai échoué. J'ai plus rien. Alors que toi... Regarde toi. Figure emblématique du Kraken. Tu fait parti du Lexit et t'en es un membre important, on t'écoute. Tu es sage et avenant. Moi... je suis juste un connard arriviste et arrogant. Donc franchement, à quoi rime cette petite guerre d'ego hein ? Tu le sais déjà que t'as raison et que t'as gagné."

Le jeune homme renifla dédaigneusement avant de lui tourner le dos pour se laver les mains tremblantes de colère.

"Satisfait ?"

Sa colère laissa néanmoins peu à peu place à une vague de nostalgie et de fatalisme qui le laissa figé sur place face à l'évier. Les mains tombantes sous l'eau tiède alors que des larmes commençaient à perler aux coins de ses paupières.



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Esteban avait l’habitude des petites disputes entre Nahuel et lui, c’était presque rassurant en fait de se chercher des noises, de ressasser de vieilles histoires. Si cette dispute avait commencé comme les autres, le fait de parler de sa mère avait manifestement tout fait déraper. Esteban avait été plus blessé qu’il ne le pensait et avait sans doute dit la parole de trop. Lorsque Nahuel claqua son couteau sur la table, Esteban failli renverser la moitié du litre de lait dans la pâte. Il allait en faire la réflexion à Nahuel lorsque celui-ci se mit à parler d’un ton hargneux.

Les mots coulaient et ne s’arrêtaient plus. Esteban finit par laisser sa pâte de côté pour se tourner vers le plus jeune. Après le choc initial, sa colère prit peu à peu de l’ampleur. Il n’arrivait pas à croire que Nahuel pouvait lui parler comme ça, lui dire ces choses-là. Le connaissait-il si mal ? Les mots de Nahuel le blessaient profondément. Aussi lorsqu’il se tut finalement, Esteban enchaina sans réfléchir sa voix déjà très élevée

« Tu te moques de moi j’espère ? Non mais franchement ! Comment oses-tu prétendre que j’ai gagné Miguel ! Il est mort, abruti ! Mort ! Et qu’il soit mort pour sauver ma putain de vie n’y change rien ! Comment peux-tu penser un instant qu’en faisant ça, Miguel m’avait choisi moi à ta place ? Mais bon sang Nahuel, si ç’avait été vers toi que le sort se dirigeait Miguel aurait plongé de la même façon ! Est-ce que ça aurait voulu dire qu’il t’avait choisi ? Bien sûr que non ! Il était juste comme ça ! Et j’ai pas besoin qu’on me rassure, merci bien ! Je suis capable d’analyse seul la situation ce que tu ne sembles pas capable de faire ! T’es pathétique, Nahuel ! »

Il s’accorda une pause le temps de se calmer un peu et reprit un ton en dessous.

« Je pense que t’es assez intelligent pour comprendre que ma mère me manque comme c’est pas permis. C’est qu’une fichue recette mais c’est sa recette, c’est ma recette, celle de mon enfance ! »

Il s’apprêtait à enchaîner lorsqu’il avisa les bras tremblant de Nahuel qui ne fixait le fond de l’évier sans bouger. Esteban avait le sang chaud, lorsqu’il pensait quelque chose, il le disait et sans prendre de gants. Nahuel avait plus que dépassé les bornes, il l’avait attaqué sur des sujets beaucoup trop sensibles et pourtant… Pourtant pour une fois, Esteban réfléchit avant de parler. Parce que cette tirade accusatrice plus que l’accabler lui, elle accablait Nahuel. Alors, doucement, il s’approcha et s’appuya contre l’évier, à côté de Nahuel. Le regard tourné vers la pièce, le bras frôlant le sien, il reprit d’une voix calmée.

« T’étais pas un parasite… Tu ne l’as jamais été, tu ne l’es toujours pas aujourd’hui. Tu n’imagines pas comme on adorait te voir débarquer, Nahuel ! Tu arrivais toujours au mauvais moment mais c’était pas un mal, ça nous faisait rire. On avait l’impression que tu le faisais exprès mais tu étais tellement gêné ensuite qu’on savait que tu n’avais juste pas de chance… Miguel t’aimait tellement. Il était fier de toi, de l’engagement que tu montrais déjà mais il était mort de trouille. Il ne voulait pas que tu vives ce qu’on vivait. Il voulait que tu aies une petite vie bien tranquille. Des amis, une famille, des enfants… Et même un chien courant dans le jardin. Tu étais le bon enfant, celui qui n’avait pas tout raté, celui qui avait réussi à s’intégrer dans la société, celui qui pourrait s’occuper de vos parents lorsqu’il ne serait plus là. Parfois, je me dis que Miguel n’a jamais eu l’espoir de sortir vivant de ce conflit… Je n’ai jamais voulu t’écraser en te rappelant ces souvenirs-là, au contraire pour moi ce sont des souvenirs tendres. Je n’avais pas pensé que tu pouvais les interpréter différemment. »

C’était déjà énorme et pourtant il sentait qu’il fallait qu’il poursuive.

« T’es pas un looser Nahuel, je t’interdis de penser ça ! Avec le temps, j’ai compris et découvert pourquoi Miguel t’aimait tant. Tu es un homme extraordinaire Nahuel. Tu l’étais déjà en Argentine quand je t’ai connu mais ne pense pas que la guerre t’a tout pris. Elle t’a rendue amer, elle t’a blessée mais tu restes le même ! Un jeune homme avec un idéal de société merveilleux. Quelqu’un qui est prêt à se battre pour ses rêves mais qui n’est pas égoïste. Un mec qui a réussi à survivre à la résistance en Argentine ! »

Il restait une dernière chose.

« Un soir, j’ai fait une promesse à Miguel. Une de plus, une de celles qu’on faisait quand on avait peur. Je lui ai promis que je prendrai soin de toi. Pourtant aujourd’hui ce n’est pas la promesse que j’ai faite à Miguel qui m’importe, aujourd’hui c’est à toi que je pense. Parce que, que je tu le veuilles ou pas, t’es mon petit frère Nahuel et ça fait trop longtemps que j’ai perdu ma famille pour que je laisse sombrer le seul qui m’est revenu. »



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Les mots d'Esteban se déversaient sur lui sans qu'il ne s'en rende compte. Sa fureur était ridicule. Il ne faisait que se défendre encore et tout. Refusant d'admettre que Nahuel ne jouait plus à ce jeu. Il était fatigué et il en avait assez de jouer à leur petite guerre d'ego. A quoi tout ceci rimait ? Mais son aîné ne se taisait pas pour autant. Il dut comprendre que le plus jeune avait baissé les armes puisqu'il s'approcha de lui et commença à le réconforter. Comme si cela suffisait.

"Tu te trompes, lâcha-t-il dans un soupir. Autrefois, j'étais peut-être l'homme que tu décris mais plus aujourd'hui."

Il secoua la tête de droite à gauche avant de renifler légèrement et d'essuyer une larme sur son épaule.

"Miguel aurait honte de moi s'il me voyait aujourd'hui. Et je ne parle même pas de ma mère, un sourire amer se dessina sur ses lèvres. Elle qui a supplié Miguel pour qu'il ne me fasse pas entrer dans la résistance. Elle ne voulait pas perdre son dernier fils. J'étais si... naïf à l'époque. Oui, j'ai toujours été très ouvert, très souriant et chaleureux. J'ai toujours trouvé plaisant d'avoir beaucoup de contacts sociaux. Contrairement à Miguel qui préférait la solitude et sa petite routine. J'étais effectivement beaucoup mieux intégré que lui. Ma mère aussi l'avait remarqué. Et j'étais le plus jeune, je n'avais pas encore mis un pied dans la tombe. Elle a dû sentir que Miguel ne sortira pas de sa lutte vivant... Alors il a promis. J'ai assisté à toute la scène. J'ai toujours su que vivant mon frère ne me laisserait jamais combattre... Dans un sens, ça aurait peut-être été mieux comme ça..."

Ses poings se serrèrent légèrement.

"Aujourd'hui, je n'arrive plus à être aussi positif qu'avant. Tout me semble si... dérisoire. Je ne suis plus l'idéaliste d'autrefois. Je ne pourrais pas être plus différent du gamin que j'ai été. Et je ne pense pas que tu veilles de cet homme pour frère."



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Lorsqu’Esteban comprit que Nahuel pleurait, il eut un petit moment de doute. C’était presque trop de le voir craquer comme ça, dans leur petite cuisine entre les oignons et la farine et pourtant, ça semblait nécessaire. Nahuel était mal, Esteban le sentait et le comprenait d’une certaine façon pour être passé par là avant lui. Cependant, contrairement à ce qu’il avait initialement pensé, cela ne rendait pas les choses plus faciles. Il souffrait de voir son ami souffrir autant et cela le ramenait aussi à de mauvais souvenirs. Nahuel semblait laisser tomber ses barrières alors Esteban franchit les quelques centimètres qui les séparaient encore, collant son bras à celui du plus jeune, sans rien dire, juste une présence.

« T’étais différent de Miguel, ça a toujours été et même si je pense qu’une part de toi cherchait à lui ressembler, tu ne pouvais pas être lui. »

Esteban hésita un instant avant de poursuivre, peu sûr de la réaction que Nahuel pourrait avoir sur un sujet aussi sensible.

« Et… Encore aujourd’hui tu ne peux pas être lui… »

Il observa la réaction de Nahuel et poursuivit.

« Tu sais, ton rôle de petit frère n’est pas de faire mieux ou moins bien que Miguel faisait ou aurait fait. Tu es Nahuel. Juste Nahuel Muñoz. Pas le petit frère de Miguel. Tu ne dois pas et tu ne peux pas le remplacer. Tu ne peux pas vivre sa vie. »

Un souffla un bon coup avant de lâcher le fond de sa pensée, essayant de l’accepter en même temps qu’il le disait.

« Miguel est mort. Il est parti et la vie qu’il aurait vécue a disparue avec lui. Le combat qu’il aurait mené, les choix qu’il aurait fait, les mots qu’il aurait dit, le temps qu’il aurait passés avec nous se sont évanouis ce jour-là. L’un comme l’autre on cherche depuis dix ans à combler ce vide sans tout à fait vouloir qu’il disparaisse… »

Il secoua doucement la tête et conclut, un peu impressionné que cette discute bénigne l’amène à dire des choses qu’il osait à peine penser quelques mois plus tôt.

« Je pense qu’il est temps qu’on accepte sa mort, qu’on vive enfin. Tu ne peux pas t’oublier, te faire disparaître dans l’espoir que Miguel vive à travers toi et je ne peux plus m’empêcher d’avoir des relations dans l’idée de ne pas le tromper. »

Un dernier point restait à éclaircir.

« Tu dis que je ne veux pas d’un homme comme toi pour frère et tu te trompes. Je ne peux pas vouloir de toi à mes côtés comme je voulais Miguel, je ne peux pas vouloir retrouver le petit frère qui est un peu mort avec Miguel mais je veux du nouveau Nahuel à mes côtés. Je veux découvrir celui que tu es devenu et je veux t’aider. Parce qu’on a partagé tellement de choses communes et en même temps on est tellement différents que je pense que se soutenir mutuellement pourrait nous faire du bien. »




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Il n'avait jamais voulu être Miguel. Il avait voulu lui ressembler, être plus comme son aîné qui avait toujours été son modèle. Mais il n'avait jamais consciemment voulu devenir son frère. Même si parfois ça aurait été plus simple s'il avait eu son caractère conciliant. Toutefois, c'était vrai qu'il s'était toujours considéré comme le petit frère de Miguel et tout le monde semblait le voir ainsi aussi. Du moins, toutes ses connaissances Argentine. En Angleterre c'était légèrement différent, personne ne connaissait Miguel. Il était donc obligé d'être lui. Sans l'ombre de son frère, il avait parfois l'impression de n'être personne.

Alors les mots d'Esteban sonnaient étrangement à ses oreilles. Il voulait vivre une vie où l'ombre de son frère ne pèserait plus sur lui. Mais en même temps vivre sans Miguel était un poids qu'il ne se sentait pas capable de porter. Son absence le hantait depuis si longtemps. Se dire qu'il pouvait peut-être honorer sa mémoire en lui ressemblant un peu plus ne semblait pas abusif. Et pourtant, il ne pouvait pas non effacer qui il était. Il hocha doucement la tête tout en relevant son regard sur son ami.

"Ça me semble être un bon compromis..."




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Après un tel discours, Esteban était vidé de toute émotion. Il n’était pas très bavard de nature mais les sentiments qu’éprouvait Nahuel l’avaient poussé à se dévoiler beaucoup plus qu’il en avait l’habitude. Un peu incertain quant à la réaction de Nahuel, il attendit en l’observant du coin de l’œil. Nahuel semblait un peu secoué par ce qu’il venait de lui dire et il laissa échapper quelques mots seulement.

« Ça me semble être un bon compromis... »

Esteban sourit avant de se pencher vers Nahuel, glissant un bras sur ses épaules.

« On va faire ça alors ! On reprend la cuisine ? Nos empanadas ne vont pas se faire toutes seules… »

Les mains dans la pâte, Esteban hésitait sur la marche à suivre. Il voulait en apprendre plus sur la vie de Nahuel à Bristol. Ils parlaient relativement peu de leur vie ici lorsqu’lis étaient tous les deux et pourtant c’était la seule façon d’avancer sur de nouvelles bases. Alors, Esteban se lança :

« Tu as rencontré des gens sympa ici ? »



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Nahuel hocha légèrement la tête et s'avança à nouveau vers le plan de travail pour reprendre son activité première. Il était perdu dans ses pensées lorsque Esteban repris la parole visiblement pour réengager la conversation.

"Oui..."

Il hésita un moment avant de poursuivre. Il savait qu'il devait se montrer prudent et côtoyer un club de Quidditch surtout sans papiers fixes n'était pas vraiment conseillé. Mais tant pis...

"La fille que tu as contacté pour ma baguette. Robyn. On est devenu assez amis. Elle doit me recontacter pour des faux papiers... Si tu en as besoin aussi, je peux faire l'intermédiaire."

Il redressa le regard un moment sur son ami en attente de sa réponse avant de s'intéresser à nouveau aux légumes qu'il découpait.

"J'ai intégré une équipe de Quidditch amateur aussi..."

Il se mordilla légèrement l'intérieure de la joue, relevant le regard sur son aîné pour se justifier.

"Ça me manquait trop... J'y ai pas rejoué depuis les sélections... Je sais que c'est de ma faute et que j'aurais pu intégrer l'équipe nationale mais avec la résistance c'était pas idéal. Et là... Je me suis dit que c'était le meilleur moyen de repartir sur de bonnes bases. Je suis méga prudent quand j'y vais... Et puis... J'ai rencontré quelqu'un là-bas..."

Il sentit ses joues s'empourprer légèrement.

"Je sais que c'est de la folie aussi. Il est beaucoup plus jeune que moi et je sais pas franchement ce que ça va donner mais... Dean est vraiment adorable."

Un léger sourire timide se dessina sur ses lèvres.

"Je lui ai dit que tu étais mon frère par contre... Pour que ce soit plus facile pour tout le monde dans nos liens... Si jamais tu le rencontres un jour..."

Il haussa légèrement les épaules comme pour montrer qu'il était totalement détaché par rapport à ça alors que c'était loin d'être le cas.



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Après avoir autant parlé et s’être autant livré, Esteban était ravi de se taire pour écouter ce que Nahuel avait à lui dire. Cette dispute leur avait été bénéfique s’il en croyait les confessions que lui faisait actuellement le plus jeune.

« Pour l’instant je me débrouille avec mes papiers moldus mais si jamais j’ai besoin de papiers sorciers, je me souviendrai de ta proposition. »

Esteban n’était pas très à l’aise avec sa situation de sorcier clandestin. Il se disait toujours qu’il était arrivé légalement sur le territoire, même s’il ne s’était jamais déclaré chez les sorciers.

Tout en malaxant la pâte, Esteban écouta Nahuel lui narrer sa vie à Bristol. Il avait bien vu qu’il était souvent occupé mais Esteban n’avait pas deviné qu’il s’était aussi bien intégré. Il aurait pu en être inquiet, il l’aurait sans doute été quelques mois plus tôt mais il savait à quel point il était nécessaire de créer de nouveaux liens pour s’en sortir.

« Tu as bien fait de te remettre au Quidditch, ça a dû te permettre de rencontrer du monde et c’est assez neutre comme association. Je ne pense pas que ce soit particulièrement une mise en danger, c’est être un citoyen anglais normal que d’aimer le Quidditch… »

Il fallait se fondre dans la masse, s’intégrer le plus possible, Esteban en était de plus en plus persuadé. Etre trop isolé c’était prendre le risque d’être seul en cas de problème. Et manifestement, Nahuel avait trouvé plus que de l’amitié dans ce club… L’air gêné du plus jeune fit sourire Esteban, il était content pour lui.

« Nahuel le tombeur… Tu fais même craquer les jeunots… Félicitations ! Il est vraiment si jeune que ça ? »

Esteban n’était pas réellement inquiet de l’âge que pouvait avoir Dean, s’il rendait Nahuel heureux, c’était le principal. Il avait bien besoin de ça !

« Je serais ravi de me présenter comme ton grand-frère ! »

Et jouer le rôle du grand-frère protecteur un peu intimidant et embarrassant allait égayer sa journée. Il avait hâte de rencontrer ce Dean !



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Un sourire enjoué et soulagé se dessina sur ses lèvres alors que Esteban le confortait dans son choix d'avoir repris le Quidditch. C'était tellement appréciable de sentir à nouveau le vent dans ses cheveux, oublier ses problèmes le temps d'une soirée et se concentrer sur le Souaffle afin qu'il ne franchisse aucun de ses buts. Certains jours, il regrettait d'avoir repoussé la proposition d'intégrer l'équipe Argentine. Mais il savait au fond qu'il avait pris la meilleure décision possible.

"Il a dix-huit ans, répondit-il avec une grimace. Mais pour l'instant, il y a rien de vraiment concret. Je sais pas franchement si c'est jouable ou pas entre nous deux. Il est jeune..."

Un léger sourire s'étira sur ses lèvres. Il se revoyait au même âge et il n'était clairement pas dans une optique de couple. Et il devait bien reconnaître qu'il n'était pas franchement prêt pour le présenter à Esteban. Même si sa réaction le réconfortait.

"On verra ça alors..."




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« En effet, lorsque tu disais qu’il était jeune, tu ne rigolais pas ! Ecoute, il a sûrement vécu moins de choses que toi mais ce n’est pas le plus important dans une relation. Si vous vous entendez bien et que vous vous complétez, c’est le principal. »

Ce Dean devait tout juste sortir de l’école, il devait être plein d’insouciance et d’optimisme, ce qui ferait le plus grand bien à Nahuel. Il avait besoin d’un peu de fraicheur, d’être de nouveau au contact d’idéalistes, lui qui voyait maintenant le monde d’un œil si noir. Peut-être parviendrait-il même le tour de force d’adoucir un peu son caractère. Esteban ne voulait pas se lancer dans ce combat qui était perdu d’avance surtout qu’il n’était pas lui-même connu pour son caractère apaisé.

« Pour l’instant, je te conseille de ne pas trop réfléchir. Tu vis le moment présent et tu verras bien où ça te mène ! Si effectivement il est trop jeune pour toi, tu finiras par t’en rendre compte mais ce serait dommage de te priver d’une relation juste par peur que ça ne marche pas… »

Après tout, au début de chaque relation, le doute était présent. Il fallait prendre le risque que cela ne fonctionne pas pour vivre une histoire d’amour.

« Tu le connais depuis combien de temps ? »



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Les conseils d'Esteban lui semblaient avisés. Il devait arrêter de se prendre la tête. Pourtant, il savait que les choses n'étaient pas aussi simple. Dean attendait de lui qu'il montre patte blanche après ce qu'il s'était passé avec Robyn. Il ne voulait donc pas trop s'avancer quant à leur relation.

"Depuis fin septembre environ."

Il avait mis un certain temps à démêler ses sentiments. Et il n'osait pas encore mêler son passé à son présent. Il ne pouvait pas mentir au jeune homme éternellement. Il avait déjà révélé une partie, il ne pouvait pas tout dire.

"Et toi alors ? T'en es où socialement ?"

Une façon comme une autre de détourner l'attention de lui.



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« Fin septembre ? Ca commence à être sérieux tout ça… Et de quand date le début de votre relation ? »

Esteban était sincèrement intéressé par la vie sentimentale de Nahuel. Il avait l’impression que ça le distrayait du désert dans lequel il était depuis le décès de Klemens. Il n’arrivait même pas à s’imaginer avec un autre homme, même s’il croisait l’homme parfait dans la rue, il était pratiquement certain qu’il ne broncherait pas. Il ne cherchait pas à se forcer, il ne l’avait pas fait après le décès de Miguel, il ne le ferait pas après la tragédie Klemens. De toute façon, il n’était même pas sûr d’être un jour capable de s’investir de nouveau sentimentalement. Malgré tout, il ne boudait pas un peu de distraction par procuration.

Cependant, Nahuel ne semblait pas vouloir s’attarder sur le sujet. Il ne pouvait pas lui en vouloir par contre il n’appréciait que peu la diversion qu’il avait choisie.

« Ma vie sociale ? Si je réponds inexistante, je suis pitoyable ? Actuellement à part mes collègues de boulot et toi, je ne vois personne. »

Esteban détourna le regard. Le sujet restait sensible.



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"Je suis pas certain de pouvoir mettre un début de relation..., une grimace lui échappa. On se voit et on réfléchit pas trop à ce que ça signifie."

Le non conformisme lui convenait parfaitement. Il n'avait pas envie de se cloisonner à des cases sociales. Il préférait que les choses avancent à leur rythme surtout après ce qui avait failli se passer avec Robin. Il avait parfois l'impression d'être à l'essai. Le moindre faux-pas pouvait lui être fatal.

"Pas pitoyable non... C'est compréhensible je pense... Surtout après la perte de Klemens... C'est ça ?"

Ils n'avaient pas abordé le sujet depuis leur discussion qui datait déjà de plusieurs mois. Il savait que son ami était sensible à certaines choses et lui rappeler que son dernier amant était mort de façon brutale n'était peut-être pas la meilleure des idées. Pas le meilleur sujet de conversation en tout cas. Mais peut-être que Esteban avait besoin de parler de lui aussi. D'évacuer ses sentiments.




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« Ce n’est pas une mauvaise idée de ne pas se prendre la tête. Je pense qu’il ne faut pas trop réfléchir dans les relations, surtout au début… Sinon, tu risques de t’empêcher de vivre de belles choses. »

Esteban essayait d’être optimiste, de se mettre à la place de Nahuel et de croire au moins un peu en l’amour. Même si pour lui, c’était inenvisageable !

Il n’aurait pas cru qu’avouer à voix haute qu’il trouvait sa vie pitoyable lui ferait du bien. Au contraire, il avait pensé se sentir encore plus mal et pourtant c’était Nahuel en face de lui, il lui faisait confiance et surtout il était capable de la comprendre. Entendre ses quelques mots de réconfort le soulageait d’un poids. Contre toute attente, lorsqu’il prononça le nom de Klemens, Esteban ne s’enfuit pas ou ne s’énerva pas. Pour la première fois depuis l’annonce du décès de Klemens et sa discussion avec Roy, il ressentit le besoin de parler. Sans plus réfléchir, Esteban se lança.

« Klemens oui… Klem… C’est… dur de reprendre pied avec la réalité. J’ai du mal à m’imaginer sortir de nouveau, créer des liens. J’ai envie de voir personne. Je veux pas qu’on me voit dans cet état. Parfois j’ai envie de tout plaquer et quitter l’Angleterre. »

Il détourna la regard, un peu honteux malgré tout de ses paroles.



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Nahuel écouta attentivement Esteban. Il comprenait son besoin de parler. Il comprenait également ce qu'il pouvait ressentir.

"Je comprends... Mais je pense que tu devrais sortir malgré tout. Ne t'enferme pas dans ton chagrin et dans ta douleur. Continue de vivre et... le reste viendra naturellement. Je sais que c'est simple à dire. Je suis là si tu as besoin. On pourrait faire plus de sorties. Plus de choses toi et moi... Comme une vraie famille."

Le jeune homme esquissa un léger sourire. Il voulait qu'ils partent sur de nouvelles bases. Qu'ils agissent en frères l'un pour l'autre. Qu'ils partagent autre chose qu'un appartement et des souvenirs.



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Esteban écouta les conseils de Nahuel, ils n’avaient rien de révolutionnaires et Esteban avait bien tenté de s’en persuader mais se l’entendre dire avait sans doute plus d’impact. Malgré tout, il lui était difficile de se projeter dans la vie que Nahuel lui proposait.

« Tu as certainement raison mais ça me semble totalement impossible actuellement. Déjà sortir pour aller travailler me paraît insurmontable ! Y’a des jours où j’ai l’impression de ne pas pouvoir sortir de mon lit. Si je n’avais pas peur de me faire expulser pour loyer impayé, je ne suis pas sûr que j’aurais la force de me lever. »

Pathétique ! Il s’enfonçait vraiment et pourtant il avait besoin que ça sorte. Il fallait que Nahuel comprenne pour qu’il sache vraiment ce qui se passait dans son esprit, pourquoi certains jours il était imbuvable.

« J’en veux à la Terre entière… Quand je croise un couple dans la rue, j’ai envie de les frapper par simple jalousie et je ne te parle même pas des couples qui se déchirent ! Ceux-là me donneraient presque des envies de meurtres… »

Avant de mettre des mots dessus, il n’avait pas vraiment pris conscience de la colère qui l’habitait.

« J’ai vraiment été si terrible que cela pour que le karma s’acharne ainsi ? Oui j’ai tué des gens mais je l’ai toujours fait pour défendre des libertés. Je n’ai jamais tué d’innocents ! Miguel et Klemens avaient du sang sur les mains mais ils ont empêché d’autres crimes d’être commis. »

Ces discours tournait en boucle dans sa tête, les arguments s’affrontant continuellement lui donnant mal à la tête mais ne le faisant pas avancer. Ce furent les derniers mots de Nahuel qui le sortirent de ce marasme.

« Une famille ? Tu crois qu’on pourrait y arriver ? »

Le retour de Nahuel faisait briller cet espoir dans le cœur d’Esteban, celui de retrouver un foyer aimant. Il avait de nouveau quelqu’un chez lui le soir et il espérait qu’avec le temps leurs relations s’apaiseraient et deviendraient naturelles.



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[JR] Une recette bien gardée [Esteban/Nahuel]

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