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 La leçon de piano [Nahuel & Dean]

MétamorphomageMolduavatar
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Dean Forbes, étudiant à l'Académie des Arts Magiques

15 novembre 2009
Ses doigts couraient sur les touches du piano à queue de la grande salle de répétition de l'Institut des arts magiques. Dean aimait particulièrement cette pièce située dans les combles de l'établissement. La section musicologie avait certes hérité du grenier de la vieille bâtisse mais la grande verrière ouverte sur les toits de Bristol -et jusqu'à l' Estuaire de la Severn les jours de beau temps- n'avait pas son pareil dans les étages inférieurs.

A cette heure matinale, rares étaient les étudiants présents dans l'enceinte de l'école et seuls quelques elfes de maison s'affairaient dans les couloirs de la prestigieuse école magique. Les cours ne commençaient qu'à 10 heures si bien que Dean disposait de la pièce pour encore de deux longues heures. Il aurait très bien pu s'exercer chez lui, dans son appartement, mais l'acoustique de cette salle et surtout la vue si inspirante l'avait convaincue de faire le déplacement. Même si le ciel était chargé de lourds nuages gris aujourd'hui, affadissant les façades colorées des maisons en contrebas, Dean n'aurait cédé sa place pour rien au monde.

D'ici, il pouvait deviner la devanture de la Gorgone déchainée, à l'ouest, sur le front de mer. Comme à chaque fois que son regard se perdait dans cette direction il repensait à cette soirée, à ce qu'il avait vu dans les toilettes, au baiser que Nahuel lui avait donné et à ce rendez-vous, sur le port, que le serveur lui avait fixé et qu'il n'avait pas honoré. Il avait longuement hésité pourtant. Il avait marché jusqu'à la promenade puis, il s'était ravisé.

Pourquoi ?

Lui qui était pourtant toujours prompt à se livrer à des jeux de séduction, à prendre la vie comme elle venait, pourquoi se montrait-il si frileux cette fois ?
Il était forcé  d'admettre qu'il avait peur. Peur de s'être un peu trop attaché à Nahuel et de ressentir la même déception, la même tristesse à l'idée de passer au second plan dans le cœur de son ami. Avec ce baiser volé, Nahuel avait pourtant tenté de faire taire les doutes de Dean quant à sa préférence mais l'étudiant était toujours plongé dans un océan de perplexité ... et de colère. Il en voulait au serveur de la tournure des événements et il n'arrivait pas à lui pardonner son comportement.
Non, décidément, cela aurait été une erreur de le rencontrer sur le port dès le lendemain de cette soirée. Dean avait déjà du mal à faire le point sur ce qu'il ressentait cinq jours plus tard...

L'étudiant  secoua  brièvement la tête pour chasser Nahuel de ses pensées et reporta son attention sur la partition ensorcelée qui lui faisait face. Il aurait pu continuer à jouer sans discontinuer des heures durant mais un craquement du plancher de la salle de répétition l'interrompit dans sa mélodie.
Il tourna la tête pour repérer l'origine du bruit et constata qu'il n'était plus seul...
Nahuel MuñozExilé clandestinavatar
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L'air frais du large fouetta son visage alors qu'il se promenait le long de la digue. Le bar était fermé depuis plus de trois heures, il aurait déjà dû être rentré à l'appartement depuis longtemps. Pourtant, il avait eu un besoin urgent de se vider la tête. Il avait accumulé les heures depuis cinq jours et il manquait cruellement de sommeil. Mais ce dernier semblait le fuir comme la peste. Chaque qu'il tentait de fermer les yeux, le visage de Dean s'imposait à lui, l'embarquant dans un questionnement sans fin. Trop d'interrogations s'entassaient dans son esprit pour qu'il puisse dormir sereinement.

Il se savait en faute, il n'aurait jamais dû embrasser Robin. Il n'aurait jamais rien dû tenter du tout en sachant les sentiments qu'il ressentait. Il aurait dû se douter qu'il ferait souffrir quelqu'un en agissant comme il l'avait fait. Pourtant, sur le moment, il n'avait pas réfléchi et il en payait les conséquences. L'étudiant ne l'avait pas rejoint au port comme il le lui avait demandé. Il l'avait laissé attendre sans lui envoyer le moindre mot. Il était resté un moment dans le froid avant de finir par capituler et rentrer chez lui. Et depuis, il attendait un geste du jeune homme. Il avait espéré le revoir au bar. Mais il ne l'avait pas revu. Alors il avait continué d'attendre un signe de sa part. Mais rien.

L'attente commençait à lui peser. Il n'en dormait plus. Il avait besoin de savoir. Même si c'était un rejet au moins, il serait fixé. La situation était bien trop compliquée pour qu'il laisse les choses se dérouler comme ça. Il ne savait pas franchement ce qu'il convenait de faire. Il marchait sans trop savoir où ses pas le menaient. Il avait besoin de se vider la tête, de trouver une certaine paix intérieure avant de rentrer pour pouvoir se reposer un minimum. Ses yeux le piquaient et il devinait les cernes qu'il devait arborer. Il s'arrêta un moment pour regarder l'heure sur sa montre et grimaça en lisant le chiffre indiqué. Il allait être temps qu'il rentre. Il poussa un soupir las alors qu'il redressait la tête pour voir où il était. La stupeur le figea sur place. Son subconscient commençait à beaucoup trop parler pour lui.

Nahuel hésita un long moment devant l'école des Arts Magiques. Il ne savait pas s'il devait entrer ou non. Il ne savait même pas si Dean s'y trouvait ou pas. Mais il pouvait toujours le cherchait après tout. Cette situation avait trop durée. Ils devaient parler. Ce n'était pas en s'ignorant qu'ils arrangeraient les choses entre eux. D'un pas déterminé, il passa les portes d'entrée avant de se stopper dans le Hall. Et maintenant ? Le jeune homme lui avait déjà parlé plus d'une fois de sa salle préférée. Une salle de répétition avec un piano. Ce ne devait pas être difficile à trouver n'est-ce pas ? Surtout dans une école d'Arts. Un sourire narquois se dessina à la commissure de ses lèvres face à son propre enthousiasme. Quel idiot il faisait.

Il continua néanmoins son chemin, s'aidant des panneaux d'indication pour se repérer. Il ne mit pas longtemps à rejoindre la salle la plus haute du bâtiment. Il s'arrêta devant la porte, écoutant la mélodie qui sortait de la pièce. Il n'avait pas eu besoin de trop s'avancer pour reconnaître Dean. Même de dos, il était capable de le reconnaître. Ce qui pouvait en dire long sur ce qu'il ressentait. Il hésita un long moment avant d'entrer. Il ne savait pas quelle attitude adopter. Il n'était plus sûr de rien. Il s'avança néanmoins prudemment dans l'optique de ne pas faire trop de bruit pour ne pas perturber l'étudiant. Toutefois, il ne dut pas être suffisamment discret puisque ce dernier tourna la tête et s'aperçut de sa présence.

"Bonjour Dean, salua-t-il avec un sourire gêné. J'espérais te trouver ici..."

Il ne savait pas comment continuer. Dire qu'il espérait ne pas le déranger serait mensonger, il savait qu'il le perturbait pendant une répétition. Il voulait simplement discuter. Et si Dean fuyait le dialogue, c'était à lui de le provoquer.

"Je... Je t'ai attendu au port..., il baissa les yeux sur ses chaussures. J'imagine que ton absence était suffisamment parlante et je comprends que tu ne veuilles plus me voir mais j'aimerais qu'on en discute malgré tout. Je veux m'expliquer et je veux que tu comprennes certaines choses avant de décider si oui ou non, tu veux qu'on continue à se voir..."

Il ne voulait pas supposer trop de choses. Ce n'était pas à lui de parler à sa place et il ne voulait pas le brusquer non plus. Mais s'il n'y avait qu'une relation amicale entre eux pourquoi fuir de la sorte ?


Nahuel Muñoz
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Pourquoi était-il si content de le voir ? Cinq secondes plus tôt il était en colère contre Nahuel et il suffisait qu'il fasse son entrée pour que toute trace de contrariété s'évanouisse ! Le barman le torturait depuis des mois et la seule chose que Dean ressentait en le découvrant là, c'était de la joie. Il était heureux de voir que l'argentin se souvenait de cet endroit dont il lui avait parlé à maintes reprises, heureux de constater qu'il avait fait l'effort de venir jusqu'ici en dépit de son silence des derniers jours... Dean était déjà  acquis à sa cause en quelque sorte, et cette sensation était aussi grisante qu'effrayante, songea l'étudiant en caressant les touches du piano. C'était bien cela le problème.  Il savait bien qu'il ne résisterai pas longtemps au charme de l'argentin -et qu'il ne pourrait pas bouder dans son coin éternellement- mais il se plaisait à penser que l'inverse était également vrai, sinon Nahuel ne serait pas là. Dean avait deviné que l'argentin était intéressé mais qu'il avait également certaines réticences. Peut-être était-ce leur différence d'âge ou la situation personnelle de son ami qui semblait un peu compliquée mais quoiqu'il en soit, Nahuel ne semblait pas prêt à se lancer dans une relation.

Pourtant Dean n'attendait rien de vraiment sérieux. Il ne comptait pas demander à Nahuel qu'il s'engage auprès de lui, qu'ils forment un couple à part entière avec des présentations aux familles en bonnes et dues formes, Merlin non ! Il avait beau se sentir véritablement attiré par le serveur, il n'en restait pas moins un jeune homme de 18 ans pas vraiment impatient de se caser dans une routine.

Dean avait juste l'intuition qu'ils pouvaient faire un petit bout de chemin ensemble en étant bien plus que des amis. A vrai dire, il n'envisageait plus depuis longtemps en rester à ce stade là avec Nahuel. Patienter dans la friendzone...Très peu pour lui !

Mais il ne voulait pas non plus se brûler les ailes à son contact. Dean avait bien des défauts en amour -il se lassait vite et pouvait vous quitter du jour au lendemain- mais il demeurait un amant fidèle et recherchait cette même qualité chez ses compagnons. Autant dire que l'épisode Robin avait considérablement douché ses espérances.

Il savait qu'il n'avait rien à attendre de Nahuel puisqu'il n'était pas ensemble mais il s'était senti trompé ce soir là et la réaction qu'avait eu le barman montrait bien qu'il estimait avoir, lui aussi quelque chose à se reprocher.

Le mieux, c'était peut-être encore de poser des mots sur tout ça et c'était justement ce que Nahuel se proposait de faire. Le jeune homme pivota donc sur son tabouret et s'accouda sur ses genoux pour faire face au barman.

'Je t'écoute..." souffla-t-il alors en reportant son attention sur Nahuel.
Nahuel MuñozExilé clandestinavatar
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Son cœur rata un battement en voyant Dean se retourner vers lui. Bon au moins, il avait capté son attention. Ce qui à première vue ne semblait pas si évident que ça. L'étudiant était là devant lui à attendre qu'il prenne la parole. Oui mais pour dire quoi ? Nahuel n'avait pas la moindre idée de comment s'y prendre. Par quoi commencer ? Il avait bien fait tout un petit speech dans sa tête. Mais ça sonnait beaucoup mieux avant. Maintenant tous ces mots lui semblait vide de sens. Il devait toutefois prendre son courage à deux mains et avouer ce qu'il ressentait. L'Argentin prit une profonde inspiration avant de se lancer.

"Pour Robin... C'est pas ce que tu crois."

Bingo. Tout ce qu'il ne voulait pas dire. Mais quel crétin. Il baissa les yeux avant de passer une main dans ses cheveux pour se recoiffer. Un léger soupir lui échappa et il redressa le regard sur Dean en se mordillant la lèvre inférieure.

"Ecoute... Je sais de quoi ça avait l'air... A ta place, j'en aurai sans doute conclu la même chose. Et je vais pas te mentir... J'en avais très envie dans les toilettes à ce moment là..."

A quoi bon mentir de toute façon ? Le jeune homme n'était pas idiot, il était tout à fait capable de décrypter ce qu'il voyait.

"Mais c'était purement physique. Rien de comparable à ce que je peux ressentir pour toi. Je n'ai aucune excuse. Je ne m'attends pas à ce que tu m'excuses. Je veux simplement que tu comprennes que je suis un homme. Avec des besoins et dernièrement... j'ai pas franchement eu le loisir de les assouvir. Et Robin était là... plutôt jolie et désirable. Elle était là à la base uniquement pour m'apporter une commande que je lui avais passé. Elle n'était qu'un intermédiaire. Je ne la connaissais pas. Mais sur le moment, j'étais heureux de recevoir ce que j'avais commandé. Alors, oui, on s'est embrassé. Oui, on serait certainement allé plus loin si tu n'étais pas entré..."

Il triturait le bas de sa veste de nervosité. Il n'osait plus regarder Dean de peur de lire le dégoût et la colère dans son regard. Il savait que ce qu'il avait fait était mal. Et s'il devait revenir en arrière, il s'abstiendrait sans doute sur beaucoup de choses.

"Mais ça change rien au fait que je ressente des choses pour toi... C'est pour ça que je suis là. Pour essayer de me racheter un peu. Parce que j'ai conscience de t'avoir fait du mal. Mais la situation est assez compliquée pour moi. J'arrive à peine dans un pays étranger. Je ne suis pas franchement la personne la plus adaptée pour toi. Et je ne parle même pas de notre différence d'âge. J'ai pas envie de te faire souffrir sans le vouloir Dean. Je le supporterais pas."

Nahuel redressa la tête pour affronter son regard. Essayer d'apercevoir ce qu'il pouvait penser.

"Je me suis dit que c'était mieux si je gardais les distances entre nous. Que c'était mieux pour toi. Mais plus le temps passe et plus je pense à toi. Moins j'arrive à me passer de ta présence. J'adore les moments qu'on passe ensemble et j'en ai assez de faire comme si on était que amis. On sait tous les deux qu'il n'y a pas que ça. Et j'espère sincèrement que mon attitude de l'autre jour n'a pas tout foutu en l'air."

Oui, il l'espérait de tout son être. Il espérait qu'il n'était pas trop tard pour séduire Dean et commencer à faire un bout de chemin avec lui.


Nahuel Muñoz
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Dean Forbes

Dean écouta avec intérêt chaque phrase de Nahuel. C'était bien la première fois que son ami se confiait de la sorte. Jusqu'à aujourd'hui ils n'avaient jamais évoqué des sujets personnels aussi sérieusement. Ils étaient tous deux passés maîtres dans l'art du badinage et des sous entendus -ils avaient longtemps privilégié ce mode de communication d'ailleurs- si bien que Dean était presque surpris de voir son ami se livrer de la sorte et jouer la carte de la sincérité. C'était une facette de la personnalité de l'argentin qu'il découvrait: Un Nahuel plus sensible, moins sûr de lui, plus profond que ce qu'il voulait bien laisser croire de prime abord. Il ne lui épargnait rien, évoquant tour à tour les besoins physiques qui l'avaient poussés dans les bras de Robin, les émotions véritables qu'il suscitait en lui, ses doutes et enfin, ses craintes d'avoir tout gâché entre eux.

Dean aimait le Nahuel séducteur, l'homme culotté. Le joueur de quidditch un brin arrogant. Le barman sexy qui vous donne envie de prolonger votre soirée au comptoir jusqu'au bout de la nuit. Pourtant à cet instant précis,  il était littéralement sous le charme de l'homme complexe qui semblait se cacher derrière cette façade désinvolte. Il avait le sentiment d'avoir à peine effleurer un pan de la personnalité de son ténébreux ami et cela n'était pas pour lui déplaire... Nahuel ne se livrait pas facilement et Dean avait réussi à briser  la première strate d'une carapace composée de plusieurs couches. Il lui avait fallu prendre des mesures draconiennes, s'imposer une distance dont il n'avait pas envie au fond mais cela avait finalement porté ses fruits.

Il devait dorénavant écouter son instinct et mettre de côté ses réticences même s'il avait le sentiment que rien n'allait être facile avec Nahuel. Il se doutait que cet aspect fragile de la personnalité de son ami allait vite disparaitre dès qu'il se laisserait tenter par les lèvres chaudes et charnues de l'argentin, mais c'était justement ce qui lui plaisait: Le goût du challenge, être capable d'aller chercher le vrai Nahuel: Comprendre ses doutes. Lever le voile sur son passé.
Lui pardonner, c'était la perspective de vivre une relation passionnée et passionnante loin de la triste banalité du quotidien. Malgré son jeune âge, Dean savait parfaitement ce à quoi il aspirait dans la vie et il préférait vivre cette expérience brulante plutôt que de passer à côté.

Pour autant, il ne voulait pas donner l'impression d'avoir passé l'éponge trop rapidement sur l'affaire Robin. Il y avait quelques mises au point à apporter avant d'envisager cette liaison:

"Tu veux que je te réponde franchement ? Bien sûr que tu as tout foutu en l'air. Quelle question !" lança-t-il en se levant pour rejoindre Nahuel de l'autre côté de la pièce.
Il s'arrêta devant l'argentin et cala les mains au fond de ses poches, savourant silencieusement l'effet de sa petite tirade sur l'argentin. Pour une fois que c'était lui qui détenait l'avantage , il comptait bien en profiter quelques instants. Ce n'était pas méchant, juste un peu taquin, et puis il était persuadé que Nahuel finirait par lui pardonner son comportement... Il serait culotté de ne pas le faire !

"T'as tout foutu en l'air, répéta-t-il alors avant d'ajouter sur le même ton,.. mais tu t'es bien rattrapé aujourd'hui."

Il attendit que son ami comprenne bien le sens de ses paroles pour laisser fleurir un léger sourire en coin enfantin.

"Ne crois pas que ça sera aussi facile la prochaine fois, insista-t-il toutefois en levant un index entre eux, je ne suis pas partageur... Pas du tout." ajouta-t-il en se penchant légèrement pour enfin embrasser Nahuel.
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Les mots furent encore plus dur à entendre qu'il ne l'aurait cru. Dean n'y alla pas de main morte. Toute la culpabilité qu'il pouvait ressentir lui fit monter le rouge aux joues d'embarra. Il se mordit l'intérieur de la joue pour ne pas laisser ses lèvres trembler. Les yeux fixement rivés sur le sol, Nahuel hocha légèrement la tête. Il avait compris, ce n'était pas la peine de chercher à se justifier davantage. Il ne ferait que se ridiculiser. Son ami n'était pas prêt à lui pardonner. Pourtant, il ne semblait pas avoir complètement vidé son sac puisqu'il s'approcha de lui, se posant à quelques centimètres de lui.

L'argentin ne releva pas le regard tout de suite, il ne voulait pas lui montrer la souffrance que ses paroles lui infligeait. Il avait vécu bien pire que ça après tout. Ce n'était jamais agréable de se faire repousser mais il y avait pire. Il devait prendre sur lui, remettre les couches d'indifférences qu'il avait laissé tomber quelques minutes auparavant pour un résultat peu concluant. Il redressa néanmoins les yeux pour se faire accuser une nouvelle fois d'avoir tout gâcher. Il le savait qu'il était la cause de ce gros gâchis. Mais pourquoi continuer à l'accabler de la sorte ? Pourquoi ne pas tout simplement lui demander de partir ?

Il ne comprit pas tout de suite les dernières paroles du jeune homme. Trop occupé qu'il était à essayer de sortir les précédentes de sa tête et à ne pas les laisser l'affecter. Il fronça donc les sourcils d'incompréhension en le voyant sourire. Il mit un certain temps à assimiler ce qui se passait. Serait-ce une façon de lui dire qu'il lui pardonnait ? Qu'il était prêt à mettre tout ça derrière eux ? Dean leur offrait une chance d'essayer. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres. Il avait du mal à croire en sa chance. Mais le baiser qui conclut leur échange ne lui laissa aucun doute. Il enlaça les hanches du jeune homme pour lui rendre son étreinte avant de se reculer légèrement pour le regarder.

"C'est promis, je serais sage."

Un franc sourire éclaira son visage alors qu'il réalisait la chance qu'il avait. Les deuxièmes chances n'étaient pas facile à obtenir et Dean lui en offrait une. C'était à lui de ne pas le décevoir désormais. Il caressa tendrement la joue du plus jeune avant de poser à nouveau ses lèvres sur les siennes. C'était un baiser plus entreprenant, plus intense. Nahuel essayait de lui prouver d'une façon ou d'une autre qu'il n'y avait que lui qui comptait pour lui désormais. Il était le seul qui avait une réelle importance à ses yeux. Le reste n'était que secondaire ou du moins, il voulait que ce le soit. Il finit par le relâcher, un sourire un peu timide aux lèvres.

"Tu es sûr de toi ? Tu es sûr que c'est ce que tu veux ? Je veux dire... Tes parents vont pas mal le prendre ? Ta mère a pas l'air de m'apprécier plus que ça..."

Il ne voulait pas casser leur petit moment de joie mais il voulait être sûr de certaines choses avant qu'ils n'aillent plus loin. Il ne voulait pas souffrir et encore moins faire souffrir Dean en commençant une relation qui ne pourrait jamais aboutir complètement. Nahuel avait déjà beaucoup d'obstacles de son côté et il pensait pouvoir faire en sorte que ça fonctionne. Il voulait être certain que du côté de Dean ce soit le cas également. Avant qu'ils ne soient trop attachés l'un à l'autre. Même si pour lui, c'était déjà trop tard.


Nahuel Muñoz
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Dean Forbes
18 ans, Étudiant à l'institut des Arts Magiques

"T'as intérêt."

C'était dit avec un sourire enjôleur mais c'était vrai: Nahuel n'aurait pas de deuxième chance, il ne devrait se tenir à carreau tant Dean n'était pas partageur.

Mais pour l'heure le jeune étudiant était ravi ! Il avait réussi à dompter son beau ténébreux, à le faire plier et peut-être même plus. Il avait eu raison d'insister, d'entreprendre,  chaque jour. "La chance sourit aux audacieux" disait souvent son père et Dean avait justement su se montrer particulièrement téméraire pour arriver à ses fins.

Et il avait réussi ! Il pouvait le deviner dans l'étreinte passionné de Nahuel, dans ces baisers ardents. L'attente et les mois d'incertitude qui avaient précédé cet instant le rendait encore meilleur. Pourtant le bel argentin enfin -son bel argentin- ne semblait pas prompt à profiter pleinement de cet instant d'ivresse. En effet, il s'inquiétait de savoir si Dean était sûr de lui. Le pianiste poussa un léger soupir et enserra le visage de son amant entre ses mains

" Ça fait trois mois que je te cours après et tu oses me demander ça ? Sérieusement ?  Idiot !"

Il l'embrassa avec passion et délice avant de s'écarter de lui une nouvelle fois.

"En plus, on sait très bien toi et moi que j'aurais pu avoir n'importe qui !le taquina-t-il avec son sourire en coin qui dessinait une irrésistible fossette sur sa joue. C'était dit sur le ton de la boutade mais Dean y croyait vraiment. Il n'aurait jamais osé le dire sérieusement, bien sûr,  mais il se savait mignon, plutôt sympa et il avait conscience que son charme et son assurance laissait rarement indifférent ses semblables, mais c'est toi que je veux." finit-il par dire en pointant son index sur le torse de Nahuel.

D'ailleurs, il ne comptait pas attendre plus longtemps ! Il se détourna, traversa la pièce et attrapa son sac à dos qui trainait non loin du piano à queue pour le jeter sur ses épaules.

"Et pour ce qui est de mes parents ça ne les regarde pas, c'est ma vie." souffla-t-il en balayant le sujet d'un revers de main. Le ton était donné il n'avait pas envie de parler de ça.

Les choses n'étaient pas aussi faciles qu'il le prétendait mais il ne voulait pas gâcher les premiers instants de son couple avec le fait qu'il n'assumait pas encore son homosexualité dans sa famille. Il avait du mal à se confronter à cette réalité, lui qui mettait un point d'honneur à dire qu'il s'assumait pleinement et qu'il se sentait bien dans ses baskets.

Mais l'heure n'était pas à le remise en question. Dean chassa bien vite ces désagréables pensées de son esprit et referma d'un geste précautionneux le pupitre au dessus du clavier du piano. Il ramassa ses partitions d'un coup de baguette puis il retourna sur ses pas pour se planter devant Nahuel:

"Bon. On va chez moi ?" lança-t-il alors avec une insolence toute juvénile.

***

"Le doyen de l'Institut devrait équiper les chambres étudiantes de lits deux places, Dean se hissa sur ses coudes pour balayer la petite pièce du regard et ajouta, et d'un frigo aussi. Y en a marre de faire le trajet jusqu'à la cuisine commune." Éloignée de seulement 20 mètres, au bout du couloir." J'ai une de ces soif. " ajouta-t-il en reposant sa tête sur l'oreiller et en reportant son attention sur son amant couché à ses côtés entre lui et le mur.
"On a pas le droit de faire léviter la nourriture dans les couloirs, c'est vraiment dommage, expliqua-t-il alors.
Merlin, il était trop bavard. Le moment qui suivait les premiers ébats le rendait toujours un peu nerveux et il se mettait à babiller inutilement comme Gaby savait si bien le faire...et ce n'était pas peu dire !
Dean s'imposa donc le silence, observa le plafond quelques instants avant de se lever d'un bond.
"Je vais chercher à boire." décida-t-il.
Il enfila un caleçon puis un pantalon et demanda "Tu veux quelque chose ?" tout en zippant sa braguette.

Il allait prendre l'air deux minutes, cela lui ferait du bien. D'ailleurs en parlant d'aération... Il poussa une pile de papier posée sur le rebord devant la fenêtre et ouvrit le battant pour aérer un peu la pièce. Il faut dire qu'ils étaient enfermés là tous les deux depuis un sacré bout de temps et que ça commençait à sentir l'hippogriffe ici ! -Expression toute maternelle.

"J'reviens." souffla-t-il en ouvrant la porte. Un courant d'air s'engouffra dans la chambre faisant voler des partitions et d'autres parchemins dans la petite pièce exigüe et encombrée. Il y a avait des dizaines de livres sur la musique et sur les virtuoses étalés un peu  partout et d'autres bouquins moldus et sorciers. Dans un coin, remisé entre un petit bureau et un synthétiseur, une télévision moldue, en état de marche avait trouvé sa place sur une étroite commode où Dean rangeait ses vêtements.

Ce dernier grimaça quelque peu en voyant voler ses documents et il referma aussi tôt la porte derrière lui pour anéantir le phénomène. Bon. Il devait arrêter de stresser comme ça. Il avait été performant non ? Il lui semblait que oui mais...comment en être sûr ? Ce n'était certes pas la première fois pour lui et, pour sa part, il avait passé un vrai bon moment mais Nahuel avait plus d'expérience que lui en la matière... Dean espérait avoir été à la hauteur.

"Tu l'as été ." tenta-t-il de se persuader tandis qu'il passait devant les portes des chambres de ses camarades. Et puis, après tout,  il était prêt à redoubler d'efforts pour se perfectionner, songea-t-il alors avec un sourire coquin. Prendre des cours particuliers tous les jours avec son bel amant... C'était une perspective intéressante et cela lui redonnait le sourire !

Ce fut donc un Dean, plus détendu qui pénétra de nouveau dans la chambre quelques minutes plus tard. Il referma la porte d'un geste savant du talon et tandis sa boisson à Nahuel tandis qu'il s'asseyait sur le tabouret le dos tourné à son synthétiseur. D'un geste du pieds il écarta le sac à dos qu'il avait abandonné au sol en arrivant puis il reporta son attention sur Nahuel pour le dévorer du regard d'un air énigmatique. Merlin, il était beau comme un dieu !

Le silence ne semblait plus le gêner dorénavant et il se laissa aller à sa contemplation avec une certaine satisfaction.
Nahuel MuñozExilé clandestinavatar
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L'ultimatum était posé, Nahuel n'aurait pas le droit à une troisième chance. Mais il n'y avait pas de raison qu'il en ait besoin, il était sûr de ses sentiments et il n'avait pas l'intention d'aller jouer les Don Juan. Il avait néanmoins l'impression qu'il devrait faire attention et ne pas se montrer trop ambiguë avec ses relations, Dean semblait être quelqu'un de très jaloux. Et parfois, l'Argentin pouvait se montrer un peu trop aguicheur avec ses clients ou avec ses connaissances. Il ne se contrôlait pas toujours, tout ceci n'était qu'un jeu pour lui et il allait devoir faire plus attention à l'avenir. Du moins lorsque le jeune homme serait dans les parages.

Toutefois certaines questions restaient en suspens et Nahuel prit sur lui de les poser. Même s'il aurait préféré penser à autre chose et profiter de leur toute nouvelle relation, il devait s'assurer de certaines choses. Mais Dean éluda la plupart d'entre elle et l'Argentin ne put s'empêcher de sourire aux réponses qu'il lui donna tout en lui rendant son baiser. Il haussa un sourcil amusé lorsque le jeune homme se vanta ouvertement. Un sourire narquois s'étira sur ses lèvres alors qu'il fixait le blond face à lui.

"Attention, tes chevilles commencent à enfler."

Son sourire se fit amusé alors qu'il se penchait pour lui voler un baiser avant de se reculer légèrement.

"Mais tu as raison sur un point. Tu aurais pu avoir n'importe qui et tu t'encombres d'un vieil Argentin ronchon."

Une lueur amusé traversa son regard avant de disparaître lorsque Dean évoqua ses parents. En un sens, il avait raison, c'était sa vie mais il ne voulait pas qu'il s'embrouille avec sa famille juste pour lui. Il savait les ravages que pouvaient faire une relation dans une famille et il voulait que Dean en soit conscient et qu'il prenne ses décisions en conséquence avant qu'il ne soit trop tard. Toutefois, il n'eut pas le cœur à insister. Il aurait tout le temps de le faire plus tard et il n'avait pas envie de gâcher leurs premiers instants. Un sourire mutin s'esquissa à la commissure de ses lèvres lors que le jeune homme se posta devant lui insolemment.

"On va chez toi", confirma-t-il en hochant la tête avec un sourire.  

***

Nahuel écoutait Dean parler d'une oreille, l'inquiétude commençait à monter en lui. Est-ce qu'il parlait autant pour ne pas laisser un mal-aise s'installer entre eux ? Ou alors essayait-il de cacher sa nervosité ? A moins qu'il cherche à cacher sa déception. Peut-être n'avait-il pas été à la hauteur. Il fallait dire qu'il y avait un moment qu'il n'avait pas pratiqué, il avait peut-être perdu la main. Il ne pensait pas mais savait-on jamais. Lui avait passé un excellent moment mais peut-être que ce n'était pas réciproque. Sa nervosité monta d'un cran quand le jeune homme décida d'aller leur chercher à boire.

L'Argentin le regarda sortir de la chambre avec une certaine appréhension. Il avait donc été si mauvais que ça ? Un pli soucieux se dessina sur son front alors qu'il se laissait retomber contre les coussins. L'air frais qui entrait dans la pièce par la petite fenêtre était agréable. Elle permit de lui remettre les idées en place. Il pourrait toujours se rattraper plus tard. Les premières fois avec un nouveau partenaire était toujours compliqué. Il fallait appréhender son nouveau partenaire. Un soupir lui échappa alors qu'il tentait de se convaincre du mieux qu'il pouvait. Lorsque la porte de la chambre se rouvrit du Dean était légèrement plus serein. Son amant semblait également avoir retrouvé une forme de sérénité. Ou du moins, il ne parlait plus autant qu'avant de partir. Au contraire, il ne disait plus rien et le fixait avec un léger sourire. Nahuel aurait presque préférait qu'il parle. C'était lui qui était gêné d'être dévoré du regard de la sorte. Il baissa le regard sur son soda avant d'en avaler une gorgée pour se donner une contenance.

Lorsqu'il releva le regard, Dean le contemplait toujours ce qui tira un sourire amusé à l'Argentin. Il le fixa en retour, la courbe de ses épaules, les traits de son visage, la petite fossette sur sa joue qui était trop craquante. Le jeune homme était parfait et il était à lui. Il avait encore du mal à réaliser qu'ils étaient ensemble que c'était bien réel et qu'il avait repoussé tous ses doutes et toutes ses hésitations. Ils avaient mis le temps mais ils avaient fini par s'avouer ce qu'ils ressentaient. D'une impulsion, il se leva pour rejoindre son amant et lui voler un baiser passionné. Il plongea la main dans ses bouclettes blondes et approfondit son baiser avant de se reculer légèrement pour plonger son regard dans le sien.  

"Je suis d'accord sur le fait que ton doyen devrait sérieusement envisager de mettre des lits deux pièces dans vos chambres, lâcha-t-il moqueur. Quoique ça permet de se tenir chaud", ajouta-t-il dans un sourire coquin.

Il resta un moment à l'observer sans rien dire. Heureux de ce moment qu'il passait entre eux. Son regard se perdit ensuite par la fenêtre qui laissait entendre les allers-et-venus des étudiants. Un courant d'air lui ébouriffa les cheveux et fit voler quelques partitions du bureau de Dean. Il essaya d'en rattraper quelques unes au passage mais il ne réussit qu'à attraper un tract caché sous les notes de musique. Il fronça légèrement les sourcils en reconnaissant le flyer et le tendit au jeune homme la mine soucieuse. Le titre était bien visible avec sa typographie particulière. On ne pouvait pas passer à côté du LiberAvon.

"Tu en as beaucoup d'autres des comme ça ?"

Il devait savoir jusqu'où Dean était impliqué et jusqu'à quel point il souhaitait réellement l'être. A sa connaissance, il ne l'avait vu à aucune réunion du LEXIT mais ça ne voulait rien dire, il avait très bien pu dissimuler son apparence.



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Dean Forbes

Dean répondit au sourire de son amant par un simple clin d'œil complice. L'instant était parfait, il ne pouvait pas rêvé mieux. Nahuel était nu dans son lit, et lui, il se sentait comblé, en un mot: Heureux. Son sourire s'agrandit lorsque le bel argentin le rejoignit pour l'embrasser, brisant la distance et le silence qui les séparaient. Dean s'abandonna à cette étreinte tandis que Nahuel plongeait ses mains dans son cuir chevelu. Quelle douce sensation...

Dean voulait passer le reste de la journée dans ses bras: Décommander son déjeuner avec Claire Kane, reléguer aux oubliettes son cours de piano de l'après-midi et annuler la soirée étudiante prévue le soir même. Il allait se faire porter malade et profiter du corps parfait de son amant, toute la journée, songea-t-il en enserrant de ses bras la taille de Nahuel. Il déposa un baiser sur son torse et rit à sa remarque, la bouche toujours collée sur sa peau.

"Je suis déjà assez chaud comme ça." répondit-il en relevant des yeux coquins vers Nahuel. Il laissa courir ses mains sur son postérieur avant de le gratifier d'une innocente fessée qui lui arracha un petit rire taquin.

Merlin ce qu'il se sentait bien, se dit-il en pivotant sur son tabouret pour faire face à son clavier et tourner le dos à Nahuel.  Il pianota quelques notes d'une mélodie enjouée  qui résonnèrent dans la chambre tandis qu'un nouveau coup de vent faisait s'envoler ses partitions. Il faudrait qu'il les range... plus tard.

Il jouait toujours son morceau lorsque Nahuel planta dans son champs de vision un tract de LiberAvon. Loin d'être impressionné ou gêné d'être pris en faute, le pianiste continua son récital en haussant vaguement les épaules.

"J'en ai d'autres, effectivement." Ses doigts couraient encore sur le clavier lorsqu'il reprit "Ce sont des camarades de la section Arts Graphiques de l'Institut qui ont dessiné le logo... Pas mal non ?"

Dean n'était pas un garçon inconscient. Il savait très bien que posséder ce type de tract pouvait lui couter un sale quart d'heure -voir même plus- dans les locaux de la Milice mais il sentait qu'il n'avait rien à craindre de Nahuel de ce côté là. Pourquoi ? Tout simplement parce que son amant cachait un plus lourd secret que le sien. Dean avait bel et bien participé à quelques réunions d'étudiants mécontents de la politique de Marchebank. Il avait apporté son aide aux rédacteurs de LiberAvon en effectuant une relecture de leurs articles pour supprimer les coquilles oubliées ça et là. Son activité résistante se limitait à cette expérience mais il était prêt à parier que ce n'était pas le cas de Nahuel.

Dean interrompit le morceau joyeux qu'il avait entamé un peu plus tôt et posa ses mains sur ses cuisses durant quelques secondes. Il risqua un regard en direction de son argentin, se demandant s'il comptait parler de lui-même de son implication dans un réseau résistant puis il prit une légère inspiration et se lança en enfonça les premières touches d'une nouvelle mélodie.

Il y avait trop de non dit dans la vie de son amant. Il était agréable, loquasse, charmeur mais dès que Dean cherchait à en savoir davantage sur qui il était vraiment, Nahuel esquivait toujours. Pourquoi n'était-il pas allé acheter une baguette chez Ollivander comme tout le monde ? Qui était ce frère qu'il ne lui avait jamais présenté ? Pourquoi était-ce si difficile et contraignant pour lui d'avoir à quitter Bristol ? Était-il inquiété par la Milice ? Avait-il quelque chose à se reprocher ?

"You take me down, Spin me around, You got me running all the lights, commença-t-il d'une voix légèrement enroué. Il était meilleur pianiste que chanteur mais cela ferait l'affaire, Don't make a sound, Talk to me now, Let me inside your mind"

Il y avait tellement de choses qu'il ne savait pas de Nahuel. Il avait été séduit par son assurance mais aussi par cette part de mystère qui émanait de lui. Son passé en argentine, sa vie à Bristol dont il ne connaissait presque rien si ce n'est ses activité de barman. Pourtant, aujourd'hui, Dean avait envie que son amant ne soit plus un inconnu et qu'il se livre enfin. Quoiqu'il ait fait par le passé et quoiqu'il fasse aujourd'hui.

" I don't know what you're thinking sugar
But I just got that feeling sugar
I can hear the sirens burning
Red lights turning
I can't turn back now
So hold on tight"


Même si cela impliquait des activités illégales ou dangereuses. Dean se sentait prêt à le suivre dans cette démarche. Il adhérait déjà aux idées révolutionnaires des habitants de Bristol, il avait juste besoin de quelqu'un de fiable pour l'introduire dans un réseau résistant plus élaboré et il était sûr que Nahuel était la bonne personne vers qui se tourner.

"I don't know where the lights are taking us
But something in the night is dangerous
And nothing's holding back the two of us
Baby this is getting serious
Oh, oh, oh, oh, oh
Dangerous
Oh, oh, oh, oh, oh"


Encore fallait-il que son amant accepte de lui parler de son histoire et de son parcours et qu'il veuille bien le parrainer en dépit du danger.

" It's dangerous so dangerous
I wanna do it again
Come on baby
It's dangerous so dangerous
I wanna do it again
It's dangerous so dangerous
I wanna do it again"


Dean ne pouvait pas être plus clair, il savait que potentiellement, Nahuel pouvait être une sorte de "menace" pour sa petite vie tranquille et bien rangée mais il n'aspirait pas à autre chose que d'être à ses côtés et de partager ses convictions et son combat. Dean interpréta donc le morceau jusqu'au bout, jusqu'aux toutes dernières notes de piano puis il se tut, plongeant la chambre dans un long silence.

"Je pense qu'on ne peut plus remettre cette conversation à plus tard, Nahuel." finit-il par dire en levant un regard tendre vers son amant pour l'inviter à se confier.
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La remarque lubrique de Dean tira un sourire mutin à Nahuel. Il n'était pas contre l'idée de remettre le couvert. Il enserra le torse de son amant se collant contre son dos lorsqu'il se tourna vers son piano, parsemant sa nuque de baisers tendres. Il écoutait les notes d'une oreille distraites alors qu'il se perdait dans ses pensées. Un coup de vent le réveilla et lui mis entre les mains un tract qu'il n'aurait pas pensé trouver chez le jeune homme. Il fronça les sourcils fasse à son insouciance. Effectivement, il était dans le même camp que lui mais il venait en deux phrases de sous entendre son appartenance à un groupe terroriste selon les termes du gouvernement et il venait de vendre les créateurs du logo. Heureusement pour lui, Nahuel ne soutenait pas le gouvernement.

"Ne soit pas aussi désinvolte Dean. Imagine que la milice trouve ça chez toi ? Je doute qu'ils trouvent ça coule. Au contraire, tu risquerais de te retrouver au ministère bien plus vite que tu ne le penses... Ou pire."

Sur ce, il ferma prestement la fenêtre de peur que quelqu'un ne surprenne leur discussion. Peut-être que le jeune homme ne prenait pas tout ça au sérieux mais le danger était bien réel. Et il venait partiellement d'avouer qu'il prenait part à tout ça. Il se doutait que son amant avait des soupçons après tout ils avaient déjà parlé politique ensemble et Nahuel avait certaines fois sous entendu que le gouvernement anglais n'était pas aussi transparent qu'il voulait bien le dire. D'autant que Dean semblait d'accord avec ses idées. Mais il y avait une marge entre en discuter dans un endroit sécurisé et laisser échapper aussi insouciamment son opinion.

Il devait néanmoins admettre que ses camarades avaient fait du bon boulot. Le flyer était très réussi. Toute cette histoire le préoccupait réellement et en fixant Dean, il avait l'impression qu'il souhaitait s'impliquer bien plus qu'il ne l'était réellement. Il fallait qu'il prenne conscience des implications que cela pourrait avoir mais ce serait sans aucun doute beaucoup plus facile de lui parler s'ils partageaient le même secret. D'un autre côté, l'idée que le jeune homme se mette volontairement en danger lui retournait l'estomac. Comment pourrait-il regarder Jonah en face après ça ? Mentir au père de Dean semblait soudainement insurmontable.

Sa gorge se serra alors que son amant commençait une nouvelle mélodie au piano. Il écouta sans rien dire les paroles de son chant. Il était meilleur pianiste que chanteur mais dans l'ensemble, il chantait juste. Dans le cas précis ça n'avait pas la moindre importance. Il attendait de lui qu'il parle qu'il se confie à lui. Mais en avait-il la force ? Comment lui expliquer son passé sans qu'il ne prenne peur ? C'était impossible. Il pouvait parler de son implication dans la résistance mais le reste... il en doutait. Tout ça était bien trop douloureux. Comment lui expliquer Miguel ? Comment lui expliquer son errance alcoolique ? Et son passé de chef de la résistance en Argentine, sa fuite et ce que cela impliquait. Il était un hors la loi. Beaucoup plus que ne l'imaginait Dean. Était-ce vraiment de cette vie là qu'il voulait ? Était-il réellement près à le suivre jusqu'au bout ?

Nahuel avait peur de ce qu'il pourrait dire ou faire. Il avait secrètement espéré que le jeune homme ne le suivrait pas dans la résistance qu'il pourrait laisser tout ça de côté. Il avait aussi eu l'espoir de pouvoir taire son passé que Dean s'en moquait et qu'il ne voulait pas savoir. Visiblement, il s'était trompé. Il avait des attentes à son égard et elles étaient justifiées. Il inspira profondément avant de se tourner vers la porte de la chambre. Il alla chercher sa baguette dans sa poche et jeta un sort d'insonorisation à la pièce. Il verrouilla magiquement la porte et se tourna vers son amant.

"Ce que je m'apprête à te dire ne dois jamais quitter cette pièce. Certains secrets ne m'appartiennent pas, d'autres... ont été nécessaires pour ma propre protection."

Il vrilla son regard dans celui du jeune homme avec un regard lourd de sens.

"Après toutes mes révélations, tu seras libre de décider si tu souhaites continuer à me fréquenter. Sache que si tu décides de ne plus me voir pour ta sécurité et pour la mienne, je serais sans doute obligé d'effacer une partie de ce que je vais te confier. Ce n'est pas un manque de confiance mais je ne peux pas me permettre de prendre le moindre risque."

Cette alternative lui briserait le cœur mais serait nécessaire. Il ne voyait pas d'autres possibilités. C'était injuste pour Dean mais plus simple aussi à gérer. Ce serait comme si Nahuel n'avait jamais fait parti de sa vie. L'inverse hélas ne serait pas vrai. Continuer de côtoyer le jeune homme serait un supplice. Il espérait simplement qu'il serait capable de passer outre certaines révélations. Il n'avait pas l'intention de parler de son passé en Argentine pour le moment. Rien que son implication dans la résistance active et son statut de clandestin devrait lui permettre d'appréhender la capacité d'encaissement de son amant. Il était encore tellement jeune. Deux ans de moins que lui lorsque Miguel est mort. Que savait-il de la vie à l'époque ? Prendrait-il réellement le risque d'embarquer l'étudiant dans cette voie ? Le choix ne lui appartenait plus vraiment, Dean semblait sûr de lui et il ne pouvait pas lui refuser ce que lui avait demandé avec tellement d'ardeur.

"Je pense que tu l'as deviné, je milite activement pour la résistance. C'est tout récent, j'ai vécu la création du LEXIT mais c'est Esteban qui faisait parti du Kraken. Moi, je ne suis pas à Bristol depuis suffisamment longtemps pour y avoir pris part. Si je suis aussi secret c'est avant tout pour protéger la résistance mais aussi parce que je suis arrivé clandestinement sur le sol anglais. Tous mes papiers sont faux. C'est pour ça que je ne pouvais pas aller acheter ma baguette dans une boutique officielle. Elle aurait été enregistrée à mon nom et je ne peux pas me permettre de prévenir le gouvernement britannique de ma présence sur leur sol."

Il posa un regard rempli d'appréhensions sur son amant. Il voulait être sûr de ne pas l'avoir choqué et qu'il faisait le bon choix en se confiant de la sorte. Il ne voulait pas non plus trop l'effrayer mais il devait comprendre que ses choix n'étaient pas anodins.

"Je peux te faire entrer si tu le souhaites."

Sa voix s'était légèrement étranglée sur sa dernière phrase. Il ne le souhaitait pas vraiment. Il ne voulait pas infliger sa vie et les risques qui allaient avec au jeune homme. Il était encore tellement innocent et il ne se pardonnerait jamais s'il lui arrivait quelque chose.



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Dean Forbes

Dean ne pipa mot devant l'air grave de Nahuel. Il en devenait presque inquiétant avec ses sorts de protection et ses projets d'effacement de mémoire. Le pianiste pivota sur son siège pour faire face à son interlocuteur et resta silencieux, attendant que son amant veuille bien rentrer dans le vif du sujet. Il acceptait les conditions édictées même s'il n'était pas très à l'aise avec l'idée de subir un oubliette. Dean aimait rester maître de lui et de ses actes, il buvait modérément, ne prenait pas de drogue, justement pour pouvoir se souvenir de tout ce qu'il faisait. Se faire effacer la mémoire était contraire à ses principes mais il n'en dit rien. S'il voulait pousser Nahuel à la confidence, il devait, lui aussi, sortir de sa zone de confort.

Les révélations ne tardèrent pas à arriver: Comme Dean l'avait deviné, Nahuel avoua faire partie du LEXIT alors qu'Esteban, son frère, avait rejoint le Kraken avant lui. Le pianiste se redressa imperceptiblement en entendant le nom du groupuscule extrémiste et terroriste. Si Dean partageait les convictions des rédacteurs de LiberAvon, il ne cautionnait nullement les actes de ceux qui avaient manqué de peu de le tuer. Comment Nahuel pouvait il encore parler à son frère alors que le Kraken avait failli les assassiner tous les deux dans l'attentat de Leopoldgrad ?

Grace à ses amis en arts graphiques et à quelques connaissances à Lycaon, tous plutôt engagés politiquement, Dean avait cru comprendre que le LEXIT était un rassemblement de plusieurs groupuscules résistants. LiberAvon était d'ailleurs rattaché à leur antenne communication. Certains membres du Kraken avaient, soit disant, quitté leur groupe initial pour soutenir la résistance plus modérée représentée par le LEXIT. Dean se retrouvait davantage dans cette conception des choses et il espérait sincèrement que le frère de Nahuel faisaient partie des dissidents peu porté sur l'ultra violence.

Le pianiste était curieux de questionner Nahuel sur le sujet mais d'autres interrogations primaient sur celle là. Qui était réellement son amant ? Pourquoi était-il arrivé clandestinement en Angleterre ? Qu'avait-il fait de répréhensible en Argentine pour qu'il soit obligé de fuir son pays d'origine. Si comme Nahuel le sous entendait, sa sécurité n' était pas garantie, il voulait savoir dans quoi -et surtout avec qui- il s'embarquait. Il se sentait vraiment prêt à accueillir les confidences de l'argentin, quelles qu'elles soient mais encore fallait-il que Nahuel veuille bien lui parler de ce qui s'était passé avant son arrivé en Angleterre. Dean se souvenait vaguement de ses cours d'histoire de la Magie contemporaine et il savait que l'Argentine magique était également en proie à quelques conflits internes au pays...

"Qu'est ce que tu as fait pour être obligé de fuir clandestinement ? s'enquit-il alors en éludant volontairement la dernière question de Nahuel. Son adhésion à un mouvement de résistance était éminente, ils le savaient bien l'un et l'autre, l'adhésion de Dean à un mouvement résistant était imminente. Le jeune homme souhaitait plutôt recentrer la conversation sur le reste, les non-dits et le passé de son amant , Je préfère que tu sois sincère Nahuel, je suis prêt à tout entendre aujourd'hui, ici, lui assura-t-il en se levant pour lui faire face,  Je le vivrais mal si je découvre plus tard des trucs importants que tu m’as caché."

Il souhaitait s'engager dans cette relation en toute connaissance de cause quelque soit le passif de son amant.
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De toute évidence, Dean n'allait pas lâcher l'affaire. Il voulait connaître son passé et Nahuel voyait mal comment expliquer sa clandestinité sans évoquer son passif de résistant engagé. En soit, il était fier de ses faits d'armes et du parcours qu'il avait accompli pour son pays. Mais parler de Miguel faisait aussi parti des choses importantes qu'il devait évoquer avec son amant. Comment prendrait-il le fait qu'Esteban n'était pas son frère ? Il n'y avait qu'avec son ami qu'il pouvait librement parler de son aîné. L'espoir de voir Dean dans la confidence était aussi angoissante que libératrice.

Il pouvait en dire trop dans un moment de détente extrême. Il se savait un peu trop prompt à certaine confidence au coin de l'oreiller. Les revendications du jeune homme étaient tout à fait recevables, c'était logique qu'il veuille en savoir le plus possible sur l'homme qui allait quasiment partager son quotidien et qui allait recevoir ses confidences. L'Argentin hocha donc la tête devant la menace à peine voilée. Il savait ce qu'il risquait s'il était pris en plein mensonge. Un léger soupir lui échappa alors qu'il s'asseyait sur le lit face à Dean. Il avala une gorgée de soda pour se redonner une contenance et fixa son amant d'un regard intense.

"J'ai attenté à la vie du dictateur argentin, lâcha-t-il de but en blanc. Je suis le chef d'un groupuscule résistant activement recherché."

Il sonda du regard la réaction du jeune homme. Cette révélation à elle seule pouvait faire peur. Le danger était plus présent que jamais mais ce n'était pas cette confidence qui lui faisait le plus peur. C'était la suite.

"J'étais à deux doigts de réussir à mettre fin à des années de répression mais son premier ministre s'est interposé entre mon sort mortel et le dictateur. Depuis je suis recherché et je risque la peine de mort."

Autant tout avouer. Il baissa le regard sur sa canette, la faisant nerveusement tourner entre ses doigts.

"Je ne sais pas si l'Angleterre et l'Argentine ont échangé des informations ou pas mais si c'est le cas, je suis recherché ici aussi. Entre dictatures, ils doivent bien s'échanger des tuyaux."

Son regard se fit sarcastique. C'était maintenant qu'avaient lieu les vraies révélations. Il ne pourrait pas mentir éternellement pour Miguel mais il devait y mettre les formes. Il prit une profonde inspiration avant de reprendre la parole, laissant le temps à Dean de digérer les premières informations qu'il venait de lui fournir.

"Je ne suis pas arrivé par hasard à la tête de la résistance de Buenos Aires. C'est mon frère aîné et un groupe d'amis à lui qui l'a crée. Ils avaient des projets en tête, des pensées idéalistes, une lueur de fierté brilla dans son regard. J'ai toujours beaucoup admiré mon grand frère. Tellement pacifiste dans sa vision de voir les choses. Il voulait faire bouger les choses sans violence au début. Ça a plus ou moins fonctionné mais la Milice ne rigole pas et face à leur violence, ils ont dû commencer à se défendre. Le groupe a commencé des missions plus osées et plus risquées aussi. Quelques attentats loin de toute zone habitée. Il était hors de question de toucher des civils. Notre combat visait uniquement la dictature et ses emblèmes."

Ce dernier fait n'avait pas changé au cours des années, à aucun moment il n'était question d'un attentat en pleine rue touristique ou commerçante. Les civils n'y étaient pour rien.

"Mon frère refusait catégoriquement que je les rejoigne, il estimait que j'étais trop jeune à l'époque. J'avais dix-huit ans, je venais à peine de sortir de l'école et je voulais suivre ses traces. J'ai refusé le post de gardien que l'équipe nationale de Quidditch m'a proposé. Parce que je n'imaginais pas cautionner cette équipe montée de toute pièce pour la dictature. Je n'étais pas hypocrite au point de supporter de rendre fier un dictateur, je ne voulais pas faire ça pour lui. Alors j'ai pris un poste de barman près de la caserne des miliciens dans l'espoir de glaner des informations. Pour montrer à mon frère que je pouvais servir à quelque chose. Que ma place était bien dans la résistance à leur côté. Ça a duré deux ans. J'ai cru à un moment qu'ils allaient céder, ils venaient d'avoir un coup dur, plusieurs de leurs frères d'armes venaient de se faire tuer ou emprisonner. L'un d'eux a réussi à s'en sortir. Mais au prix d'une trahison. Il les a tous vendu en indiquant l'emplacement du QG."

Ses poings se serrèrent sur ses genoux. La trahison de ce type le rendait furieux à chaque fois, comment avait-il pu vendre ses frères ? Ils seraient tous morts pour lui, ils se seraient sacrifiés pour le protéger mais l'inverse n'avait pas été vrai.

"Le groupe a été détruit et disloqué... Mon frère Miguel est mort ce jour là pour protéger son amant. Il s'est sacrifié pour sauver Esteban d'un sort mortel."

Il détourna le regard, les yeux humides. Il avala difficilement sa salive avant de reprendre sur un ton légèrement enroué.

"Esteban n'est pas mon frère, c'est mon beau-frère. Je l'ai toujours considéré comme mon grand-frère, je voyais rarement Miguel sans Esteban et inversement. J'ai grandi auprès d'eux et mon meilleur ami était le frère d'Esteban. On a tout partagé ensemble. Après l'intervention de la Milice, j'ai cru qu'ils étaient morts tous les deux, Esteban avait disparu. En réalité, il était parti s'exiler ici. Je ne l'ai appris que bien plus tard à mon propre départ. Un ami commun m'a mis sur sa piste juste avant de quitter le pays. Les mois après la mort de Miguel ont été plus que compliqués. Les miliciens sont venus chez nous, ils nous ont arrêté mon père et moi. Les séances de tortures physiques et psychologiques ont duré tant et si bien que mon père a fini par mourir de ses blessures. Ma mère a cru que mes jours finiraient en prison également et elle mit fin à ses jours. Je suis ressorti de prison presque six mois après mon arrestation. J'était brisé et perdu, je suis rentré chez moi pour trouver la maison vide et... j'ai sombré."

Son visage s'obscurcit sous la douleur de ses souvenirs. Il porta sa canette à sa bouche et avala une longue gorgée de soda.

"J'ai essayé de trouver une raison de vivre dans l'alcool avant que Julian le frère d'Esteban ne me trouve. Depuis, je n'ai pas retouché une goutte d'alcool, le sevrage est horrible et surtout... j'ai peur de replonger si je bois à nouveau."

L'état d'errance dans lequel il avait été, il ne le souhaitait à personne et surtout il ne voulait pas le revivre une seconde fois. Il releva un regard désolé sur Dean. Il n'avait rien du héros fier et arrogant pour lequel il se faisait passer.

"Grâce à Julian j'ai appris à accepter le passé. Mais l'un des amis communs de nos frères nous a retrouvé un jour. Il avait fui presque un an avant de réapparaître. C'est là que j'ai compris ce que j'avais à faire. J'ai reformé le groupe de résistance de mon frère que j'ai légèrement... modifié. Un recrutement plus drastique et une méfiance constante de ceux qui sortaient de prison. J'ai utilisé le véritasérum de façon quasi systématique. Peut-être abusivement mais je ne voulais pas que les erreurs du passé se répètent. J'ai sur certains aspects... montré une certaine forme de radicalisation de notre mouvement. C'était un moyen de venger mon frère en même temps que de vouloir libérer mon pays. Je n'ai pas la noblesse d'âme de Miguel, je ne suis pas aussi pacifiste et patient que lui. Tous les moyens étaient bons pour faire plier le gouvernement. Sauf toucher aux civils. Sur ce point, il n'y avait aucune négociation possible."

Il y avait déjà songé mais les argentins n'étaient pas responsable de la sévérité de leur gouvernement. Il y avait des limites à ne pas atteindre.

"Nous avions de nombreux sympathisants mais la paranoïa et peut-être une forme des folies des grandeurs m'a un jour amené à tenter un coup d'état gigantesque. Tuer en plein jour et en plein discours le dictateur. Evidemment, mon orgueil l'a emporté, j'étais persuadé de réussir mais ce ne fut pas le cas."

Un sourire sarcastique s'étira sur ses lèvres. Il vida sa canette d'une traite avant de poser son regard sur Dean.

"Et aujourd'hui... je suis là et ils continuent la lutte sans moi."

Il lui adressa un petit sourire désabusé avant de soupirer.

"Je suis désolé de te dire que je ne pourrais te montrer mon pays que lorsque la dictature sera tombée..."

Malheureusement, ça ne semblait pas être pour tout de suite. Le gouvernement était trop bien implanté au pouvoir. Ce devait être beaucoup d'informations pour Dean et Nahuel appréhendait un peu sa réaction. Il n'avait pas voulu l'effrayer mais il devait comprendre pourquoi il prenait autant de précautions. Ce n'était pas pour lui faire peur mais pour le protéger. Il espérait qu'il comprendrait.    



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Dean Forbes

Qu'est ce qui lui avait plu en premier chez Nahuel ?

Son côté sûr de lui, indéniablement, son charme et son corps d'Apollon, bien sûr, et, surtout, cette part de mystère qui émanait de lui. Depuis plusieurs mois, Dean s'était fait à l'idée que son ami avait un passé qu'il ne souhaitait pas partager. Du moins, pas avec n'importe qui. Lorsque les questions sur sa vie se faisaient trop pressantes, Nahuel changeait habillement de sujet ou usait de l'ironie pour désamorcer une conversation qui pourrait devenir trop sérieuse. Dean avait bien essayé de l'asticoter, au début, mais il avait vite compris que l'Argentin ne révélerait rien. L'étudiant s'était donc mit à émettre des hypothèses en essayant de deviner quel était le passé que Nahuel voulait à tout prix lui cacher ? Il était clair qu'il avait eu des démêlés avec la Justice - il n'avait pas de baguette et il évitait soigneusement la Milice lorsqu'il le pouvait- et il ne semblait plus en contact avec sa famille en Argentine. Dean imaginait Nahuel trainer dans un trafic -la drogue peut-être ou faussaire en baguette-  car il avait ce côté bad boy nécessaire pour se faire une place dans la mafia. Selon son scénario mental,  quelque chose à un moment avait mal tourné -Arrestation ? Prison ?- et on trouvait là l'origine de la rupture familiale et de l'exil en Angleterre de Nahuel chez son frère.

Voila ce que Dean s'était imaginé. Une histoire un peu romanesque en somme, dans laquelle Nahuel tenait un rôle de rebelle au grand coeur...

Mais jamais il n'aurait imaginé, une seule seconde, que son amant puisse être  un meurtrier. Car c'était bien ce qu'il venait de confesser à demi-mot, n'est-ce pas ? Ce ministre qui s'était interposé entre son sortilège de mort et le dictateur, que lui était-il arrivé ? Dean savait lire entre les lignes et il était persuadé que le conseiller en question n'était plus de ce monde aujourd'hui pour en parler.

Légèrement sur la défensive, Dean croisa ses bras sur son torse et s'efforça d'écouter chaque mot de l'histoire de son amant qui remontait le temps pour lui expliquer comment il en était arrivé là:  La dictature en Argentine et ce frère ainé, idéaliste, prompt à faire bouger les choses. Nahuel, jeune, trop jeune, pour espérer rejoindre la cause de son frère.

Pourtant Dean comprenait le jeune Nahuel.  Lui aussi il avait dix-huit ans dans un pays ou, chaque jour, les libertés individuelles et fondamentales étaient bafouées. Jour après jour, l'Etat tentait de les assujettir   et c'était encore plus vrai, ici, à Bristol. Oui, Dean comprenait le jeune adulte qu'avait été Nahuel. Son besoin de se rendre utile. De se battre pour ses idéaux en dépit des interdictions familiales. Il était clairement dans la même posture que lui aujourd'hui...

Mais l'histoire de Nahuel déraillait furieusement à un tel point, qu'elle vous glaçait le sang. Une trahison était à l'origine de cette tragédie et sonnait le glas de sa vie passée et de sa famille.

Dean arrêta littéralement de respirer lorsque Nahuel évoqua la mort de son frère. L'étudiant avait cru initialement que Miguel était l'ainé de Nahuel et d'Esteban mais de nouvelles révélations balayèrent cette certitude.

Esteban était son beau-frère, l'amant du défunt Miguel.

Dean accueillit cette nouvelle en silence. Il resta immobile alors que son cerveau frôlait la surchauffe. Une partie de lui n'était pas sûre de vouloir en savoir davantage. C'était déjà trop et pourtant il n'était pas au bout de ses peines:
Les tortures infligées par le régime, la mort du père de Nahuel, le suicide de sa mère... Comment la vie de son amant avait-elle pu vriller à ce point ? Quelque minutes plus tôt Dean se reconnaissait dans les idéaux et dans les combats de Nahuel mais il prenait seulement maintenant conscience des risques, bien réels, qui le guettaient: Pourrait-il survivre à la torture de sa famille ? A la détresse de ses parents ? Mettait-il tous ses proches en danger en adoptant une position contraire à celle du régime ?

Les  Muñoz  avaient vécu cette expérience et toute la vie de son amant avait été littéralement décimée. Pas étonnant qu'il soit tombé dans l'alcool après ça.
Ces aveux étaient déchirants et résonnaient durement aux oreilles de Dean pourtant l'étudiant n'arrivait pas à faire un pas vers Nahuel pour le réconforter. Pourquoi ? Parce qu'il avait peur d'entendre la suite. Peur de l'homme que Nahuel était devenu après ces épreuves insoutenables. Car il avait trouvé la force de se relever. Il avait puisé dans sa colère, dans ces horreurs passées et dans son désir de vengeance pour se forger cette nouvelle personnalité, paranoïaque, dure, implacable...presque inhumaine. Nahuel assurait n'avoir jamais visé les civils dans sa radicalisation et Dean espérait sincèrement qu'il disait vrai. C'était un point de non-retour auquel il était plus que jamais attaché. Pourtant, aveuglé par la haine, et guidé par sa mégalomanie,  Nahuel avait bel et bien envisagé un meurtre, celui du dictateur argentin... Cela s'était soldé par la mort du conseiller et l'exil de son amant, activement recherché par la police de son pays et, peut-être par la Milice anglaise.

Le récit de Nahuel s'arrêtait là et Dean n'avait pas bougé d'un millimètre depuis le début. Il était toujours debout face à son amant, les bras croisés, hésitant sincèrement entre demander à Nahuel de quitter la pièce ou d'en révéler davantage.
Nahuel était dangereux pour lui. Il avait commis un meurtre. Pire même, un assassinat. Il ne pouvait pas envisager une seule seconde rester avec lui et mettre en danger les siens et lui-même. Dean ne voulait que sa propre existence déraille comme celle de son amant. Il était promis à un brillant avenir, il avait une famille aimante et il pourrait se trouver un nouveau mec en un claquement de doigts. Ce n'était pas ce qui manquait à l'Institut...  Alors pourquoi s'encombrer d'un criminel ?

Sa raison lui dictait de ramasser les affaires de Nahuel et de les lui tendre sans un mot pourtant il ne parvenait pas à faire ce geste. Il n'en avait pas envie. Quelque chose l'en empêchait. Nahuel était peut-être mauvais pour lui mais il l'avait dans la peau. Il ne pouvait pas s'empêcher de lui chercher des excuses -sa vie avait été si chaotique après tout. Et puis, il n'était plus cet homme là, ce mégalo assoiffé de vengeance, n'est ce pas ? Il avait changé, il avait appris de ses erreurs passées, se plaisait-il à penser, et il ne les réitérerait pas.

Nahuel avait un passé, lourd et difficile, mais c'était son futur qui intéressait Dean. Futur dont il comptait bien faire partie. A quoi aspirait Nahuel aujourd'hui ? Comment envisageait-il sa nouvelle vie en Angleterre ? Était-il prêt à faire des concessions pour lui ?

Dean était prêt à accepter ce passé sans porter de jugement -du moins sans verbaliser ses craintes- mais il devait s'assurer que Nahuel et lui étaient bien sur la même longueur d'onde. Il y avait encore quelque points à tirer au clair avant ces ultimes questions d'ailleurs:

"Nahuel Muñoz est ton vrai nom ? demanda-t-il alors, et c'est ta véritable apparence ? ajouta-t-il en le désignant de la main.
Si son amant était activement recherché peut-être avait-il cherché à brouiller les pistes, songea-t-il avant de poursuivre.

"Je te remercie de m'avoir accordé ta confiance et je suis vraiment désolé pour tout ce qui t'est arrivé. désolé pour la mort de sa famille, désolé pour l'homme qu'il était devenu suite à ça, J'imagine que tu vis l'Angleterre comme un nouveau départ, peut-être comme  une opportunité de vivre une existence un peu plus apaisée, Tu attends quoi, au juste, de ta vie ici ? Et jusqu'où es-tu prêt d'aller pour obtenir ce que tu souhaites."

Si Nahuel envisageait de tuer de sa main Leopold Marchebank, leur histoire s'arrêterait là, décida-Dean. Certes ils se battaient pour un idéal mais il n'était pas prêt à tout risquer pour cela...
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Dean semblait tendu, il avait pu voir son attitude changer à mesure qu'il parlait. Il avait cru capter une lueur de dégoût et de doute chez le jeune homme lorsqu'il avait confessé son crime. Comment lui en vouloir ? Il était un homme dangereux, il avait un passé chaotique et rien ne pourrait changer ça. Il ne ressentait aucune culpabilité pour son crime, le seul regret qu'il avait c'était d'avoir manqué sa cible. Il ne serait pas là aujourd'hui si tel avait été le cas. Il n'aurait d'ailleurs sans doute jamais rencontré son jeune amant. Et il n'aurait sans doute pas eu le loisir d'avoir droit à une deuxième chance. Il avait le moyen de recommencer une vie loin de tout crime. Mais il recommençait en s'intégrant à un groupe de résistance. Sauf que cette fois-ci, il ne s'impliquerait pas de la même manière. Il avait retenu de ses erreurs. La liberté avait un prix qu'il n'était plus prêt à payer.

Il n'était pas un assassin. Sa haine l'avait aveuglé, il avait uniquement voulu venger Miguel et s'il s'écoutait, son désir était encore présent. Sa colère et sa tristesse l'avaient plongé dans une détresse profonde. Il avait été prêt à tout pour faire taire ses sentiments. Entraîné dans une violence dévastatrice et de plus en plus présente, son âme s'était pervertie. Il n'y avait plus vraiment de frontière entre le bien et le mal. Il était devenu un animal au même titre que les hommes qu'il combattait. Une fois cette constatation faite, il savait ce qu'il était prêt à faire pour rendre sa liberté à l'Angleterre.

Il pouvait leur apporter son expérience mais aussi faire en sorte qu'Esteban ne fasse pas l'irréparable. La mort de son Klemens l'avait ébranlé et il semblait prêt à se sacrifier pour tenter de venger son amant mort. Une vengeance à la place d'une autre peut-être ? Nahuel devait éviter ça à tout prix. Peut-être que Leopold Marchebank ne quitterait pas le pouvoir de son plein gré mais s'il devait mourir ce ne serait pas de sa main ni de celle d'Esteban. Il ne voulait plus semer la mort autour de lui, il y en avait déjà trop eu. Mais il ne pouvait pas non plus rester à rien faire face aux injustices. Il avait l'impression de redevenir l'adolescent qu'il avait été en quelque sorte. Il retrouvait une forme d'idéalisme même s'il ne se faisait plus aucune illusion sur le monde.

Dean avait cette fougue de la jeunesse. Une utopie plein la tête, la même qu'il avait lui-même au même âge. Mais dans son regard, il voyait désormais le doute, la méfiance et la peur. Il avait essayé de le prévenir, ce qu'il avait à raconter n'avait rien de plaisant ou de romanesque. Il n'était pas une petite frappe des bas quartiers. Il était un homme hanté par un passé bien trop lourd à porter. Ses parts d'ombres n'avaient rien de rebelles, elles étaient bien réelles et beaucoup plus sombres qu'il n'y paraissait. Il n'était pas un enfant de cœur, loin de là.

Maintenant, son amant savait et il avait le choix. Accepter son passé et celui qu'il était devenu ou alors le mettre dehors et le chasser de son existence. Nahuel priait pour la première solution mais il comprendrait la seconde. Il était prêt à effacer toute trace de lui de l'esprit de Dean et disparaître de sa vie à jamais. Ce qui impliquerait de quitter l'équipe de Quidditch et ne plus jamais fréquenter les lieux où Dean allait. Un lourd sacrifice mais un sacrifice qu'il était prêt à faire par amour pour le jeune homme. Pour qu'il vive sa vie et qu'il ait l'opportunité de tout recommencer à zéro.  

Il retenait néanmoins son souffle, attendant que son amant ne prenne la parole. Les premières questions tombèrent ainsi que des remerciements. Il hocha la tête lorsqu'il lui présenta ses condoléances. C'était presque trop ancien pour qu'il s'attriste encore réellement. Il courrait après des fantômes la plupart du temps et son avenir n'était qu'incertitude. Il ne savait sincèrement pas comment répondre à Dean. Il ne savait pas quoi attendre de sa vie, il n'en avait tout simplement pas la moindre idée. Il ne savait pas quoi faire. Pour la première fois de sa vie, il n'avait aucune envie particulière. Juste... vivre.

"Nahuel Muñoz est mon vrai nom et c'est ma vraie apparence. J'avais un pseudo dans la résistance. J'étais Ezequiel. C'est mon deuxième prénom, il leva un regard incertain sur Dean. Ils n'ont jamais fait le lien entre Ezequiel et Nahuel et pour mon physique... il y a eu des portraits robots après mon coup d'état mais... ils ne sont pas très ressemblants... La seule façon de me retrouver c'est... ma baguette magique. C'est pour ça que j'en ai changé. Esteban par l'intermédiaire de Robin m'en a trouvé une nouvelle."

Il baissa le regard à nouveau. Il se sentait tellement... minable tout à coup. Il posa une main sur son front en ramenant ses genoux contre lui.

"Je suis désolé Dean. Je ne suis pas l'homme que tu crois. Je ne suis pas juste un petit rebelle trafiquant de Mona Lisa. Je t'impose un lourd passé et un lourd secret. Je comprendrais que tu ne veuilles pas continuer avec moi. Je comprendrais que tu aies peur de rester avec moi. Je suis dangereux. Mon univers est dangereux. Ma seule présence dans cette pièce est un potentiel danger pour toi et ta famille. Malheureusement, c'est ça la résistance. La peur permanente, la méfiance permanente de tout et de tout le monde. Une simple erreur peut-être fatale. Mon frère... en a fait les frais."

Il poussa un soupir en passant une main perplexe dans ses cheveux.

"En ce qui concerne mon avenir... Je n'ai aucune attente particulière... Ma vie ici à la base n'était que... provisoire. Je pensais repartir avec Esteban en Argentine le plus vite possible. Attendre que les choses se calment un peu et reprendre nos activités pour libérer notre patrie. Mais... j'ai réfléchi... j'ai pris conscience de mes actions... de la haine et de l'extrémisme dont j'ai fait preuve. J'ai... réalisé que certains de mes actes n'étaient pas... bien, il baissa la tête penaud. J'ai été aveuglé par mon désir de vengeance et... retourner là-bas n'est plus une option. Je ne veux pas être cet homme rempli de haine et d'orgueil. Je ne veux pas me transformer en monstre. Je ne veux pas devenir comme eux."

Sa prise de conscience s'était faite progressivement. Il avait eu le temps d'y réfléchir après les attentats de Leopoldgrad. Il ne voulait pas devenir comme ceux qu'il condamnait. Et toute cette prise de conscience lui faisait peur. Il avait peur de ce qu'il pouvait faire et de ce qu'il était devenu.

"Avant de te rencontrer, je n'aurai jamais imaginer pouvoir penser à rester en Angleterre. A m'engager pour les libertés d'un autre peuple que le mien. Mais Esteban a refait sa vie ici et j'ai commencé à refaire la mienne aussi. Loin de tous mes souvenirs, loin de toutes les choses qui entretiennent mon désir de vengeance. Je pense pouvoir redevenir celui que j'ai été dans le passé. Evidemment, je ne prétends pas pouvoir effacer toute ma paranoïa et certaines de mes convictions et de mes expériences resteront ancrées en moi. Je resterais toujours sur mes gardes à vivre dans la peur qu'on me retrouve ou pire qu'on te fasse du mal. Si j'ai mis autant de temps à répondre à tes avances... ce n'était pas pour te faire souffrir ou languir... C'était pour te protéger."

Nahuel plongea son regard dans celui de Dean sur ses dernières paroles.

"Je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie. Je ne sais pas ce que j'attends de l'Angleterre. Mais j'imagine que c'est un nouveau départ en effet. Une façon de pouvoir commencer une nouvelle vie et de racheter les péchés que j'ai pu commettre dans l'ancienne. Du moins essayer... Mais je suis sûr d'une chose, Dean. Je suis sûr de mes sentiments pour toi."  


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Dean Forbes

Nahuel avait rejoint le Royaume Uni sous sa véritable identité et sous sa réelle apparence. Tout n'était pas que mensonges, se consola Dean en observant son amant d'un air navré. Cette fameuse Robin, qui était entrée dans leurs vies tel un ouragan, était donc une trafiquante de baguette. Tout s'expliquait. Les non-dits, les regards connivents entre eux dont Dean  se sentait exclu... Il ferma les paupières, tentant d'annihiler le sentiment de jalousie qui lui étreignait encore le cœur à la pensée de la danseuse. Robin avait simplement permis  à Nahuel d'obtenir cette fausse identité lui permettant de vivre comme un citoyen lambda... La suite avait dérapé mais son amant s'était excusé depuis. Dean devait passer à autre chose et se concentrer sur les explications de Nahuel. Il s'apprêtait surement à prendre une des décisions les plus importantes de sa vie -du moins, l'une des plus lourdes en conséquences- aussi se devait-il d'être totalement à l'écoute de l'argentin.

En insistant sur cette notion de danger que Dean avait bel et bien perçue avant les révélations de son amant -mais qu'il avait incontestablement sous-estimée- Nahuel semblait presque vouloir le décourager. Comme si ce moment exquis qu'ils venaient de passer l'un avec l'autre ne devait être qu'une parenthèse dans leurs existences. Nahuel retournerait à sa vie de clandestin quant à Dean, il épouserait le brillant avenir qui lui était promis, restant à bonne distance des troubles du pays et de cet amant aussi séduisant qu'inquiétant.

Mais c'était sans compter avec  le pouvoir d'attraction de Nahuel: Son infinie complexité, sa force, mais surtout ses failles. Dean avait été attiré par l'assurance qu'il dégageait de prime abord, charmé par sa part de mystère ensuite. Mais aujourd'hui, il avait envie de rester à ses côtés, pour sa sincérité.
Nahuel ne cherchait pas à minimiser ses actes, ni à camoufler les facettes les plus troubles de sa personnalité: Oui il avait tué, oui il avait été aveuglé par un désir de vengeance. Pétri de haine et d'orgueil mais il n'était plus cet homme, du moins il ne voulait plus l'être. Il semblait prompt à ne pas réitérer les erreurs du passé même s'il entendait bien poursuivre le combat au sein de la résistance anglaise.

Peut-être que Dean l'idéalisait, lui cet homme de dix ans son ainé, mais il avait envie de croire à ces propos. Croire en cette forme de sagesse, acquise dans les épreuves qu'il avait traversées par le passé. Et quelles épreuves ! Dean n'imaginait pas pouvoir survivre aux événements qu'avaient vécus son amant. Nahuel forçait le respect. C'était cette image là qui prédominait aux yeux de Dean: Celle d'un homme qui essayait de combattre ses démons en ne répondant plus à la violence par la violence. Un homme avec des doutes -auxquels Dean pouvait aisément s'identifier- mais avec une certitude: Celle d'éprouver des sentiments sincères à son égard.
Le jeune homme parut hésiter quelques instants avant de faire un pas en direction de Nahuel. Il s'assit à ses côtés, passa un bras autour de ses épaules et posa sa tête dans le creux de son cou pour respirer l'odeur de sa peau.
Au diable, la raison. Au diable, ce passé trouble songea-t-il en resserrant un peu son étreinte. Dean avait toujours fonctionné au feeling et son cœur lui dictait aujourd'hui d'agir ainsi.

"Je sais qui tu es maintenant, souffla-t-il en relevant la tête pour observer Nahuel,  mais ce qui m'intéresses le plus, c'est celui que tu veux devenir. Celui que tu vas devenir." rectifia-t-il.

Celui qui voulait racheter ses péchés et tirer un trait sur son passé d'extrémiste.

"Ce nouveau départ, cette nouvelle vie, on peut la commencer à deux. Je veux t'accompagner dans tes projets, ajouta-t-il en entremêlant ses doigts au sien, Je ne suis peut-être pas celui que tu crois non plus, mais j'ai confiance en toi et en ta capacité à devenir un homme meilleur. Je te soutiendrais dans cette tâche."

Il lui accorda un sourire tendre et reprit:

" Je sais que ce n'est pas le chemin le plus raisonnable mais c'est celui que je choisis: En dépit de ton passé, de ta clandestinité et de tes implications dans la résistance actuelle."

Dean laissa échapper un léger rire devant cette longue liste de raisons qui auraient du le pousser à prendre une autre voie. Il était peut-être fou pourtant il se sentait en total accord  avec lui-même, bien, presque optimiste ! Ils avaient déjà survécu à un attentat, ensemble il ne pouvait rien leur arriver. Ils veilleraient l'un sur l'autre.

"Laisse moi être à tes côtés, Nahuel." dit-il alors.
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La leçon de piano [Nahuel & Dean]

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